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Convocation sur les hauteurs Pv Tenshi


Lun 6 Aoû 2018 - 2:39
« Appartement 136 N, Akiji Yasuo, voilà pour vous. C’est une convocation. Bonne journée. »

Le porteur du courrier s’évanouit dans la minute qui suivit. Yasuo apprit ainsi qu’il avait été assigné à une équipe. Elle était composée d’un autre genin, d’un chunnin Hyuga et était sous la tutelle du… Nouveau Tsuchikage. Si la surprise était palpable dans le premier regard de l’adolescent, celle-ci finit par laisser éclater à sa place un réel émerveillement. Bien qu’il n’ait jamais trop connu le précédent kage et qu’il n’eût qu’une moindre conscience de qui était son futur sensei, il y avait une forme d’honneur absolument notable à avoir été désigné comme membre de l’équipe d’apprentis de celui-ci. Il y aurait une exigence absolue, Yasuo le savait, mais il en était heureux. Il savait se plier aux exigences et se briser au travail. Il avait dû, même si ça n’était qu’une expérience bien faible, donner beaucoup plus que chacun dans son clan et plus tard, dans l’équivalent de l’Académie. Son corps et la nature l’y avait obligé. Il s’y était donc fait et l’avait accepté. Cet enseignement serait un défi.

A la suite de la présentation de l’équipe, suivait une convocation entre les membres de l’équipe. S’il était mentionné que la présence du chunnin ainsi que du sensei lui-même était soumise à certaines conditions, on proposait à Yasuo de retrouver et rencontrer son camarade «Sainan Gi. Tenshi » sur les Hauts-Plateaux, au niveau du terrain d’entraînement. Peut-être les deux autres membres de l’équipe se montreraient par la suite. L’adolescent bouillonnait d’excitation à l’idée de rencontrer de nouveaux shinobis. Il s’agissait pour lui d’une réussite : des camarades de qui il pourrait apprendre toujours plus de choses, certainement plus tard des amis sur lesquels s’appuyer. Bref, un joyeux ensemble pour le bienheureux futur équipier.

Sur le chemin des Hauts-Plateaux, la joie laissa place au doute. Et s’il n’était pas suffisamment bon pour convenir aux exigences ? Et si les membres de l’équipe étaient de terrible chauvins, fermés et dont le seul objectif dans la vie était l’exclusion de tout ce qui ne venait pas d’Iwa ? Et s’ils étaient méprisants ou trop hautains, bourrés d’un égo surdimensionné et de peu de patience ? Et s'ils étaient de simples machos, dont les seules considérations allaient aux femmes, aux jeux et à l'alcool ?

Bon évidemment, ces hypothèses ne concernaient pas le kage. Ceux-ci avait, dans l’imaginaire collectif, la réputation d’être des personnalités d’une grande sagesse et d’une fine pédagogie. Toutefois ils représentaient surtout seulement la puissance exécutive du village cachée et cette prétendue sagesse et pédagogie n’était absolument pas nécessaire pour être admis au poste d’Ombre du village. Le doute était présent et les craintes entachaient la précédente joie du jeune garçon.

Arrivé en haut du plateau, celui-ci reconnut quelques genins Borukan en plein entraînement, sur la droite ; les teintes rougeoyantes de leur cheveux ne laissait aucun doute à ce sujet . Gardant une certaine distance de ceux-ci – on ne sait jamais ce qui peut arriver avec ces gars un peu rustres – le jeune garçon balaya le terrain de ses yeux jaunes sans voir qui que ce soit qui lui évoqua le moindre partenaire. A gauche, d'autres étudiants, au milieu, une petite marre de lave en état de solidification et pourtant toute récente.

Évidemment la lettre de convocation ne faisait mention d’aucune caractéristique physique et il n’avait pas la moindre idée de ce à quoi pouvait ressembler n’importe lequel des membres de son équipe. Le terrain bien-sûr était loin d’être vide et le peu de bancs (naturels ou non) sur lesquels on pouvait prendre place pour faire une pause, observer un camarade ou attendre un futur partenaire d’équipe avaient tous, il fallait s’en douter, un occupant.

