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À la frontière des mondes. [Tenzin]


Ven 7 Sep 2018 - 17:17
à la frontière des mondes.

Fin 197.

La plupart des enfants adorent partir en voyage. Ils sont impatients, sont toujours terriblement pressés d’arriver et ne veulent jamais rentrer. Selon ces critères, Tsuki n’est pas une enfant comme les autres. Quand Papa et Maman lui ont dit qu’ils partaient en voyage, elle a boudé. Du haut de ses onze ans, très près d’atteindre les douze, la blondinette est une enfant vive, perspicace. Tsuchi no Kuni est un très grand pays où ses parents ont toujours eu l’air d’avoir tout ce dont ils avaient besoin. Ils n’ont jamais voyagé, déjà à cause de leurs professions respectives, mais surtout à cause de leur perception. Rinka est une chasseuse, sa connaissance étendue de la faune et de la flore de Tsuchi lui permettent une efficacité hors-pair que beaucoup lui envient. Quant à Kyoei, il est médecin et le fait de connaître chacun de ses patients aussi bien que sa fille lui permet de parfaitement subvenir à leurs besoins. Du coup, ils n’ont jamais émis l’idée de déménager ou, simplement, de voyager. Forcément, quand ils ont dit à Tsuki de prendre toutes ses affaires parce qu’ils partaient pour un très long voyage, la gamine n’a pas mis bien longtemps à comprendre où ils voulaient en venir.

Ce n’est pas un voyage, c’est un déménagement. Un changement de pays. Ils partent de Tsuchi no Kuni et n’y reviendront plus jamais. Même si ni Papa ni Maman ne lui a encore dit, Tsuki le sait. Parce que Tsuki observe bien trop les choses pour se laisser duper aussi facilement. Le souci est que, finalement, même si elle ne veut pas partir, elle n’a pas le choix. Ses parents s’en vont, il serait bien trop compliqué pour elle de rester. Bien que Tsuchi soit sa maison, que ce soit son pays et qu’elle aimerait y rester toute sa vie, la famille Hohoemi en a décidé autrement. Il est donc temps de partir pour un long, très long voyage, vers un endroit dont elle n’a aucune idée. Peut-être que, plus tard, ils lui expliqueront ? En attendant, elle met un pied devant l’autre, suit les ordres de sa maman et admire les paysages. Peut-être qu’à force elle trouvera quelque chose qui retiendra son attention ?

Tsuchi no Kuni n’est pas le plus beau pays du Yuukan. Ses roches presque omniprésentes rendent la vue triste, sombre, morne. Bref, s’extasier sur les paysages de Tsuchi no Kuni revient à s’extasier de voir une mare à Mizu no Kuni. Pourtant, l’attention de Tsuki est toute particulière. Entraînée à penser comme un chasseur depuis son enfance, elle ne regarde pas avec l’œil du touriste, mais avec l’œil du prédateur. Cette perception différente lui permet d’imaginer où et quand peut surgir un animal, de quel angle, qu’est-ce qui lui permettra de mieux l’atteindre etc. En gros, elle pense comme un animal et non comme un être humain. C’est le seul avantage qu’elle ait trouvé à ce voyage : approfondir ses connaissances en matière de chasse. C’est mieux que rien, probablement.

Au loin, un village. Ils doivent être plus ou moins aux frontières de Tsuchi no Kuni, donc il doit s’agir d’un village où passent beaucoup de personnes. Ça explique le bruit, le monde. Ses parents décident directement de s’y arrêter, d’y faire une petite pause pour repartir le lendemain. Tsuki lève les yeux au ciel. Il fait actuellement très beau, le soleil est haut et l’azur est limpide. Aucun nuage ne semble décidé à troubler cette journée. C’est plutôt bien, au fond. Parce que s’il fait beau, Tsuki va pouvoir se balader seul, à la condition de ne pas sortir du village. Ses parents lui donnent quelques ryos au cas où elle aurait faim et se dirigent vers l’auberge dans laquelle ils séjourneront. Bien.

Ici, les étrangers sont légion, donc la blonde ne fait pas tache et personne ne la regarde. Elle peut vaquer ici et là, à son gré. Le village est très grand, probablement plus que celui dans lequel ses parents vivaient. Il y a vraiment beaucoup de monde, beaucoup d’étals, beaucoup de tout. Tout est beaucoup. C’est presque gênant.

La blonde se hisse dans une ruelle pour prendre de l’air. Ici, elle ne se trouvera pas coincée entre deux personnes bien plus grandes qu’elle. Un bruit retentit. Un gros bruit. Suivi d’un jeune garçon, probablement du même âge qu’elle, poursuivi par un homme plus vieux. Il a l’air remonté ! Tsuki se fait d’abord percuter par le garçon, puis, à son insu, fait office de gêne pour le bonhomme, qui râle et fait demi-tour. Assise par terre à cause de la bousculade, la gamine ne comprend pas. Ses paupières clignent encore et encore. Une seule phrase tourne dans sa tête, à répétition : que s’est-il passé ? Où est le garçon ? Pourquoi est-il arrivé comme ça ?

Elle se redresse et époussette ses vêtements. Sa journée vient de prendre un tout nouveau sens : il faut retrouver le garçon. Parce qu’il a complètement éveillé son intérêt ! Alors Tsuki marche dans la ruelle, dans la même direction que le gamin, qu’elle peine à entendre à cause du brouhaha incessant du village.
« Hé ! Monsieur le Garçon ! », lance-t-elle, à l’aveugle. « Le monsieur est parti, tu peux revenir ! »
Elle continue d’avancer, pour mettre un maximum de distance avec le vieux balourd. S’il le poursuivait, c’est qu’il y a une raison.

Spoiler:
 
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Sam 8 Sep 2018 - 0:30
Il fait bon ici. Je ne sais pas trop où je suis, mais je sais que j'ai quitté le désert du Pays du Vent il y a plusieurs semaines de cela. Ou est-ce des mois ? Je ne sais plus vraiment. Le temps paraît si long, si court, je ne sais plus quel jour on est non plus. Je marche dans les rues de ce nouveau pays sans réel but, je ne sais pas où je vais, mais je marche quand même. Suis-je assez loin maintenant ? Est-ce que j'ai suffisamment pris de la distance ? Papa, Maman...vous êtes où ? Mes yeux humides brouillent ma vue, mais je continue de marcher. Mes jambes tremblent de fatigue, mais les pas se succèdent. Dois-je continuer à fuir ? Je ne sais pas. Il y a plein de gens ici, mais comme d'habitude, personne ne s'occupe de moi. D'un autre côté, mes vêtements sont sales. Que ce soit mon gilet, ou mon pantalon, il y a des écorchures un peu partout et la saleté incruste une grande partie de mon accoutrement, ainsi que sous mes ongles. Les passants me prennent pour un clochard. Mais me "prennent-ils" vraiment pour un clochard, ou en suis-je vraiment un. Un enfant orphelin, vagabond, et vivant dans la rue. Surement en étais-je un alors. Maman, Papa...vous êtes où ?

La tête baissée, je parcoure les rues de ce pays qui m'est inconnu. Mon ventre gronde, j'ai faim, mais personne pour me donner à manger. Je suis obligé de faire comme j'ai pris l'habitude de faire depuis un an. Voler. Mais on commence à me connaître ici, il faut que je sois prudent. Me cachant dans un coin de rue près d'un marchant de pomme, j'attends patiemment que le nombre de passant augmente. Une fois que j'estime que la densité est acceptable, d'un mouvement de main j'envoie une bourrasque vers le stand du marchand. Des fruits s'envolent, des papiers, des légumes. Je profite de l'incompréhension du marchand pour me saisir d'une pomme et commencer à fuir. Mais je suis faible, petit, peu vif. Et l'homme d'âge mûr et à la carrure imposante me voit. Dans un cri de surprise et de colère, il part à ma poursuite à travers les ruelles de ce village. Mon coeur bat la chamade, je cours du plus vite que je peux. Je me glisse à travers les passants, usant de ma petite taille pour semer mon poursuivant. Mais ça ne suffit pas. Une ruelle non loin. Je me dirige vers celle-ci. Mais une petite fille est sur mon chemin et je la bouscule sans faire exprès. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle soit là, mais je n'ai pas le temps de m'inquiéter de cela alors que je prends la fuite. Je tourne dans la ruelle, et puis je m'envole pour me poser sur le toit des maisons qui entouraient la ruelle.

Mon poursuivant s'arrête quelques instants devant la ruelle, me cherche du regard, avant de repartir dans sa course pour retrouver celui qu'il ne retrouvera plus. Je souffle un peu, encore tremblant alors que mon petit coeur qui bat dans ma poitrine commence à peine à comprendre que le danger s'est éloigné. Trouvant réconfort dans une bouchée de mon déjeuner du jour -ou peut-être est-ce un petit déjeuner ?- je savoure ma nourriture durement gagné. Profitant des quelques bouchées que j'ai grapillé, je ferme les yeux pour apprécier le goût de cette pomme juteuse avant que j'entende une petite voix. Monsieur le garçon ? Est-ce à moi qu'on s'adresse ? Je passe ma tête par dessus le toit de la maison pour observer la ruelle, où je vois la petite fille de mon âge que j'ai bousculé plus tôt. Une jeune fille blonde. Elle est bien habillée, propre sur elle. Elle ne vient pas de la rue, mais elle n'a pas l'air méchante. Timidement, je commence à m'asseoir sur le toit de la maison, puis je descends en flottant vers le sol. Je regarde mes pieds alors que je m'approche de la jeune fille.

-Je m'excuse pour tout à l'heure...Mais merci de me prévenir qu'il est parti.

Je ne sais pas trop comment réagir, en même temps c'est la première fois depuis longtemps que quelqu'un me parle gentiment. Je ne sais pas trop quoi faire, mais je me rappelle l'éducation que mes parents m'ont donné. Et d'un geste peu assuré, je tends la pomme à la jeune fille.

-Tu veux un morceau ?

Puis je regarde à droite et à gauche, et je pose un regard interrogateur à la jeune demoiselle alors que je la regarde.

-Mais où sont tes parents ?
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Sam 8 Sep 2018 - 19:34
à la frontière des mondes.

Il vole. C’est à peu près tout ce qu’elle comprend avant qu’il s’adresse à elle. Ce garçon, ce petit homme, qui a probablement son âge, est capable de voler. Tsuki sait qu’il existe de nombreuses capacités à travers le monde, que, grâce aux capacités développées par l’humanité, certains sont capables de faire des choses extraordinaires. Mais elle n’a jamais vu quelqu’un voler. Du moins, jusqu’à aujourd’hui. Abasourdie, ses prunelles ne lâchent pas le garçon qui lui fait face. Il. Vole. Enfin, là il plane, mais ça veut dire qu’il vole ! C’est compliqué, mais elle se comprend et bon dieu ce que c’est bien ! Son sourire s’agrandit, il fait probablement tout son visage. Il est gentil. Il a l’air d’être dans une situation compliquée. Et il vole. C’est un garçon génial. C’est obligatoire.
« De rien, c’est normal ! J’aurais aimé t’aider différemment, mais il faut croire que faire obstacle était une bonne chose. »
Tsuki se met à rire. Il n’a pas de raison de se sentir mal. Il vole. Non, pas pour ça. En fait il n’a pas de raison de s’inquiéter parce qu’elle s’en fiche. Il a réussi à s’en sortir et il a dérobé une pomme. Maintenant, c’est sa pomme, quoi qu’en dise le vendeur. Alors, oui, il a perdu de l’argent, mais en attendant, le larcin était bien réalisé et un jeune homme va pouvoir manger un petit peu. S’il en est réduit à ça, c’est qu’il doit avoir beaucoup de problèmes. La blondinette remue la tête à l’horizontale lorsqu’il lui propose un bout de pomme.
« Non ! Vu comme tu t’es battu pour l’avoir, tu mérites de la manger toute entière ! » Elle fait une pause et croise les bras sur sa poitrine. « J’ai déjà mangé, ne t’en fais pas. »
Petite fille bien trop polie. Mais réaliste. Elle a déjà mangé, se balader dans les rues lui permet simplement de faire du tourisme, bien que le terme ne soit pas le plus représentatif ni le meilleur. Quoi qu’il en soit, la blonde suit le mouvement de tête du garçon qui lui fait face. Ses parents ? Oh. Tsuki hausse les épaules.
« Mes parents sont dans une auberge, un peu plus loin. On voyage, donc ils me laissent me balader dans le village, tant que je reste dedans. »
Et puis c’est tout. La liberté des uns face au malheur des autres. La demoiselle ne comprend pas forcément pourquoi il est tout seul, si ses parents l’ont abandonné, s’ils sont morts ou n’importe quelle autre raison. Elle ne sait pas, parce qu’elle ne le connaît pas. Pour autant, une petite voix dans sa tête lui murmure qu’il vaut mieux ne pas poser la question. Il y a certaines interrogations qui piquent, qui fâchent, qui blessent. Dans le doute, Tsuki préfère les mettre de côté. Les étincelles dans ses yeux reviennent aussi vite qu’elles étaient parties. Il faut changer le sujet. Le mettre à l’aise. Le faire sourire ?
« Je m’appelle Tsuki ! C’est déjà moins drôle que ‘Quille Humaine’, j’imagine, mais c’est mon prénom. »
Son sourire ne s’est pas effacé depuis tout à l’heure. Il trône, là, sur son visage joyeux de petite fille. Douze ans. Si jeune. Et lui aussi, il est si jeune. Pourtant, il y a déjà deux histoires qui se tracent, deux histoires radicalement opposées, rapprochées par les aléas de la vie. Tsuki jette un œil à droite, à gauche, puis prend la main du jeune garçon pour l’entraîner un peu plus loin, derrière la ruelle, pour être tranquille. Elle le lâche, puis darde sur lui un regard pétillant. Brillant. Brûlant. Un regard de Tsuki fascinée.
« Tu voles. »
Elle s’arrête, recule.
« Je t’ai vu ! Tu voles ! J’ai jamais vu quelqu’un faire ça, à part des oiseaux ! Et c’est trop bien ! »
Tsuki hoche vivement la tête, excitée. Elle se mord la lèvre, se calme. Cette excitation débordante peut mettre le jeune homme mal à l’aise. Et elle ne connaît même pas son nom. La blondinette retient sa joie au maximum et plaque une mine aussi calme que possible sur son visage.
« Pardon. C’est peut-être gênant … mais vraiment intéressant. »
Crac. Le masque éclate directement. Incapable de retenir sa joie, hein ? Bon. Ce sera peut-être moins embêtant maintenant, mais quand même. Son sourire est toujours aussi grand, une vraie banane. Mais mince, alors ! Ce garçon vole ! Si voyager ça permet de voir des choses comme ça, alors Tsuki voyagera tous les jours ! Dommage que sa maison ne soit plus la même au terme de ce premier voyage … Mais peu importe ! Peu importe, parce que … Parce qu’il vole !!
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Sam 8 Sep 2018 - 20:38
La jeune fille que j'ai renversé plus tôt me regarde avec des yeux pétillants, je ne comprends pas bien pourquoi. Inconsciemment, je n'utilise jamais ma capacité devant les autres. Inconsciemment, je cherche à cacher cette capacité. Une capacité qui m'a coûté beaucoup dernièrement. Mais aujourd'hui c'est différent. La blondinette de mon âge est gentille, et sans vraiment réfléchir j'avais volé jusqu'au sol pour la rencontrer. Elle passe l'éponge sur mes excuses, se disant heureuse d'avoir pu m'aider de quelques manières que ce soit. Je hoche la tête, avec de la reconnaissance dans les yeux. Et elle se met alors à rire, mais je ne comprends pas très bien pourquoi. Elle est un peu étrange, mais sa gentillesse et son rire me réchauffent un peu le coeur. Cela fait longtemps que ça ne m'est pas arrivé. Elle décline alors mon offre de prendre un bout de pomme, arguant que je me suis bien battu pour l'avoir et que je la mérite. Mais alors que mon hésitation doit être encore visible, elle surenchère en disant qu'elle a déjà mangé. Haussant les épaules avec un très faible sourire, je recommence à manger ma pomme. Mon sourire est mince, mais mes yeux eux s'ouvrent un peu plus aux émotions.

C'est ensuite au tour de la jeune fille blonde de hausser les épaules avant de me dire que ses parents sont dans une auberge. Elle en profite donc pour se balader comme ils sont en voyage. Une petite douleur vient m'enserrer la poitrine, peut-être n'aurais-je pas dû demander pour ses parents. Mais je m'inquiète un peu. Rassuré, je continue d'observer la jeune fille. Je suis heureux de constater qu'elle ne me pose pas de question en retour. Mais son sourire éclatant est encore bien présent. Et finalement, elle se présente. La jeune blonde s'appelle donc Tsuki, et sa remarque humoristique m'arrache alors un vrai sourire plus qu'un rictus. Ce n'est pas encore le mieux qu'on puisse faire, mais mes yeux renvoient plus de joie que mes lèvres, ces derniers ne semblant que peu affectés par les tragédies que j'ai vécu. Et alors que je m'apprête à me présenter, elle regarde des deux côtés, et puis me tire par le bras afin de m'amener dans une ruelle dissimulée à la vue de tous. Et là, son excitation est au comble. Son regard brillant me transperce, et je me recroqueville un peu sur moi-même, intimidé par ce regard. Et je compris donc son engouement, car elle le répète plusieurs fois. Je vole. Et c'était vrai. Ouvrant les yeux un peu surpris, je comprends que c'est la première fois qu'elle voit quelqu'un voler. Et je suppose que c'est quelque chose de rare. Souriant un peu alors que la demoiselle se calme, je prends doucement la parole.

-Je m'appelle Tenzin...Oui c'est vrai je vole.

J'essaie d'avoir l'air un peu plus avenant, un peu plus sociable mais j'ai un peu du mal. Ça fait longtemps que je n'ai pas eu de réelles discussions avec qui que ce soit. Je ne sais plus trop comment m'y faire. Prenant un air un peu penaud, je tente de sourire de manière plus brave à la blonde qui semble débordé d'excitation, son calme n'ayant pas duré très longtemps.

-Je n'ai pas l'habitude de voler devant les gens. Et ça fait longtemps que quelqu'un n'a pas été si gentil avec moi, dis-je avec un sourire un peu plus franc.

Je m'assied alors par terre en continuant à manger ma pomme, prenant de petites bouchées pour savourer la saveur du fruit. Puis levant mon regard pour poser les yeux sur Tsuki, je la regarde curieusement.

-Vous allez où ? Et tu sais où on est ici ?

Puis en repensant à l'expression de la jeune fille blonde lorsqu'elle a parlé du voyage, j'ai remarqué qu'elle n'a pas l'air vraiment heureuse de ce voyage. Ce que je lui fais remarquer.

-Tu voulais rester ici ? Puis après une seconde, je me rends compte que je suis peut-être un peu trop curieux. Désolé, dis-je maladroitement. Ça fait longtemps que je n'ai pas parlé avec quelqu'un.
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Lun 10 Sep 2018 - 22:19
à la frontière des mondes.

Il vole ! Elle a beau porter son attention sur autre chose, l’écouter, hocher la tête et tenter de se défaire de cette information, elle pèse bien trop lourd pour l’oublier. Ce garçon est capable de voler ! Il est tout fin, a l’air vraiment très gentil et il vole ! L’instinct de Tsuki, qui lui a murmuré que Tenzin est une bonne personne, ne s’est pas trompé. Il ne se trompe jamais, de toute façon. Ou presque. Mais mince, alors ! C’est ça, voyager ? Rencontrer des gens qui volent ? Et après ? Tout ce parcours prend un intérêt soudain, bien plus grand, bien plus beau. Tsuki hoche vigoureusement la tête. Oui, oui, il vole ! Et il n’a pas l’habitude de voler devant les gens, mais il l’a fait devant elle ! Il l’a fait devant la blonde. Elle se sent élue des dieux. Un grand sourire étire ses lèvres. Ce garçon est une bonne personne. C’est dommage qu’il ait l’air d’être dans une si mauvaise situation.

Il continue de manger sa pomme, puis demande à Tsuki où ils se rendent, et où ils sont. La deuxième question trouvera facilement une réponse, par contre, la première … ce n’est pas certain. Enfin, au contraire. Il est certain qu’elle ne trouvera pas de réponse. La blondinette lève les yeux vers le ciel et soupire longuement. Quand ses prunelles reviennent sur Tenzin, elles sont voilées de tristesse. Son sourire est moins large, moins communicatif. Il est nostalgique.
« Nous sommes à Tsuchi no Kuni, le pays de la roche. Enfin, nous sommes à une frontière. Je ne sais pas précisément laquelle, Maman et Papa ne veulent pas me le dire. Du coup, je ne sais pas où je vais. J’y vais, ça c’est certain ! Mais je ne peux pas te dire où. Tout ce que je sais, c’est que je quitte ce pays. »
Abandonner sa patrie, ses amis. La faune, la flore. Abandonner chacun de ses repères pour partir. Elle comprend que Papa et Maman veuillent partir, qu’ils aient envie de vivre autre chose, ailleurs. Mais peut-être auraient-ils pu partir plus tard ? Lui laisser la possibilité de s’établir ici, de grandir ? De vieillir ? Peut-être de faire autre chose ? Tout quitter, comme ça, si jeune. Pour tout refaire ailleurs. Dans un ailleurs qu’elle ne connaît pas, qu’elle n’a peut-être même pas envie de connaître. Un ailleurs dont elle ignore tout. La question qui fâche finit par sortir. Tsuki sourit à Tenzin lorsqu’il s’excuse. Elle décide de s’asseoir à ses côtés.
« Ne t’en fais pas ! Tu es le premier garçon de mon âge que je croise depuis que je suis partie … Alors ça me fait plaisir de te parler, vraiment ! Et puis, tu voles après tout. Tu gagnes déjà une très haute place dans mon estime ! », lâche-t-elle en riant.
Ses prunelles repartent à l’assaut de l’azur. Un azur doux, limpide. Où elle ne trouve pas particulièrement de réconfort. Tsuki ne peut pas dire qu’elle soit heureuse de ce voyage. Et puis. Elle ne peut pas lui mentir. Il l’a décelé. Dire que cela l’enthousiasme maintenant installerait un climat froid. Ce n’est pas son but. Alors la gamine opte pour la franchise, après un nouveau soupir.
« Mais … Non, je ne veux pas partir. Tsuchi est ma maison, je suis née ici. Et puis, d’un coup, je dois partir. Je ne sais même pas pourquoi ! Je sais même pas où je vais. Je sais même pas si je vais m’arrêter de voyager un jour ! Je suis simplement mes parents où ils vont, en attendant de voir où ça me mène. J’aurais préféré rester ici, grandir ici, apprendre ici. Mais Papa et Maman veulent partir. Ils m’ont dit que ce serait mieux là où on va. Alors j’y vais. Mais j’y vais pas parce que je pense que ce sera mieux ! J’y vais parce que je suis petite, j’ai pas le choix. »
Tsuki hausse les épaules. Cette situation est dérangeante. Devoir suivre ses parents ici ou là parce qu’elle est trop jeune. Cependant, peut-être y aura-t-il du bon dans cet ailleurs inconnu ? Peut-être que ce sera joli, que ce sera bien ? Peut-être que, finalement, elle aimera autant ce nouvel endroit que Tsuchi ? Elle ne sait pas. Pour l’instant, ce qui est sûr, c’est qu’elle ne veut pas partir. Tout simplement. Son sourire s’est effacé, Tsuki est pensive, perplexe. Puis elle dépose ses yeux sur son voisin et penche la tête.
« Mais … Tu n’es pas d’ici ? Comment ça se fait que tu es tout seul ? »
Les petits détails qui changent tout. Ce garçon n’est même pas de Tsuchi. Alors il n’y a pas de personne qui vole dans ce pays ? C’est dommage. Mais ça veut surtout dire qu’elle a eu beaucoup de chance de le croiser. Le hasard fait parfois bien les choses.
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Mer 12 Sep 2018 - 1:43
Son sourire s'agrandit encore plus -si cela est même possible- lorsque je lui apprends que je ne vole d'habitude pas devant les gens. Mais cela ne fait que me confirmer que mon interlocutrice est aussi agréablement surprise que moi face à notre discussion pour le moins inattendue. Elle m'apprend ensuite que nous sommes ici au Pays de la Terre, Tsuchi no Kuni, et que j'ai donc bien quitté le Pays du Vent et me retrouve à présent à la frontière de ce nouveau pays. J'acquiesce petit à petit, tâchant d'intégrer ces informations du mieux que je le peux. Mais j'apprends par la même occasion que Tsuki ne sait pas où ses parents l'emmènent, et que cette frontière est supposément leur point de départ. Mais comme je l'ai remarqué plus tôt, cette décision qui n'est évidemment pas la sienne ne semble vraiment pas lui apporter la joie et l'excitation d'un nouveau voyage. D'un autre côté, compliqué de profiter de ce genre d'annonces quand on s'y retrouve forcée. J'en sais quelque chose. Lorsqu'elle m'annonce que je suis le premier garçon de son âge qu'elle croise et avec qui elle discute depuis son départ, un sourire plus large que les précédents se peint sur mon visage. Et quand elle se met à rire, un petit rire m'échappe à mon tour.

-Ça me fait plaisir de te parler et te rencontrer aussi..

Ses yeux s'en vont alors se perdre dans le ciel bleu, bientôt rejoins par les miens alors que nous contemplons cette immensité sans fin. Cette immensité que je pouvais parcourir sans ne rien avoir à craindre ou presque. Lorsque j'entends la jeune fille blonde soupirer, je sais que la réponse à propos de son mécontentement ne va pas tarder. Terminant ma pomme, je tourne mon regard vers elle afin de l'écouter attentivement, et ses paroles, bien que pour des raisons différentes, font tout de même échos en moi. Je baisse les yeux, désolé pour elle, avant de les relever et de lui présenter un sourire compatissant et à la fois réconfortant. Puis posant brièvement ma main sur le haut de son crâne en un geste de réconfort maladroit, je regarde d'abord vers le ciel avant de tourner mon regard vers elle.

-Nous ne savons pas toujours pourquoi certaines choses nous arrivent, mais c'est parfois le début d'une nouvelle aventure pleine de bonnes choses inattendues, termine-je avec un sourire mélancolique.

J'espère ainsi lui apporter un peu de relativité et de joie, alors que Tsuki a perdu son sourire pour faire place à un air perplexe, triste. Mais c'est l'heure de la question fatidique sur ma présence ici, et les souvenirs m'assaillent. Mon sourire se disperse au vent, alors que mes yeux s'emplissent de larmes qui ne coulent pas. Je ne sais pas trop quoi répondre, alors pendant quelques secondes je garde le silence. Je ne sais pas si je devrais lui dire, ou si je devrais me taire. Qui sait, des mercenaires on en trouve partout. Suis-je vraiment en sécurité ici ? Le suis-je quelque part ? Je ne sais pas. Mais je décide de faire confiance à la jeune blonde, qui elle n'a pas hésité à me faire confiance et me dire la vérité.

-Je viens du Pays du Vent...Kaze. Ma famille a été attaquée par des mercenaires, et mes parents sont restés derrière pour me permettre de fuir. C'était il y a plusieurs mois, peut-être un an ? Je ne sais plus très bien...Mais depuis j'erre. J'ai essayé de mettre le plus de distance entre eux et moi. Je ne sais pas si ça a fonctionné.

Puis après quelques secondes de silence, je dis à voix basse de sorte que même Tsuki aurait du mal à entendre sauf si elle prêtait l'oreille.

-J'aimerais apprendre les arts ninjas, devenir plus fort...pour ne plus avoir à partir ainsi...

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Let go your earthly tether. Enter the void. Empty, and become wind...
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Mer 12 Sep 2018 - 23:10
à la frontière des mondes.

Il rit. Touché. Cette réalité fait extrêmement plaisir à Tsuki, car quelques instants auparavant ce jeune homme fuyait pour sauver sa peau et son repas. Le voilà désormais un peu plus détendu, apte à parler et écouter. Pourtant, le sujet de leur conversation n’est pas le plus drôle qui soit. D’un côté, Tsuki, en voyage pour quitter définitivement sa patrie ; de l’autre, Tenzin, garçon qui a fui ses parents parce qu’ils étaient poursuivis par un mercenaire. Autant dire que d’un côté, la situation est plus agréable, mais que, dans les deux cas, ce sont des exilés. Des personnes qui s’en vont de leur cocon, pour une raison ou une autre, et finissent par s’établir ailleurs. Une mine triste se plaque sur le visage de Tsuki.

Au départ, il lui donne l’espoir. Le sourire. La caresse sur sa tête, petite attention maladroite qui, en réalité, s’avère rassurante. Puis il lui offre cette possibilité de voir sa situation autrement. Après quoi, il lui reprend tout cet optimisme en lui racontant son histoire. Pourquoi l’Homme doit-il passer par de telles péripéties dans sa vie ? Ne peut-il pas simplement s’établir à un point puis vivre tranquillement ? Pourquoi faut-il qu’il soit poursuivi, malmené, assassiné ? Le monde est rempli de cette problématique difficile, lourde, qui rend des enfants orphelins et laisse des séquelles à vie. Autant dire que l’innocence et l’amusement initiaux se sont dissipés directement et retombent, doucement, en quelques lueurs d’espoir, noyées par les ténèbres de la réalité.

Tenzin mentionne autre chose, que Tsuki ne capte pas très bien. Elle entend le mot « ninja », mais c’est tout. Son intérêt est piqué au vif, mais avant toute chose il faut s’occuper des principales préoccupations. La blonde hoche doucement la tête, avant de la balancer lentement sur les côtés. Un sourire compatissant étire ses lèvres, similaire à celui que le garçon lui a adressé.
« Un grand homme m’a dit, un jour … » Elle se racle la gorge. « Nous ne savons pas toujours pourquoi certaines choses nous arrivent … » Réflexion. « Mais parfois, c’est le début d’une nouvelle aventure ! Ou quelque chose comme ça. Et il avait raison, je pense. Il faut essayer de le voir comme ça. Et de se construire à partir de là. Je suis sûre que, même si je ne serai plus dans ma maison, je serai dans un endroit vraiment bien. J’espère. »
Sa petite main se glisse sur l’épaule de Tenzin, qu’elle tapote doucement. D’histoire en histoire, la compassion s’installe. Deux êtres accrochés à la vie, qui suivent son cours sans trop pouvoir l’altérer, qui se motivent mutuellement dans ces temps de galère. Beaucoup de courage, surtout de la part de Tsuki, qui n’en a pas vraiment besoin et peut donc le partager allègrement. La main de la blonde redescend tandis qu’elle reprend la parole.
« Même si c’est très dur, je suis sûre que cette histoire t’apportera des bonnes choses ! Il faut qu’on tienne bon, parce qu’on est encore jeunes. Je suis sûre que, plus tard, tout sera plus ou moins rentré dans l’ordre et nous serons heureux. Ton passé sera une plus grosse valise que le mien, mais ça ira. Parce que tout finit toujours par s’arranger. »
Les préoccupations principales de la blonde sont réglées, maintenant il ne reste plus qu’à demander ce qu’il en est de cette mention. Ou pas. Qu’a-t-il dit ? Peut-être vaut-il mieux ne pas le mentionner ? Face à ce murmure, Tsuki ne sait pas comment réagir. Surinterpréter pourrait mener à quelque chose d’inintéressant voire gênant. Sous-interpréter et manquer l’idée aurait un intérêt pour en discuter. Mais s’il l’a murmuré, peut-être ne veut-il pas en parler ? Tsuki décide de tirer le sujet en partant du terme « ninja », d’une autre manière. Peut-être que cela éveillera quelque chose en Tenzin ? Ce serait l’idéal.
« Cela dit, je sais que je m’en vais de Tsuchi no Kuni parce que maman a besoin de changer d’air. Papa est un médecin ninja, donc il soigne beaucoup de gens et connaît presque tout notre village ! Mais lui aussi, il veut ‘plus’. Je l’ai entendu dire ça à maman. Je sais pas trop ce que ça veut dire, vouloir plus, dans ce sens, mais je sais que c’est ce qu’il veut. Du coup, même si je sais pas où je vais, je suis presque sûre que c’est dans un endroit où la faune est variée – pour maman, qui est une ninja traqueuse – et qui peut permettre à un médecin de faire ‘plus’. » Elle s’arrête un instant, puis reprend. « Un jour, moi aussi je serai ninja. Pas comme maman, mais je serai ninja ! Pour pouvoir être utile grâce à l’enseignement de ma mère. »
La blondinette hoche la tête, partagée entre affirmations et réflexion. Elle réfléchit tout en s’exprimant, comme si le fait de mettre des mots sur ses pensées, de les rendre orales, leur donne davantage de sens, d’impact. Peut-être une façon bien à elle de se rassurer, de voir le bon dans le voyage. Au-delà des amitiés, le progrès. La maturité. Un changement, pour le meilleur.
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Jeu 13 Sep 2018 - 18:47
Alors que j'ai réussi à la réconforter quelques secondes, la rassurant comme je le peux étant donné nos situations respectives, une mine triste s'abat sur son visage. Cependant lorsqu'elle écoute le résumé de mon histoire, elle hoche la tête avant de la mettre sur le côté et m'offrir un sourire compatissant. C'est alors qu'elle reprend mes paroles à la lettre (ou presque mais l'effort est là), m'arrachant un petit rire. Mais les paroles qu'elles prononcent ne sont pas dénuées de sens, même si il est difficile pour moi d'entrevoir les bons côtés pour l'instant. Lui souriant cependant sincèrement, je l'encourageai dans cette voix. Elle tapota gentiment mon épaule en ce sens.

-Tu as raison Tsuki-chan. Nous trouverons p'tet quelque chose que nous cherchons dans nos nouvelles contrées.

La main de Tsuki a ensuite glissé de mon épaule, et alors que je souris d'un air pensif par rapport à sa remarque, elle prononce a nouveau quelques mots. Et cette fois-ci, c'est un sourire triste qui vient se peindre sur mes lèvre. Je ne savais pas si ça allait être aussi simple, si tout allait juste s'arranger dans le futur. Mais une chose était sure, je ferais tout ce qui était en mon pouvoir pour que ça s'arrange. Laissant glisser mon air triste, mes yeux prennent un air déterminé et je hoche la tête à l'attention de mon interlocutrice sans pour autant répondre. Puis pendant quelques secondes je vois Tsuki-chan hésiter, semblant vouloir me dire quelque chose mais ne sachant pas trop comment s'y prendre. Je penche la tête sur le côté avec un regard curieux, intéressé de savoir ce qu'elle pense. Et c'est alors qu'elle me parle de ses parents ninjas, et de son rêve d'en devenir une aussi. J'ouvre grand les yeux, à la fois surpris et heureux, je tourne mon corps vers elle entièrement et la regarde droit dans les yeux.

-Ils ont appris où leur art ninja ? Moi aussi je veux devenir un shinobi ! Un grand shinobi, devenir fort...pour protéger tous ceux qui me sont chers, et retrouver ceux que j'ai perdu, dis-je un ton plus bas. Puis en reprenant de l'assurance. Je ne laisserai pas d'autres personnes souffrir comme j'ai souffert. C'est génial ce que tes parents font. Médecin et traqueur, c'est super cool. C'est pour apprendre d'autres choses sur la médecine que tes parents quittent Tsuchi no Kuni ?

Puis prenant une pause pendant quelques secondes, je me calme un peu, et tourne à nouveau mon corps vers le mur d'en face, les yeux perdus dans la ligne bleue du ciel. Il y a tant de choses que je dois faire. Je ne sais pas comment je vais m'y prendre, mais il faut absolument que je réussisse ça. Et puis les paroles de Tsuki me reviennent un peu en tête. Elle aussi elle veut devenir une kunoichi pour pouvoir aider. Je souris. Elle est vraiment gentille et je suis content de l'avoir rencontré. Prenant une voix lointaine, pensive, je penche un peu ma tête vers elle.

-Tu te vois comment en tant que ninja ? Une traqueuse comme ta maman ?

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Ven 14 Sep 2018 - 0:57
à la frontière des mondes.

De l’espoir, toujours beaucoup d’espoir. Les deux jeunes sont des moteurs l’un pour l’autre, alors qu’ils ne se connaissent pas forcément. Ils sont simplement là, un hameau, où ils n’ont pas besoin de réfléchir ni même d’avoir de peurs, parce que l’aide qu’ils s’apportent est précieuse. Une aide incomparable vu leurs situations respectives. Toute cette dimension s’écroule lorsque Tsuki mentionne les professions de ses parents. Il se détache du mur, montre un intérêt grandissant, qui le sort complètement de sa bulle. Les phrases s’enchaînent à toute vitesse, combinant questions et admiration. La blonde a mis le doigt précisément sur le point qui ouvre la coquille. Cette toute petite brèche, au départ invisible, qui finit par casser toutes les barrières et dévoiler une personne différente. Cette fois, c’est une personne passionnée, qui a de grandes ambitions mais pas forcément beaucoup de moyens pour les mettre en œuvre, d’où les questions qu’il pose. Un sourire grand comme une banane se plaque sur le visage de l’adolescente. Elle a touché le point sensible.

Il se calme aussitôt, se colle contre le mur et redevient le Tenzin réservé qu’elle a rencontré. Il lui ressemble énormément. Ces accès de joie, d’un coup, cet intérêt soudain, qui retombe comme un soufflé. Il est comme ça, spontané, pur. Tsuki voit en lui une personne vraiment intéressante, douce, gentille. Quelqu’un qu’elle est très heureuse d’avoir rencontré. À croire que les voyages ne sont pas que de mauvaises choses.

La blonde décide de reprendre depuis le départ, puis de décortiquer tout ce qui a pu être dit. D’abord, les compliments.
« Merci, pour mes parents. Je trouve ça super aussi ! Je ne comprends pas grand chose à la médecine, mais le principe est vraiment intéressant ! Peut-être qu’un jour, je ferai ça aussi … Je ne sais pas. »
Des ambitions, beaucoup. Qui se rencontrent, se heurtent, se motivent. Encore une fois, ils agissent comme moteur, cette révélation a bousculé le jeune homme, qui s’est ouvert et a dit qu’il veut aussi être ninja. Protéger les êtres chers, retrouver cette pièce manquante au puzzle. Oui, être ninja, c’est aussi ça. Protéger, accomplir de grandes choses.
« Je crois en toi ! Je suis sûre que tu t’en sortiras très bien. Après tout ! Un homme qui vole ne peut pas échouer ! Ce serait bien trop triste, non ? Tu es comme … un aigle. Majestueux. Puissant. Respecté. Tu iras où tu veux ! »
Tsuki fait un petit clin d’œil au jeune homme. Ne jamais perdre espoir. Il faut se battre, y croire, ne jamais cesser d’y croire ! Parce qu’au fond, ils sont les acteurs de leur futur. Et s’ils se laissent débiner maintenant, ils n’iront nulle part. Alors autant se tirer vers le haut ! Mettre tous les espoirs ensemble, en un énorme tas, pour réussir à toucher le ciel. Puis, après avoir décortiqué tout cela, Tsuki doit faire un détour par la question la plus importante : pourquoi partir ? Une question épineuse. Compliquée. Comment répondre à cela quand on n’est même pas sûr ?
« Je ne sais pas. Je pense qu’ils ont décidé de partir ensemble, parce que ma mère connaît un peu tout à Tsuchi … Tout ce dont je suis sûre, c’est que nous allons dans un endroit qui leur donnera ‘plus’, vis-à-vis de leurs métiers à tous les deux. Donc j’imagine que je vais dans un pays où la médecine est plus évoluée. La faune sera différente, donc maman n’aura pas de problème à trouver son bonheur. » Tsuki fait une pause et repense à une autre question, sur laquelle elle embraie aussitôt. « Je pense qu’ils ont appris à Rokkusu. C’est une très grande ville, au cœur du pays. Il y a plein de choses, là-bas ! Tu devrais peut-être essayer d’y aller, peut-être que ce sera l’occasion d’apprendre les arts ninjas à ton tour ? »
Les opportunités immanquables offertes par la vie. Celles qui sont là, énormes, inratables. Des « occasions en or », comme dit Maman. S’il y va, alors son existence changera sûrement. Peut-être qu’elle prendra la route des bonnes choses dont ils parlaient précédemment ? Ce serait tellement bien … Les prunelles de Tsuki viennent chercher l’azur, tandis que sa dernière prise de parole est à mi-chemin entre affirmation et réflexion.
« Quant à moi … Je ne sais pas. Je pense être faite pour la traque, oui. Je manipule un peu le son, comme ma maman ! Et j’aime bien chasser. Mais je ne veux pas totalement faire comme elle, parce que ma mère tue. » La blonde s’arrête. Un silence de plusieurs secondes s’installe. « Je ne veux pas tuer. J’aime pas l’idée de tuer. Pour moi, on n’a pas le droit de faire ça. Alors je veux faire autre chose ! Peut-être utiliser mes capacités pour pister des méchants ? Et les empêcher de nuire ? Ça me paraît bien. Pour l’instant, oui, ça sonne bien ! »
Une première piste, une ébauche de ce que peut être le futur. Quelque chose de légèrement concret, un objectif qui permet de ne pas lâcher prise. Mais elle est jeune, encore. Son futur sera un peu différent de ses convictions actuelles … Ou peut-être très différent. À vrai dire, on ne peut pas encore savoir. Ce serait bien trop beau !
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Ven 14 Sep 2018 - 16:18
Alors que je m'ouvre, que ma joie, mon intérêt et mon innocence refont surface, un immense sourire étire les lèvres de mon interlocutrice. Un peu gêné, je reprends mon air réservé en rougissant légèrement. Cela fait longtemps que je n'ai pas réagi avec autant d'énergie à quelque chose, et cela me paraît un poil étrange, comme si j'ai perdu l'habitude. Que je ne sais plus vraiment comment faire et que cela me met mal à l'aise. Mais je suis tout de même content d'avoir pu ressentir ce sentiment. Au final, cette rencontre a beaucoup de bons côtés, et je peux aisément dire que je n'ai jamais été aussi heureux de voler une pomme. Reprenant mon calme, j'écoute la jeune blondinette qui approuve ma remarque sur ses parents, et je souris lorsque je l'entendis dire qu'elle va peut-être un jour suivre cette voix. Quelques instants plus tard, ce sont des paroles de soutient qui bercent mes oreilles en provenance de Tsuki. Un aigle ? Cet image me plaisait. Un sourire un peu niais se peint sur mon visage.

Mais l'adolescente n'a pas terminé de m'apporter de précieuses informations. Rokkusu ? Je ne connais pas cette ville, mais cela n'a pas grand chose d'étonnant vu que je ne savais pas où j'étais à peine quelques minutes plus tôt. Je pourrais apprendre les arts ninjas là bas ? C'était intéressant. Mais quelque chose de plus intéressant encore, lorsque j'apprends que mon interlocutrice manipule le son, et est douée pour la traque et la chasse. J'ouvre de grands yeux, curieux et intéressé. Je n'ai jamais entendu parlé d'une telle capacité, et il me semble que dans mon village à Kaze no Kuni personne ne possède cette faculté. Mais c'est intéressant d'apprendre à connaître d'autres personnes, d'autres particularités. Je suis tout excité et je me suis à nouveau tourné vers Tsuki avec intérêt.

-Je n'ai jamais rencontré de personnes manipulant le son. C'est comme ça que vous repérez vos proies ?

Et puis réfléchissant deux secondes, un sourire encore plus grand se plaque sur mon visage. Décidément, est-ce la providence qui m'envoie cette jeune fille alors que mon chemin se faisait si sombre ? Est-elle une sorte d'ange venue me tirer des ténèbres de ma situation ? Si ce n'est pas le cas, en tout cas ça en a tout l'air. Et je m'empresse de continuer sur ma lancée.

-Nous étions peut-être fait pour nous rencontrer alors ! Je manipule le vent, et les deux vont de concert non ?

Cependant lorsqu'elle parle de son refus de tuer des gens, une partie des ténèbres que j'ai repoussé au plus profond de mon être jusqu'à présent ont de nouveau envahi mon coeur. Est-ce que je tuerais un jour ? Cette idée ne me plaît pas des masses, mais il est rapidement évident pour moi que je n'ai pas autant de scrupules que la demoiselle à ce sujet. Je déteste la méchanceté et la violence gratuite, cependant c'est l'une des raisons qui me poussent à ne pas rejeter l'idée de prendre la vie de quelqu'un. De ceux qui dépassent les bornes. De ceux qui m'ont enlevé mes parents. Eux, je prendrais leur vie, ça j'en suis sûr. Cela prendra le temps qu'il faut, mais ils ne termineront pas paisiblement leur vie. Un sourire triste s'affiche sur mon visage un instant, mais je me reprends rapidement.

-Je ne peux pas promettre comme toi que je ne prendrais jamais une vie...Mais je comprends ton raisonnement. Tu es vraiment une chouette fille. Et non seulement je suis sûr que tu tiendras tête pour tes convictions, je suis convaincu que tu seras d'une aide précieuse peu importe là où tu iras ! terminai-je avec un immense sourire.

Mes yeux se perdent dans le vide alors que je pense à la nostalgie qui m'empare. Mais je l'éloigne une nouvelle fois bien vite. Cela fait longtemps que je n'ai pas souris autant, et que je ne me suis pas autant amusé. Je n'ai pas envie que ça se termine. Je n'ai pas envie que le temps passe trop vite. Regardant alors avec un sourire presqu'espiègle ma camarade, je la défie alors.

-Montre-moi ce que tu sais faire Tsuki-chan. Je serai ta proie, et tu devras m'attraper si ça te dis ?!

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Dim 16 Sep 2018 - 18:35
à la frontière des mondes.

Échange d’informations, sur les techniques de chacun. Les capacités de l’un, celles de l’autre, qui créent une sorte de cohésion. Si le premier est capable de voler, la deuxième est capable de manipuler le son et en faire soit une arme, soit un radar. Un grand sourire étire les lèvres de Tsuki quant à la question du jeune homme.
« Eh bien. Ma mère utilise le son de cette manière, oui. Dans mon cas, j’ai réfléchi à une application tout aussi intéressante, mais dans l’autre sens ! Le son me permet de me cacher, plutôt que de trouver. Mais avec plus d’expérience, peut-être serai-je capable de faire comme elle ? »
Les deux êtres sont totalement sur la même longueur d’ondes. Il lui dit que leurs capacités vont de concert : c’est un manipulateur du vent. Tsuki sait de source sûre que sa mère maîtrise l’affinité du vent aussi, mais probablement pas de la même façon. C’est intéressant, cela dit, car … S’il vole, peut-être que Tsuki le pourra elle aussi ? Ne serait-ce pas génial ? Cette idée se fiche dans un petit coin de son esprit. Un coin qui n’est pas caché par tout son bazar habituel, qui fait une grande place à la réflexion. Petite crevette qui vole. Voler comme un oiseau. Voler comme Tenzin. Ce serait si bien. Oh, oui. Si bien.

Pour l’heure, d’autres préoccupations sont sur la table. Le point de vue de Tsuki sur la mort aurait pu être interprété de plusieurs façons. Certains se seraient moqués d’elle. D’autres auraient simplement expliquer que, dans leur monde, un tel idéal est impossible à mettre en place. D’autres encore lui auraient suggéré de grandir, de voir comme le monde fonctionne avant de déjà se placer des idées telles que celles-ci. Puis il y a les derniers, ceux qui ne jugent pas, qui acceptent. Qui ne disent pas aspirer à la même chose, mais qui ne piétinent pas ses idées et considèrent que cela est possible. Les compliments font rougir Tsuki. Elle ne sait plus vraiment où se mettre, mais cela la touche véritablement. Tenzin est une personne adorable, qui parvient à faire rayonner toutes les parts les plus sombres de sa vie présente. Il est vraiment très gentil.
« Merci. », dit-elle simplement.
Un tout petit mot, rien de plus, rien de moins. Un petit mot qui a un énorme sens. Une signification presque sans limites. Il peut être utilisé dans tous les contextes, de toutes les façons. Il signifie tout, dépendamment de la façon dont il est employé. Cette fois, il signifie un remerciement chaleureux. Une marque de gratitude à la fois envers son jugement, qui ne la rabaisse pas, mais aussi une façon de le remercier pour ces magnifiques compliments. Tsuki voit la chose différemment, désormais.
« Je ferai de mon mieux pour être vraiment utile ! Pour être une kunoichi reconnue, que les gens apprécieront pour ses convictions et son travail ! »
La blonde hoche la tête, pour se convaincre. Oui. Elle sera comme ça, plus tard. Connue pour ses grandes capacités et son apport au monde. Est-ce si simple, cependant ? Tous ses rêves rencontreront sûrement des péripéties, mais ne suffit-il pas d’y croire ? Bah. Pour l’heure, son attention est portée sur Tenzin, qui lui propose un petit défi. Tsuki doit l’attraper, pour lui montrer ce qu’elle sait faire. Une idée amusante. Elle se prend au jeu.
« D’accord, alors ! Je ne pense pas pouvoir utiliser le son pour ça, mais j’ai déjà d’autres idées ! »
Un cache-cache ? Plus ou moins. Ce serait intéressant, très intéressant ! Une excellente manière de passer le temps, de ne pas se laisser happer par des pensées négatives. Une sorte de petite chasse à l’homme pour attraper Tenzin. Un petit entraînement ludique !
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Lun 17 Sep 2018 - 17:51
J'apprends donc que c'est bien grâce au son que la mère de Tsuki parvient à chasser ses proies. Ce qui est extrêmement intéressant. Cela me fait penser que cette femme utilise une méthode assez proche de celles des animaux pour les chasser, un peu comme un prédateur elle-même. J'aime bien l'idée. Quant à Tsuki, elle, elle ne repère pas grâce au son contrairement à sa maman, mais sa capacité lui permet de se cacher. Je penche la tête sur le côté, curieux, me demandant comment elle s'y prenait. Je ne saisis pas bien encore toute la porté de son pouvoir très certainement, mais j'espère qu'à la fin de cette journée j'en aurais appris un peu plus. Cependant, ce n'est pas le but principal aujourd'hui. Le but est de se détendre. Elle comme moi, on a besoin de se changer un peu les idées avec les aventures indésirables vécues, et celles encore à venir.

-Oui, je pense. Après tout, il faut bien qu'on dépasse nos parents non ? dis-je un peu en rigolant.

Je remarque que ma réponse neutre et encourageante quant à son point de vue en tant que futur kunoichi de ne pas prendre la vie touche beaucoup la blondinette. Et elle a l'air si émue que la seule chose qui sort de sa bouche est un simple "Merci". Mais je sais quel genre de merci est-ce. C'est un merci simple avec cependant un mélange complexe de gratitude, de soulagement et de reconnaissance, qu'un plus grand discours aurait terni par sa longueur. L'intensité de son merci me touche en plein coeur, et je sais alors qu'à cet instant, peu importe ce que je peux dire, rien ne serait assez juste pour être épelé. Alors je ne dis mot. Un large sourire joyeux étire mon visage, mes yeux suivant allègrement le mouvement pour lui exprimer toute la joie et le soutien que je lui apportais à cet instant. Elle continue alors sur sa lancée, et me fait part de sa détermination à devenir une kunoichi reconnue et respectée grâce à ses convictions et son travail. Je hoche la tête avec un sourire entendu.

-Et je tâcherai pour ma part de devenir un shinobi fort et respecté, capable de protéger ceux à qui il tient, en restant aussi optimiste et gentil que possible. On se fait cette promesse ? dis-je d'une voix enjoué et en accord avec mon jeune âge tout en présentant à Tsuki mon petit doigt pour qu'elle y joigne le sien.

Par la suite, Tsuki accepte mon défi et même si elle ne peut pas utiliser le son comme sa maman pour me repérer, elle a déjà d'autres idées en tête. Affichant une mine enjouée, je hoche la tête avec vigueur. Cela fait si longtemps que je n'ai pas joué avec un autre enfant de mon âge. Si longtemps que je démarre au quart de tour. Je me lève et détale entre les ruelles avec le sourire aux lèvres. Je tourne dans une petite ruelle à droite, puis je coupe à gauche, encore à gauche, puis à droite. Puis pour compliquer la tâche à ma prédatrice, je m'envole et passe par dessus le mur de la ruelle dans laquelle je me trouve pour me cacher dans la ruelle adjacente. Je me recroqueville au maximum, jouant de la petite taille de ma jeunesse pour me dissimuler entre des objets (poubelles, petites caisses) et les ténèbres. J'attends alors patiemment, en quête du moindre signe que celle qui me chasse m'a retrouvé.

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Hier à 17:07
à la frontière des mondes.

Dépasser ses parents. Devenir grand, fort, meilleur. Marcher sur leurs traces jusqu’à suivre son propre chemin. Prendre son envol et aller plus haut que ses parents. Oui. C’est une belle perception des choses, un premier objectif à atteindre. Une façon de se booster et de ne pas abandonner qui durera un long moment. Après tout, ce n’est que lorsqu’ils sont dépassés qu’il faut s’arrêter. Mais les parents sont les parents, ils ont eu l’enseignement, l’entraînement, la pratique. Le temps de réfléchir à toutes ces choses, aussi. Bref, les parents ont une très grande longueur d’avance, ce qui offre deux avantages : un long entraînement, un objectif solide et stable ; mais aussi une énorme satisfaction une fois cet objectif atteint. En bref, devenir meilleure que Rinka lui semble une bonne base, pour l’instant. Le temps lui offrira d’autres buts, peut-être moins amusants, peut-être plus … Qui sait.

Pour l’heure, une promesse se forme entre les deux adolescents. Un pacte symbolique, prononcé par deux êtres très jeunes, qui pourtant ont une grande conscience de la réalité de leur monde. Triste conscience, en un sens, mais bonne conscience car elle leur permet de grandir correctement, sans trop souffrir. Ils sont préparés à vivre dans cet univers, mais veulent y vivre … différemment. Pas en semant la guerre, ni en semant la mort. En restant optimistes, souriant. En protégeant les plus faibles. Des objectifs honorables, aux antipodes des habituelles histoires de vengeance, de souffrance et de violence. Optimisme, bonté, gentillesse. Tsuki accepte ce pacte avec un très grand sourire et joint son petit doigt à celui de Tenzin.
« Aux futurs gentils ninjas, alors ! »
Un grand sourire étire ses lèvres. Une promesse toute simple, qui pourtant lui réchauffe le cœur. Survivra-t-elle à la triste réalité de leur monde ? Rien n’est certain, mais il ne faut pas cesser d’espérer, ni d’y croire. Il faut se battre, jusqu’au bout, ne pas perdre ce nouvel objectif de vue. Décidément, tout semble s’enchaîner très vite ! Après celui de dépasser sa mère, voici celui d’être un ninja honorable, qui ne tue pas et s’affaire à être bon malgré tout. Beaucoup, beaucoup de pistes pour le futur.

Mais d’abord ! D’abord, il est l’heure de jouer à cache-cache !

Tenzin se lève et se met à courir à toute vitesse. Tsuki s’élance à sa poursuite aussi vite que possible, profitant de sa petite taille pour esquiver les obstacles et courir vite, très vite. Malheureusement, cette dite particularité se montrera moins avantageuse lorsqu’il faudra regarder par-dessus quelque chose ou quelqu’un. La blonde court, court à en perdre haleine. Elle l’a vu passer par cette ruelle, puis celle-ci, puis … Puis laquelle ? Il est parti plus vite qu’elle ! L’adolescente ferme les yeux, se concentre. Se cacher ne sera pas utile, alors ses maigres connaissances en onkyôton ne lui sont, pour le moment, d’aucune utilité. Mais il y a autre chose que Tsuki sait faire ! Une des rares vraies applications de son chakra, une des seules possibles actuellement. Les paupières closes, la blonde ressent ce qui l’entoure. Il n’y a que peu de formes de chakra environnantes, souvent très faibles. Ce ne sont pas celles qu’elle cherche. Il faut chercher plus loin, creuser davantage. Inspirer profondément, se concentrer. Tsuki serre les dents, cette activité lui demande un effort presque colossal. Ne pas être ninja, ne pas être entraînée à manipuler son chakra de cette façon … Voilà deux grosses difficultés qui ont l’effet d’un mur. Mais elle ne lâche pas prise ! Il faut montrer à Tenzin ce dont elle est capable.

Et puis là. Cette petite trace. Un peu plus forte que les autres, reconnaissable parmi les autres de par sa supériorité. Tsuki s’élance à sa poursuite. Le trajet se fait bien plus naturellement, jusqu’à tomber nez-à-nez avec une ruelle et un muret assez élevé. Hum. Bon. Son agilité n’est plus un secret, c’est certain, mais … Peut-elle grimper jusque-là ? Ses prunelles se détachent du mur et elle fait un inventaire de ce qui l’entoure. Des caisses. Pas très solides, mais son poids ne les feront probablement pas craquer. Tsuki grimpe sur une première, puis une deuxième, jusqu’à ce que sa petite tête dépasse du muret.
« Trouvé ! »
Un grand sourire malicieux est plaqué sur son visage. Plus bas, Tenzin. Ou pas ? La blonde ne le voit pas. Elle se décide alors à passer par-dessus le muret et se laisse tomber. Il est ici. La signature de chakra le lui a indiqué. Mais où ? Tsuki regarde partout autour d’elle. Où ? Ses capacités seraient-elles si limitées ? Non, non … Elle choisit donc d’enquêter davantage ! Les petites mains de la blonde passent ici, là, soulèvent les caisses, poussent les tonneaux. Et là ! Là ! Là c’est la bonne. Ses yeux se posent sur une forme légèrement différente de toutes les autres. Moins ronde. Alors Tsuki y passe la main et sent quelque chose. Quelqu’un. Tenzin ?
« Trou … vé ? »
Tenzin, pas Tenzin ? Réussite ? Échec ?
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À la frontière des mondes. [Tenzin]

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