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Le début de la fin - Eiko


Lun 30 Avr 2018 - 4:24



Le début de la fin - Ft. Zetsu Eiko

Aimi réajustait sa veste, il faisait encore humide dans la région, son voisin était venu la chercher en cette fin de journée, visiblement, on avait besoin de ses services. Face à la demande, la Kurai restait assez perplexe, si elle pouvait guérir la majorité des plaies, c'était tant qu'elles restaient physiques...

-Je ne vois pas très bien ce que je pourrais faire pour toi grand-père.

D'ordinaire, il l'aurait reprise sur ses manières, reprise sur son langage aussi, pour essayer à force de lui faire entrer dans la caboche quelques protocoles, mais là il était plus inquiet pour sa douce qui n'avait pas quitté depuis ce matin la pierre mortuaire. Malgré tout, elle lui emboitait le pas vers le mausolée au fond de leur jardin, méchante cabane de pierres comme elle l'aurait décrite. La grand-mère était assise sur le banc froid et gris taillé dans la même roche, silencieuse, guettant la porte comme si elle s'ouvrirait. Aimi regrettait un instant d'avoir accepté de faire conserver ce corps en échange d'argent, c'était peut-être pire de la voir comme endormie à travers l'épaisse vitre de la porte menant au tombeau.

-Il va falloir rentrer maintenant Mamie !

Aimi était une enfant de la classe populaire, elle s'exprimait assez simplement, plutôt familièrement même, mais son ton d'éternel enfant l'excusait souvent. La femme secouait simplement négativement sa tête et l'Irou' était déjà armée de sa seringue droguant. Peu éthique, mais au point où elle en était... Défoncée la vieille dame lui permettait de la faire se reposer un peu au final. Habile, elle appliquait la piqûre dans la nuque de cette dernière avant même qu'elle ne puisse réagir, il ne restait plus qu'à attendre quelques minutes maintenant. La vieille dame finissait par devenir docile alors qu'Aimi la soûlait plus qu'autre chose pour lui embrouiller le cerveau avec mille choses inutiles. Finalement, la grand-mère se relevait quand on lui demandait à nouveau et sans faire d'histoire, elle avait attrapé le bras de son époux pour rentrer enfin.

Sans bouger de sa place, face à la tombe étrange, la Kurai les observait disparaître dans l'horizon de leur jardin, une moue sur la face. Oh elle n'était pas indifférente au malheur des autres, mais on ne pouvait pas ramener les morts à la vie et elle ne savait que soigner les vivants... Plus ou moins. Ou bien conserver des cadavres comme une bonne opportuniste. Sa conscience lui jouait alors peut-être défaut, la kunoichi observait les sceaux de fuinjutsu gravés dans la roche, ceux qu'elle avait elle-même fait pour pouvoir réalimenter sa technique de chakra qui retardait la décomposition. Devrait-elle revenir sur son engagement ? Annuler ce jutsu et les obliger ainsi à dire adieu ? Mais qui était-elle pour choisir pour eux. D'un autre côté, leur choix était si irraisonnable... Un long soupir lui échappait et elle reprenait sa place assise sur ce fichu banc qu'elle rejoignait presque tous les jours pour faire rentrer la vieille femme. Fixant le petit bâtiment comme un peu exaspérer de la situation sans bonne issue, mais une présence la perturbait, elle jetait un regard vers la nouvelle venue, avant de serrer les dents sans vouloir trop le montrer. Cette fille-là, elle avait déjà vu pendant qu'elle espionnait Taishi à Iwa en quête du dindon. Elle avait même vu plus qu'elle ne l'aurait voulu dans l'appartement de ce pervers de bas étage. Une Iwajins merde ! Aimi avait déserté Iwa !

-Qu'est-ce que tu fais là ?! C'est un lieu de recueillement, pas le genre d'endroit qui peut permettre de faire des vagues.

Son ton était sévère, elle était à mille de savoir la raison de cette présence...

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Lun 30 Avr 2018 - 12:52
Pleurer.

Elle n’y arrivait même plus.

Le départ de sa meilleure amie n’avait fait que créer un grand vide en elle qu’elle ne parvenait pas à combler. Il faisait froid, tellement froid… Ironique compte tenu que l’été arrivait à grands pas et qu’elle se trouvait au pays du feu. Mais la petite demoiselle avait froid. Une main glacée qui venait souligner les traits de son visage, glissant sur son corps pour venir lui attraper le coeur dans une étreinte qui aurait très bien pu la tuer. Aurait-elle pu mourir ? Oui, sûrement. Le voulait-elle ? Une question bien particulière. Elle l’avait tant espéré, des années durant même, à quitter ce monde et les souffrances qui l’accompagnaient. Or, dans tout ce froid qu’elle ressentait, ce vide qu’elle ne savait expliqué, bien différent que ce qu’elle avait pu vivre par le passé, brûlait encore une flamme qui s’animait, discrètement.

La détermination.

Une détermination vorace qui s’embraserait dès lors aurait-elle compris l’étendu de tout ce qu’il venait de se passer. Les choses étaient encore difficiles à assimiler dans sa petite tête. Elle avait quitté Iwa. Le avait déserté le village caché de la roche. Pire encore, elle avait couché sur papier cette décision, d’une lettre envoyée à l’un des rares hommes qu’elle avait été en mesure de respecter. Elle avait accompagné cette détermination nouvelle de partir de l’histoire de sa meilleure amie. Oh, elle lui en voudrait terriblement, que de tout lui avoir raconté. Une promesse qu’elle lui avait fait et qu’elle avait brisé. Devait-elle s’en sentir coupable ? Aucunement.

Combien de promesses est-ce que la Hyûga avait brisées ? Beaucoup trop pour qu’elle puisse les compter. Et pourtant, elle avait toujours été là, ne faillissant jamais. Une amie fidèle qui avait été là jusqu’au bout, qui avait tenu bon malgré les ouragans et les embûches, qui jamais ne s’était vue lâcher cette main à laquelle elle s’accrochait de toute ses forces. Mais voilà qu’elle, elle était partie. Elle était morte. Froidement assassinée dans la prison du village où elle-même avait passé toute sa vie. Une raison supplémentaire de partir. Sans elle… Sans elle, plus rien ne faisait de sens.

Elle était loin la gamine que l’on avait promu genin. Douce et agréable, elle avait dans les yeux un espoir sincère et touchant quant à des rêves de paix animées d’une innocence préservée. Oh, elle avait mauvais caractère, parlait à très peu de gens et se montrait terriblement méfiante. Un animal blessé qui montrait les crocs pour préserver ce qu’il restait de sa personne. Mais elle était gentille, la jeune Zetsu. D’une douceur et d’une compassion sans égales… Et puis, elle avait fait des efforts. Elle avait tenté de s’ouvrir au monde, d’apprendre à connaître ceux composant son quotidien. Un sage homme lui avait dit que si elle se préservait ainsi des expériences douloureuse, elle pouvait aussi passer outre d’agréables surprises. Elle n’avait fait qu’haussé des épaules à l’époque…

Son regard avait changé, sur ce monde en lequel elle croyait. Douce et agréable genin était devenue cynique chûnin. L’horreur de la réalité. Le massacre de Hi. La trahison d’Hoshino Watari… Les avait-il seulement trahi ? Non. À quelque part, elle le savait que trop bien. Ce n’était pas lui qui avait trahi Iwa mais bel et bien Iwa qui avait trahi l’homme bon et juste qu’il était. Un homme d’honneur. Un homme qui n’avait pas pu cautionner le massacre du pays du feu… Il lui manquait. Elle aurait aimé apprendre à connaître Ayuka aussi.

Et désormais… Elle était déserteur. Une criminelle de Hi. Sûrement serait-elle pourchassée, avec Taishi. Après tout, si tous ignoraient, ou presque, qu’il était tengu, les hauts placés essayeront de mettre leur main sur lui. Quant à elle… Elle avait été l’assistante du Kage et la Hyûga lui avait montré quelques tours de passe-passe avant de quitter. Des informations qu’elle n’aurait jamais dû obtenir. Comme le nom de tous les tengus, par exemple. Les missions menées. Les recherches en cours. Les effectifs du village. Les shinobis importants. Les dossiers criminels… Elle connaissait un paquet d’information. Mais surtout, avant de partir, elle s’était empressée de faire disparaître deux dossiers. Celui de l’Hayai et le sien. Que personne ne sache réellement qui étaient-ils.

Le pays du feu… Elle n’y avait jamais mis les pieds. Mais elle savait que c’était ici que Sanadare avait été la plus heureuse. Auraient-elles pu partir plus tôt, toutes les deux ? Refaire leur vie ensemble, ici ? Il était trop tard pour y penser, trop tard pour les regrets… Au moins était-elle enterrée ici et non pas à Iwa, près de ceux qu’elle avait détesté de tout son être et avec tant de passion…

Une voix parvint à ses oreilles, venant perturber sa paix intérieure, pour ce qu’il en restait. Elle s’était rendue près de là où Sanadare se trouvait. Où son corps se trouvait. Un corps sans vie… Un soupire s’échappa des lèvres de la Zetsu. Elle n’était pas spécialement de bonne humeur.

- Oui, effectivement, c’est un lieu de recueillement, de ce que j’ai cru en comprendre.

Son ton était froid, peut-être bien amer. Pour qui se prenait-elle ? Que croyait-elle faire ? Ses prunelles glaciales vinrent se poser sur son visage, d’un bleu laissant entrevoir la tempête hivernale qui l’habitait.

- Il s’agit de ma meilleure amie.

Il s’agissait. Elle avait cependant encore de la difficulté à assumer ce fait. Et ce, quand bien même devait-elle se rendre à l’évidence qu’elle n’était plus. Qu’elle ne serait jamais plus. Et que plus jamais elle entendrait sa voix. Que plus jamais cette dernière viendrait-elle l'embêter avec ses idées plus stupides les unes que les autres. Que plus jamais…

Et voilà que la jeune Zetsu, habité d’un froid poignant qui ne la quittait pas, fondit en larmes devant cette inconnue qu’elle aurait bien voulu frapper, ne serait-ce que pour exprimer au travers la violence ce qu’elle ne parvenait pas à faire au travers des mots.

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Lun 30 Avr 2018 - 14:34
Le glacier de la Zetsu et la lave de la Kurai s'entrechoquaient, aussi hostiles l'une que l'autre, envers l'autre... Pourtant, la suite des propos de la jeune femme désamorçait la donne. Si Aimi savait plus ou moins à qui elle parlait, Eiko ne semblait rien savoir de l'irou, une bonne chose, après tout, elle n'avait pas fait de vague à Iwa, hormis avoir pété les nez de douze de ses confrères du syndic Irou', mais c'était une autre histoire. Ce n'était donc pas pour la déserteuse qu'elle était ici, mais sa pseudo patiente. La Kurai soupirait sans quitter son regard, elle allait la reprendre au risque de la fâcher, mais il était important de souligner le détail.

-Elle était... Pour avoir fini son embaumement, je te confirme que ton amie n'est plus des notres, ne laisse pas le visuel que le tombeau offre te laissait penser le contraire.

Le tour de passe-passe d'Aimi devenait de moins en moins une bonne idée, voilà encore une nouvelle tête qui venait pleurer la gamine du pays, cette petite bourgeoise que la Kurai ne connaissait que de vue jusqu'il y a peu. Elle se demandait quel genre de sort l'avait attendu hors de HI no kuni, particulièrement après l'examen de son corps nécessaire pour le conserver. Pourtant Aimi était certaine de ne pas vouloir savoir, elle avait camouflé prodigieusement le massacre et affirmer que leur petite fille était morte d'un arrêt cardiaque foudroyant. Un autre irou' avait facilité sa tâche ceci dit en recousant les bouts à l'envoi, mais rien ne donnait d'indice sur son nom, hormis l'application qui y avait été mise. Si cette femme était iwajins, elle savait peut-être la vérité et Aimi, bien que n'ayant aucun lien avec ces gens hormis les affaires, se sentait le devoir d'alléger le poids de leur peine. Toutes les vérités n'étaient pas bonnes à savoir et elle se retrouvait bien dépourvue en la voyant fendre en larmes. Quelques pas les rapprochaient, Aimi n'était pas bien impressionnante, une petite carrure, une petite taille, une petite voix. Elle lui tendait un mouchoir d'une de ses poches, après y avoir ajouté un liquide oculaire pour soulager ses yeux irrités, puis une main essayait de la réconforter en tâtant prudement un bout de bras. La Kurai n'était pas rassurée avec cette présence, surtout depuis les derniers événements à Hi.

- Je vois, dans ce cas tu dois savoir ce qui lui est arrivé, j'aimerais autant que tu ne le partages pas avec ses grands-parents qui sont mes patients. Je leur ai dit qu'elle était morte d'une crise cardiaque foudroyante, sans souffrance, sans sévices. Leur âge ne permet plus les chocs et les rancœurs. Leurs cœurs non plus, surtout celui de Mamie. Si tu veux les rencontrer, ils viennent de rentrer, mais j'ai drogué la grand-mère, tu ne pourras pas lui parler ce soir. D'ailleurs tu as une mine affreuse, depuis quand n'as-tu pas dormi ?

Elle était médecin avant tout non ? Là-dessus, elle s'approchait des parois de pierres, touchant ses sceaux qui s'éclairaient doucement d'une lueur verdâtre se diffusant à l'intérieur, ressortant la présence dissimulée de bandage sous les habits de la défunte. Aimi venait de recharger ces dernières de chakra pour qu'elles poursuivent leur action de conservation. Elle jetait à nouveau un regard vers l'iwajins.

-Ils payent cher pour maintenir son corps le plus longtemps possible. Si tu te sens capable de les aider à faire leurs adieux aussi. Si elles étaient aussi proches que cette femme lui disait, alors peut-être aurait-elle les bons mots, ceux qu'une terre à terre comme elle ne pouvait trouver. Est-ce que tu veux que je reste un peu ou tu préfères te recueillir seule ?

C'était pas mal tout ce qu'elle pouvait lui proposer, de l'attention et de la compagnie ou quelques savants mélanges pour relativiser. Aimi ne savait rien de leur lien, ni leur histoire, ni de ce que pouvait être ce genre de peine, mais elle était habituée à porter sur ses épaules les malheurs de ses patients, plus souvent brisés psychologiquement que physiquement dans ses contrées ravagées...

-Avant que tu te décides, sache que je suis tenue à un secret professionnel pour tout ce que tu me partages. C'est un serment des arcanes irou'. Cela ne vaut que si tu es ma patiente.

Sa main s'ouvrait sur une herbe roulée sur elle-même, dont elle embrassait le bout d'une flamme katon. Le genre de fumée qui détendait les gens. La Kurai le tendait, après avoir elle-même inhalé plusieurs bouffées pour lui montrer qu'il n'y avait pas de danger. Bien sûr, elle ne lui précisait pas qu'elle était capable dans son cas de canaliser les effets...

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Dernière édition par Kurai Aimi le Lun 30 Avr 2018 - 21:30, édité 2 fois
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Lun 30 Avr 2018 - 14:39
Elle le savait que trop bien, que Sanadare n’était plus. Et là était tout le drame de cette situation tandis qu’elle ne pouvait qu’observer en se remémorant tout ce qu’elles avaient toujours été. Ensemble contre le monde… Dire qu’elles auraient réellement pu l’être. Maintenant, plus que jamais, elle aurait besoin d’elle. Elle venait d’envoyer sa dernière lettre à Akimoto, sûrement l’une des seules personnes qu’elle avait sincèrement respectée. Une lettre d’adieu, qui ne lui demandait pas d’accepter ni même de comprendre sa décision. Non. Une lettre qui ne la concernait même pas, au final. Dans cette dernière, elle lui avait seulement partagé de lourds secrets que la Hyûga n’aurait sûrement jamais voulu qu’il apprenne. Après tout, ne lui avait-elle pas promis de ne rien dire ?

Là encore, qu’est-ce qu’étaient les promesses, entre elles ? Avaient-elles seulement réussi, un jour, à les garder ? La réponse n’était pas très glorieuse, alors que toutes les deux s’étaient trahies à plusieurs reprises. À croire qu’elles étaient faites pour se décevoir, et ce, continuellement, malgré tout l’amour qu’elles avaient l’une envers l’autre. Son regard toujours dirigé sur le tombeau, endroit où reposait, l’espérait-elle, en paix sa meilleure amie, elle écouta attentivement ce qu’avait à lui dire l’inconnue, et ce, malgré son visage ravagé par des larmes qu’elle ne parvenait plus à contrôler.

Elle restait stoïque, une expression fermée, et pourtant, des larmes continuaient de ruisseler sur ses joues, sans qu’elle ne les contrôle. Les premières qu’elle versait depuis qu’elle avait quitté Iwa. Depuis qu’elle avait appris pour la mort de celle qui comptait le plus à ses yeux. Levant une main vers son visage, elle tenta d’essuyer ce dernier du meilleur de ses capacités, avec les manches du chemisier qu’elle portait. Elle était donc là à la demande des grands-parents de Sanadare… Préserver son corps le plus longtemps possible, telle était sa mission. À quelque part, elle pouvait comprendre ce désir. Elle-même n’était pas certaine d’être prête à lâcher complètement prise.

- Tu sais, Sana est morte depuis longtemps déjà.

Les mots s’échappèrent de ses lèvres sans qu’elle ne comprenne trop pourquoi. Et pourtant, elle les avait prononcé, avec une conviction qu’elle ne se connaissait pas, reprenant des paroles que la principale intéressée lui avait tenu. S’avançant vers le tombeau, et donc de l’inconnue, elle attrapa l’herbes roulées d’un regard sceptique, inhalant la fumée à l’odeur agréable. Peut-être était-ce aussi un piège finement dessiné par le village caché qu’elle venait de fuir… Elle préféra ne pas trop y penser. Comment pouvaient-ils savoir où se trouvaient-ils ? Grâce à l’Hayai, ils avaient pu partir sans laisser de traces…

Certes était-il logique de croire qu’ils seraient allés se recueillir sur la tombe de celle dont la mort avait initié ce mouvement, ce départ du village qui les avait vu évoluer en tant que shinobis. Mais n’était-ce pas là quelque chose de trop évident, justement ? Et puis, peu importe. Si elle devait mourir, elle accepterait volontier son sort. Que lui restait-il exactement, en ce bas monde ? Taishi ? Elle ne voulait pas trop se raccrocher à lui, craignant devenir envahissante… Secouant doucement la tête, elle tenta de remettre ses pensées en place.

- Elle était une enfant joyeuse. J’ai toujours été plus timide, plus réservée. Je n’osais pas m’avancer vers les autres, préférant rester cachée derrière mon père. Et pourtant… Ça ne l’a jamais arrêté. Elle revenait sans cesse m’attraper par la main pour m’entraîner derrière elle.

Elle esquissa un sourire à ces souvenirs qu’elle gardait en sa mémoire, une période heureuse de sa vie qu’elle ne retrouverait jamais. Une insouciance qui s’était brisée alors qu’elle comprenait l’étendu de l’horreur qui baignait la réalité dans laquelle elle se trouvait.

- C’est pour cela que mon père l’a toujours détesté.

Un léger rire s’échappa même de ses lèvres, contrastant avec les larmes qui poursuivaient leur chemin.

- Elle n’a jamais été méchante, tu sais. Elle n’a jamais rien demandé à personne. Je peux même m’imaginer la fierté qu’elle a dû éprouver, lorsque son père lui a dit qu’elles partaient en mission ensemble…

Dire qu’elle aurait pu assister à son départ, si ce n’était pas de son propre paternel qui l’avait séquestré dans le domaine Zetsu, tentant d’éveiller en elle prématurément le Kekkei Genkai familial.

- C’est tellement injuste…

Ses épaules étaient désormais secouées de lourds sanglots.

- Quel a été son crime ? Exister ? Naître dans la mauvaise famille ?

Questions dont elle ne cherchait pas réellement de réponse. Elle ignorait pourquoi elle racontait tout à cette inconnue, mais voilà qu’elle se vidait le coeur face à la souffrance qu’elle éprouvait en ce moment même, venant affronter ce froid glacial qui l’habitait. Elle aurait pu en parler à Taishi, toutefois… Autant l’appréciait-elle, beaucoup même, autant n’était-il peut-être pas la personne la plus empathique qu’elle ait connu. Et si elle n’avait pas besoin de pitié, elle semblait avoir besoin d’exprimer tout ce que son coeur vivait à l’heure actuelle.

- Elle n’aurait jamais dû rentrer à Iwa. Elle aurait pu tenter d’être heureuse, ici…

Certes aurait-elle était loin d’elle, beaucoup trop même. Toutefois… Elle aurait été prête à payer le prix de son absence si cela voulait dire qu’elle était heureuse et en sécurité. Aussi capricieuse pouvait-elle être, rien n’avait jamais été plus important à ses yeux que la Hyûga.

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Lun 30 Avr 2018 - 21:40
En ces derniers temps agités, Aimi avait vécu cette situation plus qu'elle ne l'aurait voulu, aussi savait-elle qu'elles étaient toutes les phases d'un deuil. Le dénie, penser que cela ne pouvait être réel, là où en venait à surestimer son proche, étant persuadé qu'il s'agissait d'un tour de passe-passe ou un mensonge, qu'il reviendrait. Et quand on ne pouvait plus se mentir à soi-même, se blâmer devenait bien une facilité. Les regrets ? Ou une soudaine culpabilité, comme s'il aurait fallu être là, savoir, empêcher. Si seulement les "si" pouvaient refaire le monde. Cette douleur se cumulant devenait souvent de la colère, envers soi-même, puis les autres, le monde entier pourrait bien être le responsable du résultat peinant. Arrivée là, une dépression ou l'acceptation. Le premier choix semblait plus correspondre à la fille en larmes en face d'elle, c'était peut-être tout ce qu'elle avait besoin en ce moment, vivre son chagrin une bonne fois pour toutes. Aimi s'installait donc, silencieuse, une expression neutre, elle ne dévisageait pas la Zetsu, mais ne s'intéressait pas à autre chose qu'elle pour autant, un dosage subtil pour lui faire sentir qu'elle était écouté, mais pas déchiffré. Ce qui était faux, l'irou' avait déjà commencé son analyse, sous ses traits détendus ses neurones se connectaient entre elles.

La Kurai savait que ce corps n'avait pas perdu la vie depuis si longtemps, alors elle assimilait facilement son affirmation à une sorte de métaphore. Ses pensées revenaient sur les stigmates effrayants de ce corps, elle n'était pas certaine de vouloir tout savoir, mais maintenant elle avait le devoir d'écouter et archiver tout que cette femme fumant son herbe lui dirait. Cette dernière très efficace pour détendre les gens allait aussi malheureusement délier sa langue, la Zetsu s'en souviendrait sûrement, et peut-être allait-elle moyennement apprécier. Devait-elle être bien désespérée pour se livrer si facilement en terre hostile à une parfaite étrangère. Aimi croisait les bras en plissant son regard devant la première phrase, comme pour inciter son interlocutrice à donner une suite, même si elle se doutait bien que la jeune iwajins n'avait pas fini son récit. Un qui s'accordait tristement au portrait qu'en avaient fait ses grands-parents. Aimi avait un souvenir moins "docile" de la borgne qui lui était tombé dessus à Iwa pendant son espionnage du Hayai pour retrouver Glouba. D'où sa retraite stratégique en passant.

L'injustice était une question de point de vue, un instant, Aimi aurait voulu lui rappeler le massacre de ses compatriotes à Hi no kuni, tout aussi voire plus injuste que la fin qu'avait pu subir cette femme qu'elle pleurait... Mais elle se rappelait que ce n'était pas pour ce genre de débat qu'elle était restée assise aux côtés de la créature aux cheveux lunaire. D'ailleurs, l'astre du jour commençait à filer doucement, mais sûrement, laissant peu à peu place à la pénombre. Moment qu'avait choisi Eiko pour prendre une pause dans son monologue, comme si elle avait vidé trop de son énergie en se déchargeant les épaules de ses ressentiments à haute voix. Aimi cessait alors de l'observer, à la place, son regard se détournait vers le mausolée sur lequel elle semblait faussement concentrée.

