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Drag Me To Hell ▬ Solo ▬ Pt 2


Sam 18 Aoû 2018 - 15:35
Lieu : Pays de la Terre.
An : Aux alentours de 202.

. : Drag Me To Hell : .



Charette.
Chevaux.
Blé.

Cachette parfaite que celle d’un agriculteur grincheux et de son associé mystérieux pour défaire les barrières et les protections des pays. À l’exact opposé d’un « Go Fast » ; les créatures trainant l’embarcation trottaient à une allure sereine, sans but réel, sans idiotie, à un rythme qui ne relevait rien d’extraordinaire. Les âmes se remplissent dans ton estomac mais tu te sentais toujours aussi seul, capuche visée sur crâne, les habituelles mèches rebelles trahissaient un être presque roi du sous monde. Comme une version dépassée de soi-même ; comme légion dans conscience ; seul face à la prison. À cette geôle rouillée qui avait une longueur de retard, pour l’instant. Observe les paysages rocailleux de ton pays avant d’en oublier la majeure partie, pluie sur une peinture à l’huile.

Dégoulinante.
Suintante.
Perdante.

Comme une vie brisée, mourir clope au bec, sortir de l’anonymat et avoir les gens qui te mangent dans la main, les mangeant à ton tour. Adieu pays commerçant ; bienveillant sur la plupart des gens, gentillesse dans du formol. Aucune concurrence dans l’évasion, une crainte dans les boyaux, il fallait pouvoir être serein, stable. Un réseau qui se développait peu à peu alors que les gens disparaissaient autour de ta personne. Que cela soit tes anciens compagnons de guerre. Que cela soit ta famille partielle. Que cela soit ta propre personne. Effacement de la personnalité face aux étoiles journalières que sont les ectoplasmes perdus, ces habitants, ces tromperies physiques.

Pour l’instant, ton compagnon de route s’était abstenu de te communiquer le trajet ainsi que la destination finale. Cela ne te dérangeait pas plus que ça, tant que tu évitais les territoires Iwajins ainsi que le Pays du Feu. Les interactions que tu avais eu avec les habitants de ces deux patries n’était pas signe de bienveillance. Il valait mieux se faire petit - comme à ton habitude - pendant un petit moment, le temps que la tension qui allait naitre à ton égard explose puis, à la manière d’une marée, disparaisse.

L’homme au grain de peau rongé par le soleil et le travail de dur labeur se focalisait entièrement sur sa destination, une carte mauvaise entre les jambes, le regard droit sur la route et ces compagnons à quatre pattes. La cargaison était lourde, épaisse et imposante à l’arrière. Le blé fraichement coupé devait être livrer le plus rapidement possible. Toutefois, il semblait que l’habitant du petit hameau préférait prendre, plus ou moins, son temps. Une allure qui, comme déjà dis, n’éveillait pas de soupçon. Ce voyage ressemblait presque à une pause tempérée dans ta haine de l’être humain et de ses valeurs ; presque.

Tes yeux sanguins se perdirent peu à peu dans les longs et imposants paysages de Tsuchi No Kumi, grand et imposant pays terreux, berceau d’un commerce fleurissant. L’impression de minima, l’impression d’être infime face aux rochers millénaires, face aux peintures antiques qu’on découvre ici et là, face aux animaux gargantuesques qui opèrent en troupeau, chassant ou fuyant en fonction de l’ordre établi par l’immuable chaine alimentaire. Il y avait de la beauté dans la violence instaurée par la nature elle-même. Dans ce cycle gourmand où les plus terrifiants régnaient presque en maitre sur leur territoire, sur leur monde. Finalement, un lion n’était rien d’autre qu’un militaire de sa patrie, de sa famille. Quelle est ton rôle, alors ? Celui de l’antilope, courir, fuir, survivre. Pour tes maitres. Pour eux. Non pour toi, pour ton bonheur. Instrument désigné par une ivresse barbare infinie, il est impossible pour toi de fuir ton destin teinté de pourpre et de goudron visqueux.

La route était tracée par les passages réguliers des charrettes et des ruraux se déplaçant jour et nuit pour répondre aux demandeurs des villes, à ces consommateurs avides de nouvelles richesses, de bijoux exotiques, de coeur à croquer et surtout… D’espoir dans le matérialisme. Prendre les routes commerçantes pour fuir, une idée assez saugrenue qui eu le mérite de te faire sourire presque humainement derrière ton épaisse capuche bouffante. Un signe de bonheur qui cependant n’échappa pas à l’agraire, tournant alors son regard vers ta personne.

Allons, qu’est c’qui t’fait sourire comme ça ? 
Je trouve ce trajet reposant. 
Ah bah, on est bien loin d’ces villages Ninja et d’leur querelle ! 
Tant mieux. 


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Sam 18 Aoû 2018 - 22:25
. : Drag Me To Hell : .



Quelques charrettes passèrent dans le sens inverse au vôtre, avec un peu d’oeil on pouvait rapidement avoir le lieu de provenance de ces dernières. Par exemple, tu avais eu l’occasion de voir passer une délégation quelconque du pays du Vent, les épais et lents chameaux remplaçant les traditionnels chevaux, certainement un Prince quelconque ou bien un marchand d’épices sûrement aisé. Les autres pays et territoires avaient tous des coutumes différentes, et pour le coup, il s’agissait là d’un des rares points positifs que tu avais : La découverte de culture différente. Il y avait de ces paysages que personne ne découvrira à travers le rôle de chien de guerre. Ton rôle d’antilope te permettait de voir au delà des réalités, de voir au travers des chemins dessinés par les grands politiciens, par les monstres d’égoïsme et les terrifiants.

L’homme à ta gauche ne semblait pas être plus que ça être intéressé par les voisins qui vous dépassaient ou, à contrario, ceux qui allaient dans un sens inverse au vôtre. Comme un foetus tu te faisais petit, comme un flambeau l’évitant autour de ton enveloppe corporelle, tu savais pertinemment que la population allait mettre à mal ta petite personne. Tu prônais des codes qui n’étaient pas les leurs alors le cou devait être pendu ; alors l’homme devait mourir ; un Kunai explosif n’est rien sans le mouvement de l’homme. Un long et puissant soupire traversa l’entièreté de ton corps empli de diverses cicatrices. La création d’un fossé propre à ta personne, que tu n’arrivais même pas à franchir. Un goût d’or dans la bouche, un plomb dans la dent, un morceau de viande maudit de la Princesse qui avait une saveur de délice malgré les jours effacés.

Avale.
Morceau.

Cette vieux fragment de la Princesse coincé sous tes dents de sagesse jamais soignées te fit clore les prunelles. Comme un rêve. Comme un sentiment d’extase. Comme une appétence, un besoin viscéral. Intérieurement, tu espérais pouvoir danser sur les charognes des chasseurs malgré la non violence voulue envers les membres d’Iwa. Rien contre les clebards ; ce sont les Maitres les véritables tueurs. Oubliant alors ce qui t’entourait pendant quelques secondes, la scène de la grande dévoreuse regagna ton esprit. Si bonne. Si fraiche. Si… Parfaite. Les démons t’avaient offert l’un des meilleurs mets que tu avais eu le loisir de découvrir. Malheureusement, le dôme de cristal avait eu raison de ta gloutonnerie. L’ayant laissé pour morte, de ton expérience militaire, les gueux du pays de la Terre n’allait pas mettre longtemps pour mettre la main sur le corps.

Grand public.
Crédule.

Se mentir est un art.
Les chiens ; pour un os.

Sur un papier volant ; tu aurais pu écrire ton nom pour la postérité. Mais personne ne se souviendra de toi. Quiconque oubliera ton nom après le deuxième déserteur prit dans les mailles du filet. Tu n’es qu’une page d’histoire passagère, un objectif à atteindre, une mission perdue dans quelques paperasses administratives. Une secousse dû à la route mal entretenue te réveilla, t’obligeant à rouvrir tes paupières et de redécouvrir ton train de vie. Apporte la pierre à l’édifice de la rébellion sans pouvoir voir le sommet du mur.

Tu étais un martyr ; une âme asséchée par l’envie des Grands et des Puissants du sous-Monde. Ce Pandémonium te bouffait peu à peu, suçotant jusqu’à la moindre parcelle de vie et de goutte de sang que tu avais en toi. Il y avait aucune gloire dans ce que tu faisais, la main dans la corruption et l’ignominie.

Dis moi, p’tit gars… Un s’cret pour s’cret, ça t’parait être un bon marché ? 
Ça m’éviterait de te coudre la bouche. 

Pour seule réponse, tu eus un rire gras et puissant, comme si la menace que tu venais d’émettre n’était que supposition, n’était qu’un plan sans orientation, une carte sans aiguille et sans Nord. Cela te réconforta dans une certaine mesure, les hommes des campagnes étaient bien loin de ces problèmes, des gémissements et des craintes. Finalement, tu hochas positivement la tête comme si tu acceptais ce marché. Comme un maitre de guerre, l’ancêtre envoya un coup de fouet clinquant aux chevaux aux tons bruns ; ces derniers augmentant alors presque immédiatement la cadence de leur trot. La caravane de blé tourna presque brusquement sur la droite, sans prévention, sans logique préalable mais avec une détermination qui ne laissait place à aucun doute, l’homme savait pertinemment ce qu’il faisait.

Adieu route tracée.
Chemin boueux alternatif.
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Dim 19 Aoû 2018 - 11:53
. : Drag Me To Hell : .

Chacun avait son petit jardin secret, il fallait croire. Cela ne te dérangeait pas autre mesure malgré le fait que vous quittâmes la route principale vers les frontières du pays de la Terre. C’était d’ailleurs ce que tu redoutais le plus ; si un message d’alerte avait été donné, il allait falloir jouer des pieds et des mains pour pouvoir forcer le passage en toute sérénité. Peu à peu, vous vous enfoncèrent dans un bois imprudent : Moins de lumière et donc de visibilité, les épaisses branches des arbres formaient un amas d’ombre naturel assez appréciable au vu des températures qui ne faisaient que grimper au fil des heures qui passaient.

Tu aurais pu quémander plus d’informations, des détails sur ce fameux secret mais aussi sur ce chemin alternatif. Avoir une confiance aveugle à un inconnu que tu ne connaissais que depuis bien trop peu de temps. Intérieurement, les démons s’étaient clos depuis deux jours, peut-être sous l’effet de la peur, peut-être par couardise, peut-être à cause de l’alcool de hier soir. Et si… Jashin t’avait abandonné ? Son jugement ultime s’était-il poser sur une autre tête ? Impossible, les bienheureux esprits savaient se taire lorsqu’il le fallait. Paraitre logique. Paraitre bon. Paraitre raisonnable. Pour mieux bouffer. Pour mieux apprécier la viande par la suite. Tout est une histoire de patience.

S’tu fuis Tsuchi c’est qu’t’as bien dû avoir un problème… 
Plus ou moins. 
… Mais ah qu’ça m’garde pas du tout ! Pas mes oignons mon p’tit gars. 
Pourquoi y faire allusion alors ? 
J’vais t’dire p’tit gars. T’fais bien de partir de Tsuchi, c’pas une vie ici.

Mollement, tu haussas un sourcil, tournant un regard presque intéressé vers ton interlocuteur du moment. Légèrement étonné par le comportement du champêtre, tu ne voyais qu’un homme bienheureux de sa condition et de sa vitalité simple, à l’écart des problèmes illogiques et des croisades interminables. Dans un feu grégeois, tu aurais pu perdre ce que tu appréciais mais malheureusement, tu étais obligé d’y faire référence, impossible de fuir. Impossible d’être dans l’ignorance. Au fur et à mesure que vous vous enfonciez dans cette forêt, tu sentais l’étreinte sociale te prendre à la gorge, comme un mauvais soldat au couteau rouillé. Mais tu avais besoin de cet homme là pour parvenir à tes fins ; tu ne souhaitais qu’une seule et unique chose :

Hardiesse.
Carnage.
Jouissance.

La vie de paysan semble plutôt simple, pourtant. 
L’impôt seigneurial et la dîme nous détruit n’tre tribut pour nourrir nos p’tites familles… 
Donc tu caches une partie de la récolte ? 
J’la vend plutôt… 
À qui ? 
Ça, ça t’regarde pas p’tit gars. 
Chacun ses secrets. 
On va ‘viter les frontières officielles pour aujourd’hui. 

Finalement, les villageois n’étaient pas aussi blanc qu’il y paraissait. Il s’agissait là d’un problème différent du tien mais dont la source restait la même : Le Seigneur du pays ainsi que le village caché Shinobi. Intérieurement, cela aurait pu te faire rire si la situation n’était pas ce qu’elle était. Un problème imposant pour une population étouffée par les grands et les puissants. Il y avait rien de favorable à vivre pour le bien être des autres. C’était un problème majeur qui naissait depuis quelques années au sein des différents pays. Il y avait rien de confortable dans la vie de citadin, et encore moins dans celle d’un militaire.

La carriole tourna plusieurs fois, parfois à gauche, parfois à droite, toujours sous les ordres et le fouet se faisant presque pressant de l’homme au visage épais et dur. Le chemin semblait parfaitement tracé, la carte avait été replié et déposé dans un compartiment particulier. Tout était dans la tête du cochet, tout était déjà prédéfini, un détournement du système, un pied de nez au cité militaire, un non effacé qui se voulait quelque peu effrayé. L’important était que tu arrives à bonne destination, le reste était presque superflu.
Presque.

Faisons une p’tite pause, les chevaux ont b’soin de boire et y’a une rivière à deux pas. 
Très bien. 

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Dim 19 Aoû 2018 - 18:15
. : Drag Me To Hell : .



Assez rapidement, les gestes suivirent la parole, l’épais transporteur de blé s’arrêta au abord d’une légère rivière au cours d’eau assez calme dans son ensemble. Ne détachant pas pour autant les chevaux, ces derniers furent assez proche du lieu pour pouvoir s’abreuver avec toute la facilité du monde. Les épaisses langues rosâtres détruisaient la tranquillité des vaguelettes ; poissons et petits insectes marins disparaissant temporairement, le temps de retrouver leur petit havre de paix, bien loin des humains et de leurs querelles incessantes. Objectivement, le lieu était reposant - presque trop à ton goût - mais cela amenait à une certaine méditation. Une tranquillité extérieure et naturelle qui amenait l’être humain à se remettre en question, développement des nerfs pour un gain de mouvance sociale et un sourire plus étiré que la normale.

Le cochet, à l’inverse, s’attelait grossièrement à remettre le blé et les divers branchages dans le charrette, resserrant les cordes et replaçant les cagettes qui devaient l’être. Les routes encore mal entretenues par les différences Seigneuries donnaient quelques sueurs froides aux commerçants itinérants et aux marchands vagabonds. Provenant, à la base, du Pays du Rempart, tu n’avais strictement que faire des dérives économiques que pouvait connaitre le Pays de la Terre. Bien au contraire, cela te confortait dans ton choix : Celui d’une traque continuelle entre toi et des briseurs de nuque. Que cela ne tienne, cette vie de massacre et de violence t’allait, pour l’instant, parfaitement bien.

Nous repartons dans combien de temps ? 
Une bonne quinzaine, faut qu’j’pisse ! 

Pour une fois, tu ne relevas pas, peut-être un léger sourire avant que tu ne tournes les talons. L’endroit était assez calme pour que tu puisses te permettre un recueillement interne, à l’écart pour que les maux des démons regagnent temporairement ton esprit désabusé. À quelques temps du troupeau miniature, à l’espacement conséquent de l’ancêtre, tu t’agenouillas. Point de tracement de cercle et du saint triangle : Tu préférais quelques coups de fouet plutôt que de fournir des informations à tes détracteurs. Mains jointes, il s’agissait là d’une prière à demi repentance, une sorte d’inconduite le temps de pouvoir faire les choses dans l’ordre, dans la logique et dans les règles instaurées par le Temple du Sang.

Du sang pour le Dieu du sang.
Des crânes pour le trône de Jashin.

Tes paupières se fermèrent peu à peu et ton esprit s’évada au travers d’une pluralité d’univers, de consistance, d’envies, de désirs pluriels mais surtout : Des missives que les incubes et les buveurs sanguins devaient te remettre. Ta conscience devenait brumeuse, les terres disparurent, les légers bruits aux alentours devinrent des cris de douleurs et d’horreurs. Te voilà au coeur des grands puits aux hérétiques, à cet endroit destiné aux incroyants et aux maudits. L’endroit où finira la population entière, non compréhensive de la mission qu’avait Jashin pour l’humanité.

J’ai encore faim, Deku. 
Vous aurez le dernier Sang… Maitre… 
Pourquoi devrais-je t’épargner alors que tu passes ton temps à fuir… 
J’engouffrerez les prochains dans une tempête de douleur, laissez-moi encore quelques jours. 
La Basilique des Tourments… Berger sans troupeau… 
Je… J’honorerai ma parole dès que j’aurai quitter Tchu… 
Vos territoires pathétiques ne m’intéressent pas ; seul leur sang… 
À la gloire de Jashin ! Graal de sang… Je… Promis. 
Tu as la vie sauve…. Pour le moment. 

L’imminente forme grotesque disparue dans un brouillard de cendres, malgré le dialogue intime entre toi et un émissaire de Jashin. Au même moment, un mouvement de secousse extérieur t’obligea à rouvrir tes paupières. Au dessus de ta personne, le rural se tenait debout, sourire troué comme seul message, une main sur l’épaule recouverte de l’épaisse cape faussement ivoire. Sûrement signe qu’il était temps de repartir.

Ah qu’vous z’avez des coutumes bizarres dans l’coin ! 
Un peu de méditation ne fait jamais de mal. 
S’tu l’dis p’tit gars, j’préfère ma ‘teille de gnôle. 
Silence.
Allez, on repart ! 

Tu te relevas et ôta grossièrement la poussière de tes vêtements, prenant par la suite soin à défaire quelconque trace humaine sur le sol terreux et fertile du bois. Intérieurement, tes entrailles se rétractèrent sur eux-même, le manque devenait palpable et les maudits intérieurs commençaient à s’impatienter. Mais tu ne pouvais pas te permettre de perdre un allié aussi important. Remontant presque paisiblement dans le chariot, tes crocs rongèrent ta lèvre inférieure sous l’effet du manque, sans que tu t’en rende compte directement. La faim. L’envie. L’appétence.

Scène éternelle.
Départ du guerrier.
Répétée depuis des millénaires.
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Lun 20 Aoû 2018 - 18:45
. : Drag Me To Hell : .



La chariote circulait aisément au travers d’un chemin qui n’existait pas. Un bois, certes, dense mais dont chaque recoin semblait être une aubaine à la fuite. Il était étonnant de voir à quel point le conducteur savait ce qu’il faisait malgré son âge avancé. Une existence de dur labeur qui se concluait par des insultes crachées aux pieds de Tsuchi No Kuni. Deux enveloppes corporelles qui n’avaient rien avoir mais qui se rejoignaient, main dans la main, dans des idéaux presque similaires. Une lutte sociale pour l’un, une fuite sociale pour l’autre. Il restait à savoir qui fuyait réellement et qui avait l’envie de se battre réellement. Chose point aisé lorsque l’on découvrait les réelles motivations de certains. Comme un Roi des Sauvages, les pugilats religieux méritaient-ils autant de sang versé sur un trône d’or ?

Les chevaux continuèrent leur route, charge effrénée à travers des cicatrices aux fessiers. Une sale sonorité, un claquement de cuir qui éduqua des millions d’habitants. Mais les sauvages se réveilleront. Choqué par la brutalité exacerbée des peuples dirigeants, les gens se réveilleront, lorsque les feuilles tomberont, se craqueront sous les bottes guerrières et le bruit régulier des tambours tendus. Jour de l’enterrement des villages, tu n’en avais que faire. La seule chose qui t’intéressait restait les bruits de douleurs, la chaire suintante, les visages apeurés, les mâchoires disloquées. Comme une sauvagerie dans les crocs, comme une non envie de faire les choses à demi mots. Aussi riche en os et en folie qu’un assassin présent le jour d’un enterrement. C’était des élaborations mentales qui ne menaient pour l’instant à rien, voire à pas grand chose. Mais cela avait au moins le mérite de poser les bases d’une réflexion intellectuelle, si ta conscience te permettait de faire de la philosophie de comptoir.

Homme mauvais.
Depuis la nuit des temps.

Les territoires se transforment peu à peu, changeant en fonction du temps, des allures, à partir d’un certain moment, tes yeux ne suivaient même plus les paysages. Filant plus vite qu’à l’accoutumé, un silence de mort régnait, seul le bruissement des pas violents des créatures brisaient l’amère vérité. Le bois semblait s’étendre sur une longue étendue de terre, impossible de savoir où vous vous trouviez par rapport à la frontière la plus proche, la seule chose que tu espérais c’était que vous en étiez proche. Les livraisons de denrées consommables ne pouvaient pas être extrêmement longues sous peine de voir la nourriture disparaitre, faner ou pire, se faire prendre par des bandits. Le début d’interaction entre les différents pays et territoires amenaient à une concurrence qui divisait les peuples et amenait à une flexibilité du travail. Le coursier le plus rapide pouvait vendre sa marchandise, les retardataires perdaient.

Rapidité.
Service.
Qualité.

L’astre solaire bougea, de gauche à droite puis de droite à gauche. Tu ne saurais dire réellement mais les kilomètres avalés par les monstres tireurs étaient conséquent, cela était un fait qui n’était plus à défaire. L’eau était une denrée importante de même que l’ancêtre s’enfilait quelques verres à chaque pause mais semblait ne pas être affecté plus que ça par le fort degré d’alcool coulant dans ses veines, comme une résistance, comme une protection naturelle, un entrainement digne des meilleurs guerriers. D’un point de vue personnel, tu évitas de toucher à la « ‘teille de gnôle ». Le mélange d’alcool de riz avait fait violence, il fallait que tu puisses être totalement lucide si un problème survenait. Le rôle d’un terroriste, aussi fou soit-il, devait d’être paré à n’importe quelle éventualité.

Nous y sommes pres'que. 

Cette phrase éveilla ta curiosité, visage perdant monotonie du voyage, ta colonne vertébrale se redressa, capuche blanchâtre toujours posé naturellement sur un visage balafré par les agresseurs et les agressés. Presque comme un murmure, presque comme une pensée à toi-même. Presque comme… Un soulagement, finalement. Tes commissures asséchées s’animèrent dans un souffle, un mi-mot, une bassement.

Un aveux.

Tsuchi n’aura pas Jashin.

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Jeu 23 Aoû 2018 - 14:59
. : Drag Me To Hell : .



Partir en paix.
Partir à la mer.
Partir à la guerre.

Le mal était un élève, un coeur qui battait fort, une équipe à moitié isolée. Un sommeil manquant et les démons qui arrivaient lorsque les organes s’abimaient. Un système qui demandait une libération immédiate, des clients mécontents, une envie d’être dans les nuages ivoires hors des sphères humaines. Tu levas le bout du nez et aperçu finalement la sortie de la forêt, les nombreux arbres puissants et centenaires formant une pseudo haie d’honneur laissait échapper quelques nappes de lumière, flambeau d’illumination similaire aux chandelles d’un mariage arrangé entre seigneuries. Les deux monstruosités tireuses de char s’arrêtèrent peu à peu sous le sifflement particulier du maitre de séance, une véritable confiance mutuelle s’étant établie entre l’ouvrier et la nourriture sur pattes.

La promenade semblait prendre fin. Le jour de gloire était arrivé, prenez les armes, citoyens. Chassons le dragon Iwajin de sa taverne. Ou fuyons. C’était au choix et la deuxième solution semblait presque la meilleure au vu des évènements. C’était d’ailleurs pour cela que tu y étais ici aujourd’hui, cette non envie de faire du social avec les partisans de la chasse et de la traque. Une partie sombre d’une partition, d’une vitalité, un faux pas et les signes et leurs interprétations n’étaient rarement efficaces. Ton visage se tourna presque naturellement vers le cocher, le seul guide valable de la région à tes yeux. Tu aurais pu partir de ton côté, sans l’aide d’un homme, sans l’aide de la rapidité, finir dans un trou à rat, à attendre. Mais il y avait plus important pour l’instant.

Lorsqu’on aura dépassé cet'rivière, nous 'rons à Ame. 

Ame ; le territoire corrompu.
L’antre des terreurs.
Le sanctuaire des délices interdits.

Ton regard se porta un temps sur la légère rivière qui séparait naturellement les deux pays. Une frontière ignorée à cause de la végétation, de la complication d’accès à ce lieu. Un peu plus loin, un antique pont se tenait là, vestige d’un temps passé dont les pierres semblaient s’effriter juste aux caprices des cieux et des hommes. Un endroit inoccupé, peut-être par manque de moyen, ou simple oubli militaire. Mais cela suffisait à parvenir en terre sainte, à sortir des terribles problèmes, vie bénite et hors d’emprise. Un large sourire épais naquit au creux de tes commissures asséchées par le manque de sang. Mais il y avait mieux aujourd’hui ; peu méchant dans le fond. Peu sincère dans ses propos mais un pied dans le cercle et le triangle.

Ne tardons pas, dans ce cas.

Sur ce presque commandement, les chevaux reprirent leur marche, plus lentement cette fois-ci. Comme apaisé par le fait que la libération se trouvait à la fin de ce pont, le duo que vous formiez semblait être plus serein et un demi sourire de volonté apparu sur les deux visages, l’un toujours parfaitement caché par l’épais drap vestimentaire. Anonymat parfait pendant une fuite vénale, les premières pierres du pont tombaient sous l’épaisse marchandise et le poids de ta non culpabilité, des âmes que tu avais sacrifiées pour Jashin, pour le carnage et les carnages à venir…

Le passage du pont se fit dans la lenteur, la précaution et l’observation. Fragilité architecturale, timidité animale, construction digne d’une folie. Cela amenait à une reconstruction monétaire d’un pays qui ne savait même pas faire son travail correctement. Toi, cela te suffisait amplement. Une fois le pont passé, le paysan regarda derrière son épaule, comme une dernière vérification, comme une acceptation d’avoir passé la frontière, bien loin des Postes frontaliers.

Z’allons partir pour la cap’tale, l’voyage est encore longuet mais… 
… Nous ne sommes plus sous la juridiction du Pays de la Terre. 

Te voilà à Ame No Kuni.
Terre des criminels.
Terre nouvelle.
Délice.

Merci Princesse.

Citation :
Partie 2 : Terminée.

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