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Apprentissage social, théorie et pratique ~


Mer 7 Mar 2018 - 5:04


La connaissance est la source du pouvoir. Sazuka n’était pas étrangère à ce concept et s’évertuait à l’appliquer chaque jour avec une grande rigueur. Elle lisait quasiment sans cesse, à n’importe quelle heure et surtout quand elle le voulait. Le fonctionnement de l’être humain, de son corps n’était plus un secret pour elle. D’un simple coup d’œil elle pouvait identifier les causes d’un état X ou Y, les blessures, et dans la majorité des cas les maladies symptomatiques. Pour le reste il ne lui fallait que de courts examens pour déterminer la source des différents maux. Bien sûr, elle ne connaissait pas toutes les maladies possibles et imaginables car elles n’étaient pas la base de son travail ni de la plus grande utilité pour son projet. Tout ce qui concernait le dysfonctionnement humain lui était parfaitement familier, autant dans la théorie que dans la pratique. Elle était une vraie Eisei-nin, et un médecin à part entière, la notion du bien et du mal en moins.

Seules ces connaissances l’intéressaient jusqu’à ce qu’elle mette les pieds à Kumo. Vivant jusque lors seule, ne devant se soucier que d’elle-même et n’ayant dû s’adapter à aucune communauté ; son arrivée au village fut pour elle comme un bouleversement. Si elle comprenait le corps humain, en revanche elle avait beaucoup de mal avec les humains en tant que tels. Le pan « sociabilité » plus ou moins inné chez la plupart des personnes lui était quasiment complètement inconnu. Seules ses bases lui étaient acquises, ni plus, ni moins. Juste ce qu’il fallait pour passer inaperçu dans des endroits où tout le monde est un inconnu pour l’autre. Mais ici, à Kumo… C’était tout à fait différent. A priori elle ne faisait pas que passer. Les gens semblaient commencer à la « connaitre », ou tout au moins la reconnaître, lui adresser la parole, la craindre un peu. Presque à la considérer comme l’une des leurs. Et, presque à chaque fois ; elle ne savait pas comment réagir. Ou en tout cas pas de la bonne façon.

D’autres notions et concepts lui étaient aussi totalement inconnus, comme le mensonge et la vérité ou l’empathie et la compassion. En plus de ces lacunes pouvant paraître pour beaucoup comme primordiales, normalement inculquées dès le plus jeune âge ; Sazuka « souffrait » de troubles mentaux assez particuliers hérités de ses junkies de parents, la poussant à considérer les vies humaines comme un moyen d’accomplir sa quête irréaliste : maîtriser la mort. Une idée, un but encré dans son esprit depuis son enfance et qui s’est insinué si profondément en elle qu’il lui serait sans doute impossible de redevenir « normale ». Paradoxalement, seule la mort pourrait l’arrêter. Enfin, tout ceci pour dire qu’entre son faible intérêt pour les vies qu’elle fauchait sans se soucier du mal ou du bien, son projet mortifère et sa dégénérescence cérébrale ; les relations et interactions sociales humaines lui étaient… compliquées.

Ce fut donc de cette conscience des difficultés qu’elle éprouvait au quotidien avec les personnes qu’elle croisait qu’elle décida de s’intéresser de plus près à ce domaine d’une étendue presque aussi vaste que la médecine. Ne serait-ce que pour comprendre les personnes qui l’entouraient, pour paraître plus… « normale », pour mieux se fondre dans la communauté à terme. Son désintérêt des êtres vivants –sauf dans le cadre de son projet bien sûr- ne signifiait pourtant pas qu’elle n’aimait interagir, parler ou échanger avec les autres, mais seulement… que pour la plupart ; ils ne correspondaient pas, n’entraient pas dans son mécanisme d’étude, d’expérimentation. Car seuls les shinobi y avaient leur place. Il lui fallait être plus sociable, mieux comprendre les relations, en apprendre chaque aspect, chaque niveau. Pour ne plus être surprise, pour ne plus commettre d’erreur et, toujours, paraître « normale ».

Et ce n’était pas comme si les quinze années qui précédaient ce jour ne lui avait pas donné d’occasions de s’améliorer, loin de là. Seulement qu’à chaque fois qu’elle entreprit un rapprochement, cela avait été un désastre, ni plus ni moins. Et cela déclenchait aussi dans son psyché, d'une certaine façon, une forme de souffrance inconsciente.

La bibliothèque de Kumo était donc l'endroit parfait pour s'initier aux arts de la sociabilisation avancée!


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Mar 13 Mar 2018 - 17:33
Ce fut donc ce jour qu’elle se décida à « changer », pas pour devenir meilleure, pas pour se faire des amis et plus si affinité, mais bel et bien pour faire avancer son projet, à priori. Depuis peu elle s’était persuadée que cela pourrait l’aider dans sa quête, lui permettre d’atteindre son objectif ultime ; mais, ce n’était pas si simple que ça. Habituée à la solitude, Sazuka ne s’était jamais préoccupée d’autre chose qu’elle-même, ses intérêts passant systématiquement avant ceux des autres. Mais, avec Kumo ; tout ceci avait changé. Pas si rapidement, pas si brutalement que ça. Quelque chose dans son esprit avait changé, elle semblait aborder le sens de sa vie d’une façon différente, semblait commencer à comprendre que son existence ne se limitait pas à son projet, sans en pour autant pleinement consciente. C’était l’éclosion d’une envie imperceptible au creux de son esprit et peut-être aussi de son cœur –jusque lors si vide- qui l’y poussait.

Sazuka n’avait jamais eu d’envies particulières, si ce n’était d’étudier la vie et la mort. Elle n’avait jamais exprimé de réelles émotions ou sentiments non plus. Ô bien sûr elle avait déjà été prise par le désarroi, l’incompréhension ou encore la colère, mais dans une mesure si infime que cela ne l’avait jamais impacté. La seule chose qu’elle avait jamais vraiment ressenti était cette lame transperçant son abdomen, la douleur en résultant. Mais, c’était il y a si longtemps… Sans parents, sans amis –sans que ça ne l’attriste non plus- elle n’eut aucuns moyens d’apprendre autre chose, on pouvait affirmer sans risque de se tromper que sur biens des plans, l’Ikeda, était restée… Bloquée à cette lui ayant laissé ce souvenir impérissable sur la peau, de part et d’autre de son torse. Personne pour lui dire ce qui était bien, ce qui était mal. Sans ce séjour dans l’institution Samouraï, qui pouvait savoir ce qu’elle serait devenue. Voici tout le nœud du cas Ikeda Sazula.

J’y étais venue le matin, j’y revenais cet après-midi avec toujours cette même idée en tête. Je m’étais présentée comme à chaque fois à l’accueil de la bibliothèque pour émarger dans un livre où l’on pouvait d’innombrable fois ma signature, enfin, mon nom et mon prénom en fait. J’étais sans doute la personne la plus assidue à cet endroit sans pour autant être Kumojin et cela avait le don de réjouir l’intendante des lieux, pour une raison qui m’échappait probablement. Cette jeune femme que m’avait présenté Metaru Shuuhei, qui au départ ne m’appréciait pas, essayait à chacune de mes visites de discuter avec moi, et moi… Je l’ignorais, simplement. Me contentant des simples « bonjour, au revoir, merci ». Et comme à chaque fois je me dirigeais vers l’aile consacrée à la médecine mais, pour la première fois, ne m’y arrêtais pas. J’étais décidée, et continuai jusqu’aux rayons dédiés –plus ou moins- à la sociologie. Une grande nouveauté pour moi.

Je ne savais pas vraiment par quoi commencer, ce qui me serait le plus utile. Quelles bases devais-je aborder ? Je n’en avais aucune idée et face à cette découverte me sentais plutôt… égarée. Je m’en remettais, fait assez rare, au hasard et aux titres des ouvrages. Les titres les plus courts, les plus compréhensibles ; devaient être ceux les plus abordables. Ceci-dit… En médecine… Cela ne fonctionnait pas comme ça. Un livre que j’avais lu nommé « Trauma » était bien plus complexe qu’un autre intitulé « Médecine générale et Tenketsu ». Il fallait que je fasse attention… Un peu hésitante donc, je choisissais quelques livres ici et là, évitant les plus épais. Cinq ou six manuscrits entre les bras, j’allais m’asseoir et pris le premier sur la pile. Commençant à le feuilleter, à le lire. L’écriture était toute à fait différente de cette d’un manuel de lecture. Le sujet semblait un peu plus lisible… Plus agréable en quelques sortes. Assez satisfaite, je repris au début.

Le front reposant dans ma main, accoudée, je lisais. Plongée dans un nouveau monde plus… subjectif. Il y avait en bas quelques définitions pour étayer ou expliquer le tout. Et comme à chaque fois lorsque je lisais, je ne prêtais plus attention à ce qui se passait au tour de moi, jusqu’à ce qu’une voix que je connaissais m’interrompe.

-C’est la première fois que je te vois ailleurs que dans la section médecine. Tu en as déjà fait le tour ?


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Dernière édition par Ikeda Sazuka le Mer 14 Mar 2018 - 14:33, édité 2 fois
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Mer 14 Mar 2018 - 2:39
C’était elle, la Suzuri. La bibliothécaire, dont je ne connaissais pas le prénom, évidemment. Je n’avais jamais prêté attention à cette femme, elle n’avait aucun intérêt à mes yeux, je l’observais un instant et lui sourit. Etonnant ? Je ne faisais qu’appliquer les premières lignes que j’avais lues qui traitaient de l’impact du sourire. Celui-ci pouvait faciliter les contacts, les demandes qu’on formulait… etc. Ceci fait, je me demandais maintenant elle venait me voir, depuis le temps que je venais à la bibliothèque elle avait bien dû se rendre compte que je ne lisais pas que des choses relatives à la médecine, enfin, de temps en temps, rarement… Mais quand même. Et sa question était idiote, il serait sans doute impossible pour quiconque, en si peu de temps, de « faire le tour » de tous ces ouvrages. Si j’en avais lu une cinquantaine, c’était bien et cela devait représenter à peine une goutte de ce que représentait cet endroit.

-Hum… Non. Mais, j’ai besoin d’étudier… ça. C’est tout.

Dis-je en baissant les yeux vers ce que je lisais en espérant qu’elle s’en aille. Mais non, elle restait là, et pire encore se permit de me retirer des mains mes lectures. Dans d’autres circonstances je l’aurais certainement farouchement attaqué, mais elle était… l’intendante des lieux et pouvait décider de m’en interdire l’accès, même si le Raikage me le rendrait juste après. Cela me ferait perdre du temps. Et autant éviter de faire jouer les choses en ma défaveur. Je l’observais donc lire la couverture et le préambule. Et quelques secondes après elle le reposait, au même endroit, à la même page. Elle réajusta ses lunettes et prit place face à moi. Je l’observais, elle m’observait et après quelques secondes elle reprit la parole sans même s’excuser ou même me demander si elle me dérangeait. Je l’écoutais donc malgré moi, ou elle.

-Ce livre est une base de la sociologie, c’est même un livre pour enfant. Dire bonjour, sourire, être aimable.

Je gardai le silence. Ce qu’elle disait été vrai, je me demandais seulement pourquoi m’en parler ? Elle avait compris que j’avais des difficultés sur certains points, et puis ? Cette situation n’avait rien pour me plaire et dans un lieu si grandiose c’était… presque triste. Puis cette manie qu’ont les Kumojin à me tutoyer… Avec toute ma franchise, celle dont je faisais preuve avec une rigueur constante je voulais lui répondre, mais elle fut plus rapide que moi.

-Je ne voulais pas me moquer. J’ai remarqué dès notre première rencontre que tu avais un… déficit relationnel.

Avec toutes les preuves de ce qu’elle avançait posées là entre elle et moi, je ne pouvais absolument pas nier. Elle m’avait bien observé et avait évidemment tout juste. Mais en quoi cela pouvait l’intéresser ? Me prenait elle pour une bête curieuse que l’on peut examiner sous tous les angles sans craindre d’être mordue ? J’avais effectivement un « déficit relationnel » ainsi que social et émotionnel. Je savais pertinemment que j’avais raté durant mon enfance une quantité faramineuse de choses essentielles au bon développement d’un être humain, je ne savais seulement pas lesquelles. Alors, et surtout avant qu’elle se remette à parler, je pris les devants.

-Oué. Et puis ? Ce doit être drôle pour… toi de voir quelqu’un comme… moi. L’étrangère maladroite avec les mots, un peu étrange. Mais bon, je peux apprendre tout ça.
-Tu oublies avec un sale caractère. Rigola-t-elle.

