Soutenez le forum !
1234
Partagez | 

Just as the curtains came down


Mar 22 Mai 2018 - 3:38
Jour 1

- Tu as changé, Asami.

Elle se voit forcée de relever la tête vers sa meilleure amie. Elle était assise sur son lit, les genoux remontés vers elle, entourant ainsi ses jambes de ses bras, la tête posée sur ses genoux. Devait-elle s’étonner que sa meilleure ait constater changement chez elle ? Non, sûrement pas. Elle-même le voyait et pourtant, elle continuait de le nier, encore et encore. Parce que admettre qu’elle vivait des changements, c’était admettre tout ce qu’il s’était passé dans sa vie ces derniers temps. C’était aussi admettre qu’elle commençait peu à peu à renouer avec son humanité. Ça aussi, c’était aussi difficile à admettre que c’était dérangeant.

Manipulatrice née, elle avait compris assez jeune qu’il lui était plus aisé de faire faire ce qu’elle voulait aux autres en se montrant sympathique. Et donc, ainsi était né le premier masque de plusieurs, un changement semblant presque naturel entre l’adolescente désagréable qu’elle avait été et la jeune femme agréable qu’elle était aujourd’hui aux yeux de tous, ou presque. Pour assurer un contrôle sur autrui, elle avait dû apprendre à avoir un contrôle sur elle-même. Sur ses pensées, ses pulsions, et surtout, ses émotions. Elle en était venue à les oublier, passer outre ces dernières, ne serait-ce que parce qu’elle ne voyait pas l’intérêt de s’embarrasser de quelque chose d’aussi inutile que les sentiments. Elle aimait s’amuser, se divertir, tandis que l’ennuie et la routine avait de quoi la rendre folle. Et quoi de plus intéressants que les humains ? Pendant des années, elle les avait fait tourner dans sa main, le village n’étant qu’une grande scène où elle pouvait exprimer son art, son envie de créer des tableaux où tous les acteurs l’étaient à leur insu. Elle manipulait, s’amusait aux dépens des autres, et ce, sans jamais éprouver ce sentiment que d’autres disaient être de la culpabilité.

Du moins, cela avait toujours été le cas, jusqu’à dernièrement. Elle avait remarqué que quelque chose clochait le jour où elle avait dû aller dire à sa meilleure amie, accompagnée de son cousin, que son sensei avait été emprisonné. Pour la première fois de sa vie, elle avait senti cet étau sur son coeur qui avait menacé de l’étouffer, cette inquiétude quant à ce qui allait advenir d’elle. Mais, surtout, elle avait ressenti cet étrange besoin que d’être à ses côtés, de ne pas l’abandonner seule dans un événement comme celui-ci. Pour la première fois de sa vie, elle réalisait bien malgré elle que certaines personnes avaient de l’importance pour elle.

- Peut-être bien…
- Il va falloir que tu ouvres les yeux, un jour.
- Je t’ai pas demandé ton avis.
- Je ne te le demande jamais mais tu ne te gênes pas pour me le donner non plus.
- Salope.
- Tu m’aimes.
-

Elle soupira, se laissant tomber sur le dos. Elle passait beaucoup de temps, ces derniers temps, avec la Nara. Si elle avait conscience l’avoir négligé, elle savait aussi qu’être en sa compagnie pouvant tant lui être bénéfique que l’embêter. Elle n’avait pas sa langue dans sa poche, pas plus se gênait-elle pour lui dire les choses. Or, parfois, elle faisait preuve de beaucoup trop d’honnêteté pour ce qu’elle était elle-même en mesure de supporter. Se laissant tomber sur son dos, elle déposa sa tête contrôle l’oreille aux côtés de celle de sa meilleure amie.

- Je pense que j’ai besoin de vacances.
- C’est soudain.
- On a reçu quelques rapports à l’institut, dernièrement, un débalancement dans la montagne dont est chargé de surveiller Shizen. Les animaux semblent plus agités qu’à l’habitude. Je me dis que ça me ferait peut-être du bien, de me perdre un peu en montagne. Surtout que je peux sortir du village sans être accompagnée.

