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L'écho d'une lettre ft. Metaru Shuuhei & Leoko Nora


Lun 22 Jan 2018 - 22:58
Cette délégation avait été tant attendue. Et pourtant, il avait été écarté, lui, et Eiichiro, de cet événement. Si encore, il parvenait à comprendre pour sa modeste personne, le jeune homme avait été un peu plus choqué concernant son frère d’arme et ancien chef du clan Yuki. Alors, avec l’arrêt des plus intenses de ses responsabilités au sein du village de la terre, Watari restait au domaine des Nagamasa, attendant… La suite. La suite de quoi ? Il ne le savait pas trop. Mais encore une fois, il avait l’impression d’être confiné à l’impuissance. Cela l’attristait, bien évidemment. Lui qui commençait à accumuler un certain nombre de katanas… Et il était contraint d’attendre, pendant que Ao, le traître, continuait de fouler le monde des vifs après ses multiples traîtrises. Pendant que le nouveau « mizukage », ce maudit golem, courrait malgré ses crimes…

Lui qui avait tenté de confiner un maximum les élans vengeurs de ses confrères et cousins du clan Nagamasa, il restait passablement frappé par l’ironie qui se jetait sur lui. Il y a bien des mois, montant les marches de ce temple, il s’était aperçu qu’il désirait être plus à l’écoute de son cœur pour devenir une lame digne et à-même de protéger ce qu’il estimait essentiel. S’il faisait les comptes de ce vœu pieu, du fond de l’hivernal paysage et de la pièce de bureau où il s’était installé avec un thé et des biscuits, le temps semblait long et il se demandait s’il n’y avait rien de plus qu’il pouvait faire. Le temple commençait à prendre forme, lui inspirant toujours un peu plus l’impression d’avoir demandé à construire une forteresse pour les samouraïs d’Iwa. Mais évidemment, cela prenait beaucoup de temps. En tout cas, cela faisait vivre l’économie locale et il eut été impossible sans l’aide de Kumo de parvenir à construire si rapidement ce bâtiment qu’il avait souhaité dédier en partie aux Nagamasa et surtout, à Chôgen.

Et dire qu’il ne pourrait même pas remercier le Raikage pour l’aide que lui apportait son émissaire. Il croqua avec amertume dans un senbei. La quête de la force était relativement longue et celle-ci l’emmenait désormais sur un terrain d’incertitude et d’une langoureuse attente. Elle en dormait ses sens pourtant aiguisés comme ils l’avaient rarement été, sûrement à cause du nombre croissants d’affrontements qu’il menait contre des guerriers d’exceptions, fut-ils alliés ou ennemis d’ailleurs. Au contraire de la période où il était un voyageur, vagabond en exil, il était désormais samouraï sédentaire et il ne pouvait pas trop intervenir ailleurs, dans le lointain horizon des pays qui se préparaient à la guerre. Il ne pouvait pas vaincre seul, il le savait que trop bien. Mais lui qui avait passé la fin de l’année 201 à chercher des alliés pour Iwa et pour protéger les siens… Il se sentait soudainement bien seul. Il aurait pu se faire homme à femme, quelque chose qu’il était bien plus en ce moment que jamais… Mais là aussi, il ne souhaitait pas déranger l’entraînement des deux femmes qui se partageait les antipodes saisons de son cœur. Alors, un peu comme un grand-père assis à contempler l’éternité et à méditer, il attendait que le temps passe. Que les nouvelles de l’alliance avec Kumo soient probablement favorables.

En tout cas, il l’espérait. Il soupira. La neige est belle, mais elle est aussi longue à tomber du ciel que n’est le temps à s’accumuler. Face à lui, de lents et menus flocons dansaient doucement pour rejoindre le manteau qui tapissait le lointain horizon et le jardin de la demeure des Nagamasa. Si cela ne suffisait pas à accentuer l’oppressante quiétude qui était celle de sa retraite temporaire ici, en cette période d’accalmie au village de la terre, l’absence des bruits de vie et d’activité au sein du cœur commerçant n’aidait pas à le motiver sans plus. Et puis, soudainement…

Watari-sama, j’ai une missive pour vous. C’était la voix d’un serviteur du clan Nagamasa qui venait de signifier sa présence en ayant frappé contre la porte coulissante de sa chambre. L’ancien héritier du clan Hoshino lui indiqua qu’il pouvait rentrer et l’homme, dans la trentaine, fit plusieurs révérences, avant de lui laisser le message et de se retirer. Déroulant le rouleau contenant le message, Watari commenta alors : Eh bien, eh bien… Si je m’attendais à ça…

*
* *

- Vous n’avez rien à faire ici. Ordre du tsuchikage.
- Eh bien… Je ne le sais que trop bien. Mais c’est sur ordre du Raikage que je suis convoqué. Si cela peut vous rassurer, vous n’avez qu’à m’escorter jusqu’à lui. Le shinobi chargé de contrôler les laissez-passer regarda avec un air suspect la missive qui le conviait à s’avancer dans la zone sécurisée. Mais l’écriture semblait être officielle. Il fit venir un autre shinobi et échangèrent des murmures et des regards sur le samouraï. Après tout, il restait un exilé de Kiri. Si dans le discours du Tsuchikage, il faisait partie de ceux qui s’étaient battus pour Iwa, il fallait admettre qu’il resterait malgré tout quelqu’un qui n’aurait pas la confiance d’une majorité de personne. S’il acceptait d’ailleurs de supporter cette ambiance de tension et de suspicion à son égard, c’était par respect pour ceux à qui il avait promis un avenir et une protection. Pour ceux qu’il avait juré de défendre et par ce biais, de défendre Iwa.

Pourtant, en ce moment, le village de la roche se défendait même de lui et nombreux shinobis, d’autres Jônin, gardaient les hauts-plateaux. Si quiconque doutait de la capacité d’Iwa à être imprenable, le spectacle actuel aurait probablement de quoi faire douter les sceptiques. Peut-être qu’à l’issu de cette rencontre diplomatique, un traité défraierait la chronique et les relations politiques, cette balance de pouvoir naissante qui s’affichait à travers le continent. Il ne serait probablement pas témoin de cet événement et n’en serait pas l’acteur ou le responsable. C’était ainsi. Cela étant l’attente était longue, il ne savait pas si on allait finalement lui dire de rebrousser chemin. En vérité, il aurait pu être simple de fausser compagnie aux gardes, mais il ne souhaitait pas risquer un incident diplomatique juste pour cela. L’alerte serait probablement donner et le chaos en résulterait. Peut-être que finalement, il allait devoir rebrousser chemin ?

C’est quelques secondes plus tard que plusieurs shinobis revinrent et lui dirent sobrement : C’est bon, on vous escorte jusqu’au Raikage, Hoshino Watari. Les suivant sous leur étroite et sévère garde, le samouraï au ciel étoilé se garda bien de laisser la lassitude et l’agacement qu’il ressentait s’exprimer par le biais d’un soupir qui pourtant, lui démangeait la gorge. Son souffle froid cependant, gardait son attention captive sur autre chose que la mauvaise humeur et la tension qui accompagnait son escorte. Le haut-plateau était colonisé par les neiges de l’hiver et il imaginait déjà la bonne humeur probable des Yuki d’Iwa face à des températures qui étaient probablement les plus adaptées à leur existence. Et puis… Ils furent emmenés jusqu’à une grande bâtisse, un domaine étendu. Un domaine dans les hauteurs. Probablement celui du clan Borukan. Il n’avait jamais compris l’intérêt de se mettre toujours en hauteur par rapport aux autres. Le bureau de feu le nidaime Mizukage était un exemple qui restait perturbant pour l’esprit du jeune homme. Cela dit, en faisant construire un temple ressemblant à une grande forteresse typique de son pays, pouvait vraiment-il être en mesure de critiquer quiconque ? Méditant sur cette question, il suivit d’un air distrait l’ouverture de la porte du domaine, évidemment bien gardé. Puis, on le fit attendre dans une pièce où le Raikage viendrait à sa rencontre. Encore de l’attente. Même s’il était seul, il sentait pourtant des regards depuis les ombres et la pression de la tension était telle qu’il n’avait pas finalement, éloigné ses lames de ses mains. Car à faire tant de sécurité et de suspicion sur lui, c’était finalement lui qui se sentait pris au piège, dans les filets de la sécurité du village dont il était désormais pourtant l’un des agents.

Inspirant un grand coup dans cette position habituelle qui était l’une de ses favorites lorsqu’il s’agissait de méditer, il profita malgré tout du silence pour faire le vide en son cœur et concentrer son attention sur tout ce qui pouvait l’entourer…
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Ven 26 Jan 2018 - 19:53
- « Raikage-sama, votre invité est arrivé. »

- « Yura-chan ! Je t’ai toujours dit que tu peux m’appeler Shuuhei-san. Ne sois pas si distante ! »

- « Impossible. »


J’eus alors un sourire. Borukan Yura n’en démordait toujours pas. C’était une très jolie rousse, jônin de rang, toute aussi belle et pulpeuse que ma fiancée. Un véritable canon. Je soupçonnais très fortement le Tsuchikage d’avoir foutu cette bombe à mon cul pour des raisons obscures, mais j’étais du genre à jouer avec le feu. ‘Fin… Un tout p’tit peu quoi. Surtout quand Nora n’était pas dans les parages. Et là, elle semblait ne pas y être. Mon regard glissa alors dans le décolleté plongeant que son kimono laissait voir à quiconque aurait l’audace d’y aventurer ses yeux. Un soupir s’extirpa des lèvres de la jeune rousse qui essaya de s’arranger, sans succès. Ses seins étaient énormes, voluptueux. Et même si je n’étais pas un fétichiste de poitrine, j’avais volontiers l’envie et l’ambition de fourrer ma gueule dans ses seins. Mon sourire devint alors un poil plus amusé, presque pervers même. Mais la rousse était de marbre. Ou plutôt, puisqu’un peu de rouge vint colorer ses joues avec légèreté. Son professionnalisme ne lui laissait pas l’occasion d’assumer sa féminité et Nora devait être un gigantesque frein à un éventuel laisser-aller. A croire qu’elle n’était pas indifférente à mon charme. Mon charme hein… Je n’étais pas spécialement beau quand j’y pensais. Niveau prestance, il y avait encore du travail et la jeune Borukan ne devait pas être une femme vraiment attirée par le pouvoir. Alors quoi ? Pourquoi cet intérêt refoulé ? Bonne question que voilà.

Mon séjour été définitivement amusant. Iwa était une sacrée terre !

Je me levai alors du futon sur lequel je lisais tranquillement avant de commencer à défaire mon kimono, sans aucune gêne. Cette fois-ci, Yura fut toute rouge. Presque mignonne même. Devant un tel spectacle qu’elle n’aurait jamais imaginé, elle s’éclipsa fissa non sans s’être excusée à la volée. Pour ma part, j’eus un rire, puis je me dirigeai vers ma salle de bain. En présence de Nora, je n’aurai jamais, mais jamais pu me permettre ce genre de choses. Même si j’étais un peu frivole et qu’il pouvait encore m’arriver deux ou trois aventures çà et là, je l’aimais plus que tout et je prévoyais même de mettre un terme à toutes mes conneries une fois que je lui aurais passé la bague au doigt. Une fois mariés et vu que je prévoyais à court terme de quitter mes fonctions, la jeune femme serait clairement mon centre d’attention. Mais pour l’heure et tant que j’avais encore le temps de jouer avec quelques minettes, je n’allais pas me gêner pour le faire. Et Yura était bien évidemment dans ma ligne de mire. Encore fallait-il que je trouve un moment tranquille pour ce faire, ce qui n’était pas du tout évident quand on était tout le temps entouré de gardes. Mais je ne baissais pas du tout les bras. J’avais la foi. Partir d’iwa sans manger local serait fort dommage. D’ailleurs, j’étais presque certain que cet enfoiré de Daisuke s’était bien amusé lui. Il en ratait jamais une pour se mettre bien comme on dit. Pensée amusante sous laquelle je pénétrai ma salle de bain.

Après dix bonnes minutes d’une douche chaude, je ne revêtis non pas mon uniforme de kage, mais plutôt un kimono noir richement brodé surmonté d’un haori blanc sur lequel était inscrit mon titre au couleur de mon pays. Après tout, il ne s’agissait non pas d’une rencontre « officielle », mais quelque chose de plus officieux et de plus personnel ; même si je ne connaissais pas encore la personne. La lettre de l’héritier des Hoshino avait su me toucher. Il avait eu les mots et les bons : En plus de mentionner mes frères d’armes d’un jour -et pas n’importe lequel-, mettre en exergue son désir de paix, il avait également su flatter l’égo du forgeron que j’étais. J’avais donc forgé ce qu’il attendait de moi avec le plus grand soin et avec toute mon âme ; et une fois à Iwa, j’eus la possibilité, une dernière fois, de me renseigner sur l’individu et d’avoir quelques informations sur lui. Sa missive ne souffrait donc d’aucun mensonge ce qui m’avait complètement rasséréné sur le fait que je ne léguais pas mes créations à n’importe qui. Je finis donc par me chausser de géta avant de sortir de mes appartements luxueux. Un véritable palace cet endroit ! Presque aussi classieux que la demeure Metaru à Kumo. Je me sentais comme chez moi et c’est dire ! Yura qui m’attendait à l’extérieur me fit signe de la suivre ce que je fis avec le plus grand plaisir, ayant le loisir de lorgner son postérieur qui rebondissait malgré elle et ses hanches qui chaloupaient à chaque pas. Juste magnifique…

- « Tu sais où est passée Nora ? »

- « Non. Mes excuses Raikage-sama. »


Shopping ? Ou peut-être était-elle allée méditer ou même aider les femmes Borukan en cuisine ? Rien n’était impossible avec cette femme. Rien. Si je la savais également en sécurité, j’avais peur qu’elle ne fasse une bêtise. Elle en était bien capable ! J’allais certainement sévir, mais je connaissais la moniale. Les remontrances et autres fessées ne lui faisaient presque plus peur. C’était d’ailleurs à se demander si elle craignait quelque chose, cette folle ! Je la chassai de mon esprit pour le moment et je continuai mon chemin jusqu’à ce que nous arrivâmes deux minutes plus tard devant une pièce dans laquelle une personne semblait patienter. Et à juger par son chakra, l’homme semblait plutôt puissant ! De quoi m’arracher un sourire plus qu’intéressé avant que Yuri ne fasse coulisser la porte et ne s’incline solennellement pour me laisser passer. J’aurai pu lui claquer le cul et c’était pas l’envie qui me manquait, mais je préférai rentrer sagement dans ladite pièce, sans faire de vague avant que mon regard ne tombe sur celui qui attendait ma venue depuis un bon moment maintenant. « Mes excuses pour l’attente, Watari-dono ! » Qu’avais-je automatiquement déclaré en me mettant face à lui et en m’inclinant pour appuyer mes dires. « Et ravi de faire votre connaissance, enfin ! » J’eus un sourire. Pas poli. Pas de circonstance. Mais un sourire sincère qui en disait long sur l’honneur que j’avais de rencontrer un parent de feu Chôgen et compagnon d’armes d’Eiichiro.

« Yura-chan ? Fais venir Mei s’il te plait. Dis-lui d’apporter le paquet que je lui ai dit de garder. Ah et aussi, fais nous parvenir du thé. Mon entretien sera peut-être long... » La jeune Borukan s’exécuta aussitôt avant que je ne repère les nombreux gardes qui entouraient la pièce. Pas besoin d’être devin pour comprendre. Les naturalisés, même résidents permanents à Iwa restaient des étrangers aux yeux de beaucoup de locaux. Plutôt dommage. Mais ce n’était pas un problème pour moi. Ce n’était pas comme si j’avais l’intention d’évoquer des sujets sensibles avec lui. Je finis par aller au coin d’une pièce pour me débarrasser de mes chaussures avant de me retourner vers le jeune homme : « J’aurai bien voulu vous rencontrer dans un cadre plus convivial, mais je dois moi aussi me plier à un certain protocole avant de pouvoir jouir des plaisirs de cette belle ville. Ce sera pour une prochaine fois. Toutes mes excuses, encore. » Je revins vers lui avant de m’asseoir tranquillement en face. J’avais vraiment envie de sortir mon kiseru pour fumer, mais je ne voulais pas du tout l’indisposer. Ce n’est qu’une fois posé que j’eus le loisir de détailler ses traits. Un véritable beau gosse ! A tomber par terre. Un peu moins mastoc qu’un Metaru ou qu’un Borukan, mais fin et gracieux. Il semblait même être auréolé d’une aura noble, mais il dégageait un petit côté sympathique. J’espérais pouvoir en faire un camarade.

En tout cas, je l’avais invité de bonne foi.

- « Nous avons certaines choses à nous dire, mais j’ose espérer ne pas vous avoir dérangé en vous invitant ici aujourd’hui. »
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Lun 29 Jan 2018 - 20:23
Rien n’avait changé ! Absolument rien ! Iwa aurait pu voir un renouveau inouï de leur flamme amoureuse… mais rien ! Le statut quo était encore d’actualité ici, puisque Shuu était constamment occupé à représenter Kumo et sa délégation. Au final, même loin de chez lui, le Raikage passait la majeure partie de son temps à travailler et à gambader sans sa promise. En ce moment, le quotidien de Nora était bien loin des moments guillerets qu’elle avait pu imaginer antérieurement. Elle pouvait juste se satisfaire de voir son homme plus radieux. La découverte de ces nouvelles terres l’avait semble-t-il émerveillé au point de déborder d’une insatiable énergie. Si seulement, il pouvait utiliser un peu de cette incroyable énergie pour passer du temps avec sa femme…
Ses incalculables soupirs ne furent guère manqués par les demoiselles du clan Borukan… Depuis son arrivée à Iwa, elle passait la majeure partie de son temps en leur compagnie à être harcelée de questions et de questions. Il y en avait même de très osée. Combien de fois l’avaient-ils fait ? Y avait-il un dominateur dans leur couple ? Elles allèrent même jusqu’à demander la taille de l’engin du Raikage ? Il y avait des limites à l’audace et Nora y fit clairement face. Son incapacité à répondre la rendait néanmoins très mignonne. Ses pommettes rosées étaient à croquer et réfléchissaient l’amour sincère qu’elle portait pour le dirigeant de la foudre.

Aujourd’hui encore, elle s’était rendue en cuisine pour donner un coup de main à ces femmes à qui les gens apportaient trop peu de crédit. Son expérience passée lui était précieuse. De par ses gestes précis, sa joviale simplicité et l’odeur alléchante émanant de chacun de ses plats, Nora s’était mise dans la poche, ces dames au comportement explosif. « J’aimerai avoir tes talents de cuisinières » qu’il la complimentait. Sa dernière farandole d’onigiris accompagnée d’un thé au jasmin avait d’ailleurs été nettement plébiscité par des goûteurs qui n’avaient cessé d’en redemander. Du baume au cœur pour cette demoiselle modeste, toujours à la recherche de potentielles améliorations. Elle ne voulait que la perfection pour son futur mari…
Un mari dont elle ignorait l’emploi du temps pour la journée ! Mei le savait très certainement, mais elle ne l’avait pas encore croisé pour l’instant. A croire que Shuu espérait que les deux demoiselles s’évitent. On dirait que le bougre tenait encore à garder une espèce de vie privée, perméable de tout. Pourtant, un homme respectable n’avait absolument rien à cacher… il n’avait donc aucune raison d’instaurer une distance entre deux jeunes femmes. Bah ! Nora n’était pas pressée de chercher la secrétaire du Raikage. Qui sait ! Peut-être que cette dernière était coincée en réunion avec l’éminent chef de la foudre. Autant donc ne pas les déranger. Retourner aux fours parut donc la meilleure idée pour le moment, quand alors :

« Nora-sama, le Raikage semblait vous chercher ! » déclara promptement une voix qui ne lui était guère inconnue.

« Vraiment ? » s’enthousiasma brutalement l’ex-moniale qui reconnut aussitôt la voix de Borukan Yura.

« C’est ce que j’avais cru comprendre… Par contre, il est en ce moment en réunion ! » souligna ensuite la puissante ninja.

La frénésie de la demoiselle des sables avait rameuté la meute. La mauvaise meute. Celles des mégères accrocs aux histoires d’amours. Celle-là même qui croyaient nécessaires le fait d’ajouter leur petit grain de sel à une romance qui battait un peu de l’aile. A leur merci, ses yeux suppliaient l’aide d’une Yura qui exprima sa miséricorde d’un signe affectif de la main. Que le destin était cruel ! Elle fut embarquée dans une chambre, maquillée et shampooinée comme jamais. La féminité demandait des sacrifices et elle ne faisait que davantage le comprendre. Le yukata qu’elles lui forcèrent à revêtir arborait un cérulé délicat ainsi que des fleurs de lys raffinés. Elle avoua être sous le charme de cette tenue, un peu moins de l’obi blanc rudement noué contre sa taille… Ah sacrifice, sacrifice ! Même des getas furent expressément mise à ses pieds.
Elles en faisaient vraiment trop ! Leur gentillesse était certes touchante, mais elles avaient oublié le fait que Shuu était en réunion. Et qui dit réunion, dit qu’il ne devait surtout pas être dérangée. A Kumo, elle faisait tout pour ne pas le déranger lorsqu’il travaillait. Bien souvent, la pérennité de la cité des nuages en dépendait, d’où sa douloureuse obéissance. Aujourd’hui encore, ce devait être le cas. Il devait certainement discuter alliances ou traités. Si Yura ne s’était pas soudainement volatilisé, Nora était certaine qu’elle en aurait eu la confirmation… Malheureusement, ce point noir empêcha toute négociation avec les mégères qui l’obligèrent à retrouver son homme.

Guidée par ses gardes personnels, elle n’avait pas le trac. Nora n’était pas une femme paralysée par les angoisses (d’habitude). Avec le recul, elle échappa même des petits rires amusés. A Kumo aussi, les femmes du clan Metaru avaient cette poigne vocale si forte. Une poigne vocale qu’elles avaient à de maintes reprises employée pour l’aider à entretenir leur flamme amoureuse. L’ex-vagabonde voyait très clairement les points communs entre les deux clans, mais elle ne tarda pas trop sur ce fait si évident. Ses pupilles s’abaissèrent plutôt vers ce qu’elle tenait dans ses mains : un plateau d’onigiris ainsi qu’une théière aux effluves de jasmins… encore un coup de ces explosives demoiselles qui avaient jugées astucieux d’apporter au Raikage de quoi se sustenter pendant son éprouvante réunion.
Après une petite minute de marche, ils étaient arrivés devant la porte qui le séparait de Shuu. Une porte coulissante toute simple et qui respirait la même tradition auguste que toute la demeure Borukan. Face à tant de noblesse, il lui parut évident de contrôler ses manières… surtout qu’elle était observée par de nombreux gardes. Le moindre de ses faits et gestes étaient observés. Une erreur et tout le monde le saurait… Elle n’avait aucunement droit à la bêtise et si Nora était un aimant à problèmes, Shuu lui avait explicitement demandé de ne pas en attirer à Iwa. Assise donc devant cette porte, plus dévouée que jamais, elle haussa la voix tout en gardant une douceur amoureuse pour dire :

« Veuillez m’excuser ! »


Ainsi donc, la demoiselle fit coulisser la porte pour voir un spectacle inimaginable… Que faisait-il ici, devant l’homme de sa vie ? Elle n’avait pas les mots pour exprimer sa surprise. Néanmoins, son visage le montra bien assez et ce, même s’il garda un aspect noble et maîtrisé. Coupés dans leur discussion, tous deux fixaient une Nora déchaussant ses chaussures, fermant la porte derrière elle et se rapprochant d’eux, les mains pleines de victuailles. Trop de questions lui martelaient la tête et même si elle paraissait se contrôler devant eux, on sentait l’explosion venir. L’alléchant parfum provenant de son plateau masqua efficacement les fumées explosives provenant de son cerveau affolée. Peut-être que Shuu ne verrait pas les réactions exagérées de sa promise. Elle n'arriva pas à balayer ses craintes, elle qui imaginait le pire sans même songer au simple…

« Ce n’est pace que tu crois, Shuu… Ce n’est qu’un vieil ami ! JE TE LE JURE !!! » hurla-t-elle maladroitement, inquiète et toute rougissante.

Ravie ? Évidemment ! Bien sûr qu’elle était contente de le revoir. Ce ravissant Bushido… mais elle aurait nettement préféré le revoir sans qu’il n’y ait son fiancé rodant autour d’elle. Les peurs de quiproquo étaient nombreuses et elle ne souhaitait absolument pas que le jalousie ne vienne ruiner et ces retrouvailles et cette réunion sérieuse ! Que le destin pouvait être facétieux !
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Dim 11 Fév 2018 - 15:57
Un grand homme aux cheveux clairs, vêtu d'un kimono noir adapta à la saison et aux allures masculines, pourvu d'un haori blanc décoré aux armoiries du pays de la foudre et des nuages, s'était avancé dans la pièce pour le saluer. Aucun doute n'était possible ; il était bien l'homme qui l'avait convoqué et il était aussi l'homme qu'il avait contacté, il y avait maintenant des dizaines - au bas mots - de lune de cela. Si le doute était encore permis, lorsque celui-ci s'inclina avec politesse, l'inscription sur le haori ne laissait plus aucune place à l'incertitude. Face à lui, l'aura de puissance qu'il percevait dans cette stature de dirigeant, était bien celle du leader du village des nuages. Face à lui se trouvait le chef du clan des forgerons, Metaru Shūuhei.

Sans se laisser impressionner, le samouraï du clan aux ciels lunaires et étoilés s'inclina à nouveau lui aussi, en guise de respect pour son hôte qui le faisait ainsi sortir de la torpeur silencieuse où la situation du village de la pierre l'enfermait. Mais Watari était un homme de cœur. Quand il vit le sourire, franc et sincère du Raikage, il se détendit quelque peu et lui répondit avec un franc sourire enjoué : Le plaisir est partagé, Raikage-sama. Si le souvenir de Chôgen lui pinçait toujours le coeur, en parachevant cette rencontre, il rencontrait le troisième héros de l'attaque contre Shitô. Pourtant, entre l'austère et le froid Eiichiro, le calme mais décisif Chôgen, la chaleur du chef du clan des forgerons enfonça un peu plus cette conviction. Si les frères d'armes avaient combattus ensemble et s'étaient entendu, c'était fort probablement malgré leurs différences à tous les trois. Même s'il n'était qu'une ombre dans le flot de l'histoire de ceux qu'il estimait, cette rencontre qui était née de son propre chef raisonnait avec une étrange force...

Le raikage parla ensuite avec des membres du clan Borukan, notamment au sujet d'un paquet, avant de s'excuser pour les circonstances de leur rencontre. Philosophe, Watari n'était aucunement insulté par le Raikage. Et de là, à parler d'insulte... Non, bien plus qu'insulté, il était relativement agacé et déçu. Mais... Pour une époque troublée, des circonstances troublées, elles aussi, j'imagine. Vous ne me dérangez pas le moins du monde. Les miens somment... Relativement peu occupés, particulièrement en cette période. Il n'allait pas beaucoup plus loin au regard de ce sujet. Il était évident que les samouraïs du clan Hoshino, pour les plus volontaires, ne pouvaient pas faire grand chose ces derniers temps. Mais je compte m'occuper moi-même. Une fois que je serais certain de mes forces, je retournerais probablement sur mes terres natales. Parlementer avec les clans. Il y a des jeunes qui veulent se former et parcourir le monde. Je suis sûr que même dans mon clans, certains souhaiteraient apprendre en se rendant au village de la Pierre. Les événements du sommets prouvent à quel point il est nécessaire que nous ne nous enfermions pas sur nous-mêmes. Car l'aide d'un samouraï transfuge - il ne pouvait expliquer l'incident du sommet que de cette manière - devait faire couler beaucoup d'encres et à défaut, faire claquer beaucoup de langues...

Même lui, l'idée le troublait beaucoup. Il avait un profond respect pour son pays et ses traditions. Qu'un seul samouraï puisse succomber aux belles paroles du Soshikidan lui semblait tellement improbable... Et pourtant. Il allait devoir mener son enquête. Je suis sûr que j'ai beaucoup à apprendre de votre village, Raikage-sama. Il paraît que vous avez concentré en vos terres, beaucoup de savoirs. Dites m'en plus sur vos contrées ! Depuis la création des villages, il n'y a que le vôtre que je n'ai pas pu visiter. Il sourit amicalement alors que le jeune homme chercha du regard une éventuelle théière. Il y avait matière à ce que cette rencontre diplomatique se passât de la plus cordiale des manières... S'il ne fut pas interrompue par une nouvelle arrivante, il la salua presque par réflexe, d'un geste de tête presque militaire, avant de se retourner vers le forgeron.

Mais soudainement, il fut prise d'une hésitation. Au-delà des atours céruléens et décoré des bijoux de la féminité que pouvaient être ce genre de motif, le visage de la jeune femme qui venait de rencontrer lui parût familier. Une moine qu'il avait rencontré à l'époque où il venait à peine de participer à la fuite de la 1ère mizukage... Une jeune femme qui avait laissé en lui, l'épais message d'espoir qu'il fallait vivre non pas en étouffant son cœur, mais en l'acceptant.

Le hurlement de la jeune femme lui fit cependant perdre contenance et il rit avec beaucoup de franchise à l'égard de celle qu'il comprenait comme étant proche du raikage. Il est bien étrange de retrouver une jeune moine aux côtés d'un des plus grand shinobi du continent. Shūuhei-sama, comme elle l'affirme, elle et moi n'avons jamais partagé rien de plus qu'un long et spirituel échange sur nos troubles, lors du tournoi de Shitô. Je ne connais même pas son nom ou son prénom, en vérité. Si celle-ci était gêné, tout à son inverse, Watari restait très calme et nonchalant. Il fallait admettre qu'il n'avait pas vraiment connu beaucoup d'aventure, hormis Sanadare, la Hyûga dont la vue restait toujours aussi obscure. Cela étant, si les questions qu'elle m'a posé près de ce temple étaient bien à votre endroit, alors elle doit vraiment beaucoup vous aimer. Est-ce votre promise ? Watari était quelque peu curieux de savoir pouvait-elle être exactement et il ne pouvait que supputer qu'elle était belle et bien promise à son interlocuteur.

Quelques secondes plus-tard, il remplaçait Nora par Eirin et ne s'imaginait pas sa cousine venir apporter un plateau de victuailles à la place de celle-ci. Elle n'accepterait probablement pas avant une décennie complète d'accomplir de tels rituels, fussent-ils pour lui ou pour un autre. Ayuka était peut-être un peu plus ouverte à de tels rôles diplomatiques... Mais ces femmes-là ne souhaitaient pas être reléguées au rôles de simples épouses, tant et si bien que si jamais devait-il avoir une promise, il faudrait peut-être encore de longues années pour que celui-ci ne songe à se marier. Et encore, rien n'était sûr, car avec la guerre qui s'annonçait, il était peu probable que les circonstances, celles-là mêmes qu'ils invoquaient pour s'excuser quelques minutes plus tôt, étaient toujours assez peu favorables à de telles préoccupations...

