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Les hautes lueurs. Pv Etsuko


Dim 5 Aoû 2018 - 16:00
Le festival battait son plein, la joie à chaque coin de rue et les réjouissances sans fin multipliées, presque éternelles semblaient écraser l’ambiance de paix estivale. Outre les tensions parfois explosives de ces derniers temps, l’atmosphère du village paraissait bien trop belles. Les festivités les plus ludiques, le monde policé que l’on donnait à voir transpirait l’engagement, la défense. Derrière ce silence souriant à n’en plus pouvoir, on décelait la préparation effrayée, peut-être paranoïaque, peut-être fondée, d’une guerre future. La lourdeur du temps et des chaleurs allumait parfois l’étincelle, le soir, et la police avait son lot de travaux et d’ardeur à gérer parmi les civils.

Yasuo observait. Ce tableau, peut-être dépréciatif pour certains, n’était qu’une réalité objective. Rien d’anormal dans un village ninja. Pour le jeune shinobi dont la diplomatie et la paix étaient maître mot (malgré son espièglerie certaine parfois), ce tableau n’amenait rien de bon. Certes, il était normal – et nécessaire – de préparer tout un chacun à un assaut direct à chaque instant, surtout en période de festival où n’importe quel attentat pouvait se solder par des conséquences absolument catastrophiques ; toutefois Yasuo désapprouvait toujours la politique guerrière. Enfin, c’était plus complexe que cela.

L’ambiance du festival lui pesait quelque peu et le jeune garçon, déambulant de rues capillaires en venelles étroites dans le but d’éviter les clameurs des foules – il supportait de toute façon, assez difficilement les foules – avait atteint les portes Ouest du village. Il sortit. Les crocs, à contre-jour au devant des lueurs déclinantes d’un soleil rougeâtre étaient semblables à des meurtrissures dans le coucher de soleil lui-même. Ses rayons éclairant les longues langues basaltiques coulées sur les remparts, en souvenir des batailles tenues à l’Est, leur donnaient comme une forme de vie. Les faces habituellement blafardes luisaient, un dernier brandon mauvais dans leur regards éteints. Yasuo frissonna. La guerre avait marqué ce village. Et cautériser les plaies ne permettait pas de les oublier.

Malgré l’ambiance noirâtre, la paix du lieu était parfaite. Sans compter les guetteurs aux portes, il n’y avait pas un chat ; du moins, pas encore. L’air était bon parmi ces hauteurs, où, soleil descendant, les chaleurs s’adoucissaient. Il s’assit par terre, à côté d’un jeune pin pas bien grand encore, et d’un bouquet de gentiane. Il observait encore. Le soleil mourrait recouvrant la lande d’une lumière écarlate. Il libéra doucement son esprit de toutes les tensions qui l’occupaient. Se libéra des frayeurs peut-être qu’éveillaient en lui les dispositions du village et cette solitude individuelle dans la foule massive du monde. Il regardait le soleil en face, ne souffrait pas de son éblouissement, méditait et doucement offrait son corps à la lumière évanescente.

Au sortir de ce village, c’était un beau moment de paix.

Beau et fragile.

En attente d’une interruption.


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Mar 7 Aoû 2018 - 22:38
Etsuko s'éloignait rapidement du village. Elle n'avait pas envie d'aller dans le festival, de baigner dans cette ambiance joyeuse, de faire la fête en somme. Elle se sentait repoussée du lieu, des festivités générales qui embrasaient le village sous ce soleil vif. Elle avançait vers les extérieurs du village, là où elle serait loin de l'Iwashukusai. Elle n'aurait pas à supporter cette insouciance qui désormais lui pesait. Elle avait blessé des civils par erreur sous un coup de folie, elle s'en voulait plus que tout, incapable de retrouver un état mental stable où elle n'aurait pas envie de vomir tant elle se dégoutait.

Elle voulait désormais seulement la paix, la tranquillité. Laisser cette histoire s'apaiser d'elle-même, elle avait fait ce qu'elle pouvait pour améliorer la situation, au moins celle des habitants blessés et de ceux qui avaient été mis en danger par Geko-san. Elle n'avait maintenant plus besoin que de paix pour essayer de digérer toutes les informations, de se recentrer un peu et de réfléchir à comment parvenir à aller de l'avant. Ce qu'elle avait entreprit en rejoignant la police était un premier pas, mais elle se sentait toujours écrasée par une dette monstrueuse envers ceux qu'elle avait brûlé et lacéré. Elle n'avait même pas pu les soigner convenablement, laissant à Lee-sensei le devoir de faire le plus gros. Elle était sensée être bientôt prête pour devenir Iryounin, mais l'impuissance qu'elle avait ressentit en voyant leur état puis en essayant de les traiter lui faisait perdre espoir. Elle était trop faible pour aider les gens mais trop puissantes pour ne pas leur faire de mal lorsqu'elle commetait une faute.

Elle continuait de chercher des solutions, aller voir Yaoguaï-sama et se jeter corps et âme au service du Yamagenzo ayant été ses premières étapes. Maintenant, elle vagabondait le regard vide, l'âme en peine près des crocs rocheux, ces barrières où elle avait misérablement essayé d'arrêter des assaillants il y a bientôt un an. Elle avait apprit beaucoup, développé sa puissance qu'elle popssédait déjà, mais maintenant quoi ? Est-ce qu'elle était vraiment meilleure ? Est-ce qu'elle avait atteint ses objectifs. La réponse était évidente, non. Elle n'avait fait que se cacher la vérité, elle ne savait pas quoi faire de cette puissance et maintenant elle s'en voulait pour ses erreurs qu'elle n'avait su éviter, contrôler. Elle faisait une piètre kunoichi. C'est sur ses pensées qu'elle remarqua un jeune garçon méditant sur le côté, profitant des dernières lueurs de l'après-midi. Elle ne savait pas vraiment s'il était concentré ou s'il s'était endormi, ne voulant pas l'interrompre, elle se posa un peu plus loin, s'adossant à un arbre. Elle soupira un peu puis laissa ses pensées vagabonder.

Sans qu'elle ne s'en rende compte, elle se mit doucement à pleurer, partagée entre l'épuisement suite au travail pour le festival et tous les derniers évènements, les blessures traumatisantes suite à son aventure face à Geko-san et la haine qu'elle éprouvait envers elle-même. Elle était juste perdue, ne savait plus quoi faire. Elle était perdue. Juste perdue.
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Lun 13 Aoû 2018 - 22:09
Face à la lumière, dans la lumière, galopant de photons en photons, de particules en particules, sautant, glissant, crapahutant d’un rayon à l’autre, l’esprit de Yasuo se libérait du monde, il s’unissait à lui. La méditation à laquelle le jeune garçon se livrait l’emportait au gré des spectres et des couleurs, aux plantes, arbres, cieux. Au fur et à mesure qu’il se donnait ainsi au monde, le monde lui donnait davantage. Il voyait les rochers, il voyait les vents et les hauteurs, il voyait les montagnes, les vallées et les cours d’eau en contrebas. L’énergie lumineuse le guidait, s’étendait sans fin et sans limite. Il voyait les murs, les tours, les guetteurs, leur corps et leurs cicatrices. Il voyait les oiseaux de passage, les nids de toujours et les bijoux volés, miroirs aux alouettes et autre tapes à l’oeil. Il pouvait se voir lui, ses quelques mèches luisantes dans l’éclat du soleil d’été.

Une jeune fille pénétrait – avait pénétré ? – dans son aire de jeu, son espace de perception, loin de son espace vital encore, mais elle cheminait sans sembler vouloir s’approcher. Comme elle s’installait près d’un arbre, Yasuo la détailla. C’était une brune mais d’un beau brun ; sombre, miroitant de reflets bleutés. Ses yeux, déjà brillants, voyaient leur éclat verdoyant souligné par la pâleur de sa peau. C’était une jolie jeune fille. Sa démarche et son regard absent, dilué dans le vide étaient cependant assez évocateur de l’état de perdition et de détresse dans lequel elle se trouvait.

La sensibilité alors exacerbée de Yasuo perçut cette détresse. Il la perçut comme une énorme bourrasque. Une ombre intense au milieu des fêtes et des rayons, un ensemble vide dans la richesse éclatante et colorés de cette fin d’après midi. Elle s’assit contre l'arbre, tout simple, presque esseulé puis, dans une douceur toute intime, elle se mit à pleurer.

