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Rencontre au coin d'un cadavre. [Ikeda Sazuka]


Ven 13 Avr 2018 - 23:50
Rencontre au coin d'un cadavre. [Ikeda Sazuka]
Fin du printemps - Année 202




 Cela faisait maintenant trois longues heures que j'étais enfermé dans la morgue du complexe scientifique. Vous vous demandez sans doute comment j'ai pu atterrir là... Oui bonne question. Tout d'abord ce matin je me suis rendu à la bibliothèque à la recherche d'ouvrages concernant les infections liées à la nourriture consommée après qu'elle ait perdu toute fraîcheur. Je pu donc en apprendre beaucoup plus sur de nombreuses infections alimentaires et autres troubles du système digestif plutôt... hauts en couleur... et vous n'imaginez pas le nombre de nuances de couleurs que cela peut avoir. D'après ce livre une couleur plus jaunâtre peu induire... Quoi vous voulez vraiment en savoir plus ? Vous êtes vraiment un grand malade vous ! Bref, revenons à nos cadavres. Il était donc dix heures du matin à Kumo, le ciel était plutôt nuageux mais le temps restait doux, et le livre sous le bras je descendis de la Grande Bibliothèque pour me rendre au Complexe Médicale pour essayer d'en apprendre plus en étudiant quelques selles pour confronter aux théories avancées par ce bouquin des faits empiriques.


Alors non, ma première idée ne fut pas tout de suite de me rendre à la morgue pour pouvoir « discrètement » jeté un œil dans des selles humains, je me suis tout d'abord simplement rendu au laboratoire pour analyser des excréments de rats et d'oiseaux nous servant de cobayes pour nos expériences. Certains d'entre eux avaient eu des infections pendant qu'ils se trouvaient encore dans nos locaux et la cause de leur mort avait été inscrite dans les notes à la disposition des élèves de l'Académie souhaitant commencer quelques travaux de recherche amateur. La politique de Kumo là-dessus était vraiment agréable pour moi, je pouvais alors que je n'étais qu'un simple Genin nouvellement débarqué dans le village avoir accès à une manne d'information scientifique publics titanesque. Un vrai don du ciel pour satisfaire ma curiosité et mon envie de progresser. Ne nous étendons pas plus sur mes expériences et les diverses gaffes effectuées en manipulant de la fiente de moineau et les crottes de rats. Mais toujours est-il que ce fut plutôt instructif. Il s'avérait que ce bouquin avait pour l'instant vu juste. Mais si tout cela était vrai chez les animaux... Comment savoir si la chose était vraie pour l'homme ?... C'est alors que me vient cette idée plutôt stupide... Et si j'allais voir à la morgue pour trouver les selles des cadavres et les résumés d'autopsies ?


Descendant dans les sous-sols obscurs du bâtiment, je cherchais la porte qui m'indiquerait où se trouvait... Mon bonheur. Pas une seule seconde ne m'était venue en tête l'idée selon laquelle je n'avais pas l'autorisation de m'y rendre... Bon OK ! J'avoue y avoir songé... Mais vous savez je débarque moi, je ne connais pas vraiment les... coutumes locales. J'avais besoin de voir ces crottes et je comptais bien aller au bout de ma démarche scientifique sans me mettre dans la merde en me faisant prendre de toute façon.


Tombant enfin sur la bonne porte, mes yeux naviguèrent d'un bout à l'autre du couloir pour m'assurer que personne ne viendrait me soupçonner de faire des choses bizarres en plein jour dans la morgue de l'Hôpital. J'ouvris... Non je ne parvenais pas à pousser la porte, quelqu'un avait sans doute verrouiller la salle en la quittant. J'avais néanmoins pu remarquer qu'un puits d'aération avait été creusé et ressortait à l'extérieur à l'est du complexe, et on ne créait pas des puits d'aération pour n'importe quoi. Derrière cette porte devait se trouver quelques cadavres encore frais et on voulait éviter que l'odeur se répande dans tout le bâtiment. Je sortis donc rapidement et me rendis à côté de ce puits qui était heureusement caché par un buisson. Je pus soulever la grille en fer malgré son poids important et me faufiler à l'intérieur. Après être rentré dans le puits je me trouvais à peine à 1 mètre 50 sous terre et le mini-tunnel de terre renforcé par des planches ne me permettait au que d'avancer en rampant. Ma progression était lente et fastidieuse, la lumière disparut après quelques mètres supplémentaires et un virage à angle droit... Puis le sol disparut. La chute fut brève et je fus sonner par le choc inattendu avec le sol en pierre de la morgue. J'étais tombé depuis à peu près 2 mètres 50 et mon inattention aurait put me coûter une blessure légère. Cependant, ce qui m'inquiétait à présent était tout simple, en tombant j'avais ouvert une sorte de trappe de ventilation qui s'était par la suite refermé en émettant une sorte de "CLIC" et je me doutais que celle-ci ne pourrait plus être ouverte de mon côté. Cette trappe était sans doute encore une des nombreuses inventions du clan Metaru.

Mais bon, j'étais là où j'avais souhaité arriver et sortir n'était pas à ce moment-là la première chose que je désirais faire. Je pus trouvais rapidement le registre des rapports d'autopsies et les bocaux contenant des organes, et des échantillons de bile ainsi que de selles. M'attelant à ma tâche, je pus trouver du papier et de l'encre dans une armoire et en m'installant à l'opposée de là où les trois cadavres encore présents se trouvaient je pus prendre des notes sur mes observations. Je ne me sentais pas plus gêné que cela par la présence de morts. La pauvreté et la misère extrême d'Ame m'avaient confronté à bien pire que de tranquilles cadavres, et pour devenir un bon médecin, je devais savoir affronter la peur d'observer la mort en face, ma mère me l'avait toujours inculqué dès mes premières leçons. Une heure passa rapidement et lorsque j'eus fini, je réfléchis à un moyen de quitter cette endroit sans rameuter tout le bâtiment... Pas la peine de vous dire ce qu'il s'est passé non ? Bon et bien si vous y tenez, je n'ai pas trouvé d'autres solutions que d'attendre la nuit pour tenter de forcer la serrure. N'ayant rien à faire en attendant la nuit, je mis la main sur une table en bois avec des charnières lui permettant de se replier et d'être rangé, elle devait sans aucun doute servir lorsque trop de cadavres arrivaient en même temps à la morgue. L'installation fut rapide et le soleil tout aussi rapide à trouver.



Vous n'imaginez pas les bienfaits de la sieste, cela vous éclaircit l'esprit pour le reste de la journée d'une manière surprenante ! L'esprit « éclairci » mais toujours à moitié endormi j'entendis une clé dans la serrure de la porte. Pris de panique, je me mis sur le dos droit comme un piquet et j'ouvris grands les yeux pour jouer le mort. Immédiatement je me mis à rallonger et à ralentir grandement mes respirations pour que le mouvement de mon diaphragme ne soit pas perceptible à travers mes vêtements. Encore une fois, je m'étais mis dans une situation plutôt gênante et je voulais surtout éviter d'être humilié par des soupçons de nécrophilie.

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Dim 15 Avr 2018 - 20:33



A priori dans le monde des shinobi l’arrêt maladie existait aussi. Ce ne fut que pour cette unique raison qu’aujourd’hui j’allais passer une grande partie de ma journée à la morgue de l’hôpital. Parce que notre bon légiste souffrait d’un mal –un rhume- lui rendant la vie impossible. Côtoyer les vivants ou les morts… Cela n’avait que peu d’importance pour moi, j’en avais vu et fait assez pour être complétement désensibilisée à ces affres. Du coup j’étais la personne idéale pour ce job, les autres étant de petites natures.

Travaillant au complexe depuis quelques temps maintenant, je connaissais plutôt bien son fonctionnement, de ses différents services, de ses employés. Tant qu’il n’y avait pas de mort, je n’avais pas spécifiquement besoin de me rendre là-bas, si ce n’était une fois le matin à mon arrivée vers les six heures pour voir s’il n’y avait pas de nouveaux arrivants, et je devais y retourner une autre fois dans l’après-midi pour un simple contrôle de routine, voir s’il n’y avait pas de panne ou d’autres problèmes.

Lors de ma première « visite » j’avais noté sur le manifeste la présence de deux corps qui attendaient certainement une autopsie. Je ne m’y étais pas plus attardée que ça, je pouvais le faire, mais j’avais aussi mon propre travail qui m’attendait entre l’aile médicale et les laboratoires secrets du complexe. Peut-être l’après-midi, donc ? Ainsi cette matinée se passa assez tranquillement dans l’ensemble. Depuis notre retour d’Hi no Kuni, j’avais l’impression qu’il y avait de plus en plus de choses à faire à l’hôpital et ma fonction me prenait davantage de temps, ce qui n’était pas vraiment pour plaire à l’intendante de la Grande Bibliothèque… Enfin, je ne pouvais pas faire autrement. Il ne nous restait donc plus que la pause du midi, et le soir pour nous voir.

De retour au complexe après un repas frugal et une courte entrevue avec Akina, je m’étais rendue, de nouveau, à la morgue, un étage plus bas. Une fois dans la grande salle blanche dont le mur du fond était tapissé de tiroirs réfrigérés en aluminium, muni du fameux manifeste, je fis le tour, d’abord, des tiroirs ; vérifiant que les corps inanimés y soient toujours et que d’autres n’y soient pas arrivés entre temps. Puis, je m’intéressais aux tables d’autopsie.

-Un… Deux… Et… Trois ? M’étonnais-je en posant le regard sur le drap couvrant un nouveau corps. Je lus de dossier une nouvelle fois pour bien être sûre de moi. Rein n’y apparaissait, aucune entrée, aucune sortie. Dans une situation pareille, la procédure du complexe voulait qu’on condamne toutes les issues et qu’on dépêche l’unité spéciale sur place pour s’assurer qu’il n’y ait aucune intrusion. Oui, parce qu’un corps en plus, c’était une intrusion. Une double même. Quelqu’un avait dû le déposer ici.

Mais avant d’alerter tout le complexe et rameuter la moitié du village ici… L’idée de vérifier par moi-même me semblait plus judicieuse. Scalpel en main –non pas que j’avais peur, mais cette lame pouvait neutraliser n’importe qui- je tirai le drap et découvrant lentement le visage de l’individu, constatai immédiatement qu’il avait un teint plutôt vivant pour une personne sensée être morte. L’instant suivant la lame de dix se retrouvait sur la gorge du jeune homme prête à lui entailler la carotide.

-Que faites-vous là ? Comment êtes-vous entré dans cette pièce ?





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Dim 15 Avr 2018 - 21:32
Rencontre au coin d'un cadavre. [Ikeda Sazuka]
Fin du printemps - Année 202




Un jeune ninja médecin prometteur je l'étais sans doute. Mais une autre chose dont j'étais à peu près sûr à ce moment-là c'était d'être doublé d'un idiot fini. J'avais du mal à ce qu'on me dise non, alors bien souvent je préférais ne pas demander et juste faire ce que j'avais prévu, tout ça pour éviter la frustration d'un non. Mais pour progresser à Kumo, j'aurais mieux fait de me mettre dans le crâne que maintenant j'allais devoir me confronter aux règles...

Sous le drap j'entendis les pas de la personne se déplaçant dans la pièce, je l'entendis murmurer quelque chose... La lumière au travers du drap s'assombrit et je compris que la personne allait soulever le drap. Ni une, ni deux, je retins ma respiration et je fermai les yeux. Il y eu deux secondes de silences. Je priais de toutes mes forces pour que cette personne passe son chemin ou s'occupe des autres cadavres. Mais j'étais bien stupide de croire que cela allait arriver... Les ninjas assignés au sous-sol avaient tous un niveau de Juunin. J'avais vraiment cru pouvoir tromper un Juunin ? Moi, le pauvre Genin depuis quelques semaines qui débarque des taudis d'Ame. Petit prétentieux que j'étais ! Et maintenant qu'allait-il m'arriver ?! J'allais être renvoyé de l'Académie sans doute, ou bien même du village et Isoka ma pauvre tutrice qui m'avait fait confiance ne pourrait rien faire pour m'aider...

Je sentis alors un picotement sur mon gosier, puis une voix féminine me questionna avec un ton très menaçant. Ouvrant les yeux, je ne pus cacher la peur qui m'envahissait et je fus alors encore plus conscient de la situation... compliquée, dans laquelle j'étais allé me fourrer. Qu'allais-je bien pouvoir raconter ? On m'avait enlevé, drogué puis je venais juste de me réveiller ? Une tribut de loutre m'avait poursuivie et j'avais dû me cacher sous ce drap pour leur échapper ? Sérieusement Hikan … ? T'es vraiment un cas perdu pauvre cloche. Bon, la chose la plus simple à faire et de lui expliquer que tu étudiais simplement des crottes ! … Non d'une loutre.. Qui ne tente rien.. Non si t'avais rien tenté tu serais pas dans cette situation. Bon, on va essayer..