Ayant eu sa promotion de chûnin à son retour du pays du feu, elle était désormais plus libre de ses mouvements, mais aussi de ses initiatives et ce qu’elle pouvait faire. L’idée de partir en montagne lui plaisait bien. Elle avait peut-être finalement réellement besoin de prendre un peu d’air, mais aussi, un peu de temps pour elle-même. Et alors que l’idée s’installait tranquillement dans son esprit, une question lui revint en tête. Une question bien simple et dont elle n’avait malheureusement pas pu donner de réponse. Et pourtant, cela aurait dû lui être facile, tellement facile.

Qui était-elle ?

Une question bien simple et dont elle ne connaissait pas la réponse. Au travers tous ses masques, elle s’y était perdue. Au travers toute cette mise en scène qu’était sa vie, elle avait oublié l’essentiel, ce qu’elle était, une fois qu’elle cessait de prétendre. Peut-être alors que cette petite expédition, seule avec sa tête, lui ferait du bien. Entre toutes ses nouvelles responsabilités, ce n’était pas quelque chose qu’elle avait réellement le loisir de faire. Elle n’était pas certaine d’avoir réellement envie de s’y mettre, encore moins certaine d’être apte à se lancer dans ce qui s’agirait certainement d’une introspection, la forçant ainsi à faire face à ce qu’elle ignorait depuis un bon moment déjà. Peut-être n’y arriverait-elle pas. Toutefois, cela valait peut-être bien la peine d’essayer. Elle ne pouvait pas continuer sur cette fois, alors qu’elle se sentait mentalement sur le point de briser, ayant même été jusqu’à afficher une facette plus vulnérable à son sensei. Peu à peu, elle faiblissait, ses masques se fracturaient et elle ne pouvait plus que se poser une ultime question.

Qu’allait-il se produire dès lors où les rideaux tomberaient sur ce spectacle qu’elle menait depuis toujours ?

Elle passa le reste de sa journée avec sa meilleure amie, discutant de tout et de rien, principalement des projets que toutes les deux pouvaient avoir. La cadette avait toujours admiré l’esprit créatif de la scientifique et celle-ci s’assurait de ne jamais la décevoir. Il était évident qu’elle avait bien moins de temps qu’auparavant pour travailler sur ses propres projets, sans compter que ses blessures l’avaient grandement ralenti, toutefois, elle tentait de garder un peu de temps pour ses propres réalisations.

Quittant finalement l’endroit en fin de journée, elle s’arrêta au milieu de la route, se demandant où comptait-elle se rendre. Elle avait plusieurs opportunités. Elle pouvait aller terminer un peu de paperasse au complexe scientifique, il n’était pas rare de la voir là-bas jusqu’à tard le soir. Elle pouvait aussi se rendre chez Shôran, chez qui elle passait tout de même pas mal de temps. C’était normal, en quelque sorte, alors qu’officiellement, ils étaient un couple. Ou alors tout simplement rentrer chez elle, or, elle n’était pas certaine d’être tentée par cette idée. Soit elle y serait seule, comme bien souvent ces derniers temps, ou alors ferait-elle face à son colocataire. Les discussions avec sa meilleure amie l’avaient mis à fleur de peau et elle n’était donc pas certaine d’avoir envie de lui faire face.

Au final, ce fut chez elle qu’elle se rendit. Elle avait de toute façon quelques trucs à préparer, bien décidée d’entreprendre ce petit périple en montagne. Elle ignorait ce qu’elle y trouverait tout comme elle avait aucune idée de ce qui causait ce débalancement, toutefois, elle avait besoin d’aller s’aérer l’esprit, loin du village et de ses récentes responsabilités. Comme elle s’y attendait, elle était seule lorsqu’elle rentra, partagée entre la déception et le soulagement.

Perdue dans ses pensées, elle avait passé la soirée à préparer ce dont elle avait besoin. De la nourriture, de l’eau, quelques fuinjutsu pour contenir tout ça. Ses marionnettes aussi, bien évidemment, une bonne dose de différents poisons était aussi nécessaire. Elle pensa vaguement qu’elle devrait sûrement se monter une petite équipe, avec des scientifiques de l’institut, toutefois, elle balaya rapidement l’idée. Elle voulait y aller seule. Et ce n’était pas tant là-bas qu’elle voulait aller que n’importe où. Il s’agissait seulement d’une excuse pour l’attirer hors du village pour quelques jours, à faire autre chose que… Tout ce qu’elle était supposée faire. Son sac prêt, elle le déposa près de la porte, s’assurant ainsi de ne pas l’oublier le lendemain. Il contenait l’essentiel pour une expédition de quelques jours, temps approximatif qu’elle passerait là-bas.

