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L'héritage spirituel de papy Chuo [Leoko Nora]


Dim 21 Jan 2018 - 23:10
- Voilà jeune homme, dit l’aide-soignante.

Kamin, la tête ailleurs, reste planté face au père Chuo, coincé sur son lit d’hôpital. Pendant un instant, l’idée de remercier la soignante qui l’a gentiment emmené jusqu’à la chambre du vieux chauve lui traverse l’esprit. Puis il oublie.

- Je peux encore vous rendre service, ou je vous laisse avec le patient ?
- Oui.
- … « Oui je peux vous rendre service », ou « oui je vous laisse avec le patient » ?
- Oui.
- Je… Ah ! Zut à la fin. Débrouillez-vous. Bonne journée.
- Oui.


Elle s’en va.

- Ah… merci madame.

Trop tard, elle est partie. Il n’y a plus que lui et le vieux.
Alors l’esprit du gamin se met à divaguer quelques secondes, juste assez pour qu’un silence gênant s’installe.

- Euh. Bonjour.

Pas de réponse.

- Euh. Je… je… je. Voilà.

Pendant un bref instant, il est satisfait de sa phrase. Puis il réalise que c’était tout sauf une phrase.

- Ah oui. Je viens de la part du père Nobu. C’est mon supérieur ecclésiastique.

Il fouille dans sa poche, en ressort un papier froissé par le temps, le voyage, et la poche elle-même.

- Il a fait un bref passage au village, et il n’avait pas le temps de passer vous voir, alors il... euh. Bref. Il m’a laissé un mot pour vous.

Toujours pas de réponse. Il s’approche un peu.

- Il m’a demandé de vous le remettre en main propre, et de lui raconter votre réaction.

Il s’approche encore.

- Sauf que vous dormez. Du coup c’est pas trop possible.

Déstabilisé, le gosse s’assied avec plus ou moins de prudence sur le lit, à côté de ce qui semble être les pieds du patient.

- C’est bizarre, d’habitude c’est moi qui dors, et les autres qui dorment pas. Vous êtes sûr que vous voulez pas, genre, dire un truc?

Pas le choix. Kamin doit attendre que l’ermite émerge.
Chuo n'est pas comme il se l'est imaginé. Sans doute parce qu'il ne s'est rien imaginé du tout.

Pour patienter, il déplie le message et entreprend de lire son contenu, sans la moindre évaluation du niveau de confidentialité. Il reconnaît immédiatement l’écriture de son maître Nobu.

« Cher Chuo … »

Impossible de lire davantage. Il s'écroule de sommeil.

Rêve n°6
Tu es à l’entrée du complexe scientifique. Tu t’apprêtes y pénétrer, lorsqu’on t’interpelle.

- Kamin, c’est toi ?
- Euh. Oui. Mais j’ai pas trop le temps de parler là, je dois remettre une lettre à quelqu’un…
- Ça va bien la vie ? Qu’est-ce que tu deviens ?
- … T’es qui en fait ?
- Eh bien c’est moi, Nobu.


Tu l’examines un instant.

- Bah mince alors, c’est bien toi. Mais qu’est-ce que tu fais là ? Je te croyais reparti depuis des jours.
- Tu rigoles ? Je ne repars pas sans toi. Ton pèlerinage commence demain.


Tu penches la tête tellement fort que le monde se renverse.

- Il doit y avoir erreur. J’ai déjà fait mon pèlerinage avec toi, j’en suis rentré il y a tout juste quelques mois.
- Ah oui ? Qu’est-ce que tu as comme preuve ?
- Tu veux pas aller voir ton pote et lui filer ta lettre toi-même, là ? Au lieu de me dire des trucs absurdes…
- Prouve-moi que tu es un moine. Fais tes prières.
- Je connais mes prières.
- Eh bien fais-les ! Je t’écoute. Prière de l’Ouest, allez hop !
- Onn Onn Onn, Onn Koraan Naray…


- su hurn, su hurn… onn onn...


Ainsi, dans son sommeil, Kamin se met à réciter à voix haute les premiers mantras de la prière de l’Ouest.

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Lun 29 Jan 2018 - 16:17
« Qu’est-ce donc cela ? » s’exaspéra lourdement l’ex-vagabonde.

Dans le cadre de sa visite habituelle au complexe scientifique, elle ne s’attendait pas à voir quelqu’un traîner dans la chambre de son maître. En général, hormis le personnel médical, peu de personnes lui rendaient visite. Il était à un âge proche de la sénilité certes, mais il était loin d’être un asocial. C’était même un boute-en-train prenant un malin plaisir à tourner en bourrique sa seule et merveilleuse élève. On voyait aisément de qui Nora tenait cette audace si scandaleuse. Pour espérer vivre plus de sept années en sa compagnie, elle avait dû avoir mental plus solide que le diamant. En soi, il n’était pas insupportable… Il avait juste son caractère à lui. Un caractère, à première vue sympathique, mais qu’il ne fallait pas sous-estimer.
Toujours est-il que le mystère restait entier ! Qui était cet inconnu dormant sur le sol froid de cette chambre d’hôpital ? Certainement pas un infirmier ! Un infirmier ne dormait pas par terre comme une vieille chaussette… Ou plutôt, un infirmier normal ne ferait pas ça. Kumo étant le théâtre d’événements aussi stupides qu’invraisemblable, il n’y aurait en fait, rien d’étonnant à voir un docteur se délecte d’une sieste contre un carrelage gelé. Aucune surprise m’empoigna donc la jeune demoiselle lorsqu’elle rencontra cette serpillère assoupie. Cet homme flagada était à des années-lumière des véritables bizarreries kumojin…

