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La bête et le clochard. [ft. Jun]


Jeu 31 Mai 2018 - 19:21
An 196, dans une forêt au sud-est de Tsuchi.

C'était en début d'après-midi, peut après l'heure du repas, qu'un enfant était dans la forêt, seul. Mais il ne jouait pas, il n'avait pas ce loisir -ou cette chance-. Il était fin, avec la peau qui lui était presque sur les os. Il n'en était pas encore à ce point, mais il ne saurait tarder s'il ne mangeait pas rapidement. C'était d'ailleurs ce qu'il faisait dans cette forêt, il cherchait quelque chose à manger. Un lapin, une poule, même de l'écorce d'arbre il le ferait tellement il avait faim. Il se déplaçait faiblement, et tout chez lui était sale. Des habits qu'il portait jusqu'à ses cheveux et son visage. Il avait pour vêtement une sorte de short, et ne portait même pas de sandales. Ses pieds étaient salis par la terre et quelques coupures. Un peu de sang était encore visible, bien qu'il ait séché. Et ses cheveux censés être gris étaient recouvert de saleté et étaient tellement en pagaille qu'on aurait dit un nid de poule.

Et après avoir passé plusieurs dizaines de minutes à chasser un lapin, il avait finalement réussi à l'attraper. Des larmes de joies se formaient même sous ses yeux. Il pouvait enfin manger correctement ce soir, il ne lui suffisait que d'allumer un feu. Mais il en était incapable, il devrait se débrouiller avec deux pierres, bien qu'il n'y ait que peu de chances que ça fonctionne, il n'avait pas le choix que de le tenter. Son corps était épuisé, il avait mal partout, et se laissait tomber sur un rocher. Parfois, il se demandait même encore pourquoi il vivait si c'était pour subir tout ça .. Mais il ne pouvait pas mourir. Il ne se laisserait pas mourir. Il n'avait pas le droit. Du moins c'est ce qu'il disait. Peut-être qu'il retrouverait ses parents un jour, ils l'avaient peut-être juste oublier et viendraient une autre fois. C'est pourquoi il ne pouvait pas mourir, pas ici, pas maintenant, pas comme ça.

Il s'était assis, repartant dans la forêt en laissant sur place le lapin qu'il avait attrapé. Bien sûr, il était déjà mort, il n'avait donc pas peur qu'il se fasse attraper ou qu'il reparte en courant. Il lui fallut encore une bonne dizaine de minutes pour revenir sur place avec du bois sec pour le feu. Et il fut étonné d'arriver et de voir .. une bête sauvage ? C'est ce qu'il voyait lui faisait penser. Il n'était pas prêt, c'était tout ce qu'il ressentait en voyant .. "ça". Il utilisait toutes ses forces, laissant tomber le bois dans ses mains en n'attrapant qu'un bout de bois, pour s'arrêter entre le lapin et la chose en pointant le bout de bois dans sa direction. Il n'avait pas peur en la voyant, il vivait déjà un enfer tous les jours, comment pouvait-il encore avoir peur de ce genre de choses ?

"-T-T'approches pas de mon lapin, c'est le mien ! Je l'ai attrapé !"


Sa surprise face à la personne qu'il voyait l'avait même fait bégayer légèrement au début. Il n'en était cependant pas gêné. Mais il était difficile de croire qu'il menaçait la bête face à lui à cause de son physique déplorable et de l'apparence de clochard qu'il avait. Il inspirait tout sauf la force. Impossible de croire qu'il serait capable de battre cette bête avec un simple bout de bois. Mais il ne flanchait pas, il serait prêt à se battre à mort pour ce lapin. Après tout, s'il ne le mangeait pas, il risquerait vraiment de mourir.

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Jeu 31 Mai 2018 - 22:42
La liberté était un sentiment… Particulier. Elle avait quitté Kaze dans un état lamentable et avait été recueillie temporairement par une jeune demoiselle qui s’était occupée de ses plaies. Puis, dès lors fut-elle en état de partir, elle le fit, sous sa forme de bête, pour aller elle ne savait trop où. Après tout… Elle n’avait nul part où aller. Au fond, elle le savait, qu’à quelque part, elle aurait dû rester avec elle. Sûrement aurait-elle pu l’aider. Mais Jun était une solitaire, et elle ne faisait pas confiance aux humains. Et donc, de ce fait, dès qu’elle avait pu, elle était partie, en direction d’elle ne savait trop où, si ce n’était que ailleurs. Elle profitait de cette liberté obtenue par sa simple volonté et sa force, tout comme elle appréciait cette forme qu’elle apprenait à maîtriser. Elle ignorait encore comment elle parvenait à se transformer ainsi en bête, désormais à volonté, mais elle ne s’en plaignait pas. C’était ce qui lui avait permis de s’enfuir et ce qui la maintenait loin de la société désormais.

Ses pas frôlant le sol, la bête d’un mètre cinquante au garrot, dont le pelage était terriblement sombre, recouvert de rayures luisant bleues, se rapprocha de ce qui lui semblait peut-être être un campement, sûrement abandonné, où se trouvait un lapin mort. C’était donc ça qui l’avait attiré, le sang. Or, semblerait-il que le campement n’était pas si abandonné que ça, alors qu’un garçon revenait avec un peu de poids. Il était petit. Il était frêle. Il avait l’allure de ces esclaves mal nourris du Colisée. Comme elle-même l’avait été, bien qu’elle présentait une musculature solide. Elle avait longtemps eu que la peau sur les os, jusqu’à ce qu’elle devienne la favorite. Par la suite, la bête sanglante qu’elle était avait eu droit à des meilleurs repas.

Tout ça pour que le spectacle soit meilleur.

Impassible, elle l’observa se mettre entre elle et le lapin, armé de son petit bâton de bois. Ce ne fut cependant pas ça qui vint la frapper, mais bel et bien son regard. Cette même absence de peur qu’elle avait, prête à affronter tout et n’importe quoi pour sa survie. Elle n’avait jamais eu peur, à l’arène. Elle avait affronté plus grand et plus fort avec une volonté de faire et une férocité digne de la bête qu’elle était maintenant. Pourquoi ? Pour ce besoin viscéral qu’elle avait de survivre. Ce même besoin qu’elle semblait voir chez lui. Elle l’évalua donc, quelques instants, mal nourri avec son petit lapin.

Elle lui tourna donc dos, nullement inquiète, ne craignant pas son attaque, pour partir rapidement dans une direction quelconque, les oreilles dressées et humant l’air. Elle avait vu un troupeau de sanglier, un peu plus tôt, elle en était convaincue… Ce fut effectivement le cas, il ne lui fallut pas grand temps pour les retrouver. Tapie dans l’herbe haute, elle attendit, comme le prédateur qu’elle était, avant de bondir sur l’un des plus gros, enfonçant ses griffes dans son corps tandis que ses crocs venaient lui ouvrir la gorge. Les autres fuyèrent face à la menace, comme le faisait les proies face à un prédateur. Elle revint par la suite vers le pseudo campement, l’animal entre les crocs.

Un certain temps s’était passé, un peu plus d’une heure, entre le moment où elle avait croisé le garçon rachitique et maintenant. Elle se retrouva donc à nouveau face à lui, laissant tomber la bête au sol, qui était large. Assez pour plusieurs repas, sans aucun doute. Puis elle se rapprocha de lui, baissant la tête pour être à sa hauteur. Jun n’était pas méchante, loin de là même. Elle n’avait simplement pas appris à vivre en société. Et puis, à quelque part, elle ne pouvait rester impassible face à ce désir ardent de vivre. Si seuls les plus forts survivaient, la force mentale du garçon était impressionnante.
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Jeu 31 Mai 2018 - 23:09
Finalement, la bête était partie. Mais c'était une bête étrange, il n'en a jamais vu d'aussi énorme .. Et c'était une bête qu'il n'a jamais vu avant. Il était impressionné .. Et il se demandait même comment goûterait sa viande ? Non, il faut se reprendre. Il faut garder un esprit calme. Il ne faut pas se précipiter, sinon .. C'est la mort. C'est ce qu'il avait apprit durant toute son enfance. Il devait rester calme. Il n'avait pas le droit de répondre face aux coups qu'on lui donnait, après tout il n'avait pas de famille et pas d'argent, qui prendrait sa défense ? Personne. Il attendait un instant que la bête disparaisse au loin et être sûr qu'elle ne revienne pas. Il allait donc rechercher le bois qu'il a fait tombé précédemment, pour le remettre à l'endroit où il devait être. Prenant deux cailloux qu'il trouvait au sol, il les tapait à répétition pour créer un feu. Mais c'était au bout d'un long moment où ses bras commençaient à peser plus lourd que de la pierre, que des étincelles se faisaient voir, allumant doucement le feu qu'il alimentait en même temps pour ne pas qu'il s'éteigne. Il l'avait tellement fait, qu'à force, il était devenu un "expert" en la matière.

Il utilisait d'ailleurs un des deux cailloux qui était plus ou moins pointu afin d'enlever la fourrure du lapin et de ne laisser que la viande sur lui. Il l'ouvrait en deux pour faire sortir tout ce qui était boyaux et le jeter dans un coin, ne laissant maintenant sur sa carcasse que la viande et les os. Il le plantait avec le bâton qu'il utilisait avant pour se défendre, le plantant lui-même au sol pour que le lapin soit juste au dessus du feu, le tournant de temps en temps. Il devait attendre bien longtemps pour que la viande soit cuite. Il en salivait déjà. Il n'arrivait plus à se retenir. De la viande, enfin, un vrai repas, enfin .. Il ne mangerait pas du pain moisi aujourd'hui .. De la bave coulait presque de sa bouche comme de l'eau d'un robinet. Il prenait directement une cuisse du lapin encore brûlant, s'en fichant de la douleur pour commencer à se goinfrer directement. Mais à peine quelques bouchée, et voilà que l'animal revenait de nouveau avec une proie. Une proie tellement grosse qu'il venait à faire tomber par terre la cuisse de lapin qu'il tenait dans la main. Mais il ne le remarquait pas, sa vue était prise par ce sanglier. Il n'osait pas s'en approcher, en temps normal il suffirait qu'il se fasse rentrer dedans pour tomber dans les pommes, alors là ..

Il se relevait aussitôt, s'avançant doucement vers le sanglier tout en gardant son regard concentré sur la bête. Et comme elle ne tentait pas de l'arrêter, il se mettait à genoux face au sanglier, utilisant une nouvelle fois la pierre d'avant pour couper dans la bête. Il lui fallu encore quelque temps pour réussir à dégager la fourrure et à enlever plusieurs gros morceaux de viande. Il n'avait réussi à en retirer que 3 qui était mangeable, et s'avançait devant la bête il en posait deux au sol face à elle.

"-Merci pour l'animal, c'est pour toi !"

Il retournait en courant face à son feu, récupérant un deuxième bâton pour y planter l'autre morceau qu'il venait de récupérer le mettre dessus. Il bavait littéralement cette fois. C'était le meilleur jour de sa vie. C'était un festin qu'il avait. Comment ne pas adorer ce festin ? Il allait être tellement nourri que son ventre grossirait à vue d'oeil ! Et même en regardant la bête encore une fois, elle paraissait bien plus agréable à regarder qu'auparavant. Sûrement l'effet du ventre rempli- rempli par cette même bête. Il devrait peut-être essayer de rester avec elle un certain temps pour avoir plus de viande .. Non, il devait le faire. C'était un distributeur à viande, cette bête ! Et alors que des étoiles apparaissaient dans ses yeux alors qu'il regardait la bête, il mangeait en même temps les deux viandes qu'il avait à disposition; le lapin et le sanglier.

"-Hmm, il faut que je te donne un nom .. Hmmmmm .. Koto t'irais bien ! Ok, c'est décidé, tu seras Koto maintenant !"

Il parlait avec la bouche pleine, disant qu'il voulait lui donner un nom. Après tout, à ses yeux, ce n'était qu'un animal, il ne savait pas que c'était une personne qui pouvait se transformer .. Mais il lui donnait un nom, Koto. Un nom simple, vous diriez. Mais un nom qui signifiait aussi littéralement "Chose". Et oui, il ne savait pas ce qu'elle représentait et donc avait dit la première chose qui lui passait par la tête. Mais il gardait des yeux clairs en la regardant. Il appréciait vraiment cette bête. Il se relevait même de la pierre où il était assis, s'essuyant les mains graisseuses sur son short, pour s'avancer doucement vers la bête, caressant son front avec une main avec l'air intéressé.

"-Tu habites dans cette forêt, Koto ? J'espère que t'as pas toujours était seul, c'est pas cool d'être seul. Si tu veux, Koto, je peux t'accompagner un moment ? Après tout, je suis pas occupé .."

Il levait sa tête vers le ciel, regardant celui-ci à travers quelques feuilles d'arbres. Le soleil ne s'était pas encore couché, mais ils avaient mit tellement de temps dans la forêt, que ça ne saurait tarder.

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Jeu 31 Mai 2018 - 23:31
Elle observa la viande qu’il venait de placer devant elle, sceptique. L’attrapant entre ses crocs, elle vint la déposer près de lui avant de se diriger vers la bête à moitié découpée. Il était celui ayant besoin de morceaux à faire cuire. Pour sa part… La viande crue lui convenait très bien et ses crocs étaient habitués de manger à même la carcasse, tout comme sa mâchoire était assez forte pour briser les os. Dégageant de la fourrure à l’aide d’une patte, elle s’attaqua à son repas, enfonçant sa gueule dans l’abdomen ouvert pour en arracher la viande. Les sangliers, de par leur taille, étaient un choix prisé par l’animal, ne serait-ce que parce qu’ils étaient faciles à chasser et nourrissaient bien.

Il s’adressa à elle. Un nom ? Quittant l’animal, la gueule dégoulinante de sang, elle se retourna vers lui, lui adressant un regard curieux. Koto… Ce n’était pas tant de sa faute à lui, il ne pouvait pas savoir. Mais les surnoms… Il y avait déjà celui que scandait la foule, Koroshi, qu’elle ne pouvait plus entendre, sous peine de replonger dans cet état bestial qui animait chacun de ses combats, jeune fille se battant pour sa survie. Il continuait avec ses questions auxquelles elle ne pouvait pas répondre pour l’instant. Sûrement le pourrait-elle, si elle s’entraînait, mais parler au travers cette gueule était difficile. Fermant les yeux, ces prunelles d’un bleu clair et profond, elle reprit forme humaine, non sans une grimace de douleur suivant son corps qui se désarticulait pour se reformer. Nue, elle faisait face au garçon sans aucune gêne. Elle n’était pas pudique et n’avait jamais appris à l’être. Et si autrefois son corps était maigre, c’était des muscles qui apparaissaient désormais sous sa peau, cette dernière recouverte de nombreuses cicatrices, dénotant un mode de vie somme toute assez violent.

- Jun. C’est Jun, mon nom.

Sa voix était sèche. Après tout, elle ne parlait pas souvent. Jeune adolescente de quinze ans, son regard se montrait aussi doux que dure, soulignant ainsi le certain respect qu’elle avait pour lui tout en affichant que la vie ne l’avait pas non plus ménager. Son corps, de toute façon, portait le souvenir de ces six dernières années, donc cinq passées au Colisée à se battre pour sa survie.

- Je n’habite pas cette forêt. Je n’habite plus réellement quelque part. J’étais de passage et… Tu semblais avoir faim.

La bête désormais humaine vint s’asseoir sur une bûche d’arbre, s’approchant du feu tandis que sa peau frissonnait au contact de l’air. Elle était habituée à cette épaisse fourure sur son corps, et donc, être ainsi à découverte, ce qui lui était parfaitement normal, avait toutefois de quoi de dérangeant, en ce qui concernait confort. Elle n’aimait pas avoir froid.

- J’ai toujours été seule sans jamais réellement l’être.

Ses prunelles bleues, les mêmes que sous sa forme animale, vinrent se poser sur son interlocuteur.

- Mais je le suis… Depuis quelques temps. Et toi ? Tu es seul non ?

Plus une constatation qu’une question.

- Tu t’appelles comment ?

Car elle avait horreur des surnoms.
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Ven 1 Juin 2018 - 19:37
Il bloquait. Littéralement. Son corps vient à se raidir comme du béton. Il parlait à un gros animal .. Et l'animal lui répondit ? Il n'en croyait pas ses oreilles. Et en tournant son regard vers la bête, il n'en croyait pas ses yeux. Il se frottait les yeux avec ses mains propres, regardant de nouveau la jeune femme. Elle n'avait pas d'habit, et pourtant sa peau était propre. Mais il était trop jeune pour ressentir quoi que ce soit, il trouvait juste ça étrange et n'arrivait pas à l'accepter tout de suite. Mais à cause du petit livre qu'il avait, il arrivait à mieux accepter ce genre de choses qui sortent de l'ordinaire. Mais ce qui le dérangeait un peu plus, c'était le sang toujours présent sur la bouche de la jeune femme. C'était un contraste qui était vraiment étrange. Mais il ne l'approcherait pas pour l'essuyer, son corps trop sale il risquerait de la salir encore plus. Il ne voulait pas faire ça, et puis, c'était quelque chose de trop embêtant à faire.

"-Koto c'était mieux que Jun .. Mais pas grave .."


Il était déçu, il s'était donné tant de mal à trouver un nom à cette bête -non, à cette personne. Mais au final, elle avait déjà un nom. Il devait s'y faire, ce n'était pas si grave que ça. Il s'était d'ailleurs remit de ses émotions, se calmant tout en mangeant un petit peu la viande cuite qu'il lui restait. Il était blindé, il ne pouvait plus manger, mais il se forçait à continuer encore et encore, malgré le goût légèrement brûlé et le goût fort du sanglier. Mais sa voix lui blessait presque les oreilles, elle n'était pas naturelle .. Elle était sèche, comme si sa gorge était irritée. C'était assez agaçant, il fallait se l'avouer. Mais son regard se portait ensuite sur le corps de la jeune femme. Non pas par arrière pensée, mais en regardant les muscles de la jeune femme et ses cicatrices, qu'il comparait inconsciemment à son propre corps chétif.

"-Évidemment que je suis seul, sinon je ne serais pas là .."

Il la regardait comme si elle était une idiote à ce moment. C'était une question vraiment bête de son point de vue. S'il n'était pas seul, est-ce qu'il serait seul dans une forêt à attraper un lapin tout en étant aussi chétif ? C'était clair que non. La vie est juste injuste des fois, le déprivant de ses parents très jeune. Il devait se débrouiller seul, et il y arrivait, à peine mais il y arrivait. Puis il pointait sa poitrine avec un index, montrant un tatouage bien différent des autres. Celui-ci était un mot, écrit "Sendai" en plein dessus.

"-Moi c'est Ryo. Sendai Ryo. Tu peux m'appeler Ryo .. Ou comme tu veux, en faite."

Il s'en fichait un peu des noms, ce n'était pas ça qui allait lui remplir l'estomac. Lui, tout ce qu'il voulait, c'était d'avoir de la nourriture dans son assiette pour ne pas avoir à souffrir. Personne ne voulait souffrir. Lui encore moins. Puis il alimentait une nouvelle fois le feu en remarquant que la jeune femme frissonnait un peu.

"-Jun, tu devrais mettre des habits quand tu es .. comme ça. C'est mieux .. Surtout si tu croises d'autres gens .."

Lui-même connaissait parfaitement la face sombre de l'humanité. Il vivait en plein dedans après tout. Du moins, il la côtoyait. Si ce genre de personnes avait vu une jeune femme avec un corps comme ça, ils auraient sûrement tenté de la kidnapper pour la revendre dans un bordel ou quelque chose du genre. Il ne voulait pas voir ça, car elle lui avait ramené de la viande .. C'était une source indispensable pour avoir de la viande facilement. Il voulait presque relier uniquement sur elle, bien qu'il savait que c'était une mauvaise chose pour son développement de trop se reposer sur une personne, mais avait-il seulement le choix ? Il aurait choisi la facilité aux choses compliqués s'il le pouvait. Mais il calmait ses pensées, il ne devait pas partir sur ce chemin, il devrait essayer de s'en sortir seul.

"-D'ailleurs, Jun, c'est un conseil mais tu devrais éviter les villes ou village, à moins que tu n'aies pas le choix .."

C'était ce qu'il pensait vraiment. Imaginez qu'elle arrive nue dans une ville ou quelque chose comme ça, c'est des ennuis assuré. Encore plus si elle est en mode animal. Tiens, il venait de se rappeler, c'était un animal de base .. Mais c'était sensé être quoi comme animal ? Il était curieux, et ses yeux s'illuminaient presque à cette réalisation.

"-D'ailleurs ! L'animal, c'était quoi ? J'en ai jamais vu !"

Il ressemblait à un enfant face à une sucrerie, sauf que lui voulait de nouvelles informations. De la connaissance. Il avait compris que dans cette vie il n'y avait que deux choses qui pouvaient lui permettre de survivre: les informations, avec la connaissance et l'intelligence, et la force. S'il avait la force, il pourrait manger ce qu'il veut sans que personne ne lui disent rien. Et encore une nouvelle fois où il se rappelait qu'il devait être plus fort.

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Lun 4 Juin 2018 - 15:46
Non, Koto n’était pas mieux. Elle portait un nom et voulait s’y en tenir. Après tout… Elle ferma les paupières, quelques instants, tentant de chasser ce flot de souvenirs qui lui revenait à l’esprit. La foule qui scandait ce surnom qui l’avait défini comme une bête avant même qu’elle n’en devienne réellement une. Koroshi. Ce mot qui voulait dire beaucoup et désignait toutes les horreurs qu’elle avait pu commettre au nom de la survie. Ces corps qui s’entassaient, ce sang qui souillait sa peau. Et elle ne ressentait aucune culpabilité, pas plus avait-elle l’impression que ce qu’elle avait fait était mal. Après tout, comment aurait-elle pu ? Le tout avait été fait dans un seul et unique but : survivre. Et c’était tout ce qui comptait aux yeux de la bête.

Ryo qu’il s’appelait. Elle n’aimait toutefois pas le ton qu’il employait. Se moquait-il de sa question ? La bête le fixa donc, toujours sceptique, se demandant s’il y avait un problème avec ce qu’elle avait dit. S’il pouvait être évident qu’il était effectivement seul, au final… Elle ne savait pas ce que c’était que de vivre en société. Elle n’avait toujours connu que les cages et les combats, ces chaînes qu’on lui retirait que lorsqu’elle rentrait dans l’arène, avec rien d’autre pour se défendre qu’une volonté à se battre jusqu’à la mort s’il le fallait, tout ça pour tenter d’y survivre elle-même. C’était soit eux, soit elle.

Et elle avait préféré que ce soit eux.

- Non.

Une réponse simple, mais efficace, venant de celle qui s’était rapprochée du feu, le temps devenant froid. Elle n’avait plus l’habitude de cette forme, la fragilité de l’humain. La bête qu’elle était se montrait forte et robuste, sans compter que la température n’était jamais réellement un problème pour son épaisse fourrure.

- C’est inconfortable.

Aussi simple que cela. Elle n’aimait pas porter de vêtements, elle trouvait le tout beaucoup trop inconfortable, le tissu venant se frotter contre sa peau avait de quoi la rendre plus agressive qu’elle ne l’était déjà.

- Et puis, très peu pratique aussi. Ça restreint les mouvements.

Combattante née, ou presque, sa vie tournait autour du combat, celui qu’elle menait pour sa propre survie. Revint des questions, un conseil semblant sincère, quant aux villages. C’était dans ses plans, elle ne comptait pas se mêler à la civilisation de sitôt. De ce qu’elle avait vu des humains, surtout lorsqu’ils étaient en grand groupe, c’était simplement qu’ils étaient horribles. Mauvais. Des êtres égoïstes et sadiques qui prenaient plaisir dans la misère de l’autre. Jamais avait-elle ressenti de plaisir dans ces combats qu’elle menait. Ils n’avaient jamais été amusant à ses yeux. Ils avaient tout simplement été nécessaire, pour que sa vie n’ait pas été en vain, pour qu’elle ne meurt pas comme tous ces autres sous les acclamations de la foule.

- Un tigre. Un genre de… Gros félin, si j’ai bien compris.

Elle ne s’était jamais elle-même posée la question. Elle se transformait, c’était tout. C’était la jeune qui l’avait récupéré, lorsqu’elle avait fui, blessée. Jeune qu’elle avait abandonné dès lors fut-elle en état de reprendre la route, ses blessures pansées.

- Tu fais quoi ici ?

