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Baransu [Solo]


Jeu 1 Nov 2018 - 20:48
Un autre jour se lève en hiver 203. Un autre jour d’entraînement au Grand Dojo de Kiri. Cela fait près de deux mois que Saji est arrivé dans ce village et il commence à y trouver ses marques. Il a effectué quelques missions ici et là, récolant un peu de pécule au passage, et il a fait quelques rencontres dans son voyage. Un ami d’un autre pays, un meilleur ami, un allié, un confrère. Il ne s’attendait pas à faire connaissance avec autant de monde, des personnes qui ont marqué son séjour entre le Pays de la Foudre et le village de la Brume. Lui qui était si réservé et réticent à établir le contact avec les gens, on l’a chargé de patrouiller les rues, aider les habitants, travailler en équipe avec des confrères shinobis. Il a aussi rejoint un clan, le fameux Clan des Sabreurs dont il est fier. Un titre honorifique qui lui confère une certaine responsabilité. Non seulement à l’égard de la confrérie, mais aussi à l’égard du village. De tous temps, et depuis la création de Kiri, le Clan des Sabreurs s’est dévoué à établir la puissance militaire du village aux côtés des clans Kaguya et Yuki. Ce sabre qu’il tient et dont il a réveillé l’esprit grâce à l’Epreuve des lames en compagnie de son mentor, c’est l’arme qui doit guider le destin de tout un peuple. Chaque lame compte, chaque décision a son importance, chaque effort fourni chaque jour contribue à la grandeur de Kiri. Et même si l’activité n’est plus la même qu’autrefois, que les shinobis les plus gradés ne sont plus aussi disponibles qu’auparavant, et que presque l’essentiel de son armée n’est composé que de membres fraîchement recrutés, l’espoir est toujours là. Une nouvelle génération de ninjas ambitieux et prêts à se réunir pour défendre le village dans lequel ils vivent. La vague bleue. Hiver 203, une date à retenir.

Ses pas résonnent dans le couloir parqué et laqué du Grand Dojo. Il marche droit devant lui, il prend son temps avant d’arriver dans la salle d’entraînement remplie de mannequins en bois et avec un carré de tatami au centre. Il se déchausse et salue, le pouce posé sur la garde de son sabre. Il entre dans l’arène et dégaine son arme sans se précipiter. Le frottement du tranchant de la lame contre l’intérieur du fourreau produit un son familier à ses oreilles, un son satisfaisant qui sonne l’ouverture des hostilités. Son regard est posé sur sa cible. Il se baisse légèrement, en position de garde basse, la lame pointée vers le sol. Son pied se décolle du sol, il court. La frappe est rapide, précise et brutale. Une profonde entaille est laissée sur le côté de la tête du mannequin en bois. Saji souffle et se remet en garde. Il prépare son coup suivant. Il pivote à 360° et lâche un puissant coup de sabre retourné qui tranche le devant de la tête du mannequin, qui présente désormais une fente au niveau des deux yeux. Il souffle. Il tourne sur lui-même une nouvelle fois et fait partir un coup de taille sur le côté droit cette fois, faisant voler la partie supérieure de la tête. Le morceau de bois parfaitement découpé tombe sur le tatami derrière lui, le bruit de la chute résonne dans la salle silencieuse. Il souffle. Puis range sa lame dans son fourreau aussi lentement qu’il l’a sorti. Son échauffement est terminé.

Il se met en position de seiza au centre du tatami et pose son sabre sur ses genoux. Son arme légendaire, confiée par son maître dans son club de kenjutsu, le même qui lui a enseigné les bases quand il était enfant. Les souvenirs lui reviennent comme autant de coups de poignard au cœur, quand on sait le destin que son maître a connu. Il se remémore tous ces petits détails techniques qui lui ont permis de progresser rapidement dans la voie du sabre, mais aussi les fois où son maître le tapait sur les bras avec son bâton toutes les fois qu’il se trompait dans l’exécution d’un mouvement. Au fond il n’était pas si rigoureux que cela, il voulait seulement qu’il devienne le meilleur, il croyait en lui. Et cette confiance a culminée la nuit où il lui a confié ce sabre, cette arme aussi légendaire que maudite. Baransu.

Il baisse sa tête pour poser son regard sur le fourreau noir ébène. Une arme d’une qualité incroyable, qui a survécu à travers les âges et les guerres de shinobis. Le sabre esprit. Il se souvient de ce samuraï géant qui s’est manifesté lors de l’Epreuve des Lames, un monstre venu d’un autre monde. Un esprit qui habitait tout ce temps à l’intérieur du sabre et qui attendait de voir s’il méritait d’être son maître. Mais comme son mentor lui a dit, il n’est pas vraiment le maître, il n’en est que le possesseur. Il doit apprendre à se discipliner, non pas chercher à dominer mais à ne faire qu’un avec sa lame. Telle est la voie du kendô. Baransu lui a dit lui-même qu’il le reconnaissait désormais comme le manieur du sabre, et le pouvoir qui y réside lui est à présent accessible. Alors qu’il est plongé dans ses pensées, la lame se met à émettre une couleur bleutée qui signale que l’esprit du sabre l’appelle. Il veut lui parler. Que cherche-t-il à dire ?

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Lun 5 Nov 2018 - 22:27
On dit qu’un sabreur atteint un niveau supérieur de maîtrise lorsque sa lame frappe exactement où il le souhaite, et quand il le souhaite. Qu’en est-il du bretteur qui est capable de contrôler la lame avec son esprit de façon à viser précisément les points les plus difficiles à toucher d’une cible ? Un tintement l’interrompt dans sa réflexion. Baransu se réveille, il convoque Saji pour une audience, un dialogue de sabre à sabreur. La voix de l’esprit est grave et grinçante, elle résonne dans sa tête comme une mauvaise migraine. La même sensation que lors de l’Epreuve des Lames il y a quelques mois, le muet avait communiqué de façon télépathique avec l’esprit matérialisé en samuraï géant.

« Jeune Nobuatsu, cela fait longtemps qu’on ne s’est plus vus, depuis notre rencontre sur l’île de Ue… »

« Tu es celui que j’ai affronté la dernière fois, le monstre en armure. Que veux-tu de moi ? »

« J’ai continué à t’observer depuis que tu es devenu Sabreur de Kiri, et je peux dire que je suis déçu par tes progrès. »

« Qui es-tu ? L’esprit d’un samuraï réincarné dans un sabre ? »

« Je suis davantage que ça. Je suis devenu l’essence du sabre, l’âme qui l’anime. Dans ma recherche de perfectionnement du kenjutsu, je me suis efforcé d’insuffler mon chakra dans le sabre de façon à gagner à précision. Ce que j’ai réussi à faire. D’année en année, j’ai commencé à perdre de ma propre vitalité. J’ai senti mon âme me quitter et bientôt, je n’étais plus. »

« Un drôle de destin si tu veux mon avis. »

« Je ne te l’ai pas demandé. »

« Tu es dans mon esprit. »

« Et je peux très bien continuer à te hanter si j’ai envie. »

« Ça suffit. Tu voulais qu’on parle ? Parle. »

« En te voyant pratiquer tes pauvres katas d’apprenti sabreur dans le vent et frapper des mannequins statiques, j’ai commencé à avoir pitié de toi. »

« C’est tout ce que tu souhaitais me dire ? »

« Tu pourrais faire bien plus, tu as le potentiel d’obtenir le pouvoir que tous les sabreurs dans le monde souhaiteraient posséder. Un pouvoir unique qui dépasse l’entendement. »

« Je connais le pouvoir qui sommeille dans le sabre. Je l’ai déjà vu à l’œuvre et je l’ai éveillé de façon inconsciente lorsque j’étais en danger. Lorsque Sanzô m’a poussé du toit. J’ai eu ce réflexe… Comme si ma main avait bougée toute seule. »

« Oui c’était moi. Comme nous sommes connectés par l’esprit, j’ai aussi un pouvoir de suggestion sur toi. Pas de possession attention, mais disons que je peux te donner l’idée d’exécuter une action. »

« Même quand je ne le veux pas ? »

« Ça ne fonctionne pas tout à fait comme cela. C’est un peu comme l’hypnose tu vois. Si mon ordre va contre ta volonté, celui-ci n’aura aucun effet. Un peu comme une brise de vent essaie de faire bouger une cloche de métal. »

« Tu me parlais de potentiel et de pouvoir. »

« J’y viens. Le sabre que ton maître t’a confié… »

« Tu le connaissais ? »

« Ton maître ? Oui bien sûr. Il a cherché manier le sabre pendant plusieurs années, mais il n’avait plus la jeunesse ni la volonté pour exploiter tout le potentiel de cette arme. Toi en revanche, je t’ai choisi car je vois une puissance en devenir. Tu as la discipline, tu as la persévérance et la volonté d’esprit pour employer les jutsus les plus puissants à l’aide de ce sabre unique. »

« Dans ce cas qu’est-ce qu’on attend ? »

Ainsi s’achève le premier dialogue de Saji avec l’esprit du sabre Baransu. Un dialogue qui annonce le début d’un long parcours à deux sur la voie du sabre, le kendô. Même si le bretteur a encore des doutes sur les bonnes intentions de l’esprit qui habite son arme légendaire, il a conscience qu’il tient entre les mains un instrument au pouvoir encore insoupçonné, dont il n’a pas fini de découvrir la puissance.

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Mar 6 Nov 2018 - 18:01
Depuis cet échange fatidique avec Baransu, le pouvoir était désormais accessible à Saji, et ses entraînements ont pris une toute autre allure. Il ne s’agit plus de simples entraînements au kenjutsu désormais, où le disciple doit effectuer des mouvements avec son arme. Mais de séances de travail mental consistant à se focaliser sur sa connexion à l’esprit du sabre. Il se souvient des mots du maître de cérémonie de l’Epreuve des Lames qui lui a permis d’intégrer le Clan des Sabreurs : « L’esprit a reconnu le propriétaire de la lame. Nobuatsu Saji, vous êtes donc officiellement accepté dans le Clan des Sabreurs de Kiri. Continuez à développer votre relation avec votre lame. Plus le lien qui vous unit sera fort, plus le pouvoir que vous partagerez sera grand. » Après s’être remémoré ces mots, il pose son regard sur la lame de son sabre sous plusieurs angles, essayant de la faire briller sous les rayons du jour. Il tourne son poignet dans un sens puis dans l’autre, essayant d’attraper la lumière et admirer sa beauté éternelle. Toujours effilée, jamais émoussée, la lame qui ne faiblit jamais. Le doit-on à la qualité de travail du métal ? Ou bien à l’âme qui renforce ses propriétés de résistance et de tranchant ? Peut-être devrait-il poser cette question à Baransu la prochaine fois.

La première étape consiste à méditer de telle sorte qu’il fasse le vide dans sa tête et accueille la résonnance spirituelle de Baransu. Les premiers jours, il se contente de s’assoir en tailleur au milieu d’une salle, le dos bien droit, se laissant baigner par la lumière qui s’infiltre à l’intérieur du dojo. On voit son torse se bomber puis redescendre au rythme de sa respiration. Il profite du silence de la salle pour isoler sa conscience, évacuer toute forme de distraction qui aurait emprise sur son esprit. Il doit se servir de sa volonté pour faire bouger le sabre qui se trouve sur ses jambes. Ses yeux sont rivés sur son arme… Il pense au mouvement qu’il souhaite lui donner, il l’imagine en train de se déplacer dans l’espace, sans qu’il ait besoin d’y toucher. Après quelques minutes de concentration intense, un premier signe. La poignée tremble légèrement. « Il te manque quelque chose… » lui chuchote une voix dans sa tête. Surpris par la voix de Baransu, il perd le fil de sa pensée et la lame cesse de bouger. Saleté d’esprit. Il doit tout recommencer à zéro. Il soupire.

Deuxième tentative. Il souffle et se concentre de nouveau sur le mouvement imaginaire de son sabre. Il essaie de le visualiser décoller de ses jambes pour passer au-dessus de sa tête. Ses yeux vont de bas en haut, de haut en bas. Sa tête commence à fatiguer, il ne s’attendait pas à ce que cela lui demande autant d’effort. Mais il ne lâche rien. Le sabre se met à trembler de nouveau, et la vibration gagne en intensité. Le mouvement est très lent mais il est là. La lame quitte ses jambes pour monter de plus en plus haut. Saji quant à lui ne bouge pas son corps, seulement ses yeux. Il a trop peur d’échouer de nouveau. Une sueur coule de son front. Il a l’impression d’effectuer un exercice de musculation qui lui demanderait un effort physique intense. Mais finalement, ne pouvant supporter la migraine qui commence à lui prendre la tête, il lâche prise et le sabre retombe de nouveau sur ses jambes. Il siffle entre ses dents, dépité.

Plusieurs tentatives plus tard. Le sabre décolle de plus en plus tôt pour monter de plus en plus haut. Plus il répète ses tentatives, et moins l’effort est éprouvant sur son cerveau. Il serre les dents. Il a la sensation d’être encore plus exténué que quand il pratique ses entraînements de kenjutsu contre les mannequins en bois, car là au moins il est physiquement préparé. Là en revanche, il doit partir de zéro et apprendre à apprivoiser son sabre, se connecter à lui de façon à le manier à distance à l’aide de l’esprit. Pourtant, toutes les fois où il avait fait appel à son pouvoir inconsciemment, que ce soit contre Sanzô qui l’a poussé du toit ou contre Chikara Meiyo qui l’avait désarmé, cela ne lui avait coûté aucun effort. Toutes ces fois, Baransu lui avait suggéré de le faire, peut-être l’avait-il aussi aidé à faire léviter l’objet.

Que lui manque-t-il ? Il repense à ce qui lui a chuchoté la voix tout à l’heure. Que ferait-il à sa place ? Le sabreur se rappelle alors de l’histoire de Baransu qui lui a confié comment il avait appris à perfectionner son art du kenjutsu, en imprimant son chakra dans son sabre… Si bien qu’il avait petit à peu fragmenté son âme jusqu’à se faire aspirer dans l’arme. Un destin qu’il n’aimerait pas connaître lui-même. Mais maintenant qu’il y pense… Peut-être que s’il procède de la même façon, il pourra y arriver. Il fait alors sa énième tentative, place son index et son majeur sur la lame, fait glisser ses doigts jusqu’à la pointe pour y insuffler son chakra. Le sabre prend alors une lueur bleutée si familière… Comme tout à l’heure, il se concentre sur le mouvement qu’il souhaite donner au sabre. Et résultat, celui-ci s’envole plus rapidement que jamais, et se déplace plus ou moins où il le souhaite. Un sourire s’affiche sur le visage de Saji. Il vient de passer la première étape de sa maîtrise de Baransu le sabre légendaire.

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