M’enfin… Elle ne savait toujours pas ce qu’il était et tant qu’il ferait sa marmotte hibernante, elle n’aurait jamais la réponse. Il y avait deux moyens évidents d’éclaircir les mystères la travaillant. Le réveiller ou alors réveiller son maître, pour ensuite le harceler d’interrogations. A présent, il s’agissait plus d’une question de feelings qu’autre chose. Aurait-elle envie d’embêter son maître ou quelqu’un qu’elle ne connaissait guère ? Le choix venait de se tracer par lui-même :

« On se réveille, maître… » lui réclama-t-elle de sa voix douce et charmeuse…

Elle ne le réveillerait pas grâce à un ton fluet et séducteur. Son maître avait besoin de quelques suppléments pour daigner rouvrir les yeux… des suppléments que la demoiselle des sables connaissait pertinemment. Près de la table à chevet, elle attrapa l’élément qui débloquerait cette situation. Un bâton de pèlerinage qu’elle utilisa sans gêne sur le crâne de son pauvre sensei. Dans une gentillesse mesquine, elle s’amusa ainsi à le tapoter de petits coups vifs pour faire émerger la conscience du blessé. Dix secondes plus tard, les premières jérémiades avaient remplacé le souffle monotone d’une sieste matinale :

« Bbbbbbrrrrr-quéqué yyyyaaa ! » son esprit ne s’était pas tout à fait connecté à son corps pour communiquer correctement avec la moniale. Aucun problème pour Nora. Elle n’était pas avare en effort. En forçant un peu, elle obtiendrait ce qu’elle voudrait. Plus autoritaire, elle attrapa le crâne chauve de son maître pour le tourner vers la source de tant d’énigmes. Enfin, elle put solliciter normalement son aide en lui posant ladite question « Une de vos connaissances ? ». Il prenait son temps pour répondre, le bougre. A ses côtés, elle avait tendance à perdre vite patience. Les gros yeux qu’elle était en train de lui montrer dût l’obliger à lui donner une réponse claire. « C’est bien la première fois que je le vois… ».

Tout ce qu’elle attendait de lui ! Elle reprit alors un air plus gai et l’en remercia agréablement. Quelques râlements non maîtrisés déglutirent de l’ancêtre pour montrer ô combien il n’aimait pas les pratiques de son élève. Des paroles qui n’atteignirent même pas cette femme têtue comme un âne. Elle avait fait le focus sur ce que pouvait être cette limace par terre et rien d’autre ne pourrait la déranger de sa quête. Suite à cet ajout d’informations, il lui sembla clair que Chuo ne pourrait lui apporter davantage son aide. Son soupir jovial exprima sournoisement sa pensée. Bien que son visage affirmât qu’elle n’avait pas le choix, son esprit se réjouit à l’idée de titiller le mollusque qui avait pris place ici. Armée du bâton de son maître, elle tambourina plusieurs fois le front de l’homme en sol en répétant durement :

« On se réveille… »

Et tant qu’il n’ouvrirait pas les yeux ou dit quoi que ce soit, elle lui fracasserait l’extrémité du bâton contre sa pauvre caboche. Persistante, la Nora… Très persistante ! Avant de statufier sur l'état mental de l'être indésirable, il était important de le réveiller... qu'importe le moyen utilisé !
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Lun 29 Jan 2018 - 20:11
- Onn Nayaan Nayaan... Onn Nayaan Nayaan... Onn...

Rêve n°7
Tu récites toujours ta prière de l'Ouest, avec la sensation affreuse d'avoir oublié quelque chose. Mais à mesure que les mantras s'enchaînent, le son ne semble plus sortir de ta bouche. Le monde entier semble prier avec toi: Nobu, le ciel, la terre, le complexe scientifique... tu t'arrêtes de réciter, mais les motifs se prolongent.
Nobu, pris dans la transe, commence à faire des sons suspects.

Tu te retournes vers le complexe. Celui-ci a disparu. A la place, il y a un gigantesque canard, aussi haut que l'était le bâtiment. Il te regarde de toute sa hauteur.

- Heu... Bonjour?

Le canard géant répond à tes civilités avec un regard furieux.
Puis, de sa voix de canard semblant surgir de l'espace intersidéral, il s'adresse à Nobu.

- UNE DE VOS CONNAISSANCES?

Nobu sort de sa transe et répond au canard.

- C'est bien la première fois que je le vois.

Choqué, tu fais volte-face vers lui.

- Nobu!? Tu déconnes ou quoi? Tu viens de dire qu'on partait...


Tu es interrompu par le souffle des mouvements du canard géant, dont la tête commence à bouger. Elle s'abat dans ta direction. Tu reçois un coup de bec extrêmement violent sur le front.

En relevant la tête, le canard rugit:

- LES FIGUES!!!

Tu as mal.
C'est peut être une punition pour t'être arrêté de prier. Alors tu recommences.

- Onn, Onn, Onn... Onn Koraan Nay...

Mais rien n'y fait, le volatile ne t'aime toujours pas. Un deuxième coup de bec s'abat sur ton crâne.

Le canard beugle de plus belle dans sa fureur:

- LES FIGUES!!! LES FIGUES!!!

Le choc te sonne. Un voile blanc te couvre les yeux...


Un troisième coup de bâton s'abbat sur son front. Il se réveille.

Trois secondes s'écoulent.

- Aïe.

Il finit par lever la tête vers son agresseur. Qui est en fait une agresseuse.
Il se redresse en se frottant le crâne, et examine cette grande malade pendant un bref instant.

- OK, c'était toi le canard... psychopathe va, marmone-t-il.

Il regarde en direction du lit. Chuo est réveillé.

- Ah bah c'est pas trop tôt, vous! Regardez ce que vous me faites endurer...

Il cherche des yeux le papier qui traîne par terre, le ramasse sans grande volonté.

- Ch'uis Kamin. Tenez, c'est pour vous.

Il tend le papier à l'hermite.
Puis jette un oeil vers la demoiselle des sables. C'est bien la première fois qu'il voit un accoutrement pareil.
Mais impossible de se sortir l'image du canard de la tête.

- Ça te dérange si je t'appelle Kamo-san*? Honnêtement même si tu me dis ton nom, je le retiendrai pas, j'ai trop la tête dans le pâté...

*NB: Kamo = "canard sauvage" en jap

En pensant au canard, le reste du songe lui revient.

- Tiens, j'ai une question... quand je priais dans mon sommeil, c'était juste dans ma tête, ou les mantras de l'Ouest sortaient vraiment de ma bouche? Parce que si je suis devenu capable de prier en dormant, c'est pas que ça m'inquiète, mais quand même un peu...


A bien y réfléchir, cela pourrait être un tour de plus dans sa manche, mais seulement s'il est maîtrisé. Et rien n'est plus dur à maîtriser qu'un rêve, Kamin n'étant pas le dernier à le savoir.


Père Nobu a écrit:

Cher Chuo,

j'espère que la santé va mieux que la dernière fois que je suis passé. Le bon côté des choses, c'est que même cloué sur un lit avec des produits jaunâtres en intraveineuse dans une chambre sinistre et moche, rien ne t'empêchera jamais de prier.

Je n'ai pas eu le temps de faire un saut au complexe cette fois-ci, et si tu es un vrai camarade, tu sauras me pardonner. J'ai encore la possibilité de faire usage de mes jambes pour vagabonder de temple en temple, et je compte bien en profiter. Pas d'offense.

Je suis passé par le désert du pays du Vent le mois dernier. La situation religieuse y est de plus en plus inquiétante, et le climat toujours aussi peu commode, mais les figues sont toujours aussi bonnes. Je t'en ai ramené un panier entier: théoriquement, le jeune homme qui t'a fait parvenir ce mot est censé t'avoir apporté ces figues également... si toutefois il n'a pas oublié de passer te voir pour moi, car ça serait bien son genre. C'est là mon apprenti: je l'ai formé aux arcanes de mon école, celle de l'Ouest, et à vrai dire il n'excelle que dans celle-ci.

J'espère que ta disciple va bien. Il faudrait songer à la présenter au mien, peut-être pourrait-elle lui passer une partie de son savoir? Bien que je doute qu'elle en ait la patience! Chacun ses défauts. Les jeunes moines se font rares, et si on veut qu'ils gardent la foi il faut parfois savoir les brosser dans le sens du poil. Toi-même tu sais.

Que les Quatre Vents soient avec toi.

Nobu


- Ah... j'y pense. Les figues.

A quelques kilomètres de là, chez Kamin, sur la table de la cuisine, le panier de figues tout droit venu de Kaze attend toujours sagement qu'on l'attrape et qu'on l'emmène avec lui.


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Sam 3 Fév 2018 - 2:13
Un lag ! Littéralement ! A cause de l’extrême étrangeté de ce type, elle avait eu comme un « freeze » cérébral. Ni son cerveau, ni même sa conscience n’avait trouvé un moyen de faire face à ce jeune homme déjà déréglé mentalement. Si elle avait bien retenu tout ce qu’il avait débité en se réveillant, elle ne sut quoi dire sur le coup. Il y avait déjà beaucoup d’informations à traiter, notamment celle traitant globalement de la lumière cardinale. A côté de toutes ses données à décortiquer, il y avait également pas mal de conneries. On pourrait écrire tout un livre sur la naïve bêtise de ce jeune homme, mais l’ex-vagabonde n’en avait guère envie. Sur le coup, elle ne trouva qu’une seule et unique action à faire…
Le bâton de son maître toujours à la main, elle se mit à sourire doucement. Le genre simpliste et respirant la sincérité. Via les traits amicaux de son visage, elle cherchait à cacher une puissante incompréhension. Plusieurs fois, elle se demanda comment elle devrait gérer ce cas si anormal. Si Ikezawa était déjà un cas bien particulier, ce ronfleur paraissait d’un tout autre niveau… Kumo avait cette fâcheuse manie de collectionner les fonds de cuvettes. Un soupir exprima clairement son désarroi et lui confirma qu’il n’y avait qu’une seule direction à suivre pour le moment.

« Je crois que je l’ai déréglé… Quelques coups de bâtons devraient régler le problème ! » intervint-elle normalement, non sans un soupçon de malice.

Une direction qu’elle n’avait pas l’air de trop détester. Si l’effort consenti à réaliser était déprimant, l’amusement noya rapidement tout ce chagrin. Elle mentirait si elle disait ne prendre aucun plaisir à lui marteler le crâne. En effet, elle n’avait que peu appréciée le sobriquet arbitrairement donné par son homologue cardinal. Au lieu donc de s’énerver, elle avait donc décidé de le titiller légèrement. Pas trop longtemps non plus… juste le temps d’étancher sa soif d’espièglerie. Au bout d’un moment, lui frapper sauvagement la tête devrait aider le jeune homme à reconnecter ses neurones. Bien que l’action parût donc sadique en apparence, elle avait également un but gracieusement salvateur. L’intégrité d’une cervelle de moineau était en jeu…
Le plus choquant dans cette scène était sûrement la passivité du maître Chuo. Un pauvre garçonnet se faisait martyriser par son élève cinglée et il ne daignait même pas prononcer le moindre mot médiateur. Son statut de malade pouvait expliquer une inactivité corporelle, mais il avait toujours le grain de voix assez puissant pour réprimer les actions téméraires de celle qu’il avait formé. Pourquoi donc cette absence de pacifisme ? Il y avait bien une raison. Une raison qui le laissa pensif tant ses yeux étaient plissés par sa forte concentration. La lettre qu’il tenait avait l’air de fortement l’intéresser. Lorsqu’alors, elle ouït une satisfaction dans la bouche de son maître, Nora stoppa ses fracas intempestifs :

« Tu as fini de l’embêter ? » se questionna, hilare son supérieur hiérarchique chez les moines.

