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The swan and the duck


Ven 16 Nov 2018 - 17:49
[D'ICI]

Vingt-deux heures moins treize. C’était la énième fois que tu levais la tête vers l’horloge accroché au fond du bar alors que tu étais installée sur un des tabourets qui longeaient le comptoir.

>> Un rendez-vous galant ? Te balances le propriétaire du lieu tout en poursuivant ses tâches de l’autre côté du bar.
>> On peut dire ça comme ça mais je doute que le prince charmant va se pointer.
>> Ça serait fort dommage pour lui car c’est bien la première fois que je vois princesse Yamiko si impatiente d’attendre quelqu’un.

En effet, tu étais impatiente mais pas pour revoir le prince charmant mais plutôt que vingt-deux heures ne tombent afin de savoir si celui-ci aurait assez d’audace pour te rejoindre à cet endroit si malfamé où tu lui avais donné rendez-vous. Un défi si facile à relever pour le commun des mortels mais pas pour lui qui était d'une noble lignée. Fréquenter un endroit tel que Chez Chikamaru pourrait bien ternir la réputation du Noble.

« Chez Chikamaru » était le repère des scélérats de Kumo. Des gens peu recommandables préféraient fréquenter ce lieu plutôt qu’un autre car le propriétaire de l’établissement les laissait commettre certains excès tant que cela n’allait pas trop loin pour alerter la Police du Village et que les coupables remboursaient les casses. Chikamaru lui-même était un ancien de la pègre qui s’était rangé sans pour autant déserter complètement le monde qui l’avait façonné. C’était à présent un vieil homme qui attendait patiemment que son heure ne vienne en s’occupant de son établissement. Il n’avait ni compagne, ni enfant mais il considérait les habitués de son établissement comme sa famille. Ne s’intéressant aucunement à tes semblables tu ne lui avais jamais demandé de te conter son histoire mais tu avais ouïe dire que c’était orphelin qui avait mal tourné. Histoire bien classique en somme. Il avait fait maintes fois de la prison par le passé avant de décider de prendre en main sa vie et le bougre avait plutôt bien réussi. Malgré son âge bien avancé, il avait encore toute sa tête et ce malgré tous les produits nocifs dont il ne se privait pas depuis sa jeunesse jusqu’à aujourd’hui.

Tu trouvais les vieux bien ennuyeux mais pas Chikamaru. Sans doute parce qu’il était issu du même milieu que toi et que jamais il n’avait cherché à te faire des leçons même si, tel un être plus expérimenté, il lui arrivait de te prodiguer des conseils. Si tu avais fait de cet endroit ton refuge du soir, c’était surtout parce que tu appréciais la compagnie du vieil homme qui pour une raison que tu ne cherchais pas à comprendre semblait beaucoup t’apprécier. Tu venais souvent ici bien que tu ne fusses pas particulièrement attirée par l’alcool. D’ailleurs rares sont les fois où tu repartais d’ici ivre.

>> Tu ne veux toujours rien à boire ?
>> Non, pas avant vingt-deux heures, fais-tu tout en jetant de nouveau un coup d’œil à l’horloge.
>> Je suis curieux de savoir à quoi il ressemble ce prince charmant.
>> Je peux vous dire qu’il ne ressemble pas à ceux-là.

Tu désignes du regard des ratés de la société attablés un peu plus loin. Il était encore tôt mais ils étaient déjà bien saouls et ils n’étaient pas les seuls …

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Jeu 22 Nov 2018 - 16:38
L’entrainement terminé, je me dirige vers la demeure familiale pour me poser en attendant la soirée. La journée fut très différente de ce que j’avais imaginé, très enrichissante aussi. Celui qui autrefois écoutait ses maîtres pour intégrer leurs connaissances s’affaire désormais à transmettre les siennes. Je comprends également mieux ce que l’on peut ressentir, en tant que professeur, lorsque son élève travaille si ardemment pour réussir. Une fierté, tant pour soi que pour la personne. Une envie de l’aider, de la soutenir, d’y arriver ensemble. Le soleil se décroche de son piédestal pour rejoindre la terre et le bleu se décompose progressivement en une infinité de rouge, orange et rose. Je descends du terrain du domaine clannique pour m’engager dans les ruelles du quartier. Là, l’activité y est bouillonnante. Les gens finissent leur travail et profite de ce temps pour se promener, manger ou effectuer des achats. Profiter, tout simplement. Profiter n’est pas quelque chose dont je suis habitué, pas ainsi tout du moins. Bien que j’apprécie la compagnie des gens, j’ai pour habitude de me retrouver seul pour lire ou me cultiver. Un rat de bibliothèque… dont l’apparence, bien trompeuse, n’en laisse rien paraître. Mais l’apparence est tout dans mon monde. J’ai appris à revêtir ce masque et ces vêtements, tel un second visage et une seconde peau. Mais ces mêmes personnes, qui s’affairent dans les rues et se touchent toutes entre elles prennent grand soin de ne pas faire de même avec moi, comme si un mur nous séparait. Ce mur est agréable, vu que je n’aime guère les contacts inutiles, mais il est aussi… lassant. Rares sont ceux qui ne mettent pas d’eux même un mur entre nous, afin de ne pas me vexer ou paraître impoli. Afin de ne prendre aucun risque. Metaru et noble à la fois, je représente un grand danger potentiel. Or ceux qui me connaissent bien savent qu’il est très difficile de me vexer, tant je peux accepter les avis et comportements divergents. Un étranger parmi les Metaru, comme l’ont autrefois dit les miens. Jamais en face, toujours à visage caché. Mais les expressions, les rires et les remarques parlent d’elles-mêmes. En ce sens, je peux comprendre de bien des manières Yamiko et apprécier d’autant plus sa compagnie. Ses provocations, ses défis, sa vulgarité. Elle qui se moque de la différence de statut, d’argent, de pouvoir. Le fait qu’elle m’est vouvoyé est témoin du respect que j’ai réussi à gagner. Mais le chemin reste long.