Elle se devrait seulement de penser à prendre quelques instruments au complexe scientifique, au cas où ce qui se passait à la montagne était plus de cet ordre-là. Le rapport lui faisait un peu pensé à celui qui avait mené l’Aburame à son Kuchiyose, le Pitohui. Ce dernier étant toutefois absent, ils ne pouvaient tout de même pas se permettre d’attendre plus longtemps alors que l'écosystème était en danger. Raison de plus pour que ce soit elle qui s’y aille. Si sa relation avec son supérieur n’avait rien de sincère, peu importe ce qu’elle disait à ce sujet, elle lui avait tout de même fait comprendre qu’il pouvait compter sur elle. Il s’agissait donc d’une façon comme d’une autre que de tenir parole. Parce qu’elle était une femme aussi respectable que responsable, aux yeux de tous et du village. Parce que les gens pouvaient compter sur elle et lui faire confiance. À une époque, elle aurait ri face à la naïveté des gens.

Aujourd’hui, cela devenait dangereusement de plus en plus vrai…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t2381-tadaoki-asami-terminee http://www.ascentofshinobi.com/t2444-tadaoki-asami http://www.ascentofshinobi.com/u491

Mar 29 Mai 2018 - 1:20
Jour 2

À jour dans ses papiers, les nombreux rapports qu'elle avait eu à remplir et après avoir longuement étudée les perturbations notées sur cette montage riche en ressources diverses, la majorité bien utiles en pharmaceutique. Il s'agissait d'un terrain protéger par le village, ou, tout du moins, par l'institut, pour tout ce qu'il pouvait apporté. Elle avait prévenu son sensei comme quoi elle serait absente ces prochains jours, quelque chose dont elle devait se charger au nom de Zakugai. Quant aux autres... Shôran avait été prévenu et Raizen... Allait-il remarqué son absence ? Ni lui, ni elle n'étaient très présents à l'appartement, ces derniers temps, quelque chose qui l'agaçait autant qu'elle appréciait. La tranquillité avait son charme, notamment suite aux dernières conversations qu'elle avait eu avec son colocataire. Traversant l'Arche Grise, elle adressa un hochement de tête respectueux à ceux surveillant le village avant de poursuivre sa route. Ses cheveux avaient été remontés en un chignon, comme à son habitude, tandis qu'elle arborait cette fameuse veste de chûnin qui manquait cruellement de goût. À sa ceinture était accroché son bandeau orné de l'emblème du village et la pochette à sa cuisse contenait divers rouleaux, notamment ceux représentants ses marionnettes. Portant son sac sur les épaules, elle s'était préparée à diverses éventualités tout comme s'était préparée de quoi tenir plusieurs jours. Elle ne s'attendait pas à rentrer de si tôt.

Jour 3

L'experte en dissimulation s'était assurée de se trouver dans un endroit discret pour passer la nuit. Entre ses compétences en doton et ses talents en dissimulation, ce fut une tâche somme toute assez aisée. Ne traînant pas, elle se remit en route si tôt levée. Il s'agissait aussi, en quelque sorte, d'une forme d'entraînement. Il était inutile de nier qu'elle n'avait pas les capacités physiques des hommes de son équipe, même qu'elle avait de sérieuses lacunes en terme d'endurance, tout comme de force physique. Étant avant tout une scientifique, elle s'imposait certes quelques entraînements, mais il s'agissait bien souvent d'un jogging au travers le village, rien de plus. La montagne allait donc représenté un défi qu'elle était presque satisfaite de relever. Peut-être arriverait-elle à faire de l'ordre dans ses idées, avec l'air frais de la nature.

Elle se sentait intruse, une fois quittait-elle les sentiers battus pour s'enfoncer au travers les arbres qui jonchaient la montagne. Au final, ainsi, loin de toutes ses responsabilités, de cette vie qu'elle vivait, ou plutôt, prétendait aux yeux de tous, elle se sentait plus sereine. Elle qui n'avait jamais vu aucun problème à l'hypocrisie au cours des vingt dernières années se voyait désormais aux prises d'états d'âme qu'elle ne se connaissait pas et avec lesquels elle avait de la difficulté à vivre. Devait-elle tout arrêter avec Shôran ? Une partie d'elle, petite voix à son esprit, lui disait que oui. Toutefois... Il aurait souffert pour rien. Au stade où elle en était, il lui était presque impossible de faire marche arrière. Elle était si près de son but, l'apprentissage et la compréhension de la nécromancie... Sûrement aurait-elle pu procédé différemment. C'était, du moins, ce qu'elle se disait maintenant, alors qu'elle faisait face à ce lourd sentiment qu'était la culpabilité. Et dire qu'à une époque pas si lointaine, elle n'aurait jamais eu cette discussion avec elle-même...

Jour 4

Grâce à quelques mudras, elle avait fait surgir du sol une structure de pierre s'apparentant à une table à la surface lisse. S'en était suivi d'un petit poste de travail monter des quelques équipements scientifiques qu'elle avait amené avec elle, de quoi évaluer l'environnement où elle se trouvait. Tandis qu'elle s'occupait d'évaluer l'équilibre de l'air, elle s'occupa aussi d'observer les divers échantillons de plantes et d'eau qu'elle avait soigneusement choisi. Le sol aussi y passa, à la recherche de quelconque données semblant hors norme. Des tests furent même faits avec son chakra, tentant de détecter s'il y avait un poison de présent.

Sa journée fut donc consacrée à cela, tout en observant la faune dans son environnement naturel. Sans nécessairement se rapprocher d'eux, elle était en mesure d'identifier leur position à tous et chacun, tout comme leur habitude. Les tests étaient non concluants, rien ne semblait expliqué les changements ressentis dans les environs. Comme si la menace présente était repartie alors qu'intruse était arrivée sur son territoire. Soupirant, elle ne comptait pas abandonner de si tôt. S'installant pour passer la nuit dans les environs, tout en s'assurant qu'aucune menace approchait, elle mangea vite fait avant de tenter d'obtenir quelques heures de sommeil. Elle se devait d'être bien réveillée tout comme d'avoir toute sa tête si elle voulait être certaine de ne rien échapper et de remarquer tous les détails.

Jour 5

Un mouvement. Installée face à son bureau improvisé, en étant à plusieurs pages de rapports d'inscrit, elle sentit un mouvement sous ses pieds. Quasi imperceptible, elle pouvait remercier ses talents de détection. Fronçant les sourcils, elle resta immobile, effectuant quelques mudras. L'instant suivant, sur une colonne de pierre, se trouvait un scorpion plus grand que la moyenne, bien que semblant toujours de petite taille.

- Un scorpion ?

Ce dernier tenta de s'enfuir, vite rattraper par la demoiselle qui vint l'enfermer dans un contenant de verre. Sceptique, elle le déposa sur son bureau, croyant presque entendre ce qui semblait être un sifflement agacé venant de l'insecte. L'ignorant superbement, elle chercha dans son sac l'épais document qu'elle avait amené, celui recensent la faune et la flore présentes dans la montagne.

- C'est bien ce que je me disais...

La scientifique jeta un coup d'oeil au scorpion, qui tapait furieusement contre le verre. Était-il possible qu'il soit ce qui perturbait l’écosystème ? Après tout, aucun scorpion n'avait été répertorié, ce qui laissait supposé que son arrivé était récente. Seul de son espèce ? Elle ne saurait le dire. Ce dernier déposé sur sa table en pierre, elle n'eut aucun problème de venir l'immobiliser avec cette dernière, modifiant seulement sa surface. Attrapant ce dont elle avait besoin, à savoir une seringue et une fiole, elle vint retirer le verre au-dessus de ce dernier. Avec minutie, elle vint lui attraper le dard, approchant sa seringue de la glande venimeuse, s'assurant de ne pas se faire toucher.

- Un peu de politesse ne ferait pas de tort, tu sais.

Relâchant rapidement le scorpion, la jeune femme l'observa curieusement. Devenait-elle folle ? Oui, ce devait sûrement être ça. Il ne pouvait tout de même pas avoir parlé ? Oui, c'était sûrement ça, elle devenait folle...

- Tu m'aurais demandé de rester que je l'aurais fait gentiment, pas besoin de m'attacher de la sorte.

Il parlait encore.

- Quoique bon, tu es une humaine. Vous avez toujours des réactions... Particulières. Vives et violentes souvent. Et si je me fis à la façon dont tu t'y es prise... Kunoichi ? Pas mal, pas mal... Bon, je te laisse me libérer ou je force mon chemin ? Auquel cas, il se pourrait je sois moins coopératif.