-Rien n'est jamais un hasard et aucun malheur ne tombe vraiment sur quelqu'un avec fatalité. Au fond, inconsciemment ou non, on choisit plus ou moins un chemin de tragédie. Qui pourrait prétendre affirmer que vos vies auraient été mieux si l'histoire était différente. Es-tu entrain de dire au final que tu aurais voulu que tous les moments partagés avant qu'elle disparaisse n'aient jamais existés, sous couvert que potentiellement, elle vivrait encore ? N'est-ce pas aussi injuste que quand tu pourrais penser qu'être à tes côtés fut un choix, que visiblement, tu ne veux pas respecter.

C'était un brutal ou au contraire pas assez direct, mais Aimi avait l'impression que quoi qu'en dise la jeune femme discutant avec elle, c'était à un fort caractère à qui elle avait affaire. Aussi la Kurai lui adressait à moment un regard cherchant le sien pour y lire une émotion, chagrin ou colère, c'était important pour choisir la manoeuvre désormais et le comportement à apporter.

-Si cela peut te consoler, Hi est en proie à bien des maux et ne te crois pas unique dans ta souffrance, bien des HIjins pleurent leurs proches morts aussi cruellement, qu'injustement. Son sort ici aurait pu être semblable à ces derniers ou pas... Mais à quoi bon les hypothèses quand elles n'ont jamais aucune chance d'exister ? Ce n'est pas au final perte de temps et énergie, en plus de se torturer pour rien en définitive.

Ses bras se décroissaient, puis elle levait son menton pour regarder les cieux, laissant le loisir à nouveau à son interlocutrice de se sentir déchargée de toute attention.

-Peut-être que tu poses les mauvaises questions. Tu sembles si bien la connaître, pourquoi ne pas jouer dans ta tête à être elle ? Pourquoi ces choix-là, pourquoi pas d'autre, et si à ma place c'était ton amie assise là en face de toi. Que penserait-elle de ton état d'âme, elle te dirait quoi ?

Aimi ne pouvait jouer les médiums, ni prétendre ce que cette Sanadare pourrait penser de la situation, mais Eiko elle, elle le pouvait sûrement. Voilà qui serait un bon exercice pour accepter et relativiser.

-Peut-être que c'est elle tel que tu l'as connu, et non pas elle qui a disparu à qui tu devrais penser quand ton coeur est alourdi et tes yeux ont envie de pleurer. Essayer ne t'engage à rien, mais si tu veux tricher pour des nuits restauratrices sans aucune pensée... Je peux te donner l'artifice d'un sommeil avec des somnifères. Tu sembles épuiser, normal que ton esprit soit confus et que tu sentes si accablée.

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Mar 1 Mai 2018 - 13:15
Ses larmes se séchèrent rapidement, sa tristesse laissant place à un sentiment beaucoup plus violent, de ceux qu’elle réprimait depuis des années déjà. Exprimant un mal-être qui l’habitait depuis tellement longtemps, elle avait presque espéré un peu de réconfort auprès de cette inconnue qui s’occupait du corps de sa meilleure amie. Toutefois, semblerait-il que ce n’était pas le genre de la maison. Tandis qu’elle encaissait les paroles lourdes de sens de cette dernière, elle ne put s’empêcher de sentir ce feu monter en elle, celui d’une colère à peine contrôlée, d’une rage face à la vie qu’elle tentait de brimer sans pour autant réellement y parvenir. Son regard, affichant quelques instants plus tôt sa douleur vint afficher une flamme dangereuse de celle qui n’avait plus rien à perdre, son monde s’étant écroulé en même temps que la tête de sa meilleure amie. Que lui restait-il ? Absolument rien.

Oh, elle avait Taishi, celui qu’elle avait suivi jusqu’ici. Cependant, autant l’appréciait-elle… Il s’agissait de quelque chose de dangereux, ce sentiment de ne plus rien avoir à perdre. Quelque chose qui pourrait l’amener, à l’avenir, à poser des gestes insensés, prenant des risques qu’elle aurait pu éviter, et tout cela pour quoi ? Parce que mourir ne l’effrayait pas. Telle était la dure réalisation qu’elle venait de faire. Alors qu’elle tentait d’étouffer sa rage pour une énième fois, n’ayant jamais eu personne envers qui l’exprimer, peut-être avait-elle seulement fait fausse route jusqu’ici. Cet amalgame de sentiments négatifs qu’elle gardait enfoui en elle depuis des années, tous dirigés vers un homme désormais enfoncé dans le sol, mort et enterré… Et si elle l’exprimait à la face du monde, sans même se soucier des conséquences ? Après tout, pourquoi en aurait-elle quelque chose à faire ? Il ne lui restait plus rien. Elle n’avait plus de foyer. Plus de famille. Sa meilleure amie désormais décédée. Elle avait déserté son village.

Alors à quoi bon tout ce contrôle ? À quoi bon tenter de se préserver en tentant de sceller tout ce mal qui l’habitait ? Sanadare l’avait toujours exprimé et n’avait jamais eu peur de le faire, allant chercher vengeance auprès de ceux le méritant. Certes en était-elle décédée… Et même s’il s’agissait du sort l’attendant, pourquoi s’en soucierait-elle ? Elle n’arrivait plus à réfléchir de façon rationnelle. Son jugement était flou, ses pensées peu cohérentes et malgré la fumée qu’elle respirait, cherchant à venir se calmer dans le processus, elle ne pouvait s’empêcher que de ressentir ces violentes émotions avec une honnêteté qu’elle ne se connaissait pas, comme s’ils devaient l’évidence même après toutes ces années à se tenir tranquille.

- Et alors ? C’est quoi ces conneries ?

Son ton se montrait plus agressif, plus vif même, laissant presque entendre le grognement de sa rage qui se manifestait.

- On devrait quantifier le malheur de tous et chacun ? Les placer sur une échelle pour évaluer qui est en droit d’exprimer sa souffrance et qui devrait seulement se taire sur le sujet ? Parce que les Hijins pleurent leurs proches, je n’ai pas le droit de souffrir de la perte d’une seule et unique personne ?

Elle s’emportait tandis que son coeur saignait. Ses mains en vinrent à trembler légèrement, l’amenant ainsi à croiser ses bras sous sa poitrine en essayant d’instaurer un certain contrôle sur elle-même.

- Elle représentait tout. Absolument tout. Elle me trouverait pathétique à l’heure actuelle et doit sûrement se damner de ne pas être en mesure de pouvoir me frapper pour remettre de l’ordre dans mes idées, un peu de sens dans tout cela. Mais elle était tout. Je l’aimais. Je l’aimais de façon complètement démesurée, cela en dépassait l’entendement même. Elle était tellement horrible, en plus, par moment… Elle s’est jouée de moi jusqu’à la fin, et pourtant…

Elle se doutait que son discour était confus, rebondissant sur ce qu’elle avait dit dans le désordre, son esprit peinant à aligner ses pensées de façon cohérente.

- Tu as raison sur un point. Je ne respecte pas sa décision d’être revenue et jamais je ne le ferai. C’est la même décision qui l’a détruit, consumée par un désir de vengeance qui a pris le dessus sur sa personne. Elle est morte le jour où elle est rentrée à Iwa, où elle a compris que plus rien n’aurait d’importance, hormis faire couler son clan.

Elle aurait tellement voulu pouvoir la protéger de tout cela, préserver sa meilleure amie. Et ce, quand bien même n’était-elle pas en mesure de se préserver elle-même.

- J’aurais volontier fait un trait sur tout ce qu’on était pour qu’elle ne rentre pas. Après tout, je l’avais déjà fait. L’idiote n’en est pas à sa première fois, à m’abandonner…

À force de côtoyer Taishi, elle avait même adopté le même surnom que lui concernant celle qui se trouvait désormais au sein d’un tombeau, son corps préservé sans que son esprit y soit encore. Est-ce que cela faisait réellement changement de la façon dont elle s’était sentie toutes ces années ? Elle se le demandait. Elle-même s’était sentie morte, de ce temps où elle s’était butée dans son mutisme, se détachant complètement de la réalité dans un espoir de survie, protégeant ce qu’il lui restait de santé mentale.

