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The artist [PV : Saji]


Jeu 11 Oct 2018 - 23:32
« The artist »



Paisible. Chaleureux. Spirituel. Telles étaient les adjectifs qui pourraient qualifier ce lieu. Le dojo. Il n'était pas rare d'y croiser Meiyo. Il avait pris l'habitude d'y aller lorsqu'une envie de méditation se faisait sentir ou tout simplement lorsqu'il souhaitait optimiser certaine technique au sabre. Les entrainements en extérieur sont agréables lors des beaux jours mais ce n'est pas vraiment la période en ce moment. L'automne avait rapidement laisser place à l'hiver. Bien qu'il n'y ait que très peu de neige en ce moment, la température avait chuté de façon significative. Autant donc profiter des installations qui étaient mise à sa disposition.

Il s'était permis de faire quelques moulinets avec son sabre afin de réviser quelques katas qu'on lui avait autrefois enseigner puis il avait rengainé Senritsu avant de s'agenouiller en Seiza. Il déposa son arme face à lui puis joignis les mains et ferma les yeux. Il fit le vide dans son esprit. Seul les images de son kata étaient présentes dans son subconscient, rien d'autre ne pouvait troubler cette concentration.

Sa méditation terminée, il se releva, attrapa sa lame puis se dirigea calmement jusqu'à la sortie de l'établissement. Un second individu se présenta en face de la porte mais pour entrer cette fois-ci. Meiyo se décala et lui céda le passage afin qu'il puisse entrer en toute aisance. L'individu le remercia d'un signe de tête puis reprit sa route. Le sabreur s'était étonné de voir que l'inconnu possédait également un sabre. Un confrère ?...Bizarre, il ne l'avait encore jamais vu. Il faut dire que le bretteur ne se tenait pas vraiment informer des nouvelles intégrations du clans. Peut-être était-ce simplement un homme qui savait manier une lame, qui sait. De tout les cas sa curiosité avait été piqué au vif.

Il suivit discrètement l'inconnu jusque dans la salle principale du dojo. Il ne savait pas exactement ce qu'il allait faire comme entrainement mais il allait le découvrir. Tandis que l'individu sortait son sabre de son fourreau, Meiyo se mit en Seiza à l'écart puis observa l'inconnu. Il semblait plutôt agile arme en main. Les coups étaient propres. Fluide, précis, rapide. Le silence du dojo était rompu par le bruit de l'acier fendant l'air à chaque coup. Ce n'est qu'après quelques minutes et un dernier mouvement en direction de Meiyo que l'inconnu remarqua la présence du sabreur agenouillé. Les deux hommes restèrent silencieux. L'individu rengaina son arme en silence.

"Je me suis permis d'assister à votre entrainement. J'espère que ceci ne vous aura pas offenser ? Je suis un amateur de belle lame, n'y voyez là qu'un passionné ayant de la curiosité pour un éventuelle confrère…"

Il laissa en suspend sa phrase tout en sortant Senritsu sur une dizaine de centimètre de son fourreau, laissant apparaitre des Kanjis représentant le nom de son sabre. La lame se mit alors à légèrement frémir comme s'il avait soudainement senti la fraicheur lui passé dessus. Le bretteur rengaina le peu de l'arme qu'il avait sorti pour montrer à l'inconnu qu'il faisait parti du clan des sabreurs.

"J'en oublie mes bonnes manières !...Chikara Meiyo. Je fais partie des sept épéistes de Kiri."




@Nobuatsu Saji
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Ven 12 Oct 2018 - 11:42
La garde basse, les deux mains sur son sabre, le shinobi muet effectue un coup de taille oblique de bas en haut puis de haut en bas, répétant le mouvement à un rythme effréné, accélérant à chaque répétition pour enfin conclure avec une découpe horizontale qui frappe à la façon de la faux coupant le blé. Le reste de la chorégraphie devient plus varié, le sabreur prend une garde plus décontractée, sacrifie de la puissance pour davantage de célérité. Le sifflement mélodieux accompagne la pointe de la lame qui trace des arcs tantôt verticaux, tantôt horizontaux. Les mouvements se succèdent avec une telle légèreté qu’on aurait dit une danse marquée par le tempo de la lame découpant l’air. L’enchaînement de coups aussitôt terminé, Saji rengaine son sabre délicatement, faisant lentement grincer l’acier de la lame contre les parois de son fourreau couleur ébène. Il retourne légèrement la tête et remarque du coin de l’œil le sabreur qu’il avait croisé tout à l’heure à l’entrée, positionné à genoux. Un confrère silencieux et plutôt curieux qui était resté pour observer son maniement du sabre. Ils se regardent sans dire mot pendant quelques secondes, avant que l’un d’entre eux ne brise le silence. Il explique que la raison pour laquelle il a assisté à son entraînement ne tient qu’à sa passion pour le maniement du sabre, ce qui fait au moins un point commun avec Saji. Ce dernier caresse le pommeau de son sabre tout en réfléchissant à ce qu’il va dire à l’inconnu. Avant qu’il n’ait le temps d’intervenir, il aperçoit la lame du sabre de son vis-à-vis sur laquelle sont écrits les Kanjis … Senritsu. Pendant un moment, la familiarité du nom l’oblige à remonter dans ses pensées pour se rappeler de quoi il s’agit. Mais cela ne lui revient pas immédiatement à l’esprit. Pas un mot ne sort de la bouche de Saji qui à son tour lève le fourreau de son sabre Baransu, une arme à l’apparence standard mais qui cache un certain pouvoir qui ne demande qu’à être révélé par son propriétaire à force d’entraînement. Maintenant que la présentation des sabres est faite, il est temps de se présenter en personne. L’homme qui lui fait face décline son identité : Chikara Meiyo, il fait partie des Sept épéistes de Kiri. Enfin il se souvient que Senritsu est en effet une épée légendaire possédée par l’un des épéistes de cet illustre clan. Cela tombe bien, Saji vient d’en rejoindre les rangs, et quoi de mieux pour une entrée en matière qu’une rencontre au Grand Dojo ?

Les deux hommes se font face à face, et l’homme en noir commence à sortir un carnet de sa poche, se met à écrire un message qu’il transmet à son interlocuteur :

Saji a écrit:
« Excusez mon impolitesse. Mon nom est Nobuatsu Saji. J’ai intégré le village il y a peu de temps, et j’ai aussi rejoint votre clan. C’est un honneur de faire votre connaissance, frère de lame. »

Il marque un temps puis reprend.

Saji a écrit:
« Mais à mon entrée ici je vous avoue ne pas avoir rencontré beaucoup de Sabreurs, il me semblait que nous devions être Sept ? La Mizukage dame Watanabe est-elle toujours à la tête du clan ? Existe-t-il des rencontres entre sabreurs ? Vous êtes la première personne du clan que je rencontre. »

Attendant la réponse de Meiyo, il demande encore.

Saji a écrit:
« Mais assez parlé des Sabreurs, je pense que les lames portent davantage d’histoire que les mots. Et que le choc de l’acier contre l’acier résonne davantage que nos voix. Je vous propose un échange de coups, afin que nous puissions en apprendre plus sur l’autre. Qu’en dites-vous ? »

Sans plus attendre, le shinobi muet se saisit de la poignée de son katana à la ceinture et le dégaine très lentement, laissant échapper un grincement qui sonne le début du véritable dialogue. Comme excité de commencer le combat, Baransu commence à émettre une légère lueur bleutée qui s'estompe immédiatement, comme si elle réagissait à cette rencontre d'une autre épée légendaire. C'est la toute première fois que cela arrive, mais le sabreur ne semble pas s'être rendu compte de ce phénomène étrange.

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Dim 14 Oct 2018 - 10:27
« The artist »



Calme, silencieux. Il semblait apprécié les mouvements de l'inconnu entièrement vêtu de noir. Par la suite le sabreur s'était présenté et excuser du possible dérangement. Son interlocuteur resta muet. Etonnamment l'individu sorti un carnet et gratta le pieds avant d'en montrer le contenu à Meiyo. Était-il vraiment muet ? Son cynisme lui dit que cela comportait certains avantages. Au moins en cas de capture il ne pourra pas dévoiler des informations top secrètes. Effaçant cette trace d'humour noir de son esprit, il analysa les informations que lui transmettait l'homme en noir.

Nobuatsu Saji…Fraichement arrivé au village mais également au sein du clan. Intéressant. Il était clair que le clan n'était plus vraiment ce qu'il était. Ils étaient censés être sept mais à la connaissance de Meiyo, il y avait encore des places de libres pour des bretteurs de talents. Saji demanda également certaines informations concernant le clan dont le fait qu'il ne soit pas sept et qu'il n'ait rencontré que Meiyo. Le sabreur à genoux esquissa un rictus. Saji allait être déçu, son compère sabreur n'avait pas la moindre idée de se que le clan devenait. Il y a belle lurette qu'il ne s'était pas présenté à une réunion et il n'avait non plus pas revu de membre depuis longtemps. Dame Watanabe…Une personne charmante rencontré lors de son intronisation au clan mais il n'avait plus de nouvelle depuis un certain temps. Meiyo soupira.

"Cher Saji je suis malheureusement dans l'incapacité de répondre à toutes tes questions. Je ne me suis pas tenu informer des récentes activités du clan. Toutefois je sais que nous ne somme pas encore sept. Quant à Dame Watanabe, il me semble qu'elle occupe encore la fonction de chef de clan mais ne l'aillant pas revu depuis longtemps je ne suis pas vraiment sûre de la véracité de mes propos."

Leurs échanges terminés, le sabreur obscur proposa de continuer leurs conversations via leurs lames. Il est vrai que les bretteurs en apprennent plus l'un sur l'autre en croisant le fer. Meiyo souri de nouveau et se releva de sa position à genoux. Une fois en position, son vénérable adversaire dégaine son arme, le glissement de la lame dans son fourreau laisse échapper un bruit métallique reconnaissable entre mille. Meiyo adore entendre ce bruit. Il le trouve satisfaisant…Apaisant. Il remarqua que le sabre de Saji devint bleuté quelques instants avant de s'estompé. Lui aussi pouvait ressentir l'excitation ? Formidable. Leurs lames allaient pouvoir également discuter.

"C'est un honneur pour moi de t'avoir en tant qu'adversaire. Combattons avec honneur Saji…"

A l'inverse de son adversaire, Meiyo dégaina Senritsu rapidement. La lame vibra déformant légèrement le grincement métallique qui se met à résonner dans la pièce. Le bruit s'estompe, la vibration également. Les deux hommes se font face. Meiyo avance à pas de loup ver son adversaire, sabre fermement tenu entre ses mains il fixe son adversaire. Sa lame se met à frémir, elle aussi ressent l'excitation du combat. Mais il la laisse languir. Il faut savoir profiter des bonnes choses. Désormais à distance d'engagement il préfère continuer de tourner autour de son adversaire qui ne le perd pas non plus de vue. C'est le moment qu'il affectionne dans un combat. La phase de jaugeage. Tester son adversaire, ressentir la tension dans l'air, entendre son cœur battre et la respiration s'accélérer jusqu'au moment fatidique. Il était d'ailleurs arrivé.

Le sabreur pris une impulsion avant de porter le premier coup. L'homme en noir bloqua facilement. Les lames s'entrechoquèrent laissant échapper une petite étincelle lors de la parade. Un duel de force prend place, les lames tente de se repousser mutuellement. Sentant qu'il était de force égale, il préféra rompre le contact et revenir à sa position initiale. Les poils de ses avant-bras s'hérissèrent. Un frisson l'envahit. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas combattu et il avait oublié à quel point il était parfois agréable de sentir cette adrénaline montée en lui. Il se laissa submerger par l'excitation et repris de plus bel le combat. Se jetant à nouveau sur Saji, ils échangèrent plusieurs coups dans un ballet chorégraphié à la perfection. Le son des cliquetis métallique résonnait dans toute la pièce. Ils faisaient honneur à leurs titres de sabreurs de Kiri. Leurs lames se bloquèrent de nouveau dans un duel de force.

"Tu es fort, tu n'as pas volé ta place de quelqu'un d'autre c'est certain." Dit-il d'un ton taquin.

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Dim 14 Oct 2018 - 19:03


Suite au premier échange de coups, les deux lames se fracassent dans un dernier choc impressionnant. Elles continuent de s’embrasser dans un frottement qui produit un grincement métallique résonnant dans toute la salle. Quelques étincelles orangées tombent sous l’effet de ce frottement interminable du métal contre le métal, alors que les deux adversaires se jaugent du regard avec un sentiment de défi. Aucun des deux ne lâche la pression, comme s’ils se plaisaient à rester dans cette position immobile immortalisant un combat de titans. Meiyo profite de cet intermède pour s’exprimer à haute de voix sur la dextérité au sabre de son adversaire. Un sentiment que Saji partage au sujet de son adversaire dont il ne connaissait rien il y a quelques minutes, mais ce bref échange de coups lui a permis d’en apprendre plus que lors de leur échange verbal. Dans la force des coups assénés par son adversaire, il peut deviner un certain caractère et sa soif pour le combat. Dans la précision de la lame, il comprend que Meiyo a affiné son talent de sabreurs sur plusieurs années et qu’il est un homme d’une discipline exemplaire, que très rarement seulement il porte ses coups au hasard. Dans l’humilité qui se dégage de son jeu de sabre, la façon dont Meiyo traite Saji sans paraître condescendant ou trop sûr de lui, il est déjà possible de relever une certaine lucidité et une capacité à jauger de la force d’un adversaire en un coup d’œil. Le maître de l’épée Senritsu est certainement un homme impressionnant et la réputation qui le précède est amplement méritée. Les muscles se tendent alors que chaque adversaire tente de prendre le dessus en poussant sa propre lame sur celle de l’autre, le frottement des lames s’intensifie, des étincelles jaunes tombent au sol.

Un bruit métallique retentit dans la salle, signalant qu’un coup puissant vient de partir. Les deux lames se séparent pendant un instant puis reviennent pour s’entrechoquer. Deux puissances égales. Quand une force irrésistible rencontre un objet immuable, voilà ce que cela donne. Sous l’effet de l’impact, les deux sabreurs sont projetés en arrière et aux extrémités opposées de la salle. Tous deux se réceptionnent au sol à leur façon. Après avoir été projeté en arrière, Saji balance ses jambes avec un effet de balançoire afin d’effectuer un salto arrière et se réceptionner en position accroupie. Pour ce qui est de Meiyo, il ne s’embarrasse pas de fioritures – il préfère conserver son énergie – et se réceptionne facilement en position accroupie tout en gardant son équilibre, ses pieds glissent sur quelques mètres en arrière et il pose sa main au sol pour créer un effet de frein et se stopper net. Les deux adversaires sont maintenant immobiles, en train de réfléchir à ce qui allait suivre, tous deux réfléchissent à leur prochaine action mais aussi à celle de l’autre, ayant déjà analysé le style de combat de l’autre en seulement quelques coups échangés.

Il n’y a certainement rien de plus excitant que de se battre contre quelqu’un qui comprend sa passion pour la voie du sabre. Lui qui s’est senti isolé du reste du monde, lui dont la seule façon de s’exprimer réellement est de se battre au sabre contre quelqu’un. Sa condition de muet l’a bridé dans ses interactions sociales, si bien qu’au fil des années, il a commencé à éprouver plus de plaisir à se battre qu’à essayer de s’exprimer avec sa plume. Il est frustrant de ne pas pouvoir exprimer ses émotions, dire à l’autre qu’il est heureux, ou qu’il est triste, ou qu’il est énervé, sans avoir de moyen direct de le faire. Ecrire n’est pas la même façon que parler. Il y a la médiation du papier. Au moment où l’encre se fixe sur la page, la sensation déjà s’estompe et l’émotion n’est plus. Alors que quand le sabreur échange les coups avec son adversaire, la sensation est immédiate, le plaisir est réel, l’intensité est vive et ressentie par les deux combattants au même moment. Ils se comprennent sans parler. Telle est la beauté du combat à l’épée. Saji ne récupérera sûrement jamais la voix qu'il a perdu à l'enfance, sa voix n'est autre que sa lame, ce qui est sûrement le cas pour tous les sabreurs ayant passé un certain niveau de maîtrise. Le sabreur muet et le maître du Senritsu ne font pas exception à la règle, qu'ils soient muets ou pas. Leur voix n'en dit pas autant que le fil de leur épée, leurs cordes vocales ne vibrent pas autant que le frémissement de leur lame, leur émotion n'est pas aussi authentique lorsqu'ils parlent que lorsqu'ils échangent des coups.

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Mar 16 Oct 2018 - 22:36
« The artist »


Les deux hommes échangeaient des coups. Ils combattaient. Non. Ils conversaient. Chaque frappe était un mot. Chaque enchainement, une phrase. Ils débattaient de tout et de rien. Cherchant à se connaitre plus en détail l'un l'autre. Pour tout nouveaux chocs ils en apprenaient plus sur chacun. Jusqu'à présent Meiyo avait pu voir en face de lui un homme droit, régi par l'honneur et le sens du devoir. Une personne réfléchie, complexe avec une certaine profondeur. Il aimait ce genre de caractère et encore plus lorsqu'il le découvrait en croisant le fer. Une bien drôle de façon de connaitre les gens me direz-vous. Sauf pour des hommes comme eux. Des guerriers.

Les lames s'entrechoquèrent une énième fois. La vélocité et la brutalité des coups rendirent le choc effroyable. Chaque combattant fut propulsé à l'opposé de la pièce. Acrobate, Saji se réceptionna avec un backflip du plus bel effet. Meiyo resta dans la sobriété et retomba dans façon classique. Inutile de s'épuiser davantage et puis il n'était pas très doué pour ce genre de fantaisie.

Les deux sabreurs sont désormais revenus au point de départ. Ce moment que le Chikara apprécie tout particulièrement. Les précédents assauts avant fait monter ses pulsations. Il sentait son cœur palpité dans sa poitrine. Ses muscles se relâchèrent, il n'était plus à distance d'engagement. Il reprit calmement son souffle et avançait d'un pas léger vers son adversaire qui fit de même. Chacun de leurs pas réduisaient de plus en plus la distance et les rapprochaient du point de rupture.

Etonnamment ils restèrent à la limite de ce fameux point. Ils se regardaient. On pouvait très bien imaginer le fait qu'il cherche leurs prochaines lignes de dialogue. La prochaine punchline qui mettrait l'adversaire en déroute. On pouvait comparer ce duel à une joute verbale. Chacun essayant d'avoir le dernier mot. Meiyo prend la parole le premier. Il opte pour une forme de sabre plus puissante mais moins rapide et moins fluide. Les frappes se veulent lourde mais sont paré aisément par Bernardo. Plus l'assaut dure et plus les frappes perdent en précision. Il n'est pas habitué à se battre de cette façon. Il sent que l'équilibre qui s'était établi lors des précédents échanges se rompt. Il ne faiblit pas mais au contraire il dépasse son adversaire en force brute mais l'homme en noir fait pencher la balance avec son sens de l'anticipation et sa vélocité.

La lame de Meiyo frappe à côté. Il est trop tard pour corriger son erreur. La punition ne se fait pas attendre. Elle est fine, tranchante, douce et froide comme l'acier qui compose l'arme de Saji. Une attaque de taille ample de gauche à droite vient connecter. Meiyo par reflexe recule son buste mais son kimono se fend et la pointe de la lame vient graver dans sa chair une trainé longitudinale. Elle reste peu profonde et ne laissera aucune cicatrice visible mais un filet irrégulier de sang vient colorier le torse du guerrier. Senritsu émet un léger son comme pour signaler sa mauvaise surprise. Le sabreur se recule de quelques pas en titubant surpris de son étourderie. Il passa sa main le long de la plaie pour essuyer l'excédent d'hémoglobine avant d'avoir un sourire en coin.

"Décidément je dois vraiment rester sur mes classiques. Les formes exotiques ce n'est plus de mon âge."

Il se remit en garde. De façon classique cette fois-ci il n'était pas dans son intérêt de réitérer l'expérience. Il était toutefois certain d'une chose. Il avait manqué de tact et réparti dans leurs joutes verbales et Saji l'avait fait payé en centuple. Il devait rester concentré début jusqu'à la fin.

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Mer 17 Oct 2018 - 20:00
Le premier coup est porté. Après de longs échanges de coups, Meiyo a changé de style de combat, ce qu’a remarqué Saji, plutôt intrigué. Un style kenjutsu qu’il n’a jamais aperçu dans son école en tous cas. Il fait tourner le sabre dans sa main et se remet en garde tout en observant les jambes de son adversaire. Tous les deux gardent la distance pour essayer de trouver une faille chez l’autre. Ils marchent en cercle, prêts à bondir. Le combat reprend. Les coups portés par Meiyo sont plus lourds qu’auparavant mais beaucoup trop lents pour l’inquiéter. Saji les bloque un par un sans faiblir, tandis que l’autre commence à fatiguer avec l’effort. Son sens de l’équilibre et sa rapidité ont pris le dessus et lui ont permis de contrer le style brute de son adversaire. Cette domination est concrétisée par un coup de taille au niveau du torse de Meiyo qui laisse derrière une estafilade horizontale sur le kimono et la peau. La blessure reste superficielle et à peine perceptible mais le message est passé. Le maître du Senritsu comprend que sa technique axée sur la force n’est pas efficace pour inquiéter Saji.

Le sabre devant lui, les deux mains fermes sur la poigné, il se prépare à l’attaque imminente. Meiyo charge sur Saji avec la rage d’un lion et sa lame percute celle de son adversaire, produisant une onde de vent autour d’eux sous l’effet de l’impact. La poussière se lève un instant, puis retombe tandis que les deux bretteurs restent dans cette position immobile, les deux lames toujours au contact. Ils se jaugent encore du regard pendant quelques secondes. Leurs muscles se tendent, l’un comme l’autre essaie de gagner ce duel de force physique. Puis, comme si une rage enfouie au fond de lui venait de faire surface, Meiyo brise le silence en poussant un cri de guerrier qui l’encourage en même temps qu’il intimide son adversaire, la puissance de son prochain coup est bestiale. Toujours dans la même position, Saji commence à voir ses talons glisser en arrière sous l’effet de la poussée, produisant un son de crissement lié au frottement de ses semelles avec le parquet. Il ne s’attendait pas à ce que le maître du Senritsu soit aussi fort. La poussée continue sur quelques mètres jusqu’à ce Saji arrive à dévier la lame de son adversaire pour le déséquilibrer l’espace d’un instant. Il essaie de profiter de cette ouverture pour effectuer un coup de pied à la tête, lequel est bloqué par l’avant-bras de Meiyo. Ce dernier réplique avec un coup d’épée horizontal suffisamment lourd pour projeter Saji en arrière et envoyer son sabre dans les airs. Il est désormais en position de vulnérabilité. Il voit son adversaire approcher prêt à profiter ce moment de faiblesse.

Alors que le sabre légendaire Baransu continue de tournoyer en l’air suite au dernier impact, il s’arrête net et se met à flotter. Une aura bleutée l’enveloppe et il se met à trembler… comme si possédé par un esprit… La lueur l’enveloppe, de la pointe de la lame jusqu’au pommeau. Le sabre part comme une fusée en direction de son propriétaire. Le timing est parfait. La poignée du sabre se loge alors dans la paume de la main de Saji qui intercepte juste à temps l’attaque de Meiyo qui s’apprêtait à porter un coup de taille de haut en bas. Le choc est brutal, au point que sous la force de l’impact le sabreur muet pose le genou au sol tout en ayant le sabre au contact avec le Senritsu. C’en était moins une…et sur ce coup-là il n’avait pas d’autre choix que d’avoir recours à son pouvoir caché de son sabre. Tous deux sont frères de lames, ils allaient faire connaissance du pouvoir de l’autre à un moment ou à un autre. Inutile de le cacher plus longtemps. Il grince des dents sous l’effort. Alors que Meiyo continue à appliquer davantage de force, Saji semble se baisser de plus en plus. Il tremble alors que la pression augmente. Dans un mouvement vif, il s’écarte avec une roulade sur le côté et retire sa lame, tandis que dans son élan le Senritsu finit sa descente pour frapper le parquet, laissant une fente au sol.

Quelques mètres séparent désormais les deux bretteurs qui se regardent de nouveau, réfléchissant à la suite du dialogue des lames. La fatigue commence à gagner les deux adversaires, et la fin du combat approche.

