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Ma biche à moi, c'est toi. [Kenshin]


Mer 8 Aoû 2018 - 2:51
C’est planifié depuis la veille. Tout est écrit, tout est propre, tout est prêt. Elle a calculé des heures et des heures, elle a fait une cartographie du terrain, s’est renseignée sur les animaux, sur leurs habitudes. Bref, ce plan est parfait. Il n’a plus qu’à être appliqué. Alors Tsuki sort la truffe de la maison familiale tôt le matin. Ses parents la connaissent bien, après tant de préparations, elle part toujours aux aurores, quand le village est toujours profondément endormi. Elle sort, puis se lance en direction de son lieu cible et disparaît pendant toute la journée, parfois plus encore ! Et quand elle revient, Tsuki a toujours les bras chargés de gibier. Sa mère est fière d’elle, car si elle connaît bien une chose de sa fille, c’est qu’elle déteste tuer ses proies. Pourtant, lorsqu’il s’agit d’animaux, à force de grandir et mûrir, la blonde a compris le principe de la chaîne alimentaire. C’est pourquoi, désormais, ôter la vie à un animal la dérange moins. Évidemment, dire que cela ne la dérange plus serait mentir, Tsuki considère qu’il s’agit d’une vie avant d’être de la nourriture. Mais la satisfaction d’avoir réussi et le sourire de ses parents devant ses prises lui permet de dépasser son aversion pour le meurtre.

Chargée de ses clochettes, les cheveux noués en deux couettes hautes symétriques, la blonde traverse le village silencieusement, comme à son habitude. Elle apprécie particulièrement le Kumo matinal. Il est silencieux, doux. On y entend les oiseaux. La nature reprend ses droits et l’accompagne dans sa chasse. C’est toujours un plaisir. La kunoichi accélère, il ne faut surtout pas manquer le début de son activité ! Un poil de décalage dans le plan et c’est la catastrophe, les animaux auront bougé ou quelqu’un les aura faits fuir ! Elle n’ose même pas imaginer une telle déception.

Sa marche la mène jusqu’à la forêt qui borde les montagnes de Kumo. De là, la blonde grimpe sur son arbre attitré avec toute sa grâce et son adresse. Une fois perchée, son œil de lynx perçoit toute la zone qu’elle a cartographiée. Un sourire malicieux naît sur ses lèvres. Il est temps. Son cœur s’accélère. C’est toujours la même chose quand la chasse commence : l’adrénaline afflue lentement dans ses veines et lui rappelle à quel point elle adore chasser. Il y a ça. Puis il y a le silence, l’attente. Cette attente qui fait grimper la sensation de récompense finale. Elle le sait : plus l’attente est longue, plus le gibier est gros, plus elle sera satisfaite. Ces petits bonheurs sont le fruit de très gros efforts, qu’elle ne se refuse jamais à faire, parce que la fin lui apporte toujours ce piment qui la fait revenir. Son sourire s’agrandit. Si elle n’était pas en situation, elle aurait probablement gesticulé comme une enfant.

Le soleil s’élève petit à petit entre les nuages, jusqu’à les percer. Quelques rayons filtrent à travers les arbres et illuminent la forêt d’une lueur verte claire magnifique. Tsuki, toujours perchée sur son arbre, continue de scruter les environs. Selon ses estimations, sa proie devrait arriver d’ici quelques minutes, dix tout au plus, pour aller boire. Chaque jour, la même biche passe à travers les bois en courant en direction d’un petit cours d’eau, à l’extérieur de la forêt. Son chemin n’a jamais changé en plusieurs semaines et Tsuki est parvenue à l’habituer au son des clochettes. Ainsi, conditionnée, la bête semble influencée par le son : quand elle passe, si les clochettes retentissent, peu importe la direction dans laquelle elle allait, elle changera pour suivre celle du cours d’eau. Le petit bruit lui rappelle la soif, qui l’entraîne droit dans le piège de la kunoichi. Un plan rondement ficelé, qui lui apportera une belle biche pour le dîner, oh oui.

Un mouvement. Les feuilles se froissent, quelque chose bouge. Tsuki se redresse le plus discrètement possible. Elle est là. Il est temps. Le bruit s’approche, petit à petit, jusqu’à devenir de plus en plus fort, encore et encore … Jusqu’à être là. Juste en-dessous.

C’est l’heure.
Le moment.
Alors elle saute.
« JE TE TIENS ! », crie Tsuki en plongeant sur sa cible, kunai dressé.
Boom.
Gling, gling.


Le temps s’arrête. Plus rien ne bouge, tout est figé. Au loin, un bruit de feuilles froissées fait comprendre à Tsuki que sa proie lui a échappé. Rien de plus normal, après tout, quand on sait que sous sa petite taille se trouve … un homme. La blonde cligne des yeux plusieurs fois. Vite. Puis elle comprend et se redresse brusquement. Ses joues deviennent aussi rouges que ses prunelles. La blonde ne sait plus quoi dire ni quoi faire. Alors elle reste silencieuse un instant, paniquée, les paupières battant toujours aussi vite que son cœur. Puis elle décide d’opter pour la version humoristique du plan improvisé.
« Vous n’êtes définitivement pas une biche. »
Tsuki range son kunai et s’approche de l’inconnu, à qui elle tend la main pour l’aider à se relever.
« Je suis vraiment désolée pour cette mésaventure. L’excitation de la chasse m’a prise et vous êtes arrivé quelques minutes avant ma proie … Rassurez-vous, je ne vous ferai pas la peau. », dit-elle en riant.
La crevette se fait donc mener au score par la biche. C’est une première. On ne l’y reprendra plus ! Mais en attendant … Elle fait quoi de cet inconnu ?
« Oh, pardonnez mon incorrection ! Je suis Tsuki, jeune Genin de Kumo et j’aimais me dire chasseuse hors-pair, mais … Vous venez de détruire ma réputation on dirait ! », rit-elle à nouveau.
Quelle calamité.


Spoiler:
 
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Ven 10 Aoû 2018 - 15:17
Confortablement allongé dans mon lit, je sens le délicat toucher des rayons du soleil sur mon visage. Un toucher qui réchauffe mon corps tandis que mon esprit lui se réveille. Je m’étire dans mes draps de soie et me retourne vers la fenêtre. Recouverte par un voile blanc très léger, elles laissent rentrer toute la lumière matinale. Un réveil dont je ne me lasse pas. Peut-être d’ailleurs est-ce l’une des choses qui va me plus me manquer demain. Toutes mes affaires sont déjà transférées à mon nouveau domicile : un petit appartement tout en haut d’une tour avec une vue imprenable sur tout le village et les montagnes qui le bordent. Il ne reste plus que moi.

Quand j’ai parlés à mes parents de ma décision de déménager ils ont tout de suite protesté, arguant que je n’étais pas encore totalement remis de mon accident. Ils tentèrent ensuite de me convaincre de rester dans le domaine familial par tradition, puis par praticité. Après 30 ans passés dans le cocon familial on aurait pu penser qu’ils n’attendaient que ça : que je prenne mon envol. Mais ce n’est pas du tout le cas. Cette séparation est pour eux une fracture, le signe d’un changement dont ils n’avaient pas encore compris toute l’ampleur : mon changement. Côtoyer la mort change tout. Notre conception de la vie, nos objectifs, nos relations, nos envies, nos peurs… Certaines personnes n’en reviennent pas entières. Mais pour moi c’est une renaissance. Un renouveau, une chance de pouvoir tout recommencer, de faire les choses comme j’ai envie de les faire : de mener la vie que je veux mener. Mes parents eux ont l’impression de perdre leur enfant. Les apaiser et ôter cette idée de leurs esprits ne sera pas chose facile, tout comme leur faire comprendre que j’ai changé à jamais.

Ces draps de soie, ce sommier de chêne, ces rideaux velours… cette chambre. C’est la dernière fois que j’habite dedans. Elle fut mon monde, elle est maintenant mon passé.

Une fois prêt je descends rejoindre la famille dans le salon. L’air grave, père et mère m’attendent debout. La fatigue, l’angoisse et la peur se lisent sur leurs visages. A la fois triste et heureux, je vais vers eux et les remercie de tout ce qu’ils ont fait pour moi puis je me dirige vers la porte. Là, je m’arrête quelques instants et regarde autour de moi. Ces murs, ces odeurs, ces bruits… font maintenant partis du passé.

Ayant pris ma journée pour finaliser les détails, je profite du temps libre qu’il me reste pour sortir du village. J’ai besoin d’espace et de solitude pour réfléchir à tout cela et rien ne vaut une bonne balade en forêt pour se retrouver. Bien que Kumo soit bordé par les montagnes, les montagnes au sud – bien moins hautes et escarpés que les autres – sont recouvertes par une épaisse forêt. Cette forêt s’étend sur des dizaines de kilomètres au sud et à l’ouest en forme de croissant. Tout au sud elle est bordée par des plaines qui rejoignent la mer. A l’ouest elle rejoint une autre chaîne de montagne ainsi qu’un fleuve qui prend naissance au sommet de celle-ci.

Je ne me suis encore jamais baladé dans cette forêt, ou dans toute autre forêt d’ailleurs. Je ne me suis jamais aventuré hors des sentiers battus, des villages et des villes. Surtout, je ne me suis jamais aventuré au-delà des frontières du pays. Pour quelqu’un qui se tarde de si bien connaître la géographie du monde, j’en connais en fait bien peu.

Arrivé à la lisière, je reste immobile quelques instants, observant ce monde dont je ne connaissais rien. Devant moi, aucun sentier, aucun chemin tracé par l’homme : l’inconnu. Au fond de moi, je sais que tout cela est un peu ridicule, mais je ne peux m’empêcher d’avoir peur, d’être angoissé. Jamais encore je ne me suis aventuré vers l’inconnu, j’ai toujours détesté l’inconnu. Tout ma vie je l’ai fui. Je le fuyais. Sur mes gardes, j’entre à vive allure dans ce monde : écouter, sentir, regarder, ressentir. Dans la nature, tous nos sens sont-ils toujours autant en éveil ? Est-ce là l’instinct qui revient, ou simplement la découverte de l’inconnu ? Mais alors en pleine course, j’entends un bruit de feuillage au-dessus de moi. Dans mon élan, je ne parviens pas à réagir à temps et sens une masse s’écraser sur mon dos. Effrayé à l’idée que ce soit une bête, je me retourne vivement et active le sceau sur ma main gauche pour me saisir de mon katana.

En face ne se tient non pas une bête, mais une jeune femme. Frêle et petite, elle possède de longs cheveux blonds ainsi qu’un air innocent. Drôle de rencontre au milieu de la forêt, je ne peux m’empêcher de sourire à cette idée absurde qu’un animal me serait tombé dessus. Je dois arrêter d’avoir peur. Elle aussi semble être prise au dépourvue, comme en témoigne le kunaï qu’elle brandit. Je place mon katana et son fourreau dans mon dos, tandis que la jeune femme fait de même avec son arme puis me tend une main. Elle s’excuse et explique qu’elle était prise dans sa chasse. Sa proie devait arriver à cet endroit même mais, par le plus grand des hasards, je suis arrivé juste avant elle.


« –Oh, pardonnez mon incorrection ! Je suis Tsuki, jeune Genin de Kumo et j’aimais me dire chasseuse hors-pair, mais … Vous venez de détruire ma réputation on dirait ! »

Elle rit à ces mots et je ne peux moi-même me retenir de rire. Voilà qui ne me ressemble guère, mais rien de tout ce qui arrive là n’est bien habituel de toute façon.

« –Je vous en prie, ce n’est pas grave. Je m’appelle Metaru Kenshin, également genin de Kumo. Vous semblez maîtriser la technique… à quelques détails près. C’est donc une biche que vous étiez en train de chasser ? Est-ce là votre travail ou un simple hobby ? »


Dernière édition par Metaru Kenshin le Ven 24 Aoû 2018 - 0:55, édité 2 fois
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Lun 13 Aoû 2018 - 21:50
Il est très grand. C’est la seule pensée qui traverse son esprit à ce moment précis. Tsuki regarde l’homme qu’elle a renversé se relever et constate avec frustration et amusement à quel point elle est petite face à lui. Il y a, malgré tout, une certaine fierté dans l’action, car la crevette a renversé une personne qui mesure facilement une quarantaine de centimètres de plus qu’elle. Pour autant, la blonde ne sait pas trop comment réagir, si elle doit être joyeuse ou perturbée de le voir rire. Se moque-t-il d’elle ? Oui ? Non ? Au fond, n’est-ce pas normal ? Si, probablement. Elle hausse les épaules. Toute cette chasse, toute cette préparation pour ça ! Pour un inconnu qui en plus se fout d’elle ! Les espoirs que cette personne soit extraordinaire sont grands. Parce que s’il est inintéressant, cela n’aura plus aucun sens et la biche sera perdue. Pour de bon. Quelle horreur !

Kenshin. Metaru Kenshin. Metaru … La blonde arque un sourcil. Ce nom est très connu à Kumo. Une famille extrêmement puissante, connue pour ses grandes connaissances et sa richesse. Rien à voir avec la roturière qu’est Tsuki, en somme. Pourtant, il a ri et il a l’air de poser des questions. Dès lors, il se détache du préjugé de base, qui le décrirait comme un homme hautain, froid, inintéressant. C’est déjà un bon point, la biche n’est peut-être pas perdue pour rien ! Le sourire de Tsuki s’agrandit.
« Enchantée, Kenshin. Et encore désolée pour cette agression ! », dit-elle en s’inclinant légèrement.
Puis la question tombe, comme un couperet. La même question que d’habitude, celle que tous posent quand ils apprennent ce qu’elle fait. C’est une sorte de litanie, au final. Pourquoi chasser ? Par passion ou par métier ? Tsuki aimerait dire par métier, mais ce n’est pas le cas. Un jour, peut-être. Mais pas pour ce genre de proies. Surtout pas maintenant qu’elle est devenue genin. La chasse sera réorientée vers d’autres cibles, un jour. Des cibles plus intéressantes, probablement. La blonde hausse une épaule.
« C’est un hobby ! Je chasse depuis l’enfance. Hohoemi Rinka, ma mère, est une excellente chasseresse au village. Parfois elle ramène des proies conséquentes. Généralement ses capacités sont mises au profit de la sécurité de Kumo. Si une bête sauvage s’avère dangereuse, elle s’en va la traquer pour la descendre. Vous vous doutez donc que j’ai tout appris de ma mère. »
Le sourire de la demoiselle revient, plus grand, probablement plus doux aussi. Tsuki a toujours été très fière de ses origines, notamment de sa mère, qui est une combattante hors-pair. Certes, elle refuse d’appliquer les mêmes méthodes et d’être un instrument de mort, mais elle est très heureuse que cette dernière soit aussi douée dans ce qu’elle fait. La blondinette écarte les bras, désignant la forêt.
« Cet endroit est mon terrain de jeu favori, je le connais de fond en comble. Je viens très souvent ici, pour faire des repérages ou pour chasser, tout simplement. Ma prise d’aujourd’hui est … particulière, disons. »
Tsuki adresse un clin d’œil complice au Genin qui lui fait face. C’est effectivement une très grosse prise. Elle ne pourra pas l’emmener à la maison, mais il y aura des histoires à raconter, c’est quand même intéressant ! La blonde croise les bras sur sa poitrine, la tête levée pour pouvoir faire « face » à son interlocuteur.
« Bon, maintenant que vous êtes ma ‘biche’ pour aujourd’hui, que dîtes-vous de me parler un peu de vous ? »
Un regard appuyé, accompagné d’un sourire malicieux. Après tout, il faut bien rentabiliser son temps, non ? Si elle avait su que la chasse la ferait tomber sur une personne, elle se serait peut-être mieux préparée ! Maintenant il faut improviser, agir en fonction de l’autre, parler, bouger … Tout se complique d’un coup. Certes, c’est intéressant, mais la biche il suffisait de tomber dessus et de lui mettre un coup de kunai ou deux et c’était réglé ! Là ça demande quand même un peu plus d’efforts. Bah. Elle prend son courage à deux pattes et décide de ne pas rester inactive.
« Venez, on ne va pas rester immobiles ici ! Marchons, la forêt est vaste et il fait beau, autant en profiter ! »
Pas de biche, pas de biche. Alors autant repartir dans l’autre sens, ou simplement vagabonder. Cet homme aura bien des histoires à raconter à une petite demoiselle, non ?
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Ven 24 Aoû 2018 - 1:20
Tsuki semble… très différente de toutes les personnes que j’ai pu rencontrer jusqu’à aujourd’hui. Pas de frivolité inutile, de politesse superflue, ou encore de timidité pesante, simplement une jeune femme naturelle et pleine de vie. Elle s’incline légèrement en guise de politesse de je fais de même. D’habitude, je n’aime guère que l’on m’appelle directement par mon prénom, mais dans son cas cela ne me dérange pas. Cela ne semble ni forcé, ni insolent, juste une évidence. Tsuki m’explique qu’elle pratique la chasse depuis sa tendre enfance, un hobby que semble lui avoir enseignée sa mère, elle-même chasseuse… mais plus talentueuse. Ainsi elle serait en charge de la traque des bêtes dangereuses rodant aux alentours du village. Bien que rare, ce genre de situation peut être problématique et envoyer des shinobis inexpérimenté en chasse s’avérer être une pure perte de temps. A contrario, la situation ne nécessiterait pas non plus que l’on envoie un shinobi traqueur talentueux, tant leur présence au village et en mission est cruciale. Ainsi, ce genre de personnes s’avère être le parfait compris, un bon usage des ressources à disposition.

Tout d’abord intense, le sourire de Tsuki se fait plus doux et chaleureux. La jeune fille doit avoir environ 16 ans… et bien que petite elle dégage une certaine… Elégance ? Sauvagerie ? Un peu des deux. La forêt est son terrain de jeu, un terrain qu’elle dit connaître de fond en comble, tant elle y est venue par de maintes occasions pour du repérage ou la chasse. Comme elle le dit si bien, sa prise d’aujourd’hui sort de l’ordinaire et je réponds à son clin d’œil complice par un sourire sincère. Ma question ayant trouvé réponse, Tsuki m’invite – sa biche – à parler de moi tout en la suivant à travers la forêt. Après tout, pourquoi pas ? Je saisis donc sa proposition et hoche la tête. Ses pas nous guidant à travers les arbres centenaires de cette forêt, j’observe, j’écoute, je sens… Fermant les yeux afin de ressentir encore mieux l’esprit de la forêt.

Parler de moi ?... Que dire…

« C’est la toute première fois que je sors dans la forêt. La toute première fois même que je sors d’un sentier, d’une ville ou d’un village. »

Pour elle, je dois soit paraître pour un fou, soit pour un idiot.

« Non pas que je n’en avais l’opportunité… Mais jamais je n’ai ressenti ce besoin d’aller vers l’inconnu, bien confortablement installé dans la situation qu’était la mienne… »

Une situation qui, depuis l’accident, avait radicalement changé. De ce changement avait émané un besoin de renouveau, de découverte. J’avais… j’ai besoin de vivre par moi-même, pour moi-même et pour se faire je dois apprendre à me comprendre. Découvrir ce qui me fait envie, ce qui me fait peur et ce qui me passionne.

« Mais tôt ou tard la vérité nous rattrape et la chute n’en est que plus longue et dure. »
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Ven 24 Aoû 2018 - 16:54
Le monde est peuplé de personnes toutes différentes les unes des autres. Des gens qui ont tout vu, d’autres qui n’ont rien vu. Certaines personnes, sans être jamais sorties de leur cocon, ont vécu plus de choses que d’autres, qui ont voyagé, ne peuvent en raconter. Chaque chose se passe différemment, chaque chose se vit différemment. Lorsque Tsuki pose ses prunelles sur le jeune homme, elle voit une personne mûre, qui a probablement cinq voire dix ans de plus qu’elle. Une personne adulte, qui a vécu énormément de choses, simplement dans sa sphère personnelle. La blonde a beau s’être baladée ici et là, tout autour de Kumo, et avoir vécu de nombreuses aventures grâce à la chasse, elle n’est pas certaine d’avoir autant de choses à raconter que Kenshin. Ou alors, peut-être, mais ses histoires se ressembleraient toutes. Devenir ninja lui permettra certainement de rectifier le tir. Elle hoche simplement la tête lorsqu’il lui dit qu’il n’est jamais vraiment sorti du village, mais décide d’orienter la balade vers des sentiers forestiers plus beaux, où la lumière met davantage en valeur la végétation. À la fin, Tsuki l’emmènera jusqu’à la clairière, qui fait son effet sur chaque personne qui n’a jamais mis les pieds ici.

