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Les bonnes intentions sont parfois perverses (Suzuri Kôgei)


Jeu 3 Mai 2018 - 10:49
Un nouveau jour se lève sur Kumo alors que la demoiselle enfile ses vêtements, avale un petit déjeuner rapide et se lance à l’extérieur. Le soleil vient à peine de se lever et les rues sont tranquilles. Malgré le fait qu’il soit particulièrement tôt, Kiyoko a dorénavant l’habitude de débuter sa journée avant que la majorité des habitants de la ville ne soit sur pieds. La raison est bien simple, et ses journées très occupées en témoignent. Elle a tout simplement tant de choses à faire que si elle souhaite avoir le temps de bien dormir la nuit, mieux vaut commencer tôt.

Avant de se diriger vers l’hôpital pour travailler un peu et, surtout, parfaire son enseignement, la jeune femme a l’habitude d’aller courir pour se remettre les idées en place, s’aérer l’esprit et préparer ses muscles à la longue journée qui l’attend. Son parcours n’est jamais fixe ou précis, changeant littéralement tous les matins. Ce matin, l’envie de traîner dans les environs du boisé et de la rivière, près de l’académie, lui passe par la tête. Bien qu’il fasse encore frais, se lancer de l’eau glacée au visage fait parfois du bien.

Sa petite course dure une heure, finissant enfin au boisé. C’est les jambes un peu en compote qu’elle continue sa promenade, profitant de la belle journée qui s’annonce, de l’air frais et des oiseaux qui chantent. À travers les arbres et les buissons, elle arrive à voir la rivière, son but ultime du matin. Mais voilà qu’elle entend des sons lui indiquant que, malheureusement, elle n’est pas seule. Elle qui croyait s’être levée assez tôt! Néanmoins, cela ne l’empêche pas de sortir de sa cachette. Après tout, l’endroit est pour tout le monde, et elle ne devrait donc certainement pas s’empêcher d’y aller.

Un air décidé sur le visage, le dos droit, elle sort des buissons, marchant vers la rivière. Son regard se pose brièvement sur la deuxième personne présente, et elle ne peut s’empêcher de pousser un cri. Il s’agit d’un homme, probablement dans les environs de son âge. Rien de bien spécial, direz-vous, à l’exception bien sûr qu’il est aussi nu qu’un vers de terre. La jeune femme s’arrête choquée, avant de détourner les yeux et de l’interpeller pour attirer son attention.

- Hé! Mais qu’est-ce que tu fais là?! C’est un endroit public ici! Ne me dis pas que tu es l’un de ces exhibitionnistes dont j’ai entendu parler dans le village?!

Kiyoko songe que si jamais c’est le cas, elle n’hésitera pas à utiliser ses talents en suiton pour l’immobiliser. Bien qu’elle soit toujours rouillée, ses expériences récentes lui ont permis d’utiliser ses capacités. Il est maintenant moins difficile pour elle de le faire.
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Ven 4 Mai 2018 - 6:20
Frisson matinal
Perle de rosée sur l’herbe
Une goutte tombe.


Tels étaients les mots qu'avait prit soin d’écrire un Kôgei étrangement calme malgré les circonstances. En effet, il dormait à la belle étoile depuis déjà quelques mois. Après s’être enfuit de chez lui, l’hiver avait été rude dans son abri de fortune. C’est bien grâce à la poésie qu’il était encore en vie à ce jour. L’esprit entraîné au calme permettait bien des miracles. En méditation, il arrivait à en oublier le temps et les douleurs superficielles. Et lors des bonnes journées où il parvenait à manger à sa faim, même ses blessures intérieures se changeaient en lumière. Il se sentait radieux. Tel le reflet du soleil sur la glace mordante.

