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D'un samourai à une autre [Hisa]


Mar 9 Oct 2018 - 20:36
Suite à leur échange de correspondance, Hisa-san avait accepté la requête de Toph de lui faire découvrir le vrai sens de la mort de Musashi. Toph n'avait pas bien compris pourquoi, mais les derniers instants de l'Homme lui revenait souvent en rêve. Sur le moment même, elle avait compris que c'était un moment beau. Mais elle ignorait pourquoi ? Le pourquoi de son sacrifice, oui, mais aussi pourquoi elle trouvait beau cette action.

Elle espérait que la petite samourai, genin comme elle, pourrait lui éclairer ses lanternes.

Le domaine Nagamasa était en deuil. Les pavillons étaient silencieux et les passant portaient le noir. La perte de Yoshitsune était certainement plus ressentie que celle de Musashi. Et que dire de la mort du précédent shogun ? Non, ce petit clan à Iwa aurait bien du mal à soigner ses plaies. Toph toqua à la porte et entendit vaguement un bruit qu'elle prit pour une invitation.

Elle ouvrit la porte et salua l'occupant, présent dans un fauteuil.

Bonjour monsieur.

Une bouteille (vide !) vola dans sa direction. Toph l'écarta au dernier moment de sa main et la repoussa au loin. Elle s'excusa avant de recevoir d'autres bouteilles ou objets dans sa direction. Elle fit de son mieux pour les esquiver, recevant parfois quelques gouttes sur elle. Au début elle pensait qu'il s'agissait d'un test. Un examen. Seuls les plus braves et les plus valeureux pouvaient le passer.

Mais avec l'odeur d'alcool qui titillait à présent ses narines, la kunoichi se rendit compte qu'il s'agissait uniquement d'un con, possiblement misogyne, certainement bourré.

Voulez-vous bien cessez ?

Il ne cessa pas. Il marmonna des choses qu'elle ne prit pas la peine d'essayer de comprendre.

Elle se retint de lui foutre une baffe magistrale, du genre à le mettre sur orbite. Elle était prête à exploser quand la samourai descendit des escaliers. Elle la salua en se courbant élégamment, avec un mince filet de vin qui dégoulinait de sa chevelure noire. Puis elle se hâta de d'ajouter.

Bonjour Hisa-san. Auriez-vous l'amabilité de faire cesser cette mascarade ?

L'odeur de l'alcool imprégnait rapidement les kimonos, et elle ne désirait pas rendre le sien irrécupérable avec tous les fonds de bouteilles.
Spoiler:
 
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Mer 10 Oct 2018 - 9:18
Plongée dans mes livres à mon bureau, je ne pus entendre frapper à la porte. Ce ne fut que lorsque des bruits de verre se brisant atteignirent mes oreilles que je réalisai que quelque chose se passait en bas. Lorsque j’atteignis le sommet des escaliers, je réalisai la particularité de la situation. Toph venait d’arriver et n’avait eu le droit comme accueil qu’à mon père incapable de parler correctement et lui lançant des bouteilles de bières dessus.

— Père !

J’hurlais alors avec puissance avant de lui lancer dessus le livre que je tenais ente les mains. Ce n’était pas du tout mon genre d’agir de la sorte, mais c’était la première fois que son état portait atteinte, en face de moi, à une personne extérieure à notre famille. Malgré tout le respect que j’éprouvais à son égard, je ne pouvais le laisser jeter le déshonneur sur notre famille en manquant autant d’hospitalité.

Si mon livre eut raison de son agressivité pour le moment, il pouvait reprendre à tout instant. Je m’inclinai alors vers Toph, essayant de faire bonne figure au milieu de cette situation pitoyable.

— Je ne peux vous demander d’excuser le comportement de mon père, mais si vous pouviez passer outre et monter à l’étage, cela nous évitera d’avoir à l’endurer un peu plus.

Une fois dans les escaliers, hors de portée de mon père, je retrouvai mon calme, toujours embarrassée par la situation.

— Ravie de vous voir. Je suis désolée que vous ayez dû subir un tel spectacle... Il n’est pas toujours comme cela, même si cela ne va pas en s’arrangeant.

Je terminai ma phrase avec de l’amertume dans la voix avant de l’inviter à passer la porte qui menait à ma chambre. Un lit simple, un bureau, une bibliothèque et une armoire étaient les seules décorations arborant la pièce. Ce n’était pas très chaleureux, mais je me sentais plus sereine à travers la simplicité.

D’un geste du bras, je l’invitai à se poser sur la chaise de mon bureau tandis que je m’assis sur le lit jute en face.

— Alors, je suppose qu’il vaut mieux que vous commenciez par m’expliquer en détail ce que vous souhaitez de moi et ce que vous avez vous-même compris du comportement de Musashi.

Prononcer son nom à voix haute ne faisait pas le même effet, surtout en présence de la Hyuga. Toute la philosophie du monde ne pouvait m’aider à accepter facilement sa mort.

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Mer 10 Oct 2018 - 16:53
Hisa descendit de l'étage et sauva Toph d'une tentative de meurtre. Elle lui en était reconnaissante, car c'était le genre de crime qui n'était pas facilement effacé des registres. La jeune samourai était extrêmement gênée de la situation et invita la Pupilles Pâles à la rejoindre à l'étage.

Libéré ! Délivré !

Très bien, je vous suis.

Elles montèrent dans les escaliers, loin de l'odieux personnage. Hisa s'excusa du comportement de son paternel, ce que Toph accepta d'un hochement de la tête. Il n'y avait rien de plus à en dire, l'amertume dans la voix de son hôte était autosuffisante. Et ce n'était pas ses affaires. Elle se devait de laisser la zone de confort des autres personnes intactes. La chambre était plus petite que ce que le domaine Hyûga l'avait habitué, et plus sobre aussi. Le bénéfice d'être une princesse. Hisa invita Toph à s'assoir sur la chaise de son bureau, ce qu'elle fit.

Si ce n'est pas trop demander, j'aimerais avoir de quoi m'essuyer un peu les cheveux.

Il y avait, après tout, un peu de restant de bouteilles de bière dedans, et cela n'était guère agréable. Hisa demanda enfin d'en savoir plus sur la requête de la Hyûga - qui devait certainement lui paraitre étrange, voir peut-être déplacée.

Bien, hum...

Par où commencer ? Le sujet était aussi délicat que chaotique. Poser les bons mots étaient un exercice compliqué dans cette situation.

Comme je l'ai décris dans ma lettre, le sacrifice de Musashi-san... est difficile émotionnellement. Il y a de la tristesse, de l'amertume, de la rage aussi, mais également de l'admiration et du respect. Et je ne comprends pas très bien moi-même pourquoi je ressens ça. Enfin, la tristesse oui, car perdre des êtres proches l'engendre. L'amertume est une réaction naturelle face à sa propre faiblesse. La rage est le moteur qui amènera la justice. Mais pourquoi de l'admiration et du respect ? Je ne me l'explique pas et cela me torture. J'aimerais analyser ça et voir ces actes par la vue du Bushido.

Le Bushido... Musashi lui en avait parlé. Il avait refusé de lui prêter son sabre. Il parlait d'honneur, de devoir, de vertus. Mais dans le fond, Toph n'en savait rien. Si, elle savait qu'il s'agissait d'un code de conduite mais que cela ne s'arrêtait pas là. C'était une sur-simplification, et elle était honteuse de ne s'être jamais posé la question plus loin.

Rationnellement, ce que j'ai vu est la mort d'un ami qui aurait pu faire demi-tour, rengainer son sabre et rester en vie pour se venger plus tard. Je comprends la rage qui l'a poussé à agir, Yoshitsune et le Shogun était morts sous nos yeux. Nous-mêmes, nous n'avons pas pu rester inactif. Il fallait les venger, les faire payer. Mais quand Etsuko nous a ordonné d'arrêter, j'ai ressenti un profond conflit en moi. Je voulais suivre Musashi, venger nos morts. Honnêtement, la mort du Shogun me laissa de marbre, mais les autres iwajins ? J'ai juré vengeance, même si je n'ai rien pu faire. Et j'ai vu de la beauté dans les derniers instant du samourai. Qu'est-ce qui lui a donné la force d'agir de la sorte ? Le courage d'affronter la mort pour ses convictions...
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Mer 10 Oct 2018 - 20:44
Face à la demande de Toph d’avoir quelque chose pour s’essuyer, je me précipitai vers mon armoire pour y saisir une serviette propre. Mon oubli d’une politesse aussi élémentaire était un nouvel échec de ma part. Je lui tendis ensuite en écoutant ses explications. Ces dernières me confirmèrent rapidement ce que j’avais pu deviner de sa lettre. Contrairement à certains, elle avait réussi à réaliser en quoi la demande de duel de Musashi n’était pas stupide. Il lui manquait simplement les clés nécessaires à une compréhension plus complète. Le simple fait de la voir chercher ainsi des réponses m’emplissait de satisfaction. Nombreux étaient ceux se permettant de juger notre philosophie sans chercher à la comprendre.

— Si Musashi a décidé de mettre sa vie en jeu dans ce duel, ce n’était pas par rage ou par ressentiment envers son adversaire. Le Bushido est une question d’honneur. En étant responsable de la mort du Shogun, chef du clan Nagamasa, Fugaku a déshonoré Musashi, moi-même et l’intégralité du pays du Fer et de notre clan. En tuant notre défunt Kage Yoshitsune, il a déshonoré le pays de la roche et le village d’Iwa. La finalité du Samouraï n’est cependant pas de chercher à corriger les fautes à tout prix. En rentrant au village pour devenir plus fort et remettre une vengeance à plus tard, nous avons fui ce que nous savions juste par crainte de la mort. Musashi fut le seul à agir comme il le devait.

Je fis alors une légère pause, pour reprendre mon souffle et la laisser encaisser mes mots. Si mes dernières phrases ressemblaient beaucoup à des reproches, j’étais la seule à qui j’en voulais. Suivre les ordres d’Etsuko en rentrant sans rien dire restait une décision qu’il m’était encore difficile d’assumer.

— Un samouraï ne craint pas la mort, il l’accepte à chaque fois qu’il tire sa lame de son fourreau. Sans entrer dans les détails de notre doctrine, je dirais que la Voie du Guerrier se concentre plus sur la méthode que sur la finalité. Une victoire accomplie avec malhonnêteté, malveillance ou irrespect ne vaudra jamais une mort honorable. Si le dernier acte de Musashi t’a touché, c’est probablement parce que tu as ressenti que derrière celui-ci, il n’y avait ni peur ni haine, seulement une volonté inflexible de faire ce qui est juste, qu’elles qu’en soient les conséquences.

Si les explications n’étaient pas compliquées en soit, je savais d’expérience que tout le monde ne pouvait pas saisir le sens de la Voie. Certains nous voyaient comme des personnes trop simples, à la vision trop absolue, ce n’était pas non plus sans raison.

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Mer 10 Oct 2018 - 22:28
Toph s'essuya les cheveux avec le mouchoir et se sentit directement mieux. Elle écouta attentivement l'explication d'Hisa. Mais elle n'était pas tout à fait satisfaite. Il y avait un grain de sable. Le discours du shogun résonnait encore à ses oreilles.

... Même s'il avait une légitimité à devenir lui-même shogun ?

La question portait lourdement sur le coeur de Toph. Se trompait-elle de Justice ? Etait-elle du côté du mal ? Cela serait déconcertant si c'était le cas.

Oui, j'avais le sentiment qu'il mettait son code à profit de la Justice. Quelles qu'en soit les conséquences. C'est une force incroyable que de pouvoir se lancer ainsi dans un but aussi noble sans regarder aux conséquences.

Une force que j'admire. Toph c'était fait la réflexion, tandis que Musashi marchait vers sa mort certaine. Elle s'était dit qu'elle espérait un jour posséder la force dont il avait fait preuve à ce moment là. Et ce n'était pas une force en terme de chakra, ou de capacité physique. Non, c'était une force de caractère. Une mentalité de braver une force de la nature, une catastrophe avec son sabre et rien d'autre.

Mais cela entrait en conflit avec ses enseignements ninjas ! Il fallait remporter la victoire. Et c'était rationnel dans un jeu où le penalty menait à la mort. Ou pire. Souvent, elle ne comprenait pas des actions de Musashi. Comment pouvait-il être shinobi et samourai ?

J'ai l'impression qu'il s'agit avant tout de cultiver une force de caractère. Une volonté. Où tracer la ligne entre la stratégie et malveillance ? Les samourais sont des guerriers, ils savent que les batailles ne sont pas gagné qu'en tirant les armes de leur fourreau. Le fait que vous diriger le pays du Fer en est une preuve. Comment concilier ruse et honneur ? Comment faire la balance entre la méthodologie et l'efficacité ?

C'était un questionnement important pour la Pupilles Pâles, car elle voulait savoir comment un tel système pouvait s'auto suffire et subsister, comme à Tetsu. La poursuite de la beauté ne devait pas prendre le pas sur une inefficacité totale. Tout ne se résumait pas aux duels.

Existe-t-il un code ? Une liste de vertus qui apprend à un samourai comment se comporter ? Qui trace ces lignes dans le granit ?

Cela faciliterait grandement sa compréhension. Même si Hisa essayait de simplifier pour elle, elle avait du mal à saisir l'essence. Ou peut-être avait été trop simpliste ?

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Lun 15 Oct 2018 - 19:18
J’écoutais attentivement les paroles de Toph. Elle avait du mal à saisir l’essence du Bushido, mais je ne pouvais le lui reprocher. Ces questions avaient été les miennes pendant longtemps. Si les Samouraï avaient tendance à démontrer de la certitude dans leurs actes, le doute était le soucis permanent de chaque homme censé.

« Pour la légitimité du nouveau Shogun, je ne saurais te répondre. Personnellement, je serais d’avis que cela ne changeait rien à la situation, mais la présence des Samouraïs à ses côtés montre que mon avis n’est pas universel. C’est le problème de tout enseignement philosophique, il n’y a pas de guide pratique pour chaque situation et une interprétation personnelle est souvent nécessaire, entraînant ainsi des divergences d’opinion.
— Comme tu le dis, associer la Voie avec le métier de shinobi n’est pas une mince affaire et chacun y trouve une solution personnelle. Je serais assez mal placée pour en discuter, mon expérience étant limitée, mais ce sont des questions que je me pose régulièrement. Il ne faut cependant pas mélanger ruse et malhonnêteté, la stratégie est un art que nous affectionnons grandement. La Voie du Guerrier n’implique pas de charger au combat sans réfléchir. Je ne pourrais affirmer avec certitude que personne au pays du fer n’a enfreint nos règles pour mener les Samouraïs au pouvoir, mais diplomatie et discrétion font partie de nos dictionnaires.
— Il n’y a pas de règlement inscrit dans le marbre, mais de nombreux écrits existent sur le sujet et certains font office de référence en la matière. Il existe cependant une base commune, les sept vertus à respecter. La droiture, ou justice, impliquant de toujours faire ce qu’on considère nécessaire. Le courage, permettant de faire preuve de justice sans craindre les conséquences de ses actes. La bienveillance, sans laquelle la vie n’aurait aucun intérêt. La politesse, rendant les autres vertus plus effectives. La sincérité, car sans elle tout n’est que vide de sens, les mots et les actes devenant inutiles. L’honneur, impliquant de cultiver sa dignité et rejeter toute honte de soi. La loyauté, car l’individu n’est qu’une simple pièce dans sa communauté.

Même en essayant de faire court pour ne pas surcharger mes explications, je réalisai bien vite que je parlais beaucoup, ma gorge commençant à s’assécher.

— Si tout cela t’intéresse, je peux te prêter des livres qui devraient être bien plus clairs que moi. En tout cas, si tu veux que je détaille un peu plus, il faudra que tu me laisses faire un peu de thé avant, sinon je vais avoir du mal.

J’offris alors un sourire à la jeune fille, curieuse de voir sa réaction à tout cela.
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Mar 16 Oct 2018 - 14:58
Toph buvait presque littéralement à chaque mot d'Hisa. Elle tentait d'en retenir un maximum. D'en comprendre les implications. Ce n'était pas toujours aisé, mais la jeune fille fit de son mieux et fut même surprise par ce qu'elle apprit. Le Bushido était bien différent de ce qu'elle pensait, sans doute à cause de romans à l'eau d'Etsuko ou de mauvaise fiction écrite par des auteurs n'ayant pas étudié le sujet.

Ce que tu dis est intéressant et pousse à la réflexion. Je pensais le Bushido plus strict et rigoureux, alors qu'il s'agit plus d'un guide, de lignes de conduites. Je m'attendais à du dur, je trouve du souple. Cela m'inspire, car j'ai l'impression que la réponse à mes questionnements n'est pas que dans la rigidité du doton. La justice est nécessaire pour tous, surtout quand on a la chance d'avoir la compétence pour la mettre en oeuvre. La bienveillance est la barrière entre les hommes et les monstres. Le courage se travaille et permet d'aller de l'avant. La sincérité est... difficile quand un clan se dote de parures pour parler et se comporter, mais je pense que cela me correspond mieux. La notion la plus alien est celle de l'honneur. Même si cela semble être la plus belle de toutes ces vertus.

Elle avait oublié de parler de l'une d'entre elle, mais qu'elle se souvienne des six autres étaient déjà un exploit, pas vrai ?

Toph avait terminé sur la note de l'honneur. Un concept de moralité orange-bleu, loin de l'axe noir-blanc usuel.

L'Honneur... la notion la plus étrange. Celle qui m'intrigue et m'attire. M'attire ? Toph naviguait dans une mer de notions étranges et inconnues, pourtant familières. Oui, tout ceci faisait un peu plus de sens. Musashi voulait rendre justice, avec courage et sincérité, et son honneur avait été bafoué par le refus du Shogun de l'affronter en duel. En y repensant, il avait toujours été poli, Musashi. Même quand il s'élançait contre sa mort. Mais la notion d'honneur semblait être plus importante que cela. Toph avait une idée basique de celle-ci. Elle désirait en savoir un peu plus.

Peux-tu m'en dire plus sur l'honneur ?

Puis, se rappelant qu'Hisa lui avait proposer quelques livres sur le sujet, Toph s'empressa d'accepter l'offre. La lecture n'était pas son activité favorite. Mais elle s'y plierait si cela pouvait l'amener plus proche de la Voie. Et la kunoichi était touchée qu'Hisa propose ce genre de savoir. Les Hyûga étaient nettement plus protecteur de leur savoir et de leur arts. Après, ce n'était que philosophie. Mais tout de même, il y avait de quoi être très reconnaissante.

Je t'emprunterai volontiers ces livres. Je les étudierais.

