Soutenez le forum !
1234
Derniers sujets
Partagez | 

The Spark of the Will of Fire


Dim 29 Avr 2018 - 4:09

La nuit était noire, mais elle n’était pas silencieuse. En fait, elle était probablement plus vivante que le jour lui-même. Surtout en ville. Les pas dans les rues, les rires dans les auberges, la musique qu’on pouvait presque reconnaitre. Le bruit des chutes qui faisaient la renommée d’Iwa. Et le bruit d’un craquement. Un deuxième. Puis l’étincelle et le bruit enveloppant d’une simple flamme qui illumina le visage de Taishi.

Il considéra sa maison du regard, l’endroit qui lui avait servi de sanctuaire pendant plus de deux ans, l’avait vu gravir les échelons dans ce village en même temps qu’il y perdait ce qu’il avait été, l’avait façonné à l’image des machines de guerre que sont les shinobis. Un deuxième craquement à côté de lui, une silhouette féminine cachée par un manteau. La flamme jaillit dans sa main plus fine que celle du Jônin.

Moira.

Son regard sombre divergea vers la maison voisine, pratiquement identique à la sienne. On n’aurait pas pu voir à quel point elles étaient différentes sans regarder à l’intérieur. C’était presque philosophique, mais Taishi n’était pas connu pour son esprit analytique. Il consulta l’heure de par la position des étoiles, un truc basique de nomade, puis hocha la tête vers la jeune femme.

Il lança son briquet et elle laissa le katon filer entre ses doigts. Un instant plus tard, leurs yeux devenaient illuminés par le reflet des flammes. Taishi n’ajouta rien, mais il lui sembla trouver quelque chose dans les reflets rougeâtres des lames incandescentes. Un certain espoir. Les cendres sont le meilleur précurseur, quelqu’un lui avait dit un jour. C’était peut-être Akimoto.

Ce vieux roux. Il y eut un éclair verdâtre. Le dernier qui illumina le ciel d’Iwa pour un bon moment.

***

Taishi regarda encore le ciel, c’était peut-être la cinquantième ou la millième fois. Mais même abritée par les feuillages des arbres ancestraux du pays du feu, les astres ne pouvaient, ne savaient pas mentir. Il serrait les dents, mais ça ne servait à rien. L’Hayai était une personne fermement ancrée dans la réalité, les rêves profonds avaient toujours été du domaine de l’idiote, même si elle aurait prétendu le contraire.

« Taishi… »

Moira pleurait doucement dans son épaule. Une pluie fine commençait à tomber, comme les larmes qui ne semblaient pas vouloir quitter ses yeux. D’autres regards brillaient dans les ténèbres de la clairière, cette fameuse clairière où Moira avait trouvé l’imbécile à demi-morte, un œil en moins, pas davantage qu’un élément du décor, mais taché du sang d’un clan qui l’avait trahi, rejetée, punie pour le simple fait d’exister.

Glouba ébouriffa son plumage, le gonflant encore davantage. Il avait déposé son casque sur le sol mais semblait le regretter désormais, calant sa tête et son glouglouton dans les recoins de ses plumes.

« Peut-être que… »

« Il est trop tard.»

Moira éclata en sanglots.

« Pourquoi… Pourquoi ? Pourquoi ! Pourquoi ça finit toujours comme ça… »

Taishi n’avait pas de réponse qui mettrait fin à son chagrin, alors il ne dit rien, et les autres non plus. Mais il n’y avait pas que vide dans son cœur. Un choix s’imposait.

« Écoutez-moi. »

Les regards bas se relevèrent.

« C’est un cycle de haine, et les shinobis n’ont jamais connu autre chose. Nous avons tout fait partie de cette spirale de haine. Aujourd’hui, nous pouvons tomber dans ce cycle et chercher vengeance… Ou encore de faire un choix. Un choix de chercher autre chose. »

Ses yeux se tournèrent vers une autre silhouette, un peu plus à l’écart.

« C’est un choix que nous devons tous faire de nous-même. Tu n’as pas à vivre cela seulement parce que je l’ai fait. Je ne suis plus ton professeur, ni même ton supérieur, désormais. Tu peux encore rebrousser chemin… Eiko. »


_________________
We will bring peace and freedom, Invité. You cannot stop what is already there.

#GLOUBAFETT
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t363-hayai-taishi-termine

Dim 29 Avr 2018 - 6:52
Comme si tout allait bien.

C’était ce qu’elle prétendait depuis qu’elle avait appris la mort de sa meilleure amie. Sanadare, froidement assassinée. Et elle, elle allait bien. C’était ce que tous croyaient. N’était-elle pas douée, à cacher toutes ses émotions derrière un épais mur de glace ? Cela en était presque risible. À croire que nul ne lui portait réellement attention. Depuis ce jour, elle préparait son départ. Encore une fois, sans que personne ne le remarque. Elle déposait dans un sac quelques uns de ses effets personnels. Si elle ne possédait pas grand chose, elle se devait tout de même d’avoir le minimum. Des vêtements, notamment. Quelques babioles. Un pendentif que lui avait offert sa meilleure amie lorsqu’elles étaient plus jeunes, là où leur monde semblait encore beau et doux. Elle y avait aussi glissé une importante somme d’argent, qu’elle avait dérobé sans même avoir honte à son clan. Pourquoi devrait-elle s’en soucier ? Elle partait et elle n’était même pas certaine de revenir.

Au bureau, c’était la même chose. Elle passait sa soirée à bosser sur de nombreux dossiers, tout ça pour tenter de tout mettre à jour le plus rapidement possible, ce qui ne fut pas bien difficile. Depuis qu’elle travaillait seule, sa meilleure amie en prison, elle était beaucoup plus efficace. Une fois le tout fait, elle s’était décidée de ne plus s’y rendre, cela ne servirait à rien.

Elle avait aussi écrit une lettre à Itsuwari, son cousin. Un membre de sa famille qu’elle n’avait pas eu le temps d’apprendre à connaître, pas plus avait-elle eu le temps de cerner. Il était différent de ceux qu’elle avait connu portant leur nom. Elle n’était pas certaine de l’apprécier. Toutefois, elle savait qu’elle ne le détestait pas. Les choses étaient difficiles, compliquées. Un peu comme tout ce qui la concernait. Une fois cette lettre bouclée, elle s’arrêta. Que lui restait-il à faire ? Rien. Il n’y avait rien de plus qu’elle pouvait faire. Ayant tout mis en ordre, s’étant assurée que nul ne souffre de son absence, elle était partie, en compagnie de quelqu’un qui lui avait ouvert les yeux, et ce, sans jamais qu’elle n’ait à demander quoique ce soit.

Elle était partie. Ce village lui donnait la nausée. Son clan la rendait malade. Toute cette violence et cette haine… Ces mêmes sentiments violents qui l’habitaient et qu’elle contrôlait. Ces mêmes pensées qui menaçaient de venir la submerger. Elle avait bien failli se laisser envahir par toute cette rage qu’elle ne croyait pas être en mesure de contrôler.

Puis, Sanadare était morte.

Ce fut l’effet d’une douche froide. Une horrible douche froide. Au moins avait-elle réussi à éclaircir ses idées. À voir les choses différemments. Elle était morte et elle se faisait une promesse que d’un jour trouver le coupable et l’assassiner de ses propres mains. D’ici là… Elle se devait de devenir plus forte. De voir autre chose. D’apprendre qui était-elle. Non pas une Zetsu, ni même une Iwajin. Mais bel et bien qui était Eiko.

La petite Eiko que Sanadare avait aimé plus que de raison.

La petite Eiko qui avait aimé Sanadare d’une façon complètement déraisonnée.

Leur relation n’avait jamais rien eu de conventionnel ni même de rationnel.

Peut-être était-ce là pourquoi elles avaient réussi à être aussi proches. Ce fut donc pour cela qu’alors qu’elle était loin d’Iwa, en compagnie sûrement de la seule personne en qui avait-elle confiance, hormis sa meilleure amie, qui lui donnait l’occasion de faire marche arrière. Elle pouvait rebrousser chemin, tant qu’il était encore temps. Or, le temps n’était plus aux doutes. Pour la première fois de sa vie, elle allait assumer une décision dont elle serait la seule à prendre. Sa vie ne serait plus dictée par autre personne qu’elle-même.

- Que me reste-t-il à Iwa ? Un clan ? Une famille ? Des amis ?

Elle roula des yeux tandis qu’elle détachait le bandeau qu’elle portait sur le sommet de sa tête.

- Pour une fois, je vais prendre une décision en mon nom. J’avais promis de suivre Sanadare jusqu’au bout du monde, aussi stupide cela puisse-t-il sembler. Et cette idiote n’est plus là.

Les larmes menacèrent de venir rouler sur ses joues, et pourtant, rien ne vint. Sûrement arriverait-elle à pleurer sa mort plus tard. Pour l’instant… Il n’y avait que ce froid l’envahissant, lui permettant d’aller de l’avant sans s’écrouler.

- Je vais te suivre.

Parce que à quelque part, Sana vivait encore un peu au travers d’eux. Au travers d’elle-même. De lui. De Moira. Parce qu’elle était morte, mais, au final, sûrement n’avait-elle jamais été aussi présente.

_________________
How should this story end ?
I'm standing alone in this world that keeps on changing, but hiding away, my true self is fading. The loneliness that wraps around keeps deepening until I drown. Fond memories we used to share pierce me 'til I no longer care. I cannot run, I cannot hide, I cannot think, I cannot find, I cannot move, I cannot leave you.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t2560-zetsu-eiko http://www.ascentofshinobi.com/u462

The Spark of the Will of Fire

Page 1 sur 1

Ascent of Shinobi :: Reste du Monde :: Hi no Kuni, Pays du Feu
Sauter vers: