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Un nouveau départ [ Tenten ]


Ven 6 Juil 2018 - 3:58


Au creux des braises mourantes de crépuscules qui ne permettent que l'oubli, Yoshitsune se plaît à penser aux méandres du temps qui fuit : souvenirs planants d'orgueils passés, ébauches fragiles de vestiges oubliés, mémoires hâtives, volages, faisant fleurir des rides mélancoliques aux coins de ses prunelles d'orage. Pourtant en ces heures-là, de ces flagrances éphémères ne demeurent que des sillons secs et amers d'empires détruits, ruines ravagées aux reliques bafouées, psaumes arrachés de plaintes démunies.

Il y avait un temps où il aimait flâner en ces lieux, en la compagnie de ceux qu’il aime ; le corps alourdi d'ivresses de ces torpeurs fantasques, mais cette époque flétrissait déjà dans les abîmes de milliers d'autres bourrasques ; on lui aurait rappelé que ces liesses n'étaient qu'à quelques mois, le sarcasme en aurait coulé de ses rires, ou l'impuissance égarée d'émois. Il pourrait se lamenter sur sa vie nouvelle, ses frères perdus et ses croyances éternelles, pourraient hurler sa colère à ses hommes qui fauchent les paroles comme d'autres recueillent les pardons, ou pourrait oublier ces frasques au gré d'embruns âcre d'alcool et d'inconnus en perdition. De ces aubades plaintives qui ornent les écorchures d'une lune brisée, l'âme amorphe languissante de désirs révoltés, sagement étouffés sous ses écorces épaisses de moralité ; débâcles hâtives de naufrages égarés, il se pâme de ses fièvres importunes, s’érigeant de guérillas débauchées.
Les brimades tyranniques résonnent en son cœur, martèlent l'échéance perfide de bravoures indomptées, passages éhontés de compteur à rêveur ; courage latent, grâces battantes, L’aîné de la fratrie Nagamasa n'incarnait un cet instant que les chutes de poèmes délaissés de ferveurs.

Désormais ces refuges ne sont plus qu'infâmes et les vacarmes ignares d'étrangers camusiens plantent leurs ongles dans sa chair ; pour peu il en déverserait sa frustration par ses paroles habiles trempées de promesses austères.

Alors même que Yoshitsune étouffe de ses propres hantises concernant Akimoto, doigts brisés qui s'érodent au gouffre de sottises, l'homme qui boit le pire se campe à ses côtés, carrure auguste de prétentions incertaines, dispersant de ses serments les offrandes soudaines : « Voyons voir... À moi et ... À cette chienne de vie. Ou tout ce que vous voulez. »

Interpellé par cet homme déambulant, qui à l'odeur, n'avait lui aussi pas eu de mal à terminer son premier verre... Ni ceux qui avaient suivi. Tournant vers lui un visage surpris, ils se toisent un instant ; et reconnu aussitôt celui qui d'après les murmures qu'il avait entendu ci et là, avait passé sa journée à boire et menaçant d'un regard noir quiconque osait l'approcher. Si il n’était pas possible ne pouvait pas vérifier la seconde rumeur, la première se voyait néanmoins comme le nez au milieu de la figure : d’un simple contact Yoshitsune l'avait fait vaciller, et l’autre avait du se rattraper à une des échoppes présentes pour ne pas tomber. Un souffle un peu trop fort et le bushido ne donnerait pas cher de son pauvre corps ; qui semble puiser toutes les maigres forces qui lui restent pour tenir sur ses jambes.

C'est pourtant avec allégresse qu'il chute face contre sol afin de mieux se rendre où il va ; puisque simplement le contourner relève apparemment de l'effort surhumain. Habitué à ce genre de comportement de la part des ivrognes ; Le nouvellement Tsuchikage ne lui en tint pas rigueur, et l'observe se hisser plutôt difficilement jusqu’au prochain stand, où l'on aperçoit dehors le jour qui s'achève lentement, dans une flamboyante peinture céleste.

Hmm, soupire t-il voyant disparaître cet homme. Faut-il qu'il s'en mêle ? Il a l'air tellement abattu, malgré la menace qu'affiche clairement ses traits déformés par l'alcool ; si désespéré... Tout au bord du gouffre ; ou peut-être même déjà au fond. Et à ce rythme là, s'il gére ce qui le met dans un pareil état en s'enfilant plus de verres qu'aucun homme ne pouvait supporter, il ne ferait pas long feu : Il serait un de plus ; un des tristes cas qui font la une des journaux du coin d'avoir été retrouvés morts au petit matin. Et pour avoir lui-même frôlé la mort quelques années plus tôt ; il ne souhaitait à personne d'en arriver là.

Pourtant non. Les odes sont levées, graciées à la vie de ses proses mêlées : Yoshitsune en acquiesce d’approbations si légères qu'elles en sont imperceptibles. Soulevant brièvement cette bouteille qu’il tient, il laisse le silence de ses propres avanies enlacer de ses bras la véhémence de ces clameurs unies, charivaris qui s'élèvent, huées bruyantes abâtardies. Et tandis que ces dévots d'ivresses bénissent l'offrande, l'attention s'écume aux gouffres de ses orbes d’or: l'homme cultive l'anonymat d'ombres planantes aux traits voilés, prestance souveraine écrasant le néant. Yoshitsune ne peut qu'apprécier, sa propre carcasse elle-même étouffée de parures épaisses, noirâtres de mange-visage.

Paradoxalement, malgré son accoutrement soit dit en passant étouffant, Yoshitsune passe inaperçu, comme gommé du paysage qui foisonnent d'autres silhouettes oppressées dans de larges pelisses sépulcrales. Une myriade d'architectures, de surcroît davantage impressionnant les unes que les autres, constellent les avenues saoules de richesse, et n'offrent que peu de calme aux individus pour se poser paisiblement. Le damoiseau s’avance donc à l'aveugle au travers du le bourg vivace, sa quête portant ses fruits puisque ses pas le menent jusqu'à un lieu peuplée, bercée par la nitescence enivrante des décors. L’héritier du clan file à travers les nombreuses ombres, se reposant sur une parcelle verdoyante pour finalement faire son entrée charismatique au sein de cet allée marchande où les démons se moirent dans les enfers des vices, dilués dans le reflet des liqueurs dionysiaques, servies par litres. Voie qu'il entreprend de côtoyer en ces lieux, pourfendue de corruptions ; désireux de trancher les infimes liens qui le rattache encore à cet être qu’il est jusqu’aujourd’hui avec le tranchant de l'une des armes qui domine son échine et cette escapade s’avère être la plus apte pour que les chimères du passé se cautérisent dans l'incandescence de l’ivresse et l’allégresse.

Les rires de ses voisins bercent l'enfer de ses divagations, les yeux plongés au travers des rivages ambrés, il s'élance sans passion dans les rasades de rhum, s'étouffe silencieusement et fronce le nez : « C'est répugnant. »

Les effluves hantent sa gorge et brûlent l’œsophage, délaissant indolence et saccades odieuses dans leur sillage. Bohème, il joue un instant avec les écailles qui vernissent la chope jaunie –sans doutes avait-elle connu des jours meilleurs– ; trempent à nouveau ses lèvres crevassées avec parcimonie, de cette retenue patiente face aux assauts sans saveur.

« A cette nouvelle vie chiante et morne. »

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Ven 6 Juil 2018 - 12:45
"L'ivresse est une folie volontaire, il est responsable des pintes qu'il s'est mis dans le gosier. Ma décision est irrévocable". C'est phrase, elle me fut racontée par ma mère. C'est mon oncle qui la prononçait quand elle tentait de défendre les erreurs d'un homme qui sous le poids de l'alcool s'était très mal conduit. Un homme que j'avais rencontré bien plus tard, et qui, alors que j'étais enfin parvenu à le guérir d'une maladie qu'on appelait l'alcoolisme, puis d'une autre qu'on appelait le syndrome post-traumatique, avait décidé de se suicider. Recouvrant sa raison, et le sens du bien commun, il préféra mourir dignement pour que sa fille ne fut plus jamais obligée de soutenir les malheurs d'un homme qui en avait beaucoup trop vu dans sa vie — Lui.

Je n'ai jamais su, si cette histoire était un échec ou une réussite. Soigné un suicidé ? La fin je ne l'avais pas voulu, et sa fille, il me semble, non je sais, qu'elle a finalement trouvé une voix qui lui correspondait, loin des affres de la morale shinobi, de son code et de ses élans conquérant, "pour que des femmes ne se sentent plus sales, pour que des enfants n'aient plus à porter des parents ivres sur la route, je veux soigner le cœur des gens." Ainsi s'annonçait-elle autrefois, une fillette de douze ans, qui me répondait avec un puissant aplomb quand je refusais de lui enseigner l'art de la guerre. Toute ma vie durant, courte mais remplie, j'avais trouvé dans le cœur de tous les enfants plus d'honneur, de sainteté, que dans les hommes et les guerriers. Toujours, d'un regard, ils perçaient de leur innocence les cœurs malades, et nous rappelaient à l'essentielle de la vie, comme un baume sur une plaie, comme une caresse sur une larme, ils étaient l'avenir, ils étaient les possesseurs de cette terre que nous leur empruntions.

