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Mercenariat (Zhou)


Ven 6 Avr 2018 - 19:38



Cela faisait maintenant quelques années que Sazuka errait sur les terres froides du pays de fer. Elle vivait ici et là, dans la nature, de ce qu’elle pouvait lui offrir, et parfois de quelques contrats relatifs à ses compétences, et moins. L’expérimentation, le développement et l’améliorations de sa technique ne lui permettaient pas toujours de se nourrir, malheureusement. Ainsi, de temps à autre, elle arpentait les rues des villes et villages à la recherche d’un quelconque travail. Bien souvent et à contre cœur, elle acceptait de soigner les petits maux de certaines personnes ou d’aider à la collecte de certaines plantes ou… Enfin, des trucs du genre. Rien de très palpitant.

Ne pouvait-elle pas proposer ses services à une quelconque clinique ? Ou un cabinet médical ? Non. Parce qu’elle était recherchée et son visage, ses capacités uniques pour une Tetsujin finiraient par la trahir. Même si elle ne comprenait pas tout à fait la raison de toute cette effervescence autour de sa personne, elle était néanmoins consciente du tort qu’une rencontre avec un Samouraï zélé pourrait provoquer. Même si elle savait se défendre… Tuer un Samouraï dans ce cadre ne faisait absolument pas partie de ses plans. Bref.

Et ce jour, comme n’importe lequel, elle recherchait un travail afin de gagner une poignée de ryos qui lui étaient nécessaires pour la suite de son évolution. Les livres n’étaient pas… très abordables, niveau tarifs. Et malgré ce qu’elle pouvait être, Sazuka n’était pas une voleuse. Travail qu’elle trouva auprès d’un homme un peu mystérieux, mais visiblement argenté. Un homme qui demandait à ce qu’on effectue une course pour lui… Un petit contrat quelconque, simple à priori. Quoi que… Ils devaient être deux, pour effectuer cette livraison. Pourquoi ? L’Ikeda ne s’était pas posée la question, ce qu’elle voyait était plus important : le savoir que lui apporterait cette solde.

Elle dû donc se rendre à un point de rendez-vous précis afin de récupérer le colis. Ce fut à cet endroit qu’elle rencontra cette autre personne. Un homme.

-C’est avec vous que je dois travailler ? Demanda-t-elle. Je ne comprends pas pourquoi nous devons être deux… Ajouta-t-elle d’un air un peu blasé.



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Ven 6 Avr 2018 - 22:29


Momonga Zhou, en 192, à 26 ans.

Alors que je faisais une partie de Uno avec Mme Sanchez, dehors, sous les arbres bienveillants d'un des parcs de Kirigakure, je plongeai d'un coup dans un lointain et profond Flashback.

Je me revoyais, en 192, à l'époque où j'avais 26 ans, et où les arts du ninjutsu m'étaient encore inconnus. Il fallait dire qu'en ce temps-là, je n'étais qu'un simple mercenaire, comme il en pullulait dans les pays. Et être mercenaire, signifiait vivre dans la précarité. Les clans ninjas s'accaparaient les contrats les plus juteux, condamnant les simples guerriers à une vie faite de hauts et de bas. J'étais vêtu de manière assez spéciale, pouvons-nous dire. J'avais un long manteau imperméable, brun pâle, qui cachait un costume trois pièces impeccable. Je portais souvent une grosse paire de lunettes de soleil, aux reflets argentés. Et à la ceinture, pendait un katana de moyenne facture, mais dont le fourreau était très élégant.

Le Pays du Fer n'offrait pas de réelles perspectives d'avenir, mais au moins, il échappait ne serait-ce qu'un tantinet aux horribles guerres que les shinobis laissaient dans leur sillage. Des êtres surnaturels, capables de faire de véritables miracles, disait-on. Toujours était-il que j'avais rendez-vous avec un étrange intermédiaire. J'allumai une cigarette (car oui, j'ai fumé jusqu'à 32 ans), et me dirigeai vers un homme à l'apparence fortunée, en périphérie d'un petit village. Et selon toute vraisemblance, il ressemblait traits pour traits au portrait qui figurait dans mon ordre de mission, qui provenait du Bureau Général du Mercenariat. Un ordre de mission miteux, mais qui à terme, pouvait me conduire à quitter ce satané pays. L'intermédiaire me serra la main, puis je pris la parole le premier :

— Momonga Zhou, je suis le mercenaire que vous attendez. J'ai cru comprendre que j'aurais un binôme pour ce contrat.
— Tout à fait. Il est arrivé avant vous, et il vous attend.


Je me penchai en avant et scrutai droit devant moi. Il n'y avait personne à part une fille à peine sortie de l'adolescence.

— Je ne vois pas.
— C'est la fille.
— Vous plaisantez, j'espère. Je suis un professionnel, je vous rappelle.
— Pas du tout. Ici, les réponses positives aux appels d'offre sont rares. Et là, la situation est urgente. Un colis doit être remis d'urgence au Château Sagarah, à cinq jours de marche dans la Forêt des Lunes.
— Je refuse de travailler avec une gamine. J'ai l'impression de ne pas être pris au sérieux.
— Au contraire, j'ai ouïe dire que vous êtes un mercenaire d'exception. Si jamais la petite n'arriverait pas bon port, vous empocheriez alors la prime qui devait lui revenir. Et vous arriverez vivant sans encombre au Château, étant donné votre talent.
— Vous me suggérez de la supprimer ?
— Je ne suggère rien du tout. Mais méfiance : certains ninjas sont deux fois moins âgés, et ont pourtant le quadruple de votre force … Allez-y, le temps tourne, M. Momonga.


Je soupirai, et me retrouvai quelques instants plus tard, face à la jeune donzelle, avec le fameux colis entre les mains : l'intermédiaire le lui avait remis. Ce dernier était précieusement empaqueté, et semblait lourd. Le mercenaire le rangea dans son imperméable, et toisa la jeune fille, avant de dire sur un ton exécrable :

— Appelle-moi Zhou. Je sais pas si c'est une plaisanterie, mais c'est la première fois que je vois une gamine faire un contrat comme celui-ci. Et je crois que tu ne percutes pas dans quelle mouise tu t'es fourrée, petite. Le Château Sagarah, où nous devons livrer ce paquet, appartient à la pègre locale. Autant dire que notre voyage ne sera pas de tout repos. Comment tu t'appelles ? Et comment as-tu atterri ici ?

Zhou amorça la longue marche qui attendait l'équipe de fortune. Cependant beaucoup d'idées noires se bousculaient dans sa tête. Tuer la petite pour empocher sa prime ? Il était vrai que ce travail n'était pas cher payé, et que le mercenaire avait ardemment besoin d'argent. Mais ôter la vie par simple appât du gain n'était clairement pas son genre. Il fallait attendre d'en savoir plus sur elle, mais la question était en suspens. Si elle s'avérait ne pas être une ninja ou une mercenaire, tout serait alors envisageable une fois qu'elle fermerait les yeux la nuit tombée …

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Sam 7 Avr 2018 - 4:12





L’homme à l’imper. Je le dévisageais un bref instant histoire de m’assurer qu’il n’était pas un Samouraï. Non. Puis un Samouraï en imper… Ce serait bien la première fois. Ceux-là portaient toujours ou leurs armures, ou leurs kimonos traditionnels en exhibant fièrement leurs armoiries et armes. Lui… Ne correspondait pas à tout ceux que j’avais pu voir. Au moins, il semblait… vieux, enfin, suffisamment. Je n’imaginais quelle plaie cela aurait pu être de devoir me trimballer un enfant… Ou quelqu’un d’immature à défaut. Enfin, je n’avais que dix-sept ans, peut-être était ce qu’il pensait au même instant ? Bof. Il n’avait pas l’air, comme ça, d’être dans le jugement. Néanmoins ses premiers mots…

-Ouais. Et moi c’est la première fois que je rencontre quelqu’un qui s’appelle « Zhou ». Comme quoi… Tout arrive. Avec la plus grande impertinence doublée d’un haussement d’épaules : combo gagnant. Vous pouvez m’appeler… Sazuka. Souris-je.

Etait-ce un shinobi ? En tout cas il semblait aussi intéressant que son apparence, à première vue toujours. Je ne jugeais pas les livres à leur couverture. Jamais. Sauf les Samouraïs.

-Bah… Et vous ? Attiré par l’argent, je suppose ? C’était évident.

Je devais me méfier. Ceux chassant les contrats et autres primes pouvaient certainement gagner bien plus en me capturant et me livrant aux autorités du pays qu’en réalisant ce genre de petites courses plutôt… Banales. Enfin, j’étais un « trop gros poisson » pour la plupart, donc finalement… Advienne que pourra ? Quand bien même nous travaillions pour une quelconque mafia du pays. Pour moi, ce n’étaient pas eux les plus dangereux. Mais c’étaient ceux qui payaient le mieux, à mon sens. Et, que ce soit risqué… Cela pouvait rendre ce petit voyage sympathique.

-Vous inquiètez pas pour moi, Zhou. Dis-je en lui emboitant le pas. Je sais me défendre et je connais bien Tetsu. Affirmais-je convaincue.

Le suivant de quelques pas, je l’observais marcher, tentant de déceler le moindre dysfonctionnement physique, sans succès. Cet homme devait être en pleine santé. Tant mieux, il ne serait pas un poids… Restait à voir son utilité. Ah bah… Il transportait la marchandise ! C’était déjà bien. Mais bon… Je restais persuadée qu’être deux pour faire ce voyage était… ridicule. Je me demandais réellement ce qu’il pouvait bien y avoir dans ce colis de si précieux pour nécessiter une telle escorte.

-Ménagez-vous un peu Zhou, vous êtes moins jeune que moi. Et je ne vous porterais pas sur mon dos si vous êtes trop fatigué... Objectivement.

J’aimais bien prononcer son prénom, il avait quelque chose de… simple.



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Sam 7 Avr 2018 - 18:34
Cette petite avait du répondant, c'était indéniable. Lorsqu'elle plaisanta sur mon prénom, j'esquissai un sourire plutôt complice. Du culot. Elle m'amusait. Au passage j'appris le sien : Sazuka. Et avec cette information, je n'étais guère avancé sur ses intentions et ce qu'elle était réellement. Puis elle devina, non sans tact, mes motivations. L'argent. Pas besoin de répondre à ça, elle avait tout deviné. Après tout j'étais un mercenaire, et je ne m'en cachais jamais. Sazuka n'en démordait pas, et se révéla être plus bavarde que je ne l'aurais soupçonné. Ainsi, elle fit quelques boutades légères, concernant mon âge. J'étais loin d'être un vieux croûton, mais venant d'une jeune plante comme elle, je devais être perçu comme un dinosaure. Une fois sa dernière vanne lancée, alors que nous marchions, je tournai légèrement la tête pour lui répondre avec un sourire à peine perceptible.

Allons, concentrons-nous. Sinon je serais tenté de poursuivre une joute verbale avec toi. Tu sais palabrer, et c'est bien. Il en manque beaucoup dans ma profession. Je suis mercenaire comme tu as pu t'en douter. Ouvre bien les yeux et les oreilles, notre voyage ne sera pas de tout repos.

Sazuka réservait certainement d'autres surprises, et j'avais hâte de le découvrir. Et une forte intuition m'indiquait qu'elle cachait beaucoup de choses. Enfin, pour l'instant, comme je l'avais dit, il fallait se concentrer. Pendant une heure, nous marchâmes au gré d'un sentier qui se faufilait de collines en collines, nous livrant un panorama assez splendide du Pays du Fer, que je ne connaissais que très peu. Enfin, plus loin, nous arrivions à la lisière de la Forêt de la Lune, l'endroit où nous passerions près de trois jours. Angoissant. Ces bois sinistres offraient des dizaines de possibilités d'embuscades pour attaquer des livreurs tels que nous. Avant d'entrer au sein de la forêt, je toisai son entrée, la main accrochée à la garde de mon katana. Je ne l'avais peut-être pas remarqué, mais mes doigts tremblaient légèrement. J'avais encore en tête des souvenirs traumatisants d'anciennes missions qui s'étaient mal passées. Les pièges tendus par les ninjas sont souvent mortels. Mais je repris mon sang froid, et franchit le premier bosquet qui séparait la Forêt de la Lune du reste de Tetsu no Kuni. Nos pérégrinations durèrent près de toute l'après-midi, et lorsque le soir vint, nous fîmes une halte. Il était temps de se reposer, afin de mieux reprendre le lendemain matin. Je me débrouillai pour faire le feu de camp, et chauffer notre nourriture. Une fois assis et tranquilles, je sortis le colis de la poche de mon manteau. Entre deux bouchées de mon sandwich au foie de veau cru, je soupesai le mystérieux paquet.

Maintenant que nous sommes seuls … Je dois t'avouer que j'ai toujours détesté être pris pour un con. Et crois-moi, les mafiosos traitent la plupart de leurs clients comme des chiens. Parfois pire. Alors pour ce contrat, je n'ai aucune envie de me faire enfourner. Alors, cette nuit, je tiens à en avoir le coeur net.

Sans plus attendre, je posai mon casse-croûte, et déballai délicatement le colis. C'était contraire à toutes les règles établies par le code du mercenariat, mais peu importait. Je ne tenais pas à risquer ma vie pour rien. Une fois le paquet défait et en face de son contenu, mon visage blêmit. Non … Impossible. Une arnaque ? J'avais entre les mains une brique. Une brique rouge, lourde, et tout ce qu'il y avait de plus classique. Trois jours de marche nous attendaient pour une brique ? C'était à ne plus rien comprendre … Et ma bouche articula simplement :

Que … Quoi ? C'est une blague ? …

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Sam 7 Avr 2018 - 20:02



Je connaissais bien Tetsu, mais je ne connaissais pas les noms de ses différents lieux pourtant les plus connus, paradoxale ? Non pas vraiment, juste que cela ne m’apportait rien de le savoir. M’orienter, pouvoir trouver ce que je voulais ; c’était tout ce qui m’intéressait. Et puis, connaître le nom de telle forêt, telle route, telle ville… C’était bon pour un guide touristique pas pour… Moi. Je savais néanmoins que nous n’étions plus si loin de notre destination, encore quelques jours…

Cette façon qu’il avait de me considérer comme une simple gamine en pleine puberté m’amusait beaucoup. Me dire de faire attention, d’ouvrir les yeux, les oreilles… Je le laissai faire. Après tout il était du métier. Je me contentais donc de le suivre tout du long. Il guidait, transportait, surveillait et stressait pour moi. Je savais que ce contrat serait facile, surtout quand c’est l’autre qui fait tout le travail. Quoi que… Si nous tombions sur un ou deux brigands, ou pire encore que cette espèce : des Samouraïs…

Mais jusqu’ici le trajet fut paisible, sans encombre. Ce n’était pas si étonnant, Tetsu n’était pas un pays laissé aux mains des voyous et autres criminels. Et la mafia était utile sous bien des aspects, même moi je l’avais compris. Mais que nous fumes deux pour transporter un colis… L’étrangeté de cette affaire persistait dans mon esprit, comme un rouage clochant dans un mécanisme complexe ; ce qu’était mon cerveau au bout du compte. Et que le mercenaire décide d’inspecter notre cargaison me sembla, subitement, ne pas être une si mauvaise idée.

Il la déballa, alors que nous mangions. Bien sûr je ne mangeais pas ce qu’il avait préparé c’était un coup à tomber malade et passer sa nuit dans les buissons… Je m’étais donc comme d’habitude contentée de quelques plantes comestibles et d’autres racines infusées dans une eau bouillante. Ce n’était pas particulièrement nutritif mais… Je connaissais les effets de chacune d’entre elles dont certaines n’entraient ni plus ni moins que dans la conception de certains médicaments, voire, certaines drogues.

Et Malheureusement je crachais le liquide brunâtre en voyant la malheureuse brique. J’avais éclaté de rire. Mais après quelques secondes…

-C’est à l’intérieur de la brique. Cela fait… une bonne cachette. Si on se fait attaquer –comme la plupart des ho… bandits de cette région sont des idiots- ils n’auront pas l’idée de chercher… Dans la brique. J’observais un court instant Zhou.
-Ne la cassez pas, Zhou. Ça romprait notre contrat.

Et les contrats, pour moi, étaient sacrés.
Un peu plus loin des lueurs dans la pénombre des fourrés alentours s’agitaient, le son des pas dans les feuilles séchées se rapprochait.

-Je vous l’ai dit. Ils ne sont pas… futés, par ici. Ajoutais-je en sortant de ma sacoche un unique scalpel, en observant au loin.




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Sam 7 Avr 2018 - 22:46
Une cachette ? Je comprenais mieux pourquoi Sazuka avait explosé de rire en voyant ma tête dépitée. J'avais l'impression d'être le novice, et elle le maître. Et peut-être que je n'étais pas loin de la vérité. C'était loin d'être la bleue que je croyais qu'elle était, il y avait encore quelques heures … L'idée de la tuer dans son sommeil s'éloignait donc de plus en plus. Je me résolus à faire équipe avec elle jusqu'à la fin de la mission. La brique était donc l'équivalent du sceau d'une lettre. Ainsi, le destinataire du colis était certain que son transport avait été accompli dans le secret absolu. Ingénieux.

C'est alors que mon oreille frétilla. Il y avait de l'agitation en l'air. Sans que nous nous en étions rendu compte, on nous avait encerclé. Mon coeur s'accéléra d'un coup. Il allait être délicat de gérer toute une horde d'ennemis à la solde de ceux qui désiraient voir le colis échouer dans leur propres mains. Sazuka fit un commentaire glaçant, et sortit de sa sacoche ce qui ressemblait à un scalpel. Son regard était celui d'une femme déterminée, prête à en découdre. J'en étais alors certain. Elle avait déjà l'expérience du combat, et sûrement d'affrontements d'un tout autre acabit que ceux dont j'avais l'habitude de mener. Mais son arme m'intriguait : un scalpel ? En quoi un couteau de cette taille était un avantage face à plusieurs bandits armés d'épées ou de haches ? A moins que cette petite fût en réalité complètement folle … Je me levai doucement et essayai de retrouver mon calme.

— Il va falloir défendre nos vies, Sazuka. Si je ne m'abuse, tu as l'air de connaître le combat … Tu as déjà tué, pas vrai ? Je ne compte pas me jeter à corps perdu dans une rixe à l'issue courrue d'avance. Je vais tenter de parlementer au maximum … Sans pour autant leur abandonner le colis, puisque c'est ce qu'ils veulent. Mais prépare-toi à agir …

Je me voilais la face. Parlementer ? Avec des bandits payés pour prendre nos têtes ? C'était futile. Et la jeune femme devait très certainement en être consciente. Moi-même, je me sentis honteux de croire à mes propres paroles. M'étais-je à ce point ramolli au fil des ans ? Avais-je seulement bien fait de laisser derrière moi ma vie de pêcheur, et l'avenir de mon propre fils ? Plus question de reculer. Les bandits surgirent hors des fourrés. Nous étions faits. Aucune issue. Leur chef, un immense colosse affublé d'un casque à corne grotesque, s'approcha de nous, l'air décidé et triomphant.


— Raclures de mercenaires que vous êtes ! Déposez vos armes, et je vous garantis que vous ne souffrirez pas …
— Recule, si tu ne veux pas finir avec mon sabre dans le bide. Vous n'aurez en aucun cas le colis.
— Quelle fougue ! Je sais reconnaître un mercenaire dévoué … J'en suis moi-même un. Je suis Balto l'Apocalyptique. Quant à votre minable colis, j'ai le regret de vous annoncer, que la misérable brique ne renferme rien. Désolé, ma petite. Votre contrat n'est qu'une mission fantôme, où le véritable objectif est de vous attirer dans cette forêt isolée. Soyez rassurés, nous ne voulons pas votre mort, au contraire … Le docteur Panzer a toujours besoin de plus de corps vivant au Château Sagarah. Et ne me demande pas pourquoi, je me contente simplement de les livrer.
— Qu'est-ce que tu nous chantes-là ?
— Des corps de guerriers chevronnés. Voilà ce dont a besoin Panzer. C'est pour satisfaire la famille Gonza que nous capturons des mercenaires dans cette forêt. Mais ces expériences bizarres, je m'en moque ! Moi, je ramasse l'argent quand je ramène les corps. Hélas, mademoiselle, je crains que vous ne conveniez pas au canon souhaité par notre employeur … Je dirais simplement que l'on vous a perdu dans la bataille … Mais pas question de vous laisser mourir ainsi … Je pense que mes hommes vont prendre un malin plaisir à faire joujou avec vous héhéhé …


C'en était trop. Une imposture, donc. Premier contrat foireux. C'était rare, mais ça arrivait. Je dégainai mon katana, et fonçai sur Balto. Le géant esquiva le coup avec la souplesse d'un serpent, sauta en l'air, et retomba derrière ses troupes. Il ordonna l'assaut, et s'ensuivit une pagaille sans nom. Submergés par le nombre, ma première pensée alla à ma binôme. Non. Pas le temps de penser à elle. Elle se débrouillerait. Il fallait dans l'immédiat que je me misse en position de garde. Les coups allaient pleuvoir. A vue d'oeil, nous étions confrontés à une petite dizaine d'hommes armés. Aguerris ou pas, ces barbares n'étaient pas à prendre à la légère. Leur nombre était problématique. Trois d'entre eux se ruèrent sur moi à l'aveuglette, brandissant des massues plutôt courtes. Je pliai mes genoux, me baissai, puis me relevai tout en tournoyant sur moi-même. Deux tours suffirent pour ouvrir le ventre des trois bandits en deux. Des flots de sang jaillissaient, et des viscères se répandirent à même le sol. Furieux, leurs camarades firent de même, mais de manière beaucoup plus méthodique. A trois contre un, l'un d'eux parvint à passer derrière moi. Le premier coup frappa mon épaule gauche, qui se brisa sur le coup. Ce qui me poussa en avant, et me permit d'embrocher un des membres du trio. Un autre riposta en m'assommant d'un coup violent. Sans rien faire, impuissant et battu, je m'affalai au sol. Et sans même savoir de ce qu'il était advenu de Sazuka, je sombrais dans le noir ...
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Dim 8 Avr 2018 - 3:34



C’était souvent comme ça qu’opérait la mafia pour garder secret ses livraisons. Les briques contenaient souvent une, ou deux capsules. Elles évitaient les interceptions dont pouvaient être victimes les pigeons ou autres volatiles messagers. Mais là, apparemment, ce n’était pas le cas. C’était bien pire. Je jetai un regard furtif à mon coéquipier improvisé, et le laissai « parlementer ». Je n’aimais pas combattre, et n’utilisais mes compétences qu’en cas de situation critique pour moi. L’imposant guerrier au casque ridicule nous avait donc dévoilé le poteau rose.

Un sale piège que je n’avais pas vu venir, trop honnête que j’étais. Et encore pire, cela voulait dire qu’il n’y avait pas de contrat. Et trahir le lien qu’il établissait, qui protégeait mes employeurs de ce que j’étais… Etait la dernière erreur à commettre. La confiance était une chose précieuse que j’estimais plus que tout. Et dans ce long discours, il n’y avait bien qu’une phrase, finalement, que je n’avais pas compris et que je pris même le temps de répéter pour le coup…

-faire joujou… avec moi ? M’interrogeais-je alors que le chef présumé de cette bande battait en retraite face à la prodigieuse attaque de Zhou, pour mieux ordonner l’assaut. J’haussais les épaules –c’était mon geste préféré- enfin… Si je devais me salir les mains…

Dans mon « travail » comme dans celui-ci, le combat, j’opérais de manière très ordonnée et précise. Je n’avais pas besoin de frapper, de batailler longuement la plupart du temps. Je regardais Zhou affronter ses premiers adversaires. Assez balourds dans l’ensemble. Et vinrent les miens. Je pris une profonde inspiration et commençais simplement par projeter le scalpel qui se logea sans mal dans la gorge du plus éloigné, il n’eut pas le temps de s’effondrer que j’avais déjà récupéré la lame chirurgicale, libérant un magnifique geyser de sang. Boom, carotide. Et j’aurais pu procéder de la même façon avec chacun d’entre eux si lents étaient-ils. Mais, ils savaient se battre quand même.

Scalpel entre les doigts, coup d’œil rapide à Zhou qui se démenait vue l’hécatombe, j’esquivais un coup, en assénait un nouveau, unique. Interstice entre deux lamelles de cuir, artère brachial, mort. Pas de boule de feu, pas de jet d’eau, pas d’éclairs ; rien de tout ça. C’était sans doute pour cette raison qu’ils ne sonnaient pas la retraite, pas assez impressionnante... bah… tant pis. Mon objectif n’était pas de tuer… Mais s’ils persistaient malgré l’évidente facilité avec laquelle ils chutaient…

Nouveau regard, Zhou semblait en difficulté. M’inquiétais-je pour lui ? Pas vraiment. Mais nous œuvrions depuis le début dans le même sens, il ne m’avait pas fait défaut et se battait même ; bon plus pour sa vie que la mienne, c’était certain. Mais quand même. Le problème étant maintenant que je lui avais accordé trop d’attention, puisque ce coup-ci je ne l’avais pas vu venir. Et ce ne fut que lorsque je sentis la lame d’un katana me transpercer l’abdomen de part en part et s’extirper aussitôt. L’homme à l’origine de cette attaque surprise me surplombait d’au moins deux têtes. Je le toisais, il esquissait un sourire satisfait. Je fis un pas en arrière. D’autres le rejoignirent, ceux qui avaient eu raison de Zhou.

-Je ne le dis pas souvent… mais je vous laisse une chance de fuir.

Exclamations en tout genre, moqueries, provocations… Je levais les mains alors qu’ils continuaient de m’observer, s’apprêtant sûrement à m’achever. Et je réalisai quelques mûdras. Une aura verdoyante m’engloba intégralement et la plaie béante de laquelle s’écoulait un long filet de sang ayant imbibé mon haut et mon bas se résorba d’elle-même alors que je subissais de nouveaux assauts. Le premier encaissa, enfin, façon de parler, un coup de poing monumental duquel un song glacial s’échappa. Chacun de ses os venaient d’être broyés à l’impact et fut propulsé dans les bois d'où il était sorti. Je ne donnais pas chère de sa peau... ou ce qu'il en restait.

Une démonstration qui suffit à faire réfléchir les autres, apparemment. Sur la dizaine qu’ils étaient, ils n’étaient plus que quatre encore capables de se battre. Dont leur chef. L’un des sous-fifres tenta de s’échapper, arguant qu’il n’avait pas signé pour « ça » et fut dans la seconde exécuté par le gros au casque à cornes. Je m’esclaffais.

-Plus que trois alors ? Bien. Je vous ai laissé une chance. Vous l’avez ratée. Dis-je en serrant le scalpel dans mon poing.

L'instant suivant, comme la fois précédente, je me propulsais aussi soudainement que brusquement vers leur chef, scalpel en pointe. Alors que je voyais la lame atteindre son objectif, je fus stoppée dans mon élan, nette, et projetée en arrière, à quelques mètres. Je fus plutôt surprise de sa vitesse de réaction, ce n’était pas commun pour un vulgaire mercenaire. Dans cette riposte, j’avais lâché mon scalpel et me retrouvais maintenant sans arme, et ma sacoche restée proche de notre feu m’était inaccessible.

Je pris donc une position que je n ‘avais pas utilisée depuis… Des années. Celle que les Samouraïs de l’institut m’avaient enseignés. Une position de combat défensive qui consistait à… Attendre. Et, concentrée, j’attendis de longues secondes. Les deux sbires restants se lancèrent alors munis pour l’un d’un sabre, et l’autre d’une petite masse. J’effectuais une esquive plutôt basique et plaquai mes paumes sur les thorax de chacun, qui tombèrent comme des pierres. Bon, niveau défense ce n’était pas ça. Les deux derniers mercenaires avaient subi une mort plutôt douce en comparaison des autres, mais l’un des deux m’avait aussi blessé, encore une fois.

Lorsque je me redressai, je constatai que Balto « l’Apocalyptique » avait disparu. Il avait fui laissant derrière lui sa troupe décimée. J’utilisai un énième jutsu, pour me soigner et, une fois retapée, reportai mon attention sur Zhou qui gisait un peu plus loin. J’approchai assez lentement, m’assurant qu’un autre ennemi ne se cachait à proximité, attendant le bon moment pour finir le travail. Une fois assurée, je m’accroupissais à côté, et pris son pouls, constatant qu’il n’était pas mort. Tant mieux. Et pour la troisième fois j’exécutais cette série de signes dont j'avais très clairement abusé, canalisant la majeure partie de mon chakra et posai simplement ma main sur lui. Une épaule fracturée, un traumatisme crânien et divers hématomes… Cela prendrait un peu de temps.

Après une bonne demi-heure, l’aura émeraude qui le recouvrait se dissipa, signe qu’il était complétement soigné. Je le vis ouvrir un œil dans les secondes qui suivirent.

-Je vous avais dit de vous ménager. Dis-je en me relevant alors que mes membres furent pris de tremblement. On va pouvoir reprendre notre… Divaguais-je.

Pourquoi reprendre notre route alors qu'on venait de se faire enfler ?

Je n’avais pas terminé ma phrase que je m’écroulais, prise d’une violente tétanie musculaire, à un ou deux mètres de notre feu de camp. Quelle chance. Au milieu de la dizaine de corps jonchant ici et là ce lieu, au sein de la forêt, qui fut le théâtre d'un terrible affrontement.

Sazuka avait sans doute utilisé son chakra de manière excessive, et pourtant, elle n’avait pas… gaspillé ses forces. Ce qu’il lui fallait maintenant, c’était du repos.




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Lun 9 Avr 2018 - 14:22
J'ouvris les yeux. La première chose que je vis, ce fut le visage angélique de Sakuza. L'attaque, la couillonnerie monumentale dont nous avions été les victimes … Je me redressai tant bien que mal, constatant que chacune de mes blessures précédentes avaient tout simplement disparues. Autour de nous, une espèce d'aura verte se mourrait. En face de moi, ma partenaire articula quelques mots et s'écroula, visiblement éreintée par le miracle qu'elle venait d'accomplir. Cette petite était pleine de surprises, comme je le soupçonnais. Et autour de nous, les cadavres d'un affrontement violents, gisaient, là, silencieux et encore chauds. J'en avais tué quatre, avec grande difficulté … Mais Sakuza, elle … elle avait fait le reste ? Le doute n'était plus permis. Ses prouesses prouvaient que nous n'étions pas dans la même catégorie. Elle était le sommet d'une montagne, et j'en étais les racines. Visiblement, la chose qui primait pour elle maintenant, c'était du repos. Je constatai du sang, et ses vêtements déchirés au niveau de l'abdomen. Mais pas de blessures … Ainsi, elle avait le don de guérison, et les rumeurs disaient que les ninjas étaient d'incroyables médecins. Etait-elle de cette caste ? C'était certain.

Maintenant que j'en étais convaincu, je laissai la shinobi retrouver ses forces. Mais pour cela, pas question de rester là. Le cadavre de Balto l'Apocalyptique n'était présent. Ce gredin avait dû prendre la fuite, et nos vies étaient par conséquent, en grand danger. Surtout s'il revenait avec des renforts. Sans attendre, j'éteignis le feu de camp, et hissai la pauvre Sazuka sur mes épaules. C'était un poids plume, et heureusement pour moi. J'étais encore un peu barbouillé, mais il fallait trouver une cachette digne de ce nom dans la forêt. Et c'était ce que je m'apprêtai à faire. Mes années d'expérience dans le mercenariat avaient fait de moi un survivant accompli, surtout en milieu naturel.

— Accroche-toi, petite. On va s'en sortir, dis-je alors que je transportai Sazuka à travers les bois.

Il fallait trouver un endroit sûr. Nous avions été imprudents en nous exposant ainsi, avec un feu en pleine forêt. L'expérience allait nous servir de leçon, au moins. Nous opterions pour la discrétion, maintenant. L'urgence était d'attendre que Sazuka se réveillât. J'étais redevable à cette fille pour toujours. J'avais une dette inestimable envers elle. Elle avait nos peaux à tous les deux, là où elle aurait pu prendre la fuite … Bref, ce qu'il nous fallait, c'était une caverne. Et vu les touffes de poils et les griffures présentes sur la plupart des arbres présents du coin, la demeure d'un ours était tout près. Je déposai délicatement la jeune femme sur un tas de feuilles. Puis, lorsque je repérai ladite grotte, je dégainai mon katana. Tuer un ours n'allait pas être aisé. Mais au moins, mon arme pouvait le blesser et le tenir à distance. Sans attendre, je me mis à uriner un peu partout afin d'attirer la bête. Quelques minutes plus tard, l'ours pointa le bout de son nez. Il arriva jusqu'à moi en grognant.


J'étais l'intrus sur son territoire, et c'était par un combat que le propriétaire de la grotte serait désigné. L'animal chargea bêtement en ligne droite. Je sentis tout son poids faire trembler le sol. Une fois à bonne distance, j'exécutai un bond prodigieux en l'air, faisant ainsi passer l'ours entre mes jambes écartées. A cet instant, je plongeai mon katana dans le dos du monstre de poil qui laissa échapper un râle à glacer le sang. Mais contrairement à l'homme, l'animal reste imprévisible. Plutôt que de continuer sa course, l'ours s'arrêta net. Je retombai alors sur, lui, dos à sa gueule. Il me renversa sur le côté, et me fit face, prêt à me dévorer le visage. En plus, mon katana était resté planté sur son dos. L'angoisse. Le monstre se dressa sur ses deux pattes, et rugit. C'était le moment. Je lui lançai à la face du sable, ce qui le fit reculer. En reculant, il plaqua son dos contre le tronc d'un arbre, enfonçant encore plus la lame de mon sabre. Sa pointe surgit de la poitrine touffue dans un flot de sang continu. La bête tomba au sol, et laissa la vie quitter son corps pendant quelques minutes d'agonie. Triste spectacle. Mais j'avais remporté le duel. Je retirai le katana, l'essuyai avec une feuille, et repris sur mes épaules le corps de Sazuka. Une fois dans la grotte, je déposai mon imperméable sur son corps, afin qu'il servît de couverture. Puis je montai la garde, jusqu'au petit jour. Lorsqu'elle ouvrit un peu les yeux, je pris la parole.

J'espère que ton sommeil n'a pas été trop troublé. Pas d'inquiétude, nous sommes en sécurité, ici. C'est une grotte. Merci de m'avoir sauvé la vie, la nuit dernière. En vérité tu nous as sauvé la vie à tous les deux. Bon. J'aimerais que tu joues franc-jeu avec moi. Tu es une espèce de ninja ? Tuer tous ces hommes à toi toute seule … Et puis ce don de guérisseuse … Evidemment, tu es beaucoup plus forte que moi, et ça crève les yeux. La question qui se pose est la suivante : rebroussons-nous chemin ? Ou nous faut-il rejoindre le Château Sagarah, comme convenu. Des ennemis nous attendrons là-bas, mais avec un peu de jugeote, je crois qu'on peut réussir à s'infiltrer. Enfin, personnellement, avec ou sans toi, j'irai au Château. J'ai un esprit revanchard, et j'ai bien envie de faire déguster ses entrailles à ce balourd de Balto. Quant aux expériences faites par le docteur Panzer … C'est intriguant. Surtout si ce sont des mercenaires comme nous entre ses mains. Surtout que si nous débarrassons la région de ces criminels, la récompense sera très probablement plus juteuse que notre contrat de base … Que suggères-tu, Sazuka ?

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Lun 9 Avr 2018 - 18:09



L’obscurité et les cris d’un enfant dans la nuit étaient tout ce que voyait et entendait l’Ikeda lorsqu’elle entrait dans une telle phase de sommeil. Le coma. Une scène se répétant inlassablement jusqu’à ce qu’enfin elle se réveille. Un rêve, un cauchemar ou un souvenir lointain ; elle ne pouvait en distinguer la nature. Elle qui détenait ce fabuleux don de la mémoire parfaite qui lui permettait d’apprendre et mettre en pratique tout ce qu’elle voyait, semblait bloquée ou perdue face à cette vision. Et lorsqu’elle rouvrait les yeux, elle oubliait tout, ou presque. C’était un souvenir… Quelque chose qu’elle avait vécu, quelque chose dont il lui était restée une marque indélébile.

Je rouvris les yeux avec les premières lueurs du jour, ou… celles d’après. Enfin, il était sûrement très tôt. Les « péripéties » de la nuit passée étaient encore fraiches dans mon esprit et me laissaient malgré mon réveil une intense sensation de fatigue, d’exténuation. Comme si je n’avais pas dormi depuis une semaine. Avais-je abusé de mon énergie ? Oui, encore une fois mais visiblement le résultat était à la hauteur. Zhou était là, toujours, et ses questions m’assaillant me firent presque regretter de ne pas l’avoir laissé inconscient… Enfin, il était trop tôt, ou trop tard...

Il ne fallait pas oublier qu’en dépit de ses « talents », Sazuka demeurait une adolescente, plus ou moins. Et qu’à cet âge-là le sommeil lui était quasiment aussi sacré que ses contrats et ses liens de confiance. Elle grommela quelque chose en se retournant dans sa couche de feuilles à l’odeur assez… particulière…

-Vous faites trop de bruit… Zhou. Laissez-moi dormir encore un peu, Zhou. Me plaignais-je.

Commencer une journée fatiguée… N’était pas la bonne chose à faire. Je l’avais écouté… Mais pour le moment… Ce n’était pas l’heure des réponses. Et la poignée d’heures passée dans « l’autre monde » n’avait clairement pas été suffisante pour reconstituer mes réserves, qu’elle de chakra, ou de sympathie.

Néanmoins, en guise de « de rien » elle fit juste un signe avec la main, comme un… « pas de problèmes » ou quelque chose comme ça. Enfin, cela ressemblait plutôt à rien à vrai dire, mais l’intention y était. En tout cas, il ne lui avait pas fallu longtemps pour sombrer de nouveau.

Quelques heures plus tard je rouvris les yeux une seconde fois, il faisait toujours jour, mais bien plus… clair… Début d’après-midi ? Je m’étais redressée, et étirée de long en large. Là ! Là j’étais en forme. Je regardais ma tenue, toujours dans le même état que la veille. Au moins, il ne m’avait pas déshabillé… Souvent, dans les livres que j’avais pu lire, des hommes déshabillaient des femmes ou même d’autres hommes… Pour des raisons qui m’échappaient. Bref.

J’observais cherchant mon acolyte, balayant la… grotte où il nous avait abrité, et le trouvai au bord de son entrée. Assoupi, enlacé à son katana. Je soupirai et déposai son imper

Je lui avais dit de se ménager… Pensais-je.

Alors je décidai d’aller prendre un grand bol d’air frais, en comparaison de l’odeur de cette tanière… Tout me semblerait plus… Frais, de toute façon. Deux objectifs en tête avant notre discussion : lavage et nourriture. Pour le premier cela s'avérait assez compliqué, ce n’était pas comme s’il y avait beaucoup de cours d’eau par ici… Et pas encore moins comme si nous avions beaucoup d’eau à gaspiller. Du coup, cela me faisait gagner un temps précieux. Quant à la nourriture… La nature était plutôt généreuse. Comme la veille, plantes, baies et racines seraient suffisantes. Pour Zhou aussi.

Dans mon exploration, je constatai du décès du gros ours, un de ceux courant la nuit dans la forêt. Un de ceux toujours susceptible de nous rattraper. #ref. Zhou avait dû l’abattre pour réquisitionner son logis… J’éprouvais plus de pitié pour cet animal que pour ceux de la nuit passée, lui, n’avait rien demandé. Mais bon… La loi du plus fort. J’aurais bien pu le dépecer pour en faire un apport protéinique parfait, ce n’était pas mauvais, l’ours. Cependant, le temps de préparation, de cuisson etc… M’empêchait simplement d’y songer… sérieusement. Je le laissai donc là. Il nourrirait autre chose.

Retour à la grotte, Zhou dormait toujours. Je fis exprès de faire du bruit en préparant notre « super repas » -il l’était pour moi- et l’observai faire surface…

-Désolée... Je vous réveille pas j'espère ? Dis-je en m’approchant. Tenez, mangez et buvez ça.

Une mixture pâteuse mais néanmoins solide ressemblant fort à de l’excrément d’herbivore, et un genre de tisane tirant entre le vert et le marron aux effluves florales.
Et répondis, alors que je surveillais qu’il prenne son repas, aux questions posées quelques heures plus tôt. Je n’allais pas mentir. Je ne mentais jamais.

-J’ai un intérêt pour la médecine, et une certaine sensibilité au chakra. Mais ça ne fait pas de moi un ninja, ou un shinobi. Utiliser un Katana fait-il de toi un Samouraï ? Demandais-je assez froidement.

Je ne pensais pas, d’autant plus que j’avais gros contentions avec l’institut Samouraï, de Tetsu.

-Nous avion un contrat. Un service pour une solde. Le contrat est un lien de confiance. Qu’on la brise est une chose, qu’on essaye de me tuer en s’en servant… Je les retrouverai, et je les tuerai tous. Dis-je bien plus sérieusement, le regard un peu éteint.

L’argent n’avait plus d’intérêt, la seule dette qu’ils avaient à payer, était leur vie. Je pris place, assise en tailleur, à l’orée de grotte. Prenant une pause pensive…

-Je n’ai aucune idée de comment y arriver… je ne me suis jamais attaquée à un château… Deux des mercenaires d’hier soir… ne présentent aucune blessure. On pourrait peut-être s’en servir… Enfin, de leurs armures… Quoi qu’avec ma voix… Ma taille… Je pourrais-être… ta prisonnière ? Suggérais-je.
-Et quand on en aura fini avec eux. Je m'occuperai de l'autre type, celui qui nous a remis le colis. Ajoutais-je finalement.


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Mar 10 Avr 2018 - 12:44
La jeune Sazuka ne me répondit pas immédiatement, toujours fidèle à son attitude quelque peu nonchalante. Après tout, elle sortait d'un état de fatigue plutôt extrême. Elle sortit de la grotte quelques heures, me faisant signe de ne pas m'inquiéter pour elle. Et puis j'étais trop exténué pour la suivre dans sa promenade champêtre. Petit à petit, je me laissai gagner par la fatigue, et sans que je ne m'en rendisse compte, je m'étais endormi. Elle me réveilla avec douceur, en me tendant un petit bol rempli d'une espèce de bouillasse verdâtre et peu ragoutante. Cependant, l'odeur qui s'en dégageait était des plus enivrantes. J'avais l'impression de sentir une infusion aux multiples senteurs florales.

— Désolée... Je vous réveille pas j'espère ?  Tenez, mangez et buvez ça. 
— Ben si, tu me réveilles mais bon … C'est pas de refus, j'ai besoin de manger, quand même. J'ai pas pu ramener mes affaires en venant ici.


Pendant que j'avalai petit à petit le gloubiboulga qu'elle m'avait concocté, Sazuka prit le temps de répondre à mes questions. Ainsi donc, elle était un genre de médecin, « sensible » au chakra. Je souris lorsqu'elle prononça ce doux euphémisme. Elle état carrément dotée de super-pouvoirs, oui ! Vint ensuite sa réponse, concernant notre rôle dans cette fausse mission. Sa suggestion était crédible, mais risquée. Et le seul plan possible. J'acquiesçai à cette planification, puis me levai une fois qu'elle eût terminé de parler. En effet, le fameux intermédiaire jouait lui aussi un rôle dans cette supercherie, et il paierait.

Alors nous sommes d'accord. Faisons comme tu as dit, nous improviserons une fois à Sagarah. Pour commencer, retournons sur les lieux de la bataille, que je puisse emprunter les vêtements de ces malfrats.

Ni une ni deux, quelques heures plus tard, nous étions de nouveau à notre ancien campement. Les mouches tournoyaient déjà autour des corps de nos anciens adversaires. J'en pris un qui faisait à peu près ma taille, le déshabillai, et enfilai la totalité de ses fringues. S'ensuivit ainsi un marathon de deux jours à travers l'épaisse Forêt de la Lune. Et nous courrions à notre perte. Mais nous étions déterminés comme jamais, à faire résonner notre vengeance au Château de Sagarah. Puisque j'avais retrouvé mes réserves de nourriture, je pus me passer des plats végétariens de madame, qui n'étaient pas infâmes, mais peu nourrissants pour un homme comme moi. Les sandwichs à la rate de porc cru me convenaient mieux. Pendant nos repas, je veillai à tenter de faire goûter mes sandwichs à ma partenaire, mais sans succès. Après les deux jours de marches, la forêt désépaississait, et à travers les quelques arbres restants, nous voyions le Château s'élever droit devant nous. C'était un splendide monument de pierre, niché au sommé d'une butte, dont le seul accès était une entrée se trouvant au bout d'un chemin de pierre. Sagarah était protégé d'un mur d'enceinte gardé par quatre gardes. Visiblement, des employés des propriétaires, les fameux « Gonzas ». Ainsi, ces sentinelles n'étaient pas aux ordres de Balto, l'Apocalyptique.

Nous y sommes, Sazuka. On fait comme on a dit.

Avec une corde, je liai les mains de ma binôme avec un nœud basique, qu'elle pourrait aisément défaire en un rien de temps en tirant dessus. Puis je la tirai, tel un soldat emmenant avec lui un captif de guerre. Une fois devant la porte du mur d'enceinte, les quatre gardes vinrent à nous.

— Halte-là ! Je croyais que vous y étiez tous passés ! Ton supérieur est revenu bredouille hier soir, en hurlant qu'on avait massacré ses hommes.
— Ben non. Vous savez pas ce que j'ai dû faire pour la capturer cette garce …
— Dépêche-toi de la ramener à l'intérieur, alors. Ton chef est furieux d'avoir perdu toute son unité. Il a même buté le docteur, c'est vous dire. Le Maître peut dire adieu à ses fameuses expériences.
— Le Maître ?
— Mais oui, triple con ! Le paternel de la famille Gonza ! Enfin, tout ça, ça ne te regarde pas. Entre et va faire ton rapport, avant que l'Apocalyptique ne ravage tout le Château. Au dernières nouvelles, il discutait avec le fiston du Maître, dans la basse-cour.


Le docteur Panzer … tué ? Décidément, ce Balto était un vrai démon. Une chance que nous n'eûmes pas à l'affronter lors de notre fameuse nuit. Nous entrâmes enfin dans la cour extérieur du splendide édifice que les Gonza avaient érigés à leur propre gloire. D 'ailleurs, Balto ne fut pas difficile à localiser. Il était dans la cour inférieur, près d'un espèce de terrain d'entraînement. Il y avait à ses côtés un jeune homme beau à l'allure fine, sûrement du même âge que Sazuka. Il s'agissait certainement du fils de Gonza. Les deux semblaient être pris dans une conversation animée. Discrètement, nous nous approchâmes. Cachés derrière une petite réserve, nous épiâmes la conversation.


— … cet imbécile m'a fait un coup foireux. Il méritait son sort.
— Je comprends, Balto. Mais estimez-vous heureux que mon père se soit montré magnanime dans cette affaire. Le meurtre du docteur Panzer va le forcer à faire un nouvel appel d'offre. Surtout que seul le Prototype 14 est opérationnel pour le moment. Il va falloir calmer vos pulsions.
— Ce fou s'amusait à coller des cadavres ensemble pour en faire …
— C'est à la demande exclusive de mon père. Prenez garde à vos paroles. C'était sa seule raison d'être ici : la fabrication des Prototypes. Et vous, vous étiez censés lui amener la matière première.
— Pfff … Si seulement j'avais su qu'il y avait parmi eux une ninja, je serais intervenu autrement ! Vous auriez dû voir ce qu'elle faisait … J'ai vu son chakra refermer ses plaies, à cette diablesse. Si je la retrouve … La technique de la Planche à Pain brillera encore de mille feux …
— … et l'héritier de l'école du Hokuto de Cuisine que vous êtes aura enfin un adversaire à sa mesure, je sais. Vous radotez, Balto.


Damned ! Le Hokuto de Cuisine ? Ce type savait donc manier les techniques du Hokuto de Cuisine ? Les practiciens de cette discipline étaient reconnus à travers le monde comme les artistes martiaux les plus accomplis … Presque autant que les ninjas ! Vaincre ce Balto n'allait pas être de la tarte. Il fallait opter pour une attaque surprise. Voire unique. Doucement, je chuchotai à Sazuka :

Essayer un combat frontal contre lui va être compliqué. Nous avons vu l'agilité dont il a su faire preuve dans la Forêt de la Lune, malgré son poids … Et je ne sais pas si tu as entendu parler du Hokuto de Cuisine … Ce sont des cadors dans les arts du corps à corps … Il faut l'assassiner du premier coup. Que faisons-nous, maintenant ?

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Mar 10 Avr 2018 - 17:00



Repasser par notre dernier champ de bataille me permit, en dehors de pouvoir observer les cadavres des miliciens un instant le temps que Zhou enfile son déguisement ; de récupérer ma sacoche marron ainsi que le scalpel perdu dans l’affrontement, couvert de sang séché. Il était d’ailleurs un peu à mon image. Je n’avais pu ni vraiment nettoyer les traces de nos animations nocturnes, ni même changer de vêtements. Mais, pour ce que nous projetions de faire, finalement, cela devait être le meilleur des costumes. Le plus crédible.

Après notre longue marche entrecoupée de quelques pauses nous arrivâmes au château de Sagarah. Un édifice ressemblant un peu à l’endroit où j’avais vécu quelques années, en mieux. Sauf que celui-ci était dirigé par une famille criminelle collaborant la plupart du temps avec les forces officielles de Tetsu. Autant dire qu’ils contrôlaient leur région sans être vraiment inquiétés par le Shogunat. Nous étions, et serions donc seuls dans cette histoire… Deux contre… D’innombrables ennemis… Cela relevait de la folie. Je m’en rendais compte.

Mais, malgré l’aspect foireux de ce plan –nous n’avions même pas de plan de fuite- je n’avais qu’une envie, les faire s’acquitter de leur dette. Ainsi donc je me retrouvais les mains liées dans le dos, prisonnière de Zhou. Malgré son sexe, je lui faisais étonnement confiance. Ce n’était pas comme si une opportunité venait de se présenter à lui. Livrer une personne capable d’utiliser le chakra pour se soigner, elle et d’autres personnes… Aurait pu lui rapporter gros. Mais, il semblait avoir le même objectif que moi.

La confiance, ses liens ; représentaient quelque chose de vraiment important pour moi…

-Allons-y.

Affirmant ainsi ma volonté à mener notre « contrat » à bien. Puis, nous passâmes le garde. Un soupir… ce « garce » avait il était aussi convaincant ? Nous entrions dans la grande cour. Ecoutant.

-Hauts couteaux de cuisine ?... La planche à pain ?... M’interrogeais-je à voix basse. C’est sa technique qui s’appelle comme ça… ou il parle de moi là ? Fixais-je Zhou avec une sale étincelle dans le regard.

Qu’on m’insulte, j’y étais habituée. Qu’un homme m’insulte, ça arrivait. Mais que lui, Balto l’Apocalyptique m’insulte… Avant même que mon coéquipier dans cette mésaventure ne termine sa phrase j’avais surgis comme l’éclair pour fondre sur l’homme en armure. Le chakra affluant dans mes muscles jambiers m’avait permis une fulgurante accélération qui effaça les quelques mètres nous séparant en une demi-seconde. Mon poing, aussi empreint d’énergie, s’écrasa violemment sur le plexus brachial du jeune homme avec lequel il discutait. Avec la force dégagée par l’accélération et le coup lui-même, le frapper à cet endroit le transformerait en projectile humain qui n’aurait pour cible que Balto. Un effet de ricochet en quelques sortes…

Les liens avaient cédé très facilement... Je pouvais donc lui faire confiance ?

Je ne savais pas si Zhou était sorti de notre cachette et peu m’importait à vrai dire. Me retrouver face à cet homme et pouvoir l’éliminer m’animait plus que tout le reste. Je me redressai et vis alors les corps des deux hommes superposés l’un à l’autre encastré dans le mur un peu plus. Je pensais en avoir fini avec eux. Mais… La stupeur me prit lorsque je constatai que le guerrier « Hokuto » retomba sur ses pieds, après s’être débarrassé de mon projectile humain. Le jeune homme, mal en point, se releva à son tour, tenant son épaules disloquée comme il le pouvait, s'appuyant contre le mur.

Sazuka pouvait par moment se montrer… Très impulsive. Et si d’ordinaire les insultes et la critique ne l’atteignaient pas vraiment, entendre son ennemi se foutre d’elle aussi ouvertement avait… achevé les derniers remparts de sa patience. Bon, il fallait aussi prendre en compte le fait qu’elle avait un peu de mal avec les jeux de mots et les doubles sens… Mais ça… C’était une autre histoire.

Etonnement, l’alerte n’avait pas encore été donnée. Peut-être les hommes protégeant cette place avaient-ils l’habitude d’entendre ce genre de vacarme ? Des impacts contre les murs… Des cris de douleur… Un mince filet de sang coulant de ses lèvres, l’Apocalyptique me reconnut.

-... Toi ! COMMENT ?! Je vais te...
-Suffit ! Résonnât une voix rauque dans la cour. Vous avez déjà assez fait, Balto.

Je levai les yeux vers la source de cette interpellation, un peu plus haut à un balconnet en façade de ce qui devait être le donjon un homme somptueusement vêtu, plutôt âgé, venait d'interrompre ce qui s'annonçait être un fabuleux combat. C'était donc lui le commanditaire de tout ceci ? J'étais heureuse de voir le visage de ma prochaine cible...

-Seigneur Gonza, ce sont eux qui ont éliminé mon unité! Je...
-Il fit un signe de la main voulant simplement dire "silence". Je vois. Le Mercenaire et l'Eisei-nin.

Alors qu'il venait de prononcer ces quelques mots, une armée de soldat aux armoiries des Gonzas, arc, lances et sabres au poing venait de nous encercler. Il y en avait tout autour de nous, sur les murs, aux portes, à nos côtés... J'observais Zhou et haussais les épaules. Puis il disparut de la fenêtre, et pour autant personne ne bougea, ni les soldats, ni Balto, ni le fils du seigneur...

Puis il réapparut dans la cour, accompagné de deux autres gardes. Dépassa le guerrier au casque à cornes et vint nous faire face.

-J'ai été... impressionné... Par le récit de cet idiot. Je pensais qu'il avait simplement échoué et voulait couvrir son échec. Mais maintenant que vous êtes là, tous les deux. Permettez-moi... D'acheter vos services.

Un nouveau regard sur Zhou. Cette proposition signifiait une belle somme à la clef... Personnellement... Cela m'était impossible. Mais pour le mercenaire ?



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Mer 11 Avr 2018 - 21:01
Sans attendre davantage, Sazuka sortit de notre cachette, et se précipité sur le fils de Gonzo. En le frappant avec une force inégalable, il alla se fracasser contre Balto l'Apocalyptique, et ensemble, valdinguèrent contre un mur, et manquèrent de le briser entièrement, tant la puissance du choc était phénoménale. Sazuka et moi ne jouions pas non seulement dans la même cour, mais un fossé nous séparait. Une faille, même. J'étais sidéré, et durant les quelques secondes de silence qui suivirent, je crus que l'Apocalyptique avait rendu l'âme. Le corps du fils prodigue du clan, lui, avait mangé bon. Il se dégagea, tandis que Balto se relevait, presque indemne. C'était une force de la nature, c'était certain. A cet instant, les soldats investirent la cour, armés jusqu'aux dents. Nous étions faits. C'est alors que du haut d'un balcon, le chef du clan Gonzo se montra enfin. Un vieil homme élégant, un peu trop théâtral à mon goût. Il nous rejoignit en bas, accompagné de bonne escorte, et contre toute attente … nous proposa d'entrer dans ses services. C'était idéal. Cela allait régler tous nos problèmes. Mais avant que je ne puisse fournir ma réponse, Balto se mit à hurler comme un dément. Il leva ses deux bras vers le ciel, tel un gorille prêt à frapper le sol, et hurla :

Hokuto de Cuisine ! La Torgnole de ses Morts !!

Puis il cogna le sol, comme le laissait entendre sa posture. Lorsque ses poings, parcourus d'une aura bleutée percutèrent les pavés, une incroyable explosion se produisit. Une puissance terrible venait d'être relâchée, et en quelques secondes, il ne resta absolument rien de la cour inférieure. Dans une lumière blanche et éclatante, tous les occupants de l'endroit furent envoyés dans les airs, éparpillés aux quatre coins du Château, plus ou moins en plusieurs morceaux. Pour ma part, j'avais atterri violemment sur le toit d'une des tours de Sagarah, et en très mauvais état. Mon bras droit avait été retourné, et les os de mon épaule avaient carrément transpercé la peau. Avec mes articulations à vif, je souffrais le martyr. Comment vaincre un homme pareil ? Sa force dépassait tout ce que j'imaginais. Allongé sur mon toit, je toisai depuis ma position, le reste de la scène ahurissante, en bas. A la place de la partie du château où nous étions, il ne restait qu'un cratère fumant, avec en son centre, Balto, le corps entier parcouru de cette mystérieuse énergie. Très probablement un chakra hors du commun. Son armure et son casque avaient disparu, pour laisser l'homme torse-nu. Et il était terrifiant. Depuis mon perchoir, je l'entendit hurler à pleine voix :

Toi !! L'Eisei-nin ! Je te vois ! Tu vas payer pour tout ce que tu as fait !

Il avança d'un pas déterminé, certainement en direction de Sazuka. Je devais la sortir dans les plus brefs délais de ce mauvais pas. Après tout, elle avait déjà sauvé ma vie. Mais depuis mon toit, je ne pouvais pas faire grand-chose. A quelques mètres de moi, il y avait une trappe, menant à l'intérieur de la tour, je l'empruntai, et descendit le long de l'échelle. Je devais regagner la champ de bataille le plus vite possible. Le seul problème était que dans ma chute, j'avais perdu mon katana. Je me saisis d'une hallebarde décorative, et progressait dans la descente de la tour, une fois que j'eus trouvé les escaliers, après en avoir fini avec l'échelle. Au détour d'une fenêtre, je collai mon visage contre la vitre, afin de surveiller les agissements du colosse. Sazuka était non loin de lui. Impossible de déterminer dans quel état elle était. Balto, en revanche, venait de lever un bras vers le ciel.


Hokuto de Cuisine ! Technique de la Planche à Pain des Ténèbres !

Sa fameuse technique qu'il avait évoqué. Un large rayon de lumière dense et chargé de chakra fusa droit dans le ciel, qui était nimbé de nuages sombres. La situation était urgente, car un tourbillon menaçant, constitué de lumière et de nuages, commençait à prendre forme. Un véritable cyclone qui balayerait tout. Comment de telles techniques de chakra pouvaient-elles accomplir ces miracles. Je devais me hâter … Et courir … Vers ma mort. La mort. Cette petite m'avait sauvé la vie, après tout. Je lui devais bien ça … Mais qu'est-ce que je racontais ? J'étais un mercenaire, égoïste, et solitaire. De plus, à quoi allais-je bien servir, dans cet état ? Et puis l'avoir transporté à la caverne, avoir pris soin d'elle … Cela avait certainement épongé ma dette. Oui. J'étais terrorisé. Et je ne voulais plus la secourir. Non. Je voulais poursuivre mon chemin. Et Balto voulait la voir morte elle, pas moi. Mourir me paralysait. Arrivé en bas de la tour le choix s'offrit à moi. Continuer avec Sazuka ou … partir. Sauvegarder ma vie. Honteux de moi-même, je laissai couler quelques larmes, et en marmonnant un « excuse-moi, Sazuka », je me détournai du chemin menant à la cour. Je profitai d'une brèche dans le mur d'enceinte causée par le choc de la précédente explosion causée par l'Apocalyptique, pour m'enfuir. Je me ne retournai guère, n'assumant pas mon geste infâme et immoral. Les hommes se dévoilent véritablement lorsque la mort devient une certitude.

D'un coup, je sortis de mon Flash-Back. Je tenais dans ma main deux cartes rouges, et un « pioche 4 cartes ». La partie de Uno battait son plein, et le souvenir de cette aventure avec Sazuka m'était revenu en plein dans la figure. Je me demandais bien comment elle allait maintenant. J'avais changé, j'étais devenu un ninja au code d'honneur très strict. Et je me demandais, si je la recroisais, si elle me pardonnerait un jour … Car je voulais croire au plus fort de moi-même, qu'elle était encore vivante, quelque part.
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Jeu 12 Avr 2018 - 12:23



Je ne sus pourquoi mais tout ceci ne m’étonna finalement pas. Le vieux qui semblait être le maitre de ces lieux se fit balayer comme tout le reste des guerriers, et comme une bonne partie de ce qui fut jadis une très belle cour intérieure. Ce Balto était contre toute attente réellement redoutable. D’habitude les hommes comme lui finissaient sur ma table d’opération pour servir de sujet d’examen, mais lui… Quelque chose me disait qu’il se rebellerait. Ce fut tout de même la seconde fois qu’il tentait de s’en prendre à ma vie.

J’aurais voulu compter sur Zhou, qu’il me serve au moins de bouclier humain, mais je ne le vis nulle part. Il avait sans doute péri ou alors s’était-il enfuit. Dans un cas comme dans l’autre… Cela ne changeait pas grand-chose à la situation. Tandis que je me relevai des suites de l’explosion, amochée par quelques débris et ma chute aussi, certainement ; je vis l’Apocalyptique faire appel à des forces dont je ne soupçonnais même pas l’existence. Etait-il un shinobi ? Non, assurément que non. Il était comme moi, un Tetsujin s’étant découvert des capacités hors-normes, comme moi, il avait dû s’entrainer longtemps avant d’en arriver à ce niveau.

Deux solutions s’offraient donc à moi, l’une s’opposant à l’autre. L’attaque, ou l’usure ? De la première je pouvais imaginer une victoire ou une mort rapide, et de la seconde… Une victoire douloureuse. Valait mieux donc jouer la « sécurité ». J’approchai donc de lui tranquillement, l’air menaçante ; autant que je le pouvais. Et le cyclone d’énergie et de… vent, s’abattit sur moi. Rapidement je vis ma peau se détacher des parties les plus exposées de mon corps alors sans attendre j’effectuais quelques signes et une aura verte vint me couvrir, régénérant progressivement tout ce que je subissais. Cela durant quand même quelques secondes avant que ce jutsu surpuissant ne cesse.

Il n’était peut-être pas possible d’user de tant de force si longtemps… Allez savoir. Toujours était-il que, la tempête s’amenuisant, je réapparus aux yeux du colosse, indemne. Et son regard démoniaque se mua d’un coup en quelque chose exprimant davantage la stupéfaction.

-Aaaaah Maudite sorcière !

Avait-il hurlé -alors que ça n'avait strictement rien à voir avec le sorcellerie- en se projetant sur moi, à mains nues. Dans son élan et sa posture propre à l’école du Hokuto, qui semblait parfaite, je pu déceler par loin d’une dizaine de failles. Bien sûr, je ne les exploitai pas, je n’étais pas comme ça. Non, je le laissai simplement me frapper de toute sa force. Ô oui… Cela fut douloureux. Son coup m’avait projeté à plus d’une vingtaine de mètres. J’avais senti pas mal de mes os craquer sous sa pression. Je souffrais d’une multitude de fracture et peut-être même qu’un ou deux de mes organes étaient maintenant défaillants. La mort était proche.

Mais, faisant fi de tout ceci –parce que, quand un sabre vous a éviscéré dans votre enfance vous laissant pour morte… Tout le reste semble bien fade- et me relevai, sur une jambre –l’autre étant à l’envers- dans un nuage de poussière assez épais. Je fis de nouveau deux trois signes et alors que le nuage se dissipait à son tour, je réapparaissais devant l’homme sans casque, en pleine forme.

-On peut continuer comme ça encore longtemps tu sais. Souriais-je.
-Je vais t’arracher la tête ! On verra après si tu souris toujours ! Tu vas…

Je plaçais ma en avant, paume orientée vers lui, non pas pour lui tirer un rayon laser ou un truc comme ça, mais juste pour qu’il se taise.

-Techniquement… Si tu m’arraches la tête et que je souris, je sourirai toujours… même sans le reste de mon corps… Lui expliquais-je.

Il s’élança une nouvelle fois causant même un petit cratère sous l’effet de son impulsion. Une charge impressionnante mais somme toute assez rudimentaire. Je ne fis donc que l’esquiver, et, se faisant, je lui fis un croche-pied. Ce qui n’eut pour autre effet que de le déséquilibrer et le faire chuter lourdement, entrainé par sa propre vitesse. Malheureusement, derrière moi se trouvait ce qui devait être l’armurerie du château dont les armes avec l’effet de sa torgnole s’étaient répandues un peu partout, et donc… Inutile de faire un dessin de ce qu’était arrivé à Balto l’Apocalyptique.

Ca ne paraissait pas comme ça, mais ce combat avait quand même bien duré, Balto était un homme endurant. Dommage que ça se finisse comme ça… me dis-je.
Je n’avais plus qu’une chose à faire… Partir. Mais, avant que tout ceci ne fasse plus partie que de mon passé, j’entendis une voix, un murmure. Je me retournai, observais, cherchais et vis une main dépasser d’un tas de débris. J’allais donc l’inspecter, peut-être que c’était Zhou. Je défis les quelques gravas et m’aperçus qu’il ne s’agissait pas du mercenaire, mais du fils de l’autre là, Gonza Senior.

J’étais surprise qu’il soit encore en vie. Il était résistant. Et le plus attristant, était que lui n’avait vraisemblablement rien demandé. Le pauvre. Et donc… deux solutions, encore, m’étaient possibles mais bien plus simples celles-ci. Le laisser mourir, ou vivre ? Je le saurai rapidement selon ses réponses.

-Le prototype 13, c’est quoi ?
-Aiideeez-moi…
-Hum…

Encore des signes… encore du chakra… Nope. Je me fichais pas mal de leur expérience, il pouvait mourir en paix. Et donc, je ramassais les quelques morceaux de pierre que j’avais retirés juste avant, et les remis à leur place, délicatement avant de bien tasser le tout.
Néanmoins… Maintenant que le château était vide… J’allais y faire un tour, voir si je ne trouvais quelques livres intéressants et des vêtements. Me balader à moitié nue ne me plaisait pas plus que ça, puis… Il y avait un petit vent frisquet…



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Sazuka [Sazuka] n.p - n-f : Nom propre désignant l'histoire des premières fois
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Mercenariat (Zhou)

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