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Fleur éclose PV_Konran Tenzin


Lun 25 Juin 2018 - 14:02
Alors que je fus reçu avec beaucoup de courtoisie dans le village de Iwa lors de mon recrutement (c'est de l'ironie hein), après plusieurs jours à déambuler dans celui-ci, je commençais à me demander ce que je pouvais bien ficher là. La joie, la paix, la bonne humeur, en bref, un endroit terriblement ennuyeux. Qu'est-ce qu'un mercenaire, un assassin à vendre avait à faire ici ? À croire que je ne convenais qu'aux lieux en proie aux guerres et aux misères du monde. Quand j'aspirais la paix un temps, je découvrais maintenant que celle-ci m'encrassait le corps et le cœur plus qu'autre chose. Il y avait bien quelques missions pour s'occuper et quelques rencontres intéressante, mais pas de quoi se faire le récit d'une épopée...

J'étais venu ici par opportunisme, et quoique la rencontre de certains shinobi m'avait troublé, rien de nouveau et d'assez stimulant ne se profilait derrière. Étais-je donc voué à assassiner éternellement ? J'en étais donc arrivé au point de ne plus savoir apprécier la quiétude à sa juste valeur. Comme si la paix, avait de ça en elle, qu'elle faisait passer à trépas les élans de la guerre et de la mort. Aucune soif de sang ne serait étanchée ici, rien que ne contenterait "l'autre" qui dormait profondément en moi, comme la primitivité prête à écharper la raison des grands sentiments.

Je craignais alors intérieurement, de comprendre et de devoir accepter que j'eusse été si bien dressé que je ne trouverai le repos bien qu'en ne faisant que ce pour quoi on m'avait éduqué, en tuant. Une ironie dont je me serai bien passé et que je savais inspiré par la solitude. Je marchais le plus souvent dans les rues, à observer et laisser traîner mon oreille, comme un vagabond. J'entendais les habitants parler de leur vie de tous les jours, du pain mal cuit, des enfants turbulents, des travaux de voirie, des histoires d'adultères entre voisins... Le commérage est l'occupation des gens sans quête, des gens simples, et la mine d'informations des meurtriers et espions comme moi.

lorsque je traînais dans les auberges et les restaurants, c'était encore la seule occupation que je trouvais. Pour ne pas éveiller les soupçons d'ailleurs, je me laissais le visage découvert, habillé modestement et élégamment, car je me figurai que la capuche couvrant le visage jusqu'à le plonger dans l'ombre ou un casque me ferait arrêter bien souvent par les shinobis en patrouille (surtout que je ne portais jamais mon bandeau). On me laissait assez tranquille, je supposais donc que ce choix fut le meilleur.

Un jour, je sortais plus tard, très tard durant la nuit, car je ne trouvais pas le sommeil, et je décidais de me rendre dans les quartiers un peu plus pauvre et mal famé de la cité. Iwa avait beau se targuer d'être une cité de paix, il y avait toujours, où que l'on se trouva, une part de la population plus défavorisée que l'autre. J'espérai peut-être trouver le genre de héros qu'on ne trouve pas dans les tombeaux, les héros pauvres, la vie, le malheur, l'isolement, l'abandon, la pauvreté, sont des champs de bataille qui ont leurs héros ; héros obscurs plus grands parfois que les héros illustres. Le genre d'endroit où je me sentais désormais le mieux, parce qu'ils me donnaient un sentiment d'utilité en vérité je le savais bien.

J'avais entendu dans les divers commérages, qu'un bar de ce quartier mal famé abritait une maison de jeu clandestine en sous-sol. Si de cela, je me fichais, j'avais entendu que dans celui-ci, le tenancier avait trois jeunes filles et une femme. Deux de ces filles étaient bien les siennes, mais la troisième aurait été laissée par sa mère, partit travailler dans l'espoir de pouvoir revenir la chercher un jour. Une histoire que je trouvais assez banale. La guerre forgeait les drames comme les arbres faisaient des fruits. Cependant, je voulais m'y rendre, car on disait que cette enfant était la douceur incarnée, une douceur équivalente à l'innocence que j'avais rencontrée chez d'autres quand j'arrivais à Iwa. L'innocence, rien de plus sacré à mes yeux, ce que je cherchais à protéger par tous les moyens et certainement la raison qui me faisait me rendre à cet endroit. Un endroit assez discret et bien tenu quand j'arrivais à la devanture, et cela était confirmé quand je pénétrais à l'intérieur. Le tout était propre, bien agencé. Le patron, était un homme petit, maigre, blême, anguleux, osseux, chétif, qui avait l'air malade et qui se portait à merveille ; sa fourberie commençait là. Il se trouvait installé sur son siège au fond de la salle, à lire un livre. Il était habillé modestement, et je voyais à côté de cela une femme, enrobée et usée par la vie, travailler dans la salle avec deux jeunes filles d'une dizaine d'années qui travaillaient tout autant qu'elle. Travailler était un bien grand mot cependant, il y avait peu de clients, et je ne jugeais pas qu'elles semblaient éreintées par la tâche que le patriarche leur assignait....

Je m'installais à une table que je trouvais vide, pas forcément au fond de la pièce. Une fois posé, je patientais et rien ne tardait, puisque l'homme qui lisait un livre, appelait fortement "Sorina ! Sorina ! Un client ! Dépêches-toi !" Ce que je ne savais encore être une de ses filles ou sa femme. C'est bien une jeune fille qui venait à moi, elle sortait d'un escalier qui menait à un sous-sol, et apparaissait plus mal fagotée que le reste de la petite famille. Sur son visage, je ne me trompais pas, c'était celle dont j'avais entendue parler. Elle avait environ douze ans. À l'état de ses mains, je devinais qu'elle faisait tout dans ce logis, les lits, les chambres, la lessive, la cuisine, la pluie, le beau temps, le diable. À son visage cependant, rien de répréhensible, rien de mauvais, rien de mécontentement. Elle n'avait rien répondu au maître avant de venir à moi, cette petite fille aux joues roses, aux yeux bleus et aux cheveux de blés. Elle était humble et me fixait aimablement quand je la regardais d'une certaine hauteur qui ne l'impressionnait aucunement.
-Qu'est-ce que je peux pour vous ? Me dit-elle simplement et gaiement.
Le timbre de sa voix sonnait étrangement en mon cœur, comme la caresse de son petit qui calmait la bête. J'en plissais le regard sur elle ; un geste auquel elle n'attachait pas la moindre importance.
-J'ai faim. Répondais-je aussi simplement qu'elle.
-C'est Madame Goro qui s'occupe de faire à manger. Aujourd'hui, c'est soupe de vermicelle.
-Faut-il être sur la paille pour n'avoir à offrir que des pâtes dans l'eau dans une auberge ?
-Je peux aussi bien mettre de la paille dans l'eau si vous voulez. Me répondit-elle en plaisantant.

J'en souriais, c'était plus fort que moi, car cette fois, je souriais de joie et pas seulement d'amusement.
-Va pour le vermicelle alors petite. Tu peux me rendre un autre service ?
-Bien sûr monsieur.
-Demande à ton papa de venir me voir.
-Ce n'est pas mon papa. Concluait-elle avant de se rendre à lui pour lui murmurer ma demande.

Il se levait de sa chaise et posait son livre. Je devinais à son visage que de l'obliger à se lever l'ennuyait par avance, mais le client restait le client. Sorina elle, allait vers la Madame Goro, certainement pour lui passer ma commande qui les conduisait toutes deux vers une arrière-boutique, une cuisine je présumais. Le bonhomme qui venait à moi ne cachait pas que je l'embêtais à le faire se déplacer, mais quand je parlais argent, son visage s'éclaircissait.
-Que puis-je ?
-J'ai entendu que tu permettais le jeu chez toi. Et j'ai beaucoup à jouer.
-Hooooo. C'est que ce n'est pas exactement ce qu'on raconte. Dit-il d'abord méfiant.
-Et qu'est-ce qu'on raconte ?

