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Culpabilité d’un traître | Pv. Sendai Ketten


Lun 12 Fév 2018 - 19:54
Sans réellement savoir si c’était la douleur liée à la perte de sa main ou à sa compréhension de la situation, Ketten ne pouvait que se satisfaire de la coopération de Meikyû Masahige. Après que le Nukenin ait remis le membre tranché à son propriétaire, il dirigea une marche compliquée, où il invita son compère à se mêler à la foule malgré sa souffrance. Avec capuches et autres regards tournés vers le sol, les deux shinobis n’eurent finalement pas d’accroc à quitter le palais seigneurial de Hi no Kuni.

Ce ne fut qu’à ce moment que Ketten décida de trainer un peu, s’arrêtant entre deux citoyens du Feu pour s’inviter dans leur discussion. Meikyû Masahige, un peu plus loin, ne l’entendait probablement pas, et au pire qu’importe. Après quelques échanges succins, l’invalide put voir son agresseur – ou son sauveur s’il l’avait compris ainsi – remercier les deux locaux et se retirer. Après l’avoir rejoint, le Sendai posa sa main sur l’épaule fébrile du Meikyû à la vive douleur.

« Avancez. »

Et malgré la perte de sa main, le Kazejin était endurci. Etrangement, c’est en partageant ses pas que le Sendai put se rendre compte que ce roux était sans nul doute un aîné, ce qui ne manqua pas de lui paraître un peu « singulier ». Mais les choses allaient ainsi, et qu’importe l’âge de l’un ou de l’autre, la situation faisait que le plus jeune des deux dirigeait les choses. Du moins pour l’instant.

Car sans grande surprise, le Meikyû ne tarda pas à s’écrouler. Près d’un large tronc, bien le plus commun dans la dense forêt de Hi no Kuni, tel fut le lieu qu’il choisit pour poser enfin ses premières questions. Fort heureusement pour lui, Ketten jugeait qu’ils avaient suffisamment marcher et ne craignait pas d’avoir été suivi.

« S’ils n’apprécient généralement pas que des Kazejins s’improvisent acteurs des affaires internationales de leur pays, les prêtres du Premier Cercle ne vous accuseront de rien, à ma connaissance. »

Celui que certains membres de l’Académie du Rempart avaient l’habitude d’appeler « l’Oublié » marcha lui aussi vers l’ombre d’un grand arbre. Il amena deux de ses doigts à la bouche et siffla avec l’aide de ses lèvres. Puis, comme si de rien n’était, il sembla à nouveau s’intéresser à son aîné.

« Si vous ne connaissez réellement pas le Premier Cercle, alors vous devez être nomade. Tant mieux, nous ne sommes pas ennemis. »

Tout en faisant attention aux deux fourreaux qu’il portait à la taille, le jeune homme s’agenouilla pour finalement s’allonger, dos contre le tronc de l’arbre qu’il avait choisi. Main dans son habit, il en ressortit quelques feuilles de parchemin, deux plumes et un petit pot noir. Il posa le dernier au sol, et le décapuchonna. C’était de l’encre.

« Je suis désolé pour votre main, mais au moins vous voilà toujours en vie. Ne vous inquiétez pas, nous nous occuperons de votre blessure prochainement. Voulez-vous que je jette un œil à ce garrot ? »

Il y avait ce sentiment étrange que Masahige pouvait, peut-être, ressentir maintenant qu’il côtoyait Ketten. Ce ressenti qu’il était face à quelqu’un dont il pouvait croire un peu maladroit, mais qui semblait également savoir ce qu’il faisait, comme si rien n’était laissé au hasard. Curieux personnage, tel pouvait être la première idée. Mais ce qui était clair, c’était que le personnage de Sendai Ketten apparaissait comme singulier, au premier coup d’œil. Ni en bien, ni en mal.

Après avoir pris l’une de ses plumes, l’avoir trempée dans le pot d’encre, il entama l’écriture sur l’une de ses feuilles de parchemins. Il proposait parfois son regard à celui qui était, lui aussi assis, en face.

« J’ai surpris quelques bribes de votre conversation de toute à l’heure. Que redoutez-vous au juste pour Kaze no Kuni ? »

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Lun 19 Fév 2018 - 16:16
Il prit une longue inspiration. La douleur le fatiguait énormément. Sa concentration, souvent perturbée par celle-ci, l’épuisait et de nombreuses gouttes de sueurs perlaient à son front, tandis que sa poitrine se soulevait régulièrement. Malheureusement, et malgré les années d’expérience, le Kazejin n’avait jamais été préparé à la perte d’une main, ou d’un quelconque membre. Pour ainsi dire, il n’avait même pas envisagé qu’un jour il rencontrerait un homme capable d’un tel geste, doté d’un sang-froid glaçant, loin des chaleurs du Désert. Peut-être avait-il trop longtemps vécu dans l’ombre nocturne des Dunes, là où les nuits, souvent fraîches, entamaient parfois l’esprit des hommes les plus téméraires. Relevant la tête, tandis que sa nuque s’ourlait d’une douleur pénétrante, sa respiration hachée entrecoupait les quelques mots qu’il tentait de laisser entendre.

MasashigeVous venez donc bel et bien de Kaze no Kuni pour au moins connaître les Nomades.

Yeux plissés, le Tatoué tentait encore de comprendre qui était celui qui se trouvait face à lui. Car il ne le connaissait nullement. Sa main gauche tenant encore son avant-bras droit, encore inquiet du tissu rougi de son propre sang, il passait de l’un à l’autre sans réellement comprendre ce qui se passait. En effet, depuis son départ de l’Académie, et son retour dans le Désert, celui qui se faisait souvent appelé le Voyageur ou le Caravanier, Kaze no Kuni semblait être ce Désert non-protégé. Ainsi, ravalant la salive qu’il lui venait en trop, il prit une longue inspiration avant de continuer à parler avec son agresseur. Ou était-il son bourreau ? Quand allait-il l’achever exactement ? Qu’attendait-il ?

MasashigeKaze no Kuni est sans défense depuis bien trop longtemps. Tsuchi no Kuni possède Iwa, Mizu no Kuni possède Kiri et Kaminari possède Kumo. Même Hi no Kuni est protégé par cette organisation.

Il s’arrête brièvement, tentant de trouver une place plus confortable. Non seulement sa main manquante le faisait souffrir mais en plus les racines le démangeaient. Il détestait les arbres. Il détestait soudainement cette nature et ce pays devenu brutalement si dangereux pour sa propre existence. N’était-il finalement pas mieux enfoui dans le Sable de ses Dunes ? Fermant brièvement les yeux, repensant aux couleurs chaleureuses de son pays natal, son cœur s’inquiétait de ne pas mourir là-bas. Était-ce son Destin d’être finalement constamment arraché de son territoire et de sa véritable famille ?

MasashigeLe Désert regorge de nombreux secrets, des ressources incommensurables que seul le commerce protège. Combien de temps avant que les Tyrans ne se décident à s’emparer des richesses des Dunes ? Combien de temps avant que Taiyô ne tombe entre les mains de quelques ravisseurs qui n’y connaissent rien ? Qui ne connaissent pas le Désert ? Ou les Etoiles ? Qui ne comprennent pas le Savoir des Nomades ?

Il soupire, se fatiguant de plus en plus à argumenter contre cet homme. Intérieurement, alors qu’une nouvelle vague frappait sa nuque et qu’il souffrait un peu plus, il continua d’observer celui qui était envoyé par le Premier Cercle. Fatigué, il savait qu’il serait bien incapable d’exécuter le moindre mudra d’une seule main. Il serait bientôt mort. Loin du Sable. Loin des Etoiles. Loin du Désert. Loin de tout ce qui était sa vie. Une nouvelle inspiration. Puis il expirait. Lourdement. Douloureusement.
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Dim 25 Fév 2018 - 18:25
« C’est exact, j’y suis né et j’y ai vécu une grande partie de ma vie. »

S’il continuait d’écrire à l’encre noire sur sa feuille de parchemin, toujours aussi, dos au repos contre le grand arbre qu’il avait choisi, Ketten ne cessait de prêter attention à ce que son nouveau compagnon de route pouvait lui dire. En y repensant, il ne pouvait que se réjouir d’avoir à discuter avec l’un de ses homologues. S’il n’avait pas été contre le fait de tomber contre un membre du Premier Cercle, ce potentiel allié lui paraitrait sympathique. Mais il en faudrait davantage pour que cette impression soit confirmée.

Il était intéressant de voir la vision que ce Meikyû Masahige avait du Pays du Vent. Il était vrai que, dans le désert aride, les défenses et les habitants étaient à la merci de grandes puissances extérieures. Mais jusqu’à aujourd’hui, ce n’étaient pas ces dernières qui avaient représenté un risque pour tous ces peuples et toutes ces tribus de Kaze no Kuni. Non, c’était bel et bien ce pouvoir fanatique du Premier Cercle.

Et le contraste était donc marqué entre Masahige, Nomade de son état et extérieur à tout le système de Taiyô ; et Ketten qui était né de toute la perfidie de la religion et de l’esclavagisme de la nation.

« Si j’avais eu à douter de vos origines de nomade, vos paroles me le prouvent. C’est louable de vouloir protéger son pays des éventuels ennemis de l’extérieur, mais soyez rassurés que pour l’heure la richesse de notre nation suffit à éloigner les vautours et à n’attirer que des hauts dignitaires. »

Le balafré semblait avoir terminé avec l’écriture de sa lettre. Aussitôt, il l’enroula pour que l’objet puisse rentrer dans un petit tube en cuir. Les plus connaisseurs pouvaient alors reconnaître un réceptacle de courrier attaché à la patte des faucons messagers.

« Je suis d’avis que la principale menace de Kaze no Kuni est son pouvoir lui-même, le Premier Cercle. L’idée que seule une pseudo élite de Taiyô pratique l’esclavage et les sacrifices sur les impuissants, sans se soucier des nomades et autres tribus et villages du pays, me révulse. Mais ce n’est que mon opinion. »

Un cri de faucon se fit entendre. L’animal ne tarda pas à descendre rejoindre Ketten, qui lui adressa un rictus bienveillant. L’oiseau ne rechigna pas à tendre la patte, à laquelle le Nukenin attacha un autre parchemin, qu’il avait cette fois-ci déjà écrit à l’avance, semblait-il. Tandis que le rapace s’envolait, lui reprenait.

« Mais avant de voir si nous pourrions nous entendre sur nos objectifs, il faut que vous vous occupiez de cette main. Par chance, je connais quelqu’un qui se pourra sans doute vous prodiguer ce genre de « soins ». »

Toujours assis, Ketten s’empara d’un nouveau morceau fin de parchemin, sur lequel il s’empressa d’écrire. Mais ses mouvements étaient plus larges qu’avant. Il n’écrivait pas, il dessinait un plan.

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Lun 26 Fév 2018 - 16:21
L’autre semblait bel et bien décidé à ne pas le tuer. Sourcils froncés, le Meikyû ne comprenait finalement pas ce qu’il se passait exactement et pourquoi son interlocuteur semblait bien plus détendu qu’auparavant. Si le Caravanier ne lui faisait toujours pas confiance, car l’autre se montrait pour le moins énigmatique, Masashige se laissa à sourire, amusé par les souvenirs de son Désert natal. La tête contre l’arbre, poussant un soupir, il se souvenait des quelques histoires entendues sur le Premier Cercle, sur ce que sa mère lui disait de ses cousins Meikyû, et pourquoi il était bel et bien différent de bien d’entre eux. Aussi, souvent, se tenait-il éloigné de la Capitale, préférant le Nomadisme au sédentarisme de quelques-uns. Car ils cherchaient la fortune tandis qu’il se contentait bel et bien d’une vie libre. Haussant les épaules, en réponse à l’avis de l’inconnu, il lui répondit, cachant son avant-bras coupé dans son Kimono.

MasashigeCet ennemi existait déjà bien avant moi et il me survivra. Le Premier Cercle était là bien avant ma mère et les Nomades que j’ai côtoyé. Yeux fermés, paisible, il attendait toujours l’instant où l’autre l’achèverait. Comment comptez-vous affronter ceux-là, eux qui ont l’argent pour acheter le Shinobi qu’ils désirent ? Et se relevant péniblement. Leur fortune finira par attirer de nombreux vautours, ces Shinobis qui ne voudront plus seulement une partie mais l’ensemble. A ce moment-là, que ferons-nous si nous ne nous sommes pas préparés ?

C’est ainsi que, se levant avec difficulté, grimaçant et serrant les dents, le Voyageur se dressait de toute sa hauteur. Il n’avait pas honte de s’être mesuré au Soshikidan, au contraire. Il savait au moins à quoi s’en tenir personnellement. Aussi, posant finalement son regard sur l’intriguant personnage encore assis, il se questionnait véritablement sur l’identité de ce curieux homme, venant de Kaze no Kuni mais dont le visage n’évoquait rien. Observant sa main encore valide, faisant aller ses doigts sous ses yeux, le Kazejin comprenait lentement qu’il venait de perdre l’usage de sa dextre. Avalant difficilement sa salive, il plongeait son regard dans celui de l’autre.

MasashigeQue voulez-vous y faire ? Si je survis à notre rencontre, je serai déjà un homme bien heureux.

Et un dernier regard vers l’Ouest, cet Horizon qui l’appelait dorénavant à rentrer chez lui. A rentrer au sein du Désert, des Dunes, du Vent et du Sable. Soupir triste. Soupir de lassitude.
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