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Négociation passée


Ven 23 Nov 2018 - 10:57
An 192


Les rayons de lumières traversent les rideaux et viennent caresser ma peau, m’extirpant paisiblement de mon sommeil réparateur. Bien que confortablement installé dans mes draps de soie, je me lève sans attendre et m’étire. On toque à la porte trois fois puis une jeune femme entre. Ce n’est autre que Hanae, la servante que père et mère viennent tout juste d’engager pour me servir. Elle se penche poliment puis attend patiemment que je ne lui demande de se redresser.

« – Bonjour Hanae. Qu’y-a-t-il de prévu aujourd’hui ?
– Bonjour Monsieur. Vous avez rendez-vous dans une heure avec la famille Nobuatsu, des marchands d’armes et de pièces en tout genre. Le rendez-vous se poursuivra pendant le déjeuner puis vous avez un second rendez-vous avec maître Hiko.
– Avons-nous d’autres informations sur ces marchands ? D’où ils viennent, quelles sont leurs pratiques, les prix qu’ils proposent ?
– Aucune, votre père a expressément donné la consigne de ne faire aucun travail en amont. »


Une négociation ? En solo ? Sans aucune information sur mes interlocuteurs ? Voici que père se plait à me tester pour la première fois. Ma première négociation en solitaire… Après toutes ces années à l’observer le faire. Un défi que je ne peux que réussir à la perfection, sous peine de le décevoir. Hanae m’aide à me changer puis je descends dans le salon et me pose à la table dans la pièce réservé à cet effet. Inutile de faire venir notre invité jusqu’au salon, invité qui n’a pas le rang nécessaire pour espérer pouvoir accéder à un tel privilège. La négociation se faisant ici même sur notre territoire, je possède déjà un avantage conséquent sur mon interlocuteur. Etant un marchand de « basse catégorie » je ne suis pas censé aller l’accueillir, nos servants se chargeant de se faire et de l’accompagner jusqu’ici. Ce sera plus particulièrement Hanae qui est chargé de l’accompagner et de lui fournir les premières explications. Hanae qui à partir de maintenant et pendant toute la durée de son service pour moi sera mon double de l’ombre.

Ainsi, j’attends patiemment que l’heure du rendez-vous approche, me remémorant les expériences passées de mon père. Le prix minimum par unité et par type d’arme, las manières à employer, phrases à prononcer… Tout cela m’est familier tant j’ai pu les observer et les entendre encore et encore. Une expérience engrangée depuis ma tendre enfance, une expérience que père a construite dans le seul but d’arriver à ce jour-ci. Je le comprends maintenant.

L'heure du rendez-vous sonnée, j’entends Hanae qui accueille nos marchands du jour, attendant patiemment qu’elle ne les amène jusqu’à moi, impassible. De mon visage ne doit rien transparaître de mes pensées. De mes gestes ne doit rien transparaître de ma volonté. Je dois rester impassible à toute attaque et remarque pour rester maître de la situation. Mais y parviendrai-je ? Oui. Je ne peux pas le décevoir. Je ne dois pas le décevoir. Sinon qui sait ce qu’il arrivera.

@Nobuatsu Saji
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Lun 26 Nov 2018 - 18:20
Shitaderu. Un centre économique majeur dans le pays de la Foudre en raison de la présence du Clan Metaru qui domine de très loin le marché du métal et des armes. En cet été de l’an 192, les marchands des petits villages en périphérie doivent se battre pour rester compétitifs face à la qualité du savoir-faire et la préciosité des minerais employés par les Metaru, dont le seul nom est devenu source de jalousie et de mépris chez les artisans qui peinent à arrondir leurs fins de mois. Ils ont le sentiment que la compétition est injuste, que grâce à la position privilégiée près des mines creusées dans les montagnes ils ont accès à tous les minerais de haute qualité. Le fer était la principale matière première pour les forgerons de l’époque et sa demande était très élevée. Les causes : la guerre et la militarisation progressive des pays (surtout de Kiri dans le Pays de l’Eau), le développement d’armes ninja avec la naissance de plus en plus de shinobis dans le monde. Heureusement que les importations récentes du Pays de la Terre ont permis de rééquilibrer la valeur du fer, lui permettant d’atteindre un prix qui demeure à peine abordable pour le forgeron moyen. Comment peuvent-ils encore espérer rester compétitifs avec un approvisionnement aussi difficile en fer ?