Comment vous portez-vous depuis notre rencontre, bon-dono ? Vous me semblez toujours aussi pleine de vie ! Lui dit-il en souriant calmement. Il espérait que son interlocuteur n'était pas du genre à sauter à des conclusions trop hâtive...
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Ven 2 Mar 2018 - 1:57
- « Ma promise hein… »

Je répétai ces mots avec amusement, les yeux rivés sur le faciès de l’intruse. L’air presque pervers qui marquait mon visage et que seul la jeune femme pouvait réellement décoder en disait long : Elle allait clairement en baver ! Certes ! Je savais pertinemment que rien ne s’était passé entre elle et le samouraï. En plus d’avoir eu l’honneur de ravir sa virginité –bien que cela ne prouvait absolument rien puisqu’il y avait moult moyens de s’amuser sexuellement parlant-, je lui faisais complètement confiance. Elle n’était pas aussi pourrie que moi qui n’hésitais parfois pas à visiter quelques femmes çà et là. Sa vertu d’ex-moniale et l’amour indéniable qu’elle me portait ne trompaient pas. Toutefois, sa réaction que je qualifierais d’épique me donnait du grain à moudre pour lui faire les pires crasses du monde et Dieu seul savait à quel point j’adorais la tourner en bourrique et lui faire faire des choses viles, vilaines. La fessée allait ce soir être de rigueur. Ce devait être clair et net dans sa petite caboche ; et nul doute qu’une bonne partie des Borukan allaient souffrir des nombreux gémissements et complaintes qu’elle pousserait depuis nos merveilleux appartements. Les mégères auraient de quoi alimenter leurs conversations. Et tout ça grâce à qui ? Grâce au noble héritier des Hoshino qui se trouvait devant nous ! Même si je n’avais pas l’intention de le taxer d’une quelconque manière, lui remettre gratuitement ce qu’il m’avait demandé depuis des lustres -et c'était pas comme si j'avais besoin de son fric- serait très certainement la meilleure façon de lui adresser ma profonde gratitude. Cet homme avait tout mon respect !

- « Effectivement, elle sera bientôt une Metaru. Si les cieux et le destin ne s’y opposent pas. C’est tout le mal que je lui souhaite en tout cas. »

J’eus un petit soupir. Même si ma gueule était redevenue tout à fait normale, je ne pouvais pas m’empêcher de jubiler voire même rire dans ma barbe. Pervers ? Je l’étais ! Et elle plus que quiconque dans cette demeure ou dans ce périmètre le savait ! Ce qui ne l’avait pas empêcher de m’aimer comme j’étais. Était-ce elle-même une pouffiasse, en fin de compte ? Va savoir. Toujours est-il que notre soirée était toute dessinée. Pauvre enfant qui ne savait pas se contenir. Elle saurait très rapidement ce qu’il en coutait ! J’eus d’ailleurs un sourire un peu trop angélique à la suite avant de reprendre parole, m’adressant directement à cette dernière : « Ne t’en fais Nora. Jamais je ne douterai de tes sentiments à mon égard. Pas plus que j’incriminerais Watari-dono. Sa droiture se lit sur son visage. » Et en reportant mon regard vers le jeune homme devant moi, j’eus un sourire cette fois-ci sincère. Les pervers de mon espèce, je les reconnaissais très facilement. C’était une race qui ne saurait échapper à mon regard acéré et averti. Lui ? Non… Rien qu’un homme normal. Il pouvait peut-être avoir des relations çà et là, d’autant plus qu’il était très charmant -Là où je n’étais que virilité-, mais il n’était pas un gros porc. Il fallait peut-être que je change, finalement. Le mariage ferait certainement son office. Mais bien avant que je fasse d’elle une Metaru à part entière, j’allais continuer d’abuser et de surabuser de sa bonne foi. Encore et encore jusqu’à plus soif ! Mais pour éviter de baver sur moi et parce qu’il fallait que je garde un certain maintien, je chassai ces pensées de mon esprit.

- « Des mots ne suffiraient pas pour décrire la beauté et l’importance qu’ont nos terres. Je suis certain que vous aurez un jour la chance de visiter Kaminari et Kumo. Vous êtes même le bienvenue. N’est-ce pas, chérie ? »

Chasser ces pensées vicieuses ne voulaient pas dire que je n’allais pas l’accabler, oh que non ! Un petit sourire, encore, pour faire genre, puis je lui fis signe de servir notre invité en première. Politesse oblige. Ce geste était également une invitation. Puisqu’il s’agissait de l’une de ses connaissances et qu’il semblait visiblement ravi de la voir, sa présence n’était nullement dérangeante. Qui plus est, je n’avais pas spécialement grand-chose à cacher à cette femme ; même si elle prenait grand soin de ne pas se mêler de mes affaires –ce que j’appréciais tout particulièrement. Par contre, un fait me revint rapidement en tête et c’est une mine quelque peu affectée qui remplaça l’expression tranquille que j’avais. De quoi me pousser à prendre une nouvelle fois parole : « Je ne rentrerai pas dans les détails puisque j’étais moi-même sur place lors du drame, mais je tiens à vous présenter mes condoléances. Pour avoir combattu avec lui à Shito, je puis dire que le Shodaime Tsuchikage était un très grand homme. Que j’aurai voulu moi-même connaitre un peu plus, il est vrai… » J’avais un pincement au cœur. Je n’étais d’ailleurs pas encore parti me recueillir à sa tombe, mais c’était pour moi un passage obligé dont je m’acquitterai volontiers lors des prochains jours. En attendant, je me remémorai encore de cette bataille épique qui avait à jamais gravé son nom dans l’histoire. Son initiative et sa mort ne seraient pas vaines. Foi de Raikage. Non ! Foi de shinobi ! Ce n’était pas le kage qui parlait, mais le ninja, l’homme, la connaissance, l’ami, le frère d’armes tout simplement.

Mais alors que je serrai mes poings les yeux fermés en me promettant que ce meurtre ne serait pas impuni, des présences se firent sentir. Des Metaru approchaient avec les commandes. Leurs pas bruyants ressemblaient à ceux des Borukan à s’y méprendre. A croire que ces deux clans étaient faits du même bois. Et puis, le feu n’était pas très étranger au procédé de forge du métal, même s’il serait plus exact de parler de lave concernant les Borukan. Je n’en avais pas encore vu un seul à l’œuvre, mais le recueil que Kumo détenait était précis sur leurs capacités héréditaires. Aucun Borukan ne pourrait me surprendre, de ce fait ; mais il n’y avait aucune raison pour qu’ils nous quoique ce soit. A l’exception d’un élément bien particulier, la communauté kumojin était irréprochable. Mes hommes finirent par se pointer derrière Nora, Mei en tête. Ils s’inclinèrent bien volontiers avant que je ne leur fasse signe d’entrer silencieusement, ce qu’ils firent aussitôt. Deux Metaru presque aussi mastoc que moi, virent poser quatre caisses entre moi et Watari. Ils s’éclipsèrent tout aussi vite, sans un mot, poliment. De braves gens qui faisaient vraiment ma fierté. « Un katana, un taichi, un wakizachi et un nodachi. Les quatre armes sont à vous. Je pourrai vous les décrire avec tout le bon cœur du monde, mais je vous laisse le loisir de déballer vos cadeaux. Sachez néanmoins qu’aucune autre arme au monde ne pourrait être aussi bien imprégnée de votre chakra que celles que j’ai forgé. » Sans parler du tranchant, de la solidité et tout ce qui allait avec. Mais ça, il le saurait bien assez tôt…

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Ven 9 Mar 2018 - 0:35
Le gênant quiproquo avait été réglé ! Et de la plus belle des manières en plus ! Pas de haussements vindicatifs de la voix. Pas d’échanges ensanglantés non plus. Les deux protagonistes s’étaient comportés comme deux hommes civilisés prônant avant tout le pacifisme. Une attitude honorable qui ne manqua pas la toucher sincèrement. Nora était contente de savoir ses craintes infondées. Elles étaient un tantinet, exagérées bien sûr, mais sur le coup, elle avait instinctivement paniqué. Se dire qu’il pouvait y avoir confusion et par conséquent, (maigre) possibilité de bain de sang, lui avait fait perdre ses moyens. La romance amenait ce genre de réactions imprévisibles et démontrait avec certitude tout l’amour qu’elle ressentait pour le Raikage. La bénédiction du samurai quant à sa relation avec Shuu ne put donc lui faire plus plaisir. Au fond d’elle, l’ex-moniale avait cru en une conduite agréable de sa part…
En revanche, elle s’en voulut d’avoir douté même un peu, de Shuu. Il était l’homme de sa vie, adulé de tous pour sa force, pour ses excellentes décisions militaires et pour ses capacités remarquables. Un homme doué de tant de qualités avait néanmoins son lot de défauts et plus que quiconque, la demoiselle des sables les connaissait… A commencer par un sang parfois trop bouillant. Quand les siens étaient illégitimement trompés ou souillés, il était le premier à monter au créneau. Un comportement louable dans un sens, mais manquant parfois de diplomatie. Elle avait donc craint à juste titre, qu’il ne s’enflamme suite à ce malentendu et ne cherche l’embrouille. Que de rassurements ! Il s’était parfaitement comporté et avait montré de quoi la rendre toujours plus amoureuse.

De discrets rugissements séducteurs lui furent affichées. Elle le lui avait offert ce petit condiment au moment où le Bushido avait détourné les yeux pour admirer son tout nouvel attirail. Evidemment qu’elle avait compris le message derrière l’angélisme de son fiancé. S’il s’était bien comporté devant son invité, le Raikage n’avait cependant pu s’empêcher de ressortir un autre de ses vilains défauts : la perversité ! Ce soir, elle était pratiquement certaine qu’il y aurait de la fessée. Et forcément, en plus de la farandole de tapotements, elle aurait droit à une mémorable partie de plaisir. Nora était un poil rêveuse, l’âme toute jubilante. Elle n’était pas (encore ?) une addicte au sexe, mais des ébats omniprésents indiquaient que le très occupé dirigeant avait du temps à lui consacrer. Que demandait-elle donc, si ce n’est passer beaucoup de mémorables moments guillerets en sa compagnie ?
Elle avait donc répondu à son jeu et contrôlé ses manières durant la discussion entre les deux hommes. Telle une épouse aimante et bienséante, elle avait gardé un sourire fin et respectueux. L’esprit occupée à s’imaginer la nuit torride qui se profilerait dans les heures à venir, elle oublia juste de servir le thé aux guerriers. Ils n’eurent pas l’air de s’en soucier grandement, mais Mei arrivée précédemment le lui rappela discrètement. Une douce tapette dans le dos, puis un doigt pointé sur son plateau et l’ex-moniale percuta son immense erreur. Pour autant, elle ne paniqua pas… ou du moins pas trop. Il était hors de question d’instaurer un nouveau malaise. De ce fait, elle s’éprit d’une délicieuse voix désolée pour leur avouer sa faute :

« Je m’excuse de ne vous avoir encore servi le thé ! Je ne voulais déranger votre conversation ! »
s’excusa donc-t-elle en cachant habilement son étourderie.

