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Ma biche à moi, c'est toi. [Kenshin]


Mer 8 Aoû 2018 - 2:51
C’est planifié depuis la veille. Tout est écrit, tout est propre, tout est prêt. Elle a calculé des heures et des heures, elle a fait une cartographie du terrain, s’est renseignée sur les animaux, sur leurs habitudes. Bref, ce plan est parfait. Il n’a plus qu’à être appliqué. Alors Tsuki sort la truffe de la maison familiale tôt le matin. Ses parents la connaissent bien, après tant de préparations, elle part toujours aux aurores, quand le village est toujours profondément endormi. Elle sort, puis se lance en direction de son lieu cible et disparaît pendant toute la journée, parfois plus encore ! Et quand elle revient, Tsuki a toujours les bras chargés de gibier. Sa mère est fière d’elle, car si elle connaît bien une chose de sa fille, c’est qu’elle déteste tuer ses proies. Pourtant, lorsqu’il s’agit d’animaux, à force de grandir et mûrir, la blonde a compris le principe de la chaîne alimentaire. C’est pourquoi, désormais, ôter la vie à un animal la dérange moins. Évidemment, dire que cela ne la dérange plus serait mentir, Tsuki considère qu’il s’agit d’une vie avant d’être de la nourriture. Mais la satisfaction d’avoir réussi et le sourire de ses parents devant ses prises lui permet de dépasser son aversion pour le meurtre.

Chargée de ses clochettes, les cheveux noués en deux couettes hautes symétriques, la blonde traverse le village silencieusement, comme à son habitude. Elle apprécie particulièrement le Kumo matinal. Il est silencieux, doux. On y entend les oiseaux. La nature reprend ses droits et l’accompagne dans sa chasse. C’est toujours un plaisir. La kunoichi accélère, il ne faut surtout pas manquer le début de son activité ! Un poil de décalage dans le plan et c’est la catastrophe, les animaux auront bougé ou quelqu’un les aura faits fuir ! Elle n’ose même pas imaginer une telle déception.

Sa marche la mène jusqu’à la forêt qui borde les montagnes de Kumo. De là, la blonde grimpe sur son arbre attitré avec toute sa grâce et son adresse. Une fois perchée, son œil de lynx perçoit toute la zone qu’elle a cartographiée. Un sourire malicieux naît sur ses lèvres. Il est temps. Son cœur s’accélère. C’est toujours la même chose quand la chasse commence : l’adrénaline afflue lentement dans ses veines et lui rappelle à quel point elle adore chasser. Il y a ça. Puis il y a le silence, l’attente. Cette attente qui fait grimper la sensation de récompense finale. Elle le sait : plus l’attente est longue, plus le gibier est gros, plus elle sera satisfaite. Ces petits bonheurs sont le fruit de très gros efforts, qu’elle ne se refuse jamais à faire, parce que la fin lui apporte toujours ce piment qui la fait revenir. Son sourire s’agrandit. Si elle n’était pas en situation, elle aurait probablement gesticulé comme une enfant.

Le soleil s’élève petit à petit entre les nuages, jusqu’à les percer. Quelques rayons filtrent à travers les arbres et illuminent la forêt d’une lueur verte claire magnifique. Tsuki, toujours perchée sur son arbre, continue de scruter les environs. Selon ses estimations, sa proie devrait arriver d’ici quelques minutes, dix tout au plus, pour aller boire. Chaque jour, la même biche passe à travers les bois en courant en direction d’un petit cours d’eau, à l’extérieur de la forêt. Son chemin n’a jamais changé en plusieurs semaines et Tsuki est parvenue à l’habituer au son des clochettes. Ainsi, conditionnée, la bête semble influencée par le son : quand elle passe, si les clochettes retentissent, peu importe la direction dans laquelle elle allait, elle changera pour suivre celle du cours d’eau. Le petit bruit lui rappelle la soif, qui l’entraîne droit dans le piège de la kunoichi. Un plan rondement ficelé, qui lui apportera une belle biche pour le dîner, oh oui.

Un mouvement. Les feuilles se froissent, quelque chose bouge. Tsuki se redresse le plus discrètement possible. Elle est là. Il est temps. Le bruit s’approche, petit à petit, jusqu’à devenir de plus en plus fort, encore et encore … Jusqu’à être là. Juste en-dessous.

C’est l’heure.
Le moment.
Alors elle saute.
« JE TE TIENS ! », crie Tsuki en plongeant sur sa cible, kunai dressé.
Boom.
Gling, gling.


Le temps s’arrête. Plus rien ne bouge, tout est figé. Au loin, un bruit de feuilles froissées fait comprendre à Tsuki que sa proie lui a échappé. Rien de plus normal, après tout, quand on sait que sous sa petite taille se trouve … un homme. La blonde cligne des yeux plusieurs fois. Vite. Puis elle comprend et se redresse brusquement. Ses joues deviennent aussi rouges que ses prunelles. La blonde ne sait plus quoi dire ni quoi faire. Alors elle reste silencieuse un instant, paniquée, les paupières battant toujours aussi vite que son cœur. Puis elle décide d’opter pour la version humoristique du plan improvisé.
« Vous n’êtes définitivement pas une biche. »
Tsuki range son kunai et s’approche de l’inconnu, à qui elle tend la main pour l’aider à se relever.
« Je suis vraiment désolée pour cette mésaventure. L’excitation de la chasse m’a prise et vous êtes arrivé quelques minutes avant ma proie … Rassurez-vous, je ne vous ferai pas la peau. », dit-elle en riant.
La crevette se fait donc mener au score par la biche. C’est une première. On ne l’y reprendra plus ! Mais en attendant … Elle fait quoi de cet inconnu ?
« Oh, pardonnez mon incorrection ! Je suis Tsuki, jeune Genin de Kumo et j’aimais me dire chasseuse hors-pair, mais … Vous venez de détruire ma réputation on dirait ! », rit-elle à nouveau.
Quelle calamité.


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Ven 10 Aoû 2018 - 15:17
Confortablement allongé dans mon lit, je sens le délicat toucher des rayons du soleil sur mon visage. Un toucher qui réchauffe mon corps tandis que mon esprit lui se réveille. Je m’étire dans mes draps de soie et me retourne vers la fenêtre. Recouverte par un voile blanc très léger, elles laissent rentrer toute la lumière matinale. Un réveil dont je ne me lasse pas. Peut-être d’ailleurs est-ce l’une des choses qui va me plus me manquer demain. Toutes mes affaires sont déjà transférées à mon nouveau domicile : un petit appartement tout en haut d’une tour avec une vue imprenable sur tout le village et les montagnes qui le bordent. Il ne reste plus que moi.

Quand j’ai parlés à mes parents de ma décision de déménager ils ont tout de suite protesté, arguant que je n’étais pas encore totalement remis de mon accident. Ils tentèrent ensuite de me convaincre de rester dans le domaine familial par tradition, puis par praticité. Après 30 ans passés dans le cocon familial on aurait pu penser qu’ils n’attendaient que ça : que je prenne mon envol. Mais ce n’est pas du tout le cas. Cette séparation est pour eux une fracture, le signe d’un changement dont ils n’avaient pas encore compris toute l’ampleur : mon changement. Côtoyer la mort change tout. Notre conception de la vie, nos objectifs, nos relations, nos envies, nos peurs… Certaines personnes n’en reviennent pas entières. Mais pour moi c’est une renaissance. Un renouveau, une chance de pouvoir tout recommencer, de faire les choses comme j’ai envie de les faire : de mener la vie que je veux mener. Mes parents eux ont l’impression de perdre leur enfant. Les apaiser et ôter cette idée de leurs esprits ne sera pas chose facile, tout comme leur faire comprendre que j’ai changé à jamais.

Ces draps de soie, ce sommier de chêne, ces rideaux velours… cette chambre. C’est la dernière fois que j’habite dedans. Elle fut mon monde, elle est maintenant mon passé.

Une fois prêt je descends rejoindre la famille dans le salon. L’air grave, père et mère m’attendent debout. La fatigue, l’angoisse et la peur se lisent sur leurs visages. A la fois triste et heureux, je vais vers eux et les remercie de tout ce qu’ils ont fait pour moi puis je me dirige vers la porte. Là, je m’arrête quelques instants et regarde autour de moi. Ces murs, ces odeurs, ces bruits… font maintenant partis du passé.

Ayant pris ma journée pour finaliser les détails, je profite du temps libre qu’il me reste pour sortir du village. J’ai besoin d’espace et de solitude pour réfléchir à tout cela et rien ne vaut une bonne balade en forêt pour se retrouver. Bien que Kumo soit bordé par les montagnes, les montagnes au sud – bien moins hautes et escarpés que les autres – sont recouvertes par une épaisse forêt. Cette forêt s’étend sur des dizaines de kilomètres au sud et à l’ouest en forme de croissant. Tout au sud elle est bordée par des plaines qui rejoignent la mer. A l’ouest elle rejoint une autre chaîne de montagne ainsi qu’un fleuve qui prend naissance au sommet de celle-ci.

Je ne me suis encore jamais baladé dans cette forêt, ou dans toute autre forêt d’ailleurs. Je ne me suis jamais aventuré hors des sentiers battus, des villages et des villes. Surtout, je ne me suis jamais aventuré au-delà des frontières du pays. Pour quelqu’un qui se tarde de si bien connaître la géographie du monde, j’en connais en fait bien peu.

Arrivé à la lisière, je reste immobile quelques instants, observant ce monde dont je ne connaissais rien. Devant moi, aucun sentier, aucun chemin tracé par l’homme : l’inconnu. Au fond de moi, je sais que tout cela est un peu ridicule, mais je ne peux m’empêcher d’avoir peur, d’être angoissé. Jamais encore je ne me suis aventuré vers l’inconnu, j’ai toujours détesté l’inconnu. Tout ma vie je l’ai fui. Je le fuyais. Sur mes gardes, j’entre à vive allure dans ce monde : écouter, sentir, regarder, ressentir. Dans la nature, tous nos sens sont-ils toujours autant en éveil ? Est-ce là l’instinct qui revient, ou simplement la découverte de l’inconnu ? Mais alors en pleine course, j’entends un bruit de feuillage au-dessus de moi. Dans mon élan, je ne parviens pas à réagir à temps et sens une masse s’écraser sur mon dos. Effrayé à l’idée que ce soit une bête, je me retourne vivement et active le sceau sur ma main gauche pour me saisir de mon katana.

En face ne se tient non pas une bête, mais une jeune femme. Frêle et petite, elle possède de longs cheveux blonds ainsi qu’un air innocent. Drôle de rencontre au milieu de la forêt, je ne peux m’empêcher de sourire à cette idée absurde qu’un animal me serait tombé dessus. Je dois arrêter d’avoir peur. Elle aussi semble être prise au dépourvue, comme en témoigne le kunaï qu’elle brandit. Je place mon katana et son fourreau dans mon dos, tandis que la jeune femme fait de même avec son arme puis me tend une main. Elle s’excuse et explique qu’elle était prise dans sa chasse. Sa proie devait arriver à cet endroit même mais, par le plus grand des hasards, je suis arrivé juste avant elle.

« –Oh, pardonnez mon incorrection ! Je suis Tsuki, jeune Genin de Kumo et j’aimais me dire chasseuse hors-pair, mais … Vous venez de détruire ma réputation on dirait ! »

Elle rit à ces mots et je ne peux moi-même me retenir de rire. Voilà qui ne me ressemble guère, mais rien de tout ce qui arrive là n’est bien habituel de toute façon.

« –Je vous en prie, ce n’est pas grave. Je m’appelle Metaru Kenshin, également genin de Kumo. Vous semblez maîtriser la technique… à quelques détails près. C’est donc une biche que vous étiez en train de chasser ? Est-ce là votre travail ou un simple hobby ? »
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Lun 13 Aoû 2018 - 21:50
Il est très grand. C’est la seule pensée qui traverse son esprit à ce moment précis. Tsuki regarde l’homme qu’elle a renversé se relever et constate avec frustration et amusement à quel point elle est petite face à lui. Il y a, malgré tout, une certaine fierté dans l’action, car la crevette a renversé une personne qui mesure facilement une quarantaine de centimètres de plus qu’elle. Pour autant, la blonde ne sait pas trop comment réagir, si elle doit être joyeuse ou perturbée de le voir rire. Se moque-t-il d’elle ? Oui ? Non ? Au fond, n’est-ce pas normal ? Si, probablement. Elle hausse les épaules. Toute cette chasse, toute cette préparation pour ça ! Pour un inconnu qui en plus se fout d’elle ! Les espoirs que cette personne soit extraordinaire sont grands. Parce que s’il est inintéressant, cela n’aura plus aucun sens et la biche sera perdue. Pour de bon. Quelle horreur !

Kenshin. Metaru Kenshin. Metaru … La blonde arque un sourcil. Ce nom est très connu à Kumo. Une famille extrêmement puissante, connue pour ses grandes connaissances et sa richesse. Rien à voir avec la roturière qu’est Tsuki, en somme. Pourtant, il a ri et il a l’air de poser des questions. Dès lors, il se détache du préjugé de base, qui le décrirait comme un homme hautain, froid, inintéressant. C’est déjà un bon point, la biche n’est peut-être pas perdue pour rien ! Le sourire de Tsuki s’agrandit.
« Enchantée, Kenshin. Et encore désolée pour cette agression ! », dit-elle en s’inclinant légèrement.
Puis la question tombe, comme un couperet. La même question que d’habitude, celle que tous posent quand ils apprennent ce qu’elle fait. C’est une sorte de litanie, au final. Pourquoi chasser ? Par passion ou par métier ? Tsuki aimerait dire par métier, mais ce n’est pas le cas. Un jour, peut-être. Mais pas pour ce genre de proies. Surtout pas maintenant qu’elle est devenue genin. La chasse sera réorientée vers d’autres cibles, un jour. Des cibles plus intéressantes, probablement. La blonde hausse une épaule.
« C’est un hobby ! Je chasse depuis l’enfance. Hohoemi Rinka, ma mère, est une excellente chasseresse au village. Parfois elle ramène des proies conséquentes. Généralement ses capacités sont mises au profit de la sécurité de Kumo. Si une bête sauvage s’avère dangereuse, elle s’en va la traquer pour la descendre. Vous vous doutez donc que j’ai tout appris de ma mère. »
Le sourire de la demoiselle revient, plus grand, probablement plus doux aussi. Tsuki a toujours été très fière de ses origines, notamment de sa mère, qui est une combattante hors-pair. Certes, elle refuse d’appliquer les mêmes méthodes et d’être un instrument de mort, mais elle est très heureuse que cette dernière soit aussi douée dans ce qu’elle fait. La blondinette écarte les bras, désignant la forêt.
« Cet endroit est mon terrain de jeu favori, je le connais de fond en comble. Je viens très souvent ici, pour faire des repérages ou pour chasser, tout simplement. Ma prise d’aujourd’hui est … particulière, disons. »
Tsuki adresse un clin d’œil complice au Genin qui lui fait face. C’est effectivement une très grosse prise. Elle ne pourra pas l’emmener à la maison, mais il y aura des histoires à raconter, c’est quand même intéressant ! La blonde croise les bras sur sa poitrine, la tête levée pour pouvoir faire « face » à son interlocuteur.
« Bon, maintenant que vous êtes ma ‘biche’ pour aujourd’hui, que dîtes-vous de me parler un peu de vous ? »
Un regard appuyé, accompagné d’un sourire malicieux. Après tout, il faut bien rentabiliser son temps, non ? Si elle avait su que la chasse la ferait tomber sur une personne, elle se serait peut-être mieux préparée ! Maintenant il faut improviser, agir en fonction de l’autre, parler, bouger … Tout se complique d’un coup. Certes, c’est intéressant, mais la biche il suffisait de tomber dessus et de lui mettre un coup de kunai ou deux et c’était réglé ! Là ça demande quand même un peu plus d’efforts. Bah. Elle prend son courage à deux pattes et décide de ne pas rester inactive.
« Venez, on ne va pas rester immobiles ici ! Marchons, la forêt est vaste et il fait beau, autant en profiter ! »
Pas de biche, pas de biche. Alors autant repartir dans l’autre sens, ou simplement vagabonder. Cet homme aura bien des histoires à raconter à une petite demoiselle, non ?
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Ma biche à moi, c'est toi. [Kenshin]

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