Surtout ceux qui travaillent sur plusieurs types d’armes et pièces métalliques, ils doivent trouver d’autres sources de chiffre d’affaire comme le négoce ou la menuiserie afin d’espérer gagner leur vie. Se diversifier est la solution pour la plupart des forgerons, tandis que d’autres choisissent même de se reconvertir aux autres métiers. Nul besoin d’ajouter que la domination des Metaru a beaucoup impacté l’échec des forgerons de catégorie secondaire qui faute de pouvoir s’approvisionner, n’étaient même pas capables de rivaliser avec le savoir-faire Metaru qui est d’un autre monde. Montrez à un expert en sabre un katana Metaru, il le reconnaîtra immédiatement, en passant par le confort de la poignée jusqu’au tranchant de la lame. La clientèle des forgerons n’est pas tout public, elle est essentiellement composée de connaisseurs, de personnes qui savent ce qu’ils achètent. Ils pourront donc immédiatement vous dire la différence de qualité entre deux sabres de marques différentes. Impossible de les tromper, ce qui rend la tâche encore plus difficile pour les forgerons qui doivent faire plus d’effort pour les impressionner.

En résumé, plusieurs facteurs déterminent le succès d’une entreprise de forgeage : le prix du fer, le niveau de savoir-faire, et la notoriété de la marque. Les Metaru ont les trois et dominent sans conteste le marché des armes, tandis que les Nobuatsu ont seulement l’avantage d’une notoriété régionale et de l’expertise sur les sabres laquelle est plus ou moins au même niveau que les leaders sur le marché. Les autres pièces métalliques qu’ils fabriquent, qu’il s’agisse des armes ou des armures, restent de qualité secondaire. Le père de Saji a réussi à garder la tête au-dessus de l’eau jusqu’ici grâce à sa compétence dans le forgeage de sabre, qui lui a permis de trouver une niche de clients bretteurs dans la région auprès desquels il s’est fait une grande réputation. Les sabres Nobuatsu, une marque qui a traversé deux générations, même celle-ci n’a vraiment connu d’essor qu’avec le père de Saji, et non le grand-père. Le Nobuatsu peut être fier de la façon dont il a réussi à survivre dans ce marché très concurrentiel où il est difficile de tirer son épingle du jeu.

Il espérait que ses deux fils, Saji et Ashikage, reprendraient un jour le flambeau, mais il a très vite compris que leur passion pour le kendô avait pris le pas sur leur désir de perpétuer la lignée des forgerons. Il faut les laisser vivre leurs rêves. Il est trop heureux de les voir s’épanouir dans ce qu’ils veulent faire. Le père de Saji était un forgeron qui aimait ce qu’il faisait mais n’oubliait jamais d’être un père pour rester aux côtés de ses enfants. Son fils muet l’a toujours admiré pour son abnégation, cette façon de vivre pour les autres sans rien demander en échange. Toujours avec bienveillance, jamais opportuniste. Nobuatsu Ryu.

C’est donc dans un contexte économique difficile que Ryu et son fils Saji voyagent à dos de cheval en direction du village de Shitaderu, en espérant obtenir un accord de partenariat avec les Metaru. Le forgeron était surpris d’abord lorsqu’il ait reçu une réponse de la part du chef de clan Metaru, qui a indiqué que son fils Kenshin s’occuperait directement de s’entretenir avec eux pour voir si une collaboration était envisageable. Son fils ? Des questions se sont immédiatement posées. Pourquoi ne souhaite-t-il pas directement les rencontrer ? Est-il trop occupé ? Ou les méprise-t-il tellement qu’il ne prend même pas la peine de les accueillir ? Ou peut-être veut-il que son fils apprenne le métier, ou bien serve de premier filtre avant la conclusion d’un accord définitif ? Qui sait avec ces Metaru. Les Nobuatsu sont déjà très contents qu’on leur accorde une chance de travailler avec eux, alors ils ne vont pas cracher dans la soupe. De toute façon, les Metaru font un peu ce qu’ils veulent, ils sont les maîtres de l’acier après tout et ce sont eux qui auront clairement l’ascendant en cas de négociation.

L’objectif de Nobuatsu Ryu ? Obtenir un partenariat commercial sur la base d’un échange qui soit le plus avantageux possible. Sa stratégie et sa marge de manœuvre se limitent à quelques options : il peut offrir de troquer une partie de son savoir dans la fabrication des sabres contre du savoir, du fer ou de la publicité. Dans le pire des cas, il pourrait accepter de commercialiser des sabres Metaru sur ses étals sachant qu’il a une clientèle de niche pour les sabres dans sa région - laquelle est très difficilement accessible par les Metaru car il s’agit de clients très fidèles aux Nobuatsu et qui ne se déplacent jamais jusqu’à Shitaderu. Mais accepter de vendre des sabres Metaru sur son propre territoire risquerait de nuire à sa propre image de marque car il ne vendrait plus seulement la sienne mais il se pourrait aussi qu’il vende moins de sabres de sa propre marque. Le père de Saji n’est pas le meilleur homme d’affaires et n’a pas forcément la meilleure rhétorique pour venir à une table de négociation. Toutefois, il compte sur son grand cœur, son honnêteté et sa passion, pour essayer de convaincre les Metaru que leurs entreprises pourraient bénéficier toutes les deux d’une alliance, même si celle-ci sera clairement asymétrique

Les voilà arrivés à la demeure des Metaru. Saji et son père descendent de leur cheval qu’ils attachent à un des arbrisseaux qui entourent la villa, parce qu’ils ne savent pas vraiment où les mettre pour l’instant. Ont-ils une écurie quelque part ? Trop tard. L’un des chevaux commence à déféquer en plein milieu du chemin, souillant la beauté impeccable de l’endroit. L’adolescent de quatorze ans, vêtu de son kimono bleu foncé et aux cheveux noirs ébouriffés respire l’air frais du jardin mais se rend très vite compte de l’odeur nauséabonde qui se dégage derrière lui. Il se retourne pour constater l’ampleur des dégâts. Son père qui n’a rien vu salue une servante au loin qui vient de sortir de l’habitation et s’approche à grand pas pour les accueillir…

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Mer 5 Déc 2018 - 23:13
Les secondes passent, secondes qui me semblent interminables. Enfin, après cette longue attente, trois hommes pénètrent dans la bâtisse, accompagnée par Hanae. Je me lève puis attend qu’ils viennent jusqu’à moi pour les saluer, Hanae les invitants à procéder ainsi par un geste de la main.

« Bonjour messires, veuillez-vous installer. »

Je leur indique les chaises placées devant eux, Hanae retirant discrètement les chaises supplémentaires prévues en cas de surnombre. Mieux vaut trop être préparé que pas assez, nos invités pourraient s’en retrouver inutilement froissé. Je reprends ma place dans mon fauteuil, placé derrière mon bureau. Toute cette richesse les surprennent-ils ? Les regards des deux jeunes fils semblent aller en ce sens. Il convient à moi, l’hôte, d’ouvrir la discussion en rappelant les faits. Procédons donc selon les usages.

« Vous avez requis un échange avec nous afin de nouer un accord, échange que nous avons accepté d’écouter. Je vous invite donc à présenter votre cas afin que nous puissions en discuter et y réfléchir. Sachez que, si nécessaire, une décision ne sera pas prise dans l’immédiat. Nous pourrons vous demander de revenir afin de discuter à nouveau dans le but de trouver le meilleur accord possible. »

Leur requête, nos règles, nos décisions. Ainsi va l’ordre des choses. Mais ce n’est pas pour autant que nous, je ne souhaite pas trouver le meilleur accord possible. L’on pourrait penser que nous Metaru, grâce à notre maîtrise du métal pouvons tout nous permettre. Mais nous ne sommes pas tout puissant, nous sommes limités tant par notre nombre, que par notre temps et notre chakra. Notre pouvoir ne vient non pas de notre seule force, mais également d’une hégémonie commerciale soigneusement développée. Nous pouvons tout créer, tous les métaux. Acier, fer, nickel… or. Mais ceci est un secret que nous gardons soigneusement, nous contentant de ne fabriquer que de l’acier que nous injectons dans le marché. Pour le reste, nous nous contentons de moyens plus traditionnels, ou de créations ponctuelles. Pourquoi ? Pour ne pas déstabiliser toute l’économie, ruiner des pans entiers de la population et risquer un soulèvement. Pour ne pas nous mettre à dos la noblesse traditionnelle, qui verrait d’un mauvais œil que nous nous accaparions tant de pouvoir et déstabilisions la situation, l’ordre mise en place. La puissance et la renommée ne s’acquiert pas facilement et se gardent encore plus difficilement. Il s’agit là d’un délicat équilibre que nous devons maîtrisé et c’est là que réside notre vrai pouvoir. Nous, grâce à notre pouvoir, décidons de quel métal est en abondance et quel métal est en pénurie. Nous décidons de la valeur de chaque métal, en augmentant la production ou en la réduisant. Nous contrôlons cette économie.

Chaque puissance possède ses atouts, chaque ville ses forces et ses faiblesses. Shitaderu est renommée tant pour sa richesse culturelle et scientifique que pour ses capacités de production d’objets en métal.
Yugure l’instable, Rokkusu la riche, Shitaderu la savante.
Il est impossible de dominer dans tous les domaines, il faut capitaliser sur ses forces pour prendre de l’avance et ne pas prendre de retard sur ses faiblesses. Et c’est en cela que contrôler l’économie s’avère primordial. Créer de la richesse afin de rivaliser avec Rokkusu tout en nous assurant l’hégémonie de la production de métaux et leurs transformations, sans détruire l’économie et ne pas se faire dévorer par les nations voisines. Un jeu délicat qui reflète une réalité que tous ou presque ignorent.
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Lun 10 Déc 2018 - 20:54
De l’extérieur comme de l’intérieur, la demeure Metaru impressionne par sa grandeur qui se reflète dans l’architecture de la bâtisse solide et majestueuse. La servante marche devant, guidant les invités jusqu’à la grande porte d’entrée. Ebloui par le faste de l’endroit, lui qui a toujours vécu dans un village relativement pauvre, le marchand ne peut s’empêcher de promener son regard à gauche et à droite. Ce n’est pas tous les jours qu’on lui donne l’occasion de visiter une maison décorée d’un mobilier aussi luxueux, et avec autant de mètres carrés. Ils ne sont pas à leur place ici, le père avec sa veste brune en tissu et le fils portant son katana à la ceinture de son kimono. Prenant une forte inspiration avant l’entretien important qui les attend, Ryu avance le torse bombé en direction de la pièce dans laquelle les attend le Metaru. Le pouls du marchand s’accélère à chaque pas qu’il fait. Il a de quoi être nerveux, étant donné les enjeux de cet échange, même s’ils ne vont probablement pas parvenir à un accord définitif, il faut du moins faire bonne impression de façon à créer un climat de confiance. La servante s’arrête devant la porte de la salle où le jeune homme les attend, et les invite à entrer.

Un jeune homme élégant, à la longue chevelure noire tombant sur les épaules et au regard perçant, les attend debout derrière son bureau. Metaru Kenshin, le nom qui a été mentionné dans la lettre qu’ils ont reçu. A la vue des deux invités, il leur fait signe de s’assoir tandis que son assistante tire les chaises en trop de façon discrète. Saji et son père prennent place devant la table. Le garçon muet balaie l’ensemble de la pièce du regard, en se demandant quelle est l’utilité d’avoir autant de décorations… Même pas un petit katana accroché au mur ? Bof. Son père lui tape l’épaule pour qu’il arrête de regarder partout devant leur interlocuteur, lequel ouvre la conversation en invitant le marchand à faire sa proposition. Le marchand baisse la tête de façon respectueuse tout en poussant la tête de son fils vers le bas pour qu'il s'incline également. Il sait que son fils a tendance à oublier facilement les règles d’étiquette, trop distrait par son envie de manier le sabre et défier tous les bretteurs qu'ils rencontrent. Toutefois, il faudra qu'il se retienne. Ils ne sont pas en présence de n’importe quelle personne après tout, il s’agit d’un Metaru. Issu d'une des plus grandes, si ce n'est la plus grande famille du Pays de la Foudre.

« Bonjour Monsieur Kenshin, nous sommes honorés que vous nous ayez accepté dans votre demeure… Permettez-moi de me présenter, je suis Nobuatsu Ryu, et mon fils là, c’est Saji. »

Silence. Distrait, le garçon aux cheveux ébouriffés met quelques secondes à comprendre qu’on vient de le présenter et se réveille de ses pensées. Il fait un salut amical de la main à Kenshin. Son père soupire, espère jusqu’il va bien se comporter en présence de leur hôte. Au moins on est sûrs qu’il ne fera pas de bruit, vu qu’il ne peut pas parler. C’est pourquoi il a fait le choix de l’amener avec lui pour qu’il apprenne le métier de marchand, et qu’il puisse voyager et sortir un peu du village.

« Mon père était forgeron d’armes, en particulier de katanas, fabriqués grâce à un savoir-faire particulier qu’il m’a transmis et qui fait désormais notre renommée dans la région. Je suis fier de continuer la tradition des Nobuatsu même dans un village aussi isolé que le nôtre. Des bretteurs venant des villages alentours viennent nous rendre visite spécifiquement pour avoir un aperçu de notre offre, et ce malgré les contraintes de distance et de prix. Mais avec la forte demande en fer et autres matières métalliques, les prix des matières premières grimpent et rendent la production d’armes plus coûteuse pour les forgerons et armuriers, dont je fais partie. »

Il marque un temps avant de formuler sa proposition. Les Metaru sont les maîtres du métal, ils en contrôlent la production du moins l’essentiel. Il est tellement plus productif et efficient d’en fabriquer à partir de leur chakra qu’en procédant à l’extraction de fer depuis les mines, pour ensuite faire des alliages comme l’acier qui composent l’essentiel des armes sur le marché.

« Moi, Nobuatsu Ryu, expert dans la fabrication de katanas sur deux générations, propose de vous vendre à un prix fournisseur très attractif une certaine quantité de nos sabres, et que vous pourrez revendre sous votre propre marque. Si cela vous convient, nous serions intéressés en échange par un prix partenaire pour le fer et l’acier de votre part… Qu’en dites-vous ? »

Le jeune Saji se lève de sa chaise et comme le lui a indiqué son père avant d’arriver, pose son katana à plat, rangé dans son saya, sur la table du Metaru. Sans avoir à admirer la lame, il est déjà possible d’identifier la qualité de l’arme à sa poignée : la tsuka enveloppée dans du cuir lisse noir, laissant entrevoir à travers des losanges la matière en bois laquée d’une couleur bleu nuit. L’ouvrage est d’une qualité exceptionnelle, qualité qui ne risque pas d’échapper à l’œil du Metaru.

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