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Une famille ordinaire [Solo]


Jeu 27 Sep 2018 - 20:09
Un bruit sourd me réveilla subitement. Le Soleil ne s’était pas encore levé et à entendre les bruits provenant de l’étage inférieur, mon père semblait faire face à une nouvelle crise. Connaissant son tempérament lorsque celles-ci survenaient, je savais qu’il m’était inutile d’essayer de me rendormir. Je m’habillai donc rapidement avant de me diriger vers la cuisine. En descendant les marches qui menaient au salon, j’aperçus mon père, assis sur son fauteuil, une bouteille de saké à la main. Je remarquai d’ailleurs rapidement en bas des marches des débris de verre provenant certainement de la bouteille précédente. Je n’appréciais pas vraiment le voir boire ainsi, mais comme il me l’avait répété de nombreuses fois, je ne n’avais aucune idée de ce qu’il endurait à cause de sa blessure. Evitant avec soin de marcher sur le verre répandu au sol, je passai devant mon père sans prononcer un mot.

Rendue dans la cuisine, je me servais un verre d’eau avant de saisir la balayette pour récupérer les morceaux de verre en bas des escaliers. Sans que je susse réellement pourquoi, mon comportement agaça mon père qui décida de me lancer la bouteille qu’il tenait encore pendant que je ramassais celle d’avant.

— Qu’est-ce que tu fous à ramasser ça ?! Tu crois pas que je suis capable de le faire tout seul !

Attrapant la bouteille en vol, je ne réagis pas à ses remarques. Si cela me faisait de la peine de le voir ainsi, l’expérience avait fini par me faire comprendre qu’il était inutile de chercher à discuter avec lui lorsqu’il était dans cet état.

— Joue pas à ça avec moi Hisa ! Ne me manque pas de respect sous mon propre toit, faudrait pas oublier grâce à qui t’en es là !

Repassant à nouveau en silence devant mon père pour aller jeter ce que j’avais récupéré, j’eus du mal à me retenir de lui répondre. Même si je savais que cela ne servait à rien de discuter et qu’il ne pensait pas ce qu’il disait lorsqu’il avait bu, l’ignorance que je lui imposais ne devait pas être facile à encaisser.

— C’est ça ! Fais comme ta mère, baisse la tête en silence, tu apprends des meilleurs ! Elle est où d’ailleurs celle-là ?! Michiko !

En entendant la voix effacée de ma mère provenant de la chambre d’à côté, je compris que la situation n’était pas près de s’améliorer. Tous les deux étant particulièrement insistant sur leur souhait de ne pas me voir interférer dans ce genre de situation, je décidai d’aller au seul endroit où je pouvais faire quelque chose d’utile, le dojo. Faisant le vide dans ma tête, j’ignorais du mieux que je pouvais les cris qui commençaient à pleuvoir en revêtant mon équipement et pris bien soin de ne pas me faire remarquer en sortant de la maison.

Alors que les cris de mon père résonnaient encore dans ma tête, je quittai notre maison, prenant la direction du dojo clanique. Le ciel était encore bien sombre, j’avais même du mal à voir la Lune, cachée par les nuages. Si me lever tôt pour l’entraînement était habituel, j’attendais généralement les premières lueurs du Soleil, me poussant ainsi à garder une hygiène de sommeil saine. Il me fallait cependant reconnaître en me baladant ainsi que la tranquillité nocturne du village était agréable. Je ne fus pas la seule âme à traîner à l’extérieur de chez elle, mais ce n’était guère surprenant, le métier de shinobi ne s’arrêtait pas à la tombée de la nuit.

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Ven 28 Sep 2018 - 14:04
— Hisa ! Je t’ai dit quoi sur le fait de s’entraîner au milieu de la nuit ?

Alors que j’entendais ces mots provenir de derrière moi, mon visage s’illumina d’un grand sourire.

— Que c’est toujours mieux que de ne pas s’entraîner du tout ?

Je me retournai alors pour faire face à mon oncle, Nagamasa Koda, qui tenait son visage au creux de sa main, toujours aussi dépité par mon sens de l’humour. Lorsqu’il posa sa main sur la garde de son sabre l’instant d’après, je sortis immédiatement mon bokken pour me mettre en garde. Je n’étais pas du genre à me battre au milieu de la rue, surtout dans le domaine clanique, mais Koda m’avait appris maintes fois qu’il n’était pas toujours possible de choisir le lieu et la date de ses affrontements. Il faisait toujours en sorte de me rappeler cette leçon chaque fois que je l’oubliais.

Voyant ma réaction immédiate, il se mit à sourire avant de disparaître sous mes yeux.

— Trop lente.

Je n’eus pas le temps de me retourner qu’il me donna un petit coup de garde sur la nuque, suivi d’une petite tape affectueuse sur le haut de la tête. Légèrement vexée, je poussai un soupir exagéré qui l’amena à s’esclaffer de rire aussitôt.

— Le jour où tu seras capable de contrer cette technique, peut être que je te l’enseignerais.

Koda était l’un des meilleurs Samouraï et shinobi qu’il m’avait été donné d’observer combattre. Même si je le connaissais depuis ma petite enfance, il n’avait jusqu’alors jamais cessé de me stupéfier à chaque fois, démontrant une vitesse et une précision exceptionnelles. S’il m’avait appris beaucoup, il avait arrêté de m’enseigner depuis que j’avais réussi mon examen de Genin. Selon lui, je ne pouvais suivre la Voie en continuant de m’entraîner dans un cercle restreint qu’elle que fût la rigueur de sa pédagogie. Si je respectais son jugement plus que tout autre, j’étais forcée de reconnaître que les moments passés avec lui me manquaient grandement.

— Alors, pourquoi tu t’es levée si tôt aujourd’hui ? Une insomnie ?

Baissant les yeux au sol, je perdis aussitôt mon sourire. Il attrapa alors mon épaule avec un sourire compatissant.

— Tu n’as pas à te sentir coupable pour ce dont tu n’es pas responsable. La situation de mon frère ne devrait pas te retomber dessus ainsi...

Koda était bien le seul membre de ma famille qui n’hésitait pas à aborder le sujet de mon père avec moi. Il était même le seul à oser le critiquer en face. Très proches depuis leur enfance, ils avaient fini par entrer en froid depuis l’accident. Bien que cela me peinait de les voir ainsi, mon oncle m’avait bien fait comprendre qu’il ne pouvait lui excuser sa façon d’agir.

— Mais du coup, dis-je d’un ton malicieux. C’est bien beau de me faire des reproches, mais tu enfreins ta propre règle.

— J’ai une excursion hors du village dans la matinée de prévu, une petite mission. Tu me connais, je ne vais pas louper un d’entraînement pour si peu.

— Je vois, on n’a qu’à dire un partout !

Écalant de rire, il me donna une violente tape dans le dos, me forçant à renforcer mes appuis pour ne pas trébucher.

— Essaie pas de glaner des points comme ça, on est à 65 à 1 et faudra faire plus d’efforts que ça pour me rattraper.

Koda avait instauré un concours entre nous où nous comptabilisions les résultats de nos différents duels. Mon seul point datait de plusieurs années lorsque je l’avais convaincu de m’affronter à pile ou face. Ludique, ce petit concours me permettait surtout de faire la différence entre les moments où il m’entraînait et ceux où il m’affrontait sérieusement. J’étais, à l’époque de sa création, dans un état d’esprit où j’étais persuadé être devenue surdouée grâce à son enseignement. Il avait toujours été le meilleur pour me remettre à ma place, c’était d’ailleurs ce qui le rapprochait le plus de mon père à mes yeux.

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Dim 30 Sep 2018 - 23:39
Une fois arrivés au dojo, je saluai Koda avant de me diriger vers le coin tranquille auquel j’étais habituée. Je n’eus le temps de faire que quelques pas que je fus rattrapée par mon oncle.

— Je sais que c’est moi qui t’ai dit que je ne devais plus t’entraîner, mais maintenant qu’on est tous les deux là, je pense qu’on peut faire une exception.

Je me retournai alors vers lui avec un grand sourire, incapable de retenir ma joie.

— Ça t’a manqué d’affronter ta nièce préférée hein ?

— Qu’est-ce que tu racontes ? Je n’ai jamais affronté Yui...

Nous nous esclaffâmes alors de rire en même temps. Yui était la plus jeune de la famille et la fille de la sœur cadette de mon père. Reprenant son calme, Koda m’invita alors à le suivre dans la grande salle, qui était naturellement vide à cette heure-là.

Si j’avais toujours apprécié m’entraîner avec lui, je devais bien avouer que j’étais particulièrement excitée à l’idée de confronter mes progrès à ses capacités. Le connaissant bien, je me doutais fortement que c’était également son cas. Nous nous mîmes alors simultanément à saluer l’autre avant de nous mettre en position de garde l’un face à l’autre. L’ambiance devint alors aussitôt beaucoup plus lourde, chacun prenant ce qui allait se dérouler avec le plus grand sérieux. Nous affichions toujours un grand sourire à l’autre, conscients que prendre du plaisir à manier la lame ne faisait qu’augmenter la puissance de nos coups.

Il fut le premier à engager le combat pour avec une charge trop rapide pour mes yeux. Des lors qu’il disparut de ma vision, je ne cherchai pas à le percevoir à nouveau, consciente que je n’en avais pas le temps. D’une impulsion au sol, je quittai ce dernier pour plonger en avant. En me retournant en l’air, je le vis se tenir au niveau de mon ancienne position en position de frappe. À mon étonnement, il frappa lourdement dans le vide comme s’il n’avait pas remarqué mon départ. Ma surprise fut totale lorsque j’aperçus une bande de chakra quitter le bokken qu’elle recouvrait pour se diriger rapidement dans ma direction.

Plaçant mes deux sabres en parade, je ne pus que diminuer légèrement l’impact qui déchira mon ventre sur quelques centimètres et m’envoya voler à travers la pièce. La douleur était vive, mais pas autant que la surprise. J’étais habituée à souffrir lors de nos entraînements, mais je m’attendais à le surprendre par mes progrès. La vérité était violente, il n’avait simplement qu’à diminuer les limites qu’il se posait pour continuer à me dominer totalement. Toujours était-il que je n’avais pas encore montré l’ensemble de mes capacités.

Dans une charge moins rapide, il se précipita vers moi, n’ayant apparement pas la moindre volonté de me laisser reprendre mon souffle.

— Ne laisse pas trop de sang sur le parquet !

Ignorant sa provocation, je me mis également à courir dans sa direction. Ma vitesse n’égalait pas la sienne, mais cela n’avait pas d’importance dans un combat frontal. Tout en courant, juste avant d’entrer à portée de ses coups, je me jetai au sol, profitant de la présence d’un parquet en bois pour pouvoir y glisser. Mon objectif était de le surprendre pour l’atteindre après avoir contrer son premier coup.

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Jeu 11 Oct 2018 - 9:06
Lorsqu’il arrêta sa course en renforçant ses appuis, je réalisai qu’il ne comptait pas m’attaquer en premier. N’ayant plus le choix, je balayai ses jambes avec mon bokken tenant fermement mon shoto en position de parade. D’un simple et rapide mouvement de sabre, il contra mon attaque avant de me donner un violent coup de pied au visage. J’eus beau parer le coup avec mon shoto, la différence de force était trop grande. Son pied porta ma propre arme à mon visage avant de m’envoyer valser à nouveau à travers la pièce.

— Surprendre l’adversaire c’est bien, réfléchir à la façon de le faire, c’est mieux.

Sous la puissance du coup et du choc contre le mur de la salle, mon esprit s’embruma légèrement tandis que ma vision se brouillait. Chacune de ses actions démontrait un écart de niveau monstrueux entre nous, mais c’était quelque chose à laquelle j’étais habituée. Le nombre de défaites que j’avais subies ne démontrait que ma capacité à me relever après coup. J’étais jeune et inexpérimentée, mais ma volonté restait infaillible.

Le voyant arriver à nouveau sur moi, bien décidé à m’enchaîner jusqu’à l’abandon, je concentrai mon chakra dans l’ensemble de mon corps tout en essayant de me relever. Mon corps était cependant trop sonné pour faire preuve d’une réactivité suffisante. Il arriva donc sur mois alors que j’étais encore en position de vulnérabilité. Lorsqu’il balança un nouveau coup de pied dans la direction de mon visage, j’utilisai le chakra concentré dans mon corps pour projeter une aura défensive et encaisser son coup. Puisqu’il ne m’avait jamais vu utiliser cette technique, j’espérais bien le surprendre.

Cela n’y manqua pas, lorsqu’il réalisa que son coup n’avait pas porté, il essaya de se reculer par instinct. Mon bokken fut plus rapide et vint faucher sa jambe d’appui le faisant perdre son équilibre. Alors qu’il chutait, je vins frapper de mon shoto son torse pour l’écraser contre le sol. Il réussit cependant à venir intercepter mon corps arme avec la sienne, évitant ainsi un choc violent. Sa position l’empêcha tout de même d’échapper à la force du coup et la gravité fit le reste du travail.

Je n’eus cependant pas le temps de profiter de sa chute pour lui porter un autre coup qu’il me saisit de sa main libre à la jambe. En essayant stupidement de me dégager, je ne gagnai qu’une perte d’appui me valant rapidement de me retrouver dans la même position que lui. Profitant d’un affrontement trop rapproché, favorisant le taijutsu au kenjutsu, il me brisa la cheville avec la poigne de sa main avant de m’envoyer valser à nouveau.

— Tu vas te faire engueuler en rentrant si tu continues de me blesser ainsi !

— Bien essayé, mais on est loin d’avoir fini !

La femme de Koda était une adepte du ninjutsu médical. Travaillant à l’hôpital du village, elle était également celle qui s’occupait des blessures de son mari, mais également des miennes. Autant dire qu’elle était la seule raison pour laquelle nous étions capables de s’entraîner avec une telle intensité sans craindre des séquelles trop importantes.

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