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Impulsion [M. Itagami]


Lun 14 Mai 2018 - 1:17



Cette soirée organisée en l’honneur des ninjas revenus « victorieux » du pays du feu avait sans doute était la goutte ayant fait déborder son vase émotionnel. L’idée n’était pas très claire dans son esprit, rien n’était non plus définit à l’avance dans ce qui allait suivre. Il arrivait de temps à autre que sa fonction d’intendante l’amenait à se rendre dans villes alentours afin d’y récupérer divers ouvrages et autres gravures qui devaient trouver leur place dans la grande bibliothèque. Cet endroit était en effet celui le plus à l’abri du danger, des vols et autres détériorations alors, recevoir des missives ayant pour seul objet celui-ci n’était pas si rare.

Habituellement elle était toujours accompagnée pour ce genre de déplacement, non pas pour lui éviter de se perdre ou l’aider à transporter la marchandise –quelques livres parfois moins…- mais pour la protéger en cas de problème ; mais aujourd’hui le chuunin qui avec lequel elle partait en vadrouille n’était pas là, ou plutôt, il était malade. Ce fut donc seule avec sa missive qu’elle s’était présentée à l’arche grise. Si elle n’avait pas été une Suzuri ou encore l’intendante d’une institution telle que la bibliothèque sans doute les gardes l’auraient-ils empêché de sortir du village, pour des questions de sécurité plus qu’autre chose.

L’un d’eux s’était même proposé de l’accompagner mais quand il apprit qu’elle devait se rendre à Tokanaba…

-Eh bien… Il y a déjà une mission en cours dans ce secteur… Je pense que la région est plutôt tranquille, par là. Allé, c’est bon, vous pouvez y aller Akina-chan. Essayez de ne pas perdre de temps sur le chemin.
-Merci Hataku-san. N’hésitez pas à venir à la bibliothèque 12c4. Souriait-elle comme à son habitude.

Entre son appartenance, son travail au sein du village et le temps qu’elle avait passé à Kumo… Tous les éléments étaient réunis pour qu’on lui fasse pleinement confiance. Et Akina n’en jouait pas du tout, c’était bien pour ceci qu’elle quittait ce jour le village, récupérer une édition rare d’un ouvrage assez ancien, à Tokanaba. Ce qui allait suivre n’était ni plus ni moins qu’un triste concours de circonstances, d’idées impulsives et d’une profonde détresse.

Son pseudo périple en dehors de Kumo s’était arrêté à peu près au trois quart de son chemin, alors que le soir tombait. Elle avait décidé de s’arrêter là, de monter son camp, un petit feu au calme… Et, face aux braises et son ennui son esprit se mit route. Elle était là, dehors, seule et finalement, plus grand-chose ne la retenait là-bas, à Kumo. Il lui serait alors si simple de dévier légèrement de son itinéraire…

-Oui, je devrais peut-être faire ça… Se dit-elle avec un léger sourire attristé.



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Lun 14 Mai 2018 - 12:19

Tokanaba… il n’y avait pas à dire, même si nous avions été dépêchés ici pour une mission et non initialement pour les sauver , l’accueil que me réservaient ces villageois me faisais toujours chaud au cœur. Cela remontait à plusieurs mois déjà, bientôt une année qu’Hisao, un Ikezawa et moi-même nous y étions rendus pour fortifier les défenses du premier rempart du pays de la foudre. Le jour de notre arrivée, des vies avaient été sauvées, des individus délivrés et bien des supplices évités ; bref, nous avions défait un siège de brigands qui durait depuis visiblement plusieurs jours.
Aujourd’hui je m’y étais rendue pour une maintenance de routine ainsi qu’une livraison concernant les différentes munitions qu’ils pouvaient être amenés à utiliser. Tokanaba était probablement l’une des dernières structures militarisées à encore bénéficier d’équipement en métal Metaru ; certes la volonté de Shuuhei de ne plus voir nos métaux être utilisés contre nous avait son sens, mais pour ce qui était d’assurer la protection de kaminari no kuni, ceci me semblait être un compromis plus que valable. Le nouveau portail remplissait son rôle à merveille, les différentes fortifications et armes de défense marchaient visiblement aussi bien que je les avais imaginées. Par ailleurs venir trouver un stock conséquent d’équipement non utilisé me fit rapidement comprendre que leurs principaux assaillants, à savoir des brigands, avaient au fil du temps copris que ce qui autre fois était une cible facile leur était maintenant complètement hors d’atteinte.