Tous les enfants, sauf moi. Mes rencontres successives avec Diao m'avaient ravivé les anciens souvenirs. Ils me pesaient sur le corps, au point qu'ils me déformaient mes mimiques pourtant normalement si exploitées qu'elles en étaient naturelles. Tous les enfants étaient saints, sauf moi. Qu'avais-je fait... Mon père m'avait dit "sors-le, sors ce que tu as, cris-le au monde, hurle-le, pleure, frappe, lâche tout d'un seul coup, car si tu ne le fais pas, que tu avales tout ça, cela te dévorera, lentement, et tu deviendras un monstre". Et j'avais pleuré, j'avais beaucoup pleuré. pleuré si fort, avec tellement de rage et de colère, haïssant tout et le tout le monde sur le coup, que depuis, je ne pleurais plus, plus jamais.

Je pense que Diao voulait que je lui parle de tout cela la dernière fois. Que je lui dise d'où sortait toute cette mélancolie que je cachais derrière mon masque de bonheur et d'innocence. Elle le voulait, mais il y avait des choses si dur à sortir. Dire quelque chose, une idée, un événement, c'est le rendre réel, c'est le rendre palpable, c'est passé le néant d'une idée, à la réalité, c'est le pouvoir du mot ; et je le sais bien gravement, qu'est-ce qui n'est pas "mot" ? D'ordinaire, mon péché véniel c'était le café, pour rester toujours alerte, je m’enivrais de ce breuvage, pour conserver toute ma fraîcheur. L'alcool n'était qu'un autre petit plaisir coupable, mais dont je n'abusais jamais. Pourtant cette fois, il fallait que j'avale quelque chose de plus fort. Seul, à la vue de personne, pour ne pas ruiner ce que j'avais acquis de réputation grandissante d'une certaine figure de la perfection.

Mon père adoptif avait en revanche le gout du bon alcool, le rhum était son eau de feu favorite. Il aimait le sélectionner avec justesse, et ma mère, qui n'aimait pas tellement cela, savait qu'il savait quand et comment savoir à quel moment le plaisir de ce breuvage dépassait une limite inacceptable, alors elle le tolérait. Il me l'avait enseigné, c'était lors de mon premier verre, et j'aurai véritablement aimé qu'il soit avec moi aujourd'hui, tandis que je me rendais vers un quelconque bar, pour apprécier une fois de plus, le pouvoir de ce puissant breuvage. Il ne m'aurait pas tellement parlé mon père pendant qu'on boirait, il ne me donnait jamais de réponse, plutôt il me montrait l'exemple, jamais il ne me rassurait, plutôt, il m'inspirait. je crois que cela faisait partie du rôle d'un bon père. Ha... Moi qui me pense si fort, si fort que je me crois indestructible, voilà que j'avais un besoin de complaisance paternel.

Quand j'entrais dans le bar, les regards se tournaient un instant sur moi. Toujours je faisais tache, je dénotais, toujours on se demandait ce que je pouvais bien faire à tel endroit, ou dans tel lieu. Parce que ma tenue, à cause de mes cheveux, à cause de mon visage, à cause de ma posture. Être et paraître sans le moindre défaut, c'était épuisant. D'un regard extérieur, on s'imagine qu'un homme tel que moi n'a pas d'autres soucis que sa personne, que tout le traverse sans embûche, qu'il se suffit à lui-même et que le destin bien loin de l'écraser sous son poids, le porte littéralement vers les plus belles hauteurs. Comme si la beauté, don du ciel qu'on ne mérite pas, pouvait n'être qu'un bienfait. Ils me dégoûtaient parfois, ces regards libidineux sur moi, ou jaloux, selon les cas. Je n'en perdis pas pour autant ma façon de faire. Radiant de sainteté et d'innocence, avançant, assuré et d'un pas élégant vers le comptoir, j'arborais sur le visage la douceur et la tendresse d'un enfant qui n'avait jamais eu à souffrir du moindre mal. J'arrivais à côté de ce que je jugeais être un samouraï, qui ne semblait pas être bien heureux. Il buvait du rhum, et fixant un instant son verre, je lui fis un immense et beau sourire. Ce sourire joyeux et tendre, qui faisait raviver l'éclat dans les cœurs meurtris et solitaires, je l'accompagnais d'une voix mélodieuse et apaisante. Un déguisement de moi-même, une façade, presque plus vraie que nature, "qui sonne trop parfaite pour être vraie", comme m'avait dit Diao.
-Je ne peux pas vous laisser boire ça. Monsieur ! Tournaient mon regard et ma voix vers le barman. Je veux celui-ci, pour cet homme et moi.

Je pointais du doigt une bouteille de rhum, celle dont je savais la saveur plus agréable pour les papilles délicates. Et le barman nous servit à chacun un nouveau verre. C'était plus fort que moi, je voyais quelqu'un qui souffrait, je voulais le guérir, alors je souriais, je mimais la joie comme je le pouvais. Attention, ce n'était pas de l'altruisme, le hasard voulu que la vie décida pour moi, que mon plus profond égoïsme était que pour soigner mon malheur et réaliser mon rêve, je devais avant tout soigner le cœur des autres. C'était en les sauvant eux, que je me sauvais moi, ainsi, j'étais en réalité le plus égoïste des hommes.
-Vous m'en direz des nouvelles ! C'est moi qui offre. Annonçais-je ensuite au samouraï.

Je ne tentais pas de chercher à savoir ce qui semblait le travailler. Cela aurait été une intrusion inconvenante dans sa vie privée, après tout, je n'aimais pas moi-même que l'on me le fasse, ce n'était pas pour l'imposer à un autre. Je préférais le détendre, et me détendre en même temps, en parlant de tout et de rien, innocemment, si l'on pouvait dire. Je me mesurais, en mes mots et en mon timbre, pour ne pas en faire trop et ne pas paraître intrusif, l'espace privé devant être sacré, aussi quand je continuais de lui parler, l'air de rien, je glissais quelques messages, pour tenter de lui raviver un peu la flamme.
-Je m'appelle Sainan Gi. Tenshi. La joie est le reflux de la terreur n'est-ce pas ? Avec un bon verre bien placé on se l'obtient plus facilement. Mais cela ne dure jamais qu'un temps, On n'empêche pas plus la pensée de revenir à une idée que la mer de revenir à un rivage. Il faut trouver autre chose le plus souvent. Une sorte de gardienne, de chasse gardée, un chien de berger. Parce que quand le loup dévore le mouton, il ne demande jamais pardon. Je suis là pour trouver une réponse à cette question moi. De quel genre de berger j'ai besoin. Parfois je me crois être sur exactement la bonne voie, d'autres fois je doute gravement du chemin. Et puis, après un moment, je me dis que le chemin, ni la fin, ne comptent au final. De toute façon, il faut avancer, nous devons avancer, l'immobilisme n'existant simplement pas, le mouvement étant perpétuel, il vaut mieux l'accompagner que lutter contre lui.

Je lui lançais alors un petit sourire, à nouveau tendre et joyeux, presque féminin pour ainsi dire, puis délicatement, je me caressais le menton des doigts.
-Haaa mais je divague je crois... Concluais-je aussi innocemment qu'amusé.

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Ven 6 Juil 2018 - 14:32


Le bar s'étendait sous les prunelles mordorés de Yoshitsune. S’imaginant les silhouettes frêles de feu sa fratrie aux travers des vitres froides. L'intérieur baignait dans une pénombre sobre, maintenue par un faible éclairage pourpre et toutes les charmantes créatures qui le peuplaient semblaient tout droit sorties d'un cauchemar. Une odeur chargée de fragrances aux antipodes plongeait l'atmosphère dans une lourdeur entêtante, venant serpenter jusqu'aux divins sens du bretteur. Les créatures nocturnes étaient de sortie et malgré le crépuscule anticipé, l'architecture était éveillée, chatoyante dans mille phantasmes chimériques. Il gonfla ses poumons de cet air corrompu et déposa la paume de sa main contre le bois du bistre ciré, ne voulant pas même apparaître face aux multiples ombres qui supplantait la zone. Un silence vint se planter entre ces deux univers et les prunelles d’orages du nouvellement Kage déchirèrent la mascarade pour s'auréoler autour de cet archange tout de blanc vêtu. Et sans jamais savoir pourquoi, d’ailleurs nul ne sait pas pourquoi son organe de vie se paralyse dans sa cage thoracique. Souvenirs infinies qui se dressent dans son esprit, entre l’emoi et le désir de savoir au nom de quoi, l’éphèbe lui fait dont d’une conversation. Se laissant comme aspiré par les limbes transies de son esprit - tirant sur l'étoffe couvrant sa silhouette. Ses cheveux s'étaient modifiés avec le temps et les nuances monochromes s'étaient entremêlées comme pour affranchir la géhenne paternelle qui avait nimbé son enfance ; cette géhenne à laquelle, il dût mettre un terme. Mais il retrouve dans cet individu un air familial, quelque chose de familier.

