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L'encre s'estompe [solo]


Sam 3 Fév 2018 - 19:26
« Tss… saleté de mioche. Je ne comprends pas pourquoi tu ne l’as pas scellé avec les autres. »

« C’est qu’un gamin… Et puis, il est peut-être stupide, mais tu oublies que j’ai été son professeur. Il aurait bien été capable de briser le sceau, je ne veux pas risquer qu’une telle chose se produise. »

Sur un dos quelque peu frêle qui avait menacé à plusieurs reprises déjà de le laisser tomber lors des embûches rencontrées sur le chemin, le jeune garçon ouvrait lentement les yeux.

« Ah, enfin ! Il se réveille, Tsubuki. »

« Déjà… ? C’est bon, pose-le. »

Les deux hommes qui menaient la course du groupe s’arrêtèrent, causant aussi l’arrêt de ceux qui les suivaient. Le plus grincheux posa sa charge au sol.

« Nous nous sommes assez éloignés du village, nous pouvons à présent continuer par voie aérienne sans risquer de nous faire repérer. » S’adressait le leader à son groupe. À ses mots, les rouleaux et les pinceaux se manifestaient pour créer les créatures ailées propres à l’encre des Suzuri.

Pendant ce temps, Kyoshi qui se frottait encore les yeux à peine ouverts et collants tentait de retrouver vaguement ses esprits. Tout ce dont il se rappelait, c’était d’avoir fermé les yeux pendant que sa mère lui comptait cette funeste histoire ; celle de ce pauvre homme qui avait fini par mourir indignement dans une cellule pendant que sa famille recevait des lettres signées par lui pour ne pas s’inquiéter de sa disparition, et ce même après sa mort… Ça n’avait effectivement rien d’une berceuse, mais l’attention rarissime que lui avait porté sa mère ce soir-là avait suffi à lui faire sereinement trouver le sommeil. Une mère presque digne, si on excluait les somnifères qu’elle lui avait fait prendre.

C’est en inspectant le paysage dans le flou qu’il se rendit compte que quelque chose clochait. Il n’était plus dans son lit, et il aperçut les montagnes du village en levant la tête ; il ne les voyait plus d’en haut, il en était maintenant au pied. Que se passait-il ? Un rêve ? Se faisait-il enlever ? Ses instincts de shinobi ne tardèrent pas à réagir et c’est en un saut brusque vers l’arrière qu’il s’écartait des corps qu’il sentait proche de lui ainsi qu’en véritable ninja qu’il tenta d’attraper un kunaï qu’il n’avait plus en sa possession. Le tout pour que, ne distinguant pas encore nettement les visages autour de lui, il se fasse attraper par le même homme qui l’avait porté jusque-là.

« Minute, pas si vite, Kyoshi-kun. »

« Ma ceinture ?! Lâchez moi… ‼ »

Se débattant et tentant même de mettre quelques coups de pieds aux jambes de celui qui le retenait, ce dernier se lassa et le repoussa en soupirant.

« Hi… Hitori-san… ?! Où… sommes-nous ? Tsubuki-sensei ?! Qu’est-ce qui… se passe ? »

L’homme qu’il venait de nommer s’approcha de lui, durement, comme à son habitude, sans un mot ou un geste rassurant pour le jeune genin chamboulé.

« C’est pourtant évidant, nous quittons Kumo. »

À ces simples mots, il tendit à son élève la ceinture qu’il cherchait l’instant précédent sur lui ainsi qu’un parchemin et un pinceau.

« Te transporter pendant ton sommeil a été un vrai calvaire, alors rends-toi un peu utile maintenant. »

Fronçant les sourcils, le petit brun portait son regard sur son jeune aîné qui se massait le dos puis constatait la présence du reste du groupe. Enfin, il prenait sans hésiter les effets que son sensei lui tendait malgré l’incompréhension ; comme tout bon shinobi, il savait qu’il n’était jamais bon d’être désarmé, quelles que soient les circonstances.
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Sam 3 Fév 2018 - 19:32
« Quitter… ? Comment ça quitter ?! »

« Kyoshi… Tu sais bien que les doyens ont fait leur choix, et ce n’est malheureusement pas le bon… Notre clan ne s’élèvera jamais si nous coopérons passivement… Enfin, je suis sûr que tu comprends. »

Le visage tourmenté du garçon se décomposa, si bien qu’il n’en arrivait même plus à parler. Tsubuki soupira longuement.

« Mais… p… je… et pu- »

Finalement, dans un geste inconcevable, il posa son doigt sur les lèvres du garçon.