Sans que je comprenne ce qu’il y avait de drôle. Je répondais avec la plus strict des franchises, ce que je pensais à cet instant sans pour autant que cela me blesse. Et je n’avais pas un sale caractère. Juste un caractère, normal. Tout cela ne répondait cependant toujours pas à ma question.

-J’ai cru un moment que tu snobais les gens, mais non, en fait ce n’était pas ça. Enfin, je peux t’aider si tu veux t’améliorer.
-Si j’avais eu besoin d’aide…
-Haha… Tu n’aurais rien demandé. Je suis assez douée pour la lecture, et pas que des livres. Les gens sont comme mes livres, de plus ou moins belles couvertures et un contenu toujours intéressant.

Elle était donc l’opposée exact de ce que j’étais. Douée avec les personnes, douée pour parler. La preuve était que je l’écoutais malgré le faible intérêt qu’elle représentait pour moi. Je soupirai donc face à cette intruse, et reportai mon attention sur le livre, continuant de lire ces précieuses informations que j’appliquerai plus tard. Puis elle se leva enfin.

-Bien, je ne vais pas insister. Mais si tu acceptes ma proposition, un jour ; tu sais où me trouver.

Ajouta-t-elle simplement en s’éloignant. Ainsi, Sazuka passa le reste de sa journée assise seule au même endroit la tête toujours penchée sur les écrits, répétant par moment à voix basse, comme pour les mémoriser, les conseils, remarque et autres leçons administrées par ces simples morceaux de papiers.

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Jeu 15 Mar 2018 - 16:47
Les jours suivants furent les mêmes, à peu de choses prés. Après chaque passage à l’hôpital pour effectuer sa besogne, Sazuka se rendait ensuite à la bibliothèque afin de parfaire ses compétences relationnelles. Cet apprentissage lui semblait bien plus compliqué que celui de la médecine, plus long aussi. Même si elle avait cette fabuleuse capacité à tout retenir, notamment grâce à une mémoire photographique très avantageuse, elle éprouvait une grande difficulté à mettre ces connaissances en pratique. Ce n’était comme soigner quelqu’un où elle savait parfaitement ce qu’elle avait à faire, ou tout était logique… non, parce que les humains n’étaient aussi simples qu’une blessure ou une maladie quelconque. Leurs réactions étaient trop aléatoires, tout au moins pour Sazuka. Leurs humeurs, leurs caractères, et parfois leur intelligence mettaient un frein à sa progression.

Chaque jour elle entrait dans la bibliothèque, toujours saluée par sa responsable, la Suzuri sans prénom. Mais étonnement, cette dernière ne se limitait qu’à ça, « Bonjour Sazuka ». A chaque fois l’Ikeda lui rendait, de façons diverses, d’un geste de la main, d’une réponse orale. Elle était assez contente d’ailleurs de voir qu’elle n’était plus revenue l’importuner. L’insistance des personnes pouvait avoir tendance à irriter l’eisei nin, mais là… Tout était au mieux. Sauf cette histoire de sociabilisassions, de compréhension de l’autre et tout ce qui tournait autour de ce sujet. Et les jours se ressemblaient toujours, sans qu’aucune évolution véritablement notable dans ses échanges n’apparaissent. C’était le néant. Et chaque jour, elle voyait la Suzuri et entendait ce « Bonjour Sazuka ». Alors, après tant d’échecs, ce jour lorsqu’elle revint à la bibliothèque.

-Bonjour Sazuka.
-Bonjour…

Dis-je en restant devant elle en la fixant. La Suzuri avait rapidement compris qu’aujourd’hui serait un jour différent et ne perdit pas de temps.

-Je peux en déduire que tu acceptes mon aide ?
-Oui…
-Génial ! Alors suis moi.

Je la regardais alors s’éloigner, mais pas vers la section où j’avais passé tout ce temps à lire des choses que je n’arrivais pas à reproduire au quotidien, avec d’autres personnes. J’étais assez étonnée et ma première fut de lui signaler son erreur…

-Heu… C’est par-là ! Dis-je en pointant la direction opposée.
-Non non, suis-moi ! Répéta-t-elle de sa voix fluette.

Ce fut donc un peu à contre cœur que je la rejoignis… Dehors. Je ne comprenais pas comment j’allais pouvoir mieux comprendre le fonctionnement de… tout ça à l’extérieur, plutôt qu’à l’intérieur, loin des livres… En haut des marches, je l’observais d’un air dubitatif, me demandant si j’avais bien fait de la suivre, elle semblait un peu folle, voire complétement barrée. Néanmoins… Je la suivais encore lorsqu’elle descendit à toute vitesse, m’attendant en bas. Une nouvelle fois et avec une certaine nonchalance, je la rejoignais en jetant un coup d’œil à « l’édifice du savoir ». Je m’interrogeais sur une deux choses.

-Tu n’es pas sensée rester à l’intérieur ?
-En théorie oui, mais les clones ça sert aussi à ça ! Dit-elle en faisant apparaitre une copie parfaite. Tu vas à ma place, à l’accueil, et ça ira.
-Evidemment… Soupirais-je. Pourquoi tu veux m’aider ?

Réajustant ses lunettes, la Suzuri prit un temps de réflexion avant de me répondre. Etait-ce une question si difficile que cela pour qu’elle mérite qu’on y réfléchisse ? Cela faisait facilement dix jours que j’avais commencé cette nouvelle « expérience », elle avait bien eu le temps de savoir pourquoi…

-Parce que tu en as besoin ? Ce n’est pas suffisant comme réponse ?
-Pas vraiment… Quand quelqu’un se propose pour aider, c’est rarement désintéressé.
-C’est vrai. Mais, mettons ça plutôt sur le compte du bénévolat, ou de la charité, pour cette fois. Ok ?

J’haussais les épaules en guise de réponse. Evidemment j’acceptai de la croire, pour cette fois, parce qu’elle ne me dirait rien d’autre. Mais je savais que cela cachait quelque chose, je n’arrivais simplement pas à dire quoi. Avec le temps, je finirai par comprendre la raison de cet intérêt soudain. En attendant nous nous retrouvions là, dehors, dans le froid pour une autre raison elle aussi inconnue. De nouveau la Suzuri m’invita à la suivre. Nous traversâmes une bonne partie du village jusqu’à un restaurant, enfin, plus un petit bui-bui qu’autre chose en fait. Néanmoins je reconnus l’endroit sans trop de difficulté. C’était le premier endroit que j’avais visité à Kumo, avant même la bibliothèque. On m’y avait gracieusement offert un repas, sans attendre de contrepartie d’ailleurs… Hum. L’exception qui confirmait la règle sûrement.

-On va se mettre au chaud ici.

Je m’installais donc et observais donc autour de moi les gens en train de discuter, rigoler, boire… Je n’étais pas à l’aise dans ces endroits. Trop de monde, trop de bruit. Mais heureusement je parvenais à en faire abstraction rapidement, lorsque j’avais une chose sur laquelle me concentrer. La Suzuri s’était assise en face, tout sourire et ne perdit pas plus de temps. Elle fit signe au serveur, qui n’était plus le Nara un peu dissipé qui m’avait servi une salade mortelle, et il nous apporta deux verres remplis au tiers d’un liquide à l’odeur très marquée. Ce n’était pas de l’eau, sûre et certaine.

-Je ne bois pas…
-Ce n’est pas pour boire. C’est pour te détendre un peu.
-Être détendue me servira à quelque chose pour… ? L’interrogeais-je.
-Bien sûr ! On a l’impression que tu es toujours sur tes gardes, toujours… crispée. Ça ne doit pas faciliter les choses. Tu perds ton naturel.

Son naturel ? Valait mieux, pour l’heure, que personne ne le connaisse. Mais elle avait raison sur un point, Sazula manquait de naturel.

Pesant le pour et le contre, j'hésitai un instant puis finalement en vins à la conclusion que c'était la bonne solution. Je pris donc le verre et en avalait le contenu d'une traite sous le regard surpris de la Suzuri. Je compris rapidement que ce ne fut la bonne... méthode. La gorge brûlante, les yeux rougis; je me retenais pour ne pas me précipiter aux WC...

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Sam 17 Mar 2018 - 4:42
Je me passais la main sur le front sous le regard amusé de la jeune femme. Je ne sais pas ce que je venais d’avaler mais ce n’était pas loin d’être un poison. J’étais comme dans beaucoup de domaines, novice dans tout ce qui concernait l’alcool. Je n’avais que rarement bu des choses dépassant les zéro degrés. Je connaissais les effets de l’alcool et perdre le contrôle… Je ne pouvais pas me le permettre. Me retrouver dans un état faiblesse autre que celui que je m’autorisais était inenvisageable. Et déjà, je sentais les premières conséquences de cet unique verre et pas si négatifs. Je me sentais… un peu différente, c’était assez agréable et j’avais encore le contrôle. La Suzuri toujours aussi amusée me le fit rapidement remarquer.

-Ha… pas d’un coup la prochaine fois. Mais c’est bon, ça va ?
-Ce n’est pas bon… Mais ça va… je crois.

La Suzuri trinqua toute seule avec le verre vide de l’Ikeda, et l’observa un long moment pendant qu’elle sirotait bien plus lentement sa boisson. Sazuka l’observait aussi, attendant qu’elle repose son verre, mais fut prise d’un irrésistible fou rire avant que cela n’arrive. Pourtant rien dans le petit restaurant n’avait pu provoquer cette réaction. La Suzuri fut assez surprise et se demanda un instant si lui avoir commandé un alcool aussi fort était une si bonne idée.

-Ahem.. . Heu. Que se passe-t-il ?
-Ha… Dis-je essuyant la toute petite larme qui avait coulé du coin de mon œil. Je ne connais pas ton prénom. ha… haha..

Ce n’était pas si drôle que ça… Mais je ne sus pourquoi, une envie de rire m’avait prise comme ça, d’un coup ! Sans doute parce que depuis tout ce temps…. Je ne connaissais pas son prénom. Peu importait, je trouvais ça drôle. La Suzuri sembla tout de même un peu déconcertée par cette révélation puis s’en amusa.

-Ah bien… hehe… Je m’appelle Akina. Ravie de faire ta connaissance, Sazuka.
-Oui… Salut Akina ! Répondis-je simplement. Donc… Quand est ce qu’on commence ?
-On a déjà commencé. Tu sais, pour améliorer ta… compréhension de l’autre, tu n’as pas besoin de lire tous les livres existant sur le sujet.
-T’es sûre de ça ?
-Oui ! Tu as juste besoin de discuter, d’observer et de ressentir les choses. Je te montrerai. Je t’expliquerai. Tu gagneras un temps infini.

J’acceptais encore de suivre la méthode de l’intendante. Nous discutâmes donc une bonne partie de l’après-midi, entrecoupée de quelques verres de plus. J’étais sûre de rien n’avoir dit de trop gênant, et en même je me rendais compte qu’elle ne cherchait pas à connaitre dans le détail que ce soit mon passé ou même ce que je faisais. De toute façon elle devait déjà être au courant d’une partie de l’histoire. Je ne sus dire si c’était elle ou l’alcool mais cela depuis longtemps, c’était même peut être la première fois que je me sentais autant à l’aise avec quelqu’un. Quoiqu’il m’arrivait par moment de penser à Reiko, entre deux rires et deux rasade de cet alcool dont je ne sentais plus le goût maintenant. Ke commençais à comprendre ce que voulait dire Akina. C’était bel et bien mon profond manque de confiance en moi et en les autres qui bloquait l’aspect relationnel de ma vie. J’avais compris que me sentir en sécurité, pouvoir faire confiance me permettait d’y voir plus clair.

Les heures passèrent à une vitesse affolante, nous n’étions plus que deux dans le petit restaurant, le personnel préparait déjà le service du soir. Un sentiment naissait, celui que j’avais déjà ressenti ; il était moins intense, mais bien présent. Celui qui me perturbait le plus. Je fermais les yeux, il me rappelait un passé lointain, un passé auquel les personnes normales n’avaient pas accès habituellement.

-Ça va Sazuka ? S’inquiéta alors la Suzuri.
-Ou… Ouais… Dit-elle en se frottant le crâne vigoureusement.

La voix d’Akina l’avait tiré du mal qui la frappait, aléatoirement, lorsqu’elle vivait une scène familière avec son passé lointain. Sazuka bénéficiait d’une hyper mémoire lui permettant d’apprendre et restituer tout ce qu’elle pouvait lire avec une précision extrême et souffrait en fait d’une pathologie psychiatrique nommée « l’Hypermnésie ». Un mal dont la jeune femme, malgré ses grandes compétences en médecine, ignorait tout. Un mal qui, avec un élément déclencheur faisait remonter à la surface les souvenirs les plus profondément enfuis dans son esprit, souvenirs qui, par effet de domino, déclenchaient le retour d’autres très long souvenirs, et ce en quelques secondes. C’était la deuxième fois que cela lui arrivait en vingt-six ans. Et la douleur, uniquement présente dans sa tête, lui fit lâcher une plainte à peine audible.

-Je vais te ramener chez toi. Dit-elle en se levant brusquement.

L’Ikeda avait entendu, et se leva tant bien que mal. Soutenue par la Suzuri elles quittèrent le restaurant sous les regards surpris du patron et ses employés. Le chemin jusque chez fut étonnement rapide. Je me souvenais avoir quitté le restaurant et voilà que la porte de mon appartement se présentait devant nous. Je laissai échapper un petit rire lorsqu’elle m’informa que nous étions arrivés chez moi.

-On y est.

Je senti sa main se glisser dans mon pantalon, elle cherchait quelque chose… Mon regard se posa un instant sur elle, qui faisait à peu près une tête de moins que moi. Et la porte s’ouvrit. C’était mes clefs, qu’elle voulait.

-Tu sais où j’habite ?
-Non… Enfin oui… Mais Kumo n’est pas non plus si grand. Se justifiait-elle.
-Ha ok… Répondis-je sans me poser plus de question.

Elles entrèrent donc dans le petit appartement excessivement bien rangé mais un peu poussiéreux quand même dû aux nombreuses et longues absences de son occupante. Akina se rendit alors directement à la chambre où un lit double prenait quasiment toute la place, et elle y lacha l’Ikeda, sans doute commençait elle à être lourde pour sa petite carrure. Elle posa sa main sur le front de la chirurgienne et constata qu’il était brûlant. Sa crise "hypermnésique" avait surement provoqué la fièvre. La Suzuri s’occupa de l’installer, de la déshabiller, sans abus.

-Sazuka ?
-Hmmm… ?
-Tu as des médicaments à prendre ? Ou des cachets pour la fièvre ?
-Là bas. Dis-je en pointant ma sacoche au bout de mon lit. Antipyrétique…

Elle fouilla et trouva rapidement un flacon portant une étiquette correspondant à ce qu’elle venait de dire. Un médicament composé par Sazuka, très puissant, pouvant traiter à peu près tout type d’inflammations. Il aurait raison de cette fièvre en moins d’heure heure. Après lui avoir administré, Akina observa son ainée, se demandant si cela irait.

-Sazuka ?

Et elle n’eut pour seule réponse qu’un simple et bruyant ronflement. La Suzuri lâcha un soupir et esquissa un sourire.

-Tu es… particulière, Ikeda Sazuka.

Sa soirée s'arrêtait ici, bien qu'il n'était pas si tard que ça. L'intendante avait une idée dépassant ce qu'elle avait proposé à sa pseudo élève. Elle resta un petit moment dans l'appartement à ne rien faire, juste à réfléchir à ce cet après midi passée aux côtés de l'Ikeda. Après une ou deux heures, elle s'assura que tout allait bien pour la médecin et quitta les lieux. Elle avait encore à faire, notamment à la bibliothèque. Elle avait oublié que son clone l'y attendait toujours...

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Dim 18 Mar 2018 - 3:03


C’était déjà le matin à Kumo, Sazuka se réveillait lentement et difficilement dans la pénombre de sa chambre accompagnée d’un mal de crâne terrible. Elle se frotta le visage tentant de se remémorer ce qui s’était passé la veille, et ce ne fut pas compliqué. Tout lui revint assez facilement, assez rapidement. Elle n’avait rien dit ou fait de vraiment exceptionnel, donc tout allait pour le mieux, finalement. Elle avait attrapé le flacon posé sur la table, avala un cachet et après quelques préparations et avoir vu l’heure quitta son appartement pour rejoindre l’hôpital.

Là-bas elle fut accueillie avec une certaine… effervescence. Notamment par deux infirmières qui prenaient leurs fonctions à la même heure. Une brune et une rousse travaillant ensemble, toutes les deux plus jeunes que l’Ikeda. Elle avait aussi déjà travaillé avec elles, de bons éléments mais qui parlaient un peu trop, tout au moins pour Sazuka.

-Bonjour Sazuka-San.

-Hmm… Ah oui... Bonjour.
-Comment allez-vous ? Vous avez l’air fatiguée…
-Haa… Oui un peu.
-On ne vous avez jamais vu comme ça avant. S’interrogea l’une des deux.
-Comment ?
-Vous aviez l’air de bien vous amuser hier avec l’intendante Akina. Sourit-elle. Kumo à l’air de vous plaire…
-De quoi ? Non… Nous travaillions sur un problème que je rencontre…
-Ne vous inquiétez pas docteur, on ne vous juge pas ! Bon, on a du travail, on y va. Adressait-elle à sa collègue.

Sazuka les observa s’éloigner dans le long couloir de l’hôpital, continuant de discuter et de plaisanter ensemble. J’avais effectivement passé un après-midi sympathique mais dont l’unique but fut de m’aider à m’améliorer sur certains points.

-De quoi elles parlent… Se demanda-t-elle.

Et sa matinée fut ponctuée des mêmes petites allusions quant à leur rencontre. La jeune femme n’avait absolument pas pensé aux sous-entendus. Ce qui ne changeait pas grand-chose pour Sazuka finalement. Son travail à l’hôpital fini elle se rendait directement à la bibliothèque afin de poursuivre l’apprentissage qu’elle avait commencé auprès d’Akina. Et elle ne pouvait nier que cette simple rencontre, aussi courte fut elle, lui avait apporter plus que les quelques livres qu’elle avait lu sur ce sujet.

Arrivée à la bibliothèque, sa première et unique destination fut l’accueil, ou le bureau central au choix, là où se trouvait Akina, sa senseï improvisée. En s’approchant elle constata que celle-ci était occupée à… trier des documents.

-Je suis là, Akina. Mais je peux repasser plus tard si tu veux.

La Suzuri sursauta et se retourna brusquement en réajustant ses lunettes.

-Ha Sazuka ! Non, tu ne me déranges pas. Ça va ?
-Ouais, et toi ?
-Tu te souviens de ce qu’on a fait hier ?
-Aussi. T’inquiètes pas, je vais bien. On retravaille sur mon truc aujourd’hui ?
-Oui, bien sûr. J’en déduis que tu as apprécié ?
-Ca m’a été utile. Par contre, si on pouvait éviter l’alcool… ça m’arrangerait.
-Haha ! Bien sûr ! On peut aller… Chez moi, ou chez toi. Comme tu veux.
-Bah… Chez toi, vu que tu sais où j’habite… La réciproque serait bien.
-La réciproque… Alors, si tu veux paraître normale… évites ce genre de mots.
-Mais… C’est exactement le mot qui…
-Oui mais non. Dans ton boulot, avec moi… tu peux. Mais avec d’autres… enfin, comme tu veux.

Je l’observai l’air un peu dubitatif mais n’ajoutais rien. Elle utilisa la même méthode que la veille. La Suzuri fit apparaitre un clone et s’éclipsa discrètement avec moi. Elle vivait à proximité de la bibliothèque, plus proche que moi en tous cas. Dans une partie du village où l’on retrouvait les demeures des clans de Kumo, j’étais déjà venue ici, avec Reiko, il n’y avait pas si longtemps que ça. Quelques secondes de marche et nous fûmes chez elle. Une maison moins que la demeure des Metaru mais nettement plus spacieuse que la mienne. Il y avait des livres partout, plus ou moins bien rangés. Elle n’avait pas le même attrait que moi pour l’ordre, c’était clair. De toute façon je n’en avais pas grand-chose à faire et comme je disais assez souvent, chacun sa méthode ; tant qu’on s’y retrouve. Akina m’invita ensuite à m’installer, me montrant du doigt un sofa noir dans ce qui devait être un salon. Sans rien me demander, elle m’apporta un café, déjà chaud. J’étais assez surprise et ne pus refuser.

Elle me demanda de l’attendre ici un instant, qu’elle avait quelque chose à faire avant que nous nous mettions au travail. J’attendis donc, goûtant ce café et observant l’intérieur de son habitat. C’était assez… sympa. Je pris un livre qui trainait là, sur le sofa. « Worjân », le titre de cet ouvrage m’intriguait, je l’ouvris et lus le sommaire pour me faire une idée. C’était un roman parlant apparemment de créatures légendaires et d’une quête… Je ne comptais pas m’y intéresser, mais l’ouvris à une page, au hasard et commençai à lire. Cela m’aiderait à me faire une idée de style de lecture de la jeune, bien que ce ne serait pas représentatif compte de la quantité de livres qui se trouvaient ici. Et surtout de son métier. Néanmoins… S’il était là, c’est qu’il avait dû servir il y a assez peu de temps. Je verrai donc au moins ses centres d’intérêt. Moi aussi je pouvais deviner qui étaient les personnes qui m’entouraient, en m’intéressant à leurs lectures.



Sazuka referma brusquement le bouquin et le garda entre ses mains sans savoir quoi en faire. Pas qu’elle était gênée par l’histoire, non pas du tout, elle en avait déjà des quantités astronomiques, sauf que les siens avaient toujours un rapport, de près ou de loin, avec la médecine. Ces récits érotiques au-delà de la sexualité omniprésente permettait à l’Ikeda de de ressentir quelque chose, de la chaleur, de la compassion voir de la tristesse en fonction du thème abordé. Non, ce qui… sans la gêner, fit changer son visage de couleur, passant d’un teint très pâle à celui d’une pivoine en fleur était de penser à Akina, en train de le lire et de ce qu’elle pouvait faire en même temps. Sa curiosité souvent plus qu’elle la poussa à rouvrir le livre à la page qu’elle était en train de lire, et le referma quasiment aussitôt. Elle le reposa même à peu près à l’endroit où elle l’avait trouvé et prit une grande gorgée de café quitte à s'en brûler la gorge, pour oublier les images qui venaient de traverser son esprit.

Quelques instants plus tard Akina revint. Elle s'était changée visiblement, pour une tenue plus simple, plus décontractée. Elle s'approcha de l'Ikida et s'aperçu directement du teint rougeâtre que son visage avait pris. C’était assez difficile de passer à côté, à vrai dire. Sazuka avait une couleur de peau assez pâle, surtout en hiver. La bibliothécaire observa encore plus attentivement et vit posé non loin « Worjân » posé à l’envers à l’autre bout du canap. Je savais qu’elle avait compris que je venais de fouiller dans ses affaires, enfin, fouiller… plus ou moins. Mais j’étais sûr qu’elle avait fait la même chose hier chez moi. On aurait pu dire que c’était de bonne guerre. Akina fit mine de pas avoir vu et prit place dans le fauteuil en face, un café à la main qu’elle gardait au bord de ses lèvres, sans le boire. La vapeur s’échappant de la tasse avait complétement embué ses lunettes. Cela m’amusait de la voir comme ça, faire genre de rien.

-Hm… Il faut pencher la tasse… Dis-je en souriant, reprenant une gorgée de café.

La Suzuri visiblement gênée, pour une raison qui ne m’échappait pas vraiment cette fois, finit par boire. Elle reposa sa tasse, réajusta ses lunettes –un tic certainement- et se reposa dans le fond de son fauteuil. Je me demandais si elle allait rester bloquée comme ça ou… Ah bah non.

-Tien, justement. Je vais t’expliquer les différents sentiments qui peuvent traverser les gens, les réactions.
-Ah ? On commence par la gêne alors ?
-Ahem… ça m’apprendra à ne pas ranger.
-Ça ne me gêne pas, personnellement. La masturbation est quelque chose de naturel et est plutôt bénéfique pour l’organisme.

Avant que je ne sorte cette phrase, la Suzuri avait repris un peu de café. Elle avait eu l’effet d’une bombe, apparemment. La jeune femme venait littéralement d’exploser, enfin, sa bouche ; et avait recraché tout son contenu. Heureusement j’avais eu le réflexe d’attraper « Worjân » et le placer en plein sur la trajectoire de son jet de café.

-Non, sérieusement, tu ne peux pas dire des trucs comme ça. Pas sans prévenir.
-J’aurais dû te prévenir… J’allais utiliser le mot… Mas..
-Non, stop ! On passe à la leçon suivante ! Tu connais déjà bien ça la gêne.
-Hum… plus ou moins. J’ai compris comment la provoquer. Mais… Qu’y a-t-il de… gênant ?

Akina passa environ une vingtaine de minutes à m’expliquer pourquoi l’utilisation de certains mots pouvait être « gênante ». J’avais compris. Grossomodo la plupart des mots liés à la médecine pouvaient être gênants. Ensuite, c’était plutôt psychologique et différaient en fonction des gens. Pour ma part le problème venait du fait que j’était plutôt désinhibée, ou complétement sans gêne. Mais cela dépendait aussi et surtout des sujets que j’abordaient. Notamment… la médecine. La réflexion était logique.

-Bon… T’es sûre que tu as compris ?
-Oué oué… je ne parlerai plus de ça. Promis. La colère ?
-C’est peut-être l’un des sentiments les plus compliqués à expliquer. Mais comme tous les autres, ça varie beaucoup en fonction de la personne. Tu peux mettre une personne en colère quand tu dis quelque chose de blessant, mal… Ou même par tes actes.
-De mal… Comment je sais, quand je fais ou dis quelque chose de mal ?
-Bah, quand tu insultes une personne… quand..

Surprise, ou terrifiée par ce qu’elle venait d’entendre, Akina s’arrêta et fixa Sazuka un instant. Et se demanda « se peut il qu’elle ne fasse pas la différence ? ».

-Le bien, tu sais ce que c’est ?
-Oui ! Quand je soigne une personne, c’est bien. Répondis-je simplement…
-Heu… Ouais… C’est un peu plus compliqué que ça. Dit-elle sur un étrange ton, complétement différent de celui qu’elle employait jusque là.


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Lun 19 Mar 2018 - 3:46
Le mal et le bien. Je connaissais ces notions, j’avais lus tout une panoplie d’auteur, de philosophes parlant de ces sujets. Les visions pouvaient être assez controversées d’un auteur à l’autre, mais dans l’ensemble il me semblait avoir parfaitement compris ce que cela représentait. Ce que je faisais était défini comme bien par au moins l’un d’entre eux. Je savais ce qu’était faire mal, de procurer du bien. Nous n’avions pas besoin de travailler là-dessus, assurément.

-Je sais, ne t’inquiètes pas. Revenons-en à la colère. Par exemple, quelqu’un venait à brûler des livres… Tu serais en colère. Et moi aussi d’ailleurs. Les insultes, les moqueries… Blessent et peuvent provoquer la colère. Se faire transpercer par un sabre pourrait éventuellement provoquer une certaine colère, selon la personne. C’est bien ça ?
-C’est… ça.

Ce n’était finalement pas ce qu’il y avait de plus compliqué à comprendre d’entre tous les sentiments, peut-être aussi parce qu’on me l’expliquait, que je comprenais mieux. Les livres pouvaient enseigner beaucoup de choses mais les explications fournies sur certains sujets étaient parfois complexes à assimiler, d’autant plus pour qui était de la relation humaine. Tout ceci me permettrait d’être plus… Sociable, à l’avenir, et d’éviter certains faux pas.

Nos échanges sur ce sujet, et sur bien d’autres se poursuivirent sur une bonne partie de la journée, des jours, et des semaines suivantes. A chaque fois que nous nous rencontrions, que ce soit chez moi ou chez elle, j’en apprenais plus et pouvait percevoir à quel j’avais été une arriérée émotionnelle. Ô, cela ne voulait pas dire que ressentais davantage les choses, ce que semblait ne pas avoir compris la Suzuri d’ailleurs, mais je pouvais à présent mieux les décrypter, les comprendre et surtout m’en servir comme de simples outils.

Nous avions fait le tour de quasiment toute la question et ce serait, ce jour, sans le moindre doute l’un des derniers où nous passerions un après-midi ensemble. Nos entrevues ne m’avaient jamais déplu, Akina était une personne agréable et j’aurais sans doute beaucoup de plaisir à la croiser à la bibliothèque, discuter avec elle. Elle était devenue comme… une amie. J’étais à l’aise avec elle. Je pouvais lui parler des problèmes que je rencontrais, des réactions des autres… Notamment.

Ce jour-ci, l’intendante ne put s’éclipser avec moi, trop de monde à la bibliothèque, beaucoup de travail à rattraper, sans doute celui que ses clones n’avaient pas pu faire à sa place, n’étant que des… clones. Néanmoins, elle me proposa de nous rejoindre plus tard, lorsqu’elle aurait terminé sa journée. Je connaissais les horaires d’ouverture et de fermeture de ce lieu… Notre rendez-vous serait donc le soir. Je n’étais pas particulièrement enthousiaste de devoir sacrifier une partie de ma soirée pour apprendre… Mais bon, c’était la dernière, je n’avais pu refuser.

Le soir venu, je quittai le grand bâtiment dominant une bonne partie du reste du village et m’était assise sur les marches le bordant en attendant la jeune femme. Les quelques lampadaires parsèment la longue allée venaient de s’allumer et le froid se faisait plus… Tenace. J’observais les personnes descendre la longue série de marches tranquillement, contente de rentrer chez elles. Les coudes appuyés sur mes genoux et la tête reposant entre mes mains, je continuais de les regarder s’éloigner. Puis, une petite voix dans mon, que j’avais reconnue, se manifesta. Ce n’était pas Akina.

-Bonsoir Sazuka-San.
-Imiko ? Que faites-vous là ?
-J’étais venue étudier un peu… L’intendante vient de nous jeter dehors. Vous l’attendez ?
-En effet. Nous avons rendez-vous ce soir. Notre dernier normalement. Haha… J’espère que ce n’est pas pour moi qu’elle vous viré. Rigolais-je.
-Votre dernier ? Ah… C’est triste.
-Bah, non. Il y a une fin à tout, c’est l’ordre normal des choses.
-Je trouve ça dommage quand même… Vous alliez vraiment bien ensemble… Deux passionnées comme vous… Enfin. Comme vous dites. Je dois y aller ! Dit-elle en descendant les marches précipitamment.
-Hé, attends !
-Non Docteur, j’ai pas le temps là ! Lui cria-t-elle alors qu’elle se trouvait déjà tout en bas des marches.
-Qu’est-ce que…

Nous allions bien ensemble ? Me remémorais-je rapidement. Je cherchai un peu le pourquoi du comment de ce curieux échange et soudain la scène de cette journée chez la Suzuri, du « Worjân » me revint en tête. La gêne qu’elle avait éprouvée aussi… Et… Le cheminement de ma pensée vers la solution à cette énigme fut brisé par une nouvelle personne, par une nouvelle voix.

-Tu pouvais m’attendre à l’intérieur, Sazuka. Sourit-elle.

Je la fixais un moment sans répondre, j’avais été tellement habituée à la voir ces derniers temps, à la connaitre, à rire avec elle…

-T’inquiètes. J’avais juste besoin de prendre l’air un peu. Répondis-je, souriante, en me levant. Chez toi, ou chez moi ?
-Chez toi, je pense que ce sera mieux.

Je validai son choix d’un simple « ok ! » et nous nous mîmes en route. En fait cela aurait été mieux d’aller chez elle, c’était plus proche… Nous aurions passé moins de temps dans le froid et plus de temps à discuter aussi. Mais bon, cette femme avait ses raisons, souvent, que le reste du monde ignorait. Un peu comme moi. Notre marche fut d’un plat incompréhensible, d’habitude elle me lançait toujours sur un sujet de discussion mais là, rien. C’était peut-être la nostalgie de tout le chemin qu’elle m’avait aidé à parcourir depuis… un bon mois et demi, au moins. Ce soir était particulièrement froid en comparaison des autres, et le ciel parfaitement découvert. Cela annonçait, selon les dictons des vieilles femmes, une nuit glaciale. Il y avait un bon quart d’heure pour arriver à mon appartement, et nous n’étions plus loin.

Je l’observais de temps à autre, marcher à mes côtés, et constatai au bout de la troisième fois que ses joues, son nez étaient particulièrement rosées. Avait-elle froid ? Dans le doute, je défie le Chèche qui entourait mon cou et le lui tendis.

-Tu as froid, prends-le, avant d’attraper quelque chose. Ordre du médecin. Faudrait pas que tu viennes encombrer l’hôpital.

Cette phrase était un savant mélange de tout ce dont elle avait bénéficié jusque-là auprès de d’Akina. Moquerie, sarcasme, ironie… Mais aussi le « bien », dont elle avait douté un instant. Une simple marque de gentillesse, désintéressée, plus en tant que médecin qu’autre chose…

-Ha… Je ne sais pas. Ce serait un bon moyen de te voir. Rigola-t-elle.
-Pas besoin de ça. Je viens tous les jours à la bibliothèque, y a peu de chance qu’on se rate.

La Suzuri la regarda, un peu décontenancée et après avoir enroulé le chèche autour de son cou, plongea son visage dedans jusqu’au-dessus de son nez se disant « putain… Elle est intelligente… mais ne comprend rien… c’est ouf… ». Une dizaine de minutes après elles arrivèrent devant la porte du petit studio de Sazuka. D’ailleurs celle-ci ne comprenait toujours pas pourquoi le sien plutôt que cela de la Suzuri. Elle, elle avait une vraie maison, un peu plus confortable que le sien, et surtout moins loin. Mais bon, sans réellement s’en faire un mystère elle avait accepté. La porte ouverte, elles y pénétrèrent Une fois au chand l’intendant se défit du chèche et le posa sur la table toute proche. A force elle avait pris ses habitudes et donc sans même que son hôte ne l’y invite, alla s’installer dans le canapé et remarqua qu’une petite table basse sauvage avait fait son apparition juste devant. Du jour au lendemain. Et était déjà décorée de quelques livres. La Suzuri en prit un, espérant tomber sur quelque chose d’équivalent à « Wojân »… Mais rien du tout.

Je l’avais alors rejoint, m’asseyant en tailleur en face d’elle, derrière la table. Je la regardai, un de « mes » livres entre les mains et m’esclaffais.

-Tu ne trouveras pas ce que tu cherches ici.


Akina soupira brièvement et reposa le bouquin portant sur les légendes de Kaminari. Un conte assez épais que lui avait prêté Reiko, quelques semaines plus tôt. Elle le lisait quasiment tous les soirs, le trouvait passionnant et il rappelait cette journée passée avec la Metaru.

-Je ne le connaissais pas, ce livre-là. Tu l’as eu où ?
-Ah ? A la demeure des Metaru, on me l’a prêté.
-C’est vraiment la première fois que je le vois… Je ne savais pas que les Metaru disposaient de ce genre d’ouvrage. Disait-elle en observant la couverture richement gravée du conte.
-Je sais ! Souris-je. Mais on est là pour autre chose je crois. Tu avais un dernier truc à m’apprendre ?


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Mer 21 Mar 2018 - 1:53
Akina s’était levée, faisant quelques pas à droite, quelques autres à gauche. Comme si elle hésitait à parler ou ne savait pas par quoi commencer. J’étais assez surprise mais cela voulait certainement dire que cette dernière leçon était la plus délicate. Puis finalement après une dizaine de secondes à tourner en rond elle prit une longue inspiration et se lança, sous mon regard interrogateur. J’avais l’impression d’assister à un spectacle ou à un discours… D’ordinaire elle était bien plus directe et rapide. Je percevais même chez elle une petite once de gêne.

-Bon, on a tout évoqué, ou presque…
-Oui, je le sais ça. Répondis-je aussitôt, un peu agacée qu’elle mette tant de temps à s’expliquer.
-Tu sais reconnaître les sentiments d’une personne…
-Maintenant oui… Et toi, tu m’as l’air un peu gênée.
-Haha… Tu m’étonnes… Ce que je veux dire, là, c’est.. Est-ce que tu sais percevoir les sentiments qu’une personne pourrait avoir pour toi ?
-Genre la colère ?
-Non, non… Ça c’est contre toi. Plutôt comme de la compassion… Mais, un sentiment… Inné. Qui n’est pas provoqué par quelque chose que tu aurais fait. Mais plus pour ce que tu es… Sans avoir nécessairement fait quelque chose.

Je l’avais écouté, je réfléchissais ; tentant de coller un mot sur cette éventuelle définition. Mais rien ne venait… Etrangement. Pourtant je m’étais tapé pas mal de dictionnaires…

-Est-ce que tu as déjà ressenti quelque chose, pour quelqu’un, quelque chose de particulier ?

-Sans que cette personne n’ait rien fait…

Mon cœur accéléra alors subitement quand j’y repensais. Cela m’était arrivé, à de rares occasions. Ce trouble intérieur sur lequel je n’avais réussi à placer aucun un nom. Une chaleur, un bien être que je n’arrivais pas à cerner. Je posai ma tasse, et mon regard sur l’ouvrage venant de la bibliothèque privée des Metaru.

-En fait… Oui.
-Ce sentiment est le plus complexe, et le plus noble de tous. Plus que la compassion encore. Tu sais ce qu’est… l’amour ?
-Oui ! Dans ton bouquin, « Worjân » là…
-Hé… Non, ce n’est pas vraiment ça. Enfin, si, aussi.. Mais avant d’être une relation physique, c’est un sentiment. Qu’on éprouve pour une autre personne. Endurer certaines choses qui ne nous plaisent pas, pour une personne, par exemple, est un signe d’amour. Porter assistance sans considérer son intérêt… Aussi.

Toujours assise en tailleur, je m’étais adossée contre l’assise du fauteuil derrière moi. Ces explications étaient très claires. Elle savait exactement de quoi elle parlait. Et je réfléchissais à tout ça. Des sentiments réels ? Les seuls que pouvais éprouver étaient aussi les plus beaux, ainsi ? J’étais sous le coup de la surprise. Ce qu’elle disait révélait plus qu’une simple notion, elle faisait tomber tout un pan de mon problème relationnel. Je laissai ma tête retomber en arrière et rigolai. Tout ceci m’emplissait d’une joie semblable à celle que je ressentais lors de mes expérimentations. Un soulagement. Une euphorie. S’était emparée de mon esprit. Je rouvris les yeux, me redressai ; et vis proche de mon visage celui d’Akina. Agenouillée à côté de moi, elle me fixait, m’observait ; semblait… m’analyser ; le tout sans un seul mot. Je ne réagissais pas, je venais de comprendre le déroulement de ces dernières semaines, les allusions des infirmières… Puis soudainement, la Suzuri rompit le silence.

-Tu as juste eu besoin d’entrer dans la bibliothèque, ce jour-là. Et j’ai ressenti…

-Attends. Dis-je en posant ma main sur son bras avec un peu d’hésitation. Je ne suis pas sûre de répondre à la définition « Du Bien ». Continuais-je alors qu’elle s’approchait un peu plus.
-Oui, je le sais ça. Murmura-t-elle.

Je pouvais à présent sentir son souffle chaud sur ma peau, et mon cœur battre à m’en rompre la poitrine. C’était un mélange d’excitation et de… peur qui m’imprégnais. J’imaginais aisément la suite. Je n’avais pas fait « ça » depuis longtemps. C’était très différent de ce que j’avais pu éprouver durant mes lectures, ou même avec un homme… Parce que oui, cela m’était déjà arrivé et j’avais… haïs ça.

-Sois… naturelle. Lui susurra-t-elle à l’oreille ;
-Je… ha…




Dernière édition par Ikeda Sazuka le Ven 4 Mai 2018 - 22:10, édité 2 fois
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Lun 26 Mar 2018 - 23:46


Une soirée et une nuit mémorable. Nous n’aurions pu qualifier cela autrement. Et le réveil du lendemain, ou quelques heures après ; fut d’une difficulté toute aussi notable. Sans en être une, Sazuka avait tout de même une vie de none, plus heurée qu’une horloge, chacune de ses activités avait sa place dans la journée et, apparemment, celle de la veille n’avait pas encore la sienne et avait très largement empiété sur le reste, et son sommeil notamment.

J’avais rouverts les yeux, comme chaque jour, avant les premières lueurs de soleil. Je me sentais fatiguée, épuisée et pourtant grandement décontractée, voire heureuse. Cela faisait une éternité que je n’avais pas ressenti une telle joie de vivre, et encore moins la présence d’un corps, vivant, à côté de moi. Dans la pénombre j’observais les vêtements éparpillés un peu partout, et me souvins des différentes scènes. Je me frottai le visage comme les chasser de mon esprit et pouvoir me concentrer sur ce que j’avais à faire maintenant.

Je voulus me redresser et me rendis compte, comme du reste, que le bras de cette personne reposait entre le mien et ma poitrine. Un soupir, et je me décidai. J’avais à faire. Je retirai aussi lentement que possible cet artefact de nos ébats et de notre complicité dans l’espoir incertain de ne pas la réveiller et parvins après un effort quasi surhumain à m’en défaire. Douche rapide. J’étais de retour et alors que je m’habillais…

-Tu t’en vas déjà ?.. On dirait… quelqu’un qui s’enfuit…
-Oui, je commence tôt. Et, t’es chez moi. Je ne m’enfuis pas. Soupirais-je. Tu ne travailles pas aujourd’hui. Tu n’as qu’à… rester là ?

Je lui fis un simple signe de la main en guise d’au-revoir, bien sûr accompagné d’un sourire à peine visible dans l’obscurité et le contraste de la pièce adjacente, et quittai rapidement le petit appartement. Dehors, je soufflais un instant, et me demandai si j’avais bien fait malgré tout. Ma compréhension des sentiments et tout ce que cela sous entendait venait de prendre un énorme up… grâce à personne.

Sazuka devenait soudainement plus… Humaine. Ou plus proche de que devrait être une « bonne personne », enfin, il lui restait beaucoup de chemin à parcourir avant d’atteindre ce sommet. Pour le moment, elle était plus proche de l’abysse que du reste. La seule chose qui la retenait était Kumo, finalement. Si la frontière entre le bien et le mal était mince, elle l’était encore plus pour l’Eisei nin. Et elle pouvait basculer à n’importe quel instant. Il fallait souligner que depuis son arrivée, soit quelques mois plutôt, elle n’avait commis aucun crime, qu’elle en soit consciente, ou pas.

Malgré la fatigue clairement affichée sur mon visage, je me rendis à l’hôpital pour accomplir mon devoir envers certains Kumojin. J’aimais mien m’y rendre pour la première garde, c’était en fait l’un des moments les plus tranquilles de la journée, à l’hôpital. Je m’y ennuyais un peu, mais en même temps… m’occuper de cas bénins voire futiles… Peut-être pouvais-je trouver du temps pour me reposer un peu là-bas, même si j’en doutais.

J’étais arrivée, et comme tous les matins cette heure-ci, je croisais les mêmes personnes, les mêmes visages. Certains que j’avais appris à connaitre, d’autres dont je ne connaissais rien, notamment un grand qui disparaissait des couloirs de l’hôpital assez rapidement. Je me demandais qui il pouvait bien être, de temps en temps. L’homme de ménage peut-être. Et comme chaque matin, je croisais les deux infirmières infernales. Imiko et Chisa. Comme à chaque fois, elles venaient me saluer –alors que je ne m’étais jamais montrée chaleureuse avec elles, allez comprendre- et tentaient de… deviner ce que j’avais pu faire de ma soirée. En fait, cela m’amusait.

-Bonjour Sazuka-San ! Dirent les deux simultanément.
-… Oué, ‘jour les deux.
-Vous avez l’air fatiguée ! Dit la première.
-Vous n’avez pas dormi cette nuit ? Reprit la seconde en émettant un ricanement
-Non ! Elle a carrément fait autre chose je dirai. Quelque chose de moins sage que dormir !

Evidemment cette fois-ci j’avais parfaitement compris le sous-entendu. Et ce n’en était pas un pour le coup, c’était la vérité et elles ne le savaient pas. Je n’allais pas non plus leur dire oui. Mais apparemment cela pouvait se lire sur mon visage… Alors… Non, j’allais les laisser dans le doute. Quoi que le doute… N’était vraisemblablement plus de mise non…

-C’est Akina-san ?

Je les fixai chacune, et soupirai. Non pas pour avouer ou confirmer quoi que ce soit, mais juste parce qu’elles m’épuisaient ! Soupir qui fut bien sûr interprété…

-Oui ! c’est bien ça… SouriaitChisa. Akina… Dit-elle pensive.
-Ça ne vous concerne pas… Dis-je en passant entre elles deux, leur faisant signe de la main.
-Mais vous ne niez pas ! Ne partez pas docteur ! On rigolait !
-Ne m’appelez pas… docteur !

En dehors de ces deux là, personne d'autre n'avait fait référence à ce que j'avais pu faire cette nuit, et avec qui, comme quoi Imiko et Chisa étaient vraiment des fouineuses...

to be continued...


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Jeu 12 Avr 2018 - 13:28



Attention : GnanGnan spotted - ne pas lire pour éviter toute gênance

Une matinée forte en « émotions » et riche d’une rencontre insoupçonnée et pour le moins, plaisante. En quittant le complexe scientifique, Sazuka fut loin de s’imaginer qu’elle croiserait alors qu’elle se rendait chez elle pour ensuite rejoindre Akina, cette jeune personne. Une petite blonde au comportement assez spécial, un peu revêche. Si leur premier contact fut assez rude, la suite le fut beaucoup moins. Plus sympathique, plus surprenante. Sans lui porter tant d’affection que ça, la petite Aburame lui plaisait bien, finalement. Ce fut donc après cette courte rencontre que l’Ikeda avait rejoint l’intendante, à la bibliothèque ; en milieu d’après-midi, et elle n’y était pas. Première surprise.

Sans avoir cherché à en savoir davantage, elle s’était de nouveau rendue chez elle, un peu plus au sud de la grande bibliothèque sans vraiment penser à la Suzuri mais ce fut bien là qu’elle la trouva, sans pour autant la chercher. Elle était assise dans le sofa, lisait un livre quelconque, ou plutôt faisait semblant. Sazuka l’observa un instant, déposa ses quelques affaires sur la table, et s’installa à côté d’elle. Elle tenta de s’intéresser à sa lecture du moment mais la Suzuri eut une réaction assez étonnante, fermant brusquement le livre et allant s’installer dans le fauteuil. L’eiseinin l’observait toujours, mais fut surprise. Ne comprenant pas. Mais eut tout de même le réflexe de vouloir savoir.

Quelque part, qu’elle ne veuille pas d’elle… lui faisait mal.

-Akina, il y a un problème ?
-Non aucun…
-Ahm… Ne te fiches pas de moi, s’il te plaît. C’est… J’ai fait quelque chose de mal ?
-Je ne sais pas. Je t’ai attendue, ce midi, cet après-midi. T’étais où ?
-Ah ça… J’allais te rejoindre… Comme je ne pensais qu’à une chose, je n’ai pas fait attention et j’ai bousculé une jeune femme… Et elle m’a invitée à déjeuner.

Akina la regarda d’un œil septique semblant au premier abord ne pas la croire mais se reprit très rapidement, lâchant un long soupir. Elle se souvenait que l’ikeda était incapable de mentir volontairement. Et sa pseudo-colère se mua en léger désarroi face au visage parfaitement innocent de sa partenaire. Elle avait été d’abord inquiète, puis jalouse. C’était bien ça. La jalousie dans la plus simple de ses formes. Ce fut sans doute la première qu’elle se sentait aussi… perturbée par Sazuka. Bien plus qu’auparavant. Elle se rendait compte qu’il s’agissait de bien plus qu’une simple attirance.

-Attends. Tu es… jalouse ? Souriait Sazuka.
-Euh… Non, non non, pas du tout ! Dit-elle en agitant frénétiquement les mains alors que son visage prenait peu à peu une teinte plus vive.
-Ah bon ? Dit-elle en se levant et s’approchant d’elle. Tu penses que j’ai besoin de quelqu’un d’autre que toi ? De plus en plus près.
-Je… Ne sais pas ? Sourit-elle. Sa réponse sonnait un peu comme une provocation. C’en était une.

Sazuka ne répondit pas, pas verbalement du moins. Elle s’approcha un peu plus encore et se contenta de lui donner un simple baiser. Un acte assez rare de la part de l’Ikeda, elle n’était jamais à l’initiative du moindre signe de tendresse, mais ce que venait de lui manifester son amie et amante la toucha, lui donnant cette envie. Une envie, qui si elle restait ainsi en face à face, si proche, pouvait se muer en bien plus en une fraction de seconde. C’était tentant, plus que tout. Mais, même si elle ressentait à cet instant un immense désir pour l’intendante, l’Ikeda se retint, se redressa et s’installa sur l’accoudoir du fauteuil, à côté de la jeune femme. D’un mouvement plutôt délicat elle plaça sa main sur celle de la jeune femme, entrelaçant ses doigts avec ceux de la Suzuri. Ce que cette dernière trouva… Sans être étrange… Plutôt inattendu.

-Tu m’as… Tant donné Akina… J’ai confiance en toi.
-Je te fais confiance aussi. En fait… Je me suis juste inquiétée de ne pas te voir… Ce n’était pas vraiment de la jalousie. Je ne sais pas si tu l’as compris mais… Je t’aime.

Un mot dont elle connaissait le sens mais qu’on ne lui avait jamais adressé auparavant. Ni d’une quelconque conquête fortuite ni de ses parents… Bien évidemment puisqu’elle n’avait jamais connu ces derniers. La seule information qu’elle avait eu les concernant, transmise par le maitre du dojo, lorsqu’elle avait six ans. Des drogués, des rebus… De mauvaises personnes. Et c’était sans doute en partie de leur si elle avait eu tant de mal à être… « normale ». Et qu’elle n’avait jamais auparavant connu ce sentiment. Elle garda le silence un moment, réfléchissant, sans se défaire de la main de sa jeune compagne.

-Ah… désolée… C’est trop tôt… Je n’aurais pas dû.
-Non ! Enfin… Je ne sais pas… ça fait quatre mois et vingt-six jours…
-Haha..Tu… comptes les jours ? C’est… mignon. Rigolait-elle.

L’Eisei-nin sentit soudainement ses joues rougir se rendant compte, effectivement, qu’elle calculait régulièrement le temps passé avec la Suzuri. Une manie étrange dont elle était prise depuis… Elle ne s’en souvenait plus, étrangement, comme si cela lui était naturel. C’était peut-être dû simplement au fait qu’elle avait pour elle de réels sentiments. C’était ce genre de discussion, d’échange qui lui permettait de mieux comprendre et surtout de ressentir les choses. L’esprit de Sazuka était si… compliqué et simple à la fois. Elle prit une respiration, s’apprêtant à parler, de manière bien réfléchie. Puis clôt la bouche une nouvelle fois, comme intimidée par cet unique et simple mot, l’ayant tellement bien intégré. Puis finalement se décida à répondre à cette question dissimulée. C’était la première fois qu’elle prononçait ce mot… à y repenser, c’était peut-être grâce à Kaede, dans le fond. Et elle prit de nouveau une profonde et discrète respiration et se lnaça.

-Moi aussi. Dit-elle d’une voix inhabituellement douce en se retournant vers Akina. J… je t’aime.

Si elle lui faisait confiance, rien ne l’empêchait le pouvoir l’aimer. Dès que le lien de confiance –qui devait impérativement être réciproque- était établi, l’Ikeda pouvait montrer un visage complétement différent. Devenir une personne différente. Beaucoup moins froide, beaucoup moins distante. Et, évidemment, si ce lien était rompu… Trahi… Bafoué… Elle reprenait son masque de l’indifférence et la personne fautive se voyait toute sa valeur… Enfin, jusqu’ici il n’y avait que peu de personnes l’ayant vécu. Et conserver ce lien intact pouvait s’avérer compliqué, l’Ikeda était d’une exigence démente.

-Bon, parles moi de cette… jeune femme.
-C’est une Aburame. Kaede… C’est un extrême…
-Un extrême ?
-Oui tu sais, ces personnes… complétement pessimistes ou trop optimistes. Elle… elle est... un peu comme toi, mais en pire. Rigola-t-elle. Enfin… J’arrête d’en parler, elle m’a trop épuisée. Soupirait-elle longuement. Non, franchement, je t’ai toi, j’aime ce que tu es. Ne t’inquiètes pas pour le reste…

La journée se poursuivit ainsi sans aucun autre tracas pour les deux jeunes femmes, jusqu’aux prochains.



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Sazuka [Sazuka] n.p - n-f : Nom propre désignant l'histoire des premières fois
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Dim 6 Mai 2018 - 5:44



Cela faisait maintenant plusieurs jours que Sazuka était revenue du pays du feu avec la quasi-totalité des Kumojin. Si leur mission avait été relativement courte elle n’en fut pas moins éprouvante. A son retour elle avait retrouvé celle qui partageait son quotidien, Akina. Si le bonheur des retrouvailles avait été présent, il ne fut que de courtes durées. Pas que le malheur l’avait remplacé, loin de là, mais il fallut à l’Eisei-nin pas loin de trois jours pour se remettre à peu près correctement de ce qu’elle venait de traverser. Entre cette puissante illusion qui l’avait mine de rien mentalement épuisée, ce bloc de roche qui l’avait écrasé et le tumulte de la capitale du feu… Elle avait de bonnes raisons de ne pas quitter son lit durant tout ce temps. Elle se réveillait parfois pour boire un peu d’eau, mais sans plus. Elle se contentait de son oreiller, de son duvet et de la présence de la libraire en cheffe. Sentir cette dernière si proche d’elle, ne faisant rien d’autre que l’enlacer… La réconfortait.

Ce sentiment de sécurité lorsqu’elle était à ses côtés, la confiance qu’elle pouvait avoir en la Suzuri… Tout coïncidait, étrangement, le plus parfaitement du monde. Son repos pouvait se poursuivre en toute quiétude. L’Ikeda ne se souciait plus de rien avec cette personne qui l’avait comprise, qui la supportait, la soutenait. Tout s’était passé, les moments d’incertitude, les autres où elle avait même éprouvé de la joie ; tout l’avait –malgré tout- conforté dans son choix de devenir Kumojin, d’abandonner ses anciens démons, ou tout au moins leur accorder moins d’importance. Ce fut sans doute l’un des meilleurs moments, malgré tout ce qui avait pu se passer, que n’avait jamais vécu l’Ikeda. Elle aurait pu rester ainsi des semaines durant si certains impératifs biologiques, et son travail ; ne la contraignaient. Ce fut donc au terme d’un peu plus de soixante-douze heures de repos que Sazuka se sentit de nouveau totalement sur pied, en forme. Le jour de la « reprise » avait sonné.

-Ça y est, c’est fini ? Tu retournes à l’hôpital…
-Aaah… Fit-elle en s’étirant. Faut bien, mon aide ne sera de trop… Puis, tu reprends aussi, non ?
-Ah… Oui, c’est vrai. Soupira la Suzuri.
-Haha… Non mais, on se revoit ce soir ! Je terminerai plus tard par contre… J’ai du travail à rattraper.

Ainsi, sur ces quelques mots, elles se séparent après avoir échangé un dernier baiser, jusqu’au prochain. C’était donc avec une certaine impatience que la docteure avait quitté son petit appartement pour rejoindre la complexe-scientifique. Elle était contente de reprendre le travail, impatiente de faire ce pourquoi elle était ici, à Kumo, d’apporter son aide ; et impatiente, aussi, de retrouver la Suzuri une fois le soir venu. Cela faisait plus d’une semaine qu’elle n’avait « rien » fait ensemble et cela lui manquait terriblement. Avant Hi, il ne se passait pas une seule journée sans qu’elles ne s’adonnent à ces « jeux » adultes que l’Ikeda adorait plus que tout, ses sensations, ces contacts qui lui rendaient une formidable énergie à chaque fois. Oui, cela faisait bien trop longtemps… Être une Kumojin, une Kunoichi, participer aux opérations du village, y être médecin et membre de l’institut… Avait aussi son lot d’inconvénients, enfin ; celui-ci notamment. Heureusement Sazuka avait le sens des… priorités.

Au complexe elle allait croiser ces visages qu’elle connaissait si bien, ces personnes qu’elle commençait à apprécier, également. Que ce soit les deux infirmières un peu spéciales, que les autres ; les médecins et même ses patients habituels ; elle prenait goût à leur présence, leurs qualités, et leurs défauts. Elle s’amusait même des conversations à double sens qu’elle pouvait avoir avec, précisément, celles qu’elle appelait « les infirmières infernales » : Chiyo et Imiko. Ce fut d’ailleurs celles-ci qu’elle croisa en premier. Malgré tout ce qu’il s’était passé, entre l’afflux de blessés et le surcroit de travail, elles semblaient avoir conservé leur légèreté, leur fraicheur ; sans doute pour se préserver de l’horreur qu’avaient été les derniers affrontements dans le Yuukan. Cela même que l’Ikeda avait parfaitement relativisé, qui ne l’avait autant impacté que ça, contrairement à d’autres. Etait-ce une preuve de sa solidité ? Ce n’était pas vraiment sûr. Enfin, cela ne les avait pas empêchées de reprendre leur sujet de discussion favori : l’histoire de l’Intendante et du Docteur…

-Docteure Ikeda ! Dirent-les deux jeunes femmes à l’unisson.
-Hm… Fit-elle en se retournant. Ah, bonjour vous deux.
-Ça fait depuis un moment qu’on ne vous avait pas vu.
-Une semaine et trois jours. En fait. Comment allez-vous ? Se risqua-t-elle à demander.
-ça va… beaucoup de travail. Avoua Imiko.
-Mais c’est surtout à vous qu’il faut le demander… Vous êtes revenue il y a trois jours… Vous deviez être vraiment fatiguée !
-Oui, en effet, j’avais besoin de sommeil…
-Avec… Mademoiselle Akina ? On ne l’a pas beaucoup vu non plus ces trois derniers jours. Souriait Chiyo.
-Elle a du vraiiiiment bien s’occuper de vous !
-Vous savez… Soupira l’Ikeda. Très bien que nous faisons plus que dormir ensemble. Mais là, j’avais besoin de repos et effectivement elle a pris soin de moi durant ces trois jours. Rien de plus. Haussa-t-elle les épaules.

Les deux jeunes femmes restèrent alors silencieuses, sans rien ajouter à ce que venait de déclarer leur supérieure hiérarchique. Evidemment l’explication de Sazuka n’appelait aucun commentaire, et répondait à toute ces questions dont l’assaillaient les deux infirmières depuis qu’elle avait commencé à fréquenter Akina. Ô elle aurait pu leur répondre quelque chose de plus rude, de plus cassant ; mais elle les considérait un peu comme ses amies maintenant, alors la vérité, telle qu’elle était, ne pourrait pas leur faire de mal, comme sa détentrice d’ailleurs. Néanmoins, alors que Sazuka leur fit signe avant de reprendre son chemin vers l’aile médicale, Imiko la rattrapa ; laissant derrière elle la rouquine. Cette jeune femme était bien intrusive que sa collègue, plus agréable aussi. L’ikeda avait déjà pu discuter avec elle sans que cela ne tourne qu’autour de sujets n’ayant pour noyau que sa relation avec la Suzuri.

-Sazuka !

Elle s’était retournée surprise d’entendre quelqu’un l’appeler par son prénom dans cet endroit, et davantage encore venant de l’infirmière qui depuis leur rencontre l’avait habitué à l’éternel « Docteure » sans différer. Même en dehors de leur lieu de travail, elle avait toujours continué à l’appeler ainsi. Pourtant, si dans les formes elle était une docteure, dans le fond, pas vraiment. Elle n’avait suivi aucun cursus, aucun type de formation et n’avait même pas de reconnaissance de son savoir validée par ses paires ; enfin, pas par le passé. Son regard s’était figé sur la jeune femme qui s’approcha, souriante. Elle se demandait ce qu’elle lui voulait encore…

-Je suis vraiment contente de te voir si heureuse avec Akina-san. Au début… Je te voyais vraiment comme une personne antipathique qui n’était là que pour son propre intérêt, autant avec nous qu’avec les patients… Enfin, j’espère tu resteras encore longtemps avec nous, et avec Akina, aussi. Termina-t-elle toujours très souriante.
-Hum… haha... heu... merci ? Dit-elle gênée. Mais, je ne vois aucunes raisons qui m’y pousseraient, de toute façon. Sourit-elle. Tant que nous pouvons nous faire confiance. Ajouta-t-elle simplement avant de reprendre sa marche. J’ai du travail. Fit-elle signe de la main.

Et effectivement elle avait beaucoup à faire. Lorsqu’elle entra dans son cabinet de consultation elle constata que sa pile de dossier avait fortement augmenté, elle se demandait même si ses « confrères » en avaient autant qu’elle… Enfin, elle passa donc un long moment à éplucher chacun de ses nouveaux dossiers, jusqu’à ce que l’heure de ses premières consultations arrive. Sa matinée fut ainsi ponctuée, ou plutôt bien remplie, par toutes ces visites médicales, ces consultations et autres auscultations. Certains ninjas avaient subi des traumas plutôt graves, mais rien d’irréversible. Ne restait que le stress provoqué par ces assauts et ses batailles, sans compter les agissements de Kumo et Iwa au pays du feu. Il n’était, sans douter, pas impossible que beaucoup restaient marqués un moment avant de plus vraiment y penser.

En fait, elle n’avait pas vraiment de retard de ce côté-là, tout rentrerait dans l’ordre rapidement en revanche ce qui lui demanderait certainement bien plus de temps serait son travail pour l’institut, dans les sous-sols du complexe scientifique. Les différents projets auxquels elle participait avait été mis en standby le temps de son retour, enfin, sa participation et ce qu’elle faisait pour leur progression ; parce qu’évidemment, l’institut ne s’était pas arrêté de tourner pendant son absence. Mais plusieurs personnes l’attendaient pour pouvoir faire avancer les choses, elle devait faire sa part, ce pour quoi elle s’était « engagée » auprès du Directeur. Et parmi ces projets il y en avait un qui lui tenait à cœur, la création et la production de ces pilules militaires. Leur développement était quasiment terminé il ne leur manquait que quelques jours, et quelques tests grandeur nature pour être pleinement opérationnelles.

Ce qui expliquait que, pour son jour de reprise après sa courte période de repos, elle ne rentrait pas aussi tôt qu’avant…

De son côté Akina n’avait pas pris de retard, il y avait toujours quelqu’un, même en son absence, pour reprendre le flambeau et faire en sorte que le chaos ne gagne pas la bibliothèque, enfin le chaos, que des livres et des parchemins ne trainent pas par terre dans chaque allée. Même si les habitants de Kumo avaient pour beaucoup un certain penchant pour le savoir et cet endroit, il arrivait souvent que la notion « d’ordre » leur échappait. En même temps, c’était bien pour cette raison que la Suzuri et ses assistants étaient payés ; pour entretenir cet endroit en plus d’y apporter de nouveaux ouvrages, en rénover d’autres ; conseiller les usagers… C’était un vrai travail. La jeune intendante avait donc pu se rendre compte qu’en son absence, pas si longue que ça au final, tout était à peu près resté dans le même état. Elle pouvait remercier sa cousine, Takara, qui semblait avoir la même qu’elle pour ce qui était de la gestion des lieux.

Enfin, la journée de la jeune femme fut d’un calme plat, elle n’eut que quelques visites du matin au soir. L’affluence depuis le début des opérations à Hi avait très nettement chuté et pire encore pour elle ; elle n’avait pas pu voir l’Ikeda qui était, comme elle le lui avait annoncé, très occupée, et le serai pendant quelques jours. Ce fut donc un soulagement pour elle, en quelques sortes, lorsque sa journée toucha à sa fin. Oubliant qu’elle se retrouverait seule dans l’appartement de son amie. Une fois rentrée elle prit rapidement conscience qu’elle allait passer quelques heures seules et il n’y avait quasiment rien à faire chez la docteure… Du rangement ? préparer à manger ? lire ? Ce n’était pas comme si leur appartement avait réellement besoin d’ordre… Et il était un peu trop tôt pour penser nourriture, d’autant qu’elle ne savait pas quand rentrerait sa compagne. Elle s’installa d’abord dans le sofa un des livres de médecine de Sazuka en main mais s’en lassa, bizarrement, très rapidement.

Déambulant maintenant dans le petit appartement la Suzuri trouva rapidement une tâche à accomplir. En effet, le lit des deux jeunes femmes était resté tel quel, complétement défait. Elle se décida alors et le démonta intégralement, de fond en comble, du duvet aux draps par les oreillers ; tout y était passé. Alors qu’elle habillait leur couche d’une nouvelle literie, un petit « ploc » résonna dans la pièce, comme si quelque chose de tomber sur le parquet. Akina se baissa alors et jeta un œil sous le lit, après quelques secondes passées à constater que c’était aussi propre là-dessous que le reste de l’appartement ; elle remarqua un petit objet apparemment assez fin coincé entre le mur et l’un des pieds. Elle l’attrapa et l’observa. Il s’agissait d’un carnet ayant visiblement du vécu, de couleur brunâtre, les coins écornés et sa couverture tâchée et éraflée.

Elle se demanda alors pourquoi d’où il venait, et surtout, s’il appartenait à Sazuka. Elle fouilla alors, tira le sommier, l’inspecta et trouva une petite fente… Une cachette ? Elle remit tout en place, s’assit sur le bord du lit, le carnet à côté d’elle. La Suzuri semblait aux prises avec elle-même, un dilemme s’était présenté et elle ne savait pas vraiment quoi faire. Devait-elle le remettre à sa place et ne pas en parler, attendre que cette personne qu’elle aimait sincèrement lui en parle ? Ce qui semblait être la meilleure solution. Mais à côté de celle-ci, il y avait sa curiosité. Elle pouvait aussi y jeter un œil pour mieux comprendre qui elle était avant de la rencontrer… Elle soupira longuement, observant le petit carnet. Son cœur battait irrégulièrement, elle savait que son choix n’était pas le bon, que ce qu’elle allait faire était mal. Alors, elle reprit, lisant la première page sur laquelle ne figuraient que son nom et son prénom, d’une écriture assez enfantine.

-Ikeda Sazuka… Lut-elle à voix haute. Entrée #1 - Mémoire et renaissance « D’aussi loin que je me souvienne, ce jour fut sans doute le premier véritable de toute ma vie. Ce jour fut celui où je découvrais cette sensation qui allait devenir ma plus grande passion et rapidement l’une de mes seules raisons de vivre. Découvrir le fonctionnement d’un être vivant, comprendre que son existence ne tient qu’à un fil placé par le destin entre mes doigts, m’était et ce depuis des années la plus douces des sensations. L’une des rares. La seule. Avoir le droit de vie ou de mort, pouvoir laisser libre à ses pensées et à ses attraits sans subir le dictat de personnes que ne connait que par obligation, que par… Ce jour était aussi celui où je découvrais la cruauté humaine. Sans pour autant la comprendre. Sans comprendre les raisons qui les avaient obligés à m’infliger ça. Le jour du renouveau, celui ayant élevé ma mémoire. »
Entrée #2 - Itagi Isawa « J’avais été morte. Et je vivais toujours. Avais-je dépassé ces deux limites ? Aucune idée. Mais cette attraction, ce lien qui subsistait entre moi, la mort et la vie était le signe. Celui que j’avais inconsciemment attendu. Depuis mon enfance je ne m’étais jamais intéressée qu’à une seule chose finalement. Etudier la mort et la vie sous toutes leurs formes. Celles des animaux étaient assez basiques, primaires. Mais celles des hommes, et des femmes étaient… Plus complexes, plus intéressantes. De raisons aussi diverses que variées. J’aimais observer, analyser. Jeune, les cadavres ne m’effrayaient pas, au contraire. Ils m’intriguaient, m’attiraient. Si je me souviens bien, et je m’en souviens ; la mort d’Itagi Isawa fut la première de ce long processus que j’avais engagé. Accidentelle, sa résultante était intéressante. Il m’avait appris beaucoup, malgré lui. »
Entrée #3 - Un homme « Cela faisait un moment. Hier, un homme est mort. Il a tenté de… Je ne sais pas vraiment. Je préfère ne pas y penser. Je me suis défendue, et il est mort. Ce n’était pas intentionnel mais… Il était grand, fort. Je n’ai quasiment pas eu le temps de comprendre pourquoi il est tombé aussi… vite. Des gens sont venus m’aider. Avais-je besoin d’aide ? Pourquoi sont-ils venus ? Je remarque que, je ne comprends pas les intentions, ni les attentions des personnes que je croise. Mon âge doit jouer dans leurs comportements si étranges. Mais je sais comment les éviter. Pourquoi je comprends mieux les morts que les vivants ? Les morts sont… simples. Ne devrais-je pas être morte ? Ce serait aussi simple ? Je ne sais pas. J’essayerai de comprendre ça aussi. Cela peut être un projet, une bonne idée. Le temps est plutôt froid, j’aurais trouvé un endroit d’ici notre prochaine conversation. »


Elle relut les trois premières pages du carnet à plusieurs reprises, elle avait un peu de mal à comprendre ce que tout ceci voulait dire. Après une énième relecture elle comprit qu’il ne s’agissait pas d’un simple carnet de note mais… du journal intime de l’Ikeda, ou quelque chose y ressemblant fortement, à ceci près que ce qu’elle avait écrit était assez perturbant. Elle se décida alors à refermer le carnet, et le remettre à sa pace, prenant conscience qu’elle venait d’avoir un aperçu de la vie de son amante avant qu’elle n’arrive à Kumo. Ce qu’elle décrivait dans ses écrits lui laissait une désagréable impression, non pas de la peur ou de la colère ; mais plutôt de la tristesse voire même de la compassion. Elle se rendait compte que la docteure n’avait pas eu une vie très simple et qu’elle s’adresse ainsi à son journal montrait aussi la profonde solitude dont avait été victime l’Ikeda. Ainsi, elle comprenait mieux pourquoi elle souffrait d’un tel déficit émotionnel et sentimental.

L’heure avait tourné plus vite qu’elle ne se l’était imaginée, le soleil s’était déjà couché. Observant le petit réveil posé en haut d’une pile de livre qui faisait office de table de nuit, elle estima que Sazuka rentrerait d’ici peu. La Suzuri se décida alors à préparer un repas assez particulier, avec plus d’attention encore que les autres fois. Plus d’efforts aussi. D’ordinaire elle ne cuisinait pas, elle n’était pas bonne dans cette discipline et laissait le soin à sa jeune compagne de le faire. Même si cela voulait dire ne manger que des légumes et des plantes… Après donc une bonne heure de préparation, passée à émincer de la viande, faire cuir des légumes, des nouilles ; dresser une table agrémentée de bougie et autres attentions pour le moins romantique ; Sazuka poussa la porte.

Entrant, elle déposa sa sacoche juste à côté de la porte et observa, dans une lumière tamisée, ce qui avait été préparé en son absence. Une odeur alléchante planait dans l’air, de celles ouvrant l’appétit, vit la table dressée. Akina sortit alors de la salle de bain, visiblement, rafraichie et lui adressa un sourire charmeur auquel évidemment l’Ikeda ne put s’empêcher de répondre. Sauka semblait touchée par cette attention et n’avais pas un seul instant imaginé que la Suzuri aurait été capable d’une telle prouesse.

-Tu as cuisiné… toute seule ?
-Oui ! Et je n’ai pas fait brûler la moitié de Kumo, contrairement à ce que tu sous entendais la dernière fois…
-Hum… Fit-elle en s’approchant de l’intendante. Et tu m’as attendue ? Demanda-t-elle comme si c’était impossible.

La Suzuri fut alors surprise que la jeune femme la prenne dans ses bras. Elle la savait tactile, mais pas aussi démonstrative, comme si avoir préparé ce repas représentait quelque chose de plus grand pour l’eisei-nin. Elle crut même percevoir, un instant, un sanglot… Mais se trompait certainement. Si Sazuka lui avait témoigné depuis longtemps une certaine affection, enfin, de l’amour pour être plus clair ; elle n’avait néanmoins jamais montré rien d’autre. Ni colère, ni jalousie, ni tristesse… Alors des larmes et en plus de joie ? Cela lui semblait totalement irréaliste, et pourtant. Ce fut à cet instant précis, de cette embrassade, de cette réaction inattendue de la docteure que la Suzuri compris que jamais elle ne devrait parler de son journal, sous aucun prétexte, car elle savait pertinemment ce que représentait pour cette personne singulière « la Confiance ». Akina venait de commettre une erreur dont elle n’imaginait pas encore les conséquences.

En la lâchant, Sazuka lui avait offert un baiser d’une rare douceur. Elle la fixa, ne la lâchant plus du regard, lui en redonnant un deuxième comme… pour lui demander quelque chose, comme pour initier l’idée qu’elle avait en tête depuis ce même matin. La Suzruri lui sourit, semblant heureuse d’avoir pu faire plaisir, que son geste soit apprécié ; mais sembla sur l’instant comme un peu décontenancé. Elle rigola un instant avant de lui exprimer sa pensée.

-Ce n’est qu’un… Repas… Tu sais...
-Je sais... Répondit aussitôt Sazuka alors qu’elle jouait avec une des mèches de la bibliothécaire. Mais… j’avais une autre idée avant de rentrer…
-Hum… Oui… je pense bien… Mais, ça va refroidir… Dit-elle en tendant la main vers la casserole qui attendait à quelques pas.
-On le fera réchauffer… C’est toujours meilleur… Sourit-elle. Et, je dois… me rafraîchir… donc… Haha… On a qu’à prendre une douche ?
-Euh… Mais, je viens d’en prendre une et... Dit-elle en pointant ses cheveux… Oh ! Hm… Semblait-elle avoir compris, en posant le regard sur l’entrée de la minuscule salle de bain.



Sazuka était sortie la première de la salle de bain, mais attendit son amante avant d’aller s’installer de l’autre côté de la table, observant la Suzuri s’agiter, et présenter ce qu’elle avait concocté. Un peu intriguée, l’Ikeda scruta le plat, pas forcément rassurée mais se rendit rapidement compte de ce que c’était : du Katsukare. Elle savait que ce n’était pas une recette forcément évidente pour tout le monde et encore moins pour Akina, ou elle-même. Et, il était vrai qu’en dehors de ses végétaux, légumes et décoctions à base de plantes, l’un des rares plats qu’elle pouvait « déguster », l’un des seuls auquel et ne trouvait rien à redire ; était bien celui-ci. Sans doute que leurs nombreux dîners au restaurant lui en avaient appris un peu plus sur les goûts de la chirurgienne. En même temps, le Katsukare… Etait un plat souvent apprécié et très populaire, quelle que soit la personne. Et Sazuka connaissait parfaitement les ingrédients utilisés par la jeune intendante, dont la plupart étaient reconnus pour leurs vertus… aphrodisiaques ? Elle comprenait mieux pourquoi elle avait insisté pour qu’elles mangent avant…

La nuit qui suivit fut… aussi animée que leur fin de soirée. Le réveil fut difficile et la journée toute aussi longue que la précédent. Une fois le soir venu, et Akina seule dans le petit appartement, elle s’adonna à peu près aux mêmes occupations que la veille, saud qu’elle n’eut ni besoin de défaire et refaire le lit, ni de de préparer un repas. Non, elle lut une nouvelle fois le journal de la Sazuka. C’était comme un appel, une tentation indomptable ; un vice incontrôlable malgré une parfaite conscience de ce qu’elle faisait. Le carnet en cuir marron de nouveau entre ses mains, elle le lut, encore. Elle avait passé quelques pages, semblait avoir compris comment fonctionnait les « entrées » relatant les mémoires du jeune médecin. Et plus elle en lisait, plus elle en apprenait sur le passé de cette qui femme qui partageait son quotidien, plus elle avait envie d’en lire, d’en apprendre.

-Entrée 420 : Balto l’Apocalyptique. Dit-elle intriguée par cet étrange titre. « J’ai rencontré un homme, un mercenaire à Tetsu, il répond au nom de Zhou, un type sympathique mais un peu lâche. Nous devions faire une livraison d’un colis spécial au château des Gonza, dans le nord du pays. Les Gonza… La pègre locale… Je savais que quelque chose clochait, mais je n’avais su dire quoi… C’était en fait un piège visant à notre capture pour des expériences que même moi je n’avais pas imaginé. Nous avons dû venger cette duperie, tu sais… J’avais confiance en ces gens malgré tout ; mais ils ont tenté de nous tuer. Nous sommes allés au Château et avons essayé de… Leur faire payer leurs manquements. Mais ce Balto… a utilisé une énergie que je ne connaissais… Je peux pas dire si c’était du chakra ; mais il a détruit une partie du château… Tué le professeur, et ses employeurs. Finalement… Je l’ai éliminé… J’espère revoir ce ‘’Zhou’’ un jour. »
« Entrée 488 : Watari. Ce Samouraï m’a ouvert les yeux, d’une certaine façon. Je ne crois pas que tous soient si mauvais que ça… Malgré avoir avoué mon crime, et lui avoir expliqué les tenants et les aboutissants ; il n’a pas trouvé le moyen de m’arrêter… Je pense qu’il a compris la nécessité de ce que je fais… Enfin, je crois, je ne suis pas sûre. Bon, j’ai dû faire quelques sacrifices pour le convaincre, je pense qu’il a eu peur de moi… maintenant que j’y repense… Mais me je me souviendrai longtemps du tranchant de sa lame. Ô, il ne m’a pas frappé, j’ai dû m’empaler dessus pour le… contraindre à faire un choix. Il venait d’une famille assez connue mais n’était le plus expérimenté que j’ai croisé… Bref, celui-là, je ne l’ai pas tué. Il était… particulier. Empreint de justice, comme moi… »
« -Entrée 733 : Le marchand. Comme après chacune de mes expériences, je trouve refuge dans un coin tranquille. Ce jour-là… Cet endroit n’est pas resté paisible très longtemps. Imagines toi qu’un marchand avec sa garde et son… serviteur… Ce Shima… Sont arrivés et ont demandé de l’aide. Cet homme, ce marchand a été blessé et je soupçonne que ce soit par un Samouraï vu la nature de la plaie… Enfin, il l’a bien mérité je pense. C’est un personnage grossier qui pense que son or lui permet tout. J’aurais pu le soigner assez facilement mais j’ai préféré le faire souffrir, un peu. Je ne sais pas pourquoi, je n’aime pas spécialement faire souffrir les autres… Mais sa façon de parler à ce jeune homme, la façon dont l’ont traité les gardes… ça ne m’a pas plu. Enfin, ce fut quand même une rencontre intéressante, surtout avec ce Shima… Puis, j’ai appris, ce jour-là, que j’étais vraiment recherchée à Tetsu… un million de Ryos pour moi… ce n’est pas cher payé, je trouve… »


La jeune femme feuilletait le carnet un peu au hasard, trouvant que chacune des histoires qu’elle lisait était un peu, à chaque fois, comme une surprise. Ce qu’elle venait de lire lui apprenait beaucoup sur l’Ikeda. Si elle était au début si distante, si froide… ceci expliquait à peu près tout. Elle n’était pas dénue de sentiment, ou d’émotions ; elle les avait seulement bloquées au fil des années. C’était sans doute là une preuve d’une immense capacité d’empathie, même si elle n’en était pas vraiment consciente et continuait de restreindre sa compréhension des choses, elle-même. Mais ce qu’elle avait partagé la veille avec elle prouvait tout le contraire. Et comme la veille toujours, sa lecture interdite l’entraina assez loin, sans penser au reste. Se rendant compte de l’heure une nouvelle fois, elle s’empressa de remettre le journal à sa place. A peine une demi-heure Sazuka revint du complexe scientifique… légèrement plus tard, à vrai dire.

Malgré sa culpabilité avérée, Akina semblait naturelle face à l’Ikeda, gardant encore et toujours le silence quant à ce qu’elle avait lu. En fait, elle avait l’impression de l’aimer encore davantage maintenant qu’elle savait tout ça, une partie de son histoire, un infime fragment en fait. Il lui faudrait un certain temps pour en venir à bout et lire chacune des aventures, chacun des états d’âme et tout ce qui concernait Sazuka. Ma cela en valait-il vraiment la peine ? Enfin, leur soirée s’écoula assez tranquillement, non pas sans quelques échanges amoureux ; elles devaient reprendre leurs bonnes habitudes… Et, le troisième jour arriva. Une journée classique pour l’une comme pour l’autre, bien remplie ; elles n’eurent pas le temps de voir le temps passer.

Akina s’était de nouveau, dès son retour, plongée dans le journal de l’Ikeda. Elle voulait lire les dernières entrées, elle était sûr d’y voir ce que pouvait bien penser Sazuka… de sa propre personne. Il était toujours plus ou moins agréable de lire des choses sur soi, voir les critiques pour mieux comprendre ce qu’il y avait à améliorer, par exemple. En fait, elle voulait savoir, sans avoir à poser les questions, elle avait choisi la facilité alors que l’Ikeda répondait toujours à toutes ses questions avec la même franchise, la même précision.

Alors… Ce doit être… là… Pointa-t-elle du doigt. 878 : Suzuri Akina… hum… 873… Metaru Reiko ? Je verrai ça après… Pensa-t-elle.
« Ce matin, l’Intendante de la Grande Bibliothèque est venue me parler. J’ai cru qu’elle voulait seulement se moquer de moi… Apprendre les relations sociales, réapprendre à accepter mes sentiments, mes émotions… c’est.. ; quelque chose. Cette Suzuri m’a donc proposé son aide. Et je l’ai acceptée. Accepter l’aide d’une personne… Cela fait longtemps que cela ne m’était pas arrivé. Pour parler un peu plus librement… elle m’a emmenée, le soir, dans un restaurant qu’elle connait bien, le « Bui-bui » comme elle l’appelle. Moi, je n’aime pas vraiment cet endroit… mais bon. J’y ai bu de l’alcool, ça aussi ça faisait longtemps et ça a toujours le même goût, et le même effet. Ça m’a fait perdre le contrôle et je n’avais pas mes médicaments avec moi… J’ai donc eu une crise d’hypermnésie… Et… Oui, ça aussi, ça faisait longtemps… »
Entrée 899 - Suzuri Akina : « Nous sommes revenus du pays du feu… Je n’ai pas aimé ce que nous y avons fait… Mais je n’ai le choix que de suivre maintenant. Alors que j’étais là-bas, elle n’a pas quitté un seul instant mon esprit, et mon cœur. Je crois que je l’aime vraiment. Je lui fais confiance, et elle me fait confiance, sans aucun doute. Et, j’ai eu tellement envie d’elle… Je pense que demain soir… Je serais assez enforme, assez rétablie pour… Combler ce manque ? Akina est une drogue, de celles qui rendent dépendant mais qui ont un effet bénéfique… Mais aucune drogue n’a d’effet bénéfique sur le long terme… Alors… Non, ce que ça, que des sentiments, que de l’amour. Cela faisait depuis longtemps, très longtemps que je n’avais été aussi… Heureuse ? Oui, je crois que c’est le mot… »

-Docteur Ikeda ? Je pense que vous pouvez rentrer chez vous. Vous avez assez travaillé depuis votre reprise, ménagez-vous un peu… Puis, vous avez rattrapé une bonne partie de votre retard ! Allé, oust, dégagez de là.

Entrée 873 – Metaru Reiko : […]

Alors qu’Akina continuait sa lecture pensant que Sazuka arriverait bien plus tard, cette dernière ne se trouvait maintenant plus qu’à une dizaine de minutes de franchir la porte. L’intendante était plongée dans ses pensées, dans sa lecture, assez émue de ce qu’avait pu inscrire la docteure de sa fine écriture. L’ikeda était assez contente dans le fond d’avoir été mise au repos forcée, pour elle, pouvoir passer plus de temps avec cette personne qui occupait désormais une place si particulière dans son cœur n’avait pas de valeur et son travail, et même son projet qui l’avait amené à commettre des actes terrifiants ; n’arrivaient pu à la cheville de ce que lui procurait Akina. Se souvenir de cette première fois où elle s’était parlée, lorsque le Shuuhei lui avait présenté la bibliothèque, penser que tout ceci n’était qu’une clause d’un contrat, de voir où tout ceci l’avait conduit… l’emplissait d’une joie intense.

Puis elle poussa la porte de son appartement.

Son regard se posa instinctivement sur Akina et ce qu’elle tenait entre ses mains.

Elle se dirigea vers elle et la plaqua violemment sur le lit.

Son regard si joyeux venait de se muer en quelque chose de plus sombre, et plus triste.

-Sazuka… Je peux t’expliquer…
-Tu as… fouiné dans mes affaires ?!
-Non ! Je te jure que non…
-Ce carnet… il était caché !
-C’est en refaisant le lit… il est tombé.

L’Eisei-nin lâcha les poignets d’Akina, la laissant se redresser.

-Tu l’as lu. Je le vois… Tu n’aurais pas dû… Akina. Dit-elle avec la même froideur dont elle faisait preuve lors de son arrivée à Kumo.
-Je sais… c’est mal… c’est ta vie. Mais…
-Je te faisais confiance. Tu savais comment ça devait fonctionner. Dit-elle en détournant le regard de la jeune femme.
-Sazuka… S’il te plait… Ne fais pas ça… Tenta-t-elle de convaincre l’Ikeda, posant sa main sur son épaule.

La docteure se retourna et infligea à l’intendante une gifle monumentale ; un geste assez malheureux qu’elle n’avait pas su retenir. C’était à cet instant comme si tous ses principes venaient de voler en éclat. La trahison, la rupture de la confiance était la pire chose que pouvait subir Sazuka ; un coup bien plus douloureux et profond qu’un katana qui l’aurait transpercé –et elle connaissait la douleur que cela occasionnait- elle observa un instant la Suzuri et reprit aussitôt.

-Prends tes affaires, et pars de chez moi. Dit-elle en attrapant le fameux journal. Demain, tu n’existeras plus pour moi, tu seras morte. Avait-elle ajouté, la voix tremblante, presque hésitante.

Une heure après les éclats de voix et ce qui ressemblait à une rupture assez expéditive, marchant au bord des hauts plateaux du village, Sazuka, la tristesse pour seul regard, lança le journal aussi loin qu’elle le put, dans l’obscurité la plus totale.





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Sazuka [Sazuka] n.p - n-f : Nom propre désignant l'histoire des premières fois
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