Errant, gêné parmi les différents groupes, il en questionna un certain nombre. Essuyant une multitude d’échecs pour la plupart étonnés, il émit l’hypothèse que, potentiellement son futur partenaire n’était, peut-être, vraiment peut-être, pas encore arrivé. Lui apparut alors, sous un soleil timide, près d’un bosquet miraculeusement épargné par la lave en fusion et les explosion chokôku la vision d’un jeune garçon. Enfin, c’était plutôt un grand dadais. En tout cas, très fin, très délicat, et surtout, surtout, il attendait. S’approchant d’un pas mal assuré, malgré cette épiphanie claire, un signe du destin, absolument, il se gratta la tête, une énorme gêne teignant son visage derrière son adorable sourire, avant de s’annoncer comme un enfant.

« - Hm… Salut ! Moi c’est Yasuo… Euh est-ce que, par hasard, tu serais un de mes futurs partenaires dans l’équipe Tensai ? »

La maladresse était certaine, la honte presque palpable, la détermination un peu usée. Etait-ce enfin le bon ?


Dernière édition par Akiji Yasuo le Mar 7 Aoû 2018 - 1:15, édité 1 fois
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Lun 6 Aoû 2018 - 9:03
Toutes les convocations du village exigeaient que l'on s'y présente en tant que shinobi, avec la dignité qui incombe à notre condition. J'étais donc convoqué sur le haut plateau pour rencontrer un équipier selon le message qu'un courrier m'avait transmis. Je savais que ce jour arriverait, mais je ne savais pas quand. Passer élève du Sandaïme Tsuchikage était déjà un honneur en soi difficile à assumer, mais s'il savait que son propre fils et moi-même ne pouvions nous supporter au point de nous être battus à chacune de nos rencontres, comment réagirait-il ? Je devais vraisemblablement rencontrer un autre de ses élèves sur ce haut plateau, mais rien ne me disait que ce n'était pas un piège de Takumi pour m'attirer dans un endroit où il pourrait m'assassiner sans que personne ne le sache.

C'est pour cette raison que j'étais parti très en avance, et habillé de mon armure. Je me tenais déjà prêt à devoir faire face à un nouveau combat à mort. De nature méfiante et calculatrice, j'étais d'autant plus sur mes gardes maintenant que l'un des capitaines de la police, le fils du Sandaime lui-même, avait décidé de me tuer sans hésitation. Je l'avais cherché diraient certains, mais ce n'était pas mon opinion. Cela n'empêchait pas que j'avais moi aussi l'envie de le tuer maintenant. Fort heureusement nous n'en étions pas encore là. À ma mort, et nous évitions lui comme moi je pense de nous croiser. Quoi que sa fiancée devait beaucoup lui parler de moi.

Le lieu du rendez-vous était paisible et agréable au regard, c'était déjà ça, et j'y prenais place en m’asseyant sur un petit rocher. Là, contemplant l'horizon marqué par les entraînements successifs de shinobi, je me demandais si nous allions enfin voir l'équipe Tensaï se réunir au complet, les trois élèves et le maître. Cela aurait le mérite d'être intéressant, et au moins cette fois, en présence de Yoshitsune, Takumi et moi serions obligés de nous tenir tranquille. Étrangement je n'avais pas peur de ce qui pouvait arriver. Je me sentais divinement serein, apaisé, comme si ne pouvait m'atteindre. À nouveau cet excès de confiance ? Non, car j'étais bien sur mes gardes. Je ne souffrais d'aucun doute sur moi, mais je n'étais pas stupide au point de croire que ma chance seule suffirait à toujours me garder en vie et me faire réussir mes projets.