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Mar 1 Mai 2018 - 14:09
Le raisonnement de la jeune femme se contrariait par moment, mais il était d'une franchise implacable. C'était normal avec ce qu'elle lui avait fait inhaler, que les pensées se succèdent et se mélangent ainsi, bien qu'on aurait pu y trouver une certaine forme de logique. La passion ne laissait qu'un pas d'intervalle entre l'amour et la haine. C'était bien connu. A sa première question, Aimi employait un ton neutre, lui répondant pourtant du tact au tac, avec une certaine retenue, car malgré tous ses efforts pour rester pro, la Hijins mourrait d'envie de lui jeter à la face, iwajins qu'elle était, les récents événements. Mais elle n'en faisait rien lui adressant un regard au sourcil relevé.

-Tu interprètes, je n'ai jamais affirmé cela. J'ai juste émis l'hypothèse que son sort ici, sans toi, aurait pu être le même.

La Kurai ne pouvait que relatait et mettre l'accent sur des faits, même si Eiko lui racontait de long en large toute l'histoire, pas sûre qu'elle puisse un jour vraiment la comprendre... Mais le fait était que c'était son devoir en revanche de corriger l'état dépressif de la Zetsu en deuil. Pourquoi ? Aimi n'aurait pas vraiment su le dire, même qu'elle ne s'en rendait pas vraiment compte. un réflexe, comme quand elle s'arrêtait sur une blessure ou une vilaine toux, sans connaître son soudain patient, sans qu'on ne lui ait rien demandé. Quand elle soignait sans rien demander parce qu'au final elle aimait ça, avant de râler tout le reste du temps à quel point elle était fauchée... Elle n'avait pas de leçons à donner, elle-même étant un cas désespéré.

-L'idiote ? Charmant sobriquet, mérité, j'imagine. L'irou se déridait en étirant un léger sourire, qui ne durait pas trop longtemps pour ne pas devenir offensant. Mais le fait est qu'on ne peut pas revenir sur le passé, donc tu dois composer avec ce présent et ses choix aussi agaçants peuvent-ils te paraître. Tu auras beau imaginer tous les scénarios que tu voudras, ils ne seront que des fantasmes.

L'air frais l'obligeait à ranger ses mains dans ses poches, l'hijins étant un peu frileuse, puis dans ces dernières, elle avait toujours quelques choses à attraper et rouler entre ses doigts pour la faire se tenir tranquille. Laissant le loisir à la Zetsu de s'exprimer autant qu'elle le souhaitait, visiblement ce qui lui manquait, Aimi se demandait quelle importance pouvait avoir un tiers sur soi, pour arriver à de pareils états. De proche, elle avait bien eu le dindon, pas vraiment d'amis enfant, elle était trop bizarre et timide pour s'en faire. Son côté de pleurnicheuse n'avait pas aidé non plus, mais Aimi savait que dans les mauvais moments, elle pouvait aller se confier à ses parents. Ou bien à Momo' bien que cette dernière se sentait plus obligée qu'autre chose de la supporter. Cette réflexion lui était venue en ayant l'impression qu'Eiko n'avait comme pas encore eu l'occasion de parler de tout ça ouvertement. Elle ne pouvait pas être aussi seule qu'elle le prétendait.

-Tu es venue seule jusqu'ici pour sa tombe ? Essaie de rester accompagnée pour quelques jours, ça te changera les idées.

Aucune chance que la doc fasse dans l'émotionnel en service, ce n'était pas son rôle, on ne pouvait pas jouer sur tous les tableaux à la fois. Elle n'offrait le réconfort de ses bras à personne déjà de base, alors encore moins à un patient. Une iwajins en plus d'être une femme qu'elle ne connaissait pas. Fouillant dans sa sacoche, elle déposait aux côtés de la Zetsu un linge blanc contenant un peu de sa fameuse herbe, ainsi que quelques feuilles fines de maïs séchées. Eiko ne lui avait répondu pour la prescription, alors elle prenait ça pour un non, mais elle pouvait quand même lui cédait ça. Pas de quoi la rendre accroc, mais bien la détendre une ou deux fois.

-Tu es en visite par ici pour longtemps ?

C'était toujours bon à savoir, Aimi n'avait pas perdu de vue qu'il s'agissait d'une iwajins... Aux dernières nouvelles du moins. Et la pensée lui éveillait quelques suspicions, si le coureur de jupons était là aussi, Glouba possiblement aussi...


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Mar 1 Mai 2018 - 18:38
Ce n'était pas un secret pour personne, que la Zetsu n'était pas particulièrement à l'aise en présence d'autrui. Si elle n'était pas méchante, elle n'était définitivement pas quelqu'un qu'il était possible de désigner comme étant sympathique ou encore facile d'approche. Et si, à une époque, elle avait fait des efforts à ce niveau, cherchant à se rapprocher de cet idéal qu'elle s'imaginait, ce n'était plus tout à fait le cas aujourd'hui. D'un naturel froid et méfiant, la situation de la belle était donc complexe, entre un besoin d'exprimer ce que son coeur tentait d'hurler et cette colère qui montait en elle plus la discussion avançait. Elle aurait dû s'en tenir à ses bonnes vieilles habitudes, à savoir cette distance avec les autres, ces inconnus qui ne l'intéressaient guère. Si l'Hoshino avait eu raison en ce qui concernait Taishi, qu'il était possible d'avoir d'agréables surprises, bien souvent plus qu'autrement, elle s'était retrouvée déçue.

De ce fait, elle se retrouva à se braquer de nouveau. Si elle semblait avenante, son incapacité à rationalisé lui donnait presque l'impression d'être jugée dans sa souffrance, cette douleur qu'elle éprouvait et qui, pourtant, pouvait sembler risible face à celle qu'affrontait le peuple du pays du feu. Si ce n'avait pas été de cette rage s'embrasant en elle, consumant le peu de raison qui lui restait, peut-être aurait-elle éprouvée de la culpabilité. Après tout, elle ne pouvait faire autrement alors qu'elle n'avait fait qu'assister au massacre sans rien faire, se rangeant même du côté des shinobis alors que d'autres avaient tenté de s'élever contre l'immondice dont ils étaient coupables. Elle s'était rangée du côté des shinobis, oubliant qui était-elle quelques instants qui elle était, toutes ses bonnes valeurs et ses rêves de paix par... Fidélité ? Oui, mais pas nécessairement pour le village. Ce n'était nullement pour le village qu'elle avait pris cette décision, ni même pour atteindre cet idéal qu'elle s'imaginait. Sanadare était à Iwa. Il était donc impératif qu'elle rentre au village caché de la roche.

Cette réalisation était particulière pour la jeune demoiselle, et pourtant, elle expliquait bien des choses. Dont la facilité qu'elle avait eu quant à déserter, maintenant que plus rien ne semblait la rattacher là-bas. Peut-être était-ce pathétique que de réaliser qu'hormis sa meilleure amie, elle n'avait plus rien. Sûrement oui. Pouvait-on toutefois lui en vouloir tandis que cette dernière avait fait partie de sa vie toute son enfance ? Pire encore, de toute sa vie, de ces vingt dernières années, ses seuls souvenirs qu'elle pouvait concerné comme heureux, qu'ils soient de sa douce enfance ou de moments plus récents, concernaient tous celle reposant désormais dans le tombeau face auquel elle se trouvait.

- Je ne suis pas venue seule, toutefois... Je ne peux pas vraiment considérer celui avec qui je suis venue comme une oreille attentive. Je n'ai pas non plus envie de l'embêter avec tout ça. La situation est un peu particulière, j'imagine que ce n'est pas... Notre priorité.

Sa douleur. Ses états d'âme. Déjà avait-il eu l'amabilité de l'amener ici, loin d'Iwa, loin de tout ce qu'elle avait toujours connu. Des choses semblaient bouger, tant chez lui que chez elle, dans leurs convictions et leurs motivations. Les choses changeaient, évoluaient. Toute cette violence, voilà qu'ils voulaient que ça cesse. L'Hayai s'était décidé, les choses se devraient d'être différentes. Et la jeune Zetsu dont l'innocence s'était récemment brisée n'avait pu que suivre sa façon de voir les choses. Parce qu'elle n'avait pas oublié ses rêves candides de paix, malgré l'hypocrisie que cela représentait, si elle se fiait aux actions qu'elle avait posé au cours des derniers mois.

