Partagez | 

Coupable ? [Kanshu]


Dim 7 Jan 2018 - 16:12
Juste après sa nomination à la succession de Nara Alderan en tant que leader du Soshikidan, Yamanaka Ema avait rapidement repéré le Samouraï de l’organisation et l’avait convié à la suivre. C’était donc en surveillant les gestes et mouvements de ce dernier qu’elle avait progressé vers les portes arrière, s’engouffrant par les escaliers dans le sous-sol du palais. Cet environnement n’avait pas grand-chose de lugubre, mais le peu de luminosité et de vivacité, directement liés à l’absence totale de personnes, faisait de cet endroit un grand contraste avec le reste de la bâtisse. Quoi de plus normal lorsqu’on se doutait que tout le monde était encore là-haut, en train de festoyer et célébrer le futur à priori rayonnant tant pour Hi no Kuni que pour l’organisation du Soshikidan.

Tandis qu’elle descendait les escaliers, elle voyait le Tetsujin en faire de même avec ceux d’en face. Ce dernier n’avait pas refusé son invitation – quoiqu’il avait peut-être pu le prendre pour un ordre – et c’était tant mieux. Elle avait à lui parler.

« Manzo du Fourreau… Je tenais, en tant que nouvelle cheffe du Soshikidan, à te féliciter pour l’accomplissement de ta tâche. C’est en partie grâce à toi que nos forces ont réussi à infiltrer facilement le Sommet des Kages. »

Les deux shinobis avaient posé le pied sur le sol de l’étage inférieur. Tandis qu’ils s’épiaient et gardaient des distances raisonnables – ils ne se connaissaient que peu – la jeune femme ne manqua néanmoins pas d’aller à l’essentiel.

« Néanmoins, les parchemins que tu avais toi-même disséminés dans les fondations du bâtiment construit pour l’occasion ont explosés, pendant que tu étais toi-même à l’intérieur, selon ce qu’on m’a rapporté. Bien sûr, il est possible que tu n’y sois pour rien, mais… »

Elle soupira, comme si cet entretien pouvait potentiellement devenir une corvée.

« … ne serais-tu pas le responsable de cette explosion, et coupable de trahison ? »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Dim 7 Jan 2018 - 16:29
Dès que sa nomination avait fait irruption, Meiyo no Kanshu soupirait. C’était bien ce qu’il craignait. De toutes les personnes présentes dont il savait la proximité avec le Daimyô de Hi no Kuni, c’était bien Yamanaka Ema qui consistait une inconnue dont les intentions étaient clairement floues. Le Samouraï, qui ne pouvait que saluer la prise de décision de Nara Alderan, découvrait donc dans son successeur une énigme qui ne manquerait de compliquer davantage sa position au sein de l’organisation, dont il voulait continuer à croire.

Mais la bonne surprise fut de constater que, nouvellement nommée, la kunoichi chercha directement à rencontrer et discuter avec lui. Si les dons de télépathe de cette dernière ne furent pas une réelle surprise pour le Tetsujin, il se posa néanmoins certaines questions sur l’étendue des capacités de sa future interlocutrice, tandis qu’il acceptait déjà son invitation en mimant de loin ses mouvements.

Il eut la confirmation en descendant les marches du Palais du Feu que la jeune femme s’était déplacée toute seule. Elle ne manquait pas d’assurance, c’était un trait de caractère qui semblait évident, même pour le Samouraï dont la connaissance de l’humain n’était pas des plus poussées. Quoi de plus normal pour quelqu’un qui n’avait que depuis peu trouvé un véritable sens à son existence. Lui qui était devenu le Meiyo no Kanshu, le Gardien de l’Honneur…

« J’ai fait ce que me dicte mon sens de l’Honneur, Yamanaka Ema… »

Sans même laisser le temps à une quelconque réponse de la part de son interlocutrice, Manzo reprit, avec la même neutralité qui était sa marque de fabrique.

« … et c’est également pour ça que j’ai fait exploser le Sommet. »

A quelques mètres de celle qui était devenue la cheffe du Soshikidan et par extension sa supérieure hiérarchie claire, l’héritier du modeste clan du Fourreau ne pouvait qu’énoncer la vérité. C’était justement parce qu’il plaçait l’Honneur au-delà de toute autre considération qu’il lui était impossible de se cacher derrière de quelconques excuses ou mensonges. Oui, il était coupable… mais pas de trahison.

