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Chap I : Reprendre depuis le début ; Ft. Nora


Mer 9 Mai 2018 - 20:42
- « Vous arrivez à quelque chose, Raikage-sama ? »

- « Quedal… »


Blasé de la vie. Ma face affichait une mine complètement dépitée alors que j’étais assis devant une multitude de rouleaux que j’avais chouré ou plutôt emprunté à mon clan ! Privilège d’ancien chef des Metaru oblige ! Les instructions et différentes indications devant moi étaient loin d’être du charabia, mais je n’arrivais plus à les mettre en pratique. Pourtant, ce n’était pas le chakra qui manquait. J’en avais à revendre ! Ma réserve était toujours aussi colossale ! Je pouvais également la convertir en eau et en foudre, mais pour ce qui était du métal pur, je n’y arrivais pas. Et pourtant, c’était pas faute d’essayer depuis des jours maintenant ! J’eus un profond soupir qui traduisait mes états d’âmes avant de m’adosser au tronc de l’arbre sous lequel j’étais. La jeune femme à mes côtés se mit à se foutre gentiment de ma gueule avant de poser à mes côtés un plateau sur lequel elle m’avait concocté un bon bouillon de porc dans lequel baignaient des nouilles. Le bonheur ! L’avantage aussi d’avoir une bonne renommée ! Du fric, j’en avais, mais maintenant que le kinton me faisait défaut, je ne pouvais plus créer des ryos en métal. Mes fonds allaient donc devoir servir. Bien la première fois que j’étais un riche lambda.

Triste hein ?

- « Ça ira ! J’ai foi en vous, hihihi ! »

- « Oh ! Tu m'en vois ravi, très chère ! »


J’eus un sourire d’abruti devant son minois d’ange. Matez moi son corps ! Parfait ! Donc libidineux à souhait et pas qu’un peu ! Et dire qu’elle n’avait seulement que 17 ans ! Je n’osais même pas imaginer ce que ça allait donner à 20 piges ! C’est sous ces pensées perverses dignes du nouveau vagabond que j’étais que j’avais entamé mon plat avec bon cœur ! C’était bon ! Copieux ! Si bien que j’eus les larmes aux yeux devant tant de raffinerie dans un seul plat ! Et dire que la ville de Matshu avait ce don ! Si je l’avais vite su, j’aurai surement voyagé plus souvent dans le coin rien que pour me péter la panse ! Une pensée rigolote qui rythma mon repas qui ne dura finalement que cinq petites minutes avant que je ne demande du rab ! Amusée par mon appétit d’ogre, la jeune Hana -C’était le prénom de la belle adolescente- se hâta à son échoppe familiale avant de me ramener non pas un bol mais deux que je terrassai à vitesse grand V ! Et une trentaine de minutes plus tard, on pouvait toujours me voir contre l’arbre qui m’abritait avec un ventre rond et un air d’imbécile heureux. A bien des égards, j’aurai pu me contenter de baisser les bras et de vivre une vie paisible, mais l’acte de cet homme au chapeau me hantait. Qui serait sa prochaine victime ?!

A cet instant précis, ma gueule reprit un air sombre. Mon âme de guerrier ne pouvait pas se complaire dans l’oisiveté. J’avais laissé une tâche ingrate à ma sœur, mais j’avais implicitement promis aux miens de revenir à Kumo pour leur prêter main forte quand le besoin se ferait sentir. La réplique de Daiki et de ce mystérieux hatman ne saurai trop tarder. Je n’avais donc pas vraiment le temps de faire du tourisme. Il me fallait tout d’abord continuer. Continuer à réapprendre tous ces rouleaux. Retrouver la sensation du métal et modifier mon chakra pour qu’il reprenne sa nature première. J’étais conscient qu’on pouvait s’approprier des kekkai gekkai non héréditaires, mais pour mon cas, c’était autre chose ; et c’était bien ce fait qui me préoccupait. Malgré ma légèreté et la tranquillité que je pouvais généralement afficher auprès des villageois de cette ville de pêcheurs, l’angoisse était omniprésente et le simple fait de vivre sans pouvoir manipuler le kinton me rendrait certainement malade. Peut-être viendrais-je à me suicider ? Non… Il ne fallait pas penser de la sorte ! Je remuai ma tête dans tous les sens et me claquai les joues à plusieurs reprises avant d’afficher à nouveau un sourire sous un ton à la fois sérieux et déterminé !

- « J’aime plutôt ce regard ! »

- « Vraiment… ? »


Hana qui m’avait observé tout le long se mit elle aussi à sourire avant de se redresser. Elle savait que j’avais à faire et qu’il fallait que je me concentre, ce pourquoi elle se retira avec son plateau chargé de mes bols vides. Quant à moi, j’avais recommencé à éplucher les différents documents à proximité. La brise maritime s’élevait peu, ce pourquoi je pouvais me permettre d’être posé à même l’herbe, sous un arbre perché sur une colline. Colline verdoyante qui donnait une très belle vue sur la mer d’ailleurs. Un panorama très beau et presque idyllique quelque part. Ce constat me fit penser à ma belle qui devait se faire du sang d’encre à Kumo, mais je n’avais pas eu le choix. Elle était plus en sécurité à Kumo qu’à mes côtés. Sans mon kinton, je ne pouvais que me défendre moi. Moi et pas les autres. Déprimant ! Comme d’habitude, j’eus un soupir et je refis de l’ordre dans mes pensées, avant de recommencer à relire et revoir les parchemins Metaru sous toutes leurs coutures. J’avais également une copie du fameux recueil juste au cas où. Mais alors que j’allais pleinement m’investir dans mon apprentissage jusqu’à tard dans la nuit, je sentis un chakra. Une présence qui dénotait des autres. Trop familière aussi. Un peu trop d’ailleurs…

- « Nooooon... »
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Ven 11 Mai 2018 - 21:56
Kumo était derrière elle. Pour le moment, bien sûr ! Tant qu’elle n’aurait pas retrouvé l’objet de ses convoitises, il était hors de question pour elle d’envisager le moindre retour dans sa richissime demeure. Pour Nora, il s’agissait là d’un bond dans le passé. Retour à son ancienne vie nomade où les marches étaient interminables et où la faim ne pouvait être pleinement satisfaite. Alors que cette errance semblait enterrée depuis un long moment, on pourrait pu croire qu’elle aurait voulu fuir cette vie austère et rigoureuse. Mais, elle ne l’avait jamais détesté, cette vie frivole dénuée d’obligations positionnelles. Au contraire, elle avait toujours regretté cette époque où les paysages se muaient inlassablement devant ses yeux curieux. Chaque jour était une fresque nouvelle égayée par une nature tantôt docile, tantôt farouche.
Elle s’étonnait d’ailleurs d’avoir jouée les casanières tant de temps. Kaminari regorgeait en effet, de paysages fantastiques. Loin de l’urbanisme de la grande capitale de la foudre, des petits villages à l’architecture traditionnelle persistaient. La ville de Matshu reflétait parfaitement ce constat. Dans une dimension démographique moindre, elle prospérait de son commerce et de ses différentes cultures. Bordées par un accueillant bois, les modestes bâtisses dégageaient cette délectable odeur de simplicité et d’authenticité… Un panorama qu’elle aurait souhaité découvrir plus tôt. De ce fait, l’ex-moniale déplora logiquement son récent immobilisme.

Elle aurait tout le temps de se morfondre plus tard. Quand bien même aurait-elle souhaité visiter de long en large la ville et ses alentours, le temps ne jouait pas en sa faveur. D’après ses calculs, elle devait peut-être avoir un jour de retard par rapport à sa cible. Les pertes de temps inutiles étaient donc à éviter… Surtout qu’elle semblait toucher au but ! D’après les informations qu’elle avait pu recueillir, tout portait à croire que sa proie avait posé ses valises ici ! Elle ignorait encore la raison pour laquelle la cible avait fait une halte ici, mais le plus important était de la retrouver. Toutes ses interrogations seraient résolues après…
Mais avant de poursuivre les recherches dans cette ville… il était temps de manger. Carburer le ventre vide était tout sauf une bonne idée. Nora était déterminée à le retrouver et non désespérée. Ses réflexions pointues l’aideraient à le pister efficacement tout en effectuant un nombre de pauses optimales. En marge de la ville, à l’orée d’une forêt transpercée de lueurs solaires, la demoiselle s’installa donc sur le banc d’une échoppe. L’arôme gouteux que dégageait leur cuisine l’avait convaincu de s’asseoir ici plutôt que chez la concurrence. Elle n’attendit d’ailleurs pas longtemps avant de pouvoir prendre commande auprès d’une ravissante mère de famille :

« Avez-vous choisi, mademoiselle ? »
quémanda avec bienveillance, une femme courtoise vêtue d’un kimono.

« Je prendrais cinq brochettes de dangos, s’il-vous-plaît ! » répondit-elle chaleureusement confortée par la convivialité de son hôte.

Pendant de longues minutes, la vagabonde oublia la quête sempiternelle dans laquelle elle s’était lancée. Seul le goût exquis de son repas trottait dans sa caboche. Elle, qui pour une fois ne cuisinait pas son propre repas, était prise d’une certaine impatience. Chaque minute à attendre son repas la fit abondamment saliver. Après tout, les dangos étaient son péché mignon. Péché mignon qu’elle avait de maintes fois engloutie pendant son vieux périple de sept ans. Elle avait donc hâte d’en savourer de nouveaux provenant d’une échoppe qu’elle n’avait jamais visité autrefois. Perchée dans ses songes, Nora ne remarqua même pas le retour rapide de l’hôte, armé de son plat favori :

« Bon appétit » prévint soudain la même femme dans la même ponctualité que tout à l’heure.

Exquises ! Sans même les manger, Nora était victime d’un orgasme. Ses narines frétillaient de joie sous l’odeur sucrée des douceurs commandées. Elle se sentait triste de dénaturer de telles œuvres d’arts, mais tôt ou tard, elle allait devoir les manger. Traitant ledit plat comme un trésor inestimable, elle s’abreuva plusieurs minutes de ce trésor avec sa vue et son odorat. Enfin, elle prit délicatement une brochette (celle la plus à gauche) et disposa la tige de bois près de sa bouche haletante. Sur le point de croquer goulument ce bijou culinaire, une scène anodine l’alerta et stoppa net son geste désiré…
Une jeune demoiselle émergea de la chatoyante forêt, un plateau à la main et se dirigea familièrement vers l’échoppe. Probablement une serveuse ici ! Sur ce plateau de cuisine, dominaient deux bols vides suffisamment larges pour nourrir toute une famille. Voilà un couple bien gourmand, s’était-elle dit en voyant les monstruosités en observant les coupelles ou alors peut-être que… Dans une stupéfaction pas possible, elle se leva soudainement, quittant son mets et courut. A toute vitesse. Alors que les sentiers se divisaient inlassablement entre les arbres, l’ex-moniale tenta de retracer le chemin qu’avait pris cette très jeune serveuse dans la forêt. Nora n’était même pas sûre que ses suppositions étaient avérées, mais elle voulait y croire. Elle se disait déterminée à le trouver, mais peut-être semblait-elle un peu désespérée…

Comme quoi, le désespoir pouvait être une force ! Menée jusqu’à une petite clairière par cette force, elle l’avait trouvé à plusieurs pas de sa position. La fatigue créée par sa course l’empêchait de décrypter la face de sa proie, mais elle était juste heureuse. Heureuse de l’avoir enfin trouvée. Une pause lui ferait le plus grand bien, mais avant de s'approcher, elle voulait absolument avoir une discussion avec lui. Mais par où commencer ? Il y avait tant à dire ! Tant à raconter ! Tant à critiquer… Pour l’heure, le plus simple à dire était :

« On dirait bien que je t’ai trouvé… Shuu ! » le souffle encore un peu saccadé, son visage demeura euphorique et fier de sa recherche aboutie.
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Lun 14 Mai 2018 - 22:43
La question n’était pas « pourquoi ». Mais bel et bien…

- « Comment… ? »

Comment. C’était la bonne question. Oui. Comment ? J’avais pourtant été sûr et certain de ne pas avoir laissé d’indices qui pourraient trahir ma présence dans cette partie de Kaminari. Et pourtant, l’ex-moniale était bel et bien là, présente à mes côtés. Son chakra était bien trop particulier -du moins pour moi- pour qu’il s’agisse d’un quelconque genjutsu. Par pure précaution, je me pinçai une main, mais rien à faire. J’avais en face de moi un minois essoufflé mais enchanté, mais surtout une sacrée paire de nichons qui ballotaient presque sous mes yeux. Comment ? Le mot se répétait en boucle dans mon esprit à mesure que je l’observais avec une gueule pour le moins ébahie. Avait-elle des qualités de senseur que j’ignorais ? Ou était-ce tout simplement l’intuition féminine ? L’amour, peut-être ? Cette idée, malgré mon expression encore marquée par l’étonnement me réchauffa agréablement le cœur. C’était une énième preuve de son amour pour moi. Définitivement, Nora était folle de moi. Folle au point de quitter le confort et la sécurité que lui procurait son nouveau foyer pour me rejoindre ici. Idée qui finalement me fit soupirer. Pas de dépit. Mais de résignation. Il y a des choses, mais surtout des gens contre lesquels on ne pouvait définitivement pas lutter. L’ex première dame de Kumo en faisait certainement partie.

- « Je suppose que même si je te disais de retourner à Kumo, tu dirais non, hein… ? »

On avait beau dire que j’étais un homme têtu, que Nora était pratiquement pareille. Une vraie tête de mule. Pire que moi dans un certain sens. Je me mis à gratter ma tête d’un air de gêne, avant de finir par me redresser pour m’étirer longuement. Après quoi, je lui fis face, m’avançai vers elle avant de la prendre dans mes bras pour l’étreindre affectueusement contre moi. Il n’y avait plus que ça à faire. Pouvoir l’enlacer, la câliner faisait un bien fou ! L’une de mes paluches remonta tranquillement sur sa longue chevelure que je me mis à caresser affectueusement. Quelque part, je comprendrai parfaitement un coup de gueule de sa part. Son statut et sa place dans ma vie le lui permettait. Néanmoins, fierté oblige. Je comptais immédiatement clarifier un point de manière claire et concise : « Je ne te donnerais pas plus d’explications que ce qui a été déjà dit dans la lettre. Et je ne m’excuserais pas. » La galanterie aurait voulu que je le fasse, mais galanterie et Shuuhei faisaient deux. De toute façon, la pauvre moniale y était habituée depuis le temps et ce fait ne remettait aucunement en cause l’amour véritable que je lui portais. Il faut dire que j’avais de la chance en même temps. Malgré son caractère de peste, la jeune femme était celle qu’il me fallait. Je ne doutais plus de ce fait depuis un bon nombre de mois maintenant. Si on peut dire ça comme ça.

- « D’ailleurs, je suis plutôt étonné que Reiko n’ait pas fait d’histoire à propos de ton départ… »

La présence de Nora n’était pas prévue, mais elle n’était pas non plus dérangeante. Cependant, j’aurai voulu qu’elle reste à Kumo et qu’elle profite de sa nouvelle vie de famille à sa façon. Mes revenus de kage retraité auraient également pu lui servir à alimenter les caisses de sa famille à Suna. C’était quelque chose que je lui avais également signifié dans la lettre. Mais l’héritière des Leoko était ce qu’elle était. J’eus un petit sourire amusé, avant de me pencher pour poser mes lèvres contre son front. D’un parce que j’eus l’envie soudaine de le faire et de deux parce que cette intention désamorçait toujours les éventuels conflits. Du moins avec elle. J’aurai également pu la papouiller, mais l’instant n’était pas franchement adéquat, sans compter que nous étions à l’extérieur, dans une ville relativement sage par rapport aux bas-fonds de Kumo où régnaient le vice et le stupre. Enfin… C’était un peu exagéré dis comme ça, mais les mœurs de la capitale de Kaminari étaient bien plus légères que celle dans laquelle j’avais campé pour commencer mes premiers essais et entrainements. Au bout de cette réflexion, je finis par lâcher ma future femme, avant de la contempler sous toutes ses coutures, comme si je l’avais abandonné depuis longtemps alors que la séparation n’aura duré qu’à peine plus d’un jour. Sacrée brin de femme quand même…

- « Mon périple risque d’être long. Tu sais ça ? »

Un foyer sans son homme n’avait peut-être pas de saveur, mais une vie stable était ce qu’il y avait de mieux pour Nora. Telle était ma perception des choses en tant que fiancé. La jeune brune avait cependant sa propre idée là-dessus puisqu’elle se tenait maintenant à mes côtés. Pour le meilleur et pour le pire. Elle aimait peut-être le faste et les Metaru dans leur ensemble, mais on ne pouvait clairement pas dire d’elle qu’elle était une grosse profiteuse matérialiste et ce malgré ses anciens défauts. J’eus un autre petit soupir lorsque mes yeux virèrent vers sa poitrine… De quoi me chagriner ! L’une de mes craintes était justement la déconcentration que sa simple présence pouvait occasionner. Son corps était scandaleusement libidineux. Et ma chair, totalement faible. Surtout quand on savait que cette femme pouvait me mener par le bout du nez juste en remuant du popotin. Je me mis à faire la tronche et à grincer des dents, les yeux toujours fixés sur sa lourde poitrine qui défiait toutes les lois de l’apesanteur. Et le pire, c’est que je les imaginais tenir encore dans vingt bonnes années, ces trucs-là. Je secouai ma tête pour m’ôter ces pensées impures de mon esprit, avant de me tourner mon visage vers les parchemins que je décortiquais à ma manière. Ne pas perdre de vue mon objectif. Il me fallait garder cet espoir pour redevenir celui que j’étais.
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Dim 20 Mai 2018 - 0:23
« Tellement long que tu n’as pas pris la peine d’indiquer une date de retour dans la lettre… » regretta-t-elle amèrement en baissant légèrement la tête.

S’il y avait bien un point particulier. Un unique point sur lequel Nora voulut lui faire part de son mécontentement, c’était bien celui-ci. La date de retour ! Ne pas savoir lorsque l’élu de son cœur reviendrait était une véritable torture. Même lorsque ce dernier s’en était allé au sommet des Kage pour discuter de l’avenir de Kumo, il avait globalement précisé la date de son retour. Or, il était nulle part écrit dans cette lettre qu’il comptait revenir, dans un mois ou dans un an. Rien. Aucune trace du jour où il accepterait enfin de profiter d’une vie tranquille avec elle. Aucune trace de ce jour où il lui mettrait enfin la bague aux doigts…
Malgré tout, le bonheur de l’avoir retrouvé prédominait sur toute autre pensée néfaste. Ses méticuleuses recherches à travers Kaminari avaient porté ses fruits. Après un jour sans s’être vus, Nora pouvait de nouveau l’admirer l’éclatante splendeur de son musculeux homme. Réconfortée par les attentions câlines de son fiancé, elle semblait totalement requinquée après sa course à travers les fougères. Maintenant qu’ils étaient réunis, Nora n’avait aucune raison de déguerpir. En effet, son but premier accompli, elle ferait maintenant le forcing pour rester avec lui et le suivre durant son long périple. Et elle avait les moyens de faire fléchir sa volonté…

« J’ai prévenu ton père de mon choix via une lettre écrite de ma plus belle plume ! » reprit-elle, sympathique. « A l’heure qu’il est, Reiko a sûrement été mise au courant… » poursuit-elle sérieusement avant de s’abandonner à de la plaisanterie. « Et je l’imagine bien vouloir m’étriper pour mon insubordination ! » termina-t-elle, le rire modeste.

Revenir sur ses pas était hors de question ! Pas une seconde, elle n’avait envisagé une telle option. Après cet acte semblable à de la désertion, Nora n’oserait pas affronter la furie de la légendaire Metaru Reiko. En fait, depuis qu’elle avait reçu la ‘’frappe atlas’’ de la Dame de Fer, il y a de cela un moment, elle avait du mal à l’approcher. Même si son envie de se rabibocher avec l’insatiable guerrière était évident, tout n’était pas aussi simple ! Et par ce choix décidé de privilégier son amour plutôt que son village de résidence, il était fort probable que sa relation avec la nouvelle Raikage ne devienne de plus en plus instable… Peut-être qu’un cadeau lui ferait joyeusement plaisir ! Partie pour voyager un bon moment, elle trouverait certainement la babiole qui saura faire fondre le cœur métallique de cette tigresse…
Fallait-il encore convaincre le mâle de ne pas la renvoyer entre les murs tristounets d’une demeure vide de sa présence ! Mais elle ne s’inquiétait pas trop pour ce détail. Avec un assaut rondement bien mené, l’être aimé céderait très certainement aux demandes de sa future dulcinée. Les angles d’attaques ne manquaient pas. Dès qu’il s’agissait de l’attendrir, la demoiselle des sables avait de la suite dans les idées. De toute façon, butée comme elle était, elle n’abandonnerait pas avant d’avoir l’accord de Shuu. Lui-même le savait pertinemment. Pour la convaincre de rentrer à Kumo afin de l’attendre bien sagement, il avait devoir mettre les bouchées doubles…

« Ma décision est prise ! Je ne rentrerais pas à Kumo… en tout cas, pas sans toi ! » lui annonça-t-elle solennellement en l’égayant d’un sourire doux. « Je ne pourrais jamais me permettre de laisser l’homme de ma vie, errer avec souffrance à travers le monde ! Jamais… Je me dois de le soutenir dans les bons comme dans les mauvais moments ! » se justifia-t-elle, le cœur brûlant de sentiments amoureux.

Loin des règles et des vociférations de la cité kumojin, Nora n’avait pas besoin d’être si cérémonieuse avec lui. Au milieu d’une forêt à la chatoyante verdure, personne hormis Shuu ne pourrait la juger. Elle pouvait donc se lâcher et lui parler à son aise, comme s’ils étaient reclus dans leur demeure luxueuse. Néanmoins, elle ne s’accorda pas ce privilège. Même s’ils n’étaient toujours pas mariés (et que l'annonce de leurs épousailles dataient d'il y a presque un an), elle voulait lui faire comprendre qu’elle était déjà prête à le suivre n’importe où. A partager les joies comme les peines avec lui ! Même la mort n’était pas une justification valable pour qu’elle souhaite se séparer de lui. Elle tenait tout simplement trop à lui et espérait que ces sentiments si utopiques soient réciproques…
Elle voulait avoir cette confirmation maintenant ! Pas demain ! Pas après l’avoir attendue un nombre incalculable de jours dans leur demeure. Cette réponse ? Nora voulait l’entendre tout de suite. Armée de ses vives convictions, elle combla la distance physique que Shuu avait initié tout à l’heure. De sa taille mannequine, elle posa ses mains sur les joues de son homme et l’incita à regarder ses yeux brûlants. Aurait-il la force de briser une résolution aussi ardente ? Pour qu’ils puissent davantage contempler la violacée scintillante de ses yeux déterminés, la vagabonde se mit sur la pointe des pieds et colla avec force son front contre celui de sa moitié. Les bras enroulés autour du coup de Shuu, sa poitrine s’était aplatie contre les pectoraux de Shuu. Ainsi, au-delà des deux obus massifs écrasés contre son torse, il pouvait entendre les battements de cœur de sa fiancée.

Un cœur qui le désirait ardemment. Un cœur qui ne supporterait pas l’absence de son grand et unique amour.

« Je t’aime Shuu… » Lui sourit-elle en le smackant brièvement.

il n’y avait rien d’autre à ajouter.
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Lun 28 Mai 2018 - 16:25
- « Je t’aime aussi, mon cœur. Et puis c’est pas comme si je l’avais pas deviné que tu voudrais plus me lâcher. J’ai pas vraiment l’intention de te fuir indéfiniment… »

Techniquement, je ne l’avais pas fui. Loin de là. J’avais juste pris la bonne décision nous concernant. Ceci étant dit, si elle considérait qu’elle était plus en sécurité et mieux à mes côtés, je ne pouvais pas la contredire. Je ne pouvais pas décider ce qui était bon pour elle, du moins pour le moment. Pas tant que je n’avais pas fait d’elle une Metaru au sens propre du terme. D’ailleurs, il était peut-être temps que je clarifie certaines choses qui lui tenaient certainement à cœur : « Sans kinton, je suis pas un Metaru. Je ne me considèrerais point comme tel tant que je ne l’aurais pas. Alors, pardon… Mais le mariage attendra encore. » J’eus un air désolé, mais je me hâtai de refermer mes bras musclés autour de sa taille avant de poser délicatement mes lèvres sur son front à mon tour. Je ne pouvais pas être paisible ou dormir tranquillement sans avoir récupéré ce qui faisait ma force, ma renommée et ma popularité. Je ne négligeai pas pour autant mon couple, mais je n’avais pas envie que notre amour pâtisse de ma déception et de mon désarroi. Quelque part donc, c’était aussi pour elle que je faisais tout ça. Et puis, maintenant que j’étais un shinobi retraité, j’aurai largement le loisir de m’occuper d’elle et de passer plus de temps en sa compagnie. Tout du moins lorsque j’aurai réglé ce problème épineux. Dire que tout partait d’un sacrifice pour couvrir les miens…

- « Je tiens à te prévenir que tu devras t’accrocher aussi. Au-delà de nos voyages, j’aurai des périodes qui vont user de ta patience. J’espère que tu es prête mentalement… »

J’avais peu appris à composer avec les échecs et les déceptions. Ces derniers se comptaient sur les doigts de la main à vrai dire. Même si tout n’a pas été rose dans ma vie, j’avais empilé succès sur succès pour devenir ce que je suis et ce sur tous les plans de la vie. Néanmoins, mes déceptions avaient toujours été graves au point de me faire douter ou même sombrer dans la dépression : Le meurtre de ma première fiancée, et le vrai visage du premier raikage étaient les exemples les plus marquants de ma vie. La perte de mon Kekkai Genkai venait compléter une liste courte mais chargée en émotions. La quête que je m’apprêtais à faire serait éprouvante à tous points de vue et jouerait certainement sur mes nerfs. Nora risquait donc de me voir partir en couilles quelques fois. Même si j’en avais conscience, ces faits restaient inévitables, malheureusement. Au-delà d’avoir été un kage, je restais un humain comme tout le monde. Avec ses qualités, mais aussi avec ses très nombreux défauts. Je finis tout même par étreindre Nora contre moi. Sans prononcer le moindre mot, ce geste avait pour but, paradoxalement, sur le fait que je ferai un effort et qu’elle ne serait à aucun moment mon bouc émissaire ou quelque chose s’y rapprochant. J’eus même un sourire et je me permis d’embrasser une dernière fois son front non sans avoir tapoté gentiment l’une de ses miches.

- « Tu auras droit à tes moments de douceurs, mais la recherche et le travail primeront sur tes envies. Il va falloir que tu fasses avec. »

Je finis d’ailleurs par la relâcher pour illustrer ce fait, puisque je m’étais aussitôt retourné vers les nombreux parchemins que j’avais déroulés sur le sol. Nora n’était peut-être pas une combattante farouche, mais son avis en tant que « kunoichi » pourrait peut-être m’aider. En fait, il m’aiderait complètement. C’était une certitude. Un avis extérieur, surtout venant d’une moniale débauchée vaudrait surement quelque chose. Ma fierté du fait de ma force et de mon expérience dans la vie m’aveuglerait à certains moments et son auguste présence à mes côtés me ramènerait certainement sur le droit chemin. C’est donc en m’asseyant une nouvelle fois sur l’herbe fraiche et verte que je me mis à lui résumer ce que je pensais : « Ce type a volé mon kinton. Tout mon savoir-faire en kinton, si bien que j’ai complètement oublié les mudras à effectuer pour ma technique la plus faible. Néanmoins, j’ai toujours ça… » De ma paluche gauche, je générai du raiton, tandis que de ma droite, une gerbe d’eau jaillit soudain ! Mes éléments, je les avais toujours et même sans être sensorielle, Nora pouvait toujours sentir mon chakra colossal. « Et je sens toujours l’ADN des miens en moi… » Alors que je stoppai mon petit jeu avec mes affinités, j’arborai un air réfléchi tout en continuant de lire ce qui était devant moi. L’un de mes poings se serra. L’impression d’être sur la bonne voie…

- « Il ne me reste plus qu’à tout réapprendre comme un gosse. C’est l’impression que j’ai. Tout réviser, tout recommencer à zéro. Mais je sais pas, il me manque un truc… Et cette sensation m’est très désagréable… »

Je finis par relever mon visage vers ma fiancée :

- « Et toi ? Qu’est-ce que tu en penses ? Toutes tes impressions et idées seront les bienvenues. »
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Jeu 31 Mai 2018 - 4:35
Comme Tristan & Iseult dont les plantes s’entrelacent à tout jamais, elle aurait aimé que cette étreinte soit la définition même de l’éternité. Cependant, contrairement à ce regretté couple illusoire, Nora et Shuu avaient encore la possibilité de renverser la vapeur. Cette fatalité était vouée tôt ou tard à disparaître ! Et si Shuu s’était immédiatement attelé à la tâche, Nora n’avait pas encore appuyé sur l’accélérateur. Il faut dire qu’elle n’était pas habituée à toute la confiance que sa moitié lui accordait. En général, il ne parlait pas souvent des problèmes qu’il traversait, se contentant de paroles préparées ou stéréotypées. Pour la première fois de sa vie, il semblait la solliciter pour quelque chose de sérieux. Il ne s’agissait pas de laver ses vêtements ou de lui faire à manger, mais bel et bien de quelque chose d’infiniment important pour lui.
Que pouvait-elle donc dire pour l’aider ? Il avait un pedigree qu’elle n’aurait probablement jamais. Chef de clan. Raikage. Probablement le meilleur ninja de sa génération. Sa puissance même amputée du kinton dépassait de loin la sienne. Très logiquement, l’ex-vagabonde eut du mal à se situer dans ce problème. Ses conseils aideraient-ils réellement à résoudre la douloureuse énigme dont il était victime ? Le simple fait d’avoir été sollicitée reflétait toute la confiance qu’il plaçait en elle. Il n’attendait certainement la solution miracle sortir de la bouche de sa fiancée. Néanmoins, toujours est-il qu’il lui avait laissé une chance de s’exprimer. Et elle n’allait pas la laisser s’échapper. Ses connaissances cardinales pourraient se révéler être la solution de ce casse-tête.

« Si tu veux mon avis… alors je dirais qu’il est impossible de perdre irrévocablement un savoir que notre corps a acquis ! Qu’il soit héréditaire ou non » déclara-t-elle le sourire léger.

Pour elle, ce fait état indéniable. Il avait beau être incapable de créer du métal, cela ne voulait guère dire qu’il en avait perdu la maîtrise. D’un point de vue purement théorique, être déshérité de ses propres jutsus lui paraissait complètement insensée. Même artificiellement, un phénomène aussi nuisible ne pouvait être crée par l’Homme. Ou du moins, pas avec les symptômes que présentaient actuellement son fiancé. Tout n’était qu’hypothèse bien sûr, mais selon elle, Shuu n’était en ce moment même pas victime d’une perte de jutsu. Nora qualifierait plutôt cet état unique comme un oubli d’affinités héréditaires.
Pourquoi se permettait-elle de creuser cette supposition ? Parce qu’il était toujours capable d’utiliser son chakra. En effet, s’il était toujours capable de faire jaillir de l’eau ou de la foudre avec ses paumes, il n’y avait aucune raison qu’il ne puisse pas en faire de même avec l’acier. Le problème était-il d’ordre psychique ? A la manière d’un malade imaginaire, peut-être jouait ‘’inconsciemment’’ la comédie… A moins que sa gestion du chakra n’ait été biaisée ou troublée par l’Homme au Chapeau ! Il s’agissait là des hypothèses les plus probables !

« Puisque tu es toujours capable d’utiliser ton chakra, il est alors peu probable que ta maîtrise du kinton ne se soit volatilisée dans l’air ! » le rassura-t-elle de sa voix conciliante. « Selon moi, ton corps a juste ‘’perdu’’ les sensations qui t’ont toujours permis de générer du fer… Il faut juste que tu les retrouve ». Rétorqua-t-elle avec plus d’entrain. Ensuite, elle se rapprocha solennellement de lui, le minois apaisant. Lentement, sa main glissa sur le torse de son amour et se plaça avec douceur au-dessus de son cœur. « Globalement, je ne pense pas que tu aies perdu ton kinton ! Il s’est juste endormi et n’attends plus que ton appel pour resurgir. » résuma-t-elle en hochant la tête.

La question maintenant était de lui proposer des solutions viables à court ou long terme. Quelles pourraient être les remèdes à cette ‘’maladie’’ ? Très franchement, Nora n’en avait aucune idée. Jamais, elle n’avait eu à traiter un problème aussi spécial. Pour commencer, elle n’était même pas médecin. De ce fait, elle n’avait les qualités requises pour l’ausculter ou pour le soigner de ses propres mains. En revanche, ses connaissances moniales lui donnaient une vision inédite sur cette sinistre énigme. Spécialisée dans l’harmonie, elle pouvait accéder à des idées auxquelles d’autres n’auraient même pas songé un instant. Et pour commencer, il lui parut logique de commencer par un exercice à la fois simple et sain :

« J’ignore si tu trouveras immédiatement la réponse à tes questions dans des parchemins » précisa-t-elle sur un ton peu confiant. Depuis qu’elle avait commencé à lui parler, elle ne l’avait pas quitté de ses yeux dévorants. « En revanche, tes innombrables souvenirs te donneront sûrement des réponses ou pistes à étudier... ». Supposa-t-elle avec la même sérénité légendaire qu’elle dégageait en combat. Elle lui présenta alors, l’idée toute bête à laquelle elle avait réfléchie « Pour commencer, assis-toi et médite, Shuu ! Fais le vide en toi et souviens-toi ! Souviens-toi de tous ces moments où tu as dû utiliser du kinton ! Puis demande-toi ! Quelles étaient les sensations qui parcouraient ton corps lorsque du fer jaillissait de tes paumes ? Que ressentait ton corps ? Comment ton chakra réagissait-il ? Comment se comportait ton esprit ? De quelle manière vibrait ton âme lorsque tu réalisais tes mudras ? Pose-toi toutes les questions susceptibles de t’aider… même les plus stupides ! » termina-t-elle par un rire fugace en pensant à des questions vraiment stupides.

Malgré le sérieux général de son explication, l’étincelante violace de ses yeux n’avait quitté le regard de son homme. Sa tête s’était naturellement rapprochée de celle de sa moitié pour qu’il puisse admirer ses lèvres souriantes et brillant d’une franchise amoureuse. Il était sans hésitation témoin de son assurance ainsi que de sa brûlante dévotion. Avec ses explications quelques peu perchées, elle espérait l'avoir éclairé dans sa quête de récupération du kinton... même un minimum.
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Dim 3 Juin 2018 - 2:33
- « Méditer ? T’es sérieuse là ? »

C’est une tronche de constipé que j’avais arboré devant le regard doux et l’approche avenante de ma fiancée. En soi, je n’étais pas contre la méditation. N’importe quel shinobi digne de ce nom l’avait déjà pratiqué de toute façon et il m’arrivait de le faire de temps à autre. Cependant, j’étais sceptique. Dans pareille situation, le recueillement ne me semblait pas être la meilleure des idées. Et puis, c’était pas comme si j’avais pris mon temps pour cogiter et essayer de me ressasser de mes anciennes sensations. Néanmoins, la bouille de Nora était presque persuasive. Elle avait un air à la fois calme et convaincue qui ne me laissait pas de marbre. Devant la sérénité de l’ex-moniale, je me mis même à rougir. Si on était loin de sa gueule de succube qu’elle pouvait afficher pour avoir ce qu’elle voulait, je devais avouer que cet air-là était plus que convaincant. Je levai une main pour me gratter l’occiput tout en détournant mes yeux sur le côté pendant un moment, puis quelques secondes plus tard, je recommençai à l’observer presque timidement. L’espace d’un bref instant, ses lèvres charnues et son profond décolleté faillirent me détourner du droit chemin, mais je fis de l’ordre dans mes pensées en fermant finalement les yeux et adoptant lentement une posture qui en disait long : J’allais écouter son conseil. Et puis, qu’est-ce que j’y perdais ?

- « J’vais essayer alors, même si je t’avoue que c’est pas trop mon truc et que j’y crois moyen. Mais vraiment… »

Je pris une profonde inspiration puis je me mis à faire le vide dans mon esprit. Mes traits se détendirent au fil des secondes. Se concentrer dans la sorte n’était sincèrement pas une sinécure, sachant que mon esprit était bousculé par des pensées diverses : La perte du kinton et la fierté qui va avec, le fait que ce type aurait pu me tuer s’il le voulait, l’impuissance, l’abandon du poste de kage et de chef de clan… Toutes ces choses-là qui me tourmentaient depuis un certain moment. N’eut été la force de caractère hors normes dont j’avais fait preuve, j’aurai pu facilement sombrer dans l’alcool. J’avais été à deux doigts de le faire d’ailleurs. Mais ces jours quand bien même encore proches étaient loin derrière moi. Ma respiration se régularisa et mes pensées furent de plus en plus précises, moins fouillis. Mes tracas disparurent comme par magie et mes souvenirs se focalisèrent finalement sur l’utilisation du kinton que j’eus à faire tout le long de ma vie et surtout ces derniers mois. Sauf qu’au bout d’une dizaine voire même d’une quinzaine de minutes, le constat fut plus que terrible ! Je ne me souvins même pas des mudras que j’utilisais et j’eus également l’impression que durant tout le long de cette introspection, j’observais une personne étrangère utiliser ce kekkai genkai pourtant si cher à mon cœur. C’est donc la mine presque défaite que j’ouvris les yeux…

- « C’était pas moi… J’ai eu l’impression que c’était pas moi qui l’utilisait… C’était quelqu’un d’autre… C’était pas moi putain ! »

Ma voix fut troublée, pleine d’émotions. Je m’étais même mis à trembler comme un gosse qui avait froid. L’air ambiant m’avait l’air même plus rafraichi. Ce type m’avait arraché bien plus qu’un kekkai genkai. Il m’avait tout simplement dérobé une partie de mon âme. C’était alors toute mon existence qui était remise en question et mes craintes du début refirent surface, comme si je faisais une rechute ou même un très mauvais trip. Je me mis à claquer des dents en me recroquevillant presque sur moi-même. J’aurai vraiment pu mourir. Il aurait pu me buter très facilement ce jour-là. D’ailleurs, je ressentais toujours sa main froide et désagréable pénétrer dans ma poitrine et briser en mois le travail de toute une vie. Je me mis alors à souffler bruyamment avant de poser mes paluches sur ma gueule, peureux, honteux ; mais plus confus qu’apeuré, très clairement. L’intuition, les souvenirs et la médiation avaient suffi à briser l’élan pourtant positif dans lequel je m’inscrivais. C’est comme si je devais encore une fois tout recommencer à zéro. Un quart d’heure avait suffi pour tout raviver l’horrible expérience que j’avais vécue. Défaite et fuite plus humiliantes qu’autre chose d’ailleurs. La réalité fut dure à admettre et elle l’était toujours. L’idée de méditer n’était ni bonne, ni mauvaise en vérité. J’aurai juste pu m’en passer et continuer à tracer mon chemin…

- « Merde… J’aurai pas dû faire ça. J’aurai jamais dû faire ça ! »

En voulais-je à Nora ? Point du tout. Elle avait fait de son mieux pour m’aider. D’ailleurs, je ne pensai même plus à elle pendant un moment. C’était comme si j’avais occulté sa présence et que je continuais de grelotter tout seul dans mon coin. Ce n’était plus mon métal. Ce n’était plus moi qui en faisais usage dans mes souvenirs. Même mes souvenirs avaient été altérés par ce pouvoir terrifiant. Pis, malgré moi, un sanglot éclata. Le dernier remontait à ce qu’avait subi à Kumo sous mon impuissance. Lorsque je retirai mes mains, des lames coulaient abondamment sur mes joues. J’avais une fois de plus craqué. Mauvaise expérience. Mauvais feeling. J’aurai dû m’en passer. J’aurai réellement dû m’en passer et rester dans le brut : Réapprendre les mudras adéquats pour faire exploser mon kekkai genkai à travers mon chakra toujours aussi puissant. Ah, qu’il était beau le nidaime raikage ! Chialer devant sa fiancée ! Pitoyable. Pathétique ! Et pourtant, les faits étaient ce qu’ils étaient. Je pleurais ouvertement devant Nora. Ce devait être la première fois qu’elle me voyait dans une telle posture. Ce craquage signifiait tout bêtement que je n’étais peut-être pas encore prêt pour cette quête ardue. Ou que je n’avais peut-être plus d’espoir. En vérité, je ne savais même plus ou j’en étais. Sur le moment, la seule chose à laquelle j’aspirais, c’était me cacher au fond d’un trou et ne plus en ressortir !
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Lun 4 Juin 2018 - 13:57
Elle n’avait pas les mots pour décrire cet inconcevable résultat. Pas un instant, elle ne s’imagina un tel dénouement. En soi, un homme pleurant toutes les larmes de son corps sous ses yeux ne la choquait guère. Des tas d’hommes avaient déjà larmoyé devant elle sans qu’elle n’en soit nécessairement la fautive. Cependant, il lui parut impensable de voir des gouttes de tristesse perler sur les joues de Metaru Shuuhei. Elle l’avait toujours connu fier et macho. Que ce soit socialement parlant ou sexuellement parlant, il était toujours celui ayant l’ascendant. Celui donnant les fessées. Et ce même homme semblait à deux doigts de se mettre en position latérale de sécurité. Cette scène avait de quoi la décontenancer ! Déconcerté, elle pouvait aisément percevoir les tremblements de ce corps pourtant si musclé…
Les blessures qu’avaient subi et son esprit et son âme semblaient d’une douleur extrême. Une vicieuse spirale de tourment se dessinait sur le visage de son fiancé. Et si elle ne faisait rien pour cicatriser son supplice, il était probable que celui qu’elle aime ne finisse par se déchirer intérieurement. Que pouvait-elle donc faire ? Le rassurer, bien sûr ! Cette âme blessée avait besoin d’un chaleureux réconfort et l’ex-moniale comptait évidemment le lui donner. Guidée par de fougueux gestes consolateurs, elle se précipita vers lui et l’enlaça de toute sa chair. Il n’y avait aucun sous-entendu sexuel dans son acte. Seul un désir ardent de rassénérer son être cher brillait de mille feux.

« Reprends-toi Shuu ! Je suis là ! Ne t’inquiète pas... » le rassura-t-elle d’une voix douce et apaisante.

Assise sur les cuisses de Shuu, la vagabonde gardait son étreinte protectrice vers ce qui ressemblait à un chien apeuré. Dans un sens, elle était responsable de ce cataclysme terrifiant. Si elle ne lui avait pas proposé l’idée saugrenue de s’employer à la méditation, il n’aurait certainement pas fini dans cet état lamentable. En toute logique, elle se devait donc de le consoler. Par ce câlin réconfortant, elle tenta donc de stopper les déchirants songes dans lesquels il s’était plongé. Doucement, tendrement. Sa persistante présence ne quittait pas la sienne. Elle était une couverture le protégeant du chagrin. Le protégeant des peines que sa vie actuelle et future lui amènera dans la face. Le protégeant tout simplement de craintes infondées.
Durant cette caresse au milieu des bois, sa main diligente s’était posée sur celle de sa moitié. A travers la peau suante de ce dernier, elle avait pu discerner ce mal intérieur. Peurs et hontes se mêlaient dangereusement dans son âme fracturée. Sans son intervention câline, il se serait rapidement autodétruit… Maintenant, il était important que son fiancé retourne à un état stable. Et cette mission n’était guère gagnée ! Ce cœur battant la chamade ne vibrait pas pour elle. Il était encore la possession des démons traumatisant l’esprit de Metaru Shuuhei. Elle avait bien une idée pour le déconnecter de ces cauchemars. Une idée frontale…

« Ne donne pas raison à ceux voulant te nuire ! » déclara-t-elle pour glorifier le valeureux homme qu’il était toujours. « Et surtout… » ajouta-t-elle un poil soupirant. Et dans cette enveloppe tristounette entourée d’arbres majestueux, Nora fracassa violemment son front contre celui de Shuu. Face à la douleur culminante, elle ne broncha même pas et se permit en plus le droit de lui rappeler « Tu n’es pas seul ! Je suis là, moi ! » toute sympathique.

La suite ? Plusieurs dizaines de secondes où elle se plaignit comme une gamine du bobo qu’elle s’était elle-même infligée au front. Heureusement, il ne saignait guère et ne semblait pas fracturée, non plus. Pourtant, elle ne semblait s’être absolument pas retenue dans son geste. Le front de Shuu avait été d’une robustesse inégalée et il est peu probable qu’il eût senti quoi que ce soit lors de leur impact frontal. Dans tous les cas, l’ex-moniale se tordit quelques instants de douleur dans une mignonnerie naturelle qui lui était bien propre. Bornée, elle n’osa même pas enlever sa main, toujours posée sur celle de Shuu. La demoiselle romantique attendait sûrement que son homme ne se décide à l’empoigner élégamment.
Comme cette fameuse fois où elle lui avait lancé une bassine sur la tête, elle avait estimé sur le coup qu’un choc le ramènerait à la raison. Même en contrôlant ses manières ainsi que son parler, la lady de Kaze no Kuni gardait toujours en elle cette audace insensée. Voilà sûrement le détail qui rendait parfois Nora effrayante. Son imprévisibilité. Bien qu’elle ne soit pas une inconditionnelle de la colère ou de la rage, elle gardait toujours cette incroyable capacité de surprise. Ses qualités étaient évidentes, mais elle semblait avoir un don pour les conneries et les actions idiotes… Quand elle se remit enfin de son ânerie, elle avait remonté la tête, joyeuse. Un rire s’échappa de ses lèvres amusées avant que son visage ne s’approche de celui de Shuu, plus sincère. Plus tendre…

« Peu importe le nombre d’échecs que tu traverseras, moi je serais là… » lui annonça-t-elle le sourire exquis, pour qu’il inscrive à l’encre indélébile ses mots d’une puissance innée. « Donc je t’en supplie… n’abandonne pas ! »

Son regard était bouillant. Presque envoûtant. Il ne daignait même pas quitter celui de son futur époux. Les yeux de son amour quand bien même apeurés ne pourraient échapper à ceux de la demoiselle amoureuse...
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Jeu 12 Juil 2018 - 0:44
Le réveil fut plutôt doux. Doux dans le sens où je me sentais reposé et complètement frais. Sensation que je n’avais pas eue depuis une éternité. Depuis la perte de mes pouvoirs, en vrai. A croire que chialer en présence de Nora m’avait finalement fait du bien. Une sorte de break puisque j’avais ironiquement la pèche. Je tournai mon visage vers celle-là même qui semblait ne pas m’avoir lâché durant la nuit avant d’avoir un mince sourire. Sa venue n’était peut-être pas si malheureuse que je le croyais. Une sorte d’intuition sur l’instant. L’instinct d’un ninja qui cherchait sa splendeur d’antan. J’inspirai profondément pendant quelques secondes avant de tout relâcher d’un coup ce qui ne manqua pas de titiller la jeune femme dans son sommeil qui m’étreignit encore plus contre sa poitrine plantureuse. A deux doigts d’étouffer, je m’arrangeai tout de même à me défaire de son étreinte tout en faisant en sorte de ne pas la brusquer ou la réveiller. L’opération dura bien entendu une bonne minute, mais la victoire était mienne au bout du compte. Cette femme avait des courbes assassines. De quoi m’faire penser à Itagami, mais aussi à toutes les meufs que j’avais eu le loisir de me faire. Alors que j’avais un réel fétiche pour les gros culs, je finissais également avec des vaches à lait. C’était à n’y rien comprendre, même si c’était pas moi qui allait m’en plaindre réellement. Une pensée qui m’arracha un gros sourire. Puis qui me poussa aussi à lui embrasser le front.

Geste qui faillit signer mon arrêt de mort puisqu’elle m’avait encore emprisonné dans ses bras, contre ses gros lolos.

Après une lutte à la fois discrète et intense pour m’extirper de sa voluptueuse et étouffante emprise, je finis par me lever. Le petit appartement que j’occupais contrastait du luxe et du faste de mes quartiers à Kumo, mais je m’y étais accommodé. La sobriété ne me dérangeait pas de temps à autre. D’ailleurs, ce n’était même pas une question de finance, mais un choix délibéré. Plutôt que de me perdre dans mes habitudes de richard, j’avais choisi de vivre une vie proche de l’ascétisme. Dans les faits et quand bien même j’étais loin d’être spirituel comme ma fiancée, j’étais pas loin de « réussir » le pari. Enfin… C’était pas comme si j’avais le choix en même temps, mais la prouesse valait la peine d’être notée. Le confort, la forge, les affaires de Kumo, tout ça n’avait plus d’importance. Ce qui importait maintenant, c’était la récupération de mes pouvoirs, ou tout du moins une petite partie. Sans ça, j’étais pas moi. Sans ça, je n’avais plus rien. Et pour retrouver le kinton, j’étais prêt à tout. Même à abandonner ma femme en plein sommeil pour aller m’entrainer. Oui, dur sacrifice que voilà ! La courbe de ses formes et sa posture dans le lit auraient pu me distraire, mais avec la pêche d’enfer que j’avais, le mieux était de continuer. De ce fait, je fis une toilette sommaire avant d’écrire un mot à Nora en lui indiquant là où j’allais me rendre. Il lui suffirait tout simplement de demander son chemin aux habitants pour me retrouver. Pas bien compliqué.

C’est silencieusement que je quittai la chambre de l’auberge qui nous abritait. Dehors, il faisait encore frais. Une brise maritime lourde et un léger brouillard. Pour peu, on se serait cru à Kiri, carrément. C’était l’un des rares pays que je ne connaissais pas, mais le fait est que plusieurs personnes m’en avaient parlé. J’eus une pensée pour Eiichiro et Noah pendant quelques secondes avant de reconnecter ma conscience à mon environnement immédiat pour mieux négocier le chemin un peu boueux que j’empruntais. A croire qu’il avait plu durant une bonne partie de la nuit au moins. Bien vite, je quittai la petite cité. On pourrait penser que j’allais m’enfoncer dans les bois environnants, mais tel ne fut pas le cas. Du reste, en arrivant enfin à destination cinq petites minutes après avoir quitté la cité, j’eus un sourire : La cacade du coin était magique, magnifique, comme d’habitude. Reposante aussi malgré les trombes d’eau qui s’écoulaient sans relâche. Un vrai p’tit coin de paradis où la plupart des gosses venaient s’amuser quand il faisait trop chaud. Après m’être foutu torse nu, je pénétrai le point d’eau au pied de la falaise à la recherche d’une place qui me permettrait de mieux me concentrer à la méditation. Parce que oui, je voulais recommencer. Rester sur une défaite et un traumatisme aussi amer me rendait peu fier de moi-même. Cette étape, je voulais la surmonter, la dépasser et aller de l’avant. Comme toujours !