Ce n'était ni Takumi, ni mon maître qui se montrait après un moment d'attente, mais un jeune homme de mon âge, pas bien grand et blonds comme les blés avec au regard une innocence chargée de naïveté. Ainsi donc, celui que je ne connaissais pas était le premier à se présenter. Pas de piège, juste une rencontre. Les cheveux battant au vent jusque-là, je redressais un regard sur lui, sans me relever. La posture élégante et le regard perçant d'humanité le sien, je sondais déjà son cœur par chacun de ses traits et de ses mimiques. Je ne cherchais pas à le dominer, seulement à le contempler. Certes, je n'ignorais pas dégager de moi une assurance à toute épreuve, presque de l'arrogance comme disait Diao avant de conseiller de me méfier, mais je ne jugeais pas un homme sur quelques secondes. Le bleu scintillant de mes yeux se reflétant dans ses pupilles à lui, peu communes il fallait dire, et sans sourire, n'offrant mieux qu'une glaciale neutralité se complaisant dans l'indolence, je lui répondais d'un timbre aussi mélodieux que gracieux et tempéré. La pureté et l'angélisme, se retrouvait ainsi transcendé par chacun des traits de mon apparence pour un premier contact.
  • -Je suis Sainan Gi — Tenshi. Je suis effectivement l'un des membres de l'équipe Tensaï. Je crois qu'il n'y aura que nous deux aujourd'hui. Que dirais-tu de commencer par exposer notre parcours et nos aptitudes ? Restons classiques pour débuter.


@NAGAMASA YOSHITSUNE
@Nagamasa H. Takumi

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Mer 8 Aoû 2018 - 18:26
Enfin ! Quel heur ! Yasuo ne s’attendait plus réellement à tomber sur son futur camarade. Pendant quelques instants le soulagement traversa son visage, ou bien la joie. Enfin ! La tyrannie de ces crainte le libérait, et il ne souffrait plus réellement d’aucun doute. Enfin ! Il lui était permis d’en rencontrer au moins un.

D’abord, apprécier le moment, la fin de cette quête qui semblait sans fin, rire de son propre ridicule d’avoir cru ne jamais y arriver, penser à se féliciter plus tard d’avoir persisté. Évidemment, un trait de déception traversa l’esprit du jeune adolescent quand il comprit que, vraisemblablement, le Sandaime ne serait pas présent aujourd’hui ; mais soit, il y avait déjà de quoi faire avec un seul camarade.

Maintenant qu’il s’était approché, il se rendait compte d’ailleurs que le premier qualificatif qu'il avait utilisé à l'égard de celui-ci, « grand dadais », était particulièrement usurpé – du moins pour la vulgarité de l’expression. Le garçon face à lui – il devait avoir son âge – semblait avoir été touché par la grâce. Si Yasuo de son côté avait un aspect angélique dans l’innocence toute enfantine de son physique, il tenait davantage du chérubin quand Tenshi portait sur lui la joliesse toute séraphique des plus nobles figures célestes. Chacun de ses gestes semblait empreint d’une pureté toute sainte. Seuls ses yeux d’une pâleur de glace – au point, presque, de renvoyer – rejeter ? – la lumière qui y entrait – se détachait du portrait d’un ange. Leur teinte bleutée, comme sévère, vous contemplait froidement, dégagée de toute bienveillance, dégagée de cette force rassurante qui vous persuade intimement que vous êtes en sécurité.

Yasuo considéra encore quelques secondes cet homme , ce bosquet, ce grain de soleil caressant le tout. Il y avait une certaine ironie à songer au fait que c’était la lumière, ces quelques rayons, qui les distinguaient tant dans leur similitude. La pâleur de leur cheveux tout d’abord, l’éclat de leur iris ensuite et cette aura lumineuse qui les entourait finalement. Certes le blond n’était pas gracieux, il avait une finesse bien particulière, mais rien de comparable. Toutefois – et on ne pouvait le manquer – le garçon brillait d’une douceur et de cette bienveillance, encore trop enfantine peut-être, des hommes bons. Lui faire du mal n’était pas concevable et l’idée même qu’il puisse vous en faire était des plus improbables. On ne savait pourquoi, on ne pouvait se l’expliquer. Cela ne tenait pas seulement de son physique, cela touchait au cœur. C'était là tout le sublime qui le caractérisait.

Ayant savouré pleinement la satisfaction – un peu vaine en vérité – d’avoir trouvé ce partenaire tant attendu, la gêne de Yasuo mua en un large sourire niais et avenant. La simplicité de l’expression avait pour voie d’apaiser les uns, d’attirer les autres, bref, c’était une meilleure entrée en matière.