Encore aujourd’hui ayant été reçue avec beaucoup d’égard, je pris le temps d’échanger quelques commodités avec la famille qui jadis m’avais soignée lors des affrontements pour reprendre le village. C’était avec du baume au cœur que j’observais la prochaine génération jouer, rire et évoluer sans plus avoir à craindre d’une fois de plus être traitée comme du bétail, ou de la marchandise.
Mes différentes taches remplies, le soleil se couchait déjà quand je quittais le village. M’étant un peu laissée emporter en frivolités avec eux, le temps avait filé comme une flèche ; les Tokanabiens m’avaient proposé de passer la nuit avec eux, mais leur hospitalité déjà trop prononcée me dérangeait un peu, alors continuer d’en abuser…

- … Ya… un jour prochain fort probablement. mes lèvres s’étaient bloquées sur ces derniers mots, ne parvenant pas à trouver de raison valable pour précipiter mon départ ; ceci dit… après un peu plus d’une heure à trimer sur le chemin du retour je me mis à regretter d’avoir décliné leur invitation.

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Il faisait nuit noire et j’étais bien consciente de ne pas avoir encore effectué ne serait-ce que la moitié du chemin, j’en avais fait tout au plus le tiers et encore s’était une vision large… mais la distance n’était pas mon ennemie… les températures chutant rapidement les nuits, pour avoir passé du temps à Iwa je pouvais affirmer avec certitude que les nôtres étaient bien plus fraiches ; certainement a cause des montagnes et de l’altitude.
Un regard vers le ciel dénué d’astres, les bras autour du corps pour me tenir au chaud, du moins à peine ? J’eus un petit rire en me remémorant mes résolutions de la matinée, l’heure à laquelle je m’en étais allé de mon lieu de mission était justement celle à laquelle j’aurais dû arriver au village, *quelle empotée…* Un nouveau soupir, ayant un peu ralentis le pas, j’avais coupé par ne zone boisée, m’écartant du chemin pour profiter d’un pesudo raccourci coupant par celle-ci.

- Sniiiif…. Je debrais beut être bonder un camp… Siiif Fis-je après un éternuement.

C’est à ce moment-là que je la perçus du coin de l’œil, la lueur orangée d’un feu de camp ! Mon cœur en manqua presque un bond ; j’y avançai à grands pas avant de me figer dans mon mouvement. Et s’il s’agissait de chasseurs… ? on avait beau être sur le territoire de la foudre, une femme seule, dehors, en pleine nuit sans lune venant demander asile auprès de leur feu… aaaaaaaTCHAAAA !!! … Sniiif… ok je devrais bouvoir les gérer… Fis-je convaincue par un nouvel éternuement avant de reprendre ma progression.

- Hum… Akina san !? Fis-je un peu incrédule en voyant la bibliothécaire broyer du noir auprès d’un feu. Un peu intriguée, mais quand même heureuse de de voir j’avançai jusqu’à elle le sourire aux lèvres avant de m’accroupir. Haaaa… tu es vrai don du ciel toi… Fis-je dans un soupir en profitant des flammes. Désolée, je peux m’imposer quelque temps ? Je rentre de Tokanaba… je sais j’aurais dû partir plutôt mais tu me connais quand quelque chose accapare mon attention… Poursuivis-je avec un petit rire gêné, les mains au-dessus des flammes, me sentant déjà bien mieux qu’il y avait quelque minute. qu’est-ce que tu fais là ? Demandai-je enfin, laissant les radiations de chaleur se répandre avec un visage perdu entre la joie d’avoir trouvé une connaissance et de la reconnaissance envers celle-ci.