Arrivé au niveau de la demeure familiale, la porte du domaine s’ouvre devant moi. Hanae, qui a sûrement dû me voir arriver, me salue poliment, salue que je lui rends aussitôt.


« – Bonjour Hanae, comment allez-vous ?
Bien Monsieur, merci de vous en inquiétez. Et vous ? Votre entrainement s’est-il bien passé ?
Oui, très bien. Mon père est-il rentré ?
Pas encore, il rentra certainement tard ce soir, mais votre mère est présente.
Bien. Dîtes leur que je ne mangerai pas là ce soir.
Bien Monsieur.
Et sauriez-vous où se trouve le bar ou restaurant « Chez Chikamaru ? » ?
Ce n’est pas un bar pour vous monsieur, il se trouve dans un quartier malfamé du village. Si c’est là que vous comptez aller, il serait dangereux de vous y aventurer.
Je sais me défendre, mais je vous remercie pour votre inquiétude. Cependant, puisque vous savez cela, ne dites rien de cela à personne. Est-ce bien compris ?
Oui Monsieur. »


Une réponse hésitante, faite sous la contrainte d’un ordre qu’elle ne peut refuser. Mais ma vie ne concerne aucunement père ou mère, qui ne se gêneraient pas non plus de faire la même remarque qu’Hanae. Notre rendez-vous se fera donc parmi les criminels et ratés du village. Un lieu qui ne m’étonne aucunement de la part de Yamiko, tant elle connaît bien cette première catégorie de personne. Se trouver là-bas après le service militaire est comme rentrer chez elle après le travail. Pour sûr ma présence se fera remarquer, mais je ne pense pas qu’ils oseront quoi que ce soit. Se risquer à attaquer un Metaru leur vaudrait une guerre contre le clan le plus puissant du village, même du pays. Criminels mais pas sots.

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L’heure approchant, je sors de la bâtisse puis me dirige vers le lieu de rendez-vous. Arrivé dans la rue, je me dirige vers ce qui sera une découverte pour moi, puisque je ne suis jamais allé dans ces quartiers, bien que je sois déjà allé dans des quartiers pauvres du village. Aurai-je du prendre un garde ? Pour se faire encore plus remarquer s’aurait été une brillante idée. Ces personnes suivent la loi du plus fort, une loi que, en dépit des apparences, je connais parfaitement. C’est la loi que nous suivons tous au sein du clan. Tous ceux qui ont osé se frotter à Madame Reiko sont morts ou paralysés. Un cas extrême que notre Raikage et chef de clan, mais un cas qui n’est pas une exception. Devrai-je montrer mon Katana ? Cela serait un signe que je crains leur réaction, un signe de défi également. Je vais simplement rester moi, et chasser du regard tous ceux qui oseraient me défier. Si cela ne suffit pas, alors je leur montrerai ce que cela veut dire que de défier un Metaru.

L’ambiance évolue au fur et à mesure que mes pas me rapprochent de l’échoppe. Les grandes demeures ont tout d’abord laissé place aux petites bâtisses de la ville, puis aux immeubles plus pauvres et maintenant à ceux délabrés. Les regards tout d’abord absents se sont fait plus curieux puis enfin provocateurs. Des regards que je ne gêne pas de défier. Vêtu de ma tenue de noble du clan, je montre ouvertement par le blason mes origines, un message que tous ici comprendront certainement. Les rues s’enchaînent, toutes plus exotiques les unes que les autres, jusqu'à ce que j'arrive devant une échoppe dans un état un peu moins calamiteux. Une pancarte en bois indiquant « Chez Chikamaru » confirme que je suis à la bonne adresse. J’entre aussitôt puis, remarquant que la jeune femme se tient sur le bar, pars la rejoindre sans un mot. Tous les regards sont rivés vers moi, des regards que j’ignore pour me fixer sur le sien.


« Bonsoir Yamiko, voilà donc une adresse qui te sied parfaitement. »
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Mer 28 Nov 2018 - 12:00
Alors que le Noble pénètre l’enceinte de l’établissement, Chikamaru revient vers toi.

>> Ne me dis pas que c’est lui le prince charmant ?
>> Pourquoi pas ?
>> Je ne t’aurais pas cru capable d’avoir de l’attirance pour un homme avec un balai coincé dans le derrière.
>> Justement, c’est très amusant de retirer le balai.
>> Ha ! … Je vois.
>> Non, tu ne vois rien du tout le Vieux. Il n’y a rien entre moi et cet homme.

En effet, pour toi ce rendez-vous n’était rien d’autre d’un stupide défi de ta part. Jamais tu n’aurais pensé que Kenshin se pointerait. Finalement, il se révélait en avoir assez sous son hakama pour oser poser les pieds à cet endroit qui n’était point fait pour une personne de son statut.

Tu ne lui accordes la moindre attention alors qu’il s’avance vers toi. Tous les regards, hormis le tien, étaient rivés sur lui. Les habitués se demandaient certainement ce que le Metaru était venu faire dans leur repère. Aucun n’ose cependant venir lui poser la question. Ils devaient savoir qu’il valait mieux éviter de se frotter à cet homme qui, contrairement à eux, était issu d’une noble famille respectée et crainte à la fois. Sans compter que celui-ci était un shinobi et pas un simple genin.

Toi aussi, tu étais une ressortissante du clan de Kenshin mais contrairement aux autres membres de celui-ci, tu n’avais pas grandi au sein du caste privilégié. Ton éducation n’avait rien de comparable à celle des autres Metaru. Tu n’étais pas un être bien éduqué mais plutôt un produit de la pègre. Une différence que Kenshin soulève d’ailleurs dans ses propos alors qu’il venait juste de s’installer à tes côtés.

>> Qui me sied, hein ? … Suis-je donc aussi pitoyable que cet endroit ?

Chikamaru ne tique même en t’entendant rabaissé son établissement car il savait pertinemment que tu ne pensais pas réellement à ce que tu disais. Le vieil homme te connaissait assez bien à présent pour savoir que tu étais du genre à lâcher des âneries volontairement dans l’unique but de chercher à provoquer. Le gérant se contente de déposer un récipient rempli de saké et deux verres devant vous avant de s’en aller s’occuper des autres clients.

Tu verses de l’alcool de riz dans l’un des verres que tu pousses ensuite devant Kenshin avant de te servir.

>> A votre santé ! Fais-tu tout en levant ton verre en direction du Noble avant de le vider d’une traite.

Aussitôt tu te ressers mais tu ne bois pas immédiatement.

>> Je peux savoir ce qui vous a motivé à venir ?

Oui, tu étais curieuse de savoir la raison qui avait poussé le Metaru à risquer sa réputation en se rendant à cet endroit dont la fréquentation pourrait très bien ternir son image …

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Mar 4 Déc 2018 - 22:01
« Pitoyable n’est pas le terme que j’aurai employé, hors des sentiers battus plutôt. »

Ce n’est pas le terme le plus percutant que j’aurai pu trouver, mais mieux vaut ça que rien. Pour autant, je trouve bel et bien cet endroit pitoyable mais Yamiko, elle, ne l’est aucunement. Me voilà donc sur son territoire, un territoire où je me trouve pour la première fois. Une terra incognita parsemée de danger, bien qu’aucun ne sera sûrement assez fou pour s’attaquer à un Metaru. Le gérant ne semble pas perturbé par la petite pique de sa cliente. Se connaissent-ils ? Leurs messes basses à mon arrivée semblent aller en ce sens. Je m’assois aux côtés de Yamiko puis saisit le verre d’alcool de riz que le gérant vient de remplir, accompagnée par celui destinée à la jeune femme.

« A votre santé. »

Un sourire en coin, je vide mon verre d’une traite puis le remplit une fois que Yamiko eut fait de même. L’alcool me prend à la bouche, puis s’écoule rapidement dans ma gorge. Je tords légèrement le visage, tant par la puissance de ce dernier que par son goût savoureux. La question de ma venue se pose en premier, ouvrant ainsi le bal de cette soirée. S’attendait-elle donc à ce point que je ne vienne pas ?

« C’est pourtant simple. Je n’ai pas refusé ton invitation, c’est donc que je l’ai accepté. »

Ceci me paraissait être une évidence, mais j’oublie trop souvent que nous venons de deux mondes bien différents. A y réfléchir, bon nombre de nobles n’agissent pas non plus ainsi. Il ne s’agit donc que de moi et de mes manières, parfois imperméables aux autres.

« Et toi ? Pourquoi m’avoir invité ? Etait-ce par amusement ? Dans le but de me provoquer ? De voir si j’en étais capable ? Ou de réellement fêter la réussite de ce jour ? »

Peut-être au fond est-ce un peu de tout ça.
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