Soutenez le forum !
1234
Partagez | 

La lueur de l'aube

Aller à la page : 1, 2  Suivant

Lun 30 Juil 2018 - 4:27
Le bruit de l’écorce qui craquela sous l’impact de mon bokken me sortit de mes pensées. J’avais encore perdu ma concentration et le contrôle de mon mouvement avec. Seule au milieu d’un terrain vide alors que le Soleil venait à peine de se lever, j’étais toujours incapable de faire le vide dans ma tête et de réaliser mon entrainement correctement. Tout cela était parfaitement ridicule et cela n’allait pas être mon père qui allait le contredire, j’avais passé plus de la moitié de ma vie à répeter les mêmes mouvements et un seul évènement venait de balayer tout ce dont j’étais capable. Cela faisait déjà pourtant plus d’une semaine que j’étais sortie de l’hôpital, mais je n’avais toujours pas eu l’audace de reposer mes doigts sur daisho familiale. Bien que mon attachement à son égard n’ait pas flanché, je commençais à douter d’être réellement digne de le porter.

Si la sensation avec mes armes d’entraînements n’était pas la même, ce n’était aucunement la cause de mon manque de maîtrise. Marquant une pause, je jetai mes yeux sur celles-ci, me demandant par la même occasion si cet entraînement était réellement utile. Après tout, mon père m’avait prévenue depuis le début que je n’étais pas faite pour être kunoichi. J’avais beau me dire que c’était sa façon à lui d’essayer de me protéger, je ne pouvais désormais plus nier la vérité, à la première difficulté dans le monde réel, mon incompétence avait pris le dessus sur le reste.

Je restais donc là, debout devant un arbre fissuré de toute part, pitoyable et seule, à répeter le même mouvement en boucle comme si le dix millième allait être différent des précédents. Si les raisons de l’entraînement commençaient à m’échapper, je n’avais pas grand-chose d’autre à faire. Rester chez moi à regarder le temps n’allait pas m’aider à résoudre mes problèmes non plus et j’étais bien loin d’avoir méritée un repos pareil. Le sentiment était encore pire quand je réalisais que l’égoïsme derrière cet entraînement, comme si j’étais celle qui était à plaindre, celle qui avait été brutalement tuée au milieu d’un village inconnu, celle dont le corps avait été laissé là pendant des heures.

Lorsque le bois craqua à nouveau, je le frappai à nouveau sans aucune maitrise de mon geste, ce qui rompit immédiatement l’arbre sur toute sa largeur, provoquant sa chute quelques secondes après. J’en étais désormais réduite à perdre ma patience parce que j’étais incapable de retrouver mes esprits. En me dirigeant vers un autre arbre, ou plutôt une nouvelle victime de mon égo, je réalisai que j’avais vraiment bien fait de venir m’entraîner ici plutôt qu’au domaine du clan. Mon honneur était déjà suffisant entaché comme cela pour me permettre d’être observée dans un état pareil.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t3775-nagamasa-hisa http://www.ascentofshinobi.com/t4475-carnet-de-nagamasa-hisa

Lun 30 Juil 2018 - 19:49
Sur les plus hauts plateaux d'Iwa, nous trouvions de nombreuses choses ; des élèves qui s’entraînaient, des gradés qui observaient, des couples qui se cachaient, des shinobis qui flânaient. Songeant que tout cela était purement artificiel, il fallait se demander alors qu'est ce qui ne l'était pas à Iwa ? Même les arbres qui poussaient dans la roche étaient tout imprégné de chakra. Domaine Nagamasa, Domaine Hyûga, Chokoku, Borukan... Des noms prestigieux ici, des familles nobles, qui avaient chacune leurs héritiers, leur prince, et ne manquaient jamais de rappeler aux indépendants comme moi, qu'ils ne valaient qu'à peine mieux que la roture. Diao cependant, malgré son titre n'était pas de ceux-là, Yume, notre princesse, non plus. Et même mon sensei, savait reconnaître les qualités non par le titre mais parce qu'il était dans sa substance. Peu importe que l’on soit de sang royal, noble ou modeste… à la guerre, ceux qui échouent meurent. Je crois depuis le temps, que la voie de la guerre n'était pas une chose qui s'apprenait. La technique et le talent se forgeaient, mais l'essence même du guerrier, nous naissions avec, ou pas. Un guerrier naît en quelque sorte avec son épée, comme mon esprit n'est lié qu'à mon épée, pas d'émotion...pas de question... pas de réponses. Mais peut-être est-ce justement parce qu'on vit sur des champs de bataille pourris où on massacre et où on se fait massacrer, qu'un jour, quelque part, on rencontrera peut-être quelqu'un, des gens, des frères d'armes pour qui il vaille la peine de risquer sa peau. Bah, enfin il faut déjà vivre jusque là bien sûr. Nous les shinobis, nous ne savons que trop bien comme la vie ne tient à presque rien.

Mes réflexions me portaient vers des horizons imagés de cette sorte, que le feu qui brûlait en moi, la violence qui m’oppressait, trouvaient le repos lorsque j'ordonnais correctement les idées. C'était une sorte de méditation en fait, que je m'appliquais seul, ainsi, tout le reste du temps, sauf en de très rares occasions, je pouvais conserver sur moi toute l'aura de sainteté que je savais mimer à la quasi-perfection. Le visage d'un ange, un sourire d'enfant, le bonheur et la tendresse transpirant sur chacun des traits qui dessinaient mon visage. La démarche aérienne et l'élégance princière naturelle, que d'éloge pour moi que l'on me faisait, quand nul ne pouvait se montrer indifférent dès lors que je lui montrais de l'intérêt. Ces derniers temps avaient cependant mis à mal ma confiance inébranlable, j'étais parfois en proie au doute, et si ma chance ne me quittait pas, tout n'était plus aussi facile qu'autrefois, comme si le destin, pour que je puisse conserver l'innocence qui m'était si chère, et protéger celle d'autrui, exigeait que je lui fournisse plus de preuve de mon inaltérable ambition.

Soudain, baissant les yeux vers le bas, je voyais une jeune fille qui s'épuisait à l'entrainement du sabre. Je l'observais longuement, sans vraiment avoir de l'intérêt sur le moment. Ce n'était alors qu'une enfant parmi tant d'autres, qui s’entraînait à faire ce que devait faire tous les shinobis, et à sa tenue et son arme, on devinait tout de suite une samouraï... Encore une, les Nagamasa étaient décidément partout. Elle me semblait en difficulté, elle me semblait s'emporter, comme si quelque chose d'autres que son entrainement lui pesait sur les épaules et ne lui permettait pas de se concentrer. Je me revoyais alors enfant avec Kaderik, qui désespérait de me voir distrait par tout et n'importe quoi pendant nos entraînements et cela m'arrachait un sourire. Observant sa technique, je comprenais qu'elle était aux bases, et qu'il ne lui manquait finalement pas grand chose pour réussir. Alors, je me levais, paisiblement, et fit un grand bon, une charge, dans sa direction pour atterrir gracieusement non loin d'elle.


J'apparaissais le soleil dans le dos et la chevelure virevoltante au sens du vent. Sur mon visage étaient peintes la tendresse et la bienveillance, alors que dans mon regard sommeillait au scintillement d'une œillade luisant d'un bleu immaculé une pureté innocente comme on ne penserait jamais en trouver. Un numéro à moitié feint seulement, car ce que je mimais, était aussi ce que j'obtenais toujours plus, la virginité de mon âme, et le repos de celle-ci dans la plus douce des légèretés. Je fis alors quelques pas vers elle, tranquillement, sobrement et élégant, et à après quelques uns, lui parlait d'un timbre mélodieux, sans séduction, simplement confiant et paisible.
  • -Tu frappes avec les bras, alors que c'est des hanches que le coup doit porter. Si tu t'énerves tu n'y arriveras pas, attend je vais te montrer.


Là, je dégainais ma rapière.
  • -Enfin, si tu veux bien. Disons que je manie aussi un peu le sabre.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t3517-sainan-gi-tenshi-termine

Mar 31 Juil 2018 - 16:01
Si ma concentration envers mon exercice n’était pas à la hauteur de mes exigences, celle envers mon environnement était inexistante. Je n’eus l’opportunité de réaliser la présence d’un observateur extérieur qu’avec l’ombre qu’il jeta sur ma personne. Je me mis alors à légèrement paniquer de l’intérieur, comme si ma situation était répréhensible et que le comportement honteux dont je venais de faire preuve allait m’être reproché. Je tournai alors légèrement la tête avec appréhension, me demandant s’il s’agissait de quelqu’un que je connaissais.

Tout d’abord éblouie par les premiers rayons du Soleil, je ne vis qu’une grande silouhette arrivant dans ma direction. Lorsque mes yeux s’habituèrent légèrement, ils aperçurent alors plus distinctement l’inconnu. Sa longue chevelure argentée qui brillait de milles eclats, comme soutenue par le Soleil en personne, fut évidement ce que je remarquai en premier. Ce fut cependant son visage qui me marqua le plus. Bien qu’il semblait plus vieux que moi de plusieurs années, ce dernier semblait plus innocent et plus doux que celui des jeunes enfants que je cotoyais à l’académie. Seule sa tenue et son arme pouvaient me confirmer qu’il s’agissait d’un shinobi tellement il me semblait inconcevable de garder cette apparence après des années de combat.

Bien que l’idée d’avoir été observée n’était pas plaisante, je ne pouvais pas quitter des yeux le jeune homme. Tiraillée entre mon admiration puérile et ma curiosité, je restai sans voix, attendant patiemment de connaître la raison de sa présence. Lorsqu’il prit la parole avec une voix calme et rassurante, il donna l’impression de n’être venu que pour m’aider dans mon entraînement. Si cela me faisait un peu plaisir, recevoir du soutien dans les moments difficiles était toujours agréable, ce n’était malheureusement pas si facile à accepter. Qu’un homme de son charisme pût en venir à douter de ma connaissance des bases du Kenjutsu m’était encore plus douloureux. Faisais-je preuve d’autant d’incompétence ?

Je ne pouvais m’en prendre qu’à moi-même, ma démonstration précédente contenait l’ensemble des erreurs que j’étais déjà censée avoir dépassé depuis des années. Au-delà de l’embarrasement pour moi-même, c’était la réputation de l’ensemble du clan Nagamasa que je me devais de protéger en permanence. Je me devais donc de ravaler ma fierté, de prendre sur moi et d’écouter les conseils de ce jeune homme. S’il n’avait pas eu l’occasion de jauger l’ensemble de mes capacités, cela ne voulait pas dire qu’il n’allait pas être capable de m’apprendre quelques techniques ou mouvements utiles. Cela allait également être l’occasion pour moi de découvrir si derrière cette apparence angélique, il possédait également le talent d’un grand combattant.

— Merci du conseil, dis-je d’un ton hésitant en inclinant légèrement ma tête en guise de politesse, je serais ravie de vous voir faire une démonstration !

Observant alternativement sa rapière et mon bokken, je me questionnai sur les différences de maniement que les deux armes pouvaient bien avoir entre elles. Bien que le maniement du sabre ne me fût pas inconnu, je n’avais jamais eu l’occasion de mettre la main sur une rapière, il était même assez rare d’en voir.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t3775-nagamasa-hisa http://www.ascentofshinobi.com/t4475-carnet-de-nagamasa-hisa

Sam 4 Aoû 2018 - 22:16

D'une main, je faisais s'élever un petit rondin de bois, pour ne pas abîmer l'outil d'entrainement de la jeune fille, et de l'autre, je tirais élégamment la rapière du fourreau. à bonne distance, je faisais machinalement un salut, je ne m'en étais même pas rendu compte, comme si de tirer l'épée exigeait obligatoirement, sans restriction, que l'honneur soit de mise. Les hommes tirent l'épée pour soigner les maux de leur cœur, pour venger les blessures de leur âme, pour protéger ce qui leur est cher, les hommes tirent l'épée pour tout et pour rien, la seule chose qui ne sera jamais parvenu à mettre un peu de beauté dans la guerre, ce n'est pas fin ou la raison de celle-ci, c'est la forme d'honneur que les guerriers y trouvaient.


L'exercice de la mise à mort, toujours aussi galvanisant. Tenir la vie et la mort entre ses mains, quasi un pouvoir divin, celui qui en riait était un fou. L'essence de la guerre s'éprouvait dans la confrontation avec la mort, et si on l’asticotait de trop près, elle ne manquait jamais de rappeler qu'elle était le seul Dieu devant qui nous finissions tous à genoux un jour. Mon visage se durcissait sans perdre de sa hauteur et de sa beauté, car je me concentrais tant que je pouvais sur la perfection d'un geste qui ne devait qu'une seconde. Mais une seconde en combat, c'était très long, surtout dans un combat entre shinobi. Toujours machinalement, j'agitais la rapière plusieurs fois, jusqu'à ce que la main trouve une posture parfaite sur celle-ci. La garde et la pointe était prête, et suivant ce geste, mes pieds changèrent de position en même temps que mon corps.
  • -Je ne tranche pas, je perce. Mon pied d'appui n'est pas celui qui porte, mon pied qui porte n'est pas celui qui lance. Quand un novice s'élance, il se baisse et lance uniquement sa tête. C'est le corps qu'il faut lancer, de tout son poids, il doit être droit aussi droit qu'une feuille de papier que l'on voudrait tourner debout sur elle-même comme un pivot. Lui expliquais-je pendant que je me postais.


J'étais bien arrogant de donner une leçon d'escrime à une samouraï, d'autant que ma pratique était loin d'être semblable au traditionnel kenjutsu du Bushido, mais ma maîtrise n'en était pas moins relativement efficace, et je me savais, sans vantardise, maîtriser à la perfection les bases. Les Sainan n'étaient-ils pas en plus des utilisateurs de mokuton, aussi de redoutables escrimeurs ?
  • -Quand la posture est engagée, la tension s'accumule dans mon corps comme un ressort qui se tend, ainsi, je n'ai pas forcer, je n'ai qu'à relâcher une pression, comme un ressort. Pour être fort, il faut être doux, pour être rapide, il faut être sûr, pour être précis, il faut être ferme, ne pas hésiter. Le geste est exécuté 100 fois à l'esprit avant d'être lancé ici. Je savais exactement où je vais, ce que je fais. Le maître au lancier de pierre battra toujours le novice au lancer de couteau. Le maître artisan sans aller vite sera toujours plus rapide à son travail que son apprenti. Continuais-je le timbre bas et mélodieux.



Un instant, rien qu'un instant, d'un endroit je passais à un autre, le sabre planté dans le rondin de bois sur la moitié de sa longueur, net, précis, sans bavure. D'un mouvement vif, je retirais sèchement la rapière avant de tourner un regard souriant sur la jeune fille. J'y portais une grande attention, un regard bienveillant qui transpirait l'angélisme même après un tel acte. Je cherchais à sonder dans son regard si elle avait saisi ce que je voulais lui montrer, que tout cela n'était pas qu'une affaire de corps, mais aussi et surtout d'esprit.
  • -Tout cela, la posture, ça ne sert à rien s'il te manque une chose essentielle à tous les guerriers. L'instinct de mort. Tire le sabre pour tuer, uniquement tuer, mais tu dois aussi savoir pourquoi il est juste de tuer ou non et cela est difficile. Tuer c'est facile, y mettre la forme, beaucoup moins. Mais si tu veux d'abord maîtriser ton corps, je te conseille de t’entraîner à l'esquive, cela développe les réflexes et ainsi les muscles à réagir exactement comment on l'ordonne. M'enfin, tu dois avoir un maître pour te l'apprendre. Je suis moi-même élève d'un Nagamasa, Nagamasa Yoshitsune, donc je sais quelle discipline forge les vôtre. À ce propos je ne me suis pas encore présenté, je suis Sainan Gi — Tenshi. Concluais-je joyeusement.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t3517-sainan-gi-tenshi-termine

Sam 18 Aoû 2018 - 1:42
L’inconnu à la rapière s’exécuta alors, déterminé à me montrer comment frapper. Bien que légèrement sceptique à l’idée d’entendre une leçon qui m’aurait été inédite, je me retrouvai captivée par sa démarche. Il se déplaçait comme si chacun de ses mouvements avait été précisément calculé avec une fluidité parfaitement naturelle. Ce n’était pas la première fois que j’assistai à une telle finesse de la part d’un shinobi, mais je trouvai toujours cela aussi émerveillant. Naturellement, ce sentiment n’en fut que renforcé lorsqu’il se mit tout aussi élégamment en posture de combat, arme à la main.

Ces conseils furent tout d’abord basiques, reprenant les bases de la posture et du mouvement que j’étais déjà censé connaître à la perfection. Au fur et à mesure, je réalisai cependant que le fondement de son conseil n’était aucunement sur le coup en lui-même. Avait-il saisi l’essence de mes difficultés ? Je l’ignorais, mais il m’était impensable que quelques belles paroles, aussi justes eussent-elles été, fussent réellement en capacité de les résoudre. J’avais parcouru les principaux textes de mon clan à la recherche de ces questions, d’un enseignement moral capable de me délivrer de mon tiraillement, mais les réponses restaient les mêmes à mes yeux.

L’exécution du mouvement fut cependant parfaite, le mouvement était soigné et démontrait une maitrise bien supérieure à la mienne. Me jetant alors un regard amical, il commença à m’expliquer que mon sabre ne devait servir que pour tuer. Si une part de moi se demanda s’il n’était pas au courant de ma situation tellement ses paroles faisaient écho à mon incident, j’en doutai grandement. Je ne connaissai personne de suffisant cruel pour prononcer de tels mots dans de telles circonstances. Il avait véritablement l’air sympathique, surtout qu’il ne semblait que m’aider à progresser, il m’était très bien possible de n’avoir simplement pas saisi le sens de ses mots.

Il me proposa alors de m’améliorer sur ma capacité à esquiver, ce qui n’était pas une si mauvaise idée dans le cas où je me serais retrouvée en danger sans être capable de tirer mon sabre. Il finit ensuite par se présenter sous un nom qui m’était autant inconnu que le reste de sa personne. Je m’inclinai alors directement à la fin de son élocution, en guise de salutation, mais également de remerciement pour la leçon.

— Enchanté de vous rencontrer, je me prénomme Hisa. Je vous remercie de me conseiller ainsi !

Reprenant ma position normale, je soulevai mon bokken pour le saisir à deux mains, le tenant horizontalement en face de moi. Le fixant avec mes yeux, je perdis le sourire qui habitait mon visage depuis le début de la démonstration.

— Je comprends ce que vous voulez me dire, mais qui suis-je pour m’autoriser à prendre une vie ? Comment pourrais-je réellement savoir si la personne en face de moi doit mourir ou non ? Protéger ceux que j’aime doit-il nécessairement se faire à travers le sang d’inconnus ?

Je ne savais pas ce qu’il me prenait de poser autant de question à Tenshi, qui avait déjà usé beaucoup de son temps pour moi, mais tout semblait si évident dans sa voix que l’idée qu’il pût avoir les réponses à ses questions avait éclose dans mon esprit. 


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t3775-nagamasa-hisa http://www.ascentofshinobi.com/t4475-carnet-de-nagamasa-hisa

Sam 18 Aoû 2018 - 16:31
Rapière en main, j'appréciais à la fois une certaine douceur et une incrédulité de la part de Hisa. Je ne m'estimais certainement pas à la hauteur qu'elle me destinait, même je savais que j'étais porteur de nombreuses et terribles lacunes dans les arts shinobis. Comme Kaderik me le disait, j'avais un talent inné, j'étais un génie, mais aussi terriblement fainéant et il en résulta qu'en faisant le minimum, je me retrouvais à égalité avec autrui sans qu'aucun ne puisse trouver en moi les particularités martiales qui faisaient ma stature. Cela tendait à changer, mais j'étais toujours très loin d'être un forcené à la discipline spartiate.

J'avais pourtant bien un souci de la perfection qui m'obsédait en tout temps. Ce que je faisais, je m'attachais toujours à me faire bien. Alors ? Comment définir ce qu'était ma voie, même lorsqu'elle me posait une question si difficile que de savoir quand il est juste ou non de tuer ? Pour vivre heureux avec peu de moyens, pour rechercher l'élégance plutôt que le luxe, et le raffinement plutôt que la mode; pour être épanoui plutôt que respectable, avoir une richesse intérieure et non une richesse pécuniaire; pour étudier dur, penser calmement, parler gentiment, agir franchement; pour supporter tout avec douceur, faire tout bravement, attendre les occasions, ne jamais se presser. En d'autres termes, laisser le spirituel, sans attache et sans conscience, grandir au travers du commun. Les arts martiaux peuvent être une forme de force bestiale, mais dans notre système d'art martial shinobi il y a d'inclus beaucoup d'idéaux et de philosophie. Les règles des arts martiaux sont aussi compassion, aider les autres. C'est cela que les civils ne comprennent jamais. Parce qu'ils utilisent cette force et la change dans un pouvoir brutal pour terroriser les autres. C'est pourquoi ils ne seront jamais prêts à apprendre les arts martiaux shinobi. Quoi que,... j'avais pourtant connu un homme, un seul homme civil, qui était aussi grand, puissant et beau, que pouvait l'être un shinobi... L'exception qui confirmait la règle peut-être.

Hisa était une samouraï, le bushido, la voie du guerrier, était la voie qu'on lui avait enseignée, et sûrement ne s'était-elle jamais posé la question de savoir si telle était réellement le chemin que le destin lui avait dessiné. Combien de shinobis et de samouraïs qui naissaient, baignaient et étaient éduqué uniquement pour la guerre se demandaient si c'était réellement ce qu'il voulait ? Nous naissons l'arme à la main et finissons par en devenir une nous-mêmes, alors quand la question de la mort et du meurtre se pose, n'est-il pas étonnant que nous ne sachions donner de véritables réponses ? J'avais une idée concrète de cette réponse, je m'y étais employé depuis que j'avais connu le gout du sang. Mais comment pouvais-je être certain d'être dans le vrai ? La réponse que j'allais lui donner influencerait son avenir de guerrière, une responsabilité qui n'était pas à prendre à la légère....

Dans le doute, l'honneur exigeait que je lui fasse une réponse honnête à ce propos. C'est-à-dire de lui annoncer ce que je pensais sincèrement de cela, sans chercher à passer pour ce que je ne suis pas ou à lui destiner une voie à laquelle je ne croirais pas moi-même. Nous les guerriers, passant d'arme en armes, s'exerçant à la perfection du meurtre, nous passions tous par cette terrible question. Je ne me croyais pas assez sage pour avoir pour trouver une véritable réponse, mais posant le regard sur elle, j'y faisais passer toute la sincérité d'une conviction. Mes pupilles scintillaient de désolation, car ma conviction profonde allait de pair avec une fatalité sempiternelle de l'existence, où la vie, n'avait d'autre mire que la mort. La voix mélodieuse, je lui fis la représentation d'un angélisme assumée, qui déconsidérait les mœurs et les présupposés culturels, pour ne s'attacher qu'à la sainteté des actes, en quelque sorte, au naturel que l'existence imposait à tout un chacun.
  • -C'est au plus près de la mort que l'on se pose des questions sur la vie, qu'on en prend le plus conscience. L'aspect définitif de la mort n'a rien de certain, et quoi qu'on la sût inéluctable, elle est crainte, peut-être qui sait, à défaut. Quand est-il donc juste de tuer ? Quand est-il donc juste alors — de mourir ? La mort, a-t-on dit, frappe indistinctement le riche et le pauvre, mais dans quelle effrayante disproportion ! Le premier ne doit le plus souvent les maladies qui abrègent ou tourmentent son existence, qu'au déchirement intérieur de ses passions non satisfaites, à la soif inextinguible des honneurs, des richesses, des plaisirs, à l'abus de tout ce qui devait le rendre heureux. Le pauvre, au contraire, flétri par la misère, par le travail, sans cesse exposé à des influences délétères qu'il ne peut éviter, privé du nécessaire lorsque l'homme opulent est accablé du superflu, succombe, sans pouvoir opposer à la mort que des larmes inutiles. Quand est-il juste de mourir ?! À ce que je sache nous ne sommes jamais mort de pitié, mais tuer, cela peut être un acte de pitié. Tu ne peux jamais savoir quand il est bon ou non de tuer, mais tu peux savoir avec certitude que la mort tue sans s'en soucier elle — de la justice. Accepte cela, et tuer n’obéira plus qu'à ton coeur, rien d'autre. La mort n'a rien d'affreux pour celui qui n'a rien à craindre dans une autre vie. Cela n'est pas ton affaire fort heureusement. Au moment de frapper du sabre, tu ne fais qu'abattre un mal commun à tous, la vie — elle tue pour vivre, et personne ne la juge pour cela. Alors ne te juge pas toi-même.


Pas vraiment une réponse, mais une piste importante pour qu'elle trouve sa propre réponse. Je n'allais pas lui dire comme un règlement dans quel cas, quelles circonstances exactes, il était juste ou non de tuer, cette idée devait être la sienne et sortir uniquement d'elle. Un sourire tendre et compatissant suivait quand je terminais. Il lui fallait certainement un instant pour se remettre de cette petite tirade. L'attaquer immédiatement ne lui aurait rien appris qui plus est, alors j'attendais seulement qu'elle soit prête, et alors, je dresserais la rapière pour l'amener vers là où j'aurai souhaité qu'elle aille.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t3517-sainan-gi-tenshi-termine

Mar 21 Aoû 2018 - 11:56
En entendant la réponse de Tenshi à mes questions, les mots de mon père me revinrent en tête, il me répétait sans cesse qu’un véritable shinobi devait être capable de se satisfaire de ses propres réponses. Les paroles du jeune homme, bien que mieux construites et plus élaborées, allaient dans le même sens. Sa tirade philosophique sur la mort était très poétique, mais il m’était difficile de voir comment elle pouvait m’aider dans ma quête. Me disait-il que prendre une vie n’avait rien de plus immoral que d’en sauver une ? La signification profonde de ses mots m’échappait, mais je compris qu’il tentait au moins de me faire comprendre que l’acte en lui-même n’était peut-être pas aussi important que je le pensais.

Mes recherches sur le sujet m’avait amené à réaliser que les shinobis avaient une conception de la mort et du meurtre assez éloignée du reste de la population, probablement parce qu’ils étaient amenés à les côtoyer bien plus régulièrement. Certains voyaient dans l’acte une simple façon d’exercer leur devoir, que ce fut pour leur maître, leur Kage ou simplement leur code moral, qui prévalait alors sur le devoir moral de respecter la vie d’autrui. D’autres se contentaient de dissocier le fait de prendre une vie de toute valeur morale, voire de se dissocier eux-mêmes de la morale. Je ne pouvais savoir si Tenshi avait été parfaitement honnête dans sa réponse, s’il n’essayait pas simplement de me faire comprendre ce qu’il souhaitait en sélectionnant ses mots avec précaution, mais cela n’avait pas vraiment d’importance. S’il semblait plutôt faire partie de la deuxième catégorie, il ne méritait pas de jugement de ma part après si peu de temps.

Je ne savais même pas réellement ce que j’espérais obtenir en posant ces questions aux autres, leurs avis étant tous différents, aucune réponse ne pouvait être universelle, ainsi, aucune n’était ni bonne, ni mauvaise. C’était malheureusement cela qui tiraillait mon esprit, l’idée de garder éternellement des questions aussi importantes sans réponse.

— Il m’est difficile de comprendre votre conception de la mort, mais je vous remercie tout de même pour votre réponse.

Je m’inclinais alors à nouveau dans sa direction avant de reprendre une position de garde. Empoignant fermement mon bokken dans ma main droite, j’utilisai l’autre main pour saisir le shoto encore accroché à ma ceinture. Si tenir ses armes n’avait que peu d’utilité dans la pratique de l’esquive, je pensai qu’il était plus sage de se mettre en condition réelle pour s’entrainer ainsi. Cela pouvait également permettre à Tenshi d’apprendre que mon école de Kenjutsu n’était pas forcément celle qu’il s’imaginait.

Voyant qu’il semblait déjà prêt à attaquer, je lui adressai un acquiescement de la tête pour lui signaler que je l’étais également.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t3775-nagamasa-hisa http://www.ascentofshinobi.com/t4475-carnet-de-nagamasa-hisa

Mar 21 Aoû 2018 - 23:25

Voilà très très longtemps que je n'avais pas joué de la rapière face à quelqu'un. Ordinairement je ne l'utilisais que dans une fin tout à fait précise. Brandissant la rapière contre cette jeune fille, je n'éprouvais aucune colère, aucune fougue, ni ne fis ressortir la moindre violence de moi. Je n'avais pas pour but de la toucher, je comptais prendre de soin de viser précisément là où je ne risquerais pas de la blesser justement, en lui donnant l'illusion que le risque était réel.
La famille Sainan se battait à la rapière depuis toujours, une arme peu commune ici, qui faisait en quelque sorte, notre marque de fabrique. Kaderik en l'apprenant avait tenu à ce que j'apprenne à l'en servir, parce qu'il avait désiré que quoiqu'il m'adopta avec Luca, je conserve l'identité de mes racines. Alors quand il brandissait le sabre, je lui présentais ma rapière, c'est ainsi, sans expert pour me montrer, que j'étais finalement parvenu à refonder la technique ancestrale de mes ancêtres.


Quoique je semblais concentrer et me montrais de prime abord profondément silencieux, je ne lui sautais pas à la gorge immédiatement, au contraire, je la laissais se mettre en position et exagérait ensuite le temps d'attente. Ce n'était pas pour lui permettre de se concentrer, en fait c'était tout le contraire, c'était pour la forcer malgré l'attente à conserver son attention et sa concentration. En réalité, un individu n'est à plein potentiel de concentration guère plus de 3 minutes. En combat, cette attente langoureuse à se regarder droit dans les yeux était le plus souvent ce moment intense où les adversaires tentaient déjà de s'écraser en faisant preuve de leur détermination dans le regard, mais aussi cherchant à défaire la concentration de l'autre. Pour pouvoir esquiver efficacement, il fallait impérativement conserver une attention sans failles.

Circonspect qu'elle fut devant ma réponse et vraisemblablement en proie au doute, cela lui serait d'autant plus difficile de conserver cette attention durant long moment de silence que je lui imposais. La seconde étape, était de devoir deviner mon intention, quand allais-je frapper ? Qu'est-ce qui lui permettait de le prévoir ? Un regard hasardeux ? Un pied qui s'enfonce discrètement un peu plus dans le sol ? Une main que se raffermit sur le manche de son arme ? Le corps qui s’immobilise ou paraît se contracter ? Une tension à la mâchoire ? Il y avait bien tout cela, mais il y avait aussi quelque chose de plus subtile, quelque chose qui n'était pas palpable. Une sensation, une conviction, qu'on ne comprend pas, mais que l'on sent réellement. Comme si une intention envoyait des ondes que l'être humain était capable de capter. C'est le "MA", savoir être à la fois spectateur, acteur, et metteur en scène de sa propre vie, de ses propres gestes.

De toute façon, tout cela lui viendrait petit à petit, à force d'exercice, d'expérimentation et d'expérience. L'observant, je pensais qu'elle avait déjà pour elle une grande partie de ces connaissances dont je n'avais aucun besoin de lui faire part. Une samouraï après-tout, ses pairs avaient déjà dû largement passer par là. C'est alors que je m'élançais, d'un seul coup, vif comme l'éclair, sans la moindre hésitation. Je m'élançais comme si je volais, avec grâce et légèreté, avec la rapière en avant, je visais le premier point à atteindre, le bout de son oreille, afin de la frôler si je la touchais, mais rien de plus, pour ne pas la blesser gravement. Ainsi, malgré la vitesse, je fis preuve d'une extrême précision et m'attendais à une réponse prompte de sa part, pourvu qu'elle eut tiré de tout ce temps d'attente de quoi deviner mon intention.


Résumé:
 

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t3517-sainan-gi-tenshi-termine

Mer 22 Aoû 2018 - 22:17
Debout devant Tenshi, attendant son attaque, je réalisai que je me tenais face à la même personne qui venait de faire une légère démonstration de ses capacités. S’il semblait tout de même avoir un niveau inférieur à celui des membres les plus talentueux de mon clan, y compris certains qui eurent la générosité de me prodiguer quelques enseignements, il restait un inconnu. J’ignorais tout de ses intentions, malgré la sympathie dont il avait fait preuve. Pourtant, je ne ressentais aucune crainte face à lui, comme poussée par une foi profonde. S’il s’agissait très probablement du simple fruit de ma naïveté, je n’en étais pas moins déterminée à affrontement son entraînement.

En croisant son regard, je sentis un changement subtil, mais puissant avec son comportement précédent, il semblait désormais plonger son entière concentration sur ce qu’il se passait. Il ne me fallait pas plus pour me pousser à en faire de même. Avec une respiration plus profonde, je chaissais les tensions dans mon corps et avec la suivante, mes pensées parasytes. En quelques secondes, j’avais atteint le niveau de calme intérieur que je recherchais depuis le début de mon entraînement sans même m’en rendre compte.

Il patientait longuement avant de m’attaquer et ses émotions m’étaient totalement imperceptibles. L’impossibilité de prédire la moindre attaque ne m’empêchait cependant pas de pouvoir faire avec ce que je savais sur lui. Le maniement de la rapière m’était étranger, mais entre ce dont j’avais entendu à ce sujet et sa précédente exécution, j’étais prête à parier sur un coup identique, frontal et perçant. Le manque de certitude en cette hypothèse, mêlée au fait qu’elle ne m’indiquait pas la cible qu’il allait choisir, m’empêchait cependant d’avoir une grande confiance en moi. L’important était donc de faire preuve des meilleurs réflexes possibles lors du début de son mouvement.

L’attente fut réellement longue, ce qui me fit penser qu’il tentait de me tester à ce sujet, je n’avais aucun doute sur le fait qu’il était capable de briser ma concentration sans perdre autant de temps. Malgré la situation honteuse dans laquelle il m’avait suprise, je n’avais pas l’intention de m’y faire reprendre. Mon honneur était désormais en jeu.

Lorsqu’il se décida enfin à attaquer, j’étais parfaitement prête. Malheureusement, je ne m’attendais aucunement à devoir faire face à une vitesse aussi impressionnante. Le temps que mes jambes se décidèrent à faire une impulsion sur le sol pour me dégager de l’axe de son attaque, sa rapière s’approchait déjà bien trop dangereusement de mon visage. Ma position de garde étant spécialement défensive, je réussis tant bien que mal à dévier de quelques centimètres sa lame grâce à mes deux sabres en bois. Elle réussit néanmoins à venir sectionner une mèche de cheveux et à marquer mon esprit par son sifflement mortel.

Il venait de viser mon oreille, ce qui fut un choc lorsque je le réalisai. En visant mon cœur ou mon visage, ma parade n’aurait eu aucun effet et sa lame se serait logée, même décalée de quelques centimètres, à l’intérieur de moi. Dans tous les cas, l’action fut un échec de ma part, j’étais censée esquiver son attaque.

— Désolé d’avoir réagi ainsi, cela ne n'arrivera plus.

Utiliser ses armes dans une situation où je n’étais pas censé le faire était une violation claire des règles de mon code de conduite. J’ignorais si Tenshi portait le même avis sur la question, mais je ne pouvais ignorer l’incident pour autant. Je devais être capable de faire la part des choses entre mon instinct de survie et mon analyse rationnelle de la situation, surtout lors d’un entraînement.

Spoiler:
 

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t3775-nagamasa-hisa http://www.ascentofshinobi.com/t4475-carnet-de-nagamasa-hisa

Ven 24 Aoû 2018 - 17:44

Parce que le premier réflexe si on ne pouvait fuir n'était pas l'esquive, mais la parade, elle parait. Elle parait plutôt bien d'ailleurs, mais ce n'était pas le but de l'exercice. Je n'allais pas me montrer sévères pour si peu de choses, nous commencions à peine et la voir si gênée me mettait bien assez mal à l'aise. Après tout je n'étais pas son maître et n'avais rien à exiger d'elle. Nous étions alors, extrêmement proche et il n'aurait servit à rien de charger à nouveau. Elle avait stoppé le combat pour s'excuser, et cela par contre, c'était une erreur. Alors qu'au faciès je mettais de la compassion et de la douceur autant qu'au ton, je n'hésitais pas de lui faire simplement remarquer ce que l'on m'avait appris moi-même lorsque j'étais enfant.
  • -Un adversaire n'attendra pas que tu lui fasses des excuses pour frapper.


Entraînement au combat voulait dire imiter les conditions du combat. Les cérémonies étaient bonnes pour les dojos, nous étions des shinobis et des soldats qui se confrontaient aux situations réelles, pour nous, les traditions et le respect ne passaient que rarement par les politesses d'usages que les maîtres imposent à leurs élèves en croyant en faire de bons et disciplinés disciples. Je ne lui sautais pas à la gorge non plus, elle avait le temps de se reprendre, mais n'était-il pas plus avisé ainsi qu'elle comprenne que je ne lui permettrais pas de reprendre son souffle une fois que nous reprendrons ? Il me semblait que le sous-entendu était si lourd qu'on ne pouvait que le comprendre.

Je ne me reculais pas, et à mon visage la compassion tombait pour retourner à une forte et intense concentration tandis que je redressais la rapière vers elle. Je comptais l'obliger à se confronter à une situation commune pour ceux qui se battent au corps-à-corps. C'était à dire une mêlée prolongée. Me tenant donc quelques instants, beaucoup moins longtemps que précédemment, droit et le regard entièrement fixé sur sa personne, je me préparais à user d'une école de combat qui était tout à fait propre à ma famille. L'école Sainan en somme.
La philosophie de l'école de combat à la rapière Sainan a deux aspects essentiels : d'une part, il s'agit d'un style de combat fondé sur la vitesse, dont les multiples mouvements ont pour but de déstabiliser l'adversaire et de l'attaquer en court-circuitant ses défenses ; d'autre part, elle implique un investissement physique et mental très poussé de la part de son utilisateur. L'important étant que paraissant offensif, cette école ne blesse pas ! Elle ne fait percer une défense et créer une ouverture, ce qui est la raison principale du sentiment de déstabilisation que ressent généralement l'adversaire.

Par des sauts, des rotations ou des déplacements intenses, l'ensemble du corps porte et accompagne des attaques rapides et surprenantes. Style de combat vif et acrobatique, d'une grande mobilité et aisément compatible à des mouvements d'arts martiaux, l'école Sainan paraît essentiellement offensive, et ses enchaînements lorsqu'elle est pratiquée correctement sont difficiles à prévoir et à parer, même si les attaques ne sont pas très puissantes en soi car elles se concentrent sur la rapidité de mouvement. Il faut cependant noter que les techniques de cette école occupent peu de volume : l'essentiel des mouvements se fait en effet près de l'adversaire, l'attaque étant très focalisée, et ce style s'inscrit aussi bien dans des espaces réduits qu'en environnement ouvert. Ses bases sont rapidement assimilables car cette forme se fonde essentiellement sur la vitesse sans être très complexe, mais sa maîtrise requiert un haut niveau d'endurance, de vivacité et d'agilité. En effet, outre les difficultés de coordination et de précision intrinsèques à ce style, son utilisation prolongée est épuisante et nécessite sinon un surentraînement à l'attention, du moins une excellente forme physique.

J'obligeais donc la jeune Hisa à faire face à cette école en m'élançant sèchement sur elle. Frappant, piquant, tranchant, mais toujours dans l'unique but de percer ses défenses sans jamais la blesser. La blessure ne venait qu'une fois l'ouverture crée normalement. Si elle parait un coup, alors je pourrais le dévier ou le bloquer pour créer une ouverture, le seul moyen qu'elle avait de me contrecarrer était soit d'esquiver, soit de fuir.

Technique:
 

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t3517-sainan-gi-tenshi-termine

Jeu 30 Aoû 2018 - 21:15
Je compris rapidement à sa réaction que je m’étais trompée sur le type d’entraînement qu’il prévoyait. Mes professeurs avaient l’habitude de m’inculquer des mouvements précis en me les faisant répéter inlassablement, me reprenant à chaque erreur. C’était long et répétitif, mais leur pédagogie restait très efficace. Ce fut donc tout naturel pour moi de m’imaginer que cela allait être de même cette fois-ci. Sa remarque sut cependant m’indiquer le contraire. Ce n’était pas réellement un problème pour moi. S’il voulait que je le considérasse comme un adversaire durant le cadre de l’entraînement, je pouvais faire avec.

J’acquiesçai donc succinctement tandis que nous nous remettions tous les deux en position de garde. Lorsqu’il reprit alors les festivités, je remarquai rapidement un changement dans sa manière de combattre. La surprise et la vitesse de son coup précédent avaient laissé place à un rythme beaucoup plus soutenu de coups. Son style de mouvement était différent de ce que j’avais appris ou même de ce que j’avais déjà vu. Contrairement à précédemment, mon instinct m’était bien plus pratique puisqu’il m’incitait à esquiver chaque coup. Mes deux sabres me semblèrent presque inutiles face à la ténacité de ses attaques. Il semblait essayer de m’empêcher de les utiliser pour me permettre de rester concentrée sur l’esquive. Quand bien même je n’étais pas censée parer, je ne voyais dans ses mouvements aucune occasion de le faire sans réduire ma garde.

Malgré tout cela, esquiver l’ensemble de ses attaques était une tâche bien complexe. Ainsi, à plusieurs occasions, mes lames en bois furent mes seules possibilités pour soutenir ses assauts. Cela entrainait immédiatement une réaction de sa part destinée à me faire comprendre que je venais de lui faire une ouverture potentiellement fatale. Chaque erreur me faisait réaliser petit à petit qu’il allait me falloir une solution plus efficace pour affronter cette difficulté. Je doutais fortement que Tenshi allait rester à m’entrainer pendant des semaines le temps que mes réflexes et ma vitesse augmentassent.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t3775-nagamasa-hisa http://www.ascentofshinobi.com/t4475-carnet-de-nagamasa-hisa

Dim 23 Sep 2018 - 20:24

Cliquetis de l'acier qui croise, et pas de danse pour faire la démonstration d'un combat chorégraphié, sinon qui semblait au moins petit à petit le devenir. Nous nous battions pour de faux alors que je tentais désespérément de lui donner l'impression que c'était des plus réels. Le calme apparent cachait la concentration et la volonté d'accomplissement. Je cherchais à chaque coup, à lui faire aller par là où je voulais qu'elle aille, veillant à ne jamais la blesser, pour ne lui donner que l'illusion de l'envie de frapper férocement là où elle risquerait de le sentir violemment passer.

Le regard que je lui offrais n'était pas plus que glacial et inexpressif, il en résultait l'apparence d'un automate, ou d'un visage d'argile frappé d'une aphasie émotionnelle à faire frémir les douces amplitudes d'une jeunesse encore innocente. Frapper, encore et encore, sans regarder autre chose que le vide, sans ne dévoiler rien de ce que le ressenti entendrait par un regard, une mimique, une autre saveur des moindres élans de quiétudes, de colère, ou même d'une fougue qui accompagne à l’accoutumée ce genre d'exercice. Nous étions comme deux duellistes, et si jamais je n'eus l'intention de réellement la blesser, je m'efforçais encore et toujours, par la violence et la précision gracieuse de mon geste, de lui donner l'illusion d'une mort possiblement imminente, car l'absence de répit dont l'épuisement faisait périr de faire l'énergie de sa juvénile candeur renvoyait à la malheureuse idée que la guerre n'est rien d'autre qu'un duel à une plus vaste échelle. Nous étions en guerre, elle et moi, pour jouer, mais nous l'étions.

L'expérience de l'esquive et de cet entrainement, autant que les formes que j'ajoutais au fond, pouvaient-elles l’enivrer de cette peur que l'on ressent sur un champ de bataille et de la malheureuse expérience qu'était de pouvoir périr pour une obscure raison, qui n'aurait d'autre nom qu'une affligeante indifférence ? Le duel, bien que supplément obligé aux lois qui ne connaissent pas des offenses faites à l'honneur, est affreux, surtout lorsqu'il détruit une vie pleine d'espérances comme sa vie à elle m'en ferait une savoureuse promesse. La peur qu'elle pourrait ressentir lorsque la pointe de ma rapière frôlait pas plusieurs fois sa peau et ses vêtements n'était peut-être pas plus qu'imagier, qui sait même, peut-être fatalement et gravement inexistante, ce n'était certes pas parce que je voulais lui faire ressentir ce frisson de soldat en pleine mêlée que j'y parviendrais forcément, la peur n'est pas le même paysage pour chacun. Il est faux de croire que l'échelle des craintes correspond à celle des dangers qui les inspirent. On peut avoir peur de ne pas dormir et nullement d'un duel sérieux, d'un rat et pas d'un lion.

Froidement, d'un regard étincelant d'un bleuté pure et angélique, quand ma lame passait de ci et de là en cognant la sienne je songeais à ce que me rappelait mon défunt et regretté père sur ce que le duel avait d'étrange avec les affres de la guerre. Ce qui contribua le plus à l'abolissement du duel, ce fut la nouvelle manière de faire combattre les armées, sinon du moins était là le terrible mensonge que nous nous faisions tous sur le duel entre deux guerriers, deux shinobis, ou des samourais. A la veille d'une conspiration comme d'un duel, on a beau s'étourdir, on sent au fond de son âme qu'on n'est pas dans le vrai ni dans le juste, et pourtant l'honneur humain nous tient et l'on continue. Les hommes qui ne se battent pas en duel croient que les hommes qui se battent au duel à mort sont courageux. Pourtant, lorsqu'on s'y trouve, face à la fatalité in extremis, si loin et rude qu'on sentirait le souffle du diable sur la nuque et sa queue piquer les orteils, on ne trouve alors point de courage à l'affrontement à mort, qui n'a d'échos qu'au gré d'instinct belliqueux et animalisés. Là, dans une sanglante mêlée, au milieu des cris et des horreurs possibles de l'âme humaine, nul courage ne vit, rien que la bassesse et l'instinct,, la réflexion et la raison y périssent, et au réveil, c'est la bouche pâteuse et l'esprit embrumé que l'on se découvre, comme tout droit sortit d'un long et terrible cauchemar.


Spoiler:
 

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t3517-sainan-gi-tenshi-termine

Dim 23 Sep 2018 - 21:36
Si Tenshi n’avait ni la vitesse ni la puissance de mon oncle, avec lequel j’avais passé la plus grande partie de ma vie à m’entraîner, c’était bien la première fois que j’étais acculée ainsi quelqu’un au corps à corps. Son maniement de la rapière était irréprochable et son style de combat ne me laissait pas le moindre répit. A chacun des coups de son assaut, je me déviais de leur trajectoire au dernier moment, ne laissant qu’une sensation de frottement et une certitude, celle d’être totalement à sa merci. Je ne réagissai pas à sa volonté de manquer délibérement chacun de ses coups, comprenant qu’il ne tentait que de m’aider à progresser sans me sanctionner d’une blessure à la moindre erreur. C’était cela dit assez subtil, chacun de ses coups me semblaient véritablement être dirigés vers une zone vitale, ce n’était qu’une fois ces coups terminés, lorsqu’ils finissaient leur course à quelques milimètres de moi, que je pouvais être assuré qu’ils n’étaient pas destinés à me blesser.

L’échange avait beaucoup se prolonger, son exécution ne semblait pas ralentir ou perdre en finesse. Mes yeux avaient fini par s’habituer à suivre sa lame, mais mon corps était toujours aussi incapable de réagir à temps. Cela faisait un moment que j’avais réalisé que sans utiliser de chakra dans mes mouvements, mes jambes ne pouvaient atteindre la vitesse de sa rapière, mais il me fallait améliorer mon contrôle d’une telle utilisation tout en recevant un flot conséquent d’attaques. Plus celles-ci s’enchainaient, plus je progressais, mais comme il m’avait laissé une marge de manœuvre pour me protéger, il n’avait qu’à la réduire pour m’obliger à me surpasser.

Il me fallut cependant attendre encore plus longtemps pour réaliser qu’en essayant de restreindre la quantité de chakra dans mes esquives pour tenir le rythme effréné, je ne faisais qu’essayer d’éviter chacun de ses coups individuellement sans succès. Je concentrai donc une quantité de chakra plus importante, non pas pour esquiver son coup, mais pour me dégager totalement de son assaut méthodique. Lorsqu’il me porta un coup à nouveau, au lieu de laisser mes sabres parer ou de m’écarter légèrement, je pris une grande impulsion sur le sol avant de déverser du chakra pour sauter dans les airs. Si l’acrobatie n’était que rarement reconnu par les maîtres du combat en duel à cause de son imprévisibilité et son manque de rigueur académique, c’était un art que je me devais d’employer par moment pour compenser ma différence de gabarit avec des adversaires plus agés. Je passai alors au dessus de sa tête tout en étant prête à parer le moindre de ses coups dans le but d’arriver dans son dos. Sans savoir si cette stratégie allait fonctionner contre lui, je m’exposais à une attaque à laquelle il allait m’être impossible de m’échapper, mais je comptais sur la surprise et le changement de rythme pour déstabiliser son rythme d’attaque et trouver une ouverture.

Bien que je n’eusse pas porté le moindre coup depuis le début de l’affrontement et que je n’étais pas censé utiliser mes armes dans un entraînement à l’esquive, j’estimais qu’avec ce genre de pédagogie, je ne pouvais démontrer ma réussite qu’en effectuant une riposte suffisament bien exécutée. Des miliers de pensées fusaient à travers mon esprit durant ce combat et cet enchainement, ma concentration était toujours à vif et je n’étais pas près de la relâcher, mais les émotions procurées par cette joute me laissaient perplexe. Toujours était-il qu’alors que mon endurance était mise à l’épreuve et que mon corps flottant était à la merci de tout assaut inattendu, mon visage dessinait un sourire qui m’était encore inexpliquable.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t3775-nagamasa-hisa http://www.ascentofshinobi.com/t4475-carnet-de-nagamasa-hisa

Lun 24 Sep 2018 - 0:24
La progression se faisait sentir à vue d’œil, et éprouvant la difficulté la demoiselle me faisait la preuve de son talent martial autant que de son envie de maîtrise des arcanes que je lui enseignais. Nous dépassions la démonstration pour en venir à un entrainement plus profond, plus sérieux, plus proche de ce que j'avais l'habitude de me soumettre à l'effort, du moins lorsque j'y trouvais une relative motivation.

Voilà que me masquant derrière la glace et l'angélisme, je me sentais trouver un certain plaisir à cet affrontement. Son agrandissement et ses réserves s'agrandissant, je découvrais la voie d'un plaisir sans arrière-pensée, où abolissant le désir de tuer, l'escrime n'était plus que douce et suave, un sport, qui n'avait de raison que l'accomplissement de soi-même, dans une certaine mesure, loin des ravissements et des fausses gloires qui sillonnent les usages honorables des règles que nous imposent nos conditions guerrières.

La mort est mon métier, mais il arrive parfois, par-delà l'ambition, par-delà les maussades souvenirs qui pèsent sur le coeur et sur l'âme, qu'on retrouve au carrefour du destin une innocence, blancheur immaculée et non feinte, qui est capable de rappeler ce pour quoi l'ardent désir d'un monde meilleur fait brûler en soi l'éloquence d'une passion que l'on sait aussi pure que violente, si violente qu'elle nous tuerait. "L'un fut bon Chevalier, l'autre bon Escrimeur,
Mais tu as ces deux en toi le double d'honneur : Car où est l'Escrimeur, tant soit bon, qui s'approche de toi, sans emporter au logis une touche ?" Me plaisais-je à chanter un instant en moi-même sans ne même plus vraiment observer ce que je faisais.

Elle commençait à esquiver plutôt que parer, prenant le rythme, se calquant sur mes gestes et parvenant petit à petit à les devancer, les prévoir, à tout simplement, les voir... Là était la preuve de l'efficacité de cet entrainement improvisée et qu'elle avait bien plus que le potentiel, seulement besoin d'un déblocage en bon et dû forme du savoir qu'elle possédait déjà. Par-delà cette occasion il me semblait qu'il n'y avait déjà plus vraiment d'utilité à ma présence. Mon aide devenait désuète et ma touche inutile. Je continuais de frapper, conservant par moi et ma volonté le rythme, même la grâce, qui faisaient mon apanage. Soudain, elle fit une pirouette plus que savamment réalisé compte tenu du contexte et m'esquivait pour se retrouver derrière moi en un instant.
  • -Mh ?


Lâchais-je de surprise. Cela me sortit de mes pensées et je me trouvais à devoir retrouver un semblant de véritable concentration pour ne pas me laisser surprendre à mon tour. D'un demi-tour je me retournais sur elle, et parais le coup à venir non sans surprise que je laissais passer de moi à travers un séducteur sourire sur sa personne. En si peu de temps elle prenait du gallon et me prouvait que nous pouvions enfin passer un cran au-dessus. Il n'y avait nul besoin de l'annoncer, bien au contraire, son geste suffisait à l'entendre et je ne demandais qu'à le suivre. Mon regard devint perçant, plongeant dans le sien, y sondant son être, d'un passage éprouvé et malsain comme ce que le diable semblerait lire en soi mieux qu'en un livre ouvert. L’œil grand ouvert idéalisait le visage d'ange, qui se cachait en ses traits par commune mesure de sa terrible à affable clairvoyance. Fallait-il que l'ange soit aussi un démon ? Non, la subtilité de ce combat appellerait à une image beaucoup plus complexe que cela, que quelques mots ne parviendraient certainement pas à définir.


Regard croisé, je lui faisais voir ce que la paix pouvait avoir de malsain oui, de pervertis, et en quoi et par quoi cela pouvait conduire au malheur. La férocité, même si elle n'était pas apparente comme au sein de mes traits d'innocence angélique, était le moteur néanmoins d'un bon et véritable, et usant d'une illusion, avant de tranquillement, glisser la pointe de ma rapière sous sa gorge, je voulais maintenant vérifier jusqu'où allait sa férocité. Pouvoir se défendre était une chose, et ce genjutsu ne l'empêchait absolument pas, mais en revanche, ne pas pouvoir attaquer ? N'était-ce pas finalement encore plus grave que de ne pouvoir se défendre dans le cadre d'un combat ?

Spoiler:
 

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t3517-sainan-gi-tenshi-termine

Lun 24 Sep 2018 - 9:24
Arrivée dans son dos, je frappai avant d’être aussitôt parée par Tenshi. Mon enchaînement semblait l’avoir surpris, mais n’avait pas suffit à lui porter un coup. Ce n’était rien de bien surprenant, son niveau de combat était plus élevé que le mien, il ne fallait pas m’attendre à le faire céder avec la première ruse qui me venait à l’esprit. Mon échec avait également une autre explication plus simple et plus probable, mes actions manquaient de volonté. Il me fallait être honnête avec moi même, malgré la situation qui se prêtait à l’entraînement, je n’avais pas la moindre envie de lui porter le moindre coup. Il avait gracieusement proposé de m’aider dans mon entraînement et en réponse, j’avais essayé de l’attaquer par derrière. C’était parfaitement ridicule de ma part...

Mes réflexions personnelles ne m’empêchèrent pas cela dit de voir son coup venir. D’un mouvement de bras, je repoussai sa lame avec les miennes avant de reculer de quelques pas. Maintenant que j’avais réussi la première partie de l’entraînement, je pensais qu’une simple parade pouvait ne plus être considérée comme une erreur d’exécution. Même si je ne doutais pas de sa capacité à mettre en défaut mes compétences défensives, il allait devoir faire un peu plus pour y parvenir.

Debout devant lui, bien postée sur mes appuis, j’observais avec attention le moindre de ses mouvements. Il avait tout le temps qu’il souhaitait pour reprendre son assaut, mais je restais confiante en ma capacité à le surprendre à nouveau. Restait à voir s’il comptait augmenter le niveau de ses attaques ou me prendre en défaut par d’autres moyens. Cela me frustrait un peu de ne pouvoir qu’attendre ses assauts, la passivité étant rarement une bonne chose lors d’un affrontement, mais je n’étais pas réellement en mesure de faire autre chose.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t3775-nagamasa-hisa http://www.ascentofshinobi.com/t4475-carnet-de-nagamasa-hisa

Lun 24 Sep 2018 - 14:32
Elle se défendait toujours, hardiment, mais elle n'avait pas flairé le coup fourré que je venais de lui faire. Sa combativité s'en était lourdement amoindrie et je l'avais réduit à l'état de proie, obligée qu'elle était désormais de seulement pouvoir répondre aux attaques sans pouvoir jamais prendre l'initiative d'une contre-offensive.

Toute témérité tuée dans l’œuf assure une victoire à l'agresseur. La guerre ne se termine que lorsqu'on le dit, parce que si on fait la guerre quand on veut, on ne la termine que lorsqu'on peut. La nouvelle leçon était subtile et sujette à la rhétorique, pourtant que n'avais-je que trop vu des hommes et des femmes, pris de désespoir, dans une situation catastrophique ou tout amenait à se soumettre, se battre malgré tout, encore et toujours, pour tenir tête sans faillir à un ennemi paraissant insurmontable.

Les coups qui se suivaient ne visaient encore jamais l'offense ou la blessure, mais au regard, passait le message d'une faillite, une défaite, pas la mienne, mais la sienne, car sa combativité morte, j'étais le maître, elle, plus qu'une souris entre mes pattes. Je me notais toutefois qu'elle n'était pas frappée de couardise, comme il m'arrivait de le découvrir chez certaines victimes de ce genjutsu. Elle perdait sa combativité, mais ne se soumettait pas entièrement à moi, elle résistait avec force, sans sûrement comprendre pourquoi elle ne parvenait plus à reprendre, même par l'idée, un semblant d'ascendant.

Durant notre échange, plusieurs solutions s'offraient à moi, continuer bêtement, sans chercher à l'atteindre, monter d'un cran pour la blesser, ou stopper l'illusion pour lui permettre de reprendre une véritable combativité. Me sachant en entrainement, je choisissais cette dernière solution, pour lui permettre de comprendre par elle-même ce qu'il se passait, et que même un regard parmi les shinobis était extrêmement dangereux.

Silencieusement donc, j'annulais l'effet de mon genjutsu sans cesser les échanges de coups, le visage marbré, dépourvu de la moindre émotion, de la moindre apparence de plaisir ou de colère. À peine l'illusion fut-elle achevée, que durant l'échange même, je la chargeais, à peine à quelques centimètres d'elle curieusement, plus pour la surprendre qu'autre chose. Frappant à nouveau dans le même temps, j'espère que cette pointe en avant de la rapière dans une charge commençant de bien trop proche pour être devancée, la conduirait à retrouver dans l'immédiateté la conscience de sa fougue qui avait fondu sous l'illusion comme neige au soleil.

Spoiler:
 

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t3517-sainan-gi-tenshi-termine

Mer 26 Sep 2018 - 16:41
Durant un échange de quelques coups, je fus totalement acculée par ses assauts. Cela commençait à devenir légèrement répétitif. L’entraînement précédent à l’esquive était terminé et pourtant, sans comprendre réellement pourquoi, je me retrouvais exactement dans la même situation, sans la moindre volonté d’utiliser mes lames pour autre chose que la défense. Les décisions qui influaient ma vie étaient généralement poussées par le bushidô et une vision la plus rationnelle des évènements, il me fallait toujours une raison pour agir. Si cette façon de vivre n’était pas évidente et qu’il existait toujours des situations où l’émotion prenait le pas sur la raison, je ne pouvais m’expliquer mon manque de volonté à l’attaquer dans ce combat. J’avais beau essayé de me justifier par le fait qu’il ne méritait pas d’être blessé ou qu’attaquer n’était pas nécessaire au bon déroulement de mon entraînement, je savais tout cela faux.

Ce ne fut que lorsque je ressentis rapidement monter en moi un changement de volonté, une envie soudaine de le frapper de mes armes que je réalisai la raison derrière tout cela, le genjutsu. Bien que j’eusse appris beaucoup sur ce domaine à l’académie et que j’avais eu l’occasion à quelques reprises d’y être confrontée, j’ignorais jusqu’alors l’existence d’une telle technique, capable de rendre impuissant un ennemi d’un simple regard. Me demandant alors la raison qui l’avait poussé à utiliser une technique pareille dans une telle situation, je n’eus réellement le temps d’y répondre. Il profita de l’instant de désorientation provoqué par le changement émotionnel qui se produisait dans ma tête pour chercher une ouverture dans ma défense.

S'attendait-il à me mettre ainsi en erreur ou simplement à tester mes capacités de réaction ? Je l’ignorais, toujours était-il que j’étais une fière adepte de la voie des Samouraïs et qu’il allait avoir besoin d’un peu plus pour me surprendre suffisamment pour m’empêcher de me défendre. Sa vitesse et sa proximité restèrent des difficultés majeures dans ma parade, seule ma capacité à défendre avec mes deux sabres me permit de stopper sa lame de sa trajectoire. D’un mouvement de cisaille, je balayai l’ensemble de l’espace entre nous. Cela me permit de bloquer sa lame entre les miennes, ne lui permettant que de la retirer ou de réaliser un exploit de force s’il souhaitait insister.

L’instant d’après, je pivotai totalement sur ma jambe gauche, levai mon arme du même côté avec la sienne pour déstabiliser sa garde avant de frapper avec mon bokken en direction de ses côtes. Il s’agissait à nouveau d’un mouvement manquant de rigueur et qui m’aurait valu réprimande de la part de mes instructeurs, mais mon oncle m’avait appris qu’user d’originalité était souvent la seule façon de se défaire d’un adversaire avec un niveau supérieur.


_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t3775-nagamasa-hisa http://www.ascentofshinobi.com/t4475-carnet-de-nagamasa-hisa

Ven 28 Sep 2018 - 14:16
Hisa retrouvait ses esprits, à son regard il me sembla qu'elle avait parfaitement compris la supercherie. Non sans surprise, elle retrouvait son entrain et s'affairait, je crois, à reprendre une forme d'ascendant sur moi. Dépassant l'intérêt de l'esquive qu'elle commençait à bien mieux maîtriser, nous venions à un entrainement qui se penchait sur le combat pur et simple. Cela n'impliquait pas, de mon côté tout du moins, de la blesser ou de l'humilier, mon but étant, encore et toujours, de lui apprendre ce que je savais et qui pourrait lui être utile.

J'appréciais cet instant, et mon regard s'en faisait moins glacial. Me sentir utile à quelqu'un, réellement utile, n'était pas désagréable, et sans aller jusqu'à apparaître comme un enfant en train de jouer, le sourire se dessinait subtilement au coin de mes lèvres, sans heureusement me faire perdre ne serait-ce qu'une once de concentration. L'échange de coups se faisait donc plus intense et maintenant libéré de mon genjutsu, il s'agissait de se préparer à une contre-attaque que je m'attendais à trouver aussi surprenante qu'efficace.

C'est effectivement ce qui se produisit, puisqu'elle se chargeait de bloquer ma lame entre les siennes à fin de m’immobiliser. Une stratégie pour le moins évidente, car tant que j'avais la liberté de mouvement, elle serait condamnée à esquiver et parer et cela elle l'avait certainement compris. J'entrouvrais les yeux, à la fois étonné et ravis de devoir agir sur le vif. Les samouraïs attachés à leurs armes plus que de raison, ne pouvaient, pour leur majorité, songer à ce dont je serais capable alors. Car la laissant pivoter sur elle-même, je lâchais simplement ma rapière, pour l'esquiver d'un seul et puissant bon vers l'arrière, que j'accompagnais d'un lancer de shuriken accompagné d'une stratégie qui rendait extrêmement difficile l'esquive de ces projectiles. J'utilisais en effet un effet de ricochet sur mes jets pour devancer les trajectoires possibles d'une esquive, au moindre mouvement suspect. Occupée qu'elle était à frapper le vide, il s'agissait de savoir comment elle pourrait s'en sortir avec cela désormais et quelle leçon elle tirerait du fait que j'avais lâché mon arme plutôt que de m'acharner au corps-à-corps.



Résumé:
 

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t3517-sainan-gi-tenshi-termine

Ven 28 Sep 2018 - 17:47
Mon arme trancha le vent qui nous séparait, il avait réussi à esquiver mon attaque en laissant tomber son arme. Je devais bien avouer que son esquive m’étonnait moins que sa décision de lâcher sa rapière. J’étais loin d’être habituée à ce genre de pratique à force d’entraînement avec des membres de mon clan. Chez les Samouraïs, le sabre était l’extension de soi-même, il représentait l’esprit combattif de son possesseur. Perdre son sabre était une erreur impardonnable pour moi, mais ce n’était pas un confrère samouraï qui me faisait face. C’était naturel pour moi de penser que notre affrontement allait se limiter à un duel au corps à corps, mais face à un shinobi accompli, ce n’était pas aussi facile. Ce n’était cependant pas quelque chose que je regrettais, je ne pouvais qu’être ravie de le voir mettre un peu de sérieux dans ses actions. Un adversaire qui se limitait pour s’adapter à mon niveau ne me dérangeait pas, mais c’était intéressant uniquement lorsque j’arrivais à repousser ces limites.

La salve de projectiles qui accompagna son bond en arrière me surprit d’autant plus. Mettant rapidement mes deux sabres en position de garde, j’essayai de contrer chacun des shurikens qui me menaçaient. Leur trajectoire initiale avait été modifiée par un autre projectile qui vint les faire s’entrechoquer les uns les autres, rendant tout prévision plus complexe. Les premiers arrivés furent assez simples à contrer, mais une telle défense rendait une réussite totale trop ardue à accomplir. Je fus atteinte à plusieurs reprises, recevant autant de blessures douloureuses, mais peu signifiantes. Recoudre mes vêtements après avoir enlevé les taches de sang qui s’y trouvaient était devenu une activité qui suivait presque systématiquement mes entraînements avec une tierce personne.

Face à la douleur vive qui m’assaillait, je n’étais que plus motivée par l’affrontement, bien loin de toute notion d’abandon. Sans perdre plus de temps, je me précipitai sur lui. S’il ne se sentait pas obligé de m’affronter au corps-à-corps, ce n’était pas mon cas. Je concentrai alors mon chakra dans mon bokken, pas suffisamment pour le tuer, mais assez pour ne pas lui permettre de l’encaisser volontairement. Quand j’arrivai enfin à son niveau, je frappai du bokken d’un coup simple et assuré. La finesse c’était bien sympa, mais la force brute était parfois plus efficace.


_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t3775-nagamasa-hisa http://www.ascentofshinobi.com/t4475-carnet-de-nagamasa-hisa

Sam 29 Sep 2018 - 2:04
Elle ne déméritait pas, même par l'échec, dans ce relatif combat d'entrainement. Elle ne s'était effectivement pas attendue à ce que je laisse derrière moi ma rapière, une marque, une signature de ma famille même. J'étais néanmoins surpris qu'elle soit blessée par la suite, j'étais convaincu qu'elle saurait s'en sortir, et je songeais à glisser l'idée d'un simili du kaiten des Hyûga pour qu'elle ne se retrouve pas démunie à l'avenir dans cette situation.

La question maintenant était "quelle contre-attaque allait-elle opérer ?" contre moi. Cette fois, c'était non sans surprise que je la voyais se lancer au corps-à-corps. Quoi de plus normal pour une samouraï, je pressentais de fait qu'elle avait de bien nombreuses lacunes à distance. Toutefois, elle pouvait retenir un fait, au corps-à-corps, elle m'était déjà supérieure, et c'était tout de même important je pense, suffisamment pour que j'en souris et éprouvais déjà l'envie de l'en féliciter, car contrairement à ce que l'on pourrait croire, ce n'était pas donné à tout le monde loin de là.

Je n'allais pour autant la ménager, en fait, sans vouloir gravement la blesser, je pensais d'ailleurs qu'elle avait déjà suffisamment souffert, j'allais plutôt chercher à en terminer pour cette fois. Le but étant, non pas de la mettre KO, mais de la réduire à un état d'impossibilité de combattre, et pour cela j'avais ma propre méthode. Premièrement, j'activais ma défense maîtresse, à fin de me de recevoir paisiblement son attaque au corps-à-corps. Se trouvant assez loin de moi et ne chargeant pas, elle m'en laissait le temps, et je savais que son boken allié à sa technique, s'enfoncerait ne serait que légèrement dans le bois qui allait le recevoir, ce temps-là me servirait alors à l'emprisonner en faisant jaillir du bois de sous ses pieds, destiné à l'emprisonner en l'enlaçant. Si ceci fait, je pourrais alors à loisir serrer ou desserrer l’étreinte jusqu'à ce qu'elle accepte d'abandonner.

Une stratégie relativement simple, mais les stratégies simples étaient souvent les plus efficace et cela ne fonctionnerait qu'une seule fois si cela devait fonctionner. Les mudras suivaient donc rapidement, avec l'espoir que cela passe, et pendant ce temps, je n'avais qu'un regard concentré et compatissant à lui offrir, il fallait dire, que j'avais moi aussi déjà beaucoup appris d'elle, même si elle pouvait l'ignorer.



Résumé:
 

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t3517-sainan-gi-tenshi-termine

Sam 29 Sep 2018 - 2:46
Lorsque je vis un tronc d’arbre surgir de lui pour venir se mettre en travers du chemin de mon bokken, je réalisai qu’il était capable de maitriser le Mokuton. C’était la première fois que je faisais face à cette affinité et ce n’était pas pour m’arranger, puisque je ne pouvais me fier qu’à mon imagination pour entrevoir ses possibilités. Confiante en la puissance de mon coup, je fus particulièrement surprise de le voir se faire arrêter par sa défense. Au même moment, de nouveaux morceaux de bois sortirent de sous ses pieds dans ma direction. Il ne me fallut pas longtemps pour comprendre que mon bokken était trop enfoncé dans son armure pour me permettre de le retirer à temps. Du bois contre du bois, mon oncle m’avait apprise que la matière ne déterminait pas la puissance, que seule la volonté et la rigueur du guerrier imposait sa vérité. Ignorant laquelle des deux je faisais le plus défaut, je fus contrainte de suivre l’exemple de mon pédagogue de ce jour et d’abandonner ma lame. En concentrant mon chakra comme je venais de m’excercer un peu plus tôt, je réussis à bondir hors de portée de ces branches, laissant mon bokken là où j’avais failli.

Tout en étant en l’air, je sortis de ma sacoche un parchemin explosif que je lâchai vers le sol. Je savais que mon saut n’était pas suffisant pour me permettre de demeurer intacte face à l’explosion qui allait suivre, mais je pouvais bien endurer cela, j’avais connu bien pire. Lorsque celle-ci se produisit, j’étais bien à quelques mètres et fus rapidement secouée par le souffle et la chaleur qui en suivit. Je profitais alors du nuage de fumée pour sortir un autre parchemin que je gardais en dernier recours. Il s’agissait d’un parchemin d’invocation dans lequel j’avais préalablement scellé un véritable katana. Cela m’était particulièrement difficile de m’en servir, puisque j’étais censée garder cela pour les situations réelles. Cependant, je ne supportais pas l’idée d’arrêter de combattre, sachant que mon shoto seul n’allait pas m’être d’une grande aide, surtout contre un adversaire pareil. Je m’en voulais quand même de ne pas avoir imaginé plus tôt la possibilité de cette problématique en préparant également un bokken de rechange, mais c’était trop tard pour s’en plaindre.

Lorsque j’arrivai sur le sol, les vêtements légèrement brulés par l’explosion, je tenais fermement mon katana dans la moindre. Regardant mon adversaire avec un sourire reflétant tout l’intérêt que je portais à notre échange, j’accrochai l’arme à ma ceinture avant de tirer la lame de son fourreau. Ce doux son métallique me sembla alors si famillier, mais également si lointain. C’était la première fois que j’osais porter un katana depuis l’incident, alors que quelques heures auparavant, je n’étais même pas persuadée que j’allais être capable de le refaire un jour. Ce combat, même s’il ne faisait que commencé, avait réveillé quelque chose en moi. Une sensation qui m’effrayait autant qu’elle me motivait.


_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t3775-nagamasa-hisa http://www.ascentofshinobi.com/t4475-carnet-de-nagamasa-hisa

Dim 30 Sep 2018 - 2:43
La prévision était juste, le boken s'enfonçait dans le bois, et je tentais de prendre Hisa dans la prison, mais là, suivait la surprise, puisqu'elle me faisait exactement ce que je lui avais fait moi-même. Se délestant de son arme, elle esquivait en s'envolant et me jetait un kunai explosif. Il ne représentait aucun danger, puisque l'explosion et son souffle, furent couverts par le bois qui jaillissait du sol pour m'en protéger. Mais alors, immobile un instant, je souriais de satisfaction. Elle avait agi d'instinct et sur le vif, et sachant ce qu'était pour une samouraï de devoir laisser son arme derrière, je ne pouvais qu'être extrêmement satisfait. Non seulement elle laissait son arme derrière elle, mais en plus elle venait de m'esquiver à la perfection. C'est donc que, tandis qu'elle se trouva relativement éloigné de moi, je ne pouvais, non même je devais la gratifier d'une félicitation largement méritée.
  • -Tu apprends plus vite que moi.



Oui, car malgré mon air assuré et impassible de toute circonstance et l'apparence démesurément puissante que je me donnais, je n'oubliais pas le fainéant que j'étais et que Kaderik avait désespérément du mal à entraîner, tant ma concentration était dissipée et mon talent très peu exploité. Cette demoiselle venait de prouver un instant, qu'à son jeune âge, elle était déjà bien plus avancée que je ne le serais peut-être jamais. Je souriais donc, heureux, d'avoir pu, déjà à ce stade, lui avoir offert quelque chose de concret. Ô combien de subtilité passant par ce sourire enfantin et angélique, sur lequel s'inscrivait la candeur et l'onirisme, autant sinon plus que la tendresse et l'innocence.

Je devais toutefois ne pas oublier, que le combat n'était pas terminé, qu'elle avait maintenant un katana dans la main, et que mon chakra, pas éternel, commençait sérieusement à s'épuiser. C'est pourquoi je décidais de tenter, une dernière fois, une attaque, à fin de nouvellement la surprendre et alors seulement ensuite, je pensais que nous pourrions en rester là. Ma défense activée, je pouvais en effet charger, sans vraiment avoir grand-chose à craindre. Mais il ne fallait pas oublier aussi que j'étais en quelque sorte sans arme, ma rapière qui se trouvait justement au sol entre elle et moi. Alors, je m'abaissais sur la ligne, et passais la main toute prête du sol. Chargeant d'un pas vif et décisif, je saisissais ma rapière au vol pour pouvoir une nouvelle fois, pointe en avant, la frapper. Bien évidemment, une fois encore je ne cherchais ni à la tuer ni à la blesser, ma rapière s’arrêterait avant de l'atteindre, si du moins, elle devait l'atteindre.


Résumé:
 

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t3517-sainan-gi-tenshi-termine

Lun 1 Oct 2018 - 18:58
Je me surpris à apprécier comme une enfant le compliment que me fis Tenshi. J’avais beau rencontrer en permanence des défis ardus et des adversaires de talent rendant chacun de mes succès relatif, se voir reconnaître une qualité restait un grand plaisir. J’avais encore beaucoup à apprendre et mes progrès restaient limités par mon manque d’expérience, mais je pouvais au moins me rassurer en me disant que peu de monde de mon âge était capable de rivaliser avec moi. Cela n’apportait cependant aucun avantage en mission et me contenter de tels faits pouvait s’avérer létal.

Pensant que Tenshi allait se contenter désormais de combattre à distance, je fus étonnée de le voir me charger à grande vitesse. Je concentrai alors mon chakra dans mon katana pour me préparer à l’assaut qui allait suivre. M’éblouissant à nouveau par sa finesse en récupérant sa rapière tout en courant, il arriva juste après sur ma position.

Si la vitesse de sa course était impressionnante, son attaque était des plus classiques. Alors qu’il frappait de sa lame, j’effectuai un mouvement de parade circulaire avec mon shoto. Enfin, dans la continuité du mouvement, je concentrai une grande quantité de chakra dans chacune de mes armes avant de rabattre mon shoto sur lui et de frapper de mon katana au même endroit dans un mouvement symétrique.

C’était la première fois que j’utilisais ces deux techniques ensembles, aucun adversaire n’avait jusqu’alors réussi à encaisser ma guillotine sans broncher. L’idée que c’était probablement exagéré pour un entraînement me traversa l’esprit, mais j’avais également l’impression que mon attaque précédente n’avait pas effleuré les limites de sa défense. J’avais tout de même pris soin de ne pas choisir une zone vitale comme point d’impact, même si c’était bien suffisant pour tranchant un corps sans défense en deux.

Si mon endurance n’avait pas atteint sa limite malgré une fatigue apparente, je savais ce moment comme décisif sur la suite du combat. C’était littéralement le coup le plus puissant dont j’étais capable. Autant dire que si cela s’avérait inefficace, je n’allais pas être capable de faire grand chose.

Spoiler:
 

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t3775-nagamasa-hisa http://www.ascentofshinobi.com/t4475-carnet-de-nagamasa-hisa

Jeu 4 Oct 2018 - 0:00
Parer net sur son sabre, la pointe de ma rapière était dévié par un mouvement rotatif relativement mais toujours efficace. Le traité des cinq roues en parlait justement, ce n'était rien de plus qu'un mouvement de balayage, mais qui suffisait néanmoins à renverser la vapeur en sa vapeur. Œil contre œil, main contre main, lame contre lame, nous en revenions à notre position initiale finalement et c'est alors qu'elle me fit la preuve qu'elle était maintenant prête à mettre beaucoup de plus de force dans ses assauts.

Désormais et à nouveau au corps-à-corps, Hisa se lançait dans une attaque extrêmement violente dont je ne connais vraisemblablement pas les ressorts, car, et ô combien j'en fus surpris, le bois qui jaillissait du sol pour bloquer une nouvelle fois sa lame fut tranché, certes difficilement, mais tout de même, jusqu'à risquer ainsi de me blesser. Mes yeux grands ouverts, je n'ai pas su retenir un "ho", tant je ne m'y attendais pas, et par réflexe, je plaçais à mon tour ma rapière en garde pour recevoir son attaque qui, fort heureusement, avait été grandement diminué par ma défense. Une fois de plus, une terrible mêlée s'engageait entre elle et moi, mais cette fois, j'y mettais toute ma hargne, après tout si elle se donnait à fond, je devais commencer moi-même à "lever un peu le ton". C'est ainsi que frappant dans le pur style de la famille Sainan qu'elle avait déjà pratiquée une fois maintenant, plutôt que de chercher une nouvelle fois à la blesser d'un coup de rapière, je décidais de la surprendre pendant notre mêlée, en usant de mon autre main pour lui lancer un shuriken vers le visage. À partir de là, je savais déjà de quel ressort il en retournait pour ma part, il lui revenait à elle de se préparer et d'agir le plus adéquatement possible. Elle avait déjà eut à faire avec mes petits tours de passe-passe, mais nous n'en étions qu'au début, quoi que mon chakra commençait sérieusement à faire défaut.



Résumé:
 

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t3517-sainan-gi-tenshi-termine

Lun 22 Oct 2018 - 18:00
Lorsque mes sabres traversèrent la defense de Tenshi, ma surprise fut équivalente à la sienne. Si cela ne fut pas suffisant pour l’attendre, puisque derrière la force de la nature qu’il invoquait se tenait ses propres forces., cela me redonna confiance pour la suite. Sa maîtrise de la parade était exemplaire et je ne pouvais qu’admirer la finesse de ses mouvements malgré le manque de puissance brute de ses coups. Je fus cependant encore plus surprise par le shuriken qu’il trouva le temps d’envoyer.

Face à un projectile de petite taille, mon réflexe était souvent de l’encaisser volontairement. En préférant me blesser, je pouvais en profiter pour surprendre l’adversaire avec un assaut. Ce n’était cependant pas ce que je fis parce que celui-ci se dirigeait vers mon visage et ce n’était pas un risque qu’il était pertinent de prendre dans un entraînement. Au lieu de cela, j’effectuai un mouvement exclusif aux écoles de combats à deux armes. Du tanto de ma main gauche, je vins parer le projectile tandis que ma main droite amena mon katana en direction de la lame de sa rapière.

Répéter les mêmes attaques sur des défenses qui avaient déjà fait leur preuves n’était pas intéressant. Comme son armure semblait agir instinctivement puisqu’il ne semblait pas la diriger, il était possible qu’elle ne fut pas en mesure de le défendre lorsque je ne m’en prenais pas à lui directement. La lame de mon katana étant renforcée par du chakra, il était également probable que celle de sa rapière ne fût pas assez résistante pour la parer.

Si mes réserves de chakra s’amenuisaient dangereusement, je ne pouvais qu’apprécier l’évolution de cet affrontement. Obligée de trouver des solutions au cœur de la mêlée, je me découvrais une imagination insoupçonnée. Cela n’allait probablement pas être suffisant contre un adversaire de ce niveau, mais l’effort que je réalisais me satisfaisait déjà grandement.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t3775-nagamasa-hisa http://www.ascentofshinobi.com/t4475-carnet-de-nagamasa-hisa

La lueur de l'aube

Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant

Ascent of Shinobi :: Territoires de la Terre :: Iwa, village caché de la Roche :: Hauts-plateaux
Sauter vers: