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Le loup et la chasseuse [PV Hohoemi Tsuki]


Mar 9 Oct 2018 - 9:18
Hiver 202. Sur un chemin bordé de forêt au sud-ouest du Pays de la Foudre. Deux individus marchent côte à côte d’un pas tranquille alors que l’aube vient à peine de s’annoncer. L'air est froid, mais supportable. Ils viennent de sortir d’une taverne non loin d’ici où ils ont passé la nuit (séparément) avant de reprendre la route. L’un d’entre eux est un marchand d’une cinquantaine d’années avec une moustache noire et une grosse bedaine. Il porte sur son dos un sac contenant moult produits antiques et babioles en tous genres. Alors qu’il semble parler tout seul, il découvre ses dents jaunis et rigole à ses propres blagues. Il rigole si fort qu’on pourrait l’entendre à plusieurs mètres à la ronde. L’autre homme d’1,90 mètres fait une tête de plus que le marchand, et il porte un shôzoku noir le couvrant intégralement de la tête aux pieds. Un bandeau métallique couvre ses yeux et un katana au fourreau noir ébène est accroché à sa ceinture. Le fourreau vient taper contre sa cuisse gauche à chacun de ses pas. Saji prête une oreille à demi attentive à l’homme bruyant qui a continué à bavarder toute la journée, lui racontant comment il a dû s’enfuir de son village car il avait « récupéré » une amulette d’un homme tombé au combat et qu’un membre de la famille du défunt l’avait surpris à vendre l’objet précieux. En résumé, le marchand est donc en train de fuir les représailles et espère refaire sa vie dans un village vers le sud-ouest, où il pourra revendre ses objets trouvés en toute sécurité. Les deux hommes partagent un accord d’intérêt mutuel : le marchand sert de guide au ninja, tandis que ce dernier fait office d’escorte grâce à ses compétences au combat. Si le marchand a ses raisons pour déménager, Saji quant à lui a une idée précise en tête : retrouver la trace de son frère qui d’après sources a pris un bateau pour se réfugier dans le Pays de l’Eau. Il n’a plus de temps à perdre, chaque jour le sépare davantage d’Ashikage, chaque jour ses chances de le revoir diminuent.

Cela fait maintenant plusieurs jours qu’ils marchent ensemble à travers le pays, mais jusqu’ici ils n’ont heureusement pas rencontré trop de difficultés. Le plus souvent, il a fallu défendre le marchand contre lui-même dans la mesure où il entre rapidement dans un état d’ébriété tous les soirs alors qu’ils s’arrêtent à une taverne. Saji doit alors l’empêcher de crier sur les autres clients ou chercher la bagarre. Dans ce genre de situation, il se contente de l’assommer et le coucher dans son lit pour éviter que la situation ne dégénère. Il serait trop imprudent d’attirer l’attention de personnes mal intentionnées dans leur voyage, beaucoup trop tentés de racketter le marchand vulnérable. Il n’en reste pas moins qu’il est utile quand il s’agit de négocier le prix de leurs chambres ou encore engager la conversation à la place de Saji qui ne peut dire mot en raison de son handicap. Ce caractère complémentaire de leur relation professionnelle a réussi à motiver le ninja à rester en sa compagnie jusqu’à ce qu’il arrive à destination.

Marchand : « T’sais Saji, t’es pas mauvais comme gars, il faut juste que tu te détendes ! Respire un peu ! La vie est belle, les oiseaux chantent ! Ecoute ! »

Saji continue à marcher au même rythme tout en ignorant ses commentaires.

« Ok tu m’ignores mais… t’as de la chance qu’on ait pu obtenir cette ristourne sur l’alcool hier soir ! Et ça c’est grâce à qui ? »

Pas de réponse. Un alcool dont le marchand a surtout profité. Trop profité même.

« Alors ? On me remercie pas ? Haha ! »

Saji s’arrête net et place immédiatement son bras devant le marchand pour qu’il stoppe sa marche également. Il a cru entendre un bruit venant de derrière les arbres bordant le chemin. Un animal sauvage ? Cela fait un certain temps qu’ils n’en ont pas rencontré. Pas depuis cette attaque de loups d’il y a deux jours. A vrai dire, il ne sait pas quels types de créatures ils pourraient rencontrer ici, ce qui rend le danger encore plus grand. Le sabreur adopte une posture défensive face à l’origine du bruit tandis que le marchand va se cacher derrière lui. Sa main gauche tenant fermement le fourreau et le pouce poussant légèrement la garde du sabre, Saji est sur le qui-vive et prêt à dégainer.


@Hohoemi Tsuki

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Ven 12 Oct 2018 - 1:55

Le loup et la chasseuse.

Début 202.

L’hiver est une saison merveilleuse. Le monde enfile son manteau blanc, se recouvre de cette magnifique neige que les enfants aiment tant. Pour certains, l’hiver est synonyme de bonhommes de neige, de batailles en tous genres, d’anges aussi. L’hiver est vraiment une saison merveilleuse. Si les enfants y trouvent leur compte, les chasseurs aussi. Oh, oui. Surtout les chasseurs. À cause des différents mouvements migratoires et des animaux qui vont hiberner, de nombreuses proies sortent de leur tanière. Elles sont, certes, plus farouches, mais elles sont là. Elles n’attendent que d’être cueillies.

Tsuki et Rinka ont décidé de suivre ces mouvements pour voyager un peu dans Kaminari. Libre de ses fonctions pour environ un mois, la mère de la kunoichi en profite pour passer du temps avec sa fille. La transmission de ses capacités ne se fait pas seule et, même si la blonde est très douée, Rinka reste la maîtresse de la détection dans leur maison. C’est une excellente occasion pour passer du temps entre mère et fille, pour apprendre, grandir, profiter. Et puis, l’hiver. L’hiver, c’est froid, certes. Mais c’est si doux. La nourriture bien chaude, le plaisir de trouver son bol de soupe miso le soir, tous ces petits détails qui rendent cette saison presque parfaite.

Les voilà aux alentours de Hidshu. Tsuki est partie seule, aujourd’hui. Elle a décidé qu’il lui fallait mettre en application les conseils de maman mais sans maman. Si Rinka est toujours derrière son dos pour lui souffler la réplique, une fois sur scène la blonde sera complètement perdue. Autant prendre le taureau par les cornes et foncer au devant du danger ! Toutefois, comme à son habitude, la matriarche Hohoemi a bien spécifié à la kunoichi de ne pas trop s’éloigner du petit village où elles ont établi leur campement, de rentrer à l’heure pour le repas et, surtout – c’est très important – de faire attention à elle. Bref, les règles ne changent pas, qu’elles soient à Kumo ou ailleurs.

Petite Tsuki, crinière blonde et prunelles incarnates, est perchée depuis un instant sur une branche. Sa longue chevelure suit chacun de ses mouvements, à tel point que chaque fois qu’elle se déplace, une tache jaune semble troubler l’harmonie blanche et brune. Les quelques feuilles qui auraient pu subsister sont tombées depuis bien longtemps, il ne reste plus grand chose … Tsuki doit ruser. Utiliser ses capacités sensorielles non pour traquer, mais pour dissimuler. C’est un exercice intéressant, qui lui demande néanmoins une grande concentration et une parfaite immobilité. Pourtant, cela ne pose plus aucun problème lorsque la biche arrive. Elle est là. Faible. À portée. Elle attend. Sans le savoir, oui, l’animal attend l’arrivée de l’humaine. La blonde a caché son odeur et est encore invisible pour la petite bête.

Perdue, probablement, la voilà seule, sans troupeau, au prise avec un étrange prédateur. Après tout, ce n’est pas tous les jours que le chasseur mesure un petit mètre quarante-neuf. Mais cette fois, c’est le cas. Heureusement pour elle, ce n’est pas encore sa dernière heure. Tsuki a réussi à retrouver le troupeau. Pendant toute la matinée, la blonde s’est évertuée à tracer un chemin de clochettes qui mènera l’animal sur la piste de sa « famille ». Après une grande frousse comme elle s’apprête à vivre, elle finira par retrouver les traces de sa troupe et tout ira pour le mieux. Ô gentil, gentil chasseur. Mais avant le réconfort, il y a l’effort !
« Gyaaaaah ! »
Et boom !

Une petite Tsuki qui sort de la forêt, apparaît face à deux êtres, en chevauchant la biche. L’animal se débat furieusement, grogne, rugit, jusqu’à ce que la blonde se laisse volontairement tomber. À terre, elle signe des mudras et lance une simple rafale de vent qui secoue les clochettes. Comme prévu, l’instinct de l’animal le force à s’éloigner des bruits. Tout ira pour le mieux, c’est certain désormais.

Assise les fesses dans la neige, satisfaite, la blonde lève la tête. Qui sont ces gens ? D’où sortent-ils ? Comment se fait-il qu’ils sont là ? Si loin de tout ? Un grand sourire étire ses lèvres. L’un d’eux est habillé très bizarrement, l’autre a l’air stupide, mais ils n’ont pas l’air méchant.
« Eh bien, bonjour ! »
Ses dents se dévoilent. Véritable petite fille, perdue dans un monde d’adultes. Ou pas. Tsuki se redresse rapidement, époussette ses vêtements. Sa biche doit être bien loin maintenant. Quelle bonne journée ! Enfin. Ça dépendra de ces deux inconnus. Sont-ils fiables, malgré leur apparence ? Faudra-t-il faire preuve de violence ? Que vont-ils penser de sa petite partie de chasse ? Oh, mince alors ! Les joues de la blonde rosissent. Il faut dévier le sujet ! Quoique. En fait, vu comme se tient l’homme en noir, elle est peut-être déjà considérée comme un danger ! Bon. Pas le choix, hein !

Tsuki croise les bras sur sa poitrine. Elle ne se départit pas de son sourire, au contraire. Il va falloir jouer la carte du franc-jeu, malgré cette entrée en matière pour le moins … fracassante. Même si ! Elle marque des points ! La biche n’a pas été blessée ! Pas le moins du monde ! Pas une seule goutte de sang n’a été versée pendant cette chasse ! Ça devrait suffire à les convaincre, non ?
« Ne vous en faîtes pas, les êtres humains ne seront jamais sur mon carnet de chasse. »
Peut-être pas la meilleure façon de faire, m’enfin. C’est déjà ça. Elle enchaîne aussi sec, sans laisser le temps à ses interlocuteurs de reprendre.
« Vous n’êtes pas du coin, cela dit. Vous venez de loin ? Puis-je vous être utile en quoi que ce soit ? »
Là, par contre, elle s’arrête. La politesse, les questions, tout ça … Aaaah, mais il manque un détail dans toute cette histoire, non ? Eh oui. Elle comprend bien assez vite et lève un index pour rectifier le tir.
« Pardonnez-moi ! Je m’appelle Tsuki. Enchantée de vous rencontrer, messieurs. »
Voilà, là c’est parfait. En théorie.


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Ven 12 Oct 2018 - 16:01
La menace approche. Le feuillage des arbrisseaux continue à trembler, signalant une présence cachée. En plus de ces signes visuels, on peut entendre un son de clochette gagner en intensité. Le glas sonne-t-il déjà pour les deux voyageurs ? Non, il se le refuse. Sa quête n’est pas terminée. L’œil se plisse. Le sabreur est sur ses gardes, prêt à porter le premier coup pour sauver sa vie. Sa lame glisse lentement hors de son fourreau… Les muscles se tendent… Et soudain, un cri strident qui ferait trembler les poils du plus brave des guerriers met un terme au calme et à la tension. Il ne reconnaît pas ce cri, quelle bête dangereuse pourrait en être l’origine? Un prédateur volatile ? Pourtant il le savait… Il savait qu’il aurait dû mieux étudier la région avant de la traverser. Les mains du marchand apeuré sont tellement crispées qu’elles se tiennent encore plus fort au dos du son garde du corps. Alors que Saji s’attendait à rencontrer un ours ou un sanglier, c’est à sa grande surprise qu’une biche surgit hors des buissons avec sur son dos, une personne ! Comme une apparition extraordinaire au milieu de ces bois quasi abandonnés à la faune et à la flore, la jeune fille à la crinière blonde se manifeste, chevauchant cette monture inhabituelle à la façon des récits épiques. Une fois au sol, elle se met à effectuer des mouvements avec les mains. Il reconnaît immédiatement les mudras. Elle serait donc une kunoichi ? La biche prend peur au son de clochette, puis s’enfuit au loin. Intrigué par cette rencontre inattendue, le marchand désormais méfiant pousse le sabreur pour lui faire signe de vérifier si l’individu est hostile. Mais Saji reste immobile, souhaitant d’abord connaître les intentions de l’inconnue.

« Se… serait-ce un esprit de la forêt ?? »

Un esprit ? Les auteurs des récits ne décrivent pas les esprits de la forêt comme des petites filles à l’air innocent mais plutôt comme des créatures matriarcales mi-bête mi- femme. Saji fait signe au marchand derrière lui de ne pas avancer et de rester campé sur ses positions, observant l’inconnue qui se relève sur la surface enneigée. Il est pourtant originaire du Pays de la Foudre, mais il n’est pas au courant que la biche peut être utilisée comme monture. Non, ce qui le trouble davantage, c’est l’apparence physique de la jeune fille, des cheveux blonds, des yeux rouges rubis. Ses traits n’ont rien de commun avec les filles de son village d’origine au nord-est d’ici. Elle se met à saluer les deux hommes d’une voix amicale, ce qui décide Saji à lâcher prise sur son fourreau et reprendre une posture normale et décontractée. Elle confirme aussitôt son intuition en les assurant qu’elle ne leur veut aucun mal, elle leur propose même de les aider. Le marchand se met alors à sourire et montre son visage alors que jusqu’à maintenant il était resté caché derrière l’homme au shôzoku noir.

« Que la gloire et la richesse t'accompagnent chère enfant, nous ne sommes que de humbles voyageurs en déplacement vers le sud-ouest, nous cherchons à rejoindre le port en toute sécurité. »

« Je suis Ochi Hidehira, marchand itinérant, mais tu peux m’appeler Hide. Quant à mon compagnon de voyage coincé… »

Il reçoit un coup de coude au ventre avant de continuer avec le souffle coupé.

« …oof… pardon, quant au sabreur à mes côtés, il s’appelle Saji. Et comment dire… il est muet. Donc généreux comme je suis, je joue un peu son rôle d’interprète tu comprends. »

Tandis que le marchand échange avec elle, le muet commence à réfléchir sur les mots de la jeune fille. « Les êtres humaines ne seront jamais sur mon carnet de chasse », ce qui veut dire qu’elle est ici en qualité de chasseuse et qu’elle connaît potentiellement la région. Dieu sait qu’ils ont besoin d’assistance pour le chemin périlleux qui s’annonce. Ils ne peuvent se permettre d’avancer à l’aveugle. Et ils ne sont pas sûr du temps qu’il leur reste pour arriver à destination. Saji sort un carnet de sa sacoche et se met à écrire avant de déchirer une page, et la transmettre à Hide.

Saji a écrit:
« Demande si elle veut se joindre à nous. Nous avons besoin d’une chasseuse comme elle pour nous déplacer dans cette contrée sauvage. Ni toi ni moi ne savons ce qu’elle nous réserve. »

Le marchand acquiesce pour montrer son approbation.

« Mon ami se demande si tu veux nous rejoindre, il pense que tu pourrais être d’une grande assistance avec tes qualités de chasseuse. Qu’en dis-tu ? Hum… si tu veux je peux te proposer une compensation ? »

Il fait sonner sa bourse de ryôs devant la fille, dans l’espoir de l’appâter.

« On te paye la moitié ici puis le reste quand on arrive là-bàs ? Je suis assez flexible si tu veux haha !»

Saji quant à lui est en train de réfléchir combien de temps le voyage allait encore durer. D’après ses sources il n’y a plus de taverne ou de lieu de repos entre ici et leur point d’arrivée, ce qui signifie qu’ils vont devoir camper dehors si le trajet s’étale sur plusieurs jours. Et si c’est le cas, les compétences de survie de la chasseuse pourraient tomber à pic pour les deux voyageurs. D’autant que leurs provisions commencent à se réduire…

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Dernière édition par Nobuatsu Saji le Dim 14 Oct 2018 - 5:24, édité 2 fois
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Dim 14 Oct 2018 - 2:15

Le loup et la chasseuse.