« Shh… ne t’en fais donc pas, nous ne sommes pas partis les mains vides. Et puis, nous reviendrons plus tard, quand ces imbéciles de Metaru auront fait couler le village avec leurs alliances et leurs investissements insensées, et que Takeshi se sera rendu compte de la bêtise qu’il a faite. Les Nara ont encore une chance de s’en sortir, s’ils se montrent aussi intelligents que nous, mais j’en doute… »

« MAIS NON ! Qu’est-ce que vous racontez ?! On… On ne peut pas quitter le village ! Il… Il faut rentrer tout de suite, Raikage-sama va être très en colère ! Oh non… Nué va être fâché aussi… Et puis… nous n’avons pas encore montré notre nouvelle technique à Shôran-sensei avec Kin- »

La claque retentit sans prévenir.

« UN PEU DE SÉRIEUX JEUNE HOMME ‼ Je suis le mieux placé pour savoir ce qui est bon pour ce clan ! Le chef ici, c’est moi ! »

Il lui criait maintenant dessus, la trace de sa main encore imprimée sur sa joue, puis il se mit à rire.

« Le Raikage tu dis ?! HAHAHA ‼ Le même qui est parti officialiser une alliance avec le pays le plus en danger du continent ?? Quant à ton « sensei », ne t’en fais pas non plus. Tout ce que tu as appris, c’est grâce à moi et moi-seul, tu n’as pas besoin de lui, et encore moins de cet autre Metaru… Et je vais te dire maintenant ; si tu as été mis dans une équipe, c’est pour te tenir à l’écart de nous, si ce n’est pas pour mieux nous surveiller… Et puis, de toute façon, quand ils se seraient rendus compte de la pagaille qu’on a semé, ton sensei n’aurais même plus le temps de faire semblant de s’intéresser à toi. »

Kyoshi serrait les poings, baissant la tête et retenant ses larmes à l’écoute de ces paroles qui lui retournaient l’esprit et lui déchiraient le cœur.

« Sensei… »

Tsubuki croisait les bras, impassible face à la détresse de son élève. « … ? »

« Je ne vous crois pas ! » Lui criait-t-il à son tour en relevant la tête, larmes aux yeux.

C’était bien la première fois qu’il faisait preuve d’autant de caractère, un sentiment d’adrénaline qui lui coupait le souffle. Mais également un sentiment éphémère car, se retournant en étant bien prêt à aller au bout de ses convictions, il disparut aussitôt. Ses prunelles bien rondes remontaient jusqu’au visage qui l’arrêta, celui qui avait de nombreux traits communs avec le sien : celui de sa mère. Celle-ci s’accroupit pour être à la hauteur de son fils et, pour la première fois et ce plus que jamais, elle se faisait rassurante ; lui prenant les mains, elle se faisait apaisante ; lui souriant.

« Enfin, Kyoshi… Tu ne veux pas retrouver ton père ? »

L’électrochoc. La colère s’effaça immédiatement de l’expression du jeune garçon pour ne laisser que de l’inquiétude et de la culpabilité. Ses jambes étaient désormais incapables de bouger, tant il avait peur de regretter l’acte qu’il était sur le point d’accomplir : à savoir défier l’autorité de ses aînés pour regagner Kumo. Les larmes coulaient maintenant le long de ses joues alors qu’il baissait à nouveau la tête puis… PAF ! Et il tombait par terre.

« Ça suffit. »

Fatigué et harassé, mais surtout insulté par l’insolence du garçon, Tsubuki profita de son manque d’attention pour lui porter du flanc de la main un impitoyable coup du lapin qui ne laissa aucune chance à la victime de reprendre ses esprits.

« Inacceptable, cette attitude. » Soupire-t-il nouvellement.

Hanae ne semblait plus porter aucune affection à son enfant qu’elle regarda froidement s’écraser face contre terre. Son expression chaleureuse avait disparue pour laisser place au masque froid et sévère, avec une petite touche de dédain qu’elle portait tous les jours.

« Je sais… Il tient de son idiot de père, malheureusement. Espérons que ce que nous a dit Kaldea est vrai et qu’elle ne surestime pas les capacités de cette Yamanaka… »

Elle fronçait les sourcils à la manière de son fils, inquiète, et il souriait légèrement, rassurant.

« Je m’en veux un peu de faire subir ça aux nôtres, mais je suis sûr qu’on peut lui faire confiance. Kaldea est une femme intelligente, tout comme toi, Hanae… »

Les deux se regardant fièrement dans les yeux, Tsubuki n’eut aucune pudeur à marcher sur le corps inerte du pauvre garçon pour se rapprocher de la supposée scientifique-dessinatrice et lui prendre la main tout en posant la sienne sur le ventre de celle-ci.

« Je suis si fier de toi, tu as bien joué la comédie tout ce temps… Ce môme est si naïf quand on lui parle de son père, je sais maintenant pourquoi tout le monde lui a toujours caché. Enfin… ce ne sera bientôt plus un problème… nous serons une belle famille et un clan grandiose, je te le promets. »

Lui caressant le bas du ventre, l’indigne professeur déposa un baiser sur les lèvres de l’indigne mère.
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