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Mar 26 Juin 2018 - 12:26
Assis sur le toit d’une vielle échoppe, les yeux fermés pour profiter de la brise nocturne, j’écoutais les sons du village en contre-bas. Iwa était mon foyer depuis déjà plusieurs années, alors que j’avais erré de ville en ville en quémandant de quoi remplir mon estomac. Bien souvent d’ailleurs, j’avais utilisé les enseignements de mes parents disparus pour voler ce qui me permettrait de vivre. Ou en l’occurrence, de survivre. Mais c’était ici que mon chemin s’était arrêté. Pourquoi ? Parce que je pensais qu’ici, plus qu’autre part, je trouverais de quoi satisfaire ma faim, ma soif de connaissance et de puissance, et surtout, des informations. Des informations pour pouvoir enfin retrouver ceux qui m’étaient chers. Mais après plusieurs années que j’avais passées à m’instruire et à errer dans cette ville, je n’avais pas appris grand chose. J’avais finalement décidé de m’inscrire à l’académie afin de devenir un shinobi d’Iwa, ce qui fut une période de courte durée étant donnée que j’avais déjà une certaine expérience dans les arts ninja. Et me voici maintenant Iwajin, genin du village caché de la Roche, espérant qu’à force de preuves et de missions, je finirai par gravir les échelons et à pouvoir enfin commencer la quête qui me tenait réellement à cœur. En attendant, je devais continuer à m’entraîner et prendre mon mal en patience. Se faisant, j’avais continué à fréquenter les quartiers les plus pauvres de ce village afin de venir en aide à ceux qui en avaient le plus besoin. J’étais arrivé dans ces quartier qui m’avaient vu grandir pendant plusieurs années, et ma nouvelle promotion n’y changeait strictement rien.

Vagabondant depuis quelques jours dans les rues mal aisées de mon village, bien loin des beaux quartiers parmi lesquels figuraient la résidence des Hyûga et des Borukan, j’avais entendu quelques rumeurs concernant un petit commerce tenu par un homme peu connu dans le pays. Un commerce qui avait la réputation de proposer des activités pas très légales. Ce qui, en soit, ne constituait pas une réelle justification pour que je me mêle personnellement de ses affaires. Pourquoi m’intéressais-je à ce bonhomme ? Pour la simple et bonne raison que selon cette même rumeur, une des jeunes demoiselles travaillant dans ce commerce n’était pas traité de manière juste et équitable. Et Dieu seul savait à quel point l’injustice me mettait en colère. Il était temps ce soir d’aller rendre visite à notre cher petit monsieur. Mais alors que je m’apprêtais à descendre de ma toiture, un jeune homme à la chevelure blanche qui faisait environ mon âge pénétra dans le commerce. Fronçant les sourcils, j’hésitai. Cet homme était habillé de manière élégante –d’ailleurs bien plus élégante que ce lieu ne l’exigeait-, et si jamais j’avais des comptes à régler avec le gérant, je ne voulais pas qu’un civil assiste à la scène. Cependant, quelque chose dans sa démarche me poussait à croire que l’individu n’était pas un simple villageois. Je ne pus l’observer que quelques secondes, et peut-être à cause de ce court laps de temps mon analyse ne fut pas complète, mais je n’observai aucun bandeau qui pouvait signer son appartenance au corps ninja. Un mercenaire ? Un assassin ? Je patientai quelques minutes supplémentaires, pesant le pour et le contre rapidement dans ma tête, puis je me laissai tomber au sol en amortissant la chute en fléchissant les genoux. Marchant d’un pas tranquille, je pénétrai à mon tour dans le bâtiment.

J’étais venu sans ma faux, supposant que je n’en aurais pas besoin pour le coup. Mais par précaution, je me promenais toujours avec deux kunais cachés sous mes vêtements. Le meurtre n’était pas l’objectif du jour -il ne l’était jamais d’ailleurs- , mais avoir de quoi se protéger était primordial. Le bar en question, bien que discret, était très bien entretenu, sertis de tables et de chaises qui semblaient loin d’être aussi inconfortable que ce qu’on aurait pu croire au premier abord. Mais je m’en moquais. Je me dirigeai directement vers la table de l’inconnu à la chevelure immaculée, apercevant par la même occasion l’homme qui devait être le gérant se diriger vers cette même table. Je me rapprochai juste à temps pour percevoir la fin de leur discussion, et faisant comme si j’étais intéressé, je me mêlai à la conversation en cours en affichant un air calme et un peu interrogatoire.

-C’est bien dommage, j’avais entendu dire que c’était l’un des meilleurs endroits pour s’adonner aux jeux. J’avais gros à parier ce soir, mais visiblement je ne suis pas au bon endroit.

Je n’avais absolument aucune envie de m’adonner à quelques jeux que ce soit, mais je devais m’approprier la situation et savoir ce que le deuxième homme était venu faire. S’il était simplement venu jouer, j’aurais été particulièrement déçu. Mais quelque chose me disait que ce n’était pas le cas. Alors venait-il pour dénoncer l’homme et ses pratiques clandestines ? Ou avait-il un contentieux avec le propriétaire ? Ma curiosité me poussait à me renseigner, tout comme la prudence. Jouant le jeu, je fis semblant de tourner les talons et, levant la main, je fis semblant de m’en aller. Quitte ou double. Et il sembla rapidement évident que j’avais gagné le challenge. Cette tactique était vieille comme la nuit des temps, et pourtant j’étais étonné de voir à quel point elle fonctionnait à chaque fois.

-Eh bien, il se pourrait qu’on ne vous ait pas menti…Me laissez vous quelques minutes pour vérifier vos dires ?

Me retournant avec un léger sourire entendu, j’acquiesçai sans forcément demander l’avis de l’autre protagoniste. Le patron me proposa un repas que j’acceptai, il alla donc parler à une dame un peu rondelette ainsi qu’une jeune fille plus menue au doux regard innocent de l’enfance avant de nous laisser. Mon regard s’attarda sur la jeune fille, dont les mains contrastaient avec son jeune âge. Des mains de travailleuse forcenée. Fronçant rapidement les sourcils avant de me reprendre, et de m’asseoir à la table de Chevelure-Immaculée.

-Je m’excuse de mon audace, mais puis-je partager le repas avec vous ? J’ai cru comprendre que vous êtes un adepte des jeux ?

J’avais penché la tête sur le côté d’un air un brin interrogatif. Même si il n’était pas difficile de voir que je ne le croyais pas venu uniquement pour s’adonner à cette activité autant addictive qu’appauvrissante. Mes longs cheveux bleux cachaient à peine le bandeau frontal du village, mais cela ne m’étonnait guère que le directeur du bar n’ait pas réagi face à cela, ce n’était pas rare que les ninjas du village participent aux jeux. Cependant, je me demandais si cela ferait réagir mon interlocuteur.

-Vous êtes habillés de manière bien élégante pour venir dans un endroit pareil, vous êtes du coin ?

Sous-entendus ? Oui. Sans nul doute.
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Mar 26 Juin 2018 - 13:38
Le tenancier n'aura pas eu le temps de me répondre, car avant qu'il n'ouvre la bouche, un jeune homme intervenait. Je découvrais un garçon bien atypique, une couleur de cheveux d'un bleu royal pour commencer, ce qui n'était pas commun, mais surtout une tenue du bout du monde et un air naïf et mesuré sur le visage orné, discrètement, d'un rubis sur le front et d'un bandeau d'Iwa.

-C’est bien dommage, j’avais entendu dire que c’était l’un des meilleurs endroits pour s’adonner aux jeux. J’avais gros à parier ce soir, mais visiblement je ne suis pas au bon endroit. S'annonçait-il au tenancier.

Lui, le tenancier et moi, tournions le regard vers l'entrée, empruntée par ce jeune homme qui n'était pas banal. Il entrait comme chez lui, la peau blanche et éclatante comme une lune qui faisait d'une nuit un jour. Ses cheveux de glace étaient de la couleur de mes yeux à l'état embrasé, et ses yeux étaient aussi bleus que les miens, aussi scintillants que lorsque j'étouffais sous les émois que je ne savais soumettre à ma volonté. Cette beauté malsaine et douloureuse me fit hérisser le poil sous ma carapace feinte de pureté, j'en perdais le sourire, et la constance de ma tempérance. La bête en moi remuait de la queue, battant le vent, comme les félins devant une menace potentielle. Plissant le regard, étonné, je me demandais quelle étrangeté pouvait me dérober si rapidement mes défenses, si ce n'était l'innocence que j'appelais sacrée. Nulle innocence en cet homme je me disais, nulle virginité, c'était là un autre parfum, une odeur familière, une odeur de malheur et de douleur, qui causait ce tumulte à mon cœur. Une odeur que je connaissais tant, que je n'aurais pu oublier son effluve.

Avec lui, venait une autre jeune fille, que le tenancier de la taverne reconnaissait. J'en devinais la parenté, d'autant que c'était l'une des filles que j'avais vues en entrant et dont je n'avais pas remarqué la sortie. Mais cette petite fille ne m'intéressait pas, même l'autre jeune fille, qui respirait l'innocence par sa seule présence, passait dans un songe quand mon regard croisait celui de cet homme. Je me reprenais rapidement, assez pour ne pas me forcer à entendre un écho de mes instincts. En effet la bête souriait à monter les crocs, appâtée par le gout de la peine et des aigreurs d'une folie en sommeil. Car, sous ses longs vêtements, et ce visage pensif et glacial, je humais la dissonance de ses élans. Cet homme avait en lui à ne pas douter le poids du sang.
La fille du tavernier le sortit de ses pensées en lui remuant un peu la main, et je le vis atterrir pour enfin se décider à répondre à cet homme qui nous tournait déjà le dos. J'en souriais en coin, le coup de bluff était gros comme une maison, mais l’appât du gain avait fonctionné sur le tenancier.
-Eh bien, il se pourrait qu’on ne vous ait pas menti…Me laissez vous quelques minutes pour vérifier vos dires ?

Un shinobi qui jouerait aux jeux d'argent ? Cela n'était pas si étonnant. Mais sa présence était-elle réellement due à ce petit pêché véniel ? Puisque c'était un collègue, je décidais de ne pas me mêler de cette affaire. D'autant qu'il avait fait avouer le tenancier sur ses activités en moins de temps qu'il ne m'en avait fallu pour le conduire à ses retranchements. La maison de jeu, n'était en effet pour moi qu'un moyen de pression en vue d'un "plus tard". Car me ressaisissant, je n'oubliais pas la raison de ma présence ici, la petite Sorina.

Je tentais alors de me faire discret, car, pour un bon plan de carrière, il ne serait pas sage de faire parler de moi dans un endroit pareil, je n'y tenais vraiment pas. Je détournais le regard, quand ils commencèrent à se parler, préférant me concentrer sur mon repas qui ne tarderait pas à arriver, et la jeune Sorina, que je pourrais alors retrouver. Le temps qu'il fasse ce qu'il avait à faire avec ce Iwajin, et je pourrais reprendre mon activité pensais-je. Le tenancier repartait avec sa fille vers sa femme, pour demander la préparation du repas que l'Iwajin avait demandé. C'est alors que que le jeune homme se dirigea plus en avant vers moi et m'adressait la parole.
-Je m’excuse de mon audace, mais puis-je partager le repas avec vous ? J’ai cru comprendre que vous êtes un adepte des jeux ? Vous êtes habillés de manière bien élégante pour venir dans un endroit pareil, vous êtes du coin ?

Je redressais la tête, mon corps tout entier se dressait avec elle. L’œil en coin pour l'observer maintenant je tardais à lui répondre, car, comme d'instinct, et vu la situation, je préférais mesurer mes mots.
-Je me verrais mal refuser cela à un collègue. Présentais-je d'un visage tout emprunt d'innocence et de sainteté. Je lui stipulais de la même occasion que j'étais moi aussi shinobi d'Iwa.

La bête riait pourtant en moi, et je m'étonnais que ce simple jeune homme provoquât autant d'émoi. Je pouvais sentir, même percevoir son ironie quand je me rendis compte que je n'avais finalement pu retenir un minimum de fierté au premier verset prononcé. Bête immonde de mon essence, tréfonds de mon âme qui en appelait déjà à dévorer cette personne, comme si la menace qu'elle représentait se fit déjà trop réelle pour que je laissasse dire quoi que ce fût de plus. Je contenais heureusement encore, avec force, ces viles pensées, assez pour préserver un visage de sainteté, mais pas faire taire l'aura mortifère qui faisait ma signature aux moments les plus sombres, et même les plus simples. C'était la protection de Sorina que je visais, et je crois que ces remouds intérieurs étaient la crainte que ce shinobi devienne un frein, mais je ne pouvais jurer de rien à ce moment.
-Toutes les tentatives de réussite sont un pari non ? Tentais-je ensuite de temporiser. Le jeu a beaucoup de forme. J'admets que je ne suis pas vraiment du coin. Je fus recruté il y a peu et je voulais visiter des endroits plus -attractif.

Sorina arrivait alors avec son plateau chargé, déposant pour nous les repas que nous avions commandés. Très docile, elle ne commit pas la moindre faite, servant toujours par notre droite et dans le silence le plus total. Je lui laissais un sourire sincèrement tendre, au moment ou nos regards se croisaient. Sourire qu'elle me rendit tout naturellement, sans message, uniquement par bienveillance comme son tempérament semblait l'exiger.
-Vous désirez autre chose . Nous demanda-t-elle avant de repartir.
-Savoir où sont tes parents, si cela est possible de répondre. Lui répondais-je simplement.
-Mon père je ne sais pas, je ne l'ai jamais connu, et ma mère travaille pour rembourser une dette au patron de cet endroit. Elle viendra me rechercher quand elle aura assez d'argent, le patron m'a gardé pour éponger une partie.
-Je te remercie. Concluais-je pour elle tendrement. Mais avant que l'Iwajin ne lui demanda quoi que ce soit, je me retournais vers lui. Je m'appelle Sainan Gi. Tenshi. Genin d'Iwa, et toi, quel est ton nom ? Lui demandais-je suavement.

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Jeu 28 Juin 2018 - 16:35
Lors de mon arrivée au beau milieu de la discussion, les deux hommes tournèrent leur regard vers moi. L'un avec la curiosité avare d'un patron faisant face à un potentiel client, l'autre avec un quelque chose de plus...sombre ? Cela dura qu'un instant, et pourtant un frisson me parcourut l'échine. Intéressant. Peu de gens que j'avais rencontré m'avaient fait cet effet là au premier abord. Quelque chose chez ce jeune homme attisait ma curiosité. Mais ce sentiment trop fugace pour que je l'exploite ne me mènerait à rien à l'heure actuelle. A la place je continuai mon avancé vers les deux hommes. Le patron du bar fut rapidement rejoins par une jeune fille dont la ressemblance avec le gérant ne faisait aucun doute sur leur lien de parenté, mais elle passa presque inaperçue à mes yeux. Elle n'était en aucun la raison de ma venue. Seul l'homme et la jeune demoiselle dont nous avions parlé plus tôt éveillaient mon intérêt. Et comme je le pensais -certes avec l'aide de sa fille- le gérant du bar ne tarda pas à mordre à l'hameçon de ce piège vieux comme le monde. Il était d'ailleurs bien le seul, car je doutais que l'homme à la chevelure blanche et aux traits raffinés aient acheté une seule seconde mon petit cinéma. Peu importait à vrai dire. L'homme s'éloigna en compagnie de sa femme pour passer commande et ensuite s'éclipsa.

De mon côté, je profitai pour m'asseoir au côté de l'homme qui se redressa et me regarda en coin. Il mit quelques secondes à répondre, et comme si il surveillait ses mots, il m'informa qu'il faisait aussi parti des shinobis du village. Je ne cherchai même pas à cacher l'air de surprise qui peignit mon visage, cependant avec légèreté. Alors que je m'apprêtais à sourire, je sentis une aura à la limite meurtrière venant de ce jeune homme à l'allure si raffinée. Mon sourire se crispa une demi-seconde alors que je fronçais les sourcils à l'intention de mon camarade. A nouveau, ce frisson me parcourut l'échine malgré son petit air d'ange. Instinctivement, l'un de mes bras se porta à ma tenue, près de là où je cachais un de mes kunais. Mais quelque chose me disait qu'il n'allait pas attaquer. Du moins pas tout de suite, pas maintenant. Pendant ce temps, j'étais resté parfaitement calme, et une fois que j'eus sentis la tempête passer et la tension redescendre, je me relâchai et penchai la tête un peu sur le côté. J'écoutai attentivement les paroles de mon congénère et un faible sourire étira mes lèvres.

-Ce n'est pas exactement le terme que j'utiliserais pour qualifier les quartiers des alentours, mais je peux comprendre l'attrait que cela représente.

Je commençai à penser que la raison pour laquelle ce ninja me donnait des sueurs dans le dos, au delà de son aura sombre contrastant violemment avec son teint et son apparence, était qu'il me rappelait quelque chose de familier. Quelque chose d'enfoui, quelque chose d'un passé plus ou moins lointain dont le présent ne saurait pour autant s'en défaire. Les chaînes du temps, dont j'étais moi-même prisonnier. J'écartai pour autant ces sombres pensées, et me reconcentrai sur l'instant présent. La jeune fille, qui s'appelait Sorina si j'avais bien compris, s'approcha de nous avec une discipline et une adresse qui n'était pas commune aux enfants de son âge. Mais cela ne devait pas m'étonner, car elle n'était pas une quelconque enfant de son âge. Elle était, elle aussi, attachée à un passé récalcitrant. Un passé qui n'était même pas le sien, dont elle avait hérité. Mon compagnon Iwajin sourit tendrement à la demoiselle, toute trace d'ombre évanouie, et celle-ci lui répondit naturellement avec l'innocence et la bienveillance des enfants. Sans m'en rendre compte, un sourire étira à nouveau mes lèvres, comme si sa pureté suffisait à adoucir les démons qui hantaient mes pensées. Mais la discussion qui s'en suivit, dans le plus grand des calmes, me troubla quelque peu. Se pourrait-il que cet homme...Alors que je m'apprêtais à m'adresser à la jeune fille sans réel but, il m'interrompit. Prenant une légère respiration, je fermai les yeux une demi-seconde avant de lui répondre. Il s'était présenté, et même si le but de ma venue était la jeune fille, ne point lui répondre aurait été impoli.

-Je m'appelle Tenzin. Konran Tenzin, et je suis aussi un genin du village. Tout comme toi, je ne suis pas du coin, mais je suis arrivé ici il y a quelques années maintenant.

Le temps de dire ces quelques mots, Sorina s'était déjà éloignée depuis un moment. Faisant comme si de rien était, j'entamai alors mon repas en récitant un bref "Itadakimasu" avant de plonger ma cuillère dans la soupe aux vermicelles. Qui par ailleurs était loin d'être mauvaise. Acquiesçant d'approbation pour moi-même, je patientai à nouveau quelques secondes -pendant lesquelles je m'évadai dans mes pensées- avant de reprendre la parole.

-Ce n'est pas pour les jeux que tu es venu, n'est-ce pas ? Quelque chose me dit que notre but au final n'est pas si différent, fis-je en relevant la tête avec un mince sourire.

Tenshi n'eut pas réellement le loisir de répondre à cette question alors que le gérant revenait vers nous avec un sourire commercial pour nous annoncer ce que nous savions déjà.

-La salle de jeu vous attend dès que vous vous en sentez le coeur, messieurs. Merci pour votre patience. Ce sera un plaisir de vous recevoir.

Feignant de réfléchir quelques instants la cuillère en bouche, puis avec un sourire presque désolé -et je dis bien presque-, j'annonçai la terrible nouvelle au tavernier. Je ne savais pas exactement comment il allait réagir, mais peu m'importait actuellement.

-Merci de nous avoir confirmé cela, mais je me vois désolé de vous annoncer que le vent a changé, je ne me sens plus d'humeur à jouer à présent. Et puis les sous-sols et les endroits clos ne me mettent pas vraiment à l'aise. Faisant une courte pause. Cependant, nous pourrions aborder un sujet beaucoup plus intéressant...
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Ven 29 Juin 2018 - 4:28
-Je m'appelle Tenzin. Konran Tenzin, et je suis aussi un genin du village. Tout comme toi, je ne suis pas du coin, mais je suis arrivé ici il y a quelques années maintenant.

Un shinobi d'Iwa donc, qui répondait au nom de Konran Tenzin. Il s'adressait à moi très poliment et me faisait découvrir, en plus de son état de shinobi, qu'il était lui aussi une sorte d'expatrier qui avait trouvé un travail et un refuge dans ce village. Cependant, lui, cela faisait bien plus longtemps que moi qu'il était ici. Quelques années ? Cela voulait-il dire qu'il était présent à la fondation du village ? Car Iwa, restait encore relativement jeune il fallait dire.

Je regardais mon bol de soupe, et prenant moi aussi une première cuillère, très silencieusement, je songeais que pourtant natif de ce pays, je n'en connaissais véritablement rien. Ce qui était important, c'était qu'étant convaincu qu'il ne fut pas une menace, l'air paisible et la sérénité transpirèrent à nouveau de mon être sans commune mesure. La bête sombre des tréfonds de mon âme s'était endormi, et ne battait plus de la queue en se léchant les babines comme preuve de gloutonnerie sanglante. Est-ce que l'ange de la mort serait aussi beau et lumineux qu'on me décrivait parfois ? Est-ce que le diable ressemblerait au plus saint des anges pour séduire ? Est-ce que ma fascination pour l'innocence que je cherchais à protéger, n'était pas, un égoïsme que je déguisais, seulement en vue, de me sauver ?

La tension entre lui et moi retombait lentement mais sûrement alors que je le laissais manger paisiblement. Comme il l'avait dit, attractif n'était pas nécessairement le mot qui convenait forcément au quartier. Mal famé peut-être ? Ce que la misère avait de plus vil et de plus terrifiant, n'était-il pas plutôt ce qu'elle engendrait de déshumanisation que son état en lui-même ? Un état de survie, qui comme toujours, obligeait l'être à des extrémités pour obtenir le peu de décences qu'une vie plus aisée accordait. La bataille de la vie pour des misères ne vaut pas ce qu'elle coûte cependant et ironiquement, sachant la raison de ma présence ici, dans un rad que chacun ignorait où des gens vivaient une situation terrible, que chacun ignorait aussi, il ne m'était pas interdit de penser aux cris du riche se faisant facilement entendre, tandis que les gémissements du peuple étaient étouffés par la misère.

Une nouvelle cuillère, puis une deuxième, sans regarder mon interlocuteur, et je songeais à Sorina, qui me rappelait un bien lointain passé, et avec cela le discours d'hommes mieux nés que je le fus. Des hommes qui osaient clamer que toutes nos misères véritables étaient intérieures et causées par nous-mêmes. Que nous croyons faussement qu'elles viennent du dehors, mais que nous les formons au-dedans de nous de notre propre substance. À côté de cela, mon regard déviait vers le souvenir d'un mot de mon père à ce propos, un mot qui me renvoyait à ma propre condition de jadis, cette condition d'autrefois qui me donnait sûrement une sensibilité particulière pour les gens comme cette Sorina. Dans mon malheur j'avais eu une petite chance, celle de le trouver lui et ma mère. "La misère est un stimulant, il est peu de vrais grands hommes qui n'aient été élevés seuls, sans maître, à l'école de la souffrance. Rien que pour vivre dans la misère, il faut bien plus de génie que pour gouverner un pays" m'avait-il expliqué.

-Ce n'est pas pour les jeux que tu es venu, n'est-ce pas ? Quelque chose me dit que notre but au final n'est pas si différent. Me sortait le shinobi de mes pensée en accompagnant le verbe d'un mince sourire.

