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[Mission Libre D] Classe verte.


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Lun 29 Oct 2018 - 0:53

Classe verte.

Une lettre froissée, défroissée, encore et encore. Les mains pâles et fines la manipule depuis un petit moment, il est même facile de se rendre compte que ce manège a déjà eu lieu avant l’actuel manège. Le silence l’entoure, comme une sorte de protection. Pourtant, face à l’ordre de mission, Tsuki ne se sent pas protégée. Elle a reçu cette missive il y a un certain temps maintenant, pour lui permettre d’y réfléchir et de savoir quoi en faire, comment s’y prendre. À vrai dire, le temps de préparation ne lui est d’aucune utilité. Protéger des élèves d’une classe, leur apprendre la beauté de la faune et de la flore, toutes ces choses ne lui sont pas inconnues et ne lui paraissent pas trop compliquées non plus. Pourtant, voilà. Elle bloque. Depuis le moment où cette lettre lui a été remise par Rinka, Tsuki ne sait pas. Elle ne sait pas ce qu’il faut faire. Y aller ? Abandonner ? Hésiter ? Au fond, l’albinos sait qu’elle ne peut pas se le permettre. C’est une mission. Un ordre donné par les têtes pensantes, là-haut. Ces êtres au-delà de tout, qui utilisent la main d’œuvre à leur disposition pour mener à bien les requêtes qui leur sont confiées. Si Tsuki sait que c’est son travail, une petite partie d’elle hésite terriblement. Pourra-t-elle la mener à bien ? Après ce qui s’est passé il y a plusieurs mois, même la plus petite tâche lui paraît infaisable.

Une mission du plus bas rang, pourtant. Une mission si simple. Mais il faut protéger des gens. Des enfants. Le peut-elle ? Il faut quand même se rappeler que la dernière fois, cela ne s’est pas si bien passé … La tête dans les nuages, Tsuki s’extirpe de sa chambre. Demain, c’est le grand jour. Et plus demain approche, plus la Genin est tentée de s’enfermer à triple, quadruple tours dans sa tanière, pour ne plus jamais en sortir. Une main se dépose sur son épaule et y exerce une pression. La descente sur terre est brutale.
« Tsuki. »
Une voix masculine, grave. Son père. En temps normal, Tsuki aurait souri. Mais là … Non. Le sourire est enfoui, quelque part, dans les tréfonds de son être. Il est tout au fond, caché, en-dessous la myriade de doutes. Un sourire écrasé, effacé, perdu dans les méandres de la dépression. Une légère dépression, qui lui cause une profonde remise en question et une énorme période de doutes quant à sa propre existence. Bien que l’albinos en sorte progressivement, il n’empêche que le mal est là. Il subsiste. Les missions sont probablement la dernière étape avant la remise à niveau. Les loutres l’ont aidée, Mimizu qui la malmène et les braconniers qui la forcent à sortir de sa torpeur l’ont aidée. Mais … Mais protéger des enfants ? Seule ? La pression sur son épaule se raffermit.
« Tu ne pourras pas fuir éternellement. Vois ça comme une façon de te réhabiliter. Aie confiance en toi. »
Tsuki soupire. Avoir confiance en soi, hein ? Elle pose des prunelles pleines de doutes sur son père. Il lui sourit. Sa mère, au loin, s’immisce dans la conversation.
« Tu crois que Yahiko serait fier de toi, là ? Regarde-toi. Incapable de mener à bien une mission dans une forêt que tu connais par cœur ! Avec des animaux que tu as vus des centaines de fois ! Ah bon dieu, s’il avait su qu’il avait une telle empotée dans son équipe, il aurait demandé à changer ! »
Rinka se met à rire bruyamment. Un sourire étire difficilement les lèvres de Tsuki. Yahiko. Yahiko, hein ? C’est vrai, ça. Qu’est-ce qu’il dirait s’il la voyait, maintenant ? Incapable de prendre le taureau par les cornes et d’aller sur son propre terrain, pour étaler ses connaissances aux enfants. C’est une mission si simple, pourquoi en avoir peur ? Les risques ? Oui, mais les risques sont partout. S’il faut les fuir plutôt que les affronter, pourquoi être ninja ? Autant retourner à sa petite vie d’avant, non ? Et encore ! Elle ne pourrait même plus chasser ! Alors, finalement, que faire ? Se laisser dépérir, sans rien faire ? Attendre que l’heure de partir arrive en n’ayant rien accompli ?

Ne rien accomplir. Ne pas être une ninja gentille ni puissante. Ne pas devenir l’élite.

Un long frisson traverse son dos. Elle inspire. Ne pas devenir l’élite, hein ? Et la promesse avec Yahiko ? Ça y est, elle abandonne déjà ? Même pas Chûnin qu’elle fuit devant l’adversité ? Quelle faiblesse. Quelle nullité. Les accidents arrivent. Les personnes plus fortes peuvent se mettre en travers de son chemin. Et c’est pour ça … Oui. Tsuki hoche doucement la tête.
« Je dois devenir forte. »
Un murmure, juste un petit murmure. Son père lui caresse le haut de la tête. Sa petite fille ressort petit à petit des limbes. La promesse avec Yahiko, comment l’oublier ? Comment agir, penser, vivre, sans cette promesse ? Que dirait-il ? C’est une petite mission pour se remettre dans le bain. Rien de trop difficile, rien de trop désagréable. Raconter la forêt aux enfants. Leur transmettre cet amour, cette passion pour la chasse, les animaux, les beaux paysages. Oui. Tout ira bien.
« Merci. »
Et c’est tout. Après quoi, la petite troupe s’attable et plonge gaiement dans le petit-déjeuner préparé par Rinka.

Ne pas se laisser débiner. Ne pas oublier. Ne pas faiblir. Continuer, quoi qu’il arrive. Parce que les accidents arrivent et ce sont eux qui donnent la voie, ceux qui rappellent que, justement, il faut avancer. Grandir, devenir fort.

Tsuki décide donc d’enfouir toutes ces questions stupides, ces doutes inutiles, pour se concentrer sur la mission qui arrive demain. Comment rendre une exploration de la forêt ludique et intéressante ?

Ordre de Mission:
 


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Lun 29 Oct 2018 - 1:36

Classe verte.

Nouveau jour, nouvelles idées, nouvelle façon de penser. Plus le droit de se laisser abattre. La dépression, au fin fond du placard, la joie, écrasée sur le visage, collée à la glu pour ne pas qu’elle s’échappe. Se battre, y croire, se donner au maximum pour ne pas faiblir. Oui, ça, Tsuki peut le faire. Probablement. Certainement. Tout ira bien. Elle s’est levée du bon pied, motivée comme jamais ! Aujourd’hui est un bon jour pour renouer avec tout. La chasse, la forêt, les missions et les gens. Oh, les gens c’est nul, quand même. Bon. Ce sont des enfants. C’est déjà ça.

Tsuki se prépare, vêtue de grandes chaussettes en laine, d’une jupe de la même matière et d’un gros pull. L’hiver est là, mais le froid est supportable. Une tenue pareille suffira. Un coup d’œil par la fenêtre lui permet déjà de savoir sur quoi cette expédition va porter. Souriante – et pourtant peu confiante –, l’albinos quitte sa chambre, se munit d’un onigiri et sort de la maison. Le point de rendez-vous est à l’arche grise, où tous se donnent toujours rendez-vous, parce que tout le monde sait où c’est et c’est tellement plus simple. Le chemin tracé dans sa tête est fait de façon mécanique. Tsuki réfléchit également à ce qu’elle peut apprendre aux enfants, voire même aux adultes, d’ailleurs ! Après tout, la nature est partout, mais est-ce que beaucoup la connaissent vraiment ? Combien l’ont étudiée en détail, comme a pu le faire la famille Hohoemi ? Combien chassent en ces terres ? Combien s’attachent à les découvrir, patiemment, au fil des saisons ? Pas grand monde …

Un léger brouhaha indique à l’albinos qu’elle s’approche. Des enfants. Cela s’entend à des kilomètres. Il est temps de ranger les doutes pour de bon, de passer à autre chose. Ces enfants ne doivent pas se douter du mal qui la ronge. Ils sont venus ici pour une sortie scolaire, ils doivent apprendre mais surtout s’amuser. La faune et la flore sont belles, les gâcher par mauvaise humeur serait une vraie erreur. Tsuki inspire un grand coup et s’avance. La professeure l’accueille avec un sourire chaleureux. C’est une grande femme, aux cheveux bruns et longs, parfaitement lisses. Ils brillent et ont l’air particulièrement soyeux. Ses prunelles céruléennes glissent sur l’albinos, puis les enfants, et reviennent sur elle. Son sourire s’agrandit. La Genin s’incline légèrement, par politesse. Le bandeau accroché à son bras ne trompe pas, c’est une ninja. Étant donnés l’heure et l’endroit, la maîtresse n’a aucun doute sur l’identité du personnage qui vient de les rejoindre. Elle tend les bras, comme pour l’accueillir.
« Bonjour, je suis Kaeko ! Je suis la maîtresse de cette classe de dix-huit enfants. Je suis ravie de vous rencontrer ! »
Sa voix est si douce. Son sourire contamine Tsuki, qui ne peut s’empêcher d’y répondre. Les enfants se sont tus. La femme qui va les accompagner est si petite. Ses cheveux sont déjà blancs, elle a de grands yeux rouges, mais surtout, qu’est-ce qu’elle est petite, dis-donc ! Si petite, si petite. Alors que Maîtresse Kaeko est déjà bien plus grande. Certaines filles espèrent être grandes et belles comme leur professeure, tandis que d’autres préfèrent le côté plus mignon et sauvage de l’albinos, qui ne peut s’empêcher de rire.
« Bonjour, Kaeko. Enchantée de faire votre connaissance. » Elle s’incline une nouvelle fois, puis se tourne vers les enfants. « Bonjour, les enfants ! Je suis Tsuki ! Aujourd’hui je serai votre guide pour notre grande excursion dans la forêt ! Avant notre départ, est-ce que vous avez des questions ? »
Enthousiaste, joyeuse. Le masque prend forme et il tient vraiment bien. Peut-être qu’au fond ce n’est pas tant un masque, qui sait ?
Une petite main se lève dans l’assemblée. Un garçonnet, haut comme trois pommes, adorable comme tout. Ses cheveux noirs foncés aux reflets bleus sont hirsutes, retombent sur ses yeux. Il les chasse maladroitement, puis s’approche. Kaeko le nomme : Hideo. Il s’appelle Hideo. Tsuki se met à sa hauteur – ce qui n’est pas bien compliqué – tandis qu’il s’approche.
« Est-ce qu’on va croiser des bêtes féroces dans la forêt ? Maman dit toujours que c’est dangereux, la forêt … Je voulais pas y aller, moi … »
La dernière partie de son intervention est moins forte que le reste. Il ne faut pas montrer aux élèves qu’il a peur. Kaeko rougit, embarrassée. Tsuki ne s’en fait pas, au contraire. Elle pose une petite main sur l’épaule d’Hideo et lui sourit de tout son être. Les enfants perçoivent les masques, il ne faut pas leur mentir. Si elle lui ment, il va être stressée pendant toute la visite et n’apprendra rien. Alors oui, sourire est important. Sourire sincèrement l’est encore plus. Il mêle ses prunelles aux iris rouges qui sont posés sur lui.
« Je crois que j’ai oublié de te préciser que je ne suis pas juste une ninja, Hideo. Je suis aussi une chasseuse. Les bêtes féroces ont peur de moi, parce que je suis encore plus féroce qu’elles ! »
Tsuki replie la main et montre les griffes, comme un félin. Il sourit de toutes ses dents et hoche la tête avant de repartir. Il ne sait pas trop d’où vient cette étrange ninja aux cheveux blancs, mais il a l’air d’avoir confiance en elle. Elle est gentille et drôle. La Genin se redresse lentement, puis remet sa jupe en place. Les mains posées sur les hanches, elle décide de reprendre.
« Comme je viens de le dire à Hideo, vous ne risquez rien ! Je vous protège. »
Le clin d’œil Tsuki. Les petits garçons rougissent, les petites filles admirent. Peut-être qu’elle n’est pas si mal, en fait, cette petite demoiselle. Kaeko est très jolie mais elle ne fait jamais de clin d’œil comme Tsuki. Puis, elle est belle, Tsuki. Une autre main se lève dans l’assemblée : une petite fille, cette fois. La professeure explique qu’elle s’appelle Hoshi. Tsuki, Hoshi … L’albinos sourit. Quelle coïncidence. La blondinette s’extirpe de la masse et s’approche de la Genin.
« Est-ce qu’on pourra voir comment vous faîtes pour chasser les bêtes féroces, madame Tsuki ? »
Ambitieuse, la petite ! Blonde et déjà portée sur la bagarre ? Tsuki ne peut pas s’empêcher de pouffer.
« J’espère que non, Hoshi ! Mais si je dois le faire, alors vous me verrez faire … »
Elle réfléchit un instant. Kaeko s’interpose, puis pointe du doigt le problème sur lequel Tsuki hésitait.
« Ce n’est pas une invitation à faire des bêtises, les enfants. Vous ne devez pas vous mettre en danger, cela mettrait Madame Tsuki dans le pétrin ! Écoutez bien ce qu’elle vous dit et ne vous éloignez pas de nous ! »
L’albinos hoche doucement la tête. Kaeko se fait écouter comme personne. Cette classe la respecte, l’admire et ne la contredit pas. La douceur fonctionne, cette jeune femme en est la preuve. Tsuki remue la tête pour lui indiquer qu’elle la remercie. Kaeko la gratifie d’un sourire, puis reprend la parole.
« Très bien les enfants, en rang, deux par deux ! Nous allons maintenant suivre Madame Tsuki ! Soyez très sages et ne vous dispersez pas ! »
Les enfants, tous en chœur, répondent à l’affirmative. Une telle cohésion, c’est rare. Peut-être que cela facilitera le travail, après tout. Tsuki prend la tête du petit cortège.
« Bien ! Nous allons nous rendre dans la forêt la plus proche du village, ce n’est pas loin. Là-bas, je vous parlerai des animaux mais aussi des plantes que vous pouvez trouver. Si nous avons de la chance, nous verrons peut-être un écureuil, ou un grand oiseau ? »
À l’unisson, les enfants poussent un petit cri d’excitation.

Cette mission semble plutôt bien partie.


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Lun 29 Oct 2018 - 2:36

Classe verte.

La forêt, la belle forêt. La petite troupe suit Tsuki en parlant doucement. Les enfants rient, se moquent, s’amusent. L’innocence fait revivre l’albinos. Ils sont tous si doux, si gentils, ils ne connaissent rien au monde. Ils ne sont pas altérés. Ils sont magnifiques. Cette insouciance qui les caractérise les rend si agréables aux yeux de l’adolescente. Il y a bien longtemps qu’une sensation si rafraîchissante ne lui était parvenue. Bon. Ne parlons pas de l’hiver, car cela n’a rien à voir. Mais l’idée est là. Tsuki ne s’est pas sentie aussi à l’aise depuis des lustres. Cette mission, au fond … Peut-être est-ce vraiment une manière de la faire renouer avec ses activités de ninja ? Peut-être est-ce simplement la bonne opportunité pour elle de quitter ses abysses et revenir au monde réel …

Les grands arbres de la forêt indiquent à toute la troupe qu’ils sont arrivés. L’albinos se souvient de l’ordre de mission, qui lui indique de ne pas les emmener au cœur de la forêt mais bien de leur faire découvrir tout ce qui les entoure. Il y a donc la forêt, mais aussi la montagne et les plaines. Toute un paysage à leur faire découvrir. Elle s’arrête et leur fait face. Des bras, elle balaie les alentours, un gigantesque sourire sur les lèvres. Son domaine. Son élément. Son monde.