Autant tenter d’en apprendre un peu, alors que le silence pourrait rapidement devenir lourd, autour de ce repas qui semblait plus qu’apprécié par le garçon. Il semblait jeune, définitivement plus jeune qu’elle. Mal nourri, cela ne faisait aucun doute. Mais il ne semblait pas faible, étrangement. Peut-être physiquement, mais elle savait reconnaître ce besoin presque viscéral de vivre, qu’elle-même connaissait trop bien.
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Lun 4 Juin 2018 - 21:39
Ses sourcils furent froncés quand elle disait ne pas vouloir porter de vêtements. Même lui, ça commençait à le déranger un peu. Mais ce n'est pas comme s'il allait l'obliger à en porter, elle faisait ce qu'elle voulait, et il n'avait pas le temps de se préoccuper des autres. Mais qu'elle se balade nue serait sûrement un danger pour elle plus tard, peut-être .. Mais il savait à quoi elle ressemblait vraiment, donc il ne se faisait pas de soucis, mais il ne faut jamais être sûr de quoi que ce soit dans la vie. C'était quelque chose qu'il a apprit à la dure. Il faudrait qu'elle s'habille au moins près de la civilisation. Et comme elle l'a aidée à manger un festin, à tel pont qu'il n'arrivait plus à manger malgré la viande qu'il restait, il voulait lui rendre la pareille. Il descendait donc de son petit rocher, s'avançant rapidement vers elle pour s'arrêtait en face, étant obligé de lever la tête pour la regarder droit dans les yeux, les sourcils froncés. Il paraissait un peu énervé qu'elle s'en fichait de ça, et avait encore cet air enfantin sur lui.

"-Si tu ne me promets pas de t'habiller près d'autres humains, alors je te laisserais pas partir d'ici !"

Il y avait cette force dans ses mots qui faisait clairement croire qu'il ferait ce qu'il disait. Même son regard le prouvait. Mais il était difficile de croire qu'il serait capable de la pourchasser, ou même de l'arrêter. Après tout, vu sa taille avant, ce n'est pas même pas dit qu'il puisse résister à un seul coup de patte sans recevoir des blessures dévastatrice. Oh, c'était donc ça que ça s'appelait, un "tigre". Il n'avait jamais entendu ce nom auparavant, c'était donc bizarre pour lui. A tel point qu'il murmure ce mot plusieurs fois. Puis il relevait une nouvelle fois sa tête pour la regarder dans les yeux. A force de faire ça, il avait même mal à la nuque.

"-T'es quelqu'un de bien Jun, je veux pas qu'il t'arrive du mal !"

Il était facile de mal comprendre ce "quelqu'un de bien". C'était une phrase qui pouvait signifier quelqu'un qui pouvait être un Saint, qui faisait des choses sans en attendre en retour. Mais Ryo ne le disait pas comme ça. Le sort des autres ne lui était pas indifférent, mais il ne pouvait pas s'en soucier. Il n'avait pas le temps de s'en soucier. Sa survie primait sur tout. Ce qu'il voulait dire, c'était qu'à ses yeux, en l'aidant comme ça, elle était une personne de bien. Si elle avait aider d'autres personnes ? Peu importe. Puis à sa question, il regardait autour de lui, levant ses épaules avec ses mains, avant de s'asseoir à côté d'elle, pour être un peu plus haut. Puis après s'être assit, il se mettait debout dessus pour être à peu près à sa taille.

"-Moi, je chassais aujourd'hui. ça faisait déjà trois jours que j'ai pas mangé, alors j'ai pas eu le choix .."

Il regardait droit devant lui, ne la regardant plus. Chasser, c'était vraiment difficile pour un enfant. A tel point qu'il était épuisé et ne pouvait plus bouger d'un seul pouce quand il rentrait aux murs du village. Mais il ne s'est jamais plaint, pas une seule fois. Certes, des fois en voyant d'autres enfants avec leurs parents, il trouvait ça injuste, mais il ne laissait pas ce sentiment l'envahir. S'il avouait qu'il ressentait, il aurait déjà perdu. Et il ne voulait pas perdre. Il n'avait pas commencé avec les meilleures cartes dans le jeu de la vie, mais il finirait avec les meilleures. C'était ce en quoi il croyait. Il croyait en lui. Il savait qu'il allait réussir de grandes choses dans la vie. Il n'avait pas le choix, sinon celui qu'il était ne gagnerait jamais la reconnaissance d'autrui.

"-Et toi, qu'est-ce qui t'as amené ici, Jun ? Et tu comptes rester ici longtemps ou repartir rapidement ? Si on peut se revoir, ce serait vraiment cool !"

Il reposait de nouveau son regard gris sur elle, la regardant droit dans les yeux. Mais contrairement à son lui du futur, il avait pleins de "sentiments" dans ses yeux. Il paraissait plein d'espoir, content, et tout sauf calme. Il n'avait pas ce regard calme et légèrement calculateur qu'il gardait pour cacher ses émotions.

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