Une fois son deuil fait, sûrement arriverait-elle à s'y investir avec une passion renouvelée. Elle allait y voir de quoi s'accrocher à cette vie qui ne semblait mener nul part, où tout canaliser pour retrouver la force d'avancer. Cependant, pour l'instant, elle avait mal. Terriblement mal. Et il lui faudrait encore un petit moment avant de réellement s'en remettre.

- Je ne suis pas en... Vacances. Pas plus est-ce que je pense quitter bientôt...

Son ton était un peu plus mal à l'aise. Elle n'était pas certaine de se comprendre elle-même. S'étant emportée en quelques secondes à peine, elle s'était calmée tout aussi vite, son regard tout aussi froid bien qu'adoucit. Et puis, elle parlait, encore et encore, ne comprenant même pas pourquoi se lançait-elle sur ce sujet. Allait-elle réellement parler de sa désertion à une inconnue ? Et si elle venait à aviser le village caché de la roche quant à sa position ? Pouvait-elle seulement faire ça ? Les mots s'échappèrent cependant de ses lèvres sans qu'elle ne s'attarde davantage sur les conséquences de ses mots.

- Pourquoi ?

Elle leva un regard vers elle. Elle ne possédait plus son bandeau Iwajin. Plus rien ne l'associait à ce village... Méfiante, elle se ravisa rapidement. Il lui semblait l'avoir évoquer, dans cette histoire qu'elle lui avait raconté, concernant sa meilleure amie.

- Nous... J'ai, ou, enfin, lui aussi, peu importe, j'ai déserté. Nous avons quitté Iwa. Il y a... Tellement de choses que nous ne pouvions supporter. La violence. Les horreurs. Cette puissance qu'ils clament avoir... Un peu comme mon clan, à s'imposer par la force, pas parce qu'ils le doivent ni pour servir le peuple, mais parce qu'ils le peuvent.

Elle soupire, son regard désormais rivé vers le sol.

- J'étais dans le palais seigneurial et je n'ai rien fait. Figée. Terrorisée. Dans mon silence et mon manque d'action, j'ai cautionné des événements que je ne peux tolérer. Je me suis opposée toute ma vie contre ma propre famille pour éviter le massacre d'innocents et maintenant je devrais les tolérer ?

Elle n'était même pas hijin que son indignation était visible. Et maintenant la culpabilité remontait. Elle avait envie de vomir, une nausée que l'horreur de ce à quoi elle avait assisté provoquait en elle.

- C’est… Compliqué.

Bien évidemment. Tout était toujours compliqué.

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Dernière édition par Zetsu Eikō le Mer 2 Mai 2018 - 16:41, édité 1 fois
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Mar 1 Mai 2018 - 21:50
Le regard de la Kurai se plissait, elle se demandait alors si c'était le moment de lancer un scan de large distance pour localiser possiblement l'Hayai et donc Glouba, mais si la Zetsu avait des capacités sensorielles, cela allait être suspicieux de sa part. Puis si elle avait vu fricoter, ça ne voulait pas dire pour autant qu'ils étaient du genre à se suivre jusqu'au bout du monde. Pour le moment, les informations étaient trop minces et si Aimi savait pour eux, les iwajins ignoraient son existence à elle. C'était pour le mieux. Pour en revenir à la femme avec laquelle elle commençait à partager son début de soirée, Aimi s'étonnait du calme de façade du moins qui s'était réinstallé. Pas la priorité ? La Kurai ne voulait pas la contrarier, mais dans cet état d'esprit, il allait lui être difficile de se concentrer sur quelque chose d'important, mais si ça pouvait l'aider à reprendre du poil de la bête. La suite de ses mots s'emmêlait, ne voulait rien dire et pourtant laisser entendre quelques évidences, qui en sachant la raison de sa venue, son accablement, et le récit fait sur la défunte pouvait faire du sens. Pourquoi est-ce que l'irou demandait cela ?...

-Tu devineras facilement que l'on peut me croiser souvent par ici. D'où ma curiosité.

Ce n'était pas vraiment faux, mais la réponse n'était pas complète non plus, de toute façon elle n'aurait pas eu le temps d'en placer plus, que déjà la Zetsu lui faisait un aveu surprenant. Pas pour le fait, mais plus la façon de le dévoiler. Aimi écoutait le reste, affichant toujours sa face surprise, le genre de rebondissement auquel elle n'était pas préparée. Plusieurs interrogations lui brûlaient alors les lèvres. Qui était nous ou quel était son clan. Depuis l'annonce de la désertion, l'Hijins avait activé un jutsu pour suivre les réactions de son interlocutrice, ce dernier lui permettait de détecter des mensonges d'ordinaire, mais dans ce cas-là, seule la vérité ressortait. Une aussi terrible que dérangeante. Aimi avait un regret pour cette histoire, celui de ne pas s'y être rendu, parce qu'elle avait déserté le même village que la Zetsu durant le voyage d'aller pour Hi no kuni. Ses dents grinçaient et elle relâchait sa technique en fixant le sol assombri à son tour.

-Eh bien, nous voilà un point commun finalement, j'ai déserté la même institution, bien que mon passage eut été assez court en son sein. Tu comprendras mieux ma curiosité sur le sujet, même si ils doivent avoir mieux à faire que traquer "personne" comme moi. On est jamais trop prudente.

Cela la faisait sourire, elle n'avait pas fait de vagues, hormis sa poitrine généreuse, Aimi n'avait rien mis en avant pour se faire remarquer. Déjà parce qu'elle n'était pas spécialement ravie de s'y être invitée, ensuite parce qu'elle avait toujours su que cela serait provisoire.

-L'histoire est compliquée aussi, et aucune de nous ne veut les détails l'autre là-dessus pas vrai ?

Haussement d'épaules, avant de croiser les bras à nouveau, ainsi que ses jambes en regardant devant elle. Elle n'avait pas cru apercevoir de Byakugan, mais la théorie était possible. D'autant plus que les Hyûga étaient du genre à rester entre eux. Ses vieux voisins se mêlaient rarement au reste des habitants... Pour exemple.

-Ton clan...? Es-tu une Hyûga toi aussi ? Quant aux événements tragiques...

Un petit silence s'installait, la Zetsu avait l'air sincère quand elle lui avait presque fait passer son dégout pour l'issue qui avait donnée suite à la tragédie. Aimi avait beau tourné ses mots dans tous les sens dans sa tête, elle ne trouvait pas grand-chose à redire, hormis peut-être de façon décalée, lui dire qu'une petite amertume lui resterait.

-Je suis une enfant du pays moi aussi. C'est encore trop frais pour que je puisse faire autre chose que blâmer les participants, donc je ne serais pas la bonne personne pour parler de ça avec toi en tout cas.

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Sam 5 Mai 2018 - 7:53
Interloquée, ses yeux s'écarquillent face à la nouvelle information. Déserteuse d'Iwa ? Vraiment ? Elle l'observe donc, incertaine, perplexe. Son passage fut court, de ce qu'elle disait. Pas assez pour se faire remarquer. Elle n'était personne, aux yeux du village caché de la roche. Quant à la Zetsu, elle cherchait dans sa mémoire, tentant de ce souvenir de ce visage, de ces traits, or, rien ne lui vint. Ce n'était pas surprenant. Elle n'avait jamais réellement porté attention aux autres. Du moins... Elle était attentive à son environnement, toutefois, elle avait longtemps fui le contact humain. Ce qui était toujours d'actualité. Elle n'avait jamais été à l'aise avec autrui, s'imposant cette distance avec ces derniers, cet épais mur de glace qu'elle dressait entre eux et elle-même. De ce fait, elle ne pouvait même pas être surprise que de ne pas la reconnaître. Elle peinerait sûrement aujourd'hui à reconnaître certains shinobis avec qui pourtant elle avait travaillé. Tous ces visages, semblables sans vraiment l'être, qui étaient passés dans son bureau, cherchant à obtenir entretient avec l'ombre du village mais ce dernier, trop occupé, avait laissé la jeune demoiselle s'occuper de tous ces dossiers jugés pas assez importants. Ou, tout du moins, d'importance moindre. De dossiers dont elle pouvait se charger, sans problème. Vers la fin, elle s'était sentie déconnectée de son corps, effectuant ses tâches quotidiennes dans un automatisme flagrant, ces rencontres qui ne lui importaient tellement plus... Au moins se consolait-elle en se disant qu'elle avait quitté en mettant tout à jour. Son successeur n'aurait aucun mal à s'y retrouver pour assister l'homme occupé qu'était Borukan Akimoto.

Akimoto. Son coeur se serra. Autant l'avait-elle respecté, beaucoup même, autant ne pouvait-elle pas chassé cette image de son esprit. L'effroyable image de lui recouvert de lave, ordonnant le massacre d'Hijins. Ces événements... Pouvait-elle réellement en vouloir à la femme devant elle, issue du pays qu'ils avaient tenté de dominer par la force, tuant beaucoup plus que ce qu'ils auraient dû ? Si elle était un minimum patriotique, toute cette histoire ne pouvait qu'amener à la révolte, le tout accompagné d'un violent dégoût. Y penser ramenait cette nausée qu'elle sentait monter en elle, ce haut-le-cœur venant nécessairement avec ces souvenirs.

Pas de détail. Soit, elle n'en avait pas besoin. Ou peut-être que si, sa curiosité l'amenant à vouloir en savoir plus, sur son passage au pays de la terre. Cependant, le moment n'était pas propice aux questions. Se détendant peu à peu, sûrement l'effet des herbes qui brûlaient tranquillement devant elle, elle vint s'asseoir à même le sol, en tailleur, le coude appuyé sur son genou et son visage dans sa main. Son regard était toujours posé sur l'inconnue, elle aussi ancienne iwajin, beaucoup plus calme que quelques instants plus tôt. Elle était passée au travers un éventail d'émotions en très peu de temps... Comme souvent dernièrement. Elle perdait peu à peu le contrôle de tout ce qu'elle sentait se débattre en elle, ces sentiments négatifs menaçant de la submerger. Mais, pour le moment, ses démons se tenaient tranquille, plus qu'à l'accoutumé. Quelque chose qu'elle n'avait pas ressenti depuis longtemps.

- Hyûga ? Non... Même si je ne suis pas certaine que mon clan soit bien mieux. Zetsu, un clan d'Iwa... Ils sont assez discrets, se tiennent généralement qu'entre eux, ne se soucient pas trop des autres. Très imbus d'eux-même, je dirais. Toujours en quête de puissance, le tout en se sentant supérieur à tous.

Elle éclata de rire. Un rire qui n'avait rien de joyeux ni d'agréable. Et pourtant, elle riait face à l'absurdité qu'elle venait de dire. Étaient-ils vraiment supérieurs ? Pourquoi ne dominaient-ils pas Iwa alors ? Pourquoi n'avaient-ils pas encore écrasé Akimoto ? Elle calma son rire, un sourire désabusé venant étirer ses lèvres. Pourquoi lui racontait-elle ça ? Pourquoi avait-elle envie de poursuivre son histoire ? Elle sentait sa langue se délier, tenter de raconter une histoire que nul n'avait connu, hormis son ancien sensei et sa meilleure amie. Un lourd passé qu'elle portait, ce qui avait provoqué la naissance de ses démons.

- Les Hyûga vendent les yeux de leurs enfants, quant aux Zetsu... Ils torturent leurs héritiers pour provoquer l'éveil du Kekkei Genkai.

Elle ferme les yeux quelques instants. Héritière dudit clan, elle frissonna en se remémorant ces événements qu'elle avait enterré il y avait déjà quelques années.

- Zetsu Eiko, héritière du clan Zetsu... Ou, enfin, je pense qu'à ce stade-ci, je suis déshéritée.

Un nouveau rire. Elle s'était rarement sentie dans un tel état, une paix d'esprit qu'elle ne connaissait pas, beaucoup trop longtemps tourmentée. À croire que cette paix avait quelque chose d'aussi agréable que dérangeant.

- J'ai éveillé mon Kekkei Genkai à seize ans, un très jeune âge comparé à ce qui était répertorié. Mais à quel prix ? Cinq ans de torture, suivi d'une tentative de meurtre.

Elle en portait encore la cicatrice, sur son ventre. Taishi l'avait-il remarqué ? Il faisait noir, ils avaient bu... Elle en doutait. Même elle, sur le coup, pourtant honteuse de cette marque qu'elle portait, ne s'en était pas souciée. Beaucoup trop saoule pour penser de façon rationnelle.

- Et toi, c'est quoi ton histoire ? Je sais qu'on avait dit pas de détails, mais je me demande tout de même pourquoi avoir rejoint Iwa si c'était pour quitter quelques temps plus tard ?

C'était, du moins, ce qu'elle avait compris, du peu qu'elle lui avait dit. Elle avait laissé sa curiosité avoir le meilleur d'elle-même, sans même s'attarder au fait qu'elle avait partagé d'une nonchalance surprenante cette histoire qu'elle n'avait jamais eu le courage d'évoquer. Elle aurait pu trouver le tout dérangeant, si ce n'était ce semblant de désintérêt qui s'installait en elle. Comme si plus rien n'importait réellement. Ce qui n'était peut-être pas faux. N'était-ce pas ainsi qu'elle se sentait, depuis la mort de sa meilleure amie ? Plus que la détresse, plus que le désespoir... Qu'attendait-il encore de la vie ? À l'heure actuelle, alors qu'elle avait le sentiment d'avoir tout perdu...

Une bien triste constatation : absolument rien.

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Sam 5 Mai 2018 - 19:59
Aimi se sentait épier un instant, normal en même temps avec ce qu'elle venait de lui avouer, mais il y avait peu de chance qu'elle la reconnaisse, d'une part parce que la Kurai avait recouvert la couleur naturelle de ses cheveux par un noir profond le temps de son séjour, mais aussi qu'elle s'était faite le plus discrète possible. L'écoute de son nom ne lui évoquait pas grand-chose... En même temps, la Kurai était plus familière avec les clans de Hi no kuni en réalité. La suite la choquait davantage, les pratiques peu orthodoxes la laissant sans voix, elle n'avait jamais eu vent de ce genre de chose par ici... Bien que de vagues rumeurs avaient parfois été lancées suite aux disparitions dans la forêt des membres de ce clan. En soi, à Hi, cela ne choquait pas vraiment, leur dojutsu étant convoité, mais penser que les Hyûga eux-mêmes en étaient les investigateurs entres eux... Cela faisait du sens, elle avait déjà été consultée pour une dégénérescence oculaire par des membres du clan. Défaut qu'elle était incapable de réparer, si Aimi pouvait leur faire retrouver leur capacité en terme visuel normal, l'effet de leur Byakugan restait perdu. Elle grimaçait à cette pensée, et bien plus encore en apprenant la torture du clan dont elle venait d'apprendre le nom. Les Shinobis étaient vraiment dans un monde à part, pas étonnant qu'ils ne sachent que propager la destruction sur leur passage.

-C'est un vécu bien terrible... Pourquoi la torture ? Quel genre de capacités tu développes avec ça...

Est-ce qu'elle voulait vraiment le savoir ? Oui d'un côté, non de l'autre, Aimi était plutôt sensible en définitive. Mais maintenant qu'elle lançait l'interrogation, le degré de l'envie de se confier de la Zetsu en déciderait. Décidément, Iwa abritait bien plus d'illuminer qu'elle ne l'avait imaginé, pas étonnant que leur kage prenne des décisions aussi extrêmes.

-C'est terrible quand même de ne même pas pouvoir compter sur sa propre famille, j'imagine que cela n'aide pas à tisser des liens solides. Cela me désole pour toi.

Face aux interrogations de la jeune femme, Aimi restait perplexe, devait-elle lui en dire plus pour l'équilibre, après tout, la Zetsu s'était tellement livrée, que ça pourrait la rassurer que la Kurai en face autant. D'un autre côté, ce n'était pas vraiment son genre. Elle était plus un genre d'éponge qui absorbait les informations, bien plus qu'elle n'en donnait. Son rôle d'ordinaire, les gens avaient juste besoin de vider leur sac pour soulager leur âme. Un médecin ne soignait pas toujours que les douleurs physiques. Pourtant elle jouait le jeu, parce qu'au final, Aimi ne s'y était jamais prêté et qu'une fois, même une seule, elle voulait savoir ce que cela faisait.

-J'avais monté un groupe avec un ami d'enfance. Chasseurs de prime si tu veux tout savoir. Lors qu'un contrat il a disparu alors qu'un iwajins le traquait... Donc j'ai traqué l'iwajins à mon tour et je m'y suis infiltrée pour le retrouver et l'aider en le passant captif au village... Mais la vérité était qu'il avait juste tourné sa veste pour un autre camp et suivi ce gars-là à Iwa pour le servir.

Elle soupirait longuement. La fidélité était vraiment qu'une illusion peut-être au final. Mais Aimi voulait y Coire, vivre toujours dans la suspicion et le négatif était néfaste pour la santé, comme être trop naïf l'était pour la survie, mais à choisir...

-Alors je suis rentrée chez moi sans faire d'histoire, je l'ai laissé vivre sa vie, j'ai profité qu'on se rendait à Hi pour déserter... Si j'avais su, j'aurais suivie les iwajins à la capitale, peut-être que si j'y avais été...

Elle aurait fait quelque chose ? Nop. Aimi était trop faible pour s'opposer, mais peut-être aurait-elle pu sauver quelques vies. Dans le meilleur des cas du moins... Mais mais comme elle l'avait souligné plus tôt à son interlocutrice...

-Pensez à ce qu'on aurait pu faire, mais que l'on ne pourra jamais exécuter et une perte de temps non ? Les regrets sont des démons tenaces, mais trouver des objectifs pour l'avenir les étouffe assez facilement. Voilà pourquoi je fais toujours de mon mieux pour aider les habitants du pays du feu. Ma petite revanche au final... ça vaut ce que ça vaut, mais moi ça m'aide à avancer de rester occuper en aidant d'autres personnes que celles que j'aurais dû être là pour sauver.

Un petit sourire triste s'étirait sur sa face, la Kurai n'aurait pas pu résumer mieux que ça sa situation, ou son passage dans ce village de malheur.

-Tu te demandes comment j'ai fait pour m'y intégrer aussi vite que j'en suis partie pas vrai ? Les irous sont rares, les villages sont souvent plus conciliants avec eux. D'autant que votre hôpital à Iwa est assez... spécial. Pour ne pas dire détestable à étudier comment être néfaste au lieu de se concentrer à comment sauver les gens.

Pauvre Aimi, tous les villages avaient le même objectif de destruction, alors qu'elle n'aspirait qu'aux réparations...

-Oh j'y pense, je ne me suis pas présenté n'est-ce pas ?
Elle lui tendait sa carte de vite pour le cas où. Je suis Aimi Kurai, originaire du village de ton amie visiblement. Je vis et je travaille à domicile ou dans mon atelier à la ferme Kurai. Si tu as besoin d'un médecin un jour ou que tu croises quelqu'un qui en a besoin d'un, je suis le genre à ne pas facturer.

Est-ce qu'elle devait vraiment préciser ça ? C'était juste qu'Aimi avait toujours peur qu'on ne vienne pas la voir faute de moyen et qu'une vie se perde pour une histoire d'argent.. Résultat, elle n'arrivait jamais à se faire un sou...

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Jeu 10 Mai 2018 - 1:31
Désolée pour elle ? Elle haussa les épaules. Il n’y avait rien qu’elle pouvait y changer, désormais. Si son corps ne possédait qu’une seule cicatrice de ces événements ayant ponctué son adolescence, son esprit, lui, portait des séquelles qui se voulaient permanentes. À force de jouer ainsi avec sa tête et son cerveau… Était-elle sujette à divers troubles ? Peut-être bien, oui. Ces changements d’émotions, passant du tout au tout en un instant à peine. Cette rage qu’elle sentait monter en elle. Ce contrôle qu’il lui arrivait de perdre. Cette peur irrationnelle qu’elle avait d’autrui. Ce besoin de se refermer dès lors la situation devenait-elle difficile à supporter. Son absence de confiance en les autres. Cette crainte qu’ils lui inspiraient. Sa façon de se figer dès qu’elle se retrouvait à nouveau ramener à ses vieux démons. Cette terreur qu’elle ressentait lorsque ses fantômes du passé faisaient surface. Tout cela… Elle avait été brisé. Un esprit réduit en morceau qu’elle n’avait toujours pas réussi à réparer.

- Contrôle du système nerveux. Un Kekkei Genkai capricieux. Normalement, il ne s’éveil qu’à l’âge adulte, comme il est dit que jouer avec les nerfs, ou plutôt, le cerveau, lorsque le shinobi est encore en développement est déconseillé.

Elle eut un rire. Un rire jaune, désagréable. Le visage de son père s’imposa à son esprit. Grand, large, d’un regard aussi acier que le sien, ses boucles rousses encadrant ses traits sévères. C’était peut-être aussi pour cela avait-elle été terrifiée du Borukan les premières fois où elle l’avait rencontré. De vieux souvenirs d’un homme fort peu sympathique…

- À croire que mon géniteur n’a pas eu le mémo.

Éveiller le Kekkei Genkai, elle l’avait fait, mal à quel prix ? Si ce n’était que d’elle, elle s’en serait passée, vraiment. Elle se serait entraînée au kenjutsu. Après tout, ne possédait-elle pas les deux sabres ayant autrefois appartenu à sa défunte mère ? Elle aurait trouvé une façon d’être forte autre que celle exigée par son clan. Elle aurait attendu son heure, aurait attendu l’éveil en perfectionnant d’autres apprentissages. Mais encore une fois, on ne lui avait pas laissé le choix, se contentant d’imposer une vision qui n’était pas la sienne. La forçant à vivre une vie qu’elle ne voulait pas. Encore et toujours, sa vie n’était ponctuée que de décisions faites par d’autres. La seule décision ayant vraiment été la sienne, dans toute sa vie, fut celle de quitter le village et de suivre Taishi.

Attentive, elle écouta son histoire. Cependant, elle était distraite. Distraite par tous les mots qui avaient franchi ses propres lèvres, de cette histoire qu’elle ne racontait pas. Bien que, dernièrement, elle en avait dit plus que jamais à plus de personnes qu’elle ne l’aurait cru. Elle se brisait, se fracturait, son esprit déjà en morceau qui s’éparpillait toujours un peu plus. Elle n’avait pas voulu en parler, et pourtant… Les choses étaient venues. Un nouveau débordement d’émotions, cette fois-ci bien différentes de l’habitude. Et si…

Son regard se posa sur ce qui brûlait tranquillement, ce qui la calmait, de ce qui suspectait. Ce qui lui avait peut-être aussi délier la langue. Elle qui s’était montrée si agressive, aux premiers abords…

- Zetsu Eiko.

De retour à son expression froide, son regard distant. Une protection. Comme toujours. Elle se leva, ne se sentant soudainement pas bien. Comme si… Elle n’aimait pas celle qui se trouvait devant elle. Celle qui avait assisté à des horreurs mais qui avait toujours la force de sourire et d’avancer. Une force qu’elle ne possédait pas. Comment pouvait-elle se montrer si agréable, si généreuse, après tout ce qu’elle avait vécu ? Comment pouvait-elle rester calme alors qu’elle avait devant elle l’une des actrices du massacre du palais seigneurial ? Comment…

Elle ne se sentait pas bien. Elle n’aimait pas les gens comme elle. Ces imbéciles. Pire que Sana même. Simplement parce qu’elle était tout ce qu’elle n’était pas, tout ce qu’elle aurait aimer être.

- J’imagine que l’on va se revoir, si tu traînes ici.

Elle avait presque cracher ces mots. Encore un changement d’émotions, beaucoup trop rapide pour suivre le cours de ses pensées. Sur ces paroles, elle quitta l’endroit, laissant derrière elle ce que lui avait pourtant donné la demoiselle pour l’aider.

Elle dormirait encore mal ce soir.

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How should this story end ?
I'm standing alone in this world that keeps on changing, but hiding away, my true self is fading. The loneliness that wraps around keeps deepening until I drown. Fond memories we used to share pierce me 'til I no longer care. I cannot run, I cannot hide, I cannot think, I cannot find, I cannot move, I cannot leave you.
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Le début de la fin - Eiko

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