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Doppelganger [Eiko]


Mer 14 Fév 2018 - 23:19
S’appuyant sur la rembarde du rampart, Taishi s’impatientait. Comme d’habitude, l’idiote était en retard. Qui plus est, très en retard. Ils s’étaient convenus du rendez-vous il y a quelques jours, si ce n’est que de discuter un peu. En effet, l’imbécile devenait presque introuvable avec son nouveau rôle d’assistante, et Taishi de son côté avait passé la plus grande partie de son temps à surveiller la délégation de Kumo. Mais depuis l’arrestation de Tête-De-Javelot, ceux-ci se tenaient tranquille. Il avait bien essayé de retracer la fausse Kumojine, et l’avait fait, tout ça pour constater qu’il n’avait pas grand-chose à lui dire en réalité. Elle semblait être là pour ses talents en médecine et c’était tout ce qu’il y avait à dire. À moins de souhaiter empoisonner Akimoto à coup de seringue ou de maladies vénériennes, pas grand-chose à investiguer. Il soupira, être en retard était une chose mais Sanadare finissait toujours par se pointer, d’habitude.

Puisqu’il en avait marre, il décida de déambuler dans les rues pour lentement retourner chez lui. Un peu de vacances lui ferait du bien, songea-t-il. Mais avec l’inaction accrue de Yoshitsune et le bourdonnement de la ville sous la présence des Tengus partout dans la cité ne risquaient pas de lui donner autant de chance. C’était presque une blague que les Kumojins n’aient pas remarqué le malaise provoqué par les shinobis masqués, habituellement une figure extrêmement rare dans les rues. La réputation de l’unité d’élite serait sans doute à refaire après cet évènement, si ce n’est que de remanier le titre de spectre des montagnes pour bouffon urbain.

Le soleil se couchait et Taishi regardait les étals dans les rues se fermer un à un et les bars, eux, s’illuminer l’un après l’autre. Ce n’était un secret pour personne que le nightlife était légendaire à Iwa. L’imbécile avait même mentionné à un moment l’intention d’avoir un cabaret quelque part dans la basse-ville. Mais l’avenir semblait aussi sombre que la nuit qui tombait pour cette idiote exhibitionniste, et l’Hayai devenait presque inquiet à l’égard de la secrétaire, plus habituée à quatre pattes qu’à deux.

Parlant d’escorte, la voilà qui semblait marcher au bout de la rue, sa crinière blanche ne savait pas mentir. Souhaitant limiter l’usage de ses justus avec la présence des Kumojins aux alentours, il se contenta de la rattraper au lieu de se déplacer sur sa criniasse de l’âge d’or. Il lui attrapa quand même l’épaule, c’était probablement le geste le plus décent qu’elle aurait de la journée.

« Hé !... Hum ? »

Ce n’était pas Sanadare mais bien une autre de ces albinos-bimbo. Ils se propageaient de plus en plus au dirait. Il soupira, et lui lâcha l’épaule du coup. Elle était plus musclée que Sana, cette nouille pas cuite.

« … T’es que son assistante. Erf. Ça en dit long sur sa compétence à elle. »

Il réalisa qu’il se parlait davantage à lui-même qu’à l’autre qui ne devait rien comprendre. Taishi sembla réfléchir un instant.

« T’es… Hum… Kikoo ? KekKo ? Coco ?... Désolé, j’ai pas vraiment un bonne mémoire pour les noms. Je cherchais Sanadare. Tu l’as vu ? Arf, oublie. Comme si je voulais courir après une imbécile pareille. »

Il la détailla de la tête aux pieds. Même cheveux, même courbes, même air bête, ils étaient faits pour s’entendre. Mais l’idiote n’était pas là, et elle oui, alors autant faire avec.

« Je suis Taishi, mais tu dois déjà le savoir, ça. Je ne sais pas si t’es occupée, mais si tu l’es pas… J’ai un truc à récupérer et ensuite il y a un petit évènement dans un bar du coin… Ça te branche ? »

On pouvait reprocher beaucoup à Taishi, mais pas d’être franc et direct.

« Je te ferai des scoops sur toutes les maladresses de Sana. On en aura pour des heures. »

À mourir de rire.

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Jeu 15 Fév 2018 - 18:41
Eikō rentrait chez elle plutôt tard, ayant eu de nombreux dossiers à classer avant de pouvoir se permettre de quitter le bureau. Il s’agissait d’un travail ardu que de repasser derrière le travail négligé de l’assistante actuelle de l’ombre, celle qu’elle ne faisait… Qu’assister. Un titre pénible à porter, presque risible, que d’être l’assistante de l’assistante, dont elle endossait toutefois avec un sérieux irréprochable. Elle avait été ainsi élevée, de ne jamais faire les choses sans y mettre toute sa bonne volonté. Et donc, voilà qu’elle s’assurait que tout se déroule bien, que les dossiers soient en ordre, que toutes les factures soient bien rangées, que les papiers soient signés… Beaucoup de paperasse alors, ce qui devenait lourd pour celle qui préférait davantage s’entraîner. Elle était une demoiselle active, qui passait le plus clair de son temps sur l’un des terrains d’entraînement du domaine de son clan, et donc, être installée dans un bureau pouvait se faire difficile à le supporter. Mais elle le faisait, elle était ainsi faite.

Déambulant donc dans les rues la menant au domaine de son clan, elle senti quelque chose, ou plutôt, quelqu’un, lui attraper l’épaule. S’il y avait bien une chose que la Zetsu détestait, c’était bien les contacts physiques en tout genre, quels qu’ils soient. Elle avait horreur de la proximité, que d’autres s’invitent de la sorte dans sa bulle personnelle. Il n’y avait que très peu de personnes qui avaient droit de s’y risquer. Sanadare en faisait parti, ne s’étant jamais gênée en réalité pour l’attraper, la prendre dans ses bras ou même l’embrasser pour la plonger dans une illusion quelconque de son cru. Il y avait aussi son sensei, mais ça, il s’agissait d’une histoire complètement différente. Et donc, hormis ces deux personnes particulières à sa vie, elle ne supportait pas que quelqu’un pose une main, ou quoique ce soit en réalité, sur elle, ou même à proximité.

Il parlait vite, s’adressant à elle alors qu’il semblait plus se parler à lui-même. Elle avait fait volte-face, peut-être un peu trop rapidement, et il eut la bonne idée de lui relâcher l’épaule. Non pas était-elle agressive, cependant, mieux valait ne pas insister à ce niveau. Elle lui jeta donc un regard curieux, son visage dénué de toute expression, ses traits semblant taillés dans le marbre. Elle était ainsi faite, d’un naturel froid et distant avec les autres. Elle faisait des efforts, dernièrement, tentant de s’ouvrir un peu plus aux autres. Toutefois, ce dernier ne s’y était pas pris de la meilleure des façons pour l’aborder, quand bien même n’en avait-il aucune idée.

Le dévisageant, elle essayait de le replacer dans son esprit. Lui semblait la connaître et il ne lui était pas inconnu. Ce ne fut que lorsque le prénom de la Hyûga fut prononcé qu’elle comprit finalement qui était-il, à savoir l’ancien coéquipier de la jeune femme.

- Zetsu Eikō.

Peut-être avait-elle hérité cela de la Hyûga, mais elle n’appréciait pas spécialement que l’on écorche son nom de cette façon. Elle s’était donc empressée de le corriger, sous peine de se voir affubler d’un surnom qui viendrait bien vite l’agacer. Il cherchait donc Sanadare, ce qui n’était pas surprenant. Cette dernière avait cette mauvaise habitude à disparaître comme bon lui semblait, quand bon lui semblait. Sa cadette avait donc appris à faire sans elle, ce qui n’était pas plus mal. Elle n’arrivait à rien lorsqu’elles se retrouvaient toutes les deux dans le bureau, de toute façon, s’embêtant rapidement des débats ne faisant ni queue ni tête qu’entretenait sa collègue (supérieure plutôt) avec son stupide piaf qu’elle avait ramené d’elle ne savait trop où.