« Mais n’appelez pas cela de la trahison. J’ai toujours dit que ce jour-là, en désertant les samouraïs et en devenant le Meiyo no Kanshu, je serai capable du pire comme du meilleur. Et lorsque j’ai vu ce qui s’était passé à l’intérieur du Sommet, j’ai agi en tant que Gardien. »

A voir comment la jeune femme prendrait la chose. Dans tous les cas, le Nukenin n’avait nullement peur. Mais il savait d’ores et déjà que cette conversation était un bon moyen pour les deux shinobis de se jauger mutuellement, voire même de se juger. Mais qu’en ressortirait-il ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t2574-sendai-ketten-la-vengeance-du-desert

Dim 7 Jan 2018 - 20:36
Automne 201, ??? ▬ Hi no Kuni


Quelle étrange lieu pour de telles rencontres. Alors que la réunion s’achevait sur les quelques mots de la nouvelle guide, il fut surpris par les deux hommes dont l’un d’eux, plus sérieusement que son partenaire, laissa entendre que c’était peut-être le moment, s’il la rattrapait rapidement, il pourrait peut-être bel et bien la rencontrer. S’arrêtant un instant, dans un court instant de réflexions, celui qui possédait une chevelure de feu observait le reste de la salle. Peut-être qu’il ne pourrait pas rencontrer aujourd’hui Nara Alderan, qui semblait peut-être un homme bien plus occupé mais peut-être pourrait-il, au moins, rencontrer la Yamanaka. Serait-elle une alliée de poids dans la construction militaire de Kaze no Kuni ? Un instant durant, il avait regardé le reste de la foule, ces hommes et ces femmes qui se battaient pour leurs idéaux. Ces êtres qui, parfois, avaient fui leurs anciennes terres natales pour une meilleure vie. Il n’était pas réellement comme eux. Peut-être se rapprochait-il davantage de ce Nara, ou cette Yamanaka qui, se battant pour ses terres natales, construisaient un autre monde. La rumeur laissait même entendre que l’immense homme avait été un Akimichi, aussi originaire des terres de Feu. Peut-être, finalement, le Meikyû était comme ces deux hommes et cette femme, se battant pour sa nation. Déglutissant, se tournant finalement vers les deux hommes, il baissa la tête en guise de remerciement.

MasashigeMerci à tous les deux., et d’ajouter encore pour eux, comme il l’avait parfois entendu de sa mère. Que les étoiles guident vos pas.

C’est ainsi que le Tatoué, de sa haute stature, s’en était retourné au milieu de la foule et des discussions. Parfois, jouant de ses épaules, le Caravanier se déplaçait et avançait finalement vers son nouveau but. La gorge néanmoins serrée d’une rencontre aussi prestigieuse, il s’interrogeait sur les mots qu’il aurait à employer devant elle. Comment pouvait-il bien lui parler, alors qu’il n’était qu’un homme venu des Dunes et des Vents ? Ne l’ignorerait-elle pas tout simplement ? L’esprit mêlé d’interrogations, celui qui se battait au nom de sa nation réfléchissait aux mots qu’il aurait à utiliser. C’est ainsi que, après un dernier jeu d’épaules, sortant finalement de cette assemblée aux têtes diverses et variées, il jeta un dernier coup d’œil vers les groupes et les discussions et, poussant un ultime soupir, prenant une longue inspiration, se jetait dans la gueule du loup. Celui qui n’avait encore rien à perdre, sinon sa liberté, mais qui avait tout à gagner, s’engouffrait finalement vers cette rencontre dont il espérait, finalement, énormément. La Puissante saurait-elle lui laisser quelques minutes de son temps ?

Descendant rapidement les escaliers, au risque de se briser la nuque, le Meikyû atteignit rapidement l’étage inférieur où, rattrapant la Yamanaka au détour du premier couloir, il s’arrêta un instant. Car elle n’était pas seule et, trop curieux, s’arrêtant avant de franchir l’angle, il écouta durant un instant l’étrange conversation qui avait lieu à quelques pas de lui. Mais le Caravanier n’était pas là pour cela. Il n’était pas là pour jouer les espions et ne souhaitait pas le devenir. Il le comprit bien vite, cette conversation ne concernait pas Kaze no Kuni et il ne comptait pas placer ses quelques pièces au sein d’un échiquier qui ne serait pas le sien. Aussi, d’un pas plus modéré, après avoir aussi repris sa respiration, il reculait de quelques pas et se remit à trottiner légèrement pour les atteindre finalement. Arrivant à leur hauteur, saluant les deux d’un mouvement de tête prononcé, autant qu’un moyen de s’excuser pour son intrusion, il jeta un rapide coup d’œil à l’étranger avant de se tourner vers celle qui l’intéressait le plus des deux personnages.

