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Premier regard_PV BYAKUREN YUME


Mer 4 Juil 2018 - 2:40
Il nous faut parfois, à nous aussi les guerriers, des moments de détente, par les temps qui couraient il fallait admettre qu'ils se faisaient plutôt rares. La guerre transpirait sur le visage de tous ceux qui portaient des armes, enfin, presque, parce qu'il restait des shinobis pour se complaire dans l'insouciance, il ne fallait pas leur en vouloir, au contraire, tant qu'ils le pouvaient il était un devoir d'en profiter... C'est sans doute pour cette raison que ce jour-là, je décidais d'aller faire quelques emplettes, sinon au moins du lèche-vitrine, dans l'un des nombreux marcher ouverts d'Iwa. Des endroits où l'on trouvait à peu près de tout et bondé de monde m'avait-on fait remarquer.

Je ne comptais pas forcément acheter quoi que ce soit, bien sûr il y a toujours quelque chose qui peut plaire, mais je ne venais pas avec une idée précise. Il faisait chaud ce jour-là, très chaud, et c'est pourquoi pour une de ces rares fois, c'était les cheveux attachés et sans manteau que je déambulais parmi les étalages. On trouvait effectivement de tout, de la nourriture, des vêtements, des parfums, des rubans, des armes, des objets de décorations, des meubles, bref, absolument de tout. Il y avait de quoi raviver les sens au milieu de cette foule abondante et de toute cette vie foisonnante qui faisait alourdir la chaleur sous le poids du monde et assourdissaient les oreilles sous le poids des négociations, parfois forcenées, entre les clients et les marchands.

Un peu vers onze heures, je décidais de me poser près d'un muret, pour me reposer et observer cette vie grouillante devant moi. Je laissais aussi traîner mes oreilles, histoire d'en apprendre encore un peu plus sur les résidents d'Iwa, quelques rumeurs, ou de petites anecdotes croustillantes. Rien hélas, ne suffisait à réellement captiver mon attention, et je finissais par regarder le vide en soupirant, songeant au présent, au passé, à l'avenir, à ma situation. Celle-ci évoluait relativement bien même si j'étais encore très de mon idéal. Je fus alors sorti de mes songes par l'un des shinobis avec qui j'étais une fois parti en mission.
-Hoooouyyyy Tenshi ! Criait-il pour me le faire regarder.
-Ho, Senman c'est toi, comment vas-tu ? Lui répondais-je en soupirant.
-Ha la forme et toi ? Alors, tu viens dépenser ta solde ?


Il était du genre bavard, alors il parlait surtout pour nous deux, et je dois dire qu'en réalité je ne l'écoutais qu'à moitié, d'autant que nous n'étions pas spécialement proches. J'étais accaparé par le vide, quand soudainement, je vis une apparition. Mes grands yeux bleus s'entrouvrirent de plus belle quand ils captaient l'image d'une jeune femme passant dans la foule, certainement pour vérifier quelques étalages. Étonné, je l'observais, longuement, et "je n'ai jamais vu une fille comme celle-là" pensais-je. Elle avait encore plus que moi la stature de la noblesse, elle en transcendait une dignité princière, plus élevée encore que la mienne. Elle avait les cheveux d'argent comme les miens, une tenue de magnifique facture, une démarche équivalant à l'assurance et la bonne tenue de la mienne. J'étais subjugué en somme, et me connaissant cela relevait déjà de l'exploit.
-Qui est cette jeune fille ? Demandais-je à Senma sans la quitter du regard.
-Hein ? Ho celle-là... Tiens tu t’intéresses aux filles toi ? Laisses tomber celle-là ce n'est pas pour toi.

Même si ce n'était que pour un instant, je voulais lui parler, savoir qui elle était. J'ignorais donc Senma et le plantais où il était pour me diriger vers elle. Humblement, sobrement et le visage léger, je l'interpellais sans crainte et avec douceur.
-Bonjour mademoiselle. M'annonçais-je d'une mélodieuse voix. Pardonnez cette intrusion, mais en vous voyant passer, je vous ai trouvé différente, et j'ai éprouvé l'envie de vous parler.

Pas d'approche alambiquée ou de mensonge ou de compliment surfait, je lui disais seulement la vérité. Cette beauté que je trouvais sur elle et cette façon d'être, de paraître, et d'ailleurs, elle semblait être éduquée pour cela, pour figurer, pour paraître, une condition que j'avais trouvée chez d'autres femmes, chez d'autres personnes, mais elle le faisait avec un certain brio tout de même. La femme revêtue de beauté est, comme l'héritier d'un nom illustre, obligée à beaucoup de vertu ; c'est un dépôt sacré duquel elle doit compte au monde qui l'observe. Le soin d'une jeune fille à se dérober aux regards curieux, la rougeur qu'une parole indiscrète fait monter à ses joues, relèvent d'autant plus ses charmes qu'elle s'efforce de cacher son trouble. Cette beauté n'était pas offerte à toutes les femmes, il n'y avait qu'un sang royal, ou sinon, un cœur aussi noble que celui d'un roi, pour avoir le privilège de la posséder, et j'en savais fort bien quelque chose.

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Sam 7 Juil 2018 - 12:32
PREMIER REGARD
Feat Sainan G. Tenshi


Le jeu du miroir : Le monde qu'on scinde

Parfum de rosée et de cannelle ; Méticuleusement choisi pour une occasion précise. Rares étaient les jours où les portes de ta prison d’argent s’ouvraient sur le bas monde. La maison mère était la plus splendide de toutes, mais tu n’avais plus rien à y découvrir. Chaque parcelle s’étalait sur des mètres qui répétaient des plus beaux tissus aux dorures finement dessinées : Des lotus omniprésents, symbole même du sang royal de ce pays.

Derrière le bois, derrière les gardes, la descente infernale vers le village. L’escorte allait de paire avec l’évènement qui s’amorçait : L’Iwashukusai fleurissait timidement. D’abord par pudeur, pour garder ses secrets, sa surprise, mais aussi pour ne pas attirer les mal intentionnés. Ton rôle avait été décidé pour toi : En représentante impartiale des lois, te voilà sillonnant les allées ou les échoppes se dressaient petit à petit. Surveillante au nom de l’ordre. Les rues principales étaient les plus complexes à aborder, les curieux s’y plongeant déjà. Ils voulaient un avant-goût de la fête, du bonheur, s’égarer loin des démons de jadis. La guerre avait amené les morts et le festival était là pour faire table rase du passé. Au feu les amertumes, place au renouvellement. On entend les cris des bambins qui respirent de nouveau, les murmures des mères qui peinent à calmer les jeunes souffles. L’effusion d’un réveil après les tourments.

Ton escorte, en bon domestiques, t’encerclent délicatement au milieu d’une foule en recrudescence. Ils trient et rangent les personnes à leur place ; ni trop loin ni trop près, de sorte à éviter le contact direct. On touche avec les yeux. En trésor du village, tu es celle qu’on regarde sans montrer du doigt, car le peuple connait ton rôle, ta prestance et ton rang. Le respect ou la crainte. Ils sont habitués à te voir sur un trône, en contre-plongée ; et te voilà au milieu de la cohue, une princesse parmi le reste.

Les doyens te présent aux plus jeunes dans des chuchotements polis. Tu vois alors des yeux te regarder différemment, des étoiles naissantes car ils ne te connaissaient que de nom. La seigneurie impressionne et apaise. Elle est parfois jalousée, mais ces querelles restent internes. Personne ne défie les sangs royaux, encore moins quand elle est entourée d’une bonne dizaine de Capitaines aux aguets.

La ballade s’arrête. Un homme n’a pas dévié, il reste planté devant le cortège et son regard parle pour lui. Ton sourcil s’arque alors qu’il s’exprime. Réprimant un sourire de surprise (par pur soucis de dignité), tu laisses à votre entourage les joies d’une réaction qui aurait pu être la tienne : Certains avaient inspirés profondément, comme choqués, d’autres s’étaient retournés avec la même interrogation sur le visage. Blaguait-il ? Le blanc qui suit témoigne d’une sincérité cocasse, et enclenche les réflexes que cette situation impliquait.

- Mais enfin jeune homme, vous parlez à la princesse de notre pays…

Une jeune dame s’était offusquée mais gardait un sourire gêné aux lèvres. Elle parlait d’un savoir qui lui semblait évident, qui l’était d’ailleurs pour une majeure partie des convives Iwajins, eux qui vivaient au plus proche du palais princier. Certains commençaient à juger et lâcher leurs démons internes, parlant d’irrespect ou de ce qui leur passait par l’esprit sans que celui-ci daigne sélectionner leurs mots.

Ton bras qui tranche l’air à la manière d’un sabre coupe court à toute forme d’élucubration. Décrivant sa personne d’un regard vif, tu deviens plus amusée. Cette impression de te voir dans un reflet brouillé par la taille et le genre réveille en toi une curiosité singulière. Deux enfants de la lune en face à face. L’une symbole d’un pays, l’autre en copie méconnue.

- Vous ne devez être sur ces terres que depuis peu… J’espère que ce village est à la hauteur de vos attentes ?

La cité de la roche était en proie à bien des mérites ; Impératrice du commerce, de la libre circulation des marchés, d’une culture mouvante, des trésors du monde, d’une politique soignée et droite. Tantôt asile, tantôt forteresse. Face aux guerres et aux prises de positions, la montagne d’Iwa était devenue un village ninja qui n’avait pas à rougir devant ses rivales. Le bandeau gravé qui trônait sur son [insérer place du bandeau] témoignait d’une appartenance militaire bien que son allure s’assimilait plutôt à une forme de richesse noble. Pour la première fois, tu enviais quelqu’un. Etre un tout, ne pas avoir à choisir… Ou ne pas avoir un sang qui choisit pour soi. Il avait cet air d’hybride de sens, de facettes.

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Sam 7 Juil 2018 - 17:37
Moi, qui de nature, n'éprouvais jamais, ou presque, la sensation d'être pris de court, d'être écrasé par quelque chose, d'être surprit ou même touché en plein cœur d'un premier regard. Voilà que je tombais de haut. La jeunesse et la beauté sont partout des idoles qui nous font plier le genou, et si je ne tombais pas à genoux, je pliais malgré tout, à ma façon devant cette femme. Je n'avais même pas remarqué son escorte tellement je ne pouvais la quitter du regard, souriant légèrement, l’œil grand ouvert sur elle, comme on apprécierait l'oeuvre d'un immense artiste. Si la beauté pouvait trembler, elle tremblerait devant sa grâce, et cette nature princière qui imposait sans réclamation que l'on se sentit prit d'affection et d'humilité devant elle.

J'ignorais les tengus et ses suivantes, sans avoir à m'y forcer, pour ne regarder qu'elle. Je prenais soudainement conscience de la sensation qu'avait certaines personnes quand elles me regardaient, des regards qui ne plaisaient pas toujours d'ailleurs. "C'était donc ça, qu'elles ressentaient", me disais-je un instant. Mais moi, il n'y avait pas de luxure aux fond de mes rétines contemplative, il n'y avait pas d’orgueil ou de volonté possessive. J'étais seulement heureux de pouvoir poser mes yeux sur ce que je voyais. De l'égocentrisme peut-être ? Il était vrai qu'elle était pour ainsi dire mon miroir au féminin, une sorte d'idée de la perfection que je me faisais sur un individus. Elle avait sur elle aussi, tous les artifices de la noblesse, la tenue, l'escorte, les bijoux, le maquillage, et pourtant, moi qui n'était guère impressionné par cela, je lui trouvais surtout cette grâce, la grâce qui est le seul fard qu'une femme honnête peut mettre à sa beauté, et c'est aussi celui-là qui la conserve. Aussi, jugeais-je assez facilement, qu'elle était véritablement belle, pas par son titre, pas par son éducation, pas par ses artifices, mais par sa substance même.

Je m'approchais encore d'un pas, et je remarquais que les gardes étaient déjà prêts à me bondir dessus ou pire, mais je les ignorais et je me stoppais. Suffisamment proche, je respirais son parfum. Une effluve délicate et sucrée portée par le vent qui me faisait oublier les odeurs de transpiration du marcher. Je lui découvrais alors, malgré moi, un regard tendre, une œillade transcendant l'odeur de sainteté et d'innocence, j'avais en effet en quelque sorte, le regard d'un enfant qui découvrait un paquet cadeau. Intérieurement, mon cœur battait puissamment et mon esprit se brouillait, "mais dit quelque chose d'imbécile", me hurlais-je à moi-même. Une odeur jasmin que je dégageais ne suffirait certainement pas à briser la glace. Déjà qu'elle me parlait sans détour, je ne devais pas gâcher l'occasion.

Avec tout cela, j'en oubliais qu'elle était princesse, comme venait de me l'annoncer comme une fatale erreur de ma part, l'une de ses suivantes. Sa dignité et le prestige de son sang ne m'intéressait pas pour le moment, il n'y avait que la femme, que je voulais découvrir. Aussi, je me reprenais, et ne me laissais-je pas impressionné par cela, uniquement par la femme, pas la princesse. Et lui souriant voluptueusement, je lui répondais comme je pouvais, me tenant droit et aussi digne qu'il m'était possible, pour ne pas laisser transparaître jusqu'à quel point elle me troubla.
-Vous ne devez être sur ces terres que depuis peu… J’espère que ce village est à la hauteur de vos attentes ?
-Pardonnez-moi, j'ai intégré les forces Iwajins il y a peu de temps, je ne suis pas encore au fait de tout. Lui annonçais-je presque gêné. Me permettriez-vous de vous accompagner quelque temps mademoiselle ? Demandais-je enfin d'un timbre suave et malgré tout hésitant.
-On dit princesse shinobi. Fais attention à ce que tu dis. Me fis-je reprendre par un des Tengus.

Je ne tournais pas le regard, je restais fixé sur elle, exprimant sur le visage tout ce que je savais de grâce et de dévotion. J'irradiais naturellement de tendresse en étant singulièrement lumineux, solaire même je le savais, mais je savais aussi me montrer ferme, ce que j'aurai fait avec le garde. Mais tempéré par sa présence, à elle, je demeurais doux, accaparé par sa seule prestance.
-Une dame avant d'être princesse reste une dame, et cela n'a rien d'insultant. Lui répondais-je sans le regarder. Mais je retiens, princesse, continuais-je délicatement, permettez-moi de vous accompagnez un moment. Si ma compagnie ne vous offense pas du moins.

Là je m'inclinais, de la tête d'abord largement, puis du corps ensuite légèrement. Signe que je reconnaissais sa condition particulière, mais ma révérence excellente montrait que je savais aussi montré la dignité qui sied à la hauteur princière. J'étais peut-être né non noble, mais ma famille avait aussi une dignité particulière, et l'éducation que j'ai reçu m'avait inculqué certaines notions qui ne me quittèrent jamais.
-Ho pardonnez-moi. Ajoutais-je en me redressant. Je m'appelle Sainan Gi. Tenshi. Et vous, quel est votre nom ?

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Lun 9 Juil 2018 - 3:23
PREMIER REGARD
Feat Sainan G. Tenshi


Le jeu du miroir : Le monde qu'on scinde

Une perle rare qui t'avait abordée sans aucune réflexion ; seuls ses instincts avaient régi son corps, ignorant tout de la « noblesse oblige » qui endoctrinait la cité d'Iwa. Une surprise qui apportait son lot de fraîcheur, tantôt sur la forme que le fond. Il avait évoqué son envie d'accompagner ton chemin (pourtant si monotone), en oubliant déjà les réflexes qu'on attribue aux conversations de prestige. Sur le point d'acquiescer par souci de bonne figure, ta moue est finalement entravée par un capitaine qui, en voulant trop bien faire, avait souillé son grade, rappelant à l'ordre un jeune homme qui avait -ô diable- oublié les préfixes honorifiques. Qu'on t'appelle princesse où non, cela ne changeait rien, tout dépendait de l’admiration et la ferveur avec laquelle on le faisait. Habituée aux regards, te voilà maintenant reine des juges pour savoir quand un intérêt était joué ou sincère. Préférant entre milles un simple bonjour bienveillant qu'une sérénade pompeuse et monotone. Ton visage redevient sévère, il se tourne vers le moralisateur qui t'escorte :

- Est-ce là une manière de donner conseil ? Pensez déjà à apprendre vous même les règles de bienséance avant de vouloir les exposer à autrui.

En effet, non seulement le capitaine s'était montré dominant là où son rôle était de rassurer, mais en plus il avait brisé la politesse courtoise en s'autorisant le tutoiement. Son corps se baisse brusquement suite à ta remarque et des excuses graves et aigues fusent dans les airs comme des crépitements graisseux. Soupir interne, invisible. Lui, ne pense pas un seul mot de ce qu'il clame. Ses regrets sont faux et seule son amertume d'avoir été ainsi bâché comme un vulgaire soldat transpirait dans son attitude.

Tes billes azurées retrouvent leurs homonymes, gracieusement. Tu n'irais pas jusqu'à t'excuser pour les erreurs d'un autre, mais le réprimer était signe que ses élucubrations n'étaient pas représentatives de ton être. Après s'être excusé à son tour, il avait réitéré sa demande -un peu maladroite mais candide- en accompagnant celle-ci d'une présentation dans les bonnes et dues formes. Son buste s'était penché, étouffant de moitié ses mots, et donc de son nom. Ta révérence est maîtrisée, automatique ; tu connais parfaitement ta place et sait que le rang implique un calcul précis et représentatif de ce geste. Ton ventre fait angle, mais reste toujours plus haut perché que celui de ton reflet, car c'est ce que les règles impliquaient. Les saluts se faisaient hiérarchiquement, et tu ne t'étais jamais baissé plus bas que quelqu'un d'autre que ton père [Byakuren Masato].

- Je suis Byakuren Yume, enchantée Sainan-san.

