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Oui, déjà [Sasayaki Tsukiko]


Lun 22 Oct 2018 - 20:48

Oui, déjà

Quartier de Kumo

Sasayaki Tsukiko





Depuis la réunion que j’avais dirigée dans le cœur de l’assemblée, et la rencontre avec cette jeune femme sortie de nulle part ; j’avais eu le temps de réfléchir au déroulement que nous allions donner à cette mission. Et je devais reconnaître que l’idée qu’elle avait instillée dans mon esprit s’était étendue et m’avait conforté dans ma première impression, ou intuition. Ainsi, je n’avais pas perdu plus de temps en réflexion et interrogation pour rendre mon « verdict » à la dénommée Tsukiko. Parée du morceau de papier portant son adresse, je m’étais mise en mouvement. J’avais quitté mon bureau pour la rejoindre. Quelques minutes et voilà qu’une porte se dressait devant moi.

J’y frappais, sans vraiment savoir où je me trouvais car oui, être la directrice du complexe scientifique ne voulait pas dire que je connaissais tout Kumo, chacun de ses bâtiments, chacune de ses adresses. Enfin… Je supposais que je n’étais pas au mauvais endroit, simplement. J’attendis donc derrière cette porte, tenant le morceau de papier entre mes doigts, revérifiant de temps à autre ce qui y était inscrit pour être bien sûre que je ne m’étais pas trompée d’endroit. Et déjà me demandais-je quelle serait la réaction de la jeune femme ; saurait-elle répondre à mes questions et mes attentes, et surtout serait-elle apte ?

La Sasayaki apportait une touche de mystère à cette entreprise et son résultat ; un autre intérêt aussi. J’étais curieuse, et impatiente d’assister aux futures discussions qui se tiendraient entre « nous » et les autorités d’Hayashi. Mais pour l’heure, j’attendais juste patiemment de voir l’intrigante se manifester. Puis, cela me laissait le temps de mettre mes idées en ordre, et de réfléchir à d’autres sujets qu’il me faudrait aborder avec mes équipes de l’institut au cours de la journée. Oui, il n’y avait jamais de bons moments pour la réflexion, ils étaient tous, toujours ; propices.



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Dernière édition par Ikeda Sazuka le Dim 28 Oct 2018 - 4:40, édité 1 fois
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Lun 22 Oct 2018 - 22:21
Quartier pauvre de Kumo, tout au sud, la bâtisse semblait ecrasée entre deux bâtiments tout aussi vétustes et dégradés. Finalement, la porte grinça, tirée de tout son poids et de toute son usure, jusqu'à découvrir deux pupilles bien rondes, encadrées d'une chevelure brune et bouclée.

L'enfant, tout juste âgée d'une dizaine d'année, regardait l'inconnue sans lâcher un seul mot. Elle ouvrit la bouche, mais seul un son feutré s'en échappa, avant de s'étouffer de lui-même. Timide ? Si seulement. Elle attrapa la main de la jeune femme et la guida à l'intérieur du bâtiment, jusqu'à une petite pièce exigüe, meublée d'un lit sur le sol et d'un bureau rafistolé sur le côté. Une forte odeur d'humidité imprégnait les lieux, résumant parfaitement le déclin de tout un quartier.

Faire face à son quotidien misérable à côté d'un témoin silencieux pouvait heurter la fierté, être difficile à admettre. Pas pour Tsukiko. "Merci ma puce." D'une caresse affectueuse dans le dos, elle donna congé à l'enfant. "Bienvenue dans mon petit monde, Ikeda-san." Elle retourna la seule chaise de la pièce pour son invitée et s'assit sur un coin du bureau. "J'ignore si je dois m'inquiéter de vous voir revenir si vite vers moi, ou non." Un sourire s'était dessiné sur son visage, la jeune civile se savait accessoire dans la décision apportée, car celle-ci revenait exclusivement à la kunoichi.

-"Désirez-vous un peu de thé ?" Quelque fut sa décision, la politesse demeurée importante. Et puis, la pauvreté n'empêchait aucun accueil : une tasse chez l'un, une théière chez l'autre... la promiscuité offrait tout de même quelques possibilités à Tsukiko.


Dernière édition par Sasayaki Tsukiko le Mar 23 Oct 2018 - 19:07, édité 1 fois (Raison : Oups, petite coquille sur le nom de ton personnage (dsl))
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Mar 23 Oct 2018 - 0:30



Ces lieux, ces bâtiments ; j’étais sans doute dans le quartier le moins favorisé de Kumo. Mais ce qui aurait frappé n’importe qui n’y étant pas habitué me laissait relativement indifférente. Cela ne faisait qu’un an et quelque que je vivais dans ce village et que je bénéficiais d’un toit ; tout le reste de ma vie je l’avais passé à quelques rares exceptions, dans la nature. Je ne savais pas si me faire venir ici avait un but caché, comme m’apitoyer ou m’émouvoir et si tel était le cas, c’était malheureusement peine perdue. Certes je trouvais cela un peu… dommage…

La porte s’ouvrit alors et je fus accueillie par une enfant, peut-être trop timide, peut-être simplement muette. Cela ne changeait rien au fait que je n’aimais pas les enfants, quels qu’ils fussent. Au mieux, je les tolérais et c’est ce que je fis en acceptant de la suivre, d’entrer dans cette vieille bâtisse et d’y rencontrer, finalement, la jeune femme aux bouclettes. Voilà donc l’endroit où elle vivait ? C’était… somme toute assez confortable, tout au moins pour moi. Un toit, un lit, une chaise, un bureau… Oui, c’était bien suffisant.

-Du thé, oui, merci. Répondis-je simplement sans artifice. Oui, j’ai pris ma décision. Tu pourras participer à cette mission. Confirmais-je aussitôt. Deux jours m’avaient suffi. Raizen, n’était pas contre et même s’il l’avait été… Et, je n’avais pas besoin d’autres avis sur la question. Après tout, j’avais eu carte blanche de la Raïkage. Tu seras sous la responsabilité de Meikyu Raizen. L’informais-je de plus. Je l’observais un instant, elle, sa théière et sa tasse.

Maintenant que la nouvelle et les modalités étaient énoncées, nous allions pouvoir entrer dans le vif du sujet, à savoir : étancher ma curiosité. Sans me perturber, certains détails avaient le don de m’éveiller et davantage encore depuis que j’étais entrée dans cette pièce.

-La gamine là, elle a quoi ? Demandais-je d’abord avec détachement. Si je pouvais dresser un diagnostic précis des différentes pathologies et maladies, il m’était néanmoins aussi difficile de distinguer un handicap d’un symptôme, sans auscultation ou autres informations. Et, que fais-tu ici ? Tu aides les personnes dans le besoin, les laissés pour compte ? L’interrogeais-je de nouveau. Peut-être ses réponses allaient elle m’aiguiller…



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Mar 23 Oct 2018 - 19:33
Parfait, Tsukiko était de la partie et voyagerait pendant quelques temps dans un groupe de shinobis, en immersion totale. Une étude de cas alléchante se présentait à elle, aussi elle la saisit sans se faire prier. Ne poursuivant pas davantage sur ce sujet, la jeune femme préféra répondre aux interrogations de la kunoichi, en toute transparence. Et puis, Sazuka s'avérait être une scientifique, son avis apporterait certainement un regard neuf et pertinent.

-"Mumei ? Un blocage depuis sa plus tendre enfance. Difficile d'en déterminer la cause, du fait que ça l'ait rendue muette. D'après les infos que nous avons pues recouper, nous soupçonnons un abandon par ses parents -ou tuteurs-, très tôt. Mais je ne perds pas espoir de la faire communiquer, d'une manière ou d'une autre." Elle marqua une pause, dans la voix comme dans le geste, songeuse, avant de poursuivre. "Par exemple, le fait qu'elle vous ait prise la main n'a rien d'anodin. Cela mériterait que l'on s'y penche, à l'occasion." Témoin d'une ouverture dans la carapace de l'enfant, Tsukiko creuserait le point ultérieurement.

Reprenant la préparation du thé, elle se prêta au jeu de question-réponse initié par la curiosité de l'Ikeda. "À vrai dire, nous nous entraidons. Je les accompagne dans leur réinsertion sociale. En échange, certaines d'entre elles me rapportent ce qu'elles peuvent entendre à droite à gauche, sur ce qu'il se passe dans le village et ses environs." Bien que ce ne fut en rien une règle établie, seules des femmes vivaient dans cette bâtisse. La Sasayaki s'abstint toutefois quant aux raisons de ce matriarcat, et préféra inverser les rôles, l'instant d'une question.

-"Et vous, pourquoi gardez-vous cette distance avec les gens ?" Fidèle à elle même, Tsukiko fut directe. L'interrogation, profondément personnelle, visait l'introspection. Elle posa la théière et tendit une tasse à son invitée, avant de saisir la sienne au creux de ses deux mains. Ses yeux se posèrent alors sur Sazuka, à la recherche d'une réaction, même minime et inconsciente. Un hoquet, un tic, une ride qui se forme, un muscle qui se crispe, un signe qui trahirait une émotion et fournirait un premier indice pour déchiffrer sa future chef d'expédition.

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Mer 24 Oct 2018 - 19:17



Son mutisme n’était donc pas d’ordre « physique » mais psychologique. Un mal pour lequel je ne pouvais malheureusement rien. Issus d’un trauma lié à la petite enfance, les maux de ce type ne trouvaient malheureusement leur remède que dans le temps, et la confiance. Elle, c’était le mutisme, moi c’était l’incapacité à nouer des liens aussi solides que sains. Je pouvais facilement m’attacher à quelqu’un, me dévoiler…

Mais j’évitais de le faire, je n’en connaissais que trop bien le résultat. En effet, malgré mes talents pour la médecine générale dite civile ; et l’Iroujutsu je demeurais une personne… « destructive », et pour ça, assurément, que je restais distante ; entre autre. Quelques années auparavant j’aurais été incapable de tenir une discussion avec cette jeune femme, et encore moins de tenir une main. J’avais vraisemblablement franchi ce cap.

-Hum… Cela prendra du temps alors. Que du temps… Répétais-je comme s’il s’agissait de l’unique réponse au mutisme de l’enfant. Comme quoi il était difficile de s’imaginer au premier abord que je puisse rencontrer une personne ayant un tel point commun avec moi. Donc… ils s’entraidaient… C’était… presque admirable de voir des personnes faire preuve d’une solidarité au milieu d’un village militaire tel que Kumo. Des oubliés de Kaminari, des vestiges de Shitaderu que je relativisais sans trop de scrupules.

En effet, la solidarité entre « pauvres » était-elle si… admirable ? Je n’en avais pas l’impression ; elle découlait seulement d’un manque de solution au court terme. Et je me demandais donc si l’une de ces personnes, passant de la pauvreté à la richesse ; garderait cet état d’esprit. J’aimais à le croire. Enfin, je n’allais pas partager mon point de vue avec leur « leader », mes opinions et ma philosophie restaient personnelles jusqu’à ce qu’on veuille les connaître.

Finalement, rien de bien différent de tout ce que j’avais pu connaître. Une personne rendant un service sans vraiment demander de contrepartie autre que des informations… Il n’y avait pas besoin d’être un expert du social ou encore faire preuve d’une grande compassion ; non, il fallait seulement faire montre d’intelligence. Oui, d’intelligence, car les plus fins esprits comprennent rapidement que l’information, ou les informations valent parfois plus qu’une liasse de Ryos.

Cette Tsukiko était donc de cet acabit ? Profitant d’une situation de faiblesse pour s’accaparer des renseignements et en tirer avantage ? Oui… elle avait le mérite, dans cette histoire, d’être intelligente. C’était à peu près donc, de cette façon que je pensais et voyais les choses. Ce que les uns peuvent apporter aux autres et ce que les autres y trouvent comme intérêt. Autant que je ne me peignais pas un portrait spécialement idyllique de l’action de la jeune femme, ici. Mais au moins, elle ne s’en cachait pas.

Puis, sa question m’extirpa de ma pensée, un peu comme une claque l’aurait fait. Pourquoi mettais-je de la distance entre moi et les autres ? Une question profonde et hautement personnelle. Une question à laquelle j’avais déjà songé, et dont je connaissais déjà la réponse. Je n’avais pas à lui répondre, mais je me le devais. Ce n’était pas une « information » qui m’était préjudiciable et qui avait encore moins besoin d’un remaniement.

Mais je devais reconnaître que… c’était une bonne question. Si je mettais un point d’honneur à répondre avec plus ou moins de franchise –mais toujours sans mentir- jamais on ne m’avait posé, dans ce village, de vraies questions ; pas comme celle-ci. Au final… J’étais réellement surprise. Un sourcil d’abord arqué qui se relâcha aussitôt, je lui réponds.

-Les personnes sont… souvent… source de déception. Soupirais-je brièvement. Cette distance me permet de savoir qui est digne de confiance et de me prémunir face à la « déception ». Laquelle pouvait revêtir nombre d’apparats… Faiblesse, mensonge, trahison… Eviter de me lier me permettait de ne pas être impactée, simplement. Mais aussi pour éviter aux "autres" certaines déconvenues... Dis-je évasive. J’avais toujours été habituée à me protéger des autres tant physiquement que psychologiquement et même sentimentalement. Tetsu sous ses airs de noblesse était un pays… dur, et fort d’enseignement. Tu seras rémunérée par le village pour ta participation à ce déplacement. Ce sera un « bon » moyen d’aider toutes ces personnes. Dis-je en portant la tasse de thé à mes lèvres -et changeant de sujet par la même occasion. Cet endroit était un peu… l’envers du décor. J’ai plus d’argent que je n’en ai besoin, si « vous » avez besoin d’aide.

Dans la forêt de Shikkotsu, j’avais prononcé un serment qui me faisait jurer de venir en aide aux autres et de n’employer mes ressources que pour le bien commun. Si ce serment parlait bien sûr de mon savoir médical et mes dons pour l’Iroujutsu ; je pouvais sans doute l’étendre à l’ensemble de mes ressources. Le savoir… l’argent… Je n’avais vraiment que faire de l’argent…



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Jeu 25 Oct 2018 - 22:31
La crainte de décevoir, comme celle d’être déçue était un sentiment des plus naturels. En un sens, cela rassura Tsukiko d’entrevoir cette sensibilité profondément humaine chez Sazuka. C’est le contexte d’un monde en tension, de nations au bord du gouffre de la guerre, qui engendrait cet instinct égoïste d’auto-préservation, en parfaite opposition avec ce qu’essayait de faire la jeune femme dans ce quartier. L’entraide nécessitait un certain niveau de confiance, et l’assurance d’arrière-pensées exemptes de toute suspicion. Pour autant, cela ne prêtait aucune candeur au jugement de la Sasayaki.

-« Je respecte tout particulièrement votre clairvoyance, fondée sur votre propre expérience. Tout comme la patience dont vous faites preuve pour que chacun se révèle sous son vrai visage. » D’une certaine manière, si les deux femmes optaient pour la même méthode basée sur l’attente, elles s’opposaient quant au résultat escompté. Quand l’une s’attendait à voir surgir la part d’ombre cachée en chacun de nous, l’autre en saisissait la pureté. Aucune naïveté là-dedans, simplement des destins de vie divergents, pour des personnalités différentes.

À son tour, Tsukiko déglutit un peu de thé. La jeune femme ne sous-estimait aucunement le pouvoir qu’offrait l’argent. Mais pour l’avoir expérimenté par le passé, elle se méfiait de son aura néfaste. « L’argent n’est pas un "bon" moyen d’aider... » Lui répondit-elle. «... du moins pas s’il est l’unique levier d’amélioration. » La limite qui séparait l’entraide d’une facilité perfide lui semblait trop ténue, et le risque trop grand. Aussi elle déclina la dernière proposition de Sazuka. À sa manière.

-« Vous êtes à la tête de l’institut, n’est-ce pas ? » La question se voulait davantage rhétorique. « Votre expertise médicale nous serait bien plus profitable. Que diriez-vous de mettre en place un créneau de consultations gratuites, une fois toutes les deux semaines, directement dans notre quartier ? » Cela ne se voulait aucunement charitable. Tsukiko y voyait là l’opportunité de renforcer les liens entre shinobis et civils, de faire naître un sentiment d’appartenance et de cohésion fort entre les populations de Kumo.

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Dim 28 Oct 2018 - 4:39



-Clairvoyance… le mot est un peu fort. Repris-je aussitôt la jeune femme. Observer était l’une de mes qualités majeures, avec la patience ; deux atouts qui me permettaient d’être efficace dans mon domaine, mais aussi de cerner les individus que j’étais amenée à rencontrer au gré de mes missions et autres obligations. Et c’était bien parce que j’étais incapable de les cerner au premier abord que je devais… être patiente ; afin de comprendre. Les relations humaines et moi, nous ne faisions pas corps même si je tendais à m’améliorer, avec le temps.

Je devais avouer qu’à de nombreuses reprises j’avais peiné à bien saisir les attentes cachées de mes interlocuteurs. J’aimais la simplicité et davantage encore que l’on soit direct avec moi ; ce qui semblait assez paradoxal compte tenu de mes compétences « chakratiques » ou encore de ma fonction. Néanmoins, ce léger handicap découlant d’une longue vie de solitude en territoire hostile, celui qu’était mon pays natal, ne m’avait pas rendu aveugle ni stupide. Il y avait certaines choses que je percevais assez rapidement, certains comportements ou attitudes ; que je n’avais pas l’impression de voir, pour le moment, chez la jeune bienfaitrice.

-Oui… Je comprends. C’était d’ailleurs pour cette raison que l’argent n’était pas ma principale motivation, contrairement à ce que beaucoup purent penser lorsque j’étais arrivée au village, accompagnant le Raïkage, comme mercenaire recrutée à la volée, des suites du désastre de leur réunion « au sommet », à Tetsu. Eh bien… Utilise cet argent intelligemment, alors. Je ne comprenais pas vraiment où était le problème… Enfin, pour moi c’était assez simple… Comme la suite… Non. Tu comprendras que je n’ai pas le temps de m’occuper de la misère du monde ; ou celle de Kumo. Répondis-je donc directement.

Respecter un serment était une chose, allouer mes ressources « financières » à d’autres en ayant plus besoin que moi en était aussi une ; mais donner mon temps… En était une toute autre. Ô, je ne refusais pas d’ausculter ou de soigner des « misérables » mais…

-Le complexe scientifique, ou son hôpital tout au moins ; est ouvert à tous les Kumojin, civils y compris ; qui sont si je ne me trompe pas, des Kumojin. Soulignais-je avec une certaine insistance. Toutes mes consultations, et celles de mes confrères, sont gratuites. L’hôpital n’est pas si loin d’ici pour que « nous » venions à vous. Dis-je avec un soupir suintant mon ennui quant à cette idée, qu’elle fût charitable ou pas. Je viens d’un pays où on dressait des barrières entre les personnes ; où on les sépare en groupe de plus moins grande importance sur une échelle sociale. Moi, et les médecins de Kumo, ne faisons pas de différence entre les Kumojin. Affirmais-je.

Oui, c’était vrai aujourd’hui ; mais ce n’était pas si vieux comme façon de penser et de voir les choses. Bien évidemment, fut une période, lors de mon arrivée dans ce village, au début ; où j’accordais bien plus de valeur aux shinobi qu’aux civils, et ne leur réservais donc pas le même traitement… Enfin, cette période était aujourd’hui révolue, fort heureusement…

-Enfin… Je peux, peut-être voir si un médecin serait d’accord pour le faire… Repris-je finalement. Ca c’était tout à fait possible, à vrai dire. Mais pas moi, j’en étais simplement incapable, pour le moment. Bien sûr, je ne lui en voulais pas d’avoir tenté ; après tout elle ne savait pas vraiment qui elle avait en face d’elle.



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Jeu 1 Nov 2018 - 16:45
La honte de leur propre condition figeait les habitants de ce quartier dans leur misère. Alors oui, il semblait si simple pour les privilégiés de dire "venez à nous", puis de s'offusquer de ne voir passer personne. "Pas le temps", "Ce n'est pas mon boulot", toujours les mêmes réponses, les mêmes excuses pour s'éviter l'initiative d'un premier pas. Tsukiko ne méprisa pas ce comportement, elle s'y était simplement habituée, et n'offrit qu'un aimable "Merci" tout juste murmuré, comme seule réaction. Après tout, l'Ikeda pliait ses habitudes pour s'accorder sur une solution favorable aux plus démunis.

Elle décelait dans le comportement de son interlocutrice un compromis fragile entre âpreté et indulgence. Un court silence s'installa, durant lequel Tsukiko laissa son regard plongé au fond de sa tasse, vide, à la recherche d'une pensée perdue. Un visage, un souvenir, la réminiscence d'un évènement quasi-identique... mais rien ne lui revint.

Tant pis, elle aurait préféré poser une toute autre question, mais la jeune femme s'abstint pour revenir au cœur du sujet ayant poussé Sazuka jusqu'à elle : Hayashi.

-" Pour quand est prévu le départ vers le pays des Bois ?" Quelque soit la réponse, elle serait prête. Ne rien posséder l'avantageait d'une certaine façon, en lui offrant la capacité de changer ses plans dans l'heure. Petite femme réactive, elle s'adaptait depuis toujours.

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