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Breaking bones [PV Ryūuketsū no Deku & Yuki Noah]


Lun 25 Juin 2018 - 16:55
BREAKING BONES
Feat Ryuketsu No Deku


Blooming from the wound where I once bleed

Aux aurores timides, le ciel avait accordé un cadeau des plus précieux. Chaque matin, la nature de rosée s'immortalisait, créant des cristaux éphémères qui reflétaient alors les milles couleurs des caprices célestes. Un tableau de jeux lumineux et ambrés. Nulle complainte devant ce spectacle, nulle querelle auditive. Les chiens errants qui te suivent savent ton humeur sensible. Ils se taisent comme l'impose ton propre silence, étouffant jusque leurs propres pas pour se fondre à cette toile matinale. Une promenade de routine, un circuit fermé dans une nature ouverte. Tes yeux fendent l'orée d'une forêt. Combien de fois ton cœur avait eu envie de s'y plonger si profondément que même les ninjas les plus émérites s'y perdraient en t'y cherchant ? Combien de fois avais-tu abandonné l'idée avant même d'y avoir cru ? La désillusion dans l'illusion, le paradoxe de ta vie.

Une cadence qui se stoppe, la promenade est écourtée. Tu n'avais nulle envie de retarder le fardeau qui t'attendait à ton retour. Tu les imagine déjà tous, alignés au centimètre près, le dos courbé et les visages emplis d'une fausse joie. Tu vois déjà ces soieries, cette montagne d’œuvres d'art, ces présents venus du pays entier. Ils complimenteraient alors ta grâce affinée en écho aux années passantes, ta sagesse pure, tes actions notables. Des festivités protocolaires qui sonnaient de plus en plus creuses. Tu n'avais que faire de toute cette grandeur, de cette manifestation choyée du pouvoir et de l'argent. Il n'y avait pas plus d'âme dans ces porcelaines signées de maître que dans la caresse timide d'une famille aimante.

Ultimes pas avant la maisonnée mère. Tes « visiteurs surprises » ne décevaient pas tes attentes. Ils avaient même trouvé le temps d'installer une statue immense (probablement à ton effigie) recouverte d'un voile d'encre. Tous s'inclinèrent à l'unisson, comme des robots chronométrés et conditionnés pour l'unique tache du jour : Fêter la majorité d'une princesse.

Certains visages s'étaient rajoutés à la scène, moins catégoriques, plus... exotiques. Que des hommes. Rêvaient-ils d'un trône ? Ils avaient sûrement étés conviés, on ne laisse pas n'importe qui rentrer au domaine Byakuren.

Un léger sourire, très léger, masque cette colère interne qui se réveille. Des salutations à tout va, les mentons s'inclinent et les yeux se closent. Rares sont ceux à oser croiser ton regard, car il est supérieur, car il est glacial, car il est divin. Les Byakuren étaient idéalisés car nobles de souche depuis des générations. Loin des barbaries qui bercent Hi, loin des traîtres qui gouvernent Mizu, loin de la lourdeur de Kaminari. Seul le pays de la Terre portait dignement son prestige. Avoir été dès ses prémices une puissance économique aidait, mais les possessions de sages les rendaient puissants et non pas jalousés. Un respect inné, gravé et digne.

- Nous avons un dernier présent pour vous Hime-sama

Une servante tourne son buste vers la colonne voilée qui dépassait tout le monde d'un bon mètre. Tu fais mine d'être surprise quand le drap révèle un cristal poli à ton effigie. Le travail était remarquable mais prévisible. Ils avaient gravé dans une pierre lunaire un visage qui ne t'appartenait pas, avec un sourire clément, bienveillant. Tes mains s'ouvraient au monde comme pour le recueillir. Yume la miséricordieuse. Si le message était diffamatoire, la qualité de l’œuvre ne dérogeait pas aux us du domaine familial. Les artistes regorgeaient de talents : te donner ainsi l'expression d'un ange gracile alors que la réalité était bien plus solennelle.

La matinée passée, les conviés s’éclipsent, disparaissent aussi discrètement qu'ils s'étaient infiltrés. Restent les servants, les gardes, tous prêts à reprendre leur routine quotidienne pour l'année à venir. Tu désignes alors la statue du menton :

- Vous pouvez la placer au jardin Est, merci

Personne ne s'exécute. Les regards s'emplissent d'une malice que tu ne comprends pas.

- Au jardin Est, insistes-tu en pointant du doigt la direction (comme s'ils l'avaient oubliée).

Toujours pas de réaction. Ils attendent, masquant des sourires qu'ils n'osaient afficher par peur de représailles. Un voile blanc s'avance, fige le temps. Masato lui même s’avance d'une nonchalance propre. L'envie te prends aux tripes de le rejoindre en courant, mais tes pieds restent enchaînés au sol comme les règles de bienséance l'exigent. Le père tend sa main, range une mèche rebelle de sa fille, puis s'isole de nouveau dans son statut de seigneur féodal. Une fraction de seconde aimante. Ni plus ni moins.

- Ma fille, te voilà prête à devenir une adulte accomplie

Adulte ? Oui tu l'étais. Accomplie ? Comment le devenir à ses yeux ? Tu penses avec amertume à tout ces hommes qui étaient venus se présenter plus tôt en courtisans maladroits. Tu imagines déjà le pire. Une alliance politique, une nouvelle prison, la fin d'un rêve qui n'avait même pas commencé. Masato sourit alors d'une manière que tu lui voyais rarement. Comme s'il lisait dans tes angoisses et en riait, en père taquin, et non pas en Daimyo hiératique.

- Une calèche t'attends dehors

Il se tourne alors vers les servants

- Vous pouvez amener la statue au chargement

Ils s’exécutent derechef.

- Bon voyage Yume

Ton expression peine à rester neutre. Une calèche, un voyage ? Tu n'avais pas eu l'autorisation de ne serait-ce que sortir de la maisonnée mère depuis des années. Alors... Sortir d'Iwa ?! Ton corps est happé par l'escorte avant même que tu puisses balbutier une réponse. La silhouette du Lotus blanc s'efface au loin comme une lumière qui scintille de jour. On te hisse dans un carrosse de bois et de tissus. Les chevaux hurlent leur soif de liberté et arrachent au sol le poids des roues. Ton visage sort et observe cette colonie ambulante qui se forme dans un mouvement régulier. Le vent et la poussière se lèvent à l'unisson, tes propres cheveux deviennent fouets, mais ton cœur n'a jamais été aussi exalté. Pour la première fois, tu franchissais des frontières invisibles. Pour la première fois... les dédales d'un pays sauvage s'ouvraient à toi.

Tu t'attendais à tout. Sauf à cette maison isolée au sud d'un petit village sans prétention. La résidence était flambant neuve et taillée avec un goût princier : Chaque parcelle de bois et de papier s'accordait à merveille avec son environnement. Un grand jardin, un lac, une forêt au bout. L'emplacement de la statue avait déjà été choisi car son piédestal était taillé d'une pierre similaire, placé au bord du lac pour qu'il reflète l'image de cette princesse divinisée jusqu'au ciel lui-même. Amadouée, déboussolée. La gosse devenue adulte se perd. Tu te perds. Dans ces allées encore neuves, dans ce jardin naissant, dans ce village inconnu. Ton père n'était pas le roi de ces terres pour rien. Il t'avais donné exactement ce que tu n'osais espérer. Un brin de liberté dans un anonymat contrôlé. Tu pourrais courir, tomber, rugir ou pleurer, ici, tu avais bien tout l'espace du monde pour le faire. Les gardes s'étaient isolés, mêmes les servants semblaient disparaître derrière les murs. Comme pour te laisser à toi seule ces instants que tu avais attendu pendant 18 ans. Te voilà Yume. Ni princesse, ni enfant.

_________________
Shiroi Kujaku — I am blooming from the wound where I once bled


Dernière édition par Byakuren Yume le Sam 21 Juil 2018 - 13:53, édité 4 fois
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Dim 1 Juil 2018 - 17:19
Lieu : Pays de la Terre.
An : Aux alentours de 202.

. : Breaking Bones : .



Comme à son habitude, la statue fut couverte d’offrandes, épais morceaux de viande et épices divines. Une forme incongrue, quoique étrangement neutre par sa surface lisse en argile mais disposant d’une aura qui semblait provenir des entrailles des terres enflammées. L’air ambiant était oppressant, des volutes épaisses de fumée blanchâtre et d’encens couvraient tant bien que mal l’odeur de la barbaque injurieuse. Homme pieux, tu priais.
À genoux.

Dans une main ; le fouet.
Dans une autre ; les saintes écritures.

Bref rappel des devoirs quotidiens au temple : a écrit:
1 - Brise le sceau menant à la statue de Jashin.
2 - Allume une torche pour marcher vers Jashin.
3 - Fais brûler de l’encens autour de Jashin et adresse-lui une prière.
4 - Lave la statue de Jashin.
5 - Recouvre la statue de nouveaux vêtements de la peau et bijoux de tes proies et dépose des offrandes.
6 - À la fin du jour, efface tes traces en partant et remets le sceau en place.


Point de voyeurisme ; il ne s’agissait là que d’un parchemin parfumé clouté contre un morceau de cèdre. Les saintes écritures restaient un mystère pour quiconque ne savait lire les anciens hiéroglyphes. Mais dans une folie partielle, ton instinct - ou peut-être bien un don des Dieux - t’avait permis de les comprendre parfaitement. Et il y a de cela quelques temps, ces dernières venaient d’émettre l’ordre de revenir sur tes pas, foulant de nouveau les terres sombres de Tsuchi No Kuni. Il y avait la réticence que tu avais à revenir sur ces collines rocheuses, l’animosité que devait verser Iwa à ton encontre te faisait mordre la lèvre inférieure, une pensée maudite lors de ta prière.
Plus de sang.
Mais moins de frères.

Car, malgré la folie qui s’apparait depuis des heures sombres de ta conscience humaine, il restait cette flamme, brève mais présente. Une neutralité totale envers un village que tu pensais foncièrement égoïste. Les Grands payeront, un jour. Mais la viande populaire avait un goût âcre, presque caillouteuse sous la dent. Il restait que, les mets les plus jeunes étaient des victuailles de qualité appréciable. La prudence était de garde, se faire discret était sûrement l’une des meilleurs éventualités. Les démons avaient déjà eu le goût du sang là-bas, dans les premières ténébreuses années dévoilant ton nouveau savoir. Et comme tu l’avais déjà dis, les Grands de ce monde devaient connaitre la déchéance assimilé à leur grade.

À l’aube d’une envie de viande forte, comme à ton habitude la plus perverse, tu étais parti en chasse dans les bois quelconques des alentours. Malgré le tableau macabre futur, en dépeignant peu à peu la scène, il était sûr sans doute aucun que tes dents jaunies par l’avarice de médecine non généralisée étaient capable de défaire n’importe quel muscle tombant sous tes crocs. Dans les quelques hauteurs boissées où la vue était plus ou moins dégagée, plusieurs déflagrations sonores attirèrent les estomacs des Dieux. Évite la damnation en mangeant. Chasse. Mange. Bois. Vomi. Saigne. Ris. Blesse.
Ton corps.

S’enfermant symboliquement dans une basilique mentale, tes démons intérieurs te fournissaient les clés pour croire en eux. Pour devenir un serviteur exemplaire au dos vouté, le sourire non pas faux mais sincère. Tu n’étais pas de l’homme simple, réel servant suite à un non choix. Il s’agissait de ta destinée, de servir les Grands d’un autre monde. Si l’enfer était un four enterré, alors tu avais la mission de fournir la matière première, puisant jusqu’à la plus proche bouche des portes des damnées : Au coeur de la terre des mortels. Les braillements étaient ceux d’animaux rapides, fuyant sinon galopant sous la contrainte humaine. Cela n’ouvrait que plus l’appétit des incubes, tu étais sur le bon chemin !

Tu avais suivi à bonne distance le convoi ; nul vraiment sûr de qui tu chassais, les épais chevaux conduisant les âmes déchues dans un endroit que tu pensais certainement bien éloigné de la civilisation. Le pays de la Terre, malheureusement pour lui, n’était pas encore une coalition d’une pluralité de villages surpuissants. Hormis Iwa, on ne notait que des villages mineurs plus ou moins peuplés, quelques patrouilles de reconnaissance, deux ou trois groupes de pseudo-héros qui se formaient et se détruisaient sous l’imposante balance du triomphe sur la Mort. Tournant autour d’un épais lac après être sorti de la forêt, tes pas se stoppèrent à la sortie de la gueule végétale, une vision presque paradisiaque face à la terre creusée, dissimulant certainement de nombreux trésors, anciennes offrandes et écosystème à part entière. Perdu dans les hauteurs, l’apparence méphitique ne coordonnait pas avec tes ambitions les plus profondes et malgré les épaisses dents safranées qui se dévoilaient suite à une pensée maudite, tu ne pouvais plonger tête baissée sur cette résidence. Folie vaine ; tu te pensais incarnation vivante du Destin. Celui qui hante le sommeil et qui ressuscite les peurs les plus… Profondes.

Le convoi passa devant tes deux pupilles sanguines ; dans ta course effrénée tu avais pris un peu d’avance, la bave acide au coin de deux commissures asséchées en manque d’hydratation saine. Véritable insecte géant aux pattes multiples, le convoi n’était pas attaquable en l’état. Les démons et les esprits malins à tes côtés, toute erreur pouvait être fatale lors du passage dans l’au-delà. Les cibles isolées restaient les meilleurs, charogne véhémente. En fin de file routière, tu pouvais percevoir une chariote solennelle, auguste et donc sans humain ; un épais drap ivoire recouvrant une masse se dévoilant brièvement telle une prostituée en manque de petites monnaies. Le zéphyr venteux soulevait partiellement ce colossal drap mortuaire opalescent, révélant alors ce que tu devinais, semble-t-il, être une statue aux creux argentés. Faux Dieu ! Hérétique ! Païen !

Statuette blasphématrice ! 

Ton sang ne fit qu’un tour.
Mais tu laissas partir le convoi sans attaque, le ventre grouillant de façon de plus en plus imposante. Tu n’étais pas assez… Fort. Jashin, aide mais ne finalise rien. Si un groupuscule de Ninja d’Iwa se trouvait dans le lot ou dans les environs, tes services envers les seigneurs maudits risquaient de prendre une autre tournure. Celui de la déchéance et du sang versé.
Le tien.

Te basant sur les sacrements des saintes écritures ; tu attendis que l’astre solaire se dépose au-delà de l’imposant lac, ce dernier reflétant les lames dansantes dorées de l’hélianthe dans les vaguelettes devenues rosâtres, reflétant les nuages antiques. Le crépuscule se formait à l’horizon et phébus regagnait sa demeure ; bien loin des ennuyeux et des périssables. Descendant des hauteurs, tes pas t’amenèrent à longer plutôt prudemment le pseudo lagon. Au loin, avais-tu réellement perçu une demeure ou bien la vésanie qui t’accompagnait depuis des années te jouait-elle encore des tours ? Qu’importe, tu avançais vers la figurine maudite, profanant la légitimité du Maitre Jashin sur ces terres rocheuses.

Sautons main dans la main dans les excavations souterraines. 

Tu accéléras le pas, l’herbe arrachée sous tes bottines écrasant terre sèche et vase du lac. Longeant les ombres des branches denses des sapinières et des boqueteaux, tu disparais de la vue de tous pour morfondre ton horrible corps lacéré dans les feuilles émeraude du lieu. Tu dépassas pour de bon le lac, tombant sur un gigantesque jardin aux diverses sculptures florales ; petit archipel romanesque.
Il ne manquait plus que la Princesse
Tu devenais le Dragon.

Sous les frémissements d’envie, tes cicatrices se défièrent, la matière filaire goudronneuse bougonna sous ta peau, formant quelques vagues béotiennes similaire à des vers dissimulés en deçà de ton épiderme. Il te fallut quelques prières de répit et un temps mort pour te remettre de tes démons, renfermant alors les gueules béantes. Ils avaient faim. Ils ne pouvaient plus tenir. Fonce avant d’obtenir ta rédemption. Fonce pour ta vie. Fonce pour ta faim. Fonce pour Jashin. Progressant hâtivement à travers le jardin, les nombreuses allées torturées de fleurs te donnaient plus de peur que de mal ; amenant odeur et senteur autre que les antiques encens que tu utilisais quotidiennement. Sans trop comprendre comment, tu te retrouvas face à ce qui semblait être le coeur de ce labyrinthe végétal. Un dôme léger de pierre et de bois ; une silhouette.
De dos.

C’était le moment.
Hachoir levé ; sourire carnassier.
Servante ou Princesse ;
Reine ou Esclave.
La fin sera la même.

Somptueux jardin que voici, tes cris sont des fleurs, ta douleur leur parfum ! 

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Mer 4 Juil 2018 - 11:21
BREAKING BONES
Feat Ryuketsu No Deku


Blooming from the wound where I once bleed

Il tranche dans une danse macabre, et l’ombre tombe dans ses propres effluves rouillées. De son âme, il ne reste que des morceaux qui cherchent à se recoudre. Là ou la lame a fendu, le cœur s’est scindé, panique, explose. Un regard qui termine sur toi ; Le shinobi a déjà oublié ses propres mœurs, il ne voit plus que toi, adossée sur un banc niché dans les herbes folles. Sa tête tombe à tes pieds, par mégarde, les salissant une première fois d’une couleur impure.

-COU… COURREZ !

Il n’a même pas le temps de prononcer des honorifiques que pour rien au monde il n’oublierait. Mais sa course contre sa propre fin décide pour lui de ce qu’il est en mesure d’hurler ou non. Un ultime conseil, presque un ordre. Un cri et un râle à la fois. Une alerte pour les autres et le glas pour son corps qui s’éteint. Devant cette flamme fébrile, tu n’as pas de réflexes : Ni ceux d’une princesse qui devait fuir (même pas pour elle, mais pour son titre), ni ceux d’une jeune adulte que le destin avait éloigné de l’art shinobi : la fuite. Un être banal et fébrile, un enfant bon à pleurer, mais qui n’y arrive même pas.

Ton corps reste sculpté de marbre sur son trône boisé, comme la statue opale, le visage tourné vers l’assaillant. Il n’a plus rien d’humain. Ni le corps ni les songes. Il baverait presque, en loup affamé, devant ses appels carnassiers. Aux plaisirs de chair, à la luxure, à son appétit. Des plaies balayent sa peau, en trophées douteux, en preuves banalisées d’une vocation barbare et sanguinolente. Etait-il né pour tuer où tuait-il pour naître ?

Un pas puis l’autre. Sa cible est universelle et peut prendre n’importe quel visage, le tien étant le suivant. Une posture qui reste droite, tes mains entremêlées évoquent un appel ou un réconfort charnel. Que faire ? Que faire.

L’écume rouge du premier assaut arrive finalement à tes pieds. Comme pour te réveiller, comme pour t’alerter de plus belle. C’était chaud, presque brûlant. Loin de la rouille glacée qui emportait les supplices et les amertumes. Loin de la mort illustrée, celle que l’on narre sans même l’avoir connue.

- Humain de la rage. Même une bête aurait plus de valeur que tes caprices sanglants. La bête tue par faim, par peur, par défense.. et tu n’as rien de tout ça.

Les mots cinglent comme s’ils pouvaient blesser, comme si ta chance résidait dans une joute verbale, comme s’il y avait du raisonnable dans cet être. Le scarifié s’approche, s’apprête à répondre à sa manière, lève à peine une main… Et se retrouve menacé de deux sabres croisés sous la gorge.

Des renforts tardifs, hébétés de voir leur collègue au sol et les pieds de leur princesse maculés de sa sève braisée. Ils frémissent et menacent : Armes levées, genoux fléchis. Un geste suffirait à les faire bouger.

- Comment avez-vous osé…. ! Devant notre prin..

L’un se bloque, l’autre se détend. Evoquer la présence d’un sang royal n’était pas des plus judicieux, en ces temps où les assiéger par soif de pouvoir était devenu commun. Ils voulaient le prestige et la gloire. Ils voulaient des places qu’ils ne méritaient pas. Ou ils voulaient tout simplement tout détruire, qu’une égalité impartiale mette tout le monde à genoux, y compris les rois et les reines. Cette monarchie effrayait, car elle donnait les conseils, qu’on transformait alors en ordre. Un mot des Byakuren, en ces terres, pouvait briser un nom et son futur. S’en prendre délibérément à vous, c’était donc en vouloir assez au passé pour vouloir briser le futur, pas juste de votre principauté, mais du pays entier que vous représentiez.

- Fuyez… FUYEZ !

Le sang avait eu le temps de devenir tiède. Assez pour t’arracher à la prison marbrée qu’était devenu ton corps. Un pas puis l’autre, t’emportant vers cette forêt qui semblait la seule issue intègre. Des feuilles sauvages, des pieds qui quittent leurs souliers, les premières griffures par les haies fauves. La course commence.

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Shiroi Kujaku — I am blooming from the wound where I once bled


Dernière édition par Byakuren Yume le Mar 17 Juil 2018 - 21:15, édité 2 fois
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Jeu 5 Juil 2018 - 2:19
Lieu : Pays de la Terre.
An : Aux alentours de 202.

. : Breaking Bones : .



Couper.
Bouffer.

Transe et émoi ; coeur battant la chamade lorsque acier entaille barbaque. Que trop peu de résistance, les suivants seront plus nerveux. Le muscle sera raide mais la course que t’offrait le labyrinthe de buissons pouvait être comme un cache-cache enfantin. Ils aiment jouer ! Chasse égale à dégustation. Tes prunelles s’enflammèrent dans un élan de convulsion lorsque l’éclaboussure décisive maquilla ton visage en camouflage guerrier. Langue contre lèvres, maigre récolte d’un avant goût qui s’annonçait particulièrement gourmand. Le goût des habitants de la Terre semblait connaître un murissement efficace. Peut-être avais-tu bien fait de partir quelques temps ; que les Grands soient bien heureux de leur choix. Ils t’avaient guidé jusqu’ici ! L’instinct, l’appel de l’hémoglobine. Ventre grinçant comme chaque nuit. Voix et déflagrations toujours plus forts dans tête.
Éclatée.

Le hachoir se planta plusieurs fois, s’enfonçant plus profondément à chaque coup. Corps renversé contre sol, toi au dessus sur torse ouvert. Main plongeante dans baie sanguinolente, attrapant au hasard ce qu’il y avait à prendre. Main contre bouche. Bouche contre torse. Viande dans estomac. Les Infinis sont ravis ! Ce n’était pas le hurlement du pauvre qui t’arrêterait, à défaut, cela t’offrait une digestion relative entre le premier et le second. Puis le troisième, jusqu’au dernier. Reptilien, ta vision totalement brouillée par le plaisir qui parcourait l’entièrement de ta colonne vertébrale, l’oubli gagna ton esprit brumeux pendant quelques secondes. L’entourage tomba peu à peu dans les ténèbres, Atlante boisé coulant de ta conscience. Carmin. Corps. Crevasses. Chimériques. Les percutions du hache-viande contre le garde comme seul réceptacle auditif. Trépassé dont l’âme n’était pas assez punie.

La scène te sembla être une extase incommensurable ; peut-être avait-elle seulement durer quelques secondes ? Ton esprit enfermé comme dans une prison volontaire, les heures te semblaient être un tableau scolaire effacé ; volontairement sombre. Ton jugement était une ardoise noire. Elle est donc complémentaire ; et la complémentarité se retrouvait chez les humains. Au coeur des humains. Une berceuse lyrique te sorti de ta trompeur, toujours au dessus du cadavre, mains emplies de porc belliciste et pupilles ivoires.

… J’ai faim.

Tu tournas lentement ta tête vers la prisonnière impériale, ouvrant ta gueule tel un gourmand du Troisième Cercle. Quelques cicatrices faciales se défièrent, disloquant alors la mâchoire à l’aide de la bénédiction des Dieux, les saints fils torturés. Gouffre sans fond, un épais bruit roque semblait provenir des tréfonds des lacs aux âmes perdues.

J’imagine que j’ai donc assez de valeur pour te tuer ? 

Couper.
Bouffer.

Les amas amassées dans tes paumes finirent au sol, souillant l’herbe éthérée. Proie. Pubère. Vierge. Volaille. Meilleure. Amuse-gueule de qualité, le goût du cerbère déjà dans l’oubli, Maitre réclame plus ! Ils avaient oser construire une statue. Sculpture hérétique, les religieux devaient donc être punis ! Tu es celui qui est. Rien de plus. Tu dois être comme Dieu. Et maintenant, Dieu a besoin. De. Manger. Comme possédé, ton enveloppe corporelle se releva immédiatement sous la nouvelle envie. L’argument en métal revenant sur le devant de la scène de théâtre, acteur principal guidé par les créateurs, tissant des fils de marionnettistes invisibles. Il sera bientôt de nouveau tâcher de sang. Dans un énième frisson de plaisir non contrôlé, ton Jiongu disparu, les fils noirs reprenant leur emplacement d’origine, ressoudant une chaire qui semblait jaunâtre, peut-être en putréfaction ?
Un pas après l’autre.
De plus en plus.
Proche.

Prin… 

Alors que la froideur glaciale de la lame de l’ennemi secoua légèrement ta pomme d’Adam, les démons te hurlèrent la réponse : Jeune chien aveugle, ne la laisse pas s’échapper ! Elle nous est délicieuse, Jashin en personne la demande ! Belle pénitence pour une personne de son âge, Dieu était donc aimant aujourd’hui. Que bien lui fasse, servir les miséreux des pandémoniums n’étaient plus de ton rang. Depuis bien trop longtemps. Laisse là donc fuir, de toute façon tu la rattraperas bien aisément. Son parfum guidera tes pas ; similaire à aux encens à l’ambre noire et au Bois de santal. Sans prévenir, ton bras se disloqua et fut propulser dans le ventre du premier garde. Entre deux morceaux de chaire, on retrouvait un amant de filaments noires, similaire à des anguilles suintantes hors de l’eau. Sourire épais, tu te laissas distraire une demie-seconde, bien assez pour que ton second adversaire ne tente un coup de sabre croisé qui t’attaqua amèrement, le bloquant à l’aide ton autre bras, tant mieux que mal. Le coup était direct, la lame avait creusée la peau, sang coulant comme miel brûlant. Mais le gueux était bloqué. Plaçant ta paume derrière sa tête, un coup violent frontal contre son visage : Il tomba net.

Tu avais subi des dommages mais il n’en restait qu’un. Le bien heureux, c’étant remit de sa première blessure avait eu le culot de se tenir de nouveau debout, face à toi. Le sabre tremblant mais en l’air.

Ça sera un sacrifice inutile, je vais devoir me repentir après ce meurtre… 

L’homme fonça, comme de la chair à canon. Tu voyais là tout le pouvoir des instances Ninjas et des principautés royales et impériales. Dressant des âmes perdues en quête d’une réalité qui n’arrivera probablement jamais. Contrant comme tu le pouvais une lame, comme la première fois, à l’aide de tes bras, ça ne faisait que des cicatrices en plus. Et donc, une possibilité de plus de pouvoir tuer des gens. Propulsant ton bras dans un énième sourire carnassier, ta main agrippa la gorge de l’irréconciliable. Serre. Serre encore. Plus. Plus fort ! Encore.
Corps contre sol.
Fin.

Couper.
Bouffer.

Sans plus attendre, tu disparus dans la même direction que la demoiselle, filant à sa rescousse. Princesse recherchant son Prince, tu occupais le rôle du Dragon avec le plus désarroi qu’il puisse t’incomber. T’engouffrant dans les profils plus sombres, morale devenant de plus en plus absente. Retraçant le parcours de la libellule opalescente, tu ne tardas point à tomber sur les affaires de la colombe affaiblie. Géométrie sacré ; tu avais soif de savoir. Et faim de viande ! Elle ne pouvait pas courir indéfiniment, une racine contre le genoux, un poumon trop affaibli. Un peu au hasard, trois Kunais furent déployer et envoyer dans les halliers végétaux suivis de quelques bruissements. Sans t’en rendre compte véritablement, vouant un culte à la douleur comme un raffinement ultime, tes commissures sanglantes sifflotèrent.
Comme une messe.

Promenons-nous dans Iwa
Pendant que Jashin n’y est pas

Si Jashin y était
Il nous mangerait

Mais comme il n’y est pas
Il nous mangera pas

Jashin y es-tu ? Entends-tu ? Que-fais tu ?

Une nouvelle silhouette.
Un trajet sûrement classique, tu pris un peu de hauteur dans les arbres. Revenant en chasse, âpre bêtise que de se presser ! Mais l’envie était forte, comme une forme sombre et dense, comme des escaliers qui s’entrecroisent, tu devais. Tu ne devais pas. Tu devais. Frappe ! Evangéliste écarlate, frappe et soit béni. Tu ne pouvais pas la voir, aussi gracile soit-elle dans la perte et l’anéantissement.
Premier essai.

Tombe, hérétique ! 

Corps expulsant Jiongu.
Main dirigé vers talon d’Achille.
Babines acides.
Répulsif ; Hydre s’interdisant rien.



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Ven 6 Juil 2018 - 11:04
BREAKING BONES
Feat Ryuketsu No Deku


Blooming from the wound where I once bleed

Il avait mordu, arraché, dévoré. Devant toi, ici. En ces terres anonymes, sur ton pays. Il avait mangé l’autre. Comme s’il voulait te montrer, se justifier, comme pour dire « Si je les mange, ce n’est pas criminel » Mais il t’avait seulement convaincue sur toute l’hérésie berçante d’une chasse à l’homme. Toi l’aveugle, toi l’occultée par un palais d’argent. Te voilà devant une des fenêtres du monde, et sa lumière est brûlante, tes prunelles en fonderaient : A l’image de la graisse qui tombe, des entrailles qui remontent, de la chaux ocre qui était censée les maintenir en vie. Le balafré venait de transformer un être humain en une vulgaire masse de carmin. Le dégout fait place à l’intrigue. Il n’y avait nulle hérésie à tuer pour manger ; mais son regard qui ne quitte pas le tien pendant l’acte affirmait qu’il n’était pas question de satiété propre. Il avait une faim intarissable, et aucun met ne saurait le satisfaire. Loin du carnassier. Il était dévot d’une appétence bien plus cruelle, bien plus sombre.

Pour que les bois deviennent tanière, il fallait les apprivoiser comme la nature les avait conçus. Tirés vers un ciel qu’ils n’atteindraient jamais, les troncs étaient trop élancés pour masquer une silhouette que la peur tient en haleine. Les rocailles sauvages n’avaient pas de contours dessinés, juste des brisures ça et là, témoins de vie, témoins de mort. La mélodie macabre qui couvrait tes pas s’éloignait mais pas assez pour que l’horreur se calme. Le fer brisé, l’aqueux qu’on libère. Graves et aigus qui s’agitent comme des bestioles qu’on voulait garder au loin. Tu glisses une première fois dans ce qui devait être une rivière asséchée. Seule la terre et quelques pierres viennent repeindre tes soieries nacrées. La seconde d’après, tu es dans des herbes folles, celles qui n’ont que leur densité en force primaire : Ces feuilles esseulées seraient ridicules, mais elles envahissaient chaque parcelle sauvage comme une armée parée pour la guerre.

Les bruits cessent, ton cœur prend le relais : Il bat à la place des épées tombées, en tempo insolent, en représentant ultime de la survie. Ton corps est donc à l’abandon de ces fougères qui frétillent. Elles sont douces et coupantes à la fois. Leur résistance est nulle, mais elles sont l’aboutissement de ton chemin. Un pas de plus et c’était une brindille qui cède, la terre qui s’écrase, un galet qui glisse.

Un vent chaud se lève et fait vrombir les sifflements des arbres ; comme s’ils voulaient hurler pour toi. Comme s’ils t’alertaient du prédateur qui s’approchait. Tu entends sa ballade résonner à la manière d’une berceuse qui précéderait un sommeil éternel. Il s’amuse et se joue de la situation. Dominer, briser, dérober. En roi de la jungle obtus, il voulait se confronter avec une future reine de sang.

La sérénade s’arrête et laisse les feuilles arrachées terminer la note. Il ne reste que les bruissements, tes frissons, et le néant d’une traque. Comme le fauve qui se tait avant de bondir, une seconde durant. L’air se fend enfin, sous la pression, sous la vitesse. L’alpage s’affaisse sous un poids nouveau, la nature elle-même rend les armes et ta cachette est vite balayée par le mouvement transversal. Une chose difforme s’écrase contre ta cheville et la brise dans la force de sa chute. Un os qui craque, les chairs qui protestent. Il ne faut pas plus de temps pour que l’emprise devienne cachot, t’attirant vers les néants d’un homme sans loi.

La terre appelle à la terre. Ce n’est qu’en goutant son amertume que tes joues s’en rendent compte. Les premières peaux qui s’arrachent, qui cherchent à tout prix à trouver une accroche salvatrice. Mais il ne reste de la roche et des brindilles que les éraflures. Tes mains se perdent et subissent. Il n’y a plus rien pour te retenir.

La course s’arrête à ses pieds, il te laisse même le temps de retourner ton corps déjà asphyxié. Son bras est désaxé, planant dans les airs comme un morceau de pantin. Ses ligaments sont remplacés par une matière filaire, un abcès putride qui frétille comme s’il avait sa propre conscience. L’automate se désarticule, jubile à chaque seconde d’horreur qu’il pouvait te donner, ou t’enlever.

Un monstre à l’état pur, défiant les plus simplistes des dogmes. Une hydre vorace qui vivait selon ses propres vérités. Son monde voulait voler le tien. Aux affres les plus sincères, le corps répondait en honnête miroir. Tes mains ne cherchent plus une sortie, il avait clos la porte sous ton nez, mais une arme, un autre espoir. Mélange de rouille et de larmes naissantes créent un hybride de caractère : Une certaine colère, un désir de sermon. Tu lances alors des pierres comme pour montrer l’exemple et lapider le vipérin. Il était condamné, tout autant que toi. Damné par ses mots, hanté par ses maux.

Au fond, très loin, le premier pétale tombe.

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Lun 9 Juil 2018 - 0:44
Lieu : Pays de la Terre.
An : Aux alentours de 202.

. : Breaking Bones : .



Ce craquement.
Cette joie.

Un épais sourire démoniaque orna ton visage ivoire lorsque ta main, alors propulsée par tes talents méphistophéliques, réussi à prendre en otage la cheville de cette créature de cristal, semblant si fragile et innocente. Pression malsaine, tes doigts aux ongles arrachés se refermèrent sur ta cible, écrasant sous le poids des tentacules hâlées sa cheville, se propageant tels des vers se nourrissant d’une chair à l’abandon. Lire comme une prophétie divine, au coeur de la peur de tes proies. Jashin et ses messagers arrivent, ils descendent des hauts cieux tourmentées, des tempêtes de sang et de brutalité, tels des cavaliers ! Ils viennent pour la viande… Pour le sang… Pour l’envie. Pour le meurtre. Pour se nourrir. Cela tournait en rond. Cela n’avait ni queue, ni tête. Cela n’était qu’une boucle insensée et incessante qui tournait à l’infini. Il y avait aucune logique. Qu’importe les signes perçus dans les bosquets de brume, azurées par une étoile damnée, rien ni personne n’allait pouvoir expliquer ce qu’il s’était passé dans cette somptueuse niche familiale. Au vu de cette dernière, tu chassais les Reines des forêts. Des Grandes Instances ! Qu’importe, le faisan n’en sera que plus meilleur. Les Biens Éduqués avaient ce goût indescriptible d’intelligence dans leur veine. On ne refusait rien à une Princesse, après tout.

Tirant son corps vers une tanière imaginaire, à la manière des araignées, tes jointures s’affolèrent brusquement sous l’appétit. Le contact de la peau. Cette élégance dans le toucher, la sagacité dans le regard, dans le nerf. Une tendresse digne d’un nourrisson occupé au lait maternel. Ferme tes yeux, coquette féérie, une personne de son rang ne devait pas voir son propre massacre. Comme à son habitude, la viande désabusée tendait tant bien que mal de se défaire de son existence, fuyant la décomposition et la condamnation béate comme peste noire. Il y avait de la logique dans ses gestes, les mouches avaient toutes le même comportement, qu’importe le morceau d’excrément sur lequel elles venaient t’atterrir. Par conséquence, l’arachnide faucheuse n’avait plus qu’à défaire du hachoir, plantant ses crocs métalliques dans son martyr illusionné. Stoppant ta chasse, ton emprise se défit, caressant du bout de chaque doigt la moindre parcelle de peau de l’articulation impériale avant de la quitter pour de bon. L’animal ne pouvait plus courir, désormais. « Rituel. Rituel. » Encore ces échos. Encore ces envies. Encore eux. Encore. Ne lutte pas. Laisse-toi faire. Laisse ton guider.

Elle se bat.
De toute ses forces.

Il s’agissait de la rencontre de deux mondes opposés ; de deux univers alternatifs. Un cosmos régit par la dureté et la véracité de la vie. Tandis que l’autre, placée sous la protection maternelle de la divine Lune ; habitait une prison d’or et d’argent. Cette conjoncture venait de briser deux droites tangibles qui s’efforçaient à ne jamais parvenir en collision. Le résultat était là, quelques atomes sanguins sur une tenue abondante et mondaine. Dans une déflagration de désespoir, de bref cailloux et pierres coupantes. Les Iwajins et leur attachement à leur territoire, s’en servir jusque dans la mort. Alors tu ricanes. Tu ricanes et tu ne bouges pas. Une pierre. Puis une autre, puis une troisième. Malgré la bonne précision et le mal concret que pouvait créer l’ardoise sur ta peau noircie, ton enveloppe corporelle ne bougeait pas. Ta tête et ton esprit légèrement décalés sur le côté, pendant nerveusement dans le vide. Sourire carnassier. Sourire anthropophage, balayant toutes les universalités des villages Shinobi. Ce monde était fou. Mais certainement pas autant que toi. Alors observe là. Perdre pied dans la démence, dans la non compréhension, dans ce vertige et ce saut du défunt dans la couardise.

Les Dieux veulent ton nom avant leur appétence. 

Ils hésitent.
Peur d’un lithopédion.

Crainte gourmande de se délecter d’une viande n’ayant point eu le temps de mûrir. Certaines barbaques, dans le cadre exceptionnel d’ultimes conditions divines, avaient la bénédiction de mûrir. C’est-à-dire que les Grands souhaitaient ne pas mettre fin au bétail. Toutefois, la faim restait présente. L’envie de n’avoir qu’un seul échantillon. Fiévreuse comme une statue de cire, ton avant-bras se ressouda. Dans une mélodie cadavérique, les appendices barbares disparurent, ne laissant aucune trace de leur passage, si ce n’était un corps meurtri, subissant maladies ineffables et folies providentielles. Quelques flash parcoururent ta conscience, comme si, ils communiquaient avec toi ; te demandant. De goûter. Même si, l’indécision les gagnait. Même les plus grands semblaient mystifiés devant cet être. Pantin. Tu n’as peut-être plus de Kage à subir ; mais le gourou des tous puissants et bien pire que la mort que l’on ne sèment sur le champ de bataille. Un sursaut. Les ordres ! Les saintes dictatures arrivent ; goûte. Frappe.

Hachoir planant sur oeil.
Crocs creusant dans hanches gourmandes.
Mimique désabusée ;
Corps tordu.



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Mer 11 Juil 2018 - 12:28
BREAKING BONES
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Blooming from the wound where I once bleed

L’étreinte se resserre ; Plus fort, proche, tout proche de la mort. En serpent qui asphyxie, en prédateur sans venin, il use de ses talents les plus enfouis pour faire comprendre qu’il n’avait plus rien de rationnel. La démesure, dans son hachoir barbare qu’il colle contre ta joue, dans ses crocs qui salivent en attendant leur heure. Tes maigres bras s’embourbent un peu plus dans la toile charbonneuse qu’il avait tissé. Il était loup, serpent et araignée. Métamorphe sculptée pour la chasse, pour les plaisirs de l’horreur.

Il avait parlé de Dieux avant que tes yeux ne sombrent dans leurs propres tanières. Clamant un nom qu’il n’obtiendrait jamais, parce qu’il ne lui servirait pas, parce que ton souffle avait cessé d’obtempérer.

- … Tu… ne….mérite pas mon nom.

Défiant ses croyances, ses vérités, son autorité.

Il renforce alors sa pression sur son outil de cuisine ; il prépare la viande. Un premier hurlement qu’on t’arrache en écho à la peau qui se fend, qui s’ouvre au monde. Une vallée de carmin s’évade alors, rose chair, rouge sang. Un mélange subtil qui se dessine le long d’une paupière transgressée. Tu pourrais presque voir l’œil clos : il avait créé une ouverture pour que tu sois spectatrice de ta propre dissection. Première ombre pour le repas. La vision s’opacifie, il y a maintenant trop de vin humain qui s’y entasse, tellement qu’il s’enfuit le long de ta joue avant de s'écraser au sol.


Le feu, le froid. Des spasmes viennent secouer ce qu’il te reste de fonctionnel ; une jambe, un œil alerte et un buste piégé sous le poids de la bête.

Pendant que le fer continue son chemin le long de ton œil, un nouveau frisson devient meurtrier. Tu sens l’émail qui s’enfonce, la salive, tes chairs qui cèdent de plus belle. Il arrache d’un coup sec le peu de matière que ta hanche puisse donner ; limant jusqu’à l’os une silhouette qu’il voulait squelette.

- AH. AAAAAAAAAAAAAH

Chaque seconde devient éternité. Dans la douleur et les pleurs. Dans les cris et la terreur. Dans son regard qui se délecte, dans le tiens qui s’éteint. Des larmes qui se mêlent à la rouille, aux abois d'un cœur qui s’émiette. Il avait marché dessus, t’avais brisée. Tes bons sentiments, ta confiance, tes croyances : il les avait pillés. Fossoyeur du désespoir.

Ton souffle se fait plus lent, tes membres plus lourds. Pouvait-on mourir de la peur ? S’éteindre, tout simplement, avant que le mal ne devienne intolérable ? Crucifiée à vif, consumée par la convoitise et la faim. La fin… ou le début.

Le monde réel s’arrête là. L’inconscience prend le relais.

►►►

Un soleil te berce de sa chaleur. Tu es incapable de bouger mais la peur a disparu. C’est un landau qui t’entoure et non un linceul. Les visages de tes parents s’y plongent et ravivent une paix oubliée.

- Le portrait craché de son père
Le concerné sourit en conséquence, mais rectifie ;
- Non, elle a tes yeux
L’autre glousse avec douceur et acquiesce.

Tes deux bras se libèrent enfin et veulent les rejoindre : Mais ils ne sont guère plus grand que ceux d’un nouveau-né. Ils touchent alors le vide, ayant pour seul réconfort l’effet d’optique qui te donne l’impression de les enlacer pour de vrai. Cet appel, ils l’entendent, ils le sentent, et leurs mains rejoignent les tiennes, t’enveloppent enfin. Un cocon doux et chaud. La peur est loin, la solitude aussi. Le sommeil t’emporte avec tendresse.

- Yume... Yume, notre rêve.

►►►

Premier éclat. Une pierre qui n’en est pas une. Une rose glacée, des pétales qui naissent et te bordent. La lumière se disloque et s’éparpille, illuminant en feux multiples les bois dormants. Une nuit étoilée de plein jour ; un cocon de cristal qui se forme. Ce joyau dont tu es l’épicentre. Les spectres de lumières se divisent et teintent la scène des milliers de couleurs qui sont en réalité les composante d'une seule : Le blanc.


Une chrysalide, seule réponse à la violence.
Que fera l’animal, maintenant ?

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Dernière édition par Byakuren Yume le Mar 17 Juil 2018 - 21:14, édité 2 fois
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Sam 14 Juil 2018 - 10:52
Lieu : Pays de la Terre.
An : Aux alentours de 202.

. : Breaking Bones : .



Viande.
Viande.
Viande.

Ta langue serpentine s’enroula autour du morceau, telles deux antennes d’insecte ton muscle découpée se délectait du nectar gastronomique que cette petite t’offrait. Les Bienheureux sont ravis, ce simple avant goût suprême les conduit dans des extases différentes mais non superficielles. En même temps que tes crocs mâchent avec ardeur le nerf meurtri, tu les perçois ! Dans leurs hautes tours d’os et de brume sanguinolente, ils festoient tels des goules ! Oui, les milles récompenses arrivent ! Tu l’as enfin eu, ce sang. Ce liquide ambré, cette composition presque angélique. Malgré l’épais nuage de colère et de rage qui recouvrait partiellement cette impératrice, tu entrevoyais puissance et haut rang dans cette lignée, dans cette crevasse de chair abandonnée et d’hérédité noiraude. Il en fallait plus ! Les Démons veulent d’une bonne récolte ! Tandis que certains, à contrario, après avoir eu le met entre leurs griffes ont lu dans les vaisseaux sanguins et les ligaments meurtries, un potentiel génétique incroyable. Une qualité de viande ayant la possibilité d’être digne de la plus belle des exaltations spirituelles. Certains veulent attendre... Mais tu avais faim ! Le précédent du garde était acrimonieux, un porc nourrit au déplorable blé d’Iwa, à croire que les esclaves n’avaient que peu de reconnaissance. Cela te rappelait que trop bien les villages militaires, les chairs à canon des maudits et des bureaucrates.

Main écrasant hachoir.
Contre œil.

Sentir l’épiderme se fendre en deux, laissant à l’air libre l’intérieur de la personne, ses secrets les plus inavouables. La reine vache bougeait, elle s’agitait mais rien à faire. Le poids du Pandémonium sur tes épaules développait ton Jiongu de manière exponentielle, construisant peu à peu un vénérable démon difforme. Les filaments épais étaient le reflet de ton excitation et de celui des Dieux ; digne d’une apothéose gustative. Observe bien le visage des démons petite libellule, car lorsque les messagers devront peser ton cœur pour l’accès aux réalités illusoires, il devra être pur. Non taché pour sa sève ébène aux reflets du soleil sanglant. Œil contre œil. Vision perverse contre vision terrifiée. Un transfert des envies, celui de l’échappatoire contre celui de la survie. L’histoire sans date de la nuit des temps. Le chasseur et le chassé. Rien ne pouvait être fait contre les lois de la Nature, aussi abusives soient-elles. Le râlement de peur fit fuirent les animaux des environs, renforçant ton empreinte sur elle, renforçant le goût de son être, comme un point d’honneur - Ou d’horreur ? - à la perfection.

Je t’aime.
À la folie.

Ton enveloppe corporelle fut repoussée par une puissante émanation de Chakra, l’acier oxydé du hachoir s’arracha presque tendrement du visage de la princesse à la crinière opalescente. Les Dieux ne l’avaient pas prévu ! Une épreuve, cela serait-il une épreuve ? Sans comprendre véritablement ce qui se passait, presque sous l’effet de la peur, les nombreuses tentacules visqueuses retournèrent dans tes cicatrices, ressoudant alors tes membres et ton être à part entière dans un flot sanguin et sanglant. Peau putride par les manifestations religieuses, fouet administré à soi-même pour atteindre un Nirvana désolé, solitaire. Absurde. Surpris par ce moyen de défense presque angélique, tu fus obligé de quitter le corps de ta victime, de reculer. D’un pas. Puis un deuxième. Obligé par le saut arrière, regardant l’épaisse forteresse aux reflets impériaux, totalement impuissant. Fronce les sourcils, croise les crocs, pleure face à l’impossible.

Protège-toi autant que tu peux, Jashin fauchera ton âme dans ton sommeil le plus profond et le plus agréable ; au bord de l’extase ta vie appartiendra au Grand des Grands.

Similaire à la tortue des plateaux rocheux d’Iwa ; l’animal s’était retranché dans sa carapace, monde indestructible aux milles fantasmes. Rien ne pouvait défaire cette gloire à la protection, le hachoir rayant à peine le Chakra modélisé selon le bon vouloir de cette gamine. S’agissait-il d’un Shinobi s’ignorant ? Faire des suppositions sur une proie que tu traquais depuis bien trop peu ne menait à rien hormis la déchéance intellectuelle. Un festival de râle et de tentacules s’écrasant comme liberté dans village Ninja, avec fracas et inutilité.

Le visage aigre et la lame désabusée, tu marquas de ton propre sang - Après une entaille béante volontaire au hachoir rouillé - l’épais cocon de cristal. Avec une étrange neutralité, tu traçais alors l’inimaginable triangle symbolique accompagné de son cercle infini. Le symbole mystique, suintant et coulant sur face verticale de la prison volontaire. Posant ta main au centre de l’horreur, tes doigts se divisèrent laissant apparaître de nombreux filaments noiraudes, enveloppant le cocon. De transparent et visible, le château était devenu planète informe de charbon où le soleil ne se levait plus. Seul ta voix ressortait de ces ténèbres.

Princ...
Princesse.

Je béni cette viande du sain sceau Gourmand. Patience et maturation dicteront dorénavant la conduite à suivre. Lorsque le temps sera venu, Princesse, nous nous croiserons.

Sourire édenté.

Et je te mangerai.

Entièrement.

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Mar 17 Juil 2018 - 18:56
BREAKING BONES
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Son sourire est biaisé par la timidité ; il porte le bonheur dans son regard et la pudeur le long de ses joues. Pupilles enjouées, fières et tendres. Il te voit grandir et s’autorise un instant de répit. Dans les champs, dans les fleurs, loin de tout. Son manteau nacré est tombé pour laisser à ses membres l’amplitude d’une course endiablée. Un cache-cache sans refuges, juste vos pas et vos cris. La mère est au loin, assise avec grâce et regarde son époux et sa fille jouer comme deux enfants.

Première goutte. Sa tiédeur apaise la surchauffe de ton corps, réveille des réflexes instinctifs ; Ton visage se tourne vers les cieux. Tu vois enfin leurs caprices qui arrivent. Un orage d’été, ses nuages sombres et les puissants rayons qui ne veulent céder leur place. Ombres et lumières jouent alors un duel encouragé par le vent qui se lève, qui soulève. Deuxième goutte, premier éclair. Il ne touche pas le sol, serpente simplement le coton de pluie qui domine ; faisant briller d’une lueur froide son couvent. Son hurlement sourd n’arrive que quelques secondes après le flash. Un rugissement presque bestial, celui qui fait vibrer le cœur et l’électrise sans même le toucher.