Deux hommes. Un très particulier, couvert de la tête aux pieds, puis un autre, caché. Après avoir entendu qu’ils ne risquaient rien – qui se méfierait d’une demoiselle haute comme trois pommes, de toute façon ? –, le plus terrifié des deux prend la parole. C’est un marchand itinérant, il est avec l’autre homme et ils désirent se rendre au port, vers le sud-ouest … Ochi va pour présenter son compagnon, mais quand il utilise le terme « coincé », il s’en prend une. Tsuki ne peut s’empêcher de sourire. Quel couple intéressant. Saji et Ochi, le sabreur et le marchand, le muet et l’interprète. Après tout, pourquoi pas, n’est-ce pas ? Tsuki hoche la tête et sourit. Ils sont amusants, en tous les cas. Un peu bizarres, peut-être, mais terriblement amusants. Ils sortent du lot, c’est certain !

Le sabreur écrit sur une feuille, puis donne au marchand. Ce dernier hoche la tête et prend la parole. C’est donc comme ça qu’ils communiquent ? Intéressant. Tsuki est presque sûre que grâce à la manipulation du son, elle pourrait faire quelque chose pour lui, à long terme. Quoi qu’il en soit, la proposition est intéressante. Même si, l’argent … Tsuki a-t-elle besoin d’argent ? Au fond, le type qui se tient face à elle est un marchand, c’est sûrement sa façon de faire. Que faire ? Accepter ? Décliner l’argent mais accepter quand même ? La blonde hésite. La bourse résonne lourdement dans la poigne du bonhomme. Heh. Elle hausse les épaules.
« Peu m’importe, à vrai dire ! Si vous préférez me payer pour que cela vous paraisse réglo, faisons comme ça ! »
Tsuki hoche doucement la tête, en accord avec elle-même. Elle passe en revue les différents ports accessibles de Kaminari no Kuni, à la recherche d’un port au Sud-Ouest. La cartographie du pays revient comme un dessin dans son esprit. Le plus près nécessite de traverser la forêt, mais une fois que le trajet est accompli ils auront juste à prendre le bateau. Cette forêt n’est pas la plus connue de Tsuki, mais elle n’a aucun mal à s’y repérer et les Hohoemi l’ont déjà traversée. Autant dire qu’en une journée, cela devrait être réglé. S’ils marchent vite et n’ont pas peur des insectes. La demoiselle hoche la tête.
« Très bien ! Nous allons passer par la forêt, au Sud. Une fois sortis de là, vous pourrez directement atteindre le port. »
Il y a peut-être un problème, cela dit. Tsuki repense à ce que lui a dit sa mère. Si elle ne rentre pas pour manger, elle ne pourra pas avoir de dîner. Et surtout, Rinka risque de s’inquiéter. Si la nourriture n’est pas un si gros problème, l’inquiétude de sa mère en est un autre. Mais si la blonde parvient à les amener jusqu’à la moitié de la forêt, en gros, cela devrait aller. Surtout que le jeune homme a un carnet ! Il suffit de dessiner la fin du trajet, le tour sera joué ! Enfin, en théorie. Tout devrait bien se passer. Nouveau hochement de tête.
« Toutefois, si vous voulez me payer, il faudra le faire uniquement pour la moitié du trajet. Je vous donnerai des conseils et vous aiderai à chasser si vous le souhaitez, mais je ne pourrai pas aller plus loin. »
Elle inspire puis hausse les épaules.
« J’aurais aimé faire plus, mais ma mère m’attend dans un village voisin et si je ne rentre pas elle risque de vraiment s’inquiéter. »
Petite maman, mignonne maman … Tsuki n’a que seize ans après tout. Presque dix-sept, certes, mais cela reste très jeune pour cet univers. Pour partir seule et loin. Surtout sans prévenir. Le monde ninja regorge de nombreux dangers, surtout pour une chasseuse. Mais, quoi qu’il en soit !
« Bien ! Mettons-nous en route sans plus attendre si vous le voulez bien ! Plus vite nous sommes partis, plus vite vous arrivez et plus vite je peux rentrer ! »
D’un pas guilleret, la kunoichi se met en route vers le Sud-Ouest, pleine de bonne volonté. La forêt, ça la connaît !

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Dim 14 Oct 2018 - 10:26
Le marchand acquiesce. La petite fille ne semble pas être plus tentée que ça par l’appât du gain mais ne refuse pas non plus. Hide affiche un sourire jauni. Elle est plus futée qu’elle en a l’air, ou peut-être s’agit-il juste d’une ruse. En tous cas, pour l’âge qu’elle a l’air de faire – il lui donne entre quinze et seize ans, elle ne semble pas tarir de ressources. Il peut déjà dire qu’elle doit être très débrouillarde pour être arrivée jusqu’ici toute seule, sans avoir besoin de l’aide de personne. Bien que tous les deux ils n’aient pas rencontré trop de dangers sur la route, pour être venu de l’intérieur de la forêt, elle doit être sacrément confiante en sa connaissance du terrain et en ses qualités de chasseur. Existe-t-il un abri voire une communauté non loin d’ici ? Vient-elle directement du village caché de Kumo ? C’est l’hypothèse la plus probable d’après Saji. Etant donné qu’il a remarqué les mudrâs qu’elle a composés pour produire le son de clochette ayant fait fuir la biche. Elle est une kunoichi. Donc elle vient très probablement de là-bas.

Pendant ce temps, Tsuki prend un temps pour réfléchir sur le trajet qu’ils allaient suivre. Elle suggère de couper directement par la forêt au sud et donc dévier de la route principale. Elle connaît donc bien un raccourci. Parfait. Saji acquiesce de la tête en écoutant sa proposition mais son ami le marchand ne l’entend pas de cette oreille.

« A… A.. Attends, on va quand même pas passer par la forêt, si ? C’est pas un peu dangereux ? Qui sait quelles créatures s’y cachent ? D’ailleurs pourrais-tu nous dire les animaux qu’on va devoir affronter au moins? Juste pour être sûr tu vois… Hé hé…»

Le ton de Hide semble beaucoup moins confiant que lorsqu’il tentait de négocier l’aide de Tsuki avec sa bourse de ryôs. Sa peau devient pâle. Il baisse le regard comme s’il anticipait déjà sa mort prochaine. Il se souvient de l’attaque de loups qui avait failli lui coûter la vie. Saji lui met une claque au visage pour qu’il se réveille.

« Qu… Quoi ??? Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? »

Le sabreur lui fait signe avec les mains de se calmer et de respirer un bon coup. Hide a besoin de garder son sang-froid face à la proposition de raccourci de la chasseuse qui peut être dangereuse mais qui présente ses avantages. D’abord, le trajet est plus court ce qui leur permettra de rejoindre la civilisation en un jour d’après elle. Par conséquent, ils seront sûrs de ne pas tomber à court d’eau et de nourriture. Et surtout ils pourront prendre le bateau plus tôt. Saji fait un mouvement latéral de la tête en direction de la forêt au sud, que le marchand comprend aussitôt.

« Très bien mon enfant, on dirait que mon ami te fait confiance pour aller dans la forêt. Mais ne reste pas trop loin de Saji, il est là pour nous protéger d’accord ? Il est là pour ça. Je ne voudrais pas être responsable si quelque chose devait t’arriver tu vois… »

Hide semble sous-estimer les capacités au combat de la petite mais quant au sabreur, il est le seul à avoir remarqué son jutsu Onkyôton, ce qui fait d’elle une kunoichi. Une très jeune kunoichi. Elle leur signale qu’elle ne compte les accompagner que pour la moitié du trajet pour enfin les laisser finir le chemin à deux, ce qui leur convient plutôt bien. Surtout que la mère de la jeune fille l’attend dans un village non loin d’ici, et elle doit être inquiète. Il y a donc bien un village près d’ici mais peut-être l’ont-ils manqué, peut-être est-il bien caché. Ils se tournent l’un vers l’autre pour acquiescer, ils comprennent qu’ils sont d’accord puis le marchand se tourne vers Tsuki de nouveau.

« Ok ! Saji est d’accord aussi ! Nous te paierons une fois arrivés à mi-chemin, ne t’inquiète pas ! »

Les voilà partis à travers la forêt du sud pour rejoindre le sud-ouest. Le marchand déglutit en repensant aux loups qu’ils avaient rencontrés il y a deux jours. Il a failli y passer la dernière fois et il espère ne pas répéter l’expérience, même s’il compte sur la dextérité au sabre de son compagnon Saji qui est toujours aux aguets pour le protéger, lui qui est toujours distrait. Mais maintenant il y a deux paires d’yeux pour le surveiller et faire en sorte qu’il ne soit pas en danger de mort.

Tandis que le marchand reste légèrement en retrait derrière Saji, ce dernier rattrape Tsuki qui a ouvert la marche devant eux. Le fait que cette fille soit capable de survivre au milieu de la forêt comme s’il s’agissait d’une promenade de santé l’impressionne beaucoup. Leurs pas s'enfoncent dans la forêt. Il suffit quelques secondes de route à la chasseuse pour qu'elle se rende compte que des bruits de ferraille se font entendre derrière, des bruits qui ne font pas certes un boucan infernal, mais qui sont suffisamment élevés pour attiser la curiosité de chaque être vivant dans un périmètre de presque dix mètres. Il s'agit du sac de babioles que transporte le marchand, et il sera donc difficile pour eux d'être discrets c'est sûr...

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Mer 17 Oct 2018 - 12:08

Le loup et la chasseuse.

La panique. Plein de questions, plein. Il enchaîne, sans transition, sans réflexion. Un véritable flot de peur s’écoule d’entre ses lèvres. Tsuki le regarde avec beaucoup d’amusement et s’apprête à répondre quand la claque part. Un son très brusque, très fort, qui brise le silence et la parole du marchand. La réaction instantanée de Tsuki est le choc. Ce sabreur muet sait comment se faire entendre. Le calme semble revenir, puis les deux hommes acceptent la proposition de la blonde. Le plus loquace des deux lui indique de rester derrière Saji, parce qu’il vaut mieux qu’elle soit protégée. S’il lui arrivait quelque chose, les deux hommes seraient bien embarrassés. La demoiselle joint ses deux bras sur sa poitrine. Alors comme ça, il faut qu’elle reste cachée derrière le sabreur, hein ? Un grand sourire étire ses lèvres. Il est marrant, ce petit marchand. Il ne l’a pas vue débouler sur le dos d’une biche ? Il n’a pas vu que l’animal n’a pas seulement fui sans raison ? Qu’elle a influencé cette cavale grâce à ses propres capacités ? Non, il n’a pas vu tout ça. Il était trop occupé à se cacher, à craindre l’inconnu. Aaah, ils verront bien.

Ils acceptent et décident de la payer une fois arrivés à mi-chemin. Ce n’est pas particulièrement important, à vrai dire. Il est intéressant de noter qu’ils ont accepté de suivre un chemin inconnu, avec des animaux particulièrement terrifiants, pour se rendre de l’autre côté de la mer. Enfin. Ils, non. Le marchand a plutôt été forcé d’accepter cette situation. Il n’a pas vraiment eu le choix. C’est particulier, parce qu’il suit le sabreur. Tsuki ne sait pas pourquoi, mais la raison de leur voyage a l’air très importante pour que Saji accepte de suivre la route proposée par une inconnue. Certes, elle est d’ici, mais ils ne la connaissent en rien. Ils lui font confiance à l’aveugle. Comment se fait-il qu’ils acceptent ainsi de prendre des risques ? Sans savoir, à l’aveugle ? Il y a forcément une logique derrière cette histoire. Quelque chose de particulièrement important aux yeux du sabreur. Enfin, peu importe au fond. Déjà qu’il s’agit d’une histoire personnelle, si en plus le jeune homme est muet, cela complique encore plus la chose.

Ils avancent, pénètrent dans la forêt. Tsuki avance la première, en bon guide de ces messieurs. Le marchand s’approche d’elle, désormais protégé par le sabreur et elle-même. Enfin, protégé. En théorie, il a peur aussi de la façon dont tout cela va se passer, étant donné qu’il n’a pas conscience des capacités de la kunoichi. Jeune, avec son apparence de gamine et sa petite taille, elle fait toujours cet effet. Un sourire amusé naît sur ses lèvres. Elle ne dit rien, attend. Mais quelque chose la taraude. Un petit bruit, répété, qui se répète à chaque pas. Gling, gling. Quelque chose comme ça. Elle tend l’oreille. Serait-ce le sabreur ? Non, il ne ferait pas un tel bruit. Pas un ninja. Gling, gling. Le marchand ? Mais il ne porte … Si, il porte quelque chose. Son sac. C’est forcément son sac qui fait un tel tintamarre. C’est chiant, vraiment. Gênant. Mais elle ne peut pas l’empêcher de balader ce précieux contenant. Il va falloir faire autrement. Néanmoins, comme Tsuki est Tsuki, elle ne peut pas se retenir.
« Vous savez … Vous avez peur de tout, mais vous vous baladez avec un sac qui fait plus de bruit qu’un mammouth … »
Le silence revient, mais il ne dure pas longtemps. Elle se tourne brusquement, alors que le marchand s’approche sans vraiment percuter. Et d’un coup …
« BWAH ! »
Les bras levés, les mains pliées comme des pattes de félin, la blonde menace gentiment l’homme qui la suivait. Sa réaction ne se fait pas attendre et Tsuki explose de rire. Les civils sont parfois si fragiles … Il risque de la détester avec ça, mais peu importe. La blonde s’amuse de cette situation jusqu’à ce qu’un vrai bruit attire son attention. Elle se tourne et tend le bras en direction du marchand et de Saji pour leur indiquer de ne pas bouger. De son autre main, Tsuki se saisit de deux clochettes, qu’elle tient entre les doigts. Un bruissement retentit, au loin. Pour l’instant, il est à bonne distance, mais il s’approche. Le sourire carnassier apparaît sur le visage de la petite blonde. Une chasse, ici ? Son instinct de prédateur se met à l’affût.
« Faîtes le minimum de bruit possible. Allons-y. »
Tsuki reste devant, toujours armée de ses petites clochettes. Cela ne paye pas de mine et il est probable que le marchand ne comprenne pas leur utilité, peut-être même que le Sabreur ne sait pas clairement où elle veut en venir, mais elles ont une grande importance. Importance qui se révélera si l’animal se montre.
La marche dans la forêt se poursuit, entre les gling, gling et les bruits de pas. Le bazar est très grand, particulièrement gênant. Ils sont de gigantesques appâts pour l’animal qui s’approche. C’est une grosse bête. Tsuki ne sait pas encore s’il s’agit d’un animal terrestre ou volant. Heureusement – ou malheureusement, tout est relatif – le bruit que fait le marchand avec son bazar ne tardera pas à faire surgir la bête. Il faudra alors la maîtriser, mais gentiment. Oui, oui. Gentiment. Ne pas la tuer. Surtout ne pas la tuer. Lui faire peur suffira.
« Quoi qu’il arrive, ne tuez pas l’animal qui approche. Lui faire une grosse frayeur suffira à le faire fuir. »
Parole de chasseuse. Parole indiscutable. C’est surtout que, s’ils tuent l’animal malgré tout, la blonde rechignera à les aider davantage. Il ne faut pas tuer gratuitement, surtout que la bête qui approche ne veut que manger, ou simplement s’intéresser au bruit qui remue dans la forêt. Un animal, comme un enfant, ne suit que ses instincts. À partir de là, le tuer simplement pour ça ne constitue pas un motif suffisant. Elle soupire et réfléchit. Ils n’ont pas ces données. Ils ne savent pas. Ils ne peuvent pas savoir.
« Dans le doute, donnez-moi un coup de main, mais ne vous en faîtes pas. Tout ira bien. »
Trois petits mots. Grands mots pour le marchand qui doit probablement repeindre ses vêtements, mais petits pour Tsuki. Oui, tout ira bien. L’Homme est le plus grand prédateur. Il n’a rien à craindre de personne. Les bruissements se rapprochent, plus bruyants, plus forts. Ils proviennent du ciel. C’est un animal volant. Rien à craindre à partir du sol, mais tout à vérifier dans les airs. Les bruits se rapprochent, brutalement.
« À terre ! »
La blonde se retourne, se jette contre le marchand. La surprise combinée au poids donné par l’élan suffit à le faire chavirer. Il se laisse écraser sur le sol, tremblant comme une feuille. Tsuki profite de cette situation pour lever les yeux au ciel : c’est un aigle. Il est massif, ses ailes sont terriblement grandes et robustes. Il doit passer souvent par ici et, surtout, il doit avoir très faim. À terre, la blonde relève les yeux et les pose sur Saji. Le marchand ne fera rien, il en est incapable, mais le Sabreur a déjà un plus gros potentiel destructeur.
« Quoi qu’il arrive, ne le tuez pas. »
Il sera plus compliqué de lui faire peur, cela dit. Mais pas impossible.

Tant que la règle d’or subsiste, tout ira pour le mieux.


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Ven 19 Oct 2018 - 10:11
La petite fille est espiègle. Remarquant l’état de terreur dans lequel se trouve le marchand, elle se retourne soudainement pour lui faire peur, imitant une bête sauvage et sanguinaire. A sa grande satisfaction, les poils du marchand se redressent et ses pieds décollent du sol. Il tombe au sol avec son gros sac de babioles. Son rythme cardiaque s’arrête pendant un instant. Saji dont l’oreille s’était habituée au boucan produit par le marchand après deux jours de marche, ne prêtait pas attention au bruit qu’il faisait. En entendant le cri bestial, il se retourne pour identifier la source du bruit. Il s’agit de leur guide qui souhaite juste s’amuser. Le sabreur souffle, soulagé qu’il ne s’agisse que d’une fausse alerte. A peine vient-elle de jouer un tour au marchand que déjà, un autre bruit attire son attention. Tsuki leur fait signe de ne pas bouger et se munit de deux clochettes. Pour quoi faire, Saji commence à s’en douter après l’avoir vu manœuvrer la biche au moment où ils l’ont rencontré, mais il n’est pas sûr. Elle semble avoir entendu quelque chose à laquelle les deux autres n’ont pas fait attention. On voit déjà la différence entre l’oreille entraînée d’une chasseuse et une oreille normale.

Elle dit de faire le moins de bruit possible et de la suivre. Elle guide leurs pas sans lâcher ses clochettes. Le regard du sabreur balaie les environs et revient de temps à autre sur les clochettes, intrigué par l’utilisation que la petite compte en faire. Elle leur fait signe de ne pas tuer l’animal si celui se montre devant eux. D’après elle, il suffirait de lui faire peur. Saji acquiesce. Si c’est ce qu’elle veut, soit. Il n’est pas dans leur intérêt de refuser les demandes de la chasseuse qui accepte de les orienter à travers la forêt. Et puis lui-même se refuser à enlever la vie, surtout aux hommes. Mais qu’une chasseuse leur dise de ne pas tuer d’animal ? Etrange. Contradictoire. S’agit-il d’une précaution pour préserver la faune pour les chasses à venir ? Ou s’agit-il tout simplement d’un acte de compassion envers les animaux ? Ou peut-être qu’aujourd’hui elle n’est pas là pour chasser mais explorer le terrain ? Aucune idée. Saji pensait les chasseurs comme des personnes sanguinaires qui tuaient pour le sport. Après tout il en a connu dans son petit village natal du Pays de la Foudre, des pères de famille qui chassaient pour subvenir aux besoins de leur famille, mais aussi des hommes riches qui se contentaient de tuer pour le jeu. Impossible de dire avec certitude à quelle catégorie Tsuki appartient actuellement, pas sur cette première rencontre en tous cas.

Plus loin, la petite fille leur demande de lui faire confiance et de l’aider si la situation se présente. Saji acquiesce et garde la main sur le pommeau de son katana, son fidèle Baransu. Puis viennent les battements d’ailes qui signalent un volatile en approche. Majestueux, mais aussi effrayant, l’aigle fait presque la taille du marchand par l’étendue de ses ailes. On dit que ces prédateurs ont tellement de force dans leurs serres qu’ils sont capables d’attraper des bêtes de différentes tailles, allant des petits rongeurs aux jeunes faons, pour enfin les emmener dans leur nid situé en altitude. C’est la première fois que le sabreur en voit un pour de vrai. Une belle bête.

« Ahhhhhhh !!!! Sauvez-moi !!!! »

Saji commence à tirer son sabre, le bruit du frottement de la lame se fait entendre et attire l’œil du prédateur qui vient de passer au-dessus de Tsuki et du marchand, désormais au sol. L’aigle prend de la hauteur et tourne sa tête en direction du sabreur qui n’a sa lame qu’à moitié dégainée. Alors que le prédateur fonce comme une fusée en sa direction, il se souvient subitement que la chasseuse lui a précisément dit de ne pas le tuer. Il va devoir ménager ses coups pour éviter de porter un coup fatal. Mais la première attaque aérienne est trop rapide pour trouver un bon angle, Saji fait une roulade rapide sur le côté pour esquiver. Il range la lame complètement dans son fourreau qu’il décroche de sa ceinture. Le marchand, la tête entre les mains, commence à crier en direction de son ami :

« Saji ! Attention il revient ! »


A ces mots, il se retourne. L’aigle prend de nouveau de la hauteur et charge de nouveau. Cette fois le sabreur fait un pas de côté et frappe avec le ventre de la bête avec le fourreau, ce qui lui fait perdre l’équilibre. Paniquée, la créature bat très rapidement des ailes pour rester au-dessus du sol et se mettre hors de portée du bretteur. Ce dernier ne perd pas son adversaire volant du regard. Ses yeux se sont habitués à sa trajectoire, et le prochain coup sera sûrement décisif. Troisième attaque, l’aigle descend en piqué avec l’espoir d’en finir avec cette proie difficile que constitue le sabreur. Mais ce dernier attaque de face avec la pointe du fourreau en avant frappant de plein fouet le ventre de l’aigle qui tombe au sol, tête la première. Robuste comme il est, l’aigle se ressaisit mais cette fois pour s’enfuir, abandonnant le combat pour aller chercher de nouvelles proies plus faciles. On le voit voler au loin, puis s’évanouir loin dans le ciel.

Suite à ce duel pour le moins inhabituel, Saji se tape les genoux pour en enlever la poussière. Il se retourne pour voir ses deux compagnons toujours allongés. Tsuki a pris soin de protéger le marchand du danger. La menace est passée, et l’aigle vit toujours. Il est peu probable qu’il revienne tenter sa chance ici. Le sabreur se rapproche de la chasseuse, incline légèrement la tête et lui tend la main pour l’aider à se relever.

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Lun 22 Oct 2018 - 19:35

Le loup et la chasseuse.

Vivre, c’est terrifiant. Vivre, ça signifie se heurter au danger. Voyager. Rencontrer des bêtes très grandes, très fortes, peut-être même très dangereuses. Vivre, c’est prendre le risque de mourir à chaque souffle, à chaque pas posé sur le sol. Vivre, c’est terrifiant. Le marchand, pauvre marchand, se heurte donc à cette réalité. Le poids de Tsuki a réussi à le faire basculer et le maintenir au sol, mais la petite blonde sent le corps tout tremblant qu’elle protège. Un homme fragile, faible, qui ne parvient pas à se débarrasser de ses terreurs. Il n’a pas appris à se battre, il ne sait que de loin ce que vivent les ninjas tous les jours. Il est âgé, pourtant. Il a l’air de voyager, aussi. Et il est là, craintif, comme une feuille, à se demander si son heure n’est pas arrivée. Aujourd’hui, il se retrouve face à cette réalité, réalité qui lui fait plus peur que jamais : vivre, c’est terrifiant.

L’aigle encaisse plusieurs coups de la part du sabreur. Il fait preuve d’une grande habileté. Il esquive, roule, encaisse, frappe l’animal qui les menace. Tsuki remarque avec une certaine joie qu’il se limite malgré tout. Il ne tuera pas l’oiseau. Il compte probablement l’assommer, ou le faire fuir assez loin pour reprendre leur chemin. Plusieurs coups de fourreau partent, secouent la bête, qui semble se laisser abattre. Mais l’aigle est un habitué de cet univers brutal et monstrueux. Il y règne. Il a le pouvoir. Alors il plonge en piqué, pour mettre à mal le protecteur de ces êtres. Il va pour attaquer, il est prêt. Mais il encaisse un nouveau choc qui achève de lui dire de fuir. Il comprend qu’il ne pourra pas dévorer ces trois personnes, que son super festin était une sorte de piège de son estomac. Il aura perdu plus que quelques plumes, aujourd’hui. Il aura perdu sa fierté animale, cette force qui lui permet de vaincre les autres. Mais l’Homme est le plus grand prédateur. L’Homme est capable de le vaincre. Fuir est sa meilleure solution.

Tsuki range ses clochettes, puis saisit la main du sabreur. Un grand sourire étire ses lèvres. Il est particulier, mais surtout il est génial. Respectueux. Il aurait très bien pu ne pas écouter la jeune demoiselle et simplement vaincre l’aigle, mais non. Il préfère simplement la suivre. La blonde, redressée, remet ses vêtements en ordre ainsi que ses deux couettes ébouriffées. Désormais plus propre, elle enchaîne.
« Merci beaucoup, Saji. »
Petite courbette. Aussi respectueuse que le sabreur. Il a respecté sa volonté, alors elle les aidera jusqu’au bout. Le marchand doit aller mieux maintenant, même s’il reste le choc de cette folle aventure. Pauvre petit, marqué au fer rouge par la brutalité animale. Hey, au fond … peut-être est-ce mieux d’être tombé sur un animal que sur un ninja, non ? Les animaux sont plus faciles à maîtriser, ils comprennent vite les choses. Les humains, par contre … Enfin, quoi qu’il en soit. Tsuki dépose ses prunelles incarnates sur le sabreur.
« J’imagine que mon statut de chasseuse rend mon choix bizarre par rapport à l’aigle, non ? »
La blonde soupire un instant, puis sourit. Il est peut-être temps d’expliquer sa fameuse vision des choses … S’il l’a respectée, c’est probablement qu’il la comprend. Mais il vaut mieux mettre des mots sur des idées. Surtout pour le marchand, là-bas, qui a vécu les choix de la petite blonde et doit, très probablement, la prendre pour une extraterrestre.
« Je n’aime pas la mort. Je n’aime pas tuer. Cet aigle avait peut-être une famille, des oisillons qui attendaient son retour. Si je n’ai pas le besoin de tuer un animal, je ne le tue pas. Si je peux simplement le faire fuir, je le ferais. »
Ses yeux voguent du sabreur au marchand. L’un doit la comprendre. L’autre … Mais peu importe. Elle s’en fiche. Sa perception des choses est la sienne. Elle s’étire, puis fait un signe de main.
« Continuons, voulez-vous ? En théorie, avec l’aigle qui a fui et fait autant de bruit, nous ne devrions plus avoir de problème jusqu’à la fin du trajet. Autant vous dire que cela devrait aller vite ! »
Tsuki reprend la marche. Il faut avancer, le plus vite possible. Une fois à la moitié de la forêt ils pourront poursuivre et tout ira bien pour eux.
« De toute façon, avec Saji à vos côtés, vous ne risquez rien ! Profitez donc du voyage. Une forêt recouverte de neige, c’est joli, non ? »
Elle balaie les alentours du bras. Les arbres sont découverts. Leur nombre crée malgré tout une forêt particulièrement dense, mais le plus important réside dans les tapis de neige qui les entourent. La neige est blanche, pure, complètement inaltérée par le passage humain. Pas grand monde ne passe par ici et la plupart des animaux sont dans leur tanière pour passer l’hiver. Il y a un calme incroyable qui règne, une sérénité plus que plaisante. Tsuki aime les forêts, notamment pour cette raison. Le calme, le silence. La douceur. Elle avance, puis réfléchit à un petit détail.
« Dîtes-moi, Saji. Puis-je vous emprunter votre carnet, pour dessiner la fin de votre trajet ? Nous ne sommes pas encore arrivés, mais je préfère m’y prendre à l’avance. La forêt est claire, mais ça reste un grand labyrinthe. »
Le sourire Tsuki. Doux, avenant. Toujours.


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Mar 23 Oct 2018 - 17:31
Sans que le sabreur muet ait besoin de demander quoi que ce soit, la jeune Tsuki commence à expliquer pourquoi elle se refuse à tuer les animaux… alors qu’il s’agit d’une chasseuse. Une question qui doit revenir souvent à son oreille, c’est sûrement la raison pour laquelle elle préfère éclaircir ce point a priori contradictoire. Elle refuse de tuer autrement que par nécessité. Au-delà de la compassion, elle a conscience que l’aigle lui aussi a une famille à nourrir et qu’il agit par besoin, il ne cherche pas à tuer pour tuer, mais pour subvenir aux besoins de ses oisillons. A l’écoute de ses mots empreints d’une certaine maturité, Saji est agréablement surpris. A cet âge, une petite fille qui est capable de raisonner d’une telle façon, qui à la différence de certains chasseurs qui tuent pour le sport, choisit ses cibles avec précaution, même quand celles-ci s’avèrent dangereuses. Elle est prête à prendre autant de risque juste pour protéger ses principes. Incroyable. On ne rencontre plus de personnes qui pensent de cette façon de nos jours, encore moins à un si jeune âge.

La capacité à retrouver ses principes dans les actes : c’est ce qui différencie les personnes de vertu et les personnes immorales. Saji acquiesce aux mots de Tsuki, il est entièrement d’accord avec son choix. Il ne s’agit pas seulement de compassion que n’importe quelle petite fille pourrait avoir pour un animal, mais d’un choix bien réfléchi, un choix qu’un adulte pourrait faire. Il comprend mieux. Cela doit venir de ses parents qui lui ont appris à chasser de façon plus responsable. Et elle semble avoir assimilé leurs consignes à la lettre, mais aussi à l’esprit. Leur guide s’étire avant de leur faire signe de se remettre en route. Leurs pieds s’enfoncent dans la neige alors qu’ils s’aventurent plus loin dans la forêt. Ils rencontrent peu de traces de pas au passage, ce qui signifie qu’ils ont peu de chance de tomber sur un autre animal dangereux dans les environs. Tsuki assume aussi le rôle de guide touristique lorsqu’elle propose aux deux hommes de profiter du paysage. Elle n’a pas tort, le marchand est tellement nerveux qu’il ne prend pas la peine d’apprécier la beauté du manteau de neige qui couvre les feuillages. Le marchand grelote malgré son long manteau de fourrure qui traîne dans la neige.

« Oui c’est vrai ! C’est pas tous les jours qu’on a droit à un aussi beau paysage ! Surtout toi Saji tu devrais en profiter ! »

Le marchand tape le sabreur de l’épaule mais pas de réponse. Il est plongé dans ses pensées. Saji commence à réaliser le fait qu’il n’allait probablement jamais revenir dans son pays de naissance. Ces forêts, ces plaines et ces plateaux… Son village… Son père. Au moment de partir on n’accuse pas vraiment, le coup, on se dit que l’on reviendra un jour mais il n’en est rien. Le voyage dans lequel il se lance risque d’être long, la recherche de son frère pourrait même s’étaler sur plusieurs années, qui sait. Donc oui il devrait profiter de cette vue sur son pays, car il s’agira de la dernière… pour très longtemps. Au deuxième coup d’épaule, Saji lève la tête et se tourne vers le marchand. Que veut-il ?

« Hé! hé! la petite te parle ! Tu écoutes ? »

Comment ? Saji lève la tête et rencontre les yeux rouges de la petite Tsuki. Il remarque que son regard est d’autant plus intense avec le contraste de la neige. Il met sa main sur la nuque et baisse la tête pour montrer qu’il est désolé. Elle lui demande son carnet pour dessiner le reste du trajet. Il hoche de la tête et le lui tend rapidement, avec un crayon ouvrant sur une double page… On peut aussi voir des messages sur la page de gauche, ceux qui s’adressaient précédemment au marchand lors de leur voyage. Il l’utilise souvent pour communiquer par écrit, mais aussi pour y noter ses réflexions sur le kendô, la voie du sabre. Plus récemment, il s’en sert pour collecter des informations sur son frère disparu.

« D’ailleurs ma petite Tsuki j’ai toujours pas compris pourquoi tu as toujours ces petites clochettes sur toi ? C’est pour éloigner les mauvais esprits ? »

Pourtant la première question n’était pas si bête, il fallait qu’il amène des esprits dans l’histoire. Encore… Saji se tape le front, exaspéré de l’entendre encore parler de ces esprits. Lui, il n’y croit pas vraiment. Les esprits font surtout partie du domaine de la croyance. C’est comme s’il disait que son sabre avait un esprit reposant à l’intérieur. Mais ça, ce ne sont que des légendes pour cultiver l’imagination des gens du commun. Des absurdités.

« Vous avez soif ? Avec tout ce chemin parcouru… j’ai des gourdes d’eau si vous voulez. »

Il lance une gourde pour Saji qui l’attrape et la tend à petite fille. Le marchand en lance une autre à son ami. Il commence à dé-bouchonner la gourde, retrousse la partie inférieure de son masque noir en tissu et commence à boire.

« Tu peux la garder si tu veux Tsuki ! On en fait beaucoup des comme ça dans notre petit village. C’est du cuir très résistant fabriqué à partir de peau de vaches élevées en plein air ! Meilleur produit local on n’a pas mieux ! »

Saji s’arrête de boire et foudroie son ami le marchand du regard… Même si on ne peut pas voir ses yeux sous son bandeau en métal, on peut observer qu’il le fixe pendant un certain moment. Le marchand peut même sentir le regard du sabreur se poser sur lui comme une épée de Damoclès. Ce n’était peut-être pas nécessaire de détailler la fabrication des gourdes… Il est parfois mieux de ne pas savoir certaines choses. On a tendance à oublier que beaucoup de choses qui nous entourent et que nous mangeons sont fabriqués à partir d'animaux morts. Certes, Tsuki en a certainement conscience, mais il n'est pas très délicat de rappeler cette image, surtout à quelqu'un qui a un certain amour pour les animaux. Ce serait comme faire pendre un morceau de viande au nez d'un végétarien. Ce n'est pas très respectueux. Maintenant que Saji a fini de boire, c'est avec un léger énervement dans le lancer qu'il renvoie le récipient d’eau à Hide.

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Jeu 1 Nov 2018 - 23:06

Le loup et la chasseuse.

Dans son petit monde. Il est là, il avance, il ne fait aucun bruit, il se contente simplement de suivre la petite blonde et le marchand. C’est ce dernier qui le ramène sur terre, d’ailleurs. Il parle beaucoup, mais il semble avoir son utilité, quand il veut. Tsuki récupère le carnet de Saji avec un grand sourire. Ses prunelles notent des écritures sur le côté, mais se détachent rapidement : lire les petits mots des autres, quelle impolitesse. Elle réfléchit un instant, puis commence à dessiner. Ils se trouvent non-loin du milieu de la forêt, à vrai dire. À partir de là, le chemin est comme ceci, comme cela, puis là il faut aller par-là … La chasseuse se laisse emporter par le schéma et tend le carnet au jeune homme une fois celui-ci terminé. Propre, clair, il permet à n’importe quel touriste de se retrouver. Toujours aussi souriante, l’adolescente se tourne pour faire face au marchand.

Il est bavard, vraiment très bavard. Il ne se rend pas compte de toutes les portes qu’il ouvre, de toutes les failles qu’il montre chaque fois qu’il ouvre la bouche. N’importe quelle personne assoiffée de sang se serait occupée de l’attaquer par surprise et lui régler son compte. C’est un marchand, pour lui le dialogue est primordial. Dans cet univers, pourtant, il ne fait pas bon être bavard. Heureusement pour lui, Tsuki est une gentille demoiselle. Elle regarde, observe, écoute, mais n’attaque pas les êtres humains. Bien qu’elle se fasse une énorme quantité de renseignements à leur sujet, elle n’est pas intéressée par le fait de les attaquer. Ils sont humains. Ils ne sont pas des proies. Leur vie compte.

Elle se contente de sourire.
« Des esprits ? »
La mimique se mue en un rire gentiment sardonique. Elle récupère la gourde donnée par Saji, puis réfléchit à une réponse qui ne lui fasse pas trop peur. D’un mouvement de la tête, Tsuki remercie le sabreur, puis fait face à Hide. Il a l’air bien pensant, tout malin, avec ses explications sur la matière de ces gourdes. Cette remarque a eu l’air d’énerver le jeune homme, mais ne fait ni chaud ni froid à la blonde. Elle boit tranquillement, puis décide d’examiner l’objet qui lui est si gentiment offert. Ses doigts tâtent la matière. Elle bouche la gourde, la tourne, la retourne, la secoue. Ce petit manège dure un certain temps, dans le plus grand des silences de la part de la chasseuse. Elle se contente de regarder, de tester. Du bout des doigts, elle tire dessus, une fois, puis deux, puis trois. Après ce moment de pause, les prunelles incarnates se relèvent et plongent directement dans les iris du marchand.

Silence. Lourd silence.

Puis, un hochement de tête approbateur. Quand la gourde de Saji vole vers lui, la demoiselle l’attrape au vol.
« Cette gourde est effectivement de très bonne qualité ! Ce serait du gâchis de l’abîmer. Elle est de bonne manufacture. Ces vaches ne seront pas tout à fait mortes pour rien. »
Enfin, si on peut dire ça. Mais elles servent à l’humain. Triste vie pour les animaux, mais la chaîne alimentaire est ce qu’elle est, on ne peut rien y faire. L’Homme, plus grand des prédateurs, du début à la fin. C’est comme ça, c’est tout. Le monde est parfois mal fait, mais il est ainsi. Tsuki s’y fait. Elle réduit les pertes à sa façon, mais ne peut pas empêcher la vie de continuer son cours, ni l’Homme d’agir comme il agit. Chasseuse aux fortes valeurs, pas révolutionnaire.

Son sourire revient, cette fois un peu plus carnassier. Prédateur, peut-être. Les clochettes, les clochettes. Tsuki n’avait pas fini cette explication. Elle en brandit deux, puis les remue méthodiquement.
« Je ne m’en sers pas pour chasser les mauvais esprits, non. De toute façon ils n’auraient pas peur de ça. »
La blonde hausse les épaules puis les remue de nouveau.
« Il y a beaucoup de choses à faire, avec des clochettes. Faire peur à un animal, le berner … Mais surtout, les clochettes sont bon catalyseur pour utiliser des techniques sonores. »
Et c’est tout. Tsuki hoche de nouveau la tête, lui sourit toujours. Puis elle range les petits outils et reprend la marche. La forêt ne va pas se parcourir toute seule. Sa petite tête se tourne, pour regarder par-dessus son épaule.
« Si vous avez d’autres questions, je suis toute ouïe. »
Blague à part, la blonde est effectivement présente comme une sorte de guide touristique. Sa présence ne durera pas éternellement, cela dit ; à un moment donné ils devront se séparer. S’ils veulent savoir des choses, il faut les demander, et vite.


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Dim 4 Nov 2018 - 14:13
Tsuki reste impassible devant les remarques du marchand, elle se met même à observer la gourde sous les angles afin d’en apprécier la qualité, et l’origine. Cela ne la dérange pas que la matière soit animale, elle se doute bien que beaucoup d’objets qui composent notre quotidien proviennent de ces créatures. Elle ne peut rien y faire, elle le sait. Elle est suffisamment mature pour comprendre cela. Loin d’être militante pour la cause animale, elle reste une chasseuse après tout. Si elle doit tuer, elle tue, point. La petite fille sait faire la distinction entre ce qui relève de la nécessité et ce qui relève du contingent : elle ne chasse pas pour le sport, ni pour le luxe de se faire un sac à main, elle le fait pour pourvoir aux besoins de son foyer et aussi préserver l’équilibre naturel de la région. On pourrait dire que son activité est complémentaire du cycle naturel. Elle a conscience que tuer un animal de trop peut bouleverser cet équilibre et nuire à la reproduction donc à la production de ressources potentielles. D’autant qu’en hiver, il devient plus difficile de chasser, étant donné que les animaux sauvages se cachent pour hiberner. Elle sait qu’elle ne peut rien y faire si d’autres hommes tuent des vaches pour faire des gourdes, d’aucuns diraient que c’est un mal nécessaire. Malgré sa vision morale sur la condition animale, elle semble accepter la nécessité que des animaux souffrent pour le bien de l’homme. Elle n’est pas extrémiste ni militante. Elle garde un juste milieu, car après tout, c’est une chasseuse dans l’âme. Il est si facile d’être zélé dès que l’on se positionne sur le plan des idées, si facile de virer vers l’extrémisme. Quant à elle, elle intègre l’amour des animaux dans son amour pour la chasse. Un mélange a priori contradictoire en théorie, mais dans les faits il n’en est rien. Elle se sert de son activité pour protéger encore mieux la faune régionale, constamment menacée par les empiètements des hommes. Elle est au cœur de la forêt, elle apprend à mieux les comprendre et à les traquer de façon à les protéger. Elle est leur ange gardien, l’esprit de la forêt. En somme, elle devient le mal pour mieux combattre le mal, elle s’approprie la chasse pour mieux en prévenir les excès. Peu à peu, à travers les quelques mots de Tsuki, Saji en apprend davantage sur sa philosophie et pense comprendre ses valeurs désormais. Une chasseuse hors pair, en plus d’être une chasseuse responsable. On n’en rencontre pas tous les jours, surtout à cet âge-là.

Suite aux questions du marchand, leur guide se contente de sourire et de jouer avec leurs attentes, comme un chat s’amuserait à jouer avec sa pelote de laine, elle les tient dans sa main. Elle décide enfin de répondre au sujet des clochettes. Même s’il trouve la question sur les esprits un peu naïve, Saji ne nie pas que la vraie fonctionnalité des clochettes l’intrigue un peu lui aussi. Tsuki en brandit deux devant elle et les remue pour produire un petit tintement, le même que celui qu’ils ont entendu au moment où ils l’ont rencontré, alors qu’elle chevauchait la biche. Elle confirme qu’elle ne s’en sert pas pour chasser les esprits et doute que cela suffirait à leur faire peur. Hum, elle croit donc en leur existence ? Elle hausse les épaules et poursuit son explication. C’est un outil de chasse très pratique, car cela permet de faire peur ou leurrer les animaux dans une direction ou dans une autre. De plus, elle ajoute que les clochettes sont « bon catalyseur pour utiliser des techniques sonores ». Techniques sonores ? Saji se souvient de l’avoir vu exécuter un mudrâ après être descendu de la biche… Il n’y a donc aucun doute, elle est bien une kunoichi, et elle maîtrise le Onkyôton. La manipulation du son.

« Oui j’avais une question ! Hum… En fait deux ! En fait ce ne sont pas vraiment des questions sur la région mais plus sur toi. Mais c’est toujours mieux de connaître ceux avec qui tu voyages n’est-ce pas ? Dis-moi… Comment as-tu appris à être bonne chasseuse comme ça? Et aussi… je n’ai pas trop compris ce que tu entendais par techniques sonores ? Tu as plusieurs façons de faire du son avec tes clochettes ? Tu… »

Saji l’interrompt dans sa volée de questions en lui posant un message dans la main. Le marchand déplie le papier et lit.

Saji a écrit:
« Cela veut dire qu’elle est kunoichi. »

Hide lève la tête, regarde le sabreur puis la petite fille.

« Huh ?? Kunoichi ? C’est vrai ça Tsuki ? »

Le temps passe. Leur discussion suit son cours tandis qu’ils marchent. Les deux voyageurs et leur guide poursuivent leur route vers le Sud. Plus loin, alors qu’ils s’approchent très bientôt de la moitié du chemin, Saji se tourne vers son compagnon de voyage et lui tape sur l’épaule pour avoir son attention. Il lui pose un message dans la main. Le marchand acquiesce et s’adresse à Tsuki.

« Ma petite Tsuki, nous te remercions beaucoup pour l’aide précieuse que tu nous as apporté ! Saji pense que nous pourrons faire le reste du chemin désormais, il ne veut pas te solliciter davantage. Tu as ta maman qui t’attend. Comme promis voici la somme que nous te devons. »

Il sort la même petite bourse de ryôs que tout à l’heure et la tend à la petite fille. Elle contient une somme d’argent non-négligeable.

« Donc nous allons… par là… et puis il y aura un sentier à gauche…. »

Saji lui fait signe de la tête que non.

« Ah pardon, à droite ! Hé hé… On va bien finir par se débrouiller n’est-ce pas ? »

Pas sûr qu’avec son sens de l’orientation ils s’y retrouvent. Mais au moins ils ont la carte qui a été tracée par la gentille chasseuse, impossible d’oublier l’itinéraire de cette façon. Hide montre du doigt la gourde que Tsuki tient toujours dans sa main.

« Comme je te l’ai dit tu peux la garder, considère ça comme un souvenir de notre rencontre. On ne sait jamais ! Le monde est petit, peut-être qu’on se reverra un jour ! Pas vrai Saji ? »

Il donne un petit coup de coude amical au muet qui hoche timidement de la tête. Le marchand se rapproche de la petite fille et s’accroupit pour lui tapoter le haut du crâne comme à un enfant qui a été sage. Voyant cela, le sabreur secoue la tête, visiblement gêné par la scène. Il craint surtout la réaction de Tsuki. Il s’approche à son tour de cette dernière et lui offre une poignée de main amicale. Suite à ces adieux, les deux compères se séparent de leur guide, lui font un signe de la main au loin et s’enfoncent plus profondément dans la forêt enneigée qui les accueille avec son doux manteau blanc.

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Lun 5 Nov 2018 - 15:00

Le loup et la chasseuse.

Beaucoup, beaucoup de questions. Ce marchand est bavard et particulièrement curieux. Cela dit, il faut lui reconnaître une chose : cela l’aide énormément dans son métier. Il remplit parfaitement son rôle. Un marchand sait plein de choses, sur plein de gens. On ne sait pas si cela lui sert réellement, mais si ça peut lui être utile, alors il a autant de produits que d’informations. Tsuki l’écoute attentivement et s’apprête à répondre quand Saji l’interrompt. Un petit papier. Une réaction qui ne se fait pas attendre. L’étonnement est grand, total. La petite fille qu’il voit là, qu’il a vue débouler comme une furie sur sa biche, oui, c’est une kunoichi. Dingue, hein ? Un sourire plus que satisfait étire les lèvres de la demoiselle, qui hoche doucement la tête. La fierté est à son paroxysme.

Nouveau message posé dans la main du marchand. Décidément, Saji se veut de plus en plus loquace. Tsuki attend. Le traducteur arrive. Il lui explique qu’ils sont prêts à suivre leur propre chemin, désormais. Sa mère veut peut-être qu’elle rentre, désormais. Ils ont raison. La petite blonde hoche de nouveau la tête, avec un très grand sourire. Ils ont été adorables, à vrai dire. L’un des deux, faible au possible, a été une vraie source d’amusement pour la Genin, qui n’a pas pu s’empêcher de le traumatiser ici et là. Pour rire, comme ça. Voilà. Ils forment une paire particulièrement intéressante, avec l’épéiste muet. Un personnage très gentil, qui fait de son mieux pour s’exprimer et se faire comprendre.

Tsuki accueille la bourse de ryôs sans trop ciller. Oui, bon ; c’est pas très utile pour elle, mais c’est gentil quand même. C’est une récompense pour un bon travail. Par contre s’il pouvait éviter de lui frotter la tête comme s’il s’agissait d’une gamine ou d’un animal … La blonde serre les dents mais décide de ne rien dire. Il ne faudrait pas heurter sa sensibilité. Il a été gentil, après tout. Elle accepte la poigne de main avec plaisir, cependant. Un grand sourire sur les lèvres, elle agite la main avec joie.
« Bon courage à vous ! Tout ira bien, je ne crains rien. »
Elle s’incline avant qu’ils ne partent et considère la gourde dans son autre main, heureuse. C’est une belle trouvaille, un très joli cadeau. Rares sont ceux qui parviennent à se hisser dans le top des cadeaux de Tsuki, celui-ci grimpe très rapidement dans le classement.
« Merci pour tout ! En espérant vous revoir, oui ! »
Et hop. Tsuki les laisse filer, de la même façon qu’elle décide de s’éclipser. Le chemin pour retourner à maman ne sera pas trop trop long, mais il lui faut partir au plus vite. Qui part tôt, arrive tôt, après tout. Alors autant se dépêcher !

La gourde dans la main, la bourse bien rangée de l’autre côté, la blonde s’élance sur les arbres avec son agilité naturelle. Il faut rentrer vite et tôt. Pour manger. Et partager avec maman l’argent qu’elle s’est fait pendant sa balade.

Y a pas à dire, voyager, ça a du bon.


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We live to make the impossible possible. ”
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Le loup et la chasseuse [PV Hohoemi Tsuki]

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