« Je suis un Akiji – commença-t-il par affirmer pour corriger sa précédente présentation – une famille de marchands itinérants issue de Taki. Nous nous sommes installés à Iwa pour la prospérité commerciale et la sécurité. »

Et quelle sécurité. Évidemment s’installer dans un village était nécessaire pour la survie des membres de la famille – les chemins moins sûrs, les produits de plus en plus rares l’avaient exigé. C’était aussi une des raisons, cette recherche de sécurité et protéger sa famille, pour lesquelles, lui, Yasuo, s’était retrouvé à suivre un professeur shinobi d’un clan étranger et finalement à rejoindre l’académie d’Iwa. Mais les attentats perpétrés par les ennemis du village caché de Tsuchi avait rudement mis à mal cette assurance de survie.

« Seulement aspirant encore, j’ai été formé à l’art du Kyudo au pays des Cascades et je me destine à la diplomatie et au soutien. Je ne suis pas un grand combattant de corps à corps. »

Son corps n’était clairement pas ce qu’on pouvait appeler un corps de lâche. Comme tout bon shinobi sérieux qui se respecte, Yasuo présentait une musculature fine, presque féline mais présente – bien nécessaire pour les usage du kyûdo – ainsi qu’une adresse certaine. Cependant ses réflexes manquaient parfois, une lenteur prenait de cours son sens aigu de l’observation et il se retrouvait alors sans défense.

« Les relations sociales et internationales, le contrôle et la connaissance de ce qui se passe et qui est, observer avec du recul avant d’agir, c’est ce vers quoi je tends ! »

Le garçon ponctua cette dernière phrase d’une ambitieuse emphase ainsi que d’un léger signe de tête sur le côté, affichant toujours le même large sourire. Il savait qu’il était parfois d’une certaine et réelle naïveté. Avancer ainsi de cette façon vouloir pouvoir tout voir et tout savoir quand on ne maîtrisait pas le doute critique perpétuel pouvait prêter au rire. Malgré tout Yasuo ne négligeait pas cette aspect de lui et malgré cette bienveillance manifeste, savait rester méfiant. Il était d'une indéfectible curiosité et sa volonté de persistance et de réussite le persuadaient intimement qu'il était capable de devenir celui qu'il souhaitait être.

Un faible vent souffla et on entendit au loin une petite explosion d'entraînement. La petite mare de lave au milieu du terrain avait repris de sa vitalité et retombait en une fine pluie mordorée à l'orée des crevasses du terrain. A ce moment là de leur conversation, Yasuo n'était pas sûr de s'il devait informer son interlocuteur de son rapport particulier au ninjutsu et de son affinité plus que peu courante. Le court silence apaisé et encore marqué par les futures ambitions du jeune homme invitait alors son partenaire à prendre la parole.
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Jeu 9 Aoû 2018 - 0:57

Toute mon attention, tout mon être, chacun de mes souffles, chacune de mes pensées, chaque regard, tout, était tourné vers lui pendant ce court instant. Ainsi je l'observais, sondant à la lumière les teintes de ses cheveux, sa silhouette, sa posture, ce qu'il faisait avec ses mains, son sourire et son regard. Toutes ces petites choses que nous ne contrôlons pas en nous-mêmes, et qui pourtant en disent tellement plus que les mots. Faisant les choses entièrement, c'était un regard azuré grand ouvert, comme si le ciel contemplait la jeunesse et l'innocence de sa naïveté, que je posais sur lui sans me cacher de lui accorder, au moins pour cet instant, toute cette attention. Puisqu'il était mon coéquipier, je faisais d'autant plus d'effort pour le percer entièrement. Les yeux scintillant sur lui, empreint de désir et comblé par un vide céleste, la hauteur que je lui renvoyais par l'apparence était celle de la bienveillance.

Je prêtais autant d'importance à ce qu'il disait, sans le couper une seule fois. Le timbre de sa voix et l’intonation de son verbe m'étaient aussi importants que les mots qu'il choisissait et les informations qu'il me livrait. Plus il parlait d'ailleurs, plus je me dressais sur moi-même, lentement et sûrement, avec grâce alors que le geste n'exigeait aucune performance. Ma tête se tournait un peu plus vers lui, mais le visage restait fixement neutre. La volupté et la douceur qui en émanait ne résultaient que d'un faciès naturellement saint, même lorsqu'il prenait les traits de l'aigreur, quoi qu'elle était totalement absente jusque-là.