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Lun 14 Mai 2018 - 15:02



Malgré le printemps, les nuits de Kaminari restaient d’une fraicheur presque mordante. Ce fut dans ces moments qu’elle comprenait l’utilité de ses pérégrinations d’enfance avec ses parents, au-delà d’aller chercher les livres et d’autres « œuvres » ; son père lui avait appris pas mal d’ « astuces » sur la « survie » en milieu naturel. Allumer un feu, monter un camp et même trouver à manger ne représentaient pour elle que des détails. Lesquels n’aidèrent évidemment pas à faire disparaître cette idée qui avait cheminé dans son esprit depuis quelques temps sans pour autant vraiment se montrer. Finalement et en dépit de sa vie très sédentaire et rangée à Kumo, elle avait dans son âme, semblait-il, quelques atouts nomades et même quelques talents « culinaires précaires ».

Fixée sur son feu, et sur cette idée qu’elle se faisait d’une vie loin de Kumo, elle agitait par moment les braises pour raviver quelques flammes pour permettre à son repas de cuire correctement. Rien de très consistant bien sûr, quelques plantes dans un peu d’eau, rien de plus. Un genre de soupe plutôt nutritives dont elle tenait le secret de l’Ikeda… Même lorsqu’il s’agissait de survie, son nom revenait toujours sur la « table ». Mais bientôt cela ne serait qu’un souvenir perdu parmi tant d’autres. Enfin, ce qui ne l’empêcha pas, pour le moment, de lâcher un long soupir en versant un peu de la mixture verdâtre dans une tasse en métal. Ca n’avait pas l’air bon, mais ça ne sentait pas mauvais et avait un goût mentholé… Cela la calerait au moins jusqu’au lendemain.

N'ayant pas grand-chose d’autre à faire, elle s’apprêtait à dormir lorsque des sons suspects attirèrent son oreille. Observant par-dessus le feu elle vit sortir de l’ombre, d’entre les arbres ; une femme qu’elle connaissait. Itagami du clan Metaru. Les Metaru… Akina ne les aimait pas spécialement. Un peu trop brutaux à son goût, pas assez réfléchis aussi. Mais bon, ils étaient là, elle devait donc faire avec, puis bon ; celle-ci ne semblait pas… Trop abrupt. Du peu qu’elle la connaissait tout au moins. Et donc, malgré son état d’esprit assez bancal pour ne pas dire perturbé ; elle l’avait tout de même accueilli avec un sourire. C’était bien le propre des humains ça, prétendre que tout allait bien pour ne pas avoir à subir des questions auxquelles ils n’avaient pas envie de répondre.

-Bonsoir... Ce que je fais ici ? Dit-elle en se grattant l’arrière du crâne. Je vais à Tokanaba… Enfin, là je vais surtout dormir avant de reprendre la route, demain. Avait-elle ajouté dans un haussement d’épaules doublé d'un baillement tout en réajustant ses lunettes. En théorie oui, elle se dirigeait vers Tokanaba mais dans la pratique… Et toi tu rentres à Kumo ? Tu m’aurais sûrement rattrapée si t’en venais. Avait-elle sourit en relâchant un léger soupir. Ça lui paraissait même évident, elle n’était pas une si bonne marcheuse et il était hors de question pour elle de courir… Alors… Un ninja plus expérimenté n’aurait eu aucun mal à combler son avance, ou son retard. Toi aussi t’étais là-bas pour « venir en aide » aux habitants ? Elle avait vu ces derniers jours plusieurs convois quitter le village accompagné de plusieurs Kumojin, il s’était produit quelque chose à Tokanaba la semaine précédente…



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Sam 19 Mai 2018 - 13:38

- Hummm, on peut dire ça… répondis-je avec un petit sourire à sa dernière question, les yeux dans les siens avant de les plonger dans ces flammes salvatrices. J’ai contribué à ériger les défenses actuelles du village… fis-je calmement. je ne m’y étais rendue que pour une petite maintenance et réapprovisionner leur stock ; rien de vient méchant. Continuai-je en levant le regard vers elle un sourire sur les lèvres.