Il y eut un moment de silence. Toph semblait en grande réflexion intérieure. Elle se mordit la lèvre et se triturait une mèche de ses cheveux avant de finalement oser se lancer, d'une voix toute timide.

Est-ce que tu penses qu'une Hyûga peut suivre cette Voie ? Après tout, nous ne nous y connaissons pas du tout en sabre...

La question était sérieuse. Toph sentait comme un magnétisme envers cette philosophie, et elle se demandait si cela était compatible avec ses origines. Car elle ne pouvait pas renier qu'elle était Hyûga d'abord, envers et contre toutes.

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Mer 17 Oct 2018 - 13:56
La réponse de Toph me rassura légèrement, si j’avais probablement manqué de clarté et de précision, j’avais réussi à lui faire comprendre l’essentiel. Elle semblait vraiment intéressée par le Bushido et je craignais qu’une mauvaise pédagogue risquait de l’en éloigner définitivement.

Elle me demanda des explications plus détaillées sur la vision de la Voie sur l’honneur. C’était compréhensible, puisqu’il s’agissait d’une notion que beaucoup connaissait, mais que peu voyait tel un samouraï.

— Je te laisse regarder les livres de mon bureau, tu peux prendre ceux que tu veux, je vais nous chercher du thé. Je continuerai mes explications après. Surtout que certains Samouraï considère l’art, y compris la préparation du thé, comme particulièrement important pour la poursuite d’un idéal personnel.

Je la laissai alors dans ma chambre pour aller rapidement quérir le matériel nécessaire avant de revenir aussitôt. Je m’attelais alors à la confection du breuvage en prenant volontairement mon temps pour la laisser apprendre la méthode si elle ne la connaissait pas déjà. Tout en m’exécutant, je répondis à ses questions.

— L’honneur est la vertu principale et consiste à prendre conscience de sa dignité et de sa valeur. Il s’agit de faire ce qui est nécessaire pour garder une estime de soi et éviter la honte. Contrairement à ce que pensent certains, l’honneur n’est pas défini par la vision des autres sur ta personne, mais bien sur sa vision de soi même. Cette distinction est essentielle pour que l’honneur ne devienne pas de l’orgueil et que la fierté ne devienne pas de la susceptibilité. La honte découle du sens de l’honneur, s’il faut tout faire pour l’éviter, cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas se sentir honteux d’avoir commis des actes répréhensibles, mais plutôt qu’il ne faut pas les commettre. La honte est mère de vertu, c’est l’ennemi qui amène en chacun la force de se battre pour l’éviter.

Je tendis alors à Toph une tasse de thé avant de boire quelques gorgées dans la mienne.

— S’il est vrai que les Samouraïs apportent une importance particulière au maniement du sabre, il s’agit plus d’une tradition que d’une nécessité. À l’époque du développement de cette philosophie, le maniement du chakra n’était pas ce qu’il était et l’emploi des armes était nécessaire pour combattre. Aujourd’hui, le sabre est un symbole et la Voie un choix personnel. Si tu désires l’emprunter, le Kenjutsu ne devrait pas t’en décourager. Surtout que nombreux sont les Samouraïs, moi compris, qui utilisent les anciens textes comme justifications pour combattre par plaisir en prétextant que s’ils n’utilisent pas leur vrais sabres, ce n’est pas bien grave. Sera tu considéré par tous comme une Samouraï si tu n’en utilise pas ? Je l’ignore, mais cela n’a pas d’importance, toi seule est maître de cette décision.

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Jeu 18 Oct 2018 - 15:19
Hisa était partie aller chercher du thé. Toph parcourait du regard les différents livres sur le bureau de la Nagamasa. Il y avait des textes anciens et des textes plus récents. La Hyûga parcourait l'ensemble quand Hisa revint avec de quoi préparer du thé.

Les Hyûga apprécient également l'art de la cérémonie du thé. J'y ai été instruite, même si je ne suis loin d'être une maitre. J'avais l'habitude que la branche secondaire s'en occupe pour moi, jusqu'aux récents évènements où ils furent libérés par Takumi. Je vais commencer avec ces deux livres-là.

Le premier parlait des vertus, le second était une retranscription d'un texte plus ancien. Toph n'était pas une grande liseuse, et d'ailleurs elle considérait l'activité comme rébarbative. Ces deux livres constituaient un bon début, toutefois. Elle pourrait revenir à l'occasion, ou en acheter d'autres. Les vertus étaient un concept à la fois étrange et fascinant. Le texte plus ancien serait intéressant pour s'imprégner de la culture. Le reste viendrait bien assez vite.

Hisa semblait particulièrement adepte à préparer le thé. Elle était même capable de le préparer tout en répondant sur le concept de l'honneur. Toph admirait sa concentration et son efficaciThé. Elle conclu donc sur la notion d'honneur.

Chaque samourai à sa propre vision, ses propres doctrines et l'important est d'éviter la honte de manquement envers celles-ci. Le manque de cohérence. J'étais dans l'erreur le plus complet, semble-t-il. C'est un système plus souple que ce que je pensais.

La samourai lui tendit une tasse. La Hyûga l'accepta avec grâce. Elle en contempla d'abord la surface quelques instant avant de la porter à ses lèvres et d'en boire.

D'après Hisa, le sabre ne faisait pas le samourai. Mais certains la considérerait peut-être pas comme tel sans cet outil. C'était tout ce dont elle avait besoin de savoir. Sa voie martiale était avant tout celle du Poing, non du Sabre. Pas nécessairement que le poing souple, car elle s'était affranchie depuis longtemps de ce genre de restriction. Son corps était son arme, et c'était tout ce dont elle avait besoin.

Son corps serait son arme, et son esprit serait samourai.

Peu importe le regard des autres, j'emprunte la Voie par choix personnel. Je laisserai les actes parler d'eux-même. Et je tracerai mon chemin avec mes poings et mes pieds, j'en ferais mon symbole.

Toph avait ainsi fait son choix.

Elle suivrait les traces laissées par Musashi, le samourai à un bras du pays du vent. Elle n'oublierait pas son sacrifice, et il l'accompagnerait dans chaque instant de sa vie, comme un idéal.

Elle se remémora sans le vouloir ce combat avec le shogun. Le premier assaut - vibrant dans sa splendeur. Cela n'avait pas été assez, pas suffisant. Toph avait été trop faible. Hisa avait foncé dans le tas, se jouant de risquer sa vie. Elle avait recouvert son arme de chakra, se rappelait-elle. La kunoichi avait oublié ce détail, insignifiant à l'époque par rapport aux autres évènements. Mais cela lui revenait maintenant en mémoire. Ou peut-être l'avait-elle vu lors de leur mission au grand canyon ? En tout cas, la question valait la peine d'être posée.

Je t'ai vu utiliser ton chakra pour améliorer le tranchant de ton arme. C'était intéressant comme technique. Est-ce une particularité samourai ?

Toph était intéressée. Cela sortait un peu de leur débat de philosophie, et c'était un peu plus pratico-pratique. Mais même si les Hyûga avait une certaine maitrise et un contrôle sur leur chakra, elle n'était pas contre tirer des enseignements ailleurs pour parfaire sa maitrise.

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Lun 22 Oct 2018 - 9:03
J’étais ravie d’entendre que la perpétuation des traditions comme la cérémonie du thé n’était pas unique au clan Nagamasa. De manière plus générale, cela me faisait plaisir de pouvoir discuter de tout cela avec quelqu’un ne faisant pas partie de mon clan. Malgré nos différences, elle ne semblait pas faire partie de ceux incapables de comprendre cette vision du monde.

L’entendre parler de la souplesse du Bushido me fit cependant tiquer. Bien que ce n’était pas entièrement faux, je ne voulais pas rester là dessus à cause de mauvaises explications.

— J’ai peut-être mal simplifié mes explications, mais ce n’est pas un système aussi souple que cela. Bien que l’application précise des vertus n’est pas codifiée, tout comme il n’y a pas de règlement général, les marges d’interprétation de l’enseignement ne sont pas bien grandes. Mais surtout, malgré les différences entre eux, les Samouraïs sont censés tous employer la même rigidité dans l’application de leurs valeurs morales.

Cela ne pouvait sembler être qu’un détail, mais si Toph avait l’intention de suivre la Voie, je ne voulais pas lui donner une impression de facilité. Elle m’interrogea alors sur la technique de renforcement d’arme par chakra. Je réfléchis alors un court instant avant de répondre. S’il m’était facile de donner les informations qu’elle recherchait, je n’avais pas la liberté de discuter librement des techniques que m’avait enseignée mon oncle.

— Il s’agit effectivement d’une des spécialités des Samouraïs utilisant un contrôle d’un chakra sans affinité. Je ne suis cependant pas en mesure de te l’enseigner, enfin, disons plutôt que je ne suis pas en mesure d’en prendre la décision.

Je m’arrêtais alors quelques instants, une idée me traversa alors l’esprit. Je n’avais pas eu l’occasion de voir des personnes devant Samouraï sans être originaire du clan depuis longtemps, mais je savais que le clan n’était pas entièrement fermé à l’idée.

— Tu me sembles sincèrement motivée à ce sujet, alors cela donne naturellement envie de t’aider, mais je ne suis pas celle qu’il faudra convaincre. Je peux cependant faire remonter ta requête si tu es prête à aller jusqu’au bout du processus.

Avant de recevoir le moindre enseignement sur l’art de mon clan, elle allait devoir subir des tests. C’était là une condition nécessaire pour éviter que nos techniques non héréditaires ne se retrouvassent connues de tous. Mais avant cela, c’était moi qui avait envie de la tester, ainsi que mon niveau de pédagogue par la même occasion.

— Dis moi, après ce que je t’ai dis et ce que tu as entendu au palais, comment t’explique tu le suicide du Shogun ?

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Mar 23 Oct 2018 - 13:27
Toph écoutait Hisa réviser son explication. Elle rajouta des contraintes plus strictes. Même si les vertus étaient ouvertes à l'interprêtation, les interprêtations en elle-mêmes étaient limitée et les samourais étaient sensés les appliquer avec rigueur et fermeté. Toph haussa un sourcil avant de boire encore un peu de thé. Elle formula ses pensées quelques secondes en silence avant de se lancer.

A quelle rigidité faut-il s'attendre ? De ce que j'ai vu, certaines vertus sont mises en avant par rapport à d'autres. La loyauté, l'honneur semblent plus importantes que la bienveillance. Et si j'ai vu - et je vois - des samourais exercer avec zêle des ordres d'une hiérarchie, j'en ai vu qui ne bougeait pas d'un poil devant le meurtre d'une enfant. Encore une fois, mon expérience est limitée, mais n'y a-t-il plus de bienveillance à éviter ce sort à un enfant que de loyauté à regarder faire ?

la référence n'était pas subtile. Toph parlait de Sazuka, de son exécution - car il n'y avait pas d'autre mots - à Tetsu. Que le shogun la tue, Toph pouvait comprendre. Mais que tous ses gardes restent de marbre devant la scène ? Il y avait là un chemin d'abysses. Et quelque part, la frontière devait être tracée. Se disant que cela risquait de blesser son amie, Toph se dépêcha de préciser le contexte de la discussion.

Ou c'est peut-être sujet à débat. Excuse-moi si je pose ce genre de questions, je ne désire pas critiquer ta culture, j'essaie de la comprendre. Et je ne la comprendrai qu'avec ce genre de questions complexes.

Sur la question de l'apprentissage des arts samourais, Hisa était plus sensible. C'était compréhensible, et quelque part, Toph trouvait déjà sympathique de sa part d'envisager d'apprendre cela à un intrus. Toph ferait pareil avec ses techniques de clans, mais Toph était différente de la majorité des Hyûgas. Les anciens, en particulier, verraient ça d'un mauvais oeil.

Je comprends parfaitement, Hisa. Je suis sérieux dans ma demande mais je ne t'en voudrais pas si elle se voit refuser. Je comprends que les clans soient attachés à leur secret.

Même si le partage est la seule voie d'évolution positive possible. Toph n'évoqua pas sa pensée à voix haute. Ce n'était tout simplement pas le moment de discuter philosophie sur le besoin de modernité dans un cadre de tradition.

Puis Hisa lui demanda ce qu'elle pensait du sepukku de l'ancien Shogun. Son analyse.

Toph réfléchit quelques instants en silence. Sa réponse maintenant ne serait pas la même que celle qu'elle aurait donné avant d'entrer dans cette maison. Sa compréhension du bushido, encore incomplète, s'affinait néanmoins et elle voyait se dessiner des formes, des silhouettes. Une ébauche.

Avec les nouveaux éléments que tu apportes, je suppose que son honneur était entâché d'avoir failli tuer son suzerain par mégarde, et de l'avoir blessé alors qu'il aurait du le protéger. Ou alors sa faute était encore plus grave, et il savait que son suzerain légitime était dans ce campement.

Silence. Respiration. Monologue qui se poursuit.

Mais si son honneur avait failli, n'aurait-il pas été plus simple et mieux pour tous qu'il arrête le combat, le reconnaisse publiquement et puis seulement qu'il prenne sa vie ?

Et la machine s'emballe.

Ou encore mieux, qu'il lui jure allégance et le serve jusqu'à la mort ? Pragmatiquement, il est difficile d'évaluer l'ampleur de la faute originelle. L'histoire des Taira, si elle est exacte, remonte à de nombreuses années. Le contexte était peut-être tel qu'une erreur était obligatoire. De la même manière, de façon pragmatique, il eut été plus rentable pour tous qu'il serve le nouveau shogun au meilleur de sa capacité. Je comprends la beauté du seppuku, car c'est la même beauté que dans les derniers instant de Musashi, c'est une façon irrémédiable de sauver son honneur. Mais la véritable beauté n'était-elle pas d'avoir son honneur entâché et de travailler durement pour le revernir et redorer son blason au prix de multiples sacrifices et d'efforts quotidiens ?

Toph était quelqu'un de cartésien, avant tout. Et elle cherchait activement comment concilier la réalité étrange, ses convictions et ses sentiments.

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Jeu 25 Oct 2018 - 11:26
J’écoutai attentivement les réponses de Toph qui, malgré des lacunes perceptibles dans le domaine, posait un point de vue intelligemment et critique sur le Bushido. Ces mots concernant l’exécution de Sazuka et ceux concernant le suicide du Shogun étaient justes, mais démontraient que nous ne partagions pas, du moins pas encore, les mêmes valeurs à ces sujets.

— Affirmer qu’une vertu prévaudrait sur les autres ou inversement est à mes yeux incompatible avec cette philosophie. L’honneur ne peut valoir par l’action de l’ignominie ou de la trahison. La mort de Sazuka, bien que tragique, est-elle réellement l’œuvre d’un acte purement cruel ? Bien que je répugne la méthode d’égorger un adversaire déjà vaincu, considérer cet acte comme gratuit est une insulte envers son honneur. Tous ceux qui diront qu’elle était trop jeune pour être considérée dangereuse devraient s’en prendre à ceux qui ont décidé de lui remettre un bandeau.

Sazuka avait le même âge que moi et bien que je ne la connaissais pas vraiment, elle suivait les mêmes cours que moi à l’académie. Sa mort me pesait sur le cœur, mais je ne pouvais me résoudre à ressentir un désir de vengeance à l’égard du Shogun à ce sujet.

— La reconnaissance de sa part d’une quelconque illégitimité à gouverner était probablement un acte qu’il considérait plus regrettable que d’ôter sa propre vie. Je n’ai pas de bonne réponse à te donner, je voulais simplement connaître ton avis. Si les paroles de Fugaku étaient véridiques, cela signifierait qu’il savait depuis des années que ce n’était pas son rôle d’être à la tête du pays. En prenant sa propre vie, il est possible qu’il ait également souhaité éviter une guerre civile au sein de la nation qu’il chérissait. Le seppuku n’est pas le seul moyen de racheter son honneur, comme la décision de Musashi n’est pas le seul moyen de terminer sa vie. Un samouraï vit lorsqu’il doit vivre et meurt lorsqu’il doit mourir. Il faut simplement faire attention à ne pas choisir la vie par fierté, ego ou lâcheté plutôt que par nécessité et à ne pas se l’ôter pour les mêmes raisons. Je ne te mentirai pas en te disant que ce choix se montre évident en tout instant, le doute est présent en chacun de nous, même ceux affichant une certitude au quotidien. Savoir dépasser ce doute pour prendre les bonnes décisions au bon moment, même lorsque les conséquences sont majeures, est bien plus difficile que d’enfoncer un sabre dans son ventre.

Ce doute était récurrent chez moi et s’il avait su me paralyser par moment, c’était ma responsabilité que de le vaincre au quotidien.

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Dim 28 Oct 2018 - 14:32
Sur ce point-là, Toph était en tout cas bien d'accord. Toutes les vertus s'égalaient. Mais il y avait sans doute un équilibre à avoir et à percevoir dans leurs utilisations et interprêtations.

Oui, cela me semble logique que les vertus s'équivalent. Certaines découlent d'autres, mais toutes on leur importance. Peut-être que Sazuka avait effectivement attaqué le shogun. Et il est vrai que la position du shogun lui permet de dispenser de la peine capitale dans ces cas-là, comme c'est le cas pour ceux qui s'attaque à notre kage ou sieur Byakuren.

Toph déposa sa tasse de thé. Vide. Elle en reprendrait bien un peu, mais ne voulait pas risquer de faire un faux pas en la réclamant. Elle attendrait simplement que son hôte lui en repropose. Ou non. La princesse Hyûga soupira avant d'admettre qu'Hisa avait effectivement raison.

Non, tu as raison. Sazuka était une soldat, et est morte comme telle. Il faut... respecter cela. Au moins.

Deux souffles. Une grande inspiration. Et une voix prophétique.

Mais cela ne dispensera pas le shogun de la peine pour s'être attaqué à notre Tsuchikage !

Elle serra des poings, et la jointure de ses phalanges devint presque blanche. En vérité, j'ai faibli. A ce moment-là, j'aurais du faire fi des ordres d'Etsuko et attaquer. Oui, c'est mon intime conviction. Mais je serais probablement morte. Et ne vaut-il pas mieux que je sois en vie, ici, à préparer ma revanche ? Si seulement j'avais eu la force de consolider mes valeurs et aspirations. Je n'en serais pas là. Je dois devenir plus forte, car cela légitimise beaucoup les actions dans ce monde de violence.

Le sujet dévia sur l'ancien seigneur de Tetsu. Celui qui s'était donné la mort. Hisa semblait être d'avis qu'il était au courant, vaguement ou non, de son illégitimité. Et que c'était cette connaissance qui l'avait poussé à son choix... drastique. Toph écoutait sans retenue et s'abreuva des sagesses dispensée par Hisa.

Elle avait beaucoup à apprendre.

Cela semble une bonne doctrine. Vivre quand il faut vivre. Mourir quand il faut mourir. C'est sans doute une des clef pour comprendre Musashi-san. En tant que shinobi, et cela est identique pour les samourai, il faut savoir accepter que la mort peut frapper à tout instant. Il faut s'y préparer. Sazuka ne l'était pas, je pense. Et je ne le suis moi-même pas encore, au vu de ma réaction. Mais je pense que je peux travailler là-dessus. Et j'espère ne pas me tromper quand l'heure sera venue.

C'était un peu défaitiste comme vision, mais en même temps, cela donnait une certaine énergie d'accepter de manière ultime la défaite à un moment donné, et de tout donner avant ce moment-là pour vivre une vie la plus parfaite et belle possible. Après, Toph trouvait inefficace cette façon de se donner la mort, via un outil métallique. Mais en tant que Hyûga, elle était particulièrement bien placée pour se donner une décharge de chakra mortelle assez facilement. Non que cela ne demandait pas de courage...

Ou peut-être devrait-elle porter une dague juste pour cette éventualité ?

Toph réfléchissait en silence, à tout ce qu'Hisa lui avait donné comme enseignement. Du fond du coeur, une nouvelle émotion jaillissait. La reconnaissance. Elle avait beaucoup à apprendre, oui.

Je te remercie d'or et déjà Hisa-san. Je suis peut-être embrouillée, et pleine de questionnement, mais j'avance dans ma démarche et mon coeur se sent déjà plus léger, même si mes tripes appellent toujours à la vengeance. J'ai l'impression que c'est la Voie qui me complètera, qui remplira ce vide et fera de ma vie un épanouissement personnelle. J'espère qu'Iwa prendra les armes contre ce shogun avant qu'il ne soit trop tard.

Toph se tut. Elle avait peur d'en avoir déjà trop dit. Puis, elle se ravisa. Car des questions, elle en avait tout un tas. Autant en profiter.

C'est un peu intime comme question mais... Comment tu vis ta vie au quotidien, en tant que samourai ? C'est... ton père qui t'as élevé dans cette tradition ?

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Mar 30 Oct 2018 - 9:20
À mon étonnement, Toph comprit rapidement mon point de vue sur la mort de Sazuka. Le fait qu’elle était également une kunoichi bien jeune devait évidemment l’aider à comprendre que l’âge ne changeait pas la situation. Elle gardait visiblement toujours une colère profonde envers le nouveau Shogun. Même si cela était parfaitement compréhensible et qu’elle partageait probablement cette rancoeur avec une grande partie du village, je ne savais que trop bien les effets pernicieux que cette colère pouvait avoir, même sur des esprits aussi entraînés que ceux des Samouraïs.

Je resservis alors nos tasses de thé avant de déposer une main amicale sur ses poings serrés.

— Si tu souhaites poursuivre dans cette voie, rappelle toi que la quête de la vengeance ne mène pas à la justice. Utilise ta colère seulement pour motiver tes actes et jamais pour dicter ta conduite.

J’ignorais s’il était juste de s’en prendre au Shogun, même si je ne pouvais m’empêcher de le désirer de tout mon cœur. Il était cependant bien difficile de regarder les événements de Tetsu avec impartialité, j’en étais bien heureuse de n’être pas celle chargée de prendre ce genre de décision.

Elle m’indiqua alors qu’elle ne se sentait pas encore prête pour l’acceptation de la mort telle qu’enseignée par le Bushido. Ce n’était pas bien étonnant, c’était le point le plus atypique de notre philosophie, celui qui avait le plus de mal à être accepté et compris par ceux n’en faisant pas parti.

— La vie est faite d’échecs, de maladresses et de mauvaises décisions, personne n’arrivera jamais à y échapper. L’important est de faire de l’effort d’essayer.

Je fis alors surpris de l’entendre me remercier, je n’avais pas vraiment l’habitude d’être réellement d’une grande utilité pour les autres. Elle me posa alors une question plus personnelle, sur mon propre parcours. C’était une question que je ne me posais pas vraiment, j’avais toujours suivi ces enseignements et je ne pouvais que supposer ce que cela faisait de vivre sans.

— C’est une question complexe, mais je dirais qu’au quotidien, il s’agit surtout de prendre la mesure de ses actes. Je fais preuve de rigueur dans mon comportement vis à vis des autres, dans mes activités et dans alimentation. Cela n’est pas tout le temps évident, mais il ne faut pas avoir peur de l’effort ou de la difficulté. Quant à mon éducation Samouraï, je crois que l’honneur revient à l’ensemble de ma famille, aussi bien mon père que les autres. Mon grand-père était toutefois la référence en la question dans notre famille, un exemple même au sein des Samouraïs confirmés.

J’avais bien remarqué l’hésitation dans la voix de Toph lorsqu’elle évoqua mon père. Elle devait bien comprendre que la scène qu’elle avait subi plus tôt entrait en dissonance avec mes explications. Ce n’était cependant pas mon rôle de critiquer mon père.

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Mar 30 Oct 2018 - 21:11
Décidément, les samouraïs distribuaient bien plus de sagesse que Toph n'aurait initialement cru d'une culture guerrière. On pouvait donc être combattant, poète et sage en même temps. La sagesse et l'humilité, en particulier, manquaient à son enseignement de base Hyûga. Et la Pupille Pâle n'hésiterait pas à voler ce savoir pour le faire sien.

En voilà une autre sage maxime. Je te rassure, Hisa-san, mon envie de vengeance nait de l'injustice, avant tout. Et donc d'un désir de justice.

Hisa parla d'échecs, de maladresses. Toph n'était pas étrangère à l'échec. La suite était, par contre, nettement plus intéressant. Et dans la bouche de la kunoichi, un mot fit écho au discours de la samourai.

L'effort...

Le mot résonna comme un gong en l'être de la Princesse Hyûga.

Toph crispa ses poings. Les cals y étaient visibles. Des cicatrices aussi, vestiges d'entrainements rigoureux. Une en particulier lui traçait une ligne affreuse de son épaule droite à ses côtes gauches. C'était caché derrière ses vêtements, évidemment. Un souvenir du tournoi de Kaze où elle avait sous-estimé un de ses adversaires. Les cicatrices n'étaient pas que visibles. Certaines labouraient son coeur, comme son père qui refusait d'admettre qu'elle était une guerrière.

Elle n'avait jamais manquait d'effort pour le convaincre du contraire. Cela n'allait pas s'arrêter maintenant.

Je n'ai jamais eu peur de l'effort. Plus que quiconque, j'ai trainé mes pieds et des poings jusqu'à user les mannequins de bois et le sol en pierre de mon dojo. Si je dois apprendre à manier le sabre, je le ferais. Si je dois doubler d'efforts pour suivre cette fois, j'en triplerai. Quand à mon éducation...

Toph pensait à son père. Mais finalement, si c'était l'un de ses mentors pour la politique Hyûga, elle avait été autodidacte pour beaucoup d'autres choses. Cela laissait de la place à son éducation. Mais elle ne ferait pas la même erreur. Elle demanderait l'aide d'un tuteur adéquat.

Je suppose que je te demanderai volontiers de continuer de me guider dans cette voie. Voir à un des anciens de ton clan, s'il le faut. Je peux en faire la demande officielle, même si je ne rejetterai pas le nom de Hyûga. Je ferais en sorte... de marier les deux cultures. J'ai beaucoup à réfléchir, je pense. Maintenant, j'aimerais savoir concrètement. Comment me rapprocher de votre communauté officiellement ? Dois-je me déclarer ?

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Ven 2 Nov 2018 - 9:42
Mes mots semblèrent résonner dans l’esprit de la jeune Hyûga. Apprendre les bases de la philosophie des Samouraïs était une chose, mais faire le travail nécessaire pour en devenir un était autrement plus difficile. Toph m’apparaissait comme particulièrement motivée, mais il était complexe de juger de la détermination de quelqu’un uniquement sur des paroles. Cependant, son objectif était louable et me donnait réellement envie de la soutenir dans son entreprise.

— Si c’est véritablement ce que tu désires, je peux t’organiser une rencontre avec Koda, mon oncle. Il n’a pas de pouvoir de décision pour le clan, mais son avis est respecté dans notre communauté.

Si Koda était un homme discret au sein du village, il n’était pas non plus impossible que Toph le connaissait déjà. Il s’agissait après tout d’un Jonin d’Iwa. Je n’avais aucune idée de sa réaction à tout cela, mais j’étais tout de même persuadée qu’il n’allait pas me refuser une simple rencontre.

— Il cherchera probablement à te tester et ses méthodes pédagogiques sont aussi violentes qu’efficaces.

Je possédais de nombreuses cicatrices prouvant mes dires, mais ce n’était pas le moment de les évoquer. C’était cependant la seule chose dont j’étais convaincue pour cette rencontre, Koda allait se montrer impitoyable. Cela restait cependant la meilleure solution à laquelle je pouvais penser, si mon oncle donnait un avis positif, personne ne risquait de venir s’y opposer.

Je me levai alors pour me diriger vers ma bibliothèque personnelle. J’en retirai alors deux livres précis. Le premier était particulièrement court et ne concernait que l’étiquette des Samouraï, la façon de se comporter, de saluer son adversaire et ce genre de chose. Le second était un traité philosophique que j’affectionnais particulièrement. Écrit par mon grand-père, il décrivait l’influence du Bushido dans les décisions importante de sa vie. Le style littéraire n’était pas parfait, mais son contenu m’avait été souvent utile lors de mes questionnements.

— Je serais toi, j’essayerais de lire ces deux-là également. Koda devrait te laisser quelques semaines pour te préparer, il est strict, mais raisonnable.

Je savais que Toph était en mesure de convaincre mon oncle, mais pour cela, elle allait être contrainte de démontrer une détermination sans faille.

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Ven 2 Nov 2018 - 18:29
Son oncle ? Le nom était inconnu aux oreilles de Toph. Elle connaissait peu de shinobi de nom en dehors des membres de son clan.

Très bien, je me rendrais disponible à ses propres disponibilités. J'ai hâte de faire la connaissance de ton oncle, Hisa-san.

Après tout, ils seraient certainement amenés à interagir assez régulièrement s'il était important dans le clan et qu'il allait être une sorte de parrain pour Toph.

L'acier ne sort pas de la forge avec de belles caresses du forgeron. Il faut le chauffer au rouge, le marteler et le tremper dans l'eau glacée. Je ne suis pas une enfant de chœur. Je le lui prouverai.

Toph se faisait rempart, d'une détermination sans faille et ne s'attendait pas à être pouponnée. Elle l'avait été par son clan, et avait rejetée par elle-même ces facilités. Ses ambitions étaient de devenir une arme pour Iwa. Si elle voulait véritablement être une princesse, elle aurait épousé un de ses cousins de la branche principale.

Rien que d'y penser, Toph eut un frisson.

Non. Toph était guerrière. Et ce chemin l'amenait à chercher plus de puissante brute. D'abord avec un sensei connu pour sa force physique. Ensuite, en raffinant l'art du Juken via le doton. Son doujoutsu et son juken était assez polyvalent, mais ils manquaient de tranchant. La philosophie samourai et leurs arts du combats, voilà une combinaison qui ferait de Toph une véritable machine de guerre. Une kunoichi qui ferait trembler tout le Yuukan. Et pas seulement de par son doton.

Hisa lui remit deux livres en plus. Sans doute une façon subtile de lui faire comprendre l'importance de ces deux traités. Toph les accepta avec grâce. Même si bon, c'était des bouquins. Toph préférait les yakitori et les livres avec plus d'images, mais elle ferait avec.

Je les lirais avec grande attention, Hisa-san. Je te remercie pour tout ce que tu m'as apportée aujourd'hui, ainsi que l'opportunité de m'enseigner les arts ancestraux de ta famille. Je ne vais pas abuser de ton hospitalité. Je vais prendre congé ici. J'ai beaucoup à réfléchir. Je te suis redevable, Hisa-san. Merci, et à bientôt.

Elle salua son hôte, et à moins qu'elle n'avait quelque chose à rajouter, Toph se releva et se dirigea vers la sortie, quatre livres sous le bras. Un texte ancien. Un texte sur les vertus. Un sur l'étiquette. Et le dernier un traité philosophique. Toph n'était pas une lectrice assidue... mais elle avait fait la promesse de faire des efforts n'est-ce pas ?

Sur le chemin du retour elle passa par le quartier marchant pour s'acheter un sabre à la lame émoussée et un boken. Il était temps de revoir certaines bases qu'elle avait mise de côté depuis son passage à l'Académie.

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D'un samourai à une autre [Hisa]

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