Sous les trombes d’eau, je finis par apercevoir un gros rocher. Classique me direz-vous. Classique mais efficace dans ce genre de situation. Je finis par m’y rendre et par m’y installer. L’eau qui s’écoulait sur moi n’était pas vraiment gênante. De toute façon, quand on avait cette affinité, tout était plus facile. Et sans plus attendre, j’adoptai une posture de méditation avant de fermer les yeux, ma concentration étant déjà à son summum. Nora avait raison eu raison sur toute la ligne. Plus que les parchemins que j’étudiais et que je révisais sans relâche, il me fallait renouer avec mes sensations. Et lesdites sensations me conduiraient surement à la nature kinton. J’avais fait une erreur hier : Celle d’essayer de me rappeler des utilisations de mon kekkai genkai via des techniques toutes faites. La maitrise des mudras d’une technique sans chakra ne rimait à rien. Clairement. Mais cette fois-ci, plutôt que d’essayer de me rappeler de ces détails futiles pour le moment, j’allais plutôt me focaliser sur la matière en elle-même. Sa couleur. Sa texture. Son odeur. L’amour que je nourrissais pour le métal lorsque je le travaillais en forge. Mes pensées se focalisèrent sur le kinton. Pendant dix, quinze, trente minutes voire même une heure. Une putain d’heure ! Sans aucune interruption. Jusqu’à ce que mon énergie spirituelle n’émane autour de corps par volutes… Avec cette couleur métallique qui caractérisait tant le kinton. Le retour aux sources était en bonne voie.

Lentement mais surement.
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Mer 18 Juil 2018 - 15:53
Ces derniers temps, les nuits de Nora étaient plutôt courtes ! Dans son sommeil, l’inquiétude avait pris l’habitude de la gagner. Jusqu’à la consumer intérieurement. Elle se réveillait alors brusquement en sursaut, hantée par des questions qui n’avaient pourtant lieu d’être. Pensait-il réellement à elle ? Aimait-il une autre qu’elle ? Etait-il satisfait par ce qu’elle avait toujours été ? Les questions étaient nombreuses, mais les réponses peinaient à se dessiner. Pour avoir l’esprit clair, il valait donc mieux qu’elle retrouve son bel homme. Qu’elle puisse lui échanger un regard fougueux ou attendrissant. Qu’elle puisse noyer ses craintes dans sa reluisante tignasse argentée. Sa présence était une nécessité. Son absence était une souffrance. Seuls leurs retrouvailles auraient pu contenter celle qui fuyait un doux repos.
L’avoir retrouvé fut donc un divin soulagement. La fatigue négligée l’avait brusquement rattrapé. Dans un lit d’une modeste manufacture, elle avait empoigné un sommeil tant espéré... Rien ni personne ne pouvait la réveiller ! Pas même l’homme qu’elle étreignait contre sa poitrine, tel un inestimable doudou. L’habituel demoiselle dévouée à son homme se prenait pour une enfant pourrie gâtée. Un comportement indigne d’une femme bientôt liée à un membre de la noblesse. Néanmoins, cette attitude désinvolte n’eut pas l’air de gêner le fiancé en question. L’enfantin sourire qu’elle affichait l’avait peut-être comblé.

« Shuu… » bredouilla-t-elle, les bribes d’un réveil délicat.

Son premier geste instinctif fut de tâtonner l’espace du lit appartenant à celui de son amour. Son bras lourd et crispé rampa donc jusqu’à ladite place… visiblement vide ! L’homme avait détalé comme un lapin. Une nouvelle fois ! Encore ! L’accommodation fut plus brutale que prévu. Les rêves paresseux auraient pu se prolonger sans cet immense accroc. Metaru Shuuhei avait encore filé. Et si la panique la prit rapidement au sortir du lit, une indescriptible dépression vint soudainement dominer son effroi. La tête enfoncée dans son coussin, elle se mit à baragouiner maintes et maintes conneries. Et dire qu’elle avait cru que toute l’affaire avait été complètement résolue la veille. Elle avait baissé sa garde et semblait s’en vouloir énormément.
Un vertueux souffle de vent vint toutefois volatiliser quelques-unes de ses frayeurs. En effet, à la première bise matinale s’immisçant langoureusement dans la demeure, un petit papier vola jusqu’à son front. Posée précédemment sur une table à chevet qu’elle n’avait daigné regarder, il semblait que Mère Nature lui avait donné un gentil coup de pouce. Stopper l’élan aliénée de l’ex-moniale était effectivement préférable pour tous. Les espoirs pouvaient ainsi renaître et elle pouvait ainsi agir en conséquence… Plutôt que de se lamenter éternellement, elle enfila donc rapidement son kimono et aborda les passants dehors. La demoiselle des sables avait le don d’obnubiler et les vérités ne tardèrent pas à tomber…

Infini soulagement ! Apparemment, Shuu n’était pas très loin d’ici. Son départ précipité vers le lieu indiqué dans la lettre ne pouvait pas se traduire de milles et une façon… Entraînement ! Elle avait pleinement confiance en lui et savait qu’il ne pouvait s’agir d’autre chose ! Malgré l’incident très spécial survenu hier, il était parvenu à se relever. Son esprit de gagnant n’avait pas faibli. Au contraire. Il semblait bien décidé à récupérer ce qu’il avait perdu. Une mentalité qu’elle ne pouvait qu’apprécier chez lui. Et qui la poussa à ne pas le rejoindre tout de suite. Elle pouvait lui être utile ailleurs. Aux fourneaux par exemple. Devant elle, elle disposait de pratiquement deux heures pour lui concocter un repas de guerrier. Au menu donc de son midi, beaucoup de poulets panés, du riz et bien évidemment des légumes. Connaissant la bête, il était préférable de préparer plusieurs bentos auquel cas, la bête risquerait de rugir.
Mais soit ! Nora était une femme de défi. Allier culinaire et décoratif était l’une de ses forces principales en tant que future épouse. Les boites qu’elle lui amenait témoignait du savoir qu’elle avait perfectionné au sein de la famille Metaru. Dehors, l’odeur était déjà enivrante. La quantité quant à elle pourrait carrément sustenter un ours. Ironiquement, elle craignait presque qu’un animal féorce ne vienne dérober le trésor préparé pour son homme… Déjà proche de la position indiquée plus tôt, les narines du travailleur devaient à présent être caressées par l’alléchante odeur de ses bentos. Midi approchant, l’estomac de ce dernier avait dû instinctivement réagir à l’appel de la nourriture… Des gargouillements, digne d’un ogre…

Arrivée jusqu’à lui fut donc un jeu d’enfant pour elle ! Les retrouvailles étaient donc faites…

« J’ai vraiment cru que tu me ferais le même coup, Shuu ! » lui reprocha-t-elle la mine amusante, mais le ton légèrement boudeur. Elle mit ensuite en évidence plusieurs bento ainsi qu’un thermos rempli de thé vert. Tout sourire, elle précisa alors rougissante « J’ai pensé que tu aurais faim… J'espère que tu aimeras ! »

Une autre façon de lui montrer qu’elle tenait à lui et qu’elle le soutiendrait jusqu’au bout.
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Chap I : Reprendre depuis le début ; Ft. Nora

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