Et maintenant, elle était confuse. Venait-il de l’inviter à aller à un événement… Dans un bar ? Si son visage restait toujours impassible, elle n’en restait pas moins surprise. D’ordinaire, elle se serait contenter de refuser pour repartir d’où elle venait, or, depuis la nouvelle année, elle essayait de sortir un peu plus, d’accepter de faire entrer de nouvelles personnes dans sa vie. Un soupire s’échappa alors de ses lèvres.

- Pour Sana, elle a disparu au milieu de l’après-midi, elle avait un truc à préparer qu’elle disait. Je ne pourrais donc pas t’en dire plus.

N’avait-il pas dit ne pas s’en soucier ? Oui, sûrement, mais elle avait vu nécessaire de lui faire part de ce qu’elle savait concernant la position actuelle de son aînée, à savoir rien du tout. Pour avoir été en équipe avec elle, elle était certaine qu’il se doutait bien de ses habitudes à apparaître sur la liste des abonnés absents. Cela faisait parti de son charme, en quelque sorte. Autant s’agaçait-elle d’un tel manque de sérieux, autant est-ce que cela pouvait l’amuser.

- J’imagine que je n’ai rien de mieux à faire. Elle pouvait s’entraîner, comme tous les soirs. Or, peut-être bien que sortir ne pourrait pas lui faire de tort. Et puis, il connaissait Sanadare. Par conséquent, il ne pouvait pas être dangereux. Si ? Et donc, par où doit-on aller pour chercher ce truc que tu as à récupérer ?

Elle enfonça ses mains dans la veste sombre de l’Académie Hashira qu’elle portait toujours, et ce, malgré qu’elle avait gradué depuis quelques temps déjà. Son visage s’était détendu un peu, bien que toujours particulièrement froid, comme à son habitude. Il lui en faudrait un peu plus avant de se décider d’esquisser un sourire. Déjà qu’elle lui avait adressé plus de trois mots, cela relevait presque du miracle, venant d’elle. Un signe d’efforts soutenus dans la bonne direction, ou, tout du moins, l’espérait-elle.

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Ven 16 Fév 2018 - 20:19
« ZETSU. EIKO – beep bop ! »

Il éclata de rire, probablement à ses dépens.

« Tu parles comme un coucou mécanique. C’est rigolo. T’es certaine que l’idiote ne t’a pas fabriquée ? Ça expliquerait la ressemblance entre les modèles. Je vais t’appeler Coco, je pense.»

Toute blague à part, il y a du travail à faire ici. Elle était un peu… Coincée ? Taishi ne pouvait pas faire de pronostic trop rapide. Toujours est-il qu’elle semblait au moins disposé à s’amuser un peu. Sanadare pouvait souffrir plus tard.

« Cette imbécile s’est probablement cognée la tête dans un caniveau. Ce n’est pas grave, je la trouverai plus tard, suffit de suivre les vêtements laissés sur le sol partout en ville. »

Selon toute logique, elle était une genin, et semblait à peine plus jeune que lui. Ce n’était pas une critique, il était passé chunin pratiquement dans la même année que son arrivée à Iwa. Lui n’avait pas été formé à la nouvelle académie, par contre. Taishi ne se serait même pas considéré un shinobi lui-même, ayant appris les rudiments grâce à l’imbécile, sa seule utilité à l’époque. Son clan n’avait même pas d’historique en utilisation de chakra. L’Hayai n’avait jamais entendu parler des Zetsu, mais ça ne voulait rien dire non plus.

« … C’est par là. »

Remplaçant le silence de malaise, par le bruit des bottes qui frappent le sol, ils s’enfoncèrent dans les dédales de rues, à la limite entre le cœur commerçant et les quartiers résidentiels. Taishi aurait pu se déplacer à l’aide de ses sceaux mais n’en voyait pas l’utilité, il n’était pas pressé et la soirée était jeune encore. Tout en plus qu’il connaissait la ville comme sa poche, la plupart de ses rues n’avaient aucun secret pour lui, les ayant couru de long en large comme il le faisait presque chaque jour, une paresseuse partie de son entraînement limité. Taishi ne s’entrainait presque jamais aux arts shinobis, mais la course restait dans son sang, c’était l’essence même de son clan après tout.

Après un moment, ils divergèrent dans une petite ruelle.

« C’est ici. J’en ai pour une seconde. »

Ils s’étaient arrêté devant une minuscule boutique dont le seul panneau annonçait « ZAIKEN`s » et semblait dans un état lamentable. Taishi entra et s’adressa au propriétaire, un vieil homme au dos arqué par le temps et aux mains usées. Ils échangèrent quelques mots, Taishi esquissa un sourire et le propriétaire lui tendit un paquet rectangulaire avant de faire quelques recommandations que l’Hayai écouta avec attention avant de lui tendre un bourse rebondie. Quelques instants plus tard, il était dehors.

« Voilà, merci. Par ici »

Ils retrouvèrent rapidement des coins plus populeux mais Taishi les mena dans un coin plus isolé du quartier résidentiel. Là, ils entrèrent dans une taverne. Celle-ci semblait bien ordinaire de l’extérieur, mais l’espace intérieur était surprenamment vaste. Il devait y avoir une trentaine de clients dans le bar, qui n’avait pas de chaises et seulement des tables au ras du sol. Les gens prenaient place sur des coussins. Mais l’aspect le plus unique était la petite scène au fond de la salle et la présence de multiples instruments de musique disséminé çà et là. Des flutes mais aussi des instruments à corde et un piano dans un coin. Quelques personnes jouaient à faible volume et l’ambiance était festive mais sans exagération. Taishi lui pointa un espace libre et ils prirent place.

« Les gens viennent ici pour boire mais aussi jouer. Beaucoup n’ont pas les moyens de s’acheter des instruments alors l’établissement en fournit gratuitement quelques jours par mois, comme ce soir. Pas tout le monde n’est habile, mais entre maladroits, on se comprend. »

La serveuse, dont les courbes affolantes et le décolleté profond pouvaient aussi expliquer l’enthousiasme de Taishi pour l’endroit, s’approcha. L’Hayai jeta un regard concerté vers Eiko puis fit un sourire.

« Deux Awamoris sur glace, merci. »

Elle repartit de sa silhouette rebondissante.

« Alors, comment c’est, travailler pour Sanadare ? Assister une assistée, j’aurais tendance à dire. Je sais que vous passez beaucoup de temps ensemble, mais je ne m’approche pas de la tour du Tsuchikage, habituellement. C’est un endroit sombre et plutôt décourageant, je dirais. Après tout, on a un roux comme boss, non ? »

La serveuse apporta les boissons. L’Awamori était un alcool fait à base de ris et mélangé avec un jus de fruit aigre fait d’agrume. C’était un liquide très fort en alcool mais également très gouteux en comparaison au saké. Il trinqua.

« À une rencontre hasardeuse, mais le hasard fait bien les choses non ? »


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Sam 17 Fév 2018 - 8:22
Il ne peut pas être sérieux, si ? Le regard qu’elle lui décroche n’a rien d’avenant alors qu’il décide tout bonnement de l’affubler d’un surnom quelconque. Elle tenait son agacement de sa meilleure amie. Déjà que son prénom se voulait court, elle ne voyait pas l’intérêt que de l’interpeller autrement. Elle ne lui répond cependant pas. Elle est ainsi, la demoiselle, à garder le silence lorsqu’elle sent que ses paroles vont se confronter à un mur. Elle ne le connaît pas, cet homme, si ce n’était que de vu, son prénom lui étant connu grâce à la Hyûga. Or, de ce qu’elle voit, en deux secondes et demi, il a réussi à l’agacer. Et pourtant, elle reste, accepte même de le suivre elle ne savait trop où. Elle aurait clairement dû refuser et rentrer sagement chez elle et s’entraîner jusqu’à ce qu’elle soit trop fatiguée pour tenir debout. Mais non, il avait fallu que ses nouvelles résolutions viennent pointer le bout de leur nez et voilà qu’elle se retrouvait embarquer dans elle ne savait trop quoi.

- Eikō c’est très bien aussi.

Son ton est catégorique et sans appel. Elle n’acceptera pas dérogation de sa part. Enfonçant les mains dans la veste qu’elle arbore, elle le suit d’un pas tranquille, silencieuse. Son regard parcourant les alentours, elle en vient à se demander où il l’amène. Il lui avait fait signe de le suivre et elle, elle ne s’était pas obstinée. Elle avait accepté, après tout. Or, alors qu’ils s’enfoncent vers des ruelles plus étroites, la jeune demoiselle se demanda si elle ne ferait pas mieux de fuir tant qu’elle en avait encore le temps. Et, finalement, il s’arrête et c’est un regard curieux qu’elle lui envoie. Elle n’a toujours pas daigner parler. Elle qui s’était enfermée dans son mutisme pendant un peu plus de cinq ans ne voyait pas d’inconvénient à se taire quelques minutes supplémentaires. Elle n’avait rien à lui dire, à cet inconnu qui avait surgit de nul part, croyant avoir affaire à celle qui était pourtant bien plus grande et large qu’elle. Et puis, elle n’était pas douée, pour faire la conversation. Les discussions ne menant à rien n’avaient que très peu d’intérêt pour elle.

Qu’il trouve cela ennuyant ou non, il ne fait pas de commentaire. Non pas qu’elle l’ignorerait superbement s’il venait qu’à lui poser une question, mais elle se satisfait du silence qui s’installe entre eux deux. Voilà des années qu’elle s’était familiarisée avec la solitude et tout ce qu’elle apportait. Si lui pouvait trouver ce silence malaisant, la kunoichi, elle, s’y plaisait. Elle avait bien quelques lacunes en ce qui concernait ses capacités sociales, et ça, il allait très certainement rapidement le remarquer.

L’endroit, si peu intéressant de l’extérieur, se veut tout de même agréable à l’intérieur. Ses prunelles céruléennes passent sur les lieux, observant les visages qui s’y trouvent tout comme les instruments plus loin. La Zetsu n’a jamais eu le loisir d'apprendre à jouer d’un quelconque instrument, l’art n’étant en rien une priorité pour le clan. Ils se devaient d’être fort. Ce n’était pas une option mais bel et bien une obligation. Ainsi fonctionnait le clan et ainsi cela irait-il pour encore de nombreuses années. De ce fait, la demoiselle était curieuse et l’endroit n’était pas désagréable, à première vu. De sa démarche altière, elle s’approcha du lieu désigné par l’homme en sa compagnie pour prendre place sur l’un des coussins, de l’autre côté de la table. Elle n’aimait pas particulièrement être touchée, ni même à proximité des autres, s’imposant ainsi une distance entre ces derniers et elle-même.

Il parlait beaucoup, ce fut la première chose que remarqua la jeune femme. Il semblait aussi avoir une très piètre opinion de sa meilleure amie. Pouvait-elle lui en vouloir ? Aucunement. La Hyûga avait elle-même traîner sa réputation dans la boue, elle ne pouvait donc qu’assumer ses actes.

- Avec Sanadare ? Elle lève les yeux au ciel. Tu peux enlever le avec. Tu la connais bien, non ? De ce que son aînée lui avait dit. Je fais tout le travail, ou presque, et elle… Elle fait ce qui l’amuse. En serait-il surpris ? Et puis, je préfère presque lorsqu’elle n’est pas là. Son oiseau est infernal…

Elle était presque fière, la jeune Zetsu, alors qu’elle avait accepté de prononcer plus de trois mots de suite, d’un ton qui ne se voulait pas aussi tranchant que précédemment. Elle attrapa finalement le verre s’étant présenté devant elle, arquant un sourcil. La jeune n’avait encore jamais pris d’alcool et se retrouva donc incertaine face à son verre. Il trinqua et, par politesse, elle en fit de même.

- Si tu le dis…

Elle porta le verre à ses lèvres, en prenant une gorgée sûrement trop grande que ce qui aurait été recommandée. Elle avait très peu d’expériences, pour ne pas dire aucune, avec ce liquide dont pourtant presque tous les adultes raffolaient. Sa gorge lui brûla dès la première gorgée, la forçant à une quinte de toux. Elle déposa le verre devant elle, encore plus incertaine.

- C’est quoi ?

Ses prunelles céruléennes revinrent vers l’homme tandis qu’elle quitta finalement son verre démoniaque des yeux.

- Et sinon, tu joues d’un instrument ?

C’était là un premier pas vers la réussite. Elle lui avait adressé une question, s’intéressant à sa personne, Sanadare en serait presque fière d’elle.

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Hier à 21:27
« Si je la connais bien ? Je la connais un peu trop même. Tu croirais que cela la rendrait un peu plus prévisible à mes yeux, mais c’est bien le contraire. »

On ne sait jamais à quoi s’attendre, et on craint le pire. Mais avec l’idiote, le pire était souvent l’issue finale. Sanana ne servait à rien si ce n’est de voir à quel point les choses peuvent mal tourner parfois. Son existence, une culbute malheureuse sur une colline qui ne semblait pas avoir de fin. Une chute perpétuelle et embarrassante. Une bonne définition pour l’imbécile, songea t-il.

« L’oiseau, c’est une autre histoire. À l’origine, c’est un peu à cause de moi. Un jour, un perroquet s’est infiltré dans ma maison par la fenêtre. Sanadare, qui était là, a paniqué et l’oiseau s’est mis à l’attaquer à coup de bec et de fientes. Elle pestait, mais je pense qu’elle a toujours adoré en fait. »

Il haussa les épaules.

« Je pense qu’elle ne s’attendait pas à trouver quelqu’un qui puisse l’égaler en bêtises inconsidérées. »

Il remarqua la réaction plutôt comique de la femme à son verre et eut un petit rire amusé. Taishi n’avait pensé qu’il puisse s’agir d’une débutante. Il fit un signe à la serveuse qui vint remplir leurs verres à nouveau.

« De l’Awamori, Coco. C’est très populaire parce que ça a un goût très… Poignant. Mais il y a une manière particulière de le boire, sinon tu te brûles le palais. La saveur est propagée par les traits d’agrumes très prononcés, mais qui dit fruit, dit aussi acide. Quand tu le bois, n’essaie pas de le goûter comme tu le ferais avec un jus, laisse-le filer dans ta gorge et concentre-toi sur les effleurements du liquide dans ta bouche, comme une rivière qui défile, en toute liberté. Essaie. »

Il joignit la parole au geste et prit une simple gorgée, appréciant la chaleur du liquide. Quant à ses derniers mots, il hocha de la tête légèrement.

« Un peu... C’est une coutume dans mon clan. Lorsqu’un d’entre nous revenait après de longs mois d’absence à courir à gauche et à droite dans le pays, une fête avait toujours lieu pour célébrer leur retour. Mais les Hayai sont incapables de rester longtemps assis et immobile, c’est dans notre sang, vois-tu ? Ainsi, chacun d’entre nous apprend à jouer d’un instrument, ou encore danser. Mais je n’étais pas vraiment habile à faire des cabrioles, alors voilà. »

Il se tourna et ramassa l’un des instruments appuyés contre le mur, une longue guitare qui semblait bien usée par le temps et l’usage, comme la plupart des autres d’ailleurs. Les doigts de Taishi en éprouvèrent les cordes, il accorda un peu les manivelles. L’Hayai prit une autre gorgée de son verre et invita la kunoichi à faire de même. Puis il effleura les cordes. C’était un air lent mais populaire et bien connu dans le pays de la terre. Un homme qui s’amusait sur le piano s’interrompit et sembla l’écouter un instant avant de se mettre à pianoter, accompagnant discrètement la mélodie de l’instrument.


Le silence resta quelques instants puis les discussions reprirent dans le bar. C’était la règle, pas d’applaudissements ici, cela évitait les concours de popularité et encourageait les joueurs de tout calibre. Taishi considéra l’instrument un instant, puis le tendit à la femme.

« Essaie. »


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