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La bouteille à l'encre [Pv: Akahoshi Hisao]

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Jeu 22 Mar 2018 - 17:04
Une semaine et quelques jours après l'attaque de Kumo.

Décidément, ce monde shinobi souffrait.
Pourquoi Kaldea s'était elle ainsi retournée ? Takara la connaissait. Malgré les distances qu'elle affectionnait à l'égard du village caché, les activités du clan et plus précisément ce qui avait trait à la grande bibliothèque constituaient un lot d'obligations auquel elle ne souhaitait pas se soustraire. Aussi, sans parler d'amitié, une note de respect demeurait envers cette femme, dorénavant considérée comme une traîtresse. A juste titre.
A juste titre, oui, pour peu que l'on se cantonne à une vision profondément manichéenne, du point de vu de Kumogakure, de ses biens ainsi que de ses intérêts. Les actions saugrenues et condamnables de Kaldea ne puisaient pourtant pas leur origine dans une quelconque folie, ni un bête mercenariat, ça, la trentenaire en demeurait persuadée. Ce que certains qualifiaient de manigance pouvait tout aussi bien être décrit comme un accomplissement par d'autres. La Suzuri dissidente avait agi en son âme et conscience, un idéal en tête.
Le Soshikidan...
Dépeint comme une organisation criminelle d'une part, comme un mouvement libérateur d'une autre. Leur vision extrémiste encourageait la perte des villages cachés et ce qu'ils généraient en bons bellicistes, et à ce propos, Takara ne risquait pas de se prononcer. Elle n'aimait pas particulièrement les shinobis. Mais il y en avait et continuerait d'en avoir, villages ou non. De plus, elle doutait légitimement de la forme que prendrait une telle organisation si elle parvenait à ses fins et investissait une terre quelconque. Détruiraient-ils ce qu'ils combattent, ou les remplaceraient-ils, tout simplement ?
L'Histoire étant jonchée d'erreurs qui se répètent et ce à tous les niveaux, il y avait ici encore de quoi émettre quelques réserves.

Peu importe. Kaldea s'assumait finalement d'un autre bord - Il y avait fort à parier qu'elle le payerait cher. Probablement de sa vie... Elle ne s'opposait pas à des enfants de cœur, d'ailleurs, là était assurément toutes les racines du problème.

Voilà sur quoi se reposait la pensée de Korekuta, même si de toute évidence cela ne l'empêcherait pas de poursuivre son train-train quotidien. De l'hostilité tenue en échec par les forces kumojins, il ne restait plus qu'un sobre désordre et un flot de paroles aussi racoleuses que tumultueuses. Aussi elle s'était attelée à la réhabilitation de la grande bibliothèque, complétant approximativement la version de toute cette histoire en laissant traîner son oreille ici et là, mais plus important encore, s'éternisait pour une autre raison : l'élection du nouveau chef de clan. Une fonction étrangement délaissée, alors que les composantes de cette famille constituaient un pilier de taille au village, réunissant qui plus est des natifs de Kaminari no Kuni à l'inverse des deux autres clans. Sauf qu'il fallait croire que la mise en avant d'un meneur particulier n'inspirait pas plus que cela les Suzuri... Takara la première ne pouvait jeter la moindre pierre, elle s'en moquait éperdument. Si l'idée d'assurer une gestion plus intensive ne l'effrayait pas, celle de rester cantonner à Kumogakure en revanche l'épuisait par avance.
Il s'agissait là de sa raison à elle. Pour les autres, peu importait, car au final la fougue d'un jeunot parvint à emporter l'adhésion. Suzuki Takeshi. Pourquoi pas. Certains étaient emballés par l'idée d'une gloire retrouvée et les autres ne trouvaient aucun intérêt à la contestation.

Deux événements plutôt enrichissants, en y repensant. Mais la kunoichi, loin de se stresser avec tout ce fatras, se contenta de proposer son soutien au jeune chef de clan durant le premier mois de sa prise de fonction. Sa contribution personnelle, avant qu'elle ne reparte vers son habitat de Teitetsu pour ne plus revenir qu'en pointillé. Après tout, son manque d'intérêt politique ne la transformait pas pour autant en sauvageonne, or ce qu'elle savait et que le jeune Takeshi sous-estimait certainement, c'est que ce type de fonction s'avérait particulièrement chronophage. Sans doute une raison pour laquelle les Suzuri ne revendiquaient jusque là pas cette place ; entre ceux déjà plongés dans leurs travaux personnels et ceux investis dans le système shinobi, et donc plus fougueux que consciencieux, le candidat idéal n'apparaissait pas.

Takara songeait donc aux événements récents, quittant la bâtisse principale afin de goûter à un grand bol d'air frais.
Son repère à Teitetsu lui manquait déjà...

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Lun 26 Mar 2018 - 13:08
Le regard rivé sur mon bras couvert de bandage, j’évaluais l’état de mon poignet et de mes doigts, que je faisais calmement remuer et bouger. Les blessures infligées par la traîtresse Suzuri m’avaient laissé dans un état plutôt regrettable, mais je n’avais moi-même pas fait preuve de beaucoup de prudence dans l’usage de mes techniques. De toute manière, c’était derrière moi, et ça n’avait été, finalement, qu’un moyen de mieux comprendre l’utilisation de ma capacité.

Ce qui était cependant plus important, c’était que mon séjour à l’hôpital m’avait permis de repenser à tous ces événements. Une cogitation aussi intense qu’emmerdante qui me fit réaliser une chose : Vu mon arrivée récente à Kumo et, en quelque sorte, à Kaminari, j’avais besoin d’en apprendre plus sur Kaldea et, pourquoi pas, sur les Suzuri. Et pour cela, il n’y avait pas une centaine de possibilités : Je ne connaissais aucun Suzuri, alors j’allais devoir demander directement à l’un d’eux. Et pour les trouver, je n’avais pas d’autre choix que de me rendre dans leur domaine.

Plusieurs bâtiments plutôt impressionnants, qui formaient un petit quartier clanique. On ressentait aisément que c’était leur territoire en regardant les murs. Au-delà des motifs et des peintures parfaitement exécutées, on pouvait constater plusieurs graffitis, et ce, à différents endroits. Je reconnaissais facilement certains dessins venant d’enfant, tandis que d’autres étaient logiquement fait par des Suzuri plus expérimentés.

Finalement devant la porte de la demeure Suzuri, je donnais quelques coups avec mon majeur et attendais que l’on vienne m’ouvrir. J’avais tenté plusieurs portes mais sans succès. J’imagine que les récents événements, couplé à ma tenue, mes bandages et mon visage, n’aidaient pas vraiment.

J’eus cependant enfin la chance d’être accueilli par quelqu’un, une femme élégante arborant quelques petits tatouages discrets.

- Bonjour, Akahoshi Hisao. Désolé de déranger alors que le village est occupé à traiter les blessés et réparer les dégâts matériels, mais j’aimerais pouvoir discuter à quelqu’un à propos de Kaldea. Est-ce que je pourrais entrer ?

Face à une légère hésitation, je préférais préciser rapidement mon intention.

- C’est pas pour faire des reproches ou pour me plaindre. C’est surtout pour tenter d’en savoir un peu plus sur elle, sur son clan et sur l’avis de celui-ci sur ses actes. Juste… de la curiosité. Et pour être totalement transparent, je m’intéresse à tout ça car j’ai été aux premières loges pour subir sa trahison donc…
Je haussais les épaules en affichant une petite grimace neutre. Ma voix et mon visage n’étaient pas du tout agressifs ou provoquants. J’étais vraiment pas là pour ça. Si tu es capable de me partager certaines informations personnelles – ou pas – sur elle, ce serait sympa. Et si tu te demandes pourquoi ça tombe sur toi, bah… les autres n’ont pas vraiment cherché à m’accorder du temps.

Bon… je la tutoyais mais c’était une habitude que j’avais pas encore réussi à perdre.

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Mar 27 Mar 2018 - 5:23
Ouch...
Un onomatopée parfaitement adapté à ce que ressentit la trentenaire en ouvrant la porte du domaine à l'inconnu qui venait de toquer. De toute évidence shinobi, l'aura de cet homme suintait d'une lourdeur qui ne pouvait la laisser indifférente ; elle ressentait ces choses là. Un certain instinct, un sens de l'observation. D'un regard elle devinait partiellement à qui elle avait affaire, et ce dernier, même si porté par une force incontestable, conservait avec lui des bagages peu reluisants, un encombrant passif qui ne contribuait certainement pas à la beauté en ce monde. Il était abîmé. Pas seulement physiquement.
Takara n'affichait pas son ressenti au delà d'un hochement de tête en guise de salutation. Écoutant jusqu'au bout la justification de cette venue improvisée, elle se contentât de lui faire signe d'entrer dans la cours intérieur avant de prendre à son tour la parole, brièvement.

Suzuri Takara.
Asseyez vous et patientez un instant s'il vous plaît.
Désignant une table en pierre entourée de sièges tout aussi rustiques.

Elle s'éloigna d'une dizaine de mètres. Partie à la rencontre d'une petite annexe extérieur d'un des bâtiments, elle ouvrit la porte, donnant une vue sur une sorte de cuisine simpliste ; des tas de sel, des jarres, une poignée d'ustensiles. Au cours d'une brève cérémonie toute en grâce, elle prépara deux tasses de thé, puis plongea sa main dans un des tas de sel avant d'y ressortir un bocal contenant quelques prunes umebosis. Elle en préleva une partie qu'elle plongea dans l'une des tasses, et la mélangea à l'aide d'une baguette. Si tout cela lui avait pris un peu de temps, elle ne s'en souciait pas et semblait pleinement consacrée à sa tâche.
Elle revint à proximité de son interlocuteur, déposant la tasse devant lui, l'attitude amicale.

Voilà, j'ai tout mon temps à vous accorder.
Bon. Au nom du clan je m'excuse encore pour ce que vous avez subi...
Par contre je ne suis pas certaine de pouvoir vous aider, cette trahison est regrettable, je ne pensais pas que Kaldea agirait ainsi.

La trentenaire baissa la tête quelque temps, songeuse, secrète. Ses propos relevaient plus de la formule toute faite que d'un véritable avis personnel. En réalité, depuis que ce retournement de situation était acté, elle le comprenait et le justifiait sans la moindre difficulté. Pour autant Kaldea demeurait jusqu'ici un exemple au sein du clan, mettre en doute sa loyauté par le passé aurait été véritablement osé.

C'était une femme investie et aboutie. Plus dégourdie que la normale. Je l'appréciais beaucoup... Même si... Même si je la trouvais un brin trop en proie à ses sentiments pour être un véritable exemple à suivre. Je ne sais pas exactement ce que vous souhaitez apprendre de concret à son sujet : Après tout elle n'est plus qu'une cible à abattre pour vous désormais, et elle le sait tout autant que moi. Peu importe ce que je peux vous livrer, cela ne vous aidera donc pas à la retrouver. Kaldea n'avait pas envisagé l'échec, ça c'est certain, mais elle s'était préparée à faire tomber le masque.
A partir de là...


Elle ne termina pas sa phrase, relevant plutôt les mains comme pour signifier que tout était possible et que personne ne la reverrait de sitôt. Un nouveau silence, puis elle attrapa sa tasse le temps de boire une gorgée. L'instant suivant, elle enchaînait sur un nouveau commentaire plus inquisiteur - Il n'y avait pas spécialement de méfiance dans son regard, mais il fallait croire qu'elle préférait crever l'abcès.

Si vous pensez que le clan la couvre ou maintient contact d'une façon ou d'une autre, alors vous faîtes fausse route.

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Mer 28 Mar 2018 - 14:06
Un soupçon d’hésitation avait orné son regard et son visage. Elle se décida tout de même à me faire entrer, ce qui me fit lâcher un petit soupir de soulagement. Le porte à porte dans cet état ne me plaisait vraiment pas, d’autant plus que je n’étais pas la personne la plus patiente dans ce genre de situations. Je pense que j’aurai tout simplement abandonné si la dénommée Takara n’avait pas accepté de me parler de la traîtresse.

C’était sans surprise que je découvrais un lieu particulièrement vaste et harmonieux. Bien loin de mon appartement qui était tout sauf personnel ou original. Cela dit, tout restait assez simpliste. Je me serai attendu à des choses beaucoup plus fantaisistes de la part des Suzuri.

Elle m’avait fait attendre quelques minutes afin de m’apporter un thé. J’aurai bien sorti mon Kiseru pour fumer en attendant, mais ça aurait été franchement impoli de ne pas demander son autorisation avant. Mais bref, les sujets importants commençaient à être étalés, et une précision s’imposait d’entrée de jeu.

- Merci pour le thé. dis-je en inclinant très légèrement la tête avant de poursuivre après son discours. Non, non, je t’arrête tout de suite. J’veux pas espionner le clan Suzuri, gratter des informations sur la localisation de Kaldea ou encore trouver d’autres traîtres. Ca n’a rien à voir. Comme je te l’ai dit, c’est vraiment pour connaître le fond de l’histoire que je suis venu ici.

La précision n’était peut-être pas nécessaire, vu qu’elle me parlait finalement de Kaldea d’une façon qui attisait ma curiosité. Une phrase en particulier, concernant son émotivité et sa faible résistance face à ses sentiments, m’avait intrigué. Les yeux plissés, j’apportais le thé encore chaud à mes lèvres et prenais prudemment une petite gorgée.

- Je ne veux pas remuer le couteau dans la plaie, mais j’avoue être plutôt étonné par ça. Est-ce que tu saurais ce qui pourrait avoir provoquer cette trahison ? A part quelques traîtres Suzuri enfermés à cause des élections truquées, je ne me souviens pas d’une situation où ton clan aurait pu en vouloir à Kumo.

Ma main posée sur la table en pierre, je faisais tapoter deux fois tous mes doigts, marquant ainsi une légère réflexion de mon côté.

- Quand on a réussi à la mettre en fuite, elle avait vraiment un regard meurtrier et une rage débordante. Et j’avoue avoir du mal à piger ce qui pourrait l’intéresser au Soshikidan. Ton clan a aidé à fonder ce village tel qu’il est aujourd’hui. Vouloir qu’il soit légèrement différent, je peux le concevoir. Mais adhérer à cette organisation pseudo-libératrice ? Ça m'échappe.

D’un petit haussement d’épaule, je sortais mon Kiseru et pointais mon regard sur elle. « Je peux fumer ou ça te dérange ? » Selon sa réponse, je l’allumerai ou le rangerai. Mais plus important – enfin, rien n’est plus important que mon Kiseru mais voilà – j’avais une autre question.

- Et… par curiosité. Qu’est-ce que toi et le reste du clan en pensez ? Je veux dire… D’accord, tu regrettes son acte, bla bla bla. Mais, au fond ? Je m’en fous si ton avis ne me plaira pas. Je veux juste savoir quel motif peut justifier un meurtre sur trois membres du Kyuubu et une trahison aussi importante.
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Jeu 29 Mar 2018 - 9:00
Allez-y. Soufflait-elle au passage sans l'interrompre plus encore, l'autorisant donc à allumer son kiseru.

Il en avait de toute manière presque terminé. Cependant, si le franc-parler du gaillard demeurait plaisant, il commit une faute sur la toute fin ; une petite faute de rien du tout mais néanmoins suffisante pour la faire réagir - Elle devait mettre les choses au point également. Il devait se rendre compte que tout le fatras qu'il étalait au sein du domaine Suzuri et plus particulièrement auprès de Takara n'était pas spécialement le bienvenu. Ni vexée ni agacée, elle rétorqua rapidement.

Bla Bla Bla ? Vous allez vite en besogne, Akahoshi Hisao. Je ne fais rien d'autre que répondre aux questions : Le Clan trouve que c'est regrettable. Kaldea était une femme modèle et ne traînait pas de vilaines casseroles derrière elle.
Je vous ai ouvert la porte, n'essayez donc pas de la forcer.


Sa phrase se terminait sur le son de sa tasse déposée fermement sur la table. Ses sourcils s'étaient légèrement froncés.

Je comprends parfaitement que cette sale histoire soulève des questions mais je ne suis pas là pour subir votre ardeur ni votre désarroi... Respectez mes paroles et cette conversation n'en sera que moins entachée par le blabla.
Vous me demandez pourquoi : Je n'en sais rien.
Ce que j'en pense ? Je suis dubitative. Il n'y a que la rancœur qui aurait pu pousser Kaldea à la trahison. Celle-ci était préparée, il est donc difficile de savoir depuis quand et pourquoi. Concernant les dits meurtres, je suppose que vous le premier devriez en connaître les tenants et les aboutissants puisque vous y étiez d'une part, et que vous êtes un bulldog féru du système shinobi d'une autre.

De ce que j'en sais, l'Académie n'enseigne pas l'art de la poterie ou du tissage. Les différents se règlent par le sang, non ?

Elle marqua un silence.

Si demain, je venais à heurter Kumo, je n'aurai que des mots pour me justifier mais cela n'empêcherait pas le village de me priver de la vie.
Kaldea, elle, est forte. Et très intelligente. Sa trahison étant sans retour et ayant aussi hérité d'une formation de ninja, je ne doute pas un instant qu'elle n'ait aucun scrupules dans l'action.


Takara retint un soupire avant de se murer dans un bref silence. Puis, comme si ce laps de temps lui avait suffit à peser la situation, elle reprit sur une note plus douce.

Excusez-moi... Je ne suis certainement pas la mieux placée pour vous aider. Il y a pour moi mille et une raisons de perdre les pédales dans votre monde de shinobis. Je ne m'attendais pas à ce que Kaldea sombre à ce point.
C'était quelqu'un de bien...


Oui, ça, elle le pensait. Maintenant, elle ne fréquentait pas assez ce parent clanique pour avoir suivi un quelconque bouleversement dans son existence. En conséquence l'insistance de son interlocuteur exerçait une pression inconvenante. Bien qu'elle gardait à l'esprit que ce dernier n'effectuait que son travail, il s'avérait difficile de mettre de côté ce ressenti personnel qui s'étalait bien au delà de cette seule affaire.

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Jeu 29 Mar 2018 - 14:34
Je fronçais également les sourcils, mais d’incompréhension. Je sais que mes talents en sociabilité n’étaient pas les plus aiguisés, mais elle n’était pas non plus la plus facile à gérer. Une certaine susceptibilité pouvait clairement se ressentir dans sa première réponse, que je me devais de clarifier – encore.

- Oi. J’ai pas dit ça par rapport à ce que tu m’as répondu, je voulais juste souligner que le politiquement correct et les phrases pré-faites, c’était pas ce qui m’intéressait. Je fais ni te juger, ni t’agresser. Y a juste eu malentendu, là.

Et sincèrement, j’aurai bien argumenté encore plus derrière, mais elle me faisait déjà l’honneur de m’accueillir et d’essayer de répondre à mes questions. Donc j’allais pas pousser la chance plus loin, même si j’aime pas spécialement ce genre d’incompréhension.

- Petite correction, je ne suis shinobi que depuis peu de temps, en fait. En tout cas, officiellement. Donc non, je n’en sais pas grand-chose.

Cette correction me permettait également de souligner le fait que j’aurais pu m’énerver sur le terme « bulldog », mais que j’étais bien loin de ce genre de détail.

- J’ai beau être ignorant, tu te fais une image bien triste du système shinobi. De ce que je sais, le sang, les exécutions, les meurtres et autres tueries ne sont pas la spécialité du plus grand nombre. On a des spécialistes, mais c’est restreint et ça concerne les ennemis, pas les habitants de Kaminari. La vie ne se vole pas bêtement et simplement.

Difficile à gérer et cerner la Suzuri. Je pensais que c’était mes lacunes en sociabilité qui posaient problème, mais je commençais à croire qu’il y avait peut-être quelque chose de plus profond que ça.

- C’est trop personnel si je te demande ta relation avec Kaldea ? Je me répète, vu que c’est visiblement pas clair, je suis vraiment pas là pour t’emmerder ou te provoquer. Mais je suis passé par des années… compliquées. Du coup, je veux être sûr d’en savoir le plus possible quand je la retrouverai. Comme je dis souvent, la justice aveugle et absolue m’intéresse vraiment pas.

Discrètement, je soupirais. En espérant qu’elle pige enfin que je suis pas là comme un vieux gars qui veut râler, qui veut se renseigner ou quoi que ce soit de ce style. C’est quand même pas croyable d’être toujours sur ses gardes, comme ça. Mais je suppose que c’est normal. Surtout dans cette situation.

- Et justement, je doute pas que ce soit quelqu’un d’intelligent. De ce que j’ai compris, elle gérait la bibliothèque mais également d’autres documents confidentiels. C’était donc quelqu’un sur qui on aurait dû pouvoir compter. Elle semblait angoissée ou perturbée depuis quelque temps ? Si on peut retrouver le moment où elle a commencé… je cherchais mes mots pour ne pas frôler l’incident social encore une fois… à penser à mal de Kumo, ça pourrait m’aider à bien cerner le problème.

Je me massais quelques instants les sinus, avant de plonger mon regard dans le sien.

- Je suis pas là en tant que shinobi de Kumo. Mais en tant qu’Akahoshi Hisao. Je viens pas chercher des informations pour Kumo, mais pour me faire mon propre jugement. Je n’aime pas suivre la masse sous prétexte que quelque chose semble évident. C’est tout. Si ça ne te convient pas, je préfère partir arrêter de te déranger pour éviter tout malentendu.

C'était dit sans once de violence, d'exaspération ou de jugement. C'était juste franc et calme.

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Jeu 29 Mar 2018 - 20:23
Certes sur ce coup là, elle n'incarnait pas la meilleure des hôtes.
Du moins c'est ce que Takara ressassait à mesure des paroles du colosse, qui semblait décidément sincère dans sa démarche. Pourquoi s'était-elle permise une telle réaction ? Le désagréable ressenti lors de l'entrée en scène de ce dernier n'y était certainement pas étranger ; le fait est qu'elle accordait bien plus d'importance en son instinct qu'en les gens eux-mêmes... Mais pour le moment, le comportement adverse travaillait sa propre culpabilité.

Excusez-moi, encore une fois.

Insistait-elle, en baissant son bras gauche sous la table, signe de gêne qu'elle contrôlait pourtant d'ordinaire. La mémoire du corps humain demeurait prodigieuse - Quand cette émotion parvenait à percer son sens du contrôle, le réflexe concernait toujours son bras gauche à la main absente, désormais remplacée par un plus lourd gantelet. Marque de honte pour cette dernière. Puis elle reprit, au plus naturel.

L'image que je me fais du système shinobi est loin d'être fantasmée, mais là n'est pas le sujet, n'en parlons plus.
J'ai perdu l'habitude d'être au centre d'autant d'agitations, entre les tumultes du clan et votre arrivée au moment même où j'espérai pouvoir me détendre, j'en manque à tous mes devoirs. Il s'agit de ma faute et non de la votre.


Une nouvelle gorgée, le regard qui s'égare momentanément afin de puiser dans les souvenirs.

Comme je le disais c'était une femme aboutie et impliquée, nous nous sommes toujours entendues au sein du clan mais j'ai pris mes distances avec Kumogakure afin d'exercer en solitaire il y a un long moment de cela. Trop peu de contacts durant tout ce temps. Suite au décès de Shinobi, elle a reprit les rênes du clan avec aplomb malgré la tristesse. Son discours était émouvant... Elle avait des sentiments pour Shinobi, oui, peut-être même plus que les autres Suzuri, après tout. Mais j'ai assisté à son investiture. Elle savait tout autant que "nous" que ce dernier s'était sacrifié selon ses principes et que les regrets ne devaient pas gangrener le clan.
Elle a bien parlé ce jour là, faisant preuve d'une force qui fait défaut chez nous - Nous ne versons pas réellement dans le "leadership". Contrairement à aujourd'hui, la question de la succession ne s'était pas posée à la mort de Shinobi : Kaldea était là. Elle a donc naturellement pris la tête du clan.


En potassant le sujet, Takara soulevait des détails d'envergure. Si le sens de la déduction ne lui manquait pas, il semblait par conséquent évident qu'elle n'avait pas accordé énormément d'importance à tout ceci vu qu'elle ne livrait ces informations que maintenant. Volontairement éloignée de toutes ces histoires, elle s'incluait tout juste parmi les personnes désolées par la mort de Shinobi ; tout comme elle se fichait actuellement de l'arrivée de Takeshi au même rôle. Pour Kaldea s'était différent, elle l'avait malgré tout un peu plus fréquenté. En fait, elle avait même été touchée par cette dernière, plus par ce qu'elle était plutôt qu'à travers leur relation. Encore cet instinct qui lui avait joué des tours ?
La trentenaire se perdit dans le regard de son interlocuteur qui s'était mis à la fixer. Elle se retint de poursuivre, finalement plus intéressée par l'idée de le voir soumettre son propre avis sans subir le moindre zeste d'influence de sa part.

Après tout il était là pour se faire son propre jugement.
La Suzuri avait déjà le sien.


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Sam 31 Mar 2018 - 8:17
En temps normal, j’aurai lâché un long soupir de soulagement. Me montrer expressif ne me dérangeait jamais et sincèrement, l’avis des gens sur moi, je m’en foutais pas mal. Je n’étais pas là pour me faire aimer par tout le monde. Pour autant, malgré une entrée en matière compliquée, la Suzuri était loin de m’être désagréable. Après mes efforts pour arranger les choses, je n’avais pas envie de recréer un malentendu qui n’aurait été qu’un retour en arrière de la conversation.

- Pas la peine de t’excuser avec moi. J’peux comprendre.

Mon œil s’attardait quelques rapides secondes sur son bras gauche qui vint se dissimuler sous la table. Mon regard avait davantage été attiré par le mouvement que par la curiosité ou le doute, ce qui explique que je n’ai pas passé plus de temps à me poser des questions là-dessus. Mon attention était plutôt portée sur ce que me disait Takara sur la relation qu’entretenait Kaldea et Shinobi. C’était plutôt flou mais l’idée générale était là : Les sentiments qu’avait Kaldea pour Shinobi étaient plus profonds que ne le voudrait une simple amitié. En tout cas, c’était comme ça que je le comprenais.

- En fait, c’est ça qui me surprend. J’ai un peu parlé avec certaines personnes qui connaissaient Kaldea – que ce soit un peu ou beaucoup – et ils s’étonnent tous de ce qu’il s’est passé. En fait, certains m’ont même traité de menteur quand j’ai rendu mon rapport. Sauf qu’un géant d’une dizaine de mètre fait d’encre et son absence, ça laisse pas trop de place au doute…

Je soupirais, apportant mon Kiseru entre mes lèvres. D’une fine inspiration, la fumée vint parcourir mes poumons avant de s’échapper par le coin de ma bouche dans un tracé blanc qui se dissipa progressivement dans l’air.

- Elle dirigeait le clan, elle avait une position privilégiée à Kumo et n’avait jamais montré des doutes ou des craintes sur le village. Je marquais une rapide pause, frottant ma joue avec perplexité. Pourtant, je comprends bien que la mort de Shinobi a laissé une profonde marque.

Mais voilà le problème. Tous ces éléments laisseraient entendre qu’elle n’avait aucune raison de rejoindre le Soshikidan. En fait, même en tordant les choses dans tous les sens, je n’arrivais pas à m’imaginer un scénario qui avait du sens.

- Ca peut sembler incroyable mais… est-ce qu’elle aurait pu être bien plus affectée par la mort de Shinobi qu’elle le prétendait ? Au point de douter et d'accuser tout et n'importe qui ?

Je buvais une gorgée du thé que la Suzuri avait préparé avec un air pensif. On arrivait vraiment dans une situation qui me dépassait un peu. Je me grattais légèrement l’arrière de la tête, trahissant une certaine forme d’hésitation.

- Si je la recroise et qu’elle me menace encore, je vais devoir prendre une décision. Et c’est pour cette occasion que j’ai besoin de connaître ton avis là-dessus. Elle a tenté de me tuer, elle a trahi Kumo et ses secrets, mais également ses amis. Pourtant… j’hésite. Quelque chose au fond de moi me dit qu’elle ne mérite pas une exécution pure et simple. Pas avant de s’être confrontée avec son propre clan, par exemple…
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Dim 1 Avr 2018 - 5:33
Le Jônin se creusait vraiment la tête.
Si cette considération assidue envers son enquête intrigua d'abord Takara, ce fût la conclusion de ce dernier qui la séduisit pour de bon ; il ne cherchait pas à abattre un bête jugement à propos de Kaldea et flattait même l'ordre naturel des choses en dénonçant le principe de l’exécution, y préférant un procès avec le clan Suzuri aux premières loges. Procédait-il ainsi faute aux précédentes remarques quelque peu subversives de la trentenaire ? Non, elle ne le sentait pas. En cet instant, elle ne lisait en lui qu'une sincérité des plus concrètes.

Touchée, elle laissa un léger sourire apparaître sur sa moue contrite. Elle baissa doucement la tête, s'accordant le temps de la réflexion avant de répondre.

Chaque être doit répondre de ses actes, peu importe leurs poids... Ne pas le leur permettre est criminel, à mes yeux.
Ou du moins laissera toujours inachevée la quête de vérité.
De la paume de sa main, elle caressa la surface minérale de la table, songeuse. Vos paroles sont justes... Si la rébellion de Kaldea devait se terminer, j'aimerai que ce soit de votre fait. Bien sûr j'ai conscience de la réalité, elle ne se laisserait pas faire et, de toute évidence elle serait prête à vous tuer sans faire preuve de cette même considération que nous lui portons.
Mais ce n'est pas parce qu'elle a sombré dans l'erreur que l'on doit en faire autant.


La Suzuri se ressaisit, recréant le contact visuel de tantôt. Il lui avait posé d'autres questions, et elle s'était intimement décidée à lui livrer tout son ressenti concernant l'affaire. Même si... Même si cela impliquait de développer sur un sujet auquel elle n'accordait à la base pas tellement d'importance.

De là à dire que tout ceci est du aux sentiments de Kaldea pour Shinobi ? Je ne sais pas. Peut-être. Baser son bien-être et sa santé mentale sur une autre personne est ridicule mais ne se contrôle pas tant que l'on est pas centré... Elle a le profil pour tomber dans ce type de piège. Mais Shinobi était un kumojin convaincu, se retourner contre le village afin de mieux se raccrocher à son souvenir est définitivement stupide.
Maintenant... La stupidité est récurrente. Et le pouvoir flatte l'impulsivité - Kaldea n'en manque pas.


Indirectement, elle y revenait toujours. Pour elle, ceci constituait un tord relatif au système shinobi ; la banalisation de personnes plus puissantes, légitimement entraînées et placées sur un piédestal ne pouvait qu'accroître les réactions de ce type. On apprenait d'avantage aux shinobis à flatter leurs émotions qu'à les réprimer, et la quête de domination effaçait complètement celle de la spiritualité, pourtant source originelle du chakra et de la vie. Tant que l'humain ne s'imprégnait pas du sens de chaque chose ni ne le cherchait, il ne pouvait que tomber dans du non-sens, en générer plus encore. Cela amenait à des situations complexes dans la forme, mais cruellement simple - bête ? - dans le fond.

Excusez-moi, reprit-elle sur un ton différent, un brin plus exclamatif, comme pour changer de sujet, mais qu'est-ce qui vous pousse à en savoir autant sur Kaldea ? Notre nouveau chef de clan lui-même ne s'est pas mis en avant pour demander à ce que son cas soit traité par notre conseil. Tout le monde ici se plie à la volonté du Raikage par défaut, ou n'a pas envie de gaspiller son énergie inutilement. Les bruits au sujet de Kaldea sont assez explicites : Si Kumo l'attrape, elle meurt. D'ailleurs elle-même le sait pertinemment.
Qu'est-ce que cela vous apporte au juste ?
Vous êtes shinobi. Vos décisions personnelles trouveraient-elles vraiment écho auprès des hautes instances du village ?

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Mer 4 Avr 2018 - 16:41
Ma tête se penchait légèrement sur le côté tandis que, à la vue de son léger sourire, le coin de ma bouche s’éleva également. C’était à la fois rassurant et plaisant de la voir afficher autre chose que du doute ou une certaine forme de mépris – bien que je comprenais tout à fait comment elle avait réagi auparavant. Inutile de la connaître depuis des années pour voir en elle une certaine forme de sagesse, ou en tout cas de l’intelligence.

- Il est possible que ce ne soit pas moi qui la trouve en premier, même si je préférerais ce scénario. En tout cas, je suis soulagé de voir qu’on s’accorde sur la méthode à employer. J’me vois pas me plaindre et critiquer une action ou un comportement que j’applique moi-même. Je suis quelqu’un de pragmatique… et je pense que je ne me priverai pas d’exécuter quelqu’un si mes compagnons risquent d’y passer. Sauf que bon, Kaldea, rien que pour les services rendus par le passé, méritait que j’étudie son cas de plus près.

A mon tour, j’affichais un léger sourire avant de terminer ma tasse de thé dans une dernière gorgée. La Suzuri gardait son franc-parler et sa retenue bien qu’elle ait été légèrement rassurée par mes derniers mots. Et pour être honnête, c’était très bien comme ça. Cacher ses pensées, ne pas oser donner son opinion ou feindre une émotion, ça m’énerve.

- A t’entendre, les risques sont loin d’être inexistants, donc. Mais je t’avoue que c’était qu’une question, juste comme ça, pour être sûr. Ce genre de sujet… je maîtrise pas trop donc je préférais largement avoir ton avis sur la question.

Et visiblement, Shinobi pourrait tout à fait être une cause – voire la cause – de ce revirement aussi soudain que brutal. Mais ça semble quand même trop extrême. Mais est-ce qu’on peut vraiment en être sûr, considérant le fait que je ne la connaissais pas ? La seule référence était Takara, qui peignait un portrait assez particulier de son ainée…

- Oh.

Sa question m’arracha un sourire très léger mais bien présent. Je pris une posture légèrement plus détendue – rien de provocateur ou de grossier – et lâchais un fin soupir.

- J’obéis aux ordres et j’ai un profond respect pour mes supérieurs. Pour autant… mon visage se positionna pile devant celui de Takara, un regard à la fois sérieux, calme et décontracté vint se plonger celui de la Suzuri... j’assume être un ninja avec des convictions bien à lui. La loyauté c'est une chose, mais comme je te l'ai dit, être aveugle, c'est pas pour moi.

Je prenais une lente inspiration tout en me grattant brièvement la joue.

- J’ai eu une mauvaise expérience qui fait que je suis comme ça aujourd'hui. Je suis pas vraiment un shinobi, ou un kumojin… Chûnin, Jônin, ça m’intéresse pas non plus. Enfin si, mais pour réaliser mes objectifs. Et ça tombe bien, je veux réformer – ou en tout cas, modifier en profondeur – le système judiciaire. Kaldea est un bon début pour une réflexion pareille, non ? J'affichais à nouveau un discret sourire à l'attention de Takara avant de reprendre un visage neutre. Le Raikage est un homme comme tout le monde. Il écoute les conseils qu'on lui donne.
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Sam 7 Avr 2018 - 4:15
Mince.
Le sujet Kaldea désormais clôt sur une note des plus positives, voilà que le kumojin arrachait de nouveaux succès au gré de ses réponses. Plus la conversation avançait, plus Takara regrettait son accueil ; quelle bêtise, ce n'était pourtant pas grand chose, mais la culpabilité restait l'une de ses émotions les plus récurrentes lorsqu'elle reconnaissait une de ses fautes. Il arrivait souvent quelques heures après une conversation que celle ci pointe le bout de son nez et occupe l'esprit de la Suzuri sans même que ses interlocuteurs puissent se l'imaginer - Elle reconsidérait souvent les choses. S'était-elle bien exprimée ? Aurait-elle dû en dire autant à la personne concernée ? Parfois-même, ces petites prises de recul la conduisaient à regretter des rencontres, quand bien même celles-ci s'étaient plutôt bien déroulées. Ici, ce n'était pas foncièrement le cas, bien qu'elle s'en voulait encore plus à mesure qu'elle constatait chez son interlocuteur un calme dont elle aurait assurément dû faire preuve.

Mais donc, l'homme arrachait de nouveaux succès. Les raisons ? Simplicité et cohérence.
Sa manière de servir Kumogakure ne le dénaturait visiblement pas, et au contraire, il recherchait de par sa présence un impact positif à l'encontre du système établi. A l'entendre il ne comptait pas agir qu'en surface. S'il ne s'agissait bien entendu que d'un résumé, le choix des mots et le timbre de sa voix venaient de conquérir l'attention de son interlocutrice qui, de son côté, s'était contentée de détourner le regard après quelques secondes. Muette.
Non, elle ne tirerait pas de conclusion trop hâtive cette fois-ci. Il en fallait plus pour vaincre son scepticisme. Hisao possédait un certain charme, néanmoins la part de confiance qu'elle lui accordait en l'instant ne suffirait pas à troquer son opinion contre une autre. Qui plus est, que le Raikage écoutait ses conseillers était une chose sans importance, puisqu'en bout de course, la plupart des hommes de pouvoir optait pour des sentiers dictés par l’orgueil et le maintien de leur influence plutôt que par justesse.

La trentenaire à l'inverse du basané n'accordait pas son respect à Kumogakure et sa hiérarchie, quand bien même elle se comportait respectueusement.

Vous n'avez pas l'air naïf... Je dois dire que ça rend la conversation plus difficile.
Confiait-elle avant de sourire gaiement.
Mais comme vous l'avez dit pour Kaldea "Il est possible que ce ne soit pas vous qui" prenez l'ascendant sur ce système, mais l'inverse. Je ne souhaite pas noircir le tableau alors pardonnez-moi si j'exagère un peu.
Quand on s'inscrit dans une hiérarchie et qu'on porte un bandeau, l'indépendance devient relative.
Un départ suite à un désaccord peut très vite s'apparenter à une trahison. Après tout, laisser filer un ninja accompli et talentueux dans la nature ou hors de sa sphère d'influence faute à un conflit d'intérêt n'a pas de quoi ravir un village caché ; cela ne signifie pas pour autant qu'il ploiera à un changement de valeurs au sein de son système afin de garder le dit ninja.

Quand on a le pied dedans, l'accomplissement n'a lieu qu'à travers la victoire ou la défaite. Demi-mesure et accomplissement ne font pas bon ménage.


Elle marqua une pause, quasi malicieuse. Où voulait-elle en venir ?

S'agit-il vraiment de votre but, ou simplement d'une recherche secondaire au cours de votre "carrière" ?
Prenez le temps de la réflexion s'il le faut, j'aimerai que vous soyez profondément honnête.


A son tour de le darder du regard. Elle reprenait consistance, et à cette question elle attendait une réponse déterminante. Il n'y avait pas nécessairement besoin d'en dire beaucoup pour toucher la Suzuri, la preuve étant que le kumojin se situait déjà en haute estime à ses yeux après une bien brève conversation qui concernait par ailleurs une personne extérieure. Mais cette fois-ci le sujet déviait sur un aspect bien plus personnel, sur une connexion potentielle qui avait été rendu possible.
Possible seulement.

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Dernière édition par Suzuri Takara le Dim 8 Avr 2018 - 16:34, édité 1 fois
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Dim 8 Avr 2018 - 14:27
Son premier commentaire sur mon absence de naïveté me fit sourire. J’étais très loin de manquer de crédulité, mais j’admettais que sur ce genre de sujet, mon caractère pouvait être un aspect positif aux personnes comme Takara. Respecter les règles, c’est une chose. Obéir à la connerie, c’en est une autre. Et ce n’est clairement pas dans cette optique-là que je veux monter dans la hiérarchie.

En parlant de naïveté, j’avais définitivement cru qu’elle s’était accordé avec ma vision. Mais elle allait être plus difficile à convaincre que ça. En vérité, en y réfléchissant bien, c’était normal. Elle me donnait cependant assez de matière pour que je puisse approfondir mon idée et ma vision des choses.

- Je ne suis pas un humain parfait, épargné par l’avarice ou la cupidité. J’ai mes propres démons et je pense que je peux y céder, comme tout homme. Pour autant, si les défauts prennent le pas sur les qualités, alors autant tout arrêter. Je serais devenu ce que je déteste le plus.

Je prenais une lente inspiration, comme si je réfléchissais à mes dires ou à ce que je pourrais trouver comme argument. Sauf que tout était déjà dans ma tête, prêt à sortir. Et au fond, ça se lisait sur mon visage. Je savais exactement de quelle manière penser.

- Des gens sont fait pour suivre les ordres, d’autres pour les contester. Dans les deux cas, je m’y retrouve pas. Tu parles de victoire et de défaite, mais tu sous-entends qu’il n’y a ni petite victoire, ni petite défaite. Un départ à cause d’un désaccord ? Je plongeais mon regard dans le sien. C’était probablement l’une des idées principales qui était en train de ressortir. C’est bêtement accepter qu’on peut plus rien faire, ou qu’on a abandonné. C’est une forme de lâcheté pour une personne comme moi.

Basculant légèrement en avant, je posais cette fois mes deux avant-bras sur la table, adoptant une posture moins flegme… bien que ça restait toujours très familier. Mais je pense qu’elle avait compris que les masques, les façades et toutes ces saloperies n’étaient pas mon truc. Je ne me cachais derrière aucun filtre, si ce n’est celui du respect envers son interlocuteur.

- Sauf que pour d’autres, ça peut être de l’égoïsme, mais aussi un appel à l’aide. Je ne juge pas les gens en généralité. Je ne m’intéresse qu’aux cas. A tort ou à raison, je sais pas encore. Mais j'aime penser comme ça.

Une pause vint s’imposer entre nous, tandis qu’elle m’invitait à réfléchir à une question précise et importante. A nouveau, je pris une petite inspiration et confrontais directement son regard. Pas besoin de réfléchir à ça.

- J’ai repris une vie normale depuis quelques mois à peine. Je pense que ce serait juste totalement hypocrite de dire que je connais parfaitement mon but. Je suis spontané, je fais ce qu’il me semble le mieux, mais surtout ce qui me semble logique. On est des êtres humains, pas des bêtes. J’ai subi des atrocités que je méritais pas tandis que d’autres sont heureux en commettant des crimes.

Mes doigts tapotaient à quelques reprises la table. Ce n’était pas de l’agacement ou de la rancœur, c’était une forme d’exaspération.

- Recherche secondaire ? Non, c’est un sujet trop important pour moi. Est-ce que c’est mon but ? Je ne crois pas. Je ne l’ai peut-être pas encore trouvé. Je ne sais pas si j’en aurai un jour. Pour le moment, j’veux juste comprendre comment fonctionne le système shinobi et réparer les conneries faites par certaines personnes.

J’haussais les épaules. C’était ma vision, c’était donc personnel. A Takara de voir si ça lui semblait crédible, acceptable ou quoi que ce soit de ce style. Je ne cherchais pas à me faire accepter, mais si elle jugeait que je réfléchissais de la bonne manière, ce serait déjà une bonne chose.

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Lun 9 Avr 2018 - 10:06
Takara écoutait, l'air tranquille, confirmant son attention via quelques hochement de tête et se contentant de changer de posture lorsque son interlocuteur envahissait la table. Loin d'être dérangée par son attitude, elle maintenait néanmoins toujours une certaine distance. De la même façon, elle regardait rarement dans les yeux, en se détournant visuellement lorsque ce contact arrivait ou bien en ne l'entretenant que quelques brèves secondes. Nulle timidité ne semblait pourtant l'habiter.
Lentement, elle replaçait l'une de ses mèches dorées en arrière.

Je vois... Soufflait-elle, d'un ton à mi-chemin entre la déception et la réflexion.
Lorsqu'on a aucun but, on avance à tâtons. A partir de là, est-ce qu'on peut vraiment affirmer qu'une victoire en est vraiment une ? Un grand mal est parfois annonciateur de bien, et inversement. Ce n'est pas simple de le réaliser, et encore moins de l'accepter une fois face à certaines situations, et pourtant... sans cette considération, cette compréhension, comment donne t-on un sens à la vie ?

Interrompue par une volute de fumée qui passait par là, elle s'arrêta un instant afin de jouer avec quelques secondes d'un simple pivotement de son index, jusqu'à sa dissipation.

Sans rêve, sans idéal, il n'y a ni défaite ni victoire ; seulement des contrariétés et des plaisirs.
La nuance est de taille. Avez-vous déjà vu le Daimyo ? Un homme de pouvoir, fier de ses acquis, fort de son avenir tout tracé et confortable.
Avez-vous déjà assisté à l'une de ses apparitions publiques ? De beaux discours, un bel entourage. Puis vient le banquet, somptueux. Enfin, ils se bâfrent tous, comme des porcs.
Elle terminait sa petite anecdote sur un timbre innocent, marqué par un sourire enjôleur bien qu'éphémère.
Qu'est-ce qu'un homme comme cela peut bien connaître de l'humilité ? Du nécessaire. De la justesse de la vie.
Une fois le ventre plein, il n'est déjà plus le même. Le cochon se transforme en sanglier - A ne pas déranger, à ne plus contrarier sous peine de déclencher l'impulsivité. Sa quête de plaisir est accomplie, au moins jusqu'à l'heure de la sieste, durant laquelle il se régalera déjà en pensées de sa prochaine ripaille.
Cet homme parmi tant d'autres, dirige le pays, représente les lois.

Ce n'est qu'un exemple.
Pas le plus ridicule, d'ailleurs. Notre rapport à la nourriture est souvent ce qu'il y a de plus révélateur de notre personnalité... Mais n'en parlons plus.
Rares sont les êtres à considérer le monde, et à vivre avec principes. La plupart agissent selon leurs états, souvent décadents.

Hisao ne s'attendait probablement pas à une telle tirade en venant, à l'origine, récolter des informations sur Kaldea. Cependant la trentenaire étant ce qu'elle est, ne pouvait naturellement pas soustraire sa propre philosophie à cette conversation, maintenant qu'elle avait dévié. Habitée par un étrange paradoxe, elle condamnait les humains, leurs fonctionnements et leurs sociétés avec autant de sérieux qu'elle les aimait pour leurs qualités et leur pardonnait tout, pour peu qu'ils aspiraient à un changement profond et personnel. Une philosophie du quotidien.
Une lutte sans violence. Physique, tout du moins.

La vie est une école. Je ne sais pas ce que vous entendez pas "une vie normale", pour moi elle serait d'abord caractérisée par une indépendance authentique.
Vous entrez sans But dans un système dicté par d'autres et axé sur la domination. Vous allez vous perdre, Akahoshi Hisao. Le simple fait que vous ne pensiez pas en avoir un jour me le démontre...


Cette fois-ci, elle le regardait avec plus d'insistance. Comme un petit garçon pris sur le fait à l'aube d'une bêtise. Oui, d'une certaine façon, ça y ressemblait lourdement. Mais Takara l'avertissait, simplement, bien qu'elle venait de mettre les pieds dans le plat de façon certes abrupte. Pourquoi ? Il y avait deux raisons à cela.
La première, il s'agissait de son rôle habituel, auprès de certains interlocuteurs. Sa manière à elle de contribuer à l'élaboration d'un monde différent.
Quant à la seconde raison...
Elle l'appréciait véritablement.

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Sam 14 Avr 2018 - 17:58
Au vu de sa réaction, je me retirais lentement de la table pour prendre une autre position. Sa manière de réagir n’était pas méchante… en tout cas, je n’en avais pas l’impression. Mais bon, cette réaction – et le fait qu’elle ne semblait pas spécialement apprécier mon regard – me suffisait pour me montrer moins… familier. Dans les limites du raisonnable, en tout cas. Je peux pas simplement me faire passer pour un autre.

Quoi qu’il en soit, plus elle parlait, plus un sourire s’affichait sur mon visage. Ce fut très progressif, mais si quelqu’un aurait pu se sentir intimidé par ses arguments, voire même menacé, elle n’a fait que m’intriguer encore plus. Ce franc-parler et cette manière de réfléchir me plaisaient particulièrement… j’étais bien loin de m’imaginer trouver une telle personne. Et… ça faisait du bien.

- Ca tombe bien que tu parles du Daimyo. Elle fuyait mon regard, mais de mon côté, je cherchais justement à capturer la lueur de ses yeux, même si c’était suffisamment discret pour qu’elle ne se sente pas oppressée ou forcée. On est pas tous des goinfres et ivrognes évoluant dans la luxure et la richesse…

Je posais mon menton dans la paume de ma main, regardant avec le même flegme la Suzuri, les paupières légèrement baissées.

- Certains ont tout, y compris le pouvoir. Le Daimyo se fait donc manger dans la main, c’est logique. Qui irait contester les lois ? Le règlement ? La "norme" ? … je lui adressais un fin sourire, presque satisfait. Dans quelques semaines, moi ainsi que les autres membres du Conseil Kumojin accueilleront le Daimyo dans l’Assemblée.

Une lente expiration s’échappa de mes poumons tandis que je prenais une petite pause dans mon récit. Je ne voulais pas me précipiter, encore moins avec elle. Je faisais face à un esprit trop aiguisé pour me permettre de négliger mes mots.

- Notre objectif sera de faire de Kumo la capitale. Il va largement contester ça, nous prendre pour des gamins ambitieux et nous maudire… Mais je pense qu’on a besoin de renverser un peu le vieux pouvoir. Pense à moi quand tu verras la nouvelle dans le journal. lui dis-je d'un petit sourire.

Nul besoin d’en dire plus. Elle pouvait aisément comprendre que, d’une pierre deux coups, j’allais également me rapprocher de cette réforme judiciaire que je convoitais. Si j’avais des collègues au sein du Conseil de Kumo, je voulais qu’elle comprenne que je n’étais pas juste un mec naïf de par son manque d’objectif.

- J’ai une autre façon de voir les choses. Je me dis que servir ma personnalité et mes envies me conduiront, à force, vers le lieu qui m’attend depuis toujours. Contrairement à d’autres, je n’ai pas le risque de devenir aveuglé par une quête de vengeance, par un objectif de grandeur ou par la recherche de la puissance… Je suis juste Hisao, et j’avance en m’adaptant et apprenant des éventuelles erreurs que je pourrais faire ou que d’autres pourraient faire.

J’haussais légèrement les épaules, marquant la fin de mon petit discours. J’avais reflété ce qu’il y avait au fond de moi, que ce soit de mon cœur ou de mon cerveau. A voir si elle était réceptive à ces arguments, ou si elle trouverait encore un moyen de contester et de voir le mal quelque part.

- Mais… je prends note de ce que tu dis. Vraiment. Je sais que le système actuel ne va pas m’aider. Je ne me sens pas le besoin d’avoir une totale indépendance. Je veux juste vivre la vie que je veux, pas celle qui, en théorie, est la meilleure. Et je te souhaite d’en faire de même.


C’était un bon compris, je pense… montrer que je l’écoutais, mais montrer qu’elle n’avait pas à s’inquiéter pour moi. D’ailleurs, même si c’était dans un contexte argumentaire, j’appréciais ses conseils.

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Ven 20 Avr 2018 - 8:39
Je n'ai pas dit ça, contestait-elle rapidement, le Grotesque ne s'applique pas simplement qu'aux goinfres et aux ivrognes.
La médiocrité est parfois subtilement masquée par de belles paroles ou une jolie allure. Le Daimyo malgré ses vices est peut-être fondamentalement meilleur que nombre de ses détracteurs...


Retournement de situation ? Jouait-elle avec son interlocuteur ? Non, elle énumérait indirectement différents facteurs qui constituaient la base de son regard sur la vie et caractérisaient son jugement. Mais à dire vrai, peut-être ne donnait-elle pas réellement d'importance à ces hommes ni à leurs directions. Hisao devait certainement le comprendre à ce stade de la conversation - Au gré de ses quelques propos, elle le décortiquait lui, et personne d'autre.
Takara agissait souvent ainsi, tout en subtilité - à ne pas confondre avec sournoiserie -, et même si elle sentait bien l'intérêt manifeste de son interlocuteur à son égard, elle ne se permettrait jamais d'en faire autant de son côté. Néanmoins cela ne semblait pas le déranger, et il continuait donc son explication concernant le Daimyo. Cela amusa la Suzuri, à aucun moment elle ne s'était attendue à ce que cet exemple relève en fait d'un sujet d'actualité et d'importance. Animée d'un léger sourire, elle croisa le regard du kumojin le temps d'une phrase, avant de le détourner de plus belle.

Renverser... C'est bien le mot, oui... Hm. Le changement est un fait perpetuel et non une nécessité ; je ne pense pas grand chose de toute cette histoire.
En revanche, si vous êtes certain de garder le cap et de ne pas vous perdre en route, je suppose que ce chemin vous rendra plus fort. Le meilleur moyen de "poser sa pierre à l'édifice" est de montrer l'exemple, d'agir vrai, d'agir juste.
Comme vous avez pu le constater, j'ai des réticences envers les shinobi. Je condamne cette approche, cette "voie du guerrier", qui s'exprime au détriment de toute concrète compréhension. On attend d'un ninja qu'il incarne l'outil parfait - A titre personnel, je qualifierai un tel résultat de Maladie.


Elle s'arreta un instant, insistant bien sur ce terme. Son regard de jade embrassant cette fois ci celui du Jonin sur un laps de temps plus étendu.

Pour autant vous ne me verrez jamais condamner la bravoure ni la recherche personnelle.
Vos motivations sont plaisantes, je ne les oublierai pas.


Puis d'un coup, le contact visuel se rompit. Telle une brise soudaine, la Suzuri se levait, abandonnant sciemment le fil conducteur qui justifiait jusque là cette rencontre. Elle lui tournait le dos un instant, rabattant sa chevelure de sa main droite, en deux temps. Secrète l'espace d'un instant, elle finit par se retourner.

Souhaitez-vous marcher un peu ?

Non, ce n'était pas encore fini.
D'un geste, elle l'invitait à emboîter le pas, dans le cas où il serait intéressé par une visite du domaine Suzuri au delà de la seule cours d'entrée.

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Dim 22 Avr 2018 - 14:15
Tss… Elle était vraiment difficile à cerner. Ce n’était pas le genre de personne qu’on pouvait analyser afin de s’adapter. Non, elle jouait un petit jeu d’esprit qui lui permettait de poser les pièces sur l’échiquier de la manière dont elle avait envie. Heureusement pour moi, je ne cherchais pas son approbation. Elle m’était sympathique mais j’étais trop authentique pour ça. Du coup, il n’y avait pas de risque que je fasse une erreur en essayant de lire en elle. Surtout qu’au fond, c’est sûrement elle qui voulait lire en moi.

- Peut-être. J’le connais pas. Je connais juste certaines personnes des hautes sphères qui, elles, sont détestables. Que ce soit pour leur argent, pour leur goût ou pour tout un tas d’autres raisons. Mais comme je te l’ai dit, je ne juge pas sans savoir. Donc… on verra.

Vint une conversation un peu plus profonde sur sa façon de voir les choses. Et… pour être franc, elle avait pas totalement tort. Je me surprenais à agréer sur certains de ses commentaires. Mais si le fond du problème était là, elle restait très – trop – stricte avec le système en place.

- Ce n’est pas faux. Mais fais attention à ne pas trop te perdre dans la quête de l’excellence. Car c’est un critère purement personnel et partial, qui risquerait de te faire plus de mal que de bien. D’attirer la « Maladie » à être la meilleure solution face à la « Mort ». La mort étant extrémisme, comme le Soshikidan. Je ne juge pas tous ses membres, mais leur concept, aussi bon soit-il sur le papier… n’est qu’un rêve illusoire qui ne peut pas se créer avec tout le sang qu’il y a sur leurs mains.

J’approchais un sujet peut-être dangereux mais… je pensais qu’elle avait le droit de recevoir cet avertissement. Peut-être n’était-elle pas d’accord, hein. Peut-être que je me trompais. Mais ce serait dommage qu’une personne aussi intelligente qu’elle finisse par se perdre dans une philosophie inutilement complexe. Elle voyait parfaitement les choses, elle les comprenait… mais saurait-elle les éviter ? C’est ce que je voulais souligner.

- J’te remercie.

Elle était lucide, malgré tout. Et si mes motivations lui étaient plaisantes, son caractère l’était pour moi. C’était rafraîchissant. A la frontière entre la discussion, la réflexion et le débat, je m’étonnais de m’intéresser autant à la Suzuri.

- C’est gentil, mais je vais devoir partir. Je pense que j’ai pris assez de ton temps et j’te remercie de ta patience.

Je me levais et fis quelques pas vers elle, qui s’était préparée à me faire visiter.

- A l’occasion, peut-être pourra-t-on rediscuter ensemble. Que ce soit de Kaldea, de notre progression vis-à-vis du Daimyo ou tout simplement sur tout et n’importe quoi. Merci encore pour l’hospitalité et… reste informée des éventuelles réformes.

Je lui souriais en la rappelant mes résolutions – les résolutions du Conseil – sur Kumo et le système ninja. Je comprenais ses doutes, vraiment. Mais étrangement… je voulais qu’elle commence à croire autant que moi en ce village que nous bâtissons chaque jour.

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Lun 23 Avr 2018 - 2:38
Oh...
Non content de refuser son invitation, l'homme comptait en terminer, ne lui laissant avant son départ qu'un contre-avertissement peu satisfaisant. Quel nigaud.
Si Takara aurait bien eu matière à répondre à chacun de ses propos, elle n'en fit rien dans un premier temps. Le visage détourné, l'intérêt décroissant quelque peu. Il ne se rapprochait que pour mieux expliciter la distance imminente qu'il s'apprêtait à tracer ; il le "devait", qu'il disait.

Nul ne sait de quoi demain sera fait.
Se contentait-elle de répondre, actuellement peu encline à imaginer des scénarios futurs. Ou plutôt, si je puise mes mots dans votre philosophie : "On verra"...

Elle lui adressa un dernier regard. Même si sa mine s'était fermée à l'enthousiasme, elle ne comptait pas le conduire vers la sortie suite à ces seules paroles. Peut-être aurait-elle du, après tout, il lui arrivait de parler un peu trop une fois lancée...

Je ne sais ce que vous entendez par l'Excellence, mais ma voie est celle de la Vérité.
La vérité n'est hélas que rarement belle à entendre, sinon d'avantage de personnes la rechercherait au lieu de l'éloigner sciemment de leurs pensées.
Je le répète : On ne guérit pas le Mal par le Mal, puisqu'il en résultera toujours du Mal.
Ce concept est affreusement simpliste mais ô combien difficile à appréhender...

La Suzuri prit une grande inspiration.

Si demain je suis blessée, jamais l'idée ne me viendra de demander à un boucher de me soigner. J'irai plutôt voir un médecin. Il n'y a pourtant que des bouchers pour proposer... non, imposer leurs "remèdes" à ce monde.

Enfin... Arrêtons nous là, donc.
Mais je vous le promets : Je ferai attention à moi.


Elle baissa légèrement la tête en guise de salut et unique procédure, le laissant retrouver ses obligations. Elle lui aurait bien souhaité encore une chose, mais elle savait à quel point son tempérament lui donnait des allures de moralisatrice, quand bien même sa démarche reposait sur un altruisme certain.
Évidemment, elle ne s'était pas montrée très chaleureuse avec cet Hisao... Cette rencontre avait pris un chemin tout autre. Au moins espérait-elle qu'il ne la jugerait pas trop sévèrement, et finirait par élever son regard au gré de ses propres péripéties.

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Mer 25 Avr 2018 - 11:55
Comme une évidence face au caractère qu'elle avait parfois adopté durant notre conversation, j'aurais pu prévoir sa réaction et ses commentaires à double-sens. Pourtant, le léger sourire qui revêtait mon visage depuis tout à l'heure s'estompa subitement, laissant place à un visage impassible... Non. Même pas. Takara pouvait y déceler une réflexion dans mon regard, puis la déception. Il était impossible pour elle de savoir si ces yeux déçus étaient une réponse à une situation malheureuse... ou au comportement de la Suzuri.

- On verra, alors.

Aucun lyrisme dans ma voix, aucune émotion, si ce n'est l'indifférence et la froideur. Je n'en avais pas envie.

D'un soupir, confrontant le regard mon hôte qui continua de parler quelques instants, je remettais en place mon long manteau et, à la surprise, peut-être, de Takara, un nouveau sourire se dessina sur le coin de ma bouche.

- Franchement, j'me fais pas de souci quant à ton intelligence. Tu m'as fait plus forte impression que la majorité des gens ici. Et pas seulement... Mais c'est justement parce que tu m'es sympathique que je préférais souligner... "l'évidence".

Ce n'en était pas une. Pas pour une grande majorité de gens. La Suzuri était probablement assez lucide et sensée pour ne pas faite partie de cette majorité mais... il ne faudrait pas qu'elle se fasse dévorer par son absence de doutes.


- Dommage de partir sur une note pareille. Je vois dans ton regard une forme de déception. Je suis pas un expert des relations humaines, je sais. Mais on ne peut pas apprendre et changer du jour au lendemain
.

La prison s'est révélée être un horrible frein à cet aspect - pourtant primordial - de la vie. Mais hors de question que je m'excuse. Jsais même pas de quoi m'excuser...

- Mais bon. Ca m'empêchera pas de repasser à l'occasion. Jsais pas trop pourquoi mais... j'en ai envie. A la prochaine.

Aucun sous-entendu, aucune bizarrerie. Mon esprit était immaculé des choses qui traversaient l'esprit de nombreux hommes et de nombreuses femmes. Tellement que j'ai presque peur d'être une anomalie... mais quoi qu'il en soit, dans le cas de Takara, c'est juste que j'avais trouvé en elle une personne étrangement intrigante et appréciable.

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Ven 27 Avr 2018 - 2:02
Ni l'un ni l'autre ne s'étaient véritablement compris, ou du moins ne savaient réagir de façon à briser cette barrière qui demeurait entre eux. Si d'un côté la Suzuri savait manier l'art de la conversation, elle appréhendait toujours les rapports sociaux plus soutenus, fidèle au bon maintien de ses distances. Aussi cela devenait souvent plus compliqué lorsqu'elle se plaisait avec quelqu'un. D'ordinaire elle œuvrait avec simplicité, communiquant à l'entière disposition de ses interlocuteurs jusqu'à ce qu'ils se retirent ou qu'un quelconque événement l'appelle ailleurs. Ici ce n'était pas le cas, elle prenait tout juste goût à la présence de cet homme qui ne manquait pas de la dynamiser en cette journée morne. Les affaires du clan commençaient à la lasser et son propre départ vers sa maison de Teitetsu ne tarderait plus.

Takara construisait bien peu de relation sur le long terme, ne serait ce que par le fait qu'elle vivait loin d'ici et que Kumogakure devenait une étape de moins en moins régulière dans sa vie. Mais cela ne justifiait probablement pas de se montrer si incisive en transformant un au-revoir en adieu... Ce "quelque chose" qui l'attirait chez son interlocuteur la rendait définitivement maladroite, comme l'avait d'ailleurs démontré le début de leur conversation.
Bon signe ou mauvais signe ? Impossible à dire pour l'heure. Peut-être que ce n'était pas plus mal que ce dernier s'en aille, après tout.

Ce que lui témoigna Hisao en préparant son propre départ la touchait, sans pour autant qu'elle n'en montre quoique ce soit. Néanmoins elle ne tournerait pas autours du pot plus longtemps ; il pouvait bien faire ce qu'il voulait, mais elle ne ne laisserait pas partir avec une image faussée qui dénaturerait ce court moment passé ensemble. Avec tendresse, elle se délestait de ses pensées en une seule phrase, suffisante.

Ça m'aurait pourtant fait plaisir que vous restiez.

Puis se détournait en effectuant quelques pas, atteignant la porte par laquelle le kumojin était entré à l'origine. Elle l'ouvrit délicatement, observatrice, le sourire contrit.

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Mar 1 Mai 2018 - 13:30
Se retrouver face à des situations inhabituelles est mon quotidien. Ma malchance - qui tend finalement vers de la chance maintenant que j'y pense - m'a forgé à m'adapter à toute type de personne. Je n'étais pas un grand connaisseur en ce qui concernait la science du sociale, mais il ne m'en fallait pas beaucoup plus pour hausser un sourcil interrogatif et songeur sur Takara. Quelle genre de personne était-elle pour soulever autant l'indécision et de confusion en moi ? Je n'étais pas vraiment perdu ou apeuré face à elle, mais elle ébranlait sans l'ombre d'un doute un calme qui, normalement, ne se voyait jamais proche de céder.

Détournant quelques instants le regard sur la porte, reprenant mon calme et mon flegme habituels, je m'approchais de l'entrée non pas pour sortir, mais pour fermer la porte.

- Je voulais tout simplement pas déranger. Si tu m'invites à rester plus longtemps, j'compte pas refuser.

Aucun sourire ne s'affichait, pourtant, ma voix comme mon visage se voulaient chaleureux. Jpense pas qu'elle ait saisi pleinement le fond de ma pensée, mais de mon côté, j'ai au moins la certitude - presque - que son invitation n'était pas simplement de la politesse - ce qui m'aurait pas intéressé.

- L'hôpital pourra attendre un peu. Je ne suis pas à ma première... absence à long terme.

Je lui souriais finalement, la laissant ouvrir la marche pour quitter l'entrée de sa demeure.

- Je te suis. J'avoue être curieux de découvrir un peu l'endroit. J'ai plutôt l'habitude du minimum.

Les yeux vagabonds, c'est vrai que pour moi, aussi vide et triste une pièce pouvait être, elle restait un confort de luxe comparé au taudis que j'ai connu. Donc découvrir une seule pièce du domaine Suzuri m’avait pas mal impressionné.

- Bon… Merci pour l’invitation du coup. Je te pensais plus fermée à ce genre de choses. À t'entendre, je crois comprendre que tu préfères l’isolement à la compagnie des gens, pas vrai ? Pas que ça me soit totalement inconnu non plus, hein...


Ce n’était pas une reproche. Loin de là. Ma voix n’avait été porteur d’aucun jugement à son encontre. Au contraire, c’était une curiosité purement personnelle. Je ne connais pas beaucoup de monde et découvre toujours plus de personnalités différentes. Et maintenant qu’elle m’a permise de rester, je comptais en apprendre plus sur elle. Plus que son opinion sur les shinobi et le système en place.

La marche adaptée à la sienne, je la suivais les mains dans les poches alors que mon Kiseru était rangé. J’avais pas trop le droit de fumer alors que je suis censé être en plein rétablissement à cause de mon combat contre Kaldea… mais bon. Faut pas déconner. On m’en demande trop.

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Sam 5 Mai 2018 - 2:26
Quelques discrets hochements de tête suffisaient à écarter les maintes justifications de son interlocuteur, qui consentait enfin à oublier sa routine toute tracée. Néanmoins, si Takara s'attendait effectivement à ce qu'il ne la laisse pas en plan après sa subtile insistance pour poursuivre la rencontre, elle ne s'attendait pas à ce qu'il lui renvoie une telle image d'elle.
Certes, il visait juste.
D'ailleurs il n'aurait pas abouti à pareille conclusion si elle s'était montrée plus avenante jusqu'alors. Tout en lui témoignant un mince sourire, elle rétorquait comme à son habitude, forte de son allure aussi franche que mystique.

Je m'ennuie vite des gens. Cela ne veut pas dire que je ne souhaite pas partager de mon temps avec eux...


Sans en dire plus, lui laissant la libre interprétation de réaliser ou non qu'elle ne s'était pas encore lassée de son cas, ou qu'il s'agissait d'autre chose, elle mena donc la marche, traversant la cours jusqu'à gagner une autre porte ; celle donnant sur le vestibule du domaine. De là, le décors devenait plus moderne, plus épuré encore mais effectivement luxueux. Si la plus grande richesse du clan Suzuri demeurait le savoir, cela constituait un tremplin idéal pour ne manquer de rien. Les financements, les aides, les échanges de biens et les apports réguliers d'intervenants venus d'ailleurs apportaient à cette vaste et hétéroclite famille suffisamment de ressources pour la caractériser de fortunée - Ou du moins, leur lieu commun pouvait être caractérisé ainsi. Sans pour autant tomber dans l'étalage, et même avec ce style volontairement sobre, un rapide coup d’œil suffisait à en deviner l'étendue.
Du vestibule, on pouvait au choix se diriger vers une nouvelle cours intérieure donnant sur chaque zone du domaine, ou partir vers les salles destinées aux études, aux ateliers, mais encore vers celles de réunion ou de briefing. Plus loin il y avait également des appartements et autres aménagements destinés au logement, même si la plupart d'entre eux issus de Shitaderu depuis des générations détenaient déjà des maisons plus personnelles en dehors du domaine. Une visite poussée de cet environnement permettrait d'en découvrir toutes les subtilités dans le travail quotidien des Suzuri, mais là n'était pas l'objectif de la trentenaire concernant Hisao. Cela n'aurait en fait que bien peu d'importance.
Et puis, elle souhaitait se changer les idées.

Votre bras. Il s'agit de l’œuvre de Kaldea n'est-ce pas ? Êtes vous si abimé que cela, pour dépendre autant de l’hôpital ? Commentait-elle de façon moins intéressée que d'ordinaire, le temps de l'emmener vers la zone résidentielle, où se situait sa case - un petit logement parfaitement équipé. A partir d'ici, plus de kizeru.

Elle ouvrait cette fois-ci la porte finale, celle de son pied-à-terre Kumojin. Aussitôt, une senteur particulière s'échappait par l'ouverture. Sur les feux, une marmite en fonte contenant du riz rond complet, une autre accueillant quant à elle tierce légumes coupés minutieusement et enfin, une casserole plus légère - la fameuse soupe miso. Le lieu, coquet et plus épuré encore que le vestibule du domaine, exultait une énergie particulière. Une ambiance apaisante, saine. Aucun désordre de quelque façon, pas de poussière. Chaque objet était à sa place, la place idéale, méthodiquement rangé. Il n'y avait pas un seul livre dans tout l'espace.

Takara lui fit un signe de la main destiné à lui faire comprendre qu'il pouvait prendre ses aises, alors qu'elle s'approchait de son plan de cuisine pour reprendre ce travail qui mijotait depuis quelques temps. De sa main gauche raide et factice, elle soulevait le couvercle des légumes pour les mélanger légèrement, afin d'en jauger la cuisson, puis stoppait les feux dans la minute. Pendant tout ce laps de temps, son interlocuteur semblait complètement abandonné à lui-même. Se demandait-il finalement pourquoi il avait accepté de rester ?

Excusez-moi, je n'ai pas encore mangé. Si vous avez faim il faudra encore attendre dix minutes.
Hm... Ce n'est certainement pas ce que vous imaginiez, en visitant le domaine, mais je suis moi aussi plus "habituée" au minimum. L'endroit n'est pas très bien conçu mais il est adapté, pour le temps que j'y reste... Enfin.


Elle réfléchissait un instant, toujours debout, son regard figé vers son interlocuteur.

Quand je vous vois... reprit-elle soudainement, je me dis que la blessure à votre bras est définitivement la plus insignifiante qui vous afflige. Vous vous êtes trompé tout à l'heure, en pensant que j'étais fermée aux autres. En revanche, je suis tentée de vous retourner la remarque. Une partie de vous semble... ailleurs.

En disant cela, elle ne mettait pas le doigt sur son attitude, au demeurant agréable. Elle voulait le connaître d'avantage, et soupçonnait quelque chose depuis le départ. Cet homme ne peinait pas à faire la conversation ni à se comporter naturellement, pourtant se situait chez lui une barrière à priori plus inconsciente que volontaire.

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Mar 8 Mai 2018 - 14:29
Encore une remarque... bien propre à la Suzuri. Et pourtant, je ne pouvais m'empêcher de réaliser que je m'habituais à son caractère, voire même à vraiment l'apprécier.

- Hm ? En gros, je vais devoir redoubler d’efforts pour ne pas te lasser, alors. D’un regard taquin, je poursuivais alors d’un soupir à la fois dépité et amusé. Tu n’es pas la meilleure pour rassurer tes invités, pas vrai ?

Pas besoin d’être un grand spécialiste du social pour comprendre qu’elle avait un caractère … bien à elle. Le genre de caractère qui fait fuir certaines personnes. Mais... dans de rares cas, c’est l’inverse qui se produit. On se sent attiré et intrigué. Pourquoi je m’intéresse à des individus pareil..? Jsais pas. La normalité, ou plutôt la conformité, c’est pas ce qui me correspond le plus.

Jetant un coup d’oeil à mon bras, je souriais brièvement avant que mon visage - par habitude - ne l’efface aussitôt.

- En partie seulement. Je crois te l’avoir dit : Je contrôle la vapeur. Et pour me battre, je l’utilise d’une manière plutôt particulière. Je fais bouillir mon chakra à l'intérieur de mon corps directement, et ce pour augmenter ma puissance physique et ma rapidité.

Je pris une petite inspiration en tentant de bouger mon bras avant de finalement ressentir une douleur gênante.

- La blessure est interne, pas externe. La situation m’a obligé à “sacrifier” mon bras pour frapper plus fort. J’ai surchargé mon bras jusqu’à ce qu’il ne puisse même plus résister à la pression, en fait. Donc ouais.. ça m’emmerde mais je dépends de l’hôpital…

De l’agacement se ressentait dans ma voix avant qu’il ne se dissipe dans un long soupir. Trop de choses me dérangeaient là-bas, mais je savais bien qu’ils n’y pouvaient rien. Ils essayaient juste de m’aider…

Le tabac de mon Kiseru totalement consumé, je rangais celui-ci en hochant la tête. J'étais préparé depuis on arrivée à ne pas fumer du toute façon. Donc j’allais pas faire l’emmerdeur maintenant.

Laissé à moi-même quelques minutes, je visitais des yeux la pièce, restant cependant pas très loin d’elle histoire de l’observer faire de temps à autres. Le silence ou le calme ne me dérangeaient pas, loin de là.

- Hm ? Ah, non j’ai pas faim. Merci quand même. Et pour le reste, ça me va très bien. L’endroit est plaisant.

J’en avais vu assez pour me faire une bonne idée du domaine. Et rester finalement dans un coin plus serein… c’était pas si mal. Mes yeux portés sur elle, je m’étonnais de sa question. J’avais même pas une réponse à ça…

- Ah bon ? Pourtant, je ne pense à rien d’autre. Rien de spécial ou de distrayant, en tout cas.

Je lui adressais un sourire presque invisible avant de plisser légèrement les yeux.

- Je n’ai de secret pour personne. Il n’y a rien que je veuille ou doive cacher. J’ai aucune intention malsaine ou mauvaise. Je ne me ferme à personne. Jamais. Du coup… que dire...?

Mon sourire se dévoila un peu plus alors que j’haussais les épaules.

- Bah prenons plutôt les choses comme ça : Qu’est-ce qui te fait dire ça ? Je ne suis pas vraiment silencieux ou fuyant je trouve. T’as remarqué un truc en particulier ?

Ca sonnait presque comme une énigme. Un jeu que je faisais. Pourtant… non. J’étais juste curieux et intrigué. Par ce qu'elle pensait de moi, parce qu'elle voyait en moi.

... ce qui était paradoxal. Normalement, je m'en fous des avis extérieurs. Etait-ce parce que je cherchais à la cerner ?

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Jeu 10 Mai 2018 - 2:12
Elle affichait une moue satisfaite suite à la remarque adverse. Non, rassurer les autres n'était pas dans ses cordes. Bien des scènes de vie perdaient en saveur dès lors qu'on sur-protégeait ses interlocuteurs, et même ceux souhaitant un soutien moral gagnaient généralement d'avantage au cours d'un échange à la sollicitude strictement dosée plutôt qu'avec un étalage de bons sentiments ou de flatteries.
Takara ne fonctionnait pas ainsi, ne s'en cachait pas non plus.

Mes invités ont toute mon attention, mais libre à eux de chercher à se rassurer ailleurs dès qu'ils le souhaitent... Ma porte n'est jamais fermée, même lorsqu'il s'agit de fuir !
Rétorquait-elle avec légèreté, avant de compléter sa remarque d'un rire cristallin.

Du reste, elle le laissa expliquer ses compétences et le pourquoi de sa blessure. Là dessus, peu de chose à dire - Takara reconnaissait que le Futton, outre sa particularité à détruire son corps de l'intérieur dans une démarche d'optimisation physique, devait être sans conteste bien prometteur dans l'usage et le contrôle des cuissons en matière de cuisine. Mais de la même façon qu'elle accordait peu d'importance aux techniques de combat, elle tirait comme conclusion que son interlocuteur ne serait pas réceptif à ce sujet ci.
Elle demeura donc muette un moment, laissant son regard vagabonder vers l'homme jusqu'à ce qu'il en revienne à ses précédentes remarques. A mesure de sa réaction, par moment presque indignée - ce qui la fit même rire de nouveau - elle prenait ses aises, occupant délicatement l'un des trois fauteuils qui encerclaient une table basse.

Je n'ai jamais dit que vous étiez mauvais ou malsain... Où allez-vous chercher ça ? Je ne vous aurai jamais fait entrer jusqu'ici si cette idée m'était venue à l'esprit... Au contraire, je vous attribuerai plutôt comme qualités l'honnêteté et l'intégrité. Êtes vous rassuré ?
Elle insistait sur ce mot, lui adressant un sourire complice trop authentique pour durer plus de quelques secondes.

Mais vous êtes dans le contrôle permanent. Je ne dis pas que vous êtes comme ça ; en tout cas vous l'êtes avec moi. C'est mon ressenti.
Je ne dis pas que c'est une mauvaise chose. Je m'interroge simplement.
Il arrive que les causes soient internes, et non externes, et que suite à certaines situations, une personne sacrifie une part de son naturel pour gagner en Force.
Reprenait-elle, paraphrasant innocemment mais d'une proche précision ce que lui avait déballé son interlocuteur sur le sujet précédent. Elle plongeait son regard dans le sien, puis sur un ton plus bas, clôturait mystérieusement.

Si vous saviez... Nombre de nos vœux et de nos comportements sont en réalité dictés par notre état profond. Quand on réalise ceci, il devient parfois difficile de savoir qui nous sommes véritablement et ce que l'on décide réellement...


La Suzuri se relevait, sans donner plus de crédit à ce qu'elle venait de dire ni attendre une réponse, ni jauger la réaction. Elle se dirigea vers son plan de travail, déposant sa main droite sur le couvercle d'une marmite afin d'estimer la température. Et enfin, commença à se servir.

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Ven 11 Mai 2018 - 11:12
Si on devait reconnaître quelque chose à la Suzuri, c’est qu’elle avait un certain don pour captiver ses interlocuteurs. Que ce soit ses expressions faciles, sa voix ou bien ses remarques, tout suscitait ma curiosité et mon intérêt. Mais j’imagine que c’est la ‘’récompense’’ lorsqu’elle parvient à trouver de l’intérêt pour quelqu’un. Après tout, elle l’a admis elle-même : elle partage volontiers de son temps avec les gens. Et heureusement, je semble, pour le moment, capter suffisamment son attention pour rentrer dans cette catégorie.

Un sourire discret mais sincère tapissait mon visage. Effectivement, je suis rassuré de la voir me considérer de la sorte. Je saurais pas trop dire pourquoi, mais je parvenais visiblement à la convaincre depuis mon arrivée. C’était mal parti vu mon manque de connaissances sociales, mais je remarque qu’être naturel est encore le meilleur moyen pour moi d’avancer sans trop de problèmes, et ce, malgré ma familiarité et ma franchise par moment.

- J’m’en suis pas rendu compte. Tu as peut-être raison, ça doit être interne. Mais… malgré tout, je pense que je sais – plus ou moins – qui je suis.

Je pianotais sur la table, cherchant les informations qui seraient intéressantes à partager et celles qui ne l’étaient pas. Mes yeux se rivèrent sur son dos avant qu’elle ne se serve finalement à manger.

- Je sais plus si je te l'ai dit, mais à Humy, j'ai subi quelques injustices. C'est derrière moi, mais ça m'a marqué. Du coup, peut-être que j’évite certaines choses, que je néglige des faits, des réactions, mais aussi que je suis plus à même de parler de certains sujets plutôt que d’autres.

J’haussais les épaules, plongeant à mon tour mon regard dans le sien. Comme à mon habitude, parler de moi me lassait rapidement, et pris cette opportunité pour retourner la ‘’question’’ vers Takara.

- Et toi ? Tu abordes énormément de sujets, et avec précision. Les Suzuri sont des gens très intelligents, je n’en doute pas. Mais tu n’as pas seulement appris certaines choses, pas vrai ? Tu en as peut-être vécues ? Ou alors tu étudies beaucoup les gens. Les gens et leurs actes.

Sur ces paroles, je penchais légèrement la tête. Je ne savais toujours pas grand-chose d’elle, mais en parler rendit pensif à ce sujet.

- Après tout, dès mon arrivée, tu semblais attendre un certain comportement. Tu semblais attendre de moi une image prédéfinie des ninjas. Alors… est-ce que c’est tes expériences personnelles ? Ou est-ce que tu essaies d’échapper aux erreurs qu’ont commis les autres ?

Posant le coude su la table, je posais mon menton dans la paume de main, continuant à regarder Takara alors qu’elle avait entamé son assiette.

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Sam 12 Mai 2018 - 1:56
Elle reprit sa position initiale sur le fauteuil, avec en main un bol en bois rempli d'une sobre portion de soupe. Tout en écoutant Hisao, elle le déposait sur la table basse et commença à manger calmement, toujours attentive, jusqu'à ce que la parole lui revienne naturellement.

L'injustice est un sujet compliqué. Nous attirons à nous des événements en fonction de ce que nous sommes et avons été dans nos vies passées, que nous pourrons plus facilement résumer par le Karma. Chaque instant nous confronte à un choix - ce qui est d'ailleurs le propre de l'Homme - et les épreuves que nous traversons, surtout lorsqu'elles sont douloureuses, sont souvent révélatrices de notre état. Il est plus facile d'admettre cette philosophie et de tourner la page quand on se cogne le petit doigt de pied contre un meuble que lorsque nous perdons un proche par exemple... Pourtant l'essence du problème reste la même. Il y a à travers chaque obstacle un message qui, s'il est interprété correctement, élèvera l'âme plutôt que de semer la confusion dans notre esprit.
Plus haute est la difficulté, plus vraies sont les réactions.


Takara marquait une pause. Plutôt que de creuser le sujet abordé par son interlocuteur en lui demandant les détails sur sa vie, elle s'était lancée dans une explication - au demeurant personnelle - de ce même sujet. Elle agissait souvent ainsi ; fouiller dans le passif des gens ne l'intéressait pas, quand bien même elle s'y épanchait parfois à condition qu'ils aient eux-mêmes développés plus profondément. Aussi elle se limita à cette réponse avant de poursuivre à propos du reste.

Tout dépend ce que vous entendez par intelligence... Je peux bien sûr vous énumérer le contenu de certains livres ou citer de grands hommes. Oui, je pourrai être un bon perroquet.
Ajoutait-elle, lui adressant un franc sourire, le regard pétillant. Mais un livre ne vaudra jamais une rencontre. Et les citations, même s'il m'arrive d'en prononcer tant les mots sont trop justes pour être détournés, perdent de leur sens ou de leur force selon la bouche qui ose se les approprier... Le Savoir, ce n'est pas le fait de dévorer tout ce qui est à portée, c'est aussi comprendre que tout ne doit pas être altéré par notre personne. Ainsi est née la sagesse.

Une délicate lampée de soupe miso, puis elle continua.

Je suis bien une étudiante. Les gens, le monde et surtout moi-même sont mes principaux sujets d'étude.
Par contre vous vous méprenez : Je n'attends rien des autres. Je leur souhaite d'évoluer dans cette vie, et, oui, je ne leur cache pas mes ressentis quant à ce qu'ils sont ou représentent. C'est bien le minimum. Je ne leur impose rien et mes jugements sont pesés et sans sentence. La réceptivité fait le reste... ou ne le fait pas, d'ailleurs !
Un petit rire s'échappait de ses lèvres, à croire qu'aborder tous ces sujets la réveillait d'avantage.

Pour ma part, j'ai toujours tenu mes distances avec ce qui ne me correspondait pas. Cela ne m'a pas empêché de commettre bien des erreurs si c'est votre question... Parfois, on croit savoir une chose, on bâtit donc sa façon d'être autours de cette pensée, puis d'autres obstacles surviennent, et enfin balayent cet apprentissage... et tout recommence. Les subtilités de la vie sont passionnantes.
Et totalement inintéressantes pour d'autres, je le sais bien.

Un sourire contrit se dessinait sur sa moue faussement coupable - Plutôt aimablement résignée. Sa quête ne pouvait qu'être personnelle, et le fait même qu'elle y soit profondément impliquée, ou plutôt correspondait à son état de conscience, l'épargnait du désintérêt de nombre de ses pairs au quotidien. Quand bien même cela expliquait indirectement pourquoi la solitude déterminait son parcours.

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La bouteille à l'encre [Pv: Akahoshi Hisao]

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