La jeune femme n’était pas spécialement athlétique et ses lunettes semblaient à elles seules démontrer aussi bien une certaine sagesse que ses manies de lectrice chroniquée ; c’est sa petite réflexion quant au fait que je l’aurais rattrapé si je venais du village qui me poussa à la voir sous cet angle… mais si j’avais appris quelque chose durant mon cursus, c’était bien qu’il n’était jamais trop tard pour apprendre. Mon inquiétude se changea petit à petit en sourire avant que je ne m’intéresse à la casserole en fer un peu gondolée sur le feu.
Si je n’avais absolument pas les mêmes capacités qu’elle pour ce qui était de la survie, à savoir, je n’aurais probablement pas pensé à ce foyer pour le feu, ou trouver de quoi faire un… « Dîner » avec si peu de chose, j’avais confiance en mes capacités de cuisinière. Quelque peu indignée qu’elle ne se couche qu’avec ça dans le ventre, je farfouillai quelque instant dans ma sacoche avant d’en sortir de petits paquets de cookies faits avec les enfants à Tokanaba ; gardant ceux qu’eux m’avaient faits je lui tendis ceux que j’avais gardés. Ils étaient initialement prévus pour Kuu chan, mais… je voyais quelqu’un qui en avait bien plus besoin.

- Tien… et je n’accepterais pas de refus de ta part ! Fis-je un sourire sur les lèvres en agitant les petits sacs de toile devant elle jusqu’à ce qu’elle se décide.

Me reportant sur sa… soupe ? Je me servis en lui accordant un regard, histoire d’être sure d’avoir son approbation avant d’en prendre une louché dans un bol créé avec mon kekkai. Intriguée j’en bus une gorgée, manquai de grimacer suite au gout, mais n’en fit rien, sans cet arrière-gout mentholé ça aurait probablement été bien plus difficile pour mes papilles… tirant un de leur cookie en forme de lapin, un peu déformé, mais tout de même reconnaissable, j’eu un sourire amuser avant de le porter en bouche… ... … hum, comme je m’en doutais… ils ont mis trop de sucre… argumentai-je… Ne t’inquiète pas le tiens sont de moi !... ça devrait être correcte.

À mon niveau, le sucre éclipsait presque entièrement le gout de ladite soupe, mais elle restait un accompagnement intéressant ; elle était nourrissante tout du moins, mais ce n’était pas le moment de faire la difficile. Tu sais, Aki… na ? Fis-je en tentant de supprimer ces marques de politesses entre nous tu ne devrais pas être si dure en vers toi-même poursuivis-je, le regard vers le ciel sans astres. Tu sors à peine de ta bibliothèque c’est compréhensible que tu ne sois pas très sportive… pour tout te dire vu le temps que j’y ai moi-même passé, j’ai dû changer pas mal de choses dans mon style et mes habitudes. Fis-je d’un petit rire coupable, en me grattant la tête., Mais… si tu t’y mets, tu pourras combler ceci… de mon côté j’ai été bien aidée… Ha ! m’exclamais-je soudain. Je pourrais te donner un coup de main si tu veux.

Prenant une nouvelle gorgée, je laissai le diner descendre dans ma gorge alors que lentement s‘effaçait mon sourire pour une teinte un peu plus sérieuse. Je n’étais pas sans avoir remarqué les évènements de la soirée de Kaedlin, fin, j’étais allé jusqu’à apporter ma petite touche, mais s’était un sujet que je savais difficile à aborder ; ou plutôt que l’on désirait garder pour soi, à la recherche d’un réconfort, tout en étant tiraillé par les souvenirs et les moments passés avec cette personne… en broyant du noir.
Shuuhei et moi nous étions quittés sur une décision abusive de père, il y avait encore quelque temps ce souvenir me taraudait, mais… Hisao m’avait aidé à y remédier de bien des manières. Fronçant un peu le regard, je pris une bonne inspiration avant de me lancer.

- Sinon toi… ça va ? Fis-je d’une voix certes douce, mais un peu plus sérieuse ; jusqu’à quel point était-elle rongée par ceci ? Tu tiens le coup ? Affinai-je dans ma question pour lui faire comprendre qu’il ne s’agissait pas là de sa santé.

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Lun 21 Mai 2018 - 19:05



C’était à peu près ce qu’elle s’était imaginée dès qu’elle l’eut reconnu, pour quelle autre raison serait-elle là sinon ? Akina avait écouté la Metaru avec une certaine attention sans pour autant lâcher les flammes vacillantes du regard. Ce n’était pas vraiment qu’elle apportait pas d’intérêt à ce qu’elle pouvait lui raconter, mais son esprit était occupé à d’autres sujets que Tokanaba et sa tragédie. A des choses qui en comparaison étaient bien plus légères, voire futiles. Elle se contenta juste d’un hochement de tête pour lui signifier qu’elle l’avait bien écoutée.

Attirée par l’agitation dont fit preuve un bref instant la jeune femme qui lui faisait face, elle détourna le regard du feu pour voir ce qu’elle faisait. Et la vit sortir… des cookies. La Suzuri n’était pas du genre à refuser ce qu’on lui proposait pour le peu que cela ne la rebutait pas, et des gâteaux… Elle tendit donc la main pour attraper ceux qu’elle voulait lui donner. Les sortant de leur emballage, elle observait celui qu’elle tenait entre ses doigts et relâcha un profond soupir en observant son interlocutrice. Son attrait pour la nourriture s’était réellement amoindri ces derniers temps.

Observant la jeune femme goûter à la mixture, elle esquissa un faible sourire. Ce genre de trucs n’était pas fait pas fait pour tout le monde. Elle avait attendu que la Metaru y goûte avant d’elle-même en prendre une bouchée. Elle devait bien avouer que c’était meilleur que cette « soupe » très succincte qu’elle avait préparé quelques minutes plus tôt. Mais le cœur n’y était pas vraiment, aussi sympathique avait pu être cette attention de d’Itagami, et le cookie avait regagné ses congénères. Dans un autre contexte elle se serait sans montrée un peu loquace mais là…

S’allonger et fermer les yeux était en fait la seule chose qu’elle voulait. Le sommeil était le seul moment où ses pensées négatives, ses idées farfelues et ses souvenirs se taisaient, son seul instant de répit. Et, plus les jours avançaient plus elle se demandait combien de temps cela allait durer. Il était si douloureux de continuer d’éprouver de sincères sentiments pour une personne sans que la réciproque soit vraie. Ou plutôt, qu’elle ne le soit. La voir aux bras d’une autre personne, si rapidement, l’avait presque achevé, lui avait fait prendre conscience de certaines choses, entre elles.

Mais cette envie fut mise entre parenthèse par la nouvelle intervention de la Metaru. Son ton, sa question, tout cela l’intriguait. S’étant redressée elle observa la jeune femme, et l’écouta ; exprimant une certaine surprise face à ses remarques qui lui semblaient… loin d’être appropriées bien que dans le fond, et elle le savait, elle ne pensait pas à mal. Puis enfin vint le moment « compassion », le même dont elle était victime depuis qu’elle avait « participé » à cette fête organisée à Kumo. Elle soupire une nouvelle fois et retira ses lunettes pour se « pincer » l’arête du nez, dans un instant de réflexion.

-C’est très gentil de ta part… dit-elle d’une voix calme. Mais ça va très bien. Affirmait-elle avec un grand sourire. Evidemment elle masquait les apparences. Elle n’était la plus talentueuse des Kunoichi, loin de là, ni très sportive en effet ; et la majorité de ses journées, de son temps ; n’étaient consacrés qu’à la bibliothèque et aux livres ; mais elle était loin d’être ce genre de personnes capables d’avouer ses états d’âme à quiconque lui demandait et surtout ; ne voulait ni qu’on la prenne en pitié, ni remuer le couteau dans sa propre plaie. Je n’ai pas besoin qu’on m’aide, que ce soit pour ça, ou pour « m’améliorer » … De toute façon la question se posera pas plus, bientôt. Avait-elle ajouté en haussant les épaules en reportant ses iris émeraudes sur le feu. C'était un peu son life-motiv... sourire.