Il me plaisait pour le moment. L'innocence étant ce qu'il y a de plus sacré à mes yeux, je ne pouvais qu'apprécier particulièrement ce que je trouvais en lui. D'autant que cette innocence était beaucoup moins naïve que celle d'Hayate. Sa vie ne l'avait pas suffisamment tourmenté lui aussi, pour qu'il y perde la virginité de son âme. Et s'il était mon frère d'armes, il était de mon devoir lui conserver cette fraîcheur autant de temps que ce pourrait, pour son bien, pour qu'il puisse se préparer à son tour, à affronter les cas de malheur, et la noirceur du monde shinobi qui se cache sous les attraits d'une gloire aisément usurpée. Un enfant sans innocence est une fleur sans parfum. L'innocence est une santé précieuse de l'âme, c'est une ressource et une consolation dans les plus affreuses douleurs comme les miennes, et c'était pourquoi je voulais autant la retrouver, que la conserver chez autrui, et sans doute pour très bientôt lui aussi. S'il est un Dieu vengeur de l'innocence qui, du haut des cieux, voit tout et gouverne tout, je voulais être celui-là, et c'est celui-là, qui apparaissait d'une certaine façon, quand je me levais enfin pour lui répondre.
  • -Dans une âme bien née, l'instinct de l'innocence suffit pour garantir des pièges tendus à la vertu. Commençais-je pour le complimenter d'une mélodieuse voix.


Droit devant lui et les cheveux flottant au vent, je daignais accorder une œillade compatissante et apaisante. Ses espoirs étaient immensément plus modestes que les miens et par cela il était à la fois un allié qui ne me serait jamais opposé en obstacle, mais même un outil utile. Je ne dénigrais aucun rêve, seulement ceux qui n'en avait point, et son but était noble, car sans idée de sang, quelque chose de rare pour les guerriers que nous étions. Ainsi le compliment était mérité, il avait l'âme bien née, bonne, et vraie. Je ne me sentais en rien supérieur à lui par la prouesse de mes actes passés ou par l'altruiste ambition qui me dévorait. L'on me disait hautain et arrogant uniquement parce que je ne composais jamais avec personne sur mes principes et mes idées, tout ce qui faisait que je suivrais une voie déjà toute tracée. Lui aussi confondrait la confiance absolue en soi . Je ne le pressentais pas ainsi. Immonde démon que je suis à l'intérieur, le loup qui cherche à dévorer pour assouvir sa soif de vengeance qu'un faucon noir a enchaîné en espérant retrouver sa teinte blanche, je conservais ma propre innocence, ma propre sainteté par un savoir antique, preuve d'une certaine sagesse, quand bien même je ne me considérais pas sage ; tout ou rien, c'est la seule formule qui satisfasse l'innocence. Et moi j'étais cela, pour une fois pouvant appeler à témoin pour le confirmer, tout ou rien. La perfection que je souhaitais inspirer, ne devait-elle pas passer par quelque chose d’inaccessible, une chose qu'on appelle le "tout" et que nul, pas même moi, ne parvient finalement à atteindre.
  • -Kyudo ? Continuais-je sur le même ton. Je n'ai jamais entendu parler de cela. Pas plus que des Akiji. Mais les noms et les titres m'indiffèrent. Je suis utilisateur du Mokuton. Fais pour le combat tant à distance qu'au corps-à-corps. Ninjutsu - Genjutsu - Kenjutsu - Jettojutsu sont mes spécialités. Hélas je crains de décevoir le jeune et honorable homme que tu es. J'aspire à innocenter le monde de ses actes pour le purifier. Une tâche moins modeste et plus arrogante que la tienne, quoi que toutefois par certains versets, ton but peut s'en rapprocher. Je suis né à Tsuchi, mais j'ai passé la plus grande partie de ma vie à Kaze. J'étais un indépendant jusqu'à ce que je m'engage à Iwa il y a trois mois. Désormais je suis en cours d'intégration dans le Yamagenzo et élève comme toi, du Sandaime Tsuchikage. Je suis mon chemin... Mais sache avant toute chose, que j'apprécie cette rencontre. Et puisque le son des humeurs de la bataille tonnent si loin de nous, accepterais-tu de suivre l'élan et que nous croisions le fer ? En toute amitié du moins.


Ainsi, par les armes, nous pourrions jauger une tout autre facette de notre personnalité... Pas le moins troublé du monde par le son des combats d'entrainement, ils pouvaient tonner aussi fort que le tonnerre, j'étais pour ma part imperturbable, comme inatteignable, mais ce n'était là seulement qu'outre le contrôle de moi-même, c'était une ambiance que j'avais rencontrée bien trop jeune pour m'y laisser encore impressionner.


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Mer 15 Aoû 2018 - 17:32
L’androgyne adolescent était quand même bien plus grand que Yasuo. Il s’en aperçut au moment où il prit conscience que son interlocuteur s’était petit à petit redressé en l’écoutant. Le futur diplomate se sentit alors quelques peu sondé. Si toutefois la première impression qu’avait pu donner ce regard inquisitif suscitait la sévérité et la froideur, celle-ci s’était muée en une forme de sympathie dans la hauteur. La facilité avec laquelle ce garçon passait d’une expression à une autre, de l’évocation d’un sentiment à un autre pouvait surprendre. Dans le monde ninja il était récurrent de se méfier de tout un chacun, ce genre d’habileté était assez courant, pas toujours bien maîtrisée.

A ce titre, Yasuo préférait se montrer d’une lumineuse affabilité permanente. Pas de colère, pas de peur, pas de circonspection. L’observation se faisait avec enjouement et curiosité, presque comme un jeu. L’écoute du corps, sa mouvance, la machinale chorégraphie à laquelle il s’habituait lui-même était à la fois une enquête et un admirable spectacle. Dès lors qu’il était immobile, le garçon n’avait plus seulement ses deux brandons pour yeux mais aussi toute la compagnie des rayons et de la lumière alentours. Chaque grain, chaque détail du tableau que lui dressait son œil était perçu et admiré.

L’armure de Tenshi par exemple pouvait témoigner du temps et des batailles passées malgré son aspect rutilant et impeccable. Les chocs avait laissé quelques rares et imperceptibles entailles, des imperfections, des restes ; on ne pouvait pas tout faire disparaître. Quoiqu’il en fût, elle prouvait à elle seule la qualité de son propriétaire en tant que combattant. L’acier avait perdu son éclat, preuve de son âge, mais les entailles, justement, trop peu profondes ou trop rares, étaient la preuve, soit du peu de combat à laquelle elle avait été confrontée, soit du peu d’atteinte qu’elle avait subie. A ces deux choix s’ajoutait la possibilité que Tenshi eût reçu cette armure d’un de ses parents mais seul le second choix avait la préférence de Yasuo. Il lui semblait bien plus probable que l’adolescent face à lui fut une fine lame plutôt experte qu’un simple héritier ou qu’un fuyard. Une éducation princière pour son vocabulaire, une qualité chevaleresque pour l’ambition et la potentielle dextérité.

« Encore faut-il être bien né et que la vertu existe répondit l’adolescent, mais il y a longtemps que je ne me pose plus cette question ! Vertueux ou viciés, nous nous prendrons tels que nous sommes. »

L’éducation cosmopolite, dans le voyage permanent et le flot commercial avait appris à Yasuo que la vertu était bien trop souvent relative, et que le bien ou le mal n’était jamais que les racines d’un même arbre dont les fruits n’étaient jamais issus seulement de l’un ou seulement de l’autre. Ainsi, plutôt que de vouloir arracher et jeter les supposés mauvais fruits, il fallait apprendre à accepter ces fruits. Apprendre à ce que la main tendue ne se vit pas telle la main d’un dieu tribun qui saurait désigner que tel fruit est plus mauvais qu’un autre ; mais plutôt comme celle d’un artisan à l’oeil simple. Un artisan dont l’unique objectif serait de faire la meilleure et plus douce salade de fruits imaginables.

L’enfant tenait cette philosophie d’un maraîcher et sans avoir vécu de contre-exemple, la prenait pour acquise : les hommes n’étaient pas foncièrement bons ou mauvais, il fallait donc se méfier d’eux ; mais les juger de ne pas prouver immédiatement leur bienveillance n’était pas nécessaire, ni juste. A son sens d’adolescent, il fallait donc apprendre à regarder les hommes comme n’ayant pas à se justifier. Le problème auquel il se confrontait encore était de parvenir à trouver ce que lui-même entendait par « juste » sans bien ni mal.