MasashigeGomenasai, Yamanaka-sama. Je …, car s’il savait qu’il désirait la rencontrer, il n’avait pas réfléchi aux mots qu’il comptait bien lui dire.

S’arrêtant, passant sa langue sur ses lèvres légèrement séchées, il prit une longue inspiration tout en jetant un coup d’œil vers l’autre homme. L’inconnu avait un certain charisme et, à n’en pas douter par son allure, possédait une véritable force qu’il devait craindre autant que respecter. Ainsi, si le Tatoué était entré en contact avec la femme, celle qui était à la tête de la plus puissante organisation hors des trois Villages Cachés, le Meikyû ne savait que lui dire. Car son projet lui semblait, soudainement, bien ridicule face à l’envergure de l’échiquier mondial. N’avait-il pas été trop ambitieux dans cette course folle où il rencontrait la Yamanaka ? Finalement, oubliant qu’il n’était que le Caravanier, il reprit davantage contenance pour prendre la parole.

MasashigeJe viens vous parler de ma contrée, Kaze no Kuni., il comptait bien conserver la parole aussi longtemps qu’il le pouvait. Depuis bien longtemps, mes terres ont été oubliées ! Le Désert est ma patrie et j’ai pu observer à travers mes années à l’Académie que le monde ne cessait de bouger. Kiri. Iwa. Kumo. Et maintenant les Terres du Feu sont en pleine croissance. Jetant un rapide coup d’œil vers l’autre homme, il finissait. J’aimerais que mon territoire puisse se protéger de futures invasions, ce pourquoi j’espère, dans un avenir proche, qu’il se militarise autour des Clans qui habitent les Dunes.

Passant une langue sur ses lèvres, il se tut aussi soudainement qu’il avait pris la parole. Peut-être était-ce une erreur de sa part, une véritable folie que d’oser s’approcher si près d’une si puissante femme ? Ou verrait-elle là une opportunité à ne pas manquer de développer son organisation ? Tandis que le Tatoué posait son regard sur l’inconnu et étrange autre interlocuteur, il se demandait encore quelle était l’origine de leur discussion. Avait-il interrompu ce qui causerait la colère de la femme ? L’ignorerait-elle seulement pour l’abandonner au milieu de couloir ?


Résumé:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Mer 10 Jan 2018 - 19:56
L’honneur, voilà le maître mot qui guidait les pas de l’homme qu’elle avait en face d’elle. Un Samouraï dont les multiples expériences passées avaient forgé un personnage inédit, extrémiste en devenir, mais dont les convictions semblaient tellement puissantes qu’on pouvait difficilement croire que ce ne pouvait être une force. Un élément clé de l’épisode du Sommet des Kages, que la nouvelle cheffe du Soshikidan n’avait pas aveuglement soutenu, et qui méritait au moins un entretien pour s’assurer de son implication. Mais la vérité n’aurait pas de mal à sortir de la bouche de l’Honorable.

C’était lui, délibérément, qui avait fait exploser les quelques parchemins idéalement placés dans les fondations du bâtiment du Fer. Et il savait qu’à ce moment-là, il avait mis la vie de tous les membres de l’organisation présents à l’intérieur en danger. Mais était-ce justement le cas ? En y réfléchissant bien, l’explosion d’une telle bâtisse – que beaucoup avaient pris pour un attentat inconnu – n’avait eu pour répercussion principale le fait de redistribuer les forces, d’offrir des portes de sortie à tous. Est-ce que c’était ce qu’avait recherché Manzo ?

« J’imagine que par ce qui s’est passé, tu parles des collusions intervenues durant le Sommet. Il est vrai que ça peut paraître gratuit d’avoir une nouvelle fois attaqué les villages cachés, mais ma nomination en est une réponse, je pense. Maître Alderan ne voulait pas que sa haine prenne le dessus. »

Elle méprisait la trahison, même si elle avait conscience que le Soshikidan avait longtemps usé de subterfuges pour parvenir à ses fins. Mais elle voulait passer par des chemins plus directs. Et elle croyait comprendre la vision du Nukenin du Fer.

« J’imagine aussi que manipuler et amener des villages à guerroyer n’a rien d’honorable pour toi, et je suis également en faveur d’actions plus directes, qui viseraient à équilibrer les forces, mais cela reviendra souvent à protéger les faibles des puissants comme ces villages cachés. Et je pense que leurs méthodes te révulsent aussi, en témoigne ton appartenance à l’organisation, monsieur le Gardien de l’Honneur. »

Elle n’avait pas retenu sa petite pique. Après tout, il était quand même responsable de ce qui pouvait être comme de la trahison. Mais d’un autre côté, il avait respecté la part de son contrat et prévenu Nara Alderan de ses opinions et possibilités. Il restait donc un puissant élément, utile de surcroît, mais dont l’implacabilité de sa conviction première pouvait être un obstacle.

« J’ai l’impression que j’ai autant de doutes sur toi que tu en as sur moi ou sur l’organisation. C’est pourquoi je vais demander de l’aide à une bonne connaissance pour établir un plan qui nous permettrait d’éliminer quelqu’un qui nous dérange tous, toi le premier. »

L’irruption faite par un nouvel arrivant sonna comme un coup d’arrêt brutal dans la conversation entre les deux membres du Soshikidan. Tandis que la cheffe de l’organisation posait ses yeux sur le tatoué, elle adressa sa voix au samouraï.

« Restons-en là, nous discuterons de tout ça plus tard. »

Que voulait cet homme ? N’était-il pas comme les autres en train de boire à la santé du Seigneur de Hi no Kuni ou de préparer l’une des nombreuses méthodes d’implication des forces du Soshikidan ? Peut-être était-il dans un autre camp ? Des questions qui taraudaient l’esprit puissant de l’une des femmes les plus craintes mais également respectées de tout le Pays du Feu.

Elle s’approcha de celui qui exposait une volonté de militariser le Pays du Vent. Une requête qui semblait dénuée de toute timidité, et si l’on pouvait en apprécier la franchise, manquait de forme. En tout cas, Yamanaka Ema constatait qu’elle s’adressait à un étranger.

« Tiens donc, un étranger qui interrompt une conversation sans s’excuser, et en entame une autre sans se présenter… »

En réalité, elle ne fit pas que s’approcher de lui : elle le dépassa. Le pas toujours emboîté par Meiyo no Kanshu, le nouveau leader du Soshikidan lâcha des dernières paroles, avant d’emprunter à nouveau les escaliers.

« Tu es impoli, et tu m’as l’air bien naïf, jeune Kazejin. Au revoir. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Jeu 11 Jan 2018 - 16:10

Toit. Loin de la voûte bleutée et céleste qu’il aimait observer. Couloir. Etroitesse. De l’esprit. De ces gens. Enfermé. Dans ces endroits, il perdait sa liberté. Comme eux semblaient s’être perdus, aussi, dans leurs idéaux fermés. Mais ici, il n’était pas à Kaze. Il n’était même pas de cette organisation. Quelle était sa place en ce lieu ? Quels mots pouvait-il seulement dire pour se faire entendre de cette femme qui, soudainement, prenait un autre visage sous le regard surpris du Tatoué ? Car le Désert n’avait rien à offrir au Soshikidan, ils s’en détournaient impunément. S’il aurait pu se taire, et montrer là une preuve d’un respect qu’il n’avait pas là, le Meikyû contenait surtout toute la liberté que son cœur voulait crier. Les dents légèrement serrées, la mâchoire crispée alors qu’ils passaient devant lui, il baissa légèrement la tête, sans pour autant abandonner son territoire et ses rêves.

MasashigePardonnez-moi. Peut-être devrais-je retourner auprès de Nara-san afin d’obtenir le véritable soutien que je recherche., il déglutit car il sait les propos osés, peut-être même la jeune femme ne les apprécierait pas. Je suis Masashige, du Clan Meikyû.

Relevant son visage, celui qui était le Caravanier, autant qu’un Voyageur, mais surtout un Tatoué, laissait son regard visiter le lieu exigu. Il savait qu’un un seul clin d’œil, les deux êtres puissants qui l’avaient dépassé risquaient de prendre mal le moindre de ses mots. Aussi, évitant soigneusement d’offenser davantage la Yamanaka, il reprit rapidement avant de la laisser entièrement partir.

MasashigeLe Désert est empli de Tribus, de Caravanes et de Clans qui ne demandent qu’à être uni sous une unique bannière. Votre guerre contre les Villages Cachés risque de vous coûter, et non pas uniquement en hommes mais aussi en ressources., il s’arrête un instant, espérant avoir attiré l’attention de cette dernière.

Pouvait-il vraiment la convaincre d’un changement ? Ou même d’un traité en faveur de la protection de l’Organisation alors qu’il tenterait de militariser le Désert. Alors qu’il fermait les yeux, passant brièvement sa langue entre ses lèvres, le Tatoué recherchait dans son esprit les informations et les mots nécessaires à son argumentaire. Mais cela serait-il seulement suffisant pour conserver l’intérêt de cette femme qui, finalement, n’aurait rien à gagner ?

MasashigeVotre guerre n’est pas celle de Kaze. Je n’en demande pas votre aide, Yamanaka-san. Mais refuseriez-vous le soutien des Dunes lorsque vous manquerez de ressources matérielles ou financières dans votre conflit ?, gorge nouée, il ajoutait encore. Je recherche votre soutien, autant que votre protection, et peut-être que vos coffres se videront moins vite que sans les trésors du Désert.

Offre folle bien que généreuse. Coup de bluff. Car le Caravanier n’avait aucun pouvoir de ce genre. Entreprise folle. Le Soleil lui avait-il si longtemps frappé la tête que son esprit avait fondu ? Ou était-ce l’absence de sa lueur qui lui donnait l’errance d’une telle folie ? Serait-il entendu ou le Soshikidan tournerait-il le dos à un allié potentiel en raison de la prétendue naïveté de son ambassadeur ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Ven 12 Jan 2018 - 20:33
L’entente du clan Nara sonna comme une provocation assumée et aboutie aux oreilles de la jeune femme. Celle-ci s’arrêta alors immédiatemment, serrant les poings une fraction de seconde pendant qu’elle commençait à faire volte-face. Mais ce fut avec un sourire qu’elle accueillit les paroles toujours plus nombreuses de son interlocuteur du moment.

« Hi no Kuni était en guerre depuis des années, et nous seuls – Hijins – avons permis de changer les choses. C’est aux Kazejins de prendre leur destin, en premier lieu. »

A mi-chemin sur l’escalier menant à l’étage, elle commença à croiser les bras. A ses côtés, elle ne faisait que peu attention à Meiyo no Kanshu, pour se concentrer exclusivement à celui qui l’avait délibérément provoqué, mais auquel elle ne comptait pas répondre avec la même bassesse. C’était justement l’une de ses nouvelles tâches en tant que leader de la plus puissante organisation du Grand Continent : être pédagogue et objective.

« Que tu n’aies pas l’envie ou la capacité à changer ton pays avec ceux qui le peuplent, pourquoi pas… Mais regarde-toi, à t’adresser de la sorte la celle qui dirige l’organisation crainte même par les villages cachés que tu veux tant imiter. Et si tu es tant persuadé que nous faisons la guerre à ces derniers, comment peux-tu croire qu’on t’aiderait à en bâtir un nouveau ? »

Elle haussa les épaules et poussa un soupir. Elle qui s’était finalement satisfaite de son échange avec le samouraï, dont elle espérait pouvoir profiter pour une importante mission, voilà que tout était gâché par cet individu, sorti de nulle part. Presque arrivée au point de se demander si elle n’en savait pas plus sur Kaze no Kuni que le présumé Masahige, elle grimaça.

« Et lorsqu’on se cherche désespérément des alliés, on essaie de maîtriser ses mots – car aide et soutien ne me semblent pas si différents – et surtout de connaître ceux à qui on s’adresse, à défaut de les respecter. Notre guerre, Meikyû, est terminé depuis que notre pays est libre. Enfin, puisque vous avez montré presque moins d’honneur que de respect… »

A la surprise générale, ce fut vers Manzo du Fourreau qu’elle se tourna. Son rictus, jusque-là partagé avec un air de dégoût, disparut pour donner un global aspect de neutralité et de froideur.

« … tranchez-moi sa tête, s’il vous plaît, Meiyo no Kanshu, dit-elle avec une pointe d'ironie, imaginant bien que le Gardien de l'Honneur aurait rapidement vu le Meikyû comme une cible. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Sam 13 Jan 2018 - 16:50
Loin d’être effrayé par la mort qui avait tout d’honorable si on l’accueillait les bras ouverts après s’être battu pour son idéal, Meiyo no Kanshu était néanmoins comme pendu aux lèvres de la nouvelle cheffe de l’organisation. Car tout changement de leader entraînait forcément l’invitation à reconsidérer sa compréhension des objectifs et façons de faire.

Et c’était une bonne chose, car Yamanaka Ema démontrait une véritable tendance à changer les choses et à recalibrer la politique du Soshikidan. Mais le samouraï ne se faisait néanmoins pas d’illusion : il restait quelqu’un d’intransigeant, et le moindre écart même minime auquel il pourrait assister dans le futur ne saurait qu’écraser toute autre considération ou circonstance atténuante.

« Bien. »

Pour l’heure, il n’était pris que d’une curiosité quant à la future mission évoquée par son interlocutrice. Saurait-elle accorder leurs objectifs, et surtout permettre aux deux partis de se faire une idée définitive de l’utilité de leur alliance ? L’avenir saurait leur donner réponse. Mais pour l’heure, il n’avait fait qu’inviter une troisième personne dans le sous-sol. Un homme aux cheveux roux, qui semblait avoir pris la Yamanaka comme cible de négociations.

Ce dernier exclut rapidement le samouraï de toutes ses annonces et de fait d’une conversation qu’il ne pourrait pour l’instant suivre qu’en tant que spectateur. Mais dans tout son sérieux, le Gardien ne manquait pas de prendre, comme toujours, à cœur ce rôle du moment. C’était d’ailleurs quelque-chose de dangereux, de se savoir observer par le Meiyo no Kanshu, tant son jugement pouvait augurer des choses extrêmes : allant de la protection à la damnation sans équivoque.

Et le roux était mal parti. Ses maladresses comportementales et oratoires, son impolitesse et d’autres détails témoignaient d’un agacement de la part d’Ema, qui ne manqua pas de le lui faire savoir. C’était une réaction qui ne surprit pas du tout Manzo, puisqu’il la comprenait. Ainsi, lorsque la cheffe du Soshikidan tourna sur ses talons pour attaquer l’escalier, il la suivit… pour très vite se retourner. En effet, le Kazejin n’en avait apparemment pas terminé.

S’il ne l’avait considéré jusque-là comme un homme maladroit, le Tetsujin se rendit bien vite compte que le dénommé Meikyû Masahige était une antithèse de l’Honneur. Alors qu’il était presque de notoriété publique que les problèmes de Kaze no Kuni lui étaient internes, lui évoquait d’éventuelles futures invasions, qu’il semblait presque désirer. Et il voulait profiter d’un tel scénario imaginaire pour militariser un pays qui l’était parfois déjà.

S’il était déjà peu honorable de venir quémander l’aide d’étrangers lorsqu’on semblait en avoir si peu fait seul, il était insupportable pour Manzo d’imaginer que celui qu’il avait en face de lui risquait d’assimiler des groupes de deux peuples dans un destin dangereux qui ne se basait que sur des suppositions.

Yamanaka Ema traduisait certaines pensées que le Meiyo no Kanshu avait, mais pas toutes. Pour lui, il était clair que le Meikyû représentait une menace pour son propre pays, et ainsi une ironie d’un protecteur qui ne se rendait pas compte du danger qu’il pouvait faire encourir aux siens en venant ici et en se comportant de la sorte.

« Oui. »

Il sembla plisser les yeux, tandis que sa main caressait déjà le manche de son arme. Sa décision avait déjà été prise, avant même que son homologue ne lui ait demandé d’agir.

« Pour toutes les raisons évoquées par mademoiselle Yamanaka, et parce que vous vous comportez d’une façon déshonorante, moi, le Meiyo no Kanshu, vous condamne. »

Aussitôt annoncé, aussitôt l’homme bondissait des quelques marches et mètres qui le séparaient du Kazejin, son katana noir déjà dégainé. Sans aucune considération extérieure, il trancha d’un large mouvement diagonal sa cible.

Résumé du tour:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t2574-sendai-ketten-la-vengeance-du-desert

Lun 29 Jan 2018 - 12:39

Ce n’était pas réellement ainsi que tout devait se passer. Alors que le Désert sifflait à ses oreilles, tandis que le sable effleurait encore son visage, celui qui se faisait régulièrement appeler le Caravanier n’avait pas envisagé que cette rencontre se passe aussi mal. Aussi, sa gorge se serrant, celui qui était venu en quête de la paix découvrait le sentiment de la guerre. Lui qui avait tant espéré de ce Soshikidan se trouvait, brutalement, devant la véritable identité de ces êtres. La gorge nouée par l’appréhension, il comprit qu’il n’était plus là le temps de la discussion mais bel et bien d’une fuite nécessaire. Peut-être s’était bel et bien trompé sur eux. C’est ainsi que, tapant de la pointe de son pied gauche au sol, tandis qu’il composait quelques mudras, il activait le tatouage.

MasashigeBien. Vous ne me laissez pas d’autres choix que de vous faire mes adieux, ici et maintenant.

C’est ainsi que, usant d’une technique mêlant son Art ancestral à son Affinité primaire, le Fuuton, le Shinobi du Désert, celui qui se faisait aussi appelé le Tatoué par les siens, s’en allait déjà, cherchant uniquement la fuite pour sa propre survie. Car il n’y avait là aucun honneur dans la mort. Celle-ci, loin de servir à quoi que ce soit, ne serait d’aucune utilité pour sa cause. D’autant que beaucoup attendaient son retour. Ainsi, prenant une longue inspiration, évitant le coup qui se faisait face à lui, il usa de la vitesse de son pied gauche pour disparaître rapidement. Car il n’y avait là aucun intérêt dans sa mort. Ni pour Kaze no Kuni. Ni pour le Soshikidan. Seulement savait-il qu’il ne pourrait jamais rien demander au groupe. Ils ne vivaient là que pour le combat, le sang et la guerre. Y trouvaient-ils l’honneur et la gloire ? Sûrement serait-il jugé pour sa fuite. Mais, face à lui, ses adversaires étaient d’un tout autre niveau. Bien supérieur à celui qui, encore quelques années auparavant, n’était encore qu’un Académicien. Prenant une longue inspiration, c’est ainsi qu’il s’enfuyait des bâtiments de Hi no Kuni et son groupe, plus malveillant qu’il ne le pensait.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Dim 11 Fév 2018 - 22:35
Il sortait enfin de l’Académie. Etrange mais pourtant vrai, Ketten sentait davantage le vent souffler sur ses cheveux, sans savoir si c’était bien réel ou si son sentiment de liberté prenait le dessus sur toutes les autres de ses considérations. S’il était conscient qu’on pourrait lui en vouloir d’avoir laissé l’institut qui lui avait tant appris ainsi, il n’avait que faire d’éventuelles représailles dans le futur. Ne se considérant pas comme un déserteur, et se rappelant à quel point sa progression avait été pénible vu la rareté de son pouvoir ô combien ancien, il était même assuré d’être tranquille un bon moment. Et c’était justement le temps qui serait le maître de sa vengeance.

Car le courroux de sa haine était déjà dégainé. Son instinct de survie l’avait mené jusque-là et pendant plus de cinq ans, il avait défié la mort pour mieux la donner. Sa cible était toute trouvée. L’Impératrice Rouge devait tomber. Et avec elle, tout le système autoritaire, extrémiste et sanguinaire du Premier Cercle qui frappait le désert aride.

L’une des raisons qui avait poussé le Sendai à quitter l’Académie se substituait au vent. En effet, des rumeurs avaient fait écho jusqu’au sein des bâtisses du Pays du Rempart et parlaient de rebelles et autres nomades mécontents du Vent. L’un des points tangibles de toute cette affaire était le clan Asaara, dont bon nombre de représentants avaient quitté Kaze no Kuni pour rejoindre d’autres contrées plus prospères ou au moins qui ne les considéraient pas comme esclaves ou responsables de catastrophes.

Que cette rébellion soit avérée ou pas, Ketten avait un objectif en tête, ainsi qu’un plan pour y parvenir. Il saurait en temps venu se servir des rebelles – s’ils existaient – pour faciliter la mise en œuvre de ses idées. Mais pour en savoir plus, il fallait interroger ceux qui étaient susceptibles d’avoir ces informations.

Passage obligé pour quiconque quittait Jôheki no Kuni pour continuer dans le Grand Continent, le Pays du Feu était devenu plus ou moins pacifique. Habitué à être instruit lorsqu’il n’avait que peu voire aucune capacité de guerrier, Ketten avait appris et étudié la montée en force du Soshikidan et la fin de la guerre civile de Hi no Kuni. C’était justement pour ça que, profitant du voyage obligé qu’il avait, il s’arrêta au Palais du Seigneur du Feu, Nara Alderan.

Son voyage lui prit plusieurs jours, et lorsqu’il arriva enfin à destination, il fut surpris de voir tout une cérémonie – ou festivité, au choix – se tenir devant lui. Il lui était d’ailleurs impossible de se faire une réelle idée de qui était présent ou de qui pourrait l’aider à obtenir quelque réponse à ses curiosités. Il se perdit donc dans ses recherches et visita certains recoins du palais, scrupuleusement bien gardé.

C’est en descendant à l’étage inférieur qu’il surprit deux hommes à converser. Une troisième silhouette sortit de l’autre côté. Une femme, qui ordonna d’ailleurs à son acolyte de s’occuper du roux. Mais ce dernier, qui parut d’ailleurs rapidement en difficulté dans le combat qui se déclarait, avait évoqué à plusieurs reprises Kaze no Kuni. Etait-ce un Kazejin ? Dans tous les cas, il semblait improbable qu’il eût fait partie du Premier Cercle, auquel cas sa fin de discours aurait été incohérente.

Il tenta la fuite, mais celui qui semblait être un Samouraï en bien des points le rattrapa facilement. Instinctivement, Ketten voulut intervenir.

« Masahige, vous êtes là, sale rat. »

En s’annonçant de la sorte, il avait capté l’intention des deux hommes. Heureusement qu’il avait pu entendre son nom vers la fin, cela lui permettait d’appuyer la supercherie. Il termina de descendre les escaliers pour se rapprocher de la scène où les deux shinobis avaient voulu livrer bataille.

« Excusez-moi, Samouraï. Je suis Meikyû Ketten, missionné par l’autorité suprême de mon pays, le Premier Cercle, pour chasser et punir le traître que vous avez devant vous. »

Il était clair, à la vue des premiers échanges dans ce combat et surtout de la façon dont le dénommé Masahige avait voulu prendre la fuite, que le Samouraï avait le dessus. Mais surtout, ce mystérieux inconnu au katana aiguisé semblait particulièrement extrême et droit dans ses convictions, qu’importe ce qu’elles étaient réellement.

Jugeant qu’il était obligatoire d’appuyer encore plus dans ce manège et pour donner davantage de poids à ce qu’annonçait le Sendai, ce dernier dégaina rapidement l’un de ses deux katanas et trancha sans vergogne l’une des mains du Meikyû roux. Ce dernier, vu l’écart de force, la tension qu’il devait ressentir et surtout le possible allié de providence qu’il voyait en Ketten, ne fut qu’impuissant et regarda son membre tomber au sol.

« Si vous voulez la mort de celui qui, je vous l’affirme, est tout sauf un homme d’honneur, je serais ravi que vous soyez spectateur de son sacrifice au Dieu du Désert. Mais je préfère vous prévenir, les étrangers aux coutumes de Kaze no Kuni ont bien souvent du mal à rester de marbre devant pareil spectacle…
Ce ne sera pas nécessaire. Qu’importe la main qui tient l’épée, seule la tête tranchée compte. »

Sur quoi le Samouraï se retira après un dernier regard froid jeté. Ketten poussa un très rapide soupir, avant de se tourner vers Meikyû Masahige.

« Ne posez pas la moindre question avant qu’on sorte d’ici, à moins que vous préfériez mourir de la main de ce Tetsujin. Suivez-moi… »

Il se pencha pour ramasser la main tranchée du Kazejin. C’eût été extrême comme méthode d’intervention, mais au moins, ce dernier était en vie. Pour le moment…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t2574-sendai-ketten-la-vengeance-du-desert

Coupable ? [Kanshu]

Page 1 sur 1

Ascent of Shinobi :: Reste du Monde :: Hi no Kuni, Pays du Feu :: ???
Sauter vers: