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Le plus petit des grands monstres. [Kuchiyose Loutre]


Mer 10 Oct 2018 - 16:30

Le plus petit des grands monstres.

Un jour comme un autre. Tous les jours se ressemblent, de toute façon. Une routine finit inévitablement par s’installer, même pour des ninjas. Se lever, se préparer, s’entraîner. Se lever, se préparer, accomplir une mission. Se lever, se préparer, rencontrer son Sensei. Même si les jours ne sont pas exactement les mêmes, il y a toujours un même rythme qui revient, encore et encore. Une litanie douce, rassurante. Cette petite mélodie dont on connaît les paroles par cœur, mais qui nous fait toujours du bien lorsqu’on commence à la fredonner. Les jours comme les autres sont les jours préférés de Tsuki, parce qu’ils n’ont rien de surprenant, rien d’inattendu, rien de difficile. Ils sont calmes, plats, habituels. Une bagarre ? Si elle est amicale, tout va bien. Une mission ? S’il s’agit d’aller aider des enfants, tout va bien aussi. Mais il n’y a jamais de vrai danger, de danger qui la mène auprès de la mort, de danger imminent. Dans sa routine, cela n’existe pas. Et tant que cela reste à distance, tout va bien, aussi routinières soient les journées.

Tsuki s’est donc levée, comme d’habitude, peu après le lever du soleil. Comme d’habitude, elle s’est préparée, est sortie de sa chambre et a mangé avec Rinka, avant que toutes deux décident de partir pour leur journée. Sa mère s’occupe toujours des animaux malveillants qui rôdent, tandis que l’albinos profite désormais d’un temps de repos avant de partir en voyage aux côtés de Yahiko. Ce fameux projet, bousculé par les intrigues internationales qui leur ont sauté à la figure. La fuite du fils du Daimyo de Kaminari, la découverte de tous les cadavres à Tetsu, les révélations concernant le nouveau Daimyo du dit pays … Et les semaines se sont écoulées, longues, très longues, après qu’elle ait dû partir. Trois mois, désormais. Trois mois ont passé et l’albinos n’a même pas pris le temps d’aller le revoir. Débordée par ses propres démons, menacée de plonger droit dans les abysses de la dépression, elle avait décidé de ne pas retourner le voir avant d’être sûre d’elle.

Aujourd’hui serait un excellent jour pour revoir Yahiko, à vrai dire. Pour faire le point, savoir comment il va, comment il a évolué. Pour lui montrer sa nouvelle bouille de femme âgée, aussi. À y penser, Tsuki sourit. Comment va-t-il réagir quand il remarquera que sa crinière a perdu une bonne vingtaine de centimètres ? Qu’elle est blanche, aussi ? Toutes ces questions se posent mais ne trouvent pas de réponses. Oui, aujourd’hui serait un bon jour. Le timing serait idéal. Mais non. Pas aujourd’hui. Parce que Tsuki a décidé que ce jour serait destiné à une balade en forêt, à la recherche de nouvelles proies, de nouvelles informations. Une journée de détente avant de reprendre ses activités de ninja pour de bon, avec ses nouveaux objectifs, ses propres progrès et sa nouvelle perception du monde. Aujourd’hui sera un jour comme un autre, sans remous, sans changement, sans rien d’intéressant.

Vraiment ? L’univers est fait de petites choses, de petites surprises, de grands rebondissements. Alors, finalement, est-ce que ce sera un jour comme un autre ?

Tsuki s’entoure de sa cape noire, par-dessus un pantalon en laine blanc, recouvert aux cuisses par un long pull noir. Ses bottes noires à fourrure blanche lui permettent un maintien solide des chevilles et également une résistance au froid qui lui plaît au plus haut point. Une tenue parfaite pour le froid, mais parfaite aussi pour chasser ! Parce qu’aujourd’hui, c’est un jour comme les autres, certes, mais c’est surtout un jour de chasse ! Et ça, quelle que soit l’humeur, quelle que soit l’heure, quelle que soit la date, c’est toujours une super journée !

L’albinos se met en route, motivée comme jamais, prête à faire un tour dans sa forêt favorite, aux bords de Kumo. Cette forêt a les avantages de toute bonne forêt : un point d’eau, énormément d’arbres, à proximité de la montagne … La faune et la flore y sont tellement diversifiés que Rinka y est restée pendant des semaines sans jamais se lasser. Les changements de saisons la fascinaient encore plus. À croire que la fille Hohoemi n’est pas bien différente de la mère …


La forêt. Cette vaste étendue verte et brune, aux feuillages denses. Aujourd’hui, elle est nue, les feuilles sont tombées et le sol est recouvert d’une fine pellicule blanche. Le givre. Il est encore tôt dans la matinée, le soleil n’est pas assez haut pour en faire fondre la totalité. Tsuki pénètre tranquillement dans l’endroit, avec une destination bien précise en tête : la rivière. La rivière connaît une nouvelle population lors de l’hiver, avec de nouveaux prédateurs. Il est temps de montrer aux fameux prédateurs, qui est le vrai maître sur place, n’est-ce pas ?!

Une fois arrivée sur place, Tsuki remarque un banc de loutre. Une petite famille qui semble pêcher. Parmi elles, des petites, mais aussi des très grandes. L’albinos les fixe un instant. Certaines sont plus grandes qu’elle. Des loutres plus grandes que l’humain ? Bon, certes, la Genin est une demoiselle particulièrement petite, mais une loutre qui mesure une taille humaine ?!

Elle décide de s’approcher, mais avec un objectif différent. Plutôt que d’agir comme un prédateur, Tsuki veut les étudier. Elle y va doucement, progressivement, pour ne pas les brusquer, pour leur montrer qu’il n’y aura pas de conflit et qu’elle ne veut pas les embêter.

Mais ça ne se passera pas comme ça.

Les mustélidés tournent tous la tête dans un mouvement synchrone, particulièrement perturbant. Tsuki ne sait plus trop où se mettre, hésite. L’hésitation ne dure cependant pas longtemps. Un silence pesant s’installe. L’atmosphère s’alourdit de plusieurs tonnes. L’albinos aurait adoré pouvoir se tourner ou faire quoi que ce soit, pour montrer que tout va bien, mais non.

Un coup terriblement puissant, qui la terrasse.

La tête qui résonne. Le silence. L’absence.
La disparition progressive de tout.
Le noir.

Étudier les loutres ? Pour le moment, c’est un échec.


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Mer 10 Oct 2018 - 17:53

Le plus petit des grands monstres.

Lourdeur. Terrible lourdeur. Douleur, aussi. Son odorat revient avant sa vue. Une odeur toute particulière, étrange, qu’elle ne reconnaît pas, titille ses narines. Tsuki les retrousse, essaye de se situer grâce à ce qu’elle sent, mais rien n’y fait. C’est un endroit inconnu, complètement inconnu. Son ouïe revient progressivement et lui permet d’entendre un grand nombre de petites pattes mais surtout, surtout, des voix. Une parole humaine. Il y a quelqu’un d’autre ici. Son premier réflexe aurait été d’attraper un kunai et d’attaquer. Si seulement ses bras avaient répondu à son appel. Pour l’heure, rien ne bouge. Sa perception du monde est sensorielle, à la force de ses oreilles et de son nez.

Les petits bruits se rapprochent. Une démarche qui n’est pas humaine. Tsuki tente de se refaire le film de ces dernières heures. La matinée, la forêt, les loutres … Les loutres. Tout est devenu noir à partir de là. Que s’est-il passé ? Une voix tonitruante retentit au loin. Une voix étrange, forte. Féminine, cela dit. Mais forte, très forte. Rauque ? Un peu comme celle d’un homme, mais pas vraiment. Pas tout à fait.

Une petite patte passe sous sa cape et touche son visage, son cou. Elle le sait. La forme est reconnaissable. Il s’agit donc des loutres ? L’albinos hésite un instant, puis décide d’ouvrir ses yeux. Des prunelles rouges, qui ouvrent un contact direct avec une des mustélidés. Elle a la fourrure toute propre, claire. Les moustaches sont longues, signe qu’elle est âgée. Un moment de flottement. Un ange passe. Puis on ne sait laquelle des deux créatures réagit le plus brutalement. La loutre se jette en arrière et Tsuki se redresse avec violence. Autour d’elle ? Une meute complète de loutres. Parmi elles, des grandes, des très grandes – plus qu’elle – mais aussi des toutes petites et probablement des bébés. Un grand bruit se fait entendre, elles communiquent. Désormais, plus de paroles humaines, seulement des rugissements, qui se répondent les uns aux autres.
« Fermez-la ! », lance une voix, au loin.
Pas la même que tout à l’heure, Tsuki remarque. Le silence s’installe peu à peu. Sa disparition permet au bruit des petites pattes de se manifester. La démarche est assurée, semblable à celle d’un être humain. La personne, l’animal, la chose qui s’approche ne semble pas craindre la présence humaine, contrairement à toutes les autres. Elle a l’air de s’en amuser, d’ailleurs. La bête s’approche jusqu’à faire le tour de l’albinos et être droite, face à elle. À vue de nez, la Genin considère que la loutre mesure aux alentours de cent trente centimètres, elle est particulièrement grande. Son pelage, propre, lustré et qui sent bon la rivière, lui donne une indication de son habitat habituel. Mais la loutre … n’a pas l’air commode. Si elles sont réputées pour être gentilles – celles des rivières, du moins – celle-ci a l’air de vouloir en découdre. Tsuki ne peut rien lui faire pour l’instant, toujours trop sonnée. Alors la loutre en profite.
« Bon, toi, l’humaine. Tu foutais quoi près de la rivière ? »
L’albinos penche lentement la tête. Elle parle. La loutre, là, elle parle. C’était donc pas un rêve. La petite voix éloignée ne provenait d’aucun être humain, mais d’une loutre. Un animal doué de la parole. Tsuki en a entendu parler, mais c’est la première fois qu’elle fait face à cette situation dans la réalité. Il faut une première fois pour tout, apparemment ; voici la sienne. Face à son air ébahi, le mustélidé tend la patte, impatient.
« Eh ! La moche ! Tu m’réponds ? »
Hébétée. Perturbée. C’est quoi ce machin ? Non seulement elle parle, mais en plus elle est vulgaire ! Tsuki arque un sourcil, hésite, ne sait plus trop où se mettre. La patte agressive qui la vise la met mal à l’aise. Que dire à un animal quand il vous agresse ? Non, plutôt … Comment faire face à un animal qui parle ?! Réponse ? Se comporter comme avec un être humain. Meilleure solution qui vient à l’esprit de l’albinos. Elle hausse difficilement les épaules.
« À la base je venais chasser. Mais j’ai trouvé étonnant que vous soyez là, alors je voulais vous observer. »
La loutre n’a pas l’air convaincue. Elle penche la tête de l’autre côté, rabaisse la patte … Puis la relève.
« On t’observe, nous ? »
Un véritable être humain, dans le corps d’un animal. Tsuki se met à rire et balaie les alentours du bout de la main. Si on l’observe ? Si elle se sent observée, là, tout de suite ?
« Combien de paires d’yeux sont posés sur moi ? Je pense que je peux dire que vous m’observez oui. »
La créature face à elle peste, mais une sorte de mimique étire ses babines. Un sourire ? Une loutre capable de sourire ? Non, Tsuki a dû manquer quelque chose. L’animal se frappe les deux pattes avant, puis fait signe à toutes les autres de partir. Les mustélidés hésitent, bloquent, puis finissent par déguerpir. Il ne reste plus que l’albinos et la loutre. Qu’est-ce que l’animal lui réserve, maintenant ?
« Bien, la moche. Maint’nant que c’est juste toi et moi. T’vas pouvoir m’dire c’que tu foutais là. »
Agressive, impolie, hargneuse, insistante. Qu’est-ce que c’est que cette loutre bizarre que voilà ? Que doit faire Tsuki ? Petit regard à droite, un autre à gauche, pour voir ce qui l’entoure. Des loutres, à perte de vue, mais aucune n’agit comme si elles se souciaient de la scène improbable qui se joue sous leurs yeux.
« Hey ! C’est à moi qu’tu dois parler ! »
Le mustélidé est grimpé sur ses jambes et a chopé son visage du bout des pattes. Elles sont maintenant nez-à-nez. Face-à-face. Tsuki déglutit. Cette loutre est plus petite qu’elle, pourtant il émane quelque chose de si froid d’elle. Si froid. Une aura étrange, qui donne l’impression qu’elle est surpuissante. L’albinos inspire, expire, puis décide de ne pas se laisser abattre. C’est un animal, c’est tout. À partir de là, l’Homme, ultime prédateur, domine toujours.
« Bon, très bien. Dis-moi ce que tu veux savoir, madame la loutre. »


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Mer 10 Oct 2018 - 19:02

Le plus petit des grands monstres.

Piquée au vif. La loutre plisse les moustaches. Qu’est-ce qu’elle a dit, l’humaine ? Elle a dit « madame la loutre » ? « Madame » ? Non, non, ça va pas ça. Le mustélidé descend des jambes de l’albinos et croise les pattes. Non, ça va pas du tout. Va falloir corriger les manières de l’humaine. Parce que là ! Ça va pas du tout ! Ça va pas du tout, du tout ! Les papattes bien croisées, remontée, la loutre fait face à Tsuki. L’aura semble toujours plus puissante qu’au départ, plus écrasante encore. La Genin sait qu’elle a fait une bêtise. Un profond sentiment la gagne, presque aussi pesant que le mal de tête. La loutre n’est pas contente, oh non non. Pas contente du tout.
« Mimizu. Madame la Loutre s’appelle Mimizu, t’as compris l’humaine ? »
Tsuki fronce les sourcils. La bestiole est pas contente, mais là, ça commence à lui taper sur le système. D’accord, elle a l’air très forte, la loutre, mais là elle commence un peu à se laisser pousser les ailes. Elle commence à aller un peu trop loin, là. Il ne faut pas qu’elle oublie qui est le vrai prédateur. Et là, le vrai prédateur, c’est l’humain.
« Tsuki. Et si tu continues à me prendre de haut, la bestiole, je vais te rappeler qui de nous deux est la plus forte. »
En plein dans le mille. La loutre dégaine un caillou d’une petite poche planquée sous son avant-bras. La bagarre ? Tsuki se redresse. Elle fait presque la même taille que l’animal, certes, mais il y a maintenant un vrai rapport de force. Si ça continue, elles vont se battre, mettre un bazar pas possible dans la tanière et ce sera explosif. Tsuki ne se laissera certainement pas faire, il est temps que la bête comprenne qui est le maître. Qui domine. Il faut que les relations s’inversent, parce que là, ça va trop loin. L’albinos tire des clochettes de sa pochette et se met en garde quand un grand bruit retentit, au loin, suivi de pas rapides, brutaux, qui font d’autant plus de vacarme. Toutes les loutres qui étaient restées auprès d’elles se carapatent à une vitesse surprenante. L’étonnante aura de Mimizu se dissipe. Que se passe-t-il ? Tsuki tourne la tête, regarde le mastodonte.

Une autre loutre. Gigantesque. Plus grande qu’elle. Bien plus grande. Peut-être une bonne trentaine de centimètres les séparent. Mimizu s’est mise à plat ventre à côté de la Genin et ne bouge plus. Que se passe-t-il ?
« Vous allez vous calmer les imbéciles ?! »
La fameuse voix. La voix rauque et grave de tout à l’heure. Cette loutre n’a besoin d’aucun artifice pour imposer le respect. Ses prunelles se posent sur Tsuki et l’examinent de haut en bas, plusieurs fois. Une mimique similaire à celle de Mimizu étire ses babines. Alors les loutres peuvent sourire ? Quelle situation fort étrange. Cette histoire devient de plus en plus bizarre, de plus en plus … perturbante. L’albinos décide de garder ses clochettes entre les doigts, mais elle ne les brandit plus. Cette fois elle les laisse, orientées vers le sol, en guise de protection, mais aussi pour montrer qu’elle n’est pas offensive. La loutre s’approche de plus près.
« Je suis Ôkawauso, maîtresse du refuge des loutres. C’est moi qui t’ai assommée, tout à l’heure, humaine. Je craignais que tu représentes un danger pour les miens, je n’avais pas d’autre choix. »
Toute l’impolitesse de Mimizu fait tache à côté de la politesse de cette nouvelle loutre. Elle est donc celle qui règne en maître ici, très bien. Tsuki hoche doucement la tête. C’est donc cette créature qui l’a assommée. Bon à savoir. L’esprit de meute ressort clairement ici. La protection des plus faibles, même s’il faut attaquer un opposant d’une force inconnue. Néanmoins, une question subsiste.
« Je suis Tsuki. Je comprends vos motivations mais … pourquoi m’avoir emportée jusqu’à votre tanière si vous doutiez de moi ? »
Eh bien oui. Si une humaine représente une menace, pourquoi la transporter avec eux ? Pourquoi ne pas la laisser, là, seule, au bord de l’eau ? La tanière est leur lieu de vie, leur refuge, pourquoi y emmener une créature potentiellement indésirable ? Ôkawauso a l’air amusée par l’albinos. Elle hausse les deux pattes. Des réactions humaines, encore.
« Perspicace. », remarque-t-elle. « Eh bien, Tsuki », reprend-elle en appuyant bien sur les deux syllabes du prénom, « tu es une chasseuse, n’est-ce pas ? »
La Genin tombe des nues. Comment ? Rien ne l’explique. Enfin, si, peut-être : le fait qu’elle soit arrivée en pleine forêt, seule, au beau milieu de l’hiver. Ce n’est pas anodin, définitivement pas. Pourtant … Ce n’est qu’une seule indication, alors … ? L’albinos ne répond que par un bête hochement de tête. La loutre reprend.
« Je te surprends, n’est-ce pas ? Je te surprendrai sûrement davantage en te disant que je le sais parce que … » Grand silence. Suspense insoutenable. « J’ai passé un pacte, il y a des années, avec un chasseur, comme toi. C’est lui qui m’a appris tout ce que je sais de vous. Vous êtes des créatures étranges, mais dignes de confiance. Vos valeurs sont les miennes. »
En une fraction de seconde, Ôkawauso se retrouve face à Tsuki, en ayant réduit totalement la proximité qui les séparait. Ses prunelles se mêlent aux iris incarnats, s’y noient profondément. Une puissante sueur froide traverse l’albinos, qui se met à trembler. Mimizu, sur le côté, a tourné la tête et ne lâche pas une seule miette du spectacle. Saloperie d’humaine, va. Faire la maligne devant des plus petits, mais dès que la loutre est plus grande, c’est différent hein ? La loutre ne lâche pas l’humaine d’une semelle, la fixe longuement, si longuement. Les secondes sont des heures, c’est une torture.

Et puis c’est tout. Plus rien.

La loutre se redresse et la regarde avec cette étrange mimique que nous nommerons désormais sourire. Elle semble satisfaite.
« Je vois en toi un grand potentiel. Mais est-ce que tu es vraiment comme mon ancien maître ? »
Tsuki penche doucement la tête. Son corps se remet des sueurs froides, le calme revient dans son esprit. Qu’était-ce ? De quoi cette loutre est capable, encore ? Comment se fait-il qu’il y ait tant de puissance qui émane d’elle ? D’où venait cette pression ? L’albinos inspire profondément. Il ne faut pas la craindre. Il faut tenir bon. Ou plutôt, il faut se dépasser et ne plus la craindre, pour réussir à tenir bon. Oui. C’est important. Mimizu jubile sur le côté. Oh, oui, elle jubile, jusqu’à ce que Maîtresse Loutre vienne la tirer par la queue. Un rugissement strident résonne dans la tanière. Mimizu ne comprend pas, Mimizu râle, Mimizu n’aime pas. Puis Mimizu retourne sur le sol, silencieuse. Elle a compris. Tsuki, par contre …
« J’ai besoin de voir de quoi tu es capable. Comme je suis une vieille loutre et que j’ai été entraînée aux côtés d’un shinobi, je ne peux pas me battre contre toi. C’est pourquoi je veux que tu te battes contre Mimizu. »
L’albinos ne saisit toujours pas ce qui se passe.
« Pourquoi ? »
Purement et simplement. Pourquoi se battre ? Tsuki n’est pas venue pour livrer bataille, ni pour quoi que ce soit qui se joue actuellement. À l’origine, elle voulait simplement les observer, comment tout cela a fini ainsi ? Et, surtout, l’albinos ne tient pas particulièrement à se battre contre un animal, surtout pas avec de vraies techniques ninja. Certes, Tsuki est un chasseur mais, justement, c’est un chasseur ! Pas une combattante d’animaux, pas comme quand elle se bat contre Yahiko, ça n’a aucun sens … Ôkawauso et Mimizu se mettent à rire en même temps. Cette fois, c’est la petite loutre qui prend la parole.
« Tu crois qu’on va s’mettre sur la gueule comme deux brutasses ? Ah j’aimerais bien ma jolie, mais tu tiendrais pas vingt s’condes, j’suis trop forte pour toi ! »
Les prunelles incarnates volent jusqu’au mustélidé.
« Qu’est-ce qu’elle dit, la sale bête ? »
Instantanément, Mimizu dresse les pattes, prête à faire une grosse, très grosse bagarre. Oh elle s’en sortira pas comme ça, la moche ! Clairement pas ! Elle va voir ce que c’est, une loutre des rivières, oh oui elle va voir !
Alors que l’animal se prépare à se jeter sur Tsuki pour lui en mettre plein les dents, Ôkawauso la chope par la queue et l’immobilise. Mimizu s’aplatit au sol en pestant à travers ses moustaches.
« Bien, quand les enfants auront fini de se battre, peut-être pourrais-je expliquer de quoi il en retourne ? »
L’albinos se dresse, droite comme un I. Elle se fait réprimander par une loutre, c’est la meilleure ! Enfin. Faut dire que si elle commence à faire la maligne, la loutre n’en fera qu’une bouchée, alors autant se tenir à carreau. Satisfaite, Ôkawauso relâche Mimizu, qui vient se poster à côté de Tsuki. La tentation de lui griffer les jambes est grande, très grande. Tout comme celle de la cribler de clochettes et lui détruire les oreilles, d’ailleurs.
« Avant toute chose, Tsuki, j’aimerais que tu saches que si tu vaincs Mimizu au cours de cette épreuve, nous nous associerons à toi et elle reconnaîtra ta valeur. Ainsi, tu pourras la compter comme alliée fidèle tout au long de ta vie. Ensuite, si nous t’avons emmenée ici, c’est justement parce que tu es une chasseuse, parce que nous sentons en toi un très grand potentiel, et nous pensons pouvoir t’apporter autant que tu ne nous apporteras. Ce serait un pacte à double-sens, aussi utile pour toi que pour nous. Tu peux totalement refuser, tu sais. Nous comprendrons. »
Tsuki hoche doucement la tête. Pour l’instant, pas d’objection. Elle acquiesce, écoute.
« Enfin, tu ne te battras pas contre Mimizu comme deux êtres humains peuvent se battre. Nous ne sommes pas pourvus des mêmes attributs, nous ne nous battons pas de la même façon ; cela n’aurait aucun sens. L’épreuve qui vous opposera l’une à l’autre sera une épreuve de chasseurs. »


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Mer 10 Oct 2018 - 19:43

Le plus petit des grands monstres.

Une épreuve de chasseurs ? Stop, stop, temps mort, pause. Tsuki a beau hocher la tête sans rien dire et acquiescer, là, ça va trop vite. Elle fait signe d’une main pour prendre un petit temps. Si elle résume la situation, elle s’est fait assommer puis kidnapper par une loutre plus grande qu’elle. Ensuite, une fois réveillée, la voilà dans leur tanière à se faire agresser par une loutre malpolie et casse-pieds, jusqu’à ce que la grande loutre, maîtresse des lieux, se ramène et lui explique un peu trop de choses. Déjà, première idée : le pacte. Si elle réussit l’épreuve que Ôkawauso lui propose, elle sera liée à Mimizu, loutre des rivières, dans une relation de partenaires, qui sera aussi utile à l’une qu’à l’autre. Bon. Très bien. Tsuki veut-elle de ce pacte ? Eh bien, oui, après tout ! Pourquoi se priver d’un tel partenaire, n’est-ce pas ? Même si c’est une teigne, Mimizu a de grandes capacités, l’albinos en est certaine. Alors …
« Bien. Expliquez-nous votre épreuve, Ôkawauso. Je suis toute ouïe. »
Mimizu, à côté de Tsuki, ne bouge pas et ne dit rien. C’est à se demander si elle est excitée par l’idée de se battre contre une humaine et lui mettre une véritable branlée – pour prendre ses termes – ou si elle veut simplement partir à l’aventure, comme sa dirigeante. Après tout, la loutre des rivières est la seule capable de parler le langage humain. Toutes les autres, ici, savent le comprendre, mais sont incapables de le maîtriser. Mimizu a appris aux côtés d’Ôkawauso, qui savait qu’un jour elle laisserait sa place et qu’il lui fallait une héritière. Mimi a beau être une vraie teigne, c’est une loutre puissante, particulièrement rusée, qui maîtrise bien des stratagèmes intéressants. Si Tsuki est capable de la vaincre, alors leurs capacités personnelles permettront à l’une et à l’autre de se tirer vers le haut. N’est-ce pas intéressant ? Les deux êtres se tiennent côte-à-côte, prêtes à entendre quelle bataille elles vont mener.
« Notre petit match consistera en trois épreuves. Celle qui marque le plus de points remporte la bataille. La première sera une épreuve de repérage. Je vais me cacher dans le recoin le plus sombre de la tanière, il faudra que vous me trouviez. La plus rapide gagne. » Elle prend le temps de voir si les deux participantes acceptent, puis continue. « La seconde épreuve sera une épreuve de résistance. Je laisse le voile planer sur celle-ci, pour voir de quoi vous êtes réellement capables. » Tsuki se mord la lèvre. Les surprises ne sont jamais de beaux cadeaux. « Enfin, la dernière épreuve sera une épreuve de sauvetage. Cette fois, vous devrez faire équipe pour réussir à triompher. Le point de cet épreuve vous sera accordé si vous faîtes à la fois preuve d’esprit d’équipe, mais aussi de réactivité. C’est la plus importante. »
Trois épreuves. Toutes plutôt simples, pour être honnête. Des épreuves que Tsuki comprend bien, ne cerne pas forcément toutes – surtout la deuxième – mais dont elle n’a pas peur. Elle accomplira ces épreuves coûte que coûte et vaincra Mimizu. Ne serait-ce que pour son honneur, il lui faut gagner. La partie commence !
« Bien ! Allons-y ! L’épreuve numéro un ! »
Ôkawauso disparaît net. Encore une fois, sa rapidité surprend Tsuki. Comment fait-elle ? Cela lui vient sûrement de son entraînement avec son ancien maître. D’ailleurs, que lui est-il arrivé ? Grande question, qui pour l’instant reste sans réponse … Qui était-il ? Pourquoi appartient-il au passé ? Peut-être Ôkawauso lui en parlera-t-elle ? Peut-être pas … Le mystère planera peut-être toujours à ce sujet. Quoi qu’il en soit, il faut partir ! Tsuki décide d’opter pour la technique la plus simple, mais la plus efficace : la sensorialité. Elle se concentre et piste les traces de chakra. Les loutres alentour n’ont pas de signature très forte, ce qui ne perturbe pas les calculs de l’albinos. Deux sources, parmi toutes, scintillent. Une qui est en mouvement, l’autre est immobile. Celle qui est en mouvement doit appartenir à Mimizu, l’autre à Ôkawauso. Tsuki se concentre davantage et détermine où se trouve la loutre géante, puis s’y précipite. L’autre loutre est déjà à sa poursuite, elle sait précisément où aller. Une traqueuse ? Non … Il faut aller vite, vite.

Les deux participantes se croisent, Tsuki accélère. Mimizu, avec ses petites pattes, court à une vitesse surprenante et force la Genin à accélérer le rythme ne serait-ce que pour la concurrencer. Lorsqu’elles arrivent jusqu’à Ôkawauso, elles sont synchrones. La loutre géante dépose sur elles une œillade aussi amusée que bienveillante. Elles sont arrivées en même temps. Cela vaut donc un point partout. Les épreuves vont pour s’enchaîner jusqu’à ce qu’un rugissement strident, suivi de plusieurs autres, attire l’attention des trois êtres. Au début il s’agissait d’un seul, rien d’alarmant. Mais au fur et à mesure, tout le refuge semble s’unir pour rugir, créant une véritable cacophonie. Ôkawauso, la plus rapide des trois, s’y rend aussi vite que grâce à une téléportation. Cela ne cessera jamais d’impressionner Tsuki. Elle s’élance à sa poursuite, suivie de très près par Mimizu. Plus de compétition, désormais. Quelque chose se trame et ce n’est pas bon. Pas bon du tout.


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Jeu 11 Oct 2018 - 0:51

Le plus petit des grands monstres.

La course effrénée des deux êtres les mènent jusqu’à l’entrée de la tanière. Cinq braconniers se tiennent là, armés jusqu’aux dents. Alors, c’était ça ? Mimizu peste bruyamment à côté de Tsuki et s’apprête à se jeter dessus pour les attaquer, jusqu’à ce que l’albinos mette son bras pour l’en empêcher.
« Qu’est-ce qui t’prend, l’humaine ? T’es avec eux ? Tu veux que j’te bute ?! »
L’humaine secoue lentement la tête et, du même bras qu’elle utilise pour retenir la loutre, elle pointe les braconniers. Ils tiennent des loutres en otage. Ôkawauso est elle-même incapable d’attaquer, car elle a peur de mettre ses petits en danger. C’est une mission pour Tsuki ! Définitivement ! Il est temps de montrer ce qu’elle sait faire.
« Je vais créer une ouverture. Dès que c’est fait, je vous laisse leur régler leur compte. »
Mimizu ne comprend pas tellement mais décide de faire confiance à cette étrange kunoichi. Cette fois, elle a l’air sûre d’elle, contrairement à d’habitude. Tsuki se dresse face aux braconniers et décide de les interpeller. C’est quand même plus intéressant de savoir quel démon va surgir, n’est-ce pas ?
« Eh bien, les demeurés ! Vous avez pas trouvé mieux à faire ? »
L’un des cinq, probablement le chef, se met à rire bruyamment. C’est un gros de base. Il n’est pas énorme, non, il n’est même pas gros à vrai dire. Mais c’est le genre de créature détestée par la gente féminine et masculine. Il est très fort, pour réussir à cumuler de cette façon. Il n’a pas l’air de croire la petite albinos qui le hèle. Alors, c’est comme ça ? Très bien, très bien. Tsuki compose des mudras et crée trois clones de vent. Désormais, en comptant Mimizu et Ôkawauso, elles sont six contre cinq. Certes, ce n’est pas du jeu, mais étaient-ils fair-play au départ ? Quiconque triche ne devrait jamais s’imaginer tomber contre quelqu’un qui respectera les règles. Jamais.

Tsuki regarde attentivement quel homme tient les loutres. Il n’y en a qu’un. Les autres sont là, à côté, prêts à sauter au cou de tout ce qui les attaquera. Très bien. Ils ne s’attendront définitivement pas à ce qui va leur tomber dessus. L’albinos compose de nouveaux signes, mais rien ne se passe. Rien. Les humains ne comprennent pas et commencent à rire, tandis que les loutres, la totalité d’entre elles, savent très bien ce qui se passe. Elles ont perçu cette modification dans l’air, ce petit mouvement, là. Et la grosse brute ne tarde pas à s’en rendre compte rapidement, vu qu’il lâche instantanément les animaux et se met à terre, les mains sur les oreilles. Il hurle, si fort, si fort. Ses compagnons n’ont aucune idée de ce qui lui arrive, mais ils sont en rogne.

Pendant que la loutre géante décide de prendre en main ses petits et les aider à fuir, les quatre Tsuki ainsi que Mimizu se plantent devant les balourds. Cinq contre cinq, désormais, le combat est un peu plus équitable. Quoique. Est-ce vraiment un cinq contre cinq, quand on voit l’état du kidnappeur ? Pas sûr, pas sûr. Mimizu ne se fait pas prier pour lancer une nouvelle offensive, en se jetant sur un des balourds pour lui asséner divers coups de griffes, ici, là, puis là et encore là. L’homme se débat de toute son âme, mais la bestiole qui l’attaque est une vraie plaie, oh, oui. Une plaie incroyable dont il n’arrive pas à se débarrasser. Tsuki en profite pour assigner un clone à chaque braconnier. Ils veulent la bagarre ? Ils auront la bagarre. La Genin n’est pas la dernière à s’y mettre quand il s’agit de se lancer dans une bataille, clairement pas !

Le premier se jette sur l’un des clones et brandit un couteau : il essaye de la « crever », littéralement. Pour plus de simplicité, nous nommerons ce clone Tsutsu. Reprenons. Tsutsu décide donc de l’attaquer à son tour, à grands coups de bourrasques. Une première fois, qui surprend le brigand et le recouvre de petites coupures bien gênantes. Il n’en démord pas et revient à l’assaut, jusqu’à réussir à percer ses défenses. Le clone explose en de très nombreuses lames de vent, qui le tranchent de partout. Il encaisse. Souffre, mais encaisse. Il entreprend de se jeter sur Suki, l’autre clone, à gauche de l’originale. Déjà aux prises avec un balourd, elle décide de créer deux autres répliques. Trois contre deux, mais ce sont des clones, les règles ne sont pas les mêmes. Puis la bataille se poursuit.

Tsuki se retrouve face à un autre gros, accompagné du premier, qui a très mal à la tête. Ils semblent prêts à en découdre et à en lui mettre plein la vue. Très bien. Elle balance de nombreuses clochettes tout autour d’elle, sans chercher à viser. L’un des deux se prépare à se jeter sur elle mais est intercepté par Mimizu, qui a fini d’assommer sa propre cible. La Genin compose les mêmes signes que précédemment et diffuse le même ultrason. La loutre comprend et part s’en prendre aux braconniers qui embêtent les clones. L’ultrason diffusé, Tsuki refait des mudras et fait se lever un vent dans la tanière. Toutes les clochettes résonnent, à l’unisson, créant un bruit mélodieux pour certains, terribles pour d’autres. Le braconnier qui s’était relevé tombe au sol, suivi par son partenaire. Il en reste donc deux, dont un blessé. Tsuki constate les dommages, puis décide de s’y prendre différemment.
« Mimizu ! »
La loutre regarde l’albinos, qui lui fait signe de partir. Elle grogne, mais acquiesce : l’humaine a fait ses preuves, autant la laisser faire, non ? Tsuki envoie ses quatre clones à l’assaut, de façon à ce qu’elles explosent toutes en même temps et créent de gros dégâts sur les braconniers. L’un des deux encaisse le gros du choc et se retrouve coupé de partout, absolument partout. Il saigne, est mal en point et décide de fuir. Il n’en reste plus que deux, alors ? Non, un seul ! Tsuki vérifie bien, il ne reste que le dernier des teigneux. Ce n’est pas le plus fort, mais il a de la hargne, une paire de boules bien accrochée ! Et d’ailleurs, il le prouve ! Il passe à travers toutes les offensives et se jette sur l’albinos.

Son poids fait basculer la crevette, qui s’écroule brutalement, écrasée par le lourdaud. La voilà au sol, complètement aplatie, par une brute épaisse qui se prépare à lui planter un couteau. Il le brandit haut, très haut, mais le couteau s’envole. Alors il abat son poing au beau milieu du visage de porcelaine. La tête de Tsuki cogne contre le sol dans le même temps et tout résonne. Avec la douleur du coup de caillou, elle voit double, tout est lourd, tout tourne, ça devient compliqué. Il lui en assène un autre, qui la fait saigner du nez. Peut-être est-il cassé ? Nul ne le sait. La seule chose qu’elle sait, c’est que ça tourne. Ça fait mal. Sa tête pèse des tonnes et ses oreilles sifflent. Il s’apprête à lui coller une autre patate quand un rugissement strident retentit, suivi d’un bruit de claquement. Un claquement ? Que pense faire Mimizu ? L’homme relâche Tsuki, se redresse et se met à hurler. Un hurlement terrible, qui ferait peur à n’importe quel animal ou même homme. La blonde tourne la tête, distingue la loutre parmi le brouillard. Elle tient quelque chose. Une posture étrange.

Et c’est tout.

Rideau.


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We live to make the impossible possible. ”
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Jeu 11 Oct 2018 - 1:27

Le plus petit des grands monstres.

De l’eau fraîche sur sa peau. Le poids de son corps, qui n’a cessé de croître aujourd’hui. Tsuki ouvre difficilement les yeux. Sa tête est si lourde, si douloureuse. Une forme étrange se trouve sur son nez, obstrue sa vue. Que … Comment … Les bandits ! Les bandits ! La Genin se relève brutalement et balaie les alentours du regard. C’est rigolo comme la tanière tourne, tourne … Elle retombe, mais pas contre le sol. Il y a quelque chose de mou sous sa tête. De confortable. Ne sachant pas ce que c’est, elle hésite un instant, puis décide de ne pas se frotter. Sa main remonte jusqu’à la forme, avant de sentir qu’il s’agit d’une sorte de petit coussin. De l’eau fraîche sur sa peau, encore une fois. Cette fois, elle se réveille vraiment, reprend ses marques.

Tsuki tourne la tête. Mimizu. La loutre sourit – c’est vraiment trop bizarre comme histoire. Elle est là, à lui remettre de l’eau sur le visage quand il le faut, à s’occuper de son nez. C’est sûr. Pourtant, aux dernières nouvelles, Mimizu est celle qui voulait se bagarrer, non ? Lui montrer sa domination de loutre sur elle, faible humaine ! Et la voilà qui l’aide ? L’albinos arque un sourcil blond platine. Un sourire étire ses lèvres, bien qu’elle ne comprenne pas tout à fait ce qui se passe. Mimizu hausse les épaules et soupire.
« Ah, les humains, vous comprenez rien, hein ? »
La kunoichi pouffe. Comment ? Comment sait-elle ? La loutre met le récipient d’eau de côté, puis s’installe confortablement à côté de l’humaine.
« J’t’aime bien, l’humaine. J’t’aime bien. Merci pour l’coup d’patte. »
Tsuki rougit. Mimizu n’a peut-être pas qu’une grande gueule, après tout. Peut-être qu’elle a aussi un grand cœur ?
« L’instinct de meute … On laisse … » Qu’il est difficile de parler quand on a mal à la tête comme ça. « On laisse personne derrière. »
La loutre exhale un petit rugissement de satisfaction. Un bruit strident, mais doux, semblable à un miaulement.
« J’crois que j’peux t’expliquer maint’nant. L’histoire du pacte, du maître, tout ça quoi. » Le mustélidé s’arrête, inspire, puis commence. « Ôkawauso était comme moi, avant ! Moins forte, hein ! Moins forte. Mais elle parlait, aussi. Et elle était seule. Un jour, elle a rencontré Mido. C’tait un homme gentil, Mido. Très fort, aussi. Y s’battait avec ses poings, ses pieds, c’était dingue ! Une brute comme j’en ai jamais vu, j’te dis ! Ils sont dev’nus potes, puis ils ont passé un pacte. Ôkawauso est d’venue la plus forte de toutes les loutres, après. D’jà qu’elle était super grande, mais là, c’était aussi une loutre géante et super forte ! »
Tsuki perçoit une grande passion émanant des paroles de la loutre. Un sourire naît sur ses lèvres. Elle est amusée et fascinée. Quel personnage intéressant, ce mustélidé. Décidément. La loutre continue son récit pendant que l’albinos se redresse lentement, progressivement.
« Malheureusement, un jour, Mido et Ôkawauso se sont retrouvés au milieu d’un d’ces conflits qu’vous menez, vous les humains. Mido a protégé la loutre, mais il est mort. D’puis, Maîtresse Loutre s’est mise en quête de loutres, partout, pour leur créer not’ maison. Un jour, elle m’a dit qu’ce serait mon tour. Qu’un chasseur, comme Mido, viendrait nous voir. Elle savait pas quand, not’ Ôka voit pas l’futur. Mais elle savait que tu viendrais. Et elle m’a dit qu’si t’étais fortiche, j’devrais te rejoindre. J’me suis entraînée pendant toute ma vie d’loutre pour c’jour. J’attendais que toi. » Elle s’arrête, une étincelle passe dans son regard. « Si on m’avait dit qu’tu s’rais une crevette j’aurais démissionné direct ! »
Un gloussement s’échappe de ses babines. La loutre se fout littéralement de Tsuki. Trop hébétée pour répondre, elle ne répond pas et la laisse continuer.
« Plus sérieusement, j’t’aime bien. T’es pas comme les autres. J’suis sûre qu’on pourra faire d’grandes choses toi et moi. Et que j’deviendrai meilleure que Ôka grâce à not’ travail. T’en dis quoi ? »
Incroyable. Cette journée est incroyable. Après s’être fait assommer par un loutre plus grande qu’elle, la voilà en train de faire des promesses … Non. De passer un pacte avec une loutre qui parle, rit et se bat pour de vrai ! Qui a parlé de jour comme un autre ? Parce que là, c’était à des années lumière de la vérité !
« Je crois que si je te dis non … Tu vas me frapper, non ? » Au tour de l’albinos de rire comme une idiote. « Je veux bien. T’es une loutre vraiment intéressante, Mimizu. Et on a formé une belle équipe ! Bravo, d’ailleurs. T’es le vrai héros de cette histoire. »
La loutre se redresse sur ses pattes arrières et se met bien droite, comme un humain. Elle croise les pattes.
« T’crois quoi, l’humaine ! J’fais l’taf, moi ! Loutre de compét’ ! »
Les deux explosent de rire, en chœur. Mimizu. Quelle étrange rencontre. Tsuki ne réalise pas que cette petite bête, cette grande gueule, est désormais son fidèle partenaire. Les formalités ne sont pas encore réglées, mais c’est ce qui se déroule actuellement. Si petite Tsuki, si jeune, qui a encore tant à apprendre, vient de se faire un ami puissant, qui volera à son secours dès qu’il le faudra. Mimizu et Tsuki. Deux crevettes, deux bagarreuses, qui montreront au monde de quel bois les petites créatures se chauffent ?

Ôkawauso surgit de l’ombre, avec toute sa stature imposante. Qu’est-ce qu’elle est belle, le poil lustré et propre, n’empêche. Tsuki adorerait lui glisser une caresse, mais elle se ferait mordre. Ôkawauso a l’air d’être une loutre fière, qui tient à sa hiérarchie.
« Tu es réveillée alors ? Mimizu t’a expliqué comment vont se dérouler les choses désormais ? »
L’albinos hoche doucement la tête. Plus ou moins, mais elle a saisi l’idée.
« Très bien. Dans ce cas je vais moi-même vous faire signer le pacte. Le pacte des loutres, sur lequel est apposée la main de Mido et ma propre patte. Je le garde, depuis. Je suis son protecteur depuis la mort de mon maître. Et maintnant, c’est à votre tour, les enfants. Je vous fais confiance. »
La blonde se mord le doigt très fort, jusqu’à faire perler du sang. Mimizu prend son caillou pointu pour percer doucement sa patte. À elles deux, elles apposent leur empreinte sur le parchemin. Une nouvelle aventure, une nouvelle histoire. Le flambeau, passé du maître à l’élève. L’espoir de grandes aventures, de grands projets et d’une collaboration florissante. Ôkawauso regarde les deux jeunes avec son air de maman. Fière, la loutre. Mais surtout, surtout, maternelle. Parce que ces deux petites sont ses gamines, au fond.

Les prunelles incarnates se mêlent aux iris sombres. Une nouvelle collaboration hein ?


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Le plus petit des grands monstres. [Kuchiyose Loutre]

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