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Il était une fin [Solo]


Jeu 12 Juil 2018 - 17:18
Une douce après-midi à l'hôpital, n'ayant plus de patients particuliers et mes élèves étant indisponible, je me retrouve encore une fois seule dans un sens. Le genre de moment où j'en profite habituellement pour rester avec mes petits le soir, la journée je me contente de mon travail, je suis censé aider à l'hôpital. Le moins que je puise faire et d'aider au mieux de mes capacités, aussi faible soit-elle face aux capacités de certains de détruire ce que l'on tente de protéger.

Passant de chambre en chambre, je vois des patients, en revois d'autres, apprends à en connaitre de nouveaux. S'il y a une chose qui ne sera jamais vide, malheureusement, c'est les lits de ce genre d'établissement. Pas que je n'aime pas avoir du travail, mais que je n'aime pas être témoin de la souffrance et de la bêtise qui y est régulièrement associée.

La douleur et la mort sont des notions impartiales, il n'y a pas de genre, de classe sociale ou de sauf-conduit face à elles.

J'ai toujours étudié la vie, la science qui y est rattachée, le moyen de la prolonger. Mais malgré l'avancée que l'on fera aujourd'hui ou dans le futur, il y a une barrière infranchissable.

Une fin inévitable...

"Onee-chan ! Tu es revenu ?!"
"Dit tout de suite que je ne tiens pas mes promesses ?! Chenapan !"

Je lui souris, lui caressant la tête l'air de rien. Pourtant j'ai le cœur lourd, je me force à rentrer à chaque fois en combattant une envie de fuir qui me prend au cœur, me donne envie de vomir et de disparaitre. Pas une seule fois je n'ai réussi à lui dire que tout irait bien, ça serait lui mentir et je ne le sais que trop bien.

Kakeru est un enfant de douze ou treize ans à peine, à peine devenue genin il est tombé très malade. Il s'est entrainé toute sa vie pour être un élément actif de la société et pourtant il est bloqué sur un lit, allant doucement vers un destin inexorable. À chaque fois que je regarde son visage, j'y vois presque celui de mon petit et ça me révulse d'avantage. Je ne fais semblant de rien, me contente de le soutenir et le consoler, pour le soulager du destin qui est sien sans jamais pouvoir l'en écarter.

"Shuuchuu-sensei..."
"Je m'attache trop, je sais."
"Nous sommes aussi des êtres humains. Tant que vos performances ne sont pas impactées, ce n'est pas mon problème."

La sentence est alors tombée, sous le forme d'un dossier dans la moindre personnalité, du blanc, du noir et des notes assurant un point final.

Et je vais devoir l'annoncer.

Je déteste ça, mais c'est une inévitable responsabilité. Je suis devant ses parents, la nouvelle sonne comme une claque dans leurs figures, ils répondent de manière aussi violente. J'ai serré les dents, je saigne, mais je ne peux pas leur en vouloir.

Ils m'insultent, pleurent, me traitent d'incapable et me rappelle que je suis censée sauver des vies.

J'essaye...

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Jeu 12 Juil 2018 - 23:26
Un linge blanc sur un corps froid. On ne reverra pas son sourire, j'ai moi-même fermé ses paupières. Il était si vivant, maintenant il est si mort... Cela ressemble trop à une mauvaise plaisanterie.

Éphémère...

Il n'aura finalement passé qu'une poignée d'année sur terre. Ce n'est même pas la faute à la guerre, au conflit, non... Juste au manque de chance, la maladie les gênes... J'essaye d'oublier le sourire qu'il avait autrefois, je m'assure de ne pas imaginer ce genre de chose pour mes propres enfants. L'idée qu'ils puissent eux aussi avoir des problèmes me terrifie.

Et si ?

Non, j'aide à déplacer le lit, ce n'est pas mon travail, mais je me sens comme obligée de l'accompagner. On me retient d'une main sur l'épaule. J'ai mieux à faire, des personnes tout à fait vivantes qui ont besoin de mon expertise. Ils me surveillent, ils ont peur que ce soit trop tôt pour moi, suite à mon petit incident on va dire. J'accuse le coup en apparence, mais ils ne sont pas dupent, s'il l'était, ils ne mériteraient pas leurs places ici. Ils restent à leurs places, ici et là des petits commentaires, des phrases qui semblent anodines, mais ils me sondent pendant que je soigne d'autres personnes.

Le temps rendra la peine plus douce, puis une autre se greffera dessus, encore et encore. C'est toujours pareil, la première mort est monstrueuse, elle frappe l'âme et le corps, puis a la dixième, le sentiment est toujours aussi horrible, mais on n'a pas le temps de penser... Vingt... Cent... Les visages s'effacent, on oublie les noms, la guerre rend difficile de se souvenir de tous et de toutes, mais ne rend pas forcement plus simple ce sentiment contraignant, celui de se sentir... complexe d'être encore là, là ou d'autre mériterai peut-être plus leurs places, parmie les vivant, parmi ceux qui respirent.

Pourtant, les médecins vont de l'avant, baisser les bras, reculer ne ferait qu'augmenter le nombre de victimes. Je n'ai pas le droit de regarder en arrière, par respect pour ceux qui sont partis et ceux qui les rejoindront. Je n'y arrive plus, plus aujourd'hui.

Alors je vais me calmer, pas auprès des vivants, mais dans un lieu qui au contraire devrait me repousser au vu des circonstances.

"Shuuchuu-san ?"
"Je viens vous aider un peu..."

La morgue, rendre leurs dignités aux cadavres après autopsie et certains actions les rendant méconnaissables, les jutsu bien évidement en premier ou le kenjutsu.

Ce n'est pas forcement plus ma place, mais dans un sens, il vaut mieux que je fasse du bon travail "en bas" plutôt qu'ils soient forcés de me surveiller parmi les blessés.

Les jours passent...

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Sam 14 Juil 2018 - 21:06
Finalement, sa disparition n'aura rien changé. Iwa tourne toujours, l'hôpital se remplit, la vie est éphémère ? Non, oui, mais elle mérite quand même d'être protégée. Chaque soir, je m'en assure, me rassure, me fait du bien en restant des heures à surveiller mes deux cher et tendre bout de choux.

Je suis tellement heureuse de les avoir...

"Vous êtes mes petits héros, vous sauvez le coeur de maman tous les jours ♥"

Mais pourtant, il y a un creux dans mon coeur, une boule dans mon estomac qui refuse de partir. J'ai réduit mes heures de travail pour accueillir une future équipe, pour penser à la vie plus qu'à la mort. Mais je ne peux me résoudre à les laisser ainsi, ses corps qui s'entasse, ses rêves brisés qui jamais n'avanceront, ces promesses certainement rompue par la plus naturelle et irrémédiable des fins. La fin.

J'ai alors pris une décision, en fais non, j'avance vers un chemin qui à deux embranchements visibles, peut-être bien d'autres plus subtils ? Je vais vers le bureau de celui qui a était mon enseignant, même si je le suis moi-même maintenant. Je n'ai même pas à atteindre celui-ci, une voix m'interpelle dans le couloir.

"Je vois plus une âme errante que l'idiote que j'ai dirigée vers le noble art du soin."

Je lui fais une révérence basse, j'ai déjà vu ses traits se tirer de bien des manières. Mais c'est la première fois que je le vois aussi sérieux, plus que jamais et pourtant d'habitude.

"Vous allez me poser une question que je ne vais pas apprécier, la réponse ne sera pas plus agréable j'ai l'impression. Entrez."

Le grand bureau de mon maître, des parchemins, des écrits, des mannequins anatomiques et tout ce que l'on peut espérer ou penser trouver dans une pièce de ce genre, entre la salle d'un érudit et le bouiboui d'un marchand de rareté exotique. Je m'installe quand il me le demande... Puis apres un long instant à réfléchir à comment tourner la chose, voyant son impatience monter.

"Avez-vous déjà étudiez la mort ?"

Il ferme dans un mouvement brusque et bruyant le manuscrit qu'il porte dans les mains. Il ne semble pas surpris, au contraire il semble gêner d'avoir eu aussi raison.

"Votre regard est-il tourné vers l'aube ou le crépuscule ?"

Je ne comprend pas la question, il se doutait bien que son approche était trop obscure, mystérieuse pour que je la saisisse en un instant. C'était fait pour d'ailleurs.

"Ayez au moins l'honnêteté de dire et pensez que c'est pour vous que vous faites cela, pas pour eux."

Je me suis senti vexé un instant, puis je me suis rendu compte qu'il n'a pas tort, jusqu'à présent il y a toujours eu des décès, ça sera encore le cas. Qu'est-ce que ça changerait que j'en ramener quelques-uns ? Je baisse le regard, il semble aquiesser.

"C'est vrai."
"La recherche de la connaissance est toujours une quête personnelle. Posez-vous cette question : pourquoi vouloir approfondir ce chemin ? À quoi cela va-t-il aboutir ?"

J'étais sur le point de répondre, il donne un coup sur la table me faisant clairement comprendre que je dois méditer sur la question. Je soupire, je le salue, sors de son bureau, vais enfiler une tenue de médication et fais réfléchir sous la cascade. Je déteste tellement cette eau glacée, mais j'imagine que j'ai besoin de me "rafraichir" les idées.

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Dim 15 Juil 2018 - 18:17
J'ai fini par avoir la réponse à ma question, quand je me suis remémoré ma vie et ai repensé à ce que j'ai vécu, qui j'ai rencontré.

Peut-être que ça ne m'apportera rien, de nouvelles connaissances, une autre porte à franchir avec ou à la place de celle qui est déjà ouverte.

L'étude de la mort, en plus de celle de la vie, peut-être pour améliorer celle-ci. La décision avait été dure et longue à prendre finalement, à force d'hésiter, tout ce temps et ce potentiel gâché.

Je suis devant son cadavre que j'ai moi-même restauré. Pourquoi la dépouille de Kakeru n'était pas déjà en terre ? Diverses raison, le fait de ne pas avoir de religion, mais aussi et surtout... D'avoir légué son corps à la science. J'avais déjà entendu le cas de personne désirant que leurs organes sauvent d'autres vies, mais de là à sciemment léguer ses restes au corps médical et de recherche d'Iwa...

Ce n'était même pas pour une rémunération ou autre, rien de malsain...

"Je jure que tu serviras encore Iwa, ton pays, ta famille. Même un petit peu."

Je n'avais pas envie de cracher sur la fierté et surtout la dévotion qui lui avait fallu pour signer ces papiers... En espérant que tout soit en règle ?

Au début, je suis mal à l'aise, je me rappelle de sa voix, de ses mimiques, de sa chaleur... De son rire. Même quand j'examine et manipule ses muscles, j'essaye de réveiller son flux de chakra en l'envahissant par le mien.

Puis le jeune homme ne sera plus qu'un exemple, qu'une expérience parmi d'autres. Toujours avec le même respect, mais en mettant le pied devant l'autre métaphoriquement. Des animaux, d'autres dépouilles, d'abord, je leur rends hommage, les restaurent proprement avant de les utiliser. Quand j'atteins les limites avec l'un d'eux, je le rends à la terre en lui faisant une cérémonie. Un défunt après l'autre, avec respect, mais sans limiter ce que j'apprends. Jour après jour, quand finalement.

"Alors ? Votre regard est-il tourné vers l'aube ou le crépuscule ?"

Je m'incline vers mon sensei, puis réponds avec déférence.

"Ni l'un, ni l'autre, mon regard est tourné vers l'avenir."

il me fait un sourire, l'un des seuls que je ne l'ai jamais vu avoir, et il me laisse. Je retourne à mon travail, continuant régulièrement à m'exercer dans la morgue. Un pas après l'autre...

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