Votre jeu s’arrête là, ta mère indique qu’il est temps de rentrer. Elle fait signe au loin, levant une main gracile. Un retour sous une pluie battante, une douche chaude, un lait au miel : C’est ce qui t’appelait, c’est ce qui devait arriver. C’était la routine et la douceur de ton monde.

Mais tout se brise. Un éclair pourfend l’air, à la verticale cette fois-ci, et vient irradier l’index de ta génitrice comme si elle avait elle-même appelé ce coup. Dans un fracas, le sol brûle ; le corps aussi. Le bruit n’avait plus de latence, il avait frappé aussi fort que le ciel lui-même. Aveugle sur le moment, déboussolée, tu n’aperçois plus qu’un horizon flouté par les braises, bien vite écrasées par la pluie.

Tu n’as même pas la force et la raison de reprendre la course ; L’absence seule d’une silhouette familière suffit à te faire vaciller au sol, puis chercher désespérément un réconfort auprès du seul être qui pouvait t’en donner à cet instant précis. Ton père s’était arrêté aussi, comme suspendu dans les airs. Sa statue se réveille quand un nouvel éclair frappe le sol à quelques mètres de vous. Il n’a alors d’yeux plus que pour toi ; t’indiquant le bâtiment le plus proche de la main

- Cours, cours !

Tu voudrais bien, mais tes pieds sont embourbés dans la terreur. Pourquoi les coups du ciel deviennent si fréquents ? Si violents ? Si… omniprésents ? Devant ta terreur, ton père accourt, en chevalier blanc, t’agrippant avec hargne dans sa foulée. Autour, le champ devient une mine en sommeil. Chacun de vos pas semblait déclencher les ardeurs endormies des entrailles terrestres. Des volcans qui ne demandent qu’à ravager, à sévir. Vos corps se jettent dans une petite demeure champêtre. Le tambour céleste ne cesse pas pour autant, il s’intensifie même, comme s’il vous prévenait que votre tour était venu.

- Protège-toi autant que tu peux

Une voix plus aiguisée, un ton qui jongle entre le conseil et la frustration. Obéissante, tu te réfugies sous une table qui ferait office de bouclier. Ton père, dont tu ne vois plus que les jambes, s’approche à son tour pour rejoindre la cachette.

- Jashin fauchera ton âme dans ton sommeil le plus profond et le plus agréable.

Ton sang se glace. Le visage qui se penche n’est plus celui d’un Byakuren, mais d’une chose difforme et masquée d’un sourire qui grimpait jusqu’aux oreilles. Du sang partout, sous ses crocs, sur la matière noire qui lui servait de masque.

Le tonnerre n’est plus électrique, mais fait de poings qui martèlent la coquille qui te protège. Des coups, un sourire sadique, d’autres coups, qui résonnent, qui brûlent, qui achèvent. La bête s’entaille elle-même, maudit, marque le verre d’un symbole nébuleux et promet de te dévorer. Il annonce son abandon éphémère, la récidive préméditée de vos retrouvailles ; le court répit qu’il t’accordait, de grâce.

Son corps disparaît, ne laisse comme vestige que du sang mêlé, des rouilles différentes. Il reviendra, mais t’abandonne pour le moment à tes propres horreurs, à ton cœur étriqué. Tes mains se posent alors sur le cristal froid qui te protège et t’emprisonne. Tu ne peux pas bouger, ton corps est scellé et fatigué. Ton sang s’y noie comme un noyau vital, teintant de l’intérieur un cocon translucide.

Tu n’as que quelques centimètres de marge qui te permettent à peine de glisser tes bras vers ton buste, puis vers ton visage tranché. La douleur qui dormait à cause de la peur explose d’un coup. Tes os sont brisés, ta peau tranchée, arrachée, dévorée. Il ne te reste que ton souffle saccadé comme témoin de vie.

La chrysalide devient oppressante, ses murs lourds, l’air rare. Étouffant dans tes propres peurs, tu commences à gesticuler, inconsciente de tes propres capacités, enfermées par elles ; Des coups de coudes, d’épaules, des chevilles (même brisées). Tu te débats contre toi-même : Gesticulant comme un nouveau-né qui peine à sortir de son cocon. Même tes cris angoissés sont isolés. Une course contre le temps et la conscience, la panique en unique réponse.


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Sam 21 Juil 2018 - 13:10

- Trois sachets, s'il vous plaît.
- Vous devez être un petit gourmands pour me prendre autant de bonbons ! Vous avez des enfants ?

Le visage camouflé par une imposante capuche, extension de cette longue cape qu'il s'était procuré il y a quelques temps, Yuki Noah se trouvait devant un stand nomade, une sorte d'épicerie qui vendait un peu tout et n'importe quoi. Depuis longtemps maintenant, il cherchait de quoi sustenter son besoin en saccharose, et heureusement pour lui, ce vieux marchand avait été pour lui tel une oasis, un signe de la providence. L'ancien shinobi des Brumes jetait un oeil intéressé vers les sachets de sucreries, tandis que le commerçant les pesaient sur une balance afin d'en estimer le prix. Si il avait des enfants ? S'il devait en croire la lettre que lui avait envoyé Chiryou il y a quelques temps maintenant, oui.

- Allez savoir.

Bien que le marchand n'était pas en mesure d'apercevoir le visage de cet Errant, il se doutait que prolonger la question n'était sans doute pas une bonne idée. Une fois l'achat effectuée, Noah tournait les talons, réajustant sa cape. Maintenant qu'il avait fuit non pas un, mais deux villages, il ne pouvait plus se permettre de se balader en toute liberté. Le moindre faux pas de sa part pouvait lui valoir de se faire traquer par le moindre shinobi en quête de fortune ou de gloire. Et même si l'idée de se dégourdir les jambes après cette "confrontation"à Murashigure ne lui déplaisait pas, ce n'était pas tant sa priorité à l'heure actuelle.

Il avançait, glissant une main dans l'une de ses poches, avant d'en sortir un paquet de cigarettes, en agrippant une, avant de l'allumer négligemment à l'aide du briquet qu'il tenait de son autre main, parvenant à renouer avec le tabac qui lui avait tant manqué durant son séjour à Iwa. Désormais, c'était les arbres qui s'étendaient à perte de vue. Où allait-il ? C'était une question pleine de bon sens, mais à laquelle il ne saurait apporter de réponse. Son visage était aussi impassible qu'à l'accoutumée, tandis qu'il continuait d'avancer, un pas après l'autre, ses cheveux d'ébène lui camouflant un peu la vue.

- Hmm ?

Quelque chose venait d'attirer l'attention du taciturne, qui vit son regard balayer le paysage alentour, un bruit étouffé lui parvenait aux oreilles. Fronçant légèrement les sourcils, il bifurquait entre deux arbres, avant de s'enfoncer dans cette forêt terrestre, laissant sa cape voleter au gré du vent derrière lui. Bientôt, le regard de celui qui s'était éteint, vit une lueur s'allumer dans ses yeux, pour la première fois depuis longtemps. Sans pour autant s'exclamer, il leva sa main à ses lèvres, retirant doucement la cigarette qu'il avait entre les dents. Face à l'ancien Kirijin, se trouvait un cocon de verre, ressemblant à s'y méprendre à la glace qu'il pouvait créer. Mais, il y avait plus étonnant encore.

Une jeune femme. Meurtri, et qui se débattait contre cette prison dont l'origine restait inconnue. Mais il n'avait pas vraiment le temps de se questionner. Sans un mot, Noah poussait un profond soupir, avant d'éteindre sa cigarette, la jetant à terre, puis d'effectuer quelques mudras, avant d'entourer ses poings d'une épaisse couche de glace. L'objectif maintenant, était de libérer cette fleur en pleine éclosion. Prenant un bref élan, il écrasait un premier poing contre le verre qui se fissura sous l'impact, sans pour autant céder. Haussant un sourcil, il notait tout de même la solidité du verre. Mais rien n'était indestructible, après tout. Continuant de frapper, le shinobi parvint rapidement à créer une brèche dans le cocon, qu'il continuait d'élargir, avant d'en faire un véritable trou, permettant à la prisonnière de s'en extraire. Tandis que la glace recouvrant le poing du fumeur se brisait à son tour, Noah tendait la main, incitant tacitement à ce bout de femme de l'accepter.

Pourquoi était-il venu ? Il n'était pas ici pour jouer au bon samaritain, il n'avait rien à gagner à la libérer. Mais, il n'avait plus rien à perdre non plus.
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Mer 25 Juil 2018 - 10:55
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Blooming from the wound where I once bleed

A la seconde même où l’air commençait à manquer, une nouvelle silhouette nait. Le retour d’une terreur muette ; tes poings cessent de marteler le verre. Le cocon, bien que translucide, floute et mélange les couleurs qui composent l’arrivant. Seule sa crinière se démarque, bien plus obscure. Ta réaction est pourtant la même que si le chasseur lui-même s’était retourné : Une horreur profonde, le dégoût et la rancœur. Ton père disait qu’il y en aurait des milliers qui voudrait te briser, pas pour ce que tu étais mais pour ce que tu représentais. Il avait fallu que tu goûtes à la saveur amère de la terreur pour comprendre enfin ces avertissements.

Derrière le mur de cristal, l’ombre s’agite. Impossible de discerner correctement s’il s’avançait par curiosité ou par appétit. Il frappe une première fois ta cage d’argent : Le bruit est loin de celle de la peau qui veut se confronter à la pierre. C’était un combat à arme égales : Fer contre fer, roche contre roche, verre contre verre. La chrysalide crisse et se fissure à chaque nouveau coup : à l’image de ton cœur qui se scinde de plus belle. La faille se transforme, à force d’acharnement, en trou, qui devient alors entrée comme sortie vers le monde.

Ton ultime cachette s’éteint ; dans un ruissellement de lumière, de pierres précieuses qui découlent en rivières multiples. Un isolement stoppé, une fois de plus, par le martèlement et la fougue des poings. La main qui se tend vers toi te donne l’illusion d’une menace. Tu l’imaginais déjà, entourant petit à petit ton cou, resserrant son étreinte jusqu’à ce qu’elle te prenne ton dernier souffle. Au lieu de cela, elle s’arrête, à mi-chemin entre les décombres du cocon et son issue. Planant paume tournée vers les cieux, en rempart tendu, en accroche suggestive : Il te proposait un appui, un soutien. Un réveil nébuleux, une méfiance et une curiosité : Tes prunelles fixent ces mains qui se veulent accueillantes. Une épaisse couche scintillante s’effrite et tombe au sol, faisant écho aux cristaux argentés qui s’effondraient de ton côté.

- C’est….

Tu n’oses pas en sortir, engouffrée par tes propres questionnements. Les plus novices shinobis comprendraient que ce qui avait entouré ses mains et ta couveuse étaient loin d’être composés de la même matière : mais leurs reflets étaient illusoires et ta connaissance infime.

- C’est vous qui avez fait ça ?

Suggérant qu’il avait voulu l’enfermer pour la délivrer ; l’hérésie illogique d’une situation. Tu demandais en princesse aveugle, déboussolée, dévisagée. La rouille recouvrait maintenant toute la partie gauche de ton visage et dégoulinait même au-delà. Du vin partout. Le diner sorti trop tôt du four.

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Mer 25 Juil 2018 - 11:15

- Accroches toi.

Ignorant délibérément sa question, même si elle semblait plus que légitime, Noah en déduisit malgré tout que, bien qu'il ignorait ce qui avait put se passer au sein de cette forêt, il était certain que cette femme n'avait été qu'une victime. Alors qu'il arrachait des bouts de sa capes, il la tenait dans ses bras, cette fleur en pleine éclosion, décidé à la soigner, sans même se demander pourquoi. Il aurait bien le temps de se questionner sur le pourquoi du comment une fois les priorités réglées. Sourcils froncés, visage vide d'expression, il se servait des bouts de capes en tant que compresse improvisée qu'il passait autour des blessures de la jeune femme, afin de stopper, temporairement, les saignements, le temps qu'il puisse retourner à l'auberge où il avait dormit la veille.

Se relevant alors, il finit par la prendre sur son dos, avant de pousser un soupir, et de se mettre en marche. Que devait-il faire, où devait-il aller pour trouver les réponses à ses questions ? Il l'ignorait encore, même si cette femme était aussi perdue que lui, peut-être en saurait-elle plus au moins. Allez savoir qui aidait l'autre finalement. Parvenant à sortir de la forêt après de longues minutes de marche, le Yuki balayait l'horizon du pays de la Terre qui s'étendait devant lui, avant de reprendre sa route.

***


Il était finalement revenu sur ses pas. Le propriétaire de l'auberge, alarmé en voyant Noah revenir avec cette femme meurtri, n'hésita pas à fournir une chambre ainsi qu'une trousse de premiers secours. Il ne s'y connaissait pas non plus en médecine, mais Noah n'avait pas tant besoin de ça pour le moment. Arrivé dans la chambre, il avait déposé cette femme sur le lit, avant de déballer la trousse, et de débuter les soins. Lui qui était shinobi, qui avait combattu tant de fois, il avait dut apprendre à se soigner, même s'il n'était pas très doué pour ça. Mais pour le bien de cette fille, il devait faire de son mieux... "Devait" Depuis quand, s'était-il donné pour responsabilité de lui venir en aide au juste ?

Quelques temps plus tard, une fois les soins apportés, il allait jetés les morceaux de cape couverts de sang à la poubelle, avant de s'allumer une cigarette, s'affalant le long d'une chaise, avant de pousser un profond soupir. Trop de temps avait passé depuis les événements de Murashigure, et il avait pourtant cette désagréable impression de n'avoir rien apprit entre temps, et rien découvert. Malgré tout, il était toujours en vie, signe qu'il avait encore des choses à apporter en ce bas monde. Au-delà de sa chevelure ténébreuse, le fumeur observait cette femme, se demandant comment elle avait put survivre. Ce qui était certain, c'était que ce cocon de verre n'était pas la cause de ses blessures... Au contraire.

- Elle a été protégée...

De qui ? Et qui était derrière ce cristal de verre, qui ne ressemblait à rien de ce qu'avait put voir Noah jusqu'ici ? Enfin, il y avait un temps pour tout. Et pour le moment, il pouvait bien la laisser se reposer un moment, au moins le temps qu'il finisse cette cigarette.
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Mer 25 Juil 2018 - 11:59
BREAKING BONES
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Blooming from the wound where I once bleed

En guise de réponse ; il force le passage. Sa main n’attend plus sagement mais saccage délibérément les tissus de sa tenue pour les transformer en bandages éphémères, en soins de premiers secours. Par ce geste, il transgresse les règles et tes questionnements ; ignorant même la question qui te taraudait. Sa place ici ? Ses poings d’argent ?

En appliquant les bandages, il ravive les feux de la situation : Tu avais une plaie béante à la hanche, le visage marqué par le fer, les chevilles brisées. Ton corps entier explose de douleur, puisqu’il ne lui reste plus que ça pour témoigner de sa survie. Tu retiens des cris, les étouffe par pudeur ; mais chaque centimètre de ta peau est une torture qui t’appelles vers le néant. Vu son empressement, la réaction devait être vive ; pour qu’il t’agrippe ainsi, te soulève comme une feuille automnale. Ta course termine sur un large dos, derrière sa crinière ébène.

On ne t’a jamais portée ainsi. Un étranger n’a jamais daigné te toucher, ne serait-ce que pour te saluer. Le vent siffle plus fort qu’à l’accoutumée ; il court d’une allure que tes prunelles ne peuvent pas suivre ; trop fatiguées, étourdies. Il était bien un ninja, et il t’emmenait sans même chercher à débattre, à se justifier.

Par confiance ou par épuisement, ton visage cède et roule le long de son cou. La lumière s’éteint. Il ne reste plus que ce nouveau parfum qui t’épaule ; Dans sa course folle, dans sa précipitation, il était devenu un nuage sableux qui te berçait comme un nourrisson.

►►►

Le réveil se fait dans des douleurs froides : celles des muscles raidis par l’effort et la stupeur. Les plaies ne viennent qu’en deuxième étape. Tout avait été recouvert et désinfecté avec soin. Tu te sentais juste comme un enfant paralysé par des fils invisibles. Tout ton corps tirait et se figeait dans ses retranchements, en statue de marbre.

Tu ne comprends que quelques instants après que tu n’es ni chez toi, ni en compagnie habituelle. Les brides de souvenirs refont surface, l’une après l’autre, et reconstruisent petit à petit la scène qui t’avais amenée jusqu’à ce lit de seconde classe. Une chaumière boisée, des vitres à peine nettoyées ; un soleil qui piquait du nez. Tu avais probablement dormi longtemps.
L’odeur de tabac ambiant t’interpelles, t’amènes à sa naissance : L’homme aux cheveux d’encre fumait allègrement devant toi en ne te quittant pas du regard. Il était assis sur une chaise, en garde serein, en sauveur curieux, ou en tyran mystérieux.

Par réflexe, tu t’embourbes au fond du lit, te collant aux murs, le plus loin possible d’un quelconque danger. Cet homme en était possiblement un : Tu avais vu ses poings briser ce que tes poings ne pouvaient même pas écorcher. Tu voyais enfin son regard carmin qui brillait d’une lueur imperceptible. Qu’attendait-il ?

- Qui êtes vous… Vous … Vous êtes de pair avec ce dégénéré cannibale ?

Sur l’offensive, comme le chiot aux pattes brisées, qui n’a pour espoir que des cris et des grognements. Tes prunelles cherchent issue facile ; du plafond aux fenêtres, de cette porte qui se trouve derrière lui : Oubliant jusqu’à tes propres incapacités. Ton cœur avait trop été souillé pour que tu ne t’imagines pas le bon côté des choses : Qu’il t’ait secouru, qu’il soit salvateur et non pernicieux. Confondant ombre et lumière, parce que ton monde venait d’être renversé.

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Mer 25 Juil 2018 - 12:15

Elle prenait son temps pour se réveiller, laissant à Noah le loisir de s'en griller une deuxième, et peut-être même une troisième. Au vue de la gravité de ses blessures, ce n'était pas tant une surprise finalement. Qu'est-ce qui avait bien put se passer, entre ses feuillages, sur cette terre immaculée, qu'est-ce que le regard de cette femme avait bien pu voir, pour finir dans une telle prison ? Il ne comprenait pas, mais il s'en souciait pas tant non plus. Noah était désintéressé, mais juste humainement curieux, malgré lui.

Les paupières de la blessée finissaient par s'ouvrir, interrompant le shinobi dans ses pensées. Ces yeux n'indiquaient aucune paix, et contrastaient bien étrangement avec la douceur de ce corps qui était le sien. Elle semblait jeune, mais cet iris semblait avoir vu des choses bien effroyables, bien trop pour elle. Poussant un nouveau soupir, il éteignait sa cigarette, avant de la voir reculer, sur ses gardes. Une réaction naturelle. Elle faisait face à un illustre inconnu, dans un endroit inconnu. Elle n'avait aucune attache, rien ici ne la rassurait, et c'était normal.

- Dégénéré cannibale... Hein ?

Se grattant la joue, le visage neutre de Noah se mit à réfléchir. Qu'entendait-elle par là au juste ? Etait-ce une curieuse métaphore pour définir quelqu'un dont l'ancien Kirijin ne savait rien ? Qui sait, en attendant, il devait gérer cette femme qui, si elle continuait de s'agiter comme ça, finirait par aggraver ses blessures.

- Bah, qu'importe... Ne bouges pas trop, tes blessures viennent à peine d'être panser. Je ne sais pas trop ce qu'il s'est passé, et je ne sais pas si j'ai vraiment envie de le savoir. En tout cas, profites de ce repos pour te restaurer. Je t'apporterais à manger quand tu le voudras.

Se relevant finalement de sa chaise, il plongeait une main dans l'une de ses poches, avant d'en sortir un bonbon, le posant sur la commode à côté du lit de la jeune femme, avant de tourner les talons vers la porte de sortie.

- T'as peut-être besoin de rester seule. Tu pourras partir quand tu te sentiras mieux.

Il n'avait pas de s'immiscer dans ces affaires. Sa vie n'avait plus vraiment de sens de toute façon. Alors, rien ne l'empêchait de sauver quelqu'un sans aucune raison, pas vrai ?
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Mer 25 Juil 2018 - 17:59
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Blooming from the wound where I once bleed

La tension retombe au fil de ses réponses : L’inconnu semble aussi perdu que toi. Dans ses questions, il y a les tiennes, dans son regard, il y a ton reflet. Morceaux brisés qu’on essaye de recoller : Vous n’êtes que deux enfants perdus dans un labyrinthe éphémère. L’une égarée, l’autre désintéressé. Il te propose un repas alors que tes viscères ne demandent qu’à ressortir et s’étaler là au sol, pour repeindre le sol de la seule couleur que tes yeux reconnaissent. Tes mains se détendent et libèrent les drapés qu’elles détenaient en captivité jusque lors. Le lit reprend son rôle de support, non plus de cachette improvisée. Il propose finalement de te laisser seule, seule à tes démons internes ; seule contre tout, seule contre rien. A défaut de partir sur le champ, il t’en donnait cependant le choix : Il n’était donc pas la menace mais bien la protection.

Un visage qu’on frappe perd forcément le fil de la logique. Tu voyais une sombre illusion derrière chaque parcelle neutre ou bienfaisante. Cet homme, malgré son allure rustre, était loin de trouver sa place dans le duo macabre qui venait de naître. Proie et chasseur, il n’y avait de place que pour deux personnes : Lui était intervenu pour congédier ce sort, cette fatalité. Une troisième silhouette qui donnait à ton destin une nouvelle issue.

Ton buste se redresse, ignorant les cris des chairs qui voulaient simplement paix et tendresse. Tu reprends une droiture noble (du moins tu essayes), une allure royale qui se jouait des drames et de leurs conséquences.

- Je… J’ai du faire une erreur..

Tu peine à t’excuser pour ces fausses accusations que tu venais de porter ; Après tout il ne semblait même pas comprendre à quelle immondice tu venais de le comparer. Il n’avait pas vu le loup ; grand bien lui fasse. Ton regard s’étale alors le long des tes bras bandés, et du reste isolés sous des draps à peine propres.

- Pour m’avoir sauvée, je vous remercie..

Ton visage s’incline d’un quart de centimètre, seules tes paupières s’abaissent, en guise de salut ; C’est ainsi qu’une princesse accorde sa grâce. Pas de gestes bruts, pas d’exagération, tout se jouait dans une subtilité héritée. Il t’avait tutoyée tout du long, c’était une première : personne au village (voire au pays) ne dérogeait à la règle des honorifiques en te croisant. Il ignorait simplement qui tu pouvais être, comme c’était ton cas envers lui.

- Sans ce… - Tu cherches tes mots, n’ayant aucune connaissance en matière de combat et de techniques qui en découlaient -- .. ce dôme de… de… Sans ce dôme je ne serais probablement plus de ce monde…

L’idée te fait froid dans le dos ; celle d’être dévorée vivante t’achèves silencieusement. Un repas humain, être transformée en vulgaire met pour un pariât, une bête vivante ; Tu avais plongé des cieux jusqu’au cœur même d’une terre en colère ; parce qu’au fond, la peur avait créé un trou béant, un vide que tu ne pourrais plus combler d’ignorance et de pureté. Le cannibale avait, malgré lui, creusé dans tes entrailles pour y faire une place pour de nouvelles amertumes : La méfiance, la colère, la faim.


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Jeu 2 Aoû 2018 - 14:09

Noah s'était arrêté au pas de la porte, les mains fourrés dans les poches, le visage éteint. Il en avait terminé avec cette jeune femme. Maintenant, c'était à elle de se reprendre en main, et de voler d'elle-même. Mais, il s'était arrêté, tournant son visage, déposant son regard vide d'expression sur cette voix fluette qui venait de reprendre la parole, pour s'excuser. Pourquoi devait-elle s'excuser ? Se sentait-elle coupable d'avoir pris Noah pour une personne mal-intentionné ? Ou bien s'en voulait-elle à elle-même d'être si faible ? Peut-être les deux, à tout bien y réfléchir.

- Une erreur ?

Les sourcils se haussèrent, la tête se penchait. Cette fille était étrange. Il lui avait fallu quelques minutes seulement pour totalement changer d'attitude. Ses mouvements, ses mots, tout semblait indiquer qu'elle n'était pas issue de n'importe quel famille paysanne du pays. Mais il était encore un peu tôt pour tirer ce genre de conclusions, elle pouvait aussi être juste bien élevée. En attendant, il trouvait sa réaction douteuse. Comme si sa garde s'était baissée d'un coup, sous prétexte que Noah s'était montré aimable avec elle. La fixant toujours, il finit par soupirer, avant de se décider à faire usage de sa voix.

- Qui te dit que je t'ai sauvé ? Je pourrais simplement être un sadique à te faire entrevoir un espoir, pour te briser plus tard. Ta garde se baisse bien trop facilement. Il me suffirait d'un clignement d’œil pour te tuer dix fois.

A quoi il jouait au juste ? Le fumeur n'en savait rien lui-même. Mais, cette femme n'avait pas de quoi survivre dans ce monde. Peut-être qu'elle lui rappelait un peu son lui d'avant. Son lui d'avant Alderan. D'avant d'être un shinobi. Son lui qui rêvait d'apporter une Paix universelle, et de découvrir tout ce qu'il y avait à trouver sur ces terres désolées.

- Ce dôme, n'est-ce pas toi qui la crée ?

Une hypothèse comme une autre. Si quelqu'un d'autre avait été à l'origine d'une telle création, nul doute que cette femme aurait tenté de vite partir pour la retrouver. Mais visiblement, son regard ne semblait qu'exprimer de la peur, cette peur de s'être retrouver seule face à un véritable danger. Retournant sur ses pas, l'ancien Kirijin s'était rassis sur sa chaise, à côté de cette jeune femme.

- Que s'est-il passé au juste ?
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Hier à 0:17
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Une passion malsaine, celle de lisser puis de tordre ; tantôt bienveillant, tantôt impulsif. Ton nouveau tortionnaire s'amuse avec ton cœur comme la lune se joue des océans. En marée haute, le feu au sang, la sueur froide. Tu apprivoises en princesse le monde des roturiers, de toute leur complexité. Il ne savaient pas répondre d'une simple affirmation ou négation, trouvant toujours le moyen de se montrer plus sinueux... Plus ambigu. L'étranger se compare à un manipulateur, te faisant ranger alors le peu de confiance que tu avais envie de semer. En piètre cultivatrice, tu jauges son regard comme le sien jugeait ton comportement. On t'avait interdit le Yuukan, tu comprenais pourquoi.

Il relâche une ultime nappe nauséabonde : Jamais personne n'avait osé fumer en ta présence. C'était vulgaire et indigne. Pourtant, lui le faisait avec nonchalance, ne montrant ni besoin ni plaisir à la tache. Une habitude morose, cruelle. Fumer pour oublier, fumer pour tuer le temps. A ses menaces supposées, tu n'avais rien répondu, estimant que s'il te voulait malheur, tes mots seraient aussi inutiles que dans ta précédente épreuve.

La malice disparaît de ses yeux pour faire place à une certaine compréhension. Ses mots parlent alors une langue qui te semblait nouvelle ; insinuant l’impensable pour toi. Un dôme crée de tes mains ? Qui avait manqué de étouffer à jamais aussi ? Impossible. Ce shinobi s'amusait encore à sortir des inepties sans fondements. Tu étais une noble aussi simple et pure que pouvait l'être une Byakuren de souche. Sans passé ni présent. Sans altercations ni particularités. Une grâce humaine, rien de plus.

Quand il se rassoit finalement pour te questionner sur la situation, tu comprends qu'il ne cherche plus à jouer. Il est curieux, comme spectateur de ton propre théâtre. Tu n'es pourtant ni comédienne ni scénariste ; tu te sens vide et creuse. Les sons ne résonnent plus, seule l’ironie faisait sens. Ton visage reste froid et vigilant là où il se voulait interrogateur.

- Vous... Vous n'avez vraiment rien vu ?

Insistant en proie stupide là ou tu étais désavantagée. Brisée en milles, tu n'avais de décent plus que ton autorité naturelle ; mais qui ne semblait pas l'influencer comme la plèbe d'Iwa l'était. Là où certains se seraient jetés à tes pieds pour les soulager de leur douleur ; l’inconnu te piétinait d'une assurance maîtrisée.

- Nous avons étés attaqués... Mes hommes.. Ils sont tous...

Tu n'oses pas prononcer l’ultime sentence. Pour ne pas l'avouer. Pour ne pas l'accepter. Le dire était comme le donner sens, approuver une faiblesse, retrouver la perte et l'horreur. Des crampes ravivées par le simple fait d'y repenser te font tourner le regard. Tu ne voulais pas montrer cette peur, tu n'osais même pas songer aux cadavres abandonnés là-bas. Leur sépulture laissée aux voraces bestiaux de la forêt. L'impudeur de ta survie. La fatalité de leur mort.

- … Un hérétique, un fou. Parlant des dieux pour justifier sa cruauté. Il ne faisait pas que les trancher, ils les mangeait vifs..

Tes mains se resserrent, tremblantes.

- Tout est allé si vite.. les soldats voulaient juste me protéger et pourtant...

A quoi bon ?

Une voix sombre, triste.

- Ils ont gagné du temps pour que les bois deviennent mon refuge.. Mais il était plus rapide. Et la suite vous la connaissez.

Tu fixes alors ses mains, celles que tu revoyais couvertes d'un verre bleuté afin de marteler ta prison. Tu songes alors à son intuition, cet aveu de tantôt. S'il avait crée ce dôme, il n'aurait pas eu à le combattre pour t'en défaire. Alors qui ?

Toi ?
Vraiment ?


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Breaking bones [PV Ryūuketsū no Deku & Yuki Noah]

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