« Oh, mes excuses commença-t-il, saisissant un rouleau qu’il portait à la ceinture. Il l’ouvrit et un arc en jaillit.
Le kyûdo est un arc, sa maîtrise correspond aussi bien à un art de la méditation, de la précision que du tir en lui-même. C’est une forme d’art martial qui demande un apaisement et une grande capacité de concentration. Je suis donc un adepte du combat à distance. »

Lancé par l’évidente confiance et confidence de son interlocuteur, il dissipa ses doutes sur s’il devait cacher ou non son affinité particulière. Toutefois il se fit remarquer que, si lui avait connaissance du Mokuton grâce à certaines lectures qu’il avait faites à la bibliothèque de l’Académie, il ne savait pas s’il en était de même pour Tenshi et l’Hikariton. Cette capacité n’était pas particulièrement répandue… Quoique. Il en avait noté quelques rares mentions dans ses livres et puis le grand garçon face à lui en avait peut-être déjà croisé.

« Ajoute à cela que je maîtrise l’Hikariton – la maîtrise de la lumière – avec une affinité réelle pour le repérage et les altérations. Disons que j’ai une certaine facilité à voir les choses et les modifier chez les autres ! »
fit-il en souriant.

Ce garçon nouvellement connu avec sa manière de manifester en toute intimité le plaisir qu’il avait à cette rencontre avait quelque chose de touchant. Il y avait une humilité certaine à reconnaître chez l’autre ce plaisir. Et quand bien même il semblait incarner l’arrogance, on ne décelait aucune trace de mépris ou de jugement en lui. Pour le moment du moins. On sentait en lui une réelle loyauté et une fidélité sans faille à ses propres principes. C’était une bonne chose. Yasuo reconnaissait en cet homme un homme de valeur. Qui savait après si d’un homme de valeur on ne pouvait pas faire un homme injuste ?

« J’accepte avec plaisir. J’espère être à la hauteur. Je sais déjà que je n’ai pas ton expérience du combat. Je ferais de mon mieux ! »

Il fallait rester lucide tout en gardant grand sourire et confiance en soi. Il connaissait l’échec, le détestait, et arriver à atteindre Tenshi resterait par la suite un objectif. La question devenait donc, à quelle portée de flèche, de battements d’ailes ou de lumières se tenait son adversaire de lui ?
Découvrant son carquois à la hanche, les sens en alerte, le soleil face à lui et les explosions borukan comme ambiance, l’adolescent se recula de quelques mètres. Il était temps de remonter ses manches et de se confronter au destin de tous les shinobis : la clinquante et dangereuse danse du fer.
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Mer 15 Aoû 2018 - 19:27

Il acceptait poliment ma proposition. Ainsi, j'avais le loisir non seulement de pouvoir exécuter parfaitement la directive que m'avait confié Yoshitsune, mais en plus de pouvoir apprécier à sa juste valeur la maîtrise de l'Hikariton que possédait ce jeune homme. Je ne rendis pas un faciès étonné quand Yasuo me parlait de cette capacité, car je la connaissais grâce à une ancienne connaissance qui en maîtrisait déjà à l'époque de nombreuses facettes. Mais pour le moment, ce n'était pas à cela qu'il fallait s'intéresser, mais à la sagesse qui émanait directement de lui.

En effet, son rapport à la vertu était à la fois juste et prudent. Un vrai diplomate en fin de compte, car dans le verbe il prenait grand soin de ne pas froisser une opinion en renvoyant un avis parfaitement neutre, sinon au moins qui ne permettait pas réellement le débat. Manœuvre du parfait petit politicien, et je ne pouvais que sourire devant cette finesse d'esprit où l'éloquence était aussi aiguisée que ma rapière. Ce qu'il disait me paraissait cependant tout à fait faux. Ma propre naissance en fut la preuve. Étais-je né les cheveux blancs ? Avec l'innocence immaculée sur le corps comme le rayonnement d'une sagesse divine et naturelle ? Non... J'étais né avec les cheveux aussi noir que la nuit pleine, et ma quête inlassable d'innocence et de perfection résultait du malheur de la guerre civile que les jeunes yeux, ou tout simplement les chanceux, n'avaient pas côtoyés d'assez près pour comprendre quelle horreur ressortait des champs de bataille. Si on y réfléchissait on pouvait objecter que ce que je venais de penser allait pourtant dans son sens, mais comme me l'aura dit mon défunt père adoptif, tout cela était déjà en moi, la vie et le destin n'auront fait que l'éveiller. Parce que l'univers tout entier conspire à la réalisation et l'accomplissement de notre être. En revanche il y avait une vérité qu'il venait de très justement clamer, qui que nous soyons, nous ne pouvons jamais que nous accepter comme nous sommes. Moi j'étais unique, et l'Unique, était ma propriété.