Son esprit comme assaillit par un tourment virulent de questionnement, ne laissait aucune place pour le calme ou la docilité dont il put faire preuve autrefois en la compagnie de Shiro ; comme si ses manières et sa faciès angélique parvenaient à calmer le tonnerre virevoltant qui gronde en lui, expulsant la tempête, réprimant la pluie.
Il se retrouvait désormais comme Icare non pas privé d'ailes, mais de cet astre rayonnant - chef d’orchestre des bourgeons infimes qu’étaient ses sentiments. Loin de cette silhouette capricieuse qui baigne le monde qui l'entoure d'un halo solaire. Privé d’elle, la chaleur se perd.

Ainsi tandis que l’orage en son fort intérieur prend de l’ampleur, à l’extérieur, et comme en écho la foule massée au chaud, entre amitié ou juste protection de l’ondée enfle en murmures et cliquetis ténus de vaisselle. Coincé au fond de cette faune bruyante et somme toute insoucieuse, le samouraï arraché de son élément dilapide tant cette gnôle nouvelle que sa patience et son malaise de côtoyer autant d’individus ; tout cela sans aucunes pensées belligérantes que quelques regards curieux sûrement rapportés par sa dégaine et sa raideur. L’attention se reporte collectivement, un instant suspendu, sur l’arrivée nouvelle de cet individu nommé Sainan. S’y joint par mimétisme quand celui-ci approche. Une voix avenante, parfaitement raccord avec l’aura d’amabilité et le ton courtois de présentation. Il émane de l’homme un calme déconcertant, presque humble quand il se présente et que se détournent les chuchotis consécutifs à son passage. C’est qu’il semble affable, mais avec cette ombre légère sur le visage qui ne légitime pas ce sourire, amène au possible comme tant d’autres avant lui.
« Est-ce réellement là, le questionnement qui te sied ? Ou devrais-tu d’abord savoir quel genre de personne désires-tu devenir ? Tout mentor ne correspond pas à toujours au bourgeon qu’il fait éclore. Sache Sainan, si je puis me permettre de t’appeler ainsi ; que la vérité demeure dans les objectifs que tu te fixeras. Si mon conseil te parvient, suis ce chemin et tu t’éviteras la disgrâce. »
L’enfant du Fer pourrait s’y reconnaître, moins gentilhomme mais douloureusement habitué à cette douleur qui jamais ne quitte leurs traits, complaisante ou au contraire dure. Ils savent. Et constate amèrement à ce jeu des masques qui s’échange, qu’ils ont vécu ce même manque, cette même transcendance. Leur similarité physique détonne, et d’un œil extérieur ils pourraient sembler liés par un quelconque lien d’ichor ou une coïncidence heureuse, mais aucun autre qu’eux ne saurait ce qui les lie sans qu’ils ne le sachent encore par cette psychée remplaçant quelques parties de leur humanité. Hésitant un moment, par oubli plus que par politesse, Yoshitsune ne profère aucun son avant de refermer la senestre autour de l’archange qu’on lui tend.
« Yoshitsune. Nagamasa Yoshitsune, tel est mon nom. »

Poigne amical, permettant le début d’une relation nouvelle.




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Ven 6 Juil 2018 - 17:05
Le temps d'une seule et aussi délicate que petite gorgée, qu'à peine appréciais-je le gout sucré et revivifiant du breuvage, la réponse du samouraï me refit poser le verre. Le claquement du verre sur le comptoir annonçait la couleur. Ce ton, cette hauteur, mais surtout, avec quelle facilité il retournait mon conseil pour m'en donner un autre, me fixèrent quelques secondes dans un lourd silence. Je fixais la rangée de bouteille derrière le bar, en face de nous, sans ne pouvoir poser les yeux sur lui. Le sourire tombait, et avec lui, la mine joyeuse qui allait de pair. Je me retrouvais à ma glaciale neutralité, frappé, touché, percé, par une simple tirade qui me sembla venir d'un lointain passé. C'est comme s'il avait, durant un court instant, profané mon âme, en faisant resurgir de mes souvenirs le discours qu'un homme que j'admirais au plus au point et qui aurait pu sortir mot pour mot ce qu'il venait de dire.

Je tirais sur mon œil droit, pour l'apercevoir au coin de celui-ci. Cet homme-là, n'avait pas qu'une souffrance commune à la mienne, une sorte de manque à combler, il avait ce que nous appelions une dignité princière. La noblesse de cœur, la seule réelle noblesse, qui ne se déguisait pas derrière des actes faussement bienfaiteurs ou altruiste. Il était, comme je voulais et me pensais l'être, cette noblesse, qui ne craignait pas de passer tous les chemins, y compris les moins vertueux, pour seulement et uniquement, le bien commun ; et pas juste celui de quelques-uns. Je ne le regardais pas plus loin que cela, je ne pouvais pas, alors que c'était moi qui irradiais de lumière l'obscurité, j'avais peur qu'en le regardant je sois aveuglé. Si j'étais éblouissant, comme on me le fit tant remarquer, lui, il était inspirant. Si je n'osais le regarder plus que cela, et que ma sainteté au visage s'effaçait au poids d'une grave neutralité, je lui répondis malgré tout d'un timbre calme et tempéré, assuré de ce qu'il avait à dire. La mélodie de ma voix aux aigus suave, portait une féminité claire et séductrice sans que je n'en désirasse cette saveur, et c'était bien parce que désirant l'adoucir, malgré le choc, je m'adoucissais moi-même.
-Un rêve est une chose bien étrange… On peut le voir comme le pari du courageux ou bien comme la fuite du lâche. En admettant que j'éprouverai l'envie folle d'être la lumière du monde, plus cette lumière serait forte, plus les ténèbres devraient être épaisses. Il y a ceux qui aspirent à l’hégémonie du monde. Ceux qui consacrent leur vie à maîtriser l’épée. Ceux qui sacrifient leur vie la recherche de leur rêve… et ceux dont le rêve réduit à néant celui des autres. Car un idéal, si beau, si grand soit-il, doit toujours réduire les autres en cendres pour être atteint. C'est à cela même, que l'on mesure la hauteur d'un désir, d'un but, au sacrifice consentit pour sa réalisation.

De là, le mal-être d'une espèce tout entière. L'homme. L'être du désir par excellence, son idéal le porte vers la grandeur et la hauteur. Mais comme toujours les idéaux sont pacifiques, et l'histoire est violente. Si je dois accepter qui je suis et mon but, un jour ou l'autre, au fond de mon cœur je le sais, et c'est à cela que me revoyait son discours, je devrais sacrifier ce qui m'est le plus précieux, hormis cet idéal. Cela me faisait mal, tellement mal. Plus mal encore que les images de... enfin, que ces souvenirs enfouis. Ainsi je cherchais le moyen de réaliser la quadrature du cercle. Comment concilier le désir, et la paix. Car je ne saurais encore me résoudre aux plus regrettables extrémités, mais si je ne cessais jamais de me répéter le contraire.
-Mon père avait un genjutsu autrefois. D'une puissance que je ne saurais encore maîtriser. Il ouvrait les canaux sensitifs de ses victimes, pour centupler leur empathie, et leur faire ressentir durant plusieurs minutes l'émotion du monde, son humeur... Jamais l'un de ses ennemis n'a pu soutenir ce genjutsu. Ils s'écroulaient tous, d'épuisement, d'horreur, de peur, ou pire, sombraient à jamais dans la folie. Mon père riait alors une fois, en me disant paradoxalement tristement, que ce n'était pas lui qui mettait à genoux ces hommes. C'était le monde lui-même, car s'il était beau, et n'avait que du beau, du bon et du vrai à renvoyer, sa technique loin d'être un fléau, serait, ce qu'il y avait du plus proche de ce qu'on pourrait appeler le paradis. Ainsi il punissait les hommes en les renvoyant à eux-mêmes. N'était-ce pas la définition même de l'enfer....
-Yoshitsune. Nagamasa Yoshitsune, tel est mon nom. Me répondit-il d'abord en me tendant une poignée de main.