Toujours un peu sous le choc, elle s'activa, libérant ainsi le scorpion qui se remit sur ses pattes, s'approchant du bord de la table avant de s'immobiliser. Discutait-elle réellement avec un scorpion ? Ou, tout du moins, elle l'écoutait. Prenant place sur sa chaise improvisée, elle laissa entendre un lourd soupire, en secouant doucement la tête de droite à gauche. Ses pensées se tournèrent vers Suzaku, l'oiseau de son sensei. Un animal bien particulier, capable d'user de chakra, compagnon de ce dernier. Shizen lui avait aussi parlé de son Pitohui, avec qui il avait une sorte de contrat.

- J'imagine que je dois m'excuser ?
- Ce serait poli, effectivement.
- Qu'es-tu ?
- Bon, oublions la politesse. Déjà, qui je suis serais plus exact. Gaidoku, dernier de mon espèce. Bon, ce n'est pas tout à fait vrai, des scorpions, ils sont nombreux. Toutefois, de mon clan... Je suis le dernier survivant.

Elle vint se pincer l'arête du nez, toujours un peu confuse.

- Tadaoki Asami... Chûnin de Kumogakure. Si ça te dit quelque chose...
- Non, cela fait quelques années que je n'ai pas quitté le nid.
- Ah...
- Scientifique, n'est-ce pas ?
- Oui. J'étais ici pour observer les débalancements naturels de la zone. L'écosystème a été perturbé, l'air a changé, les animaux ont changé de comportement et les plantes...
- Je plaide coupable.
- Suis-je supposée être surprise ?

Le tout était... Presque surréel. Elle, jeune femme saine d'esprit (ou presque) se voyait avoir une conversation avec un scorpion. Elle en rirait presque, si ce n'était que le tout était plausible dans l'univers dans lequel ils vivaient.

- Pourquoi ?
- Pourquoi quoi ? Va falloir apprendre à être plus clair, jeune fille.
- Tu as dit ne pas être sorti de ton nid depuis longtemps. Pourquoi ici ? Pourquoi maintenant ?
- Oh. Je m'ennuyais.

Ces mots firent échos chez la marionnettiste, dont les lèvres s'étirèrent en un petit rictus tendant vers l'amusement. Elle-même ne supportait pas l'ennuie, la routine ayant de quoi la rendre complètement folle. Plus qu'elle ne l'était déjà. Après tout, elle avait en ce moment même des raisons de douter de sa propre santé mentale.

- Et donc ?
- Oh, tu sais... La routine. Quelques animaux morts ici et là. Un peu de poison. La torture, aussi... Savais-tu qu'un animal est fascinant lorsque soumis à de violentes douleur.

Elle était bonne, celle-là. La scientifique éclata de rire. Un rire aussi franc que mauvais.

- Les humains aussi tu sauras...

Le scorpion lui adressa ce qui semblait être un regard curieux.

- Je me disais déjà que tu semblais intéressante, mais là... Tu dis ça que pour me faire plaisir ?
- Je suis scientifique, spécialisée dans l'étude de la faune et la flore pour développer de nouveaux poisons, et, accessoirement, des antidotes. Je t'avoue toutefois avoir un faible pour les poisons.
- C'est fourbe.
- Et c'est toi qui dit ça ?

Elle arqua un sourcil, désormais amusée par le scorpion. Ce dernier se baladait sur la table, semblant réfléchir à quelque chose.

- Tu me fais confiance ?
- Aucunement.
- Bien, bien... Le contraire aurait été surprenant. Bon, par contre, confiance ou pas, tu n'auras pas le choix. Je reviens demain. Bonne soirée.

Quoi ?! Effectuant quelques mudras, rien à faire, il avait déjà disparu. Soupirant à nouveau, elle affichait toutefois un sourire intéressé. Si elle n'avait aucune idée ce qui l'attendait le lendemain, une chose était sûre, il avait su capté son attention et son intérêt. Une chose qui tait difficile pour la demoiselle désintéressée qu'elle était. Reprenant place sur son bureau, elle continua d'écrire ses rapports, tout en y inscrivant qu'à ce stade-ci, elle avait sûrement trouvé la source de la perturbation remarquée. Ses pensées ne cessèrent d'aller en direction de cette soudaine apparition, dont elle ne ressentait même plus la présence, comme s'il s'était volatiliser dans la nature. Une bien étrange créature qui pourrait sûrement lui apporter beaucoup. Elle déplorait seulement ne pas avoir pris un échantillon de son venin. Elle n'aurait qu'à lui demander le lendemain.