Heureusement, les temps de gel étaient passés. Bien que le pire soit derrière lui, il vivait tout de même davantage comme un animal qu’un civil. Il mangeait ce qu’il trouvait de comestible dans les ordures du village, ayant parfois droit à un peu de clémence des vidangeurs. Ses vêtements, bien qu’il les rinçait régulièrement, avaient subi la caresse des ronces et les baisers de la terre. Il était sale, et il se sentait sale. Son âme était souillée de cette impureté qui l’avait menée dans cet hermitage. Hideshi… sussuraient les branches dans son demi-sommeil, le soleil libérant à peine ses premiers rayons. Ou était-ce sa propre voix? Il aimait se confondre dans la Nature.

Les yeux clos, il se leva tranquillement debout. Il marcha ensuite d’un lent pas devant lui, exposant lentement ses iris à la verdure renaissante qui l’entourait. Le levé du soleil était magnifique. Toute sa chaleur se pressait dans les différents arbres environnants, comme le beurre dans le pain chaud. Il entendait la petite rivière couler doucement à travers le chant des hirondelles. Arrivée à la berge, il retira doucement son bandana, son haori bleuté ainsi que ses sous-vêtements et les déposa au cou d’une branche du prunier, puis il pris une grande inspiration.

— Au bain! lança-t-il soudainement, puis il se jeta dans la rivière d’un seul coup ! Le froid était intense, mais pas insupportable comme durant l’hiver. C’était la seule façon d’y arriver, car progressivement, c’était de la torture. Cela ne lui empêcha pas d’avoir le réflexe de chercher son souffle. Il se frotta les bras pour se réchauffer et enlever la saleté tout en grelottant quelque peu. Il ramena ses cheveux vers l’arrière, se débarrassant de ceux qui avaient fait leur temps. On était loin des bains chauds de la maison…

Désirant retourner se réchauffer sans trop tarder, il mit les pieds hors de l’eau juste avant d’entendre une jeune femme pousser un cri aigü. Instinctivement, il tourna rapidement la tête en direction du son. Une jeune kunoichi à la chevelure violette se tenait en garde devant lui. Elle dégageait un air à la fois embarrassé et déterminé. C’est alors qu’à ses paroles, Kôgei réalisa qu’il ne s’était toujours pas rhabillé. Il ouvrit grand les yeux et rougit en se cachant aussitôt l’intimité de ses mains.

— La honte… se dit-il tout bas. Euh,j-je...je ne suis p-pas... bafouilla-t-il plus fort en cherchant ses mots.

Son cerveau tournait à toute allure sous l’effet de l’adrénaline. Gelé et embarassé, il n’arrivait pas à réfléchir.

— Je ne te veux aucun mal, parvint-il à dire plus calmement. Ce n’est pas très chaud ce matin, alors si tu pouvais me laisser m’habiller je vais tout t’expliquer, dit-il d’un ton pacifique. Se doutant que la jeune femme ne voudrait probablement pas le quitter des yeux de peur d’un quelconque danger, il lui expliqua qu’il allait prendre ses vêtements et aller derrière un buisson qui lui arrivait à la hauteur du plexus solaire pour les enfiler. Ainsi, elle aurait un oeil sur lui sans en avoir un autre sur son entrejambe. Une fois rhabillé, il approcha lentement, les mains en l’air.

— Je m’appelle Kôgei, et toi? Tu dois probablement te demander ce que je fais ici... commença le Suzuri. Il devait cependant évaluer quelle quantité d’informations il pouvait se permettre de lui dévoiler. Après tout, elle était peut-être comme tous les autres, et il n’avait aucune envie de subir de blessures supplémentaires en plus des ecchymoses qui lui restait d’une altercation en bordure du village la semaine précédente. Avait-elle remarqué ceux sur ses bras? Il espérait que non. Il décida de s’inventer une excuse pour le moment.

— En fait, je suis venu faire un peu de camping afin de m’entraîner à survivre en nature, et je ne faisais que me rincer, c’est tout, compléta-t-il dans une demi-vérité. Côté survie, il en avait certainement appris…

— Je peux baisser mes mains? demanda-t-il en souriant, tentant d’alléger l’atmosphère beaucoup trop tendue pour cette heure-là de la journée.


Dernière édition par Suzuri Kôgei le Sam 12 Mai 2018 - 7:12, édité 4 fois (Raison : Correction de couleur)
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Lun 7 Mai 2018 - 10:02
Malgré la gêne qui s’installe rapidement entre les deux jeunes gens, Kiyoko a du mal à détourner les yeux. Pas qu’elle soit particulièrement intéressée à voir l’anatomie de l’inconnu, bien au contraire, mais si elle est en train d’assister à un cas d’exhibitionnisme, mieux vaut garder les yeux sur lui pour éviter qu’il ne puisse s’enfuir. Après tout, elle s’est bien fait sauter dessus en allant manger un soir! Il y a donc clairement des personnes un peu dérangées sexuellement dans les parages.

Le malaise de l’individu est assez facile à voir et contrairement à ce qu’elle croyait, le regard de la demoiselle semble plus le déranger qu’autre chose. Ah, se dit-elle alors. Peut-être qu’il n’est pas en train de s’exhiber, au final. Écoutant attentivement ses propos, elle plissa les yeux lorsqu’il lui demanda de le laisser se rhabiller. Elle fit un signe de la tête sans pour autant se détourner. La pire à chose à faire en situation incertaine est bien de fermer ses yeux ou de présenter son dos à l’autre. Beaucoup de personnes n’hésiteraient malheureusement pas à oublier les principes et à s’en prendre à quelqu’un ayant le dos tourné, et Kiyoko n’a certainement pas l’intention de se faire prendre.

Heureusement, le jeune homme ne semble pas avoir de mauvaises intentions et se cache plutôt derrière un buisson avant d’en ressortir, maintenant habillé et presque présentable. Presque, car ses vêtements ne semblent pas être dans un état exemplaire. Mais qui est-elle pour juger? L’habit ne fait pas le moine. Tu as d’ailleurs remarqué rapidement que son accoutrement accompagne son corps, dont la peau semble aussi avoir vu de meilleurs jours. Peut-être qu’il courait, s’est prit une branche en plein visage et a perdu pied avant de dévaler une colline, causant les ecchymoses et abimant ses vêtements? Peu probable.

Les explications de l’homme se prénommant Kôgei lui font froncer les sourcils. Du camping, vraiment? Pour apprendre la survie, sérieusement? Quelque chose dans son histoire ne tourne pas très rond. Peut-être le fait qu’il n’y a pas vraiment de challenge dans le boisé situé près de l’académie, ou encore le fait qu’il se ‘’rince’’ dans la rivière. Le village n’est pas énorme non plus, et la jeune femme trouve étrange qu’il ne soit pas rentré chez lui plutôt que de s’exhiber de cette façon en public. Certains hommes se montrent particulièrement fiers de leur corps et ne sont pas embarrassés qu’on les voit, mais ça ne semble certainement pas être le cas de Kôgei. Malgré tout, il ne dégage rien de menaçant.

- Bien sûr que tu peux baisser tes mains… Je m’appelle Kiyoko. Et sans vouloir t’offenser, ton expérience ne semble pas très bien se dérouler à voir tes blessures. Comment est-ce que tu as pu te faire ça dans ce petit boisé?

La réponse ne la regarde pas, chose dont elle est très consciente. Toutefois, c’est sa curiosité qui l’emporte mais surtout, ce besoin d’aider les autres. Souhaitant devenir médecin un jour, Kiyoko ne peut tourner le dos à une personne qui est mal en point, que celle-ci soit dans son cas ou pas. C’est donc pour cette raison qu’elle s’avance vers lui, un peu moins méfiante. Il n’a pas l’air méchant. Au contraire, il semble être un peu perdu. Le seul problème, c’est qu’il ne donne vraiment pas l’impression de s’adonner à des activités de plein air comme du camping de survie. Elle pointe vaguement ses bras, qu’elle a eu l’occasion d’observer durant quelques secondes.

- Ça fait mal? Tu as des plaies? Si oui, tu ferais mieux de les désinfecter. La dernière chose que tu veux lorsque tu essaies de survivre, c’est que des bactéries ou des parasites entrent dans ton système et les infectent. Et un conseil… Évite de te rincer dans la rivière dans le coin, il y a toujours des gens.
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