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An 202 : Hiver, double parricide


Jeu 25 Oct 2018 - 17:19
L'orage faisait rage, cette nuit-là. Ryû ne pouvait trouver le sommeil, les voix dans sa tête ne cessaient de le tourmenter. Cela faisait maintenant plusieurs semaines, peut être même plusieurs mois, que Yokka voulait du sang, de plus en plus, et le jeune homme ne pouvait pas toujours le contenir, se retrouvant au second plan, voyant tout ce qu'il se passait sans jamais pouvoir intervenir. Chaque fois, ses parents arrivaient trop tard et finissaient par étouffer l'affaire. Peut être était-ce un miracle, une intervention divine que personne n'ait jamais été spectateur de cela hormis les Nozomi, ou alors un acte du Diable qui souhaitait voir le mal prospérer par le biais du garçon. Quoi qu'il en soit, les victimes ne cessaient de croître, et la faiblesse de Hatsu en était l'une des causes, dans tout cela il n'avait jamais réussit à retenir les envies trop virulentes de son plus monstrueux colocataire. Les deux autres n'étaient pas très bavards en général, leurs personnalités n'allant pas à l'encontre de ses actes, mais ne pouvant pas non plus lui dire d'arrêter car elles se fichaient simplement de ce qui pouvait arriver là dehors, tant qu'eux allaient bien.

Le tonnerre était fort, et un flash produit par un éclair qui n'était pas tombé très loin sonna le Genin, qui se retrouva désemparé lorsque son corps bougea de lui-même. Une personne extérieure aurait pu constater que le "4" avait remplacé le "1" dans son œil droit, et plus rien n'allait désormais. Le nouveau propriétaire du corps s'équipa de sa tenue de combat, à savoir un pantalon sombre, avec un pull tout aussi sombre, il ajouta un manteau, puis s'attacha les cheveux. Enfin, il saisit le masque de démon qui se trouvait sous son lit, et le positionna sur son visage. Enfin, il attrapa le katana exposé au dessus de sa tête de lit, même s'il n'était pas un expert dans ce domaine et qu'il s'en servait surtout pour dépecer ses victimes après ses meurtres. Il passa ensuite la porte de sa chambre, discrètement, et se dirigea jusqu'à la porte d'entrée lorsqu'une voix le stoppa net.

Tu n'es pas Ryû ! Où comptes-tu aller avec son corps, encore une fois !

Il s'agissait de Kaku, le père du jeune homme, et il savait reconnaître les changements d'identités de son fils, depuis le temps, sans même que ce-dernier ne parle. Le garçon se retourna, constatant que son paternel avait une mine déconfite, qu'il était tout équipé en tenue de ninja, et qu'il ne dormait probablement plus la nuit, pour mieux surveiller sa progéniture. Cela gênait relativement le Genin dans ses escapades nocturnes, mais d'un autre côté, il avait parfois réussit à l'arrêter et cela faisait plutôt plaisir à Hatsu, même s'il avait perdu tout amour pour ses parents depuis qu'ils avaient commencé à le cacher. Pour eux, il était hors de question de consulter un médecin, il était "trop tard" car se serait la peine de mort qui l'attendrait s'il avouait tout. Faire valoir la vie de son fils à celles de dizaines d'innocent était répugnant, mais de son côté le garçon ne pouvait se résigner à mourir, bien qu'au fond du trou, il souhaitait voir un jour le bout du tunnel, même si personne ne l'y attendrait. Jamais le sang sur ses mains ne sera lavé, mais il espérait qu'un jour viendrait où il pourrait se racheter d'une manière quelconque. D'un autre côté, jamais ses personnalités ne le laisseraient se donner la mort où se rendre aux autorités, il avait donc également abandonné ces options.

Comment va ton bras, le vieux ? Tu te dis grand ninja, mais tu n'as pas pu protéger un vulgaire bras de ton propre fils, alors qu'il n'avait que douze ans !

En effet, ce bras était un autre souci, un bras tranché par son propre fils, lors d'un changement de personnalité que le père n'avait pas su repérer, ou plutôt qu'il avait repéré trop tard. A cette époque, le nombre de morts au compteur du Nozomi était en dessous des dix, et les parents éprouvaient encore de l'amour pour lui, au lieu de cette obligation de protection qu'ils ressentaient après les incidents répétés du jeune homme. Le père esquissa une moue dégoûtée et se retint de lui sauter dessus dans un premier temps.

Tu n'es pas mon fils, quand est-ce que tu disparaîtras à jamais ! Maudit monstre !

Il avait presque hurlé à cet instant, montrant toute la rancœur qu'il avait pour cette personnalité dérangée. Néanmoins le fou furieux se moquait de tout ce que pouvaient ressentir les autres personnes, d'ailleurs il ne savait pas lui même ce qu'était que "ressentir". Il tuait, riait, semblait même s'énerver, mais cela ressemblait surtout à un jeu. Peut être même que son attrait principal était qu'il voulait juste voir les sentiments disparaître. Hatsu n'avait jamais pensé à le questionner, avoir une conversation correcte avec lui étant impossible, jusqu'alors. Le fils se détourna du père et ouvrit la porte, mais le seul bras valide le retint, ce qui fît sourire Yokka. Sans se retourner, il leva son pied droit et le balança derrière lui, frappant le ventre de Kaku de plein fouet et l'envoyant contre le mur se trouvant derrière lui. Il prit alors la porte et la claqua derrière lui.

Le malade mental avançait à travers les rues du village, mais les intempéries pouvaient facilement expliquer que personne ne se montre. Il avança longuement et finit par se positionner au sommet d'un poteau, scrutant les horizons. Il repéra alors deux chiens qui se battaient, et se dirigea là-bas. Les chiens s'arrêtèrent net, et le regardèrent avec appréhension, voire même une légère peur. Arborant son masque de démon, le jeune homme semblait néanmoins un peu déçu. Il attrapa l'un des chiens par la peau de la nuque, et lui planta son katana dans la patte arrière. Il le relâcha alors, et tandis que le second essayait de prendre la fuite, il lui jeta un kunaï dans la tête, lui permettant une mort rapide.

Tss, j'ai mal visé. Bon, l'autre n'aura pas cette chance.

Il se retourna sur le chien qui tentait de s'éloigner en pleurant, une patte arrière incapable de se mouvoir. Malheureusement, Yokka le rattrapa vite, et commença à s'amuser, à lui arracher des parties du corps tant qu'il vivait encore. Finalement, après quelques dizaines de minutes de torture, il finit par s'éteindre. Les mains pleines de sang, le dérangé semblait satisfait, et laissa alors la place à Hatsu. L'effet fût immédiat, l'identité principale sentit des larmes couler le long de ses joues, car il avait pu sentir l'état d'excitation de son propre corps, l'espace d'un instant, lorsqu'il avait reprit le contrôle. Comment pouvait-il abriter un tel démon en lui ? Un bruit de pas le crispa, sentant qu'il allait être arrêté pour ce crime. Tuer deux chiens n'était un grand crime en soi, mais le fait de torturer un animal à mort pourrait lui valoir d'être incarcéré à vie car son esprit était malade. Néanmoins, il ne s'agissait que de ses parents, atterrés par l'état de l'animal. Le père dit alors à son fils.

Tu peux rentrer, nous allons faire disparaître tout cela...

Dans sa voix, on pouvait remarquer à la fois de la peine, de la pitié et légèrement de la colère. Il savait que Hatsu était de retour, mais cela pouvait-il pardonner les crimes ? Si un humain avait eût le malheur de passer par là, alors ils auraient encore dû camoufler un homicide. Cela mit littéralement le jeune homme hors de lui, et pour la première fois, il perdait le contrôle sur sa propre personnalité. Bien qu'il reste Hatsu, la colère le poussa à commettre l'irréparable, une nouvelle fois. Alors que sa mère s'abaissait pour commencer à ramasser le cadavre du pauvre animal, Ryû se saisit du katana, et lui planta dans le cœur, sans aucune hésitation. Alors que l'arme était coincée, il entendit son père crier de rage, et le vit se ruer sur lui. Le Nozomi le plus jeune créa alors un pieu de bois dans sa main, et lorsque son père arriva à son contact, il lui transperça le thorax. Alors qu'il voyait les dernières secondes de sa vie arriver, sa tête tomba sur l'épaule de son fils, qui lui dit alors, avec une voix accusatrice:

Vous n'auriez jamais dû me laisser vivre ! Lorsque j'avais six ans, après mon premier meurtre, vous auriez dû me laisser mourir !


Son père s'éteint alors, et finit par tomber part terre, à côté de sa mère. Le Genin ramassa son katana, fit disparaître le pieu, et décida d'amener les cadavres dans un endroit reculé. Il utilisa de son affinité Doton pour enterrer les corps profondément. Suite à cela, il dressa une scène chez lui, laissant une lettre écrite à la va-vite avec du sang, dans la chambre de ses parents. Le lendemain de cette journée, il annonça la disparition de ses parents, avec comme seul indice une lettre disant "Traîtres" laissée dans leur chambre vide. Sachant très bien mentir, personne ne douta de son histoire, et de toute façon, tout ceux qui connaissaient la famille savaient à quel point ils s'aimaient, grâce au travail remarquable effectué par son père pendant des années. Ainsi, on conclut à un enlèvement de personne ayant un quelconque ressentiment contre eux, et ils ne furent jamais retrouvés, concluant à une mort. Lorsque les funérailles eurent lieu, Ryû se retrouva seul à la fin, devant les deux tombes vides, et prononça quelques mots avant de partir.

Votre mort est une bénédiction, je sais maintenant que je peux trouver la force de me battre par moi-même. A compter de ce jour, je ne tuerai plus d'innocents, et tuer des criminels tels que vous était la première action positive de ma vie.

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Couleur des dialogues : Hatsu Nibanme Hinoe Yokka Pensées
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