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Une journée de pluie, juste une journée de pluie [P.V. Nobuatsu Saji]


Mar 6 Nov 2018 - 23:43

Une journée de pluie, juste une journée de pluie...






    Je suis né un jour de neige, c'était assez peu courant dans le pays de la Foudre. Mais ce jour-là, ma mère m'a raconté qu'un long manteau recouvrait le sol du village dans lequel nous étions. Elle-même avait rétorqué ce jour-là qu'elle avait tellement été surpris de ce temps, qu'elle décida de remercier les divinités qui avaient rendu ce moment si spécial. Elle était maman et en plus, elle voyait de sa fenêtre son temps favori, celui pour lequel elle aurait pu rester des heures à contempler. Pour les remercier, elle m'appela Yukio "garçon de la neige".

    Je suis mort un jour de pluie, en contemplant la fenêtre de chez moi, alors que ma mère était en surveillance dans le village où j'ai grandi. Mon père était mort depuis un petit bout de temps, assassiné par des shinobis très peu reconnaissants du travail que mon père faisait. Ils avaient décidés de piller sa marchandise et de le tuer à la suite. C'est la vie, m'a-t-on dit. Toujours est-il que dans la maison qui m'a fait évoluer, j'étais seul face à la vitre, à côté du feu de bois et réfléchissant sur le sens de ma vie. Je pensais à mes spécialisations en tant que ninja. Issu d'un parcours classique où je peinais à trouver une motivation, j'en étais venu à réfléchir sur une éventuelle reconversion de marchand.

    Il était 7 heures du soir, et ma mère n'était toujours pas rentrée. D'habitude, elle avait fini sa journée une heure auparavant, je m'étais dit qu'elle avait trouvé une occupation supplémentaire avant de me rejoindre. Je m'apprêtais alors à aller préparer la cuisine quand quelqu'un frappa à la porte...

    C'était un ami de ma mère du nom de Yaito, il me dit que ma mère était à l'hôpital mais que pour des raisons de sécurité, je ne devais pas aller la rejoindre. Il m'emmena alors chez lui en indiquant avant de prendre des affaires pour un petit bout de temps. Et, c'est à ce moment-là que j'ai compris que ma mère allait radicalement changé. Mon séjour chez Yaito a duré deux semaines sans qu'on me donne un état de santé exact de ma mère. Je me voyais déjà orphelin, tout juste bon à pleurer: ce que je faisais déjà tous les soirs.

    Vint alors un jour où je venais de terminer une mission de reconnaissance proche de l'hôpital, je me suis alors infiltré dans celle-ci alors que d'habitude, on m'en y refusait l'accès. Un coup d’œil du côté des chambres et de leur pensionné et j'étais parti en direction de la chambre 302. Ma mère était alors dans sa position favorite, devant la vitre à regarder les enfants du square en face en train de s'amuser. Elle fut alors surprise lorsqu'elle me vit. Un infirmier vint alors en ayant l'intention d'alerter les autorités compétentes pour une intrusion mais ma mère le coupa dans son élan:

    ► Bonjour mon fils !

    Puis se tournant vers l'infirmier, lui affirma d'un acquiescement et d'un sourire, qu'il n'avait pas besoin de s'interposer, ni même d'être dans les parages. Il s'approcha de ma mère et la porta sur une chaise roulante. Elle avait les jambes bandées et imbibées de sang, c'était une vision d'horreur pour moi. Assise dans son fauteuil, elle s'approcha de moi, l'infirmier sortit de la pièce et ferma la porte. Nous étions deux et elle me caressa le visage pendant de longues minutes. Puis elle commença par :

    ► Désolé que tu aies eu à subir tout ceci ... Il faut que je te raconte pourquoi je n'ai pu te retrouver pendant si longtemps...

    C'était le début de ma mort ...

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Mer 7 Nov 2018 - 21:38
Et le début des remords pour Saji. C’était pourtant une journée rien de plus normale pour les frères Nobuatsu, du moins au début. Ils avaient un programme assez strict, du matin au soir, consistant essentiellement à assister aux entraînements de kenjutsu. Certes, leur école du sabre ne payait pas de mine mais bons disciplines qu’ils étaient, ils faisaient en sorte d’honorer leur devoir d’aider leur maître à former les apprentis bretteurs de demain. Même s’il leur arrivait d’accomplir des missions de patrouille et d’escorte à l’extérieur du village afin de s’assurer de la bonne circulation sur les voies commerciales. Il n’était pas rare que des bandits profitent de la position isolée et de la petite taille de leur communauté, pour prendre pour cible les pauvres marchands qui allaient et venaient du village. Au lieu d’employer des mercenaires qui coûtaient une somme considérable, ils faisaient appel à une milice locale composée d’hommes expérimentés comme Saji et Ashikage, mais aussi des hommes lambda capables de tenir une arme. La famille Nobuatsu était bien connue dans le village, notamment en raison des frères qui faisaient preuve d’un grand talent au sabre et qui ont naturellement pris la tête de la milice, formant régulièrement les villageois à l’art du combat. Leur père quant à lui n’avait toujours pas pris sa retraite et poursuivait ses activités de forgeage et de négoce d’armes et d’armures, malgré la compétition grandissante des Metaru de Kumo. Aucun des deux fils n’a souhaité suivre la vocation de marchand de leur père, en revanche ils ont tous deux appris à apprécier le savoir-faire lié à la fabrication des armes, en particulier les sabres. Ils revenaient souvent demander à leur père d’affiner leur arme personnelle ou de leur en refaire une autre.

Vers la fin de l’après-midi, Saji finissait d’aider son père à ranger le présentoir et porter ses caisses pleines d’objets métalliques. A cet âge-là, travailler dans de telles conditions était pénible, et son fils faisait le nécessaire pour le soulager des tâches les plus physiques. Après l’avoir raccompagné à la maison familiale, il aperçut son frère croisant les bras sur le seuil de la porte. Il était visiblement déjà rentré de sa mission d’escorte avec la milice, mais il semblait un peu plus grave que d’habitude. Saji se demandait s’il était arrivé quelque chose mais Ashikage voyant qu’il le regardait fixement et qui pouvait facilement deviner ce que pensait son frère muet, lui dit qu’il n’y avait rien à signaler. Il était juste un peu pensif c’est tout. Mais Saji le connaissait sur le bout des doigts, quand il était comme ça, c’était qu’il cachait quelque chose qui le tracassait. Il restait silencieux pour cacher sa nervosité, surtout qu’il savait combien son frère muet était très observateur et pouvait le lire comme un livre ouvert. Intrigué, Saji se rapprocha pour s’adosser contre le mur près de l’entrée et leva les yeux pour admirer le crépuscule, aux côtés de son frère. L’éclat orangé éclairait leur visage tandis qu’ils regardaient dans la même direction. Un moment de silence où tous les deux étaient dans leurs pensées. Un des rares moments où ils ne se disputaient pas sur leurs différences d’opinion. Malgré leur rivalité, ils restaient frères, et rien ne pouvait changer cela. Il n’y avait pas besoin de mot pour exprimer le respect qu’ils avaient malgré tout l’un envers l’autre. Le silence semblait se prolonger infiniment jusqu’à ce que le soleil commence à disparaître à l’horizon. Bientôt, seuls leurs visages étaient éclairés tandis que le reste de leur corps demeurait dans l’obscurité. Puis la lumière s’éteignit complètement, les plongeant finalement dans les ténèbres.

Saji s’apprêta à rentrer à l’intérieur quand soudain il se souvint que son maître l’avait croisé ce matin pour le convoquer ce soir pour un rendez-vous important au dojo. Il n’y avait plus de temps à perdre. Il se retourna pour quitter la demeure Nobuatsu, sous les yeux suspicieux de son frère. Si Saji était capable de deviner les pensées de son frère, la réciproque était vraie. Ashikage connaissait trop bien son frère ainsi que son agenda pour négliger l’anormalité de ce comportement. Il quitta le seuil de la porte pour le suivre à distance, en direction du dojo, tandis que de sombres nuages se formaient peu à peu dans le ciel…

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Jeu 8 Nov 2018 - 19:59

Une journée de pluie, juste une journée de pluie...






    Alors qu'elle regardait encore une fois, la fenêtre, elle me raconte cette journée en détail, j'étais déconcerté par la banalité de la chose et c'est avec attention que j'écoutais les dires de ma mère. Son récit, elle le racontait comme une certaine nostalgie et la rage en moi ne cessait de couler à flots. Je ne pouvais laisser passer de telle chose, il commençait par:

    ►Le matin où j'ai eu des soucis, j'étais de garde autour du village. Etant donné que mes frères sont de vaillants ninjas maniant la lame. Ils étaient en entraînement de kenjutsu avec le maître du dojo. J'étais donc très contente de pouvoir rester dans le village pour une fois. Je me suis alors occupée de donner des coups de main à droite, à gauche, jusqu'à ce que vienne le midi. Tu sais que j'aime rêvasser dans une terrasse lors de ma pause déjeuner mais cette fois-ci, mes frères m'ont rejoint. Saji et Ashikage, je sais que tu les vois pas beaucoup, mais, un jour, je te laisserai faire plus amples connaissances avec eux, parce qu'ils sont des frères extraordinaires.

    Je les avais très peu vu parce que ma mère n'aime pas la rivalité qui cohabitent la relation de ses deux frères. Elle me raconte cependant que l'un des deux est muet ce qui ne l'empêche pas d'être extrêmement expressif à travers les yeux, même s'il utilise du papier pour écrire des choses. Et l'autre est un tantinet provocateur et il souffre énormément de la comparaison avec son frère. Elle ne veut pas que je m'immisce dans ses problèmes familiaux. C'est pour ça que je les vois que très peu. Elle s'excuse de ceci et l'a dit que j'allais bientôt les revoir. Du moins, c'est ce que je pensais, mais je ne voyais pas le rapport avec sa blessure et la situation plus qu'inquiétante dans lequel elle était. Mais je la laissais continuer son récit pour pouvoir enfin comprendre le pourquoi du comment.

    ►Nous étions tous les trois et je me sentais bien entre mes deux frères. Tu sais que je les aime beaucoup. Nous parlions du bon temps ensemble et des différentes bêtises que j'ai dû rattraper des deux énergumènes. Par exemple, un jour, ton grand-père avait laisser son sabre à la maison, c'était un sabre d'une collection rare et il avait un client potentiel pour le soir-même. Il ne voulait pas risquer de l'abîmer et a préféré le laisser dans la maison pendant que lui allait vendre d'autres choses dans la journée. Ashikage était toujours enjoué par les nouvelles choses et il voulait l'essayer mais Saji voulait l'interdire de le faire. Sans suivi, une bagarre de poings dans toute la maison, saccageant le mobilier de papa et maman. Au final, le sabre fut dégainer par Ashikage et il commença à jouer avec. Saji continue de plus belle à essayer de le récupérer sans regarder tout le bazar qu'ils avaient causés. J'avais hurlé dans la maison, les laissant alors dans un doute, une perplexité. Ils se rendirent compte des dégâts qu'ils avaient fait. Je les avais ordonné de ranger la maison mais ils en étaient incapables. Ashikage avait été le premier à pleurer et Saji resta placide. Maman venait alors d'arriver et exigea des explications. Elle me regarda et je lui mentis pour la première fois de ma vie en lui disant qu'il avait eu un voleur qui a cherché à voler le sabre de papa et que les deux frères avaient lutté pour que le sabre ne soient pas dérobés. Maman avait un sentiment de fierté de ses fils mais eux, eurent un sentiment de culpabilité. J'avais sauvé leur peau auprès de notre mère. Ce que j'ai d'ailleurs fait de nombreuses fois.

    Elle me compta aussi diverses autres histoires ce qui ne m'expliqua toujours pas elle était dans cet état. Elle était nostalgique mais à l'écouter, elle était presque heureuse de cette journée. Elle m'expliqua alors que les choses se corsèrent dès qu'ils se sont mis à parler de leurs journées respectives. L'un évita le sujet et l'autre insista sur les différents trous de mémoire de l'autre ...


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Ven 9 Nov 2018 - 18:47
Les sandales de Saji commencèrent à s’enfoncer dans la terre mouillée tandis que le tissu blanc de son kimono absorbait peu à peu les gouttes de pluie qui tombaient. Il marchait seul dans la rue sombre qu’il avait traversée maintes et maintes fois dans sa vie, et ce depuis qu’il est enfant. Il se souvint encore de son premier jour à l’école du sabre à l’âge de huit ans. Il était accompagné de son père et de son frère, et tous les trois marchaient ensemble en direction du dojo. Leur père n’avait pas fermé l’œil de la nuit tellement ses fils étaient excités lorsqu’il leur avait annoncé qu’il allait les inscrire pour apprendre le kenjutsu. C’était leur rêve. De pouvoir imiter les guerriers qu’ils voyaient dans les récits et dans les pièces de théâtre. Des grands héros capables de combattre le mal et de défendre les faibles. Mais ils ne s’intéressaient pas à ces histoires pour les mêmes raisons. Ashikage était plus admiratif de la force martiale des personnages tandis que Saji accordait plus d’importance à leur héroïsme et à leurs valeurs. Chacun avait déjà son modèle qu’ils souhaitent suivre. Dès l’enfance, ils montraient les premiers signes d’opposition et c’est ainsi qu’était née leur rivalité grandissante.



Le dojo n’était plus très loin. Saji s’approcha de l’entrée et poussa la porte coulissante pour voir son maître qui l’attendait au milieu du tatami en position de seiza. Il se baissa pour le saluer et le rejoignit dans la même position, face à lui. Son maître resta silencieux pendant un moment, il tenait deux sabres sur ses cuisses, rangés dans leur fourreau. L’un de couleur noir ébène, et l’autre de couleur blanc albâtre. Du premier coup d’œil, Saji pouvait voir qu’il s’agissait d’armes de haute qualité, rien qu’en observant le tsuba et le tsuka. La garde et la poignée avaient des formes particulières, qui semblaient conférer davantage de maniabilité à son porteur. Rien qu’à les regarder, on avait envie de les toucher et d’exécuter quelques mouvements. L’élève muet commença à avoir des frissons, alors que le maître déposa les deux armes devant lui, entre lui et Saji qui ne quittait pas les sabres des yeux. Il ne comprenait pas. Allait-il hériter de ces deux armes à la fois ? Il n’était pas encore entraîné pour le style Nitoryuu, lui confier deux armes légendaires serait un gâchis ! Mais son maître ne l’entendait pas de cette oreille, et il lui expliqua la raison de son choix, mûrement réfléchi.

« Saji, cela fait maintenant près de seize ans que je t’ai pris sous mon aile, en même temps que ton frère. T’ai-je jamais déçu ? »

Le muet ne comprenait pas l’intention de cette question. Etait-ce un test ? Il fit immédiatement non de la tête. Son maître se forçait à ne pas le montrer, mais il s’était attaché aux frères Nobuatsu, peut-être trop. Il était comme un deuxième père, puisqu’il les avait vus grandir depuis l’enfance. Certes ils s’étaient peut-être plaints à quelques reprises, comme quand l’entraînement devenait trop mou à leur goût, mais jamais n’ont-ils douté de la capacité du vieil à homme à les élever à un niveau supérieur de maîtrise du sabre. Il leur a transmis les principes élémentaires du kendô en même temps que les conseils plus avancés qui leur ont permis d’affiner leur technique. Dans le cœur de Saji, il n’y avait aucun doute, il lui devait tout. Et il espérait lui rendre l’honneur d’avoir été pris comme son élève, en devenant un sabreur se battant pour les bonnes causes.

« Très bien mon élève, je veux que tu saches que mon choix n’a pas été facile et pourtant il était clair. Toi et ton frère vous n’avez jamais cessé de m’impressionner et dépasser mes attentes. Je pense qu’il est grand temps que je vous confie cet héritage qui m’est fort précieux et que j’ai conservé pendant très longtemps, dans l’attente de quelqu’un qui soit digne de les manier. »

Saji ne bougeait pas, il se demandait pourquoi son maître a dit « vous » alors qu’Ashikage n’était pas présent à ses côtés. Pourquoi ne pas l’inviter lui aussi s’il devait recevoir le deuxième sabre ?

« Je veux que tu gardes Baransu. Mais que tu prennes aussi Fuwa, que je souhaitais confier à ton frère… Mais j’ai pu constater comme toi son caractère impulsif et sa vision cynique des choses. Pour moi, il n’est pas encore digne de la manier. »

Le muet baissa la tête, lèva les bras devant lui avec les paumes vers le ciel, afin de recevoir le sabre légendaire Baransu, traduit par "Equilibre".

« Je veux qu’en attendant, tu gardes le sabre destiné à ton frère à tes côtés, pour qu’en temps voulu, il puisse le recevoir. Je peux me reposer sur ton jugement pour le lui donner une fois qu’il l’aura mérité. »

L’élève comprit parfaitement le choix de son maître. Il acquiesça et accepta avec le même geste cérémonieux le sabre Fuwa traduit par la "Discorde". Mais c’est à ce moment-là qu’une ombre derrière la porte s’étira à l’intérieur de la salle de dojo…

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Sam 10 Nov 2018 - 12:27

Une journée de pluie, juste une journée de pluie...






    Après avoir eu les histoires entre ses frères et elle, je ne savais quoi penser. Je pensais qu'elle tournait en rond et qu'elle voulait pas me dire qui avait fait ça. Cela m'énervait au plus haut point, et je pense qu'elle l'a lu à travers mon visage, elle termina son dernière histoire sur ses frères et puis, elle prit un air plus sérieux. Elle avait mal rien qu'à en parler, on dirait. Cela devait être quelque chose d'horrible. Elle reprit une aspiration et puis elle commença par :

    ► Tu sais, chaque jour, je pense que c'est un cauchemar et que tout ce qu'il s'est passé, c'était dans mes rêves. Mais non, la vérité, c'est que je ne peux plus marcher. Et que ce qui m'est le plus cher à part toi, ça a totalement disparu. Je vais essayer d'être forte et de le raconter.

    Mitsuko a écrit:

    Après notre long repas, j'avais vu qu'Ashikage avait des problèmes et je ne voulais pas lui en parler. Il avait l'air assez fermé et très triste à la fois. Saji avait des choses à faire au Dojo et je ne voulais pas non plus qu'il s'inquiète inutilement donc j'ai attendu que tout le monde parte et j'ai suivi Ashikage dans le village. J'étais en mission de garde, mais étant donné que mon frère avait des ennuis, j'ai fait quelques entorses à la règle en le suivant quelques instants. Il commença d'abord pour aller acheter quelques kunais dans la boutique du coin, il avait l'air stressé qu'on le reconnaisse et j'ai préféré continuer à le suivre. Puis il continua dans des ruelles, plus ou moins malfamé et c'est à ce moment-là que j'ai compris qu'il allait faire une bêtise. Je le connais sur le bout de mes doigts ce frère. Il acheta une longue épée à un artisan qui s'occupe souvent de créer des armes meurtrières et il arpenta les rues malfamés jusqu'à ce qu'il trouve une ruelle étroite où personne ne fréquentait ce chemin. Il attendit quelques secondes et commença à dire:

    ► Mitsuko, je sais que c'est toi. Qu'est-ce que tu fais ici? Pourquoi tu me suis?

    Il avait découvert que je le suivais mais il ne s'était toujours pas retourné pour voir mon visage. Il avait l'air froid et distant comme s'il avait perdu son bonheur d'être ici. Je ne savais pas quoi lui dire à part être à découvert mais dans un élan d'amour, je voulais lui dire quelque chose. Et je commença par lui dire ces mots:

    ► Je m'inquiète beaucoup pour toi. Tu as l'air triste, profondément triste. Pourquoi?

    ► Tu as toujours voulu voir du bon en moi, mais c'est faux. Je ne suis pas comme vous, et d'ailleurs, papa, maman et même le maître du Dojo, ont toujours fait des différences entre Saji et moi. Pourquoi ?

    ►Saiji est extrêmement simple dans sa façon de voir les choses. Toi, tu es différent, mais je t'aime pour ça. Tu le sais ça?

    ► Oui mais ça change rien, un jour, tu verras mon vrai visage et tu vas prendre peur. Tu seras la première à fuir.

    J'avais terriblement peur et je commençais à trembler, il se retourna et il avait les yeux rouges-sang. Dès que j'ai vu ses yeux, je me suis mis à pleurer toutes les larmes de mon corps. Il était en train de faire une grossière erreur et je ne savais pas comment l'en empêcher. Il s'approcha vers moi et me dit:

    ► Tu sais que le maître du Dojo veut donner les deux épées à Saji? Après tous les sacrifices que j'ai fait, après toutes les heures d'entrainement que j'ai enchaîné, j'ai essayé d'être à l'écoute et de faire le meilleur pour être digne d'être son élève mais encore une fois, ça a pas loupé. On a essayé encore une fois de m'écarter de tout. J'en ai marre. J'ai pensé au suicide et je me suis dit que c'était pas normal de payer pour la sottise des gens. Je vais aller récupérer ce qui m'appartient. Si tu m'aimes vraiment, rejoins moi.

    J'étais effondrée sur le sol, je ne savais plus rien dire ni faire. Je tremblais tellement que je ne sentais plus aucun organe de mon corps. J'étais faible, carrément faible et je ne pouvais même pas dire quoique ce soit. Et au moment où j'ai voulu dire quelque chose, il me dit:

    ► Laisse tomber, j'ai compris. Va-t-en !

    Dans un dernier élan, je me leva et commença à préparer un kunai pour l'empêcher de faire de grosses bêtises. Je m'essuya les larmes qui coulaient sur mon visage et je pris un air complètement sérieux pour lui dire enfin:

    ►Je ne peux pas te laisser faire ceci. Je vais t'en empêch...

    Je n'avais pas terminé ma phrase qu'il eut le temps de prendre sa nouvelle arme et de me sectionner les talons d'Achille ainsi que les différentes parties qui me faisaient marcher. J'étais alors meurtri et au sol. Lui était déjà parti, il m'avait laissé pour morte. J'ai attendu alors 7 heures dans la souffrance jusqu'à ce que quelqu'un me retrouve dans cette rue et appelle les secours.


    J'étais bouche-bée. Je ne savais pas que son frère était capable de ça. Je voulais alors partir de l'hôpital et essayer de le trouver mais ma mère me prit le bras... L'histoire n'était pas terminée.

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Sam 10 Nov 2018 - 17:45
La pluie continue de tomber en arrière-plan. L’ombre s’étire dans la salle de dojo tandis que Saji et son maître se font face. Tous les deux remarquent la présence étrangère et tournent immédiatement leur regard vers l’origine de l’ombre. Une silhouette familière, habillée d’un kimono et les pieds nus pleins de terre, tenant un sabre à la main. L’orage éclate et éclaire l’espace d’un instant la moitié de son visage. Ce dernier est très familier, cette personne n’est autre qu’Ashikage. Son regard est intense, et son souffle lourd, comme s’il cherchait à contenir sa colère. Saji se lève immédiatement pour se rapprocher de son frère et le calmer. Mais rien n’y fait, Ashikage le pousse sur le côté avec un coup de coude bien placé à l’abdomen puis avance rapidement sur le maître, sous les yeux d’un Saji impuissant. Le temps se ralentit. Les pas sont lourds, tandis qu’il se tient l’estomac et regarde son frère faire un pas puis un autre, laissant traîner son sabre sur le tatami. La pointe de la lame laisse un long trait derrière lui. Tel un bourreau près à exécuter un condamné à mort, Ashikage pose son regard sur son maître agenouillé et qui baisse la tête, présentant sa nuque. Que fait-il ? Saji est terrifié par ce qu’il est en train de voir. Il semblerait que leur maître accepte son destin et souhaite se laisser tuer par son propre disciple rebelle. Les pieds d’Ashikage s’arrêtent juste devant le vieil homme qui regarde le sol, attendant sa sentence. Le sabre est levé en l’air, prêt à descendre comme une guillotine. Mais le mouvement se stoppe net juste au-dessus de la nuque du maître qui se met à parler et exprimer ses derniers mots.

« Si tu en es arrivé là, Ashikage, c’est que j’ai échoué dans ma tâche de professeur. Je suis le seul responsable dans l’histoire. »

L’homme en colère semble légèrement se calmer, surpris par la résolution du maître prêt à se sacrifier face à son propre disciple. La pression de sa main sur la poignée de son sabre se relâche légèrement, il ne s’attendait pas à un tel geste. Un instant d’immobilité pendant lequel Ashikage se remet en doute. Mais il se remémore toute l’injustice dont il a été victime de sa vie, le fait d’être constamment comparé à son frère, de vivre comme son ombre… Il ne peut plus reculer, il est déjà trop tard.

« Oui, tout est de votre faute. »

Il marque un temps et relève le sabre pour reprendre son élan. Saji récupère du coup au ventre, il se relève et s’apprête à sauter sur son maître pour le dégager de l’attaque.

« Maître. »

Mais il est trop tard. La lame s’abat sur la peau, perce la chair et brise l’os. Le sang gicle comme un geyser, aspergeant le kimono d’un Saji désemparé et qui se jette sur le corps gisant de son maître. Le visage ensanglanté, Ashikage regarde son frère qui prend le vieil homme dans ses bras, comme s’il essayait de le réveiller. Mais aucune voix ne sort de sa bouche. Aucune inflexion ou intensité de la voix n’aurait suffi à exprimer à quel point Saji était déchiré à cet instant-là. Les larmes coulent de sa joue pour tomber sur le visage reposé de son mentor. Pendant ce temps, le meurtrier indifférent à cette scène en profite pour ramasser le sabre Fuwa qui lui était dû. Il tire légèrement sur la poignée du sabre pour apercevoir un bout de la lame : il écarquille les yeux, lesquels sont éclairés par le reflet de la lumière sur la lame. Il admire la beauté du hissaki, comme hypnotisé. Il ne fait même plus à son frère à côté de lui.

Saji se relève, sa manche trempée de rouge. Il ramasse le sabre Baransu et le dégaine de son fourreau qu’il jette sur le côté. La lame dirigée vers son frère qu’il est décidé à arrêter. Ashikage se réveille de son moment d’absence, il tourne les yeux vers son muet de frère chez qui il peut lire de la haine mêlée à de la colère. Il sourit, comme s’il était satisfait de voir Saji dans un tel état de vulnérabilité, mais surtout, il a l’impression de se voir dans un miroir. Un homme plein de détermination et avec l’envie de tuer. Il dégaine son sabre à son tour, exciter de tester sa nouvelle arme. Les deux bretteurs chargent l’un vers l’autre, et au premier contact les lames s’entrechoquent produisant une violente vibration dans l’air soulevant la poussière au sol. Ils se rendent coup pour coup dans une tornade de lames. Ashikage adopte un style très agressif consistant à attaquer son adversaire depuis plusieurs angles afin de le submerger de coup, tandis que Saji se sert de ses réflexes pour dévier chaque attaque avec sérénité et une bonne lecture des intentions de son vis-à-vis. Le combat se poursuit pendant plusieurs minutes, alors que l’orage gronde encore plus fort.

Les deux adversaires sont maintenant essoufflés, si bien qu’ils n’arrivent plus à lever le sabre et doivent laisser leur lame traîner sur le sol. Ashikage se rend compte qu’il ne pourra pas s’emparer de la seconde arme légendaire. Il lâche une bombe fumigène qui éclate contre le sol. La pièce est enveloppée dans la fumée tandis que Saji tousse pour essayer de ne pas inhaler le gaz. Il regarde dans tous les sens, essayant d’identifier la silhouette de son frère. Mais quand la purée de pois se disperse, plus rien. Le voilà seul, debout devant le cadavre de son maître, et abandonné par son traître de frère.

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