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Lun 21 Mai 2018 - 23:26


Hum, c’était à prévoir. J’avais été directe, bien trop directe ; me connaissant à s’était époque-là et l’état d’agitation dans lequel j’étais… j’aurais probablement sauté à la gorge d’une personne venant simplement me demander de laisser couler. J’aurais certainement vu derrière un « non ce n’est pas de la pitié… » la pire des injures, ou plutôt ma nouvelle victime. À la différence d’elle j’avais exprimé ma colère à père qui m’avait séparé de Shuu, lui avait hurlé ma haine, ma rage, mes sentiments les plus sombres, mais quand bien cela avait-il aidé… voir tous les jours le coupable de ma peine n’avait cesser de nourrir cette colère, colère que je cachais à mère derrière un sourire… voulant à tout prix paraitre forte.

- Tu as entendu par… Commençai-je après un court silence avant de me bloquer dans la continuité de ma phrase.

Avec le temps le système s’était quelque peu affaiblit et en tant que shinobi, m’étant renforcée j’avais bon espoir de pouvoir ne serait-ce qu’évoquer une petite partie de ce fâcheux passé, de ces évènements découlant de la peine de cœur que je n’avais point réussi à gérer. Fermant la bouche, contrainte par le sceau de la langue de plomb, je fermai les yeux et cherchai un temps mes mots ; les yeux dans les flammes ressassant les braises éternelles incandescentes d’une histoire enfouie :

- Tu ne veux probablement pas l’entendre, mais, j’ai déjà été dans ta situation… Fis-je après un moment. j’ai déjà traversé ces moments où le moindre objet, la moindre odeur… le moindre son suffit à déclencher un souvenir... souvenir devenant image, puis sensations et enfin douleur et amertume. Poursuivis-je en remuant un peu les braises du feu de camp à mon tour, le regard dans les flammes que je voyais bien plus grande dans un passé de moins d’une dizaine d’années.
j’ai passé mon temps à revivre nos moments, à attendre que le temps les emporte, mais… j’ai finis par flancher. Fis-je d’une voix calme, ne semblant qu’à moitié présente. On dit qu’entre l’amour et la haine il n’y a qu’un seul pas… ça ne m’à jamais paru aussi vrai qu’à cette époque… Fis-je avant de relever le visage vers elle forte d’une résolution nouvelle. Et dans cet état j’ai fait des choix… dictés par mes émotions... des choix qui jusqu’à présent me poursuivent. Fis-je en levant difficilement la main vers mon visage.

Mon bras parcourut difficilement cette distance, se bloquant à plusieurs reprises alors que j’étais assaillie de bien des douleurs. Comme je le pensais mon corps avait fini par s’habituer à sa propre prison et tant bien même opérait-elle encore, il m’était possible, en forçant un peu, d’au moins exposer celui-ci. Forcée d’utiliser de fin piques de métaux entre pouces et index pour la sortir de sa cachette, je parvins à lui tirer ma langue, fautive de ma pause forcée d’il y avait quelques instants.
Laissant le sang perlé de celle-ci, m’assurant qu’elle ait compris qu’il ne s’agissait point d’un canular, mais bien d’une conséquence restrictive de mes actes, je relâchai enfin le muscle prisonnier.