Sans se presser, l’ex-vagabonde disposa une première tasse devant l’invité Iwajin, qu’elle remplit dans une posture révérencieuse. Un « Merci... pour tout ! » joyeux fut murmuré pendant le remplissage de la première tasse. Le Bushido méritait amplement ce remerciement. Une fois la tasse déposée sur son dessous de verre, elle se déplaça logiquement vers Shuu et refit les mêmes actions… à quelques détails près. Instinctivement, la séductrice lui avait mis en évidence la forme arrondie de son popotin pendant qu’elle lui servit le thé. Son parfum devait également lui chatouiller les narines… Autant lui faire miroiter ce que le Raikage souhaitait absolument caresser. Prudente, elle était quand même restée à une certaine distance de lui, au cas où d’insoupçonnées pulsions masculines ne viennent trahir l’atmosphère courtoise de la salle. Privilège de fiancé, Nora tendit, affectueuse la tasse de thé à Shuu. Le thé étant heureusement encore chaud, le goût devrait être aux rendez-vous. Fait par ses soins dans les cuisines, elle ne doutait pas du succès qu’il aurait. Pour couronner la passation de la tasse, la demoiselle des sables gratifia son homme d’une candide euphorie :

« Et voilà pour toi, Shuu ! »
ajouta-t-elle innocemment affriolante.

La tasse entre ses mains, la lady vêtue d’un kimono déposa au milieu de la table son plateau d’onigiris puis se plaça à côté de Mei en attente de nouvelles directives. Comme Mei et les autres Metaru convoqués ici, sa présence ici n’était pas requise. Néanmoins, tant que Shuu n’ordonnait pas son retrait, elle se devait de rester en place avec les autres Metaru, aussi distingués qu’une brigade de majordomes. Quelques dizaines de secondes sans parler, alors que sa parole n’était pas nécessaire, l’ex-moniale eut un léger choc. Quelque chose se devait d’être fait. Quelque chose qu’elle aurait dû faire il y a maintenant plusieurs mois, lorsqu’elle avait eu la chance de pouvoir discuter avec le Bushido. Les Cieux semblaient lui donner la chance de réparer cet erreur et il serait stupide de ne pas la saisir. L’ex-vagabonde avança donc d’un pas et se courba légèrement, le sourire aux lèvres pour effectuer une présentation qui avait longtemps attendu :

« Je ne ferais pas cette erreur aujourd’hui ! »
indiqua-t-elle peut-être trop brutalement. Le silence qu’elle instaura la fit doucement rire, mais elle n’oublia guère la raison de cette fugace révérence « Je m’appelle Leoko Nora, ex-moine cardinale et actuelle fiancée du Nidaime Raikage. » La voix étincelante de respect, au même titre que son faciès, elle enchaîna « Vous ne pouvez imaginer ô combien je suis heureuse de pouvoir vous revoir M. Watari ! Votre légendaire flegme m’avait manqué ! » le complimenta-t-elle pour terminer.

A contrario des catastrophes que pouvait être un Shojito ou un Kamin, il était quelques hommes qu’elle aimait (et aimerait) revoir le temps d’un après-midi, par exemple. Des Hisao. Des Watari. Aucun d’eux ne pourrait détrôner tout le plaisir qu’elle avait de rester en compagnie de Shuuhei, mais leur présence réveillait en elle, un rare ravissement…
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Sam 10 Mar 2018 - 15:43
Si le couple en face de lui partageait en privé moult facéties, Watari lui s'était limité prosaïquement à la seule tentation de littéralement emmener une amante au plafond. Que les bouddhas lui pardonnaient ou non une telle perte de contrôle sur l'épanchement de ses désirs par le passé ou dans le futur, il n'en demeurait pas moins qu'il était bien plus absorbé par les drames du monde que les volubiles pensées ardentes de l'ancienne moine et de son futur époux. C'était d'ailleurs peut-être ce que Sanadare lui avait reproché, lors de leur nuit alcoolisée : une incapacité à sortir de ses réflexions, de ses pensées, de s'abandonner définitivement à une quelconque ivresse. Une impossibilité de s'abandonner qui l'avait graduellement emmenée face à un champ éthéré et neigeux de sérénité, de repos pour un monde paisible qui n'existait qu'en son for intérieur.

Non, loin des paysages de passions balayés par les tempêtes et téphras du désir des deux fiancés, Watari était aveuglément stoïque de quelconque perversion qu'elle put être. Peut-être vieillissait-il prématurément, à se comporter de manière aussi froide et sage qu'un grand-père. C'était pourtant méconnaître ses conquêtes féminines, certes éparses, mais existantes, et ses complexes relations avec le désir que seule la moniale avait pu approcher. Et par désir, il pouvait être entendu tant les désirs les plus corporels que les plus pieux et ceux qui évidemment, n'avaient rien à voir avec les futons. Que ce fut un amour trop chaste pour une femme des glaces, une relation beaucoup moins chaste avec une cousine, ou plus prosaïquement, la paix sur le continent, Watari avait simplement beaucoup de peine à entendre ses propres désirs et les exprimer. Il restait parfois encore, l'expression de ce que la Voie des Guerriers avait fait de lui. Malgré tout, il avait atteint de nouveaux degrés de maîtrise en son for intérieur et entre la foi où la moine l'avait rencontré et aujourd'hui, les capacités martiales du samouraï avaient probablement fait de prodigieux progrès.

J'ose croire en la divine providence et les bouddhas que votre union sera bénie par le soleil, Raikage-sama ! Avait-il répondu en son vœu de prière pour leur souhaiter la plus belle union qui fut. Ne vous inquiétez pas pour le thé, il faut, de toute manière, un peu comme le métal, le servir quand il est encore chaud ! Habile jeu de mots à l'égard de ceux qui l'invitaient.

Au fond, c'était peut-être même le don du Raikage qui lui fit totalement occulter la potentielle tension sexuelle et les regards annonciateurs de châtiments corporels futurs, de gémissements lupins au clair de lune dans les montagnes rocheuses (et dures!) du village de la Pierre. Et à l'instar des jubilations assurément contenues d'un rêve extatique de la part des chants de fiançailles qu'ils entonneraient, Watari, de manière toujours aussi stoïque, semblait être le reflet rêveur (mais pur ?) de ce couple avec les créations du maître-forgeron Metaru. Le parfait duo d'une lame parfaite et d'un guerrier qui saurait sans aucun doute faire honneur aux créations qu'on lui montrerait. C'est avec grand joie que je souhaiterais me rendre sur vos terres, Raikage-sama. D'autant que vos hommes me l'ont décrite comme un lieu de culture et de savoir ! Votre peuple ne peut en être qu'illustre, à cet égard ! Point de flatteries de trop : Kiri était surtout réputé pour son armée. Et sinon ? Eh bien... Ses déserteurs, désormais, fort probablement. Et la mort suspecte de ses mizukages. Une nation troublée qui ne trouvait pas la paix et la stabilité. Iwa n'était pas forcément dans une situation plus enviable, mais au moins, celle-ci semblait aller de l'avant.

Watari n'en savait rien pour ce qui était du pays de l'eau. Les dernières nouvelles étaient celles qui lui valaient les condoléances de son homologue ninja. Condoléances, évidemment, qui furent accepter avec beaucoup de gratitude et de déférence. Watari en savait suffisamment pour savoir que ceux qui avaient fait chuter le titan de Shito étaient Eiichiro, Shūuhei et Chôgen. Il savait donc qu'un lien de camaraderie guerrière avait pu s'instiller entre eux... Sa perte laisse un vide tant dans le coeur de mon peuple que dans celui de la nation de la roche. Son honneur ne restera pas souillé par les félons qui l'ont lâchement assassiné. Je ne poserais son sabre dans sa sépulture que lorsque Raonaka Ao, Nara Alderan et Meikyû Yamamoto, ou tout ceux qui auraient pu les mandater dans leurs funestes projets, seront châtiés. Pas avant. Une détermination froide et tranchante comme l'acier. La voix d'habitude si paisible et chaleureuse était là mortifère et implacable. Loin de là la volonté de se faire un vengeur sourd et d'oublier ses voeux de paix. Mais désormais, la question de l'honneur des Nagamasa reposait en le sabre de Chôgen, qui était non loin de Watari, poser sur sa droite, comme le voulait les traditions de paix.

La Raikiri, avait encore des combats à mener avant de pouvoir retourner auprès de son propriétaire qui l'avait accueillit à Iwa. Mais l'ancien héritier du clan aux cieux constellés se radoucit en remerciant poliment et discrètement, l'épouse du Raikage, qui lui versait du thé et qui le remerciait. Même s'il avait du mal à comprendre les raisons de cette gratitude, il comptait pour autant bien l'accepter : il avait après tout, une certaine affection pour eux, aussi aveugle pusse-t-il être à leurs passions. Quand enfin, elle lui révéla son nom, Watari sourit doucement et chaleureusement, aux antipodes de l'air grave et orageux qu'il avait pu avoir à l'évocation de Chôgen, pour s'incliner bien bassement suite à la présentation qu'elle lui fit. Le plaisir est tout aussi partagé ! Il est agréable en ces périodes troublés, de revoir un visage sage et amical là où on ne l'attendait pas, Nora-dono ! Il prit une pause, pour fermer un œil et ajouter sur un ton amusé et mystérieux :J'ai pourtant quelque peu changé, depuis notre dernière rencontre. Pour le meilleur, j'espère ! Une voix mystérieuse mais qui annonçait effectivement une certaine croissance dans sa sagesse.

Les événements s'enchaînaient et les surprises s'accumulaient tellement que Watari pétilla des yeux quand il vit le don que lui adressait le raikage. Ce n'était pas tant le fait d'avoir un cadeau que son sens et la gratitude qui emplissait de joie le samouraï. Il m'est bien peu de mots pour exprimer la fierté qui sera la mienne lorsque je brandirais vos lames. Avez-vous nommé l'une d'entre-elles ? C'est la tradition, pour les forgerons de mon pays, Shūuhei-sama. Il se leva doucement, tentant de contenir son envie de se précipiter avec la sagesse qui était la sienne. C'était d'ailleurs là l'ironie du sort : Watari, sage et patient, parfois jusqu'à en paraître trop vieux pour son âge, avait l'air ici, d'un gamin découvrant un trésor. Il murmura alors, très heureux, les paroles que Shûuhei avait pu prononcer : aucune autre arme au monde ne pourrait être aussi bien imprégnée de votre chakra que celles que j’ai forgé. Il s'interrompit quelques instants pour réfléchir avant de remettre au fourreau, l'objet d'art guerrier qu'était le katana qu'on venait de lui offrir.

Me ferez-vous la faveur de tester l'une de vos lames contre votre acier ? Voyons si je suis capable de couper l'acier des Metaru, avec cette lame, Raikage-sama ! C'est là le plus beau remerciement que je pourrais vous offrir en cet instant, que de prouver ma valeur et le mérite en héritant de cette lame. Il ne savait pas si le Raikage accepterait. Après tout, les tensions pourraient peut-être pousser les villages des nuages et de la pierre à prohiber l'usage de techniques. Mais... N'était-ce pas là aussi l'occasion de prouver qu'une telle alliance pouvait accomplir les plus grandes choses ? Dans le sillage de la lame forgée par Shûuhei, Watari se promettait de faire chuter les ennemis de la paix...
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Sam 17 Mar 2018 - 15:25
- « Je suis au regret de refuser, Watari-dono. »

J’avais répondu de façon très calme et même avec un sourire aux lèvres. Cet homme était plutôt malin. Sagace même. Et c’était peut-être ce qui le rendait très dangereux. J’avais failli éclater de rire, mais je préférai me retenir. Tester l’arme ? Normal. Spécifiquement sur du métal Metaru ? Pas une requête inhabituelle en vérité. Mais derrière la sienne, je percevais quelque chose de plus ou moins pervers. L’envie de savoir s’il pouvait surpasser notre kekkai gekkai. Logiquement, mon métal et son chakra devraient lui permettre de venir à bout de plusieurs œuvres Metaru. Néanmoins, certaines de nos arcanes pourraient résister à son tranchant. Accéder à sa demande pourrait lui donner une idée de ses possibilités et de ses limites face à l’un des nôtres, mais ma bonté n’allait pas jusque-là. Si je lui avais forgé des armes et que je lui étais reconnaissant pour l’occasion qu’il me donnait d’abuser de ma future épouse ce soir, lui donner l’occasion de savoir ce qu’un Metaru valait n’était pas chose que je désirais. Un combat lui montrerait jusqu’où il pourrait aller, mais j’espérais sincèrement que cette éventualité ne se produise jamais pour son clan comme pour le mien. J’aurai pu soupirer comme à mon habitude, mais je restai zen en le regardant. Il devait surement comprendre mon refus, mais je devais mettre en avant les raisons officielles sans rentrer dans les détails. De la crainte ? Un peu. Mais pas forcément pour ma gueule. Loin de là même.

- « Je pourrais facilement créer un bouclier ou une simple objet là tout de suite, mais le protocole iwajin s’applique aussi à moi. Sauf en cas de danger majeur ou de légitime défense, je suis tenu de ne pas faire usage de ninjutsu dans la ville. Encore moins dans cette demeure. »

Ces raisons ne me retenaient pas réellement puisque je pouvais parfois être une tête brulée, mais j’en tenais également compte. Si le raikage n’était pas capable de se tenir tranquille, je n’imaginais même pas ce qu’on penserait du reste de ma délégation ou encore de mon village dans son ensemble. Les Metaru étaient à l’image des Borukan : De gros rustres bagarreurs. Pour autant, nous étions la figure de proue de nos villages respectifs et il était primordial pour nous de montrer l’exemple. C’était aussi bête que ça. La perspective d’aller dehors pour tester les objets pouvait être envisageable, mais il n’était pas dit que les Borukan acceptent. Il valait mieux pour lui comme pour moi que nous évitions les problèmes inutiles. De toute façon, la réputation des miens n’était plus à faire dans le domaine, bien qu’il arrivait de temps à autres que nos productions soient décriées. S’il venait à ne pas aimer ou s’adapter à mes armes, ce serait, ma foi, dommage pour lui. Je finis par porter ma tasse de thé aux lèvres pour siroter tranquillement le contenu. Et là, j’eus un sourire plus que ravi. Cette femme n’avait pas de défauts quand il s’agissait de s’occuper des tâches ménagères comme une bonne femme au foyer. J’allais certainement la virer des rangs pour qu’elle soit exclusivement une civile comme la plupart des autres femmes de notre demeure clanique, mais la conjoncture actuelle ne me permettait pas ce luxe. Pas pour le moment en tout cas…

- « Le seul remerciement valable serait que vous acceptiez ces cadeaux, tout simplement. »

J’eus un énième sourire. Je n’avais plus grand-chose à dire là-dessus. C’était mort de chez mort. L’affronter dans un combat amical aurait pu me titiller, mais ce serait certainement pour une prochaine fois comme on dit. Je jetai un coup d’œil à Nora qui semblait être dans son élément. Elle changeait vraiment de l’effrontée à laquelle j’avais eu affaire la première fois. Qui aurait cru d’ailleurs qu’elle serait un jour ma promise ? J’aurai ri au nez de la personne qui m’aurait balancé ça après m’être rendu compte de son escroquerie. Dire que ça remontait à un an. Mais alors que j’eus un sourire doux, un Borukan fit soudainement irruption dans la salle. S’il n’avait pas l’air grave, il avait l’air d’avoir couru vu qu’il semblait un peu essoufflé. Il bredouilla des excuses, puis s’approcha respectueusement de moi avant de se pencher vers l’une de mes oreilles pour me souffler quelque chose. Je l’écoutai calmement avant de décrire un sourire complètement désolé. Son annonce ne me surprenait pas, mais le timing était quand même un peu pourri. Cependant, pouvais-je refuser ? Assurément pas ! J’acquiesçai alors en lui murmurant quelques mots à la suite et l’homme se redressa avant de sortir de la salle non sans avoir lancé un regard pour le moins ambiguë à l’héritier des Hoshino. A croire qu’il était vraiment suspicieux. A moins que ces gens étaient tout simplement xénophobes. Un fait qui me titillait un peu vu que Kumo était très hospitalier.

La première dame actuelle, Kazejin d’origine, en était la preuve la plus palpable.

- « Il me semble qu’Iwa abrite l’un des notres. Je n’ai pas encore eu l’occasion de le voir en chair et en os, mais peut-être pourrait-il accepter ? Même s’il n’’a pas vécu avec nous à Kumo, il doit avoir dans ses gênes le gout de la forge. »

Même le Metaru le plus banal était un meilleur forgeron que les autres métallurgistes de cette terre. C’était à mon sens indéniable. Cette alternative que j’avais sorti de nulle part, devait et je l’espère, le contenter. Son envie et j’en avais la ferme conviction, n’était pas seulement motivé par le simple fait de vouloir me remercier. Sur cette pensée, je m’attelai à vider ma tasse avant de la reposer tranquillement devant moi avant de me redresser tranquillement. La vie était cruelle, mais je me devais d’accepter cette invitation surprise. A mon sens, elle avait même tardé compte tenu de ce qui s’était passé au pays du fer. « Le daimyo de la terre me demande. C’est malheureusement une invitation que je ne peux refuser. J’ose espérer que nous nous reverrons dans d’autres circonstances. Toutes mes excuses. Nora vous tiendra compagnie jusqu’à votre départ et je suis certain que vous avez beaucoup à vous dire de toute façon. » Je m’inclinai face au noble samouraï avant de me tourner vers Nora à qui je fis un clin d’œil malicieux, puis sans attendre, je sortis de la salle suivie d’une petite troupe mélangeant Metaru et Borukan. Vu que le daimyo réclamait ma présence, il n’y avait pas une seule seconde à perdre. J’allais surement me taper une longue soirée barbante, mais avais-je seulement le choix ? J’avais entendu dire qu’il avait une très belle jeune fille d’ailleurs. Peut-être que sa présence embellirait cette réunion, qui sait. Encore fallait-il qu’elle soit présente…


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Lun 26 Mar 2018 - 23:52
« Je vous prie de bien vouloir l’excuser ! Le Raikage est un homme très occupé et je suis certaine qu’il aurait adoré rester plus longtemps en votre compagnie ! » précisa-t-elle, révérencieuse, une fois le dirigeant de la foudre partie.

Le corps voûté vers Watari, l’ex-moniale cacha durement sa déception. Chaque seconde passée en compagnie de Shuu était un véritable bonheur pour elle. Que ce soit sous l’identité de Raikage ou d’aimant fiancé, elle appréciait plus que tous ces moments ô combien rare. A vrai dire, elle n’était même pas surprise de le voir s’envoler vers d’autres responsabilités. A Kumo, ce même refrain se répétait inlassablement et il parut tout à fait logique qu’il se répète ici. En effet, venu à Iwa pour raisons diplomatiques, il était évident qu’il passerait le plus clair de son temps à bavarder avec les hautes sphères de la Roche. Les instants ‘’cajolerie’’ étaient quant à eux secondaires voire parfois inexistants.
Elle n’avait pour autant le droit de s’en plaindre. Avant de prononcer ses vœux d’amour à Nora, il avait juré dévotion totale à la pérennité de la cité des nuages. Un destin élémentaire qui l’aurait forcément mené à devoir délaisser l’être aimé. A devoir blesser le cœur de sa moitié. Ce que l’ex-vagabonde avait sciemment accepté de subir. Elle n’y pouvait rien. Voir le dos de son homme s’éloigner était un cruel dénouement, mais elle ne put se permettre de l’afficher. Pas ici en tout cas. Un invité et quelques gardes était présent dans cette pièce. En aucun cas, elle ne pouvait les embêter avec de si triviales histoires. Exagérer la tristesse était le maigre droit qui lui était accordé. En voyant que son homme n’avait même pas touché à ses onigiris, elle put se permettre ce pseudo-excès d’humeur :

« Et dire qu’il n’a pas eu le temps d’en manger un seul... »
soupira-t-elle, affichant un air faussement triste à son invité. « Ne vous privez pas Watari, ils sont là pour être mangé » enchaîna la souriante demoiselle des sables en indiquant d’une main galante le plat d’onigiris sur la table.

Nora faisait une très bonne hôtesse de maison. Douée en cuisine et en tâches ménagères, un futur plus ou moins devrait sans doute la mener au métier de femme au foyer. Tout dépendrait de l’état de santé du monde et de Kumo. Si les tensions géopolitiques venaient à se dégrader, elle aurait sûrement à devoir porter le bandeau ninja plus longtemps que prévu. Une punition pour celle qui s’était toujours proclamée ‘’moine’’. Le destin était un être facétieux et elle ne s’étonnerait pas d’être victime de sordides péripéties à l’avenir. Elle ne pourrait rien y faire, juste être prête à le surmonter.
En parlant du destin, son imprévisibilité avait créé cette nouvelle rencontre entre la lame et la prière. En apparence, ils semblaient les mêmes que lors de leur toute première discussion, mais ils le savaient tous les deux. En six mois de séparation, il est normal de changer. Repartis tous les deux, l’esprit noyé de nobles interrogations, il était grand temps de savoir comment l’autre avait évolué. Et pour sûr, il y avait de l’évolution. Lorsque Nora l’observait attentivement, elle pouvait discerner très nettement les traits d’une noblesse retrouvée. Sa politesse gestuelle n’avait pas changé, mais il ne semblait plus avoir le cœur lourd en remords… Ses yeux regardaient une sage direction.

« Vous m’avez l’air d’un homme nouveau ! » le lui confirma-t-elle pleine de respect. « Pourrais-je savoir, sans indiscrétion les secrets qui ont fait de vous, cet être si éclatant ? Il me semble sans mentir, que ces six mois ont bonifiés l’être parfait que vous étiez déjà ! » le complimenta-t-elle ensuite, sans exagérer dans la flatterie.

L’avis qu’elle avait de lui était toujours des plus élogieuse. Dans le monde entier, rare était les gens à qui Nora accordait une si grande estime. Ce qu’elle admirait notamment chez le Bushido était cette espèce de perfection émanant de son être. Cette même perfection le rendait assurément sympathique et inspirant. Pourtant, jamais l’amour ne viendrait s’immiscer dans leur relation spirituelle. Aussi bien l’un que l’autre en avait parfaitement conscience. Il paraissait évident que leurs cœurs appartenaient déjà à quelqu’un, d’où cette amicale proximité. Humains exemplaires, ils se respectaient mutuellement tels les dogmes qui leur avaient été enseigné par leurs factions respectives.
En parlant de factions respectives, la demoiselle des sables venait d’y penser. Du temps où ils parlaient, le Bushido était un être défendant de toute son âme, les terres qu’étaient Mizu no Kuni. Le voilà maintenant assis dans la demeure du plus puissant clan Iwajin. Pour un changement, il fallait effectivement le noter. Comme Nora qui s’était fiancée à l’homme le plus puissant de la foudre, Watari avait lui aussi connu un voyage mouvementé. Elle était très curieuse d’écouter son histoire, si ce dernier acceptait évidemment de la raconter :

« Est-ce que votre venue à Iwa aurait un rapport avec la détermination brûlant dans vos yeux ? »
insinua-t-elle le timbre perspicace, toujours aussi courtoise.

Quitte à poser des questions, autant le faire avec respect… Surtout si l’homme en question les méritait !
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Dim 1 Avr 2018 - 18:20
Watari fit une petite moue à l'entente du refus. Ce n'était pas tant par des velléités d'égo et de force que par volonté de simplement honorer le forgeron. Il ne savait pas pourquoi exactement le Raikage avait refusé, mais après tout. Il faudrait bien vivre avec ; peu importe les raisons qu'on lui prêteraient ou qu'on lui prêtait. Il est vrai. Ne mettons pas en péril un projet de paix pour ma simple envie faire honneur à la lame que vous m'avez forgé. C'était plus sage. Loin d'être tant que cela de la sagacité, il y avait eu une innocente envie de se comporter comme un samouraï testant une lame forgée. Mais évidemment, la question était posée : la meilleure lame, dans les meilleures mains, pouvait-elle trancher l'alliage qui l'avait forgé ? Si Watari, par amour de l'art du kenjutsu était loin d'être contre le fait de trancher cette question, il comprenait aussi que ce n'était peut-être pas un savoir que chacun voudrait obtenir. Il se fichait bien de savoir qu'il y avait quelque chose qu'il n'arriverait pas à trancher. Il y avait bien des choses qu'il ne pouvait trancher, de toute façon. En revanche, l'inverse n'était peut-être pas vrai ? Peu importe pourquoi, Watari comprit que l'occasion n'était pas prospère et qu'on ne pouvait entièrement lui faire confiance.

Peut-être un jour prochain ? Il sourit doucement avant d'ajouter : Quand la confiance entre les peuples ne sera plus qu'un projet. Il revint à la table faire honneur à ceux qui l'avaient invités. D'une nouvelle révérence de la tête, il acquiesçait aux paroles du Raikage et ajoutât : Je les accepte avec joie, Shūuhei-sama. Un sourire franc et plein de gratitude. Fallait-il encore le rappeler ? Plus que jamais Watari savait que c'était un grand honneur que le Raikage lui-même fabrique sur son temps, pour inconnu tel que lui. Watari le gardait bien en mémoire.

Quand le Borukan vint interrompre la scène et lui porter des regards suspicieux, la joie de Watari retomba un peu. Il commençait à s'y habituer, malgré tout. Peut-être qu'un jour cela changerait-il ? Il préférait répondre au Raikage : Shoda-dono a su réparer ma lame. Il est un commerçant fort en affaire, vous le trouverez à sa forge au sein du cœur commerçant, Shūuhei-sama. Puis, ce fut l'heure du départ. Un peu rapide. Mais les affaires pressantes de politique attendaient visiblement le Raikage. C'était encore une fois au tour de Watari regarder le monde se mettre en place sans lui. Pour le meilleur et pour le pire. comme toujours. Prenez soin de vous, Shūuhei-sama. J'espère que nous nous reverrons dans des circonstances plus apaisées.

Il s'était incliné pour lui marquer à nouveau son respect et lui dire au revoir, avant de se détendre un peu et de se retrouver avec Nora. Il est vraiment impressionnant, votre promis... Il soupira, un peu fatigué avant d'ajouter : J'ai vraiment beaucoup de chance qu'il m'ait fabriqué ce sabre. Tout le monde ne peut pas prétendre porter le sabre forgé par le chef du clan Metaru à sa ceinture. Cela dit, il est un homme occupé, comme vous l'avez dit. C'était donc déjà un petit miracle que ce temps ait pu être partagé.

Comprenant que ses efforts seraient ruinés s'il ne participait pas à la dégustation, Watari acceptât donc de faire honneurs aux efforts de la moine. Gardez-en quelques uns pour lui. Je suis sûr que même si vous êtes séparés par les protocoles... Cela est un bon moyen de lui donner un peu de vous, lorsqu'il est occupé. Un sourire doux et une voix plus calme et chaleureuse. S'ils avaient changés ? La question était plutôt comment avaient-ils changés ? Pour le meilleur, pour le pire ? Le continent lui aussi avait changé, dans un élan de guerre presque audible.

Parfait ? Je suis loin de l'être. Et c'est peut-être ça, qui fait que j'ai progressé. J'ai vécu des péripéties, de Shito à Iwa. J'ai vu des tas de gens mourir. J'ai perdu mon cousin. Et j'ai vu d'autres vouloir le venger, ivre d'une toxique gourme. Il soupira, savourant un met qui lui était proposé avant d'ajouter : Mais à mon niveau, inconnu que je suis, j'use de ma lame et de ce que je sais pour tenter d'apaiser les conflits et de ramener un peu de paix aux peuples qui l'ont perdu. Ni plus, ni moins. Une simple lame, un samouraï. Fidèle à ses serments, parcourant une voie de conflits qu'il cherchait à résoudre pour le profit du plus grande nombre et sûrement pas directement le sien.

Ce voyage qu'il avait débuté il y a fort longtemps semblait loin d'être terminé...
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Dim 8 Avr 2018 - 15:54
« Votre modestie ainsi que votre cause vous honore, Watari… » acquiesça -t-elle en hochant doucement la tête.

Les Hommes désirant la paix étaient nombreux sur cette Terre. Mais tous, n’avaient la force de la protéger ou même de l’avouer ouvertement. Bushido avait le rare profil du combattant capable de préserver l’innocente quiétude d’un peuple. Un cœur bon, des manières distinguées, une sérénité affectueuse et sans oublier, une force évidente. Nora n’était pas là pour le juger, mais de son œil attentif, elle pouvait témoigner de sa maîtrise aiguisée de la lame. Elle ne rencontrerait pas tous les jours des samurais de sa trempe. Connaître son avis sur la décadence de leur monde valait donc son pesant d’or. Sans parler du fait qu’un malicieux destin pourrait en faire en sorte que cette discussion soit la dernière qu’il puisse faire sous le même couvert.
Comme le voulait son éducation moniale, Nora s’excluait rien. Même les plus arrachants dénouements devaient être pris en compte. Ils n’étaient pas à l’abri d’une fin du monde soudaine et sans préavis. Voguer perpétuellement dans ce pessimisme, ne lui apporterait rien de bon. Y songer momentanément était donc largement suffisant. Devant elle, était assis un important invité du Raikage, étant également l’une de ses vieilles et douces connaissances. Par conséquent, elle se devait le mettre à son aise.

« Mais je doute que le sauveur que vous êtes ou que vous pourrez être à l’avenir, n’attende une quelconque célébrité ». Après mûres réflexions, l’ex-moniale décida prendre le siège de son fiancé partir et de s’asseoir. Elle pouvait ainsi échanger un regard plus vif avec son actuel interlocuteur. « Les vrais héros n’accordent aucune importance à leur notoriété, car ils savent au fond d’eux que leurs véritables admirateurs les soutiendront éternellement ! » expliqua-t-elle, humble, sans vouloir faire paraître ses dires comme vérité absolue.

Pour se permettre de telles paroles, elle s’appuyait notamment sur l’homme qu’elle avait décidé d’aimer. Doté d’un tempérament fougueux, il pouvait autant attirer la pluie que le beau temps. Il n’y aurait donc rien d’étonnant à ce qu’un jour, de vils soutiens ne daignent retourner leurs vestes. Seuls alors, de véritables admirateurs auront la force de le défendre. Jamais ô Grand jamais, elle n’abandonnerait cet homme à qui elle avait accepté de tout offrir. Jamais ! Pour Watari, le constat était sûrement similaire avec les gens qu’il avait protégé de sa noble lame. Si du jour au lendemain, le monde devait se retourner contre lui, le Bushido savait au fond de lui, qu’il aurait toujours de fervents admirateurs. Nora en faisait-elle partie ? Allez savoir !
Toujours est-il que parler avec Watari réveillait en elle une certaine éloquence, une envie de parler du monde dans sa généralité. D’habitude, elle ne s’accordait ce genre de discussions qu’avec le cercle très fermé des moines cardinaux. On pouvait en quelque sorte dire que le Samurai était une de ses rares exceptions. A travers chacun de ses mots, elle avait pu aisément ressentir la tristesse et l’inquiétude broyant son âme. Une âme pour qui elle avait évidemment beaucoup de respect. Peut-être souhaitait-il encore se confesser ? Compte tenu de l’invraisemblable contexte les réunissant aujourd’hui, elle se permit un rire fugace avant de revenir plus respectueuse :

« Je n'oublie pas de vous adresser mes sincères condoléances pour votre cousin. J’ose imaginer qu’il était un homme égalant votre bonté… » et elle se courba révérencieusement pour lui afficher un soutien sans faille dans cette épreuve, qu’importe le temps écoulé depuis cette disparition tragique. Mourir de la main d’un homme nourrissait les vengeances et elle se demanda sur le coup si le samurai était pas tombé dans les travers d’une vengeance sempiternelle. « Ceci dit, j’ignore si votre cousin aimerait voir le monde se déchirer pour obtenir la tête de son assassin ! » Elle préféra finalement en parler sur une plus grande généralité. Avait-elle craint de lui demander si la vengeance n’était pas devenue l’un des moteurs de son leitmotiv ? Il valait mieux ne pas y penser.

« Souhaitez-vous que je lui accorde une prière ? » le questionna-t-elle l’âme charitable. Certes n’avait-elle plus le rang de moine suite au péché de chair, mais ses connaissances comme ses compétences ne s’étaient évaporées dans l’air. « Pourrais-je savoir son nom ? Ses idéaux ? Quel genre d’homme était-il ? » ajouta-t-elle, impatiente à l’idée de prier pour ce défunt aux qualités humaines apparentes.


Dernière édition par Leoko Nora le Mar 10 Avr 2018 - 18:44, édité 3 fois
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Mar 10 Avr 2018 - 17:53
Elle saura surtout m'attirer la foudre de ceux qui ne comprennent pas où va ma loyauté. Il sourit doucement en répondant cette phrase. Il le savait ; il n'était pas un shinobi. Il ne le serait jamais. Pour lui, les moyens ne justifieraient jamais la fin. Pour lui, jamais un patriarche ou la force supérieure ne justifierait une confiance et une loyauté sans borne. Il était un exilé et un vagabond par nature. Tôt ou tard, ses idéaux finissaient par être trop lourds et encombrants pour les raisons d'états et les orgueils multiples. Peut-être qu'ils étaient même trop encombrant pour son propre orgueil de guerrier. Mais il ne le faisait pas par fierté. Il continuait d'arpenter cette voie, peu importe la solitude, peu importe les dangers, car il n'avait jamais trouvé meilleur chemin. Il ne savait pas si celui-ci l'emmènerait vers un champ de bataille où il finirait par se battre seul et contre tous, ou s'il serait couronné d'une aube qui se lèverait pour tous. En attendant, peu importe combien de gens ne le comprendraient pas et le jugeraient, il porterait cette malédiction avec cette prière silencieuse qu'est la Voie des guerriers. Inflexible et jusqu'à la mort.

La célébrité ? C'est quelque chose qui ne se recherche pas et qui finit éventuellement par venir. Pour ma part, je ne la souhaite pas. J'ai connu un jeune homme qui n'aspirait qu'à se marier et vivre simplement. Si je n'avais pas la sensation que le poids du monde menaçait de briser ceux qui le subissent, je pense que j'aurais sûrement aspiré à une telle vie. Watari, sourit doucement, se livrant peut-être pour une des premières fois, à quelqu'un. Ce n'était pas qu'un serment, cette fois-ci. Ce n'était pas que celui qui portait le sabre et l'armure, c'était l'Homme qui se trouvait derrière. Je ne désire pas être un héros. Et je doute sincèrement que nombreux sont mes admirateurs. La force, la conquête, la virilité, les oligarchies... Voilà bien de nombreux concepts qui réunissaient plus et qui fédéraient les hommes. La paix était, pour la plupart des guerriers, comme Watari, un concept ennuyeux. Il était tout particulièrement vorace pour le soldat, lorsqu'il devait attendre sans pouvoir intervenir dans un conflit qui se produisait près de là. Mais même s'il était un homme de guerre, il savait qu'à l'avenir, il finirait par devoir y renoncer. Une lame n'avait de force que si elle avait une raison d'être levée. La sienne avait, il l'espérait, une fin. Une concrétisation. Je souhaite juste... Que les choses aillent mieux. Pour tous.

Il prit une petite pause, avant de rajouter : Mais, je sais à quel point un tel souhait est toxique et naïf. Je ne suis pas un dieu. Ni un hotoke, ni un kami. Et je n'atteindrais certainement pas l'illumination en m'accrochant ainsi aux chaînes du karma. Mais il faut bien que des gens... Acceptent de se battre pour les autres. Peut-être que la destinée l'emprisonnerait plus que jamais, pour porter ce vœu teinté d'altruisme et d'égoïsme. Peut-être que cette contradiction maudite l'emporterait à devenir un paria pour l'alliance qu'il avait travaillé à mettre sur pied. Peut-être que jamais ni personne ne reconnaîtrait ses raisons, ses actes et ce qui animait son bras. Qu'importe, depuis toujours, son choix avait été fait. Bien sûr, des fois, on aimerait être aimé. Juste, parce que l'on ne fait rien de plus que d'agir pour ce que l'on croit juste. Mais la vie n'est pas juste. Le monde non plus. Il refit un petit sourire. Un sourire moins flamboyant, plus fragile, mais toujours aussi sincère. Qui aime bien châtie bien. Je ne suis pas du genre à dissimuler mes pensées et mes intentions. Si un jour, je verrais quelqu'un que je respecte devenir un démon, je lèverais ma lame. Fusse-t-il le shogun. Pas parce qu'il se sentait plus fort, pas parce qu'il pensait être apte à décider ou juger les autres. Parce qu'il était fondamentalement ainsi. Fidèle à lui-même. Fidèle à ses valeurs. La fondation de sa fierté.

Qui sait. De ce que j'ai vu quand je l'ai rencontré, il était plus mesuré que le nidaime. Et surtout... Il était l'incarnation de la tolérance de son village. Il soupira, se rendant compte que même si le temps passé avec Chôgen était éphémère et s'il ne le connaissait pas aussi bien qu'il l'aurait voulu, il préférait se souvenir de lui comme un chef sage et droit pour son peuple. Mais vous avez peut-être raison, Nora. Peut-être qu'il n'aurait pas voulu qu'on le venge. Mais je continuerais de me battre pour qu'on se souvienne de lui comme la personne qui a su incarner un idéal de tolérance et de bonté. C'était, finalement, la seule vengeance qu'il pouvait chercher à accomplir. Faire perpétuer la mémoire des défunts, fussent-ils bons ou mauvais. Son nom était Nagamasa Chôgen. Puisse-t-il reposer en paix. Pria-t-il solennellement, le regard plongé dans celui de la femme du Raikage, un soupir dans l'âme, face aux combats passés et combats futurs. Comble de la tragédie pour les morts, les caprices des Hommes et du destin allait les rendre vains. Car telle était la danse du pouvoir...
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Dim 22 Avr 2018 - 22:34
Nora replongeait dans son passé, se remémorant les nombreuses complaintes qui lui furent directement adressés. Le cœur des lamentés étaient détruit, incapable de tourner la page à la suite d’une perte tragique. Accorder une prière à ce défunt était non seulement un moyen de consoler les proches qu’il laissait derrière, mais aidait également à guider le mort jusqu’à un ‘’repos éternel’’. Quand pouvait-elle affirmer que le fameux ‘’repos éternel’’ était accordé à la victime ? Et puis d’abord, qu’était-ce réellement ? Tous les moines ne partageaient le même avis sur cette dernière question. Certains définissaient ce repos comme le fait de soutenir les proches décimés par cette perte tandis que d’autres sous-entendaient que l’évaporation de l’âme trépassé amenait automatiquement à ce dit repos… Un sujet bien compliqué que voilà ! Face à cette antique casse-tête, l’ex-moniale exposa un rire fugace.
Ses pupilles violacées interceptèrent le regard appliqué de son homologue. De part ces yeux brûlants, Nora avait parfaitement compris ô combien le dit Chogen avait une place importante dans son cœur ainsi que dans ses pensées. Au vu des louanges sorties par sa bouche et des comparaisons établies avec son successeur le Tsuchikage deuxième du nom, ce devait être un homme d'une merveilleuse sagesse. Tolérant et animé par une louable bonté, elle aurait apprécié le rencontrer autour d’une tassé de thé. Qu’il était triste de ne pouvoir converser avec les morts. Elle n’aurait certainement pas refusé le dialogue avec des icones pacifistes et aux raisonnements… M’enfin bon :

« Accordons à cet homme, le repos qu’il désire tant… » indiqua-t-elle à son interlocuteur en fermant alors les yeux à son tour.

Un silence de cathédrale. Les confessions muettes s’échangeaient lentement sans perturber la paisible quiétude de la pièce. Un courant, peut-être mystique les effleurait à même la peau et caractérisait leurs prières inaudibles, toutes deux concentrées. Tristesses, peines, rancœur, haine, admiration, … durant ces quelques minutes de parfaite harmonie, toutes leurs réflexions lui étaient murmurées alors que leurs lèvres ne bougeaient d’un iota. Avec une façade placide en apparence, le fin fond de leur pensée lui était montré afin qu’il puisse témoigner des actes de ses proches. Si discorde entre les âmes peinées il y avait, le moine devait alors entrer en jeu et apaisait leurs sautées d’humeur respectives.
Nora avait nettement perçu la rage dormant à l’intérieur du sabre. Son âme était bouillonnante et elle n’osait imaginer la température de sa lame, une fois qu’elle aurait trouvé celui ayant ôté la vie de son regrettable proche. Il paraissait normal que le défunt puisse s’inquiéter de son destin. Elle aussi avait le droit de douter, mais elle faisait confiance à Watari. L’ardeur de son sang samurai pourrait l’amener à des choix discutables, mais elle avait confiance en lui. Maintenant qu’elle n’avait plus le statut de moniale, elle n’avait plus cette obligation d’accorder le repos à qui que ce soit. Cet acte soulignait donc tout l’envie qu’elle avait de rassurer le défunt…

« Je suis certaine que nos prières ont été entendues ! » déclara-t-elle, le sourire apaisé, les yeux s’ouvrant après plusieurs minutes de silence. Sans exagérer, Nora avait apprécié cet instant de silence pour honorer tout le vécu de cet homme au cœur si pur. « D’ailleurs, j’avoue que discuter avec cet homme de son vivant ne m’aurait guère déplu ! Sa vision de la paix m’intéresse particulièrement… tout comme la vôtre m’a toujours intéressée Watari ! » révéla-t-elle amicale, perdant alors ses pupilles dans la bleuté du ciel, affichée par les vitrages.

Rêveuse ? Un peu ! Ravie ? Naturellement ! Revoir Watari lui avait fait du baume au cœur. Maintenant qu’il connaissait son nom, sa maladresse passée avait pu être effacée. Finalement, la facétie du destin n’avait pas que des mauvais côtés. Entre son invraisemblable relation avec Shuuhei et ses retrouvailles avec Watari, Nora pouvait se satisfaire de quelques douces réalités. Devant un invité, elle devait quand même bien se comporter. De ce fait, elle quitta aussitôt l'hypnotisant panorama azur et revint à une conversation qu’elle avait laissé de côté, depuis un petit moment maintenant. Prise d'une soif sucrée, elle s’arma de la théière aux arômes de jasmin et versa un peu de thé dans ce qui était, la tasse de Shuu :

« J’ai toujours pour habitude de dire que la violence n’engendre que violence et qu’un mort ne souhaiterait jamais voir ses proches embrasser ce même chemin… Mais j’ai confiance en votre humble jugement et j’espère cette lame ne sera utilisée qu’à juste titre… » lui indiqua-t-elle la voix bienveillante, témoignant toute la confiance qu’elle lui accordait. Pour adoucir davantage cette conversation, elle enchaîna alors par une demande simple et apaisante. « Encore un peu de thé ? »

Le bec de la théière pointait vers la tasse de son interlocuteur. Le gratifiant d'un sourire, elle n'avait pas oublié de se comporter comme la futur épouse diligente d'un Raikage, même en son absence.
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L'écho d'une lettre ft. Metaru Shuuhei & Leoko Nora

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