Yasuo écouta silencieusement ces larmes. Il fallait d’abord laisser s’écouler les malheurs, céder son corps à la brisure, aux respirations lentement saccadées rythmée par l’impulsion du mal-être. Il était nécessaire qu’une pluie fine lave le coeur meurtri pour y retrouver joie et luxuriance. Il attendit, sa lumière tendue vers la jeune esseulée. Quand le ruissellement prit fin – aussi secrètement qu’il avait commencé – Yasuo rouvrit les yeux, se leva, et tout enfant qu’il put paraître, s’approcha à pas compté de la triste inconnue.

Il hésitait. Il avait un mouchoir dans sa poche, mais s’adresser à une inconnue avec un mouchoir pouvait sembler intrusif ou bien être apprécié comme un service. Il savait qu’on lui reconnaissait une capacité à apaiser les gens mais dans ce cas précis que faire ? Devait-il sourire ? Devait-il parler ? Il resta à une distance respectable, s’accroupit puis tendit le mouchoir avec l’expression simple d’un garçon-enfant rendant service, parant son visage d’un mince sourire d’empathie.

« Tenez, prenez, c’est un moment bien trop paisible pour laisser place au malheur. »

Le jeune garçon n’avait rien d’autre en stock. La beauté du soleil prêt à mourir valait effectivement tout l’or du monde mais peut-être n’avait-il aucun prix à l’égard des maux qui traversaient l’inconnue. Profitant de la proximité, Yasuo étendit lentement son chakra lumineux autour de lui afin qu’il rentre en contact avec elle. La nature lumineuse du chakra évoquait une caresse très douce, il suggérait au loin un apaisement, suscitait un sentiment imperceptible de paix. C’était pour le moment tout ce qu’il pouvait lui offrir.

« Si je peux me permettre – commença le garçon aux prunelles orangées – Je ne sais pas trop ce que je peux vous demander. Si vous voulez que je parte, dites-le, je ne veux pas vous importuner. Je voudrais seulement m’assurer que vous allez, si je peux dire cela, « bien ». Vous n’êtes pas blessée ? Pas de problème durant le festival ? »


Le visage du garçon portait sur lui une forme de bienveillance naïve. Une bienveillance naïve de jeunesse, presque immature. Une bienveillance trop douce pour le monde shinobi, pour ses guerres comme pour sa violence. Une naïveté brillante comme une erreur dans cet univers. Mais bien que la naïveté fît toujours, on le savait, le lot des perdants, il n’y avait pourtant que la bienveillance pour guider les âmes perdues.


Dernière édition par Akiji Yasuo le Lun 24 Sep 2018 - 15:19, édité 1 fois
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Ven 17 Aoû 2018 - 16:43
Éloignée du festival, là où elle pouvait se détendre, Etsuko relâcha ses nerfs auprès d'un arbre, les larmes coulant d'elles-même. Doucement, progressivement, la jeune femme purgeait toute sa tristesse, tout son mal-être, le laissant s'écouler sur les joues avec les perles salées qui roulaient sur sa peau tendre et douce qui était sillonnée ces derniers temps par ces tracés qui semblaient actuellement habituels. Elle se rendit finalement compte de la présence du jeune homme à ses côtés, essuyant alors ses larmes de revers de mains.

« Oh je... Excuse-moi... Je me suis laissée aller... Je ne voulais pas te déranger, excuse-moi... »

Gênée, elle s'essuya les yeux de son mieux, acceptant le mouchoir en remerciant le garçon, repassant une fois de plus pour enlever ses dernières larmes, son visage toujours marqué par celles-ci. Ses yeux brillaient encore un peu, larmoyants, mais elle les retenait désormais, le regard triste.

« Non, non, ne t'inquiètes pas... Tu ne m'embêtes pas, c'est moi qui ait du te perturber, désolée... Je cherchais un peu de... solitude... L'effervescence du festival... Je ne la mérite pas actuellement... Ça m'en donne mal au ventre... Mais ne t'en fais pas, ce n'est rien, ça va passer... Une... Mauvaise aventure... Avec un dangereux fou qui s'est ensuite fait arrêté... Je ne pensais pas qu'on pouvait être comme ça... Je n'avais jamais vu un fou pareil... Encore désolée de t'avoir dérangé. »

Finissant d'essuyer ses larmes, Elle remettait sa tenue un peu en état avant de se redresser.

« Tu es loin du festival, toi aussi... Tu n'aimes pas les festivités ? »

Etsuko s'était un peu forcée, cherchant à changer de sujet pour ne pas se remémorer sa mauvaise aventure avec Geko-san ni même son erreur qui lui faisait encore faire des cauchemars bien que ces derniers lui laissaient désormais un peu fermer l'oeil.
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Sam 15 Sep 2018 - 15:11
La jeune fille était gênée. Aider l'autre occasionnait toujours cette réaction. Les hommes pensent que les uns les prennent en pitié et les regardent de haut. Il n’est toujours question que d’une forme d’honneur ou de dignité, or, cette main tendue toute compassionnelle n’avait rien à voir avec de la pitié. Yasuo souhaitait que les hommes – et les femmes – cessent de se juger tels qu’ils avaient pris l’habitude de le faire. Il n’est pas honteux de pleurer, il n’est pas gênant qu’un autre vous aide. Sachez toujours que vous n’êtes pas seul dans ce monde.

Elle se livra entièrement. A la fois surpris par la confidence et par le fait-même – un dangereux fou ? – l’adolescent haussa un sourcil, circonspect. Quand un ninja pleurait à Iwa, ça n’était vraiment pas pour rien. Elle reprit petit à petit conscience d’elle-même, de sa tenue, de son état. A travers le regard du jeune garçon face à elle, elle se voyait si lamentable. Évidemment, Yasuo n’avait pas cherché cela.

« Tu ne mérites pas l’effervescence du festival.. ? »

L’Iwajin avait noté cette formulation et s’en était étonné. Comment pouvait-on ne pas mériter la joie ou les festivités ? Il fallait être sacrément exigent envers soi-même pour poser un tel jugement. Ou peut-être cultiver un mal-être depuis longtemps.. ?

« Je suis sincèrement désolé que tu aies dû traverser une épreuve pareille. Enfin, ce ne sont pas des propos pertinents, mais je te souhaite de t’en remettre au plus vite et que cet homme ne te hantera plus… »

Yasuo n’était pas un habitué des traumatismes. Déjà que consoler quelqu’un n’était pas de ses qualités premières, si en plus il s’agissait de quelque chose de grave, cela le débordait. Trop de recul sur les choses. Il avait en tout cas volontairement évacué d’un signe de tête et d’un faible sourire l’idée selon laquelle elle avait pu le déranger. Ils venaient du même monde, du même village, le bien des siens faisait partie des nécessités premières de Yasuo. Leur mal, lui, était une partie de leur existence. Il fallait l’accepter et tendre la main.

« Oui, la logique du festival a tendance à m’écœurer. Tout ne tourne que dans un sens militaire. Les tournois sont l’objet seulement d’une présentation active des défenses auprès des citoyens. La joie de notre village cache une tension qui me désole. Je ne dis pas que nous ne devons pas être prêt à toute éventualité, nous sommes des shinobis, nous avons signé pour cela. Mais le constat d’un tel engagement dans la guerre… Cela me dérange parfois. J’aime les miens et mon village, doit-on à ce point se préparer à nos propres sacrifices ? Un doute s’immisce parfois en moi à ce sujet. »

La question de la paix ou de la guerre était un problème qui tenaillait toujours le jeune homme. Il n’aimait pas tuer – comme beaucoup d’autres, rien d’étonnant. Une faiblesse de jeunesse certainement, peut-être était-il trop vert ? Son art était diplomatique, son art était de faire croire ou de pousser les gens dans le meilleur d’eux-mêmes. Son art était dans la douceur – la fourberie ? – mais certainement pas dans la violence. Et cette joie, cette ébullition dans le village évoquait une violence bien trop grande et silencieuse à son goût.


Dernière édition par Akiji Yasuo le Lun 24 Sep 2018 - 15:19, édité 1 fois
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Lun 17 Sep 2018 - 15:20
La jeune femme expliquait vaguement son malêtre du moment au garçon avant de se rendre compte de son âge. Il était jeune, elle ne pouvait pas vraiment se laisser aller et luifaire croire qu'Iwa n'était qu'un ramassis de pleurnichards. Elle devait se relever et avancer. Mais pour l'instant... C'était dur. Douloureux. Complexe. Elle essuyait tant bien que mal, évitant de s'expliquer sur la première phrase qu'il releva. Elle ne voulait plus en parler. Elle voulait parvenir à avancer de nouveau.

« Ce n'est rien... Ce n'est pas ta faute... J'ai juste du mal à passer à autre chose... C'était si... violent... »

Essuyant d'un revers de main les dernières larmes qui avaient coulé de ses yeux et qui avaient finalement accepter de se tarir, la jeune chûnin releva la tête face au garçon, le détaillant un peu. Lui non plus n'avait pas souhaité aller au festival apparemment. Elle l'écouta alors exposer son point de vue sur la militarisation du village. Visiblement, cela le dérangeait, ou du moins dans les proportions que cela prenait. En effet, tout était utilisé, instrumentalisé pour montrer qu'Iwa était un endroit sûr et un village puissant... Mais n'était-ce pas là une certaine garantie dans un sens ?

« Je vois ce que tu veux dire... Mais nous sommes dans un village caché et les menaces sont partout... Nous sommes obligés d'être toujours sur nos gardes. Les quelques fois où nous nous sommes relâchés ont conduit à des désastres comme la mort du Shodaime Tsuchikage... Et qui a fait découler des attaques et des affrontements qui ont conduit au sang à plusieurs reprises. Une erreur peut tuer de nombreuses personnes et nous voulons tout de même protéger nos citoyens. Pour ce qui est des sacrifices... »

Elle remit une mèche de ses cheveux en place, reniflant un peu avant de passer à nouveau sa main sur ses yeux.

« Il arrive de devoir en faire, mais si nous sommes préparés, alors nous pouvons éviter un maximum de morts. Certaines sont inévitables, mais c'est la plupart du temps suite à nos erreurs que le sang coule. Je pense que même si ce n'est pas toujours agréable cette ambiance, elle est nécessaire pour éviter les drames que l'on peut connaître. Il faut que le passé soit une leçon pour l'avenir, que nous puissions avancer, penser à nos erreurs et les réparer lorsque c'est possible, sinon éviter de retomber dans les mêmes pièges. Du moins c'est ce que je pense. Tu devrais tout de même aller profiter du festival tu sais. Même si l'ambiance est un peu plus tendue que sur des festivals d'autres villes, cela reste un moment de joie pour tous. Tu devrais aller le partager. Moi... Je dois encore méditer et trouver une rédemption pour mon erreur... »
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Dim 7 Oct 2018 - 2:31
La jeune fille avait raison. Elle défendait une position qui avait de quoi convaincre. Un village caché était à la fois un ensemble militaire et politique qui ne pouvait souffrir du moindre aveu de faiblesse. Elle avait raison aussi sur les sacrifices. Ils ne pouvaient être qu’issues de nos erreurs. L’adolescent l’imaginait. Il n’y avait jamais été confronté et ne pouvait qu’imaginer ce genre de chose, mais c’était une des raisons pour lesquelles il travaillait, étudiait, s’entraîner à observer et analyser du mieux qu’il pouvait les situations. N’importe quelle erreur pouvait donner lieu à une perte, à un coût. Voilà pourquoi sa mission, la règle qu’il s’était donnée, était de savoir le plus possible, pour se libérer de la possibilité de faire des erreurs.

L’adolescent se redressa pour faire face à la kunoïchi face à lui, il la regardait du fond de ses grandes prunelles d’ambre. Elle avait raison mais quelque chose ne lui irait jamais dans une situation pareille. Il savait qu’elle n’était pas de l’ordre de ceux qui cherchent la violence et la guerre. Il y avait trop de sensibilité en elle, trop de faiblesse dans les aveux cristallins qui avaient roulés sur ses joues. Peut-être était-ce seulement un moment dur pour elle et les portes s’étaient ouvertes sans pour autant que cela fût une habitude. Yasuo pouvait même penser qu’il s’agissait en réalité d’une femme forte et volontaire. Il ne doutait pas de son dévouement et de sa force. Elle n’était cependant pas de ceux qui aiment la violence.

« Tu dois avoir raison. Je me sens peut-être trop éloigné de ces catastrophes que nous avons traversées. Je dois manquer d’expérience. Mais je ne peux m’empêcher de croire que la solution est ailleurs, même si le choix ne nous est pas proposé… »

Il eut un rire étrange, mélange d’une forme de cynisme et de désinvolture, le sujet n’était pas propre à sortir de l’ambiance morose de leur première rencontre. Mais si le rire lui permettait de désamorcer un peu le mélancolique ou négatif de l’ensemble, il n’était pas contre.

« Peut-être que je devrais. Je travaille un peu trop de manière générale et ne connais pas grand monde en ville. C’est triste à dire mais en vérité ces réjouissances ne m’intéressent pas, ou plus. Une fois les premières joies de voir de la nourriture issue des autres pays passée tu sais, il n’y a plus grand-chose de passionnant, surtout quand on est seul. Je suis mieux ici. Le coucher de soleil m’offre des alternatives. Je peux penser, jouer avec la lumière, m’entraîner parfois… Au fait, j’y pense, mais je ne me suis pas présenté : je m’appelle Yasuo, de la famille Akiji, d’anciens marchands itinérants qui se sont installés ici depuis quelques années. Il ponctua sa présentation d’une petite flexion de son torse en guise de salut. Et toi, qui es-tu ? »

Il posa la question en se parant de son habituel sourire d’enfant. Il adorait se présenter et faire la rencontre de nouvelles personnes. Elles étaient toujours une découverte supplémentaire dans son quotidien suffisamment notable pour être source de joie. C’était un garçon timide en général et les maigres possibilités de rencontrer des gens devenaient un grand plaisir. Il n’avait aucune envie de retourner au village, le soleil n’était pas couché et sa méditation à lui avait été plus ou moins interrompue.

« Tu veux chercher rédemption ? Je peux peut-être t’aider pour cela ? Ou te proposer de te changer les idées peut-être ? »

Si son affabilité et sa capacité à s'entretenir avec les gens était une forme de seconde nature, l'adolescent n'osait jamais les fréquenter de lui-même. Il devait faire ses preuves et se faire accepter. De fait sa solitude lui pesait. Et il n’avait aucune envie de retrouver maintenant cette solitude à laquelle il avait été plus ou moins forcé de s’habituer.
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Mar 23 Oct 2018 - 13:25
La jeune femme écouta le garçon en hochant un peu la tête, tristement de le voir faire un constat pareil. Une solution ailleurs... Mais où la trouver ? Elle-même avait longtemps cherché, sans succès.

« Je vois ce que tu veux dire... Mais je n'en suis pas moins incapable de t'aider sur ce point. J'ai cherché et c'est la seule solution à laquelle je suis parvenu, celle que je viens de te donner. Celle qui a le bénéfice d'éviter un maximum de morts, de sauver le plus de vies possibles. C'est là mon but et c'est ce que je continuerais avec d'autant plus de rigueur désormais... »

Elle s'arrêta, avalant sa salive, essuyant encore une fois ses yeux pour essayer d'empêcher de nouvelles larmes de couler à la mention renouvelée de sa faute pour laquelle elle s'en veut toujours horriblement.

« Je vois... J'ai entendu parler de ta famille. Je suis Naari Etsuko, la fille de Naari Selena et Naari Meito. Nous tenons la fleuristerie du centre, Kisetsu no Hana, depuis que mes parents l'ont créé il y a vingt ans environ...Je suis aussi policière depuis peu, mais... Je ne sais pas si je vais le rester... Je ne suis pas sûre d'être assez forte... »

Elle se perdit un peu dans ses pensées, frissonnant de peur en revoyant Geko-san dans son esprit. Le réveil, la cave, les photos, l'autel... Des souvenirs qui la hanteraient longtemps...

« J'ai fait des erreurs qui m'insupportent... De graves erreurs... Et... Autre chose dont je n'ai pas envie de parler... Si tu as une idée pour se changer un peu les idées, je veux bien... Mais j'ai plus envie d'essayer de passer à autre chose, de moins y penser que d'en parler... J'ai besoin d'autre chose à vrai dire... Sinon ça va juste empirer... »

Elle garda ensuite le silence, baissant un peu les yeux, se sentant mal à l'annonce de ces souvenirs qui la blessaient tout particulièrement.
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