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Arc Tsukuyomi — Partie 2 : Douter. [Yahiko]


Sam 8 Sep 2018 - 18:25
arc tsukuyomi — partie 2 : douter.

Tourner en rond. Réfléchir. Hésiter. Se perdre dans ses pensées. En véritable poisson dans son bocal, Tsuki tourne et retourne ses conversations avec ses parents. Beaucoup de mots ont été échangés, beaucoup de vérités difficiles ont été énoncées, mais elle n’a pas progressé. Elle se heurte continuellement au même mur : sa condition de kunoichi fait d’elle, naturellement, un assassin. Ses convictions, par contre, font d’elle une personne qui refuse d’assassiner. Dans ces conditions, comment s’y prendre ? Que choisir ? Dans quel sens aller ? Tsuki ne sait plus. Face à toutes ces questions, elle ne sait plus comment réagir ni quoi penser. Du coup, la blonde a pris une grande décision ! Il lui faut sortir du cocon familial, étendre cette conversation à un cadre moins intime. Pour ça, il faut se tourner vers une personne en qui elle a confiance, quelqu’un à qui elle pourra tout dire sans crainte, sans imaginer quoi que ce soit. Quelqu’un qui lui donnera son avis sans arrière-pensée. Une personne unique, à qui Tsuki à la sensation de pouvoir tout dire, même les choses les plus graves. Le fameux Yahiko. Parce qu’après tout, s’ils veulent devenir l’élite, il faut bien se débarrasser de ses doutes, non ?

Alors Tsuki, petite Tsuki, pas écrivaine pour un sou, prend un bout de papier, écrit une lettre à destination de son partenaire, puis attend. Elle a posé le rendez-vous pour la semaine prochaine, au terrain d’entraînement où ils se sont rencontrés. C’est un endroit marqué de souvenirs agréables, auréolé d’une sensation de bien-être. Un endroit familier, qui permettra à la blonde de ne pas se sentir dépaysée et d’aborder le sujet plus simplement. Elle repense à sa lettre, maladroite, mal écrite, qui a pu mettre le doute à Yahiko. Une lettre façon Tsuki, pas forcément précise, qui ne va pas forcément droit au but non plus. Mais c’est une lettre qui vient d’elle, pleine de méfiance à l’égard de n’importe qui aurait pu délivrer le bout de papier. C’est stupide, peut-être. Mais c’est Tsuki. Bref.

Le jour J, la Genin se rend sur le terrain d’entraînement, aux alentours de treize heures. En réalité, il reste encore une bonne vingtaine de minutes avant d’atteindre l’heure du rendez-vous, mais Tsuki n’en peut plus d’attendre. Il y a toutes ces questions dans sa tête, qui tournent, tournent, tournent. À force, elles deviennent une vraie litanie, brûlante mélodie qui lui donne envie de se défenestrer. À force, son bocal devient beaucoup, beaucoup trop petit. Les chasses ne suffisent plus, elle est constamment prise par ce doute avant de se lancer : tuer, ne pas tuer ? Tuer, ou être tué ? Abîmer suffisamment pour ne pas tuer ? Laisser la nature tuer ? Tuer ? Et ne pas le faire ? Qu’est-ce que ça implique ?

Tsuki se met à tourner en rond. Elle fait les cent pas sur le terrain. Au bout d’un moment, elle jette une clochette sur le mannequin, frustrée. C’est pas possible, ces questions. Charcuter le mannequin ne lui apportera rien, c’est certain, mais bon dieu, que c’est bon. Ça fait du bien. Elle tire une clochette, une autre, crie, cogne le pauvre morceau de bois. Puis la Genin s’arrête et s’assoit par terre. Bon dieu. Pourquoi devenir ninja, hein ? Pourquoi devoir tuer en le devenant ?

Ses prunelles incarnates grimpent jusqu’au ciel, à la recherche de réconfort dans l’azur. Un long soupir s’échappe. Va-t-elle y arriver ? Peut-être, peut-être pas. En attendant, bon dieu que c’est chiant. Les mains posées sur le sol, pour s’appuyer, elle tend les jambes. La lumière finit par la faire plier et elle baisse les yeux. Une silhouette familière s’approche. Ça y est ? Oh, peut-être qu’il a tout vu ? Enfin. Vu l’état du mannequin, sur lequel il reste plusieurs clochettes, il comprendra sûrement … Peu importe. S’il veut la bagarre, il l’aura aussi. Ou alors. Non. Parce qu’après tout, faut-il tuer ? Ne faut-il pas ?

La course dans le bocal recommence. Sempiternelle course. Mortelle course.

Spoiler:
 
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Lun 10 Sep 2018 - 12:33
Allongé sur son lit, dans ses mains se tenait une lettre qu'il venait de recevoir. Il devait l'avoir lue maintenant plusieurs fois, se demandant à quel point il avait pu marquer la jeune fille pour qu'elle pense qu'il puisse lui être utile. Il rougissait légèrement, loin d'un quelconque sentiment amoureux, mais plutôt parce qu'il se sentait fier d'avoir pu être important pour quelqu'un. C'était quelque part un objectif accompli, mais pas envers n'importe quoi. Envers quelqu'un qui se forgeait une place particulière dans son coeur. En fait, c'était bien plus qu'une sœur d'arme, actuellement, et d'après le message officiel qu'il avait reçu de Kumo, Hohoemi Tsuki était dorénavant son élève attitrée. La toute première dont il devait s'occuper suite à son évolution en tant que Chûunin du village. C'était donc deux bonnes nouvelles qu'il devait lui annoncer, mais il tâcherait de s'en occuper après leur longue discussion. Leur échange semblait important pour elle, et selon comment celui-ci se déroulait, les bonnes nouvelles pouvaient être un point d'appui pour transformer ses malheurs en perspective d'évolution. Après tout, dès leur prochaine rencontre et dès l'annonce qu'il lui transmettrait, tous les problèmes de Tsuki deviendraient ses problèmes à lui, et ils se battraient ensemble pour réaliser leurs rêves.

Une semaine, c'était bien long. Pourquoi s'était-elle infligé une attente aussi importante alors qu'il était quasiment toujours disponible ? Peut-être avait-elle d'autres problèmes à régler. Il avait tant de choses à lui dire que leur prochaine rencontre durerait sûrement aussi longtemps que la dernière. Le passage Chûunin, son statut officiel d'élève, les nouvelles familiales, ses envies de visiter tout Kumo pour découvrir sa vraie famille... Et bien sûr toutes les opportunités que cela ouvrait pour la jeune fille. Bien sûr, tout cela concernait la vie du nouveau Chûunin, mais cela n'était pas sans répercussion sur la vie de la Genin. Ca engageait l'idée de l'emmener avec lui, de l'entraîner, peut-être même d'accomplir certains de ses objectifs à elle. Bref, d'agir comme une véritable équipe.

Le jour J, il se prépara comme il fallait. Ce qu'il fallait pour le combat, ce qu'il fallait pour discuter. Il avait tâché d'avoir une bonne nuit de sommeil pour s'assurer d'avoir les idées au clair. Il ne voulait pas dire de bêtise, il voulait être en forme pour se battre, s'attendant bien à ce que cette conversation dégénère... dans le bon sens du terme. Se battre, ce pour quoi ils étaient fait, et la meilleure manière pour eux de se comprendre. Une fois arrivé, c'était à l'heure pile du rendez-vous, et c'était une Tsuki impatiente qu'il observait de loin. Elle tournait en rond, elle se battait contre un mannequin, comme si elle déchargeait toutes les mauvaises énergies qui ruminaient en elle. Il était là, le chasseur de démon, celui qui tenterait du mieux qu'il peut pour apaiser l'esprit de son amie.

-"Hey, Tsuki ! Désolé de l'attente, ça a dû être dur pour toi."

S'asseyant proche d'elle, en restant face à son interlocutrice, il s'apprêtait à engager cette importante discussion.

-"Alors, comment tu vas ? Dis moi ce qui te tracasse."

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Mar 11 Sep 2018 - 0:14
arc tsukuyomi — partie 2 : douter.

Tourner, se retourner, se détourner, se tourner de nouveau. Le bocal est petit. Le bocal déborde. Yahiko est comme un rayon de soleil dans la nuit noire. Il apparaît tranquillement, puis s’assoit face à elle. Ce jeune homme est incroyable. Ils se sont connus récemment, mais il y a un lien étrange entre eux, un lien très fort. Une camaraderie sans limite, qui fait d’eux des frères d’armes d’une valeur incomparable. Unis par la bagarre, unis par la discussion, ils se sont promis de se tirer mutuellement vers le haut, pour devenir des élites. Pour un pacte passé sur le plan de la rigolade, il n’empêche qu’il a une importance toute particulière aux yeux de Tsuki. C’est un pacte qui signe l’attribution de sa confiance à quelqu’un d’autre. Cette confiance si chère, si rare, qu’elle n’accorde que très peu. Mais là, il y a quelque chose. Même pas besoin de gratter la surface pour voir sous la coquille. Yahiko déborde d’ondes positives. Même s’il a une vie compliquée, s’il se tue à la tâche, il y a tellement de bon en lui que Tsuki ne peut pas s’empêcher d’aller vers lui. Il y a une innocence, une pureté si grande dans cet être, qu’elle en oublie presque tous les malheurs, toutes les horreurs du monde shinobi.

Ses prunelles incarnates se déposent sur lui, lentement. Qu’y a-t-il, hein ? Une longue, très longue histoire. Une histoire spéciale, tordue. Un peu bizarre. Qui va peut-être paraître futile à certains mais qui, elle en est sûre, fera réfléchir Yahiko et lui donnera une nouvelle piste. Le phare dans le brouillard. Son sourire renaît. Un sourire moins lumineux que d’habitude, mais quand même. Il est là, tout doux. Parce que Tsuki sans sourire, c’est pas Tsuki, tout simplement.
« Salut Yahiko. Désolée pour la lettre bizarre. Les chasseurs aiment pas trop communiquer par lettres. C’est … Disons que c’est personnel sans l’être, vu que tout le monde peut la lire. Du coup si jamais on a envie de parler de sujets sensibles, de sujets tordus ou autres, on passe pas trop par-là. Après tout, si je veux te confier que je préfère les chats aux chiens, ça ne regarde que moi. Pas que ce soit vrai, cela dit. »
Bavarder, bavarder. Combler le stress par un grand nombre de paroles futiles. Même si ces paroles sont vraies, elles n’ont pas de sens véritable dans leur cas. Enfin, peu importe. Tsuki soupire longuement, elle sait que pour l’instant elle ne fait que tourner autour du pot. Ça n’avance pas beaucoup. Il faut se jeter à l’eau, c’est comme ça. Même si c’est dur, même si c’est nul, même si c’est compliqué. Prendre son courage à deux mains et oublier. Plonger. Même si ça fait peur ! Allez. Après tout, c’est Yahiko. Rien de mal ne peut se passer. Tout ira bien.
« Bon. C’est pas drôle comme sujet. Je suis désolée. » Elle fait une pause. « Tu te souviens, quand nous nous sommes rencontrés ? Je t’ai dit que je ne voulais pas tuer. »
Tsuki inspire profondément. C’est parti, hein ? Alors, c’est parti. Plus de barrière, plus de limite. En route.
« Je suis une chasseuse. Mes capacités consistent à traquer, quelle que soit la proie. Je traque, puis j’attrape. Je me suis dit, depuis toute petite, que je voulais tout sauf blesser. Comme je ne veux pas blesser, je me suis spécialisée dans les illusions. Parce que, du coup, comme ce sont des illusions, les dégâts sont moins brutaux physiquement, même s’ils sont peut-être pires mentalement. Le problème, c’est que mes capacités sont faites pour que je traque et, à long terme, tue. L’autre grand problème, c’est que je suis une kunoichi. En tant que kunoichi, mon rôle sera de tuer, pour protéger mon village, ou n’importe quelle raison. Je finirai sûrement par tuer pour sauver ma propre peau. »
Elle déglutit. L’idée de tuer bloque toujours autant. Ses prunelles viennent chercher celles de Yahiko.
« J’ai peur de tuer. Je ne veux pas le faire. Pour moi, la vie est unique, extrêmement importante, et on n’a pas le droit de l’enlever à quelqu’un. Parce que si on l’enlève, on se donne le droit de vie et de mort, or, on ne l’a pas, on ne l’a jamais eu. Et je refuse d’avoir la prétention d’agir comme ça. Je veux me dire que … Que ce ne sera pas moi qui tuerai. Parce que je n’estime pas avoir cette ‘capacité’ plus qu’une autre personne. »
Haussement d’épaules. Tsuki n’est pas Dieu. Tsuki est Tsuki. Petite kunoichi, pas meilleure qu’une autre, pas faite pour tuer. Pourtant, son rôle consister à tuer. Compliqué, hein ?
« J’en ai parlé à ma mère et à mon père et tous deux m’ont dit que parfois, il faut tuer. Que parfois, on n’a pas le choix, on tue. Pour se sauver, pour sauver les autres. Mais … Qu’est-ce qui justifie qu’on puisse tuer quelqu’un ? Tu crois qu’on a le droit de tuer ? Que c’est … normal ? »
La blonde baisse les yeux. Elle réfléchit. Intensément. Cette situation est si compliquée. Pourquoi les hommes s’entretuent-ils ? Pourquoi se font-ils la guerre de cette façon ?
« Et surtout … Est-ce qu’on devient un monstre quand on tue quelqu’un ? Est-ce que, si je tue quelqu’un, je deviens un monstre ? »
Réflexion, réflexion. Peur. Beaucoup de peur, aussi. Mais un énorme désir de s’améliorer, d’être forte. Un désir d’être utile malgré ses craintes.


Dernière édition par Hohoemi Tsuki le Jeu 13 Sep 2018 - 22:40, édité 2 fois
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Mer 12 Sep 2018 - 20:49
De son air toujours naturel, souriant, attentif, il observait son interlocutrice. Beaucoup de signes démontrait qu'elle était inquiète, mal à l'aise, qu'elle avait du mal à commencer ce qu'elle voulait dire au jeune Sendai. Mais elle savait très bien qu'elle ne l'avait pas appelé pour rien, alors pourquoi hésitait-elle ? Être toujours plus compréhensif, toujours plus à l'écoute, et surtout, savoir rassurer, voilà quels étaient les objectifs du nouveau Chûunin avec toutes les personnes qui avaient besoin. Maintenant, c'était encore un peu différent d'auparavant par rapport à Tsuki. Non seulement car il était son ami, mais son statut avait même évolué en sensei officiel, ce qui signifiait en quelques sortes qu'il était même de son devoir de lui porter assistance. Aujourd'hui, c'est ce qu'il ferait, même sans son statut de supérieur hiérarchique, juste en tant que bon compagnon.

Le monologue était long, mais c'était justifiable. Il n'y avait probablement pas assez de mots pour expliquer toute la détresse qu'elle pouvait ressentir à ce moment là. Si elle avait appelé des secours, si elle en avait même parlé à ses parents et qu'ils n'avaient pas été en mesure de la rassurer, alors c'est que le cas était plus important que ce qu'il paraissait. Quelque part, c'était tout son avenir de kunoichi qui était en jeu. Le Sendai attendit qu'elle ai véritablement fini, laissant son coeur s'exprimer avant que son esprit ne prenne la relève. Ne pas lui couper la parole, la laisser dire tout ce qu'elle avait le besoin de dire, et surtout, rebondir avec les mots les plus adaptés que possible. Pour ne pas brusquer, pour ne pas choquer, pour l'accompagner vers la perspective la plus rassurante qu'il soit. La mort n'était jamais rassurante, mais elle pouvait être rationalisée.

-"Haha, il y a tellement de choses à dire...", commença Yahiko, pensif.

Tellement de manières d'aborder la question, tellement de façons de répondre qui pouvait soit la réconforter, soit lui faire plus de mal psychologiquement. Le sujet n'était pas simple, à manipuler avec précaution.

-"En fait, je crois que la guerre est inévitable lorsque les mots sont insuffisants pour régler des conflits. Si tout pouvait être réglé avec des paroles, les ninjas n'existeraient sûrement pas sous la forme que nous la connaissons...", continua t'il la tête légèrement baissée, cherchant ses mots.

-"Je crois aussi que chaque village, chaque famille, chaque personne a ses propres valeurs, ses propres avis, sa propre définition de voir la paix... mais aussi de voir la vie. Lorsque l'on s'engage dans la vie de ninja, on s'engage en quelques sortes comme un soldat, qui défend des valeurs au prix de sa vie. Les meilleures personnes sont celles qui agissent pour le bien du village, qui correspondent bien souvent à un idéal de paix. Les monstres, eux, ce sont ceux qui agissent pour leur propre bien, pour leur propre justice."

En fait, ça allait même bien plus loin que ça. Il était compliqué de tout dire sans que les idées ne se mélangent, mais il ferait de son mieux. Elle n'était pas là pour écouter des opinions données à moitié.

-"Maintenant, il y a deux choses distinctes qu'il doit être important de savoir. La première, c'est que parfois les dirigeants ne sont pas ceux qui recherchent la paix, et leurs ordres sont donc orientées vers la guerre, la douleur ou la mort. La deuxième, c'est que parfois, même si les dirigeants recherchent la paix, ce sont leurs ninjas qui peuvent chercher à accomplir leur propre justice..."

Reprenant son souffle et ses esprits, tout ce qu'il venait d'évoquer était une manière détournée d'arriver pour lui au sujet principal : la mort.

-"Je crois qu'il n'y a qu'une seule chose à retenir : il ne faut pas s'engager dans la voie des ninjas pour soi, il faut le faire pour les autres. Si tu ne tues pas, ce seront les tiens qui seront tués... et je pense que si tu ne sauves pas les gens qui te seront chers, tu t'en voudras d'autant plus. Vois ce que tu préfères, ressentir la fierté d'avoir protégé tes proches au prix d'une vie qui ne souhaite que répandre la haine et la mort, ou vivre en assumant pleinement de ne pas les avoir défendu suffisamment, en plus de laisser une vie malsaine répandre le mal ailleurs."

Il tapa violemment son poing droit dans sa paume gauche, et son regard empli de détermination vint se plonger dans celui de Tsuki.

-"Je ne laisserai personne te tuer toi, me tuer moi, tuer ma famille ou tuer mon village. Parce que nous tous ici n'avons jamais cherché à nuire à qui que ce soit, nous ne recherchons que la paix. Je serais prêt à tuer une personne qui veut nuire à la paix que nous voulons tous créer !"

Bien sûr, la réalité se voulait bien plus compliquée que ça. Tout n'était pas question de protéger des personnes recherchant la paix, c'était aller bien plus loin que ça. Protéger la paix, protéger l'innocence, protéger la tranquillité, protéger tous ceux qui n'avaient rien demandé à personne, et qui ne demandaient qu'à vivre paisiblement dans leur coin. Plus généralement, aux yeux de Yahiko, il fallait plutôt punir tous ceux qui voulaient rendre leur propre justice d'une manière peu conventionnelle.

-"Je veux que tu sois au clair, Tsuki. Soit au clair avec la limite que tu t'imposes. Qui te permets-tu de tuer ? Pourquoi te permets-tu de tuer ? Dans quelles situations est-il autorisé pour toi de tuer ? Garder ces réponses à l'esprit et les respecter, c'est éviter de devenir un monstre. Tant que tu ne le fais pas par plaisir, tant que tu ne le fais pas pour rendre une justice personnelle et tant que tu le fais pour les autres, c'est que tout va bien."

Reprenant un air bien plus agréable et rassurant, hors de toute la haine, de toute la tristesse et de tous les doutes que cette discussion pouvait évoquer, il aimait toujours finir dans un ton plus réconfortant, avec une once d'espoir, quelque chose qui voulait redessiner un sourire sincère sur les lèvres de la Genin.

-"Ne t'inquiète pas, dorénavant, je serais toujours là avec toi pour m'assurer que tout aille bien. En tant que ton sensei officiel pour Kumo, je serais avec toi pour t'accompagner dans toutes tes aventures, les plus heureuses comme les plus tristes. Peu importe ce que tu vivras, tu ne seras jamais seule à le vivre."

Une heureuse nouvelle dans une discussion riche en mauvaise émotion. Dans les moments les plus durs, il n'y avait rien de mieux que beaucoup de compagnie et de réconfort, c'était donc le moment le plus approprié pour lui dire qu'elle était devenu officiellement son élève. S'il réussissait à la rassurer et à lui faire prendre confiance en elle, cette nouvelle était probablement apte à lui redonner le sourire.

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Jeu 13 Sep 2018 - 22:41
arc tsukuyomi — partie 2 : douter.




Fleur noire. Fleur de mort. La voix de Yahiko résonne dans ses entrailles, soulève tous ses doutes, les écrase, les secoue, les remue. Ils sont là, vivaces, moins vivaces, plus vivaces. Fleur rouge. Passion. Y croire, espérer. Voir en ce jeune homme l’espoir qu’elle a perdu. La confiance ravivée, les blessures pansées. Va-t-elle mieux ? Rien n’est moins sûr. Elle ne sait pas, toujours pas. Son cerveau est plein de doutes, plein d’interrogations. Il y a des choses qui ne changent pas, peu importe à quel point elles sont abîmées, peu importe comment on les chasse. Fleur noire. Fleur de mort ? Peut-être, peut-être pas. Faut-il y croire ? Penser que l’Homme n’est pas un monstre même s’il tue ? Penser qu’il est aussi, souvent, soumis à des règles, au-dessus de sa volonté, bien au-dessus, qui le contraignent à faire des choses qu’il n’accepte pas. L’Homme est l’outil des volontés supérieures, la petite marionnette qui s’agite lorsqu’il faut envoyer un chien à la guerre. Parce qu’il est plus simple de sacrifier un Homme que de donner sa propre vie. Or, les ninjas sont ces outils. Ces toutous envoyés pour faire la bagarre. Mais ils ont un rôle qui transcende cette faiblesse, cet aspect dégradant qu’ils peuvent revêtir.

Fleur bleue. Espoir. Être ninja non pour soi, l’être pour les autres. Cette mission si complexe, si difficile, mais pourtant si importante. Le ninja porte le poids de tous les êtres auxquels il tient sur ses épaules. Parce que c’est son rôle. Sauver les autres. Protéger ceux qui ont besoin d’être protégés. Protéger son village, ses citoyens. Être pourvu d’une mission, car si la menace n’est pas éradiquée, elle emmène avec elle des vies, puis continue de perpétrer la mort. Protéger. Tuer pour protéger. Fleur bleue, fleur bleue. Disparition de la fleur noire ? La mort comme outil utilisé pour protéger la vie. La mort des autres, pour protéger sa propre vie. Fleur rouge, encore une fois. Pour la passion. La vivacité de la fierté. Ces sentiments si forts, qui explosent dans le cœur, font vibrer les âmes. Réussir à sauver un être, se dire qu’on a permis à une vie de rester plus longtemps, de s’épanouir ; même si, pour ça, il a fallu en détruire une. Certaines sont nécessairement vouées à mourir, elles sont condamnées à mort. Fleur noire. Parce que la mort. Parce que le deuil. Parce qu’il existe des êtres qui mourront pour rien, mais il en existe qui seront sauvés. Des êtres qui subsisteront, grâce à la main rouge d’un ninja. Fleur rouge ? Non. Hémoglobine. Rouge, rouge sang. Ce rouge qui perle sur les kunais, symbole de la vie qui s’échappe. Parfois, c’est nécessaire.

Le moindre mal. Fleur noire. Fleur rouge. Fleur bleue. Explosion de couleurs. L’espoir renaît, secoué par la joie, écrasé par la peur. Faut-il y croire ? Faut-il accepter ? Que penser de ce que l’univers porte en son sein ? La mort, partout. Omniprésente. Faut-il se focaliser sur cet aspect ? Ninja. Cinq lettres, si petites lettres. Et un si grand rôle. Une si grande signification. Évolution. Réflexion. Fleur bleue, pour l’espoir, à nouveau. L’espoir, toujours. Nécessaire. Tsuki soupire longuement. Que faire ? Réfléchir, y croire. Accepter qu’il y ait de la lumière, du Bien dans l’acte de mort. S’il n’est pas lancé pour rien. Si la vie mise en jeu mérite que l’autre vie soit détruite. Sauver les uns, tuer les autres ? Silence. La blonde écoute, la blonde pense. C’est peut-être ça, en fait. Ce que tout le monde dit. Cette nécessité de prendre soin des autres, quel qu’en soit le prix. Oui, peut-être ça.
« Merci, Yahiko. »
Fleur rouge. Cette explosion de sensations quand il lui dit qu’il ne laissera personne prendre sa vie. La blonde est honorée. Et elle pense qu’elle comprend. Fleur blanche. Innocence. Innocence maculée de sang. Fleur blanche et rouge. Ne pas perdre pied. Se stabiliser. Trouver des limites, des raisons, des éclaircissements. Des limites, hein ? Il y en a. Beaucoup. Il suffit d’y réfléchir. Juste un petit peu. Mettre toutes les appréhensions de côté et se concentrer sur ces possibilités. Réussir à se sortir de la situation de doute, pour voir les choses en face. Qu’est-ce qui justifie le meurtre ? Jusqu’où cela peut-il aller ? Tuer un monstre signifie-t-il devenir un monstre ? Fleur noire, fanée. Le monstre s’endort, le monstre se meurt. Il disparaît. Happé par la lumière qui le noie. Ne pas tuer par plaisir, ne pas tuer pour une justice personnelle, voilà des façons d’éviter d’être un monstre. Tuer par nécessité. Ne tuer que si c’est vraiment obligatoire. S’il n’y a rien d’autre à faire. Fleur jaune. Retour aux belles choses. Retour à la vie. Retour à l’espoir.
« Je crois que j’ai compris, maintenant. »
Premier sourire. Vrai sourire. Tombé du bout des lèvres. Sourire sincère. Fleur verte. Douce, simple, vraie. Tsuki s’assoit en tailleur. Le voile de tristesse qui recouvrait ses yeux s’est envolé. La vraie petite blonde est là. L’énergie, la joie, les sourires. Presque totalement revenue. La lumière s’est faite sur ses doutes. Peut-être parce qu’il a trouvé les mots ? Yahiko est un vrai ami. Une de ces personnes que l’on garde auprès de soi toute la vie. Pour qui on se bat. Qui mérite qu’on se batte pour lui, d’ailleurs.
« Tuer n’est pas qu’un acte monstrueux. On peut être obligé à tuer. Parfois, on y est confronté, c’est tuer ou être tué. Le monde est fait de façon à ce que des monstres veuillent notre peau, ou celle d’innocents. Dans ce genre de cas, notre rôle à nous est d’intervenir. Si la mort est la seule solution, alors il faut s’y plier. Parce que c’est la seule solution. »
Fleur bleue ?
« Je ne sais pas si cela me permettra de le faire, mais, au moins, si je sais que commettre un meurtre ne fait pas de moi un monstre, tant que je le fais pour des ‘bonnes raisons’, alors je pense que ça ira. Je serai justicière, assassin de ceux qui assassinent. Assassin des meurtriers, ça claque, non ? »
Fleur rouge ! Retour de la vive Tsuki, de la jeune femme adorable, toujours joyeuse. Un sujet difficile, mais qui trouve le chemin vers la lumière. Doutes qui se dissipent, bonheur qui revient. Puis la nouvelle, la vraie nouvelle de la journée, éclate au grand jour. Fleur rouge, fleur jaune, fleurs du bonheur. Bouquet d’émotions heureuses. La seule personne en qui Tsuki a confiance est son sensei. Il sera donc toujours là pour elle. Concrétisation du pacte passé plus tôt. Promesses réelles. La blonde hésite à lui sauter au cou. Ses yeux s’illuminent de mille-et-une lumières.
« C’est génial !! »
Elle se redresse vivement. C’est incroyable ! Quelle nouvelle incroyable ! Comment passer des ténèbres à la lumière en l’espace de quelques secondes ! Explosion de bonne humeur. Tsuki serre les poings, les desserre, trépigne, remue sur le sol comme une gamine.
« C’est la meilleure nouvelle qu’on ait pu m’annoncer ! »
La blonde hoche la tête, ce qui remue rapidement ses couettes. La sombre Tsuki s’est complètement effacée, laissant place à la demoiselle que Yahiko a rencontré. Une fille vive, joyeuse, pleine de vie, qui ne s’arrête jamais de remuer. Une pile d’énergie. Le calme la rattrape rapidement, juste l’espace d’un instant. Le sérieux, qui frappe au milieu de cette explosion de joie.
« Je crois en toi. Je ne doute pas une seconde que tu seras là. Tu l’es déjà après tout. » Grand sourire. Elle lui attrape les mains. « Mais mince alors ! Yahiko ! Tu es mon Sensei ! Si ça c’est pas génial !! »
Les petites mimines de Tsuki serrent, serrent celles de son partenaire aux cheveux blancs. Puis, elle les lâche et se relève. Une main posée sur la hanche, elle tend le bras, puis le doigt, vers l’horizon.
« Nous allons tout déchirer ! »
La posture se défait, pour laisser place à une Genin sautillante, qui ne peut plus contenir sa joie. Fleur rouge. Fleur noire disparue, noyée sous la vivacité et la beauté des fleurs chaleureuses. Disparition presque totale du désespoir. Il ne ressurgira que lorsque la situation se présentera. Et alors, Tsuki grandira. Pour de bon. Pour de vrai. Ses prunelles se noient dans celles de Yahiko.
« Et alors, Sensei … », dit-elle en appuyant bien sur chaque syllabe de ce nouveau titre. « Que faisons-nous aujourd’hui, pour fêter ça ? »
Eh oui ! Il faut bien célébrer ! Passer à autre chose ! Aujourd’hui n’est plus un jour de pluie. Aujourd’hui est un jour ensoleillé, brillant, chaud. Et toutes les fleurs pousseront, gorgées de Soleil.
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Mer 19 Sep 2018 - 21:27
-"Pour être très franc, je trouve que ça claque aussi. D'un autre côté, n'oublions jamais que tuer ne sera jamais vraiment positif. Le mal n'est pas inné, tous les monstres ne sont que des victimes", dit-il d'un ton assez calme et d'une voix basse, suffisamment audible.

Il en était persuadé, personne ne naissait avec des mauvaises intentions. Il l'avait vécu, lui aussi, ce ressentiment de haine qu'il avait envers sa famille sans même connaître la réalité. Ce qui comptait, ce n'étaient pas les problèmes, c'était la manière avec laquelle ils étaient interprétés, et c'est cette interprétation qui engendrait une réaction spécifique. Au final, il comprenait tous ces gens qui avaient pu sombrer dans cette espèce de folie. Le mal n'était qu'une recherche de justice, plus ou moins réfléchie, avec des moyens souvent bien trop extrêmes. Il pouvait être comprit, mais jamais il ne serait toléré, voilà quel était la perception de Yahiko. Tuer un être transformé en monstre était probablement lui rendre service, à lui comme aux autres.

-"Ca ne veut bien sûr pas dire qu'on doit les tolérer et les laisser en vie ! S'ils ont sombré à ce point, c'est qu'ils ont probablement tout perdu, alors nous devons faire notre travail."

Inutile de parler plus de temps de ce sombre sujet. Il en valait la peine tant il était important et phare dans le monde des shinobis, mais il voulait que Tsuki maintienne sa santé mentale, et ne sombre pas comme précédemment. Il fallait voir son sourire et son agitation, qui faisaient parti des choses que le Sendai voulaient préserver, d'autant plus maintenant qu'il était son sensei. Il ferait tout pour qu'elle puisse s'épanouir autant que possible, tel était son but en tant que sensei. La regardant avec un large sourire sur son visage, il partageait calmement toute sa joie, même si était aussi heureux qu'elle. Ca les liait, quelque part. Se laissant faire, il attendait qu'elle lui pose sa question avant de parler à son tour.

-"Exactement la même chose que ce que nous avons fait à notre rencontre... Nous allons nous battre !" annonça t'il d'un grand sourire. "Mais avant, j'ai une nouvelle et une petite histoire à te raconter, qui vont t'intéresser, maintenant que tu es mon élève. Plusieurs choses se sont passées entre nos deux rencontres."

Reprenant son petit temps de pause, il se releva et la pointa du doigt avec toute la bonne détermination qu'il savait démontrer.

-"Toi et moi, on va partir en voyage !"

Vers de nouveaux horizons, vers une vérité qu'il recherchait, mais ça allait bien au delà de ça. En tant qu'équipe, ça dépassait l'idée d'atteindre un objectif personnel et ça allait même vers de l'accomplissement personnel. En effet, voyager permettait d'explorer d'autres horizons, d'ouvrir son esprit et de se développer soi-même. Ses qualités physiques, psychologiques, ses arts ninjas, tout pouvait permettre de s'améliorer et de s'accomplir.

-"Pour te résumer, j'ai découvert récemment que la famille chez qui je vivais depuis ma naissance était des parents adoptifs. Je n'ai découvert que récemment la vérité : j'ai été échangé pour survivre, car mes véritables parents n'avaient pas assez d'argent pour s'occuper de moi. Ils m'ont ainsi vendu en quelques sortes à mon père adoptif, pour qu'il m'élève. L'histoire est un peu plus remplie que ça, mais une seule chose est importante : je compte bien retrouver mes vrais parents, et tu peux m'accompagner. Nul doute qu'on vivra bien plus d'aventure que ce que l'on pense."

Son poing fermé, il n'attendait que son approbation. Enfin, il attendait plutôt une réaction, lui était certain d'y aller au moins seul, mais il voulait qu'elle l'accompagne.

-"Enfin, si tu le veux bien sûr."

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Hier à 17:39
arc tsukuyomi — partie 2 : douter.

Les monstres ne sont des monstres que parce qu’ils sont des victimes à l’origine. Cette perception des choses plaît à Tsuki. Surtout lorsque Yahiko lui dit que ce n’est pas parce qu’ils ont souffert qu’il faut les laisser perpétrer leurs massacres. Cela se tient. Le travail des ninjas est d’empêcher les victimes qui ont sombré de faire le mal. C’est donc de tuer les assassins lorsqu’ils deviennent incontrôlables. Peut-on alors parler d’un meurtrier ? Au fond, oui. L’acte est le même, quelle que soit la motivation qui l’anime. Un assassin commet des assassinats, même s’il le fait pour le bien. Cependant, l’impact moral que cette réalité apporte est moins lourd, moins difficile à digérer. Peut-être qu’en s’habituant à cette idée, Tsuki acceptera plus simplement son rôle ? Peut-être que cela se fera naturellement, au fur et à mesure, en vivant des aventures, en étant confrontée à ces réalités. Des choses que seules le temps pourront améliorer. Mais une chose est sûre : Tsuki ne tuera jamais pour le plaisir. Si sa main porte le sang d’un être, ce sera uniquement parce qu’il le fallait. Une cruelle, triste nécessité, mais qui ne peut pas être ignorée. Le monde est ainsi fait : les monstres tuent, les ninjas les arrêtent. Quel qu’en soit le prix.

Puis Yahiko reprend la parole, en déviant le sujet pour de bon. Ce type. Ce petit jeune, là. Cet homme aux cheveux blancs. C’est son Sensei, maintenant. Il va la diriger, lui apprendre, l’aider à évoluer. Probablement lui permettre de devenir aussi forte que lui ? Différemment, mais à sa façon, sûrement. C’est son Sensei. Une relation supérieure se crée entre les deux, un nouveau lien. Tsuki est heureuse, honorée. Autant des deux. Leur première activité en tant que nouvelle équipe est … de se battre. Ça se tient. Tsuki, Yahiko, unis avant tout par la bagarre ; pourquoi changer une équipe qui gagne ? Littéralement, cette fois ! Yahiko n’est plus juste le blondinet Kumojin qui lui a appris à mettre des coups de poing et des coups de pied ! C’est son Sensei, mince alors ! Et ils vont livrer bataille d’élève à Sensei ! Pour de vrai de vrai ! C’est incroyable. Et ça ne s’arrête pas là ! Les histoires arrivent. De belles histoires ?

Une excellente nouvelle, en tout cas ! Partir en voyage, partir en voyage, partir en voyage ! Tsuki hoche vivement la tête, secoue la tête, remue la tête. Elle manque de se mettre à sautiller partout. Son excitation est visible dans ses prunelles, traversées d’étoiles. Partir en voyage en équipe. Partir du village. Voyager. Aller ici, là, ailleurs. Apprendre. Grandir. Aux côtés de Yahiko, avec qui elle entretient les meilleures relations parmi toutes ses connaissances. Partir en voyage avec son Sensei. Mince alors. Si, lorsque Tsuki a envoyé cette lettre, on lui avait dit que la journée de rendez-vous serait ainsi faite, elle se serait mise à rire. L’ascenseur émotionnel est particulièrement fort ! Au départ, il s’agissait d’une conversation triste, dure, morne, à propos de la mort et des nécessités ninjas ; et voilà que maintenant ils prévoient une bagarre et même un voyage ! Nouveau mouvement de tête. Partir. En. Voyage. Quelle aubaine !

Mais. Pourquoi partir en voyage, au fait ? Pour le plaisir ? Pour simplement se dire, allez. Aujourd’hui on part en voyage, on va visiter quelques montagnes de Kaminari, parce que c’est joli. Faire du tourisme ? Eh bien non. La réalité est plus sombre. Plus sombre ? Tsuki ne saurait le dire. La réaction de Yahiko à propos de son passé est une réaction honorable : il ne s’est pas braqué, a décidé de retrouver ses parents pour renouer avec sa propre histoire. Une histoire à la fois triste et belle, du coup. Lumière a été faite sur les mystères du passé. Désormais, le Chûnin a un nouvel objectif, qu’il propose à Tsuki de partager avec lui. Honorée. De honorée et heureuse à totalement honorée. Heureuse aussi, évidemment, mais l’honneur dépasse la joie avec une énorme longueur d’avance. Tsuki hoche la tête une nouvelle fois – à force, elle va se décrocher. Son sourire est aussi grand qu’une banane, mais moins malicieux que d’habitude. Cette fois, il est doux, paisible. Un sourire d’adulte, qui comprend les enjeux, sait de quoi on lui parle. Le sourire de la gamine honorée, projetée dans ce nouveau monde, qui sait que ce n’est plus un jeu, mais la réalité.
« Évidemment, que je suis pour. Je ne sais pas trop quoi dire à propos de tes parents et de ces révélations, donc je dirais simplement que je respecte tes choix, quels qu’ils soient, et que je te suivrais où que tu ailles. À la fois parce que je suis ton amie, mais aussi parce que tu es mon Sensei. »
Quelle question, hein ? S’attendait-il vraiment à ce que Tsuki décline son offre ? Un voyage, des aventures, un super partenaire … Qui aurait refusé ? Certainement pas la chasseuse ! Bien au contraire, cette opportunité est énorme, si ce n’est plus grande encore !
« Il faudra simplement me donner le point de départ, puis … En route, j’imagine. »
Elle exhale un petit rire amusé, satisfait. Cette nouvelle situation lui plaît beaucoup, oh, oui. Énormément. Il y a tellement de nouvelles choses à tirer de cette histoire ! Un amusement sans limite, mais surtout tellement d’expérience à y gagner. Partir en voyage leur permettra à tous les deux de renforcer ce lien si particulier qui les unit, mais également d’apprendre tous les deux, de grandir, de devenir plus fort. Il n’y a que du positif. Des dangers, aussi, mais là est toute le principe de cette nouvelle entreprise ! Pas d’apprentissage sans se mettre en danger. Enfin. Pas en danger de mort non plus, hein ?

Quoi qu’il en soit. Les yeux incarnats scintillent désormais d’une façon légèrement différente. Son sourire se défait de toute la maturité qui l’animait jusque-là. Cette fois, il est bel et bien malicieux. Le sourire de la gamine qui veut jouer, qui a retrouvé son jouet préféré et compte bien l’user jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus. Son poing frappe sa paume.
« Mais à part ça … Il paraît qu’on fait la bagarre aujourd’hui ?! La vraie bagarre ?! »
Le sourire dévoile des dents. Un sourire carnassier, cette fois. La bagarre. La bagarre avec Yahiko. Une activité qui a eu lieu, une fois, mais qui n’était pas une vraie bagarre. Aujourd’hui est un jour nouveau, un jour de vraie bagarre, avec des techniques et des mandales à en perdre la tête. Oh, oui. Si c’est une bagarre qu’il veut, il en aura une ! Parce que Tsuki ne dit plus non à ce genre de propositions. Surtout pas à son Sensei, voyons !
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Arc Tsukuyomi — Partie 2 : Douter. [Yahiko]

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