Un flottement de silence et un arrêt du temps à cette remarque. Je me transformais en statue durant quelques secondes, sans lever le regard sur lui. Là, peu après, je laissais la cuillère plonger dans le bol, et l'y lâchais. Un sourire s'esquissait à la commissure de mes lèvres et je redressais un regard sur Tenzin. Mon regard bleuté scintilla, fouettant le sien sans se gêner pour lui sonder l'âme en toute profondeur. Un regard séducteur, et emprunt des effluves de la pureté intérieure, d'une spiritualité profonde et puissante. Un paradoxe, quand on pouvait aussi sentir bien souvent, lorsque je ne parvenais plus à le maîtriser, toute la violence du monde et l'envie de sang sommeillant dans le corps gracieux d'un homme plus féminin et séduisant que bien des femmes...

Je n'avais pas le temps de lui répondre cependant car le gérant revenait vers nous avec un sourire commercial pour nous annoncer ce que nous savions déjà.
-La salle de jeu vous attend dès que vous vous en sentez le cœur, messieurs. Merci pour votre patience. Ce sera un plaisir de vous recevoir.
Tenzin fit mine de réfléchir, une feinte à peine dissimulée à mon sens. Puis il lui répondait non sans une certaine ironie.
-Merci de nous avoir confirmé cela, mais je me vois désolé de vous annoncer que le vent a changé, je ne me sens plus d'humeur à jouer à présent. Et puis les sous-sols et les endroits clos ne me mettent pas vraiment à l'aise. Cependant, nous pourrions aborder un sujet beaucoup plus intéressant...

J'intervenais alors enfin et à mi-voix, laissant passer comme on dit un "Sotto-voce", je lui répondais non sans confiance et séduction, à Tenzin en particulier. Le timbre résonnait en fait pour entendre derrière le son et les mots, que la réponse était dissimulée sur une simple tirade pour pouvoir en dire bien plus en ces quelques mots.
-Dans la misère, le grand bonheur de la richesse est de donner.

Le tenancier ne comprenait clairement pas ce que je voulais dire et il ne fallait pas le juger sot pour autant. Comment l'aurait-il pu. Il décidait donc de m'ignorer pour revenir sur Tenzin, prenant un air préoccupé et faussement abattu.
-De quel sujet vous voulez parler ?
Je me fis entendre plus fortement alors, d'une chevrotante voix en portant discrètement la main sur le pommeau de mon sabre à la ceinture, juste caché sous la table.
-D'une enfant qu'il va falloir me céder.
-Vous céder ? Me répondit-il avec étonnement en écarquillant les yeux.
-La petite Sorina. Vous allez me la céder.
-Et par quel miracle je ferais cela ?
-Parce que la section de police d'Iwa que je représente n'aime ni le jeu clandestin, ni l'exploitation gratuite d'enfant. Concluais-je en nuançant la menace d'un très doux regard sur le tenancier.

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Dernière édition par Sainan Gi. Tenshi le Ven 29 Juin 2018 - 13:59, édité 1 fois
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Ven 29 Juin 2018 - 13:58
J’avais moi-même, semblait-il, perturbé mon interlocuteur dans une réfléxion qui l’avait emmené loin d’ici. Et une fois encore, je reconnus sur son visage les affres d’un passé qui n’était plus le bienvenu mais qui ne pouvait aller nul part. Lorsque je repris la parole pour insinuer que le but du dénommé Tenshi n’était nullement le jeu mais, comme moi, la petite fille qui n’appartenait en aucun cas au gérant, mon camarade ninja se figea. Pendant quelques secondes, je crus presque avoir dit quelque chose de déplacé, mais lorsque je vis un sourire se peindre sur ses lèvres et ses yeux bleus étinceler en me regardant, je ne pus retenir un sourire à mon tour. C’était bien ce que je me disais. Malgré l’aura meurtrière que j’avais ressenti plus tôt, cet homme avait un cœur. Et il semblerait que pour cette cause, nos cœurs soient au même endroit. Il m’offrit un sourire qui m’aurait presque fait rougir si j’avais été une femme, mais à bien regarder son faciès je me rendis compte qu’il avait un visage sacrément féminin pour un homme. Non que ça veuille dire quoi que ce soit en l’occurrence. Mais comme je m’en doutais, avant qu’il n’ait eu le temps de répondre, le gérant revint.

Après l’avoir informé que je ne serais finalement pas de la partie, mon camarade enchaîna quelques mots d’une voix presque trop légère pour qu’on l’entende. Des mots qui, s’ils étaient sortis de leur contexte, ne voudraient rien dire. Mais qui avaient toutes leur place dans la discussion actuelle. Mes yeux aussi bleus que les siens scintillèrent d’une grande lueur d’intérêt et de malice à peine dissimulée alors que je scrutais le tavernier. Ce dernier, contrairement à nous, semblait totalement à la ramasse. Ne comprenant visiblement pas ce que Tenshi avait voulu dire –et je ne pouvais entièrement le blâmer pour ça-, il décida d’oblitérer ce fait et ignora complètement les mots de l’Iwajin. Prenant un air qui faisait presque pitié à voir, il me demanda alors ce que mes paroles signifiaient et de quoi je voulais parler. Mais les actions de Tenshi parlaient pour elles-mêmes. Portant la main au pommeau de son sabre sous la table, ce dernier répondit d’une voix chevrotante à notre cher ami afin que notre volonté se fasse entendre et comprendre. Les paroles du genin semblèrent choquer le gérant de la taverne, qui écarquillait ses yeux en passant son regard tour à tour sur mon semblable et moi-même. En retour, je lui renvoyai un charmant sourire qui contrastait totalement avec la situation présente. Mais lorsque je l’entendis prononçai le terme de police, j’en fus presque impressionné. Haha, quel sacré coup de chapeau.

-Il semblerait que la cours des Miracles soit ouverte, finalement ? fis-je en m’adressant presque sérieusement au gérant.

Alors que la situation échappait au contrôle du tavernier, je vis son regard changer. Une colère mêlée de détermination lui fit froncer les sourcils, et c’était sans surprise que le gérant était déterminé à ne pas laisser partir la jeune fille. Après tout, c’était la plus grande main d’œuvre de son commerce, il avait beaucoup à perdre. Et quelque chose me disait que même si la maman de cette jeune demoiselle revenait avec la dette en question, cet odieux personnage rechignerait à laisser partir la jeune Sorina. Il fit un pas de recul, semblant vouloir aller quelque part, mais c’était sans connaître les shinobis. Me déplaçant rapidement en sortant un de mes kunais, j’interceptai la fuite du tavernier en plaçant le kunai dans le dos du pauvre type de manière à ce que personne d’autre que lui et moi ne voyions l’arme qui menaçait sa vie.

-Ne faites rien de stupide et de regrettable, s’il-vous-plaît monsieur. Je ne suis pas venu ici dans l’idée de verser le sang, du moins pas sans réelle raison.

A vrai dire, il aurait été tout à fait possible de maîtriser l’homme sans avoir à utiliser d’arme. Mais en agissant ainsi, je comptais sur l’effet de dissuasion pour convaincre notre gentil bonhomme de ne rien faire de désagréable. D’un signe de tête en direction de mon camarade, je lui signifiai silencieusement que je retenais le gérant ici pour qu’il puisse accomplir la mission pour laquelle nous étions venus ici sans même nous concerter. Mais j’avais peur d’un autre côté que les ténèbres assombrissent à nouveau le cœur de notre cher ami genin. Nous n’en étions pas là pour autant, mais il faudrait que j’ai une petite discussion avec lui.
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Ven 29 Juin 2018 - 17:25

-Il semblerait que la cours des Miracles soit ouverte, finalement ? Commentait Tenzin au tenancier de l'établissement.

Il sembla à nous deux shinobis, que le tenancier n'avait point le désir de satisfaire notre exigence, car je savais désormais que Tenzin avait bien le même désir que le mien. Lequel était-il ? Extirper une enfant innocente d'un sort immérité. Préserver cette innocence, coûte que coûte, au prix du sang s'il le fallait. Un seul homme ne pouvait sauver le monde, un seul homme ne pouvait sauver chaque personne qui souffre, mais lorsqu'il en a les moyens, ne serait-ce que pour une seule personne, c'est déjà un pas de plus vers un plus grand et meilleur idéal. La foi d'un homme n'est rien, la foi de l'homme est tout.
Lorsque je remplissais mon dossier de recrutement d'Iwa, mon recruteur me reprocha de ne pas avoir assez développé ma psyché. Un grand manque selon lui, qui n'enlevait rien aux autres qualités. Comme si quelques phrases, quelques mots, comme si peu de chose, pouvait contenir en elle toute la substance d'un individu.

De tous ceux qui m'ont rencontré à Iwa, il n'y en a aucun qui donnera une même description morale de ma personne, aucun. Qui suis-je ? Un cauchemar. Qui est vraiment Sainan Gi. Tenshi ? Ou après traduction, "L'ange infortuné du sacrifice". Semblant touché par la sagesse, et pourtant j'ai l'apparence d'un enfant. Un instant je te jette un regard à te glacer le sang. L'instant d'après, je te souris comme un bébé né de la dernière pluie. Je ne saurais dire si je suis mature ou irresponsable, si je suis foncièrement bon ou la pire des racailles. Je ne suis pas comme vous, comme n'importe qui, je suis unique, et l'Unique, est ma propriété.

L'homme faisait un pas de recul, et moi j’étais une statue. Je ne le regardais pas faire, sachant que du coin de l’œil, je me doutais déjà de la direction qu'il allait prendre. Il cherchait à fuir, en ignorant que là où l'on fuyait, on ne trouvait jamais le paradis. Il protégeait ce qu'il considérait comme son bien, comme son dû, le remboursement d'une dette, qu'il exploitait sans se soucier de la délicatesse virginale de l'enfance. Moi aussi autrefois, un homme malsain désira me prendre mon innocence, et forgea en mon cœur une bête que j'ai dû apprendre à contrôler pour ne pas perdre la sainteté à laquelle on me destina. Autrefois, je faillis sombrer dans la haine, sans me rendre compte que c'était pour ne pas avoir à faire face à ma douleur, un homme et une femme me prirent sous leurs ailes, soudain, je pris conscience de moi-même et de tout ce qui m'entourait. Toute chose devenait mot, prenait une forme et un sens. Je compris que ces choses violentes que je gardais en moi étaient de la colère, de la souffrance et de la peur. Et le monde que je connaissais se remplit de désespoir car j'étais sur le point de mourir écrasé, sans savoir qui j'étais. Pour vider mon désespoir à moi, je décidais résolument de vider le monde de son désespoir à lui.

Tenzin réagissait vivement, quasiment d'instinct et passait derrière le tenancier. Il l'empêchait de s'enfuir en le menaçant discrètement d'un kunaï dans le dos. Sa pauvre femme et ses deux filles restèrent hébétées, sans savoir que faire, tandis que dans la salle, sans que personne ne soit dupe, personne n'osa s'élever non plus contre deux shinobis. Trop peu nombreux, trop peu impliqué, trop indifférent, top... lâche.

-Ne faites rien de stupide et de regrettable, s’il-vous-plaît monsieur. Je ne suis pas venu ici dans l’idée de verser le sang, du moins pas sans réelle raison. Lui dit alors Tenzin qui espérait éviter par là sans doute que le tenancier n'insiste dans sa bêtise.

Sorina nous observait, sans vraiment comprendre ce qui se passait. Elle ne disait rien, et pour son malheur, craignait pour le tenancier qu'elle chérissait comme un chien battu chérit son maître, nourrit, logée, et blanchis, à l'endroit même où sa mère avait promis de venir la récupérer. La naïveté et la simplicité sont les sœurs jumelles de l'innocence et de la virginité, c'est ainsi que malgré son ignominieux traitement, elle s'estimait malgré tout chanceuse.

-Ça ne va pas se passer comme ça ! S'emporta le tenancier, particulièrement envers Tenzin qui le maintenait face à moi.


Quand il levait le ton, je tournais d'un coup sec mon regard sur lui, et là, il se tue, la sueur perlant au visage et le pou qui s'accélérait autant que le mien, mais pas pour la même raison. Le sien par peur, car il avait peur, une effroyable peur, une peur, tétanisante. Je le fixais, silencieusement, mon cœur battant la chamade violemment, et dans mon esprit raisonnait cette phrase à l’infini "donne-moi une raison, donne-moi une raison, donne-moi une raison". Les yeux grands ouverts sur lui, à la lueur d'un prédateur qui guettait une proie apeurée. Violence et haine s'y faisant coutumières, et annonçant un sort déjà réservé. Quand l'homme fait face à ce qu'il craint le plus, son regard le trahit. Et il ne lui reste plus alors qu'à faire son choix. Soit se résigner et se ranger sous son patronage. Soit l'éliminer et ainsi faire disparaître sa terreur. Les deux plus grande peur de l'homme étaient la vie, pour son angoisse, ses manques et ses questionnements et la mort, pour son aspect définitif et irréversible. Là, il s'agissait de sa mort, et ce tenancier, fier d'abord, n'était pas encore prêt pour le dernier baiser.

Voyant qu'il baissait les bras, comme je le sentais à son regard qui ne parvint pas à soutenir le mien, mon visage, lentement s'adoucissait jusqu'à redevenir celui de la légèreté et de l'innocence. Je me levais de table et me rendis vers lui, légèrement souriant et quand je fus très près, je lui parlais mélodieusement, poliment...
-Mon silence sur ta maison de jeu, ainsi que ta vie, contre elle, cette petite. C'est le seul marché que je peux t'offrir. Choisis, et choisis maintenant -s'il te plaît.
-Comment sa mère saura où la retrouver ? Me demanda-t-il fébrilement.
-C'est nous qui retrouverons sa mère. Lui disais-je alors avec un grand sourire.

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Mar 3 Juil 2018 - 9:14
Alors que je tenais en joue le gérant du bar, la petite que nous étions venus sauver regardait son geôlier avec inquiétude. Quelle tristesse, cette jeune fille innocente et si naïve craignait pour celui qui profitait-elle, pensant surement qu’elle devait lui être redevable pour lui offrir un toit et à manger. Ce qui se rapprochait à mon sens du syndrome de Stockholm. Mais c’était surement parce qu’elle n’avait jamais vraiment connu autre chose. Et je ne savais pas si elle en était chanceuse ou au contraire si je devais être triste pour elle. Elle n’avait surement jamais connu le bonheur de se retrouver avec des gens aimants qui ne profitaient pas d’elle, ou alors c’était comme cela depuis si longtemps qu’elle avait oublié. De mon côté je n’avais pas oublié. Pas à un seul moment, le souvenir de l’amour et de la bienveillance de mes parents jusqu’au dernier moment ne m’avait quitté. Et c’était quelque chose que je voulais que cette jeune fille connaisse. Sorina…

Mais alors que je tenais le tavernier en respect avec mon kunai, le mécréant décida de lever la voix, proclamant que les choses ne se termineraient pas ainsi. Il ne se rendait donc pas compte que les choses étaient déjà finies ? Du moment où nous étions rentrés dans ce bar. Nous n’étions certainement pas des shinobis hors pairs, mais nous étions tout de même des ninjas d’Iwa. Et ce n’était pas un frêle gérant de bar qui allait nous donner quelconque fil à retordre. Mais alors que je m’apprêtais à appréhender l’homme récalcitrant, il se tut net, transpercer par le regard glacial de Tenshi. Dans ses yeux brillaient une promesse de mort imminente non-feinte qui avaient largement de quoi faire peur à cette petite frappe. Souriant, je pris la peine de ranger mon kunai en sachant pertinemment que le malheureux vieil homme ne tenterait plus rien face à nous. Mon collègue d’Iwa avait calmé les ardeurs du bonhomme en moins de temps qu’il ne le fallait pour le dire. Je présentais au fond de moi que je n’avais plus besoin de menacer le petit homme avec un kunai. La promesse d’une plus grande menace pesait sur sa tête et lui retirait toute envie de rébellion. Je m’éloignai de lui de quelques pas, faisant un signe de tête à mon camarade Iwajin en direction de la petite que nous étions venus sauver. De son côté, Tenshi avait repris une façade presque amusée et se dirigeait vers le gérant. D’une voix suave, il lui susurra des paroles qui étaient beaucoup moins douce que le timbre qu’il utilisait. Mais dont la véracité et l’acuité ne faisait aucun doute.

Sans plus attendre, je me dirigeai vers la petite fille, abandonnant le tavernier à son sort. Sort qui pouvait s’avérer funeste si jamais il décidait de braver l’avertissement de Tenshi. Mais ce n’était plus mon problème. J’avais quelqu’un d’autre à aller voir. Me dirigeant vers la jeune fille du nom de Sorina, je m’approchai d’elle en marchant calmement. Je pouvais voir la méfiance dans ses yeux, car nous venions de menacer un homme. Cependant, alors qu’elle eut un léger mouvement de recul, je m’arrêtai à quelques mètres d’elle en m’accroupissant. Je levai les mains en signe de bonne foi et de bonne volonté, et lui adressai un sourire sincère. J’attendis quelques secondes qu’elle se détende un peu, avant de baisser les bras pour en poser un sur mon genou. Une fois qu’elle eut l’air plus encline à la discussion, je m’aventurai à introduire le sujet.

-Salut Sorina, je m’appelle Tenzin et mon ami là-bas c’est Tenshi. (Ami c’était un bien grand mot, on s’était rencontré vite fait).
-Enchanté…
-Ne t’inquiète pas, nous ne te voulons aucun mal. Au contraire nous étions à ta recherche.
-Je…je ne comprends pas très bien..
-On aimerait que tu viennes avec nous, ma grande. Et on s’occupera de retrouver ta maman.
-Mais Mr.Sayashi a besoin de moi...hésita-t-elle une fois de plus. Je ne peux pas partir comme ça avant que ma maman revienne.
-Oh, ne t’inquiète pas pour Mr.Sayashi, c’est un grand bonhomme il saura se débrouiller tout seul. N’est-ce pas Mr.Sayahi ?

Me tournant vers lui avec un sourire beaucoup plus chaleureux que la lueur glaciale de mes yeux, j’attendis patiemment que celui-ci acquiesce avant de me retourner avec vers la petite avec un regard plus doux. Lorsqu’elle comprit enfin qu’elle allait être libérée de cet endroit, une lueur s’alluma au fond de ses yeux qui s’illuminèrent. De manière modérée toutefois, comme si elle n’arrivait pas totalement à y croire. Mais ce brin de chaleur et de bonheur au fond de ses iris me valut de sentir toutes les grâces du monde à cet instant présent. La prenant par la main, je la menai tranquillement vers la sortie du bar. Je dépassai le gérant qui était paralysé et ne savait quoi faire. Mais avant de partir, je lâchai brièvement la main de la petite et la laissai faire quelques pas supplémentaires avec mon camarade Iwajin afin de retourner sur mes pas et m’approcher du gérant pour un dernier avertissement hors de portée de voix de la petite.

-Je ne suis pas homme de violence gratuite, mais je ne suis pas homme à accepter l’injustice et la méchanceté sans raison. Si jamais j’apprends qu’il est arrivé malheur à la mère de l’enfant avant qu’on ne la retrouve, je reviendrai, et vous pleurerai le sang de votre famille sur les ruines de votre bar avant de les rejoindre. Dis-je d’une voix blanche.

Sans autre sommation, je me retournai et sortis du bar dans la nuit rafraîchissante. Je fermai les yeux en inspirant, profitant de la petite brise qui venait caresser mes cheveux. Le vent, cet élément qui m’était si cher et qui me rappelait sans cesse d’où je venais. Un petit sourire pur et innocent étirait les lèvres de la jeune Sorina, et je me fis la promesse de retrouver sa mère coûte que coûte. Me retournant alors vers mon collègue, je l’interrogeai curieux.

-Comment as-tu entendu parler de ce bar ? Il n’est pas vraiment réputé, et est plutôt discret en raison de ses penchants..

J’attendis patiemment qu’il réponde, cependant avant d’avoir pu dire quoi que ce soit, la jeune fille prit à son tour la parole.

-Pourquoi vous êtes venus pour moi, messieurs Tenzin et Tenshi, si je puis vous demander ?
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Mar 3 Juil 2018 - 11:30
La peur de la mort retient les élans du commun mortel. Le courage s'y trouve dilué, et la crise de tétanie, ou une soumission, y sont enfantées. C'est ainsi que je m'étais préparé en toute franchise, sans la moindre hésitation, à devoir le tuer, sachant quel homme il était, que de le vouloir suffirait à ne pas devoir le faire. La force tranquille, était la meilleure garante de paix.
Le tenancier de cette taverne des bas-fonds, ne risquerait ni sa vie, ni celle de son établissement pour une enfant pour laquelle il n'avait aucune affection. C'est en cela, que l'on pouvait dire qu'aimer donnait une véritable force, le sens du sacrifice, que l'amour rendait celui qui n'avait rien, subitement riche de tout.

Le tenancier ne pouvait pas comprendre cela, il était aussi bas de plafonds que la moyenne, il considérait précieux son bien matériel et sa famille, sa propre personne, mais tout cela n'était pas la mesure du sacrifice à l'autre, de la dévotion, c'était simplement la force primordiale de l'être, qui révisait la sécurité des siens et de lui-même au-delà de tout, fixé dans le temps présent, sans comprendre l'importance de l'avenir.

Quand nous nous parlions, et que mon regard se fit terriblement tendre, comme celui d'un ange bienveillant, qui trouvait les raisons du pardon et plus aucun besoin de punition, le tenancier soupira de soulagement. Tenzin qui se dirigeait vers Sorina procédait à la suite sans qu'il n'y eut besoin que nous nous concertions, et le tenancier, déjà vaincu, hochait plusieurs fois de la tête en signe d'approbation. Il baissait la tête et les yeux devant moi, qui découvrait d'autant plus un homme vaincu. Mon œillade se fit alors plus que bienveillante, presque comme un père qui pardonnait son enfant, et je glissais un très bref instant le doigt sous son menton pour lui relever le visage et lui faire voir mon doux sourire. Il y aurait eu de quoi vexer un homme d'âge aussi mûr en temps normal, mais sachant sa position et que sa vie n'était là que parce qu'on lui accordait ce privilège, il était soudainement devenu comme l'enfant qu'il exploitait, redevable, reconnaissant....

Pendant ce temps, Tenzin expliquait la situation à Sorina, il le faisait avec délicatesse et une grande diplomatie, ce que j'appréciais fortement. Mon ami m'avait-il appelé, ce qui m’interpellait une petite seconde. J'y penchais la tête, attendrit par le mot, ami, un bien grand mot oui, mais sachant qui j'étais et ce dont j'étais capable par ce que je souffrais, si ce jeune-homme avait une considération aussi sacrée de l'innocence que j'en avais une, oui, peut-être, pourrions-nous devenir des amis. Ce mot n'était pas n'importe quel mot pour moi... La véritable amitié ne se donnait point au hasard, elle était le fruit de l'estime. Elle ne s'affaiblissait jamais ni par le temps, ni par l'absence. Aussi ne s'offrait-elle que parcimonieusement, souvent à une seule personne, transcendant une passion qui transformait deux volontés en une, et faisait vivre deux êtres de la même vie et de la même âme. Si nous n'en étions pas encore là, peut-être qu'avec Tenzin, nous y étions déjà très proche alors que nous ne connaissions depuis très peu de temps.

Tenzin, nous rejoignait justement, et tenant la petite Sorina par la main car elle avait consentit à nous suivre, il faisait ce que je qualifierais de dernière mise en garde.
-Je ne suis pas homme de violence gratuite, mais je ne suis pas homme à accepter l’injustice et la méchanceté sans raison. Si jamais j’apprends qu’il est arrivé malheur à la mère de l’enfant avant qu’on ne la retrouve, je reviendrai, et vous pleurerai le sang de votre famille sur les ruines de votre bar avant de les rejoindre. Lui dit-il d’une voix blanche.

Un discours que j'aurais pu avoir. Je restais, pour ma part, pendant ce temps, le faciès figé dans le marbre de la sainteté, doux, tendre, las... Je n'avais rien à ajouter à cela. La mise en garde était claire, et je doutais de toute façon que cet homme eut jamais le pouvoir d'atteindre la mère de Sorina où qu'elle se trouva. Nous prenions ensuite, tous les trois, Sorina, Tenzin et moi, le chemin de la sortie, pour nous plonger dans la nuit et sa brise rafraîchissante. Tenzin nous montrait un air tendre alors, presque autant que celui dont j'étais moi-même capable et Sorina sembla enfin soulagé d'être sortit de cette maison. Peut-être que le discours de Tenzin lui avait enfin ouvert les yeux.

-Comment as-tu entendu parler de ce bar ? Il n’est pas vraiment réputé, et est plutôt discret en raison de ses penchants.. Me demandait alors Tenzin.
-Pourquoi vous êtes venus pour moi, messieurs Tenzin et Tenshi, si je puis vous demander ? Suivait Sorina sans que je n'eu le temps de répondre.

Je passais une partie de mes cheveux derrière l'oreille et souriais d'amusement, un amusement que ma voix retranscrivit tout autant.
-J'ai simplement laissé traîner mes oreilles auprès de la bouche des commères. Les femmes au foyer sont des mines d'or d'information. Elles et les marchands sans client.

Puis je tournais mon regard sur la fillette. Moi amusé, mais toujours souriant, je me penchais un peu sur elle. Je dégageais une chaleur rassurante, comme si elle m'était plus précieuse que je me trouvais précieux moi-même. La regardant, je ne voyais pas seulement une enfant, je voyais l'avenir à protéger, à conserver, une fleur à arroser.
-Redemande au repentir la robe de l'innocence : c'est lui qui l'a trouvée, et qui la rend à ceux qui l'ont perdue. En te sauvant petite, ainsi, ce que je perds un peu chaque jour, je peux le retrouver.

Je voyais bien au regard de Sorina que cette réponse n'avait aucun sens pour elle. J'espérais bien qu'elle ne le comprenne pas sur le moment pour qu'elle le médite sagement par la suite, ainsi comprendrait-elle peut-être, que mon altruisme était plus vrai et plus saint que tout autre, car cet altruisme était mon plaisir, mon besoin, ma rédemption, mon altruisme était fondamentalement égoïste, et sachant cela, nul ne pouvait me blâmer de me faire passer pour un ange et de chercher la reconnaissance, il n'y avait que moi que cela intéressait, le destin faisant que pour me satisfaire, je devais sauver ceux qui souffraient.

Je tournais ensuite mon regard vers Tenzin en me redressant. Sorina avait l'air dubitative, mais n'osait pas pour le moment poser une autre question. Elle levait les yeux au ciel, le doigt sur le menton, toute emprunte de simplicité et de naïveté, justement ce qui faisait le charme de l'innocence à mon sens. Je parlais alors à Tenzin suavement, élégamment, un timbre mélodieux et séducteur pour preuve de la tendresse réelle que je lui portais ;
-Tu es un homme bon. Je crois comprendre que tu voudrais te charger de la suite. Le hasard qui m'a conduit vers toi, et qui porte le nom de cette enfant, peut-être nous faudrait-il le cultiver. J'aimerais te revoir, si tu le veux bien et partager un peu plus. Je crois que nos buts et notre vision du monde, ne sont pas si différents. J'ai quelques projets, dont je voudrais te faire par ailleurs, si tu l'acceptes. Terminais-je dans un léger sourire.

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Mar 3 Juil 2018 - 16:00
Passant quelques mèches blanches derrière ses oreilles, mon camarade sourit d'amusement. Haussant un sourcil gentiment, j'attendis la réponse de Tenshi. Qui s'avéra aussi amusante que le reflet d'amusement que je voyais dans sa sourire et dans sa voix. Je lui souris à mon tour, sachant exactement ce qu'il voulait dire en parlant des commères du village et des marchants sans clients. Il se tourna ensuite vers la jeune Sorina avec douceur et amusement toujours, et se faisant, il dégagea quelque chose de chaleureux et réconfortant. Tout en son être transpirait la bienveillance et mon regard ne put que s'adoucir face aux paroles qu'il prononça. Je doutai que la petite fille en comprenne un mot, mais je savais que plus tard, quand elle serait en âge de comprendre, ces mots lui reviendront et prendront tout leur sens. Regardant Tenshi, je vis en lui un petit quelque chose qui me rappelait le Tenzin qui était parti ce jour là, le jour où avait commencé mon périple. Et je sus que malgré les parts d'ombres qui obstruaient nos coeurs, ce garçon était un homme tout aussi bon. Quant à la fillette, elle arborait un air dubitatif, portant son doigt à son menton comme si ce dernier pouvait lui faire magiquement trouver le sens des paroles que l'homme venait de prononcer. Ses yeux levés au ciel, je ne pus que constater une nouvelle fois sans faillir les raisons pour lesquelles nous l'avions fait sortir de ce trou. Je posai une main bienveillante sur le haut du crâne de l'enfant, et lui souris brièvement avant de tourner à nouveau mon regard sur mon camarade Iwajin qui m'adressa la parole. Ces mots, sortis avec emphase, trouvèrent sans peine leur chemin vers mon coeur et avec un sourire serein, j'acquiesçai.

-Ce serait mon plaisir de te revoir à nouveau. Je crois bien que tu as raison. Le destin nous a emmené ici tous les deux pour cette jeune fille, et il serait bête d'en rester là. Je te remercie pour ta bienveillance, et je serais ravi d'en apprendre d'avantage à mon tour.

Il était assez clair que c'étaient des paroles invitant chacun des partis à aller de leur côté, mais j'avais pour autant la certitude que nos chemins seraient amenés à se croiser encore bien des fois. Et l'avoir dans mon camp me semblait rassurant, bien que je ne le connaissais pas et ne connaissais rien de ses capacités. Il était à présent temps que la jeune Sorina et moi prenions la direction de mon humble logis. Ce n'était pas des appartements de luxe, mais mon salaire de venin me permettait quand même d'avoir un chez moi. Et quelque chose me disait que ma nouvelle colocataire ne ferait pas la difficile à ce propos. En parlant de ça, je me retournai vers elle avec un regard interrogateur et amusé. Fronçant les sourcils, elle m'interrogea à son tour du regard, se demandant surement ce que je pouvais bien avoir derrière la tête. Mais c'était quelque chose qui, je pensais, allait lui plaire. M'accroupissant à nouveau à son nouveau, je lui fis un clin d'oeil et lui exposai mon idée.

-Ça te dirait de parcourir la ville sur les toits des immeubles ?

-C'est vrai ? On peut faire ça ?? dit-elle avec les yeux qui s'illuminèrent.

-Bien sûr, et bientôt, je te montrerai même encore mieux.

Ses yeux brillèrent de contentement dans la faible lueur de la nuit. Mais tout à coup, son regard s'assombrit un peu, et voilà qu'elle fronçait à nouveau les sourcils.

-Mais Mr.Tenshi ne viendra pas avec nous n'est-ce-pas..? J'aime bien Mr.Tenshi...on pourra aller le voir ?

Relevant ma tête vers mon camarade avec un sourire tendre et amusé, je penchai la tête sur le côté face à tant de tendresse dans le regard de la petite.

-Bien évidemment. Sans faute !

Sur ces paroles qui satisfirent ma jeune protégée, je la fis monter sur mon dos, et d'un pas léger je sautai pour rejoindre les hauteurs des toits du village. Le vent caressait notre visage, et la petite Sorina rigolait doucement mais joyeusement dans mon dos.

On se reverra, Tenshi...
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