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Miroir, Miroir, dis-moi ... | Semi-explicite | ft. Nakamura Ueno & Yuki Eiichiro


Dim 9 Juil 2017 - 22:34
Un froissement. Rien qu’un froissement. Dans le silence de la pièce, nulle lumière ne pénétrait. Sombre. Silencieux. Glacial. Un lit pour une seule personne. Un simple drap, froissé. Il y avait aussi un bureau, où rien ne traînait jamais. Pas même un papier n’était laissé à l’abandon. Pas même une poussière non plus. Ne restait qu’un dernier meuble, à vêtements. Là aussi, rien ne traînait. Comme si la pièce n’était même pas habitée. Comme si personne n’y était entré depuis des années, sinon pour un entretien sommaire. Aucune trace de vie sinon ce lit au drap froissé. Un unique coussin parachevait l’ensemble d’une pièce morne. A l’intérieur de ce lit, un seul homme. Nu. Une jambe à l’air, hors du drap, traînait même hors du lit, laissait apparaître une partie d’un fessier aussi dénudé. Là s’achevait le drap, à cette ceinture à moitié couverte. Se dévoilait ensuite un dos, marqué d’un large tatouage, cachant quelques cicatrices.

Un râle perturba le silence matinal de la pièce alors que l’homme, Yuki Eiichiro, s’éveillait lentement d’une nuit courte mais suffisante. Sans prendre le temps de traîner davantage dans ce lit qui ne faisait que l’accueillir durant de brèves nuits, il en sortit, se dirigeant déjà vers le bureau, ouvrant un premier tiroir, tirant son cache-œil et un dossier. Puis, le temps d’une douche rapide et nécessaire, il se posa à sa table. Bientôt, une pendule accrochée au-dessus de la porte d’entrée sonnait 05:00. Puis, de nouveau, le silence. Scrutant attentivement les pages déjà lues et relues, le Yuki s’intéressait aux nombreux détails donnés par l’auteur. Se grattant l’œil d’une poussière, il prit une courte gorgée de son lait matinal avant de refermer le dernier document. Le rangeant à nouveau à sa place, il lava son verre qu’il rangea à la même et habituelle place. Unique verre dans une collection unique de couverts.

Tôt, comme chaque matin depuis des années, il se prépara tranquillement à sa nouvelle journée. Aussi, modifiant son horaire, il se rendit sans tarder aux geôles, affirmant qu’il serait absent pour la journée. Il affirma aussi, au veilleur de nuit, qu’aucun de ses détenus ne devait être nourri, ajoutant même que quiconque oserait le défier transgressait les règles et finirait dans une cellule. En ces lieux, seule la peur permettait de se faire réellement respecter. Puis, quittant les lieux, il se rendit sur un terrain commun où de nombreux Genins passaient leurs journées à s’entraîner, rêvant déjà de parcourir le monde pour des missions dangereuses où ils seraient de véritables héros de guerre. Certains, plus pragmatiques, s’entraînaient plus sérieusement, espérant principalement se retrouver sous l’aile bienveillante d’un professeur particulier. Son regard, froid, passa en revue les soldats et, d’un rictus de dégoût, il s’en éloigna pour se diriger vers un candidat récalcitrant. D’un hochement de tête, il salua un surveillant et, d’un autre mouvement, signala sa direction. Puis, à un mètre de la jeune fille, sur le coup de 08:30, il lui adressa quelques mots. « Nakamura Ueno, tu me suis. En silence. » Rien de plus. Même pas un regard. Il se retourna sans attendre, sans même lui laisser le temps d’une question.

Il marcha plus d’une heure en silence, sans se retourner une fois pour vérifier qu’elle suivait, sans même entendre si elle parlait. Une heure d’un traitement silencieux. Les mains posées dans les poches, le regard droit devant lui, il se rendait à un terrain éloigné. Tout ceci était manigancé, comme plusieurs fois répété. Il voulait lui faire perdre patience, qu’elle s’énerve, qu’elle perde son sang-froid. C’était là même sa première épreuve. Sans qu’elle ne puisse rien y faire. Rien dire. Elle ne pouvait que subir l’intraitable traitement que lui faisait subir le Jônin qui, aujourd’hui, lui faisait aussi la faveur de sa présence. Il marchait lentement, aussi. Parfois, il se permettait quelques petites accélérations. Puis freinait à nouveau. Son visage, lui, restait impassible. Puis, sans rien indiquer, il s’arrêta et vint à s’asseoir sur un tronc d’arbre mort depuis longtemps. Aucune présentation. Pointant d’un doigt l’épée qu’elle possédait, il la sermonna. « Première et unique règle. Tu poses une main sur la garde ton épée, je te gèle le bras et le brise en mille morceaux. », lâcha-t-il alors qu’il gelait brièvement le sol à ses pieds. Puis, se relevant déjà, il se mit à sa hauteur.

Sans attendre, le dos de sa main s’écrasa violemment contre la joue gauche de la jeune femme. Son regard, glacial, perçait la jeune femme, comme s’il était encore dans sa cellule, exploitant le corps d’un prisonnier pour qui il ne ressentait aucun sentiment, aucune empathie ni sympathie. « J’ai lu entièrement ton dossier. Plusieurs fois. Es-tu aussi assagie que l’auteur le prétend ? » Comme il en avait si souvent l’habitude lors de ses interrogatoires, il fit un tour autour d’elle, sans même se retourner. Comme une provocation. Comme s’il affichait réellement son dos. Comme s’il n’était pas préparé à subir une attaque. Il s’amusait de ce jeu. « Si tel est le cas, tu ne m’intéresses pas et tu peux aussi bien crever ici. »


Dernière édition par Yuki Eiichiro le Mer 26 Juil 2017 - 10:52, édité 1 fois
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Lun 10 Juil 2017 - 1:15
Fraîcheur apaisante. Rosée matinale. Feuilles bruyantes sur ce sol presque pur. Il était tôt, beaucoup trop tôt pour si peu de sommeil. Il ne s'agissait même pas de cet état revigorant durant laquelle un shinobi récupérait ce qu’il avait dépensé : Chakra, énergie, force, volonté. Pas un œil n’avait eu le privilège de se clore. Alors les jumeaux avaient lutté pour ne pas subir. Car en secret, derrière ces paupières assoupies se cachaient de terribles événements. Épouvante. Scénarios atroces. Une emprise. Un cauchemar. Du sang. Tout avait toujours tourné autour de lui, quoiqu’il advienne. Il voulait me faire plier, céder, m’abandonner toute entière. Ni corps, ni âme, ni conscience. Rien que ce vide et ce rouge qui me ravivait d'adrénaline. Je devais l’expier, bannir cette épée de Damoclès qui me chatouillait la nuque mais qui agrippait déjà mon cœur.

Il perlait de la sueur sur mon front. Une, deux, puis trois et quatre, et sans réellement le contrôler je toussai. Ce n'était pas une toux comme à l'accoutumée, celle-ci était livide, épuisée. J'avais passé la nuit dehors à tenter de récupérer les maîtrises d'avant ma sanction. Finalement rien ne se perdait vraiment, mais encore fallait-il l'entretenir. Si auparavant je transfusais parfaitement mon chakra dans ma lame, aujourd'hui c'était chose moins aisée. Soit trop de puissance et Dokueki devenait quasi-incontrôlable, soit pas assez et cet affreuse bête ne se donnait même pas la peine de sortir ses écailles. Épée indigne. Il était capricieux ce reptile. Pourtant je l'adorais. J'entendais son sifflement raisonner jusque dans mes canaux sensitifs. Il m'agressait, m'affaiblissait, il me rendait folle. Oui, je l'aimais. J'étais définitivement sa proie dans la mesure où je n'étais pourtant pas victime de son poison. Néfaste phénomène qui engendrait de monstrueux actes, tout ça c'était du passé pour moi, je lui résistais. Je m'y résistais.

Agenouillée sur la terre ferme mais appuyée sur mon katana planté dans le sol qui perdait de son charme à cause de ce que cette lame spéciale lui inculquait. L'herbe avait jauni à vue d’œil déjà en une dizaine de minutes. Que ferais-tu Dokueki ? Je sais pertinemment ce que tu ferais. Encore une évidence. Tu chercherais une nouvelle victime à dévorer de ta violente mâchoire et de tes crocs insensément frémissant pour ce repas. Mais impossible de faire le vide quand, simplement, efficacement, il m'interpella et ordonna de le suivre. Ce parfait inconnu. Aussi aurait-il pu être un ennemi ou un détraqué que je l'aurai quand même suivi. Puis, à force de retracer les contours de ses pas sous les miens, à tout observer de ce que je pouvais constater, il fallait dire qu'en une heure de temps je devais bien meubler comme je pouvais pour ne pas perdre au jeu de l'idiot-qui-tiendra-le-plus-sa-langue. Quelque chose me disait que je l'avais déjà vu, alors l'hypothèse de l'étranger vengeur se dissimula. Que me voulait-il ?

Je me postai à une distance sécuritaire de mon bourreau. La main droite sur la hanche, tandis que l'autre vaquait du côté de l'étui portant Dokueki. Puis le poids d'une accusation, d'une menace. Je restai humble de sang froid. Enfin la foudre tomba. Énième sentence. L'électrochoc de ce dessus battant ma joue sans une once de retrait. La vision opportune de la coupure qui m'empêcha de respirer en cet instant. Toujours en silence je l'observai en reprenant son passage du regard lorsqu'il arriva devant mes prunelles émeraudes. Il sembla que mes dix doigts se serrèrent. Je ne les sentis même pas, or, si mes poings se faisaient sadiques entre eux, le reste ne bougea pas. Je le refusai.

Je compris un peu mieux et identifiai finalement l'homme comme un Yuki, puis comme un plus haut gradé que moi. Mon dossier devait en dire si long, que d'instinct je rétorquai : « Je ne suis plus comme mon ancien maître le pensait, peut-être seras-tu déçu, ou peut-être pas, mais si tu savais comme je m'en contrefiche. » D'une part j'avais honte mais d'une autre j'étais flattée et attisée. « En revanche j'ai beau creuser, je n'ai pas la chance d'avoir eu ton dossier, homme du clan Yuki. » L'une de mes mains se desserra pour approcher du fourreau, comme attirée par le danger et l'incertitude. Cela m'excitait familièrement, comme auparavant mais je ne le touchai pas. « Qu'est-ce que tu me veux ? Je n'ai rien pour toi, et quand bien même tu serais là à cause de mon passé on m'avait certifié qu'aucune autre sanction ne serait entreprise. » Je le fixai et attendais qu'il revienne vers moi sous ce même petit vent des marécages qui faisait danser la fine cascade de cheveux noiraude surélevés en queue de cheval et tombant jusqu'au milieu de mon dos, seule chose qui semblait frémir pour le moment.

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Mar 11 Juil 2017 - 10:37
Elle l’amusait. Ou, plutôt, elle l’avait amusée. Sur le papier de son dossier, elle avait tout ce qu’il aimait. Elle semblait sauvage, indomptable. Elle avait cette énergie qui pouvait la conduire sur de nombreuses voies. Il s’était d’abord imaginé qu’une longue marche silencieuse, sans aucune explication, aurait eu raison du silence de la jeune femme. Là-dessus, il s’était trompé. Pas une seule fois elle n’avait posé une question. Pas une fois elle n’avait émis une plainte. Elle s’était contentée de suivre le pas. Pire, lorsqu’il avait levé la main sur elle, sans même une once d’explications, elle avait encore accusé le coup. Elle n’avait pas bronché, se contentant de subir un coup injustifié. Elle n’avait rien dit, même pas une grimace significative. Son regard s’était contenté de cette passivité qu’elle avait depuis le début. Finalement, même lorsqu’il passa dans son dos, lui montrant son propre dos, elle n’eut aucune réaction. Comme si son dossier n’était finalement qu’une immense ironie.

Elle l’avait amusée. Mais ce temps, alors qu’il l’avait pour la première fois devant lui, était déjà passé. Alors qu’il la découvrait réellement, il la trouvait fade, incapable de se montrer digne de l’intérêt qu’il avait démontré en la sortant de sa monotone vie. Elle n’était, finalement, que l’ombre d’elle-même. Une ombre qui ne l’intéressait plus. Avait-elle donc perdu sa soif de sang au profit d’une plus grande ambition ? Sacrifiait-elle donc son essence ? Taisait-elle ? Ou peut-être n’était-ce qu’un mensonge. Aussi, se tournant de nouveau vers ce corps inerte, il poussa un soupir, détaillant pour la première ce corps qu’il voyait de dos. Un corps banal. Elle était banale. D’une banalité fatigante. Comme s’il s’était déplacé pour rien. Se lassant déjà d’une situation qui, finalement, n’avait fait que perdre son temps, il s’approcha à nouveau d’elle. « Tu n’auras pas à connaître mon dossier, Genin. », lâcha-t-il en haussant les épaules. « Je suis Jônin. Je travaille comme interrogateur aux Geôles. », il passait juste à côté d’elle et, d’un geste qui se voulait dégradant, lui claqua une véritable fessée. Pourtant, il ne souriait pas, ne s’en amusait pas. Si cette femme voulait se montrer sous un nouveau jour, qu’elle lui prouve. « Et, tu l’auras deviné, je suis un Yuki. » Il en avait assez dit sur lui.

Se posant à nouveau sur le tronc mort, alors que les dernières traces de glace disparaissaient, il scruta plus attentivement ce corps. Juste un corps. Ou une enveloppe vide. Tant d’attentes pour une telle déception. Elle n’avait rien de ce qui avait été décrit, sinon ce dernier rapport. Elle n’avait plus la même énergie. Elle n’était même plus là. Aussi, se redressant davantage tandis qu’il croisait ses pieds devant lui, il continua de lui répondre. « Ce n’était pas une sanction. » Il posa finalement son regard dans celui de la jeune femme, attendant encore de découvrir des flammes vengeresses. « Disons même que, grâce à ton passé, tu obtenais une promotion, si on peut dire cela. » Il haussa les épaules et, se relevant, vint tapoter la joue encore rougie de cette femme. « Mais tu l’as déclinée en me faisant savoir que tu n’étais plus celle de ton passé. » Puis il fit à nouveau le tour de ce corps qu’il se mettait à détester. « Ce que tes actes laissent entendre. »

Agrippant cette queue de cheval qui volait au vent, il tira violemment dessus, la forçant à plier la tête en arrière. Puis, murmurant à son oreille, il lui fit savoir ce qu’elle allait manquer. « Je voulais voir ce dont tu étais capable avec un prisonnier, ce que tu pouvais tirer d’un homme sur qui tu as le droit de vie et de mort. » Puis, relâchant son étreinte, il la jeta en avant, frustré d’avoir perdu son temps avec ce fantôme. Se détournant d’elle, il lui tourna le dos puis ferma les yeux sous ce vent qui annonçait de fortes pluies.
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Mar 11 Juil 2017 - 20:17
L'attente insoutenable pesait sur mes épaules. Il me dévorait à chaque seconde un peu plus. Croquant mon estomac, parfois ma tête et parfois ma gorge. Peu importe où il était il ne semblait pas vouloir m'épargner. J'avais chaud. Très chaud. Mon cœur bouillonnait, il flambait. L'esprit assombri et une volonté qui s'effaçait. La peur s'en alla. Je fermai les yeux une courte seconde et pourtant j'y vis tant de chose. La désolation, les cris, les fracas bruyants de lames qui s'entrechoquent, le rouge qui dégouline et tâche la pureté. Les miens, les leurs, cela n'avait aucune importance tant que la finalité était atteinte. L'intérêt du désespoir. L'envie de sang. Encore et toujours. Elle ne s'estompait pas, jamais. Alors en ouvrant les paupières cette lueur regagna mon regard verdâtre. Un éclair pertinent qui raidit les muscles de mes doigts. Il me répugnait d'un seul coup et me rendait une certaine adrénaline à laquelle je n'avais pas goûté depuis quelque temps. Je me rendais compte par ses gestes et ses regards qu'il ne m'estimait peu, voire même pas du tout. Erreur. Il me fit penser à ce fermier qui autrefois avait soit-disant remarqué qu'une faible fille. Erreur. Cet homme face à moi, mon aîné, il devait comprendre que je n'étais pas ce qu'il semblait voir. Alors j'abandonnai toute résistance.

Les présentations furent de courte durée et lorsqu'il s'agit de lui-même il fit encore plus bref. La statue endurcie que j'étais à présent fit cependant un bond lorsque les cinq branches et la paume du brun trépassèrent de moitié sur ma peau et de l'autre sur le vêtement qui cachait le reste. Mes mâchoires se crispèrent immédiatement. Elle avait été si froide, sa main, si désobligeante, si incongrue. Je fis volte-face aussitôt pour voir ce regard unique à un œil me lorgner une nouvelle fois de tous les côté. Mais cette fois-ci je le suivis, ne le quittai pas. « Je ne te permets pas... » Mon murmure ressembla peut-être davantage de l'ordre du grognement mais je resta de marbre lorsqu'il retourna sur son tronc d'arbre. Le point de non retour paraissait encore loin pourtant c'était un feu grandissant qui commençait à assiéger mon cœur et ma conscience. Je ne devais pas lui laisser avoir raison, et pourtant les fissures qui se formaient sur ma carapace se creusaient peu à peu qu'il bougeait. Ses lèvres qui prononçaient mon déclin. Ses mouvements qui signaient mon abandon à la folie pure, la folie dure. Indomptable. Incommensurable. Pervertie que j'étais par de simples mots. Faiblesse de ma propre trahison. Désespérante.

Je me remis dans une garde tendue lorsque l'homme marcha de nouveau autour de moi. Je suivis ses pas mais tournant sur moi-même et ne le quittai de son unique pupille glaciale. « Argh..! » Je ne m'y étais pas attendu. Pourquoi n'avait-il pas simplement laissé couler pour partir plus rapidement ? Mon cuir chevelu me tirait. C'était sa poigne qui tractait me cheveux. Je sentais même une petite poignée se décrocher du sommet de mon crâne. Il m'arracha même un peu d'eau au coin de mes yeux fermés qui se rouvrirent avec une haine dévergondée pour ce ninja. D'instinct, la main qui menaçait d'embarquer Dokueki se souleva et s'empara du poignée de mon tortionnaire. Je le serrai si fort que mes ongles acérés se plantaient dans sa chair. Je ne les avais même pas senti faire dans sa peau, le charcuter à petite échelle. « Qui es-tu ? » Chuchotai-je après ses mots qui firent frissonner mon oreille. Le droit de vie et de mort. Sans contrainte, sans combat, sans représailles. Tant d'espoir pour si peu. Je me surprenais déjà à sortir le grand jeu. Mais quand il me relâcha avec une violence dépourvue de toute retenue mon visage se secoua et je perdis cette vision qui avait hérissé ma peau. J'étais éloignée de trois petit pas, dos à lui, quand il avait jugé intéressant de me jeter plus loin. J'entendais les bourrasques de ses pas cogner le sol, mais ce ne fut qu'au bout de deux que j'haussai la voix : « T'aurais pas dû venir me voir... » Mon sang-froid se perdit dans les abîme, comme mes efforts et mon acuité tandis que je dégainai un shuriken de la sacoche accrochée à ma cuisse gauche pour le lancer aléatoirement, pourtant pas mal visé en sa direction, droit sur son visage. « Je ne veux pas de ta proposition, je ne veux pas de toi, tu piges ?! Tu ne me connais pas, qu'importe ce que tu as pu lire. » J'avançai sans pudeur, une main près de mon sabre, l'autre menaçante lorsque d'un élancement sur lui je tentai un coup de poing droit. Assez proche de l'homme je parlai peu fort mais suffisamment pour qu'il entende : « Jônin ou pas, j'ai pas peur de toi, ni même de tes provocations, aussi répugnantes soient-elles. » La pluies avait déjà recouvert le sol d'une bouillasse sans que je ne m'en rende compte avant. Les gouttes d'eau déferlante me firent ralentir dans ma démarche tandis que je reculai d'un saut tandis que je le regardai toujours de cet air dédaigneux.

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Sam 15 Juil 2017 - 17:49
Les êtres humains sont dotés de limites. Ils connaissent chacun des barrières qu’ils s’imposent ou que les autres leur imposent. Ces limites, ces barrières, servent souvent à ne pas blesser mais aussi à se protéger de l’inconnu. Telle est l’utilité de ces remparts. Mais toute frontière peut être transgressée. L’interrogatoire, et la torture, sont une de ces transgressions. Mais il existe bien d’autres façons de dépasser. Tel était le premier jeu du Yuki qui, claquant le fessier de la jeune femme, puis tirant sur sa chevelure, s’était amusé. Connaître son adversaire pour mieux le dominer. Pour mieux le rompre et le faire céder. Telle était sa stratégie. Aussi, comme il l’avait souhaité, elle avait fini par craquer. Elle s’était laissée au bruit qu’elle tentait encore, quelques minutes plus tôt, de taire. Il s’était attaqué à son intégrité physique, dépassant l’unique stade du verbe, il avait posé la main sur elle. C’était ainsi que sa stratégie fonctionnait. Sensible, ou susceptible, elle n’avait pas apprécié son geste.

Elle fut, malgré tout, assez rapide pour le surprendre. Lançant un kunaï dans sa direction, il n’eut pas le temps de se protéger. Tentant comme il pouvait une esquive, il sentit, sur sa joue, l’arme lui glisser, traçant une marque sanguine sur sa peau. Amusé, il fut davantage préparé à cette demoiselle qui, soudainement, s’élançait de façon plus saccadée, comme si elle avait perdu toute notion d’intelligence, de contrôle de soi. Se lançant, et s’armant bientôt de son poing droit, le Yuki para aisément le coup. Rapidement, sans attendre qu’elle puisse encore attaquer, il s’empara de son poignet droit et, d’une clé de bras parfaitement exécutée, il la bloqua bientôt contre un tronc d’arbre, tandis que son autre main, aussi vive, avait glissé jusqu’à sa sacoche, déposait bientôt un Senbon dans le creux de ses reins.

Oh qu’elle était excitante. Passionnante. Soudainement, l’envie d’en découdre lui montait aux tempes. Son cœur s’emballait. Sa poigne serra sur le poignet. Une envie pressante. Il voulait lui faire mal. Il voulait la voir saigner. S’écrouler. Pleurer. Supplier. Il voulait qu’elle rampe à ses pieds. Il s’enflammait et voulait lui donner encore la possibilité de se battre, de prouver qu’elle était aussi intéressante qu’il le pensait. Il en voulait encore plus. Toujours plus. Aussi, s’approchant seulement de son oreille, il lui murmura enfin ce qu’elle attendait. « Mon prénom t’importe tant, Ueno ? Appelle-moi Eiichiro, alors. », lâcha-t-il. Elle l’avait enfin mérité. Elle s’était montrée digne de son intérêt. Passionné par la jeune femme, rangeant bientôt l’arme déposée dans ses reins, il lui lâcha bientôt le bras, se gardant même d’écraser sa face contre le tronc. La libérant entièrement, il prit trois pas d’écart, s’assurant une sécurité qui pourrait lui sauver la vie face à cette lionne éveillée.

La pluie s’était mise à battre son plein, formant bientôt de véritables petites marres aux alentours. Ses cheveux, trempés, tombaient à plat sur face, lui rendant l’air triste. Plissant légèrement le regard, scrutant ce corps qui se trempait lentement, il souriait. Amusé. Fasciné. Puis, posant le bout de son doigt sur sa plaie, il goûta son propre sang. « Cela faisait longtemps que je n’avais pas goûté cela. », surpris lui-même par le goût de ferraille de son liqueur rougeâtre. « La dernière fois que j’ai été autant surpris, cela m’a goûté un œil … Littéralement. » Il souriait. Il s’amusait à raconter à cette femme agacée son histoire, comme si seulement elle était intéressée par sa vie. Il savait aussi comment la surprendre encore. Se lançant vers elle, il fit exprès de s’abaisser, glissant dans la boue qui se formait à leurs pieds, puis passant dans son dos, continua son manège. Prenant bientôt un Senbon dans sa poche, il s’abaissa à nouveau. Puis, cette fois-ci, comme une piqûre, il planta brièvement le Senbon dans son fessier libéré. Puis, comme un ultime affront à cette femme, il lécha les quelques gouttes de sang prélevées. « Nous sommes quittes ainsi. »

Se rendant d’un pas tranquille vers le tronc mort, il se posa bientôt, la tête relevée vers ces cieux qui déversaient leurs larmes. Fermant son œil unique, il oublia un instant la douleur de cette brûlure qui marquait encore son regard, tandis que son propre sang s’effaçait sous cette pluie battante. « Tu peux partir, maintenant. C’est ce que tu voulais, non ? Tu ne m’intéresses plus. », disant cela, il haussait les épaules.
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Dim 16 Juil 2017 - 22:44
Je n'avais aucune chance. Pourtant je ne pouvais m'y résoudre, lui qui caressait et éveillait le pire de moi-même, ce qui m'avait coûté, ce que je m'efforçais de masquer. Il m'inspirait monts et merveilles tailladés, ensanglantés, criants, agonisants, suppliants. Bénédiction. Je les entendais déjà. Sa proposition me revint aux oreilles lorsque soudainement mon coup de poing n'eut aucun effet et qu'il m'attrapa le poignet pour me retourner et m'écraser contre l'écorce de cet arbre humide. Torturer. Blesser. Saccager. Force. Je tremblais. Je me réveillai de ce cauchemar bien trop court. En effet mes membres s'ébranlaient sous la fermeté de mon bourreau. Cette aiguille menaçante que je sentais chatouiller au bas de mon dos. La respiration saccadée, le visage plus en arrière pour ne pas l'appuyer sur le bois de l'arbre comme l'était le reste de mon corps. Je lâchai un râle de douleur, et mes yeux écarquillés, lorsque l'homme serra plus fort encore. Cette fois-ci ma tête se cogna contre le front du borgne aléatoirement avant de se rabattre sur le tronc pour que ma colonne vertébrale semble moins se déchirer sous son emprise. Une goutte de sueur mêlée à la pluie perla le long de ma nuque quand ses murmures parvinrent à mes tympans. Il m'avait enfin avoué son identité. D'un ricanement haché et lentement je tournai la tête sur le côté pour croiser son regard d'une proximité déconcertante. « Yuki Eiichiro... Au moins je pourrais prononcer ton nom lorsque je te charcuterais. »

Puis un vide. Ni l'un ni l'autre n'avait prononcé de mot durant quelques instants qui avaient semblé être des heures. Observant son seul œil, je dictai à mon bassin de se décaler de l'arbre vers l'arrière pour laisser ma main attraper un kunaï dans la sacoche au devant de ma cuisse. Les cheveux bien trop glissants par la pluie torrentielle qui se déchaînait, et la prise de l'homme qui m'avait tiré tout à l'heure me fit remarquer que mon élastique n'avait pas fait long feu. Cassé, il avait dû tomber lorsque je m'étais lancée sur mon adversaire. Ils me collaient au visage, et que ce touché était désagréable. Il finit par me lâcher. Retrouvant l'usage de mon bras, bien qu'endolori bien comme il le fallait, je l'observai toujours sur le côté, lentement décalée du tronc de verdure. Des parcelles de mon corps avaient froid. Je lui fis face. Prenant soin de garder mon kunaï bien en main j'attendais et l'écoutai. Je le dévorai littéralement du regard. Le serpent gobant la souris. Le visage pourtant de marbre mon esprit, lui était à l'absurde. Coup après coup il saignait. Et je le dégustais. Ses mots n'atteignaient même pas mon cerveau, bien trop pris par cette vision assassine. Irrévocable désir. Couleur de la traîtrise. Couleur du sang. Puis il bougea. Où était-il ? Derrière. « Qu'est-ce que..? » soupirai-je de surprise lorsque je virai mon visage sur lui et qu'il s'abaissa. Mes pupilles se firent larges. Mon cœur un bond. Impossible de cacher sous l'eau venant des nuages cette légère couleur rosée qui s'empara de mes joues. Un frisson d'effroi depuis le contact de sa langue m'avait parcouru. Paralysée. Je ne pouvais plus bouger. Seulement lorsqu'il s'éloigna je retrouvai mon souffle. Il n'avait pas osé. Il l'avait fait. Il avait osé se reposer sur mon intimité, sur mon corps, sans aucune pudeur.

La folie, la mienne. Je la connaissais bien. Elle devenait une véritable amie. Je lui tendis les bras grands ouverts et mon visage n'était plus le même une fois de plus. Il était tendu, fier et expressif. J'allais lui rendre la monnaie de sa pièce. La cascade brune traîna derrière moi lorsque je rejoins celui qui me proposait une reddition, de partir. Hors de question. C'était trop facile. Je ne le craignais pas, il aurait pu déjà me tuer dix fois s'il l'avait voulu. Je ne craignais rien. Quand il rouvrit les yeux j'étais déjà si proche que j'empoignai le col de son haut pour le tirer vers moi d'un coup sec. Ma force inférieure à la sienne j'abandonnai l'idée d'en faire quelque chose et aussitôt plantai simplement mon kunaï sur le côté de sa cuisse et le retirer aussitôt. Je l'élançai vers le sol comme je pouvais pour tenter de le mettre à terre. De cette même provocation et fierté j'essuyai de mon doigt la pointe du kunaï. Mon index glissant sur ma langue tout en le regardant d'un mauvais œil sadique j'ajoutai d'un gémissement : « Oui... Délicieux. » Un sourire de nouveau évanoui je m'avançai calmement vers lui. « Je veux que tu saignes. » Je soulevai mon kunaï d'un geste vif pour lui entailler d'une traite la peau qui se trouvait sous son vêtement, du bas vers le haut. Du moins s'il n'esquivait pas. « Que tu saignes beaucoup. » Et je refis le même mouvement du haut vers le bas avant d'emprunter un visage presque mignon en me mordant la lèvre inférieure. « J'espère que tu ne fais pas ça à tous ceux que tu rencontres pour tes stupides propositions. » Je posai une main sur ma hanche tandis que l'autre armée du kunaï se leva menacer la jugulaire du jônin. J'avais beau me montrer particulièrement insolente et sûre de moi, en vérité mon palpitant s'emballait étonnamment tandis que mes yeux verts étaient haineux et coléreux. Il devait encore payer pour ce qu'il m'avait fait.

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Lun 17 Juil 2017 - 22:45
Finalement, il voyait son véritable visage. Son regard s’était transformé, devenu différent, comme animé d’une nouvelle lueur. Brutale. Sauvage. Il en souriait. Il savait qu’elle venait, à l’instant, de craquer, de céder, s’abandonnant à sa nature véritable. Enfin venait-il de briser cette fausse carapace de paix qu’elle osait arborer, ce mensonge qu’elle avait construit autour d’elle, pour se mentir à elle-même et aux alentours. Mais, à cet instant où le rose lui montait aux joues sous l’embarras de ce contact, elle perdait entièrement pied, embrassant et épousant ce qu’elle était réellement. Sauvage. Destructrice. Aussi, sourire aux lèvres, il s’en amusait, satisfait de ce qu’il lisait en elle.

Elle se rua sur lui, comme animée d’un unique désir de blesser. Elle voulait le saigner et cette unique pensée la conduisait vers une quête assoiffée du sang, sans la moindre réflexion. Elle se lançait vers son opposant sans même savoir comment s’y prendre. Juste animée par un instinct primaire. Tel un animal blessé, la prédatrice devenait sa proie. Aussi, à son approche, il souriait encore. Trop sûr de lui qu’il était. Quelle fut son erreur ? Alors qu’elle avançait, il posa son pied faible, le droit, en arrière. Souhaitant éviter ce vulgaire coup, comme il lui était pourtant si facile, il glissa dans la boue, s’enfonçant même légèrement. Il était déjà trop tard. Elle était déjà sur lui, plantant bientôt son kunaï dans son flanc. Elle ne jouait plus, devenant bien plus sérieuse qu’elle ne l’était encore.

La morsure froide de l’acier lui arrachait bientôt une grimace, serrant les dents sous cette nouvelle et surprenante douleur. Si l’éraflure sur sa joue ne lui faisait absolument rien, sinon un bref picotement, cette blessure à sa hanche était d’un autre niveau. Déjà, alors qu’elle enlevait l’arme de son flanc, il y posait une main, tentant comme il pouvait d’oublier cette nouvelle douleur. Déjà deux fois qu’elle le surprenait. Alors qu’elle avait seulement réagi par instinct de survie, il s’était laissé avoir. Serrant encore les dents, il ne vit pas non plus le coup suivant qu’il n’évitera qu’au dernier instant. Elle cherchait à le tuer, il le savait. Sans aucune maîtrise de sa rage, elle se laissait envahir et submerger. Peut-être était-elle plus dangereuse qu’il ne l’aurait pensé. Si les rapports laissaient entendre de véritables craintes, le Yuki, lui, ne s’en sentait que plus excité. Fasciné, même passionné par ce nouveau jouet, il goûtait à un nouveau plaisir. Sous cette pluie battante, le flanc percé, l’excitation le gagnait.
Une excitation qu’il n’avait plus connu depuis longtemps.
Une excitation qui lui donnait l’envie de faire mal.
Maintenant, le jeu était fini. Il était temps, pour lui aussi, d’être sérieux.

_ Devenons sérieux, alors. », lâchait-il à l’instant où il bloquait de son avant-bras. Sourire aux lèvres, oubliant momentanément la douleur de son flanc, c’était à son tour de montrer ce qu’il en était réellement. D’un mouvement rotatif de son poignet, il agrippa le sien et, bientôt, s’approchant dangereusement d’elle, il lui souleva le bras, bloquant son coude au-dessus de sa tête, l’avant-bras dans son dos. « Observe. », lui murmura-t-il au creux de l’oreille, avant de lui lécher une goutte qui lui coulait sous l’oreille. Aussi, de deux pressions précises à son poignet, il lui fit lâcher le kunaï qu’il attrapa au vol. Puis, du fil de la lame aiguisée encore ensanglantée de son propre sang, il effleura à nouveau ce fessier trop libre. Sourire élargi, alors qu’il continuait et remontait maintenant vers son nombril, il intensifia la pression sur l’épaule coincée.

S’il bloquait uniquement le bras, il usait du reste de son corps pour l’empêcher tout mouvement soudain. Imposant. Puissant. Il avait longuement entraîné son corps à ces duels rapprochés. Elle n’avait aucune chance. Le nombril atteint du bout de la lame, il appuya davantage, remontant maintenant vers sa gorge. Ouvrant lentement mais sûrement son haut-le-corps, il plia davantage son poignet tandis qu’il forçait toujours sur l’épaule. « Continue et je te brise entièrement le bras. » Aussi, finissant d’ouvrir, sans laisser la moindre trace de sang, il acheva son premier jeu.

Encore plein d’excitation, d’une énergie passionnante et enivrante, le Yuki s’emballa encore plus et, relâchant le bras endolori, il agrippa, dans la même seconde, sa chevelure libérée pour, d’une jambe passée derrière ses genoux, venir l’écraser au sol. Et bientôt, posant son genou sur sa poitrine, il empoigna ses cheveux pour relever son visage. « Tu serais jalouse si je te disais que je le fais vivre à chacun ? » Puis, approchant davantage son visage pour quasiment cracher la suite de ses mots, il lui murmura. « Te crois-tu unique ou différente ? » Et se relevant, libérant ainsi la poitrine, il se mit à la traîner vulgairement, dans cette boue qui se formait sous la pluie battante. « Pitoyable. »

Ainsi, sur trois mètres, la traînant comme si elle ne valait absolument rien, il tira sur sa chevelure sans même un regard pour elle. Et comme un dernier affront à cet humain, plantant son pied boueux sur sa médiocre face trempée, il laça sa chevelure autour du kunaï qu’il planta fermement dans un tronc. « Quelle chienne … » Puis de la relâchant, allant uniquement s’asseoir sur le tronc mort, portant enfin son regard sur ce corps. Il le détestait autant qu’il l’excitait. Il la haïssait autant qu’il la dévorait du regard. A moitié nue, sale, boueuse, il voulait encore la salir, la dominer plus encore. Lui faire savoir que, ce jour-là, elle était entièrement à lui.
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Mar 18 Juil 2017 - 1:50
Je vivais. Les sensations défilaient. Les émotions déferlaient. Je m'estimais. Enfin puissante, enfin expressive. Tantôt amusée, tantôt bafouée. Je passais par tant de ressentis que mon cœur s'emballait comme jamais. Cela faisait si longtemps que je ne m'étais pas libérée. Je n'avais peur ni des représailles, ni du jugement, il l'avait cherché cette Ueno. Il m'avait voulu et il l'avait. Ce plaisir de lui procurer ce qu'il désirait. Cette satisfaction d'exhiber mes véritables besoins. Le sang. Plus de sang. Il n'y avait que lui. Qu'importait l'agonie, qu'importait la manière et les abois de quiconque me subissait, je n'avais d'yeux que pour les effusions parfois légères, parfois brutales. Pâle, pétillant, fade, appétissant, épais ou fluide, passionnément et sans vergogne il m'obsédait. Attraction destructrice, tout ça m'avait déjà beaucoup coûté par le passé. Pourtant ces vieilles mascarades ne semblaient plus m'inquiéter. J'étais sereine, peut-être trop même, face à cet homme. Et je projetai toute mes envies dans ces larges entailles de kunaï arborant ce buste inconnu. Je ne le regardai même plus. Obnubilée par cette catastrophe. Décidément je ne semblai même plus mesurer la portée et les conséquences de mes actes.

Je ne compris pas le moindre instant lorsque ma prise devint inquisiteur de mes douleurs. Il allait me faire mal, très mal, c'était chose certaine. Je recroisai le regard sombre du jônin et j'en restai les lèvres ébahies et je m'arrêtai. Pourquoi je m'arrêtai ? Non ! J'en voulais encore. Je remarquai seulement sa garde entourant et serrant la mienne tandis qu'il me dirigeait comme une marionnette. Qu'il pouvait être agaçant cet idiot, observer, l'observer, il ne savait pas à qui il se frottait. Du moins c'était pas loin lorsque son souffle m'effleurait, le frisson prenant mon échine et sa langue me caressant indubitablement. L'ogre gouttant son repas. Voilà ce que j'étais en cet instant : un dîner. J'étais trop faible, pourtant plus je le savais et davantage je m'imaginais invincible. Il me faisait vibrer, il me rendait vivante avec ses conneries. Absurde Ueno. Arrête-toi là. « Arrête... » Je fermai les yeux et serrai ensuite les dents quand il me retraçait avec mon arme dérobée. « Ca te... ARRH..! » Je retins mon souffle après ce râle de douleur. La pression sur mon bras et mon épaules, mes muscles se déchiraient sous sa force, du moins j'en avais le martyre. Et même lorsque je m'essayai à expirer lentement il faufila sa petite lame pourtant aiguisée le long de mon ventre en remontant. C'était pas vrai... Alors que mes pépites vertes de dégoût s'abaissaient vers la fraîcheur qui s'abattait sur ma peau nue, malgré ça inexplicite, ma tête n'écoutait que le grésillement du tissu se déchirant jusqu'à mon cou. Lui redonnant mon regard si vif et proche. Je grognai farouchement et montrait les dents, tigresse en colère, hors de question d'abandonner. Mais raisonnable, je refermai mes lèvres sur mes crocs à sa menace et retint difficilement ce gémissement plaintif discret.

Il daigna me relâcher. Mon membre livide retomba d'une traite alors que l'autre le rattrapa au vol. Mais nul répit, il avait décidé d'en finir. Ça tombait bien car moi aussi. Je n'en pouvait plus de lui donner ce qu'il voulait, pourtant c'était plus fort que moi. Tout comme son emprise sur ma tignasse en bataille. Des pleurs m'échappèrent. Non pas de peine ni de douleur, seulement des larmes de colère qui accompagnait sa violence. Il était prenant, poignant, terriblement... Exaltant. Sans que je ne comprenne comment je me retrouvai sur le dos, ce-dernier s'enfonçant un peu plus dans la terre mouillée. Puis son poids s'écrasa sur mon poitrail. Une bonne partie en tout cas, celui de son genou. Je ne le quittais plus, et ce même si mes pupilles rougissait sous les larmes et que mon regard se floutait. Ses phrases me poignardaient. Me rendait plus resplendissante, une volonté à rude épreuve. Sans aucune décision d'y répondre, je souris. Provocante, surexcitée, impatiente et tremblante, je lui souriais. Jusqu'à ce qu'il se lèvre pour me traîner sur une bonne distance alors que je faisais du mieux possible pour ne pas manger la terre qu'il me servait. Je n'étais pas son jouet, il était le mien. Mais lorsque je le sentis s'emparer étrangement de mes cheveux et de les tirer vers l'arrière pour accrocher le kunaï avec dans le tronc de cet arbre, je ne ricanais plus.

Je tirai une fois, deux fois. La troisième était inutile. Il avait bien serré ce salopard. Eiichiro tu étais définitivement appétissant. Alors je me résolus. Me redressant doucement pour ne plus me faire mal et ainsi m'asseoir face à lui contre ma prison verdoyante. Les fesses à terre, une jambe tendu dans la continuité et l'autre légèrement repliée sur elle même je soupirai. Cette fois-ci, oui, je l'observai. Il n'était pas si mal finalement. Rustre personnage. Bestial, diablement malsain. Dans le fond il ne semblait pas si différent de moi. Je passai une main sur mon visage pour enlever la boue et je me stoppai lorsque je vis ce rouge qui coulait sur mes doigts depuis ma lèvre. Son pied sur mon visage auparavant m'avait saigné les gencives, et je n'avais rien remarqué au goût. Après une fraction d'insistance sur mon propre fluide vital je refermai ma main et basculai ma tête vers l'arrière pour le fixer une bonne fois. « Tu m'as voulu, je suis là. Le spectacle te plait j'espère. Dénudée, même trop. Assiégée. C'est ce que tu voulais ? Aucune jalousie, après tout si je n'étais pas unique tu ne serais pas venu, pas vrai ? » L'ironie de ma réflexion que je lui claquait dans la figure par un ton sombre me fit doucement rire avant de reprendre en lui coupant la parole qu'il tentait d'engager. « Ce sont tes petits copains, les autres jônin, qui m'ont déclarée si différente que je n'ai même pas pu m'exercer pendant un certain temps. » Je marquai une pause pour parler moins fort, à la limite qu'il pouvait entendre. « Trop dangereuse qu'ils disaient. N'est-ce pas ? Alors qu'est-ce que tu me veux ? Qu'est-ce que tu caches Yuki Eiichiro ? »

Ma rage bouillonnait toujours. Je ne pouvais pas rester là, sans bouger. A sa merci. Alors tirant une énième fois sur mes cheveux, oubliant même ceux qui se détachaient de mon crâne, je sortis mon seul ami. Il me délivra en tranchant brièvement les quelques centimètres bruns qui restèrent accrochés au kunaï dans l'arbre. Presque aussitôt je me précipitai de nouveau vers le shinobi, brandissant ma dangereuse lame pour donner un coup sec vertical dans sa direction. Evidemment il esquiva. Prévisible. Je tranchai alors le tronc déjà défraîchi d'une colère bien définie. Profitant de quelques secondes plongée dans ses yeux, je rangeai Dokueki. L'impulsion était passée alors mon serpent n'avait plus lieu d'être. Je continuai comme si de rien n'était en détachant ma ceinture de tissu rouge pour l'entourer sur ma poitrine et faire un vague nœud sur le devant. Mais sans même le terminer correctement je me remis à sa traque et cette fois de l'élan je tentai un coup de pied droit dans la mâchoire mais au pire pour le faire reculer jusqu'à un nouvel arbre, tandis que l'une de mes mains glissa ses doigts sur le manche écailleux pour ressortir mon épée. Sans même le contrôler Dokueki se nicha, tranchante, à quelques centimètres de la gorge de l'homme. Essoufflée, je n'exprimais plus que mon excitation et mon envie de poursuivre ce petit jeu, qu'il m'appartenait finalement et contre son gré. « Prêt à discuter ? Tu dois savoir qui est cette lame. » Cette fois c'était moi qui semblait avoir l'avantage et je ne comptais pas en perdre une miette. J'avançai mon visage au creux de son cou tant il était plus grand que moi d'une bonne quinzaine, et chuchotai. « Tu n'as pas honte de t'en prendre à l'apprentie que je suis ? Dis-moi... Qu'est-ce que ça t'a procuré toute cette cavalcade ? » Je reculai un peu comme prise de miséricorde et pris une distance de sécurité, embarquant Dokueki avec moi. Il ne fallait pas faire les mêmes erreurs deux fois. « Tu sais que je risque de ne pas m'arrêter ? » Je n'avais aucune confiance en lui alors je gardai mon sabre fermement dans ma main tandis que l'autre se tenait prête à toute éventualité. Ou presque.

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Mar 18 Juil 2017 - 12:01
Bloqué. Il était soudainement bloqué contre un tronc d’arbre lorsqu’il sentit le fil de l’épée à son cou. Il n’avait pas eu le temps de dire quoi que ce soit lorsqu’elle avait dégainé son arme, coupé sa chevelure et qu’elle s’était lancée à un nouvel assaut. Une première attaque, esquivée, avait poussé le Yuki à se relever rapidement, laissant transparaître une grimace sous l’effet soudain de son corps en mouvement. La douleur, montante, lui venait encore de son flanc ensanglanté. Puis, le choc brutal contre l’arbre l’avait davantage crispé, serrant plus encore ses dents. Ce n’étaient que des blessures superficielles mais leurs emplacements le faisaient souffrir. Aussi, le torse entièrement ouvert, saignant légèrement, lui piquait encore tandis que la pluie lavait ce sang qui, parfois, coulait. Trempé, les cheveux entièrement tombés, il garda la distance de sécurité qu’elle venait d’installer. Et il poussa un soupir.

Evanouie l’excitation grisante qui s’était emparée de lui quelques minutes plus tôt. A l’instant même où elle avait sorti son épée, au moment exact où elle s’était jetée sur lui, elle avait rompu la seule règle qu’il avait imposé. Elle n’utilisait pas son arme, au même titre qu’il n’utilisait pas sa glace. Mais, incapable de penser rationnellement, emportée par sa passion sanguine, elle s’était laissée aller, prise de cette folie incontrôlée. Soudainement, l’exaltation, cette palpitation qui l’avait lui aussi transporté, venait de disparaître. Même, aussi brutalement qu’il s’était excité sous l’emprise folle de sa passion, il se lassait déjà. Elle perdait son mordant pour devenir pathétique. Aussi, en silence, alors que la pluie continuait d’abattre son litre sur les deux êtres humains trempés, il passa un doigt dans l’œil, enlevant la poussière qui, parfois, s’y glissait.

Encore l’instant passé, l’excitation était à son summum. Alors qu’elle le tenait sous sa lame, elle s’était approchée de son cou. Il avait tellement désiré qu’elle le morde au cou. Qu’elle lui lèche le sang coulant de son torse. Il avait voulu qu’elle le coupe encore. Qu’elle lui fasse mal, juste une fois encore. Qu’elle lui fasse savoir qu’elle ne se laisserait pas faire. Mais elle s’était uniquement contentée de quelques mots murmurés avant de se dégager, sans même l’affecter. Il lui en voulait. Il la détestait. Il la haïssait. Pour tout ce qu’elle faisait naître en lui. Pour tout ce qu’elle était incapable de réaliser. Au moment précis où elle se détachait, il eut encore l’envie passagère de l’étrangler, d’attraper son cou et de la bloquer. Il voulait l’étouffer. Il voulait voir ses pupilles s’écarquiller à la recherche d’air. Il voulait qu’elle suffoque un instant. Mais il ne fit rien de cette envie bafouée et brisée. Elle ne l’excitait plus. Elle ne valait plus cette passion qu’il avait ressenti un bref instant. Il s’était uniquement trompé. Ce sentiment passager s’était déjà évanoui.

Aussi, haussant les épaules d’ennui, il poussa un autre soupir alors qu’il se détachait de l’arbre. Sans même un regard vers elle, sans même chercher à nouveau cette excitation, il se mit à parler alors qu’il allait récupérer le kunaï encore planté dans l’arbre. « Tu as provoqué une excitation passagère. Elle est déjà évanouie. » Il s’était soudainement lassé, alors qu’il atteignait l’arme. « Tu m’ennuies maintenant. » Alors qu’il détachait ce qui, finalement, avait été l’objet de toute son excitation, il se tourna vers elle. Son regard, d’une fatigue lassée, se posa finalement sur ce corps désiré et haï. Ce corps qu’il avait dominé un instant. Qu’il avait dénudé un autre. Et elle s’était contentée d’user du seul objet qu’il avait en horreur. « Tu as brisé la seule règle imposée. », lâcha-t-il alors qu’il lançait le kunaï dans la boue à ses pieds.

Il détestait ressentir cette déception. Il se détestait d’avoir eu de quelconques attentes. Le poing serré, contenant comme il pouvait toute cette rancœur, il passait soigneusement à côté de cette jeune femme, sans plus lui porter d’attention qu’auparavant. Finalement, elle ne valait guère davantage que les autres jeunes du Village. Pourtant, elle l’avait intéressé. Il s’était déplacé pour elle, lui avait montré de l’intérêt. Pour finir par cette terrible déception qui se mettait à le hanter. « Le champ de bataille se fiche de ton rang. Il n’attend pas que tu sois prêt. » Pour la première fois, le Yuki avait l’impression de se répéter sans cesse, comme si chaque être de ce maudit Village était dans un concours du plus faible. Ou la médiocrité était-elle la norme au sein de ce village ? Aussi, poussant un autre soupir, il enleva son manteau déchiré, gardant seulement son haut-le-corps déchiré, et le lança à cette apprentie. « Protège-toi. Tu vas prendre froid à être ainsi dénudée. » Puis de se coucher sur le tronc mort, marqué par le fer de la lame. Plaçant les mains derrière la tête, les yeux fermés, il laissa l’eau couler sur son corps, nettoyant ses blessures, le laissant à ses noires pensées.

_ Je t’ai déjà dit ce que je te voulais. Soit tu n’es pas intéressée. Soit tu n’as pas écouté. Et je déteste me répéter. » Et de continuer de répondre à toutes les questions qu’elle avait lancées avant de l’attaquer, avant de le décevoir. Si seulement elle s’était contentée de garder son fessier dans la boue. Si seulement elle ne l’avait pas attaqué de la sorte. Si seulement … « Tu étais unique. Tu ne l’es plus. Mon offre ne tient plus. Tu es incapable de contrôler ta soif. Au lieu d’utiliser ta rage, tu la laisses te contrôler. Tu es aussi faible que les autres. », lâcha-t-il sans essayer de ménager ses mots, quitte à heurter les sentiments. A partir de ce moment, le Jônin qui avait été gagné par tant d’excitation avait retrouvé toute la lassitude qui le gagnait chaque jour, et dont même la torture ne le sortait plus entièrement.
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Mar 18 Juil 2017 - 21:21
Le calme après la tempête. Même la pluie semblait se superposer à leurs émotions. Elle diminuait. Tout s'estompait. Pourtant le mal était fait. Comme ces corps trempés de la tête aux pieds, il ne suffisait plus que la pluie cesse pour qu'ils soient secs. C'était une bombe -ou deux- retardée, le détonateur arrêté et pourtant l'atmosphère était d'autant plus pesante, malaisante. Il était embarrassant, j'avais presque envie de revenir en arrière pour encore voir cette lueur dans ses yeux. Il était plus vivant avec en tout cas. Cette effervescence d'hormones partagées. Cette adrénaline commune. Tout nous séparait jusque là mais nous semblions en harmonie. Quelques secondes auparavant. Que croire ? Tout cela s'était évanoui presque comme si jamais rien n'était arrivé. Du moins pour lui. Pour moi, mes pensées, il y avait toujours ces frémissement que le ninja m'avait donné. La suffocation. La surprise. L'envie de lui sauter au coup, notamment divisée entre le désir de m'y donner, d'y céder, et celui de lui déboîter les membres un par un. Mais au lieu de cette éventualité Yuki Eiichiro m'avait rendu ma morosité. Sa morosité. Je ne pus passer à côté de son jugement, de son nouveau regard. La bonne chose était qu'au moins je ne craignais -presque- plus une main baladeuse. Je l'analysai de bas en haut, et fis un tour de plus, de haut en bas. Mes pulsions l'avaient tout de même bien amoché. Un blocage sur son torse. Une parcelle montrait ce qui dégoulinait. Ce sang versé, tombé dans les ruissellements d'eau de pluie.

Je paraissais sauve. Tant qu'il garderait cette mine je me garderai de toute offensive impliquant Dokeki. Il n'était pas destiné à la petite besogne ! Mais je n'étais pas dupe pour si peu, et mon visage endurci ne le quittait pas malgré ses mots déroutant. Alors lui aussi ? Il était comme moi. Ou peut-être que j'étais comme lui. A la petite différence que je ne me lassais pas si facilement, aux dépends de mes adversaires. Une excitation passagère ? Non, moi j'en avais pas fini, tu allais devoir en démordre davantage pour que je te laisse tranquille. Mais ce qui était sûr c'était qu'à sa réaction devant mon épée adorée, il devait bien savoir ce qu'il en retournait. Je détendis mes doigts crispés et penchai la tête légèrement sur le côté. J'en ricanai. Incontrôlable. Impromptu. Je réalisai ce qu'il venait de dire. Absurdité plus grande que lui. Mes éclats de rire se dissipèrent lorsque je m'abaissai lentement pour ramasser le kunaï. Silencieusement. J'enlevai les quelques cheveux encore collé à la ferraille et le rangeai dans ma sacoche.

Je ne le regardai plus. Je ne lui faisais plus face. Sans honte, sans crainte, je savourais seulement les mots qu'il prononçait. Les sons qui sortaient d'entre ses dents teintaient jusqu'à mes tympans. Ils ne signifiaient rien à mes yeux et je les ignorai. Je le snobai ce shinobi moralisateur. Quelle ironie. La sincérité était donc une tare chez les Kirijins ? Ils étaient faux, tous autant qu'ils étaient. Mes mâchoires se serrèrent. Comment ce vieux brun pouvait oser se montrer si indifférent, si présomptueux, si... Détestable encore. Sa factice bienveillance me fit relever le visage sombre. Un regard dédaigneux quand je rattrapai ce manteau pour ensuite montrer un certain dégoût. Sans respect, ou nul autre qui pouvait y songer, je rejetai le par-dessus pour le laisser tomber dans la boue. « Ridicule. » Je réajustai pourtant le tissu rouge qui assurait une petite pudeur, empêchant quelconque partie de ma peau qui souhaiterait se dévoiler.

Mais il s'était déjà éloigné, retourné sur cet ignoble tronc dégarni et maintenant découpé. Ce qu'il pouvait me taper sur les nerfs. Je le suivis discrètement. Mes iris assassinent posées sur son corps. Une nausée. Une main tremblante. J'inspirai longuement et soupirai pour lui rendre compte de mon réel intérêt pour ce qu'il pouvait dire. « Non mais tu t'entends ? A dire tout et son contraire, tu es pathétique. Tu recherches l'introuvable car il n'est pas domptable. Je ne suis pas un animal domesticable. » Je m'abaissai brusquement vers lui et l'attrapai vivement par la gorge pour serrer ma pince autour. Mes ongles se plantaient dans son échine. Ma langue faisait le reptile sur toute la longueur de mes lèvres pourtant je ne souriais plus. Pas même d'un enjeu plaisant, car il n'avait plus rien d'intéressant. S'il te plaît Yuki Eiichiro retrouve cette sauvagerie vivifiante. que je puisse avoir quelconque raison de te planter. Faire rougir ta pauvre peau blanche. Coulons ce nectar dont tu étais presque fier quelques minutes auparavant. Ne ravale pas ton sourire arrogant et répugnant si facilement. « Quelle hypocrisie. Quelle ironie de ce fauteur de trouble que tu es. Faible homme que tu es alors. » Je le poussai sur le côté pour qu'il retombe de son arbre alors que je l'enjambai aussitôt pour y prendre place. Je le toisais de tout mon corps, venant même à nicher mon pied sur la blessure de sa hanche. Allez cris. « Tu es comme moi. Et nous somme dangereux. Ils le disent tous. Si toi tu ne le sais pas pour ma part... » Je levai le ton pour élever un peu plus ma voix : « Je l'ai déjà suffisamment entendu ! Et alors quoi ? En m'emmenant je ne sais où tu vas me sauver ? Moi ? Mon honneur ? Celui de Kiri ? Par pitié ne sois pas déloyal à toi-même, ça a le don de me mettre hors de moi. » Le grognement de ces derniers mots impulsèrent une pression de mon pied sur la blessure de son torse cette fois. J'attendis qu'il se lève enfin pour glisser dans son dos et lui mettre une main au postérieur. L'histoire recommencerait-elle ? Car ce n'était que partie remise pour moi. « Alors qu'est-ce que tu attends ? Prend le large. » Ma voix se voulait défiante et cracheuse tandis que j'engageai des pas lents et que le coin de mes yeux l'observait de dos. Il avait voulu jouer alors, content ou non, je n'avais pas fini de m'amuser. Quoique si ça n'était pas lui ce ne serait qu'une personne passante qui n'aurait, elle, rien demandé.

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Ven 21 Juil 2017 - 21:58
Qui es-tu, Nakamura Ueno ? Dangereuse, u l’tais, l n’en doutait plus. Il n’en avait même jamais doué, depuis l’instant où ton dossier était tombé entre ses mains. Il savait. Mais si tu étais dangereuse, tu l’étais pour les autres mais aussi, et surtout, pour toi. Incontrôlée. Incontrôlable. Tu te révélais plus indomptable qu’il ne l’avait pensé. Et ce goût l’avait tellement excité. Cela l’avait rendu fou et il en désirait encore. Il voulait ressentir cette euphorie, cette passion qui l’avait animé. Mais cruelle, et sadique, tu ne l’étais pas. Guidée par la colère, tu agissais avec précipitation, sans véritablement savourer la douleur de l’autre. Tu agissais pour le sang, non pour la souffrance. Tel était sûrement la différence fondamentale entre toi et lui. S’il agissait avec brutalité et finesse, tu agissais avec brutalité et sauvagerie. Dans ce duel brutal, qui, de la finesse ou la sauvagerie, gagnerait ? Joue piquante. Torse saignant. Flanc percé. Longtemps, il se souviendrait de cette démone.

