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La magie du Riichi [PV Nobuatsu Saji]


Lun 22 Oct 2018 - 20:36
Toute sa vie, Shitekka avait grandi en totale communion avec la nature. Au kotan, il jouait dans les bois, dansait pour remercier les esprits de la faune et de la flore et chassait avec les siens pour se nourrir. Les bois, les rivières, les plages étaient autant d'endroits qui consolidaient sa notion de "foyer". Pourtant, voilà qu'aujourd'hui il était contraint de s'adapter à un nouvel environnement: la ville. La vie s'évanouissait dans la brume de Kiri: les forêts se composaient dorénavant de pierre, les rivières humaines s'écoulaient dans les rues. Les plages elles cédaient leurs places aux ports et aux marais. Pire, les restrictions mises en place par les autorités empêchaient à Shitekka de s'évader pour retrouver cette liberté perdue.

Pourtant, malgré cette cage de brume et de béton, il était un endroit de cette cité où le Genin se sentait bien. Cet endroit, c'était la salle de jeu, et plus précisément celle du riichi. Variante du mahjong, il s'agissait d'un jeu où des pièces appelées tuiles faisaient office de carte. L'objectif était de former des combinaisons, chacune rapportant un certain nombre de points. Savant mélange de réflexion, de psychologie et de chance, le jeu était souvent associé à des paris et il n'était pas rare que de grosses sommes d'argent puissent circuler lors de certaines parties. Mais pour Shitekka, ce jeu était avant tout… un jeu.

Lors de ses premières parties, le Kaguya s'était exercé avec des vieillards profitant du bon temps dans un parc. Le simple fait de piocher au hasard, créer diverses combinaisons, et d'annoncer tsumo pour voir combien de points il allait remporter. Si on pouvait parler de don, le shinobi lui jouait par instinct, emporté par la fièvre du jeu et de la victoire. Qu'il s'agisse lors de la chasse, ou des jeux aussi rudimentaires soient-il auprès de ses camarades, il avait toujours grandi dans un environnement compétitif. Le riichi venait ici sublimer ici cette volonté de gagner.

À cette occasion, il avait décidé un soir de s'adonner à une nouvelle partie. La journée était éprouvante, le jeune homme devait se plier aux formalités administratives en dépit de son analphabétisme. Le riichi sonnait ici comme un exutoire idéal pour évacuer les tensions du jour. A proximité de son quartier, il avait repéré une maison de jeux peu fréquentée dans une ruelle sombre. Un endroit idéal donc à ses yeux pour fuir les foules. En pénétrant l'établissement, il avait remarqué plusieurs hommes couverts de tatouages, de piercings et autres modifications corporelles. Au kotan, les femmes portaient des tatouages au fil de leur vie. Par conséquent, il n'y avait rien à craindre des habitués des lieux.



Shitekka balaya du regard la salle principale, et s'approcha d'une des tables de jeu pour se diriger vers une table nécessitant un joueur. Son choix se porta sur une table habilement placé, lui permettant d'être dos à un mur avec une vue sur la porte d'entrée. Il pouvait ainsi bénéficier de la fraîcheur des embruns se frayant un chemin dans l'ouverture.

— Je peux me joindre à vous ?
— Seulement si tu acceptes de jouer avec des mises, autrement ça nous intéresse pas.
Le Urumi était froissé dès lors que la notion d'argent entrait en jeu. Dans sa vie d'antan, il n'avait jamais utilisé de monnaie, et son seul intérêt à ses yeux était lsa capacité à sauver sa mère. Il reflétait donc une valeur bien plus grande que le commun des mortels. Pourtant, l'envie d'en découdre, couplée à l'absence de tables libres, eurent raison des réserves de Shitekka.
— Bon c'est d'accord, j'accepte.
Il rejoignit ainsi la table de jeu et se lança. Malgré son inexpérience de la dimension supplémentaire qu'apportait les gains réels au Riichi, le joueur ninja paraissait se défendre correctement. Mû par un instinct de jeu surprenant, il mêlait à des phases de jeu risquées et agressives des mises semblant trahir une certaine inexpérience. Les premières parties furent alors à son avantage, trompant ses adversaires qui sous-estimèrent en premier lieu celui qui passait alors pour un jeune marginal venu des marais. Alors que les gains rentraient en sa possession, les performances de Shitekka attirèrent l'attention des tatoués, à priori en charge du lieu. Ces derniers se rapprochèrent de la table de jeu et observèrent avec un mélange d'intérêt et de méfiance les coups du shinobi.
*Faut croire que j'ai des admirateurs, ça doit être parce que je joue bien j'imagine…* songea naïvement le Genin
Les admirateurs en question invitèrent à la fin de la partie à changer de joueurs, afin de varier les matchs, disaient-ils. En réalité, deux des tenanciers de la maison de jeu se joignirent à la partie, tandis qu'une place vacante, en face de Shitekka, se forma. Personne ne semblait vouloir rejoindre cette partie, désormais observée par d'autres tatoués aux airs de molosses. C'est alors qu'un homme passa devant la maison de jeu et attira l'attention de Shitekka. Ce dernier, ayant une vue directe sur l'entrée, nota la présence de ce joueur potentiel et l'interpella spontanément d'un:
— Eh toi, le mec en combinaison ! On recherche un quatrième joueur, ça te dit ?
Il ne réalisait pas alors qu'il allait emmener cet inconnu dans une situation des plus épineuses. La partie, avec pour joueurs un Kaguya baignant dans les billets et deux yakuzas prêts à tout pour récupérer leur argent, s'annonçait être un enfer.

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Mar 23 Oct 2018 - 17:40
Aussi satisfaisant à écouter que le clapotement de la pluie, le doux tintement des tuiles qui entrent en contact suffit à réveiller des souvenirs d’enfance pour Saji. Car étant petit il aimait jouer au mahjong lorsqu’il rendait visite à ses grands-parents. Ces derniers l’ont initié au jeu, pensent que cela leur permettrait de partager de bons moments avec leur neveu qui a perdu la voix depuis sa naissance. Très vite, il a compris les règles à force de jouer. Il faut avouer qu’il n’y avait pas grand-chose à faire chez eux. Et le mahjong permettait de pimenter les soirées tout en passant du temps avec sa famille. Si l’on s’en tient aux règles standards, c’est un vrai jeu d’enfant. Il n’y a rien de compliqué, on gagne en faisant des combinaisons de brelans ou des suites de trois, soit en les piochant sans les montrer, soit en les prenant au moment de la défausse d’un adversaire par pung ou chow. Chow, pour « manger » la tuile de l’adversaire précédent qui défausse. Pung, pour confisquer la tuile complétant le brelan depuis n’importe quel tour de défausse d’un adversaire. Une fois la main complète, on gagne sur ron en volant la pièce manquante à un adversaire ou bien en gagnant sur tuile piochée, un tsumo.

Alors que cela fait presque une heure que le shinobi muet observe les tables de la maison de jeu sans participer, il voit un jeune homme à capuche qui à peine entré dans la salle se précipite déjà vers une table. Il semble très excité de jouer. Quant à Saji, il préfère rester à l’écart comme à son habitude, et essaie de se faire discret. Parfois, les joueurs refusent qu’il y ait des spectateurs, trop nerveux à l’idée qu’une personne extérieure vienne perturber leur concentration ou essaie de tricher en faveur d’un joueur sur la table. Un brin paranoïaque, mais cela peut se comprendre. La plupart du temps, de l’argent est en jeu et personne ne veut prendre le moindre risque. Ce qui est au départ censé offrir un moment de détente devient un jeu de compétition où des sommes importantes de ryôs sont en jeu. Un simple soupçon de triche suffit à faire voler des accusations et ruiner le bon déroulement de la partie. Loin du souvenir qu’il se fait du jeu de son enfance. L’atmosphère de détente laisse place à des tensions dès lors que de l’argent est sur la table.

Malgré cela, il a décidé venir dans cette maison de jeu un peu à l’écart pour voir à l’œuvre des joueurs plus expérimentés, étant donné que les autres maisons de mahjong ne sont fréquentées que par des personnes âgées d’un niveau intermédiaire. Mais si l’on veut jouer ici, il faut se soumettre la règle d’or : il faut accepter de donner de sa poche pour chaque partie. Peu importe… La raison de sa présence se résume à de la curiosité, et il ne compte pas jouer, mais être spectateur. Il le restera tant que les tenants de la maison ne le chasseront pas des lieux. Toutefois, il peut déjà sentir des regards intrigués se poser sur lui, des hommes tatoués adossés contre les murs qui le regardent légèrement de travers. Saji fait semblant de ne pas les voir et garde sa main à la ceinture, près de son katana. Il se déplace à travers la salle, tournant son regard à gauche puis à droite. Voilà une table qui semble intéressante.

La deuxième manche a déjà commencé. Un des joueurs vient de déclarer un riichi et a baissé son mur de tuiles, menaçant le reste des adversaires par une victoire imminente. Mais il lui manque une pièce de brelan, et il s’agit du cinq de disque dont la probabilité d’être défaussée est relativement basse. C’est une tuile très précieuse pour compléter des séries de la même famille. Le joueur s’est peut-être trop avancé, il aurait dû miser sur un ron ou tsumo par une suite, ce qui offre en général plus de chances de gagner. Malheureusement pour le joueur se trouvant en face de lui, il n’obtient pas la pièce qui lui manque et son voisin sur sa droite complète un tsumo. Dommage. Saji se retourne pour trouver une autre table.

Alors que son regard se promène sur les visages étrangers de la salle, le jeune homme à capuche de tout à l’heure lui fait soudain signe de venir, Saji le reconnaît. Il est donc toujours là ? Il se rapproche de la table d’un pas lent. Il incline légèrement la tête pour dire bonjour aux autres participants, mais il hésite un moment. Est-ce vraiment sage de tenter sa chance ici ? Les tables dans la salle sont souvent occupées, et trop rares sont les opportunités où il peut se mesurer à des joueurs confirmés. Il se dit qu’il n’aura peut-être pas une autre chance de participer. Il jette un coup d’œil rapide à la table. Un tas de billets sur le côté du jeune homme à capuche en face de lui, et… pas grand-chose pour les deux hommes tatoués sur les côtés. Il décide finalement de s’assoir. Une partie ou deux ne peut pas faire de mal. Et puis… Saji aimerait comprendre ce qui peut expliquer une telle domination de la part du joueur qui lui fait maintenant face, et avoir lui-même un aperçu de son niveau en jouant contre lui.


Les joueurs commencent à mélanger le tas de tuiles devant eux en les faisant glisser sur la surface du tapis de jeu. Les murs s’érigent et se connectent pour former un carré. Les dés sont lancés. Le mur est cassé et les tuiles sont distribuées quatre par quatre. Deux tuiles pour le joueur qui commence, et une dernière pour tous les autres joueurs. Saji forme une ligne posée contre le tapis. Faisant pression sur les deux extrémités avec les doigts, il redresse son mur pour révéler sa main. Sa partie commence très bien. Une série de bambous 4-5-6. Un brelan d’as de disque. 7 et 8 de caractère. 2 et 3 de caractère. Une paire de 2 de bambous. Un dragon rouge. L’homme à capuche commence à se défausser de sa première tuile que personne ne prend. Puis celui de gauche se défausse à son tour… Chow ! Au lieu de signaler son intention à voix haute, Saji lève sa main pour faire signe qu’il souhaite prendre la tuile, mais son voisin ne le remarque pas et se remet à étudier les tuiles de son mur… Le muet prend donc la tuile au centre de la table et forme sa suite de 2-3-4 de caractère avant de se défausser de son dragon rouge qui ne sert à rien.

La partie se poursuit jusqu’à ce que l’homme tatoué sur sa droite annonce un riichi. Il met toutes ses tuiles face cachée et se défausse de sa tuile excédentaire qui est un as de bambou. Les autres joueurs doivent désormais faire attention à ce qu’ils vont mettre au centre. Quant à Saji, il ne lui manque plus qu’un 6 ou 9 de caractère pour obtenir la victoire. Il ne s’est défaussé d’aucune de ces tuiles donc il peut gagner par ron et pas seulement par tsumo…

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Mer 24 Oct 2018 - 16:14


L'atmosphère s'était soudainement refroidie autour de la table de jeu. Autour, le cortège de gardes s'était légèrement alourdi, appuyant du regard les deux autres joueurs aux tatouages. Le Kaguya, lui, était focalisé sur la partie. Malgré un intérêt enfantin pour le jeu, le sérieux de son visage traduisait une intense concentration. Enfin, son adversaire d'en face renforçait la tension de la partie avec un mutisme permanent. Tous les ingrédients étaient réunis pour donner à cette partie une saveur corsée.

Chaque joueur avait commencé à construire sa main. Tour à tour, ils s'étaient attribués une nouvelle tuile avant de se séparer d'une autre. Seul le cliquetis des briques d'os brisait le silence de la table. Si précédemment Shitekka avait un avantage certain sur ses adversaires, ce dernier était cette fois-ci bien embêté. Sa main n'était pas très intéressante: un brelan de cercle, un brelan de bambou, et d'autres tuiles se battaient en duel en attente d'une meilleure combinaison. Pire, la dora, cette tuile retournée du mur de pioche, était un cinq de caractère. Il fallait donc un six de caractère pour espérer obtenir des points bonus, ce que le Kaguya ne pouvait espérer.

Au cours de cette manche, la chance ne souriait pas au joueur en herbe. Sa pioche laissait à désirer, tandis que ses adversaires semblaient se construire une main intéressante. L'un annonçait un chii de manière gestuelle, perpétuant son air coi et par conséquent la tension de la partie. L'autre un riichi, comme en témoignait le bâton de mille points qu'il avait mis en évidence. Habituellement adepte d'un jeu agressif et risqué, Shitekka fut forcé de rester sur la défensive, et de terminer la manche sur une main médiocre.

Alors que le Genin s'était résigné à compter sur sa stratégie habituelle, ce fut au joueur de droite de piocher. Son homologue d'en face ayant annoncé un riichi, lui aussi était soumis à la pression de devoir se contenter d'un tenpai. Pourtant, son visage décontracté lors de la prise de la tuile du mur étonna le Kaguya. Lors de la défausse, le quidam se sépara d'un trois de bambou. Une bénédiction pour l'homme au riichi qui sans plus tarder déclara sobrement:

— Ron !
La tuile défaussée fut subtilisée immédiatement par le joueur qui renversa sa main ainsi complétée, annonçant la fin de la manche. Par chance, la dora n'entrait pas en compte dans le calcul du score, ce qui allégeait les souffrances de Shitekka. Pour autant, ce dernier fut surpris de voir la coïncidence entre l'annonce du riichi et le ron. Préférant éviter de tirer des conclusions hâtives sur ses adversaires, le shinobi se joignit à l'effort du mélange des tuiles et reprit avec les autres le cours de la partie.

Les parties suivantes furent plus bénéfiques pour Shitekka. Ce dernier avait retrouvé de sa chance, et sa pioche s'en faisait sentir. Il avait à quelques reprises pu être en mesure de se retrouver tsumo. Ce retournement de situation ne manqua pas de faire grincer des dents les spectateurs supportant les deux habitués de la maison. Pire, ces derniers tâchèrent de se faire entourer par d'autres camarades. Un bref coup d’œil du shinobi lui fit observer que certains gardes étaient armés de sabres. Des confrères ninja, s'imagina le bâtard Kaguya. Au fur et à mesure de la partie, ce fut alors un étrange affrontement qui eut lieu.

Si son adversaire d'en face semblait maintenir son calme depuis le début de la partie, et mener sa barque, son adversaire de droite lui était en fâcheuse posture. Son score le rendait à présent incapable de se mesurer aux trois autres joueurs, à moins de tomber sur une combinaison divine capable de renverser l'issue du match. Mais en ce qui concernait son opposant de gauche, ce dernier parvenait à remonter doucement mais sûrement au score à coup de rons. Les soupçons du Kaguya s'éveillèrent alors qu'il fut bientôt forcé d'admettre sur les yeux de la maison de jeu étaient majoritairement rivés sur leur table… et les crocs aussi. Son instinct de chasseur lui susurrait à l'oreille qu'il se retrouvait dorénavant dans une situation des plus épineuses. Ses doutes, eux, criaient à la complicité entre les deux joueurs, qui s'entraidaient pour extorquer les mises de leurs adversaires. Mais il n'était plus question du jeu uniquement. Car les deux tricheurs disposaient à présent d'une ressource bien plus imposante que leurs simples mains: une bande de gros bras prêt à tout pour récupérer l'argent de la maison.

Pour Shitekka, une évidence s'imposait timidement: il n'avait pas d'autres choix que de gagner à la loyale pour s'en sortir, ou sinon se retrouver sans le sous ou pire… Malgré ses dons naturels pour le mahjong riichi, le Genin semblait bien embêté pour parvenir à un tel exploit. Démuni de toute autre aide que celle du destin, son œillade se porta alors sur celle du mystérieux joueur, se demandant s'il était conscient du piège qui se refermaient sur eux, et s'il était en mesure de le déjouer par la seule force du jeu…

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Jeu 25 Oct 2018 - 18:07
Sur la manche suivante, Saji arrive rapidement à rassembler des combinaisons mais il vient de se souvenir que les règles de riichi sont différentes de celles standards. Il doit avoir au minimum un yaku s’il veut que sa main soit valide. Ce n’est pas comme le mahjong standard où il est possible d’avoir des brelans ou des suites de n’importe quelle famille. Non. Il y a des combinaisons plus complexes qu’il faut avoir en tête. Il n’arrive pas à s’en rappeler pendant un certain moment… Il continue de jouer en étant incertain sur la qualité de sa main. La version riichi est bien plus difficile. Il serre les dents, légèrement confus, perdu au beau milieu de la partie, tandis que ses adversaires continuent à jouer avec assurance. L’homme tatoué de gauche se défausse d’un trois de bambou qui ne surprend pas Saji, ou plutôt le laisse indifférent. L’homme au riichi par contre a le sourire au bout des lèvres. Il dévoile son mur de tuile avec le verdict : « Ron ». Il remporte cette manche sans grande difficulté, tandis que le muet est en train de se gratter la tête, légèrement inquiet de la suite de la partie étant donné qu’il essaie de se souvenir des yakus… Il y en a une qui est certainement la plus banale : la menzen tsumo qui consiste à garder la main fermée, c’est-à-dire ne rien prendre dans la rivière, puis piocher la tuile gagnante… Vraiment, pourquoi le riichi a-t-il besoin de compliquer autant les choses ? Sa compréhension très limitée des règles donne le dessus aux trois autres participants qui sont parfaitement familiers avec les types de main possibles.



Pourtant, depuis que le muet est entré dans la partie, une toute autre atmosphère pèse sur la table, bouleversant soudainement l’équilibre du jeu. Le jeune homme à la capuche ne domine plus comme il semblait le faire avant son arrivée. Il affiche une expression plus tendue, il n’a plus la confiance de tout à l’heure. Son regard est hésitant. A chaque tour, il prend davantage de temps pour réfléchir, comme s’il essayait de mieux analyser la situation. Apparemment, Saji y est pour quelque chose mais il ne pense pas être la cause directe du malaise. Il ne se distingue pas tellement par son niveau de mahjong. Non. Le problème semble venir d’ailleurs. Les yeux du garçon en face de lui se promènent à gauche puis à droite. Il semble traquer les mouvements des hommes tatoués. Mais pourquoi. Qu’est-ce qui attire autant son attention ? Se pourrait-il que la venue de Saji ait influencé la façon de jouer des hommes tatoués sur les côtés ? Comme… une alliance ? En tous cas ils ont l’air d’être du même bord, puisque d’autres hommes tatoués s’approchent de la table, ne quittant pas les joueurs du regard. Ils portent des sabres à la ceinture, ce qui n’est jamais bon. Une technique d’intimidation. Cette maison de jeu commence à sentir le roussi. Déjà, il commence à visualiser les différents scénarios dans lesquels il se lèverait pour dégainer son katana et se défendrait contre un éventuel assaut. La tension est palpable et il vaut mieux rester sur ses gardes. Pour autant, le joueur muet continue à participer sans donner l’air de prêter attention à ce qui se passe autour de lui.

Depuis le début, Saji adopte une position plutôt défensive, il cherche surtout à ne pas donner la tuile perdante qui le pénaliserait. Il fait donc attention aux rivières de chacun avant de jouer. Et souvent il fait le bon choix. C’est ainsi qu’il parvient à continuer à rester dans la partie sans essuyer de grosse défaite, ne perdant de points qu’à cause des tsumos. Mais petit à petit, en observant les mains gagnantes des autres joueurs, surtout celles du jeune homme à capuche qui remonte la pente, il commence à se souvenir des combinaisons… Alors c’est au tour de Saji de passer à l’offensive et remporter les manches à coups de ron et tsumo. Ce qui a pour effet de fâcher les deux tatoués. Peu à peu un nouvel équilibre se dessine, un des hommes tatoués est clairement derrière tandis que l’autre est en bonne position. Mais les défausses du joueur en dernière place sont beaucoup trop à l’avantage de son camarade d’en face… La complicité entre les deux joueurs est évidente. Et ils le font sous les yeux du jeune homme à capuche et le sabreur muet. Ils n’ont pas l’air de se préoccuper du risque de se faire prendre, étant donné qu’ils sont chez eux ici. Dans ce genre de situation épineuse, il n’y a peut-être pas qu’une seule solution. Gagner à la loyale. Ou les battre à leur propre jeu. Gagner en trichant. Car oui il serait préférable d’être un joueur honnête, mais l’avantage qu’ils se donnent en trichant est souvent trop grand pour écarter l’option de tricher soi-même. Il faut parfois accepter de prendre le risque. Saji se souvient alors d’un coup que son grand-père aimait faire pour le tromper: "la chenille". Il était très joueur et aimait s’amuser pendant les parties qui après tout n’avaient aucun enjeu, donc l’atmosphère reste bon enfant quand l’un d’entre eux se met à tricher. Cela peut même être considéré comme un art.


Mais il semblerait que Saji n’ait pas besoin d’y avoir recours pour cette fois. Le joueur tatoué qui est en position dominante fait l’erreur de se défausser du dragon vert. C’est la tuile qui lui manquait. Ron. Le joueur muet renverse sa main complètement cachée avec un Dai-San-Gen, un triple brelan de dragons. Un des motifs qui rapporte le plus de points, car il est très difficile à assembler seulement par la pioche. Cette victoire le relance pour la première fois dans la partie. Mais quelle sera la réaction de ses adversaires ? Et surtout des hommes armés sur le côté ?

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Jeu 25 Oct 2018 - 20:41
L'étau se resserrait peu à peu pour les deux shinobis. Ce n'était que trop tard que le Kaguya avait compris son erreur. Cette maison de jeu était un nid à escrocs, et il se retrouvait dorénavant cerné par ces derniers. Sa seule possibilité pour sortir vivant de ce piège: gagner à la loyale contre un tandem de fraudeurs. Lui… ou son homonyme d'en face. Le ninja à la combinaison de jais était resté sur la défensive jusqu'à présent. Pourtant, ce fut avec un ron insoupçonné qu'il parvint à finir la manche sur un Dai-Sangen, repoussant ainsi l'avance des bandits. Curieusement, aucune réaction de la part de l'équipe de tricheurs. Ce fut à la place du côté du bâtard que la réaction s'effectua. En effet, il ne restait dorénavant plus qu'une dernière manche avant la fin de la partie. Et au vu de l'écart restreint entre les scores du tatoué, du ninja silencieux et de Shitekka, nul doute que tout allait se jouer au cours de cet ultime tour. Nul doute également que ce tour correspondait à celui qu'attendaient les deux complices pour passer à l'action.

Le Kaguya devait faire de même. Les tuiles furent pour la dernière fois mélangées, et chacun s'attela à en piocher quatorze. Le Genin disposait de deux brelans et d'une paire, mais son jeu était bien trop maigre pour pouvoir inquiéter la ruse des deux bandits. Chaque pioche sonna dès lors comme un coup de marteau pour enfoncer les clous de son tombeau. Et chaque tuile défaussée comme un battement de cœur. Jamais auparavant le balafré n'avait connu un tel stress. S'il se retenait de suer à grosses gouttes, l'adrénaline elle pulsait dans chaque parcelle de son corps. Son cœur tambourinait dans sa poitrine. Ses pensées fusaient comme un torrent. Le moindre bruit explosait dans ses tympans. Et des tics essayaient vainement d'apaiser Shitekka. Ses phalanges jouaient avec les tuiles en face de lui, quand elles ne sondaient pas les sillons de sa cicatrice.

Shitekka disposait à présent d'un brelan de bambous, deux brelans de cercles, d'une paire de de caractères, un dragon rouge et deux dragons blancs. Il lui suffisait de compléter sa main avec un six de caractère ou un autre dragon pour remporter la manche, et peut-être la partie. Mais tout dépendait également de la main adverse. Obtenir un six de caractère semblait réalisable, mais offrait peu de points pour dépasser l'adversaire. D'un autre côté, il était encore plus improbable d'obtenir un dragon blanc. Un coup d’œil avisé sur les défausses ennemies permettaient de conclure qu'aucun d'entre eux n'espérait remporter la partie avec un dragon. Pire encore, la dora était un dragon blanc, il ne restait donc qu'une seule tuile restante.
Le Kaguya devait donc s'en remettre au mur pour oser obtenir la tuile entièrement blanche.

Cette seule pensée, perdue dans le flux de réflexions emportées dans le palpitant, fit écho dans l'esprit du joueur. Il avait un coup à jouer, certes risqué, mais lui permettant de remporter la partie. Sacrifiant son honneur, Shitekka attendit le moment de piocher pour mettre son plan à exécution. Les dieux sourirent une énième fois au balafré ainsi qu'à son comparse shinobi, puisqu'aucun yakuza n'obtint la tuile de la victoire ce tour-ci, bien que celui encore en compétition avait annoncé un riichi. Vint alors le tour de Shitekka. Nerveux, sa main tremblotante s'approcha du mur pour se saisir de sa tuile, quand soudain une autre main se saisit de son poignet. C'était un observateur qui assistait à la partie infernale depuis le début.

— C'pas qu'j'ai pas confiance en toi, mais y a un sacré paquet d'pognon sur la table. Retrousse tes manches, on veut pas d'entourloupe ici. Après tout, t'as rien à cacher hein p'tit génie ?
Ses soupçons étaient tout à fait fondés. Les enjeux étaient bien trop grands pour qu'un visiteur se permette d'arroser l'arroseur en trichant à son tour. Shitekka recula son bras et s'exécuta.
— Entendu.
Par chance, la menace ne venait pas de ses manches. Prenant bien soin de faire glisser sa main le plus près possible de la table, il vint se saisir de sa tuile, avant de la ramener à sa main. Lors du retrait, le Kaguya fit usage d'un tout autre don que celui qu'on attendait d'un joueur de mahjong riichi. Une fente émergea de sa paume, alors qu'un morceau d'os singeant la forme d'une tuile s'en extirpa discrètement. Shitekka espérait mettre à profit sa manche pour dissimuler la tuile qu'il venait de piocher, néanmoins l'arbitre en avait décidé autrement. Dans un habile passement de doigt, il permuta son os avec sa pioche. Une pièce de riichi lui rentrait dans la main, alors le Genin tâcha de contenir au mieux une expression de douleur. Sa chair se referma, dissimulant alors la tuile subtilisée dont la valeur resterait cachée de tous, Shitekka inclus. L'opération réalisée avec succès, Shitekka ajouta sa "pioche" à son jeu : il avait tiré avec succès le dragon blanc qu'il recherchait. Il ne restait plus qu'à faire tomber le voile. Sa main se renversa, révélant sa combinaison, qu'il annonça aussi sobrement que possible.
— Yakupai Menzen Tsumo.
Toute la salle de jeu sombra dans un silence gênant. Le bâtard était parvenu à aligner un brelan de dragons blancs grâce à son habile tour de force, tout en constituant une main cachée. Un rapide calcul assurait la victoire à Shitekka. Tremblant comme une feuille, le Kaguya récolta l'argent misé sur la table, et se releva fébrilement.
— Bon… je crois que j'ai gagné avec cette manche… Je, je vais m'arrêter pour ce soir. Bonne fin de soirée messieurs.
Son regard appelait à l'aide lorsqu'il croisa la visière de son adversaire d'en face. Doucement, il regagna la sortie, son trésor fourré peu à peu dans les plis de son kimono. Pour le shinobi, la partie s'arrêtait là. Mais alors qu'il allait franchir le palier de la maison de jeu, un des gardes ne l'entendit pas de cette oreille. Son sabre bloqua la porte horizontalement, tandis que les autres yakuzas se rapprochèrent peu à peu autour des deux shinobis.
— J'crois pas qu'on t'ait invité à partir.
Dans un ultime échange de regard, l’œillade fauve de Shitekka partagea une certaine empathie pour le sort de son camarade de jeu muet. Son bras gauche se saisit de celui du joueur, qu'il tira de toutes ses forces, tandis qu'un coup de pied surprise bouscula le garde et son katana par la même occasion. Projeté contre le mur le plus proche, il libéra l'entrée, alors que le Genin s'engouffra dans ce trou de souris, s'armant de courage en hurlant:
— ON S'CAAAAAAASSSSSE !

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Ven 26 Oct 2018 - 20:28
A l’annonce du Dai-San-Gen, curieusement, pas de réaction déplacée du côté des autres joueurs qui font face à Saji. En revanche, cette réaction allait s’effectuer dans le dénouement de la partie, avec une montée en puissance du jeune homme balafré qui cherche à confirmer sa domination avec une dernière poussée. Deux joueurs le talonnent sur cette manche décisive : le muet et l’un des deux tatoués. Les autres mains sont renversées, dévoilant des tenpai ici et là mais sans aucune importance vu que l’issue de la manche est déjà décidée. Les tuiles sont remises au centre du tapis, les mains s’allongent pour mélanger le tout et recomposer les quatre murs équidistants de la montagne. Les tuiles sont redistribuées pour former de nouvelles mains, et ainsi la dernière manche est lancée, dans un silence plus tendu que jamais. En observant son adversaire d’en face, Saji remarque qu’il paraît beaucoup plus nerveux qu’auparavant, ce qui le rassure en même temps. Il semblerait qu’il ne soit pas le seul à ressentir la pression du moment. Il le voit déglutir par moments, trembler dans certains de ses mouvements alors que ce n’était pas le cas auparavant. Le muet peut comprendre. L’enjeu est très grand, l’enjeu est réel. Mais ce n’est certainement pas l’argent qui l’affecte autant. Non, il y a un autre enjeu implicite qui n’a pas été déclaré par les joueurs autour de la table. Cet enjeu c’est leur vie. Saji tourne discrètement son regard sur le côté, même si à la base son bandeau métallique masque ses yeux : les hommes armés sur le côté commencent à tapoter sur la poignée de leur sabre, ils sont tendus eux aussi. Quelque chose est sur le point de se passer, et ce n’est pas seulement la victoire imminente de l’un des joueurs dans ce match très serré. Ils préparent un coup tordu. Et grâce au sens de l’observation développée à force de jouer au riichi, il semblerait que l’homme à capuche et le sabreur muet ont réussi à lire à travers la gestuelle des hommes tatoués qui les encerclent. Comment compte répondre son adversaire d’en face ? Compte-t-il gagner la partie pour autant et partir avec le pactole ?

Les défausses se succèdent. Les joueurs ont le regard qui se promène sur les rivières, essayant de réfléchir sur quelle combinaison gagnante ils peuvent compter. C’est l’étape de l’observation, où il s’agit de composer avec discrétion sa main fermée. Tour à tour, les tuiles tapent la surface du tapis, puis glissent pour se coller aux défausses précédentes de la rivière. Le stress se lit sur tous les visages, à part celui du muet qui est masqué. La main de Saji n’est pas mauvaise, il n’est pas loin du tenpai sur San-Shoku-Dou-Jun (une même suite mais sur trois familles différentes) : 2-3-4 de caractère, 2-3-4 de bambou, 2 et 4 de cercle encore à compléter. Mais sa main sera difficile à conclure étant donné que certaines tuiles dont il a besoin ont déjà été défaussées, l’obligeant à gagner par tsumo, d’autant qu’il est en écoute intérieur ! S’il ne parvient pas à changer de stratégie la manche sera perdue. Mais changer de direction à un tel moment de la partie est très risqué, il ne peut savoir ce qu’il va piocher. Les chances qu’il tombe sur une tuile complètement inadéquate est trop forte, c’est pourquoi il s’en tient à sa stratégie de départ. Quelques défausses plus tard, Saji obtient le tenpai sur une écoute intérieure pour un 3 de cercle pour compléter sa suite de 2-3-4 de cercle. Il attend patiemment la tuile de cercle mais la montagne ne la lui donne pas…


Un des joueurs tatoués annonce un riichi, lançant la partie sur un rythme plus lent et prudent. Le joueur qui suit n’est autre que le jeune homme qui tire sa tuile mais voilà qu’il est interrompu par un des hommes armés qui le somme de retrousser ses manches. Une accusation pour le moins osée mais le suspect ne résiste pas, et s’exécute immédiatement. Mais rien. Le joueur poursuit son tour en piochant, glissant sa main le long du tapis… Il ajoute la tuile au mur avant de le renverser sur la table, déclarant sobrement sa victoire sur Yakupai Menzen Tsumo. Une main cachée avec brelan de dragons blancs. Le silence envahit la salle. Tout le monde est immobile, comme paralysé par ce verdict. Le gagnant quant à lui se dépêche de picorer l’argent qu’il a gagné sous les yeux ébahis de ses adversaires. Saji lui attend de voir la suite, il pressent que les hommes tatoués ne sont pas du genre à laisser partir le joueur les poches remplies de tout leur argent.

C’est donc non sans une certaine timidité que le jeune homme à capuche se lève et souhaite une bonne fin de soirée à messieurs les tatoués, avant de croiser le regard avec Saji. Ce dernier pense qu’il est simplement en train de lui dire au revoir, il ne saisit donc pas l’appel de détresse et retourne à ses tuiles, tournant le dos au joueur qui se dirige vers la porte de sortie. Aussitôt, une voix s’élève, autoritaire et grave. Un des hommes armés interdit au vainqueur de quitter la maison de jeu. Il fallait s’en douter. Saji se tourne pour voir la scène, confortablement assis sur sa chaise puis échange un dernier regard avec le jeune homme. Que compte-t-il faire ? Négocier ? Revenir en jeu ?

Aucune de ces options. Le voilà qu’il pousse le garde sur le côté et s’engouffre à travers la sortie tout en criant à pleins poumons. Les hommes tatoués réagissent immédiatement en dégainant leurs sabres, ils partent à la poursuite du fuyard. Cinq d’entre eux viennent de quitter la maison de jeux pour courir après l’homme à capuche, tandis que Saji est toujours assis avec les deux joueurs tatoués non armés. Il pourrait très bien ne pas intervenir, puisqu’il n’est pas celui qu’ils veulent, mais sa compassion l’oblige à agir. Il est un homme de morale, il ne peut se permettre de rester les bras ballants quand un homme qui a gagné dans les règles de l’art se voit refuser la récompense qu’il mérite. Sur cette pensée, il se lève finalement de sa chaise et quand il s’apprête à rejoindre la course-poursuite, un des joueurs tatoués encore assis le retient.

« Toi, qu’est-ce que tu veux faire ? »


Saji reste coi, apparemment il est aussi accusé de complicité avec le gagnant qui vient de s'enfuir. Ces gens sont vraiment paranoïaques au point d'accuser n'importe qui à tort et à travers, alors qu'eux-mêmes trichent sans vergogne. C'en est assez. Cette injustice a assez duré. Il retire son poignet d’un mouvement sec. Ce que l’autre prend très mal, et se redresse à son tour dans le but d'intimider le muet.

« Tu veux la bagarre ? »

Les voilà nez à nez. Saji lui tourne le dos pour partir mais l’homme le saisit de nouveau, cette fois par l’épaule.

« Hé ho je te parle. »

Le sabreur muet frappe l’estomac du tatoué derrière lui avec la pointe de son fourreau, sa victime est pliée en deux, avec une douleur vive à l’estomac. Il est temps de partir. Saji en profite pour enfin quitter la maison de jeu. Il voit alors que l’un des gardes armés est encore visible à l’horizon. Il ne perd pas plus de temps, concentre son chakra dans ses jambes en composant un mudrâ de façon à augmenter sa vitesse de course. Il fonce, ne quittant pas des yeux le garde en fin de peloton.

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Lun 29 Oct 2018 - 22:46
Après avoir remporté la victoire en trompant à leur propre jeu de triche les yakuzas, Shitekka avait mis les voiles. Il fallait dire que seul, entouré de bandits armés avec la ferme intention de retrouver leur argent, le Kaguya n'avait guère l'avantage. Il n'était ninja que de nom, pour le moment; son répertoire de techniques ne lui permettait pas vraiment de rivaliser avec ses assaillants. Son choix se porta alors sur la fuite, une sage décision qui aurait fait grincer des dents tout un clan avec lequel il était affilié. Dans sa tentative d'évasion, il avait essayé d'emporter son adversaire à la combinaison corneille. L'intention était louable, mais alors que Shitekka regagna l'extérieur, il sentit le poids qu'il tirait avec son bras s'évanouir.

Il n'était pas question de s'interroger sur cette disparition soudaine. Il était à présent question de courir ou s'arrêter pour de bon. Derrière se tenaient deux gardes, armés d'un katana, et certainement prêts à en faire usage pour quelques grosses liasses de billets. Outrepassant son malaise de la ville, le balafré détala alors comme un lapin le long de l'étroite ruelle où se tapissait l'antre des yakuzas. En cette soirée, la rue était déserte, ce qui facilita la course de Shitekka. Ses jambes le portèrent aussi loin que possible, avant d'arriver à épuisement. Là, une dizaine de mètres le séparait d'une rue plus grande, où il espérait être plus visible et par conséquent dissiper toute intention meurtrière de la part de ses poursuivants.

Par chance, l'homme au shôzoku l'avait rattrapé en un temps record. Le Kaguya ignorait par quel artifice il était parvenu à un tel exploit, ce dernier étant supposément retenu par les autres malfrats dans la maison de jeux. La seule présence du mystérieux joueur de mahjong constituait une aubaine pour Shitekka. Ce dernier n'était pas le seul à avoir remarqué la présence surprenante du marathonien. L'un des deux assaillants tourna la tête pour confirmer leur impression, et ce fut là son erreur. Mû par un instinct guerrier insoupçonné, Shitekka se figea dans sa course, et tout en ralentissant, s'abaissa pour faire un croche-patte à son opposant distrait. Sa jambe percuta de plein fouet la cheville de sa cible et en plein élan, cette dernière s'écroula au sol, emportant son camarade au passage.

Certains auraient pu s'amuser de cette scène. Essoufflé, pris d'une pâleur dissimulé par l'ombre de la ruelle, Shitekka lui était plus rassuré qu'autre chose. Devant l'homme à la visière, il s'assura que ses poursuivants ne représentent plus une menace. Il se saisit du katana de l'un des deux à terre, et assomma pour de bon le tandem avec le fourreau.

— Content de voir que tu as pu t'en sortir aussi, lança Shitekka, alors qu'il lâcha l'épée qui vint retomber au sol aux côtés de son propriétaire.
Le balafré invita son interlocuteur à quitter la ruelle pour s'engouffrer dans les allées de la ville, là où ils ne risquaient pas de se retrouver confrontés à d'autres poursuivants. Il s'agissait d'une rue remplie d'auberges, de petits magasins, dont la plupart fermaient dans les ombres de la nuit. Seuls de rares villageois se promenaient au gré des lueurs des lanternes. À présent en dehors de portée de la maison de jeu, Shitekka fut curieux d'en savoir plus sur son adversaire de jeu. Il n'avait pas prononcé un mot au cours de la partie, et avait su conserver un calme olympien malgré la pression croissante.
— C'était quoi ces gens au fait ? On m'avait pas dit qu'à Kiri les parties de riichi pouvaient être aussi dangereuses… Enfin bon, on est vivants, je crois que c'est tout ce qui compte. La prochaine fois j'espère qu'on pourra s'affronter pour de vrai.
Puis il lui tendit sa main pour se présenter.
— Moi, c'est Shitekka.
Le Kaguya n'avait guère l'habitude d'être autant social. Cependant il se sentait redevable par deux fois envers l'inconnu pour se présenter ainsi à lui: la première fois en acceptant de se joindre à la partie infernale, la seconde en servant de diversion à ses assaillants.

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Mar 30 Oct 2018 - 11:27
Accélérant sa course à travers la ruelle étroite du quartier des yakuzas, Saji ne perd pas de vue le poursuivant le plus proche de sa position. La nuit lui sert de manteau. Son shôzoku noir se fond presque parfaitement dans l’ombre. Il parvient à rattraper le garde qui a les yeux rivés droit devant. Arrivé à sa hauteur, le sabreur lui place son fourreau dans les jambes afin de lui faire perdre l’équilibre et le faire tomber au sol. Il s’arrête devant l’homme à terre et lui assène un coup de poing au visage pour l’assommer. Au suivant. Il reprend sa course, concentrant le chakra dans ses jambes de façon à être plus rapide. Deux autres yakuzas plus loin, côte à côte, courant à grandes enjambées. Saji plonge sa main dans sa sacoche et décoche les projectiles dans leur direction. Les étoiles se plantent dans le dos des ennemis qui s’écroulent, surpris par l’attaque par derrière. Un râle de douleur s’échappe de leurs bouches. Ils gigotent au sol à la façon d’asticots, se contorsionnant pour essayer d’attraper le shuriken dans le dos. Saji court jusqu’à leur position, dégaine son katana. Un coup de pommeau dans la nuque les plonge dans un sommeil profond. Mais la poursuite n’est pas terminée, d’autres yakuzas sont encore dans la course.

Les deux derniers poursuivants réduisent la distance avec le jeune homme à capuche qu’on peut apercevoir au loin. Trois silhouettes qui se rapprochent d’une rue plus animée, où quelques personnes circulent… Bonne idée. Il essaie donc de les semer de cette façon, en se rendant visible à un maximum de témoins. De nouveau, Saji concentre le chakra dans ses jambes pour s’offrir une impulsion lui permettant d’avancer rapidement sur une courte distance. Il n’est plus qu’à une courte distance des trois autres individus. Le jeune homme à capuche tourne la tête, probablement pour vérifier la distance qui le sépare encore des poursuivants. Mais il était loin de se douter qu’il verrait le sabreur muet sur ses talons également. Les yakuzas juste derrière lui s’arrêtent eux aussi et se retournent, surpris de cette apparition inattendue. Ils le pensaient encore à la maison de jeux. Profitant de ce moment d’inattention, le fuyard prend son courage à deux mains et effectue un balayage à l’un des ennemis qui s’écroule sur l’autre à la façon de dominos. Tour à tour, ils sont assommés par leur propre katana par l’inconnu. Ce dernier semble reconnaissant de l’intervention du sabreur muet qui est resté immobile pendant toute la scène, curieux de voir ce qui allait se passer. Il semblerait que son rival de riichi sait se débrouiller au combat et que sa sournoiserie ne se limite pas seulement aux jeux de tuiles. L’homme à capuche ouvre le bras en direction de l’allée pour inviter Saji à marcher avec lui. Ce dernier acquiesce.

Tous deux quittent la ruelle sombre pour rejoindre la sécurité de l’allée. Certains commerces s’apprêtent à fermer, tandis que des passants circulent toujours sur les côtés. Le chemin est partiellement éclairé par les lanternes accrochées en hauteur. Cela permet d’ailleurs à Saji de mieux voir le visage balafré du jeune homme qui marche désormais à ses côtés. Celui-ci décide de briser le silence pour en savoir plus sur son adversaire de riichi puis lui tend une main amicale. Le sabreur la saisit et lui offre une poignée de main ferme et virile mais ne dit rien.

« … … »

Moment de silence. Le muet sort un carnet de sa sacoche et se met à rédiger sa réponse.

Saji a écrit:
« Bonjour. Je suis Nobuatsu Saji. Mais appelle-moi Saji. Il était naturel que je te vienne en aide. Un joueur de riichi aussi honnête et talentueux que toi. »

Voyant son interlocuteur froncer les sourcils au moment de lire ou plutôt tenter de lire son message, Saji se demande si c’est parce que son écriture n’est pas compréhensible ou juste parce qu’il ne sait pas lire. Le muet réessaye une deuxième fois en tâchant d’écrire en lettres capitales.

Saji a écrit:
« COMPRENDS-TU CE QUE JE TE DIS ? »

Aucune réaction de sa part. Il n’y a donc aucun doute. Il est analphabète. Ce n’est pas la première fois qu’il en rencontre dans sa vie… Après tout le village de Kiri amène toutes sortes de personnes, et tout le monde ne bénéficie pas de la même éducation. Beaucoup de gens viennent des campagnes pour s’installer dans le village caché qui est bien plus modernisé, afin d’avoir davantage d’opportunités. Mais ce Shitekka en fait-il partie ? Sa façon de tutoyer et d'être aussi facilement familier avec un étranger fait partie des habitudes des paysans issus des contrées rurales où tout le monde se connaît personnellement. Quant à sa tenue de ville, tout lui paraît normal, un manteau à capuche pour lui tenir chaud, surtout en ce temps d’hiver... Il aime bien le style. Et puis cela coïncide avec l’humidité du Pays de l’Eau, lui-même en porterait un s’il n’avait pas déjà une combinaison en cuir imperméable.

Mais les voilà tous les deux une situation un peu embarrassante. Saji se gratte la tête. Un muet qui essaie d’échanger avec un analphabète. Drôle de rencontre. Autant pendant la partie de riichi ils n’avaient pas besoin de parler, autant dans le cas présent, c’est le malaise. Mais le muet a une idée. Il fait signe au jeune homme de le suivre. Il connaît un endroit pas loin d’ici où ils pourraient échanger en toute tranquillité. Quelques minutes plus tard, ils arrivent devant un bar dont le nom s’affiche au-dessus de la porte : « Le ChevalAqueux » C’est un lieu très fréquenté par son ami Kuzan et celui-ci l’y a déjà emmené lors d’une de leurs soirées alcoolisées dont il a un peu honte, mais ça, Shitekka n’a pas besoin de le savoir…

Une fois à l’intérieur, Saji montre deux doigts au serveur qui reçoit bien le message et va leur trouver une table libre pour deux. La salle n’est pas très remplie aujourd’hui, ce qui est plutôt bien pour pouvoir parler. Au centre de gros barils de bière avec robinet sont à disposition des clients pour se servir à volonté. Un comptoir se trouve au fond, si jamais ils souhaitent commander des alcools plus forts ou quelque chose à grignoter. Les deux compères de Kiri s’assoient à une table et appelle un serveur qui accourt. Lui et Saji semblent se connaître déjà. Le muet lui glisse un mot dans la main et le serveur acquiesce et amène une chaise pour s’assoir.

« Bonjour, je vais servir d’interprète pour Monsieur Saji si vous voulez bien. C’est l’ami d’un client fidèle d’ici, et les amis de nos amis sont nos amis ! Hé hé *clin d’œil* J’espère que ma présence ne vous dérangera pas. Saji me dit que si cela vous dérange, on peut annuler cet échange. »

Il commence à lire le carnet sur lequel quelque chose vient d’être écrit.

« Il est soulagé que tous deux vous soyez sortis vivants de cette maison de jeux malhonnêtes tenue par des yakuzas. Des YAKUZAS ??! Ils ne vont pas venir ici si ? »

Le serveur-interprète semble un peu paniqué mais le muet lui fait signe de se calmer.

« D’accord, d’accord… Pardon. Hum… Il dit qu’il est honoré d’avoir pu vous prêter main forte, surtout à un jour de riichi aussi talentueux et honnête que vous. Ce n’est pas tous les jours qu’on en voit ! »

Message suivant.

« Il dit que certains quartiers de Kiri sont réputés pour être dangereux, abritant encore des reliquats d’organisations de malfrats. Malgré les mesures coordonnées par les trois clans pour purger le village de la criminalité, il reste encore des groupuscules coriaces qui résistent à la répression et jouent sur la frontière de la légalité, ou encore se font complètement discrets. »

Un autre message.

« Il s’excuse de ne pas s’être présenté encore. Son nom est Nobuatsu Saji, il est l’un des Sept du Clan des Sabreurs de Kiri, mais surtout, shinobi genin au service du village de la Brume. Il aimerait maintenant en savoir plus sur vous… D’où vous venez, ce qui vous amène, où vous avez appris le riichi… etc. Il vous dit que si vous avez besoin de quoi que ce soit et qu'il peut vous être d'une quelconque assistance ou vous informer, n'hésitez pas à lui demander. Je peux vous laisser lui dire cela en privé si besoin et je reviendrai. »

Le serveur se lève pour retourner prendre des commandes.

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Jeu 1 Nov 2018 - 13:58
La situation s'était apaisée pour les deux joueurs de Riichi. À présent à la vue de tous, ils étaient également hors d'atteinte des vindictes des yakuzas qui précédemment les poursuivaient. Shitekka avait encore en tête les aboiements de ses poursuivants, prêts à dégainer le sabre. Il se rappelait du premier qui l'appelait « Reviens ici, Yakupai de merde ! », alors que le second répliquait « On en a pas fini avec toi le Dragon Blanc ! ». Bien qu'il était encore un peu dans le stress de la course-poursuite, Shitekka en vint à penser que ces deux surnoms lui conviendraient bien, ou du moins qu'il ne serait pas dérangé à l'idée d'être appelé encore ainsi.

Pour autant, la soirée était loin d'être finie. En effet, dans un élan de gratitude envers l'homme au sombre shôzoku, le Kaguya décida de se présenter à ce dernier. Il lui avait alors tendu la main, respectant les conventions locales. Le ninja en question accepta une franche poignée de main et ce fut dès lors que le malaise débuta pour Shitekka. Alors qu'il espérait une réponse de sa part, un prénom, au moins un surnom, ce fut le silence qui se chargea de répondre à la place. Le calme nocturne de la rue accentua davantage cet instant inattendu pour le balafré.

Ce fut à ce moment-là que l'inconnu dégaina un carnet et s'empressa de griffonner dessus, avant de présenter le résultat à son interlocuteur. Sa calligraphie traduisait très certainement une réponse formelle indiquant son identité, mais aux yeux de Shitekka, il ne s'agissait que d'un simple gribouillis sur un morceau de papier. Ses vingt ans passés dans une tribu dont la langue se transmettait sur la base de traditions orales lui faisaient une nouvelle fois défaut dans une société où l'épée avait vu le jour en même temps que la plume.

— Hein ?
Le muet insista une seconde fois, espérant que de plus grosses lettres feraient la différence.
— Huuuuum…
L'illettré essaya à son tour toutes les méthodes possibles. Il écarquilla les yeux, se concentra sur chaque symbole à s'en faire surchauffer le crâne, mais rien n'y fit: Shitekka n'avait jamais appris à lire et écrire. Par chance, l'homme silencieux était persévérant, aussi il décida d'emmener Shitekka dans un lieu qui pourrait résoudre leur problème de communication. Le lieu en question s'appelait le ChevalAqueux, et portait une sorte de kelpie comme enseigne. L'établissement n'inspirait pas grand chose aux yeux du chasseur, mais devant les efforts de l'anonyme, il décida de rentrer à ses côtés en dépit de son vertige de la ville. Le bruit était présent, et quelques personnes étaient assises çà et là dans la salle principale. Shitekka devina des verres à leur table, avec parfois des assiettes d'amuse-gueules pour certains.

Les deux hommes furent emmenés dans une partie plus isolée du bar et s'installèrent au comptoir. Un serveur vint alors les assister pour faire office d'intermédiaire entre le muet et l'analphabète. Une scène presque surréaliste qui inspira l'embarras de l'employé aux yeux du Kaguya.

La discussion peut alors enfin commencer. L'anonyme devint soudainement plus bavard par le biais du serveur. Il se nommait Nobuatsu Saji, officiait en tant que Genin et membre de la caste des sabreurs de Kiri, et avait des informations quant à l'état de la criminalité au sein du village. Ces hommes tatoués et armés qu'ils avaient rencontrés faisaient partie des yakuzas, une sorte de mafia qui œuvrait habituellement dans l'ombre des autorités. Puis, Saji interrogea son camarade de riichi sur ses intentions, ses origines et plus particulièrement celles l'ayant mené à jouer au mahjong riichi. Le serveur disparut momentanément, le temps de reprendre son travail et que Shitekka se livre à Saji.

— Je viens d'un kotan de Saroruncasi. La complexité linguistique de sa phrase lui fit marque une pause, avant de reprendre, en se justifiant. Ces mots peuvent te paraître étrangers, et c'est normal: je suis originaire d'une tribu, les Urumi, qui vivent au nord de Mizu. Notre langue se transmet de bouche à oreille, ce qui explique le … malentendu … de tout à l'heure.
Gêné de se rappeler de la situation précédente, Shitekka joignit les paumes tout en poursuivant la discussion. Le Kaguya fut surpris de ressentir une légère douleur au niveau de sa main droite, et de constater la présence d'une mince protubérance sous la peau de sa paume. C'était sans aucun doute la tuile qu'il avait échangé avec son Haku improvisé. Le jeton de jeu était situé en dessous de l'auriculaire et de l'annulaire, et se traduisait par une petite bosse à peine visible.
— Cela doit faire moins d'un mois que je suis ici. On m'a dit qu'être ninja payait bien, alors je suis venu pour trouver un remède pour ma mère. Quant au riichi… je découvrais la ville, et je suis tombé par hasard sur des maisons de jeux. J'ai appris en observant, puis en essayant.
Il marqua une pause, son regard se baladant dans les rangées de bouteilles alignées derrière le comptoir. Tous ces breuvages lui étaient inconnus, tout comme les caractères qui les décrivaient. Décontenancé par la grandeur du lieu, Shitekka eut du mal à s'exprimer, mais il n'en resta pas moins intrigué par Saji et formula sa curiosité par une question.
— Et toi ? Qu'est-ce qui t'a poussé à jouer avec moi dans ce nid de vipères ?

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Jeu 1 Nov 2018 - 18:45
Kotan ? Un mot étranger pour Saji qui vient du Pays de la Foudre avant d’immigrer très récemment dans le Pays de l’Eau, il y a un an, pour partir à la recherche de son frère. Il a pu voyager dans certains petits villages de l’archipel pour se réapprovisionner, mais a fait en sorte de ne pas s’éloigner de la civilisation, afin de rester en sécurité de la faune et flore sauvages. Celles-ci sont paraît-ils assez dangereuses, surtout à Mizu no Kuni. Le jeune homme à capuche lui révèle qu’il serait originaire d’une tribu vivant au nord, appelée les Urumi. Ils parlent une langue dont la tradition est purement orale. Saji acquiesce pour montrer qu’il comprend mieux. Ceci explique tout. La scène de tout à l’heure où il ne semblait pas comprendre, il est donc bien analphabète, mais pas pour les raisons qu’il croyait. Il n’est pas un de ces paysans d’un hameau reculé cherchant refuge dans un village plus modernisé, mais le membre d’une tribu qui vit en dehors des confins de la « civilisation ». Civilisation avec des grands guillemets parce qu’il serait ethnocentrique de considérer que le village caché et les hameaux qui gravitent autour sont la civilisation et que toute communauté située au-delà serait « barbare ». Saji n’est pas de cet avis-là, il est même plutôt ouvert pour rencontrer des personnes de cultures différentes, surtout que les circonstances difficiles de leur échange de muet à analphabète rendent la tâche beaucoup plus excitante. Quoi qu’il en soit, il est étonnant que cet individu issu d’une tribu soit ici. Plus surprenant encore, comment se fait-il qu’il connaisse le mahjong ? Au fond, il connaît déjà la réponse. Le jeu de mahjong peut être considéré comme un langage au même titre que le kendô. Un instrument de parole, d’interaction. Réunissant des gens de différentes cultures et de différents langages. C’est certainement la chose la plus belle dans la pratique de tels jeux.

Il écoute l’histoire de l’homme balafré avec attention. Maintenant qu’il est juste en face de lui, avec la lumière qui tombe sur son visage, les cicatrices sont encore plus évidentes. Elles expliquent l’histoire d’un homme qui a lutté pour sa survie dans la nature. Au sein d’une tribu entourée de bêtes sauvages dangereuses et d’une nature impitoyable. Surtout à Mizu, Saji ne s’imagine pas vivre autant de temps dans les territoires reculés du pays, sans le confort de la cité. Lui qui se disait qu’il vivait avec le minimum de confort avec son petit appartement à deux pièces, il se fait surenchérir.

Un mois qu’il est ici. Sa venue est donc plutôt récente. Il a pu trouver un endroit où loger ? Vit-il avec sa mère ici à Kiri ? Ou bien est-elle restée auprès de sa tribu Urumi ? Son objectif est de trouver un remède pour sa mère. Il est facile de contracter des maladies quand on est si loin de la civilisation, où la médecine préventive et les hôpitaux sont disponibles. Mais tout cela a un coût. Et apparemment, Shitekka sera prêt à le payer une fois qu’il aura récolté suffisamment d’argent. C’est pour cette raison qu’il souhaite devenir shinobi, et c’est aussi pour cette raison qu’il joue au mahjong, pour de l’argent facile. Mais les jeux d’argent sont à double tranchant. Pourtant il prend ce risque… Il est vraiment prêt à tout pour sauver sa mère, est cela est plus qu’honorable. Sûrement il devrait y avoir d’autres moyens plus sûrs d’y arriver.

Voyant son vis-à-vis promener son regard au niveau des bouteilles sur les étagères près du comptoir, un moment de pause où Saji en profite pour écrire un message avant d’appeler le serveur qui approche. Il pose le message sur le plateau d’argent, bien visible pour son interprète qui se tourne vers le jeune homme.

« Monsieur Shitekka, Monsieur Saji vous demande si vous pouvez boire de l’alcool ou si vous préférez quelque chose de plus… soft. Il souhaite aussi vous répondre sur la question que vous avez posée : il dit qu’il jouait au mahjong chez ses grands-parents quand il était petit et que c’était l’un de ses seuls moyens d’interagir avec eux. Il est venu dans la maison de jeux par curiosité, il avait besoin de rencontrer de meilleures adversaires. Mais il a trouvé mieux. »

Le serveur fait une courbette avant de retourner au comptoir, allant chercher des boissons mentionnées à part sur le message. Pendant ce temps, Saji remarque le rayon de lumière reflété par son bandeau métallique attaché à son bras. Cela lui fait penser : il remarque que son interlocuteur shinobi ne porte pas le bandeau du village de Kiri. Quelle est sa position sur le village de Kiri ? Sa vision sur la politique internationale ? Mais il doute que ce soit l’une de ses préoccupations, quand il a une mère qui a besoin de lui. Saji écrit un nouveau message tandis que le serveur revient avec une tasse de thé pour le sabreur muet et la boisson pour le jeune homme balafré. Le serveur prend le nouveau papier dans la main avant de dire à Shitekka :

« Il dit que votre mère doit être très fière de l’effort que vous faites pour lui venir en aide, et il serait ravi de vous prêter main forte si besoin. Il serait curieux d’en savoir plus sur votre tribu, vos coutumes, les talents que vous développez, la façon dont vous organisez votre hiérarchie… N’hésitez pas à aller dans les détails. »

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Sam 17 Nov 2018 - 0:11
Loin des soucis de tout à l'heure, et légèrement éloignés de la foule, les deux joueurs de riichi purent s'en tenir à une discussion plus calme sur l'un des comptoirs du bar. Par l'intermédiaire d'un serveur, Saji avait pu s'exprimer sur les raisons de sa venue dans cette maison de jeu peu recommandable. Shitekka fut comme flatté par les propos du muet. Depuis son arrivée à Kiri, il n'avait fait qu'attirer les foudres de ses comparses du clan Kaguya au sujet de son identité. Et en tant que ninja, il avait besoin de faire d'énormes progrès avant de pouvoir se positionner dans la moyenne du village. Aujourd'hui, il était certes reconnu pour un joueur - occultant alors son habile coup de triche - mais Shitekka était cruellement en manque de reconnaissance. Les mots de Saji firent par conséquent mouche sans résistance.

Le même shinobi invita également son camarade de riichi à boire, alcool ou non. Il avait remarqué que Shitekka observait avec curiosité l'assemblée de bouteilles aux formes et couleurs différentes. Le Kaguya hésita un instant: il n'avait jamais consommé vraiment d'alcool, sauf à de rares occasions. Il n'osait jamais boire également devant son père. Pire encore, il ne savait pas comment il réagissait sous l'emprise de l'alcool, et encore moins sa résistance à la boisson enivrante. Mais aucun de ces considérations ne traversa l'esprit du Genin lorsque ce dernier désigna du doigt une bouteille dont l'apparence lui convenait. Shitekka avait choisi un alcool avec autant d'innocence qu'un enfant désignant le gâteau de son choix dans une boutique. Le serveur s'exécuta et revint plus tard avec la bouteille choisie. On pouvait lire dessus "Umeshu". Shitekka lui ne pouvait qu'observer une suite de caractères suffisamment harmonieux entre eux pour justifier le choix de cet alcool de prune.

Alors que le serveur sert un glaçon dans un verre et verse le contenu de la bouteille dans ce dernier, Saji lui griffonna à nouveau ce qu'il désirait dire à Shitekka. Le serveur expliqua alors l'intérêt dont témoignait le muet en combinaison à propos des origines aborigènes du Kaguya. L'homme en noir souhaitait en savoir plus sur les coutumes et la culture Urumi. Un intérêt rare, puisque aucun autre n'avait auparavant manifesté à Kiri un quelconque intérêt pour les tribus Urumi. Shitekka s'éclaircit alors la gorge, et se lança:

— Par quoi commencer… tout d'abord, ma famille et les autres groupes Urumi sont installés sur de petites îles situées tout au nord de Mizu no kuni. Là-bas, la nature est omniprésente. Il y a beaucoup de forêts, de rivières, quelques lacs, parfois des montagnes.
Alors qu'il décrit son île natale, des souvenirs d'enfance lui viennent à l'esprit. Il ne peut s'empêcher de se rappeler de ces jours passés à explorer les bois, remonter les cours d'eau et se balader dans la nature. Aujourd'hui, le voilà au beau milieu d'une cité grouillante de monde, entouré de remparts et de marais. Afin de se donner du courage, Shitekka décida de goûter le breuvage qu'il avait choisi assez hasardeusement. D'un trait, la gorgée s'écoula tel du magma bouillonnant dans ses entrailles. Un léger parfum fruité se diffusa sur ses papilles, lui remonta aux narines alors que son corps se réchauffa illusoirement.
— Nous autres Urumi n'avons pas d'organisation à proprement parler. Nous vivons indépendamment dans nos kotans, nos villages si tu préfères, avec un chef à la tête de chaque kotan. Pendant la grande guerre, nous vivions cachés dans les bois à l'abri des brigands.
De nouveaux souvenirs émergent de ses méandres. Il se rappelait de ce contexte de criminalité grâce auquel, curieusement, sa mère avait fait la rencontre de son père, qui avait choisi de la sauver plutôt que de la laisser en proie à la mort. Ce qui ne manqua pas de trouver une transition toute faite à son explication.
— Depuis toujours, les miens ont toujours respecté la nature. Nous avons appris à vivre en communion avec elle, à ne prendre que ce dont nous avons besoin. Nous respectons aussi le culte des kamuys. Ce sont les divinités qui habitent chaque être et chaque objet. Il existe un kamuy qui habite le feu, comme il existe un kamuy qui s'incarne dans les ours. Il y a même un kamuy dans cette bouteille. Bien entendu, il existe des divinités plus puissantes encore que nous respectons. Pour ma part, je suis fortement lié à Hasinaw-uk-kamuy, la déesse de la chasse. Mais sur mon île, on respecte plus particulièrement le dieu des marais, Sarorun Kamuy, car il est la personnification de la grue au sommet vermillon, d'où tire le nom de l'île d'où je viens du fait de la présence de cet animal sacré.
Il y avait bien longtemps qu'il n'avait pas évoqué le nom de Hasinaw-uk et pour cause: depuis qu'il était devenu ninja, Shitekka s'était rarement adonné à la chasse. Il lui arrivait de pêcher, et parfois de chasser des oiseaux, mais l'interdiction de sortie du village l'empêchait de se sustenter du gibier qu'il traquait autrefois dans les bois.
— À vrai dire, ma mère m'a expliqué que c'est cette proximité avec la nature et les esprits qui nous a sauvés pendant la guerre. Je ne l'ai appris que récemment, mais nous sommes naturellement disposés au don de sensorialité. C'est comme ça qu'on a réussi à survivre, alors que personne ne connait ni ne maitrise la notion de chakra parmi les miens.
Shitekka ne faisait pas exception, bien que son don avait besoin encore de s'épanouir pour être comparable à celui de ses proches. Mais aucun doute que dans un village ninja, le Kaguya pouvait améliorer ses capacités de sensorialité et mieux encore, dépasser le niveau des siens. Le Genin pouvait parler pendant des heures et des heures des Urumi, mais il estima qu'il pouvait être intéressant d'écouter l'histoire de Saji. Afin de faire transition vers le récit potentiel du joueur de riichi, Shitekka partit en quête de mettre un nom sur la boisson dont il buvait une gorgée pour la deuxième fois.
— Mais assez parlé de ma tribu, je pourrai y passer des heures autrement… parle moi un peu de toi, d'où tu viens, et de ta famille. Mais avant, pourrais-tu me donner le nom de cette boisson que j'ai choisie ? C'est assez frustrant de ne pas savoir ce que j'ai dans mon verre, bien que j'en ai une vague idée…

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Lun 19 Nov 2018 - 11:55
Un glaçon tombe dans le verre du jeune balafré qui écoute les paroles du sabreur traduites à travers la voix du serveur. Ce dernier, tout en lisant le papier qui lui a été donné, verse le liquide jaune miel dans le récipient, avant de se retirer pour laisser ces messieurs discuter entre eux, ou plutôt, laisser Shitekka raconter l’histoire de son clan. Il commence par localiser sa tribu Urumi ainsi que ses kotans dans le nord de Mizu no kuni, dans une contrée qui se caractérise par une nature riche en ressources et à la végétation luxuriante. Divers sont les paysages qu’on y rencontre : montagnes, lacs, rivières et forêts. En l’écoutant parler et décrire ce décor, Saji a l’impression de s’y plonger aussi à travers le regard de son interlocuteur. On sent qu’il aimerait retourner dans ce lieu naturel dans lequel il a ses repères. Avant de continuer, le jeune balafré prend une gorgée du breuvage qu’il a commandé, un alcool fait à partir de prunes macérées. Saji n’a jamais eu l’occasion d’y goûter lui-même puisqu’il ne boit qu’à de très rares occasions, quand il est avec son ami Kuzan. Ce dernier par contre doit sûrement connaître le nom de la boisson. Une fois désaltéré, le narrateur poursuit et explique le mode de fonctionnement de sa tribu Urumi.

Il ne s’agit pas d’une organisation mais d’un réseau de villages appelés kotan qui sont reliés par une identité tribale, laquelle comprend des croyances et coutumes communes. Leur culture repose sur le respect de la nature : ils ont appris à la comprendre et à s’en servir pour les renforcer. Pour eux il existe des kamuys, ce que Saji traduit par « essences » ou « âmes », qui habitent tous les êtres animés ou inanimés qui existent sur cette terre. Il lui semble avoir lu quelque chose à ce sujet, le fait d’attribuer une âme aux autres objets et animaux : l’animisme. Oui c’est ça. Mais il y a une hiérarchie de ces divinités : des âmes inférieures et des âmes supérieures. Ces dernières sont celles qui confèrent des bénédictions à leurs disciples : Shitekka cite notamment sa propre divinité, Hasinaw-uk-kamuy, la déesse de la chasse. Mais son île suit un dieu différent : Sarorun Kamuy, qui est le dieu des marais et qui a donné son nom à l’île où il habitait. Sarorun Kamuy, un nom pour le moins original. Il n’y a jamais fait attention sur la carte de l’archipel de Mizu, mais il imagine qu’ils doivent être loin de la civilisation et donc relativement éloignés de la guerre. Non, apparemment eux aussi ont connu les conflits sur leurs terres, et ont réussi à se défendre grâce à leur don de sensorialité. Un talent intéressant, surtout pour un shinobi. Le village est très demandeur de ce genre de qualité, puisque Kiri est surtout connu pour ses combattants et ses clans guerriers. S’ils sont experts dans la détection et la dissimulation, ils n’ont pour autant pas connaissance du concept de chakra. Cela n’étonne guère Saji. Cette énergie que l’on utilise peut avoir plusieurs noms en fonction des domaines : du ki, du chi, du chakra… Il ne sait pas comment ils appellent cela dans leur tribu, mais ils ont probablement leur nom à eux, dans leur langue étrangère.

Fort intéressant. Saji se redresse légèrement contre le dos de son siège afin de prendre une pose plus détendue. Il se met à écrire. Il imagine qu’il y a encore tellement de choses qu’il ignore encore sur les Urumi, à commencer concrètement par leurs techniques de sensorialité. Il aurait aimé voir cela à l’œuvre mais il n’ose pas demander, car il a déjà vu une kunoichi utiliser une technique de ce genre, lui ayant permis de détecter toute forme de mouvement dans un bâtiment. Il se demande aussi à quelle divinité lui serait assigné : existe-t-il une divinité pour les sabreurs ? Cela semble un peu tiré par les cheveux. Shitekka prend sa deuxième gorgée d’alcool avant de demander à son tour à l’homme masqué d’où il vient. Répondre aux questions portant sur ses origines est délicat pour Saji qui est originaire d’un pays étranger : Kaminari no Kuni, le Pays de la Foudre. Les gens du village de Kiri sont connus pour être de nature plutôt xénophobe surtout avec les tensions actuelles avec Kumo, aussi préfère-t-il garder cette information confidentielle la plupart du temps. Mais étant donné que son interlocuteur a accepté de raconter sa propre histoire, il est naturel qu’à son tour il se prête à l’exercice. Le serveur revient de nouveau et en entendant la question sur la boisson par le client, s’adresse directement à lui pour le renseigner.

« C’est du vin de prune, Monsieur, de l’Umeshu. Sucré et fruité, recommandé pour ceux n’aiment pas trop l’alcool. Est-ce à votre goût ? »

Le serveur se tourne vers Saji, reçoit le message sur papier et le lit à haute voix…

« Monsieur n’est pas originaire d’ici mais de Kaminari no kuni, le Pays de la Foudre, où il est né et où il a grandi toute sa vie jusqu’à l’année dernière où il a dû venir à Mizu pour une affaire personnelle. Il est à la recherche de son frère, et il a des raisons de penser qu’il se trouve quelque part dans le Pays de l’Eau. Son frère et lui ont appris à manier le sabre dans la même école mais son frère a perdu la raison. Il souhaite le retrouver, et le remettre sur le droit chemin. »

L’homme masqué finit d’écrire le mot suivant qu’il tend à l’interprète.

« Monsieur Saji me dit qu’il ne voudrait pas solliciter davantage de mon temps, mais je suis toujours prêt à aider un client fidèle ! Héhé… »

Saji s’enfonce dans sa chaise.

« Deux fois c’est déjà être fidèle chez nous ! D’ailleurs comment va Monsieur Kuzan depuis votre dernier incident ensemble ? »

Il se tourne vers Shitekka.

« Si vous aimez votre Umeshu. Dans le même genre nous pouvons vous proposer du Chuhai, au goût pêche, raison ou citron. Ou si Monsieur préfère quelque chose de plus fort, nous avons aussi du Shochu, du Sake ou du Whisky. »

Saji sirote son thé en attendant que le serveur revienne avec sa nouvelle commande. Etant donné qu’il doit rencontrer le jounin Keisuke plus tard dans la soirée dans un restaurant, il est préférable qu’il ne consomme pas trop. Mais bon. Accompagner son ami de table pour un verre ou deux ne devrait pas faire de mal. Le serveur revient et verse un petit verre de sake pour l’homme masqué, il en fait de même pour le jeune balafré.

« De l’alcool de riz, produit et distillé à Mizu ! J’espère que Messieurs apprécieront. »


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Dim 2 Déc 2018 - 17:53
À mesure que Shitekka cèda la parole à son camarade de riichi, les souvenirs de son enfance s’estompèrent dans ses méandres. Les vastes forêts de pins laissèrent leur place aux inertes murs en bois du bar, tandis que les rivières s'évanouirent pour mieux laisser apparaître les allées de bouteilles, tireuses à bière, et autres contenants d'alcool. La transition fut rude pour le Kaguya, qui n'avait pas l'habitude de parler autant de ses origines. Pour pallier à la nostalgie qui assaillait son esprit, le Genin se tourna alors vers le verre qui lui faisait face afin d'en prendre une gorgée. Au même moment, le serveur dévoila la nature du breuvage qui enflamma les entrailles de l'aborigène: un alcool de prunes. Cette information révélée, le parfum fruité ne fit que se sublimer dans le palais du Kirijin, alors que l'incendie guttural s'estompait.

Dans la foulée, le serveur entreprit de faire la lecture de la réponse de Saji à propos de ses origines. Shitekka fut surpris d'apprendre que le muet n'était pas du coin, mais bien de Kaminari no kuni. Un pays septentrional dont la capitale ninja, Kumo, était reconnue pour ses avancées technologiques. Il s'avérait que le Kaguya connaissait un peu ce pays. Suite à la découverte assez abrupte de son pouvoir héréditaire, le Shikotsumyaku, ce dernier fut amené à partir vers Kaminari, loin des conflits de Mizu no kuni, afin de quémander l'aide de quelconque guérisseur pour faire repousser les os de son bras.

Saji expliqua par la suite que la raison de son venue était une histoire de conflit familial, entre lui et son frère. Pour Shitekka, qui n'avait jamais connu de tensions parmi les siens, une telle quête lui semblait étrange, voire triste. Mais pour quelqu'un qui donnait de son être en tant que ninja au service d'un membre de sa famille, sa mère, il comprenait également l'importance d'une telle tâche.

La balle semblait au centre à présent, maintenant que les deux hommes s'étaient livrés dans une atmosphère quoiqu'un peu maussade. Le moment idéal pour l'employé du bar qui, bien qu'ayant mis dans l'embarras Saji, proposa aux deux hommes de prolonger leur temps dans l'établissement en essayant une nouvelle boisson. A l'alcool de prune se succéda l'alcool de riz.

— De l’alcool de riz, produit et distillé à Mizu ! J’espère que Messieurs apprécieront.
Shitekka n'avait guère l'habitude de consommer de l'alcool. Aussi, ignorant sa réaction face à une consommation aussi soudaine de ce breuvage, il porta la coupe à ses lèvres, au même moment que son comparse de jeu de hasard, et but d'un trait son contenu. Des effluves de lave s'écoulèrent dans son gosier, alors que les traits du visage du Kaguya se détendent. Incapable de décrire le goût de ce qu'il venait de descendre, le jeune homme néanmoins exprima son appréciation d'un léger sourire.
— Ah ! C'est la première fois que je bois un truc pareil, mais ça m'a redonné la forme.
Très spontanément, peut-être un peu trop, Shitekka porta un regard nouveau aux messages de Saji. Avec ses yeux d'enfant qui buvait de l'alcool, les caractères griffonnés par le muet lui apparaissaient comme une myriade de petits monstres d'encre dansant dans un monde de papier.
— Hé. Je pensais à un truc. Toi qui as l'habitude de devoir écrire tout le temps pour communiquer, je suis sûr que tu pourrais m'apprendre comment on fait, non ? Entre les ordres de mission à lire, les rapports à rédiger, les indications pour se repérer en ville qui sont écrites… si tu pouvais m'apprendre à lire et à écrire, ça m’enlèverait un sacré poids !
Au même moment, son œillade se posa à nouveau sur le contenu de sa coupelle de saké, vide. Sans même que Shitekka puisse laisser s'échapper une moue, le serveur invita son nouveau client à déguster une nouvelle coupe de saké. Le tout en attendant une réaction de l'homme au shozoku d'ébène afin de savoir si lui aussi désirait se resservir.

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Dim 2 Déc 2018 - 23:49
La conversation entre le muet et l’analphabète se poursuit grâce à l’intermédiaire du serveur qui a eu la gentillesse et la patience d’accompagner ses clients dans leur conversation. Ce manque d’intimité ne semble pas gêner les deux joueurs de riichi, ils n’ont pas grand-chose à cacher, en tous cas pas plus que la plupart des anciens criminels et mercenaires qui habitent le village de la Brume. Saji n’a pas vraiment de de raison de dissimuler ses origines au public, au contraire, il espère que les habitants de Kiri finiront pas l’accepter pour ce qu’il est. Un homme qui se bat davantage pour défendre les petites gens plutôt que pour la gloire d’une patrie. Qu’il soit ici ou ailleurs, peu importe. Il restera pour rendre service au village afin de leur remercier de la confiance qui lui a été accordée. Il doit aussi rester dans le pays de Mizu afin de retrouver la trace de son frère en cavale. Il compte donc devenir chuunin un jour afin d’aller à sa poursuite au-delà des confins du village de Kiri qu’il n’a plus le droit de quitter à moins d’avoir prouvé un minimum sa valeur.

Shitekka a presque fini son umeshu. D’humeur généreuse, le serveur insiste pour que ses clients boivent, leur propose désormais de goûter à l’alcool de riz. La raison dit à Saji de ne pas y toucher, étant donné qu’il doit encore rencontrer quelqu’un au restaurant, mais un ou deux verres ne devraient pas avoir trop d’effet sur lui, du moins il espère. Le verre à saké est rempli, et d’un seul mouvement, et au même instant, les deux hommes font descendre l’alcool au fond de leur gorge. La coulée de lave se déverse pour descendre au fond de l’estomac. Laissant derrière une sensation d’assèchement dans la bouche. Voyant son camarade de table fixer intensément le carnet grand ouvert devant lui, Saji à son tour regarde son carnet, intrigué par ce qui peut autant fasciner Shitekka. Un comportement pour le moins étrange... Saji rabat complètement son masque et demande à son interprète de traduire le message qu’il vient d’écrire.

« Monsieur serait ravi de vous apprendre à écrire, même si sa condition de muet risque de beaucoup gêner l’apprentissage. Mais il trouvera un moyen de contourner ce problème technique… Il serait ravi d’aider un nouvel ami. D’ailleurs, avez-vous eu l’occasion de faire des rencontres intéressantes à Kiri ? »

Ce ne sont pas les individus "spéciaux" qui manquent dans ce village, cela est certain, à commencer par son meilleur ami qui se constitue une réputation dans les bars les plus fameux du village. Le serveur propose aux deux clients de se resservir en saké. L’homme masqué accepte en hochant de la tête sans grand enthousiasme. Les verres se remplissent de nouveau. Saji remonte son masque découvrant ainsi sa bouche, laquelle accueille le breuvage. Voilà son deuxième verre, il s’arrêtera ici pour ce soir. Le serveur quitte la table pour retourner au comptoir. Shitekka quant à lui se fige sur son verre vide... Renchérissant sur son attitude étrange de tout à l'heure. Saji commence à écrire un message, tandis que le serveur revient avec d’autres bouteilles d’alcools de toutes les couleurs qu’il dépose sur la table. Une nouvelle sélection s’offre au jeune balafré.

« Monsieur va bien ? Voulez-vous en goûter un autre ?»

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Jeu 6 Déc 2018 - 0:11
Shitekka fut ravi d'apprendre que son interlocuteur était partant à l'idée de lui enseigner l'art abscons de l'écriture, et par extension celui de la lecture. Il fallait avouer que le Kaguya n'avait pas choisi le meilleur enseignant, s'adressant à un homme privé du don de la parole. Mais, porté par l'enjouement de cette soirée absente de yakuzas, le balafré avait préféré s'en remettre aux conseils de l'homme au shozoku de jais. L'ironie de la situation se renforça lorsque le serveur retranscrit une nouvelle fois les propos du muet. Ce dernier s'interrogeait à propos des rencontres, et plus particulièrement les plus remarquables que put faire Shitekka. Il fut difficile de ne pas lâcher le nom de Saji en guise de réponse, tant les circonstances les ayant amené en cette soirée à se retrouver ici étaient ce que Shitekka avait jusqu'à présent connu de plus fantasque.
— J'ai pu faire des rencontres oui, mais je pense que la nôtre est jusqu'ici la plus surprenante. Je ne m'attendais pas à faire une connaissance dans une maison de jeu, infestée de bandits en plus…
L'espace d'un instant, il se rappela de l'erreur qu'il avait commise plus tôt dans la journée. Son envie de se détendre en jouant au riichi lui avait coûté cher aujourd'hui, bien qu'au final il était reparti avec une somme assez conséquente. Certains pouvaient voir en Shitekka de l'avarice, n'ayant pas songé un instant à l'idée de partager son butin illégitimement accumulé avec son partenaire d'infortune. Mais, sous le prisme de son nindô, visant à rassembler des fonds pour la guérison de sa mère, la question ne se posait pas face à l'importance de sa situation.

Loin de ses considérations financières, le Genin se préoccupa à la place de la boisson qu'il allait essayer par la suite. Même si ses précédents essais étaient difficiles à apprécier, le ninja se prêtait pourtant au jeu de la dégustation, ignorant totalement alors qu'il brisait depuis ce soir deux des trois grands tabous du ninja parmi l'alcool, l'argent et les femmes. Et ce fut par le fait du serveur que le tabou lié à l'alcool persista d'être brisé en cette soirée. L'homme accéda à la requête non exprimée du Genin de se faire resservir.

— Tenez, pour changer, je vous propose ce kuri shôchû. Il s'agit d'un alcool de châtaigne en provenance du sud de Mizu. Vous m'en direz des nouvelles !
Répétant le geste sacré du bar, l'employé s'accomplit et tendit une coupe nouvellement pleine à Shitekka. Ce dernier, maintenant habitué, approcha la coupelle du bord de ses lèvres et huma pleinement le breuvage qui s'offrait à lui. Puis, poussé par une force mystérieuse, il descendit le shôchû. La fragrance que dégageait l'élixir d'ivresse évoqua des souvenirs auprès du manipulateur d'os. Au même titre, les effluves éthyliques commencèrent à faire leur effet, alors que Shitekka commença à rougir.
— Aaaaaah… ce goût… ça me rappelle le mochi taro que m'offrait ma maman quand j'étais petit… j'adore le mochi tarooo.
Peu à peu, il commença à s'étaler sur le comptoir, ses muscles se relâchant sous le poids de la nostalgie. Une mélancolie d'antan qui ne tarda pas non plus à s'accentuer davantage.
— C'est malin, maintenant je veux rentrer chez moi, chez les miens ! La forêt me manque tellemeeeent… J'en ai marre de rester enfermé dans ce village moisi ! Il pleut tout le temps ! On peut jamais sortir ! Les Kaguya me pourrissent la vie ! Et puis l'argent… j'en ai maaaaarre de l'argent. Avant, je pouvais tout demander à la nature: si j'avais faim, j'allais chasser, si j'avais soif, j'allais m'abreuver à la rivière d'à côté. Si j'avais froid, je pouvais m'allumer un feu ou me confectionner des habits chauds. Ici, pour n'importe quoi, il faut utiliser ces foutues pièces et billets ! Et puis quoi encore, va falloir payer pour se vider bientôt ?
À ce stade-là, le plaignant s'était levé et titubait à travers la pièce. En plus de ses bras et de ses jambes, sa langue précédemment déliée commençait à s'emmêler sous l'effet de l'a… accablement. Shitekka n'avait jamais vraiment bu, et plus tard il saurait pourquoi. Pour l'heure, il bouscula quelques personnes dans sa complainte, qu'il formula en des termes peu compréhensibles, ajoutant au passage des mots dans sa propre langue natale.
— Kes'ta tuaaaah ? T'ias un problème ? Tu me cherches ? Ça t'emmerde que je sois un Kaguya et un putain de sauvage des bois, toi aussi ? J'ai pas choisi moi ! J'ai pas choisi… J'aimerais bien ne pas être un Kaguya, et qu'on me foute la paix pour de bon. On peut pas respirer dans cette ville ! Aaaaaaaah… Aaaaaah !
De la mélancolie, il passa successivement à la colère, à la frustration, avant de venir se lamenter contre un mur. Si, au prime abord, les habitués furent quelque peu désarçonnés face à l'ire du Kaguya, au risque d'en venir à la rixe, son dernier état les persuada d'en rester là. Néanmoins, pour le serveur, avec quelques tabourets cassés, et tables renversées de leurs verres, c'était à la charge de Saji de corriger le tir.
— Je crois qu'il va falloir que vous vous occupiez de votre ami, Monsieur. Je ne m'étais pas imaginé qu'il puisse s'emporter à ce point au bout seulement… trois verres…
Trois verres. Seulement trois verres.

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Ven 7 Déc 2018 - 21:38
Leur rencontre est la plus surprenante, déclare le jeune balafré face à la question du sabreur muet. Saji réalise qu’en effet, ce n’est pas tous les jours qu’on se rencontre sur une partie de riichi qui se finit en course-poursuite par des yakuzas. De leur passion commune pour le riichi, les deux hommes sont passés à un échange autour de la boisson. Activité plutôt commune à Kiri, où les bars ne manquent pas. Après deux verres de saké, Saji a préféré s’arrêter de boire afin de rester lucide pour son rendez-vous dans près d’une heure. Son camarade quant à lui cède à la tentation et enchaîne avec son troisième verre, un alcool de châtaigne du nom de kuri shôchû. Le serveur remarque que son client semble légèrement étourdi et lui demande s’il va bien, mais avant d’attendre sa réponse le ressert de nouveau, insistant pour qu’il boive un troisième verre. Sur le point de s’interposer, Saji se ravise en se disant que Shitekka sait ce qu’il fait et qu’après tout, trois verres d’alcool n’ont jamais tué personne, ni rendu saoul. Il le regarde donc céder à l’appel de la boisson, voyant son verre se remplir à ras bord. Levant le sourcil derrière son masque, Saji se demande s’il est sage de continuer ainsi, vu son attitude étrange il y a un instant. Son regard qui se perd sur les pages de son carnet puis dans le fond de son verre… Les indices ne trompent pas.

Trop tard. Aux balafres sur son visage s’ajoute une couleur rouge tomate, en réaction aux effluves éthyliques qui se déversent dans son corps. Le regard vide, il se perd dans ses souvenirs, ne voit plus le sabreur masqué devant lui. Pris d’un élan nostalgique, il s’allonge sur le comptoir. Les mots s’échappent de sa bouche malgré lui, il regrette son chez moi, il a le mal du pays. Ces paysages qu’il a l’habitude de voir, ces grands espaces dans lesquels il pouvait naviguer. Désormais il doit vivre dans le village de la Brume, qui porte bien son nom, et où s’invite la pluie et la monotonie du ciel gris. Sa diatribe contre Kiri se poursuit, et comme si cela ne suffisait pas qu’il se moque de son village d’accueil, il se met avouer que les « Kaguya qui lui pourrissent la vie ». Les Kaguya ? N’est-il pas de la tribu Urumi ? Saji est confus mais continue d’écouter Shitekka qui aimerait retourner à sa tribu, où il n’avait pas besoin de monnaie d’échange pour obtenir sa nourriture, il lui suffisait de se servir d'un peu d'eau fraîche et de verdure que lui prodigue la nature.

Avant que la situation ne dégénère, Saji se lève de son siège pour marcher en direction du jeune ivre, qui se met à bousculer des clients à travers le bar. Comme si cela ne suffisait pas qu’il attire tous les regards vers lui. De nouveau, sa langue se délie. Passant d’un état de nostalgie à une attitude provocatrice, il dirige son énervement sur un lambda. C’est là qu’il révèle sa véritable identité, son identité de Kaguya. Pourquoi le lui avoir caché ? Par honte ? Par méfiance ? Peut-être les deux. Toujours est-il que Saji doit intervenir immédiatement et empêcher le jeune Kaguya-Urumi de casser davantage de verres ou de renverser d’autres tables sous l’œil agacé du gérant du bar. Le serveur, l’air désolé, s’approche du muet pour lui demander d’agir. Saji hoche de la tête et lui glisse quelques billets dans la main pour les réparations et ainsi que l’addition.

Arrivé à hauteur de Shitekka, il le ramène contre son épaule et l’accompagne dehors pour qu’il prenne un peu l’air. Après avoir assisté à cette scène surréaliste, les clients s’échangent des regards inquiets, certains des rires moqueurs. Très vite, le malaise s’estompe et les conversations reprennent, pendant que le serveur balaie les débris de verre au sol et remet les chaises en place. Passée l’entrée, Saji laisse le Kaguya s’appuyer sur lui pour marcher, et l’emmène aussi loin que possible avant que quelqu’un ne décide de commencer une bagarre. Ensemble, ils se dirigent vers le quartier Kaguya à pied, qui se trouve juste à côté. Maintenant qu’il sait que Shitekka fait partie de clan, en même temps que de la tribu Urumi. Il se pose beaucoup de questions. Mais sans interprète, il ne peut s’exprimer. C’est donc en silence qu’ils vont devoir faire le chemin… En silence, à moins que le jeune balafré n’en décide autrement.

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Dim 9 Déc 2018 - 23:32
En l'espace de quelques minutes, Shitekka avait révélé bien des informations à son encontre. Sa rage enfouie pour Kiri et plus particulièrement le clan Kaguya qui à deux exerçaient une terrible pression sur le Genin. Un profond désir de liberté restreint par la politique intérieur du village. Sa seconde nature de Kaguya. Et surtout… une résistance à l'alcool des plus terribles. Loin de ses comparses Kirijins dont on disait que le foie était d'acier, le balafré fit la terrible expérience d'une mauvaise cuite. À ses côtés, il impliqua malgré lui sa rencontre du jour, le muet Nobuatsu Saji qui n'avait rien demandé pour se retrouver dans pareille situation.

C'est ainsi qu'il se retrouva à porter par dessus l'épaule son camarade de riichi. Le mauvais buveur en question avait manqué de faire dégénérer la situation dans le bar où les deux hommes se trouvaient. Le serveur invita donc l'habitué à raccompagner chez lui son comparse aux yeux d'ambre embrumés. Les premières minutes furent difficiles pour l'éméché, qui apprécia l'aide du sabreur. Le pas lourd, hésitant, il avança péniblement à travers les ruelles silencieuses de la ville endormie dans ses draps de brume. Bien que plus calme que lorsqu'il déambulait bruyamment dans le bar, Shitekka continua de marmonner quelques plaintes dans sa barbe. Ses forces l'ayant subitement abandonnées, ses complaintes furent tantôt inaudibles, tantôt incompréhensibles. Dans son ivresse, le Kaguya baragouinait avec une prononciation approximative et entremêlait sa langue native à celle en vigueur dans le pays.

Un autre trait de Shitekka dans sa forme la plus honteuse, comprenez sous l'influence de l'alcool, c'était sa fâcheuse tendance à s'excuser régulièrement. Très régulièrement. Peut-être un peu trop même. Conscient de la gêne occasionné par ses déboires dans le bar, Shitekka ne manqua pas de répéter qu'il était désolé à de maintes reprises à Saji, qui n'avait malheureusement pas la possibilité de demander au jeune homme de se taire.

— Eeeeh mais atteeeend… … Pardon ?
Il suffit d'attendre un moment avant que le Kaguya ne décuve soudainement. Ce laps de temps, il correspondait au temps nécessaire pour que les deux hommes n'approchent du quartier Kaguya. Un endroit que Shitekka ne portait pas dans son cœur. Malgré la fatigue intense inhérente à son ivresse, le chasseur Urumi restait en mesure de reconnaître un minimum son environnement, et les infrastructures propres au domaine de son clan maternel étaient clairement reconnaissables parmi les maigres lueurs des lanternes éclairant les ruelles. Peu enclin à l'idée de s'aventurer dans pareil endroit, Shitekka se sépara du bras de Saji qui l'avait aidé jusqu'ici à se déplacer. Contenant sa panique, il lança:
— Hum… merci. Je devrais pouvoir me débrouiller à partir d'ici.
Ce qu'il ne voulait pas dire, c'est que dès lors que Saji partirait, il tournerait les talons pour retourner dans son appartement situé en périphérie du domaine Kaguya.
— Désolé insista sans s'en rendre compte le Kaguya pour ce soir… j'espère pouvoir me rattraper lors d'une prochaine fois, que ça soit dans une partie de riichi ou toute autre occasion. Désolé, vraiment.
Le regard abaissé, il fit alors mine de se diriger vers ses quartiers. Au fond de lui, il espérait que son protecteur ne tiendrait pas compte de son dérapage en fin de soirée. Malgré son coup au nez, il avait souhaité sincèrement que l'escrimeur daigne lui enseigner l'art abscons de l'écriture et de la lecture. L'alcool n'avait simplement fait qu'aider à formuler sa requête. Saji représentait l'une de ses rares rencontres au sein du village, et il ne doutait pas de sa capacité à lui faire apprendre les fondamentaux de la civilisation. Aussi, dans un geste solennel, il se plongea à son tour dans le mutisme et tira sa révérence, emboitant un pas plus léger qu'auparavant.

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Mar 11 Déc 2018 - 18:02
Si on avait dit à Saji qu’une simple partie de riichi pouvait conduire à une suite d’événements aussi improbables, il aurait peut-être choisi une autre façon d’occuper sa journée. Entre les yakuzas armés jusqu’aux dents et le jeune balafré qui s’est donné en spectacle devant tout le monde, nombreuses sont les questions qui traversent désormais l’esprit de l’homme masqué. Un Kaguya en plus d’être un sauvage d’une tribu lointaine. Pourquoi vivre aussi loin des siens ? Lui a-t-il caché ses origines car il ne lui faisait pas encore confiance ? Qu’il craignait que cette information parvienne aux hautes instances du clan qui auraient pris des mesures pour le questionner ? Qui sait. Il serait facile d’émettre l’hypothèse du criminel en fuite, ou bien de l’enfant Kaguya indésirable. Pourtant, Shitekka ne renferme pas de nature impulsive, on sent quelqu’un de réfléchi et capable de garder son sang-froid même en situation critique. Il réfléchit à chacun de ses coups, calcule les risques avant d’exécuter son plan. En tant que joueur de riichi, il n’y a pas de doute sur ses qualités tactiques, qualités qui conviennent parfaitement à un ninja qui souhaite développer ses capacités sensorielles. Au fond de lui, Saji ne pense pas que son partenaire de riichi l’ait menti sur le fait qu’il vienne de la tribu Urumi. Il suffirait de l’écouter parler de sa tribu d’origine, décrire les paysages dans lesquels il avait l’habitude de se mouvoir. L’émotion dans son regard. Cette intensité, cette envie de liberté. Impossible de mentir avec autant de conviction, peut-être lorsqu’il était sobre, mais pas sous l’effet de l’ébriété. Quoique… Le fait qu’il ait succombé à l’ivresse au bout de trois verres reste très suspect. En même temps, pourquoi ferait-il cela ? A quel dessein le manipulerait-il ? Saji ne voit pas. Il lui fait confiance, même s’il ne manquera pas de lui demander pourquoi il a omis de lui signaler son appartenance au clan Kaguya, qui est quand même un détail saillant de son identité. A moins qu’il ne reconnaisse pas cet héritage. Des questions en amènent d’autres… S’il continue ainsi, il n’en verra jamais le fond. Il décide donc de mettre ça à l’écart dans son esprit et se contenter de raccompagner son camarade jusqu’au domaine résidentiel de ses pairs.

La petite promenade à l’air frais semble calmer Shitekka qui titube de moins en moins, tandis que Saji le laisse s’appuyer sur son épaule pour avancer. Laissant échapper par moments des onomatopées au milieu du silence nocturne, il se rappelle que le sabreur masqué est muet et qu’il ne recevra plus de réponse de sa part avant d’arriver à destination. Enfin, des maisons à l’architecture connaissable se profilent à l’horizon. Malgré la brume, on reconnaît le quartier Kaguya et ses habitations très simples séparées les unes des autres, avec une bâtisse commune au centre pour rassembler les membres du clan. Sur le côté, on peut apercevoir un restaurant qui sert une spécialité : l’os à la moelle. Décidément, les Kaguya ont le sens de l’autodérision. Dans les rues, leur regard croise celui d’hommes en kimono dont le visage est voilé par un air froid et une peau blanche, à l’apparence fragile, caractéristique des membres du Clan Kaguya. La plupart ne sont pas des grands gaillards mais des individus relativement sveltes et légers dans leurs déplacements. Manipulateurs des os qu’ils font pousser à volonté depuis leur corps, à hauteur du chakra qu’ils ont en réserve, ils excellent dans le taijutsu et leur force héréditaire est reconnu non seulement dans Kiri mais aussi dans le monde shinobi. Saji ne dirait pas non à un affrontement singulier contre l’un de ces combattants nés.

Ils s’approchent, ils ne sont plus très loin. Soudain, Shitekka se dégage du bras de Saji qui est surpris par ce geste aussi brusque. Il semblerait qu’il ait repris ses esprits. Pourra-t-il rentrer de lui-même ? Se demande-t-il. Reconnaissant, le Kaguya lui déclare qu’il pourra se débrouiller pour parcourir le reste du chemin. Il s’excuse pour cette soirée qui s’est terminée d’une étrange manière. Mais Saji n’ose pas poser davantage de questions, il reste dans le silence et se contente de secouer ses mains devant lui pour faire comprendre à son nouvel ami que ce n’est rien. Qu’il est là pour rendre service. En parlant de service, ils se retrouveront sûrement dans un avenir proche pour qu’il lui enseigne l’écriture. Donc ce n’est qu’un « à bientôt ». Rassuré, l’homme masqué se tourne pour quitter le quartier Kaguya et se rendre au rendez-vous donné par le jounin Keisuke qu’il s’apprête à rencontrer pour la première fois. Malgré cet incident avec Shitekka, il n’arrivera pas trop tard au restaurant, qui est justement sur le chemin entre ici et le Cheval Aqueux. Pour Saji, la nuit n’est toujours pas terminée, et heureusement que l’alcool ne l’affecte pas au bout de trois verres, autrement il serait cuit.

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La magie du Riichi [PV Nobuatsu Saji]

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