Normalement, me toucher était un privilège que je n'accordais que très difficilement. Me toucher était comme, frôler l'innocence et la pureté. Loin de l'arrogance, c'était durant mon éducation que ma mère, une prostituée, m'avait enfourné de force dans l'esprit, de ne jamais faire don de mon corps à n'importe qui. Mais là, je n'hésitais, je me retournais et la lui prenais, délicatement, lui faisant ressentir toute la douceur d'une caresse virile à la paume de ma main. Son nom je le connaissais, l'enfant du fer n'était pas un homme que l'on pouvait ignorer à Iwa, mais je ne le considérais pas par des yeux grandiloquent et admiratif. Derrière les légendes, se cachait les tristes vérités, et je savais que les héros, les vrais, les véritables, ne se trouvaient que dans les tombeaux. Me retournant sur lui tout entier, je ne fis pas la mine innocente et joyeuse que j'offrais coutumièrement à la moindre accroche avec quelqu'un. J'étais toujours aussi simple que lumineux, parce que c'était moi, mais j'avais désormais bien plus le visage d'un enfant, à peine sortit de l'adolescence et qui acceptait la gravité de la vie, que celui d'un prince du sang qui s'efforçait d'assumer et de présenter sa noblesse comme un apparat. Je n'étais pas impressionné par le nom, mais j'étais heureux de trouver un homme à qui je pouvais parler aussi simplement, que je l'aurai fait avec un... Mon regard s'étonnait à cette pensée, je rougissais comme une jeune fille, j'étais gêné. Je lâchais sa main et détournait le regard. Puis, pour me rattraper, je disais voluptueusement.
-Votre réputation vous précède.


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Lun 9 Juil 2018 - 1:38


C'était splendide.
Qu’il est beau d’admirer la stupeur qui étincelle dans les regards, le sillage opalin du projectile, la naissance d'une étoile, d'un soleil aux couleurs d’émotions toutes plus sincères l’un que l’autre, dans l'iridescente vitrine.

Une sensation véritablement satisfaisant que Yoshitsune n’avait plus eu l’occasion d’admirer depuis longtemps. Lui qui dans tout néant espérait trouver le tout. Il s’agissait là d’un échange de sensations sur le même ton ; obnubilé par cette impression de ressemblance. Tellement qu’il ne regarde plus son vis-à-vis duquel il dérobe son visage sans même l’ébauche d’un sourire. Le regard étranger, souvent trop curieux et mêlé d’une pitié une fois détaillé d’une œillade le long de ses coups durs et qui l’horripile dans un monde superficiel trop prompt à plaindre son prochain. Sans relâcher la main tendue une fois serrée, il la soutient sans aucune demande préalable pour mieux regarder, pour mieux le voir cet enfant ; pour mieux l’entendre.

L’instant s’étire avant qu’il ne la lui rende, oublieux de politesse élémentaire et de ce qu’ils sont toujours assis l’un à coté de l’autre au comptoir de ce bar. Sans un mot, il se remet à boire et invite tacitement l’autre à faire de même, et sa propre chaise bute contre le meuble vénérable derrière lui en y arrachant un son de protestation de cordes vibrantes qui le détourne un instant surpris.

L’électuaire se consume ainsi au rythme de cette respiration incertaine, lente et mouvementé ; au rythme de cette descente aux enfers, parfum aride, accent caramel. Le laissant pénétrer son palais jusqu'à ce que ses poumons crient grâce et réclament de l'oxygène. Alors seulement il cède à l'exigence de son corps pris en otage par ses pulsions meurtries.

La douleur comme anesthésiant. Beau programme concocté par un esprit dérangé, un esprit ne trouvant plus de repos après toutes ces visions ensanglantées. Toute la sainte journée dans le cimetière, les souvenirs agissant comme les morgues, à répertorier les vivants et les morts, les blessures et les vies brisées. Il détestait cela, l'après d'une bataille. Il avait eu ce qu’il voulait, le respect de leur chef, mais ô combien avaient-ils payé le lourd tribut de cette 'victoire'? D'ailleurs, n'était-il pas perdant ? Certes, l'oyabun était vivant et en bonne santé -loués soient les dieux- mais il ne savait que trop bien, au terme de cette foutue journée, que le prix à payer avait été élevé. Très élevé. Et qu’il souhaitait plus que tout, éviter de perdre son ami Akimoto.

Yeux clos, esprit hanté par cette décision prise par le Daimyo -gorge sèche. Et tandis que l’archange lui il parlait, il revoyait dans ses propos mélodieux toutes ses vies perdues. Tous ces ninjas devenu Nukenins par manque d’encadrement. Insolemment jeunes. Toujours trop jeunes à ses yeux fatigués de tant de gâchis. Yoshitsune avait beau être dans le milieu depuis un certain temps, son cœur s'emplit toujours de cette bile amère face la faucheuse. Le regret griffe ses côtes, la culpabilité rongeant quant à elle, son âme. Dans l'étreinte froide et stérile de l'incertitude, il ne trouve nulle chaleur à ses côtés, si ce n’est uniquement ce vide abyssal dans lequel te jeter serait une erreur fatale mais si facile. Trop facile.

« Sache sainan qu’il n’y a pas plus belle chose que le fait de rêver. Le fait de rêver te permet tant un jour d'échapper à ce monde et ses déboires, que le lendemain faire face à cet environnement hostile qu’est en réalité le monde shinobi. C’est bien là que les rêves se différencient des ambitions. Les gens ne cesseront jamais de rêver, car il s’agit là de l’essence-même de la vie. »
Yoshitsune demeura muet l’espace d’un mièvre instant, son regard d’orage fixant le visage âpre et blême de celui qui lui face. Il se revoyait dans ce jeune homme, surtout en l'entendant parler du Genjutsu. Le sien fut soudainement épris d’un rictus d'exécration primale, fielleux. Il n'avait pas le droit de laisser, à nouveau, les émotions singulières de son âme vernir ses iris.
« Je n’ai jamais compris le fait d’avoir pris des vies, fait de moi ce shinobi adulé. Ridicule n’est-ce pas ?
Dis-moi quel est ton rêve Sainan ? »





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Lun 9 Juil 2018 - 12:48
Je retournais mon regard vers le fond du bar. Contemplant le vide et son essence, et si penser le néant était déjà de le détruire, je le remplissais d'une substance sans corps, sans contour, sans limite, la matière de l'esprit, monde universel, sans fond, cœur et respectable de l'existence. Offrant ainsi de nouveau mon profil au légendaire shinobi qui se tenait à côté de moi, je me découvrais un goût de l'honnêteté. Manipulateur de nature, son timbre et sa hauteur me conviaient à jouer d'une autre mélodie avec lui. Je me sentais en confiance, sans risquer le jugement d'un esprit et d'une morale trop étriquée. Même avec Diao, en plus de temps pourtant, je ne ressentais pas cette mise en abyme de moi-même, et le désir ardent de partager avec une équivalence certaine le traumatisme infantile qui fit qu'il y eut un avant et un après dans ma courte existence.

Comprendrait-il ce rêve qui était le mien, qui se nourrissait de drames comme on entendait si souvent dans le monde shinobi ? C'était risqué de me soumettre au jugement dédaigneux d'un homme dont j'aurais voulu le respect et la considération ; pas comme les autres, dont je ne me servais que comme des objets, pas comme ceux que j'appréciais, qui avaient mon affection, pour donner un moment de souffle dans une mécanique trop bien rodée, mais un respect sincère, peut-être un regard expérimenté, comme celui que j'aurais voulu garder du seul devant qui, autrefois, je me sentis réellement redevable.

Levant le regard au ciel que le plafond obstruait, puis l'abaissant gravement devant moi. Je me voyais, enfin, capable de le dire, pour la première fois, non pas seulement quel était mon rêve, mais ce qui m'y avait conduit. Qui j'étais, pourquoi me trouvais-je différent d'une certaine façon, de la masse qui contemplait les cieux avec un regard rêveur, sans oser bâtir les marches qui permettraient d'atteindre ces cieux tellement convoités. La détermination pointait au fond de mes rétines scintillantes de pureté et d'innocence, et spectateur de ma propre mansuétude, j'éprouvais aux côtés de cet homme la joie de la transparence. Une étreinte de mon passé passait comme un songe, tandis que je lui répondais en faisant vibrer ma voix d'une mélancolie passagère. L'esprit, tout-puissant dans la délibération qui propose une entreprise, laisse souvent la volonté sans courage dans la détermination qui l'exécute, pour le cas contraire, la passion doit nourrir toute raison, et ma passion frissonnait dans l'idée même de son exécution. Mon rêve n'était pas qu'un but égoïste, mon rêve n'était pas qu'un désir, c'était un devoir à moi-même, un devoir au monde, de ne jamais le trahir, quoi qu'il en coûte, quoi qu'il advienne.
-Ma mère biologique est morte pendue à un arbre, pendant qu'elle accouchait de ma sœur. Un jeu de shinobis, qui pensaient punir une civile pour un délit de fuite. Le chef de cette bande, ignorant que j'étais de sa condition m'ordonnait alors de choisir si l'enfant qui venait de naître devait mourir, ou vivre. J'avais déclaré sa mort, de peur que l'on me tue si je demandais qu'elle vive. J'avais huit ans. J'ai vécu dans un camp de réfugiés de guerre pendant longtemps, au milieu de tous ceux qui avaient eu souffrir du monde, alors qu'ils n'avaient rien fait pour la plupart pour le mériter. L'homme et la femme qui m'ont adopté m'ont inculqué le devoir de raison, la volonté de transmettre quelque chose au monde qui soit plus grand que moi. Quelque chose qui après mon passage, même en cas d'échec, laisse simplement un meilleur pour les générations futures, qu'elles n'aient pas, elles aussi, à devoir choisir entre la vie et la mort de quelqu'un.

Je lâchais un long soupire, comme si je venais de lancer quelque chose qui serra la gorge, qui étouffait, que j'aurai pensé improbable à décrire. Était-ce si dramatique ? Je ne sais pas, peut-être que j'étais simplement trop sensible, que d'autres avaient bien plus souffert que moi et que je n'avais pas le droit de me plaindre. Je ne pleurais donc pas, pleurer... Je ne savais pas si j'en étais encore seulement capable, mais repenser à tout cela me faisait vibrer le cœur et l'âme, d'une force au-delà de l’adrénaline que déclencherait un combat. Je me battais pourtant en ce moment-même, contre moi-même, mais dans ce cas, il était bien difficile de savoir qui gagnait et qui perdait. Reprenant, d'une voix calme et posée, dénotant avec la lueur précieuse et furieuse d'un désir ardent qui luisait au creux de mes pupilles angéliques, je n'osais le regarder tandis que je continuais mes révélations. Je continuais d'observer ce vide que je comblais, droit devant moi, sans décrocher de mes aspirations.


-Je veux être le guide dans l'obscurité, la lumière qui réchauffe les cœurs. Je veux unir le monde, et concilier les hommes dans leur démence. Mon rêve... Là, je tournais le regard vers lui, déterminé, décidé. De tous ceux qui m'ont rencontré à Iwa, il n'y en a aucun qui donnera une même description morale de ma personne, aucun. Qui suis-je ? Un cauchemar. Qui est vraiment Sainan Gi. Tenshi ? (Ou après traduction, "L'ange infortuné du sacrifice"). Semblant touché par la sagesse, et pourtant j'ai l'apparence d'un enfant. Un instant je te jette un regard à te glacer le sang. L'instant d'après, je te souris comme un bébé né de la dernière pluie. Je ne saurais dire si je suis mature ou irresponsable, si je suis foncièrement bon ou la pire des racailles. Je ne suis pas comme vous, comme n'importe qui, je suis unique, et l'Unique, est ma propriété. Et par cela, je suis simplement ce qu'il y a de plus humain, je veux aimer les hommes, comme un père, et les guider dans le salue de l'âme, pour l'avenir de leurs enfants, comme un roi.

Je retournais à nouveau le regard droit devant moi, après lui avoir offert toute l'intensité de ma détermination. Jamais je crois, je ne m'étais autant livré à un homme, pas pour le convaincre, mais pour simplement lui dire qui j'étais. Je me sentais un peu soulagé d'un poids, je me sentais encore plus déterminé à réaliser mon ambition. Celle-ci n'était pas simple, et malgré moi, alors que cela ne me ressemblait pas, j'étais passé un instant dans le mélodramatique grandiloquent. Mais cela faisait du bien, pour une fois, de tout lâcher ou presque d'un seul coup. Là, buvant cul sec la dernière gorgée de mon verre je lui demandais à mon tour.
-Et vous ? Quel est votre rêve ? Nagamasa Yoshitsune.

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Mar 10 Juil 2018 - 10:28
L’examen d’esprit au semblant sommaire ajoute brusquement un nouveau champ de possibilités pour le manieur de lame avide de savoir. Son esprit file à toute allure, se bousculant entre hypothèses trop simplistes, retenant sous un masque neutre et apathique un flot de questions techniques plus ennuyeuses les unes que les autres. Son vocabulaire limité le retient plus efficacement que son habituel silence morose et austère. Les réponses seraient sûrement inconnues par le porteur, de toute manière, seul réceptacle d’une torture mentale qui semble le dépasser ; un sourcil plus compatissant qu’interrogatif se hausse à l’absurde mention de son histoire – face au dégoût qu’il peut bien ressentir en ayant vent de tout cela – face à cette colère grandissante qui le pousserait à les traquer et en finir. Lui n’avait jamais réellement connu sa mère, simplement ce que sa tante Mito lui en eût bien voulu raconté. Alors il était nostalgique comme happé par le récit maussade de l’archange de lumière.

Quelque peu tendu il se met à pianoter distraitement sur la table en fixant le jeune homme en face de lui. Sans réponse véritable sur l’identité du mystérieux autre individu capable du même savoir-faire que son humble personne, il doute un instant de s’être fait comprendre dans sa question avec ses questionnements bancal et accentué par mégarde.

Alors Yoshitsune reste là un moment, silencieux à contempler cette antre que s’avère être Iwa , à la fois forteresse de paix et forteresse de solitude. La mont formant un arrière-plan magnifique. Le tout est une peinture subtile, une calligraphie tracée d’un seul trait de pinceau. La lune se couchant sous peu -il a beau contempler la nature de manière régulière, le chemin de la joie n'est pas chose aisé à retrouver-. Ils se tiennent dans les dernières heures de la nuitée, et plus particulièrement l’aîné pour qui s'égrène les secondes de ses battements de cils. Comme toujours un morceau d’infini reste accrocher dans le creux de la poitrine des plus jeunes, et il est heureux de le retrouver intact à chaque fois qu’il revient. Il ferme les yeux, laisses le silence s’imprégner de lui, le reconnaître, le vide caresser sa peau. Les faibles firmaments de luminescences léchant les paumes de ses mains. Il voudrait rester là, vivre loin des tracas des contrées et de ses meurtres, loin de cette violence lui collant aux basques depuis son arrivée au monde. Pourtant, il rouvre les paupières. Se questionnant sur ce qui le taraude.

Et lorsqu’enfin Sainan se prononce, son sourire a d’ailleurs quelque chose de morose et d’excitant. Yoshitsune semble par ailleurs comme subjugué par l’idée qu’une tierce personne lui ressemble autant par ses traits que par ses idéaux utopique.

« Il s’agit donc là de ton rêve ? Fort intéressant. »

Et là encore perdu dans les méandres de son esprit folichon. Il revoit ce poème qu’il eut écrit à son fils.

Pour qu’ainsi aux pas feutrés de l’aube, aux heures de l’enfance, de légères odeurs en magiques fragrances et le simple délice d’un réveil engourdi soient les rêves d’un jour, qu’en cet instant, je vis...

Pour qu’aux envols inhibés de l’adolescence, le désir des générations futures ne soit plus que s’acharner à perdre l’innocence et que la passion fébrile enveloppant mes nuits, cet unique amour puisse toucher tout un chacun.

Qu’au tempo espéré d’un mot ou d’un regard, enfin les cœurs au diapason se dévoilant sans fards… Que toute nation puisse espérer vivre en ataraxie complète et que mon ventre appelant à la saveur du fruit de la paix puisse goûter l’opium de toutes contrées.

Qu’au terme d’années qui, tristement, défilent, les lâches démissions rendant servile ne soient plus que de lointains souvenirs passés, si ce n’est la peur de sombrer peu à peu dans l’ennui. De tel sorte, que sous la noirceur des doutes, aux luttes exaltées par la peine et les larmes ; Le courage de ceux qui ont repris les armes soient honorés et que notre noble refus que, sans fin, l’on me niera soient d’ultimes recours, mausolée de l’armistice, et symbole du monde shinobi.

Qu’aux paysages blêmes qui jalonnent l’errance, La brume des pensées s’effritant en silence

Et que le froid insidieux qui plane sur la brume ne soit plus que la brise que mon vieux corps subira.

Pour qu’ainsi aux pas feutrés de l’aube, aux heures de l’absence, d’irréelles odeurs, souvenirs de fragrances, et le simple délice de leurs parfums enfuis soient l’éternel des rêves, qu’en cet instant, je souhaite pour toi, Nagamasa Takumi mon Fils mais également que Lee Sun-Hi portera si les dieux sont cléments...


D’un geste patiné par l’habitude (celui du samourai hirsute vérifiant sa lame aiguisé), le véritable héritier d’Hideyoshi se détache du comptoir. Ses yeux hagards ont retrouvé leur apathie d’usage, et balaient brièvement l’ivresse se répendre dans le bar - Les circonstances sont donc tant délicates ? Oui car il les sait nécessiter de la finesse. Un talent singulier pour mettre à l'aise sans paraître intéressé, pour manœuvrer dans les bas-fonds à l'aveugle.

« Je pense que les hommes se méprennent quelque fois. Le fait de tout vouloir gérer en ce bas monde, ne fait pas de nous des personnes voulant devenir l'être le plus important de ce monde » Yoshitsune reprit de plus après s’être gratter la tête « Même s'il y'a des personnes plus qualifiées que moi pour diriger ce monde, ça ne change rien. Peut-être ai-je... Non. J'ai un jour, espéré qu'il ait quelqu'un de meilleur et c'est d'ailleurs pour cette raison que je décider d’offrir mon savoir mais... Les hommes, sont encore loin de pouvoir accéder au Ninshuu laisser par le Rikudo. Je vais t'expliquer pourquoi. Dans un monde irrationnel tel que le nôtre, les Hommes devraient-ils vivre en suivant leur propre volonté ou devraient-ils être guidés par d'autres ? »

Il souffle avant de poursuivre.

« Il en va de même pour les déserteurs. De par leur comportement libertin les "Nukenin", pense de manière simple. Nous vivons dans un monde irrationnel... Nous devrions aller de l'avant petit à petit tandis que nous nous affrontons les uns les autres en suivant nos propres volontés, nos propres idéaux. » Il soupira de plus belle reprenant. « Ainsi quand bien même il vrai que je suis à même de comprendre ton objectif... Il est évident que si l'apparition de conflits dans ce monde ne finira jamais, nous devons continuer à vivre. Je l'ai compris également dès l'instant où j'ai été en âge de comprendre. Mais alors pourquoi vouloir diriger le monde et le changer penses-tu ? »

Il sourit simplement avant de répondre avec innocence.

« Parce que c'est comme cela que j'ai toujours été élevé. C'est exactement comme tu le penses. Peu importe où tu te rends, où tu te rendras. Il n'y a rien de si difficile qui ne puisse être changé d'une façon ou d'une autre. Cependant j'en suis également venu à penser que ce n'était pas comme si quelqu’un voulait vraiment changer ce monde. Même ceux qui sont mes camarades ne font pas preuve de tant d’envie de changement. »

Il prend le temps de penser à avant de continuer plus promptement.

« Par le passé mon jeune frère, Feu Shodaime et moi-même étions en colère vis à vis de ce monde irrationnel et voulions le changer. Par le biais de ce qui nous a été offert, nous avons bâti une idéologie, forgé des alliances et juré que nous stopperions les conflits... Nous étions de vrais innovateurs. Et ainsi nous avions commencé à repeindre ce monde en accord avec nos idéaux. Mais dès que avons accompli tout cela, quelque chose d'inattendu s'est produit. Tous mes camarades ont cessé d'être innovateurs et il a disparu. » L'observant dans le blanc des yeux. « Tu dois certainement te demander ce que je veux dire par là n'est-ce pas ? Et bien c'est simple... Cette force qui nous poussait vers l'avant, nous autres Iwajins a cessé d'exister en notre leader. Il arborait trop de fierté depuis que nous nous étions parvenus à terrasser le géant de Shito . Il eût développé un amour beaucoup trop important pour les choses qu'il a accompli jusque-là. Si désespéré de protéger le village qu'il en oublia notre féroce bataille face à la conquête, à l’expansion. Pour d'autre, c'est l'ancienne révolution de Borukan Akimoto qui leur manque. En même temps j'aurai du m'y attendre. Les concepts tels que la nostalgie et tout laisser inchangé sont très difficiles à comprendre pour moi. »

Le visage plus sérieux que jamais, il annonça

« Je veux continuer à avancer vers de meilleures choses. Je veux continuer à avancer et c'est exactement ce que nous autres les hommes appelons la destinée. Quand bien même nous pensons qu'il n'est pas mal de vouloir protéger ce que nous avons créé, ou bien même de vouloir protéger sa famille... Je le conçois mais malgré tout, ces sentiments qui te disent de protéger ta famille ou ton pays ne sont pas mauvais, ils sont normaux. Ce sont même des sentiments naturels que tout humains se doit de posséder. Et l'ironie dans tout ça c'est que lorsque ces sentiments se confrontent la guerre éclate. On ne peut l'arrêter. C'est d'ailleurs ce qui a donné naissance à la guerre qui nous oppose à Kirigakure: L'un des parties désireux de protéger ce qu'il pensait être la paix et l'autre désirant venger leur kage, ce barbare. »

Commençant à se ressaisir, Le sandaime Tsuchikage poursuivit

« N'es-tu pas d'accord Sainan-kun ? Nous autres, les humains sommes construits de cette manière. D'un père qui brandirait l’épée pour protéger les membres de sa famille à une mère qui bâtirait une armée pour protéger son empire et les siens. Je pense qu'il en va de même pour tous. Ils ont un rêve, le réalise, et lorsque le temps de protéger ce qu'ils ont bâti est venu, ils brandissent leur épées avant de faire tout ce qu'il faut pour atteindre leur objectif... Voilà maintenant tu sais. C'est trivial n'est-ce pas ? Cette guerre que je déteste tant, a pour rouages la nature même du genre Humain. Tant protecteur que destructeur. Ce n'est pas le monde qui crée les guerres, mais les shinobis. Voilà pourquoi je veux diriger. A l’image du Rikudo Sennin, je veux aimer les hommes et qu’ils s’aiment en retour. Je veux unifier les nations. Quitte à incarner cette entité dont le visage inspirera la crainte. Je veux créer un monde dans lequel mon enfant pourra vivre. Parce qu'aussi longtemps que nous serons dirigés par des incapables, la guerre et toutes ces choses irrationnelles ne disparaîtront pas, peu importe combien de fois nous changerons le système qui dirige ce monde. »

(Mise en page arrive, Rp téléphone)

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Mar 10 Juil 2018 - 21:47
Il m'était plaisant d'avoir laissé aller mes paroles sans que j'eus pour cette fois à en mesurer toute la teneur. La simplicité d'un partage de vocables pour exprimer toutes les saveurs de mes aspirations, et ce qui les conduisait, ce n'était finalement pas si dur. Je me trouvais une nouvelle légèreté que je ne forçais plus de gré sur mes traits, mais parce que j'avais libéré mon âme d'un léger poids. La fièvre sanglante sommeillait toujours au fin fond de mon cœur, mais je me disais, à juste titre, qu'il me serait à l'avenir encore plus facile de la dominer. Qui sait, un jour peut-être, grâce à des moments comme celui-ci, je n'aurai plus besoin de dominer ce que je gardais en moi, et je serais entièrement l'homme que je cherche toujours à devenir.

L'homme qui recevait cette part d'humanité et de rancœur à côté n'exprimait pas grand-chose sur le moment de là où je me trouvais. Il me paraissait perdu dans ses rêves, comme je le faisais si souvent moi-même. Pourtant, il écoutait, d'une oreille certes, mais d'une oreille attentive. Je n'avais pas brassé de vent, bien au contraire, et si l'on m'avait dit que je ferais un jour de telles confidences à l'enfant du fer, je ne pense pas que je l'aurai cru.

J'aurai moins cru encore, que j'apprendrais les motivations profondes du samouraï. Il se livrait à moi, honnêtement, simplement. Son verbe était poétique, son timbre était hagard, et son œil était contemplatif. Je m'abreuvais de ses paroles, comme si j'avais une leçon à retenir, mais plus je les écoutais, plus j'entendais un partage et non une leçon. Je saisissais bien la teneur de ses mots, toute sa déception et en même temps, où et pourquoi nos aspirations se rejoignaient. Il avait cependant perdu la foi en l'homme, le voyant se faire dévorer par le pouvoir, ainsi corrompu par la gloire et le prestige que les grandes entreprises accordent à ceux qui n'ont pas les épaules pour supporter les bons regards et les félicitations avec humilités.

Je lui souriais alors, durant ce long monologue, je lui souriais pour le rassurer sur l'étendu de ses doutes. En mon sein, en tout état de cause et par je ne savais quel prodige, je savais être le réceptacle des peurs et des doutes de hommes. Peut-être l'une de mes vertu cachée, que je n'aurai pas mérité ni acquise par le travail, il y a de ces talents qui coulent en soit ainsi, comme une sagesse réelle, qui ne se confond pas avec le savoir qui s’acquiert, mais avec une pensée pure. Le sage écoute tout, s'explique en peu de mots ; il interroge et répond à propos. Rarement il ouvre la bouche devant un plus sage que lui. Il n'est point curieux des affaires d'autrui, et ce qu'il doit savoir est tout ce qui le touche. On aurait pu dire qu'il s'écoutait parler cet homme, mais il ne brandissait pas sa réussite, il ne se flattait pas de ses victoires, il me parlait, de ses doutes, de ses convictions et de ses espoirs, que je me savais plus qu'en mesure d’appréhender avec honnêteté et déférence. N'était-il pas mon aîné après-tout ? Le plus noble désir que l'homme puisse former dans son cœur est celui de connaître la vérité. Le temps le plus propre à l'écouter avec fruit est celui de la jeunesse. Ce que j'entendais, durant long instant, était une vérité propre à sa personne, mais une néanmoins — une vérité.

J'étais soudain pris à partie. Mon avis sur tout ça ? Il y avait tant à dire, beaucoup trop pour que cela ne devienne pas ennuyeux à la longue. Je baissais le regard et posais les mains sur le bar. Puis je passais une main dans les cheveux, la passant vivement, pour leur redonner de l'amplitude. J'avais une opinion pré-établie sur tout cela. J'y avais réfléchi tant de fois et si longuement, que lorsque j'arrivais enfin à une conclusion, je n'éprouvais plus de doute sur la sûreté de celle-ci. Ma voix, raisonnait à nouveau mélodieusement, paisiblement, à peine plus haut qu'un murmure. Je faisais en même temps malgré moi transpirer l'assurance que je tenais de mes mots, de mes idées, entièrement convaincu que j'étais le plus concret de ce qui n'était pourtant qu'une simple et bête idée.
-Le conflit... Savez-vous ce qui engendre le conflit ? Une seule idée, un seul concept, la propriété. Celui qui possède, fait un envieux. Celui qui possède la beauté, la fortune, le pouvoir, la terre, une femme, un talent... Ensuite, il y a ceux qui se battent pour combler l'ennuie. Parce que cela occupe comme on dit. D'ailleurs, pour un guerrier, un champ de bataille est un sanctuaire plus qu’un cimetière, car c’est là que l’enfer se trouve vraiment, vous devez en savoir quelque chose. Il y a une notion très expiatoire dans le combat et la guerre, comme si le guerrier par sa souffrance, libérait le peuple de ses frustrations. Ainsi le guerrier sanglant est glorifié, pour son sacrifice, pour ce qu'il accomplit que nul autre n'oserait. L'humanité est faite de groupes qui se rejettent et se méfient les uns des autres, cela n'a rien de nouveau. Mais, il est possible, sinon de stopper tout cela, de le canaliser, non pour sa propre gloire personnelle, car cela impliquerait d'être le plus grand monstre que la terre n'eut jamais porté, mais pour le bien du monde et de ceux qui habitent et y habiteront encore. L'être humain est lâche par nature. Il jalouse celui qui n'a ne serait-ce qu'un peu plus que lui, et au contraire méprise celui qui possède moins. Pour une légère différence, il craint et il hait, faut-il le blâmer pour cela ? Non, il naît ainsi, il faut l'aimer ainsi, et veiller à le protéger de lui-même, comme un père conscient des faiblesses de ses enfants. Un guide ne blâme pas, un guide ne punit pas, un guide est une lumière qui montre l'exemple, c'est l'homme que l'on voudrait être, et pour être cela, ce guide, il faut une bien grande force morale. Les hommes empoignent leurs épées pour calmer les petites blessures de l'âme qu'ils ont subies par le passé. Et il s'en servent pour mourir un sourire aux lèvres. Alors puisqu'il est impossible de mettre fin à la violence, puisqu'elle est au cœur de l'existence, une condition même, sinequanon de la vie, le prédateur qui dévore sa proie, l'arbre qui fait mourir ses feuilles, les cellules qui en avalent une autre, la nation qui en conquiert une autre ; il faut le canaliser, l'encadrer, le réglementer, pour que cela ne devienne plus qu'une regrettable et inexpugnable et ultime nécessité.

Je tournais mon regard à nouveau sur lui, fixé dans ses pupilles orageuses, j'y mêlais la douceur d'une œillade bleutée et pure, la mienne, comme un vent soufflant l'orage, comme une étendue d'eau pure sans vague, a fin de lui faire au moins sentir inconsciemment, qu'il existait encore des hommes dignes pour réaliser nos rêves et nos fantasmes, des hommes capables d'accepter d'être appelé démon, parce qu'ils portaient sur eux, toute la douleur et la bêtise humaine, en acceptant les fautes de ceux qu'ils gouvernaient, et qu'ils choyaient, quoi qu'il leur en coûtait.
-La gloire du soldat et l'honneur de la fin et des moyens sont la canalisation de la violence. Il faut dominer le monde, pour lui appliquer ses lois. Il faut ne pas craindre d'être appelé tyran, ou grand roi. Dieu et le diable, c'est la même chose, il faut être les deux, pour pouvoir gouverner avec sagesse, parce que la vie n'est belle, ni laide, elle est les deux. Il faut cela, oui — être à la mesure, la même hauteur, que la vie.

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Jeu 26 Juil 2018 - 11:44
A l’ouïe de telles pensées craché à même les airs, Yoshitsune se sent d’autant plus l’envie de boire comme ravi par les propos du jeune Sainan. Sa descente accélère comme d’une moitié tandis qu’il fixa l’archange de lumière d’un air rassurant. Il songea, comme contrit, qu’il fonçait peut-être lui aussi vers une mort certaine ; il se demanda ainsi un mièvre instant si par cette respectueuse politesse dont il faisait preuve, il ne tentait pas là encore d’extérioriser la peur qui planait en l’ombre de la présence de la guerre. Lui-même ne s’autorisant jamais à se disperser en d’inoffensives conversations lorsque le devoir se faisait pressant, s’imagina qu’il en était de même pour celui qui était son hôte.

Il aurait été penaud d’ainsi s’imposer - dictat d’un jour nouveau - aux Iwajins sachant qu’il avait mieux à faire -futur ombre de la terre et alors qu’il pensa s’apprêter à lui donner congé. Il espérait seulement qu’il ne lui tienne pas rigueur de ces quelques minutes rendues prisonnières. Mais ce ne fut pas le cas : Il n’y aurait rien de tout ça car il s’était fourvoyé. Il parla plutôt de sa joie.

Sainan semblait enjoué. Yoshitsune, quant à lui, engrava ce début de phrase dans son esprit et sut à présent qu’il y penserait comme à chaque instant qui rejoint les méandres du temps, comme à l’image de chaque grain de sable qui s’écoule - peu à peu les rapprochant du trépas ; souvenir désormais élu souverain dans ses songes.

Ainsi l’aîné des deux hommes sentit derrière la peau tendue de sa mâchoire, l’ossature d’un sourire discret qui s’hérisse. Il lui sembla, ne l’avoir connu que dans son devoir et dans ses espoirs ; Il n’avait jamais eu à l’esprit d’envisager ses rires et ses bonheurs, parce qu’ils étaient tous deux plein des retenues qu’érigent les étrangers entre eux. Il y avait ce respect partagé, enraciné si profondément qu’il existait comme une insondable voilure les séparant. Et chaque courtoisie, chaque révérence, chaque bienséance ne faisait qu’en épaissir la pâteuse substance dans laquelle il s’embourbait. Parfois, il s’en agaçait, d’autres, il s’en ravissait.

Cette fois ci, pendant une fraction de seconde, elle n’exista pas ; Happée par ces pensées vagabondes. Il oublia l’armure, le bouclier, le dictat des apparats d’Hideyoshi. En cet instant, ils ne furent que deux Hommes partageant la même joie qu’apportait une patriotique fierté, un devoir commun.

- Dis-moi un peu Sainan. J’aimerai beaucoup te voir évoluer sous mon aile. Il n’est pas souvent donner l’occasion de rencontrer des shinobis comme moi, alors j’aimerai bien pouvoir t’aider à réaliser ton plein potentiel. Qu’en penses-tu ?

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Ven 27 Juil 2018 - 10:50
Un sensei ? Un homme qui me conduirait à trouver mon plein potentiel ? Comme cela sonnait séduisant à mon oreille. Tout mon être vibrait subitement à la seule idée que cela soit possible. Pas seulement parce que cela allait dans le sens de mon ambition, ou que c'était Nagamasa Yoshitsune lui-même, mais parce que aucun homme depuis Kaderik ne m'avait accordé un si grand intérêt. Je me retrouvais fébrile, gêné, rougissant comme un pucelle aperçu pendant une masturbation. Même, alors que je ne craignais d'ordinaire absolument rien, pas même la mort, cette fois j'avais peur... Pourquoi cette peur ? C'était homme qui m'inspirait un profond respect, un si profond respect que ma peur venait de la déception que je serais susceptible de lui causer. Ainsi ma confiance inébranlable en moi, était ébranlée. N'était-ce pas cela, qui d'une certaine façon, était appelé le poids de l'amour ? L'enfer de la solitude, l'enfer — qui est l'autre.


Un second verre m'aurait été bien utile à ce moment, mais il n'aurait pas été raisonnable. Je lui renvoyais alors, pendant quelques secondes, de furtifs regards timides, cela alors qu'il attendait certainement une réponse très concrète de ma part. Je saisissais la chance qui m'était offerte, cette possibilité d'élévation et de reconnaissance dont j'avais besoin pour m'élever plus haut encore. Car en tant que genin, je pouvais avoir la beauté surnaturelle, l'esprit le fin du monde, un sens politique aiguisé et un talent des armes innée, je restais à jamais — un genin. Entouré de princes et princesses, de hautes lignées de tous les côtés, chaque instant ces oiseaux nés dans les draps d'or ne manquaient pas de rappeler au roturier que j'étais sa place qui ordonnait une soumission quelle que soit la supériorité flagrante de leur personne — ou de la mienne. Moi qui étais pourtant fils d'une des plus anciennes lignées utilisatrice du Mokuton, ici mon ego devait être ravalé sans cesse, car le moindre regard ou le moindre mot, pouvait causer ma perte, au seul prétexte d'une susceptibilité trop à fleur de peau. Yoshitsune en revanche, alors qu'il était de tout aussi haut rang, ne me paraissait pas de cette teneur-là, il était et aimait le réel, le bon, le juste, le beau et le vrai, comme moi, et c'était cela, non son titre et son rang, qui lui faisait toute sa hauteur. Un homme qui a la noblesse et l'ambition dans le cœur et celui dont on ne peut douter des gages que la vie lui aura offerts.

Je réfléchissais, un instant, pour savoir si je devais accepter ou non. Car là, il s'agissait d'un engagement à vie, et puis, tournant un regard décisivement grave sur lui, empreint d'une leur d'espoir en son cœur, et d'une éminente déférence, je lui répondais mélodieusement, en toute honnêteté.
-J'ai envie de vous dire oui, sincèrement. Mais notre ambition commune ne finira-t-elle pas nous opposer ? Je crains qui plus est de vous décevoir un jour. Je suis arrogant, terriblement fier, manipulateur, menteur, tricheur et comploteur tant que cela peut me servir. J'éprouve, sans savoir pourquoi, un profond respect pour vous et c'est pour cela que je vous dis honnêtement, que je ne serais peut-être pas l'élève de vos rêves. Vous décevoir me troublerait, m'attristerait, car je sens en vous un homme aussi digne et droit que j'aspire à être. Vous me rappelez quelqu'un de jadis je crois, quelqu'un qui aura su m'aider à dompter le mal qui faillit naître en moi.

Ainsi par l'honnêteté je faisais la preuve de mon intérêt et de la compassion que j'éprouvais pour cet homme rencontré par hasard dans un simple café...

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Mar 7 Aoû 2018 - 14:09


Yoshitsune n’eût jamais été très certain que d’aimer sa propre figure paternelle. Il n’était pas même certain de l’aimer point. Mais désormais il était chose certaine : il le plaignait. Pour la plupart des hommes, il était aisé que d’admirer des hommes simples et sans prétention.. On pouvait admirer des sages et puissants. Mais son père (si un jour l’eût-il été) n’était ni simple ni — bien que persuadé du contraire — quelqu’un de sage.
Les guerriers, les haut-gradés tenaient une place importante dans la citadelle qu’est Iwagakure, surtout s’ils étaient diligents et s’ils connaissaient leur valeur en tant que chef de clan et porte parole, sans qu’elle impliquât d’ailleurs qu’ils eussent des dons plus étendus. Ainsi il n’était pas bon que de les entendre converser, avec une hauteur dédaigneuse et des inflexions cultivées, “d’hommes médiocre et sans envergure”. Mais Yoshitsune était différent. C’est d’ailleurs pour cela qu’il se prit à sourire avec une si tendre compassion lorsqu’il entend quelqu’un entonner une telle antienne ; espérant que la lumière de ce sourire, la pitié discrète apaise le jeune homme.

Menteur, Manipulateur, Assassin… Tout ça lui aussi l’avait été avec d’autre, car il s’agit là de la triste nature pécheresse de l’homme. Parce que l’envie de bien faire ne serait jamais aussi grande que l’envie de briller. Yoshitsune l’avait clairement saisi et de là, il avait commencé à tremper ses mains dans l’eau claire matin et soir ; massant soigneusement chaque pli, chaque ride, chaque crevasse avec le liquide translucide s’imaginant ainsi se purifier de ses pêchés. Il le savait bien et jamais n’eût-il cru pouvoir simplement adoucir et blanchir ses mains ; simplement s’efforcer de faire disparaître les cicatrices d’une ancienne servitude.

Il observa longuement cette paume meurtrie qui était sienne, cette longue cicatrice qui barrait vilainement le dessus de sa main droite. — et la pitié l’envahit en un flot de vague tendresse.

- Si un jour, ces dernières viennent à se confronter et bien qu'il en soit ainsi. Car en dépit de ma demande bien singulière, je ne te demande pas de devenir l’élève de mes rêves, mais simplement de me laisser te guider jusqu'à ce que tu n'aies plus besoin de moi. Je ressens en toi, cette ambition que je n'avais jusqu'à lors ressenti qu'en ma personne.


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Mar 7 Aoû 2018 - 15:43
Candide était mon humeur, quand je découvrais que mes défauts n'étaient pas un frein à son éloge. M'acceptant totalement pour ce que j'étais, à la fois ange et démon, il me rappelait ce père adoptif d'autrefois, dont l'apparence et la faux qu'il tenait dans la main me rappelait la mort, avec ce qu'elle avait à la fois de beau et de laid. Yoshitsune devenait plus tendre, je décelais chez lui une compassion, comme rarement je la vis ailleurs que chez moi-même, même Diao ne la possédait pas à ce point et dans celle-ci, je trouvais plutôt le regard de Luca, ma mère adoptive, qui savait par ses yeux seuls, calmer la tourmente qui obscurcissait mes rêves, jusqu'à en faire des cauchemars.

La volupté de l'instant passait dans le temps en volant comme un songe d'automne, et les yeux orageux qui se posaient sur moi, évinçaient la neige qui poudrait la solitude de mon enfance. J'acceptais, j'acceptais d'être son élève, et d'écouter ses conseils, j'acceptais que ma fierté soit placée sous sa tutelle, et qu'il me conduise, pas à pas, vers le sommet de mon ambition, là où la perfection, idéal idyllique et pointe lumineuse à l'horizon — m'attendait. Me tournant entièrement vers lui désormais, et lui toute ma stature, un regard admiratif et bienveillant, avant de le dire je fis montre d'une déférence que notre nouveau lien incombait que je lui donne. Un sourire sincère et l’orgueil d'être placé sous aile, j'inclinais la tête pour lui répondre enfin, avec joie, grâce, et mélodie.
  • -Je suivrais vos conseils, senseï.


Ainsi, le lien, était établi. Comme il l'avait suggéré, il était certain qu'un jour nous aurions des désaccords, qu'un jour même peut-être, je m'opposerais à lui, mais allez savoir, cela ne le gênait pas, c'était plutôt, selon ce que je percevais à son timbre, comme si cela faisait partie du cursus de l'apprentissage qu'il me destinait. Heureusement pour lui, si je n'étais pas l'élève idéal, je n'étais pas le plus demandeur et fort de mon indépendance, j'agissais et m'élançais dans mes projets sans attendre qu'on me l'ordonne ou qu'on m'y autorise. Peut-être était-ce alors le moment de lui faire part de mes projets justement, de ce quoi j'aspirais pour actes plus concret de mon élévation vers mon idéal. Mais j'hésitais, le fixant dans les yeux en relevant le regard, j'hésitais, cela se voyait dans le creux de mes pupilles. Un silence, et une envie de parler, mais rien qui ne sortait. La douceur imprégnant mon être rejaillissait sur lui et sur tous sans que je ne pu la contenir par le simple fait de craindre de demander trop, quand je ne demandais finalement rien. Alors, préférant m'en tenir à cette nouvelle que la vie m'offrait, je n'avais pas à demander, mais finalement à offrir, par respect, et par gratitude.
  • -Attendez-vous quelque chose de moi pour commencer ?

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Mer 15 Aoû 2018 - 14:30
Et tandis que les deux hommes finissent peu à peu leur discussion, celle-ci finit par créer une relation à laquelle nul n’aurait pu réellement s’attendre. Et dans la nuit de son quotidien Yoshi est reflet luminescent de son admiration pour de tels hommes, capable d’exprimer ainsi tant leur faiblesse que leur ambition. Ainsi la même, le samouraï s’était épris d’affection pour le jeune homme qui lui ressemblait bien qu’étrangement.

A l’image d’un astre solaire, présence iridescente face à laquelle on ne peut que ployer le genou, Sainan incarnerait cette lune. Ce satellite orbitaire gravitant autour de lui maintenant cet équilibre dit naturel. Il observe un dit instant, ce genin dont la vie dépend désormais — il est estomaqué un instant — à ses oreilles ses mots sont murmure caressant.

- Bien.

Toujours vos prunelles qui croisent le fer, et ses yeux sont remous d'océan autant que les votres sont morceaux de ciel mais dans la course des embruns Yoshitsune ne fixe que sa lame (tachée). Encore étouffée par le respect gorgée du protocole aussi, il sait que bientôt il devra s’en retourner à la tache qui lui fut confié.

- Suis-moi, je te prie.

Ses mots doux, ce charisme imminent ont pour dessein de l'intimider plus que les ordres rêches. De l’enivrer ? Non. Sainan n'était point de ceux à enivrer mais seulement — de ceux à manipuler par d’âcres paroles. A l’image d’une fidèle lame qu’il brandirait pour faire retentir la justice, Yoshitsune le teinterait de gloire, de légendes.

Et tandis qu’il marche en direction de l’extérieur, entre eux le silence était poison mais le samouraï de ses mots propres ne saurait le briser, du moins pas encore. Il marche devant lui et dans son dos ses cheveux sont cascade stellaire, chutant (langoureuse) au gré de ses pas vipérins, sous ses pieds le marbre claque, éclat dans sa discrétion. Et tandis que la lune miroite sur leur chevelure, elle est là témoin de leur discussion.

- Il y’a là ce genin que j’ai recruté dans cette équipe que j’édifie : Akiji Yasuo. Je veux que tu l’étudies, et que tu me dises ce que tu en penses. Penses-tu en être capable ?

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