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[Solo] Ce que l'on ne raconte plus...


Dim 4 Mar 2018 - 18:12

Mauvais rêves… sans fin.


Dans la boue, se mêlant à ses larmes de douleur, l’homme en peine cracha sa bile et son sang, face contre terre. L’environnement se faisait sourd, sa tête lui faisait un mal d’enfer, le monde tournait et se secouait. Dans le reflet d’une flaque, il vit une silhouette fine s’approcher lentement, la faucheuse elle-même lui rendait visite. Brouillé, il ne parvenait pas à distinguer correctement ce visiteur improbable, bien trop faible pour bouger, ni même résister. Le mourant reçu un violent coup de pied dans les côtes, le retournant de sa position ventrale. Les yeux mirant le ciel brumeux, des gouttes de pluie perlèrent sur son visage griffé de toute part. L’homme brun toussa péniblement, un talon pressa sa poitrine, la silhouette approcha son visage du sien. Un masque. Blanc. Des yeux froids le scrutant au travers des fentes, le blessé voulu soutenir cette vision hautaine, mais la douleur le contraignait à regarder ailleurs. Une voix douce parvint de sous la capuche de son exécuteur, celui d’une femme.

- Voilà qui est bien pitoyable… Bon, trêve de bavardage, votre groupe nous aura mis des bâtons dans les roues que trop longtemps.

La menace fut mise à exécution, une fumerole bleuâtre s’échappa des manches de l’inconnue. La brume retomba à ses pieds et gagna le visage de l’homme, qui se mit à suffoquer et souffrir lentement, une brûlure indescriptible lui déchirant la gorge. Le poison gagna ses poumons, mais son corps refusait de mourir, comme si cette substance voulait le maintenir en vie suffisamment longtemps pour perdre la raison. Il tenta de se débattre, mais la pression du pied de la femme lui coupa toute retraite. Impossible d’accepter sa propre mort, cela ne pouvait se finir ainsi.


~ ~ ~

En sursaut et tout haletant, l’homme brun se sentait faible dans ses draps humidifiés par sa sueur et le savon qui perlait sur son corps. Incapable de se calmer, il ne parvint pas à stopper le débordement de son kekkei gekkai. Ses yeux étaient grands ouverts, ses pupilles profondément dilatées, le garçon peinait à retrouver son état normal, complètement tétanisé. Quel cauchemar horrible, il serra sa couette et se berça lentement, il devait chasser ces idées, ces souvenirs…

- Mauvais rêve ?

Une voix inconnue. Maladroitement, car encore affecté par sa nuit, Izaya passa sa main sous l’oreiller et lança un kunai dans un coin de la pièce. Pas un son, même pas celui du métal qui s’enfonce dans le bois, le brun voulu se redresser pour vérifier, mais son corps s’immobilisa, totalement bloqué. Le shinobi avait beau forcer, ses membres refusaient de se mouvoir, tout son être s’était mis à l’arrêt. Une allumette craqua dans le sombre recoin, puis alluma une bougie, révélant un homme blond, portant un bouc et une chemise rose de mauvais gout. Izaya le reconnu. Une sensation de désespoir commença à le gagner. De tout ce qui pouvait le terrifier dans ce monde, il y avait ses souvenirs, cette femme, et enfin, cet homme. Hue Kanata.


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Mer 7 Mar 2018 - 21:56

Rescapés


- Par ici, j’entends quelqu’un.

Les soldats abandonnèrent l’inspection d’un énième cadavre qu’ils laissèrent à la boue mêlée de sang. Leader du groupe de recherche, Hiro écarta quelques ronces du bout de sa lance, s’enfonçant lentement dans les buissons épineux en direction des geindres qu’il percevait plus loin. Un médecin lui emboitait le pas, la mine morose et les mains rouges de sang, le bilan s’était de nouveau alourdi, et ne cessait pas son escalation macabre. L’homme de tête pressa le pas en pensant avoir entendu un râle, serait-il déjà trop tard. Le groupe tomba sur une masse sombre, le visage défigurer et masqué de croutes de sang, coloré de mauve. Un soignant se précipita sur lui, le blessé se redressa avant son arrivé, recrachant beaucoup d’eau, on retrouva un sol humide sous celui-ci, laissant penser qu’il avait rendu bien plus. Des formes étranges se forma dans le liquide, des sortes de cristaux qui laissa tout de suite penser à un empoisonnement.

- Fait chier, apporter moi des antidotes. ( Le médecin commença à masser le dos du rescapé. ) Punaise mon vieux, un miracle que tu vives toujours.

~ ~ ~

L’aide de camps avait rendu son bilan concernant l’homme retrouvé dans les fourrées.
- Nom : Akimune Izaya. - Affectation : Equipe n°16. - Temps d’affectation : 4 mois et 8 jours. - Etat de l’équipe : Dissoute, chef décédé, deux survivants. - Pronostic vital : Non engagé.
Dans ses notes, il précisa qu’il ne devait sa survit qu’à lui-même. Gravement empoisonné par gaz, il avait été déterminé que le shinobi avait réussi à fuir ses agresseurs et se cacher. Il aurait ensuite exercé sur lui-même des techniques de suiton dans le but de simuler une noyade. L’eau injecté dans ses poumons auraient été expulsée par son corps à plusieurs reprises, afin d’exfiltrer le poisson qui ne l’avait pas encore affecté. Malheureusement, il gardera des séquelles, notamment des tâches bleues dans le dos, sous les omoplates, ainsi que sur sa poitrine, au niveau du cœur. D’après les derniers examens, il semble profondément marqué et risque de développer des terreurs suite à ses expériences.

- Comment lui en vouloir… ,souffla la dame en blouse en terminant la lecture du rapport. On a déjà perdu trop de braves au cours de cette campagne, il est grand temps que cela s’arrête… Quant est-il de sa coéquipière ?
- Elle vivra aussi, avoua à demi-mot l’homme lui faisant face, mais… Impossible de reprendre le combat, c’est terminé pour eux.
- Je vois… Faites parvenir ce message au commandant. Les escouades 5, 7, 8, 12, 15, 16 et 21 sont inaptes. Ils ne pourront plus retourner au front.
- Bien. ( Le soldat fit un signe de tête et quitta la tente, laissant planer un silence de mort. )

~ ~ ~


Izaya poussa un cri de douleur, comme si on lui plantait des clous dans le crâne. A son chevet, au-dessus de lit, le mystérieux Hue Kanata prenait un malin plaisir à torturer son esprit avec son genjutsu. Etait-ce faux ? Pas vraiment… Rien ne fait plus souffrir que la vérité. Et cet inquisiteur connait toute l’histoire, comme celle du clan Akimune, après tout, on n’échappe pas à l’emprise des Hue une fois qu’on y est intégré. Un sourire carnassier se dessina sur le visage de l’homme au bouc. Il cessa la séance du martyr et le réveilla d’une claque virile. L’homme empoigna alors le brun à la gorge et le rapprocha de son visage.

- Alors, mon bon Izaya. Tu comptais garder ce secret combien de temps, dis-moi ? Tu attendais son décès, n’est-ce pas ? Voilà chose faite, j’imagine que tu as perdu tes moyens en lisant cette lettre ce matin, non ? Aaaaaah… J’aime ce regard, faible, perdu, anéanti. Elle est seule à présent, il va falloir l’accepter et la ramener près de toi. N’est-ce pas que tu vas t’en occuper ? Cela coule de source. Elle finira par développer ses dons, il ne te sera plus possible de nier son existence. Je ne fais pas ça pour mon propre plaisir, mon bon Izaya. Mais c’est la famille, tu comprends. On a déjà été assez généreux de vous transmettre notre Sekken. Alors tu vas prendre tes responsabilités. Tu vas la faire venir ici. Ta fille.



Dernière édition par Akimune Izaya le Dim 1 Avr 2018 - 20:35, édité 1 fois
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Dim 11 Mar 2018 - 22:10

Trio


La lune était masquée de moitié par sa face sombre, ne permettant pas d’éclairer à l’ombre des arbres qui longeaient la propriété. S’ennuyant sur sa branche, une personne encapuchonnée bailla longuement avant de reporter son regard plus bas, en entend des bruis de pas. Un blond se présenta et releva la tête, invitant l’autre individu à descendre. A présent à son niveau, il enleva sa capuche, révélant ses longs cheveux sombres, mais surtout son sourire malicieux.

- Comment va ton poulain ? Bien j’imagine, à l’entendre crier, une chance qu’il est choisi de s’isoler de lui-même, aucune patrouille à l’horizon. Kiri n’est vraiment pas à la hauteur de sa réputation.

Kanata le dévisagea puis lança un regard derrière lui, vers la dépendance qu’il venait de quitter. On pouvait lire la déception sur son visage, mais il restait fier devant son cousin.

- Effectivement, décevant, Kiri, tout comme Izaya. ( Il soupira en enfilant le manteau qu’on lui tendait. ) Il a compris le message, il ne nous fera plus aucune crasse.
- Eh ! Ton intuition t’aura joué des tours, tu aurais dû suivre mon exemple, il fallait parier sur sa sœur.
- Vraiment ? ( Le blond laissant échapper un rictus. ) Le pays du feu n’est qu’un repaire de brigands et d’autres incapables, Mizu no Kuni, bien que faible, a le mérite d’être un minimum organisé.
- Ce n’est pas l’impression que j’ai eue, ça manque de senseurs dans le coin, un jeu d’enfant que de s’infiltrer. ( L’homme aux airs efféminés haussa les épaules et snoba son cousin. ) Bon, on passe à la suite ?
- Non. ( Hue Kanata fit face à la maison dont il revenait. ) On attend que la fille le rejoigne. Puis on s’occupe de sa famille. Dis-moi, Kibô, comment se débrouille ma sœur ?

Le shinobi étouffa un rire et lança un regard ciglant. Kanata ria à son tour. Il était évident que sa sœur, la plus puissante de leur clan, n’avait pas à se soucier des problèmes…



Dernière édition par Akimune Izaya le Dim 1 Avr 2018 - 20:35, édité 1 fois
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Jeu 15 Mar 2018 - 0:49

Oki-Rin


Enfin terminé. Ce conflit dans lequel ils s’étaient engagés avait pris fin, quelques jours seulement après leur dernière bataille. A présent, on enterrait les morts.

Akimune Izaya se pencha au-dessus de la sépulture, de sa main libre il grava un mort sur le bois qui indiquait l’emplacement et le nom du défunt. ‘Ci-git Kazue Sadao.’ Leur leader, celui de l’équipe n°16. Terminant son hommage, le shinobi se redressa et tendit son kunai à la femme qui l’accompagnait. Prit par les sentiments, elle tressaillit un instant avant de se résoudre à empoigner fébrilement la lame. Elle s’en voulait terriblement, par sa faute, elle n’avait pas pu leur porter secours. La kunoichi était tétanisée, rongée par sa culpabilité. En observant le visage fermé et impassible, elle pensait déceler la rage de son ami. Pourtant… Il lui attrapa la main et l’accompagna, l’invitant à s’agenouiller avec lui. L’homme avait toujours cet air absent, mais en y regardant de plus près, on pouvait déceler une peine immense dans son regard.

- Akina… Il faut faire face… La vie est cruelle… Mais nous devons être fort, ensemble.

Le brun posa ses deux mains contre celle de son amie. Elle souffla et réussi à retrouver un semblant de calme, remerciant à demi-mot Izaya. Akina porta la pointe sur la stèle et grava méthodiquement un dernier message. Leurs derniers adieux à leur capitaine, avec qui ils avaient partagé joies et douleurs au court des quatre derniers mois. Les deux survivants se tenaient à présent debout en face de la tombe, la jeune femme sécha ses larmes et s’efforça de rester fière comme son frère d’arme.

- Nous devons vivre, pour honorer sa mémoire, annonça la kunoichi en se serrant au bras d’Izaya, c’est sans doute ce qu’il aurait voulu.

Avec l’approbation étouffée de l’Akimune, elle resta avec lui observer en silence, et effectuer leur recueillement.

An 193. L’Archipel Oki-Rin connut un conflit sanglant sans précédents. La découverte de ressources de luxe comme l’émeraude et l’argent sur l’un des ilots aura attisé la jalousie de ses voisins. Dans la zone d’influence de Jôheki no Kuni, le Daimyo dépêcha une expédition de soldats et shinobis mercenaires pour sécuriser le secteur, brisant de ce fait un pacte de non-agression vieux de plus d’un siècle. Le gouvernement local de l’archipel abdiqua, mais une cellule de résistance se forma dans l’espoir de protéger leur trésor ainsi que leur patrimoine. Renégats, Nukenins, les rebelles usèrent de tous les moyens possibles pour mettre en échec les troupes de pacification du pays des remparts. Des mois de conflit. Des désastres humanitaires. La rébellion fut mise en échec. Mais à quel prix ? Pour le contrôle de ces ressources, les trois-quarts de l’ile principal fut rendu inhabitable, les anciens villages et champs de fleurs laissèrent place aux bois fantômes et no-mans lands. Souvent considérer comme un conflit mineur dans l’histoire de Jôheki no Kuni, il n’en est pas moins l’un des plus désastreux…

~ ~ ~

Densetsu Akina. Tu as perdu ton sourire cette nuit-là. Tu aimais Sadao, vous étiez ensemble bien avant mon arrivé sur l’archipel. Puisses-tu un jour recouvrer cette joie de vivre qui nous aura fait tenir dans les moments difficiles. Tu n’es pas coupable, Akina. Moi… Je l’ai vu… Je n’ai rien pu faire…



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Dim 1 Avr 2018 - 20:42

Lettres


Hue Byakuren,
Cela fait quelques temps que je me suis installé au village de Kiri, à Mizu no Kuni. Je dois bien avouer qu’il n’est pas évident de vivre sur place, les gens sont étranges et le climat, bien que le pays soit proche de notre contrée natale, est globalement exécrable. J’ai bien pu me procurer un bien où bâtir une maison assez grande pour le clan, comme me l’a demandé ton père. Il n’est pas évident de travailler seul, mais je progresse à mon rythme. A vrais dire, j’avance trop vite à mon gout, on ne m’affecte jamais à des missions, de ce fait j’ai beaucoup de temps libre. Et pourtant, je n’arrive toujours pas à reproduire ton bouillon de miso et de tofu, tu dois avoir quelque chose que je ne possède pas encore en talents culinaires…
Je serais ravi de t’accueillir chez moi quelques temps, avec la bénédiction de ton paternel. Si tu venais à l’accepter, je te conseillerais de rester prudente sur la route, la politique du village me contraint à rester sur place et je serais dans l’impossibilité d’aller te chercher à la frontière. Malheureusement, la sécurité de Mizu no Kuni laisse à désirer… Ne prends pas trop de risques.
Au plaisir de te retrouver prochainement.
Akimune Izaya, ton protecteur.
« Lettre envoyée à Jôheki no Kuni à l’attention de la maisonnée du clan Hue. »

Hue Byakuren,
Je suis certains que tu parviendras à décrypter ce message, je ne pensais pas avoir recours à ce genre de procédé, mais la situation me l’impose…
J’ai eu l’immense joie de recevoir ton cousin Hue Kanata un soir, une personne très charmante qui plus est. J’aimerais que cette information reste entre nous, il ne voudra mieux pas inquiéter nos parents à ce sujet. Ce détail devrait te donner une idée de la raison de ce message.
* Partie cryptée par trois alphabets * J’ai de tristes nouvelles en provenance de l’Archipel. J’ai appris la mort de mon équipière Densetsu Akina, lors d’une de ses missions. Je suis dans l’incapacité de me rendre sur place, je voudrais que tu te présentes à cette adresse. Sa fille est maintenant orpheline, je suis le seul à pouvoir m’en occuper, il faut qu’elle me rejoigne à Kiri. Je compte sur toi pour l’escorter jusqu’ici. Voici un code qui devrait te permettre de convaincre l’orphelinat où elle a été recueillie. A ton arrivée, j’aurais à te parler… * Fin de la partie cryptée *
Akimune Izaya.
« Message cachée à l’attention de Hue Byakuren, seule à pouvoir entièrement le décrypter. »


~ ~ ~

Impossible de retrouver le sommeil. Le fenêtre était grande ouverte, le lit défait et bazardé, la lune encore haute témoignait de l’heure tardive. Dans un coin de la pièce, recroquevillé près du bureau où reposait un pli fraichement cacheté, une masse enroulée dans un duvet se cachait dans l’ombre. L’homme tremblait de tout ses membres, encore sonné par sa mauvaise expérience de genjutsu de tout à l’heure, il était en sueur. Le brun tentait de se réchauffer en se frottant les mains, cause perdue, il avait perdu tous ses moyens. Ses joues arboraient des larmes et sa mine était morose et triste. Devant lui, un papier froissé et planté au sol par un kunaï, il n’avait pas pu le lire une deuxième fois. Cette première lecture… Il s’en voulait, terriblement… Il ne voulait pas y croire, et pourtant.

A présent, il était seul. Le dernier sur lequel se reposait les affreux souvenirs de cette campagne militaire. Les échecs, les victoires, ses visions… Ses actions.

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[Solo] Ce que l'on ne raconte plus...

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