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Jizō [Sentetsu Chiaki]


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Mar 13 Nov 2018 - 23:37
An 199, soirée sereine à l'abris des premières tempêtes d'automne, dans une ancienne fermette à l'extérieur de la toute jeune Kumo. Au fond, Tsukiko s'en est toujours un peu doutée, les années lui ayant appris l'âpreté d'une vie sans couleur. Pourtant, elle se convainc, seule, fière. Et lorsque les premières douleurs se font sentir, elle les affronte. Jusqu'au bout. Soutenue par une grand-mère et sa petite fille, rencontrées au détour d'une opportunité gâchée quatre mois plus tôt.

Dans ce calme tout relatif, un hurlement d'effroi déchire la nuit et extirpe la vieille Uzume de ses rêves, quand un second la précipite dans la pièce attenante, où sa protégée, enveloppée de draps ensanglantés, se tord de douleur.

-"Par tous les Kamis !" Uzume retire les draps d'un geste, avant de plaquer sa main contre le ventre arrondi de la jeune femme. "Non, non... il est beaucoup trop tôt."

-"Il... faut... essayer." Articule difficilement Tsukiko, avant qu'une nouvelle contraction ne la fasse gémir de douleur.

-"YUME !!" La vieille s'agite dans la pièce, retourne des vêtements, attrape deux chaussures qu'elle enfile à la Sasayaki, avant de mettre les siennes. Une pile de couettes et de manteaux -portée à bout de bras par l'interpelée- déboule alors dans la chambre. Il faut bouger et rapidement, avant que la douleur ne cloue Tsukiko sur place et ne brise toute chance de survie à son enfant, la petite Yume le sait, alors elle s'active sous les directives de son aïeule.

-"Enveloppe-la, vite, vite." Abandonnant les deux plus jeunes, Uzume se précipite dans l'étable pour ramener sa fidèle mule jusqu'au chariot. Car ni la vieille ni l'enfant ne peuvent porter Tsukiko sur la distance les séparant de l'hôpital. Non, le chariot s'avère être la meilleur option et l'unique solution dans l'esprit de la matriarche.

Les sentiers gorgés d'eau embourbent la charrette, obligeant les trois femmes et l'animal à une progression lente et pénible. Malgré les rafales de vent et les gouttes acérées d'une pluie glaciale, Uzume guide sa mule tout aussi têtue et déterminée qu'elle.

-"Hmmm... AaaaAAAH !" Yume appuie, caresse, agrippe. Elle tente, du haut de ses huit ans, d'apaiser la souffrance de Tsukiko, mais le supplice perdure et s'amplifie. L'hôpital est trop loin pour qu'elles y parviennent à temps, beaucoup trop loin, la vieille le sait, alors elle change ses plans. Guidée par un mouvement de rênes, l'ânesse bifurque en direction de la maison d'un couple de jeunes médecins.

Et avant que la charrette ne soit totalement immobilisée, la petite Yume s'en extirpe d'un bond pour se précipiter jusqu'à la porte d'entrée. "SENTETSU-SAMAAAA !" Sa voix fend l'obscurité alors que ses petits poings tambourinent sur la porte.


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Jeu 15 Nov 2018 - 19:08

Jizô.

La nuit noire. Le silence. Tout le monde dort, tout le village. Les enfants comme les parents sont blottis sous leurs épaisses couvertures et dorment paisiblement, jusqu’au lendemain matin. La nuit, havre de paix, repaire de tous ceux qui ont besoin d’un moment de calme, d’un moment pour eux. Moment privilégié des insomniaques, ou des noctambules. La nuit, c’est bien, en général. C’est silencieux. Ça ne fait pas trop de bruit ni de bazar. Et puis, parfois, la nuit, c’est le chaos. Le chaos symbolisé par ces grands coups sur la porte. Ce grand bruit qui réveille instantanément Chiaki. Du haut de ses quatorze ans, la demoiselle ne prend pas le temps de se préparer et se rue à la porte de la maison, en même temps que sa mère. Les regards ensommeillés se croisent mais ne se laissent pas le temps de s’attarder. La main de Manami ouvre la porte et dévoile une petite fille. Les deux Sentetsu penchent la tête, dans un mouvement totalement synchrone.

La matriarche est la première à réagir. Yume, c’est Yume. Elle connaît cette gamine. Elle l’a déjà vue. Mais si la jeune fille se trouve ici, dans cet état, c’est que … Les informations grimpent jusqu’à la tête de Manami, qui se tourne brusquement vers Chiaki.
« Va dans la buanderie, trouve-moi plusieurs serviettes. Ensuite, tu m’ouvres le futon de la chambre d’amis, tu me mets un maximum de serviettes autour et tout le nécessaire pour une femme enceinte. Peut-être même un accouchement. Il faut faire vite, Chiaki ! »
La brune aux yeux émeraudes enregistre, imprègne, puis part en courant à toute vitesse dans la maison. Manami, quant à elle, décide de s’extirper de la maison pour accueillir le cortège. Elle a raison. Le travail a commencé. Il faut faire au plus vite. Une fois près des deux femmes, la matriarche Sentetsu lance déjà les premières informations. Sur le pas de la porte, Takeshi, le père. Encore ensuqué, il prend totalement conscience lorsqu’il voit le bazar qui se joue devant ses yeux. Il disparaît puis réapparaît avec énormément de linge, du linge épais pour aider à déplacer la jeune femme.
« Bien, aidez-moi, nous l’emmenons jusqu’à la chambre d’amis. »
Le cœur de Chiaki bat comme jamais, à une vitesse qu’elle ne connaissait pas. Ce n’est pas son domaine médical préféré mais un accouchement à domicile, ça bat tous les records ! L’adolescente a transporté plusieurs serviettes, ouvert le futon, ajouté des coussins, pris une bassine d’eau tiède, des linges pour la bassine d’eau … Bref, tout est prêt. Elle attend.

Et l’attente est très courte, tout le monde arrive déjà. Une femme, une belle femme, au visage déformé par la douleur, suit Papa, Maman et deux autre personnes. Une femme âgée et une adolescente, probablement du même âge que Chiaki. Maman ordonne que l’inconnue soit installée pour se mettre au travail. Ses yeux se posent sur sa fille, mais aucun sourire n’étire ses lèvres. Elle est crispée, plus que jamais. Le stress grimpe pour l’adolescente, qui se demande ce qu’elle pourrait faire pour aider.
« Bien ! Quand les contractions ont-elle commencé ? Combien de temps de grossesse ? »
Chiaki ne voit pas très bien ce que fait maman, mais on dirait qu’elle mesure quelque chose. La nuit s’annonce très longue. Pour tout le monde.
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Dim 18 Nov 2018 - 12:15
-"Cela fait un peu moins d'une heure que les contractions lui ont arraché les premiers cris." Uzume se penche alors vers Manami pour lui répondre, comme une confidence que l'on sait difficile à entendre pour d'autres. "Elle n'est qu'au sixième mois de grossesse. Il y avait énormément de sang sur le lit... trop." Mais le combat contre l'Ombre abhorrée isole Tsukiko de ce qui l'entoure. Elle se laisse guidée, le visage crispé par la douleur, sans rien voir en dehors, ni entendre aucun bruit, sinon la question qu'elle se pose à elle-même, en boucle "Allons-nous parvenir à la fin de la soirée toi et moi ?" Un début de réponse se construit dans l'esprit déchiré de la jeune femme, tandis qu'elle se laisse étreindre par l'agonie et apprivoise la finalité funeste de cette épreuve.

Des larmes. Des cris. L'agitation et l'inquiétude palpable font reculer Yume par petit pas, jusqu'à ce qu'elle atteigne un coin de la pièce. Elle se recroqueville sur elle-même et plaque chacune de ses mains sur une oreille, comme une ultime barrière au trauma qui se déroule sous ses jeunes yeux d'enfant. Elle se souvient d'une naissance à laquelle elle avait assistée, attentive, intriguée, mais c'était différent, il y avait d'abord eu les cris avant les larmes. Des cris d'effort pour des larmes de joie. Pas comme ici, pas comme maintenant. L'émotion est forte et elle tente de la contenir, pour sa grand-mère, pour Tsukiko, et par orgueil face à cette grande fille droite et forte qui ne flanche pas. Comment fait-elle ? De nouveau le tumulte et le vacarme emplissent la chambre, sa vision se floute, alors pour cacher son angoisse, Yume enlace ses jambes et plonge la tête dans le creux qu'elle vient de former. Pensant être à l'abris des regards - elle ne les voit plus, la réciproque doit forcément être vraie-, elle se permet de craquer.

La douleur persiste et la complication s'amplifie lorsque, sentant comme une épine remontant le long de sa colonne vertébrale, Tsukiko perd la respiration. Plus un cri, plus un son. Privée de sa voix, seule le visage déformé et inquiet de la jeune femme tente de communiquer. Gesticulante, affolée, elle parvient à agripper d'une main ferme le bras de Manami, puis la ramène à elle de toutes ses forces. Ses yeux sont écarquillés, ses lèvres bleuies s'ouvrent et se referment mais ne s'en échappent que le clapotis d'une langue qui s'agite, encore et encore.

Le mort-né semble vouloir l'emporter dans l'abysse de l'oubli, il l'appelle, l'empêche de rester, de survivre, d'épuiser ses printemps. Il la condamne et l'interdit à tous les plaisirs que promet la jeunesse. Sa vision s'assombrit, sa poigne se décrispe et ses muscles se relaxent. Au loin elle entend la pluie qui pleure, âpre automne sans clarté.

"J'arrive"

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Lun 19 Nov 2018 - 17:26

Jizô.

Un énorme bazar, une cacophonie terrible et terrifiante, que Chiaki ne comprend pas. Que se passe-t-il ? Pourquoi est-ce que cela est aussi horrible ? N’y a-t-il pas une possibilité de sauver ces êtres ? Parce que là, vraiment, on dirait que les deux créatures sur le futon vont partir ensemble. Manami comprend, lorsque la vieille femme lui annonce les six mois de grossesse, qu’il n’y a aucune possibilité pour que ce petit être vienne au monde. Aucune chance qu’il survive. Mais il faut le faire sortir, il faut sauver la femme qui le porte. La mère Sentetsu se fait embarquer par Tsukiko alors qu’elle tente tant bien que mal de faire venir le bébé à elle. Les lèvres bleues, le corps privé d’oxygène, les deux paires de prunelles se croisent et une seule idée vient au cerveau de l’obstétricienne : elle les perd tous les deux. Et ça, c’est impossible.

Ses yeux vont chercher ceux de son mari. Elle tombe dessus comme une énorme masse. Il ne saisit pas, puis voit, au loin, que la brune est effectivement en train de partir. Cela n’est pas possible, pas gérable, il va falloir s’y prendre différemment. La sauver. Personne ne mourra dans cette pièce. Il disparaît un instant. Manami fait signe à Chiaki, qui rapplique aussitôt et vient presser la main de Tsukiko. Il faut la stimuler, la faire bouger. Elle part. Takeshi arrive en courant avec deux seringues. La première est une seringue d’adrénaline, la seconde une seringue d’anti-douleurs. Manami aurait préféré ne pas en arriver là, mais il existe des maux nécessaires, des maux auxquels on n’échappe pas. Elle se saisit de l’adrénaline et la plante directement dans le cœur de la petite brune, pour relancer son cœur et le forcer à travailler.

Chiaki continue de presser la main, encore, encore, encore. Elle ne sait pas si cela sert à quelque chose, mais qu’à cela ne tienne, maman a dit qu’il fallait continuer. Le père regarde dans les tiroirs à côté d’eux, ne trouve pas, repart. Lorsqu’il revient, il tout un nécessaire pour faire une trachéotomie. Sa femme, qui a injecté la seringue d’anti-douleurs dans les veines de la brune, lui fait signe que non, pas encore, pas encore. Chiaki appuie sur la petite main qu’elle serre, serre.

Manami retourne entre les jambes de la demoiselle. À ce stade il existe plusieurs possibilités : soit cela ne fonctionne pas et il faut ouvrir, ici, sans chirurgien accompli ni même chambre stérile, soit tout cela va dans le bon sens et ils peuvent continuer le travail.

Une chose est sûre, cependant, Manami doit se rendre à l’évidence … Dans cette pièce, il y aura soit un mort, soit deux. Et son but, son obsession, est de maintenir le compte à un seul.
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Dim 2 Déc 2018 - 20:41
La lumière au bout du tunnel ? La rencontre d'êtres supérieurs ou de personnes décédées ? Oubliez. La mort, c'est plat et chiant. On n'y croise personne sinon ceux à qui l'on pense lorsque tout s'arrête, comme une dernière image marquée au fer rouge dans une cervelle stimulée par une ultime décharge électrique. Le mort-né n'a pas de nom, pas de sexe, pas de visage, il n'est défini que par sa seule condition de mort-né. Et la représentation que s'en est faite sa mère se voit à présent transformée en une immondice de chair inerte lovée en elle. Un poids l'empêchant de remonter à la surface et dont il faut se débarrasser au plus vite.

Une main garnie de doigts potelés s'agrippe à Tsukiko, pour l'attirer vers la direction pointée du bras. Mais la poigne se dérobe et le petit être sans visage s'estompe au loin, laissant la jeune femme seule au milieu de la croisée des chemins. La métaphore ne lui est pas complètement inconnue, rebrousser chemin pour survivre ou avancer tout droit et embrasser le néant. Mais elle hésite, notamment parce qu'elle ignore ce que cache le chemin sur le côté. Une alternative meilleure à ce qui l'attend sur le futon où s'acharne Manami ? Ou bien une errance sans but ni fin ?

À qui manquera-t-elle ? Uzume, Yume, elle ne les connait que depuis quelques mois seulement. Le père ? Elle se surprend à hausser inconsciemment des épaules. Sa tête pivote par dessus son épaule pour scruter son passé, ses yeux détricotent les souvenirs et remontent le fil du temps, s'arrêtant où apparaissent les traits apeurés d'une enfant. Oh Eiko... la nouvelle de sa mort serait perçue comme un second abandon et détruirait la gamine, la poussant à un acte regrettable. Non. Non.

"Reviens. Remonte."

Elle ne se le pardonnerait jamais. La petite a encore besoin d'elle. Ses pas accélèrent alors qu'elle retourne en arrière tout en essuyant les larmes qui coulent le long de son visage.

"Remonte."

Elle s'en veut terriblement, regrette, jure, pleure de nouveau puis enrage. À défaut de pouvoir apporter la vie en ce monde déchiré, elle ne peut se résigner à ôter celle d'Eiko sans combattre le croque-mitaine qu'elle s'est elle-même créé.

"RESPIRE !"

Sa main saisit instantanément celle de Chiaki, dans une inspiration sifflante, presque cadavérique. La morte est revenue à la vie. Bien que la douleur soit plus ténue, Tsukiko comprend que l'assurance d'une survie est encore loin. Alors elle pousse, encore et encore, jusqu'à ce que l'horreur et le mal ayant pris la place de son enfant lui soit ôté, définitivement.

Dès lors que le mort-né disparaît, emporté dans un drap, la jeune femme s'effondre de fatigue mais bien vivante, cette fois.

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Lun 3 Déc 2018 - 1:09

Jizô.

Une main qui serre. Le retour à la vie, la lumière qui se rallume. Cette petite main, là, qui aurait pu ne rien signifier dans un autre contexte. Cette main si faible, inerte, qui réagit, qui ressort des ténèbres et saisit avec force celle de Chiaki. Les larmes perlent au bord de ses prunelles émeraudes. La jeune femme est vivante ! Elle ne s’en va pas, elle revient ! Le soulagement est aussi grand que la surprise, il dépasse la peur, l’écrase, mais a quand même besoin d’éclater. Les joyaux salés roulent le long de ses joues, silencieuses, lentes, pendant que la petite brune serre la main avec un peu moins de force que Tsukiko. Elle est vivante. Vivante. C’est incroyable.

Manami la voit revenir, ressortir des limbes. Elle comprend alors que tout se joue désormais. Rien n’est terminé, il faut désormais aller au bout de ce travail. Extirper le nourrisson qui ne verra jamais le jour pour ne pas qu’elle décède. Là, être cette main lumineuse, dans le noir, qui tire tous les êtres vers la vie de son mieux. La matriarche voit à quel point Tsukiko met du sien dans cette affaire, le travail accompli par la jeune femme pourtant bien mal en point. Takeshi aide sa femme autant que possible, en y mettant du sien. Il répond à tous ses ordres dans la seconde, s’active, s’affaire. Manami aide à la poussée, puis le moment fatidique arrive.

Le nourrisson est là, dans ses bras. Sans vie. Il ne fait pas de bruit, ne bouge pas, ne respire pas. Son cœur se déchire en innombrables morceaux dans sa poitrine. Elle le savait. Manami savait que ce petit ange ne parviendrait pas jusqu’au monde des vivants. Pourtant, le voir lui fait si mal, si mal. Au fond de son être, l’obstétricienne sait pertinemment qu’elle n’aurait rien pu y faire. Si jeune, il ne pouvait pas venir au monde. Il aurait forcément fini par lâcher prise. Mais, quand même. Un si petit être. Si doux. Si innocent. Déjà parti dans l’autre monde. Il n’aura même pas eu le temps de grandir, d’évoluer. Ne serait-ce que respirer. Son visage se décompose lentement. Elle emmène le bébé ailleurs, il est temps de s’en occuper.

Les prunelles de Chiaki se déposent sur sa mère, son père, puis toutes les autres personnes présentes dans la pièce. Elles ont sauvé une vie, en ont perdu une. Un ratio terrible pour une profession médicale. Takeshi prend la relève de sa femme et s’occupe de Tsukiko, au cas où elle aurait besoin de quoi que ce soit. Cette nuit est une nuit riche en rebondissements, une terrible nuit pour la petite brune. Elle a peut-être vu trop de choses aujourd’hui. Néanmoins, sa main reste sur celle de Tsukiko, sans la serrer cette fois. Elle la tient, simplement, comme pour se rattacher à sa santé mentale. Le seul contact avec le monde, sa seule façon de ne pas se laisser engloutir.

Comment font les gens pour vivre, après ça ?

Elle serre la main de la brune jusqu’à ce que Manami revienne. Quand la matriarche revient, Chiaki ne sait pas comment réagir. Tsukiko semble s’être endormie. Sa mère décide de l’emmener avec elle pendant que les accompagnatrices de la patiente restent à son chevet. Aucune d’entre elles ne doit partir, Manami et Takeshi se relèveront tour à tour pour s’occuper d’elle jusqu’au lendemain matin, où elle pourra s’en aller jusqu’à l’hôpital pour un suivi.

Pour l’heure, deux âmes ont vécu trop de choses, ce soir. Après avoir réparé les corps, voici qu’il faut réparer les psychés. Une nuit pas prête de se terminer pour Manami.
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