Quoi nos opinions divergeaient sur ce point, il ne perdait rien de l'intérêt que je lui portais bien au contraire. Il avait le talent de la révérence et de l'humilité, bien plus que je ne savais moi-même en faire la preuve. Son art du tir à l'arc, je ne le connaissais guère, c'était une chose que je n'avais jamais vue. Même lorsque je combattais parmi les civils, ceux-ci s'aidaient de chevaux pour charger les shinobis et imposer une mêlée sanglante sans avoir jamais songé qu'ils pourraient frapper à longue distance par cela. Si Kaderik y avait seulement pensé à l'époque, combien de pertes aurions-nous pu nous éviter....

Pas vraiment le moment ni le temps de ressasser le passé. Je ne devais pas oublier la sainte maxime "laisse le passé être au passé". Sinon je ne tarderais pas à perdre ma constance alors que je parvenais à canaliser la bête en moi et l'enfouir toujours plus profondément sous un flot de consolation. Il espérait être à la hauteur me disait-il... Je n'étais toujours qu'un genin jusqu'à preuve du contraire, et je le trouvais bien respectueux à me juger si haut, alors qu'aucune preuve de cet état n'avait devancé son propos. Silencieusement d'abord, je lui souriais pour le remercier de sa déférence, d'apparence humble mais toujours assurée, je secouais la tête pour lui signifier qu'il ne devait pas tant me flatter, avant de lui répondre enfin tendrement.
  • -Nous avons le même rang, je ne suis pas ton maître, même, je suis ton égal, au moins sur le papier, alors ne fais pas tant de manière. Par ailleurs sache que devant moi, on ne s'agenouille, ami ou ennemi, on se dresse. C'est là la seule véritable place de l'homme.


Si j'étais extrêmement fier et orgueilleux, j'étais aussi un homme qui tenait à coeur l'honneur. Jamais je n'admettais de voir un être humain abaissé plus bas qu'il ne l'était déjà. Moi, je visais à élever l'humanité vers les cieux, pas à me jucher dessus pour la dominer. Suivant cela, je posais le casque sur le sol, et sachant que ce combat n'était qu'un teste, j'assurais d'abord ma sécurité en vue de simplement le tester ensuite. L'ardeur que je mettrais dans cet affrontement ne dépendrait finalement que de ce qu'il avait donné. Une fois le casque posé, je dressais une main, paume vers le ciel, en le regardant sans vraiment le regarder. Je contemplais le vide de l'existence et fis ressortir fortement mon chakra de moi, un chakra blanc et translucide, difficilement visible à l’œil mais décelable. Grâce, défiance et hauteur jaillissaient de moi tandis que j'entrais durant un court instant dans une sorte de transe, jusqu'à ce que le chakra disparaisse à l’œil nu. Il aurait alors fallu un Hyûga pour comprendre, du moins partiellement, ce que je venais de faire. J'étais désormais totalement protégé, la terre elle-même, mère nature si l'on pouvait le dire métaphoriquement, veillait sur moi pour qu'il ne m'arrive rien. Cela n'avait rien d'une prière, c'était une technique savante dont je conservais le secret, mais la poésie que l'on pouvait y trouver demeurait.

Une fois cela fait, le chakra jaillissant ayant disparu, je me saisissais de mon casque au sol et le passais sur ma tête tout en lui répondant aussi mélodieusement qu'une voix vibrante et assurée pouvait l'exprimer.
  • -Je te laisse la première attaque. Fais donc, je suis prêt.




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Convocation sur les hauteurs Pv Tenshi

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