Alors, c’est comme ça qu’on se sent, en fait ? Quand on fait le pas et qu’on décide d’y aller ? C’est ça, que ça fait ? C’est quand même sacrément bien.
« Nous voici hors de Kumo, entre la forêt et les montagnes. À ma gauche, vous avez les sommets, derrière moi vous avez la forêt. Nous allons garder la forêt pour la fin et parler d’abord de ce que nous voyons ici. Pour ça … Faisons un quiz ! »
Une classe de primaire se serait offusquée. Une classe de petits jeunes comme eux, par contre, semble aux aguets. Tsuki pioche dans sa pochette et tire un petit paquet de friandises. Ses goûts d’enfants lui permettent de dire que ce sont définitivement les meilleurs. L’excitation éclate.
« Le gagnant aura trois bonbons ! Le deuxième en aura deux et tous les autres en gagneront un ! »
Pas de perdant, comme ça. Tous peuvent participer, se donner à fond, mais la compétition n’est pas toxique. C’est un petit jeu, c’est sain. Tsuki fait mine de réfléchir bruyamment, avec un long « Hum, alors … », qu’elle inflige aux enfants. Ils semblent prêts à lui sauter dessus pour qu’elle abrège. L’albinos se délecte de cette situation, ils sont si adorables, si intéressés !
« Qui peut me donner le nom du paysage sur lequel nous nous trouvons actuellement ? »
Sur les dix-huit élèves, quatre mains se lèvent. Tsuki hésite un instant, réfléchit, puis désigne du doigt la petite brune, qui a eu l’air de lever la main la première. Elle trépigne, saute sur place.
« Une plaine ! »
L’albinos acquiesce, aussi joyeuse que la gamine. Kaeko, plus loin, a sorti un calepin et note les points. Tsuki décide d’enchaîner.
« Savez-vous ce qu’on trouve sur une plaine, quand elle n’est pas enneigée ? »
Un grand silence. Personne ne semble capable de lui répondre. La Genin décide de laisser un peu de temps aux enfants pour réfléchir, cette question étant plus compliquée que la première. Finalement, dans le silence, une petite main plus que timide s’élève. Un garçon, cheveux gris comme Yahiko.
« De l’herbe ? », tente-t-il.
Tsuki acquiesce plus ou moins. C’est un réponse presque correcte, mais trop simple. Néanmoins, elle montre à Kaeko que le point peut être attribué, vu qu’il s’est jeté à l’eau, seul, parmi toute la troupe. Puis, il est temps que professeur Tsuki prenne la main, explique. C’est son rôle, après tout, ce pourquoi elle se trouve ici. Malheureusement, la température et la saison ne permettent pas à l’albinos de prouver ce qu’elle va leur expliquer, il lui faut donc être précise, claire et imagée. Ce sont des enfants. Ils ne comprennent pas forcément les mots qu’emploient les adultes, ils ne sont pas au fait de tout. Être simple, comme un enfant. Innocent, comme un enfant. Délicat, comme un enfant. Enlever la grande Tsuki pour faire revenir la petite. L’enthousiaste. La joyeuse. La gentille. La Tsuki qu’elle connaissait avant, qui s’est perdue quelque part, happée par les événements auxquels elle a assisté. Au fond, l’albinos sait que cette demoiselle existe toujours. Là, quelque part … Il faut juste la faire revenir. La faire exister au-delà de la tristesse, au-delà des ténèbres.
« Imaginez … Imaginez qu’il n’y ait pas toute cette neige. Imaginez une plaine verte, grande comme vous pouvez la voir, mais verte. Maintenant que vous voyez cette grande étendue, imaginez-y de l’herbe, comme votre camarade l’a dit, mais imaginez aussi … des fleurs. Des pâquerettes. Ce sont de petites fleurs aux pétales blancs, vous savez, celles qu’on effeuille pour savoir si un garçon nous aime … »
Les sept petites filles du groupe rougissent, tandis que les garçons ne semblent pas le moins du monde affecté par cette phrase. Certaines comprennent, les autres tentent quand même d’imaginer … C’est plus compliqué. Tsuki continue sur sa lancée.
« Les pâquerettes ont un cœur jaune, comme un soleil. Comme les grands tournesols que vous avez peut-être vus dans un grand champ. Maintenant que vous voyez la plaine avec quelques pâquerettes, il faut que vous imaginiez les chemins. Les chemins, comme nous les avons tracés pour venir ici malgré la neige. Ils sont parfois entourés de jolies fleurs eux aussi. Jaunes, rouges, blanches … Parfois ce sont des tulipes, parfois ce sont des roses, parfois d’autres fleurs encore. Il y en a tellement ! Pour faire simple, imaginez simplement beaucoup de couleurs. »
Tsuki hésite. Faut-il leur dire la vérité sur ce qui se passe, parfois ? Peut-être, oui. C’est une leçon, pas un conte de fées … Elle soupire.
« Parfois, vous trouverez des endroits, comme maintenant … »
Elle montre du doigt, au loin, un endroit où la neige n’est plus blanche mais marron, à la couleur de la boue. Sous la boue se trouvent des pâquerettes, écrasées. Les herbes ne sont d’ailleurs pas dans un meilleur état.
« Des endroits où les fleurs et l’herbe meurent. Elles repousseront ! Mais, en attendant, des personnes comme vous et moi les abîment, parce qu’ils ne suivent pas les chemins, parce qu’ils se font poursuivre, parce qu’ils sont pressés … Autant de raisons qui font qu’ils courent vite, très vite, mais aussi très loin, et abîment les fleurs. Attention ! Cela ne veut pas dire qu’il faut les gronder ! Cela veut simplement dire qu’il est important d’y faire attention. »
Le sourire Tsuki, toujours le sourire Tsuki. Sempiternel sourire. Elle tape dans ses mains, ce qui réveille les enfants de cette première leçon. L’albinos pointe le récit montagneux du doigt. L’heure de la prochaine question, oh, oui, l’heure de la prochaine question … Une simple, aussi simple que possible.
« Y a-t-il plus de neige en haut de la montagne, ou ici ? »
Presque toutes les mains se lèvent. C’est une question joker, gagnante à tous les coups. Elle décide d’interroger … au hasard, celui-ci, là. Tout mignon. Il a une belle bouille, avec ses cheveux blonds et fins.
« Il y en a plus ici ? »
Oh. Inattendue, celle-ci ! Tsuki penche la tête, intriguée.
« Pourquoi tu choisirais ici, alors ? »
Tentative de sourire pour ne pas le décourager. Confirmation dans 3, 2, 1 …
« Parce qu’ici c’est plus grand, comme c’est plus grand il y en a plus ! »
La demoiselle hoche la tête. C’est une perspective très intéressante en effet. Une façon de voir le monde typiquement enfantine. Tsuki réfléchit un instant, puis reprend.
« Alors, tu ne peux pas voir la montagne entièrement, d’ici. Mais il y en a plus sur la montagne que sur la plaine. Regarde comme la montagne monte haut dans le ciel. Là-haut, il fait plus froid qu’ici. Du coup, comme il fait plus froid, la neige tombera plus facilement et s’épaissira plus que sur la plaine. Tu te souviens le carré de fleurs de tout à l’heure ? S’il a tant été abîmé, c’est probablement parce qu’il n’y avait pas beaucoup de neige, et qu’elle a fini par fondre à cause de ceux qui ont marché dessus. Pourtant, quand tu vas à la montagne pendant la neige, même si tu marches, elle reste, n’est-ce pas ? Je dirais même que c’est toi qui t’y enfonces, contrairement à ici, ou c’est elle qui s’en va quand tu marches dessus. »
Il hoche la tête, écoute attentivement. Cette question était plus intéressante que Tsuki ne l’aurait pensé ! Elle décide de continuer sur cette lancée, en parlant de la montagne.
« Comme nous avons à la fois des montagnes, la forêt, mais aussi la mer, nous avons beaucoup de variétés de fruits différentes, que nous pouvons cultiver nous-mêmes. La montagne nous permet de chasser du gibier, comme la forêt, et la mer nous permet de pêcher. Bon, je suis une chasseuse, donc je préfère la chasse, mais la pêche est une activité très intéressante aussi ! Cela dit, la montagne nous apporte des prédateurs, comme la forêt. Les deux sont différents et ne vivent pas au même endroit, donc ça fait encore plus de menaces dont il faut se méfier ! Partez équipés en forêt comme en montagne, c’est important. Vous ne savez jamais sur quoi vous risquez de tomber. »
Tous les enfants semblent d’accord avec Tsuki. Elle revient sur l’idée du quiz malgré tout. C’est important.
« Tu gagnes quand même un point et tous les autres aussi ! »
Tout le monde est désormais à égalité. C’est le moment de s’attaquer à la forêt, de les y emmener avec elle pour débuter la dernière partie du cours. Et quel cours, dis-donc !
« Bien, destination la forêt ! Nous n’irons pas dedans, nous resterons au bord, pour éviter les dangers, d’accord ? »
Kaeko répète ce qu’a dit Tsuki, en écho, plus fermement. Une vraie professeure, en somme. Ce que Tsuki n’est pas. Et, au fond, que les deux travaillent de concert, est une très bonne chose. L’albinos a beau être très entraînante et proche des enfants, leur donner des ordres comme un professeur ne l’intéresse pas. Ça ne l’a jamais intéressée, d’ailleurs. Ça ne commencera pas de si tôt. Mais bon ! Kaeko est là et veille au grain.


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Lun 29 Oct 2018 - 3:07

Classe verte.

Nue de toutes ses feuilles, la forêt semble malgré tout d’une densité à faire pâlir un étranger. Les arbres sont très nombreux et recèlent bon nombre de dangers. Silencieux, tapis dans l’obscurité, les prédateurs attendent seulement qu’une âme errante, perdue, vienne se jeter dans leurs griffes. Il n’y a pas un bruit, pas un rat. Tous savent que l’hiver est une période terrifiante dans la forêt, plus encore que n’importe quelle période. Au printemps, d’autres victimes peuvent sauver une vie, sans le vouloir. En hiver, il n’y a que peu de gibier, donc peu d’appâts. Tsuki décide de ne pas faire entrer les enfants plus loin que la lisière, de peur qu’ils ne se fassent happer par un animal sauvage pressé. Même la plus petite bosse sur une des têtes blondes suffirait à la discréditer, non seulement aux yeux des chasseurs, mais aussi aux yeux des ninjas. Mieux vaut ne prendre aucun risque. L’albinos s’arrête donc au bord de la forêt et décide de poser de nouvelles questions. Le quiz, toujours le quiz.
« Alors ~ ! Est-ce que quelqu’un sait ce que mangent les écureuils, dans la forêt ? »
Toutes les petites mains se lèvent. Une unanimité totale, qui se confirme quand Tsuki les interroge tous en même temps en levant les mains : des noisettes. Les écureuils mangent des noisettes. Très bien. Le point va à tout le monde – pauvre Kaeko qui subit les idées farfelues de la chasseuse. L’albinos profite que tout le monde soit attentif pour poursuivre.
« Pensez-vous que nous trouverons un écureuil aujourd’hui ? Je veux savoir si oui ou non, et pourquoi ! »
La même petite fille que précédemment lève la main, avec sa figure d’ange et sa longue chevelure brune. Tsuki l’interroge, évidemment. Peut-être que cette enfant va gagner la partie !
« On ne pourra pas en voir, Madame Tsuki. Parce qu’ils dorment tout l’hiver ! »
Tsuki hoche doucement la tête.
« Bonne réponse ! Point bonus à celui qui me donne le nom qu’on utilise pour désigner le fait de dormir tout l’hiver ! »
Les mains se rabaissent, l’hésitation monte. Puis le petit aux cheveux blonds réapparaît. Il a l’air d’en savoir beaucoup, mais aussi de beaucoup hésiter. Tsuki l’encourage de son mieux.
« Ils hib … hibernent ? »
L’albinos applaudit chaleureusement. Il rougit violemment, devient pivoine. La petite brune lui caresse le dos et il semble se calmer. Ils sont désormais à égalité.
« En effet ! Certains animaux, comme les écureuils, ou encore les ours, font des provisions pendant l’automne et, pendant l’hiver, ils vont dans leur tanière pour hiberner. Cela explique pourquoi il n’y a pas beaucoup d’activité ici en ce moment. Au printemps, quand les fleurs reviendront, les animaux aussi. La forêt sera redevenue dense et vous aurez peut-être une chance de croiser un aigle ou d’autres oiseaux impressionnants. Encore une fois ! Prenez garde, ne venez pas seul et faîtes attention à vous ! »
Deuxième fois que la Genin utilise cette méthode de prévention. Les enfants commencent à vraiment la prendre au sérieux. L’albinos entend un bruit étrange, au loin, dans son dos. Par précaution, elle décide de créer trois clones de vent, qu’elle envoie dans la forêt pour patrouiller. Ne pas laisser les menaces apparaître. Les enfants jubilent néanmoins devant l’apparition de ces copies. Alors, Tsuki est vraiment une ninja, pas juste une chasseuse ! Elle sait vraiment des choses et elle travaille vraiment pour le village ! Ils suivent avec attention ce qui se passe au loin, même s’ils n’y voient rien. Ils veulent la bagarre, eux !

Kaeko, qui n’est pas dupe, s’interpose net, pour calmer la clameur qui grimpe. Les enfants prennent un peu de temps, mais finissent par se tenir tranquilles au bout d’un certain temps. Le silence revient, tandis que Tsuki réfléchit à la dernière question, déterminante pour la distribution des bonbons.
« Bien ! Le quiz touche à sa fin … Voici ma dernière question ! »
Le suspense est insoutenable. Il grimpe, tient les enfants en haleine. Les cœurs battent, les sueurs froides passent. Ils veulent les bonbons. Tous. S’ils peuvent faire un petit ex-æquo, ils se battront pour ! Une vraie graine de ninjas ces petits !
Le silence, le lourd silence, pesant silence. Tsuki les fixe tous, balaie les environs du regard.
« Comment s’appelle le bébé de l’aigle ?! »
Et boom ! Une question complètement bizarre, alambiquée, qui pourtant donne la possibilité à tous de s’emparer des trois bonbons. Des mains se lèvent, se baissent, se relèvent. Tsuki attend que le bazar se calme et vise, au hasard, celui qui n’a pas baissé la main depuis le plus longtemps. C’est celui aux cheveux gris.
« Un aiglon ! »
Nouveau tonnerre d’applaudissements pour le petit garçon. Tout le monde se joint à Tsuki, cette fois. Ils sont contents.
« J’annonce les vainqueurs à la fin, d’accord ? Pour l’instant il me reste une dernière leçon pour vous. » Les trois clones reviennent : rien à signaler. Elles disparaissent. La menace a été éradiquée sans un bruit. Parfait. « Il existe des aigles, qui passent par ici, parfois. La forêt est très grande, on peut y trouver un lac et une très grande clairière. Beaucoup d’animaux viennent boire à cet endroit, ce qui facilite la chasse, à la fois pour nous et pour les animaux eux-mêmes. Les aigles sont les plus dangereux, car ils sont rapides et ont une très grande force dans les serres – c’est le nom donné aux pattes des oiseaux –, qui leur permet de soulever des animaux parfois très lourds ! C’est pourquoi le calme de l’hiver me permet de vous faire cette leçon. Les aigles sont moins présents en hiver, car les animaux le sont moins aussi. Pourtant, même si quand je dis ça on dirait que je vous dis que c’est moins dangereux, ce n’est pas vrai ! On ne connaît pas toutes les menaces qu’il peut y avoir. Alors restez sur vos gardes, d’accord ? »
Tsuki se frotte doucement les mains, puis s’approche des enfants.
« Bien, voilà notre mission terminée. Les vainqueurs sont vous trois ! Vous gagnez tous les trois, trois bonbons. Je donne deux bonbons à tout le monde, puis je donne le paquet à Maîtresse Kaeko, d’accord ? J’espère que cela vous a plu ! Maintenant, nous devons rentrer ! »
Les enfants semblent avoir accueilli la leçon avec beaucoup d’enthousiasme. Sur le chemin du retour, ils échangent, parlent de ce qu’ils ont appris, ou simplement de Tsuki elle-même.

Une fois à l’arche grise, Kaeko s’approche de l’albinos.
« Merci beaucoup, mademoiselle Tsuki. J’ai appris beaucoup de choses, moi aussi. Vous avez été très intéressante ! J’espère vous revoir un jour ! »
Un grand sourire naît sur les lèvres de la Genin. Sincère, vraiment sincère, cette fois. Elle acquiesce.
« Tout le plaisir est pour moi, Madame Kaeko. J’espère aussi que nous nous reverrons, ou même que je reverrai les enfants ! »
Elle s’incline. Politesse, toujours. La brune repart avec les enfants, qui sont aussi joyeux que fatigués.

Quelle drôle de journée, n’empêche. Une journée presque sans idée noire, voire sans idée noire. Une longue mais intéressante journée. Peut-être que la fibre ninja ne l’a pas quittée, finalement. Au contraire, peut-être que Tsuki doit simplement s’accrocher, travailler dur. Travailler pour que ces petits êtres puissent vivre dans un monde sans danger, où ni les animaux ni les humains ne risqueraient de leur nuire.

Oui, c’est aussi simple que ça, finalement. Se battre jusqu’au bout pour faire de cet univers un endroit meilleur. Plus sécurisé. Ce sera difficile et il faudra beaucoup travailler, mais … Est-ce si terrifiant ?

Peut-être. Pas insurmontable, en tout cas.


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We live to make the impossible possible. ”
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