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[C] Libre - A la guerre comme à la guerre.


Jeu 23 Aoû 2018 - 13:22
Contexte :
 

#1 Première métamorphose.

A l’ouverture de l’ordre de mission, Yasuo parut d’abord circonspect. S’il était bien vrai que certains shinobis dans le village avaient assez mal hérité de la volonté d’Iwa, de ce symbole de force et d’unité duquel ils étaient tous débiteurs, le jeune garçon semblait étonné que certains parmi la masse fussent de vrais paresseux. Il était fait mention de deux chûnins : Borukan Akihito et Hyuga Hiroo, l’un comme l’autre n’avait accompli de mission depuis l’attaque des kirijins aux remparts d’Iwa ! Il fallait reconnaître que lui-même, jeune genin, n’en avait pas accompli beaucoup de son côté, mais il n’était qu’apprenti, ceux-ci était des shinobis confirmés, dont la responsabilité était au moins de représenter la force du village et son investissement militaire.

L’enjeu de la mission était apparemment de persuader « certains » gradés (les deux étaient littéralement nommés) qu’il était tout à fait temps de se remettre au travail. Il était étonnant pour le jeune garçon qu’une autorité plus compétente et plus légitime ne s’en occupât pas. En effet, il n’était que genin et n’était absolument personne pour ces deux gradés-là. Malgré le panel de technique de persuasion que le garçonnet avait à disposition, rien ne parviendrait à convaincre les deux fainéants de se mettre au travail – à la limite cela les divertirait et les ferait rire. Rien de plus. La persuasion frontale à partir de son mètre soixante ne serait pas suffisante. L’idée jaillit alors dans son esprit comme un feu d’artifice. Cela semblait évident en soi : si lui n’avait pas l’apparence de l’autorité, il suffisait de l’emprunter à quelqu’un. Exercice de base de l’académie que Yasuo avait su peaufiner du fait de sa maîtrise des altérations visuelles, la métamorphose lui permettait d’accomplir cette tâche. Il ne restait plus qu’à trouver de quel visage il voulait se farder pour sa mission.

Le choix était difficile. La majorité des ninjas d’élite étaient occupés à des tâches diverses (d’où le fait qu’on envoyait des genins motiver des chunins à se mettre au travail) et surtout, il fallait pouvoir rester crédible au regard d’un plus gradé que soi. Ce problème de crédibilité limitait finalement assez grandement son choix. Le Sotaicho du Yamagenzo, nouvellement fils du Sandaime, Hyuga Takumi pouvait vraisemblablement faire l’affaire, mais Yasuo ne l’avait jusqu’à présent qu’entraperçu parmi les shinobis. Le directeur de l’Académie d’Iwa, Borukan Muramasa pouvait avoir aussi un poids. Le jeune adolescent l’avait davantage croisé au détour des couloirs et de certaines études, il y avait peut-être plus de chance de réussite de ce côté là. La pensée d’un professeur illumina alors son esprit : même s’il n’avait pu, jusqu’à présent trop fréquenter ni voir son senseï, il avait au moins la chance de l’avoir en tant que chef d’équipe. Tenshi et lui-même, sous la tutelle du Sandaime formaient l’équipe Tensaï, et de qui pouvait davantage s’inspirer Yasuo en terme d’autorité que du Sandaime lui-même ?

Rassemblant ses mains et concentrant son chakra lumineux autour de lui, ses traits commencent à se brouiller. Petit à petit, l’adolescent grandit, sa silhouette se pare d’une finesse svelte et d’une peau de glace dans laquelle deux iris rougeoyant semblent brûler doucement. Le travail du visage, tout en harmonie et en douceur est délicat, la longueur des cheveux, leur coloration variable selon les mèches nécessite une pensée plus précise, un éclat satiné. Un regard dans le miroir et tu te trouves avec satisfaction remarquablement ressemblant.

Les prémices de la mission exigeaient d’abord que tu découvres qui étaient les deux oisifs mentionnés plus tôt ainsi que le genre de mission auxquelles tu pouvais les occuper. La tâche n’est pas passionnante, mais nécessaire. Les rues te semblent vides, sèches, les sentiers couverts de roches d’Iwa ne rendent pas l’été supportable, semblent une prison éternelle constituée dans son essence même d’une irritante chaleur. Les portes du comité de recensement sont grinçantes, l’enfer bureaucratique prend tout son sens dans la salle doucereusement chaude. L’ultime secrétaire épargnée par les météores paraît étonnée de te voir ici et tu penses soudainement et avec raison que le personnel administratif est certainement au courant de ce qui occupe réellement le Sandaime. Tu réfléchis et garde ce regard froid, mystérieux qui fait ton charisme et ton effet. Les joues de la jeune femme se teinte avec discrétion d’une pointe rosissante et elle te tend les dossiers tant attendus.

Tu sors du bureau, l’adrénaline te secoue encore les veines et dans une ruelle sombre, laquelle n’est à la vue de personne, tu reprends ta figure originale. Un petit nuage de fumée, une faible odeur de brûlé et Yasuo reparaît, le registre de mission en main et les informations si précieuses assez facilement acquises. Mettons cela sur la chaleur et le manque de personnel, mais il serait bon d’en informer les responsables plus compétents.

Borukan Akihito, d’après le document est un chûnin efficace mais rêveur et dilettante. Son dossier expliquait qu’il ne s’agissait pas d’un homme contre le travail, mais qu’il avait besoin d’un cadre présent autour de lui. Une mission encadrée par un architecte pour la reconstruction des remparts serait parfaite. Le second chûnin, le Hyûga semblait poser davantage de problème, mais il n’était pas temps de s’y intéresser. Chaque affaire se traite en son temps et il était temps de rejoindre la périphérie de la ville, où le Borukan passait ses soirées, songeur, en face à face avec les dernières lueurs célestes.


Dernière édition par Akiji Yasuo le Lun 17 Sep 2018 - 0:28, édité 1 fois
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Sam 15 Sep 2018 - 0:52
#2 Gagner la confiance.

Le soir gagnait les rues d’Iwa. Le soleil courbait son itinéraire dans la grande toile des cieux et Yasuo rejoignait les portes du village. Son objectif, Borukan Akihito l’attendait là-bas. Apparemment jeune poète, peu lié à l’impétuosité sanguine de son clan, le jeune chûnin appréciait contempler les vermeilles et sanglantes lueurs du soleil à l’agonie. C’était une qualité respectable selon l’adolescent. Toute lumière avait son lot de qualité, mais les derniers éclats du soir, comme les premières étoiles du matin étaient de ses préférés.

Arrivé aux portes, il préféra le secret d’une ruelle pour avoir recours au rituel nécessaire à la réalisation de sa mission. Reprendre trait pour trait l’apparence de son sensei. Le Sandaime, riche de son élégance n’était pas une mince à reproduire mais le sérieux du garçonnet à la tâche suffisait à venir à bout des détails tenaces. D’abord, se grandir un peu, la silhouette plus svelte, éteindre le feu de ses cheveux et noircir l’arrière des mèches. Affiner ton visage et allonger tes traits, cette pâleur presque froide qui t’est si familière.

Tu sortis de cette ruelle avec douceur et volupté. Les portes passées, le regard surpris des gardes non avertis, un sourire du bout de tes lèvres, un simple trait sur cette fine voile blanche. Ils n’ont rien demandé. Attendaient-ils peut-être une explication ? Quelque chose ? Mais qui aurait pu se permettre d’exiger du Tsuchikage – de toi – des explications ?

Tu vois le jeune homme, il t’apparaît de loin, assis, contemplatif, tel que tu l’imaginais. Dans la lueur du soir – flamboyante – tu t’installes à son côté. La paix du lieu est un rêve éveillé, chaleureux, doux. Le Borukan saisit alors à peine ta présence et s’étonne, s’effraie, réalise. Il s’effraie par respect et tu respectes cela. Tu sais que les hommes peuvent craindre les puissants, tu n’imagines pas qu’ils ne le fassent pas. Tu t’attendais toi-même à cette réaction et ne cilles pas. Aucune sévérité n’émerge de tes traits, tu connais ce jeune homme, tu connais cette crainte, ce désir de liberté parmi les hommes et leur convention auquel tu as toujours aspiré. Tu connais ce besoin d’être réconforté, d’être convaincu que ta raison d’être est légitime, que comme chacun d’eux, tu as le droit d’être ici.

« Je me permets, si cela ne va pas sans te déranger, jeune Borukan, de t’accompagner pendant les quelques derniers instants de ce spectacle. » Tu assortis ta demande d’un sourire fébrile, chaleureux. Tu remarques les traits surpris se détendre, apprécier ce moment pour sa seule unicité.

« Je viens souvent regarder les derniers rayons du soleil. J’y vois un calme que je ne retrouve pas chez les miens… »

Tu écoutes, patiemment, les déboires et tristesses d’un jeune adolescent perdu. Tu sais qu’il n’est pas comme les siens, tu reconnais la mélancolie qui l’habite et le cadre qui doit l’aider à se reconstruire. Il se plaint de cette différence, de son intégration difficile auprès des siens, de son refus de correspondre à ceux-là. Ce n’est pas une question de volonté ou de paresse – il ne supporte seulement plus ce qu’on exige de lui, cette insupportable nécessité d’être fort et puissant et présent dans le monde.

« Personne n’a rien à exiger de toi. Sois qui tu souhaites être et comme tu souhaites l’être. Ton village t’a toujours bercé en son sein pour te laisser libre de vivre à ton souhait. Tu as le droit d’être ici, tu peux contempler ce spectacle comme moi-même je me le permets parfois. Tu as le droit d’être ici comme tu entends l’être, et ça n’est pas un clan, même le plus sanguin d’entre eux qui doit t’imposer une vie hors de celle que tu veux vivre. »

Le jeune Borukan reste pensif et souriant. Le discours est séduisant mais facile. Tu espères au fond de toi qu’il ne se méfie de rien. Tu as encore de la chance qu’il n’ait rien remarqué. Mais le travail n’est pas fini.

« Toutefois, tout libre que tu es, ton village a besoin de toi. Je connais ta valeur et sais que tu as déjà pu fournir d’excellents travaux. Tu n’as pas besoin de travailler avec d’autres shinobis, ni ceux de ton clan. S’ils attendent de toi ce que tu n’es pas, à toi de montrer que tu es différent et heureux dans cette différence. Cette différence ne te rend cependant pas service si tu la cultives dans la solitude. J’ai besoin de toi sur un chantier de fortification, auprès d’un architecte et d’une équipe entièrement constitué d’ouvriers. Il m’a semblé que tu convenais parfaitement à cette tâche..? »

Le garçon face à toi à maintenant l’œil ouvert et attentif à ton propos. Il ne comprend pas que tu aies pu t’intéresser à un cas dans son genre. Tu lui expliques avec simplicité les besoins que l’on peut avoir de lui. Tu arbores, malgré un regard soutenu, un faible sourire d’homme reconnaissant – à l’avance. Son intérêt est manifeste. Il souhaite retrouver une attache à ce village qui semble ne pas vouloir de lui. Les fortifications et l’architecture lui plaisent davantage que la pure stratégie et l’entraînement militaire. Tu souris maintenant pleinement et lui tends le parchemin le concernant.

Alors, un bruissement. Bref, étouffé, surprise. Derrière un bosquet peut-être, un crissement sur les graviers. Tu n’as pas fait assez attention.
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Lun 17 Sep 2018 - 18:49
#3 Attaque surprise.

Ton oreille est surprise. Ta conversation et ton objectif de rester crédible dans l’apparent aspect de Yoshitsune-sama avait complètement monopolisé ton attention. Il te paraissait clair que cette illusion n’aurait pas fonctionné sur un regard plus aiguisé, ou pire, sur un habitué du Sandaime, tu avais de la chance, du moins, un petit peu. Chance certes relativisée à ce moment précis, moment où ce bruissement met en péril toute la réussite de la mission.

Éveillant tes sens et tes capacités sensorielles, tu perçois l’aura de deux personnes. Un frisson saisit ton dos et remue tes entrailles. Que dois-tu faire ? Peut-être ne sont-ce que de simples civils que la fin de journée libère de leur tâche. Peut-être seulement des gardes qui t’ont suivi, inquiet de laisser seul l’ombre du village. Pourquoi rester cachés dans ce cas-là ?

Face à toi, l’expression soupçonneuse du jeune chûnnin t’éclaire sur le trouble que tu dois renvoyer. Tu lèves doucement la main en signe de silence et reprends l’explication des détails de la mission et de l’affectation. Joignant à celles-ci des informations sur la situation actuelle, tu espères parvenir à ce qu’il saisisse le danger potentiel qui vous guette tout deux. Deux personnes, bosquet, silencieuses, en observation. Les rouages de tes pensées ne prennent pas de repos. Tu ne peux pas te permettre de reprendre ton identité maintenant alors que la mission touche pratiquement à son but, tu ne peux pas non plus laisser paraître une quelconque frayeur. Qui pourrait se targuer d’effrayer le Tsuchikage ?

Nouveau bruissement. Un éclair traverse le visage de ton acolyte, il a compris. Un des hommes cachés vient de vivement se déplacer d’un bosquet à un autre. L’ombre du soir l’aide à se dissimuler physiquement. Tu sais pourtant ce qu’il en est. Un kunaï jaillit des feuillages. Comme tu l’avais imaginé dans le pire des cas, ces shinobis ne sont pas des alliés. Akihito, qui, grâce à tes messages a pleine conscience de ce qui se passe, n’est pas surpris et esquive l’arme comme tu le fis. Plongé malgré tout dans tes réflexions : quelle stratégie utiliser – tu ne peux te permettre de faire usage de tes techniques, celles-ci ne correspondent en rien à celle de ton maître – tu ne remarques pas le second kunaï suivant le premier, il déchira un brin de peau, une marque souriante, sur le haut de l’épaule. Nouvelle erreur de ta part, le Tsuchikage n’aurait pas permis une blessure.

Le Borukan ne semble pourtant pas y faire attention, chargeant vivement le bosquet d’où les kunaïs avaient été tirés, une aura incandescente autour du poing. Tu n’observes pas ce qui s’ensuit, trop heureux que cette distraction fasse oublier ton erreur. Tu ne sais pas de quel niveau sont tes adversaires, c’est le problème fondamental. Tu profites du dos tourné de ton allié pour produire un moineau lumineux et l’envoyer exploser là où tu localisais précédemment le second ennemi. Il semble toujours y être. L’éclair jaillit du buisson, il esquive, se couvre les yeux. La lumière l’a eu. Tu entends Akihito jurer de son côté : le petit bosquet est en flamme et le shinobi – des déserteurs apparemment – semble lui donner du mal. Pensée trop rapide, des poignes sombres sortes de terre et immobilisent l’homme. Tout semble bien aller finalement.

Tu n’as pas le temps de beaucoup plus considérer son cas : tu es chargé par le comparse, lequel semble animé par le seul désespoir de sa cause. Tu profites de l’éblouissement précédent pour produire une illusion, éviter son coup et parvient à l’atteindre en plein visage. Tu ne peux pas utiliser de kunaï – Tu n’as jamais vu Yoshitsune-sama qu’avec un sabre, en bon samouraï – tout ce peut se faire qu’à la main. Tu profites du contact physique établi par le coup pour altérer ses sens et finir de le mettre hors de combat. Tu as eu de la chance, il ne s’agissait que d’un simple voleur.

Au moment où tu délaisses le corps évanoui, un projectile est à toute vitesse envoyé dans ta direction. Tu ne le vois pas encore venir, mais tes sens en alerte t’ont prévenu. Tu ne peux rien faire, tu es en train de te retourner et tu ne peux rien faire. Ton corps est trop lent dans ce corps factice. Un orbe fulminant de flamme apparaît dans ton champ de vision, l’ennemi a visé juste, elle va te frapper de plein fouet. Tu fermes les yeux, raidis ton corps, te prépares à l’impact, aux brûlures et aux douleurs et sens un vent chaud caresser ta peau.

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Un temps obscur. Ton souffle est haletant. Tu entends un cri au loin. Le Borukan appelle. Ce n’est pas un cri de détresse mais empli de détresse – à ton égard. Tu rouvres les yeux, tu es allongé à même le sol, mais aucune douleur vive ne traverse ton corps. Les ruines d’un petit mur de terre se tiennent à quelques mètres de toi. Il t’a protégé. Soufflé par l’explosion, quelques éclats du mur ont égratigné ton visage et ton corps a été soulevé de terre mais l’essentiel t’a évité. Tu es sauf et l’autre adversaire est au tapis lui aussi, sonné par l’uppercut ayant jaillit d’entre ses pieds. Les commissures des lèvres de Yoshitsune-sama remontent sur ses joues en un sourire.

« Tout va bien, Akihito. Je te remercie. »

Le jeune homme retiendra qu’il a sauvé le Sandaime. Peut-être apprendra-t-il plus tard qu’il n’a sauvé que toi, un simple genin, mais cela suffit, pour le moment à reproduire en lui la joie confiante qui l’avait quitté jusqu’à présent au village. Vous attachez les deux hommes et prévenez les gardes aux portes afin qu’ils s’en occupent. Votre travail à vous est terminé.

Une fois séparé du jeune chûnnin, tu retrouves ta ruelle ainsi que ton apparence. Tu ne peux plus maintenir ce corps plus grand que toi et cette présence mystique que tout les citoyens admirent avec ferveur. Les doigts recouvrent petit à petit leur longueur, les cheveux leur teinte blonde et les yeux, leur ambre. Les traits s’arrondissent, reprennent cette douceur chérubine et dans l’odeur de brûlé caractéristique de la fin d’une métamorphose, Yasuo se retrouve lui-même. Plus qu’à souhaiter que le cas du second chûnnin sera plus facile à traiter.
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