La kunoichi hausse les épaules lorsqu’il lui avoue avoir vécu confortablement dans son petit confort. Cette réaction n’empêche pas un sourire de naître sur ses lèvres. Loin d’être moqueuse, cette mimique lui permet d’afficher qu’elle a pris conscience de la personne à ses côtés ; une personne qui n’a pas assez vécu à l’extérieur, mais qui a probablement trop vécu dans sa propre sphère. Il correspond à la deuxième catégorie des gens, des gens intéressants malgré tout. Tsuki continue d’avancer, paisible, calme. Le silence reprend ses droits, avant d’être de nouveau brisé par Kenshin. Une phrase bien plus sombre et nébuleuse, qui ne lance qu’une piste de son histoire et ne l’approfondit pas. La Genin poursuit sa marche jusqu’à les emmener sur un long chemin, où les feuilles brillent d’un vert étonnamment lumineux grâce au soleil. Il s’agit probablement de la plus jolie route jusqu’à la clairière.
« Eh bien … L’inconnu est quelque chose qui attire les chasseurs. De tout temps, notre catégorie a été confrontée aux histoires étranges, aux animaux, aux nuits de camp ; à toutes ces choses qui font de nous des êtres de la nature. Je pourrais me déplacer ici les yeux fermés sans jamais me perdre. Pourtant, il y a en vous quelque chose que je n’ai pas. » Elle marque une pause. « Vous dîtes que vous n’êtes jamais sorti de l’inconnu, dans mon cas c’est l’inverse. Mon ‘connu’ est ce qui vous est inconnu. Mais ce qui vous est connu m’échappe. Je passe mon temps dehors, entre deux chasses ou autres activités. Je n’ai pas de vie de famille comme les autres, je n’ai aucune histoire familiale qui traîne de génération en génération. Les seules prouesses des Hohoemi sont d’avoir une femme chasseresse qui traque les animaux et un homme médecin qui ne brille pas. Autant dire que c’est très peu. »
Elle hausse les épaules et tourne la tête pour regarder Kenshin. Un sourire sincère naît sur ses lèvres. Tsuki, c’est un peu ça aussi. Une créature de la nature, qui n’a d’intérêt que pour son instinct animal, ce côté prédateur qui fait d’elle une bonne traqueuse. Le reste … Le reste n’existe pas, ou peu. Mais peu importe.
« Pour autant, je pense que l’un et l’autre ont la même valeur. Vous aurez des histoires à raconter que je ne pourrais pas vous raconter, et inversement. Même si je ne comprendrais pas forcément ce que vous me direz, surtout sur un plan émotionnel ; j’y verrais un intérêt probablement plus grand qu’une personne qui connaît l’univers dans lequel vous vivez. »
Terre-à-terre, réfléchie, calme. Quand elle quitte son mode d’action, Tsuki pèse ses mots, pense à l’impact qu’ils peuvent avoir. Elle considère être capable de cerner les gens plutôt facilement. Ce jeune homme, par exemple, a besoin de quelque chose de nouveau. Autrement, il n’aurait pas abandonné son cocon pour se retrouver ici, à la merci de tous les animaux sauvages qui les entourent. De ce fait, s’il a besoin d’extérieur, de changement, la Genin pense être particulièrement bien placé pour ça. Après tout, une chasseresse n’a aucune idée de la vie en intérieur ; elle ne peut que lui apporter des choses radicalement différentes.
« De ce que vous me dîtes, votre arrivée dans mon univers a été causé par un événement … fâcheux, je dirais. Je ne vous demanderais pas de détails à ce sujet, si vous souhaitez m’en parler, vous le pouvez ; je comprendrais que cela reste sous silence si vous ne le voulez pas. »
Leurs pas les mènent peu à peu jusqu’à la clairière, qui apparaît derrière les arbres. Encore lointaine, elle se dévoile petit à petit à leurs yeux. Tsuki semble ralentir, pour laisser à Kenshin le temps d’apprécier ce qui l’entoure.
« Mais du coup. Comment est la vie d’intérieur ? Est-ce que c’est cet ‘accident’, disons, qui vous a mené à devenir Genin ? »
La maturité et la réflexion n’empêchent quand même pas la blonde d’être très curieuse. Tout savoir l’intéresse beaucoup. C’est peut-être cette particularité qui fait d’elle une personne pas tout à fait mature ; elle s’en approche mais elle a encore des progrès à faire. Pourtant, ici, sa curiosité n’est pas mue par un désir de tout savoir, mais par un intérêt véritable : cet homme vient d’un univers diamétralement opposé au sien, un univers dont elle ne connaît rien. Après tout, les Metaru sont une famille puissante, vaste et extrêmement connue dans leur village. Un de leurs représentants à forcément des choses intéressantes à raconter.
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Lun 27 Aoû 2018 - 23:32
Mes dernières paroles ont bien plus de portée que je ne l’aurai espéré. Telle une serrure à travers laquelle on regarderai pour voir ce qu’il se cache derrière cette porte blindée, je laisse apparaître des troubles que je préfère garder cacher, à l’abri des regards. Toutes cette nouveauté, cette rencontre et cet environnement me poussent à m’adapter… et à agir comme je ne l’ai jamais fait. Tout autour de nous défile la forêt. Si l’on regarde vaguement, on ne voit que des cimes et des arbustes… Mais si l’on s’attarde un peu et que l’on pose les yeux sur une feuille ou un tronc, on peut voir à quel point la nature déborde de vie. Ici un papillon, là une chenille. Des fourmis, et une toile d’araignée… Le bruit des oiseaux qui chantent, perché sur le piédestal de feuille… et le bruit des crissement, signes que nous sommes observés, en cachette… L’ambiance se fait moins sombre, plus légère au fur et à mesure que nous avançons. L’épais bois laisse place à une forêt plus clairsemée. Nous arrivons sur un sentier plus large que les précédents. Ici, le soleil traverse la tranchée désignée par le chemin pour s’engouffrer dans la mer de verdure, faisant briller de tous leurs éclats les fleurs et les feuilles présentes dans son sillage.
La chasseresse m’explique que l’inconnu est une chose qui fascine les personnes dans son genre. De tout temps, les chasseurs se sont confrontés aux bêtes qui ont façonnées les comptes et les légendes. Ce que la nature fait de plus beau, de plus hideux, de plus doux et de plus dangereux. Dans cette forêt qu’elle connait si bien – au point où elle pourrait se balader les yeux fermés – la Hohoemi trouve tous ses repères. Mais tandis qu’elle connaît se monde comme sa poche, ce monde qui m’est si étranger… c’est de mon monde dont elle me confie avoir peur. Un monde qu’elle n’a jamais connu tant ont été rares les moments où elle restait dans le cœur de la civilisation. Mon inconnu est son connu et mon connu et son inconnu. Une complémentarité nait de deux mondes que tout oppose. Un fils issu de la noblesse et une chausseuse. Une jeune femme qui n’a jamais connu les histoires de famille et les clans. Qui ne sait pas ce que cela fait de vivre dans un clan aussi important et influent que le clan Metaru. Un clan qui attend le meilleur de ses éléments les plus prometteurs, sans quoi ils ne valent rien de moins que les soldats qu’on envoie en première ligne. Amour, communauté, jalousie, responsabilité. Tant de bons et de mauvais souvenirs que la jeune femme n’a jamais pu expérimenter. Elle doit se contenter d’un père médecin, ni bon ni mauvais, et d’une mère dont les talents de chasseuse ont fait parler d’elle. Une célébrité éphémère, dont le nom disparaîtra aussitôt la mort passée. Son regard croise le mien, un sourire sincère nait sur ses lèvres. Mais je reste stoïque et tend mon regard vers le chemin devant moi.
Nos deux histoires sont complémentaires, ni l’une ni l’autre ne se démarque de par sa valeur ou son importance, comme deux faces d’une même pièce. Seules, elles sont incomplètes… mais unies, elles obtiennent alors toute leur valeur. Quelqu’un qui serait en possession de la même face que moi ne verrait probablement pas d’intérêt à mon histoire, si ce n’est une banale histoire de famille. Quelqu’un possédant l’autre face, comme la Hohoemi serait au contraire captivé par le récit d’un monde dont elle ignore tout. La jeune femme qui était si vivante et dynamique quelques instant plus tôt a laissée place à une jeune femme posée et réfléchie. L’une des nombreuses facettes qui doivent la composer.
Mes propos, comme je le craignais ont dépassé ma pensée. Ils lui ont permis de comprendre qu’un événement avait causé ce changement radical. Bien qu’elle ne me demande pas d’en dire elle, la kunoichi me tend une main en m’indiquant qui si j’en ressentais le besoin, je pouvais me confier à elle à tout moment.
Inenvisageable.
Je balaye cette idée avant même qu’elle n’est pu germée dans mon esprit. La forêt laisse place à une clairière, telle une oasis dans une désert d’arbre. Mon accompagnatrice ralentie le pas, comme pour me laisser plus de temps pour observer le tableau qui se dévoile devant moi. Quand elle disait connaître à la perfection tous les recoins de cette forêt, est-ce cela qu’elle sous-entendait ?

Vient alors la question tant attendue : la curiosité de la Hohoemi la pousse à découvrir cet inconnu qu’elle désire tant connaître. Mais sa curiosité la pousse à aller trop loin. A braver des sentiers que je ne lui permets pas d’emprunter. Arrivé à la limite séparant les bois de la clairière, je m’arrête pour me poser contre la cime d’un arbre. Inutile de répondre à sa deuxième question, le silence parlera de lui-même. Cependant, par respect pour cet univers, son univers qu’elle m’a fait découvrir, je me dois de lui faire découvrir le mien.


« La vie intérieure est… riche, complexe, triste et joyeuse. La vie intérieur n’est que le reflet de l’âme humaine : ce qu’il peut en émerger de meilleur et ce qu’il peut en émerger de pire.

Si je veux que mon discours puisse lui être compréhensible, je me dois de l’adapter pour elle. Ainsi, je prends quelques instants pour former ma pensée avant de me lancer dans mon histoire.

« Je ne suis pas uniquement né dans le puissant clan Metaru. Je suis également né dans l’une des branches les plus influentes au sein du clan et par extension du village. Père et Mère possèdent tous deux des rôles influents au sein de la société Kumojin. Ils font partie des gens qui peuvent faire pencher la balance dans un sens ou dans l’autre, ceux que l’on ne peut ignorer si l’on faire un choix. Dans cette famille je suis celui qui représente tous les espoirs de leur parent. Fils unique, j’ai été très jeune formé à tout le panel de compétence qui me serait utile pour remplir mon rôle. Arts ninja, économie, gestion, politique, mathématique, maîtrise des langues et des cultures. Mon éducation s’est faite par le biais de professeur tous plus talentueux les uns que les autres. C’est un univers riche, mais également impitoyable. Les bons amis sont rares et la loyauté se paye au prix fort. A contrario, les ennemis sont nombreux, de même que les personnes qui cherchent à vous nuire. Que ce soit par intérêt ou par pur plaisir, il faut se méfier de tous. Trouver parmi toute la foule ceux qui vous resteront fidèle et ne pas les perdre. La richesse de ce monde n’a d’égal que la richesse de ses débats et de sa culture. Tout est à notre portée, de l’histoire la plus lointaine au tableau le plus cher. Du plus beau bâtiment, au plus récent des bateaux. Mais qui dit pouvoir dit aussi responsabilité. La responsabilité de milliers de personnes que nous faisons vivre. Si nous ne remplissons pas notre rôle, le peuple en souffrira. Si nous le faisons souffrir, alors le peuple nous déchoira. A contrario, si nous remplissons bien notre rôle il nous adulera et nous respectera. Nous avons entre nos main la responsabilité de milliers de vies. C’est un poids donc nous devons être conscient à chaque instant, à chaque décision. Le respect et d’or et ne se forge que dans la confiance. La confiance ne peut se forger que dans le respect du rôle qui nous est indu. »
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Mar 28 Aoû 2018 - 1:45
De la philosophie. Des histoires de bon, de mauvais, de meilleur et de pire. Tsuki pose des prunelles incrédules sur le brun qui l’accompagne. Concrètement. Qu’est-ce qu’il dit ? Non parce que là, ça ne veut rien dire du tout. En gros, la vie intérieure c’est … Le bordel ? Un bazar sans nom qui montre ce que les gens ont de meilleur mais aussi de pire ? Donc la vie intérieure c’est pire que la vie dans la forêt ? Eh bien ! Si Tsuki s’était un jour imaginé que la nature s’avérait plus accueillante que la maison … Quoique. Au fond. Ça se tient. Au moins l’animal, une fois attrapé ou une fois qu’il a fui, ne risque plus de crier sur qui que ce soit. Enfin, de base, il ne crie pas sur qui que ce soit ; il ne fait pas de réflexion. L’animal vit selon ses instincts et ne juge pas. Il fait sa vie, c’est tout. Donc ouais, au fond peut-être que la vie dans la nature est plus intéressante que la vie dans une maison.

Le jeune homme se cale contre un arbre et inspire. Puis il parle. Beaucoup. Il dit beaucoup de choses, que Tsuki écoute d’une oreille plus qu’attentive. Parce que là, il ne décrit plus quelque chose de connu, non. Il décrit sa vie. Son entourage. Son environnement. Cette grande chose inconnue aux yeux de la blondinette. Un univers compliqué, où il apprend les mathématiques, l’économie, la gestion – c’est quoi ça ? – et d’autres choses franchement pas intéressantes. Et puis, après l’apprentissage, il y a les obligations. Probablement aussi une histoire de réputation ? Il est Metaru, il est connu, il y a forcément beaucoup de regards indiscrets qui n’attendent que de se poser sur lui pour le juger. Une contrainte énorme, qui ferait imploser la Genin. Enfin, censément, qu’en sait-elle ? Elle ne vit pas dans cet univers, elle n’y a pas grandi. Pour elle, l’enfance se résume à courir après de grandes proies, souvent bien plus grandes qu’elle, puis les regarder se faire chasser par maman. Une enfance simple, mais heureuse, sans contrainte comme celle qu’énonce Kenshin.

Puis … Il s’enfonce dans les explications, raconte que ce monde forge à un monde où personne n’est fiable. Où il faut se méfier de tout le monde. Jusque-là, Tsuki comprend. Mais elle n’apprécie pas non plus. La méfiance est une chose, mais si son propre monde est ainsi, comment fait-il ? Si sa propre famille est aussi impitoyable, comment fait-il ? Le monde riche, le monde d’intérieur. Un monde bien étrange, bien dur. Un univers qui pose sur leurs épaules des responsabilités énormes, bien trop énormes pour eux. Des responsabilités terriblement lourdes, qui peuvent avoir des conséquences abominables. Perdre le pouvoir, perdre leur réputation. Mais c’est également quelque chose d’incroyable, au fond. Parce que s’ils s’y prennent bien, ils ont le peuple dans la poche, mais ils ont également le pouvoir. La force. La grandeur. Cette chose que tous, un jour, a désiré. Le respect des autres, le regard bienveillant. Beaucoup de bonnes choses noyées sous un amas de mauvaises. C’est incroyable. Comment l’Homme peut écraser son prochain avec autant de responsabilités ? Finalement, même si c’est génial quand on voit les récompenses qui sont à la clé, Tsuki considère que sa vie d’extérieur, avec ses petits animaux et sa chasse, sont bien plus paisibles. Une vie simple. Tellement plus facile que sa vie à lui.

Elle n’a pas lâché un mot de toute son explication, surprise. Là, tout de suite ? Il n’y a qu’un mot qui parvient à s’échapper d’entre ses lèvres.
« Wow. »
Toutes les informations passent jusqu’à son cerveau et elle réfléchit. C’est étrange. Tellement étrange. Toutes ces choses, toute cette vie. Beaucoup de questions émergent dans son cerveau, lentement d’abord, puis à toute vitesse. Elles s’empilent, à une vitesse phénoménale et s’arrêtent brusquement lorsque Tsuki reprend le contrôle. D’abord, parler. Poser les questions ensuite. Un temps pour tout.
« Je n’ose imaginer le courage dont vous faîtes preuve pour vivre dans cet univers. »
Ses yeux incarnats clignent rapidement. Ce monde l’aurait mangée. Depuis bien trop longtemps déjà. La chasse, à côté ? Boarf, partie de plaisir. C’est dingue comme toutes ses questions existentielles paraissent futiles à côté d’une telle explication. C’est ça, le monde intérieur ? Eh bien, le monde extérieur, c’est mieux. Sans aucun doute. Elle reprend.
« Je veux dire. Je comprends qu’il faille se méfier de tout un chacun. Je dois avouer que je suis d’accord, l’Homme est un loup pour l’Homme, la plus dangereuse menace qui pèse sur lui. Pourtant, avoir des requins jusque dans son propre univers, je trouve ça … Terrible. Vous vous reposez, quelque fois ? Vous arrivez à voir le bon en l’autre ? Et, surtout, est-ce qu’il existe autre chose que des faux semblants ? »
Tsuki pose un doigt sur sa joue, pensive. Elle lève les yeux au ciel et soupire, avant de revenir aussi vite sur terre. Elle fixe Kenshin. C’est peut-être ça, le charisme ? Cette aura qui émane de lui et force le respect ? Elle vient probablement de son éducation, de tout ce qu’il a vécu. Un sourire gentil naît sur les lèvres de la blonde. Il lui raconte une vie bien différente de la sienne, alors elle écoute, tente de comprendre, échange. Bref, Tsuki est Tsuki.
« Je ne sais pas si je suis désolée ou si je suis admirative. Peut-être les deux. J’ai passé quasiment toute ma vie avec des préoccupations particulièrement stupides, en comparaison avec tout ce que vous pouvez vivre au quotidien. Pourtant, quand je vous entends, je me dis que mon univers est … plus sain. Plus doux. Il est bien plus facile de vivre avec mes amis les animaux et ma famille modeste qu’avec la votre. Je me demande sincèrement comment vous faîtes et je ne suis pas sûre qu’à votre place, j’y arriverais. Au fond, je serais probablement différente moi aussi, mais … Mais je n’envie pas la vie d’intérieur. Je dis ça sans chercher à vous offenser ! Mais l’humanité a l’air bafouée par des enjeux que je ne saisis pas forcément entièrement. »
Tsuki hausse doucement les épaules. Cette situation est bien trop compliquée pour ses convictions innocentes. Pour elle, se limiter à garder une cible en vie est déjà suffisant. Pourtant, cet homme lui semble de plus en plus intéressant, ses histoires sont si différentes, si hors de portée de la blonde. Tout a l’air tellement grand, avec beaucoup de risques mais aussi beaucoup de récompenses ! C’est si intéressant !
« Mais, du coup. Y a-t-il de nombreux ninjas issus du clan Metaru ? J’imagine que oui, mais devez-vous combiner ça avec l’autre partie de votre vie ? Tout ce qui est économie, tout ça, vous devez aussi vous en soucier une fois que vous devenez ninja ? »
La blonde se reprend brusquement.
« Pardon, je pose beaucoup trop de questions … » Elle marque une petite pause. « Bah ! Je pourrais vous parler de ma vie aussi. Ça me paraît moins intéressant que votre univers, mais peut-être y trouverez-vous le même intérêt que je ressens pour votre monde. Pardonnez mon indiscrétion, à nouveau si vous ne voulez pas répondre à certaines questions, n’y répondez pas, je ne vous en voudrais pas. »
Parce qu’elle a remarqué, oui. Mais qu’elle n’a rien dit, parce que peu importe au fond. Le but n’est pas de se vexer à la moindre question qui passe à la trappe, mais d’échanger. De parler de tout, de rien, mais surtout de ces univers qui coexistent en ne se touchant presque jamais. Ces univers si différents, qui, lorsqu’ils entrent en collision, s’apportent tant l’un à l’autre.
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Mer 17 Oct 2018 - 21:25
Voilà un discours que je n’ai encore jamais tenu… jusqu’à ce jour. En ai-je trop dit ? Non, tout ce que je viens de dire là est accessible à ceux qui se donnent la peine d’observer ce monde assez longtemps pour en lever le voile. Rares sont ceux êtres, mais ils existent tout de même.

Sa réaction se fait tout naturellement et c’est ainsi qu’un « wow » des plus spontané est prononcé. La jeune femme prend le temps de la réflexion, décortiquant probablement mes propos afin de les mâcher au mieux. Pour elle qui vient d’un monde dont tout oppose au mien, ce ne doit pas être facile de l’imaginer. La nature, la chasse, les étendues vertes ou les monts impénétrables… Tout cela est retranscrit dans les romans et les livres. Tout cela, notre imaginaire peut le toucher du doigt, accompagné par ceux dont la plume a cherché à retranscrire la beauté de la nature. Mais rares sont ceux qui, à l’opposé, ont cherché à retranscrire le mien de manière fidèle. Nous ne le permettons pas. Si tel était le cas, nous pourrions perdre l’adoration du peuple, ce piédestal sur lequel nous sommes placés et qui nous permet de les diriger sans que nous ordres et décisions ne soient – trop – contestées. Un piédestal nécessaire au bon ordre des choses, à l’ordre que nous ancêtres ont créé et que nous nous efforçons de protéger et de perpétuer. De la monté en puissance des clans jusqu’à la formation des villages cachés, tout cela s’imprime dans une logique de réunification, de compromis afin de trouver aux problèmes des solutions pérennes. Mais à chaque équilibre trouvé, un nouveau déséquilibre apparaît. Jadis se fut l’apparition des shinobis. Hier ce fut celui des autres villages shinobis. Et demain, que sera-t-il ? Nous ne pouvons qu’attendre, nous préparer et observer. Rien ne sert de paniquer. La peur elle est utile, car elle est le feu qui nourrit notre désir de survie. Ce feu étant lui-même nourrie par la vie elle-même. Un feu qui s’allume, brûle, et s’éteint petit à petit… A moins que l’on vienne brutalement briser ce cycle. La jeune femme parle de courage : le courage nécessaire pour vivre dans cet univers… mais il ne s’agit pas là de courage. Quand vous naissez dans un monde, vous faut-il du courage pour y vivre ? Alors même que c’est tout ce que vous avez toujours connu ? Non. Il faut du courage pour sortir de son monde. Il faut du courage pour se battre à contrecourant, sortir de sa zone de confort, prendre des risques et explorer. Découvrir. Comprendre. Accepter. Il faut du courage pour affronter l’inconnu. Il faut de la peur pour affronter la mort. Il faut de l’amour pour combattre pour la vie. Un nouveau silence, témoin des rouages qui s’activent dans son esprit. Ses yeux clignent puis s’arrêtent. Sa parole reprend, confiante, interrogative. Son… Son analyse… ou plutôt son interprétation n’est pas exempte de défaut. Il en ressort une vision idéalisée du sien. Des requins dans notre monde ? Evidemment. Mais ces requins sont présents partout. L’homme est un requin pour l’homme, quel que soit le monde dans lequel il évolue. Dans le sien également, quoi qu’elle puisse en penser. Cependant, elle n’a pas tort de penser qu’il est difficile de voir le bon dans les autres. Mais je préfère penser que, contrairement aux autres, nous ne nous faisons aucune illusion. Le bon et le mal existe en chacun de nous. Il ne tient qu’à nous de pencher vers l’un, ou vers l’autre. Il existe évidemment autre chose que des faux-semblants. Enfin, bien que moi-même je n’y parvienne pas, il est possible de trouver le repos. Je n’arrive pas à y trouver le repos pour des raisons qui me sont propres et non pas parce qu’il est impossible de le trouver. Je n’arrive pas à le trouver parce que bien qu’étant né dans ce monde. Bien qu’aimant ce monde, il ne me suffit pas. Surtout, j’ai toujours refusé de regarder la réalité en face. Je me suis menti à moi-même pendant toutes ces années et j’ai continué sur un chemin que l’on avait tracé pour moi. Un chemin qui n’admettait pas de repos. Mais aujourd’hui, la réalité est toute autre. Si un jour je décide d’y retourner… Ou plutôt, quand le jour viendra où je devrai y retourner pour accomplir mes responsabilités, alors ce sera mon chemin que je tracerai. Avec ses combats mais aussi ses repos. Mais ses réponses sont des réponses que je n’ai pas à lui apporter. Ce sont des réponses qu’elle doit trouver par elle-même. Des réponses que nous tous, nous devons trouver par nous-même.

Nos regards se croisent et se fixent. Pensive, Tsuki m’observe. Mon regard la quitte et vient balayer la clairière qui nous fait face. Une clairière battue par une légère brise, faisant danser l’herbe au gré de de ses paroles. L’air sur ma peau… L’odeur de la nature… La lumière… Tout. Tout est différent. Tout est différent de ce que j’ai toujours connu dans les villes, les villages et sur les sentiers des hommes. Une… aura se dégage… Une aura étrange. Nouvelle. Inconnue. Une aura que je parviens peu à peu à assimiler, sans pour autant la comprendre. Le « silence » est à nouveau brisé par les commentaires de ma guide. Une guide qui est partagée en désolation et admiration. Un jugement qui s’avère être proche de ce qu’il devrait être. On peut être admiratif devant le meilleur, et abasourdi devant le pire. Au fond, nous ne sommes que des hommes vivant dans un monde d’homme, bien qu’inatteignable pour la très grande majorité des hommes. Pour une femme qui n’a jamais eu à se préoccuper de prendre des décisions pouvant impacter la vie ou la mort de tout un village, cela doit-être une chute bien rude. Ses préoccupations n’en sont pour autant pas stupide, contrairement à ce qu’elle vient à penser. Se préoccuper de devoir manger, ou payer son loyer à la fin du moins est loin d’être stupide. Seulement cela a en effet moins de conséquence que les nôtres. Elles n’en sont pas moins importantes, mais moins… moins conséquentes. Eux vivent pour eux-mêmes. Nous, nous vivons pour tous. L’un n’est pas plus difficile que l’autre… Il n’existe par exemple par de plus dure tâche que d’élever ses enfants. Mais tandis que nous sommes tous – ou presque – conçu à cet effet, rares sont ceux qui le sont pour diriger. Et encore plus rares sont ceux qui deviendront de bons dirigeants. Elle n’envie en rien notre vie et je le comprends parfaitement. Exposé ainsi, on ne voit que les difficultés. Mais à côté… tant de choses nous sont accessibles. Tout ou presque nous est accessible. C’est un prix à payer. Dans la vie l’on a rien sans rien. Mais c’est un prix qui vaut la peine d’être payé, pour ceux qui sont prêt à le faire. Ainsi elle n’envie pas notre place, ce qui ne m’offense pas le moins du monde. Ça dernière phrase elle… parvient néanmoins à le faire. L’humanité bafouée par des enjeux ? Pourquoi serait-elle bafouée par des enjeux qu’elle a elle-même crée ? Il ne s’agit pas de bafouer quoi que ce soit mais du développement logique. Du « destin » comme certains aiment l’appeler. Nous ne bafouons rien. Nous remplissons un rôle que l’humanité nous demande de remplir et ce qu’importe ce que peuvent dire nos antagonistes. Nous ne faisons que remplir un vide, un vide que l’humanité a elle-même crée.

A nouveau le silence se brise et les questions s’enchainent. Mes propos semblent avoir mis son esprit en ébullition, ce qui est loin de me déplaire. Rares sont les occasions de pouvoir débattre à un tel niveau. Elles n’en sont que plus précieuses.


« Avant de te questionner sur ta vie, puisqu’en effet cela m’intéresse, je vais prendre le temps de répondre à vos questions. »

Je prends quelques secondes pour poser le silence et donner au temps à la jeune femme de se préparer.

« Nous sommes environ une centaine dans le clan. Le clan Metaru est le plus grand de tous à Kumo. Bien que certains soient également importants, comme les Nara, ils ne sont pas aussi nombreux que nous. Tous parmi nous possède… Presque tous parmi nous possède la capacité de maîtriser le métal sous sa forme brute. Il existe bien l’un des nôtres qui n’est capable de maîtriser que la limaille de fer, mais c’est bien l’une des seules exceptions du genre. En conséquence : oui, je dois combiner mes deux vies. Celle de noble et celle de membre de clan. Mais je ne suis pas un simple noble. Je ne suis pas non plus un simple Metaru. Je suis un noble du clan Metaru. Ainsi ce ne sont pas deux vies à combiner, mais une seule vie, différentes des deux autres que nous venons de citer. Enfin, au début de notre formation de shinobi nous n’avons pas à nous soucier de connaissances telles que l’économie. Mais nous, comme vous, devons-nous en soucier lorsque montons en grade. Un juunin peut se voir assigner des missions très importantes, relatant des qualité d’un chef. Je dirai même que pour devenir juunin, un shinobi se doit d’avoir les qualités et les connaissances d’un chef. »

C’est la raison pour laquelle bon nombre n’atteignent jamais ce niveau et se contentent de rester chuunin tout au long de leur vie.

« Mais puisque j’ai en effet beaucoup parlé de moi, j’aimerai que nous parlions de vous. Votre vie m’est inconnue. Bien que j’aie pu lire de nombreux ouvrages sur votre monde, je souhaite le découvrir par moi-même. L’entendre de votre propre bouche. Je suis donc tout ouïe. »

Je me relève de la cime de mon arbre pour me placer debout, face à la jeune femme. Les manières parfaites et ma tenue minutieusement ajustée, je concentre tous mes sens sur la jeune femme afin d’empêcher mon esprit de se balader dans ces contrées encore nouvelles.
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Ma biche à moi, c'est toi. [Kenshin]

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