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Ven 19 Oct 2018 - 23:13
« The artist »




Son torse ne le fait pas particulièrement souffrir. Mais le fait de savoir qu'il a été touché le blesse intérieurement. Sur un champ de bataille il aurait probablement rejoint les cieux. Il le savait. Il se mordit la lèvre. Il se mit à douter. Aurait-il changé son style de combat en cas de conflit avec un adversaire souhaitant sa mort ? il se convint que non…Mais en était-il certain ? Pas sure. Il chassa ces mauvaises pensées de son esprit. Il allait lui montrer de quel bois il se chauffait.

Il rompit la distance d'une vive impulsion. Il allait se battre comme un fauve. Les lames se heurtèrent violemment faisait voler un amas de poussière. Saji était fort, il se devait de le surpasser. Pas pour son égo, pas pour imposer sa supériorité. Pour se prouver qu'il était capable de surpasser dans les situations difficiles. Il poussa un cri du fond de ses entrailles. On aurait pu le comparer à un kiai. Selon certain dire cela vous donne plus de force, d'impact…Mais la plupart du temps cela déstabilise l'adversaire. Ce fut le cas. L'hurlement pétrifia Saji qui perdit le duel et se fit repoussé tandis qu'il voyait ses appuis glisser le long du parquet dans un grincement désagréable.

Sa force brute lui donne un avantage mais il fut aveuglé par sa soif de victoire. Sa lame se fait dévier et perd légèrement l'équilibre. Un pied parti en direction de la tête de Meiyo. Il eut la chance d'avoir les mains montées pour bloquer le coup puis contre-attaquer avec une taille de côté. La frappe est contrée mais fait voler le sabre de Saji. Le sabreur voit là une opportunité. Il brandit son sabre et porte son attaque. Une attaque typique des bretteurs un coup verticale de haut en bas afin de trancher son adversaire. La lame s'abat sur la cible. Mais il n'est pas un légendaire sabreur de Kiri pour rien. Son arme est légendaire et se doit d'honorer son titre.

A une vitesse fulgurante, le sabre de Saji retourne à son propriétaire et pare le coup. Un sabre avec une volonté qui lui était propre ? Ou bien était-ce autre chose…Il ne saurait le dire. Toutefois l'assaut n'avait pas avorté. La puissance du coup fit céder le sabreur en muet au point qu'il se retrouva à genoux. La pression augmentait et Meiyo mettait tout son poids pour écraser son adversaire. L'homme en noir use de son agilité pour réaliser une roulade arrière et s'extirpa de son piège. La lame de Senritsu fendit le parquet. Une fente nette et précise. Son propriétaire retira aisément la lame du sol et se remit en garde. Ses épaules haussaient au rythme saccadé de sa respiration. Il avait utilisé beaucoup d'énergie durant cet assaut.

Était-il vraiment nécessaire de continuer ? Fallait-il continuer et terminer ce combat dans les règles de l'art ? Cela pourrait impliquer d'élever le niveau et potentiellement augmenter le risque de blessure grave. Toutefois…Il était curieux de revoir le pouvoir du sabre de Saji. Mais il se résigna. Ce combat n'avait pas pour but de désigner un vainqueur et un vaincu mais de faire connaissance. C'était chose faite. Bien qu'il reste quelques zones d'ombre il préféra se laisser la surprise. Il rengaina paisiblement sa lame dans son fourreau. Avant de s'incliner face à Saji.

"Permets-moi de mettre fin à cet affrontement. Les présentations ont été faites. Il serait déraisonnable de continuer."

Il se redressa et s'avança vers l'homme en noir. L'animosité et l'excitation du combat était retombé. Il avait retrouvé son sérieux et son calme olympien. Arrivé près de son camarade sabreurs, il tendit sa main.

"Tu as été un redoutable adversaire Saji-san. J'espère que j'aurais l'occasion de te revoir très bientôt. D'ici là peaufine tes techniques au sabre. J'ai une revanche à prendre."

Il s'était trouver un camarade. Son âme transpirait la pureté et la bienveillance. C'était ce qui lui plaisait. Plus qu'un camarade ou un ami. Une rivalité venait de naitre. Elle était saine, sans aucune animosité. Il en eut le sourire aux lèvres.

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Sam 20 Oct 2018 - 2:38
Le dernier coup de Senritsu dans le parquet laisse une entaille qui résonne dans toute la salle. Des morceaux de débris de bois volent dans les airs tandis que les deux bretteurs se fixent avec une certaine intensité. Saji est prêt à sauter sur son adversaire pour un autre échange de coups mais soudain Meiyo baisse sa garde et se relève, pour montrer qu’il souhaite arrêter le combat. Le sabreur muet incline la tête pour montrer qu’il est d’accord. Oui. Cela suffit pour aujourd’hui, ils peuvent toujours reporter le combat pour un autre jour. Après tout, ils en savent suffisamment l’un sur l’autre. A la rigueur… Ils auraient même pu arrêter le combat avant que l’un d’entre eux subisse une entaille au torse. Parfois un ou deux coups suffisent pour juger de la force et de la vitesse d’un adversaire, mais souvent par gourmandise on en redemande plus. Par curiosité et dans un élan de défi on n’arrive plus à s’arrêter. Le combat amène davantage de combat. Ce duel de bretteurs, il a réveillé un plaisir enfoui chez Saji depuis qu’il a arrêté de se battre contre son frère, depuis que celui-ci n’est plus à ses côtés. Ce sentiment de rivalité. Ce sentiment de combattre un bretteur de force équivalente.

Deux hommes qui partagent le même amour pour la lame. Il s’agit de sa première rencontre d’un autre épéiste. Et naturellement il se sent moins seul. Le kendô, la voie du sabre, est considérés par ses experts, comme un art à part entière, ou pas un art du tout pour ceux qui n’y connaissent rien. Mais pour Saji, à la façon d’un pinceau qu’on dirigerait sur une toile, la lame trace des formes et cherche à signifier quelque chose. C’est de l’art, en ce qu’elle manipule la nature pour lui donner du sens. Une vie de sabreur ne se résume pas à frapper dans toutes les directions avec une arme, mais consiste à exprimer ses émotions dans une danse à deux. La lame suit une direction précise. Il s’agit d’une danse partagée qui permet aux deux participants de mieux se connaître sans se parler. Ce qui sied parfaitement au muet, lui qui ne peut passer que par la médiation du papier. Le langage écrit est trop réducteur, le signifiant n’arrive pas à saisir l’entièreté du signifié. Les mots en eux-mêmes n’ont pas de ton sans contexte, ils ne déploient aucune musique. Le duel de sabres est un échange musical qui permet aux combattants de se comprendre immédiatement et sans barrière de langage.

Saji range son katana dans son fourreau et se tape les jambes pour en enlever la poussière tandis que Meiyo se rapproche. Le ton est amical.

« Permets-moi de mettre fin à cet affrontement. Les présentations ont été faites. Il serait déraisonnable de continuer. »

Il regarde Meiyo s’approcher et lui tendre la main et lui répond en lui accordant une poignée de main des plus fermes. Il accepte ce geste de bienvenue dans le cercle des Sabreurs de Kiri, un geste qui montre qu'il est reconnu par son pair, un geste qui lui fait chaud au cœur lui qui n'est arrivé que depuis peu au village. Un adversaire de taille ce confrère sabreur, il a hâte de le revoir pour le défier à nouveau, peut-être dans d’autres circonstances.

« Tu as été un redoutable adversaire Saji-san. J'espère que j'aurais l'occasion de te revoir très bientôt. D'ici là peaufine tes techniques au sabre. J'ai une revanche à prendre. »

Un sentiment plus que partagé. Inutile d’en dire davantage et d’exprimer ce qu’il en pense par écrit. Il pense que tout a été dit. Les gestes en disent plus que les mots. Alors que Saji regarde son ami bretteur tourner les talons et sortir du dojo, le sabreur muet, comme revigoré par cette rencontre, reprend l’entraînement comme si de rien n’était, comme si sa routine n’avait pas été perturbée par ce combat intensif, lequel allait sûrement marquer le début d’une relation fraternelle. Plus que liés par l’appartenance à un même village… Ils sont liés par l’amour pour le kendô. Des frères d’armes. Des frères de lames.

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