J’étais beaucoup moins calme à l’époque… bien plus impulsive. Repris-je en essuyant le sang s’écoulant des commissures de mes lèvres. Suivant mes émotions j’ai brisé des vies, suivant mes impulsions je me suis laisser emporter dans une spirale qui à fini par me valoir ceci… et bien d’autres dans son genre. Fis-je en indiquant ma bouche. Pour moi, comme pour… un être cher Fis-je en posant de nouveau le regard sur elle. Je n’aurais pas la prétention de te dire ce que tu dois faire… mais j’espère juste que la raison pour laquelle cette question ne se posera plus… ne te poussera pas sur un chemin aussi… chargé de regrets que le mien… Finis-je en baissant de nouveau le regard vers les flammes. Il y a toujours un autre chemin…


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Mar 22 Mai 2018 - 1:33



Un autre jour, peut-être dans quelques mois, ou années ; elle aurait sans doute apprécié de discuter de tout cela avec une simple connaissance, mais ce soir-ci n’était simplement pas le bon, comme ne le serait probablement le lendemain autant que la veille. Mais malgré tout, parce qu’elle était curieuse et pas méprisante ; elle resta alors silencieuse et se contente, encore, d’observer et écouter cette jeune femme qui semblait avoir vécu quelque chose de semblable à ce qu’elle avait traversé. A peu de choses prés. Forcément, les histoires des uns et des autres n’étaient jamais foncièrement les mêmes, des éléments variaient, des raisons aussi.

Tout ce qu’elle disait, Akina s’y retrouvait. Enfin, dans presque tout. Elle se rendait compte qu’elle avait ces derniers mois développé une dépendance qui lui était maintenant nuisible, provoquant un manque indéniable qui apparaissait à chaque fois que quoique ce soit l’y faisait penser. Et cette conversation ne l’aidait évidemment pas à penser à autre chose qu’à ça. Si j’étais partie de Kumo une demi-heure plus tôt… Arrivait-elle-même à penser. Son regard légèrement brillant se perdit dans les lueurs dansantes de son feu de camp jusqu’à ce qu’il soit de nouveau happé par cette Kunoichi hyper bavarde qui dans un mouvement étrangement mécanique et à l’aide d’une espèce d’aiguille métallique de sa conception…

Elle détourna le regard un instant, elle avait compris ce que c’était… Mais… En quoi cela la concernait ? Ses parents l’avaient toujours qualifié d’impulsive, parce qu’elle avait choisi d’abandonner sa carrière de shinobi au profit d’un emploi moins… compliqué, et qui la passionnait davantage encore que de battre les campagnes en quête d’aventure… Parce qu’elle ne prenait pas toujours la pleine mesure de ses actes, de leurs tenants, de leurs aboutissants… Mais qu’elle, elle porte un sceau, qu’elle soit restreinte… Laissait penser qu’elle était bien plus impulsive que la Suzuri… Enfin, son histoire lui était malgré tout inconnue… Et quand bien même.

-Je n’éprouve aucune haine, aucune rancœur… Je suis même plutôt… contente… qu’elle soit heureuse. Mais la voir… me rend… malheureuse. Avait-elle expliqué en observant malgré la pénombre le mince filet de sang qui coulait encore de ses lèvres. Fouillant dans l’une des poches de sa veste, elle y trouva un morceau de papier, un buvard provenant d’un plus grand format. Un papier qui permettait, avec une certaine dextérité, de répartir l’ancre… Enfin, il absorbait particulièrement bien les liquides.

Elle s’était alors levée et était allée s’asseoir un peu plus proche de la Metaru, suffisamment pour qu’elle puisse prendre ce papier qu’Akina lui tendait. -Tien… mets sur ta langue. Cela arrêterait rapidement le saignement et en plus la ferait arrêter de parler au moins quelques secondes. J’assume ce que j’ai fait, j’en paye le prix. Avait-elle soupiré en essuyant la naissance d’une larme. Mais je me dis que… si je m’en vais loin… que si je rencontre d’autres personnes… Alors… Je finirai par oublier. poursuivit-elle en esquissant un léger sourire empreint de tristesse… Nous sommes tous des livres...nous avons chacuns nos histoires... chacuns nos légéretés... chacuns nos gravités... et d'une manière ou d'une autre, nos histoires se poursuivent. Finit-elle en posant un bref instant son regard verdoyant sur Itagami, avant de s'allonger sur le côté, se servant de sa veste et de son bras comme d'un oreiller.





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Impulsion [M. Itagami]

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