Un ton légèrement protocolaire, celui de toujours. Nul besoin d'en préciser plus, le reste de la foule l'avait déjà fait pour toi.

- Si c'est ce que vous désirez, alors vous pouvez m'accompagner

L'escorte réagit d'un frémissement réprobateur, mais ils se savent incapable de rajouter ne serait-ce qu'un seul mot à cette conversation. Ils connaissent assez bien ton humeur pour savoir que tu ne laisserai pas impuni les récidivistes : Or, la première erreur était déjà tombée. Le cercle s'écarte avec méfiance et enrobe désormais vos deux silhouettes. La marche reprend.

- Nous sommes en visite préparatoire. Vous ne devez pas être sans savoir que l'Iwa Shukusai est le feu même qui anime notre village en cette période estivale ? Il faut donc choyer son élaboration, le préparer au mieux !

Une certaine conviction psalmodique se ressent dans tes mots. Certes tu étais heureuse de voir le village respirer de nouveau, mais cet épisode sonnait en écho aux précédents. De l'ennui. Une forme de lassitude prématurée qui faisait de toi une princesse imparfaite : Exigeante mais incapable d'assumer une quelconque créativité. Respecter les protocoles, surveiller, guider, écouter. Tu représentais le peuple depuis peu : à la place d'un père et d'une mère bien trop occupés à gérer les conflits externes.Ils t'avaient dorénavant confié l'interne, le seul endroit où leur regard pouvait manquer sans être criblé d'angoisse. Une idée germe. Une idée qui te fait hausser un sourcil.

- Peut-être auriez vous des suggestions à faire ? Les avis extérieurs (comme s'il était si loin de toi)- sont toujours bons à prendre après tout...

Tes iris sillonnent entre ton miroir et les stands qui l'entourent : en patrouilleuse curieuse, en vigie désireuse de nouvel air.

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Dernière édition par Byakuren Yume le Lun 16 Juil 2018 - 23:10, édité 1 fois
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Lun 9 Juil 2018 - 14:44
Elle prenait ma défense. Une demoiselle de haute lignée, qui rabrouait une escorte sur les manières adéquates pour émettre un mécontentement. Je me fichais pas mal de ce soldat pour être tout à fait honnête, mais beaucoup moins de l'intérêt qu'elle me portait. J'étais presque flatté de pouvoir recevoir cette sorte de considération de sa part. Ainsi, je retrouvais mes esprits, et redevenais peu à peu moi-même, moins hébété en la regardant fixement. Elle me faisait toujours un grand effet je dois dire, mais je retrouvais en quelque sorte le contrôle. Voyant aussi autour de nous l'étonnement de la foule et particulièrement de ceux qui l'accompagnaient, je choisissais encore d'ignorer cela. Là, tout de suite, il n'y avait qu'elle que je voyais, le reste, n'était qu'un décor dont elle était l'unique metteur en scène.

Mon regard s'était fixé dans une complète neutralité le temps qu'elle reprenne son homme. Je ne voulais pas jouir de cette faveur qu'elle me faisait, afin, certainement, de ne pas lui vendre mon orgueil et mon ego. Là, elle me faisait une révérence plus belle encore que la mienne, respectant à la lettre les ordres de la hiérarchie, car, si très bas j'avais baissé la tête, au-dessus de la mienne, elle inclinait la sienne. Ainsi, elle n'omettait pas de me rappeler qui gouvernait, et qui était le gouverner. Cela ne m'offensait pas, car je savais, que même si ce n'était pas là son désir, elle était obligée de respecter ce protocole. Tous les regards étaient posés sur nous, pas seulement sur elle, mais sur moi, qui vraisemblablement ne s'étais pas rendu compte de la présomption dont j'avais fait preuve. Je ne manquais pas d'allure, et quelques demoiselles derrière nous murmuraient déjà une certaine jalousie, "c'est parce que c'est une princesse", susurraient-elles avec mesquinerie, mais je n'en avais cure. Cette beauté, miroir de la mienne, me satisfaisait bien assez sans que je n'aie à prendre acte de son titre. Puis à nouveau sa voix résonnait, me faisant parcourir l'échine d'un frisson que j'appréciais.
-Je suis Byakuren Yume, enchantée Sainan-san.

Quel joli nom. Un rêve, elle avait le nom rêvé, comment ne pas succomber encore à cela. Et devant la simplicité de cette réponse, devant les regards ahuris des passants et de ses gardes, la neutralité de mon faciès se métamorphosait en un visage tendre. Le sourire de la quiétude et de la satisfaction décorée d'un beau regard luisant et innocent. Le ton protocolaire et le strict du timbre ne m'atteint pas de cette façon, je découvrais quelqu'un de ma hauteur, qui savait se préserver en toute occasion, en un mot, j'étais séduit, mais je devais toujours tenter de rester maître de moi-même.
-Si c'est ce que vous désirez, alors vous pouvez m'accompagner. Nous sommes en visite préparatoire. Vous ne devez pas être sans savoir que l'Iwa Shukusai est le feu même qui anime notre village en cette période estivale ? Il faut donc choyer son élaboration, le préparer au mieux !

J'avais son consentement et je m'en trouvais fier. Immédiatement, avec dans le visage de ses escortes, la désapprobation qui se lisait froidement, je me trouvais encerclé avec elle pour que nous puissions converser dans une relative intimité. Je me sentais élevé à un rang qui n'était pas le mien, et quoique je m'y trouvasse très à l'aise, c'était plus à elle que je pensais. Que cette vie devait lui paraître étouffante, songeais-je les voyant ne pas nous quitter un instant des yeux. J'étais donc sous surveillance permanente et devais tenter de mesurer chacun de mes mots. Ce n'était pas un problème en soi après-tout, n'était-ce pas ce que je faisais déjà chaque jour ? Nous marchions ainsi, et quoi que proche d'elle, je cessais de la regarder sans cesse, pour préférer l'écouter et lui répondre en toute simplicité. Je lui témoignais à la fois de l'effet qu'elle me faisait dans le timbre suave, tendre et mélodieux que je lui énonçais, et lui renvoyais le respect qui lui était dû, en la considérant avec justesse par des regards aimables et sans insistance.
-Peut-être auriez vous des suggestions à faire ? Les avis extérieurs sont toujours bons à prendre après tout...
-Je dois en effet y participer. J'utilise le mokuton et je dois faire pousser un arbre particulier lors d'une cérémonie m'a-t-on dit. Peut-être, si vous me permettez la suggestion, organiser un accrochage de souhaits à ses branches. L'espoir nourrit les cœurs et garantit autant la stabilité que le pain sur la table. On m'a demandé de décorer les allées de petits arbres également, des décorations sur ceux-ci seraient d'un très bon gout. Un arbre illuminé lors d'une soirée dansante pourrait aiguiser de nouvelles passions amoureuses enfin. Si je voulais vous proposer une danse, devrais-je passer par vous ? Ou devrais-je abandonner l'idée. C'est qu'il me plairait d'expérimenter cela avec une femme aussi —gracieuse.

C'était osé. Mais simplement sincère. Je voudrais réellement danser avec elle à ce fameux bal dont j'avais entendu parler. Les escortes avaleraient sûrement leur salive en m'entendant mais je m'en fichais, ce n'était pas franchement leur avis qui m'intéressait. Et d'ailleurs, à ce propos, non sans plaisanterie j'ajoutais.
-J'ai peine à imaginer comme il doit être pesant d'avoir si peu d'intimité et de respecter sans cesse un protocole. Votre liberté entravée par des barreaux dorés fait des envieux sans doute, sans qu'ils ne voient tous les travers incombés par le sacrifice d'une vie à sa patrie. En toute sincérité, vous vous en sortez à merveille. J'ai beaucoup voyagé et rencontré des individus de tous les rangs, vous respirez la noblesse par votre cœur, bien au-delà des artifices qu'oblige votre condition.

Je posais un regard sur elle, au coin de mon visage tout en marchant et sans me retourner complètement. La simplicité tendre avec laquelle j'usais de mot bien choisi me ressemblait bien, j'étais enfin redevenu maître de moi-même et incorporée au creux de mon élément. Guerrier et mondain et philosophe et enfantin, j'étais un homme qui ne s'encombrait pas que de formalités pesantes pour en venir, quand il le fallait, à l'essentiel. Cela n'empêchait pas que mon cœur battait toujours puissamment, cela je ne pouvais le contrôler, sa présence me donnait presque du mal à respirer sans que je ne me l'explique, et pourtant, que j'aimais ça.

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Jeu 12 Juil 2018 - 11:41
PREMIER REGARD
Feat Sainan G. Tenshi


Le jeu du miroir : Le monde qu'on scinde

Le cortège grossissait à mesure qu’il avançait. Par pur instinct, le peuple était habitué à encercler sa princesse, à la border. Une ruche et son essaim. La reine et ses enfants. La plus égarée des ouvrières n’aurait aucun mal à sentir le sang royal ; c’est un fait qui transparaît, invisible mais pourtant présent. Chacun connaissait sa place où la comprenait implicitement. Ton nouvel acolyte ne faisait pas exception, il avait été attiré sans vraiment en connaître la raison ; parce que l’ère princière était réelle et sensible. Il se présentait maintenant comme nouveau venu et manieur de Mokuton.

Ton sourcil s’arque timidement sans pourtant lui offrir une expression de surprise profonde. Ceux qui contrôlaient le bois se faisaient rares : Le don n’était ni héréditaire ni transmissible. Ils naissaient simplement ainsi, en élites, en êtres uniques. Le shinobi joue alors son rôle de conseiller éphémère : présentant à la foulée des intentions qu’il avait, tantôt créatives, tantôt déplacées. Il avait conclu sur une proposition de bal dansant, parlant alors d’une passion amoureuse qui te semblait si loin.

- Je ne pensais pas tomber sur le participant chargé des végétations avant la cérémonie ! C’est une très bonne idée, en accord avec ce que j’avais prévu pour l’ouverture. Pour le reste, vous avez carte libre.. Néanmoins..

Un visage qui devient neutre, ni froid ni chaud ; juste le masque princier qui refait apparition. Celui que tu portes pour te protéger, pour t’éloigner et t’isoler loin des folies superflues. A sa requête d’une danse avec la princesse, toute la cohue s’était transformée en un bloc de verre près à exploser.

- Vous dîtes que l’amour se cultive par des soirées dansantes, puis vous m’en proposez une...

Ta démarche s’arrête, ton regard quitte enfin les étals de bois pour venir rencontre leurs homonymes, aussi fermement qu’une princesse puisse le faire.

- Je ne compte pas nourrir vos espoirs alors n’oubliez pas votre place

Un don qui t’était propre : Couper court aux effusions, aux intérêts. Ton jardin interne était cadré et architecturé, il n’y avait nulle place pour la fantaisie. Les appels du cœur, les sentiments, les fleurs du mal, tu les avais élagués depuis toujours ; Que ton esprit reste droit, qu’il n’oublie pas son unique but. Etre princesse au trône. Etre une personne morale avant d’être une personne physique.

La foule se brise à ta réplique ; comme s’ils étaient soulagés de ce revers. Ils respirent de nouveau et se contentent d’observer la nouvelle fleur que tu venais de trancher à vif.

Consciente que la scène ne mènerait pas plus loin, tu reprends la marche, suivie à la seconde près de l’escorte qui vous enveloppait. Qu’il suive ou non, la délégation princière continuerait son chemin. C’est ce que tu faisais depuis toujours, habituée à voir les têtes tomber, les dirigeants défiler. S’attacher alors que les pays s’entretuaient ? C’était une hérésie que l’on accordait qu’à une plèbe sans devoir. Le tien était politique, symbolique. Une princesse ne tombe pas, ne frémit pas, ne chavire pas, n’aime pas. Une princesse attendra un mariage qui serait tout autant allégorique, mariant deux puissances politiques et non pas un homme et une femme. C’est ce pour quoi tu avais été préparée depuis toute jeune.

A sa deuxième réplique, tu réponds sans même te retourner, car le poids des mots devenait écrasant ;

- Vous parlez sans connaître. *mais tout sonne si vrai* - Vous jugez ma situation comme si elle m’enfermait dans une prison impersonnelle *et de silence*. - Le sacrifice ? Allez donc en parler aux familles de ceux qui sont morts pour Iwa, morts pour nous ! *Et moi qui n’ai jamais vécu* - Ma noblesse ne vaut rien si elle n’est pas soutenue par un peuple qui l’accepte *et l’emprisonne* ; - Gardez donc vos interprétations pour vous maintenant *car elles sont dangereuses*

La cavalcade reprend, avec une chose en moins, le cœur.

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Dernière édition par Byakuren Yume le Lun 16 Juil 2018 - 23:11, édité 1 fois
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Jeu 12 Juil 2018 - 22:42

Piquante, froide, glaciale, et sa blancheur immaculée n'en éprouvait de ressemblance que d'autant plus d'opacité. Je pouvais m'y attendre de la part d'une princesse, et ce fut tout de même mérité — j'étais repoussé. Cela ne m'était que très peu arrivé, vraiment, très peu. Tant et tellement que cela ne faisait finalement que lui ajouter de l'attrait. Tout était séduit à un moment ou un autre, d'une façon ou d'une autre, mais pas elle. Si elle me repoussait, y mettant autant de forme qu'elle pouvait tout en conservant sa hauteur royale, ce n'était pas uniquement je pense parce que j'avais montré un trop grand empressement, bien qu'il y eut de ça.

Je ne pouvais déjà m'en prendre normalement qu'à moi-même parce que cet empressement, avec recul, avait son lot d'inconvenance. Moi qui normalement me mesurais à la perfection et savais séduire tous ceux qui me croisaient. Qui m'avait résisté ? Personne, et parfois, pour faire succomber, je me laissais un peu succomber moi-même, comme avec Diao. Où je dévoilais la facette de ma personnalité qui résonnerait le plus dans l'âme de mon interlocuteur, comme avec mon sensei, où je montrais ma facette la plus violente, comme avec Tenzin, où je ne craignais pas d'enseigner la sagesse à un homme trop fier, comme Takumi. Jamais on ne me tenait réellement tête, et ce depuis mes quatorze ans. Seul Diao, m'avait mis quelque peu à mal, et obligé à finalement me livrer complètement, obtenant de fait, une place toute particulière dans mon cœur, mais elle était l'exception qui confirmait la règle. Cette fois, subjugué que j'étais, j'avais omis que je tombais sans doute sur quelqu'un de ma mesure. Elle réagissait comme je l'avais fait moi-même tellement de fois, et songeant à l'ironie de la chose plus tard, je ne pourrais que m'amuser de voir que le miroir ne reflétait pas qu'une simple apparence.

Peut-être était-ce cela le problème de départ, trop confiant, si habitué à être considéré comme un prince, que j'avais oublié que cette fois, j'avais face à moi une véritable princesse et que j'aurai dû me conduire en conséquence. Glaciale et triste beauté, au discours tout aussi froid, dans lequel je décelais la fébrilité des convictions, qu'un coup de vent suffirait à ébranler, jusqu'au pur et simple effondrement. Publiquement, elle me recalait, mais mes mots ne l'avaient pas laissé tant de marbre, je le sentais. Peut-être dans l'intimité, m'aurait-elle été moins froide, moins frigide. Je ne pouvais pas croire qu'elle refusait cette danse, pour le moins en réalité anodine, sur la seule base de mon état. J'étais roturier et elle ne se gênait pas pour me le rappeler. Si elle avait su que j'étais d'ascendance noble, que la vie avait arrachée à une éducation stricte, vers les bas-fonds du plus sale et indésirable du genre humain, aurait-elle le même discours ? Seul Diao savait actuellement que mon nom fut un grand nom de Kaze, et pourquoi je fus finalement, par force du drame, élevé par une prostituée et un shinobi. Mais je n'avais rien perdu de mon élégance de mes premières manières inculquées à force de répétition, selon le vœux de ma mère biologique et du souhait de mon défunt père.

J'étais un noble sans titre, qui avait la forme, le cœur, l'apparence d'un prince, un prince à qui on aurait volé la couronne et coupé les ailes. Elle-même, combien même elle conserverait cette grâce intarissable et cette beauté sublime, ce style révérencieux qui imposait naturellement le respect, si elle était déchue, cesserait-elle d'être une princesse en réalité ? Pour mériter un regard d'elle, un compliment, une attention, je devais donc obtenir le prestige suprême ? Devenir le meilleur parti d'un village militaire ? Ou... Pire ? Ma noblesse de cœur était pour moi, et l'allure du prince je la possédais déjà, son titre ne m'impressionnait pas, ne m'intéressait pas. Je savais par avance qu'un jour, si j'obtenais ce que je voulais, on raillerait dans mon dos, beuglant comme des vaux que j'ai sauté sur une occasion pour ma propre ambition. Je montais les marches de mon ascension seul, et rendais à tout ceux qui m'y aidaient le prix de leurs actes, qu'ils me furent bénéfiques ou le contraire. Qu'ils parlent dans l'avenir, son titre je n'en voulais point, je me sentais déjà un prince et gouvernant du monde. Sauf que pour moi, la preuve de mon état devait se faire à chaque instant, je n'avais pas un cortège pour me suivre, une escorte, une armée, un pays, et tous les artifices de la fortune. Ma dignité princière, je ne pouvais la renvoyer qu'au travers de ma seule personne ! Et cela, c'était un travail immensément plus difficile, sachant d'où je sortais. Brandir mon nom ou mon passé ne servait à rien, je ne devais et ne pouvais qu'agir à chaque instant pour faire la preuve de qui je suis.

Sa dignité princière était ce qui m'avait attiré, c'était évident, mais pas par ambition d'ascension, mais parce que mon ego démesuré que je ne connais que trop, vibrait à l'idée d'avoir une femme qui lui fasse honneur à ce point. Elle était magnifique, aussi rayonnante que moi, et d'un esprit aussi fin, quoi que sans doute beaucoup moins fourbe. La femme qui aurait mon cœur serait sans nul doute exceptionnelle, elle serait mon plus beau joyau que je chérirais plus que je me chéri moi-même. Il lui fallait pour cela être aussi haute que je m’estimais devoir arriver. Cette femme, c'était elle, je n'en avais pas le moindre doute. Même maintenant, que je me retrouvais entièrement, moins brouillé par mon plexus qui vibrait en sa présence, ma respiration difficile à l'odeur de son parfum, même maintenant que j'avais tous mes esprits, je savais que c'était elle, que je voulais. Et je finis toujours par avoir ce que je veux. Je me devais d'être honnête avec moi sur ce point, quand je la regardais, même alors qu'elle me montrait son trait le plus froid, je ne pouvais songer qu'à la perfection que j'y décelais, la beauté que le plus de prestige entoure est celle dont rayonne le visage de la femme. Qu'y a-t-il dans cet éclat, dans ce poli et dans ces contours de la chair qui force à l'admiration et allume la passion la plus ardente ? Il y a une âme, une âme qui anime ces traits d'une muette éloquence, et va droit au cœur pour y porter de douces émotions ou l'embraser d'une vive flamme. Épris déjà de cette âme, je souhaitais finalement lui présenter la mienne, lentement et sûrement. L'amour ne se fait pas entendre à tous les hommes, distraits qu'ils sont par les mille préoccupations de la vie matérielle ou par la prédominance d'autres passions ; aucun pourtant n'est si froid qu'il ne s'échauffe aux rayons vivifiants de la beauté et n'entrevoie dans l'amour d'une femme belle et vertueuse le plus grand des bonheurs humains, le plus capable au moins, en le pénétrant de douces émotions, de le reposer des fatigues du monde réel. En elle, je pouvais trouver, telle que mon instinct me l'affirmait, ce moment de repos, qui démarrait à peine déjà à sa contemplation.

Passant devant moi quand elle terminait, elle ignorait le regard compatissant que je lui présentais, il exprimait que je fus bien désolé d'avoir oublié la foule alentour, et de ne pas avoir présenté le respect dû à sa condition et sa charge. Il exprimait aussi l'incompréhension d'un homme, qui aurait voulu crier à une femme qu'avant d'être princesse, elle était déjà une femme, et que si elle voulait comprendre son peuple, être proche de celui-ci, elle ne devait surtout pas cesser d'en être une. Si elle voulait régner justement et efficacement, elle ne devait appartenir à son pays, à son pays, son corps ne devait pas être une marchandise pour raison d'État, elle devait s'imposer, écrire ses propres lois, savoir quand il était juste et bon d'être la princesse, et nécessaire et fatale d'être une femme. Je ne pouvais le lui exprimer sur le moment, puisqu'elle passait froidement en m'ignorant. Je savais que dans son escorte de plus, le rêve de m'abattre bouillonnait dans les esprits, parce que je me serais montré trop présomptueux.

Menu fretin inutile et sans valeur dans cette situation, je marchais encore, retournant à côté de la princesse comme si de rien n'était. Toujours élégant et sobre, la mine néanmoins moins hébété, plus solaire encore que précédemment. Il était maintenant temps d'être honnête et de lui parler comme un prince, qui se savait simple genin. Mélodieusement donc, je fis résonner ma voix, sans craindre de lui dire mon sentiment, que je lui voulais, et au timbre s'était ressenti, tout son bien.
-J'ai manqué de correction. Pardonnez-moi. Il se trouve que pour un roturier, pouvoir vous regarder d'aussi près, une fois qu'il découvre qui vous êtes, est un privilège capable de faire tourner une tête. Je fais parti du peuple, qui promet de mourir pour vous, ce village, ce pays. C'est sur le peuple dont je fais partie, que se battit votre grandeur et votre fortune. Vous êtes le sommet de la montagne de roche — et je suis à sa racine. Sans fondation solide, l'édifice s'effondre, et son sommet avec. C'est ce que vous avez dit. Vous repoussez pourtant l'avis d'un roturier. Nul en ce monde n'a rien à apprendre de personne, pas même moi, pas même vous votre altesse. Je suis né dans la fange, le sang et la boue, comme bon nombre de vos sujets, leur apprendre votre douleur et comprendre la leur, ne peut que vous aider à mieux gouverner votre future nation. Présomptueux jugerez-vous qu'un simple genin puisse parler ainsi à votre dignité royale. Mais la sagesse, n'a pas de titre, et se trouve morcelée dans tous les hommes, même un homme comme moi. J'ai bon soin de me rappeler le sacrifice des courbés et exploités que j'ai beaucoup côtoyés dans ma jeunesse, après que mon nom fut à jamais effacé des grands noms, titres, terres, et prestige avec. J'ai vu les civils souffrir plus qu'ils ne méritaient parce qu'ils étaient simplement des civils. Vous me demandez de garder mes interprétations, alors que je tente de parler de faits. L'aurai-je fait maladroitement ? Mon verbe serait-il celui d'un rustre ou d'un éduqué ? Serais-je un serviteur honnête, si je ne vous donnais pas honnêtement — le fond de ma pensée ?

Marchant au rythme de son pas, j'estimais avoir plus qu'assez parler. Je ne la regardais plus non plus, parce que la regarder à chaque instant, me faisait trop perdre de vue qui je pouvais être moi aussi, elle me troublait beaucoup trop. Je lui offrais donc mon profil, l’œil perçant, vif d’appétit et d'esprit, pétillant d'un désir, d'une ambition et d'une sagesse peu commune. Je devais cependant, plus gravement terminer sur cette pensée que je voulais absolument lui faire valoir.
-Vous êtes digne et droite, et vous vous y forcer avec fermeté, je le vois bien. Mais je n'ai jamais vu la dignité de l'homme, et donc aussi d'une femme, que dans la sincérité de ses passions. On n'est pas un grand homme parce qu'on se trouve élevé par sa place au-dessus des autres. Les plus hautes dignités que sont que de beaux piédestaux, où l'on ne doit paraître que fort petit, quand on n'y brille point par sa propre vertu — n'est-il pas ? Et, si je puis me permettre, continuais-je alors très bassement, à peine plus haut qu'un murmure pour qu'elle seule puisse entendre. Votre altesse, Le malheur qui a trop duré finit par perdre de sa dignité. Votre bonheur, est celui du pays que vous chérissez aussi. Le mien, de votre peuple, de nous tous.




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Ven 13 Juil 2018 - 11:49
PREMIER REGARD
Feat Sainan G. Tenshi


Le jeu du miroir : Le monde qu'on scinde

Le châtié regagne son souffle ; il se reprend, cisèle ses arguments pour qu’ils soient plus pointus, plus perçants. Dans vos deux discours il y a du vrai et de l’impossible. Il semblait cependant avoir compris le manque de délicatesse dont il avait fait preuve en associant deux phrases romancées pour t’inviter à un bal. Si la demande avait été simple et sans ambiguïté, tu aurais probablement souri avec gêne. Le jeune homme avait au moins un mérite ; il provoquait des situations que d’autres se gardaient de faire, même d’imaginer. Toi la première, déstabilisée parce que l’on te parle formellement mais sans pudeur. Toi qui avait passé 17 ans dans un perchoir d’argent, enfermée dans ce palais de prestige sans aucun contact autre qu’une vue plongeante sur le village de la roche. Habituée d’un tout, habituée d’un rien, n’ayant que les livres fondamentaux pour t’enseigner la vie humaine, avant même de la côtoyer dans un autre cadre qu’un lien de princesse à domestique.

Sa première tirade est longue et réfléchie. La seconde te perd un peu plus, évoquant sincérité et bonheur. Des mots que tous deux pouviez interpréter de différentes façons. Ta sincérité n’était même pas maculée, car tu avais plié tes volontés à celles du bien commun, à l’image que tu devais être et non pas la personne. Ton bonheur était singulier, depuis toujours. Tu t’attachais aux plaisirs simples, sans fioritures. Beaucoup imaginaient la vie de princesse bercée d’abondance ; c’était le cas pour certaines choses, mais l’inverse pour d’autres. Tu n’as jamais eu faim, mais n’a jamais été maîtresse de tes goûts, des choix. Tu n’as jamais manqué d’argent, mais n’en a jamais eu pour autant ; les autres gérant toute l’infrastructure princière à ta place. Naître Byakuren, c’était tout posséder, mais ne rien avoir.

Une boutique d’antiquaire, pas éphémère elle, avait déballé ses trésors sur des tissus de carmin. La doyenne qui s’en occupait avait le dos si courbé qu’elle touchait presque le sol des mains. Une vie à porter, une vie à s’incliner. Cette vision te frustre, et, indirectement, précipite l’adrénaline que tu voulais contenir.

Le commerce d’après est une salle de restauration traditionnelle, habillée pour l’occasion. Sans réfléchir, tu dévies la route du cortège pour t’y enfouir alors que le personnel explose de surprise. Des cloches de papiers pendaient ça et là, éclairant d’une lumière tamisée les pans boisés de la pièce centrale. Le chef panique et se jette au sol, aussitôt suivi par les serveurs et ses commis. Ils se redressent avec la crainte et l’espoir de déceler ou non un intérêt de ta part.

- Est-il possible de prendre réservation pour le soir de la fête ?

Le gérant, presque sous crise cardiaque, hoche frénétiquement la tête, balbutiant des mots sans logique coordonnées. Sa (supposée) compagne, plus sage, vient alors à sa rescousse :

- Bien sûr… Ce serait un honneur de vous accueillir Byakuren-sama… Souhaiteriez vos voir nos salons privés ?

A grand nom, grand service ? Mais c’était exactement ce que tu étais venue chercher.

- Avec plaisir

Triomphante, la cheffe de rang se métamorphose en tête d’escorte, guidant vos pas jusqu’à l’escalier qui menait à l'étage supérieur. Les murs de papiers divisés en carreaux composaient une sorte d’arche rectangulaire au-dessus de la pièce commune. Des portes s’y incrustaient discrètement, ne dénotant pas avec la décoration ambiante. Un premier voile qui glisse, la pièce est découverte. Un salon aux dimensions accordées à la table centrale qui s’y allongeait. Tu y rentres la première, dans cette tanière intime, à l’abris des oreilles indiscrètes.

- Vous pouvez nous attendre dehors ;

Les gardes rechignent mais abdiquent lorsqu’ils comprennent que ce lieu clos ne propose aucun risque. Seul ton nouvel accompagnant est invité.

- C’est parfait, je prendrais celui-ci

Tu valides d’un hochement léger de la tête, et la gérante comprend que son rôle est terminé. Elle se retourne également, repoussant à mi-clos la porte qui serait votre isolant.

- Bien,

Le paon prépare sa contre-attaque. Sa revanche. Ses griffes scindent en silence les quelques pressentiments que l’on pouvait avoir à son égard. Ton regard, en ultime mise en garde, s’isole dans celui du « conseiller » .

- Vous voulez de la sincérité ? Alors la voici ; Vous pensez que je repousse votre aide parce que vous êtes roturier ? Et bien vous voyez vrai. C’est justement parce que vous êtes roturier que vous ne pouvez pas m’aider. Vous osez me parler de sincérité ? De passion ? Quelles passions ? Comme quoi ? La danse par exemple ? La danse pour apprendre à aimer ? Pour être heureuse ?

Détrompez-vous, je ne vous demande pas de garder vos interprétations parce qu’elles sont insensées, mais parce qu’elles ME sont insensées et interdites. Je ferais de mon mieux pour entendre, pour comprendre ; mais jamais je ne prendrais part. C’est mon rôle de n’être qu’une observatrice de ce monde, et non pas une intervenante. C’est ce que j’ai choisi.


Une colère froide, l’amertume. Te voila obligée d’avouer une impersonnalité de contrainte ; une obligation décidée et acceptée. Tu songes brièvement à tes sœurs, à leurs sorts damnés parce qu’elles avaient décidé de vivre selon leurs libertés : L’une tuée, l’autre reniée et tombée dans l’oubli. Voila l’exemple que tu ne pouvais pas suivre, en dernier espoir d’une sororité. Cadette, pourtant aînée des rêves du sang royal.

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Dernière édition par Byakuren Yume le Lun 16 Juil 2018 - 23:11, édité 1 fois
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Ven 13 Juil 2018 - 21:45
Iwa était-il conscient de sa chance ? Le village savait-il jusqu'où allait sa princesse pour le satisfaire ? Moi j'en avais une ébauche, de son sacrifice, de sa droiture... Je la lisais au fond de ses yeux comme dans un grand livre ouvert, dans ses pages blanches et froides, se comptaient moult récits fantastiques, mais surtout une tragédie, la sienne. J'étais ému, mais conservais comme elle, et pour elle, une dignité qui n'enfreignait pas les principes obligatoires de la courtoisie. Encore plus quand on s'adressait à une princesse.

Elle ne me répondait rien sur le moment, et je n'osais, étrangement, tourner mon visage sur elle pour pouvoir apprécier le sentiment que je lui inspirerais. Son silence était d'or, et m'en disait plus qu'il n'en fallut pour que je me doute d'être parvenu à piquer au cœur la femme que je convoitais.

Un soulagement, car même en m'étant repris, j'éprouvais énormément de difficultés à lui parler sans entraves. La foule, les commerces, l'escorte, tout cela ne nous aidait en rien s'il s'agissait de favoriser notre communication. Peut-être était-ce la raison qui la fixait dans ce silence. Si tel était le cas je le comprenais sincèrement. Elle me réservait toutefois une surprise, et pas des moindres, quand investissant un restaurant, elle n'hésitait pas à jouer de son titre pour réserver une table. J'étais étonné, mais sans aller jusqu'à parader, je ne crois pas qu'il serait arrogant de croire qu'à côté d'elle, les tenanciers de l'établissement purent me prendre pour un prince, peut-être même un parent, vu nos similarités physiques. Je me disais alors qu'elle allait me demander de prendre congé, après tout, si elle refusait de danser avec un roturier, pourquoi mangerait-elle avec lui par-dessus...

Je la suivais, silencieusement, élégamment, amusé et fasciné de la voir prendre avec tant d'aisance, toute cette assurance. Quelle femme ! Me criais-je intérieurement. Elle marchait et parlait quasiment comme je le faisais à quelques détails. Elle avait plus de grâce que moi, j'avais une voix plus mélodieuse et séduisante qu'elle. Des détails au regard de l'immensité des autres avantages que nous avions. Sachant qu'elle en possédait encore plus que moi vu son rang.

L'endroit était bien tenu, une bonne maison, propre, apaisante et salutaire, le genre où on ne vient que pour une grande occasion quand nous sommes un simple shinobi.

Je commençais à me demander ce que je faisais là, et quand nous pénétrâmes dans la salle qui était destinée à notre plaisir, je m'inclinais très noblement derrière elle, le visage et le regard aussi léger que complaisant. Là, était la réelle surprise, elle congédiait toute sa suite, sauf moi...


C'était un choc, pas seulement pour moi d'ailleurs, son escorte contrainte d'obéir n'appréciait guère de l'abandonner à ma compagnie. Je lui sourirai tendrement d'abord, avant de prendre place face à elle. Nous retrouvant dans une parfaite et totale intimité, je concluais que c'était là la première marque d'attention que j'attendais, et je ne retiens pas un sourire gêné, rougissant légèrement, à peine alors que je me trouvais assis face à elle
-Je voulais vous inviter à danser et j'ai déjà des difficultés à partager la même table. J'ai vraiment été présomptueux je crois...

Pourquoi me sentir ainsi encore une fois. Moi je dominais, d'où lui venait donc cette force capable de me rendre fébrile... Cet effet qu'elle avait sur moi, à chaque fois que nos yeux se croisaient, me rendait timide, hésitant, j'avais peur à chaque instant de lui déplaire ou de la décevoir, et bon Dieu que cela m’agaçait...

L'écoutant ensuite, je reprenais quelque peu mes esprits. Il fallait être attentif à son timbre, aux mots qu'elle choisissait, et comment elle les annonçait. Cette fois, même si elle souhaitait dire exactement le contraire, c'était bien la femme plus que la princesse que j'entendais. Le cloitre de l'intimité m'accordait donc le privilège de sa sincérité. Je m'en satisfaisais plus que largement, l'écoutant patiemment et avec un grand intérêt, sans jamais avoir l'air de m'offenser d'une manière ou d'une autre.
-Vous pouvez décider de la vie ou de la mort de quelqu'un, de moi-même à cet instant précis par exemple, et vous ne seriez pas intervenante dans le monde ? Commençais-je par répondre d'étonnement.

Éduquée à n'être qu'un objet d'apparat, elle en avait presque oublié son humanité. C'était donc cela notre fondamentale différence, ma liberté, mon humanité, dont elle avait été amputé. La peine me saisit au cœur un court instant, et à mon regard passait le temps d'un soupire une profonde compassion. J'étais si désolé pour elle, que si je n'avais eu le respect que je lui portais, je l'aurais prise en pitié. Tristement, gravement, je continuais, sans déloger un regard cette fois encourageant, du sien. Siégeant en mes mots la conviction derrière chacune de mes paroles, au fond d'eux, la sonorité n'avait d'égale à sa belle mélodie que la sincérité de son propos.
-Si vous ne souhaitez n'être qu'un objet automatisé, abandonnez votre âme et votre esprit. Une moelle épinière vous suffira. Mais cette passion de vivre en vous, ce cri de liberté que j'entends à votre voix, que je lis dans la lumière au fond de vos yeux, je suis certain que je ne me l'invente pas. Vous aimez-vous si peu pour n'être que l'outil d'autrui ? Si je pouvais ouvrir votre cage, mon Dieu je le ferai sur-le-champ. Un si bel animal perdra ses plumes s'il ne goûte jamais à sa liberté.


Je baissais la tête, profondément troublé de lui parler ainsi, sincère et sans détour, vu ce qu'il s'était déjà passé, je risquais gros, mais vouloir une femme n'impliquait pas que l'on se soumette entièrement à elle, quel genre d'homme serais-je si je faisais cela réellement... La tête baissée, et le ton plus bas je continuais.
-Si tel est votre choix altesse. Vous n'êtes qu'une illusion. Une femme qui ne fait rien par choix, n'est pas une femme. Et vous gâcherez votre potentiel, et pour un homme comme moi, qui aime tellement la liberté et ceux qui s'élèvent envers et contre tout, c'est un sacrilège qui m'attristera grandement, quand bien même mon opinion vous serait indifférente. Si toutefois, posséder un peu de votre volonté un jour vous ferait plaisir, croyez-moi, je serais le plus heureux des hommes à vous guider et vous inspirez sur ces pas. Vous avez le pouvoir de changer le destin de milliers de gens, et vous n'en ferez rien... Cela me désole pour être honnête. Faire le bien et le juste est votre privilège, et vous vous enfermez dans une image de vous-même à présenter lors d'une parade. Combien d'hommes, hormis votre père, ont osés vous parler réellement ? Combien de femme ? Avez-vous jamais eu un autre son de cloche que celui-ci ? Vous êtes un syndrome de Stockholm à vous toute seule (Stockholm n'existant pas ici, j'ignore comment qu'on dit !), vous êtes aliénée au point d'aimer votre cage. Si seulement vous osiez, si seulement,... Mais dans votre hauteur acquis de naissance, vous avez décidé d'endormir votre cœur et votre âme, afin qu'ils restent bas. J'éprouve beaucoup d’admiration pour vous, et bien que vous ne me connaissiez pas, sachez que je ne suis pas attiré par n'importe qui. Mais ce que je vois n'est qu'une fleur sans pétale, une fleur sous serre, qui n'a jamais goutté à la vie sauvage. Ma présence de rustre vous indisposant, je devrais peut-être partir, car je pourrais bien chercher à vous planter, dans un champ sauvage, afin que vous puissiez vous y épanouir et retrouver vos pétales.

Là, je regardais la porte. Tristement, et prêt à accepter de devoir assumer à la fois qui j'étais, ce que je disais, et ce que je provoquais...

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Ven 13 Juil 2018 - 23:36
PREMIER REGARD
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Le jeu du miroir : Le monde qu'on scinde

Un ange et un rêve. L'un tombé du ciel, l'autre qui s'y élève. Vos chemins ne feraient jamais plus que se croiser ; et c'était cette logique même que tu tentais de décrire. Une fois de plus, il parlait de mort, pire, d'un quelconque pouvoir décisionnel lié à cet état, ne manquant pas d'assombrir l'éclat qui résidait en toi. Te voilà comparée à un vulgaire bourreau : juge pénitencier.

- On ne songe à la peine capitale que lorsqu'un nom devient un danger pour le pays, pas pour notre volonté propre ou notre vérité. Qu'avez-vous fait pour mourir ? Pour oser songer que je pourrais l'ordonner comme si je jouais à un jeu diabolique. Jamais. Jamais je ne verrais la mort comme une solution.

Une nouvelle joute, un quiproquo, basé sur un exemple hasardeux, le sien. Il jouait de sa vie trop facilement et osait juger la tienne voire sur ta façon de la gérer. Tu pouvais entendre sa frustration, mais pas pour autant lui permettre de la rendre visible aux yeux de tous. Il devait avoir la pudeur que tu exigeais de lui : Un respect de tes convictions.

- Au contraire, Sainan-san au contraire. C'est parce que je m'aime suffisamment que je peux tolérer une situation qui vous paraît impossible. La cage dont vous parlez est invisible, donc vous ne voyez même pas sa porte qui est ouverte depuis le début. Il n'y a ni verrou ni clef : Juste des barreaux, une issue et un perchoir.

Un sourire triste, celui d'une volonté résolue, d'un débat clos.

- Savez vous comment l'on me surnomme ? Le Shiroi Kujaku. Le paon blanc. Un paon n'a des plumes que pour conquérir, attirer l'attention sans le moindre effort ; Parce que la créature est noble, parce qu'elle n'a besoin de rien de plus. C'est un oiseau qui peut voler, mais ne le fait pas, car ce n'est pas nécessaire.

Sa tête avait flanché, là où la tienne ne cessait de se redresser. Comme si tu absorbais ses derniers remords, sa peine aussi. Le néant en guise de cœur ; ce qu'il te recommandait était ce que tu peinais à mettre en place depuis des années. Se priver de tout, dépersonnaliser. Il avait cerné avec finesse le plus rude de tes objectifs. Au plus ses amertumes se faisaient violence, au plus ton visage devenait serein, apaisé. Les brides de sentiments restants suffisaient à agiter un visage qui se devait d'avoir les expressions appropriées. Tes lèvres se soulèvent, mécaniquement, pour enjoliver de douceur un visage qui s'apprêtait à lancer sa finalité :

- Vous dîtes que par ces choix je ne suis plus une femme, mais j'en suis une à vos yeux.

Une tension froide et chaude ; éclair glacial et mise à nu.

- C'est pour cette raison que je tenais à vous parler en privé. Je vois votre regard, je pense le comprendre, et c'est par respect pour vôtre âme et vos sentiments qu'il fallait que je vous explique ma situation. Ne soyez pas triste, car je ne le suis pas. Ne rongez pas votre être, car nos mondes se croisent. L’ironie fait que j'ai l'impression de me voir de l'autre côté d'un miroir, où chaque chose est inversée ; où le reflet n'est pas l’identique, mais l'exact contraire. Là où la gauche devient droite ; où vos ardeurs deviennent mes accalmies, où l'aliénation que vous percevez n'est que normalité de ce côté de la glace.

Ultime alerte. Tu voulais juste le prévenir, l'isoler de l'hérésie qu'il percevait. Que son cœur soit sage et paisible, et non pas influencé par des remous qui font basculer. Il devait marcher droit, vivre selon ses lois, sans les entraves que tu pouvais représenter.

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Dernière édition par Byakuren Yume le Lun 16 Juil 2018 - 23:12, édité 1 fois
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Dim 15 Juil 2018 - 10:58
Une véritable conversation, à cœur ouvert, débutait entre elle et moi. Elle était dure, mais je ne lui en voulais pas pour cela. Elle ne saisissait pas je crois, que c'était par une étrange affection que je tentais de l'emmener vers plus de liberté. Je savais que son rang bannissait l'affection de l'éducation, pour ne mettre l'accent que sur le devoir. Mais tout cela, n'empêchait pas, qu'il fallait si l'on voulait être une grande personne, être celui/celle, qui fabrique sa réalité, non qui l'a subi. Être porté par le destin vaut mieux que s'y faire écraser. Cette étrange affection que je lui portais n'était pas de l'amour, pas en si peu de temps, et voulais-je même me sentir capable d'en ressentir, qu'y croire si tôt aurait été faire preuve de bien peu de maturité et se voiler la face. Cette affection résultait surtout du désir que j'avais d'elle. L'être humain était l'être du désir par excellence, j'étais sans doute plus humain que la plupart des humains pour cela.

Mon faciès n'était pas neutre, mais bienveillant quand il se posait sur elle. Je savais qu'il fallait que je me batte, pour lui prouver mon mérite, pour lui prouver que je pouvais lui donner quelque chose que d'autres ne possédaient pas. On me dirait sans doute fou allié, de croire que moi, genin, shinobi sans titre, je croyais sincèrement avoir le droit de prétendre à l’affection d'une femme aussi prestigieuse, une femme qui avait sur elle tous les regards de convoitise, et qui risquait du jour au lendemain de m'être dérobé pour des raisons politiques, quand bien même notre affection l'un pour l'autre serait sincère. Celui qui penserait cela ne me connaîtrait pas réellement. Je ne craignais rien, et ne m'empêchais jamais de viser tout ce que je considérais de mon droit. Il ne faut pas se croire élu de Dieu parce qu'on est né privilégié, ce sont les qualités intrinsèquement liées à sa personne, beauté, intelligence, ambition, force, grandeur d'âme, etc, qui font qu'un homme est plus digne qu'un autre à viser les cimes du septentrion.

Le sujet de la mort était le premier qui l'interloquait. Ce n'était pourtant qu'un exemple comme un autre, mais elle me paraissait s'offenser à l'idée que je puisse prétendre qu'elle le ferait, ce que je n'avais pas dit, j'avais dit qu'elle en avait le droit. J'aurai pu m'insurger qu'elle ne me comprit pas, et qu'elle osait penser une seconde que je la prenais pour un tyran. Mais plutôt que cela, je rebondissais sur le sujet, pour lui donner le fond de ma pensée à ce propos, particulièrement me concernant. Ainsi, aimablement et sincèrement, la voix plus grave qu'à l'accoutumée et se faisant y perdant de ma féminité, je lui répondais sagement ;
-Votre altesse, l'exemple de ma mort parlait du pouvoir que vous avez. Si je vous prenais pour un tyran capable d'en user sans vergogne, je ne serais pas dans cette pièce, je ne serais pas dans ce village. La mort est une solution pour beaucoup de monde, même si cela vous rebute. Le suicide pour espoir de ceux qui n'en ont plus, le sang pour signer une vengeance, l'assassinat pour éviter une guerre... Je ne dénigre pas la mort, pas seulement parce que j'ai un rapport particulier avec elle, que je peux vous décrire, mais sans vous expliquer son pourquoi, ce serait inconvenant de parler de choses si atroces avec vous. C'est au plus proche de la mort, que l'on prend toute conscience de sa vie, et ce sont les vivants, qui ont besoin de sépultures, pas les morts. La mort est le prix de la vie et inversement, c'est un outil qu'il vous faudra, avec sagesse, un jour, obligatoirement employer. Je suis désolé d'avance. Loin de croire que vous l'ignorez, je veux juste insister sur ce fait.

Attentivement ensuite, je me laissais abreuver de tout ce qu'elle racontait sans en perdre une miette. Je me disais, que tout ce qu'elle disait, était autant d'indice sur sa personnalité, qu'elle calfeutrait sous les obligations de son rang. C'était la véritable Yume qui m'intéressait avant tout, la princesse, d'une certaine façon, n'importe qui pouvait la voir.
Le paon blanc hein... Il me semblait que le paon n'hésitait pas à voler en cas de danger. D'ailleurs, j'avais lu quelque part que c'était un magnifique spectacle, de voir un si beau et gros oiseau décoller pour aller se poser sur une branche. Le surnom lui allait fort bien, il était vrai que je savais quelque chose des effets de la blancheur sur autrui. Le blanc était la couleur divine, de la majesté, de la pureté et de l'innocence, de la virginité et de la lumière. C'était sans doute l'une des choses, qui faisait que lorsque nous nous regardions, moi, comme elle je crois, ne pouvions nous empêcher de trouver une étrange similarité. Si j'étais né prince de sang, et non de cœur, les choses auraient été tellement plus simples... Mais une fois de plus, comme toujours, je devais monter, encore et encore, et faire preuve de qui j'étais, même quand je transpirais déjà par tous les pores de la peau, mon visage, mes gestes et ma stature, une dignité des pus royale.

Le regard que lui portais n'était pas libidineux. Même en ce moment, et pouvait-elle m'opposer toutes les barrières, elle ne devait pas savoir que je n'étais pas un homme qui abandonnait si facilement, si cela avait été le cas je serais déjà mort. Devoir la séduire et me battre pour elle, était la meilleure preuve de mon entrain, et du désir que je lui vouais, dans le plus noble et chaste des respects. Je savais pourquoi nous étions là, et pourquoi elle mettait autant de barrière, et ce n'était pas seulement une question de devoir ou de rang. Quant à la beauté des traits se joint un bon naturel, on se trouve doublement épris, elle ne pouvait pas m'en vouloir pour cela, mais plus qu'un paon blanc, elle était une perle, la perle ignore sa valeur, la fleur son parfum ; pour l'emporter sur la perle et la fleur, jeune fille, ignore ta beauté. Elle ignorait je crois la sienne. Pas la beauté du corps, mais la beauté de son âme qu'elle cloisonnait dans un cloître, son boudoir, comme une princesse enfermée en haut de son donjon, que je commençais déjà à gravir pour faire preuve de ma détermination.
-Vous avez en face de vous un faucon blanc. Qui regarde le monde vu du ciel. Les plumes du paon l'ont éblouie. Il vient se poser proche de lui. Il lui montre le soleil, là ou la lumière rendrait le paon encore plus magnifique. Vole à mes côtés lui souffle-t-il, là où je t'emmène tu seras encore plus belle, et tu ne te brûleras jamais les ailes.


Voix suavement mélodieuse et mesurée, qui était idéale, pour devancer ce qu'elle s'apprêtait à me répondre. Une allégorie et une métaphore simple, dont le sens ne cachait rien de mes intentions pour elle. À quoi bon jouer de faux semblant, elle n'était pas idiote et me le faisait volontiers savoir.
Elle me demandait de ne pas être triste, quand elle mimait sur son visage le bonheur, comme je le faisais tellement de fois moi-même. Ce regard-là ne me trompait pas, je l'avais inventé. J'entendais bien ses barrières, je voyais parfaitement, derrière le voile qu'elle m'opposait, sa douleur, sa voie, et ses espoirs. J'étais admiratif en réalité devant tant de force, elle en avait autant, sinon plus que moi. Mais je restais qui j'étais, et je ne voyais plus qu'une solution, pour ne pas perdre le peu de respect et d'estime qu'elle disait me vouer, un cadeau trop précieux, pour que je m'en sépare maintenant. J'inclinais la tête, restant assis devant, humble désormais, comme rarement je me le montrais. Assis, nous étions pour ainsi dire à genoux, moi à genoux devant une femme c'était impensable et pourtant... Je défaisais alors le nœud de mes cheveux, les laissant tomber négligemment sur mes épaules, j'évoquais de cette façon la part humble et la mise à nue métaphorique de ma personne avant de lui parler en demeurant légèrement incliné.
-Je serais bientôt intégré dans les forces de police d'Iwa. À ce moment, permettez-moi d'entrer à votre service, votre altesse. C'est un honneur et un privilège auquel j'aspire désormais. J'entends bien ne pas vous décevoir.

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Mer 18 Juil 2018 - 12:16
PREMIER REGARD
Feat Sainan G. Tenshi


Le jeu du miroir : Le monde qu'on scinde

- Vous avez raison, je l’ignore. J’ai toujours vécu sous la protection du symbolisme de mon nom, loin des guerres et de ce qu’elles peuvent apporter. Je suis une solution, pas un moyen.

Façon hasardeuse mais directe d’annoncer que ton rôle allait au-delà de ta personne. Gravé sur une tombe, ton nom ne servirait qu’à raviver les peurs. Alors Iwa préfère le chanter, l’idéaliser, le peindre sous toutes ses formes et couleurs, puisque le rêve n’avait pas de limites. Comme lui. Comme son caractère ; ni impulsif ni restreint. Il était juste, comme lui-même le clamait, libre de tout. Les entraves que tu prônais, lui les défiait, les jugeant inutiles, contraignantes. Il se voulait esprit indomptable, faucon et rêveur. Le voilà qui s’avance en rapace, susurre un ultimatum. Son discours avait changé de ton, les honorifiques s’égarent et ne laissent place qu’à une métaphore suggestive. C’était une première, braver les règles de noblesse pour laisser deviner un appel à la transgression.

Un soubresaut fait monter une rougeur délicate le long de tes joues. Ton regard n’est plus serein, il est crispé : Cet homme est dangereux. Il avait blessé ton ego en remuant ainsi un fondement auquel tu n’avais jamais dérogé. Sa vie, ses plaisirs, son désir. Il avait cette aisance gracile de les évoquer, de s’en vanter et de braver les fougues d’un cœur qui ne calcule pas ; qui vit simplement. Le tien, en face, a ses interdits, ses limites ; et ce faucon blanc venait des les transgresser. Des aveux, des conseils, une porte qu’il ouvre devant toi. Ce qui se trouve derrière est hors de ta portée, malsain. La surprise fait place au froid ; tu refermes l’antre damnée et la verrouille d’un cadenas de plomb, jetant la clef au plus loin de tes entrailles.


- Gardes !

L’escorte explose en vol, les portes s’ouvrent à le seconde ou l’appel a été lancé. Une tension palpable, l’incertitude liée à cette invitation aiguë. Les mains en baume sur leurs katana, prêts à intervenir si tant est que l’ordre soit donné.

- Nous partons.

Les postures se redressent, aucune remarque ; ils ne feraient rien sans que tu l’exiges. Tu entames la descente avec vivacité ; pour fuir, pour disparaître. Tenshi n’était pas invité à la danse, il restait en haut, isolé par le troupeau d’asservis qui t’encerclent de nouveau. Sur le pas de porte, tu salues dignement les hôtes de l’affaire, avant de te retourner vers celui qui avait osé. Lui en haut, toi en bas. Comme il l’évoquait, tel le faucon qu’il voulait être, dans sa hauteur et sa façon d’être. Le paon a le vertige, la peur du vide : Et il est une proie facile pour un rapace. Peu agile, voyant, esseulé.

- Bon courage pour votre intégration aux forces de l’ordre.

Pas d’indication concernant sa requête, tu n’en avais ni la force, ni la légitimité (n’ayant jamais choisi tes escortes précédentes, influer dessus aujourd’hui témoignerait d’une faiblesse naissante. Tu reprenais (tant bien que mal) ta place de princesse. Pas d’indices de lacunes, pas d’aide, pas de commentaire. Rester neutre, respirer. Oublier cette porte de verre. Oublier tout ce qu’il y a derrière. Etre Byakuren Yume, Shiroi Kujaku, héritière au trône de Tsuchi !

Ultime regard, le plus dur, le plus cruel. Celui qui doit se taire et faire taire.

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Shiroi Kujaku — I am blooming from the wound where I once bled
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