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Méditations d'un sabreur [Solo]


Lun 8 Oct 2018 - 4:07
Au milieu d'une salle d'entraînement, seul, assis en tailleur, Saji est concentré à écrire sur son carnet, afin de mettre sur papier ses pensées sur la voie du sabre et les guerres shinobis. Dans son premier texte, il explique la nécessité pour le sabreur d'être un guerrier et regrette la déliquescence des valeurs morales dans le monde shinobi

Saji a écrit:
Un bon sabre est celui laissé dans son fourreau. Apprendre à manier la lame est moins un parcours de combattant que de guerrier. Quand on apprend l’art du sabre, on reçoit une responsabilité, celle de diriger sa lame dans la bonne direction. Il ne s’agit pas seulement de faire se mouvoir un morceau de métal dans l’air et exécuter des attaques dans toutes les directions, être un maître de la lame demande de frapper avec la conscience que nous sommes des guerriers qui arborent des valeurs morales quelles que soient les circonstances. Nous incarnons des valeurs à travers nos actes, nous signifions par notre façon de guider notre lame. A la différence d’un combattant qui ne se bat que pour se battre, qui considère le combat comme une fin en soi, a contrario, le guerrier se bat pour une cause supérieure à lui, une cause qui le dépasse et donne sens à son combat. On dit les rônins sans âme car ils ne se joignent pas à la cause d’un maître, mais tant qu’ils tiennent eux-mêmes pour maître une autorité morale supérieure donnant sens à leurs actions, comme par exemple la modération de soi, alors il s’agit d’un guerrier. La corruption des pouvoirs, aujourd’hui plus que jamais, demande à ce que les sabreurs fassent davantage attention à leurs choix, à ce qu’ils ne dévient pas dans la facilité des désirs et se laissent aller dans la séduction du pouvoir et de la richesse. Rien ne corrompt plus facilement la lame que la rouille, et rien ne corrompt plus facilement le guerrier que ses penchants naturels.

Les penchants naturels sont ces états de la nature qui nous sont innés, nous ne les contrôlons pas, ils apparaissent sous la forme plus commune de désirs, comme l’appétit sexuel, la gloutonnerie, l’orgueil ou encore la jalousie. Ils sont ce qui nous détache facilement de nos obligations morales que nous prenons – consciemment ou inconsciemment – lorsque nous brandissons le sabre. Un penchant naturel peut empêcher de faire le bon choix, d’être lucide dans notre action, d’être moralement légitime. Mais quel est l’intérêt de la légitimité morale ? Justement celle-ci n’existe pas. Etre un guerrier du sabre demande à ce que combattre ne devienne pas une fin en soi, mais un moyen d’appliquer nos principes moraux supérieurs qui nous permettrons de nous sortir de la matérialité des penchants naturels. Il est facile de voir les excès d’une telle logique en effet. Il serait facile pour un quidam de prendre le sabre et tuer un autre avant de se justifier avec un principe moral, disons la justice, ou encore l’amour. Cette façon de voir les choses est viciée, elle est une tournure logique vicieuse qui trouve son origine dans notre raison, laquelle a besoin de donner sens à chacune de nos actions. Même celles que nous ne comprenons pas. Surtout celles que nous ne comprenons pas. Nous sommes des êtres à la recherche de sens, perdus dans un monde rempli d’inconnu, dès qu’une chose nous échappe, nous avons besoin de l’expliquer, que ce soit par une divinité ou une explication purement rationnelle.

La recherche de sens fait partie de la quête du sabreur. Ce dernier ne doit pas prendre pour argent comptant les présupposés, apprendre à se défaire des raisonnements fallacieux et des logiques raccourcies. Seule une introspection sincère et juste peut le conduire à explorer les possibilités morales qui s’offrent à lui, mais surtout les possibilités morales les plus justes. L’homme qui manie l’épée et se bat pour l’argent n’est qu’un vulgaire mercenaire, quand bien même il ferait ça pour ses enfants. Il utilise une excuse noble pour justifier un acte vil consistant à retirer l’âme d’un autre. En tuant un homme, vous tuez sa liberté. L’acte de tuer aujourd’hui, depuis la naissance des villages shinobis deux-cents ans avant notre ère, est devenu si commun qu’il en est devenu presque insignifiant. Les hommes ont perdu le sens moral à force de tuer, de la même façon ils souillent leur lame à chaque coup porté. Ils souillent leur lame, et ils souillent leur âme. Il est certes dommage que de nos jours, le pouvoir corrompt si facilement les cœurs, c’est pourquoi la guerre est un fléau qui n’a pas seulement des effets immédiats à travers les morts et blessés, mais elle banalise l’immoralité et in fine, elle cause la dégénérescence du guerrier en combattant.

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