 « Bon.. Bon.. Bonjour madame ! Alors vous.. Vous.. Vous vous méprenez je ne suis pas dangereux ! A vrai dire, tout ce que je sais faire c'est refermé des plaies ! Je suis médecin ici ! Enfin pas vraiment, je suis apprenti médecin ! Vous savez j'ai rien volé ! Enfin pas vraiment ! je fis une pause en me rendant compte que ce que je racontais n'avait aucun sens... je repris un peu mes esprits et en calmant ma respiration je tentai de paraître moins paniqué. Je faisais un projet de recherche sur la détection d'infection dans les excréments, j'ai d'abord commencé par des oiseaux et il s'avérait que le livre avait raison ! Ah oui le livre ! j'attrapai le livre dans la sacoche accroché à ma ceinture, tout en restant couché et très lentement pour qu'elle voit chacun de mes mouvements. Ce livre théorisait la chose plutôt bien mais je n'ai pu faire confiance aux exemples empiriques mis en avant sans les voir de mes propres yeux... Alors j'ai voulu venir constater sur les excréments de personnes décédées... Lorsque je me suis retrouvé devant une porte close, et bien j'ai décidé de passer par le conduit d'aération... Je préfère ne pas vous mentir, j'ai bien compris que j'étais dans de sales draps... » 

Détournant les yeux de son regard avec un peu de honte... J'étais extrêmement inquiet pour mon avenir à l'Académie et plus encore à l'Hôpital. La médecine était toute ma vie et l'idée de ne plus pouvoir travailler dans le Complexe Scientifique me terrifiait. Je dus refouler un peu mon angoisse qui me faisait monter des larmes aux yeux et je réussis à les retenir. Toutefois, mon estomac se noua à cause de la peur et ma respiration se fit un peu plus irrégulière.
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Lun 16 Avr 2018 - 10:15




Cet intrus semblait réellement apeuré. Ses paroles confuses, ses explications me firent rapidement comprendre que je ne faisais pas face à une éventuelle menace, juste un garçon trop irréfléchi pour être un médecin. Je relâchais un profond soupir, pas de soulagement parce qu’il semblait inoffensif ; mais plutôt de consternation face à sa bêtise. J’estimais beaucoup la curiosité et connais parfaitement ce besoin que l’on pouvait avoir de l’assouvir. Mais jamais je ne m’étais mise en position « délicate » pour arriver à mes fins, pas dans ce domaine tout du moins.

Ainsi j’avais retiré ma main et glissai le scalpel dans la poche de ma blouse. Je n’aurais pas besoin de faire boucler tout l’hôpital, c’était déjà une bonne chose. Nous évitions une perte de temps considérable. Ceci-dit cela ne retirait à la situation.

-Non, ça c’est sûr. Vous ne faites pas partie des effectifs du complexe. Affirmais-je. Relevez-vous.

Lui avais-je adressé sur un ton plutôt autoritaire. C’était bien la première fois que je voyais, et que j’entendais ça. Ici pour étudier des excréments humains, pour un projet de détection d’infection…

J’aurais pu le faire raccompagner à l’extérieur, mais cela aurait entrainé un rapport et cette effraction aurait été signalée dans son dossier lui fermant ainsi toute chance de remettre les pieds ici, un jour. Sauf devants –les pieds- ou alors en tant que patient. Et si ce qu’il disait été vrai… Je pris alors le livre qu’il avait sorti pour me convaincre et en lu rapidement les titres en préface. Ceux-ci indiquaient souvent, parfaitement, la teneur d’un ouvrage médical. Et un nouveau soupir s’échappa d’entre mes lèvres.

-Les excréments… Il y a des façons plus simples… Dis-je en pinçant l’arrête de mon nez. Il y a une procédure à suivre pour accéder à ce genre d’endroit. Ce n’est pas pour rien… l’écriteau à la porte. « Personnel autorisé uniquement ». Lui-rappelais-je. Maintenant… Que devrais-je faire ? Suivre la procédure et vous dénoncer, ou vous laisser une chance ? L’interrogeais-je encore toujours aussi autoritairement. Comme vous l’avez dit, vous êtes dans de sales draps, et vous aurez compris que cela peut vous coûter très cher.



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Lun 16 Avr 2018 - 15:13
Rencontre au coin d'un cadavre. [Ikeda Sazuka]
Fin du printemps - Année 202



Sa réponse ne se fit pas attendre et elle m'ordonna de me relever sur le champ, ce que je fis sans demander mon reste. Mon instinct me criait de prendre mes jambes à mon cou, mais ma conscience savait que jamais je ne sortirais d'ici de cette façon. Je vis qu'elle regardait rapidement l'ouvrage que je lui avais montré, peu convaincu par mes dires. Elle m'annonça ensuite qu'il y avait des façons plus simples de détecter des maladies, ce que bien sûr je savais déjà. Mon intérêt dans cet recherche venait de mon expérience à Ame. Lorsque je passai la moitié de mon temps à suivre ma mère de maisons en maisons pour soigner les gens. En ce temps là un problème se posait souvent : lorsque les symptômes de plusieurs maladies se ressemblaient fortement, il était extrêmement complexe de déterminer de laquelle il s'agissait sans matériel scientifique. Or, le matériel scientifique n'était pas vraiment la première chose que l'on trouvait dans un pays pauvre et corrompu comme Ame, celui-ci coûtait extrêmement cher..

Elle me rappela ensuite que l'accès à cette pièce m'était interdit et me demanda ce qu'elle devait faire de moi. Je ne savais quoi lui suggérer, peut-être pouvait-elle me prendre comme stagiaire pour la journée ? Oh bien sûr, et puis pourquoi pas m'offrir une promotion ! Baka ! Il allait me falloir trouver quelque chose et vite ! N'ayant pas d'autre solution encore une fois je fus sincère :

« Dans les zones en manque de matériel scientifique il est très difficile de différencier des maladies aux symptômes similaires, je pensais que je pouvais aider en approfondissant les recherches exposées dans ce livre.. Vous devriez me dénoncer, c'est la procédure, mais pour être tout à fait honnête.. Tout le monde y perdrait au change ! ma voix était déterminée mais mon regard lui reflétait toujours autant d’inquiétude. Je vous promets de ne plus rentrer dans des zones non-autorisées tant que je n'aurais pas le grade suffisant.. Mais il faut que je récupère mes notes s'il vous plaît ! Je suis sûr qu'elles me seront suffisantes pour finir cette recherche sans avoir à commettre d'autres choses stupides. Je vous en prie ! »

M'inclinant profondément je fermais les yeux et priais pour qu'elle accepte. Toutes ces années auprès de ma mère m'avaient appris que le plus important dans ce métier c'était quand même les résultats. Il y avait de fortes chances que je cette femme me dénonce, mais si c'était le cas il me fallait récupérer mes notes pour pouvoir quand même finir ma recherche. Je ne souhaitais en aucun cas quitter l'Hôpital, mais si c'était le prix à payer pour servir enfin à quelque chose, alors tant pis. J'avais rédigé les notes comme ma mère m'avait appris à le faire lorsqu'elle m'enseignait les rudiments de l'Iroujutsu, ces notes seraient amplement suffisantes pour pouvoir écrire un petit essai expliquant comment différencier les maladies à partir des selles.
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Lun 16 Avr 2018 - 19:01



Dans un monde idéal dirigé par l’autoritarisme, oui j’aurais dû le dénoncer et briser ses aspirations. Sauf que, malgré tous mes défauts et des plus sombres, je n’étais pas le genre de personne répondant aux normes imposées par un pays, un Raïkage ou un directeur. J’aimais penser qu’une part d’humanité ou d’humanisme plutôt se terrait encore au fond de mon âme attendant juste le bon moment pour surgir, un peu comme à cet instant. La jeunesse, mêlée à la curiosité et certainement d’autres facteurs pouvaient mener à bien des excès, dont ce genre de connerie sans nom. Pour moi il ne s’agissait en fait là que d’une erreur d’une personne n’ayant pas suffisamment pris en compte les conséquences.

Il était un aspirant médecin, et quoi qu’on en dise… C’était une denrée rare et nous en manquerions toujours, c’était sans doute pour cette raison d’ailleurs que j’avais si facilement été acceptée à Kumo. J’étais persuadée que les autorités du village, néanmoins leur stratosphère, savaient qui j’étais à Tetsu. Mais on m’avait « gardé » sans jamais me poser d’autres questions –auxquelles j’aurais répondu sans le moindre mensonge- sans vraiment avoir un œil constant sur moi… Enfin, ne disait-on pas qu’il fallait pardonner aux génies leurs fautes pour ne pas priver l’humanité de leurs bienfaits ? J’avais dû lire ça quelque part…

Mais lui, loin d’être ce genre de personne, méritait-il qu’on l’excommunie ? Qu’on le prive de science alors qu’il était dans le village du savoir ? Je ne le pensais pas.
Alors je lui tendis ses notes.

-Je n’allais pas les garder. Affirmais-je. En contrepartie de votre liberté… Soupirais-je. On verra ça plus tard…

Evidemment il y avait une contrepartie. Je n’offrais pas de faveur comme ça, gratuitement. Nous venions tacitement de passer un accord, il y avait maintenant un contrat virtuel qui nous liat et surtout, qui le subordonnait à moi… Mais pour l’heure, je ne trouvais rien à lui demander. Je ne savais ce qu’il valait vraiment en tant que « médecin ». Il savait mener des recherches, certes… Mais écrire et pouvoir soigner des personnes étaient deux choses bien différentes.

-Vous avez eu de la chance que je remplace le légiste aujourd’hui. Lui, vous aurait fait enfermer aussitôt. Mais si vous êtes vraiment… même qu’un apprenti médecin… Vous avez plus de valeur à l’extérieur qu’à l’intérieur d’une prison.

Que j’accorde de la valeur à une personne n’était pas si rare, mais qu’il s’agisse d’un membre du sexe opposé l’était beaucoup plus. Habituellement… soit je les ignorais, soit ils servaient mon projet. Bref. Je lui fis signe de me suivre alors que je me dirigeais vers la porte métallique que nous franchîmes dans la foulée, et que je verrouillai dernière moi.

-Vous travaillez à l’hôpital, ou pas ?

Dis-je alors que nous empruntâmes l'escalier qui remontait à la surface, enfin, dans l'aile médicale. Cette "rencontre" était un contretemps dans ma journée... A mon avis, j'allais me le trimbaler toute le reste de la journée. Pour être bien sûre qu'il ne comme pas d'autres... impairs.



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Lun 16 Avr 2018 - 23:14
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Fin du printemps - Année 202



Un silence s'installa après ma longue supplication.. Qu'allait-elle bien pouvoir faire de moi ? Elle aurait très bien pu me poignarder tout à l'heure et se défendre devant un tribunal en disant qu'elle m'avait pris pour un espion, personne ne lui en aurait voulu le moins du monde. La tension dans le pays et au village était palpable depuis les catastrophes des dernières semaines, je n'étais pas arrivé au bon moment à Kumo visiblement.. Alors que j'attendais une réponse de la part de la femme je pus la regarder d'un peu plus près. Nous faisions à peu près la même taille même si je la dépassais sans doute d'un pouce. Sa beauté n'avait rien d'éclatant, mais elle avait quelque chose de très.. Humain que l'on ne voit que chez des gens qui avaient déjà bien vécu. Cette aura était comme un reflet d'une forme de sagesse intérieure.

Elle s'exprima enfin et me rendit mes précieuses notes. Je me sentis immédiatement soulagé bien que ma situation fut toujours délicate.. La femme venait d'évoquer une contrepartie pour ma liberté d'une façon qui ne m'était que trop connue. On aurait dit un de ces usuriers vicieux de Ame à qui on empruntait de l'argent à des taux exorbitants, mais qui exigeaient aussi des services. Le ton de la femme avait été comparable au ton qu'ils auraient sans doute utilisés pour dire que l'affaire était « entendue ».. Si elle me sortait d'ici j'allais lui être redevable à vie. Mieux vaut une dette dans le futur que plus aucun avenir après tout.

Alors que je rangeais rapidement mon livre et mes notes, elle ajouta quelques mots pour m'expliquer que je n'étais pas passé loin d'une situation bien pire si le légiste titulaire avait été présent.. Je ne connaissais pas le légiste titulaire mais je savais qu'elle avait sans aucun doute raison là-dessus. Kumogakure n'était pas un village réputé pour ses ninjas tendres mais bien pour sa discipline et notamment dans le domaine scientifique. Alors qu'elle me fit signe de sortir je m'exécutai sans me faire prier. Je ne savais pas vraiment où nous allions mais mon instinct me disait de rester sur mes gardes, en tout cas elle ne m'avait pas tranché la gorge, et je pouvais plus-ou-moins interpréter ça comme un bon signe.. Enfin pas vraiment mais bon, on s'accroche à l'espoir qu'on trouve. Nous montions les escaliers et elle me demanda alors si je travaillais à l'Hôpital, je m'empressai de répondre :

« Oui Madame, depuis quelques semaines, je suis apprenti ici. Je vais bientôt rejoindre une équipe de l'Académie mais pour l'instant je n'ai pas de sensei référent. Vous comptez m'emmener voir les senseis de l'Académie … ? »

Je voulais être fixé sur mon sort et cette question était la plus simple et la plus efficace pour l'être.
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Lun 16 Avr 2018 - 23:59



Singulier personnage que voilà. En plus de ne pas avoir fini en prison, sans même avoir reçu une tape sur les doigts, il se permettait encore de me demander de lui faire rencontrer les « senseïs ». J’avais bien compris ce qu’il cherchait mais malheureusement pour lui… ça, je ne le savais pas, je ne savais pas où les trouver, qui ils étaient… Pas de chance. J’aurais pu lui dire ça, mais ce genre de tentative même si elle était sincère et sans volonté de vouloir me faire oublier l’échange que nous venions d’avoir ; fit tomber le dernier rempart de patience que j’avais tant bien que mal maintenu jusque maintenant. D’autant plus que je n’oubliais jamais rien… Malheureusement, une nouvelle fois.

-Je suis médecin, pas guide touristique. Débrouilles-toi. Mais pour le moment tu restes ici. Lui dis-je sèchement.

Ce n’était pas complètement de sa faute, c’était aussi dû à un l’enchevêtrement des plus ou moins bonnes nouvelles de cette journée, comme celle que venait de me donner une infirmière, Chiyo, si je me souvenais bien. Oui, je m’en souvenais très bien en fait, elle et son amie m’avaient harcelé durant de longues semaines pour savoir ce que je faisais de mes soirées, et surtout avec qui. Elle, cette petite brunette, ça allait encore ; mais sa copine… Je ne la supportais pas. Bref.

-Docteur Ikeda ? Je venais vous informer que le docteur Arig Ato serait absent jusqu’à la fin de la semaine. Vous devrez donc le remplacer tout ce temps.
-Vraiment ? Soupirais-je. Soit. Hum, vous connaissez ce jeune homme ? Il dit travailler ici depuis quelques semaines.

Elle l’observa un court instant et sans hésiter confirma. Bien, c’était déjà ça…

-Bon, tu vas m’aider… Hum… Tu t’appelles comment ?
-Bah… Chiyo…
-Non… mais… pas vous… Soupirais-je encore. Lui… Vous connaissez son nom ?
-Heu… Non… Avoua-t-elle avec une petite moue.

Je n’étais vraiment pas aidée dans cet endroit… Enfin, maintenant je le serai par cet apprenti médecin. J’avais sympathiquement remercié l’infirmière, la gratifiant d’un sourire en guise de récompense –je savais qu’elle faisait plus que m’apprécier- puis m’intéressait de nouveau au jeune homme.

-Bien machin… On va retourner à la morgue. Je dois autopsier les corps, tu vas m’aider.

L'informais-je. Ce jeune homme allait s'acquitter de sa dette de cette façon. Ce n'était pas la pire de toutes. Pour un apprenti médecin, pouvoir assister à une autopsie, enfin, non, à deux autopsies était comme une aubaine ?


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Mar 17 Avr 2018 - 2:26
Rencontre au coin d'un cadavre. [Ikeda Sazuka]
Fin du printemps - Année 202




Alors que nous arrivions à l'étage de l'Hôpital je vis deux infirmières arrivées au loin. Ces deux-là n'étaient pas les plus futées.. Cette semaine je les avais vu à plusieurs reprise se tromper dans les traitements et mes camarades et moi étions à chaque fois repassé derrière pour ajuster les dosages ou carrément changer les médicaments fournis aux patients. Ces erreurs à répétions pouvaient être dangereuses mais les deux femmes avaient l'air totalement inconscientes de leur bêtise. Sans doute ne feraient-elles pas long feu à l'Hôpital. Mais avant qu'elles arrivent à notre hauteur, la médecin me répondit assez violemment me mettant un peu K.O mentalement. Mon angoisse revint, elle n'était pas un « guide touristique » allait-elle donc justement rapidement se débarrasser de moi en me dénonçant à l'Académie. Mais.. Dans le même temps elle me demandait de rester ici. Je ne comprenais vraiment plus rien. Peut-être que j'étais tombé sur une folle, mais elle en avait pas vraiment l'air. A la limite sociopathe mais pas plus... Puis elle m'avait aussi dit de me débrouiller tout seul.. Sans doute voulait-elle dire que j'allais devoir me débrouiller tout seul devant un conseil de discipline qui me signifierait mon expulsion. Je n'avais donc pas réussi à la convaincre..

Nous arrivâmes à la hauteur des deux infirmières qui comme à leur habitude riaient d'une manière les faisant paraître profondément stupide. L'une d'elle s'adressa à la femme m'accompagnant pour lui signifier qu'elle allait devoir remplacer un médecin tout le reste de la semaine et à cette nouvelle la kunoichi ne cacha pas vraiment sa déception. Par la suite, elle demanda aux infirmières si elles me connaissaient. Heureusement pour moi je passais depuis quelques jours beaucoup de temps ici et elles avaient pas pu me rater, ce qu'elles confirmèrent. Ouf... J'avais déjà échappé à ses soupçons d'être un espion venu d'une autre nation, enfin du moins c'est ce qu'il semblait lorsque après un échange confus avec l'infirmière elle s'adressa finalement à moi pour me demander mon nom :

« Kureta Hikan ! »

Elle ne m'entendit même pas car l'autre femme parla en même temps que moi.. Je failli exploser, mais je me souvins alors que je n'étais pas vraiment en situation favorable pour lever la voix. Lançant un regard noir à l'infirmière je fus surpris lorsque la femme m'ayant découvert s'adressa de nouveau à moi. Apparemment elle voulait que je l'assiste pour des autopsies ! C'était vraiment sensé être une punition ?! MAIS PUNISSEZ-MOI J'AIME ÇA !
La dame dont je ne connaissais toujours le prénom n'avait en effet pas entendu mon prénom, je répétai alors :

« Kureta Hikan ! Je ferais tout ce que vous voudrez ! m'inclinant promptement, je lui demandai son prénom en me redressant. Puis-je vous demander votre nom sensei ? »

Nous nous dirigeâmes vers les escaliers pour retourner à la morgue.

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Mar 17 Avr 2018 - 16:01




-Sazuka. Et ne m’appelles pas Senseï… ou docteur… Mon prénom sera bien suffisant.

Lui avais-je répondu alors que nous empruntâmes les escaliers menant à la morgue. Je savais ce que je devais faire ici. En l’absence de notre bon légiste, il fallait absolument que les autopsies soient réalisées avant la fin de la semaine et de détestais remettre un travail au lendemain. Nous pénétrâmes une nouvelle fois dans cette pièce qui devait être la plus froide de l’hôpital. D’une une boîte posée sur un meuble en inox sur ma gauche je sorti deux paires de gants en latex, en tendant une à Hikan et enfilant. Je fouillais quelques secondes dans ce même meuble et en tirai deux dossiers, ils correspondaient, normalement, aux deux défunts qui attendaient ici depuis la veille.

-Vas chercher le chariot, là-bas. Lui dis-je en parcourant rapidement des dossiers médicaux. A priori ils n’avaient aucuns antécédents particuliers, aucunes maladies, pas de blessures. Le premier était certainement mort de cause naturelle vue son âge, et le second avait succombé sur l’un des champs de bataille d’Hi no Kuni. Il avait à peu près mon âge. Puis le chariot fut mis en place au bout de la table. J’en retirai la housse et déroulai sur sa surface métallique un ensemble d’instruments chirurgicaux. Scalpels, forceps, écarteurs… Et bien d’autres tous plus charmants les uns que les autres.

-Alors… Celui-ci serait décédé de causes naturelles… Une crise cardiaque. Dis-je en observant le visage livide de cet homme d’une bonne soixantaine d’années, ce qui était assez vieux à notre époque. Mais avant de commencer quoi que ce soit je me redressai fixant Hikan. Tu connais les différents types de mort ? Dans quels cas on parle de cause naturelle, inconnue ou provoquée ? Ce sont les bases de la médecine. Il faut pouvoir déterminer la façon dont est décédée une personne, cela peut aider à sauver d’autres vies… Dis-je en posant mes yeux sur l’abdomen du vieil homme. Si tu ne sais pas… Ce n’est pas grave. Ça s’apprend. Scalpel en main, je pratiquai la première incision qui descendait de la base du coup jusqu’au bas de sa cage thoracique. Voilà, maintenant que la première incision est faite… Il faut séparer les côtes du sternum pour accéder au cœur, et aux autres organes. Sais-tu comment on doit procéder ?

Bien sûr, ce n’était pas un bain de sang, la personne était morte depuis maintenant quelques jours et, installée sur le dos, son sang ne circulant plus ; il s’était aggloméré vers le bas, par l’effet de l’attraction terrestre… Ça aussi, tout le monde, enfin, ceux s’intéressant à la médecine ; devait le savoir. Enfin, les autopsies étaient pour moi la meilleure façon d’apprendre, j’avais commencé par ça lorsque j’étais plus jeune et cela ne m’avait pas si mal réussi.

En attendant sa réponse, j’allai jeter un coup d’œil au second qui attendant à trois mètres de là, et le découvrit complétement. Les causes de sa mort étaient clairement visibles. Multiples perforations, peau tuméfiée… Il était certainement chuunin.

Lorsqu'elle se mettait au travail, Sazuka semblait changer de personnalité, ce qu'avait pu faire le jeune homme quelques minutes plus tôt semblait s'être dissipé, elle ne le considérait plus, à cet instant, comme un indésirable.



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Mar 17 Avr 2018 - 19:51
Rencontre au coin d'un cadavre. [Ikeda Sazuka]
Fin du printemps - Année 202




Cette femme s’appelait Sazuka... Cela ressemblait beaucoup au prénom de ma mère et ça faisait bien longtemps que je ne m'en était pas rappelé... Suzuha. Mais ce n'était pas le moment de m'égarer dans des pensées pareilles. Cependant, une autre pensée me vint à l'esprit : j'avais déjà entendu son nom prononcé par les autres docteurs. D'après le peu que je j'avais compris à leur conversation elle venait d'un autre pays et était une médecin exceptionnelle.. J'allais devoir en profiter pour essayer d'en apprendre un maximum par conséquent !

En pénétrant dans la morgue cette fois-ci par la bonne porte je me mis immédiatement aux aguets pour obéir au moindre des commandements de Sazuka. Lorsqu'elle me tendit les gants en latex je les saisis avec vivacité pour les enfiler promptement. Je la vis sortir des dossiers, ceux-ci je n'avais pas eu le temps de les consulter, les miens portaient sur les anciens cadavres pas sur les nouveaux. J'ignorais donc tout de nos deux voisins si ce n'est qu'ils étaient effectivement bien refroidis. Elle m'ordonna d'aller chercher le chariot. A peine eut-elle eu le temps de tourner la tête que j'avais positionné le chariot au bout de la table. C'était un chariot métallique à roulette, pouvait donc être déplacé rapidement et comme il ne contenait que du matériel de petite taille il était aussi très léger. Je pus observer la collection d'instrument lorsqu'elle déroula la trousse sur le plateau, bien évidemment je les connaissais tous déjà depuis longtemps.

Alors que la femme observait le premier corps, elle commença à parler à me poser des questions. Est-ce que je connaissais les différents types de morts ? Bien évidemment, la mort dîtes « naturelle » souvent d'origine cardiaque elle peut aussi être liée à de nombreux autres problèmes notamment cérébraux, pulmonaires ou encore la prolifération de cellules cancéreuses; celle « inexpliquée » où l'on ne parvient pas à déterminer la cause de la mort ; enfin, vient la mort dite « violente » causée par un facteur exogène qu'il soit physique comme un coup porté, ou toxique comme un poison. Voyant que Sazuka tournée la tête vers l'autre cadavre, je pus constater immédiatement que celui-ci avait connu une morte dîtes « violente ». Sans que j'ai eu le temps de répondre elle conclut que je ne savais sans doute pas de quoi elle parlait, ce qui me motiva encore plus pour lui prouver le contraire. Elle me demanda si je savais procéder pour séparer les côtes du sternum. J'essayai de me rappeler ce que m'avait appris ma mère mais c'était il y a bien longtemps et ma mémoire était un peu floue, j'allais toutefois tenter une explication en usant de ma déduction :

«  Tout d'abord je séparerais doucement avec une fine incision les côtes des muscles les reliant à la peau et à l'épaule gauche, car ces muscles nous empêches de les bouger convenablement, de même de l'autre côté si vous n'êtes pas intéressé que par le cœur. Par la suite après avoir écarté le plus possible les côtes du sternum je couperais les sept premières côtes supérieures à l'endroit où la partie cartilagineuse s’unit à la partie osseuse. Il me semble que la première des sept côte serait la plus délicate, il faudrait être très prudent pour ne pas endommager le conduit lymphatique thoracique. Bien sûr, avant de couper les sept premières côtes supérieures de chaque côté il faudrait couper les muscles intercostaux pour que la manœuvre puisse être effectuée... Délicatement. »

J'espérais que ma réponse lui conviendrait et que je n'aurais pas oublié quelque chose de fondamental mais il m'était impossible de le savoir seul. Au moins, j'aurais eu le mérite d'user plus de ma logique et de ma connaissance anatomique que d'une leçon apprise par cœur. Je ne savais pas si elle voulait en savoir plus.. Aurais-je dû continuer mon explication plus en avant ? Expliquer comment il fallait ensuite écarter délicatement les poumons du sternum de chaque côté pour accéder plus facilement au cœur par exemple ? A quoi bon, elle savait déjà tout ça et elle voulait avant tout me mettre à l'épreuve, lui faire un cours comme si j'étais à sa place aurait sans doute parut arrogant.

Mon professeur du jour se dirigea vers l'autre cadavre alors que je lui répondais. Je me mis au-dessus du vieille homme. Il était difficile pour l'instant de connaître le type de mort qu'il avait connu, il nous faudrait notamment examiner les viscères du système digestif pour savoir si il n'avait pas avaler un poison.

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Mer 18 Avr 2018 - 5:07



Agréablement surprise de constater qu’il n’était pas un usurpateur j’esquissai un léger sourire même si les circonstances ne s’y prêtaient pas vraiment. En effet, nous étions en présence de cadavres, l’usage voulait que nous montrions un peu de respect. Mais cela n’empêchait qu’être en la présence d’une personne connaissant ces premiers rudiments –bien qu’inexacts et davantage basés sur une logique d’observation- avait de quoi égayer cette longue journée. Et pourtant nous parlions de la meilleure façon d’autopsier un corps. Et donc sans rien ajouter à ce qu’il venait de dire et reportant mon attention sur le premier corps, j’effectuais juste deux autres incision « diagonales » des clavicules jusqu’au sternum qui devaient permettre de « faciliter » le travail.

-Ton raisonnement est plutôt bon. Logique en fait. Mais… Non. Tu prends les écarteurs. Que je pris. Et tu les places ainsi. En haut et en bas, grosso modo. Et… Tu écartes. Dis-je en manipulant les deux instruments. Jusqu’à ce que ce le sternum soit découvert. Là, ce qui nous intéresse c’est le cœur. Je pris la scie chirurgicale et sciai simplement l’os concerné au trois quarts. Et extirpai le fragment de sternum séparé de ses côtes, et le déposai sur le chariot. Ensuite, il faut simplement… Couper les côtes gênantes. Le cœur n’est pas complètement à gauche du thorax comme beaucoup le pense… il est plus au centre. Dis-je alors que je sectionnais chaque côtes visées à l’aide d’un ciseau spécial. Et enfin, le cœur. Quelques incisions supplémentaires et il était extrait. Tien. Dis-je en lui tendant le cœur. Tu le passes à l’eau, et le pèses. Une fois fait, tu inscris son poids dans le dossier. Y a une case prévue pour ça. Avais-je ajouté en remettant les instruments à leur place. Mais vu sa taille et son aspect, je peux te dire qu’il n’est pas en bon état. Ce n’est qu’une crise cardiaque, rien de plus. Affirmais-je.

Un poison aurait provoqué d’autre lésions que j’aurais remarquées en un seul coup d’œil, ou des irritations, des nécroses avancées, un changement de couleur… Enfin, à peu près tout ce qui pouvait sortir de l’ordinaire. J’étais encore une fois surprise par ce jeune homme, d’autres auraient flanché devant cette intervention très bénigne. Enfin… Alors que je l’avais mis au travail, je repris.

-Tu as déjà été confronté à des cadavres auparavant ? A leur dissection ? Tu es dans le monde médical depuis quand ?... L’interrogeais-je. Je devais me faire une idée de la personne que j’avais avec moi à cet instant, car cela m’avait vraiment étonné qu’il garde son sang froid face à… ça. L’ouverture partielle d’un cadavre, l’observer, n’était quelque chose dont tout le monde était capable. Alors… Je me demandais s’il avait un réel attrait pour la médecine en général ou s’il avait juste une attirance pour les cadavres… Avant qu’il me réponde, j’ajoutais quelques autres informations.

-Pour le second, on ne fera pas d’autopsie. On ne cherche pas d’autres causes de sa mort. Elles sont évidentes, et comme il s’agit d’un soldat tombé au champ de bataille… On peut les considérer comme naturelles. Je ne comprends même pas que le docteur Arig ait voulu autopsier le premier… Mais bon… Au moins, c’est fait. Hum… Tu peux répondre à mes questions ? Merci.

A confiance était une chose délicate à acquérir auprès de quiconque, mais encore plus avec moi. Après la médecine et, étonnement, Akina, la confiance était l’une des choses le plus importantes pour moi…



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Mer 18 Avr 2018 - 6:08
Rencontre au coin d'un cadavre. [Ikeda Sazuka]
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Mes réponses parurent la satisfaire ce qui me soulagea. Même si visiblement je m'étais beaucoup trop « pris la tête ». Je la vis faire deux incisions rapides et écarter les côtes avec les écarteurs, puis elle scia simplement un seul os et même pas en entier. Elle me tendit alors le cœur comme si venions de sortir un minéral quelconque dans une mine. J'attrapai délicatement l'organe et je suivis ses instructions, rinçant et pesant le cœur. Le poids était dans la moyenne pour un homme de son âge, ce que j'inscrivis dans les cases de son dossier. Pendant que je m'exécutai elle affirma qu'à vu d’œil l'homme âgé était mort de causes naturelles. Bien qu'à vu d’œil on aurait pu affirmer que n'importe quel cadavre empoisonné... intelligemment soit mort d'une mort naturelle, je hochai la tête pour l'instant en l'écoutant, gardant cela pour plus tard dans un coin de ma tête.


Elle s'adressa de nouveau à moi me posant des questions plus personnelles. Ce n'était pas vraiment comment qu'un professeur s'intéresse vraiment personnellement à vous dans ces lieux et il me fallut un petit moment de réflexion. Qu'est-ce que je devais lui dire ? Parler de mon passé n'était pas forcément ce que je préférais faire, j'aimais que les gens s'adresse à moi comme une personne du présent et ne soient pas influencées par mon histoire personnelle. Évoquer les cadavres de mes parents aurait sans doute était de trop il fallait que j'élude ça dans ma réponse, et pourquoi pas éluder aussi les années de misères à retrouver mes camarades de la rue morts de froid ou de faim.. Elle se contenterait sans doute de la « version officielle ».. Avant que je n'ai eu le temps de répondre elle passa au second cadavre où elle usa du terme de « mort naturelle » pour une mort violente, mais comme c'était un shinobi elle avait bien évidemment totalement raison hélas. La violence de l'exécution qu'avait connu ce shinobi était frappante.. Il avait dû se vider de son sang extrêmement vite, j'espérais qu'il n'avait pas trop souffert.. Elle me rappela à l'ordre en insistant pour avoir une réponse à ses questions. M'éclaircissant la gorge avant de répondre, je lui dis :


« Ma mère était une kunoichi spécialiste de l'Iroujutsu à... Ame no Kuni. Les cadavres ce n'était hélas pas ce qu'il manquait là-bas et je l'ai suivi dans son travail pour apprendre d'elle depuis que je suis capable de lire, écrire et compter. Je suppose qu'on peut dire que je suis dans le monde médical depuis toujours et que je n'en connais pas vraiment d'autres.. je fis une pause, hésitant je rajoutai. Si je puis me permettre je ne partage pas pour l'instant votre conclusion sur le premier.. patient. Nous n'avons vérifié que le cœur et certains poisons ne laissent presque aucun trace sur le cœur. Notamment si ils sont ingérés de manière répété à faible dose.. »


Je tâchais de prendre l'air le moins fier possible de ma remarque pour ne pas paraître arrogant, mais j'étais quand même plus ou moins sûr de ce que j'avançais. Sans doute un examen interne des intestins ou du foie pourrait permettre de déceler des soupçons de poison si il y en avait eu. Mais pour un homme de son âge ce n'était pas certain que ces altérations ne soient pas liées à l'alcool, ou à tout autre substance du genre qu'il aurait avalé régulièrement de son plein gré. Disait-on alors que la mort était naturelle ? Je n'en avais aucune idée, l'expérience me faisait encore beaucoup défaut pour traiter une question pareille.
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Hier à 15:58



Ceci expliquant donc cela. Il avait un parcours sensiblement pareil au mien, et ceci près que je n’avais ni suivis ni appris de quiconque… Enfin, je supposai que le principal était s’y « connaître. Jamais auparavant je n’avais eu d’opposition dans mon travail, personne pour contredire ce que je faisais ou disais. Même ici, à Kumo. Etait-ce parce que je faisais mon travail plus que correctement ou qu’on n’osait pas me le dire ? Je penchais naturellement pour la première hypothèse d’autant plus que là, avec le vieil homme allongé sur la table, c’était une certitude.

-Le seul poison qui l’a tué, c’est son âge. Assurais-je. Je me penchai de nouveau sur le corps du défunt et incisai un peu plus bas, ce que je voyais ne présentait aucun signe d’empoissonnement. On pourrait pousser l’analyse pour en être sûrs, oui. Mais… Je suppose que tu ne connais pas encore les procédures en matière de poison, ici ? N’importe qui ne peut pas s’en procurer et en fabriquer demande un matériel assez spécifique.

Après il y avait toujours d’autres moyens d’en obtenir, mais ces derniers mois avaient été très… « surveillés ». L’attaque du Shoshikidan sur Kumo, les différents missions extérieures et d’autres problèmes internes avaient rendu Kumo plutôt hermétique à ce genre d’actes.

-Qu’il ait été empoisonné, implique que quelqu’un voulait sa mort. Si le pison a été ingéré en plusieurs fois, à petites doses, cela implique que c’était une personne de son entourage plus ou moins proche, non ? Qui aurait voulu tuer cet homme ? A Kumo ? Ce n’était qu’un boulanger sans histoire… Tu l’aurais su, si tu avais lu son dossier. Cela dit… J’en parlerai au légiste et à l’une de mes collègues expertes en poison.

Asami, bien sûr. Moi-même l’était, mais visiblement, ce n’était pas suffisant.

-Enfin… Si tu veux essayer de trouver la présence d’un poison. N’hésites pas. Ces corps seront là pendant quelque jour encore. Avec un peu de chance, tu me donneras tort. Haussais-je les épaules. N’oublies de tout remettre en ordre, et… inutile de te rappeler que les morts ont aussi le droit au respect.

Avoir tort… Je m’en fichais bien dans le fond. La seule raison pour laquelle ce vieux avait subi une autopsie était pour voir l’état de son cœur… Mais, ce garçon voulait visiblement apprendre. Qu’il apprenne.

-Et quand tu auras fini… Tu n’auras qu’à remonter et trouver mon bureau…

Dis-je en enlevant mes gants et quittant la morgue pour me rendre dans mon bureau. J’avais quelques papiers à remettre en ordre et sans doute quelques consultations qui m’attendaient… Après l’épisode Shoshikidan et les violents combats ayant animé le Yuukan, beaucoup de Kumojin venait faire suivre le blessure…



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