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Ce que nous devons faire (Hoshino Watari)


Mer 21 Mar 2018 - 4:07
Toujours de nuit. Jamais Sazuka n'opérait de jour. Jamais. Allez savoir pourquoi. Sans doute une question de tranquillité. Cette fois-ci ne fut pas très différente des fois précédentes, le résultat n’avait pas beaucoup changé non plus. Ce fut donc assez déçue qu’elle avait quitté la petite maison, isolée en bordure de forêt, et son propriétaire. Les murs de cette cabane –plus qu’une maison- étaient recouverts de sang et gisait en son centre, sur une table déplacée pour l’occasion, le corps inanimé du sujet numéro… Un homme réputé pour sa violence, son mépris des femmes et surtout ses capacité au-dessus de la moyenne Tetsuïenne dans le maniement du chakra. Il n’en restait plus rien si ce n’était une odeur particulière, pas celle du sang, quelque chose de plus… chimique.

En bonne chirurgienne, Sazuka était ordonnée et connaissait les méthodes de stérilisation, les produits à utiliser, les procédures à suivre ; même si son travail, au final, n’avait rien à voir avec la médecine. Elle considérait ces actes comme des expérimentations, et ses cobayes comme volontaires ; qu’ils le soient ou pas, d’ailleurs. Après chaque « intervention » elle ressortait de son bloc morbide immaculée. Par miracle, ou pas habileté ; jamais elle n’avait une goutte de sang sur elle. Mais cette nuit-ci fut, un peu différente. L’homme était vraiment à la hauteur de ce qu’elle en avait entendu. Il avait réussi à la blesser, et ce fut tout son bras droit qui était couvert de son propre sang. La blessure aurait pu être mortelle, si elle n’avait pas été Eisei-nin.

Et, une fois n’était pas coutume, elle se rendit, après cette expérience des plus éprouvantes, dans le village le plus proche ; qui s’avérait être une petite ville, un des rares poumons économiques de Tetsu. Les cinq six heures de marche dans la nuit lui permirent d’atteindre la bourgade avant que le jour ne se lève, elle n’aimait pas s’endormir alors que le soleil pointait. Elle trouva refuge assez rapidement une fois sur place. Ce n’étaient pas les auberges malfamées qui manquaient, dans ce pays. Tant que l’argent était là, les patrons de ces lieux sordides ne posaient pas trop question ; d’autant plus utile lorsqu’un client se présente, le bras et les vêtement couverts de sang séché. Si elle avait choisi cet endroit, ce n’était pas pour se cacher. Mais juste pour se reposer, et parce qu’il était le moins cher. Simplement.

Malgré ses talents en médecine et au maniement du chakra médical ; elle savait pertinemment qu’il lui fallait du repos. Son corps avait subi un traumatisme, et le « soin ninja » n’était pas de la magie. Dans la chambre, aussi sympathique que pouvait l’être le reste de cette auberge, et son patron ; elle se laissa juste tomber sur le lit à moitié défoncé par le passage d’autres personnes plus… « avenantes », et dormit à poings fermés.

Quelques heures plus tard les autorités du pays, des Samouraïs, retrouvèrent la scène du crime que venait de commettre Sazuka.

Le lendemain. Je m’étais levée sur les coups de midi, ou alentours. Cela ne m’était pas arrivé depuis éternité, un long sommeil surement dû à cette lame émoussée qui m’eut traversée entre la troisième et la quatrième côte pour ressortir en dessous de l’omoplate. On pouvait dire que j’avais eu de la chance… Quoi que. Je descendis les marches et entendit les quelques ivrognes parler d’un meurtre commit la nuit dernière. Rien ne me concernant.

Je quittai l’auberge, lorsqu’un homme m’arrêta, un Samouraï. Je le toisai du regard. Je haïssais les Samouraïs.

-Et toi, viens par là! T’as quoi dans ton sac ?

J’avais mon carnet de notes, mes instruments chirurgicaux, et… Le désinfectant à l’odeur si particulière.

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Sazuka [Sazuka] n.p - n-f : Nom propre désignant l'histoire des premières fois


Dernière édition par Ikeda Sazuka le Ven 23 Mar 2018 - 15:40, édité 1 fois
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Mer 21 Mar 2018 - 23:58
En quelle année somme nous ? Telle est la question. La période dans laquelle nous sommes remonte à avant l'alliance du samouraï avec les fondateurs de Kiri. Le jeune homme était plus immature. Plus naïf aussi. Encore plus qu'il ne l'était aujourd'hui, lui qui rechignait à la guerre, aux combats inutiles, à cette époque, il était encore plus friable et perdu. Car il était perdu, à cette époque-là. Un senseï avec qui il s'était séparé, une famille qu'il avait lui-même quitté, une fiancé dont laquelle il s'est séparé.. Et un doute.

Ce doute, celui qui l'emmène là, à cette époque, vers la frontière, allait de nouveau lui faire vivre des péripéties. Un kasa sur la tête, le jeune homme cheminait en silence et de manière discrète. Watari, oiseau de nuit, est alors vagabond. Pas de seigneur, une lame libre à la recherche de ses propres limites. L'honneur, la fondation et le développement de son propre style de kenjutsu. Le jeune samouraï a déjà quelques pistes ; dont même l'idée d'une technique allait lui sauver bien des années plus-tard lorsque le Soshikidan serait à son apogée...

Mais la matinée était bien plus grave. Les honnêtes villageois du coin s'affolaient alors que le metsuke avait une soirée particulièrement chargé. Doucement, le voyageur, lame vagabonde, simplement de passage, s'intéressa à ce qui était finalement l'animation la plus tristement grande de cette nuit-là.

Une femme, en kimono, en train de pleurer, un nourrisson entre les bras. Watari comprit rapidement qu'il était lui-même témoin d'une nouvelle veuve. Son brave mari, peu importe les défauts qu'il aurait pu avoir, n'était désormais plus. L'enquêteur, le Metsuke, avait relevé sur la scène du crime. C'était étrange, car hormis pour une drôle d'odeur, rien n'émanait de la pièce. Watari se présenta modestement. On ne lui permit d'assister à la visite de l'endroit qui était désormais sous le contrôle de l'enquêteur du clan Takeda... Rien n'était a tirer. L'homme fut emmené pour être enterré. La femme, elle, fut aidée par ses voisins. Débarrassé d'un tyran, pour certains, mais surtout, hélas, de la personne qui se chargeait de lui fournir de quoi manger. La solidarité locale aurait probablement le mérite l'aider. Et peu importe qui était cet homme... Un homme était mort. Rapidement, l'enquêteur et détenteur du pouvoir de police dans cette partie du territoire du pays de fer allait faire circuler l'information et jusqu'aux frontières des autres clans. Mais pour ce soir, peu de choses étaient possibles à faire et Watari se contenta de rejoindre une auberge de pèlerin. Les moines acceptèrent le samouraï pour la nuit et celui-ci en profita pour discuter philosophie cette nuit-là.

Tôt, ce matin-là... Un bâton de pèlerin en plus, Watari marcha doucement jusqu'au centre d'un village. Qu'importe qui était le meurtrier, lui, avait encore beaucoup de marche à accomplir s'il souhaitait atteindre la province d'Iga, celle dirigée par son clan. Et cependant... Un échauffourée aux abords d'une auberge un peu miteuse. Il y en avait, à Tetsu. Principalement en dehors des capitales provinciales.

Watari et plusieurs villageois qui passaient par là, portant marchandises, charrettes et regards curieux. Watari releva doucement son kasa pour s'interroger... Eh bien, eh bien... Que se passe-t-il ? La lame à sa ceinture faisait foi. Les mon de son kimono aussi. Il était un noble, aristocrate, d'une famille de samouraï prestigieuse... Et son intérêt était peut-être quelque chose qui permettrait à la jeune femme de ne pas être une fugitive au pays du fer...
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Jeu 22 Mar 2018 - 20:56

Le Samouraï en plaques qui venait de l’interpeller, voulant connaitre le contenu de son sac, l’attrapa par la main –étonnant- et la serra d’une force prodigieuse pour tenter d’immobiliser sa suspecte. Sazuka posa son regarda sur la main qui empoignait la sienne. Les Samouraïs se surestimaient… Pensait-elle.

-C’est quoi ce regard ! Que caches-tu gamine ! Ordonnait… Exigeait… Demandait-il sans prêter attention à celui qui venait d’arriver.

Erreur. Si cela avait été son bras, peut-être n’aurait-elle pas réagit de la sorte. Quoi que… Si, de toute évidence. Ce geste n’avait fait qu’amplifier ce ressentiment tenace qu’elle avait pour les Samouraïs. Son poing libre s’était brusquement serré dans un craquement sonore, le chakra afflua dans son membre et d’une fulgurance inattendue, elle lui assena un coup aussi violent que puissant en plein ventre. L’impact avec brisé la belle armure représentant l’autorité de la ville et fit décoller l’homme du sol pour le propulser à une dizaine de mètres plus loin sous les yeux et cris choqués des badauds, provoquant leur tumulte quasi immédiat. Il ne se relèverait pas de sitôt.

Son regard ambré croisa celui d’un autre Samouraï qui s’était manifesté quelques secondes avant que le coup ne parte. Sazuka l’avait remarqué. Elle connaissait les armoiries dont il était affublé. Elle connaissait Tetsu, son fonctionnement, ses habitants et ses familles les plus influentes. L’instant suivant elle disparut entre deux civils paniqués qui tentaient de… fuir ? Même s’il n’y avait pas besoin de se cacher. L’Ikeda ne s’en prenait pas à n’importe qui, seuls les Samouraïs et certains shinobi étaient ses cibles. Elle réapparut à quelques mètres plus loin, au coin d’une rue adjacente. Son regard regardait au loin, là d’où elle venait, pour s’assurer que chahut qu’elle avait causé avait suffi à couvrir sa fuite.

L’image de ce Samouraï de prestige ne l’avait pas vraiment rassurée, elle voulait éviter toute confrontation. Et le meilleur moyen, selon elle, fût d’en mettre K.O. en un seul et unique coup.

Connaissant ces hommes, leur honneur et surtout le fierté, j’étais sûre que ma tranquillité ne serait assurée que lorsque j’aurais quitté cet endroit.

Sazuka n'était pas du genre à chercher le combat, ou les ennuis, pas en plein jour, pas de cette façon. Mais, surtout parce qu'elle haïssait les Samouraïs plus que pour fuir devant son éventuelle culpabilité; elle s'était défendue. Jamais plus un seul Samouraï ne porterait la main sur elle, et aucun, qu'il soit Samouraï ou autre chose, ne toucherait jamais ses mains.


Spoiler:
 



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Ven 23 Mar 2018 - 2:17
Watari écarquilla les yeux en cherchant à comprendre ce qu'il venait de se produire. Une force bien trop grande pour la normale venait de littéralement expulser très loin le samouraï visiblement imprudent. Watari s'était décalé. Il ne connaissait qu'un moyen d'expliquer cette force : les techniques médicales. Comprenant que la personne ne souhaitait clairement pas que le contenu de son sac soit révélé, il se concentra en une petite prière pour détecter les différentes personnes aux alentours. Et comme prévu, elle ne tarda pas à s'échapper. Et c'était plutôt logique, car très vite, les hurlements des habitants, choqués, se répandirent comme une trainée de poudre dans les ruelles de cette ville. Rapidement, les alarmes, rudimentaire, du village, s'actionnèrent. Les cloches se mirent à retenir et de nombreux bushi et samouraïs se mirent à courir, sûrement en direction l'endroit où les villageois fuyaient.

Profitant du chaos et tu tocsin qui raisonnait avec force et écho, elle avait écarté des civils. Watari comprit qu'il ne voulait pas la perdre. Quelqu'un d'innocent n'agirait pas ainsi... Au moins, n'attaquerait pas gratuitement un samouraï peu avenant.
Contournant la ruelle par laquelle elle s'était échappée pour parvenir dans son dos, Watari s'exprima, un peu incertain... Je vous proposerais bien un coup de main... Mais le vôtre semble bien plus dangereux... Évidemment, sa lame était dégainée. Dans une garde parfaitement académique. Après tout, il était un samouraï. Si sa tenue ne suffisait pas, il était maintenant certain dans son timbre, le choix de son vocabulaire et sa posture, qu'il en était un. Pourquoi l'avoir frappé ? Avait-il raison d'avoir envie de fouiller votre sac ? Le jeune homme était poli. Un peu incertain. Son regard le disait. Mais il semblait pourtant déterminé à s'opposer à elle. C'était à la fois une question d'honneur et de justice : elle semblait dangereuse et venait de commettre une agression...

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Ven 23 Mar 2018 - 3:26


Je n’avais pas calculé mon itinéraire et je me retrouvais finalement coincé dans une impasse. A une rue prés, c’était dommage. Et pour couronner le tout, ce Samouraï qu’elle avait aperçu lors de son échappée se retrouvait à l’entrée de cette même ruelle, boquant toutes retraites. J’avais beau chercher autour de moi, rien ; aucune issue de secours. Je ne pouvais que lui faire face, malheureusement. Sa première remarque eut l’effet de faire se replier les doigts de ma main droite sur eux, prête à lui asséner un coup équivalent. Puis je relâchai la contraction. Un coup de main ? De l’aide ? Pourquoi un Samouraï souhaiterait me venir en aide ? J’étais intriguée. Mais la question suivante, concernant son sac m’était bien plus… délicate. Pas que j’avais grand-chose à cacher, mais…

-Ce sont mes affaires.

Répondis-je simplement. Et j’avais raison. Je n’autorisai personne à fouiller mon intimité, même si elle se résumait en quelques objets pour la plupart sans valeur. Mon matériel, mon carnet ; mes affaires ! Cela faisait sens, surtout pour moi. Qu’ils fussent paysans ou Samouraï, ils devaient s’en contenter et davantage encore ces derniers, dans lesquels je n’avais aucune confiance.

Afin d’obtenir ce qu’elle voulait, à savoir quitter cette ville, elle se força à en dire un peu plus. Aucun mensonge, jamais. Mais on ne pouvait pas la contraindre, et encore moins la menacer. Cela se finissait toujours très mal. Par ailleurs, elle ne savait pas vraiment pourquoi on voulait la fouiller. Et l’incompréhension était une chose qui avait tendance à déclencher chez elle de vives, très vives réactions. L’autre représentant de l’autorité certainement toujours dans les vapes pourrait en témoigner.

-Il n’avait aucune raison de fouiller mon sac. Les Samouraïs se permettent trop… d’injustice. Laissez-moi passer, Samouraï.

Elle en savait quelque chose.
Le tout pour le Samouraï était de poser les bonnes questions… Sûrement.



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Ven 23 Mar 2018 - 18:37
Une réponse anodine pour une question simple. Elle ne semblait pas trop agressive, c'est pourquoi il baissa sa lame. Il n'était pas totalement à l'aise, mais elle semblait elle aussi moins... Agressive, dira-t-on. Je me doute, oui. Elle n'allait pas lui répondre que c'était les affaires d'autrui. Ou qu'il s'agissait encore des gains du crime. Non, peu importe ce que c'était réellement... Le fait est qu'elle n'avait pas voulu le montrer. Le fait est aussi que le doute était réel.

Vous n'aviez aucune raison non plus de cacher le contenu de votre sac. Il n'aurait pas pu vous le confisquer sans raisons valables. Ni vous le subtiliser. Watari laissa sa voix se mourir, jaugeant la jeune femme. Elle semblait toujours sur le qui-vive. Il n'aimait pas la sensation de l'avoir coincée dans une ruelle. C'était unilatéral. C'était une confrontation. Il n'aimait pas ça. En revanche, nous recherchons des suspects et votre comportement laisse planer un doute. Il avait du mal à porter l'accusation. La jeunesse, probablement. Que mes homologues se permettent des injustices ou non, pourriez vous me montrer le contenu de votre sac ? Je ne suis pas un voleur et je suis plutôt chagriné de devoir vous suspecter. Un chagrin formé par des mots. Mais allait-elle obtempéré ? Ou l'attaquerait-elle ? Il n'en savait rien.

Mais la force dont elle avait fait preuve était tout à fait stupéfiante. Elle n'était pas un simple badaud. Tant par ses réactions que par ses actes. Watari se remit en garde, dans le doute où il devrait se défendre. Alors... Allez-vous me permettre de vérifier que mes soupçons sont infondés ?

La balle était dans son camp... Mais l'issue de cette confrontation était très incertaine...
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Ven 23 Mar 2018 - 21:08


J’observais ce jeune Samouraï un instant. Tout au plus mon âge, à peu prés. En bonne santé à première vue. Il n’était pas une cible potentielle et peut-être même pas du tout. Enfin, il restait un Samouraï et comme tous les autres, représentait un danger. Bien qu’il ne manifestait pas l’agressivité que d’autres m’avaient montré. Ses explications devaient lui paraître logique mais ne trouvaient clairement pas le même écho à mes oreilles.

Sazuka ne s’était jamais soumise aux autorités de ce pays ni à aucune autre. Si elle pouvait accorder une certaine valeur aux responsabilités et à l’autorité que pouvait incarner une personne particulière au sein d’un groupe, celle-ci n’avait en revanche aucun impact quant à Tetsu. Elle ne s’était jamais considérée comme une citoyenne, elle n’était pas Tetsujin malgré ses origines, et ne répondait pas aux lois de cette nation et de ses représentants.

Le choix n’était pas un dilemme, l’une ou l’autre solution me convenait. L’attaquer quitte en subir quelques blessures ou accepter dévoiler le contenu de mon sac. La décision ne reposait pas, à mes yeux, sur le danger imminent de la situation, loin de là ; mais bien plus la possibilité pour moi de quitter cet endroit pour ma prochaine mission. Un calcul assez rapide parvint à me convaincre d’accepter ce deal informel. Je n’avais rien à me reprocher après tout.

-Bien. Dis-je en ouvrant le sac. Vérifiez ce que vous avez à vérifier. Dis-je en m’approchant du Samouraï.

Je n’avais aucune confiance à cet instant. Les hommes, et plus encore les Samouraïs, étaient doués pour la supercherie, pour tromper leur monde. A une distance acceptable, je m’arrêtai et en sorti mon carnet que je rangeai dans ma poche. Un journal scellé. Puis, lui tendis le sac.

-Tenez, fouillez. Vous vous excuserez ensuite, et me laisserez partir. Dis-je froidement.

Je ne savais pas ce qu’il cherchait mais entre mon matériel chirurgical –scalpel, aiguilles, fil- mon flacon de désinfectant pour les stériliser et quelques livres de médecine acquis de façon plus ou moins contestables ; il ne trouverait pas grand-chose. Et il était simplement hors de question qu’une autre personne que moi ne pose ses yeux sur ce que j’avais écrits. Son contenu était bien trop précieux et ne pouvait pas être facilement comprit de tous.

Il avait probablement eu raison d'appliquer la présomption d'innocence, plutôt que l'inverse.



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Ven 30 Mar 2018 - 21:59
L'ambiance demeurait fébrile pour le jeune Watari. Il ne savait pas trop à quoi s'attendre. Et son interlocutrice aussi, d'ailleurs, vu la distance qu'elle employât pour lui tendre le sac litigieux. Elle avait cependant retiré son carnet pour le ranger sur elle. C'était suspicieux, mais peut-être avait-elle des notes intimes à l'intérieur. Il ne fit pas de remarque à ce sujet ; pas besoin d'en rajouter plus. Attrapant le sac d'une main précautionneuse, Watari regardait à l'intérieur, quelque peu méfiant, s'il fallait être franc. Mais rien n'explosait quand il s'en saisit. Par contre, son contenu confirmait qu'il s'agissait bien d'une personne qui maîtrisait la médecine. L'ustensile de découpe était bien trop spécifique, surtout en accord avec du fil et des aiguilles. Les livres de médecine à l'intérieur étaient eux aussi des preuves particulièrement probantes à cet égard. Enfin, il n'y eut que quelque chose qui le fit douter, à la fin et ce, alors qu'il allait se détendre. Si jusqu'à lors, rien semblait la mettre dans une position de criminelle, le flacon instilla un dernier doute. Vous êtes donc bien une personne qui apprend les arts médicaux...

Il avait dû ranger son sabre, mais il ne la quittait pas des yeux et se tenait prêt à intervenir. Ouvrir ce flacon le mettait dans une posture qu'il n'aimait pas trop. Les deux mains prises, ne restaient que ses jambes et ses yeux de libre, en cas d'imprévu. Nerveusement, il déboucha le flacon. Les effluves qui en émanèrent trahirent sur son visage, une expression violemment effarée. Cette odeur, était sans aucun doute, l'affreuse odeur qu'il avait pu sentir autour du cadavre de l'homme, hier. Tremblant, car mal assuré, le jeune homme ne savait pas s'il faisait face à une femme ou à une meurtrière. Le visage fermé sur cette expression, il reposa le flacon fermé dans le sac et dégaina à nouveau sa lame avant d'ajouter, de plus en plus visiblement nerveux : Avez-vous tué un homme, hier soir ? Cette phrase mortifère s'échappait de ses lèvres dans un souffle froid et amer. C'était comme une froide brûlure qui lui arrachait les entrailles avec cruauté.

Il avait déjà combattu et pris des vies. Mais entre un combat et un meurtre froid contre un être désarmé et innocent, la différence était à ses yeux, nette et glaçante. Suffisamment pour qu'il semble encore sous le choc de ce qu'il venait de comprendre. La question qu'il lui posait augmentait encore d'un cran la tension de la scène... Suspendu à ses lèvres, le jeune homme restait en garde, alerte, mais nerveux.
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Ven 30 Mar 2018 - 23:47



Pour moi, la situation était parfaitement… normale, à ça près que j’étais coincée dans une ruelle avec un samouraï bloquant la seule issue, en train de fouiller dans mon sac et racontant des choses très… obvious. Enfin, pour moi. Je n’avais rien à cacher, que j’étais un médecin n’était pas un secret. Ce n’était pas parce qu’on n’en parle pas, qu’on fait des secrets ou qu’on peut suspecter quelqu’un de quelque chose. Mais, sur ce point je lui donnais en partie raison. J’apprenais « les arts médicaux », à un verbe prés nous y étions.

-A vrai dire, je les perfectionne. Affirmais-je en souriant.

S’intéressait-il lui aussi à la médecine malgré qu’il fasse partie de la clique des bourrins ? C’était surprenant, mais pourquoi pas. Chacun était libre de faire ce qu’il voulait, plus ou moins. En tout cas il semblait s’être détendu un peu. Changement qui fut de courte durée lorsque je le vis brandir de nouveau son sabre devant moi, après avoir senti la bouteille. Un problème ? Voulus-je dire. Je ne voyais pas pourquoi il persistait à vouloir me menacer.

Puis… Tout sembla s’éclaircir lorsqu’il parla d’un homme que j’aurais tué. Je levai légèrement les yeux, réfléchissant un instant. Non, je n’avais tué personne la veille. Je n’avais fait qu’une expérience, rondement menée d’ailleurs celle-là. Puis, ma bouche s’entrouvrit légèrement, je levais un doigt. Je venais de comprendre.

-L’homme d’hier soir est mort ? Hum… Vraiment navrée de l’apprendre. Quand je suis partie, après nettoyé mes instruments, il respirait encore. Cela pose un problème ? Vous savez, ce n’était pas un très bon… homme. Bonhomme… Haha… hum. Ce jeu de mots m'avait fait esquisser un autre sourire...

L’ikeda venait simplement d’avouer, sans pression, un meurtre. Aucun mensonge, puisqu’elle le pensait encore en vie. Puis bon, la notion de mort, de meurtre… Tous ces trucs un peu futiles –comme elle les qualifiait- bien, lui étaient… Futiles. Et elle ne définissait pas cela comme un meurtre non plus, et même comme quelque chose de bien. Un double service, pour la nation, et pour elle ; pour son projet.



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Sam 31 Mar 2018 - 16:46
Ce n'était pas un très bon... Homme ? Elle en riait ? Watari, baissa sa lame, incertain, incapable de comprendre ce rictus, ce rire. Pour lui, cela était impensable. Incompréhensible. Lui qui avait été de longues années durant, disciple des arts samouraïs et la morale de la Voie, il savait à quel point la décision de tuer était grave.

Pourtant, pour cette personne, il n'y avait aucun remords. Pas d'hésitations. Juste une envie d'en faire de l'humour. Avec détachement. Sans considérer les conséquences. Sans prendre en compte la tragédie que la fin d'une vie pouvait être. Sans aucun égards, ni regards.

Elle était une criminelle et une meurtrière. Assez de stupeur. Il n'y avait alors plus qu'une seule chose à faire, en tant que samouraï. Vous répondrez de vos actes selon les lois de ce pays, alors. Tenant à nouveau fermement sa lame et en garde, le jeune homme fit taire ses doutes et mûrit les forces de son cœur. Rendez-vous et je vous conduirais au metsuke. Combattez ... Et je devrais moi-même vous tuer.

En était-il capable ? Déjà, à la vaincre ? Ensuite, à la blesser et potentiellement la tuer ? Elle était bien différente de lui, à cet égard. Watari ne prenait aucun plaisir à l'idée de verser le sang. Son regard acéré et son visage déterminé ne laissait pour autant place à aucun doute extérieur. Attendant la décision de la jeune femme, le jeune homme se préparait à l'affrontement imminente. La tension, désormais à son comble, semblait étrange eu égard au jour qui se faisait de plus en plus lumineux malgré la mortifère ambiance...
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Sam 31 Mar 2018 - 22:02



Et bien... Ne combattons pas. Je n'allais effectivement pas me battre contre lui. Et je n'allais pas me rendre aux autorités pour une raison aussi saugrenue et surtout dominée par un système aussi... Il pouvait me tuer s'il le souhaitait. Je n'avais contre lui malgré son appartenance. Je ne comprenais simplement pas pour quoi il voulait absolument m'arrêter. Je n'avais pas tué cet homme après tout... Et quand bien même. Était-ce si important ?

Au moins, il n'était comme ces autres hommes avec un trop plein de testostérone, je pouvais reconnaître ça. Malgré son sabre levé, je le percevais toujours pas comme une menace et ne ressentais pas encore l'appel des armes. Même si je me battais sans, cela va de soi. Même si je n'acceptais aucune de ses propositions, un autre problème se dessinait, comment lui faire entendre raison ? Était-ce un défi qu'on me proposait ?

-Je ne l'ai pas tué. Affirmais-je. Nous ne nous affronterons donc pas. Et je ne vous suivrai nul part. Confirmais-je.
-Je suis navrée, vraiment, qu'il soit mort. Mais, je ne pense pas que sa mort me soit directement imputable.

Arguais-je sans m'attendre à ce que cela soit suffisant pour lui faire changer d'avis. Je me devais d'éclaircir certaines lanternes.

-J'y étais, c'est indéniable. L'odeur de ce produit en atteste, à priori. C'est un puissant aseptisant. Pensez-vous que je me serais attardée à désinfecter mes instruments, et la zone visée; pour finir par le tuer ?

Sazuka n'opérait jamais pour tuer, mais la mort survenait toujours, ou presque. Ceux encore en vie pour le prouver ne pouvaient néanmoins plus en parler. Le choc, le trauma; peut-être. Si tout cela paraissait logique à la jeune femme, il était évident que personne d'autre qu'elle ne pouvait le percevoir ainsi.

-C'était une personne néfaste, alcoolique, qui battait femmes et enfants, coupable de crimes restés impunis. Et il participait, volontairement, à un projet... Que vous les Samouraïs ne pourriez comprendre... Il a voulu se racheter, et dans ce processus, n'a pas survécu. Voilà tout. Ainsi conclus-je mon explication.
-Mais, je ne m'attends à ce que vous compreniez. Bien sûr. Répétais-je.

Achevais-je en m'avançant d'un pas assuré non pas vers lui, mais vers la... sortie ? Peut-être me rendrait il mon sac, au passage, en guise d'excuses.

Si cela parfaitement aux oreilles de l'Ikeda, que c'était l'unique vérité pour elle, il y avait fort à parier que le Samouraï ne serait pas du même avis.


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Dim 1 Avr 2018 - 23:12
Rien ne prouve qu'il a donné son accord pour subir l'opération. Et quand bien même ; si celle-ci est responsable de son décès alors qu'il allait parfaitement bien, cela demeure un meurtre ! Il ne comprenait définitivement pas ce qu'elle disait et pourquoi elle le disait. Cette logique n'en était pas une ; ou alors, elle semblait être totalement tordue. Watari ne comprenait pas ce qui se tramait dans l'esprit de la femme qui lui faisait face. Est-ce qu'elle était folle ? Il n'y avait pas d'autres solutions que de croire en cela : sa manière de réagir comme si ce qu'elle avait fait été normal et d'en faire quelque chose de tout à fait ordinaire.

Pire, elle en vint bientôt à donner des justifications qui sonnaient comme des excuses, comme des causes légitimes. Et elle ne blaguait pas du tout à ce sujet. Elle était très sérieuse. Elle admettait même en toute franchise qu'elle avait été présente et qu'elle était celle qui avait opéré cet homme. C'était comme si pour elle, elle était certaine que personne d'autre ne comprendrait autrement ses actes et ses paroles. Et dans le même temps, elle semblait être certain que ça le convaincrait pas. Comme si elle acceptait dans une drôle de logique d'être la seule à avoir raison et que personne ne la comprenait, si ce n'est-elle-même. Un projet ? Avait-il ajouté, quelque peu sonné des explications kafkaïennes de la femme. Vous allez me suivre et raconter ça au metsuke. Avait-il ajouté alors qu'elle s'approchait probablement pour tenter de s'échapper. Probable que pour elle, ce départ était légitime. Mais Watari lui bloquait toujours la sortie, lame prête à frapper. Il était hors de question pour lui qu'elle parte sans payer le crime qu'elle avait commis.

Il n'en serait le juge qu'en cas de nécessité. Mais pour le reste... Il faudrait qu'il l'emmène auprès du censeur local pour qu'elle puisse lui raconter ce qu'elle savait... Un tel crime d'honneur ne pouvait rester impuni.
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Lun 2 Avr 2018 - 15:43



Je sourcillais en l'entendant parler d'accord. Quand je disais qu'il ne comprenait pas... Mes sujets étaient, de par leur nature, systématiquement consentants, je leur signifiais simplement à chaque rencontre qu'ils étaient volontaires et ils n'avaient pas d'autres choix que d'accepter leur nomination. Cela devait être un honneur pour eux que de participer à mon projet, de servir un intérêt supérieur. Et comme bien souvent… Le concept même d’intérêt supérieur échappait à beaucoup de personne. Et franchement, je n’allais pas perdre mon temps à expliquer en détail son but. Ainsi, alors que le jeune Samouraï me barrait toujours la route, je continuai d’avancer jusqu’à me retrouver nez à nez avec le sabre.

Je n’étais pas experte en sabre, forcément, vu l’affection que je pouvais porter à ce type d’arme ; mais je pouvais affirmer que c’était un vrai. D’un geste plutôt lent, sans aucun signe d’agressivité, je posai le bout de mon doigt sur sa pointe.

-Je ne doute pas de votre… savoir-faire ; mais vous risqueriez de me blesser mortellement, si votre arme est orientée ainsi. Puis soudainement j’empoignais la lame, l’enserrant complètement. Mon sang s’écoula lentement le long de la lame, commençant à perler sur le sol. Puis, je redirigeais sa lame, non sans une certaine force. Là, entre la dixième et la onzième côte. Tu épargnes ainsi le poumon, et tout organe vital.

Je n’étais pas complétement idiote non-plus. S’il était doté de ce légendaire honneur propre aux Samouraïs, il n’allait pas abattre un suspect de sang-froid, d’autant plus que ce dernier n’était pas… menaçant. Je l’observais un instant. Peut-être allait-il défier tout ce que je pouvais connaître des Samouraïs et agir aussi brutalement que tous les autres, et se penser au-dessus des lois. Cela ne m’étonnerait pas, à vrai dire. En empoignant sa lame, j’avais fait en sorte de ne toucher aucun nerf, aucun muscle vital à mon expertise. Puis, avant qu’il ne réalise, je donnai une impulsion du pied et fis pénétrer le métal froid dans mon corps, là où je lui avais dit.

La douleur fut brutale, perçante, sans mauvais jeu de mot. Mais j’avais été habituée à pire et sans y consentir, d’ailleurs. Et je m’enfonçais plus loin encore et sentis sa pointe transpercer mon flanc, juste en dessous de la dernière vertèbre dorsale. A quelques millimètres se trouvaient plusieurs organes, sans être tous vitaux, qui pourraient me causer bien plus de « mal » s’ils étaient touchés. Mais cela allait, tout était sous contrôle.

Empalée jusqu’à la garde, je me retrouvais maintenant à quelques centimètres de son visage et ma main ensanglantée se retrouvait sur son avant-bras.

-Bien… Soufflais-je sous l’effet de la blessure saignant plutôt abondamment mais néanmoins sans réelle gravité. Nous allons voir le… Metsuke ? Expliquer tout ceci… Ajoutais-je, en restant cramponnée à son bras. Mais, évites de retirer ton sabre trop brutalement. Ajoutais-je alors que ma transpiration se faisait bien plus abondante.

Si ça ce n'était pas de la détermination... Puis... Ce qui ne me tuait pas me rendait plus forte, non ?
Qu'allait faire le jeune Samouraï

Spoiler:
 



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Sazuka [Sazuka] n.p - n-f : Nom propre désignant l'histoire des premières fois
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Ce que nous devons faire (Hoshino Watari)

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