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Les pierres de la mémoire. [Shin]


Ven 7 Sep 2018 - 15:40
les pierres de la mémoire.

Début 198.

Partir. Tout quitter, comme ça, en se dirigeant vers un ailleurs inconnu mais « meilleur ». Un inconnu qui offrira plus d’avenir à sa famille. Tsuchi no Kuni est déjà loin, pourtant Tsuki n’a toujours pas compris la démarche de ses parents. Rinka et Kyoei, un jour, lui ont simplement dit qu’ils prenaient la route. Le voyage serait long et durerait peut-être des mois, voire une année, mais il en valait la peine. Sans davantage de précisions, la gamine a simplement compris, au fil du temps, qu’ils se dirigent vers Shitaderu. C’est un endroit très lointain, à l’autre bout du continent, entouré par la mer. Elle ne sait pas davantage à son sujet. Seulement, voilà. Elle doit y aller. Ses parents l’ont décidé, elle suit. Au fond, Tsuki leur fait confiance, mais une profonde tristesse l’habite quant à leur décision. Sa vie à Tsuchi no Kuni, contrairement à la leur, ne faisait que commencer. Une petite fille, de nombreux rêves, de grandes ambitions. Et un voyage. Très long voyage.

L’itinéraire est flou, la blondinette ne comprend pas particulièrement où elle va, mais Maman a dit qu’ils arrivent à Hi no Kuni. Le pays du feu. De ce que lui a dit Papa, ce sera la plus longue partie de leur voyage après avoir passé Tsuchi no Kuni. Donc une fois ce pays traversé, il ne restera plus très longtemps ? Peu importe. Tsuki voyage, Tsuki avance. Tsuki n’a pas son mot à dire, elle est trop jeune pour contredire Papa et Maman. Tsuchi lui manque. Sa maison lui manque. Les animaux lui manquent. Ah, elle ne peut pas se plaindre, Maman l’emmène chasser presque tous les jours ! Du coup, elle apprend beaucoup. Mais c’est différent. Une sorte de poids est constamment sur ses épaules, il pèse. Et il est lourd. Le poids de la petite fille qui quitte son pays, se confronte à bien des dangers sans même le savoir. Ses parents sont très forts, ils lui permettent de dormir sur ses deux oreilles pendant qu’ils éradiquent tout ce qui peut la mettre en danger. Les blessures ? Une chasse un peu maladroite. Du haut de ses douze ans, Tsuki ne se pose pas la question, elle fait confiance à sa mère. Les accidents peuvent arriver. Et puis. Au fond, elle n’a pas envie de se demander. Tout quitter du jour au lendemain est déjà beaucoup, tout ce qui peut s’y ajouter est superflu.
« Bien, l’auberge est ici, tu peux te balader mais tu ne sors pas du village, d’accord ? »
Tsuki hoche lentement la tête. Okaiji. Maman a dit ça tout à l’heure. C’est peut-être – sûrement – le nom du village. Un petit endroit calme, paisible. La blonde, en passant, a repéré un endroit avec plein de pierres, juste des pierres. À Tsuchi no Kuni, des pierres, il y en a beaucoup, mais cette fois, elles sont différentes. Elles sont taillées dans des formes singulières, que la demoiselle n’a que rarement, voire jamais vues. Du coup, sa curiosité l’amène directement vers là-bas ! Les mystères ne doivent jamais rester mystères.

Une grande arche accueille Tsuki. Elle s’ouvre sur un regroupement de toutes ces pierres étranges. Il y en a beaucoup, comme si la zone entière en était pavée. La gamine décide d’avancer. À sa grande surprise, des noms et des dates sont notées sur les pierres. Souvent deux dates, accolées l’une à l’autre. Dans les livres d’histoire, il y a beaucoup de dates comme ça. Qui signifient souvent le début et la fin. Tsuki arque un sourcil. Un nom suivi de dates. Un nom, des petites phrases, mais surtout deux années. L’information fait le tour jusqu’à son cerveau. Ceci est un cimetière. Les pierres étranges sont des pierres utilisées pour honorer la mémoire de ceux qui sont morts. C’est la première fois qu’elle en voit un, ses seules connaissances viennent des livres qu’elle a lus sur le sujet. Grande lectrice, la blonde connaît bien des choses en théorie, mais la pratique reste lacunaire. Enfin, le mystère est résolu.

Sa tête tourne en direction d’un petit bruit. Presque inaudible, il est pourtant présent. Il y a quelqu’un, là-bas. Des cheveux blancs, une silhouette installée devant une pierre tombale. Elle se pensait toute seule, pourtant. Tsuki ne sait pas particulièrement comment réagir. S’il faut le déranger ou non. La blonde décide de ne pas l’embêter, quand son attention se porte sur un joyau. Quelque chose d’extraordinaire. Une aubaine. Il y a un chat ! Tout petit, aux poils tout noirs, il se balade tranquillement dans le cimetière. L’attention déviée du jeune homme, la demoiselle se précipite à la hâte pour attraper le chat.

Le félin la fuit aussi sec, apeuré par la gamine qui lui fonce dessus. Tant bien que mal, l’animal esquive le jeune homme. Ne pas le déranger, hein ? Raté. Terriblement gênée, Tsuki se rend compte qu’elle est bien plus proche du jeune homme qu’elle le pensait. Il est juste là. Et elle l’embête probablement beaucoup. Les prunelles incarnates vont chercher le sol, comme pour se rassurer. Elle attrape une de ses couettes blondes avec sa main et se mordille la lèvre.
« Je suis désolée, je ne voulais pas vous déranger … »
Eh bien. S’il avait plu, cette scène aurait été la plus clichée qui soit. Heureusement, le soleil se trouve haut dans le ciel et il fait relativement beau. C’est déjà ça.

Spoiler:
 


Dernière édition par Hohoemi Tsuki le Ven 7 Sep 2018 - 23:16, édité 2 fois
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Ven 7 Sep 2018 - 16:38




Les pierres de la mémoire



Shin était de retour à son village natal avec la troupe de mercenaire l’ayant embarqué quelques années plus tôt. Il était heureux, satisfait de ce retour, lui permettant de revoir sa famille. Une joie qui fût brisée, balayée en une fraction de seconde quand il apprit le décès de sa famille durant son absence, une maladie, à ce qu’il parait. Les supérieurs l’avaient autorisé à se rendre sur leurs tombes, par compassion, ou pour ne pas éveillé de soupçons quant à leurs liens dans cette mort, il n’en savait rien, et ne le saurait probablement jamais. Mais c’était sans importance. Le jeune homme observait le marbre froid, gravé des noms et dates de mort de sa famille, tandis qu’il ne savait pas vraiment quoi dire, ni quoi faire. Son sang gouttait sur le sol, coulant le long de son bras encore peu cicatrisé de la séance de torture de la veille, mais c’était bien la cadet de ses soucis à l’heure actuelle. Son intention se porta sur les noms, il s’accroupit et posa sa main dessus, fermant un peu les yeux, tandis qu’il se remémorait les quelques souvenirs encore présents dans sa tête.

Sa mère préparant le dinant, pendant que son père lui comptait ses aventures de jeunesse avec le voisin.. L’annonce de l’arrivée possible d’une petite sœur… Maintenant qu’il y pensait.. Où était-elle ? Il n’y avait pas de troisième tombe, et vu les dates, ce n’était tout simplement pas possible qu’elle soit mort enceinte… Il n’y avait aucune trace de fille lui ressemblant de près ou de loin au village non plus maintenant qu’il y pensait. Comment cela était-il possible ? Il se figea alors soudain, ouvrant grand les yeux. Un autre groupe de mercenaire l’aurait embarqué ?! Non… Sa seule famille possiblement encore en vie, et il n’avait pas la moindre idée d’où elle pouvait se trouvait. Qu’avait-il donc fait aux dieux pour mériter une telle vie ? Son existence était donc si gênante pour les plans divins qu’on voulait le conduire au suicide avec une série d’évènement plus tragiques les uns que les autres ?

Il secoua un peu la tête, avant de remarqué une boule de poile sombre passé à côté de lui, à une vitesse folle, comme si l’animal était pourchassé, ce qui n’était pas si loin de la vérité avec un peu de recul. Il se retourna ensuite, observant l’endroit d’où venait le chat. Une gamine… Que faisait-elle ici ? Plus important, où était sa mère ? Il la détailla quelques instant, avant de se rendre compte qu’elle ne ressemblait à personne qu’il connaissait, et pourtant, vu la taille de ce petit hameau, il connaissait probablement tout le monde. Il se retourna alors entièrement vers elle en penchant un peu la tête. En temps normal, il serait méfiant, très probablement, mais là, ce n’était qu’une enfant, il ne pensait pas avoir grand-chose à craindre d’une gamine.

- Tu ne me dis rien… Tu es une touriste ?

Il posa alors un genou au sol pour être un peu plus à sa hauteur, il faut dire que du haut de son mètre quatre-vingt-six, il pouvait être considéré comme un géant par l’enfant. I n’avait pas vraiment envie de l’effrayée, et puis, elle semblait vraiment désolée de l’avoir dérangée durant son deuil. Bah, peu importe, cela lui permettrait de s’évader un peu, au moins mentalement, à défaut de pouvoir prendre réellement la fuite, pour le moment. Il attendait le moment propice pour cela, l’occasion idéale de se barrer de cet enfer. Une occasion qu’il espérait pouvoir saisir bientôt, avec ses camarades de fortunes encore en vie.









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Ven 7 Sep 2018 - 19:02
les pierres de la mémoire.

Un homme très grand. Ses cheveux blancs ne dépaysent pas trop Tsuki, qui a l’habitude de ceux de sa mère. Il a l’air gentil. Ou perdu. Mal ? Elle ne sait pas trop. Déterminer les émotions des gens à partir de leur visage n’est pas une de ses compétences principales. Elle s’en sortirait mieux avec un animal, à vrai dire. Tsuki pose ses yeux sur le bras du jeune homme. Il y a des gouttes de sang à côté de la tombe et elles semblent venir de là. De son bras. La blonde arque un sourcil. Il se met à sa taille. Il est poli. Il est aussi très grand, vraiment très grand. Papa ne fait pas cette taille, même sur la pointe des pieds.

« Touriste ». Tsuki réfléchit à ce terme. Elle n’a pas la sensation d’en être une, à vrai dire. Au contraire. Rien de ce voyage n’est plaisant, au fond. Visiter, aller de village en village, chasser, parfois ; certes, c’est intéressant. Mais ce n’est pas du tout ce qu’elle voulait ! Rester à Tsuchi no Kuni lui convenait très bien, mais elle n’a pas eu le choix. La blondinette hausse les épaules et soupire.
« Pas vraiment. Ce sont mes parents qui ont voulu partir. Je suis petite, donc je les ai suivis. »
Rien de très amusant, en somme. Être contrainte à les suivre, parce qu’ils sont les parents et qu’elle est l’enfant. Les prunelles incarnates de la demoiselle vont et viennent, se posent de nouveau sur le bras dégoulinant du jeune homme. Un sourire amusé, presque sadique, naît sur ses lèvres.
« Vous êtes là parce que vous avez tué quelqu’un ? », ricane-t-elle doucement.
Tsuki baisse les yeux, puis réfléchit. Ses lèvres passent du sourire à la moue. Elle se mord la lèvre. C’était peut-être pas bien, n’est-ce pas ? Si jeune, si loin des principes du tact et de toutes ces bêtises. Elle est bien trop spontanée. Ses joues se couvrent de rouge.
« Pardon, je ne voulais pas vous offenser. Oubliez ce que j’ai dit. »
Le sempiternel sourire revient, plus doux, plus gentil. Sa main retourne chercher sa couette blonde, qu’elle entortille autour du bout de son index.
« Je m’appelle Tsuki ! Et c’est la première fois que je vois un cimetière pour de vrai. C’est intéressant pour moi, mais pour vous c’est déjà plus triste … »
Sombres pensées, sombre histoire. Tsuki espère ne jamais avoir à se rendre dans un cimetière pour les mêmes raisons que ce jeune homme. S’il est là, c’est pour faire le deuil. Elle ne sait pas de qui, ni pourquoi, ni comment, mais c’est triste. Et personne n’aime être triste. Mais elle ne sait pas encore comment s’y prendre pour l’aider. Par contre, il y a ce bras, cette blessure. Ce sang qui ruisselle. Qu’est-ce qui lui est arrivé ?
« Dîtes. Ça va, votre bras ? Vous n’avez pas trop mal ? Vous voulez que je vous fasse un bandage ? Avec toutes les feuilles qu’il y a ici je peux peut-être vous aider. »
L’avantage d’être un chasseur, c’est de pouvoir se débrouiller avec la nature, en n’importe quelle circonstance. Certes, ce sera moins efficace qu’un onguent et un vrai bandage stérile, mais ça aidera peut-être à arrêter le saignement … Qui sait ? Enfin. Encore faut-il que le jeune homme accepte. Il va peut-être simplement la repousser et lui dire de ne pas s’inquiéter. Ou être plus ouvert et raconter. C’est le désavantage des êtres humains. Ils sont encore moins prévisibles que les animaux, c’est très dur de les suivre et de savoir comment ils vont réagir. Il faut toujours bien réfléchir, prendre de trop nombreux facteurs en compte … Les animaux sont bien plus simples à comprendre, déjà. Malheureusement, Tsuki fait face à un homme. Et il va falloir faire avec !
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Ven 7 Sep 2018 - 19:36




Les pierres de la mémoire



Il observa, écouta l’enfant. C’était amusant.. Mine de rien, elle lui rappelait une certaine personne du passé. Un enfant innocent et joyeux, aux cheveux blancs comme la neige. Un enfant respirant la joie de vivre, capable de sourire au premier venu et lui souhaiter la bonne journée avec une mine adorable sur le visage. Une époque si lointaine qu’il avait l’impression que c’était une vie antérieure pour être franc. Il n’avait rien de cette époque, pas le moindre souvenir matériel, pas la moindre chose à laquelle s’accroché. Il était en train de gravir une pente à quasi angle droit pour sortir de l’enfer, sans équipement d’escalade, ni rien pour s’accrocher convenablement. Enfin bref, il écouta calmement la demoiselle, se contentant d’hocher la tête à ses dires.

- Ne t’en fait pas pour moi, j’y suis habitué, aussi bien ça que la perte de proches… Même si là, c’est d’un niveau tout autre. Je n’ai tué personne, pas ici en tout cas.


Les meurtres… Ce n’était plus une main tachée de sang qu’il avait, mais un véritable bain de sang, en immersion totale. Il avait cessé de compter depuis bien longtemps déjà, le nombre de village qu’ils avaient pillés… De personnes qu’ils avaient massacrées… Il soupira légèrement et sourit à la jeune fille, se relevant calmement. Un cimetière n’était pas vraiment un endroit propice à une discussion, et il était hors de question qu’il l’emmène au camp de mercenaire… Ils lui avaient laissé deux jours pour faire son deuil et revenir, sous quoi, ils raseraient le village. Il avait bien sûr envisagé de se barrer, mais il savait que ses parents n’aimeraient pas voir leur cher village réduit en cendre.

- Bon, allons ailleurs, ce n’est pas vraiment un endroit propice à une discussion.


Il s’étira un peu et pris la direction de l’endroit qui était autrefois sa demeure, les villageois semblaient l’avoir laissé intacte, et même s’en être occupés, pour rendre hommage au jeune enfant y résidant jadis, qui s’est sacrifier pour ses parents et le village. L’accueil qu’il avait d’ailleurs reçu en revenant lui avait fait chaud au cœur, mais il savait que ce ne serait que temporaire, et que bientôt, ces visages ne seraient plus qu’une image dans un coin de sa tête. Il ouvrit alors la porte de sa maison, constatant avec surprise un entretient intérieur aussi efficace et respectueux que celui de l’extérieur. Il devrait penser à remercier les villageois avant de repartir. Il invita par la suite la fillette à entrer et s’installa sur le fauteuil que son père avait fabriqué à l’époque, à partir d’une peau d’ours qu’ils avaient chassés ensemble.

Un léger sourire traversa son visage en regardant autour de lui, la nostalgie… Un jour il reviendrait, il reviendrait et récupèrerait les affaires de ses parents pour les emmener avec lui, le jour où il réussirait à fuir cet enfer. Il ferma un peu les yeux, puis regarda de nouveau la blonde, se disant qu’elle avait de la chance, dans le fond, il l’enviait même. Elle au moins avait encore sa famille… Enfin, il n’en dirait pas plus, pas à haute voix en tout cas. Elle était encore trop jeune pour qu’il puisse lui en vouloir d’être aussi insouciante, et il ne voulait pas lui plomber le moral non plus. De toute façon, elle aussi ne serait bientôt plus qu’une ombre dans son passé, une rencontre agréable qui lui auras, l’espace de quelques instant, fait oublier qu’il était un monstre, et que certaines personnes pouvaient encore le voir comme un être humain comme un autre.

- Shin… C’est mon prénom… C’est bien la seule chose que j’ai gardé de ce village d’ailleurs.









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Sam 8 Sep 2018 - 1:37
les pierres de la mémoire.

Une personne qui a bien trop vécu. Pourtant, même s’il est grand, le jeune homme n’a pas l’air particulièrement âgé. Et malgré cela, il a déjà une histoire bien chargée, plus que beaucoup ne pourraient le supporter. Tsuki se demande ce qu’il traverse, ne comprend pas. Pour une demoiselle qui n’a vécu qu’un début de voyage et une vie particulièrement simple, entre chasses et repos, c’est impossible à comprendre. Alors elle se contente de hocher la tête. Ne pas s’en faire. Bien. S’il ne veut pas qu’elle s’en fasse, alors elle ne s’en fera pas. Il sait probablement mieux ce qui est bon ou mauvais, le concernant. Enfin. Non. Probablement pas, sinon il ne serait pas dans cet état. Mais Tsuki est bien trop jeune pour que son avis compte. Que va-t-elle faire du haut de ses douze ans ? À part l’embêter, concrètement, elle ne fera rien. Alors autant lâcher l’affaire directement.
« D’accord. », se contente de dire la blonde, un sourire aux lèvres.
Peu importe que le sourire soit large, petit, vrai ou faux. Il est là, c’est tout ce qui compte. Un sourire aide toujours, à condition qu’il ait l’air vrai. À ce jeu-là, Tsuki pense être plutôt douée. Alors elle s’en contente. Il se relève. Les prunelles incarnates suivent le mouvement. Il est vraiment grand. Même Papa n’est pas aussi grand. Oui, elle s’est déjà fait cette réflexion, mais c’est vraiment surprenant. Pourtant, Papa, pour Tsuki, est assez grand. Il mesure environ quarante centimètres de plus qu’elle. Mais lui ? Lui doit mesurer facilement cinquante centimètres de plus. C’est énorme. C’est vraiment énorme. Son sourire devient plus vrai. Il est très grand !

Toutefois, il faut retenir que c’est aussi un tueur. Un tueur blessé ? Il y a trop de détails à son propos qui s’emmêlent. Tsuki décide de ne pas prendre garde à cette petite juxtaposée, « pas ici en tout cas ». C’est un assassin. Un homme qui remet en cause le principe de la blonde. La vie humaine. Sa valeur. Pourquoi ? Comment ? Il y a tant de choses en lui qu’il ne dit pas. Tant de ténèbres. Il décide de partir, parce que les cimetières, c’est vrai qu’il y a mieux. Tsuki ne bronche pas et accepte de le suivre. Un intérêt certain émerge en elle. Il y a quelque chose parmi ces ténèbres. Une raison. Quelque chose. Mais il est si jeune …

Ils pénètrent dans une petite maison, calme et paisible. Une odeur singulière caresse les narines de l’adolescente. De l’ours. Une peau d’ours. Naturelle. Peut-être pas traitée ? Une peau utilisée pour faire le fauteuil sur lequel il s’est assis, Tsuki ne s’y tromperait pas. Elle connaît bien trop cette odeur. La maison n’est pas très grande, mais confortable. Elle est propre, comme si quelqu’un s’occupait d’y faire le ménage. Les yeux de Tsuki se baladent un peu partout, notent des repères ici et là. Son sourire revient. Cette fois, il est malicieux.
« Vous savez, Shin … », lâche-t-elle en appuyant sur son prénom. « Beaucoup pourraient dire que suivre un inconnu dans une maison, c’est étrange ! »
La blonde se met à rire. Vilaine. Taquine. Peut-être assez pour le faire sortir de cette sombre phase dans laquelle il se trouve. Il est bien trop triste de rester dans les ténèbres. La lumière est vaste, il faut s’y rendre !
« Plus sérieusement, cette maison a l’air très confortable, merci. Ce sera sûrement mieux que les pierres tombales … »
Tsuki redevient la mignonne adolescente que Shin a croisée dans le cimetière. Une demoiselle maladroite, joueuse, qui fait des blagues pas forcément drôles.
« Vous avez l’air d’avoir beaucoup de liens avec cet endroit, pourtant vous avez l’air … triste, d’être là. Je veux dire. Je viens de Tsuchi no Kuni, mes parents ont décidé de partir parce qu’ils ont entendu parler d’une ville grandiose qui a plein d’avantages et où on se sentirait ‘mieux’ que dans notre petit hameau à Tsuchi. Mais … Si je devais y retourner, je serais heureuse ! » Elle fait une pause. « Vous, pourtant, vous n’avez pas l’air heureux d’être ici … »
Une mine attristée modifie son visage. Ses prunelles écarlates, habituellement pétillantes de joie et de bêtise, se voilent d’une profonde tristesse. Il est malheureux. Il a l’air d’avoir vécu tant de choses. Personne ne voudrait vivre ça. Personne ne veut être malheureux. Pourtant, beaucoup, bien plus qu’on ne le pense, ont l’air de l’être.
« Être malheureux, c’est pas drôle. Peut-être pouvons-nous faire quelque chose qui ferait passer la tristesse ? Même si ce n’est pas pour de bon ? »
De petits pas, tous petits pas, pour aller vers la lumière. Un pied après l’autre. Lentement. Même si la lumière ne perce les ténèbres que temporairement.
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Sam 8 Sep 2018 - 9:40




Les pierres de la mémoire



Elle avait beau n’être qu’une enfant, elle était très observatrice et perspicace, chose qui ne manqua pas de surprendre le mercenaire. Elle était jeune, très jeune, et pourtant, elle était bien plus apte à comprendre les choses qui l’entoure que certaines personnes bien plus âgés. Elle était douce, innocente… Gentille. Il n’avait plus l’habitude qu’on soit gentil avec lui, plutôt le contraire. Il retira alors sa veste, il faut dire que de la peau d’ours, ça tien chaud, se retrouvant en débardeur noir moulant. Sa musculature était visible, car le tissu s’appuyait dessus, en revanche, autre chose était maintenant visible. Une véritable vision d’horreur. Plusieurs cicatrices, certaines plus récentes que d’autres, sur ses bras, et au cou. A croire que seul son visage avait était épargné. Il déposa alors sa veste, la blessure d’où venait le sang était plus visible. Il s’agissait d’une profonde entaille, grossièrement cautérisé de l’intérieur. Comme si quelqu’un avait tranché dans la chaire pour y plongé par la suite un métal chauffé à blanc.

- C’est compliquer. Il s’agit là de la maison où j’ai grandi, avant de partir avec eux… Mais sans ma famille dedans, ce n’est pas pareil, ce n’est plus qu’un bâtiment vide.

Elle ne semblait pas vraiment apprécier de le savoir triste, bien qu’essayant de détendre l’atmosphère, elle ne pouvait tout simplement pas comprendre. Elle ne savait pas ce que ça faisait de se faire arracher à sa famille si jeune, puis former à la guerre… Humilié, torturé, violé… Si l’enfer existait, il y était depuis une bonne dizaine d’années maintenant. Autant dire qu’il n’avait presque pas eut d’enfance. A l’époque où elle se baladait dans les rues, jouait avec ses amis… Lui était en train de s’entrainer jusqu’à épuisement, regarder ses camarades mourir au combat, d’épuisement, ou de malnutrition parfois.

Mais tout s’empira au fil des années. Il comprenait peu à peu que pour survivre parmi les monstres, il devait devenir un monstre. Il cessa donc de se rebeller, et se contente d’obéir au doigt et à l’œil. On lui assignait alors d’horribles tâches, comme torturer ses amis, mais en contrepartie, il obtenait leurs confiances… A l’heure actuelle, il n’avait pas encore une confiance aveugle de ces démons, mais assez pour qu’il soit autorisé à prendre trois jours de « repos » dans son village natale. Ce n’était pas encore le niveau de confiance qu’il voulait, mais il n’allait pas s’en plaindre. Bientôt, il trouverait une occasion de fuir, et à ce moment, il n’hésiterait pas à utiliser tout ce qu’il avait appris contre eux.

Il regarda l’enfant, puis pris une décision. Il décida de lui compter son histoire. L’histoire d’un enfant normal, né dans une famille heureuse, qui se fît enlever par une troupe de mercenaire amenée ici par la guerre civile faisant rage à Hi. L’histoire d’un enfant torturé, brisé, voué devenir une machine à tuer contre son gré, afin de protéger sa famille, famille qu’il ne pût au final pas protégée, car morte à son retour au village. Le monde était ainsi fait. Certaines personnes avaient droit à une vie paisible, heureuse, tandis que d’autres étaient condamnés à l’enfer sur terre. L’équilibre des choses selon certains, la malchance selon d’autres.. Mais peu importe le pourquoi du comment, le monde n’était pas tout rose, et Shin en avait payé les frais. Son innocence fût violée, brisée, alors que d’autres enfants étaient encore bien insouciants. Mais il ne leurs en voulait pas. Ils ne pouvaient pas savoir que pour eux qui sont exposés au soleil, certains sont dans les ténèbres, parfois même bien contre leurs envies. Il termina alors de compter son histoire à la fille. Pourquoi ? Peut-être parce qu’il voyait en elle la petite sœur qu’il ne connaitra possiblement jamais… Peut-être parce que c’était une femme, et que pour lui, les femmes étaient plus douces. Lui-même n’en savait rien.










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Dim 9 Sep 2018 - 0:15
les pierres de la mémoire.

Un choc. Qu’est-ce que ? D’où viennent toutes ces marques ? Et cette blessure, là ? Cette blessure mal fermée, mal désinfectée ? Qui a l’air gonflée de l’intérieur ? Qu’est-ce que c’est ? Comment est-ce que quelqu’un peut être autant amoché en étant aussi jeune ? Qu’a-t-il vécu ? Pourquoi ? Pourquoi est-ce que quelqu’un est voué à souffrir de cette façon ? Et le deuil, c’était pour quelle raison ? A-t-il en plus perdu sa famille ? Apparemment, oui. Ou pas ? Sa famille n’est pas dans cette maison. Pourtant c’est la sienne, celle où il a passé son enfance. Il l’a dit. Et puis c’est tout. Ah, si. Il les a mentionnés. « Eux ». Il a dit « partir avec eux ». Qui sont « eux » ? Pourquoi l’ont-ils emmené ? Où l’ont-ils emmené ? Sont-ils la cause de ce malheur ? Tsuki s’assoit sur le support le plus proche. Un fauteuil. Bien. Bon. Ça fera l’affaire. Elle ne sait plus trop comment tenir debout. Quelle horreur. Pourquoi ? Pourquoi accepte-t-on de vivre ainsi ? Son être se révulse, hurle. La colère la gagne. Aussi puissante que l’injustice qui la remplit. Retourner le monde. Blesser ceux qui le blessent. Personne ne devrait vivre ça. Personne. Jamais.

Puis il se lance. Ces explications. De longues explications. Lourdes explications. La guerre civile. Voilà le fléau qu’il a dû traverser. Un fléau qui l’a mené entre les griffes de mercenaires. Des mercenaires qui lui ont fait beaucoup de mal et qui continuent. Et sa famille est disparue. Ils sont morts. Il a tenté de les protéger, mais cela n’a pas suffi. La guerre. La guerre ne change jamais. La guerre est lourde. La guerre cause la douleur, la peine, la mort. La guerre est un fléau. Tsuki a envie de vomir. Ou de hurler. Elle ne sait pas. Toutes les émotions se mélangent dans son être dans un brouhaha sans fin. Une cacophonie qu’elle aimerait fuir. Sa haine monte, déborde, explose. Elle se mord la lèvre. Pourquoi ? Pourquoi toute cette peine ? Pourquoi toute cette douleur ? Le monde est injuste. La vie est injuste. Les enfants souffrent. Ils ne devraient pas. Ils sont sensibles, fragiles, faibles. Ils ne méritent pas. La guerre est injuste. Tsuki baisse les yeux. Ils se sont voilés de haine. Un voile sombre, noir, qui rend les prunelles incarnates bien moins lumineuses et joyeuses.
« C’est inadmissible. »
Le poing serré, la blonde finit par se rendre compte que ses phalanges vont finir par se rompre si elle continue à exercer cette pression. Submergée par toutes les émotions qui la traversent, elle ne se redresse pas de suite. Elle hésite, à vrai dire. Se lever, partir. Les trouver, les détruire. Rester assise ? À son âge, Tsuki ne peut rien faire. Mais ces gens sont des créatures horribles qui méritent de périr. De souffrir autant qu’il a souffert. Sa famille n’est plus. Celle de Tsuki ne peut pas l’aider. Il est perdu, entre les barreaux pourris d’une situation ignoble. Et il ne peut rien faire. La blonde appuie ses coudes sur ses jambes, croise ses mains et pose sa tête dessus. Elle réfléchit.
« Un groupe de mercenaires, n’est-ce pas ? »
La réflexion se veut plus intense, plus longue. Il ne peut pas fuir … Il ne peut pas encore fuir ? Il faut faire quelque chose, mais quoi ? Tsuki ne peut rien faire. Elle n’a aucun pouvoir, aucune force. Ses capacités ne lui permettent pas de les vaincre. Et il ne le peut pas non plus, sinon il ne serait pas dans cet état.
« J’aimerais pouvoir t’aider à fuir. Mais je ne peux pas. Je suis encore trop jeune et je sais à peine embêter quelqu’un avec mes compétences. Rien de bien fou. »
Tsuki soupire. Impuissance. Faiblesse. Jeunesse ? Son voyage peut être beau, même magnifique. Il y a tant de choses à voir dans ce monde. Mais quand on gratte la surface qui recouvre tout, on se rend vite compte qu’il n’y a que peine, purulence et amertume. Le monde est hideux. La guerre le gangrène, tout est pestiféré. Il y a ce pus jaune qui dégouline de partout, qui le rend immonde quand on le regarde vraiment.
« Bon. Je ne peux pas t’aider à fuir. Mais déjà, je vais faire en sorte de nettoyer cette blessure. » Elle lève un doigt. « Tu n’as rien à dire à ce sujet, d’ailleurs. » Elle le rabaisse et reprend. « Ensuite nous ferons autre chose. Je ne sais pas, parler. Rire. Quelque chose de joyeux. Pour que tu te souviennes de cette journée comme une belle journée. Une journée qui redonne à ton village une belle image, d’accord ? C’est peu, mais c’est le maximum que je puisse faire. Peut-être puis-je raconter des anecdotes ? Ou simplement parler de moi. Pose-moi des questions, si tu veux. Ou on peut faire des blagues. Jouer à un jeu ? Peu importe. Je te suis. Mais d’abord. »
Tsuki se relève et remet ses vêtements en place.
« D’abord il faut que tu me montres où se trouve la pharmacie. Si cette blessure s’infecte tu ne pourras plus te servir de ton bras. Je suis pas la meilleure, mais j’ai l’habitude des blessures, je suis chasseuse, j’en vois des vertes et des pas mûres assez souvent. »
Elle s’arrête, darde un regard brûlant sur Shin.
« Et tu as interdiction de me contredire. »
Son sourire revient, bien plus doux. Maternel ? Peut-être un peu, qui sait.
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Dim 9 Sep 2018 - 8:25




Les pierres de la mémoire



Shin regarda l’enfant. Elle semblait… Énervée ? Il ne comprenait pas vraiment pourquoi. Il faut dire qu’il venait à peine de faire sa connaissance, alors pourquoi était-elle énervée à son sujet ? Pourquoi s’en faisait-elle autant pour lui alors qu’il ne se connaissait que depuis une heure, tout au plus. Il voulait dire que c’était bon, qu’il était inutile de s’en faire à son sujet, mais il n’eut pas vraiment le temps. Elle avait agis comme si elle avait lût dans ses pensées, en lui interdisant de protester de quelque façon que ce soit. Cela le figea un peu, les yeux grands ouverts, il la regarda avec incompréhension, lui indiquant par la suite l’endroit où ses parents rangeaient jadis les médicaments, ignorant s’ils étaient encore là cependant depuis le temps. Cela faisait plusieurs années qu’il était parti, donc il ignorait si ils avaient changé l’arrangement de la maison à certains endroit, ou autre.

Néanmoins cela sembla ne pas avoir était le cas, voyant la blonde revenir avec bandages, alcools et autres matériaux médicaux en tout genre. Bah, il expliquerait aux supérieurs qu’il s’est soigné car son bras semblait menacer de devenir inutilisable, ce qui serait une perte pour la troupe de mercenaire. Ils comptaient beaucoup sur ses capacités de nécromancie en combat donc un bras en moins serait problématique pour eux. D’un autre côté, tant qu’il revenait, il devrait se foutre éperdument dans quel état.

Il s’installa donc et laissa la gamine faire son œuvre. Enfin, gamine, il n’y avait qu’à peine six années d’écarts, mais bon. Peu importe son âge, il ne la reverrait très certainement plus suite à cet journée. Journée qui, malgré les dires de la fille, se trouvait d’ores et déjà être un rayon de soleil perçant un ciel orageux. Il n’était pas du genre difficile, et en toute franchise, par rapport à l’enfer quotidien qu’il vivait, ce moment était comparable au paradis sur terre. C’était peut-être un peu simpliste comme façon de penser, mais n’importe qui se mettant à la place du jeune nécromancien n’en penserait sûrement pas moins.

Elle proposait d’ailleurs de jouer, rigoler… Il mentirait s’il disait savoir comment faire, après toutes ses années, il ignorait même s’il était encore capable de rire, voire de sourire sincèrement. Tout cela était compliquer maintenant, les mercenaires avaient fait un excellent travail quant à la destruction de son esprit. Il était brisé, presque en totalité. Un morceau de verre fissuré de partout, ne demandant qu’à tomber en morceau au moindre choc. Un état si fragile, qu’il s’efforçait cependant à renforcer. Il faut dire que s’il se faisait briser avant sa tentative de fuite, ce serait du genre problématique. Cependant, la simple présence de Tsuki, et l’intension qu’elle lui porte, l’aider à cicatriser un peu. Enfin, pas dans le sens littéral du terme bien entendu, mais plutôt les cicatrices du cœur. Celles qu’un simple médecin, peu importe à quel point il est talentueux, ne saurait soigner avec son art. La pureté de l’enfance ? L’innocence de cette fillette ? Il ignorait la raison exact de ce qui la rendait si forte dans ce domaine, mais son efficacité était indéniable.

Certes cela ne suffirait probablement pas à le soigner de façon irrémédiable, mais au moins, il tiendrait le coup jusqu’au jour promis où il les massacrerait et prendrait la fuite. Le jour où il obtiendrait vengeance, et où tout cela ne sera plus qu’un très mauvais souvenir. Il était impatient que ce jours arriverait, car oui, il arriverait, il en était persuadé. Mais peut-être est-ce parce qu’il n’a pas le choix ? Ne plus y croire reviendrait à perdre sa santé mentale. Il reporta alors son intention sur l’enfant, la laissant s’occuper des soins, sans un mot.









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Lun 10 Sep 2018 - 23:03
les pierres de la mémoire.

Une fois au courant de la localisation de la pharmacie, Tsuki s’y dirige rapidement, à la recherche de bandages et autres outils utiles pour la blessure qu’elle doit soigner. Elle se remémore longuement l’aspect de la plaie : une plaie au bras, une grande ouverture, qui semble cautérisée grossièrement de l’intérieur. Cette cautérisation bas de gamme – autant le dire – crée de véritables boursouflures tout autour de la plaie et un aspect immonde. L’entaille saigne toujours, signe qu’elle est toujours ouverte et que le travail effectué pour la soigner n’a pas été fait correctement. Rien de surprenant, au fond, quand on voit que le jeune homme se trouve dans une troupe de mercenaires qui le maltraite. Bah. Tsuki récupère des fils pour faire des sutures, des compresses et des désinfectants. Il faut nettoyer correctement, puis fermer.

Armée, la blonde quitte la pièce et se rend là où se trouve Shin. Un grand sourire étire ses lèvres. C’est la première fois qu’elle soigne quelqu’un qui n’est pas de sa famille, pour une blessure pareille. L’habitude des sutures et autres plaies pas très jolies la rend assez résistante à ce genre de visions. De fait, lorsqu’elle commence à appuyer sur la blessure avec les compresses, le sang qui s’écoule du bras de Shin ne la dérange pas. Elle continue, impassible. Le désinfectant est appliqué, puis les points. Tsuki fait de belles sutures, qui referment complètement la plaie. S’il les détruit, il se retrouvera avec une blessure de même envergure, donc elle lui répète plusieurs fois de faire attention. Un bras qui s’ouvre, déjà qu’il était amoché, risque de ne plus lui être très utile.

Maintenant débarrassée et face à un beau bras propre, Tsuki s’installe dans le fauteuil en face de Shin. L’heure est à la rigolade. Aux changements d’humeurs. Aux histoires, peut-être ? La blonde n’est pas vraiment la meilleure personne pour raconter des histoires, mais bon. Elle peut se lancer, qui sait ? Ses prunelles se baladent ici, là, puis ailleurs, à la recherche d’une idée. Le silence pèse légèrement. Les jeux sont pas la meilleure idée, parce qu’il faut se casser la tête à en trouver un qui convienne, puis après il faut l’appliquer … Oui, les histoires semblent être l’idée la plus intelligente. Mais que raconter ? Rien de trop personnel. Tsuki n’aime pas les choses trop personnelles. Il faut rester méfiant, même avec les gens gentils. Parole de chasseur.
« Bon ! »
La gamine se frappe la main dans les poings. Elle hoche la tête plusieurs fois. Son sourire est revenu. Il ne faut jamais se laisser abattre. Ici, Tsuki est le meneur. La lumière. L’espèce de Soleil rayonnant qui baigne le jeune Shin de sa lumière. De ce fait, si sa lumière s’affaisse, s’amoindrit, directement, tout le travail sera inutile. Elle se doit de rester de bonne humeur. C’est la première étape.
« Tu te demandes peut-être comment une fille de douze ans sait faire des sutures … Alors voilà ma première anecdote. Évidemment, quand j’en raconte une, il faut en raconter une en retour ! Rien de trop personnel obligatoirement, simplement des histoires. Drôles de préférence, comme des souvenirs heureux ! » Elle fait une pause. « Je suis une chasseuse. Ma mère est une chasseuse, mon père est médecin. J’ai décidé de faire comme ma mère. Donc je traque les animaux, puis je les attrape. Ma mère les tue. Parfois on les ramène à la maison pour les manger. Mais du coup, chasser, ça demande de savoir grimper aux arbres, sauter de branche en branche, parcourir de longues distances sans faire de bruit etc. Sauf qu’au début, ces choses-là, c’est difficile. Je me suis donc pris ma première gamelle, puis ma deuxième, puis encore d’autres. Et, au départ, j’étais la seule à avoir des points de suture, parce qu’on ne chassait pas de bête féroce. Mais un jour, maman est revenue blessée, parce qu’elle s’est attaquée à un animal dangereux. Ce jour-là, papa m’a montré comment faire les points de suture. Puis, il m’a appris sur des fausses blessures, avant de mettre en pratique sur des vraies. C’est pas forcément très impressionnant, mais voilà. C’est une de mes compétences de chasseuse. Je suis incapable de soigner comme lui, mais je peux au moins faire ça. »
Satisfaite, Tsuki se met à sourire de toutes ses dents. Oui, faire des points de suture, c’est une bonne chose. Surtout pour son jeune âge. Quand on sait toutes les choses qui sont à venir …
« À toi ! Et n’oublie pas, il faut trouver quelque chose qui ne soit pas triste ! On bannit le triste pour aujourd’hui. »
Le Soleil face à la Nuit. Puissant rayon de Soleil, qui transperce les ténèbres et leur met une muselière. Pas aujourd’hui, pas aujourd’hui. Demain peut-être. Mais aujourd’hui, il faut être joyeux.
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Mar 11 Sep 2018 - 8:29




Les pierres de la mémoire



Il se laissa soigner, non pas qu’il avait le choix de toute manière, puis écouta calmement parler la fillette. Il se figea un peu néanmoins quand elle mentionna le fait qu’il devrait faire de même.. Il n’avait pas trop d’idée, pour être franc, il n’avait plus trop de souvenir joyeux, si ce n’est aucun. Entre les techniques de combats, les stratégies et les mauvais souvenirs, il n’avait plus grand souvenir de sa vie avant tout cela. Néanmoins, quelques un lui traversent l’esprit, rien de bien farfelus, mais c’était ce qu’il pouvait considérer comme un souvenir joyeux. Il laissa donc à la jeune demoiselle le loisir de terminer son récit, buvant chaque parole avec intérêt. Il faut dire qu’il n’avait pas vraiment l’occasion d’avoir ce genre de discussion calme et joyeuse. Il n’avait même pas l’habitude de discuter tout court maintenant qu’il y pensait. Enfin, ce n’était pas SI important. Il n’avait qu’à raconter son souvenir et le tour était jouer.

- Hmm.. Il y en à bien un… Comme tu à pût le constater, c’est un petit village ici… Perdu au milieu de nulle part, tout le monde connait tout le monde.. Enfin, le cliché typique du petit hameau perdu. Enfin bref, ce n’est pas le sujet… Je devais avoir.. Je ne sais pas, peut-être six ans, et c’était le jour de mon anniversaire, j’étais parti avec mes parents, et ils refusaient de me dire où, ils m’avaient même bandé les yeux c’est pour te dire. La première chose que j’ai senti en arrivant à destination, c’est une odeur de sucre, un mélange de fraise de saison, de crème et de chocolat. Comme tu l’auras deviné, c’était un gâteau. Ils m’ont retiré le bandeau, et ils étaient là, tous, tout le village, autour d’un énorme gâteau. Ensuite ils ont tous chanté joyeux anniversaire en cœur, des banderoles se sont déroulées un peu partout, des confettis etc… Autant te dire que le petit garçon que j’étais était aux anges. Des couleurs, du bruit, et surtout, un énoooorme gâteau.


Il rit un peu en se rappelant la réaction de ses parents en le voyant avec son air émerveillé sur le visage. En le regardant, on avait l’impression qu’il pensait rêver, et quand il s’était rendu compte que ce n’était pas le cas… Le voilà parti pour un énorme câlin de groupe. Et oui, ce village n’était pas qu’un simple village… C’était une grande, très grande famille.. Et c’est bien pour cela que même après avoir fui, il n’y reviendrait pas. Certains de ses camarades furent torturés par sa main, même si ils ne lui en voulaient pas, lui s’ne voulait. Il s’ne voulait d’être faible, d’avoir était incapable de les protégés. C’’est pour cette raison qu’il n’avait pas le droit de revenir ici après ce jours. Il n’en avait ni le droit, ni le courage. Il était un monstre, et il ne voulait pas ternir ce beau village avec le sang qu’il avait sur les mains.

Il soupira un peu et secoua la tête, ce n’était pas le moment de penser à ce genre de chose… Il y avait plus important. Il voulait garder le contact avec cette fillette, et éventuellement la revoir un jour, qui sait ? Lui-même ne savait pas si c’était faisable, mais une chose était sûr, il n’oublierait jamais ce jour, ni cette fille. Même si le moment venu, il ne la reconnaitrait peut-être pas tant elle aurait grandie, il n’oublierais jamais ce moment passer avec elle, ce moment d’évasion, qui lui permettra de tenir le coup, de ne pas craquer mentalement, jusqu’au jours de sa véritable fuite.





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Mar 11 Sep 2018 - 19:38
les pierres de la mémoire.

Des petites histoires, contées du bout des lèvres. Des histoires joyeuses, douces, qui rappellent l’enfance, qui permettent d’oublier les peines du présent. Cette activité n’est pas la plus stimulante, pas la plus drôle, mais elle a au moins l’avantage de mettre des pansements sur des blessures actuelles, en faisant resurgir de beaux souvenirs. Tsuki sourit comme une enfant au jeune homme lorsqu’il lui raconte cette histoire. Un gros gâteau. Une famille gigantesque, qui fait la taille d’un village. Une famille accueillante, chaleureuse, qui lui a offert une super fête pour ses six ans. Un souvenir touchant, tout doux.

Souvenir qui se fait rapidement écraser par le contexte de guerre civile qui a marqué ce pays. Une guerre qui a détruit toutes les terres, probablement détruit ces gens au passage. Une guerre brutale, qui a ruiné des familles et a forcé des enfants à perdre toute innocence pour survivre. La guerre est un terrible fléau dont l’Homme ne semble jamais parvenir à se défaire. Un fléau qu’il dit haïr, mais qu’il perpétue, encore et encore. Jamais il ne s’arrête, il brûle tout ce qu’il touche, parce qu’il est comme ça. L’Homme est son plus grand prédateur et il aime ça. C’est juste là, caché au fond de son être. Tsuki n’a pas encore eu droit à cette vision horrible de l’Homme. Elle sait à quel point il est dangereux, à quel point il peut être mauvais. Mais elle n’a pas encore expérimenté la virulence de ce fait. Son innocence n’a pas encore été mise à l’épreuve. Un peu, suite à cette rencontre, mais tellement peu, en réalité.

Son sourire revient, sincère, franc, beau. Il ne faut pas faiblir. Ne pas se laisser écraser par le poids de l’horreur. Passer à travers. La vie vaut la peine d’être vécue. Elle vaut la peine d’être préservée. La vie humaine est le seul cadeau qui appartienne à l’Homme, son bien le plus précieux. Il ne doit pas la bafouer, il doit la préserver. La rendre belle.
« Je n’ai jamais eu de grande fête comme ça ! Ça doit être tellement agréable ! »
La blonde lui fait un clin d’œil, satisfaite de son idée. Elle a fait mouche. C’est une activité simple, mais efficace. Le souvenir de Shin est plus joyeux que le sien, mais qu’importe. Ses bras se croisent sur sa poitrine. Elle jette un œil par la fenêtre : il ne faudra pas partir trop tard, Papa et Maman vont s’inquiéter sinon. Et Maman inquiète, c’est pas beau. Pas beau du tout. Alors elle se décide.
« Bien, vu l’heure, je pense qu’on a le temps pour une anecdote chacun, puis je devrais retourner voir mes parents. On part tôt, demain matin … Alors si je ne reviens pas tôt ce soir, maman va faire beaucoup de bruit. »
Un long frisson parcourt son échine. Maman pas contente, quelle horrible vision. Quelle peur. Quelle crainte. Oh non, non, il ne faut surtout pas mettre maman en colère ! Il va falloir faire les choses bien.
« Une histoire toujours vraie, encore ! Je disais tout à l’heure que je n’étais pas très forte avec mes capacités actuelles. Je disais aussi que je pouvais embêter quelqu’un avec. Eh bien, oui. Parce que dans la famille Hohoemi, du moins du côté de ma maman, nous sommes capables de manipuler le son. Ça veut dire que je pourrai modifier ma voix et faire plein d’autres choses amusantes quand je serai plus grande ! Maman est déjà capable de bêtises comme ça, mais je suis encore trop jeune pour en être capable aussi. Alors en attendant, je la regarde faire. Parce que c’est quand même très drôle de voir ça ! » Elle fait une pause. « Bon, évidemment, je ne ferai pas que des bêtises quand je serai grande. Parce que, quand je serai plus âgée, je serai une ninja. Comme maman. »
L’enthousiasme, l’ambition. Deux qualités très importantes et très prononcées chez la demoiselle. Surtout, ne jamais cesser d’y croire. Les flammes qui brillaient dans ses yeux quelques instants plus tôt sont revenues. Le rouge est moins sombre, beaucoup plus lumineux. Ces grands rêves sont une raison pour elle de se battre, de ne jamais lâcher prise.
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Mer 12 Sep 2018 - 9:56




Les pierres de la mémoire



Ainsi elle voulait devenir une ninja hein ? Ça pouvait être une option intéressante… Servir un village, se battre pour autre chose que sa survie, ou obéir à un homme qui se fiche pas mal que tu ne meurs pour lui sur le champ de bataille… C’était une option à envisager quand il réussirait à prendre la fuite. Il faut dire qu’après cela, il aurait besoin de subvenir à ses besoins financiers, il ne serait pour loger et nourris. Car aussi pourrie que sa vie était, il avait tout de même un toit et de la nourriture, en quantité suffisante pour survivre et combattre en tout cas, sinon, et bien il ne serait pas là, pour commencer. Il serait probablement mort, jeté sur un coin de route ou dans une fosse commune… Enfin, peu importe, il n’est pas mort, pas encore, donc inutile d’imaginer des choses aussi… Morbides. Il écouta donc calmement la jeune fille, un peu déçue que leurs temps ensemble touche à sa fin, mais il comprenait, il devait aussi bientôt partir de toute façon, sous peine de quoi son village se ferait rasé.

Il hocha un peu la tête en écoutant, afin de montrer qu’il était toujours à l’écoute, puis se leva calmement une fois qu’elle eut terminé son récit. Il sorti par la suite un parchemin de sa veste et invoqua un corbeau mort, qui semblait être mort depuis peu de temps cependant, puis le jeune mercenaire composa une série de signe, l’animal se mis à remuer un peu avant de se redresser sur ses pattes, lâchant un croassement en battant des ailes, ouvrant les yeux par la suite, ceux-ci était avec un fond noir et un iris rouge brillante. Le nécromancien, pris ensuite l’animal dans ses mains et le posa sur la table, souriant à Tsuki.

- On pourra continuer de communiquer ensemble grâce à lui. On lui accroche un message à la patte, et on l’envoie rechercher le chakra de la personne à qui on veut envoyer le message, c’est assez facile en fait. Il suffit d’associer la personne à un signe, ou une série de signes. Par exemple, pour m’envoyer le message, tu fais le signe du dragon et pose la main sur sa tête pour y insuffler un peu de chakra. Il s’occupera par la suite du reste. Simple non ?

C’était un procédé très simple, cependant peu connu, bon peut-être parce que il faisait partie des rares personne à posséder ce don, celui de contrôler les morts.. Il faut dire qu’il n’avait jamais vraiment fait de recherche à ce sujet, il s’en fichait un peu pour être tout à fait franc. De plus, ce n’est pas comme s’il en avait une utilité, quand bien même il saurait combien de nécromancien peuplent le monde, qu’est-ce que ça pourrait bien changer pour lui ? Pas grand-chose, si ce n’est rien du tout. Il regarda alors autour de lui, observant une dernière fois sa demeure en tendant le corbeau à la fille, lui souriant. C’était aussi un peu un cadeau, en quelque sorte, il pourrait permettre aux deux jeunes gens de garder le contact même après son départ, et puis surtout, aucun risque que l’animal ne trouve pas le destinataire de la lettre, à moins que celui-ci ne soit mort, chose qu’il espérait éviter de toute façon, et il espérait qu’il en serait de même pour la blonde l’ange ayant ensoleillé sa journée. Il ne la reverrait peut-être plus jamais, mais peu importe, au moins, il avait eût droit à un peu d’affection, et une agréable journée pour changer de ses habitudes pour le moins dérangeantes. Enfin, il était temps pour eux de se séparé, ainsi, il s'en alla en saluant la fille d'un salut du bras, sans se retourner, mais souriant tout de même légèrement, pour la première fois depuis des années.




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Jeu 13 Sep 2018 - 0:07
les pierres de la mémoire.

Un corbeau. Un homme albinos. Une blonde aux yeux rouges. Et un corbeau. Une bestiole de mort, connue pour être un charognard, détesté par de nombreux être car il est supposé transporter la malchance. Cette fois, le corbeau est porteur de bonnes nouvelles. En théorie. Même si … Sa provenance est étrange. Vraiment très étrange. Il est sorti, là, de nulle part. De la poche de Shin. Tsuki arque un sourcil, le repose, arque l’autre. Elle cligne des yeux. Il vient de faire apparaître un corbeau. Alors, c’est ça être ninja ? C’est faire apparaître des animaux ? Comme un magicien ? Rien à voir avec la bagarre ? Tout prend un sens bien différent maintenant ! C’est beaucoup plus intéressant. Ce voyage lui aura donc appris que …

Que non. Les ninjas ne font pas apparaître des animaux magiques en-dehors de leurs poches. C’est un corbeau mort. Il a l’air frais, il doit être mort depuis maximum une journée, mais il est mort. Il est simplement revenu à la vie. Ça s’appelle nécro-quelque chose. Tsuki en a vu un peu partout, surtout à cause des grands débats que cela soulève. Certaines personnes se servent de capacités de ce style pour faire revenir des animaux terriblement dangereux à la vie et ces derniers s’attaquent à des innocents. Maman en a déjà parlé. Plusieurs fois. Un fléau particulièrement dérangeant, impossible à nettoyer, compliqué à endiguer. Bref. Un bazar sans nom. Mais là, le corbeau a l’air inoffensif et son mode d’emploi plutôt simple. Le signe du dragon, un doigt posé sur sa tête et hop, le corbeau s’en va, le message à la patte, prêt à délivrer le message.

Un animal porteur de mauvaise nouvelle, finalement porteur de bonne nouvelle ? Animal du bonheur ? Pourtant, il est mort, et si Tsuki n’avait pas de beaux yeux rouges scintillants, elle aurait craint ceux de l’oiseau. Mais là, il est celui qui permettra de faire le lien, de ne rien perdre. De garder cette rencontre vivante, de lui donner une chance de vivre dans le futur. Une chance d’exister. Alors, au fond. Est-il si nocif ? Non, probablement pas. Les animaux ne peuvent pas être mauvais, de toute façon. Ils ne sont pas conçus pour avoir ces considérations. Ils vivent, suivent leurs instincts et avisent. Un peu comme Tsuki, en fait. La blonde hoche la tête.
« D’accord. Le signe du dragon, puis du chakra, et il fait sa vie. »
Lien étonnant symbolisé par l’un des animaux les moins appréciés de cet univers. Pourtant, dans leur cas, il aura une signification particulière, unique, qui n’appartiendra qu’à lui. Les anecdotes sont désormais finies, il faut s’en remettre à ce petit oiseau. Tsuki doit partir, Shin aussi. Le fin d’une courte journée, le début d’une très longue histoire ? La blonde laisse le jeune homme s’en aller, retourner sur cette voie ténébreuse qu’est la sienne, avec un seul espoir : le retrouver vivant.

En attendant, sa vie continue, il lui faut déménager. Rejoindre Shitaderu avec ses parents, vivre, évoluer. Devenir meilleure. Pour que les retrouvailles, lorsqu’elles auront lieu, soient des retrouvailles intéressantes, pour qu’elles ne tiennent pas entre deux minutes. Qu’il y ait des choses à se montrer, à se dire. Grandir, c’est ça aussi. Accepter la situation actuelle, pour s’en nourrir et évoluer avec.

Grandir.
Pour retrouver une amitié lointaine, étrange, mais intéressante, entre le Jour et la Nuit.
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