Un coup de bâton partit tout seul dans la tête du jeune sommeillé… par mégarde.

« Nobu a donc eu un disciple… un disciple semble-t-il aussi particulier que ma chère Nora !!! » se bredouilla-t-il à lui-même. Quelques rires fusèrent alors de sa bouche suite à cette remarque déplacée.

Un autre coup de bâton fut alors décoché dans la tête de son maître… par mégarde. L’ex-moniale avait semble-t-il la gâchette facile. Une vraie tireuse d’élite. Pour que les assauts cinglants cessent temporairement, il était préférable qu’il ne taquine plus trop la moniale légèrement éméchée par la bizarrerie de ce type. Heureusement que sa sagesse lui permit de comprendre rapidement cette actuelle réalité. Il admit également que quelques explications s’imposaient, notamment à une moniale rarement poussée à bout comme aujourd’hui. Son mental n’était pas à deux doigts d’être brisée comme il avait pu l’être lors de la « fameuse soirée » avec Shuu, mais il était mis à rude épreuve. Sérénité était le maître mot des moines et elle avait du mal à l’appliquer tant qu’un brouillard nimbait la vérité. De ce fait, Chuo tenta de tout régler :

« Pour faire simple et j'imagine que tu l'as déjà compris... il s’agit du disciple d’un de mes plus vieux amis ! Il a étudié au temple de l’Ouest et semble vouloir quelques coups de main dans sa formation ! »

Kamin qu’il avait dit s’appeler plus tôt. Elle avait retenu son nom, lui non. Que de détails inélégants qui ne promettait ni mondes ni merveilles, à leur relation. Sans compter le fait que son statut de moine était clairement remis en question suite à son union proche avec le Raikage. Il y avait d’innombrables raisons plus ou moins valables poussant Nora à ne pas vouloir aider ce type. Pourtant, les yeux suppliants de son sensei indiquaient que ce travail lui était tout désigné. Les soufflements de la demoiselle empestaient le désespoir. Têtue comme une mule, elle préférerait clairement camper sur ses positions, mais elle avait un mauvais pressentiment vis-à-vis de la grosse nouille apparemment moine. S’il avait réussi à être moine, n’importe qui pouvait le devenir…

« J’ignore si je pourrais lui donner un coup de main… Par contre, je peux lui donner des coups de pieds ! Beaucoup même… »
assura-t-elle le ton doucement moqueur, ce à quoi son maître répondit par une expiration d’amusement modeste. Maintenant qu’elle avait fini de jouer, elle posa directement à l’étrangeté de cette pièce, une question dans un registre beaucoup plus sérieux. « Kamin donc... êtes-vous vraiment un moine cardinal ? Vous n’en avez pas vraiment allure… ni l’énergie ! Montrez-moi une preuve, une prière, quelque chose… » et c’est celle qui affichait un énorme décolleté qui osait non seulement critiquer, mais également imposer des ordres… Franchement, où va le monde ?
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Sam 10 Fév 2018 - 18:26
- C'est pas pour te *bonk*... aie... vexer, mais si y'a une déréglée dans l'histoire c'est toi, t'as toujours pas *bonk*... aie... répondu à ma question. *bonk*... aie. Et si tu pouvais arrêter avec ce bâton, c'est très agaçant. *bonk*... aie.

La connexion est décidément bourrée de parasites.

L'intervention divine du maître Chuo calme la tempête, qui s'éloigne vers le maître Chuo lui-même. Kamo-san n'est donc pas seulement une psychopathe, c'est aussi une sale gosse incapable de respecter ses aînés.

Chuo ne semble pourtant pas plus contrarié par ses coups de bâtons par le fait que Kamin ait oublié les figues de Nobu. Sauvé.
En revanche...

- Alors, je ne sais pas de quoi se mêle Nobu, mais je n'ai jamais demandé qu'on me file un coup de main. C'est une idée à lui...

Mais le plus bizarre dans l'histoire, c'est que ce n'est pas Chuo qui semble désigné pour lui passer son savoir, mais bel et bien Canard-girl.
Voilà qu'elle le vouvoie, maintenant. N'importe quoi.

- Si je suis vraiment un moine? Permets-moi de te retourner la question. Moi qui pensais être le seul tocard de la profession à pas avoir le crâne rasé, me voilà réconforté.


Cette remarque va sûrement lui valoir un autre coup de bâton, mais la régularité des assauts l'a presque habitué à la douleur.

En vue de lui fournir la preuve qu'elle demande, il se rassoit sur le carrelage, en tailleur.

- Pour ce qui est de l'énergie et de l'allure, Nobu m'a poussé sur la voie de la spiritualité pour diverses raisons, mais l'une d'elles est thérapeutique. Je dors beaucoup, trop même, paraît-il. Et si j'ai appris une chose pendant mon pèlerinage, c'est que l'énergie peut venir de n'importe quoi.

Il joint ses mains.

- Même du sommeil.


Un flux d'aura parcourt son corps de bas en haut, fait vaguement onduler une mèche de cheveux. Commence alors une des nombreuses variantes de la prière de l'Ouest, dans une langue qu'il ne comprend pas, mais dont il maîtrise la signification de chaque mantra:

- J'en appelle à l'éveil, puissant et révélateur
Je m'en remets à mes souvenirs, aux voyages du passé
A tous les reflets du monde qui s'entremêlent, colorés
Qu'illuminé le Cardinal m'inonde de sa grandeur.


Ses yeux, jusque là ouverts, se ferment alors qu'il attaque sa partie préférée.

- J'en appelle au sommeil, inspirant et réparateur
Je m'en remets à mes songes, aux vérités cachées
A tous les mensonges qui y dansent, mélangés
Qu'endormi le Cardinal me gorge de leur chaleur


Ses paupières s'ouvrent à nouveau. Puis se ferment, puis se rouvrent, dans un cycle de fréquence croissante. Les mantras s'accélèrent.

- Puissions-nous nous découvrir ainsi
Vous serez le jour, je serai la nuit
Les hommes seront sur leurs pieds
Mon dos goûtera la poussière


Il décroise les jambes.

- Puissions-nous nous parler ainsi
Vous serez les conteurs, je serai votre ami
Les hommes seront tous couchés
Je serai debout dans la lumière


Il se lève d'un bond soudain et prononce les derniers mots, presque en chuchotant:

- L'important n'est pas le but, mais le chemin
L'éveil est le but, le sommeil est le chemin.
L'important n'est pas la chute, mais l’atterrissage
Le sommeil est la chute, l'éveil est l'atterrissage


L'aura baigne tout le corps de Kamin.
Ses yeux sont désormais mi-clos, car dans sa transe, comme d'habitude, il est à moitié endormi.
Il se tourne vers la moniale et s'adresse à elle en murmurant des mots qui tranchent radicalement avec la poésie étrangère de la prière:

- Ah. Tu es de nouveau un canard. C'est marrant.

Rêve n°9
La personne en face de toi est effectivement un canard. Un canard avec un bâton.

Le rêve est aussi un demi-rêve. Kamin s'adresse à son aîné à la fois dans le songe et dans la réalité:

- Maître Chuo... Voilà.
Si le drôle d'oiseau qui vous sert visiblement de disciple me donne encore un coup de bâton... désormais y'a peut-être une probabilité plus grande que je réagisse avant de l'avoir reçu.


Puis il se retourne vers la demoiselle.

- Mais honnêtement, je serais plus intéressé d'entendre sa prière à elle.


Spoiler:
 

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Dim 25 Fév 2018 - 1:16
« Vous feriez mieux de ne pas me provoquer ! » affirma-t-elle, le grain de voix, on ne peut plus sérieux.

Le sourcil un poil agacé, Nora se devait d’admettre la vérité. Sous ses yeux désespérés par les futures péripéties qui l’attendraient, elle avait eu la preuve de ce qu’il avait avancé. Un moine ! Kamin était bel et bien un moine dans toute sa mystification. La lumière qui l’avait furtivement enrobé était la preuve même qu’il avait été formé à la lumière cardinale. D’ailleurs, ce charabia ô combien malaisant pour certains avait été pleinement traduit par la demoiselle des sables et ce, grâce à ses propres connaissances ecclésiastiques. Et si un ninja lambda ne pouvait décemment interpréter tout ce pataquès, la jeune lady elle, en était aisément capable. Ce langage certes ancien n’avait aucun secret pour elle, si bien qu’elle pourrait lui répondre dans cette même langue, en lui chantonnant une prière par exemple.
Mais quoi qu’on dise… le souhait de lui répondre n’était pour le moment pas là ! Ce saligaud avait encore recommencé à divaguer ses conneries. Ses incessants délires de canard revenaient sur le tapis. A croire qu’il se droguait vraiment ! A son âge, ce genre d’hallucinations était inquiétant et témoignerait potentiellement d’un corps fragile… Ou bien se foutait-il littéralement de sa gueule ! L’ex-moniale n’était pas habituée à rencontrer des phénomènes aussi perchés venant du même milieu spirituel. Quoi qu’on dise, elle avait du mal à gérer ce spécimen vraiment spécial. Son inquiétant stoïcisme forçait Nora constamment à jouer les fanfaronnes :

« La plus grande erreur de mes adversaires est généralement de me sous-estimer… » que disais-je ? Fanfaronne, la demoiselle ! Le visage doué d’un calme outrageant, elle s’offrit alors le privilège de tenter une attaque furtive vers son visage. Pendant le silence qu’elle imposa après son aparté, elle avait fait jaillir sa paume en direction du crâne de Kamin. L’intention était loin d’être amicale et si son maître n’avait pas pris la peine de l’arrêter dans la foulée, il est fort probable que les problèmes se seraient multipliés. La main ferme, il avait en effet empoigné le bras de son élève pour la stopper dans son élan véhément. Une action éclair de la part d’un homme, certes hospitalisé, mais qui en avait toujours sous la semelle :

« Je voulais le tester un peu… » pesta gaminement l’ex-moniale avant de se calmer progressivement.

« Une âme saine repose dans un corps sain et un esprit sain ! Sans cet équilibre intérieur, un moine ne peut se permettre de porter un coup ! » sermonna maître Chuo en les gratifiant d’un phrasée mélodieux et instructif.

Des soupirs exaspérés étouffèrent la pièce. Sans l’intervention bienveillante de son maître, elle ne les aurait peut-être jamais libérées. Grâce à cette brève intervention, elle s’était remise les pendules à l’heure. Revenue à son habituel seuil de sérénité consternant, elle pouvait interpréter la situation plus calmement : Devant lui, un homme qui avait complètement prouvé son appartenance au culte de la lumière cardinale. Derrière elle, un hospitalisé veillant au grain dans sa chambre d’hôpital. Et entre ses deux personnes, Nora, qui semblait contraint à transmettre un peu de son savoir à l’abruti fatigué lui faisant face… Misère de misère.

« Bon ! Puisque je ne peux même pas vous taquiner un peu, revenons à nos moutons ! » s’exaspéra résignée, l’ex-vagabonde. « Je n’ai pas de prière personnelle, à proprement parler ! Néanmoins, je suis capable d’en réciter plusieurs. Par exemple, vous n’êtes pas sans savoir que l’énergie peut aussi bien se puiser dans les rayonnants émotions que dans noirs sentiments… » avança-t-elle sérieusement.

D’abord mesquine, l’ex-vagabonde rangea vite ses crocs pour s’appliquer dans la récitation de la prière du noir et blanc. Aucun stress, mais quelques anecdotes marrantes la taquinaient dans sa préparation : Shuu ne lui avait jamais demandé directement de lui réciter ses prières devant lui. Comme quoi il n’accordait pas beaucoup d’importances à son passé de moniale. Une pensée qui la fit doucement rire, mais qui s’effaça au profit d’un faciès plus solennel :


« La blanche lumière pour guérir
Les noires ténèbres pour souffrir
Je suis la frontière où vit ces deux forces
Je suis le réceptacle de leur opposition féroce
Empêchant le noir de me souiller
Empêchant le blanc de m’aveugler
Mon âme saine brille et prie
Attendant la bénédiction infinie.
Ô Lumière cardinale
Puisse la pureté de mon cœur
Faire de moi le Sauveur… »


Et le même phénomène se produisit. Une lueur fugace, mais inspirante engloba sa sainte personne avant de se disperser dans la clarté de la pièce. En elle, se disputait une dualité qu’elle avait su dompter efficacement. Le blanc pour la purification de l’élément et le noir pour son entrave. Si elle pouvait définir aisément toutes les particularités de sa prière, il n’empêche qu’elle restait plutôt dubitative sur celle de son collègue. Bien qu’ayant globalement écoutée sa prière, elle ne l’avait à ce jour jamais entendu… Ou du moins, l’essence même animant son psaume lui était inconnue. Les principes de la lumière cardinale était ma foi, compliquée :

« Maintenant, je peux vous certifier que m’appeler Kamo une nouvelle fois serait la pire erreur de votre vie… »
Son petit sourire en coin définissait parfaitement son audacieuse mentalité. Se sachant surveillée par son maître, elle se retint toutefois d’agir. Troublée par quelques mystères, elle opta finalement pour quelques questions « Mais dites-moi, n’avez-vous vraiment qu’une prière personnelle ? » Elle craignait le pire, mais se poussa à poser cette question. Une question bête certes, mais dont la réponse pourrait lui provoquer d’immenses migraines « Que savez-vous exactement des moines des cardinaux ? »
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Sam 10 Mar 2018 - 10:32
Le masque de la psychopathe a été remplacé à chaud par celui de la rigueur dogmatique. La prière de la prêtresse est propre, millimétrée, et parfaitement énoncée. Kamin se souvient avoir planché des jours pour essayer d'en retenir un mot.

- Prière de l'Est, donc... pas étonnant qu'on ne se comprenne pas, c'est avec ce Cardinal que j'ai toujours eu le plus de mal.

Lors de son pèlerinage, le pragmatisme du moine s'était heurté à la complexité métaphorique qui sous-tendait le culte de l'Est. Si le fait de voir dans les notions de Blanc et de Noir autre chose que des couleurs mornes avait pris du temps à Kamin, s'approprier l'étendue des concepts qui en découlaient s'était révélé un peu trop complexe pour lui. L'entraînement avait fini par porter ses fruits, mais les fruits étaient trop verts et bons pour les goujats. Nobu avait rapidement choisi de passer à autre chose.

Voilà qu'elle l'interroge. Pop Quizz.

- Euh. C'est à dire que... même si Nobu m'avait pressenti pour l'école de l'Ouest, il a eu beaucoup de misère à me faire apprendre une prière traditionnelle en entier: j'avais un problème avec ces textes, ou plus exactement avec le fait de devoir apprendre par cœur quelque chose qu'on m'imposait comme la vérité. Ça avait beau être un langage ancien, si je ne croyais pas à ce que je disais, ça n'était pas la peine, ça ne marcherait pas.

Il s'adresse maintenant à Nora et Chuo. Ses yeux sont toujours mi-clos.

- A partir de là, Nobu m'a aidé à travailler sur une prière personnelle. Faute de mieux, on a élaboré ensemble chaque mantra en fonction de ceux qui avaient le plus de signification pour moi, et qui en même temps gardaient leur portée spirituelle. Ça a pris un peu de temps pour trouver l'équilibre entre les deux, mais ça a fini par donner ce que vous venez d'entendre. J'en ai quelques variantes selon les situations - plus courtes, ou plus solennelles... Euh. Voilà.

Il se gratte la nuque.

- Et en ce qui concerne mes connaissances sur les moines... je suis parti en pèlerinage l'année dernière avec Nobu. On s'est arrêté à de nombreux temples, cachés ou non. J'ai rencontré des moines de toutes les écoles et de toutes les sortes.
L'Ecole du Sud axe sa réflexion sur la dualité entre la vieillesse et la jeunesse. Au pays du Feu, j'ai rencontré des vieillards avec autant de vigueur qu'un ado, et des gosses plus jeunes que moi avec bien davantage de sagesse et de self-contrôle que nos maîtres Nobu et Chuo réunis - no offense, maître. C'était une vraie claque, et ça m'a un peu remis à ma place.


Pas l'habitude de parler autant. Il s'adosse à un mur, sauf qu'il n'y a pas de mur là où il se trouve. Il bascule et s'étale au sol.

Rêve n°16
Des rats de taille inhabituelle dansent autour de toi. Tu es dans un piège à souris. Impossible de bouger. Tu cr...

Heureusement la transe spirituelle reprend rapidement ses droits. En une fraction de seconde, Kamin prend appui sur sa main pour remettre ses pieds au sol, et se relève dans une extension énergique dont personne ne l'aurait cru capable quelques minutes auparavant.

- Bon. Je disais... ah oui. Le Nord.*baille*. L'équilibre et le déséquilibre. Promis, j'ai pas fait exprès de tomber au moment où j'allais en parler.

Difficile de garder une quelconque espèce de crédibilité après ça.

- Là c'était plus dur. Plus physique on va dire. J'ai appris à mes dépens que les mantras étaient un peu plus que des jolies paroles, que c'étaient des sons qui résonnaient dans chaque os, chaque organe. Et que pour les réciter, une connaissance approfondie de son corps était nécessaire. C'est à ce moment là que j'ai arrêté de baisser la tête et que j'ai commencé à me tenir droit.
Et puis, il y a eu l'Est. J'ai eu un peu de mal, c'était beaucoup de bla bla auquel je ne comprenais rien. On m'a notamment présenté une façon d'appréhender l'esprit humain dans laquelle je ne me suis pas du tout retrouvé. Une dualité entre pureté et impureté qui m'a semblé réductrice. J'ai pas réussi à rentrer dedans, c'était l'échec du voyage.



Il lui vient une désagréable impression d'en dire un peu trop. En indiquant à Nora que ses lacunes étaient justement son domaine d'expertise à elle, il s'exposait à l'éventualité d'un cours de rattrapage dont il n'avait pas du tout envie. Encore moins avec une disjonctée de sa trempe.

- Enfin, l'Ouest. C'était la destination finale du pèlerinage, Nobu avait insisté pour qu'on termine par là. C'est la seule phase du voyage où je n'ai rencontré aucun maître: Nobu seul s'est chargé de la formation. Et outre l'aspect thérapeutique de ses enseignements sur mes problèmes de narcolepsie, j'en ai retiré une certaine philosophie, que je pourrais résumer en un adage cher à Nobu, et que vous avez peut-être déjà entendu dans sa bouche, maître Chuo...

Il marque un temps.

- "Si tu rencontres le Cardinal en chemin, tue-le".

Il s'apprête à recevoir des soupirs ou des sursauts d'indignation, car il sait que même si la philosophie derrière la déclaration était partagée par de nombreux moines, sa formulation un peu rentre-dedans en fait frémir plus d'un.

- Dans le sens où, si tu sens que tu t'éloignes trop de la quête de la spiritualité et de la vérité pour t'adonner exclusivement aux dogmes dictés par le culte, c'est que tu es sur la mauvaise pente. Il te faut alors tuer tes croyances pour revenir à ce qui fait l'essence de la spiritualité: la remise en question, et l'ouverture au monde.
C'est grâce à ce déclic que j'ai réussi à concevoir et maîtriser ma première prière.


Sur ce, il regarde Nora droit dans les yeux, toujours sans ouvrir complètement les siens.

- Voilà pour mon CV. Comme vous voyez, j'ai une compréhension assez personnelle du culte, que je revendique. C'est ma manière d'embrasser ses enseignements sans lui sacrifier l'entièreté de mon existence. Ça fait partie des raisons qui expliquent le fait que je ne me suis pas rasé les cheveux.

Un sourire en coin malicieux à son homologue, qui du point de vue religio-capillaire se trouve dans le même cas que lui.

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L'avenir appartient à ceux quzZzZzZzZzZ
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Lun 26 Mar 2018 - 20:20
« Il n’a rien à apprendre ! Il sait déjà tout ce qu’il y a à savoir sur les moines cardinaux » insista encore une demoiselle qui ne souhaitait toujours pas se charger d’un quelconque enseignement.

Quand bien même ce gamin pourrait finalement être sympathique, inculquer les ancestraux préceptes de la lumière cardinale était un véritable calvaire. Il ne s’agissait nullement d’un manque de capacités ou connaissances de sa part, mais clairement d’un manque évident de motivation. Comme en phase de combat, Nora avait besoin d’une personne ou d’un évènement suffisamment troublant pour lui retirer le balai qu’elle s’était coincée dans le cul. Et qu’on se le dise, certes de manière vulgaire, ce manche à balai était extrêmement difficile à déloger. Seuls quelques hommes avaient la faculté de le décoincer avec une facilité déconcertante. Heureusement pour Kamin, l’un de ses hommes étaient présents dans ladite chambre d’hôpital. Peut-être souffrait-il d’une maladie inconnue, mais il avait toujours la force de réprimander son élève adorée :

« Tends la main à la brebis qui se tient devant toi ! »
avança-t-il noble, sans la menacer de quoi que ce soit.

Avec toute la force habitant encore son être, il pouvait pourtant la recadrer verbalement. Cependant, sage, il s’était dit que des yeux plissés remplis d’obligeance feraient fondre la dure opinion de l’ex-vagabonde. Personne n’avait autant côtoyé Nora ses sept dernières années que lui. Au cours du long périple qu’il avait fait en sa compagnie, il avait pu desceller toute la bonté animant le cœur de son élève. Cette même bonté qui par de maintes fois avait failli pourrir, contaminée par l’infamie peuplant ce monde. Nombre de gens étaient têtue, Nora la première, mais rare était ceux possédant la bienveillance de la demoiselle des sables. Dur comme fer, le maître souffrant croyait en l’éclosion totale de cette indulgence.
Et Il avait raison de la pousser à la dévotion. Adoucie, elle semblait avoir une énième fois changé d’avis. La perspective de l’enseignement ne l’enchantait guère, mais elle ne pouvait se résoudre à refuser les sollicitations des êtres chers. Il était donc temps pour elle d’entrer un peu plus dans le vif du sujet : à savoir, les principes des fameuses dualités. Elle n’avait pas le savoir des plus aguerris moines, mais elle avait construit sa personne sur des raisonnements saints et longuement travaillés. Tout ce qu’elle avait à faire, était de lui montrer les clés qui l’aideront à murir comme elle auparavant. Rien de plus ! Sachant qu’il possédait déjà d’intéressants acquis, la tâche devrait être des plus simples :

« De ce que j’ai pu entendre, vous possédez déjà les points qui vous amèneront vers l’éternelle spiritualité : Remise en question, ouverture sur le monde ! Il est important de ne pas voir le monde comme une connaissance acquise ! Les vrais érudits vous diront en effet que notre monde est un océan dont les limites ne peuvent être définis. »
elle s’affranchit d’un faible rire incompréhensible, comme satisfaite d’avoir répétée à la lettre ce que lui avait enseigné son maître, il y a fort longtemps. « La méditation est un moyen comme beaucoup d’autres de réfléchir constamment, d’aiguiser son être et d’amener sa réflexion dans des contrées inexplorées ! J’imagine par exemple que votre sommeil est une méthode similaire à de la méditation. Vous poussez de cette manière, votre psyché dans des retranchements parfois surprenants » ajouta-t-elle, guidée par son intuition et par un raisonnement construit hâtivement.

Pour la première fois, l’ex-moniale venait de parler du sommeil de Kamin, sans penser une seconde à l’horrible sobriquet qu’il lui avait donné plus tôt. Une marque d’application de sa part. Elle prenait cette tâche très au sérieux et espérait ne pas l’avoir perdu en chemin. Avec un tel antécédent de dormeur, il y avait de quoi être défaitiste quant à ses capacités d’écoute assidue. Lui donner une paire de claques serait une bonne vérification de son état, mais son maître n’approuverait sûrement pas un tel comportement. Cette réticence à la violence, elle le tenait légitimement de cet homme. D’ailleurs, il était bien le seul sur cette planète recevant les rares sautées d’humeur de Nora. Le grincement de ses dents fut fugace, mais lui permit de se reconcentrer sur l’essence même de son travail, ici : l’enseignement :

« Il est important de maintenir en soi, une irréprochable sérénité ! C’est l’un des fondements même du moine cardinal ! La sainteté du corps repose sur la sainteté et de l’esprit et de l’âme. Sans le respect d’un tel dogme, l’identité de l’Homme et plus particulièrement du moine se fissure… » Elle se permit de tousser fortement, pour réveiller son élève, dans le cas où ce dernier dormait. « Si par exemple, la dualité Blanc/Noir est facile à comprendre, elle nécessite une application ardue de ce dogme. Un exemple peut-être… » termina-t-elle la voix un poil enjouée.

Tout comme elle, lui aussi préférait les démonstrations grandeur nature. La profondeur des mots ne les transportait pas tout le temps. Parfois, ils avaient besoin d’un exemple concret pour s’imager tel ou telle chose. Kamin pouvait donc remercier sa professeure qui n’avait nécessairement eu la même chance que lui, jadis. La plupart des préparatifs étaient déjà en place pour assurer le spectacle. Il n’y avait plus qu’à… prier. Prier fort dans cette langue si mystérieuse et déchiffrable par une poignée d’ecclésiastes. Dans le cas de Nora, il s’agissait pratiquement d’un chant tant sa voix était mélodieuse et ses paroles délicieuses.

« Que le sol de demain ne soit plus celui d’aujourd’hui
Qu’il ne devienne ni frein ni appui
Mais terre lisse et chemin infini… »

Son maître avait déjà pris les dispositions nécessaires pour parer l’offensive de Nora. Lui ayant appris ladite technique, il en connaissait évidemment les avantages et les défauts. Ce qui n’était pas le cas du pauvre Kamin, qui allait malgré lui devenir la victime des fomentations de l’ex-moniale. De son point de vue, rien n’avait changé et pourtant, une illusion était bel et bien en place. Au moins, il ne pourrait lui en vouloir de ne pas avoir fait un cours vivant. Bref ! Dès le chant terminé, elle s’approcha gentiment de son élève au penchant somnolent et continua les explications qu’elle avait en suspens. Sa technique active, elle ne devait traîner en longueur, auquel cas, toutes ses promesses n’auront été que du vent :

« Voyez-vous… les illusions sont un domaine récurrent chez les moines cardinaux et la dualité Blanc/Noir abuse complètement de ce type de techniques. » Elle hocha la tête, presque désolée de ce qu’elle allait faire et continua à parler. « Elle profite des faiblesses mentales et se loge dans l’esprit de ses victimes pour l’entraver ou pour libérer… d’ailleurs, il est dangereux de croire qu’une libération de l’esprit n’apporte que des avantages, loin de là ! Mais ça, c’est une autre histoire ! Ce que je souhaite vous montrer là est les regrettables impacts que peuvent avoir un manque de sérénité. » Maintenant en face de lui, Nora exécuta enfin son cours éducatif « Admirez… si je place mon index ici et que je vous pousse très légèrement en arrière… » acheva-t-elle sans lui spoiler la suite des évènements.

Tout doucement, elle plaça son index sur le front de Kamin et le poussa tout doucement en arrière. L’illusion fit ensuite le reste… ou plutôt, le corps victime d’une illusion. Maline, l’ex-vagabonde avait jeté une illusion dans laquelle toute personne entendant son chant perdait adhérence au sol, ce dernier devenant bien trop glissant pour qu’un humain puisse se tenir debout sur ses deux guiboles. Il tomba donc naturellement à la renverse sans pouvoir y faire quoi que ce soit. Des préventions ? Il en existait beaucoup et Maître Chuo les connaissait mieux que personne. Effectivement, une telle technique n’avait aucun effet sur lui. Mais sur des bleusailles comme Kamin, cherchant encore une tranquillité interne, il n’y avait aucune raison qu’elle échoue :

« Un esprit sain permet de discerner la technique, mais seuls des esprits suffisamment tenaces ont la force de la briser…. Bref ! Des questions ? » ajouta-elle alors que son élève ne s’était toujours pas relevé.

Lui expliquer l’importance de l’harmonie des Corps tout en lui montrant un aperçu de la dualité du Blanc/Noir. Nora venait de faire d’une pierre deux coups.
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L'héritage spirituel de papy Chuo [Leoko Nora]

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