Lui faisait-elle assez confiance pour croire ce qu'il lui avait dit ?

Apparemment oui.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t2381-tadaoki-asami-terminee http://www.ascentofshinobi.com/t2444-tadaoki-asami http://www.ascentofshinobi.com/u491

Dim 3 Juin 2018 - 0:43
Jour 6

Sous ses pieds, elle en vint à sentir du mouvement. Ils étaient discrets, mais bien présents. S'agissait-il du scorpion ? Le doute était permis. Allait-il revenir ? À quelque part, elle se voyait y faire confiance, que oui il allait revenir. Quel intérêt avait-il de lui mentir ? Bon, fuir était une option, toutefois... Il aurait aussi pu ne rien lui dire qu'il aurait réussi à s'échapper. Elle était donc sceptique, un peu confuse aussi, et n'avait rien vraiment pour lui faire passer le temps. C'était, du moins, ce qu'elle se disait depuis les dernières heures, jusqu'à ce qu'il surgisse finalement du sol, se posant devant elle, sur son plan de travail. Esquissant un sourire amusé, elle se leva pour s'en approcher, en profitant pour le détailler, maintenant que la surprise première était passée. Il n'était pas très grand mais il ne faisait aucun doute qu'il était dangereux. D'un noir sombre, les dessins rouges et orangés sur son corps lui donnaient une allure redoutable, tout comme ses larges pinces et le dard suintant d'un poison qui lui tardait d'étudier.

Ce fut toutefois le parchemin que tenait le scorpion par la queue qui l'amena à hausser un sourcil, aussi curieuse que sceptique. Elle avait eu le temps d'y réfléchir, la veille, à ce qu'il était, le comparant ainsi au Pitohui de Shizen ou encore le Cacatoès de Hisao. Les Kuchyiose. Ces animaux qui signaient des contrats, parfois seulement eux, parfois toute une espèce, avec des shinobis. Est-ce que le scorpion qui lui faisait face souhaitait passer un contrat ? Se lier avec une kunoichi ? Là encore, la question avait le mérite de se poser, restait plus qu'à lui adresser à lui.

- Je ne pensais pas te revoir.
- Terrible, ce manque de confiance.
- Légitime, surtout.

Il avait une certaine personnalité, ce scorpion, qui n'était pas pour déplaire à la belle brune, entre son ton condescendant et cette teinte d'arrogance présente. Mais il y avait surtout cet amusement perceptible dans ce qu'il disait, cet intérêt mutuel qu'ils se portaient, un mélange de curiosité et de fascination. Deux êtres de désirs semblables qui voyaient du potentiel en l'autre et, surtout, où est-ce qu'une alliance pourrait les mener.

- Alors, alors, j'ai une proposition qui n'implique au final rien de toi et tout de moi.
- Et l'arnaque, elle est où ?
- Rien, nada, niet. Tu signes, et tu peux m'invoquer quand tu veux.
- Pourquoi ?
- Je m'ennuie. Je t'aime bien aussi. T'es marrante.
- Je ne suis pas sûre ce soit un compliment.
- Alors, oui ou non ?
- ... J'imagine.

Tentée par l'inconnu, ce qui la sortait de son quotidien, la scientifique accepta. Après tout... De ces contrats, c'était le shinobi qui invoquait la bête à eux et ainsi... L'emprise n'était que d'un côté, bien que souvent quelque chose était demandé du second parti. Se scorpion vient dérouler le parchemin, où d'autres avaient signé avant elle, très certainement morts à ce jour. Elle n'avait qu'à signer avec son sang et voilà, ils seraient liés.

- Je ne te fais pas confiance.
- Tu auras toute la vie pour apprendre à me faire confiance.

Soupirant, elle prit la décision d'accepter, de venir ainsi briser la monotonie de la routine. Et puis... Il pourrait s'avérer utile en combat, elle en était convaincue, seulement par le poison qu'elle était certaine qu'il possédait. Et il semblait vieux, posséder nombreuses connaissances... Un partenaire non négligeable dans ses recherches et ses études. S'entaillant le doigt, elle vint l'apposer sous le sceau, y inscrivant aussi son nom. Ne se sentant pas spécialement différent, elle lui adressa un regard curieux, se demandant s'il y avait plus à faire ou si tout était réglé. Comprenant que le contrat était scellé, elle aborda rapidement le sujet de la montagne, de son écosystème qui, selon les dires de Gaidoku, ne serait plus perturber. Rapidement, la demoiselle remballa ses instruments et outils, mangea vite fait un morceau et se décida que rentrer au village serait était tout ce qui lui restait à faire. Elle prendrait la peine de compléter le rapport une fois dans son laboratoire.

Jour 7

Dernière nuit qu'elle passait hors du village. Se levant, elle se sentit immédiatement nauséeuse, un mal de tête terrible venant l'assommer. Sa vision était trouble et elle fut forcée de s'arrêter dans sa marche, sentant ses jambes se dérober sous elle. Que se passait-il ? Elle n'eut toutefois pas le temps de s'y attarder alors qu'une silhouette apparut dans son champ de vision. Clignant quelques fois des yeux, elle reconnut sans peine Sazuka, une fois s'était-elle définie. Que faisait-elle ici ?

- Oh, tu tombes à point Sazuka, tu n'aurais pas...

Une gifle. Elle chancela, se retenant sur l'arbre derrière elle. Sincèrement confuse, la Tadaoki lui jeta un regard incrédule. Elle n'eut toutefois pas le temps de s'attarder sur les questions parce qu'un coup de genou s'abattait dans son ventre, l'étouffant du même coup.

- Qu'est-ce que ?
- Tu te crois si grande et si forte, à mentir encore et encore, te jouer des autres comme s'ils n'étaient que des pions dont tu peux disposé à ta guise ? Et tu fais ça pourquoi ? Parce que tu te crois tant que cela au-dessus des autres ?

Un nouveau coup. La jeune femme vint enrouler ses bras autour de son ventre, la douleur était lancinante.

- Mais voyons Sazuka, qu'est-ce...
- Ta gueule.

La main de cette dernière vint se saisir de son frère cou, la soulevant presque de terre, se refermant sur sa trachée. Si, dans d'autres circonstances, le tout aurait pu l'exciter, à l'heure actuelle, elle commençait sérieusement à paniquer, sentant l'air manquer à son cerveau. Elle suffoquait et n'avait pas la force nécessaire pour se libérer de sa poigne. Un peu plus et elle était certaine qu'elle y passerait. Elle aperçut toutefois quelqu'un d'autre apparaître derrière la médecin, qui la regardait d'un regard fou, posant une main sur l'épaule de cette dernière. Une main tatouée.

- Voyons, Sazuka. Tu n'es pas la seule à qui elle doit rendre des comptes...

Son ton était sifflant, menaçant. Elle n'était même pas en mesure de lui parler, sentant l'air lui manquer. Or, bien heureusement, la main se desserra autour de sa gorge, la laissant haletante.

- Je croyais t'avoir prévenu...

Il semblait presque... Désolé ? Elle l'observait, toujours aussi confuse. Un rire retentit, au-dessus d'eux, amenant la Tadaoki à relever la tête, voyant sa meilleure amie, sur une branche, qui agitait ses jambes, rigolant de façon terriblement désagréable. Pourquoi étaient-ils tous là ? Portant une main à son visage, son cerveau fonctionnait à toute allure...

Un genjutsu.

Ne voyant aucune autre explication, entre l'agissement de ceux présents autour d'elle et leur présence, elle e déduisit qu'elle était dans un genjutsu. Sans se poser davantage de question, semblant désespérée alors que la panique la gagnait, elle vint attraper son kunai, dans sa pochette, pour venir se l'enfoncer violemment dans la cuisse. Une douleur telle pour la sortir de l'illusion.

- Quelle idiote...
- Elle n'a jamais été douée, pour assumer la vérité.
- En même temps, elle a passé sa vie à la modeler comme elle le voulait.
- Une idiote.
- Vraiment.
- Mais son règne est fini. Elle est déjà chanceuse d'avoir réussi à berner tout le monde aussi longtemps.
- That's unfortunate...

Une main se saisit de son visage, celle de Raizen, relevant douloureusement son visage vers lui.

- You crashed down before me.

Et ils continuèrent, encore et encore, du venin qui s'injectait dans ses veines, la ramenant face à une réalité qu'elle ne voulait effectivement pas affronter, de cette affection qu'elle avait pour ces quelques personnes qui avaient gagné de l'importance dans sa vie. Et à continuer de prétendre que, comme toujours, ils ne signifiaient rien, elle se retrouvait à se retrouver confronter à une solitude qu'elle n'était pas prête d'accepter. Ces gens avaient gagné en importance, quelque chose de plus sincère qu'elle acceptait mal mais qui était bel et bien présents. Ils avaient mis à mal ses barrières, pour venir secouer l'essence même de son être. Et désormais...

Jamais aurait-elle cru craindre perdre quelqu'un. Et eux, elle ne voulait pas les perdre.

Elle s'enfonça son kunai encore et encore dans sa cuisse, tentant de faire taire les voix et les attaques en sa direction. Elle paniquait, plus que jamais, alors que tout ce qu'elle niait ces derniers mois, depuis tellement longtemps, lui remontait à la tête, dans sa gorge, lui donnant la nausée. La cuisse charcutée, alors que du sang ruisselait le long de sa cuisse, elle continua, encore, leur demandant de taire. Elle avait l'impression de devenir folle, de se sentir défaillir, face à une triste réalité qu'était celle de l'hypocrite qu'elle était. Dans la panique, elle qui tentait de se recouvrir les oreilles et de fermer les yeux, comme si cela suffirait à la soustraire à la réalité, elle crut entendre son sensei.

- Tu es tellement décevante...

Alors que pourtant, elle avait fait des efforts, plus qu'elle aurait cru en faire. Même le village avait pris de l'importance, pour celle qui n'y avait vu que cette grande scène où exprimer son art, cette torture qu'elle imposait à ceux qu'elle considérait comme des jouets. Et ils continuaient, avec ce poison qui la rendait folle, s'infiltrant dans ses veines, lui rappelant à quel point avait-elle pu être horrible avec eux. Même Sayo. Cette sale garce de meilleure amie.

Ce poison...

Poison...

Elle observa son doigt entaillé. Ses yeux humides d'avoir pleurer (sous la panique, terrible pour la fière qu'elle était) vinrent se poser sur la blessure, légèrement violacée. Elle sortit le parchemin qu'elle avait signé, remarquant tout juste ces quelques lignes de couleurs différentes.

- L'enfoiré...

Elle se laissa tomber sur le sol, les voix semblant soudainement plus faibles. Même eux semblaient plus loin. Reprenant peu à peu son souffle, elle ferma les yeux. Puis, répétant les gestes qu'on lui avait montré la veille, elle invoqua le scorpion.

- Connard.
- Je me demandais combien de temps celle se disant experte des poisons allait réalisé qu'elle était elle-même empoisonnée.
- Fais-les taire.
- Pourquoi ?
- FAIS-LES TAIRE !

La belle s'énervait, son coeur débattant dans sa poitrine. Elle tremblait, le regard fou, les genoux remontés vers elle, semblant plus fragile que jamais. Et sa cuisse qu'elle avait charcuté sans aucune retenue…

Elle sentit le dard du scorpion se planter dans sa main. Les voix disparurent finalement, tout comme leur présence. Elle n’avait plus mal à la tête, pas plus avait-elle envie de vomir. Elle était simplement lasse, épuisée aussi.

- C’était quoi… Ça ?
- Un test.
- Pourquoi ?
- Il paraît que ça permet de s’assurer que l’on signe pas avec n’importe qui. Et moi, j’en ai profité pour m’amuser un peu. Et je sens que je ne regretterai rien.

Jour 8

Le scorpion n’était pas aussi petit une fois transformé. Approchant le deux mètres de haut, il avait porté Asami jusqu’à Kumo, dont l’état se déteriorait, ne serait-ce que par la perte de sang et l’état de sa jambe, qu’elle avait rapidement pensé, bien que désormais incapable de marcher. Du moins, sur de longue distance. Elle fut déposée peu avant l’Arche Grise, se rendant seule jusqu’au gardes, avant d’être rapidement amenée à l’hôpital. Elle allait sûrement y rester une journée ou deux. Elle en profiterait pour compléter son rapport...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t2381-tadaoki-asami-terminee http://www.ascentofshinobi.com/t2444-tadaoki-asami http://www.ascentofshinobi.com/u491

Just as the curtains came down

Page 1 sur 1

Ascent of Shinobi :: Territoires de la Foudre :: Kaminari no Kuni, Pays de la Foudre
Sauter vers: