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Retour à la maison [Hi > Iwa]


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Jeu 5 Juil 2018 - 23:42
Une semaine, une semaine passée à voguer entre sa cabine et le ponton du navire durant ce voyage. Des journées entières à par moments enchaîner kiseru sur kiseru parmi tout l’opium dont Yoshitsune avait bien pu se prémunir, et cela entre les repas en communs avec l'équipage et les quelques verres de millésime que celui-ci avait apporté de son côté pour faire passer ces soirées interminables. Les rapports venant trouver place tantôt entre ces moments où il encrassait ses poumons ; tout comme ceux, où son être se voyait réchauffé par le vin rouge qu’il avait secrètement apporté en son sac. Ce périple était long, ennuyeux et le plus intéressant n’arrivait toujours pas alors que le nouvellement Tsuchikage aurait dû appréhender tout ceci. Yoshitsune n'avait en réalité qu'une envie : Retrouver sa patrie, sa famille.

Si Iwagakure no Satô avait oublié la présence dans ses rangs de l'Enfant du Fer, la réciproque n'était pas véritable et même avérée fausse. Le shinobi était bientôt de retour parmi les siens avec beaucoup de choses à raconter et aussi d’événements à éclipser, passer sous un silence qu'il n'aurait aucun mal à tenir.

En effet, le temps avait passé et il s’en était allé sans prévenir. Tout cette absence n’avait eu pour effet que de laisser un immense trou béant derrière lui. Bien-sûr, au travers de ces correspondances avec Takumi, il avait l’impression d’être là et de n’avoir rien manqué. Mais lui et sa dulciné s'étaient promis de se revoir, un jour... à la croisée du destin peut-être ; ils avaient confié l'avenir de leur amour aux mains des étoiles du soir. Ils étaient confiants, du moins l'avaient été en apparence... Sans aucun doute que leurs pas les mèneraient à nouveau l'un à l'autre, un jour. Et pourtant, sans réellement vouloir se l’admettre, Yoshitsune avait le cœur lourd. Il se sentait d’humeur maussade et surtout, se sentait terriblement seul. Sans doute, le fait d’apprendre pour la destitution d’Akimoto. De savoir comment allait-il devoir lui transmettre cette arrêté du Daimyo.

Partager le quotidien de ce cher Akimoto n'avait pas été de tout repos, loin de là - Lui et le village avait même complètement bouleversé sa petite vie rangée dans le domaine Nagamasa. Il leur avait fallu du temps pour se connaître — se respecter, plutôt — se jauger, s'apprivoiser et enfin, apprendre à vivre ensemble, à partager chaque instant que la vie leur avait réservée. Leurs différences culturelles avaient fini tout bonnement par les rapprocher et leur attachement pour le défunt Chogen n'avait fait que consolider cette sympathie mutuelle qui, au fil des mois, des années s'était changée en véritable amitié ; solide à toute épreuve... Ou presque. Et c'est bien de ça dont se souciait tant le patriarche des Nagamasa : leur amitié avait résisté aux disputes, aux difficultés, à la fatigue et à l'ennui ; mais... Était-elle taillée pour survivre à une trahison ? Dans le cœur naïf du jeune homme, cela ne faisait aucun doute. Pourtant celui-ci n'avait jamais été du genre à s'en faire pour ce genre de notion abstraites et farfelues... Le temps ce n'était jamais qu'un mot se disait-il souvent ; tandis que les fous rires qu'ils avaient eus raisonnaient encore dans sa tête, plus réels que jamais -sans même s’en rendre compte.

Il n'y avait pas à s'en faire, se répétait-il comme pour s'en convaincre. Il trouverait une solution pour Akimoto, tout comme, il en était certain ; Lee Sun-Hi ne l'avait pas oubliée. Ca en tout cas, il pouvait se le jurer : Il ne les oublierait jamais peu importe les circonstances.

Hélas, ces fausses certitudes ne l'aidaient pas vraiment à gérer sa mélancolie passagère. Et pourtant, notre jeune homme avait toutes les raisons du monde d'être heureux ! Il venait enfin de se lancer dans la grande aventure qu’était la vie... Le mariage. Et pour sûr, les senteurs de cette vie nouvelle lui chatouillaient déjà les narines tant la jeune Sun-Hi les avait imaginées. Enfin tant ses fantasmes de princesse lui avaient rabattu les oreilles avec. Il était donc à l'aube d'une vie nouvelle ; mais d'avoir passé sa vie à en rêver secrètement, il n'avait pas mesuré à quel point se serait difficile de faire le deuil de tout ce qui avait bercé ses vingt-huit années de vie sur les flots.

Enfin soit, le cœur de Yoshitsune était gonflé de joie, d'excitation, d'impatience et d'appréhension. Après sept jours, cent soixante-huit heures et donc dix mille quatre-vingt minute de voyage à bord d’une gigantesque embarcation, qui, lui avait fait traversé l'immensité bleue du pays du Feu ; il apercevait enfin la devanture de cette destination paradisiaque : Tsuchi no Kuni

Effectivement, les prémices du gargantuesque navire étaient perceptibles sur l'horizon séreux. Quand bien même, une distance semblait scinder nonobstant le Tsuchikage qui, pourtant, devait rencontrer quelques hautes pointures et s'hybrider dans un symposium ardent ou peut-être même dans une bataille transie.
Pour l’heure, sa garde personnelle, grâce à leurs connaissances obtuses, permit à son éminence de s'enfouir dans un passage aigu et intime, creusé à même les montagnes pour permettre à celui-ci de s’amarrer convenablement. Le tunnel exigu était humide et plongé dans les ténèbres, forçant Yoshitsune à maintenir droit sa carrure pour ne pas que ses pieds s'emmêlent. Le jeune homme ressentait son sang battre dans ses tempes et étouffer son esprit d'un sourd bourdonnement. L'adrénaline nappait l'entièreté de son âme et de son enveloppe charnelle, refermant son Kimono sur ses poumons qui semblaient manquer peu à peu d'air respirable. L'oxygène se faisait rare et cela s'entendait au bruit roque qui ondoyait en dehors de leurs œsophages étrécis. Debout sur le pont avant du paquebot, il respirait tant bien que mal l'air salé et estival qui lui fouettait le visage et balayait sa longue chevelure, qu'il avait détaché pour l'occasion, histoire de sentir encore mieux chaque sensation qui lui parcourait la peau et lui dressait le poil. C'est qu'il en avait la chair de poule ! Et probablement un peu froid, quoique non. Il l'avait vite compris dès les premiers jours de la traversée : le climat qui l'attendait à l'arrivée était bien différent des vents de Hi no Kuni qu'il laissait derrière lui.

Le moment approchait, et Yoshitsune se sentait mourir à petit feu tant le stress et l'euphorie parvenaient à leur comble. Il avait tant attendu cet instant, l'avait imaginé de mille et une façon possible et ne pouvait que constater, le sourire aux lèvres, que la réalité était plus belle, plus enivrante que tout ce que ses rêves avaient pu décrire jusque-là. Lui qui s’était fait chier pendant si longtemps, se sentait si libre, et soudain si jeune ; le poids des années qu'il portait anxieusement dans un coin de sa tête jadis avait disparu. Plus rien n'avait d'importance sinon ces terres qu'il voyait s'approcher de plus en plus, qui semblaient lui tendre les bras comme une invitation à prendre ce qui lui était dû.

Somme toute, le temps semblait s'éterniser dans le bourgeon souterrain et le le patriarche des Nagamasa découvrait peu à peu les montagnes qui composent le massif des roches. L'organe vivant de la nation était aux abords de leurs doigts... Ses doigts libres empoignèrent sa capuche nébuleuse, la rabaissant sur sa masse capillaire méchée. Son faciès d’ores et déjà basané ne s'assombrit plus par le tissu de jais, ne devenant qu'une silhouette usuelle à travers des ombres présentes. Yoshitsune enjamba les marches d'un escalier oxydé parsemé d’une fine pellicule de métal, avant de redécouvrir l’hélianthe. Le jeune homme écarta stupidement les narines pour agréer la brise suave, embrasant le paysage de ses prunelles mordorés. Des hommes, des femmes, une population effervescente qui ne se comptaient pas. Tous vraisemblablement plus joyeux les uns les autres.

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Nous vous attendions, Sandaime Tsuchikage..

Yoshitsune se gratta faiblement l’arrière de la tête, pas encore habitué à cette appellation.

Veuillez évitez d’ébruiter ce sujet pour le moment je vous prie. répondit Yoshitsune.

Voilà que le jour tant attendu était arrivé, le jour qui se devait en quelque sorte de signer le début des hostilités, l'arrivée au village de la Terre. Yoshitsune était en pleine forme à croire que sa vie de voyageur lui avait pourvu une certaine affinité avec la mer tandis que d'autres avaient sans nul doute dû cracher leurs tripes de par le simple fait d'être en pleine mer. La porte du village était là devant ces yeux : Yoshitsune était enfin rentré.

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