Peut-être en avait-elle assez de ce jeu. Peut-être voulait-elle l’achever ici. Osait-elle donc l’attaquer ainsi, alors sans défense ? Désarmé, non préparé, il sentit bientôt l’étreinte étouffante de sa main sur sa gorge. Ouvrant l’œil de surprise, il posa son regard dans celui de son adversaire. Puis, sans même attendre, elle serra, enfonçant ses ongles comme des serres sur sa proie. L’air commençait à lui manquer quand il se reprit. Il devait réagir, prendre une décision rapide. Mais, à peine s’entendait-il penser cela qu’elle vint encore à le bousculer. Elle prenait les devants et il perdait le contrôle. Les dents serrées, prêt à ressentir l’impact qui allait suivre, il ferma son œil. Puis, le sol. Cette vibration qui parcourut son échine et se termina par cette bouchée d’air salvatrice. Et cette pression chirurgicale, comme si elle évoluait déjà. Comme si elle avait déjà appris du Yuki. Sourire aux lèvres, il serrait pourtant les dents sous la nouvelle douleur. Alors qu’elle l’avait enjambé, il prenait son pied. Elle ne se contentait plus de le saigner. S’il voulait intérieurement la féliciter, il voulait surtout la faire souffrir. Il voulait qu’elle ait mal. Car personne, surtout pas elle, ne pouvait le battre à ce jeu dont il était toujours victorieux. Gardant les dents serrées, il se retint de basculer son bassin, voulant découvrir jusqu’où la témérité la conduirait. Mais peut-être était-ce seulement la folie. Savait-elle à qui elle se frottait réellement ? Car, pour lui, tout ceci n’était encore qu’un vulgaire échauffement. Rien de plus qu’une mise en bouche.

Lui, un hypocrite ? Comment osait-elle seulement prononcer ces mots en pleine face ? N’était-ce pas elle qui lui avait menti délibérément ? D’abord, elle avait osé lui dire qu’elle avait changé, qu’elle n’était plus celle des rapports. Pour ensuite lui montrer et dire ce même visage qui ne devait plus exister. Ne serait-ce pas elle l’hypocrite ? Aussi, alors qu’elle se relevait de son petit manège, trop vite fini pour le Yuki, il se releva, le corps endolori, le flanc douloureux de la pression exercée. Pour qui se prenait-elle encore ? Lui toucher la fesse de la sorte. Était-ce le plaisir charnel qui guidait ce geste ? Une nouvelle perversité dont il assistait aux premières apparitions ? Peut-être était-ce seulement un effet miroir où elle essayait encore de l’imiter ? Pour qui se prenait-elle ? Le poing fermé, son agacement lui était revenu. Cette excitation, il la ressentait à nouveau. Comme un mélange plein d’extase, il voulait lui faire tellement mal Soudainement, il voulait l’entendre crier, il voulait voir la peur dans son regard. Il désirait la dominer, la faire absolument sienne. Plus que la conquérir, il voulait la posséder entièrement.

Les dents serrées, autant de rage que de douleur, il se glissa dans son angle mort. Bientôt, rapidement, usant même d’une pointe de chakra dans ses pieds, il s’élança dans le dos et, la bloquant bientôt contre un arbre de son corps, il murmura dans sa nuque. « Fini l’échauffement, alors. » Dans ce même mouvement, il prit le bras de cette sauvage tigresse et, d’une clé de bras dans le dos, la privait de tout mouvement. A la moindre tentative d’évasion, il n’hésitait pas à relever davantage le bras, imposant dorénavant le rythme de cette cruelle danse. « Tu es mienne, maintenant. » Il la détestait. Il la haïssait. Elle. Son énergie. Sa passion. Son état si sauvage. Il la maudissait. Car, plus que tout, il la voulait. Il la désirait. Pour lui. Uniquement. Comme un jouet. Elle était passionnée et sauvage, cruelle et si brutale. Elle excitait ses sens.

Utilisant son corps autant que le levier, il la bloquait entièrement. De son unique main libre, il fouilla la sacoche de cette femme comme si son avis n’avait aucune importance. Posant bientôt le kunaï dans le bas de son dos, dans le creux de ses, il ne résista pas à son désir de la mordre, l, dans son cou. Il voulait la mordre à sang, goûter à nouveau. Tandis que l’arme glissait le long de la colonne vertébrale sans laisser de traces sinon des frissons, il s’arrêta de mordre, sans avoir atteint son but, juste une cicatrice bientôt effacée. Arrivant à la base de nuque, il s’y arrêta, laissant seulement le fil de la lame glisser sur sa peau dénuée. « Je pourrais te tuer mais je te préfère tellement vivante. » Et, finissant sa phrase, il planta légèrement le kunaï dans la nuque, laissant perler le sang. Lâchant aussitôt l’arme, il empoigna la chevelure de la tigresse enflammée et la plaquant entièrement contre l’arbre, quitte à lui casser le nez, il goûta finalement au liquide vermeille tant convoité, laissant même sa langue lécher plus longuement cette fraîche peau. Et sans même attendre, utilisant le levier de son bras, il la plaqua au sol. Directement, bloquant le bassin à l’aide de ses genoux, il l’attrapa par les poignets, qu’il releva au-dessus de la tête. Usant de fermeté, il prit les deux poignets d’une unique main et, dénouant d’abord le nœud rouge autour de sa poitrine, l’utilisa pour lasser les poignets. Une fois les mains libérées, pour lui, liées, pour elle, il prit appui sur sa main droite et se mit à l’étrangler fermement de la gauche. Plongeant à son oreille entre le murmure et les mots crachés, il lui répondit finalement. « Je me fiche de te sauver, toi ou ton pathétique honneur. Kiri m’importe si peu. Mais n’ose jamais dire que je t’ai menti ou que je t‘ai quoi que ce soit. » Puis, se relevant et lâchant enfin sa prise, il la toisa du regard. « Reste à terre, chienne. Admets ta défaite avant de te ridiculiser. »
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Sam 22 Juil 2017 - 22:21
J'entendais hurler au fond de mon cœur. Quelle était cette voix là qui s'époumonait ? Qui étais-tu ? Je ne t'entendais pas. Tu étais enfermée, tu suffoquais. Arrête-toi là. Arrête d'essayer, tu vas t'étrangler à force. Te croyais-tu capable de plus ? Tu as failli. J'étais cette faille. Ô toi petit son à ces oreilles tu m'as brimé mais tu as échoué. Influence factice tu n'as fait que ralentir cette descente aux enfers. Nous y allions. J'étais ainsi. C'était moi et personne d'autre. Et sans cet homme qui étais venu à mon encontre, tu n'aurais peut-être pas perdu la guerre. La guerre de nature. La guerre pour une emprise. La raison, la passion. Nous étions bien différentes pourtant l'une ne pouvait exister sans l'autre. Alors cesse de te battre. Puérilité maladive. Accepte-moi et nous n'en vivrons que mieux.

Il était là, derrière moi, les sens de nouveau aux aguets. J'avais à merveille réveillé le prédateur qu'il m'avait montré de prime abord. Plus qu'une envie de vengeance, je souhaitais par dessus tout défouler cette répression personnelle bien trop longtemps enfouie. Cela faisait des ravages. Mais pouvais-je réellement être surprise lorsqu'au plus sombre de mon être j'avais toujours ressenti cette brûlure infâme qui me consumait dès lors où j'avais été privée de mes fonctions de kunoïchi, de mes apprentissages. Tout ça retombait sur ce seul homme, bien plus expérimentés que moi. Bien plus fort, c'était indéniable. Eiichiro, tu l'avais cherché cet évacuation de haine, de rage, d'émotions toutes plus violentes que les autres. J'avais plongé dans ton piège corps et âme et j'en étais si fière. J'en jouissais intérieurement. Je n'avais pas la moindre idée de ce qui avait pu poussé un jônin à venir tirailler, torturer, jouer avec une genin telle que moi mais rassure-toi, je ne te remercierai jamais. Tu étais bien trop prétentieux et dangereux pour que je fasse une pareille erreur. Mais tu me fascinais. Tu m'avais envoûtée pour que je devienne celle que j'étais. Et maintenant tu devais payer, simplement parce que j'aimais ça. Mais toi aussi, n'est-ce pas. Ton unique œil en disait long. Alors montreras-tu ce que tu sais faire ?

Je commençai à peine à sourire lorsqu'il fit le premier geste. Où était-il passé ? Derrière. Mes yeux grands ouverts je tournai la tête pour diriger mon corps à faire demi-tour sur moi même mais trop tard. Je sentis les écorces de ce fichu arbre qui m’aplatissaient et donnaient de nouvelles marque à ma peau. Pas encore. Je tentai en premier de nous repousser vers l'arrière, mon poids et le sien qui faisait pression dessus. Ses mots engourdirent mes membres d'une petite chair de poule et je forçai lorsqu'il me manipula comme une marionnette. Je me retrouvai une nouvelle fois prise au dépourvue, ne pouvant user de mes bras. Sa poigne semblait plus expressive encore qu'auparavant et j'imaginai déjà la marque qui se formait autour de mes poignets. Il était pourtant à s'y méprendre. De cette proximité je détaillai au touché la musculature de ses jambes lorsque des miennes j'essayai de me défaire de son emprise. Passage à droite, passage à gauche et pourtant il allait sans dire qu'il était bien plus vigoureux que moi. Je devais trouver autre chose. Mes mains croisées dans mon dos s'agitèrent pour discrètement lui attraper le tissu déchiré sur son torse. Puis se crispèrent d'un coup pour le serrer entre mes doigts. Je poussai un long cri douloureux qui témoignait aussi de la poigne que je mettais sur son haut. Cela venait de mon cou, de cette peau qui était pincée par ces crocs humains. D'instinct je mouvai ma tête hors de son emprise mais rien ne fonctionnait, il me tenait trop fermement. Mon entreprise vaine n'avait fait qu'amplifier sa meurtrissure. Il allait me l'arracher cette peau à force. Puis tout ceci s'estompa d'une traite. La douleur, plus rien. Le cri, silencieux. Je repris mon souffle même assez rapidement après m'être époumonée pourtant ce fut en cette seconde que je remarqua la lame dérobée qui finissait sa route. Mon dos encore frétillait d'excitation, à contrario de ce que j'avais exprimé. Je retins mon inspiration pour n'exprimer ce léger souffle enivrant et fermai les yeux. « Tu devrais, je ne suis pas si charmée, et je vais te tuer. » Mensonge pour lui répondre. Il avait l'air convainquant pourtant. En vérité elle aurait fait beaucoup pour que cela ne s'arrête pas. Mais l'extase prit vite fin lorsque la piqûre du kunaï me fit ouvrir les paupières. Mais sans réaction, aucune, il s'était bien trop vite emparé de mes cheveux emmêlés encore une fois. Sa poussée m'assomma légèrement, le nez dégoulinant ainsi de rouge écarlate qui venait surplomber mes lèvres. La face complètement en harmonie avec l'arbre humide pourtant je ne dis rien et étais partagée. Colère de montrer telle faiblesse devant ce liquide qui me tâchait le visage, et dégénérescence de ma raison sous cette langue aventureuse. Son souffle qui se déposait sur ma peau fit un tour à mon pauvre esprit. J'en oubliai jusqu'aux gouttes qui le délectaient, une première. Quand arrêterait-il ? Je voulais le haïr bordel !

Vœu exaucé. Je me raclai la gorge discrètement tandis que j'imaginai, comme les autres fois, qu'il me lâcherait pour retourner à sa souche morte. Pourtant il n'en fut pas, et d'un revers de sa main j'atterris au sol. Mon dos claqué contre la terre inondée je n'eus même pas le temps de réagir pour recroqueviller mes jambes sur moi-même que le Yuki était déjà installé. La densité de son corps appuyé sur mes hanches me prodiguèrent une douleur interne tandis que je forçai sur mes bras pour tenter inutilement de l'empêcher de jouer. Deux enfants se chamaillant, je lui montrai les dents mais ne pouvais détourner mon regard du sien. Il fit littéralement ce qu'il avait voulu. Tant que je retrouvai cette parcelle beige, pâle et froide à découverte. Le haut de mon ensemble menaçait de glisser pour me dénuder plus encore tandis que je tirai sur mes poignets pour me défaire de l'attache de mon propre vêtement rouge qu'il avait utilisé impunément. L'échine qui se réchauffait de cette situation pourtant elle déchanta bien vite quand le brun m'agrippa le cou pour y laisser sa marque plus fort que toutes les prises qu'il avait eu. Respiration coupée, les hauts-le-cœur étaient aléatoires et pourtant j'étais toujours assez lucide pour descendre mes mains sur son visage. Mais nul le temps d'en faire quoique ce soit, laissant l'initiative pour une seule caresse, il me lâcha et s'éloigna. La quinte de toux me déchirait l'intérieur de la gorge tandis que je me glissai lentement sur le côté pour récupérer mon souffle lentement. J'en profita pour abréger quelques mots entre deux larges respirations : « Pourquoi tu me veux..? » Pause. « Pourquoi tu fais tout ça ? » Sans même espérer de réponse je me redressai difficilement, le crâne vacillant.

Je n'en répondis plus. Mon corps agit seul. Les mains toujours liées, serrées entre elles par les poignets. Pourtant elles se précipitèrent vers une branche cassée par terre. Une épaisseur prise à deux mains et la longueur d'un kunaï normal. Mes pieds s'élancèrent, suivis de mes jambes sur lui pour ne plus rien contrôler. Un coup de la droite, un coup de la gauche, dans le ventre, dans la cuisse, dans le flanc blesser, sur la joue, le crâne, puis pour enfin lui jeter dessus violemment. A défaut de pouvoir réagir et réfléchir, mes bras vinrent s'installer autour de son visage à lui, attrapé par mon lien rouge qui m'empêchait d'optimiser mes mouvements. En revanche mon crâne, lui se fracassa contre son nez, quitte à le faire saigner à son tour. A force de le faire reculer le jônin se retrouva debout sur le tronc mort et il me suffit de le pousser pour qu'il glisse en arrière et qu'il tombe. Je le ruai de coup de bâton que je récupérai aussitôt. Ce corps n'en avait pas fini, ma folie n'en avait pas anéanti, mes pulsions étaient bien loin d'en laisser. Et j'aimais ça, j'adorais ça même. Je n'avais plus d'emprise sur quoique ce soit. L'apogée de cette fièvre malsaine et excitante. Celle qui me déséquilibrait, qui m'oxygénait. Ils ne comprenaient pas. Pas même cet homme qui me ressemblait tant. C'était cette même agonie que j'avais ressenti cette fois-là. Elle l'avait tué. Il y avait une bien des mois maintenant que cet instant ne m'était pas revenu à la mémoire. Cette extase. La terreur dans le regard, le dernier espoir d'autrui. C'était ce qui avait donné tout son charme à l'être humain. Je m'en souvenais enfin. Comment oublier le blanc de ces yeux, cette livide expression agrémentée d'une lueur frémissante. Ce teint immaculé par la mort et parsemée du rouge de ses hémoglobines évacuant son enceinte charnelle. Je voulais la revoir... Je voulais cette douce amante... La mort. Meurs ! Crève ! Donne-moi ce dernier souffle !

Le miroir se brisa. Simplement. Je m'étais arrêtée sur cette dernière pensée trop forte tandis que le morceau de bois était juste à quelques centimètres de son œil encore valide. Je le maintenais d'une force encore méconnue, domptée par l'adrénaline d'en finir. Pourquoi ne m'avait-il pas arrêtée avant ? Assise au-dessus de sa ceinture, je ne tenais ni ses bras, ni ses jambes. Alors pourquoi ? Je déglutis alors que les dernières larmes de colère incompréhensives se déversaient devant lui. Je jetai le bout de bois amoché loin de là et je ne bougeai plus quelques instants, en silence. Mon souffle était pareil aux bêtes : rauque et épais. Je le regardai, scrutant mon carnage. J'avais l'air fatiguée. Je ne l'avais pas tué. Pourtant je ne me sentais soudainement plus l'envie de ceci. Elle était passée. Elle était partie. La folie s'était tant exaltée de tout ceci qu'elle avait probablement décidé de ne plus attenter à sa vie. Son apogée n'était pas pour aujourd'hui apparemment. Alors je le regardai simplement, le visage dur pourtant expressif de sa propre stimulation malsaine, sadique. Mes mains se reposèrent simplement sur le torse de ma proie. Malgré tout ça je n'avais même pas réussi à me libérer. Alors mes iris verdâtres se glissèrent jusqu'à la griffure large et encore saignante de plus tôt. Je déchirai définitivement son dessus pour l'ouvrir plus encore. Mes dents l'agrippant d'un côté et mes mains qui tirait pour entendre le craquement du tissu. Je redressai le dos et sans aucun avis demandé jusqu'à maintenant je plongeai mes griffes qui grattaient à la surface de la blessure pour faire jaillirent un peu plus de son sang. « Détache-moi, Yuki Eiichiro. » Et sur cette simple phrase je m'abaissai sur lui en prenant appui sur mes mains qui avaient cessé de creuser pour lui murmurer simplement, la tête légèrement penchée : « Je ne serais jamais tienne, abandonne. »

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Dim 23 Juil 2017 - 12:44
Qu’avait-elle exactement éveillé en lui ? Alors qu’il se relevait, le Yuki se le demandait encore, réfléchissait à toute l’attitude qu’il venait d’avoir. Il était hors-de-lui, loin de ce qu’il démontrait si souvent lorsqu’il se trouvait dans ses cellules. Il s’était laissé à un élan qu’il avait si souvent réfréné. Si cruel, il ne s’en cachait plus depuis longtemps lorsqu’il se retrouvait en compagnie d’un prisonnier, il ne se montrait jamais si vicieux. Si pervers. Il avait oublié cette sensation étrange, cette excitation fascinante qui, maintenant, lui faisait tourner la tête. Enivré, il désirait encore y goûter, se frotter à ce sentiment oublié. Qu’il aimait cette jouissance. Cette effervescence qui éveillait chacun de ses sens. Ce bouillonnement qui, maintenant, inondait et noyait son cerveau. Cette extase qui le faisait planer. Même son échine en frissonnait encore, lui faisant oublier son flanc douloureux autant que son torse ensanglanté. Qu’il adorait ces sensations si longtemps refoulées.

Il ne fut pas surpris par ce nouvel élan sauvage. Au contraire, il le désirait. Il voulait encore voir cette beauté enflammée. Il voulait encore se brûler. Elle était ce feu sauvage, incontrôlé, immortel, qui se ravivait à la moindre brise. Même la pluie qui continuait de s’abattre, rendant la route invisible, ne pouvait l’atteindre. Un feu indomptable qui, à qui ne prenait pas garde, pouvait être mortel. Alors, sourire aux lèvres, amusé, il la vit se rouler sur le côté, prenant sa respiration comme elle le pouvait. Puis de se relever et de se plier vers une branche cassée. Armée vulgairement, encore les poings liés par son propre nœud rouge, elle s’élança à sa suite. Mouvements désordonnés. Saccadés. Chaotiques. Oubliant son savoir d’Epéiste et son Art du Sabre, elle se lançait vers lui sans un véritable plan. Ce fut sûrement une brève déception pour le manipulateur de Glace qui voyait sa proie perdre l’ensemble du peu de contrôle qu’elle pouvait encore avoir. Comme entièrement abandonnée à son désir sanguin du meurtre. Elle ne réfléchissait plus à ses mouvements, se contentant uniquement de mouvements de taille à gauche à droite, et inversement, de coup d’estoc sans véritable puissance, et d’autres coups de haut en bas, essayant d’atteindre cette cible qui s’échappait. Pourtant, à force de cette particulière détermination, elle le bloqua bientôt contre le tronc mort, à la propre grande surprise du combattant qui ouvrit grand son œil unique. Comprenant tardivement qu’il venait de se faire prendre au piège de cette dernière, il la vit se ruer sur lui, comme une sauvageonne. Glissant en arrière, se retrouvant bientôt dans cette position couchée qu’il n’avait pas vu venir, il vit cette femme s’asseoir sur lui, comme s’il n’était qu’un vulgaire substitut de cette colère qui animait ses entrailles. Et de subir les nouveaux assauts répétés. Comme une tornade. Un véritable ouragan de coups qui s’abattirent sur lui. Jusqu’à l’instant où elle s’arrêta, à quelques centimètres de son visage, prête à le rendre entièrement aveugle.

Elle était si proche. Collée à lui, les cuisses au niveau de ses hanches, il l’observait. Elle n’avait pas tenté de le contrôler et il s’était contenté d’accuser les coups. D’accepter cette colère. Il n’était qu’un substitut. Elle ne l’attaquait pas lui pour ce qu’il était mais pour le reflet qu’il lui montrait. Elle se battait seulement contre elle-même et il l’avait seulement laissée faire, acceptant. Et elle s’était arrêtée. Et maintenant, elle pleurait. A la plus grande incompréhension du Yuki qui se mettait à froncer son unique sourcil visible – l’autre étant caché par son cache-œil, il garda le silence. Les mains uniquement posées sur les cuisses de cette tigresse, lui permettant ainsi de garder l’équilibre, et éviter qu’elle ne chute brutalement, il se mettait à croire que tout était enfin fini. Pourtant, alors qu’il reprenait son souffle et scrutait ce visage encore méconnu, il sentit les mains liées sur son torse, comme un nouveau contact de cette étrange proximité. Il détestait cela. Il la détestait pour l’envie qu’il lui prenait de la tenir contre lui. Il détestait pour ces sensations. Pour son cœur qui devait reprendre son souffle. Pour cette passion délirante. Il la détestait et voulait la haïr entièrement. Absolument. De tout son être. Alors que l’adrénaline quittait lentement les connexions de son cerveau, il vit cette lionne lui déchirer entièrement son haut-le-corps restant à l’aide de ses dents et poings liés, découvrant ainsi son torse imberbe. Qui était cette démone effrontée qui osait encore le défier ? Comment pouvait-elle encore avoir l’énergie suffisante pour lui répondre ? Ses mains, crispées sur les cuisses dénudées de cette femme, griffèrent cette peau qu’il désirait tant. Qu’il détestait tant. Les dents serrées, il la contemplait pour la première fois. Si proche, il la craignait davantage. Non pour ce qu’elle était capable, mais uniquement ce que cette proximité éveillait chez lui.

Usant de ses muscles dorsaux, le Yuki utilisa son énergie pour se redresser, gardant cette étrange proximité en la maintenant proche de lui, les mains uniquement posées sur ces fesses laissées libres. Nul geste. Nulle attaque. Comme s’il se contentait de la relever après tous les efforts incontrôlés qu’elle venait de lui montrer. Mais il n’en avait pas fini avec elle. Loin d’avoir donné son dernier mot, il lâcha bientôt ces poignées temporaires et, la retenant par le creux de ses reins, il agrippa violemment sa chevelure, empoignant celle-ci de son poing fermé, tirant bientôt sa tête en arrière. Et, comme un nouvel affront, comme une tentative malsaine de rendre cette proximité encore plus dangereuse, il posa sa langue contre le nombril de la jeune femme avant de remonter toute cette peau nue, délivrée depuis un moment de son haut-le-corps. Glissant entre sa poitrine, sa langue se fit plus lente, comme un autre viol de ce corps qui n’était pas le sien. Comme une autre attaque, plus personnelle. Plus intime. Comme si elle ne pouvait lui garder aucun secret. Comme si chaque partie de son corps, même les plus privées, étaient à lui. Et tirant plus violemment sur ce cuir chevelu tant maltraité, sa langue continua son chemin, glissant dans son cou pour atteindre cette joue, goûtant le sel de ses larmes séchées. Et de lui murmurer, avant de lui mordiller la joue, comme un nouveau jeu animal. « Tu es entièrement mienne. »

Ce fut l’exact moment choisi par le Yuki pour user de son bassin pour basculer la jeune femme. Usant de son élan pour la soulever sans aucune difficulté et la plaquer contre le sol boueux, il se posta au-dessus d’elle, prenant appui comme il pouvait dans ce sol où ses mains s’enfonçaient maintenant. Bras tendus, son œil unique posé dans un œil, il souriait, amusé. Ne lui offrant aucune échappatoire, il voulait encore la scruter, la dévisager. Il voulait encore la découvrir mais, essoufflé, le corps endolori par la série de coups, il se contenta de cette observation. Qu’il voulait découvrir cette peau en l’effleurant, ressentir chaque frisson. Il voulait ses mains autour de son cou. Agrippant fermement ses fesses. Il voulait serrer cette taille jusqu’à ne plus qu’elle respire. Il voulait lui lier les jambes. Il voulait encore claquer son fessier, s’y essayer avec sa poitrine. Il voulait sa peau rougie sous les coups. Il voulait encore la faire souffrir. Lui faire si mal. Alors que quelques gouttes de son sang tombaient de son nez vers le visage sali de boue, il cracha aussi un peu de sang gardé en bouche contre son gré. Souriant, la protégeant silencieusement contre une partie de la pluie, il prit le temps de lui répondre. Calmement. Comme si la vague meurtrière s’effaçait, laissant place à un autre personnage. « Parce que tu es bourrée de potentiel. Que je veux que tu apprennes à user de ton talent sans finir exténuée. » Et, alors qu’il s’approchait de son visage, joignant son souffle chaud au sien, ses mains glissant le long de ses bras, il la libéra enfin de sa menotte. « Et ta folie meurtrière m’excite. », murmura-t-il entre deux souffles.

Se relevant, prenant volontairement appui sur le ventre de la jeune femme, y laissant une trace de main boueuse, il observa attentivement son propre corps. Entre son haut-le-corps déchiré, son manteau tranché, tout était en lambeaux. Ses mains étaient en sang de cette farouche protection menée contre les assauts répétés. Son torse coulait encore légèrement, essuyé par l’eau qui dégoulinait le long de son corps. Sa joue et son flanc s’étaient arrêtés, comme annonçant la fin de ce duel cruel. Soupirant devant son état délabré, il se gratta l’œil. Et comme un dernier jeu, comme s’il ne la voulait plus pour lui, il se rendit sur son tronc mort détrempé, enlevant au passage son haut-le-corps, se laissant torse nu sous la pluie qui, maintenant, se calmait. « J’abandonne alors. »
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Dim 23 Juil 2017 - 20:53
J'étais la, le corps frais et luisant sous la pluie. Ses muscles sous mes doigts. A califourchon sur ses abdominaux. Comment avais-je bien pu me retrouver là ? Si, je me souvenais. Tout me revenait. Son ordre. Sa main claquant ma peau, à deux reprises mais pas au même endroit. Ces énervements. Mes cheveux tombant en poignées sur le sol boueux. Son pied m'écrasant. Le sang sur sa peau. Mon body déchiré. Ce kunaï. Nos rages. Ses touchés. Ses dents sur ma peau. Intimité bafouée, abusée. Cette répugnante sensation de ces doigts qui volaient ce que je chérissais encore. Le désir dans ses yeux, ses mots pestilentiels, ses sourires macabrement explicites. Il me rebutait. Je ne voulais soudainement plus avoir affaire avec lui. Je voulais fuir loin. Très loin de lui. Comment avait-il pu ? Comment avait-il osé réveiller ces émois ? Qu'étaient-ils ? Je ne comprenais plus rien. Il m'attirait indubitablement. Finalement c'était peut-être ça qui me retournait le cœur. Décidément il n'aurait jamais dû venir à ma rencontre. Il avait probablement bousculé le destin, le sien, le mien qui voulait la paix et la sérénité, une chance de lui montrer que je pouvais être quelqu'un de bien. Mais avec ce Yuki Eiichiro impossible. J'avais sorti les crocs, les griffes, les armes, je m'étais ouverte à lui sans aucune prudence et il en avait regretté et profité. Quelle ironie de passer tant de temps à se cacher pour qu'en quelques actes, en quelques mots seulement il suffisait à un seul individu de tout vous faire perdre.

Je ne bougeai plus. Je n'y arrivais plus. Mais lorsque je le vis lui, cet homme, ce monstre redresser la partie supérieure de son corps, je me reculai. La pression qu'il exerçait sur mon fessier me fit sursauter discrètement pour qu'ensuite, lorsqu'il me souleva, je passai mes bras autour de son cou, les mains toujours attachées derrière la tête de mon bourreau. Mon regard vaqua ici et là.. Mais.. Pas ça. Je claquai une ultime fois mes mâchoires l'une contre l'autre tandis que ma respiration s'arrêta un énième instant supplémentaire. Je la ressentais. Elle remontait le long de mon échine frissonnante. Je savais qu'à ce moment où il se nichait au creux de mon buste que mes mains harponnèrent sa chevelure noyée mais je ne me rendais pas vraiment compte de ce que je faisais, bien trop concentrée et perturbée par sa bouche qui venait maintenant assiéger mon cou. Puis ma joue. Et, surprise, je rouvris les yeux lorsque ses dents me pincèrent doucement, sans faire mal. La fièvre de ses gestes me parcourait encore pourtant je ne bougeai plus, laissant même tranquille sa tignasse épargnée. Je me contentai de hocher négativement la tête. Une fois à droite, puis lentement à gauche. Pour qui se prenait-il enfin ? Je n'étais ni apprivoisée, ni apprivoisable. Sauvage. Indépendante. Indomptable. Vipère paralysée, je n'arrivais pourtant plus à faire le moindre mouvement. Une attaque, encore ? Non. Simplement ce sadisme qui lui seyait à merveille.

Son regard uniquement me donnait froid dans le dos. Ou peut-être était-ce la bouillasse sur laquelle il m'avait reposée ? Rôles inversés, je n'étais plus sereine. Pourtant si impatiente de voir ce qu'il allait oser faire. A dépasser nos limites, à force nous finirions morts, tout deux, anonymement. Un geste de travers et la barrière était brisée, et n'ayant plus ma rage originelle, je ne ferais pas long feu. Alors je restai immobile, les bras allongés sur mon ventre, n'attendant que le dernier jugement. « Même si je suis à ta merci, ne crois pas que tu feras ce que tu veux de moi. » Mes chuchotements ne tremblaient pas, ils étaient francs, droits et sans hésitation. Ils étaient comme moi. Or, si loin de mon esprit en pagaille. Son sang gouttant jusque sur ma joue et sur mes lèvres, je ne faiblis pas. Et ce sourire, son sourire. Il avait le don de m'agacer. Il m'émoustillait. Je voulais le lui arracher d'un baiser. Ce fut lui qui brisa le silence. D'une phrase mes yeux se figèrent. Je ne comprenais pas. Ils restèrent ainsi alors que le visage d'Eiichiro effleurait le mien. Je surpris l'une de mes mains tenter d'attraper plus haut le lambeau de son tissu pour essayer de le tirer sur elle. Je ne maîtrisai que peu de chose, si ce n'était une part de mon palpitant en l'empêchant de faire des bonds si forts qu'il pourrait en sortir de l'enveloppe charnelle. Quelle plaie ce type. Je dérivai, j'en avais conscience cette fois-ci. Je buvais ses paroles à cet instant. Il voulait me déstabiliser, c'était tout ce qu'il souhaitait. Alors je lâchai ce qui ne lui servait plus de chandail et perçus enfin que mes mains étaient libérées.

Lorsqu'il se leva, un soupir s'échappa de ma bouche. Ce-dernier partagé entre la déception et le soulagement. Je restai à terre cette fois. Toute hostilité évacuée pour l'heure je préférai fixer le ciel que je n'arrivai même pas à desceller entre les arbres, la pluie qui se faisait pourtant de plus en plus fine, et la brume. Je rejetai hors de mes poignets la ceinture rouge qui lui avait servi de prison partielle. Puis je relevai le haut de mon corps plutôt difficilement pour enfin constater de son oeuvre. J'époussetai la boue de mon ventre, puis de mon visage en la jetant d'une traite par terre. Puis c'était au tour de mes jambes, de mes bras, et enfin je ramassai mon long foulard d'un rouge maintenant tâché. Malgré ça je le réutilisai quand même pour entourer de nouveau ma poitrine et permettre de la dissimuler un peu mieux. Je serrai un peu plus le nœud qu'auparavant et je le rejoignis lentement. Restant debout, mais tout juste devant ses jambes, une main poser sur le fourreau de Dokueki et l'autre sur ma taille, j'agressai presque son œil des deux miens. « Non. J'accepte. Mais ne va pas croire que je le fais parce que tu as à voir quoique ce soit dans mon choix. Je le fais uniquement parce que je ne veux plus subir qui je suis. » Je lui tendis la main en signe de deal mais la retirai tout aussi vite pour reprendre : « Première condition : Plus jamais tu ne me pousseras dans mes retranchements. Tu pourrais y perdre la vie. Ou pire, je pourrais y perdre la vie. » J'haussai les deux sourcils et insistai lourdement du regard pour qu'il acquiesce. « Et je ne veux plus entendre que je suis tienne. C'est faux, fais-toi une raison. Compris ? » Je m'arrêtai là finalement plus par curiosité et tendis de nouveau ma main vers lui pour en connaître sa réponse.

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Dim 23 Juil 2017 - 23:09
Il avait frissonné. Cet instant, éphémère, où il avait ressenti les bras l’entourer, il avait frissonné. Son échine s’était légèrement redressée, comme envoûtée par un sortilège dont il connaissait trop bien l’origine. Elle. Qu’il détestait tant. Alors qu’il la maîtrisait entièrement, posant sa langue sur sa peau nue, il s’était senti, un bref moment, comme dompté par ces bras qui l’avaient entouré. Pourquoi ? Qu’avait-elle recherché à cet instant ? Ses pensées, trop nombreuses, se chevauchaient. Avait-elle donc pris son pied alors qu’il la dominait ? Avait-elle tenté, discrètement, de le dominer ? Peu habitué à ces contacts, le Yuki se perdait dans le cours déchaîné de ses propres pensées. Entre cette incompréhension et cette haine, mille questions plongeaient dans son esprit, le noyant sous un autre feu incontrôlé. Il la détestait que davantage pour ce qu’elle venait de faire naître. Pour cette incertitude. Pour ce non-sens. Il la détestait encore plus d’avoir tiré sur les lambeaux de son haut-le-corps, alors qu’elle l’avait attiré davantage contre elle. Comme si, un bref instant, ils ne furent que tous les deux. Ensemble. Il la détestait pour cette sensation grisante. Il la haïssait pour ces émotions nouvelles.

Il l’observait, scrutait le moindre de ses mouvements. Comme un prédateur qui attendait l’erreur de sa proie, il patientait. Assis sur ce tronc mort qui avait déjà trop vu de leur danse meurtrière, il l’avait vue remettre en place ce fameux nœud rouge qu’elle s’était mise à porter suite à l’indécente perversité du Yuki. Aussi, celui qui maintenant se contentait de regarder, se préparait tranquillement à la retrouver près de lui. Trop près de lui alors qu’elle se postait juste en face. Ce ne fut plus le même duel qui se jouait dorénavant entre les deux. Si, un temps, il s’était amusé à la confronter, à la défier, ils n’en étaient plus à ce stade. Voilà qu’il y a plus d’une dizaine de minutes, sous la pluie battante, il lui avait proposé de lui donner un coup de main. D’arrêter de se voiler la face. De faire face à cette animosité qui était en elle. D’embrasser sa colère plutôt que de l’ignorer. Mais elle n’avait jamais donné une réponse claire et définitive. Aussi, alors qu’elle s’approchait, elle négocia avec lui. Elle acceptait son offre, disait-il, non pour lui mais bel et bien pour elle. Mais posait déjà deux conditions. Plus jamais il ne la pousserait dans ces retranchements. Aussi ne lui appartiendrait-elle jamais. Puis, devant lui, elle tendit une main. Comme si elle se préparait à signer un contrat.

Mais ne savait-elle donc pas que le Diable est plus rusé ? Pensait-elle réellement qu’il allait accepter une offre qui, finalement, n’avait aucun avantage pour lui ? Dans l’esprit encore torturé du Yuki, qui tentait vainement d’oublier la proximité passée, il se mettait à réfléchir aux différentes options. Nul doute, elle savait son offre irréalisable. Elle le savait et la voulait de la sorte. Nul doute qu’elle voulait qu’il lui fasse la première offre raisonnable. Comme s’il était seulement possible que le démon de glace puisse penser de la sorte ? S’imaginait-elle vraiment qu’il allait la prendre la main et l’accompagner tendrement sur le chemin du contrôle, sans demander une contrepartie ? Qu’est-ce qu’un pacte avec le Diable, sinon vendre une part de son âme ? Accepterait-elle seulement une telle folie ? Aussi, sourire amusé, son œil pétillant d’une joie non simulée, il s’empara sans attendre du poignet, évitant soigneusement de la prendre par la main, et de signer malencontreusement un contrat qu’il ne désirait pas. D’un mouvement rapide, l’attirant vers lui, il posa une main dans le creux de son dos. « Nouvelle offre. », lâcha-t-il seulement alors qu’il la regardait depuis son œil. Soudainement, le prédateur était de retour. Il n’en avait pas encore entièrement fini avec elle.

Basculant son corps, d’un mouvement ample, la conservant au passage contre lui, il la plaqua contre le tronc et, à nouveau, il la dominait physiquement. Entièrement. Aussi, le sourire carnassier, celui d’un véritable démon, apparut à nouveau. Une main posée sur sa hanche, l’autre, du bout des doigts au niveau de son nombril, il s’amusait. « Disons … Je te fous entièrement la paix, tu ne me revois plus jamais, et tu te tentes désespérément de vivre avec ton tempérament. Tu mens à tout le monde, et à toi-même, et tu finis par t’autodétruire car tu n’arrives pas à te gérer. C’est ta première option. Ou … », lâcha-t-il, laissant flotter dans l’air, durant quelques instants, le silence alors que ses doigts atteignaient le ruban. Puis, dépassant le ruban, sans s’amuser une nouvelle fois à l’enlever, trop concentré sur son visage, il lui fit son offre. « Tu acceptes mon offre. » Ses doigts caressaient bientôt l’apparition de son cou, comme s’il s’amusait subitement à la dessiner, à découvrir une nouvelle cette partie qu’il avait déjà léché. « Je te pousse à te dépasser, à te surpasser, quitte à nous blesser l’un et l’autre. » Ses doigts atteignirent les premières façades de sa mâchoire et, approchant son visage du sien, il continua. « Tu es mienne. », laissa-t-il finalement tomber alors qu’il pinça de ses dents sa lèvre inférieure.

Déjà, loin de cette suave lenteur, il se dégageait sans attendre la moindre réaction. Sourire aux lèvres, complicité dans son œil, il continua de la scruter, prêt à réagir à sa prochaine action. « Je te veux, Nakamura. Je ne veux pas juste que tu te maîtrises. Je te veux entièrement. » Puis, haussant les épaules et se détournant déjà d’elle, allant ramassant son manteau tranché, il lâcha encore quelques mots. « Sinon rien. Je n’y gagnerais rien. »
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Lun 24 Juil 2017 - 20:24
Avait-elle vraiment cru qu'il accepterait ? Pas le moins du monde. Je n'étais pas si naïve et elle l'avais même cerné un minimum tout comme il avait sûrement lu comme dans un livre ouvert au fond de mon esprit. Sa spécialité semblait-il s'être vanté plus tôt. La torture il l'avait admirablement utilisé sur moi. Il m'avait fait danser comme une marionnette. Mais il n'avait pas été à chaque fois serein et terriblement agaçant à montrer le contraire. Je savais que par moment il ne s'était plus senti tant en sécurité. Sinon pourquoi être resté ? Pourquoi avoir creusé, toujours plus enfoui dans ce que je m'efforçais de dissimuler ? Il était malin, il était expérimenté, il savait ce qu'il voulait. Ce n'était assurément pas seulement me permettre de contrôler ma bestialité primaire. Son œil à l'origine sombre sur moi en disait long. Accompagné de ce sourire satisfait et expressif, son visage s'illuminait presque. Il me voulait. Disait-il. Pourtant cette tactique perturbante, il savait qu'elle ne fonctionnait pas sur moi alors qu'attendait-il pour m'arrêter ? Il jouait le rôle de mes démons. Vif. Tentateur. Enivrant. Excitant. Et j'avais au fond cette répugnante envie de m'y abandonner. Que m'avais-tu fait Yuki Eiichiro pour que je me sente si faible face à toi, tes provocations ? Je balayai ces idées empoisonnées et l'observai. La main tendue au bout de mon bras je le regardai longuement. Languissante. Forte. Mes doigts étaient sûrs d'eux, tout comme je l'étais.

Mon regard dévia juste une fraction de seconde sur les lèvres qui s'élargissaient avec lenteur. Ce qu'il lui suffit pour que le vent change de direction. Fulgurant geste qui m'arracha un soubresaut lorsque tout aussi surprenant je sentis mes talons se soulever et la pointe de mes pieds glisser sur le sol. Je me rattrapai à la seule chose qui fut sous ma main : Son épaule. Ma paume claquant sur cette dernière alors que lui tenait mon autre poignet. Je me tenais tout de même droite, fière, retenant les frissons qui assénaient le creux de mon dos. Penchée dans sa ligne, cette nouvelle erreur avait failli nous coûter cher. C'était son regard sur moi qui me faisait cet effet déstabilisant. Je le ferais refréner ses ambitions à celui-la. Mon front encore mouillé de l'eau qui était tombé dessus depuis plusieurs minutes déjà frôlait le sien et je me maintins sur lui pour éviter de tomber plus encore. Les paroles qu'il prononça eurent comme l'effet d'une légère claque, une petite tape de la même trempe que celle qu'il avait eu l'audace de déposer sur mes fesses. Poussant un peu sur mon bras, ne prenant au sérieux son affront vocal, je crispai un peu mon corps qui se retrouva alors maîtriser comme une simple poupée. Grognant avec discrétion, je posai mes mains sur le torse de mon assaillant comme pour le repousser mais sans forcer. Une prévention. Juste une prévention. Je ne désirai pas que cette enflure profite encore de que je semblais être pour lui. Que je pouvais le haïr cet homme à me mettre dans des états pareils. Si l'un avait été habituel autrefois, il y en avait de nouveaux que je ne souhaitais pas connaître. Qu'ils demeurent loin. Très loin. Et qu'ils emportent le brun borgne avec eux !

Mais je n'en fis rien. Ma curiosité bien trop prenante, elle ondulait au bas de mon ventre pour remonter. Ses doigts étaient doux. Précieux. Qu'il était présomptueux, lui, sa voix, à revoir mon offre à la baisse. Il était malin mais si peu original. J'avais cerné cette intention. Pourtant loin de rester immobile sous ses tentations, je caressai de mes mains ce buste qui me surplombant pour redescendre sur ses biceps sans même le quitter du regard. Pas un sourire, juste mes yeux plongés dans le sien. Je pouvais m'y voir. J'y voyais mon âme descellée. Que ça pouvait m'agacer cette sensation d'être à nue devant lui. A défaut de ne pas être très couverte. Je déglutis sous les phalanges qui exploraient à présent ma gorge. La méfiance me prenait aux tripes, alors je serrai un peu plus mes griffes sur ses bras alors que finalement il n'en fit rien. Cette soudaine douceur me donnait des idées. Des envies. Une excitation toute différente de celle d'antan. Et alors qu'il se rapprochait dangereusement je remontai mes mains sur ses omoplates pour d'une part le forcer à garder une proximité, mais aussi qu'au moindre mouvement je puisse le chasser d'une manière ou d'une autre. Il descendait encore et ses doigts remontaient. Cette fois je me fis violente envers moi-même pour ne pas tressaillir. L'humidité de la peau de ses lèvres, je ne la touchai plus que d'une fine parcelle des mienne mais je ne bougeai plus. Il me tenait. Il s'était emparé de l'une d'elle avec ses dents et je sentis déjà le picotement. Celui de la fiévreuse envie de lui faire regretter. Recule-toi, chien. Avant que la louve ne te dévore.

Je n'avais même pas écouté son offre. Je ne me souvenais de quelques bribes qui me revenaient par-ci par-là. Puis je reconstruisis ses dires. Et il osait même enchérir. J'en restai de marbre. Et il s'en allait, enfin. Son emprise rompue, je lâchai ce que je pouvais tenir de son corps et le laissai remettre de la distance. Il ne payait rien pour attendre. Pour ses gestes, pour sa violence, pour sa tendresse soudaine, pour ses mots et ce rêve qu'il n'était pas prêt de voir réalisé, j'allais lui en faire baver. Il ne méritait que ça de ma personne. Mais lorsqu'il s'éloigna un peu plus encore pour récupérer son semblant de manteau je m'empressai à lui. Je fis barrage devant cette masse de muscle plus imposante que moi et le poussai une première fois d'une seule main. « Tu n'as toujours pas compris. » Je m'avançai sans une pointe d'hésitation et de gestes francs j'appuyai sur ses épaules et me collai pour le forcer à se rasseoir sur ce tronc d'arbre mort. Il avait voulu y poser son derrière sur cette écorce, cette fois il allait y rester. La tête penchée sur le côté je m'étais hissée sur ses cuisses, serrant les miennes sur ces dernières pour qu'il ne lui fasse le coup de la faire tomber -une fois de plus- dans la boue. « Je ne suis pas à vendre. Je ne suis pas à prendre. Et certainement pas par un homme comme toi. » Chuchotai-je devant lui, à une certaine distance encore. J'avançai mon visage sur le sien en silence cette fois comme pour aller y croiser cette bouche bavarde, insolente. Finalement je détournai ma trajectoire pour venir glisser mes babines sur sa joue et m'arrêter à son oreille. Mes mains tenaient à présents fermement sa nuque et la serraient par l'arrière, le griffant aussi un minimum par prétention. Des crocs de serpent lacérant leur proie. « Alors revoyons encore les termes. » Je passai un coup de langue sur son lobe d'oreille mais n'en avais pas non plus fini. Je marquai une pause « Tu vas sans cesse croire que je t'appartiens, et de mon côté je vais continuer de t'affirmer le contraire, de te faire regretter d'y songer. » Je lui mordis alors la chair fluide et la relâchai après une petite seconde. « En échange tu vas m'aider, et tu auras droit de me voir. C'est déjà beaucoup tu sais ? » Je lui déposai un baiser sur la joue tandis que je replaçai mon visage face à lui. Je l'effleurai. Je les effleurai. Nichée de tout mon corps contre le sien mes doigts se glissèrent jusqu'à ses deux joues, encadrant ce touché enflammé. Mais je n'en fis rien. Et alors que je le relâchai, je déliai mon regard de son oeil pour écarter ma face et venir lui mettre une pichenette sur son nez, puis sur son front. Comme l'enfant qu'il était à mes yeux avec ses caprices, je songeai à le réveiller de ses rêves ainsi. N'y étant pas allée de main morte dans la puissance du geste.

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Mer 26 Juil 2017 - 10:50
Ce frisson. Soupçon de sa folie. De sa témérité. De son arrogance. De sa stupidité, aussi. Était-ce le produit de sa cruauté ? De son avide perversion ? Ou était-ce l’absence d’une véritable logique qui avait guidé ses mouvements ? Goût de sa lèvre. Mordillement de cette proximité. Il avait senti son souffle chaud. Alors, sa main posée à son, il avait senti ce cœur qui luttait contre lui-même. A la chamade. A la folie. Si l’extase avait conduit son esprit à cette jouissance, son incompréhension le conduisait sur un autre sentier. Il la détestait. Il la haïssait. Elle l’enivrait et il adorait cela, sentiment si longtemps oublié. Elle lui donnait un nouveau goût de la vie. Et il voulait encore s’y presser. Mais il avait fui. Il devait la fuir. Pour elle. Surtout pour lui. Trop vulnérable.

Alors qu’il ramassait son manteau, il se demandait ce qui l’animait réellement ? Ce n’était pas l’ambition, il le savait. Pas plus qu’elle ne pouvait lui donner des informations. Elle n’était ni sa prisonnière, ni un vulgaire échelon. Et pour cela, il la détestait, car il la voulait elle. Son énergie indomptable. Sa cruelle puissance. Il la désirait car elle le faisait chavirer. Alors, serrant les dents, il voulait la haïr. Car il ne l’avait pas tuée. Parce qu’elle était sauvage. Incontrôlable. Elle était différente et son ne feu ne brûlait plus. Il était devenu incendiaire. Comme il voulait encore y toucher. Violer jusqu’à la moindre parcelle de son corps.

Elle revint à la charge. Elle n’en avait pas encore fini. Elle ne voulait pas abandonner. Elle ne pouvait considérer sa défaite. Or, son erreur, qu’elle ne comprenait pas encore, est qu’elle n’avait aucune marge de manœuvre. Il était venu à elle, sans la moindre condition, sinon vouloir éveiller son véritable potentiel. Il avait voulu qu’elle canalise son pouvoir, plutôt que de vulgairement l’emprisonner. Ou entièrement contrôlée. Telle avait été l’offre originelle. Offre rejetée lorsqu’elle s’était laissée emporter. Elle avait fini par lui faire une nouvelle proposition. Rejetée mais ouverte sur une autre. Elle venait de refuser. Se jouant de lui, elle l’avait obligé à s’asseoir. Et, comme si cela ne lui suffisait plus, elle s’était posée sur lui. Comme si elle le dominait. Qu’il la détestait. Qu’elle lui plaisait. Qu’il la haïssait. Qu’elle l’excitait. Il la voulait encore plus. Il la voulait tellement. Les mains posées à son bassin, la tenant à la fois loin de lui comme tout près, il goûtait à nouveau à cette sensation étrange de leur proximité. En pleine jouissance, il la sentit se soulever légèrement tandis que ses doigts glissaient sur la peau dénudée de ses fesses, afin de l’y retenir. Bientôt, à son oreille, lui offrant une nouvelle série de frissons le long de son échine excitée, elle lui fit une autre offre, toute aussi indécente que sa première. Que cherchait-elle exactement ? Que voulait-elle ? Les doigts serrés sur son fessier, l’agacement s’élevait entre ses dents. Pensait-elle vraiment qu’il accepterait ? Pensait-elle vraiment avoir l’avantage de cette négociation ?

Il la tenait aux fesses. Autant en raison de cette excitation, de cette pulsion créée par leur proximité, qu’en raison de son agacement. Pourquoi ne pouvait-elle pas comprendre sa défaite ? Il la haïssait. Mais le défi l’enivrait toujours. Qu’il la voulait encore davantage. Elle céderait. Pourtant, il savourait. Ayant relâché la pression de ses doigts, il avait effleuré la douceur de sa peau, comme un argument d’un instant. Il soupira. Non d’ennui. Mais d’une fatigue feinte. D’agacement. Finalement, ce qui allait suivre, elle l’avait cherché et le méritait bien. Abandonnant cette étrange pulsion, agrippant férocement ses fesses, il la souleva sans difficulté et la plaqua contre un tronc, debout, la gardant loin du sol. Qu’il la lâche et elle se retrouvait à terre. Souffles mêlés, respiration écourtée, son œil dans les siens, mâchoire crispée. Il contrôlait comme il pouvait son envie de l’écraser. « Tu penses vraiment pouvoir me donner un droit ? » Front contre front, il mâchait ses mots de colère. « Te penses-tu si importante ? Vraiment ? » Il gardait, un instant, le silence, qu’elle comprenne n’avoir absolument aucun pouvoir sur lui. Elle n’avait, en cet instant, aucun droit. Son seul devoir était de plier. Les mains crispées sur ses fesses se mirent à tracer der premiers sillons ensanglantés. « Mon offre était unique. Et je déteste me répéter. » Était-ce son souffle chaud qui l’attirait ? Ou l’humidité de ses lèvres ? Était-ce ce regard qui le défiait encore ? Ou cette proximité ? Ce corps collé au sien depuis de plusieurs minutes qu’il désirait et détestait tant. Relâchant une première fesse, pour lui permettre de lâcher une jambe, il la plaqua davantage à l’aide de son corps, posant une main à son cou. « Crève. », lâcha-t-il finalement, alors qu’il l’embrassait. D’un baiser volé. Fougueux. Féroce. Entier. Puis de la repousser contre l’arbre, s’éloignant sans attendre. Ans même un autre regard. Le temps de la négociation était fini. Comme elle. Il n’en voulait plus. Haussant les épaules, il en avait fini de ce jeu qui avait déjà trop duré.
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Mer 26 Juil 2017 - 23:02
La pression redescendait. Sans savoir réellement pourquoi, je pressentais que rien n'était comme quelques minutes auparavant et que probablement jamais cela ne reviendrait. Je n'en étais pourtant pas mécontente. Goûter aux émotions si intensément n'était visiblement pas bon pour ma santé. Je le savais mais je n'avais pas fait grand chose pour l'éviter. Je devais l'admettre, il avait eu les mots et les gestes pour que je ne veuille même pas prendre la peine de me torturer et ne pas foncer droit dedans. Je n'étais probablement pas de la caste des minettes ou des minois gentillets qu'il avait dû rencontrer avant. Mais après tout ce n'était pas ça qu'il était venu voir. Peut-être était-ce alors par pure fierté cachée de ce que mes rapports prétendaient que j'était rentrée dans son jeu. Jeu sordide. Jeu malsain. Jeu sadique. Jeu dangereux, autant pour l'un que pour l'autre. Et peut-être surtout pour les autres. A nous deux nous aurions pu former un véritable homicide. Une boucherie. Une quintessence de la torture et de la cascade sanglante. Au-delà de nos forces, nos esprits tordus auraient suffit -il fallait bien l'admettre-. Ca me plaisait. Un binôme fiévreux, pervers, néfaste. Mais il fallut qu'il use d'ambition. Il fallut qu'il ose me voir comme un projet. Je n'étais pas tout ça, je ne l'avais jamais été. J'estimai de mes propres faits comme une absurdité ingérable, inapprivoisable. Mais il fallut qu'il ne le voit plus de cet œil. Pour un cyclope cela était bien dommage. Je ne voulais pas être ce défi qu'il voulait entreprendre. Il devrait l'accepter et que jamais plus ne lui reprenne l'envie de s'en approprier.

Si je ne semblai plus hostile, en vérité j'étais bien pire. L'incompréhension et la sujétion que projetaient tous ces rapprochements me faisaient perdre la tête. J'allais le saigner. J'allais le pourrir. J'allais le découper membres par membres. Je voyais déjà ses os craquer entre mes mains. J'allais le tuer. Simplement. Lentement. Languissante. Une mort parfaite pour cet homme. Il allait succomber à mes décisions. Il allait apprendre sous mes mains qu'il y perdrait son âme. Je voulais lui faire perdre ses moyens et son insupportable assurance agaçante. Autant qu'il me faisait bondir le cœur, enchevêtrer l'esprit et frissonner le corps. C'était une question de préservation cette fois. Il était dangereux. Il m'était dangereux. Car plus depuis quelques années je n'avais ressenti tous ces maux. Plus depuis si longtemps les sommets des sentiments ne m'avaient tant frappés. Tout se décuplait avec lui et j'adorais ça.

Ses doigts rampant sur ma peau. Je m'étonnai même de supporter cette attouchement sur mes fesses. A en croire que j'en avais maintenant l'habitude. Mais qu'il profite. Profites. Il n'y en avait plus que pour bien peu pour qu'il ne s'y plaise plus ensuite. Plus un touché, un effleurement ou une possibilité. Je voulais qu'il y prenne goût pour ne plus le lui redonner. La frustration de ne plus avoir ce que l'on s'est emparé auparavant était une forme de torture efficace. Le chasseur chassé. La vengeance qui se dégustait. Je ne me connaissais pas ce penchant pour cette dernière. Du moins pas autant. Car véritablement ce n'était qu'un sentiment de plus auquel je n'avais pas encore accepté l'apparition. Ils étaient nombreux à patienter, et pour certains ils n'avaient même pas la chance d'espérer apparaître un jour dans mon cœur. J'en pris peur. Cette haine anormale allait probablement me dévorer toute entière.

Mais je me laissai engloutir. Surprise par ses agissements je me retrouvai finalement à l'encercler de mes bras et le serrer de mes cuisses autour de sa taille. Je ne remarquai seulement lorsque les griffures de l'écorce sur mon dos me piquèrent que je n'étais plus vraiment en sécurité. Pourtant je n'avais pas peur. J'en étais même loin. Ma respiration lacée et en harmonie avec la sienne, je n'arrivai même pas à dégager mon regard de son œil scrupuleusement insistant. Agrippée à son cou pour ne pas tomber s'il lâchait prise, je déglutis et sentis la déception monter autant que la colère. Allait-il encore tout faire pour que je perde patience avec lui. Il semblait alors en bonne voie pour cette ultime situation. J'avais envie de présenter à sa joue la paume de ma main. Non une rencontre amicale. Quelque chose de bien plus proche, plus flagrant, plus claquant ! Evidemment que j'étais en position de donner un droit, ou de le reprendre. J'étais bien dominatrice de ma personne -ou presque-, et c'était cela qu'il désirait. Si la facilité était ce qu'il approuvait, ce n'était pas mon cas. Or, ce qui me fit défaut fut ses mots suivants. Je redressai ma colonne vertébrale pour m'éloigner de lui et posai mes mains fortement sur ses épaules. Je n'en dis rien, ne pus même en dire quoique ce soit puisque aussitôt je sentis perler et lacérer ses doigts sur mon fessier, la symétrie d'une part et d'autre. Relâchant la pression de mes membres inférieurs sur sa ceinture, le droit retomba pour se poser du bout du pied sur le sol. Sans un moindre son, sans une moindre volatile objection, à la seconde même ou il me prit la gorge, mais aucune agression sur celle-ci, il fit preuve d'une nouvelle pression sur moi. Plus un mot, plus un geste. Otage de sa peau croisant la mienne, je repoussai doucement de mes lèvres les siennes avec passion. Un baiser enflammé, enflammant et inflammable. Si long, et pourtant si court. Tant horripilant et désarmant. Enivrant, envoûtant, je n'avais même pas réagi plus que cela lorsqu'il me laissa là.

« Et pense-tu être en mesure de me marchander ? » Crachai-je plus par impulsion que par réelle réflexion. Je me décrochai de l'arbre pour avancer d'un petit pas. Les mains posées sur mes hanches je le regardai avec dureté. Je serrai les dents et relâchai la crispation difficilement. « Je te l'ai déjà dit mais si je ne t'en semblais pas ainsi tu ne serais pas venu me voir. Alors cesse de te donner ce genre. Je n'ai rien prétendu et contrairement à toi, je ne cesserais pas de le répéter. » Je m'approchai de lui pour lui faire face et lui assigna un nouveau coup fort de l'index mais cette fois sur le nez. « Je crois que nous n'avons plus rien à nous dire. Mais sache une chose... » Je tirai sur son épaule gauche pour le faire descendre et vint lui chuchoter à l'oreille comme pour lui donner plus d'impact. « Plus jamais tu ne retrouveras quelqu'un de ma trempe. Tu l'as dit. Je suis exceptionnelle, tout comme tu l'es également. » Je rejetai presque son corps du revers de la main et fit demi-tour dans la direction du village. Je maintenais mes poings refermés tandis que je ressentis ce léger pincement au creux de mon estomac. Inspirant, expirant. Je délaissai mes doigts crisper sur eux-même pour mener sur ma bouche latente une caresse du bout de mes doigts. Exquise tentation. Cruelle attraction.

Écrits clos.

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